Définition et physiopathologie
Le traitement hypolipémiant constitue un élément central de la prévention cardiovasculaire, en particulier chez les patients présentant une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD) établie, un syndrome coronarien chronique (SCC), une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ou un syndrome coronarien aigu (SCA). Son principal objectif thérapeutique est de réduire le cholestérol des lipoprotéines de basse densité (LDL-C), principale cible lipidique de la prévention secondaire contemporaine.
Les statines inhibent la 3-hydroxy-3-mĂ©thylglutaryl-coenzyme A rĂ©ductase hĂ©patique, enzyme clĂ© de la synthĂšse du cholestĂ©rol. La diminution de la synthĂšse hĂ©patique du cholestĂ©rol entraĂźne une augmentation compensatrice de lâexpression des rĂ©cepteurs hĂ©patiques des LDL, accĂ©lĂ©rant la clairance des particules de LDL circulantes et abaissant le LDL-C plasmatique. Le traitement par statine entraĂźne Ă©galement une rĂ©duction modeste et dose-dĂ©pendante des triglycĂ©rides.
Le bĂ©nĂ©fice des statines dĂ©passe la simple rĂ©duction angiographique de lâobstruction coronaire. Une rĂ©duction lipidique intensive amĂ©liore la fonction endothĂ©liale, diminue la protĂ©ine C-rĂ©active circulante ultrasensible, rĂ©duit la thrombogenicitĂ© et modifie favorablement les composantes inflammatoires et collagĂ©niques de la plaque athĂ©rosclĂ©reuse. Ces effets contribuent Ă expliquer pourquoi la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires est nettement supĂ©rieure Ă la rĂ©gression anatomique gĂ©nĂ©ralement modeste de lâathĂ©rosclĂ©rose coronaire.
Lâampleur de la rĂ©duction du LDL-C varie selon la statine, la dose et la rĂ©ponse individuelle. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les statines rĂ©duisent le LDL-C dâenviron 30â55 % ; le doublement de la dose entraĂźne une rĂ©duction supplĂ©mentaire dâenviron 6 %.
Indications cliniques et objectifs thérapeutiques
Maladie cardiovasculaire athéroscléreuse établie
Les patients prĂ©sentant une ASCVD Ă©tablie sont exposĂ©s Ă un trĂšs haut risque cardiovasculaire et nĂ©cessitent une rĂ©duction intensive du LDL-C. Chez les patients atteints de SCC, lâobjectif recommandĂ© est :
LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) ; et
Une rĂ©duction dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale.
Chez les patients prĂ©sentant un nouvel Ă©vĂ©nement athĂ©rothrombotique ou cardiovasculaire dans les 2 ans malgrĂ© un traitement Ă base de statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e, un objectif de LDL-C infĂ©rieur Ă 1.0 mmol/L (<40 mg/dL) peut ĂȘtre envisagĂ©.
Une rĂ©duction efficace des lipides amĂ©liore la survie et diminue la mortalitĂ© cardiovasculaire chez les patients atteints de maladie coronaire, quelle que soit la cholestĂ©rolĂ©mie initiale. Un traitement par statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e est plus efficace quâun traitement dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs.
Syndromes coronariens aigus
La pĂ©riode qui suit immĂ©diatement un SCA est particuliĂšrement vulnĂ©rable, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires rĂ©cidivants Ă©tant concentrĂ©s prĂ©cocement aprĂšs la sortie. Par consĂ©quent, le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre instaurĂ© le plus rapidement possible aprĂšs lâadmission plutĂŽt que diffĂ©rĂ© jusquâau suivi ambulatoire.
Un traitement par statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e est recommandĂ© chez tous les patients prĂ©sentant un SCA afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Le traitement doit, si possible, ĂȘtre dĂ©butĂ© avant lâangioplastie coronaire percutanĂ©e programmĂ©e. Chez les patients prenant dĂ©jĂ une statine dâintensitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e, le traitement doit ĂȘtre intensifiĂ©.
Les recommandations du guide 2025 sur les SCA comprennent :
Traitement par statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e chez tous les patients prĂ©sentant un SCA.
Ajout dâun traitement hypolipĂ©miant non statinique chez les patients recevant une statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e lorsque le LDL-C est â„70 mg/dL (â„1.8 mmol/L).
