đŸš« Traitement hypolipĂ©miant : les statines en premiĂšre intention

Sommaire (31)

Définition et physiopathologie

Le traitement hypolipémiant constitue un élément central de la prévention cardiovasculaire, en particulier chez les patients présentant une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD) établie, un syndrome coronarien chronique (SCC), une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ou un syndrome coronarien aigu (SCA). Son principal objectif thérapeutique est de réduire le cholestérol des lipoprotéines de basse densité (LDL-C), principale cible lipidique de la prévention secondaire contemporaine.

Les statines inhibent la 3-hydroxy-3-mĂ©thylglutaryl-coenzyme A rĂ©ductase hĂ©patique, enzyme clĂ© de la synthĂšse du cholestĂ©rol. La diminution de la synthĂšse hĂ©patique du cholestĂ©rol entraĂźne une augmentation compensatrice de l’expression des rĂ©cepteurs hĂ©patiques des LDL, accĂ©lĂ©rant la clairance des particules de LDL circulantes et abaissant le LDL-C plasmatique. Le traitement par statine entraĂźne Ă©galement une rĂ©duction modeste et dose-dĂ©pendante des triglycĂ©rides.

Le bĂ©nĂ©fice des statines dĂ©passe la simple rĂ©duction angiographique de l’obstruction coronaire. Une rĂ©duction lipidique intensive amĂ©liore la fonction endothĂ©liale, diminue la protĂ©ine C-rĂ©active circulante ultrasensible, rĂ©duit la thrombogenicitĂ© et modifie favorablement les composantes inflammatoires et collagĂ©niques de la plaque athĂ©rosclĂ©reuse. Ces effets contribuent Ă  expliquer pourquoi la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires est nettement supĂ©rieure Ă  la rĂ©gression anatomique gĂ©nĂ©ralement modeste de l’athĂ©rosclĂ©rose coronaire.

L’ampleur de la rĂ©duction du LDL-C varie selon la statine, la dose et la rĂ©ponse individuelle. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les statines rĂ©duisent le LDL-C d’environ 30–55 % ; le doublement de la dose entraĂźne une rĂ©duction supplĂ©mentaire d’environ 6 %.

Indications cliniques et objectifs thérapeutiques

Maladie cardiovasculaire athéroscléreuse établie

Les patients prĂ©sentant une ASCVD Ă©tablie sont exposĂ©s Ă  un trĂšs haut risque cardiovasculaire et nĂ©cessitent une rĂ©duction intensive du LDL-C. Chez les patients atteints de SCC, l’objectif recommandĂ© est :

  • LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) ; et

  • Une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Chez les patients prĂ©sentant un nouvel Ă©vĂ©nement athĂ©rothrombotique ou cardiovasculaire dans les 2 ans malgrĂ© un traitement Ă  base de statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, un objectif de LDL-C infĂ©rieur Ă  1.0 mmol/L (<40 mg/dL) peut ĂȘtre envisagĂ©.

Une rĂ©duction efficace des lipides amĂ©liore la survie et diminue la mortalitĂ© cardiovasculaire chez les patients atteints de maladie coronaire, quelle que soit la cholestĂ©rolĂ©mie initiale. Un traitement par statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e est plus efficace qu’un traitement d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs.

Syndromes coronariens aigus

La pĂ©riode qui suit immĂ©diatement un SCA est particuliĂšrement vulnĂ©rable, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires rĂ©cidivants Ă©tant concentrĂ©s prĂ©cocement aprĂšs la sortie. Par consĂ©quent, le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre instaurĂ© le plus rapidement possible aprĂšs l’admission plutĂŽt que diffĂ©rĂ© jusqu’au suivi ambulatoire.

Un traitement par statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e est recommandĂ© chez tous les patients prĂ©sentant un SCA afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Le traitement doit, si possible, ĂȘtre dĂ©butĂ© avant l’angioplastie coronaire percutanĂ©e programmĂ©e. Chez les patients prenant dĂ©jĂ  une statine d’intensitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e, le traitement doit ĂȘtre intensifiĂ©.

Les recommandations du guide 2025 sur les SCA comprennent :

  • Traitement par statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e chez tous les patients prĂ©sentant un SCA.

  • Ajout d’un traitement hypolipĂ©miant non statinique chez les patients recevant une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e lorsque le LDL-C est ≄70 mg/dL (≄1.8 mmol/L).