Ajout raisonnable dâun traitement non statinique lorsque le LDL-C est de 55â69 mg/dL (â„1.4 Ă <1.8 mmol/L).
Traitement non statinique chez les patients intolérants aux statines.
PossibilitĂ© dâinstaurer simultanĂ©ment lâĂ©zĂ©timibe et une statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e pendant lâhospitalisation pour SCA.
Les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent lâintensification du traitement hypolipĂ©miant prĂ©existant au cours de lâhospitalisation initiale pour SCA. Chez les patients naĂŻfs de traitement qui nâatteindront probablement pas lâobjectif de LDL-C avec une statine seule, lâinstauration dâune statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă lâĂ©zĂ©timibe pendant lâhospitalisation doit ĂȘtre envisagĂ©e.
Syndrome coronarien chronique
Chez tous les patients atteints de SCC, une statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e est recommandĂ©e comme traitement pharmacologique de premiĂšre intention. Les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, notamment lâexercice physique, les interventions alimentaires et le contrĂŽle pondĂ©ral, doivent accompagner le traitement pharmacologique.
Les schĂ©mas de traitement dâintensitĂ© Ă©levĂ©e indiquĂ©s dans le document source sont :
Atorvastatine â„40 mg une fois par jour
Rosuvastatine â„20 mg une fois par jour
Ces schĂ©mas rĂ©duisent le LDL-C dâenviron 45â50 % en moyenne, bien que la rĂ©ponse varie selon les individus.
Artériopathie oblitérante des membres inférieurs
La rĂ©duction du LDL-C constitue Ă©galement un Ă©lĂ©ment essentiel de la prise en charge de lâAOMI, y compris chez les patients sans maladie coronaire ou cĂ©rĂ©brovasculaire concomitante. Les statines rĂ©duisent les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et pourraient amĂ©liorer le pronostic des membres. Les bĂ©nĂ©fices rapportĂ©s comprennent une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements vasculaires pĂ©riphĂ©riques aigus, une augmentation de la distance de marche sans douleur avec lâatorvastatine Ă forte dose et une diminution du risque dâamputation dans les donnĂ©es observationnelles et mĂ©ta-analytiques.
Présentation clinique et symptÎmes
La dyslipidĂ©mie elle-mĂȘme est gĂ©nĂ©ralement cliniquement silencieuse, et le document source ne dĂ©crit pas de symptomatologie caractĂ©ristique attribuable Ă lâĂ©lĂ©vation du LDL-C. Sa signification clinique sâexprime par les manifestations de lâASCVD, notamment les Ă©vĂ©nements coronaires, cĂ©rĂ©brovasculaires et artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques.
Les symptĂŽmes et syndromes cliniques reflĂštent donc le territoire vasculaire atteint plutĂŽt que lâanomalie lipidique elle-mĂȘme. Chez les patients prĂ©sentant une maladie Ă©tablie, le traitement hypolipĂ©miant vise Ă prĂ©venir les rĂ©cidives cardiovasculaires et les Ă©vĂ©nements touchant les membres.
Ăvaluation et examen clinique
Le document source ne fournit pas de cadre dĂ©taillĂ© pour lâexamen clinique de la dyslipidĂ©mie. LâĂ©valuation clinique doit nĂ©anmoins dĂ©terminer :
Si une ASCVD est déjà présente.
Si le patient a présenté un SCA ou un autre événement vasculaire récent.
Les traitements hypolipémiants antérieurs et actuels.
La dose maximale de statine tolérée.
Lâexistence Ă©ventuelle de symptĂŽmes musculaires associĂ©s aux statines.
La fragilitĂ©, lâinsuffisance rĂ©nale, la polymĂ©dication et les interactions mĂ©dicamenteuses potentielles, en particulier chez les patients ĂągĂ©s.
Le statut concernant une grossesse, un projet de grossesse ou lâallaitement.
Les caractĂ©ristiques cardiomĂ©taboliques pertinentes pour les cibles lipidiques secondaires, notamment lâobĂ©sitĂ©, le syndrome mĂ©tabolique, le diabĂšte et lâĂ©lĂ©vation des triglycĂ©rides.