  • Ajout raisonnable d’un traitement non statinique lorsque le LDL-C est de 55–69 mg/dL (≄1.4 Ă  <1.8 mmol/L).

  • Traitement non statinique chez les patients intolĂ©rants aux statines.

  • PossibilitĂ© d’instaurer simultanĂ©ment l’ézĂ©timibe et une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e pendant l’hospitalisation pour SCA.

Les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent l’intensification du traitement hypolipĂ©miant prĂ©existant au cours de l’hospitalisation initiale pour SCA. Chez les patients naĂŻfs de traitement qui n’atteindront probablement pas l’objectif de LDL-C avec une statine seule, l’instauration d’une statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă  l’ézĂ©timibe pendant l’hospitalisation doit ĂȘtre envisagĂ©e.

Syndrome coronarien chronique

Chez tous les patients atteints de SCC, une statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e est recommandĂ©e comme traitement pharmacologique de premiĂšre intention. Les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, notamment l’exercice physique, les interventions alimentaires et le contrĂŽle pondĂ©ral, doivent accompagner le traitement pharmacologique.

Les schĂ©mas de traitement d’intensitĂ© Ă©levĂ©e indiquĂ©s dans le document source sont :

  • Atorvastatine ≄40 mg une fois par jour

  • Rosuvastatine ≄20 mg une fois par jour

Ces schĂ©mas rĂ©duisent le LDL-C d’environ 45–50 % en moyenne, bien que la rĂ©ponse varie selon les individus.

Artériopathie oblitérante des membres inférieurs

La rĂ©duction du LDL-C constitue Ă©galement un Ă©lĂ©ment essentiel de la prise en charge de l’AOMI, y compris chez les patients sans maladie coronaire ou cĂ©rĂ©brovasculaire concomitante. Les statines rĂ©duisent les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et pourraient amĂ©liorer le pronostic des membres. Les bĂ©nĂ©fices rapportĂ©s comprennent une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements vasculaires pĂ©riphĂ©riques aigus, une augmentation de la distance de marche sans douleur avec l’atorvastatine Ă  forte dose et une diminution du risque d’amputation dans les donnĂ©es observationnelles et mĂ©ta-analytiques.

Présentation clinique et symptÎmes

La dyslipidĂ©mie elle-mĂȘme est gĂ©nĂ©ralement cliniquement silencieuse, et le document source ne dĂ©crit pas de symptomatologie caractĂ©ristique attribuable Ă  l’élĂ©vation du LDL-C. Sa signification clinique s’exprime par les manifestations de l’ASCVD, notamment les Ă©vĂ©nements coronaires, cĂ©rĂ©brovasculaires et artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques.

Les symptĂŽmes et syndromes cliniques reflĂštent donc le territoire vasculaire atteint plutĂŽt que l’anomalie lipidique elle-mĂȘme. Chez les patients prĂ©sentant une maladie Ă©tablie, le traitement hypolipĂ©miant vise Ă  prĂ©venir les rĂ©cidives cardiovasculaires et les Ă©vĂ©nements touchant les membres.

Évaluation et examen clinique

Le document source ne fournit pas de cadre dĂ©taillĂ© pour l’examen clinique de la dyslipidĂ©mie. L’évaluation clinique doit nĂ©anmoins dĂ©terminer :

  • Si une ASCVD est dĂ©jĂ  prĂ©sente.

  • Si le patient a prĂ©sentĂ© un SCA ou un autre Ă©vĂ©nement vasculaire rĂ©cent.

  • Les traitements hypolipĂ©miants antĂ©rieurs et actuels.

  • La dose maximale de statine tolĂ©rĂ©e.

  • L’existence Ă©ventuelle de symptĂŽmes musculaires associĂ©s aux statines.

  • La fragilitĂ©, l’insuffisance rĂ©nale, la polymĂ©dication et les interactions mĂ©dicamenteuses potentielles, en particulier chez les patients ĂągĂ©s.

  • Le statut concernant une grossesse, un projet de grossesse ou l’allaitement.

  • Les caractĂ©ristiques cardiomĂ©taboliques pertinentes pour les cibles lipidiques secondaires, notamment l’obĂ©sitĂ©, le syndrome mĂ©tabolique, le diabĂšte et l’élĂ©vation des triglycĂ©rides.

Chez les patients ĂągĂ©s, les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques doivent intĂ©grer l’ñge biologique, la fragilitĂ©, les comorbiditĂ©s, la polymĂ©dication, les interactions mĂ©dicamenteuses potentielles, le bĂ©nĂ©fice attendu sur la durĂ©e de vie et les prĂ©fĂ©rences du patient. Une insuffisance rĂ©nale ou un risque d’interaction justifie une augmentation prudente de la dose de statine.

Examens diagnostiques et évaluation biologique

Bilan lipidique

Un bilan lipidique Ă  jeun ou non doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant l’instauration d’un traitement par statine. Le LDL-C constitue la principale cible thĂ©rapeutique. Le cholestĂ©rol non-HDL et l’apolipoprotĂ©ine B sont des cibles secondaires, notamment chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque cardiomĂ©tabolique, des triglycĂ©rides supĂ©rieurs Ă  175 mg/dL, une obĂ©sitĂ©, un syndrome mĂ©tabolique, un diabĂšte ou un LDL-C relativement faible.

Le pourcentage de rĂ©duction du LDL-C par rapport Ă  la valeur initiale doit ĂȘtre Ă©valuĂ© en plus de la concentration absolue de LDL-C obtenue.

AprĂšs l’instauration ou l’intensification du traitement, le bilan lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ© :

  • Dans les 1–3 mois selon les recommandations de surveillance ; et

  • À 4–6 semaines aprĂšs l’instauration du traitement ou la modification posologique selon les recommandations spĂ©cifiques aux SCA.

L’évaluation Ă  4–6 semaines permet de dĂ©terminer si les objectifs ont Ă©tĂ© atteints et si le schĂ©ma thĂ©rapeutique doit ĂȘtre adaptĂ©.

Bilan de sécurité initial

Avant l’instauration d’une statine, le bilan initial doit comprendre :

  • L’alanine aminotransfĂ©rase et les autres transaminases.

  • La crĂ©atine kinase.

  • Un bilan lipidique Ă  jeun ou non.

La glycĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.

Créatine kinase et symptÎmes musculaires

Une surveillance sĂ©riĂ©e systĂ©matique de la CK n’est pas nĂ©cessaire chez les patients asymptomatiques. Un dosage de la CK peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© en cas de symptĂŽmes musculaires afin de contribuer Ă  distinguer une myalgie d’une myopathie. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la CK en l’absence de symptĂŽmes ne permet pas de prĂ©dire une myopathie ultĂ©rieure et ne nĂ©cessite pas nĂ©cessairement l’arrĂȘt de la statine.

Enzymes hépatiques

Les statines peuvent entraĂźner des Ă©lĂ©vations lĂ©gĂšres et transitoires de l’alanine aminotransfĂ©rase et de l’aspartate aminotransfĂ©rase. Ces Ă©lĂ©vations ne nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement pas l’arrĂȘt du traitement.

Traitement et prise en charge

Intervention hygiénodiététique

Le traitement mĂ©dicamenteux hypolipĂ©miant doit ĂȘtre associĂ© Ă  :

  • Une alimentation saine.

  • Une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre.

  • Un contrĂŽle pondĂ©ral et, lorsque cela est appropriĂ©, l’atteinte d’un poids idĂ©al.

  • L’arrĂȘt du tabac.

  • En cas d’hypertriglycĂ©ridĂ©mie, une perte de poids, un exercice aĂ©robie, une restriction des glucides et une limitation de la consommation d’alcool.

Les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques sont particuliĂšrement importantes chez les patients prĂ©sentant un faible taux de cholestĂ©rol HDL, une hypertriglycĂ©ridĂ©mie, une obĂ©sitĂ©, une insulinorĂ©sistance ou une hypertension artĂ©rielle. Toutefois, le cholestĂ©rol HDL n’est pas Ă©tabli comme une cible pharmacologique isolĂ©e de la prĂ©vention secondaire.

Les statines en premiĂšre intention

Les statines constituent le traitement de base de la rĂ©duction du LDL-C en prĂ©vention primaire comme en prĂ©vention secondaire. Chez les patients prĂ©sentant une ASCVD ou un risque cardiovasculaire Ă©levĂ©, un traitement d’intensitĂ© Ă©levĂ©e doit ĂȘtre utilisĂ© Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e permettant d’atteindre l’objectif de LDL-C et une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivi indĂ©finiment. Chez les patients qui le tolĂšrent, une rĂ©duction de la dose n’est pas recommandĂ©e au seul motif que le LDL-C a fortement diminuĂ© ; le document source ne rapporte aucun signal d’effet indĂ©sirable chez les patients atteignant des taux trĂšs faibles de LDL-C, notamment infĂ©rieurs Ă  20 mg/dL dans les donnĂ©es Ă  long terme citĂ©es concernant les SCA.