Chez les patients ĂągĂ©s, les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques doivent intĂ©grer lâĂąge biologique, la fragilitĂ©, les comorbiditĂ©s, la polymĂ©dication, les interactions mĂ©dicamenteuses potentielles, le bĂ©nĂ©fice attendu sur la durĂ©e de vie et les prĂ©fĂ©rences du patient. Une insuffisance rĂ©nale ou un risque dâinteraction justifie une augmentation prudente de la dose de statine.
Examens diagnostiques et évaluation biologique
Bilan lipidique
Un bilan lipidique Ă jeun ou non doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant lâinstauration dâun traitement par statine. Le LDL-C constitue la principale cible thĂ©rapeutique. Le cholestĂ©rol non-HDL et lâapolipoprotĂ©ine B sont des cibles secondaires, notamment chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque cardiomĂ©tabolique, des triglycĂ©rides supĂ©rieurs Ă 175 mg/dL, une obĂ©sitĂ©, un syndrome mĂ©tabolique, un diabĂšte ou un LDL-C relativement faible.
Le pourcentage de rĂ©duction du LDL-C par rapport Ă la valeur initiale doit ĂȘtre Ă©valuĂ© en plus de la concentration absolue de LDL-C obtenue.
AprĂšs lâinstauration ou lâintensification du traitement, le bilan lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ© :
Dans les 1â3 mois selon les recommandations de surveillance ; et
Ă 4â6 semaines aprĂšs lâinstauration du traitement ou la modification posologique selon les recommandations spĂ©cifiques aux SCA.
LâĂ©valuation Ă 4â6 semaines permet de dĂ©terminer si les objectifs ont Ă©tĂ© atteints et si le schĂ©ma thĂ©rapeutique doit ĂȘtre adaptĂ©.
Bilan de sécurité initial
Avant lâinstauration dâune statine, le bilan initial doit comprendre :
Lâalanine aminotransfĂ©rase et les autres transaminases.
La créatine kinase.
Un bilan lipidique Ă jeun ou non.
La glycĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.
Créatine kinase et symptÎmes musculaires
Une surveillance sĂ©riĂ©e systĂ©matique de la CK nâest pas nĂ©cessaire chez les patients asymptomatiques. Un dosage de la CK peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© en cas de symptĂŽmes musculaires afin de contribuer Ă distinguer une myalgie dâune myopathie. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la CK en lâabsence de symptĂŽmes ne permet pas de prĂ©dire une myopathie ultĂ©rieure et ne nĂ©cessite pas nĂ©cessairement lâarrĂȘt de la statine.
Enzymes hépatiques
Les statines peuvent entraĂźner des Ă©lĂ©vations lĂ©gĂšres et transitoires de lâalanine aminotransfĂ©rase et de lâaspartate aminotransfĂ©rase. Ces Ă©lĂ©vations ne nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement pas lâarrĂȘt du traitement.
Traitement et prise en charge
Intervention hygiénodiététique
Le traitement mĂ©dicamenteux hypolipĂ©miant doit ĂȘtre associĂ© Ă :
Une alimentation saine.
Une activité physique réguliÚre.
Un contrĂŽle pondĂ©ral et, lorsque cela est appropriĂ©, lâatteinte dâun poids idĂ©al.
LâarrĂȘt du tabac.
En cas dâhypertriglycĂ©ridĂ©mie, une perte de poids, un exercice aĂ©robie, une restriction des glucides et une limitation de la consommation dâalcool.
Les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques sont particuliĂšrement importantes chez les patients prĂ©sentant un faible taux de cholestĂ©rol HDL, une hypertriglycĂ©ridĂ©mie, une obĂ©sitĂ©, une insulinorĂ©sistance ou une hypertension artĂ©rielle. Toutefois, le cholestĂ©rol HDL nâest pas Ă©tabli comme une cible pharmacologique isolĂ©e de la prĂ©vention secondaire.
Les statines en premiĂšre intention
Les statines constituent le traitement de base de la rĂ©duction du LDL-C en prĂ©vention primaire comme en prĂ©vention secondaire. Chez les patients prĂ©sentant une ASCVD ou un risque cardiovasculaire Ă©levĂ©, un traitement dâintensitĂ© Ă©levĂ©e doit ĂȘtre utilisĂ© Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e permettant dâatteindre lâobjectif de LDL-C et une rĂ©duction dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale.
Le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivi indĂ©finiment. Chez les patients qui le tolĂšrent, une rĂ©duction de la dose nâest pas recommandĂ©e au seul motif que le LDL-C a fortement diminuĂ© ; le document source ne rapporte aucun signal dâeffet indĂ©sirable chez les patients atteignant des taux trĂšs faibles de LDL-C, notamment infĂ©rieurs Ă 20 mg/dL dans les donnĂ©es Ă long terme citĂ©es concernant les SCA.
Intensification par lâĂ©zĂ©timibe
LâĂ©zĂ©timibe inhibe le transporteur intestinal du cholestĂ©rol NPC1L1, rĂ©duisant lâabsorption intestinale du cholestĂ©rol de prĂšs de 60 %. La dose habituelle est de 10 mg une fois par jour. En monothĂ©rapie, il rĂ©duit le LDL-C dâenviron 18 % ; son effet sâadditionne Ă celui dâune statine, avec une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C dâenviron 20â25 % lorsquâil est ajoutĂ© Ă une statine.
LâĂ©zĂ©timibe est recommandĂ© lorsque lâobjectif de LDL-C nâest pas atteint avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine. Il peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© en premiĂšre intention chez les patients qui ne tolĂšrent aucun schĂ©ma thĂ©rapeutique Ă base de statine.
Dans les SCA, lâĂ©zĂ©timibe peut ĂȘtre instaurĂ© prĂ©cocement au cours de lâhospitalisation initiale, notamment dans les 10 premiers jours selon les donnĂ©es cliniques dĂ©crites. Une association prĂ©coce est particuliĂšrement pertinente lorsque le LDL-C initial rend improbable lâatteinte de la cible avec une statine seule.
Lorsque lâĂ©zĂ©timibe est associĂ© Ă une statine, une surveillance des transaminases hĂ©patiques est recommandĂ©e.
Inhibition de PCSK9
La PCSK9 circulante favorise la dĂ©gradation des rĂ©cepteurs des LDL. Les anticorps monoclonaux anti-PCSK9 augmentent la disponibilitĂ© des rĂ©cepteurs hĂ©patiques des LDL et rĂ©duisent le LDL-C dâenviron 60 % lorsquâils sont ajoutĂ©s Ă une statine. Lâalirocumab et lâĂ©volocumab sont administrĂ©s par voie sous-cutanĂ©e toutes les 2 ou 4 semaines, selon la spĂ©cialitĂ© et le schĂ©ma thĂ©rapeutique.
Les inhibiteurs de PCSK9 sont recommandĂ©s chez les patients qui restent au-dessus de la cible malgrĂ© un traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă lâĂ©zĂ©timibe. Ils peuvent ĂȘtre particuliĂšrement appropriĂ©s lorsquâune rĂ©duction supplĂ©mentaire rapide et importante est nĂ©cessaire. Dans les SCA, les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent leur instauration pendant lâhospitalisation chez les patients qui recevaient dĂ©jĂ une statine et de lâĂ©zĂ©timibe mais restaient au-dessus de la cible.
Les inhibiteurs de PCSK9 prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement un profil de sĂ©curitĂ© favorable. Les rĂ©actions au site dâinjection constituent le principal effet indĂ©sirable rapportĂ© comme Ă©tant plus frĂ©quent quâavec le placebo. Ils rĂ©duisent Ă©galement modestement la lipoprotĂ©ine(a), et les donnĂ©es cliniques dĂ©crivent des bĂ©nĂ©fices chez les patients atteints dâAOMI, notamment une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs touchant les membres.
Acide bempédoïque
Lâacide bempĂ©doĂŻque inhibe lâATP-citrate lyase, rĂ©duisant la synthĂšse hĂ©patique du cholestĂ©rol par une voie distincte de celle des statines. Il est activĂ© par une enzyme non exprimĂ©e dans le muscle squelettique, ce qui pourrait expliquer sa moindre association aux myalgies par rapport aux statines.
La dose décrite est de 180 mg une fois par jour. Les réductions du LDL-C sont approximativement de :
18 % lorsquâil est ajoutĂ© Ă une statine.