Intensification par l’ézĂ©timibe

L’ézĂ©timibe inhibe le transporteur intestinal du cholestĂ©rol NPC1L1, rĂ©duisant l’absorption intestinale du cholestĂ©rol de prĂšs de 60 %. La dose habituelle est de 10 mg une fois par jour. En monothĂ©rapie, il rĂ©duit le LDL-C d’environ 18 % ; son effet s’additionne Ă  celui d’une statine, avec une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C d’environ 20–25 % lorsqu’il est ajoutĂ© Ă  une statine.

L’ézĂ©timibe est recommandĂ© lorsque l’objectif de LDL-C n’est pas atteint avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine. Il peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© en premiĂšre intention chez les patients qui ne tolĂšrent aucun schĂ©ma thĂ©rapeutique Ă  base de statine.

Dans les SCA, l’ézĂ©timibe peut ĂȘtre instaurĂ© prĂ©cocement au cours de l’hospitalisation initiale, notamment dans les 10 premiers jours selon les donnĂ©es cliniques dĂ©crites. Une association prĂ©coce est particuliĂšrement pertinente lorsque le LDL-C initial rend improbable l’atteinte de la cible avec une statine seule.

Lorsque l’ézĂ©timibe est associĂ© Ă  une statine, une surveillance des transaminases hĂ©patiques est recommandĂ©e.

Inhibition de PCSK9

La PCSK9 circulante favorise la dĂ©gradation des rĂ©cepteurs des LDL. Les anticorps monoclonaux anti-PCSK9 augmentent la disponibilitĂ© des rĂ©cepteurs hĂ©patiques des LDL et rĂ©duisent le LDL-C d’environ 60 % lorsqu’ils sont ajoutĂ©s Ă  une statine. L’alirocumab et l’évolocumab sont administrĂ©s par voie sous-cutanĂ©e toutes les 2 ou 4 semaines, selon la spĂ©cialitĂ© et le schĂ©ma thĂ©rapeutique.

Les inhibiteurs de PCSK9 sont recommandĂ©s chez les patients qui restent au-dessus de la cible malgrĂ© un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă  l’ézĂ©timibe. Ils peuvent ĂȘtre particuliĂšrement appropriĂ©s lorsqu’une rĂ©duction supplĂ©mentaire rapide et importante est nĂ©cessaire. Dans les SCA, les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent leur instauration pendant l’hospitalisation chez les patients qui recevaient dĂ©jĂ  une statine et de l’ézĂ©timibe mais restaient au-dessus de la cible.

Les inhibiteurs de PCSK9 prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement un profil de sĂ©curitĂ© favorable. Les rĂ©actions au site d’injection constituent le principal effet indĂ©sirable rapportĂ© comme Ă©tant plus frĂ©quent qu’avec le placebo. Ils rĂ©duisent Ă©galement modestement la lipoprotĂ©ine(a), et les donnĂ©es cliniques dĂ©crivent des bĂ©nĂ©fices chez les patients atteints d’AOMI, notamment une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs touchant les membres.

Acide bempédoïque

L’acide bempĂ©doĂŻque inhibe l’ATP-citrate lyase, rĂ©duisant la synthĂšse hĂ©patique du cholestĂ©rol par une voie distincte de celle des statines. Il est activĂ© par une enzyme non exprimĂ©e dans le muscle squelettique, ce qui pourrait expliquer sa moindre association aux myalgies par rapport aux statines.

La dose décrite est de 180 mg une fois par jour. Les réductions du LDL-C sont approximativement de :

  • 18 % lorsqu’il est ajoutĂ© Ă  une statine.

  • 23 % en monothĂ©rapie.

  • Environ 36–38 % lorsqu’il est associĂ© Ă  l’ézĂ©timibe.

L’acide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ© chez les patients intolĂ©rants aux statines qui n’atteignent pas leur objectif de LDL-C avec l’ézĂ©timibe. Il peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez les patients qui restent au-dessus de la cible malgrĂ© un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă  l’ézĂ©timibe.

Les éléments pratiques à prendre en compte comprennent :

  • Il ne doit pas ĂȘtre associĂ© Ă  des doses de simvastatine supĂ©rieures Ă  20 mg.

  • Il peut augmenter l’uricĂ©mie et dĂ©clencher une crise de goutte.