23 % en monothérapie.
Environ 36â38 % lorsquâil est associĂ© Ă lâĂ©zĂ©timibe.
Lâacide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ© chez les patients intolĂ©rants aux statines qui nâatteignent pas leur objectif de LDL-C avec lâĂ©zĂ©timibe. Il peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez les patients qui restent au-dessus de la cible malgrĂ© un traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă lâĂ©zĂ©timibe.
Les éléments pratiques à prendre en compte comprennent :
Il ne doit pas ĂȘtre associĂ© Ă des doses de simvastatine supĂ©rieures Ă 20 mg.
Il peut augmenter lâuricĂ©mie et dĂ©clencher une crise de goutte.
Il peut augmenter les enzymes hépatiques.
Des cas de lithiase biliaire ont été rapportés.
Contrairement aux statines, il nâa pas Ă©tĂ© associĂ© Ă une augmentation de lâincidence du diabĂšte dans le document source.
Inclisiran
Lâinclisiran est un traitement par petit ARN interfĂ©rent dirigĂ© contre lâARN messager hĂ©patique de PCSK9. Il est administrĂ© par voie sous-cutanĂ©e tous les 3â6 mois, le document source dĂ©crivant Ă©galement un schĂ©ma semestriel. Il rĂ©duit le LDL-C dâenviron 50â60 %, avec ou sans traitement par statine.
Lâinclisiran semble bien tolĂ©rĂ© et efficace pour rĂ©duire le LDL-C, mais les essais Ă©valuant les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires sont en cours dans le document source. Ainsi, les donnĂ©es disponibles sur la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements sont moins matures que celles concernant les anticorps monoclonaux anti-PCSK9.
Icosapent éthyl et triglycérides
Chez les patients prĂ©sentant un SCA et des triglycĂ©rides de 1.5â5.6 mmol/L (135â499 mg/dL) malgrĂ© un traitement par statine, lâicosapent Ă©thyl peut ĂȘtre utilisĂ© Ă la dose de 2 g deux fois par jour en association avec une statine.
Le document source distingue lâacide eicosapentaĂ©noĂŻque purifiĂ© des prĂ©parations dâhuile de poisson non soumises Ă prescription et des prĂ©parations Ă©quilibrĂ©es contenant de lâacide eicosapentaĂ©noĂŻque et de lâacide docosahexaĂ©noĂŻque. Les huiles de poisson disponibles sans ordonnance ne sont pas recommandĂ©es pour la prĂ©vention cardiovasculaire.
En cas dâhypertriglycĂ©ridĂ©mie sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par des triglycĂ©rides >500 mg/dL, le traitement est important pour prĂ©venir la pancrĂ©atite. Les fibrates peuvent rĂ©duire les triglycĂ©rides et ĂȘtre utiles dans ce contexte, mais lâassociation dâun fibrate Ă une statine nâa pas dĂ©montrĂ© dâamĂ©lioration des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires dans les Ă©tudes de lâĂšre des statines dĂ©crites.
Chélateurs des acides biliaires
Les chĂ©lateurs des acides biliaires rĂ©duisent le LDL-C en liant les acides biliaires dans lâintestin et en augmentant leur excrĂ©tion fĂ©cale. Les mĂ©dicaments disponibles comprennent la cholestyramine, le colestipol et le colĂ©sĂ©vĂ©lam.
Ils peuvent ĂȘtre associĂ©s aux statines ou Ă lâĂ©zĂ©timibe, mais peuvent augmenter les triglycĂ©rides et doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©vitĂ©s chez les patients prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie. Les effets indĂ©sirables gastro-intestinaux comprennent les ballonnements et la constipation. Ces mĂ©dicaments nâĂ©tant pas absorbĂ©s au niveau systĂ©mique, ils sont considĂ©rĂ©s comme particuliĂšrement sĂ»rs et constituent les hypocholestĂ©rolĂ©miants de choix chez lâenfant et chez les femmes enceintes, qui allaitent ou qui essaient activement de concevoir.
Traitements spécialisés
Pour lâhypercholestĂ©rolĂ©mie familiale homozygote, le document source dĂ©crit :
Le lomitapide, qui rĂ©duit le LDL-C dâenviron 50 %.
Le mipomersen, qui rĂ©duit le LDL-C dâenviron 25 %.
LâĂ©vinacumab, administrĂ© par perfusion intraveineuse toutes les 4 semaines, qui rĂ©duit le LDL-C dâenviron 50 %.
Le lomitapide et le mipomersen peuvent augmenter la graisse hépatique ; le lomitapide est également associé à des effets indésirables gastro-intestinaux, tandis que le mipomersen peut provoquer des réactions cutanées et des symptÎmes pseudo-grippaux.
Une aphĂ©rĂšse des LDL peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients dont le LDL-C reste excessivement Ă©levĂ© malgrĂ© un traitement mĂ©dicamenteux combinĂ© Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e, y compris un inhibiteur de PCSK9. Le document source prĂ©cise quâelle doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients atteints de maladie coronaire et prĂ©sentant un LDL-C >200 mg/dL, chez ceux sans maladie coronaire et prĂ©sentant un LDL-C >300 mg/dL, ainsi que chez certains patients Ă haut risque prĂ©sentant un LDL-C >160 mg/dL malgrĂ© un traitement maximal.
Sécurité médicamenteuse et considérations pratiques
SymptÎmes musculaires associés aux statines
La myalgie est lâeffet indĂ©sirable le plus important parmi ceux couramment discutĂ©s avec les statines et survient chez environ 3â5 % des patients dans le document source. La myopathie sĂ©vĂšre avec Ă©lĂ©vation de la CK et la rhabdomyolyse sont rares.
Le risque est augmenté par :
LâĂąge avancĂ©.
La fragilité.
Lâinsuffisance rĂ©nale.
Les mĂ©dicaments concomitants qui interfĂšrent avec le mĂ©tabolisme des statines, notamment lâĂ©rythromycine et les antibiotiques apparentĂ©s, les antifongiques, les immunosuppresseurs et les dĂ©rivĂ©s de lâacide fibrique, en particulier le gemfibrozil.
En cas de symptĂŽmes musculaires, le dosage de la CK peut aider Ă caractĂ©riser le syndrome. Le document source ne fournit pas dâalgorithme spĂ©cifique concernant la rĂ©introduction, le changement de statine ou lâinterruption du traitement.
Considérations hépatiques
Les statines peuvent entraĂźner des Ă©lĂ©vations lĂ©gĂšres ou transitoires des transaminases. Le dosage initial des transaminases est recommandĂ©, et les rĂ©sultats hĂ©patiques doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s dans leur contexte clinique plutĂŽt que servir de motif Ă un arrĂȘt systĂ©matique en prĂ©sence dâanomalies lĂ©gĂšres et transitoires.
Risque de diabĂšte
Le traitement par statine est associĂ© Ă un lĂ©ger excĂšs dâincidence du diabĂšte de type 2. Ce risque est contrebalancĂ© par le bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire du traitement par statine. Une surveillance de la glycĂ©mie est appropriĂ©e chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque de diabĂšte.
Grossesse et allaitement
Les statines ne doivent pas ĂȘtre utilisĂ©es lorsquâune grossesse est envisagĂ©e, pendant la grossesse ou durant lâallaitement. Les chĂ©lateurs des acides biliaires sont identifiĂ©s comme les hypolipĂ©miants de choix chez les femmes enceintes, allaitantes ou essayant activement de concevoir.
Personnes ùgées
Chez les patients ĂągĂ©s de â„70 ans, les statines et les autres traitements hypolipĂ©miants rĂ©duisent les Ă©vĂ©nements vasculaires majeurs quel que soit lâĂąge, bien que les donnĂ©es soient moins directes en prĂ©vention primaire. En prĂ©vention primaire au-delĂ de cet Ăąge, une instauration peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients Ă risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ© aprĂšs prise en compte de la fragilitĂ©, des comorbiditĂ©s, de la polymĂ©dication, de la fonction rĂ©nale, des interactions mĂ©dicamenteuses, du bĂ©nĂ©fice attendu sur la durĂ©e de vie et des prĂ©fĂ©rences du patient.
Parcours thérapeutique fondé sur les recommandations
Un parcours pratique de prévention secondaire est le suivant :
Réaliser un bilan lipidique initial, un dosage des transaminases et de la CK.
Instaurer ou poursuivre une statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e.
Viser un LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) et une rĂ©duction dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale.
ContrĂŽler Ă nouveau le bilan lipidique aprĂšs lâinstauration ou lâintensification du traitement.
Ajouter lâĂ©zĂ©timibe si lâobjectif de LDL-C nâest pas atteint avec la statine.
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 si lâobjectif nâest toujours pas atteint malgrĂ© lâassociation dâune statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe.
Envisager lâacide bempĂ©doĂŻque chez les patients intolĂ©rants aux statines qui sont candidats Ă ce traitement ou comme option supplĂ©mentaire lorsque les cibles ne sont pas atteintes.
Poursuivre le traitement Ă vie et réévaluer lâobservance, la tolĂ©rance, la sĂ©curitĂ© et lâatteinte de la cible aprĂšs chaque modification.
Les recommandations européennes concernant le SCC attribuent :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) avec une rĂ©duction â„50 % par rapport Ă la valeur initiale | I | A |
| Statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e chez tous les patients atteints de SCC | I | A |
| Ajouter lâĂ©zĂ©timibe lorsque lâobjectif nâest pas atteint avec une statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e | I | B |
| Ajouter lâacide bempĂ©doĂŻque chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe | I | B |
| Ajouter un inhibiteur de PCSK9 lorsque lâobjectif nâest pas atteint malgrĂ© lâassociation dâune statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe | I | A |
| Envisager lâajout dâacide bempĂ©doĂŻque lorsque lâobjectif nâest pas atteint malgrĂ© lâassociation dâune statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe | IIa | C |
| Envisager un LDL-C <1.0 mmol/L (<40 mg/dL) aprÚs un événement athérothrombotique récidivant dans les 2 ans malgré un traitement par statine à la dose maximale tolérée | IIb | B |
Pour les SCA, les recommandations européennes citées indiquent :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Intensifier le traitement hypolipĂ©miant pendant lâhospitalisation initiale chez les patients recevant un traitement hypolipĂ©miant avant lâadmission | I | C |
| Envisager lâassociation dâune statine dâintensitĂ© Ă©levĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe pendant lâhospitalisation initiale chez les patients naĂŻfs de traitement qui nâatteindront probablement pas lâobjectif de LDL-C avec une statine seule | IIa | B |
Pronostic et suivi
Un LDL-C atteint plus faible aprĂšs un SCA est constamment associĂ© Ă un taux moindre dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires. Dans les donnĂ©es dĂ©crites, lâatteinte prĂ©coce et durable des objectifs de LDL-C recommandĂ©s par les guides est associĂ©e au risque cardiovasculaire observĂ© le plus faible aprĂšs un infarctus du myocarde.
Une approche par Ă©tapes peut retarder lâatteinte de lâobjectif de LDL-C jusquâĂ 12 semaines aprĂšs la sortie. La pĂ©riode prĂ©coce suivant un SCA Ă©tant la phase la plus vulnĂ©rable, le traitement doit ĂȘtre instaurĂ© rapidement et intensifiĂ© si nĂ©cessaire au cours de lâhospitalisation initiale.
Le bilan lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ© 4â6 semaines aprĂšs chaque instauration, intensification ou modification posologique afin de confirmer la rĂ©ponse, dâĂ©valuer lâobservance, de rechercher dâĂ©ventuels problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de dĂ©terminer si un traitement supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire. La surveillance plus gĂ©nĂ©rale aprĂšs lâinstauration dâune statine comprend un nouveau bilan lipidique dans les 1â3 premiers mois et une surveillance de la glycĂ©mie chez les patients Ă risque de diabĂšte.
Le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre poursuivi Ă vie chez les patients prĂ©sentant une ASCVD Ă©tablie ou un SCA. Le suivi doit porter sur lâatteinte durable de la cible de LDL-C, la persistance du traitement, les effets indĂ©sirables, les interactions mĂ©dicamenteuses, les considĂ©rations rĂ©nales et hĂ©patiques et la nĂ©cessitĂ© dâun traitement combinĂ© supplĂ©mentaire.