  • Il peut augmenter les enzymes hĂ©patiques.

  • Des cas de lithiase biliaire ont Ă©tĂ© rapportĂ©s.

  • Contrairement aux statines, il n’a pas Ă©tĂ© associĂ© Ă  une augmentation de l’incidence du diabĂšte dans le document source.

Inclisiran

L’inclisiran est un traitement par petit ARN interfĂ©rent dirigĂ© contre l’ARN messager hĂ©patique de PCSK9. Il est administrĂ© par voie sous-cutanĂ©e tous les 3–6 mois, le document source dĂ©crivant Ă©galement un schĂ©ma semestriel. Il rĂ©duit le LDL-C d’environ 50–60 %, avec ou sans traitement par statine.

L’inclisiran semble bien tolĂ©rĂ© et efficace pour rĂ©duire le LDL-C, mais les essais Ă©valuant les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires sont en cours dans le document source. Ainsi, les donnĂ©es disponibles sur la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements sont moins matures que celles concernant les anticorps monoclonaux anti-PCSK9.

Icosapent éthyl et triglycérides

Chez les patients prĂ©sentant un SCA et des triglycĂ©rides de 1.5–5.6 mmol/L (135–499 mg/dL) malgrĂ© un traitement par statine, l’icosapent Ă©thyl peut ĂȘtre utilisĂ© Ă  la dose de 2 g deux fois par jour en association avec une statine.

Le document source distingue l’acide eicosapentaĂ©noĂŻque purifiĂ© des prĂ©parations d’huile de poisson non soumises Ă  prescription et des prĂ©parations Ă©quilibrĂ©es contenant de l’acide eicosapentaĂ©noĂŻque et de l’acide docosahexaĂ©noĂŻque. Les huiles de poisson disponibles sans ordonnance ne sont pas recommandĂ©es pour la prĂ©vention cardiovasculaire.

En cas d’hypertriglycĂ©ridĂ©mie sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par des triglycĂ©rides >500 mg/dL, le traitement est important pour prĂ©venir la pancrĂ©atite. Les fibrates peuvent rĂ©duire les triglycĂ©rides et ĂȘtre utiles dans ce contexte, mais l’association d’un fibrate Ă  une statine n’a pas dĂ©montrĂ© d’amĂ©lioration des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires dans les Ă©tudes de l’ùre des statines dĂ©crites.

Chélateurs des acides biliaires

Les chĂ©lateurs des acides biliaires rĂ©duisent le LDL-C en liant les acides biliaires dans l’intestin et en augmentant leur excrĂ©tion fĂ©cale. Les mĂ©dicaments disponibles comprennent la cholestyramine, le colestipol et le colĂ©sĂ©vĂ©lam.

Ils peuvent ĂȘtre associĂ©s aux statines ou Ă  l’ézĂ©timibe, mais peuvent augmenter les triglycĂ©rides et doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©vitĂ©s chez les patients prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie. Les effets indĂ©sirables gastro-intestinaux comprennent les ballonnements et la constipation. Ces mĂ©dicaments n’étant pas absorbĂ©s au niveau systĂ©mique, ils sont considĂ©rĂ©s comme particuliĂšrement sĂ»rs et constituent les hypocholestĂ©rolĂ©miants de choix chez l’enfant et chez les femmes enceintes, qui allaitent ou qui essaient activement de concevoir.

Traitements spécialisés

Pour l’hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale homozygote, le document source dĂ©crit :

  • Le lomitapide, qui rĂ©duit le LDL-C d’environ 50 %.

  • Le mipomersen, qui rĂ©duit le LDL-C d’environ 25 %.

  • L’évinacumab, administrĂ© par perfusion intraveineuse toutes les 4 semaines, qui rĂ©duit le LDL-C d’environ 50 %.

Le lomitapide et le mipomersen peuvent augmenter la graisse hépatique ; le lomitapide est également associé à des effets indésirables gastro-intestinaux, tandis que le mipomersen peut provoquer des réactions cutanées et des symptÎmes pseudo-grippaux.

Une aphĂ©rĂšse des LDL peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients dont le LDL-C reste excessivement Ă©levĂ© malgrĂ© un traitement mĂ©dicamenteux combinĂ© Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, y compris un inhibiteur de PCSK9. Le document source prĂ©cise qu’elle doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients atteints de maladie coronaire et prĂ©sentant un LDL-C >200 mg/dL, chez ceux sans maladie coronaire et prĂ©sentant un LDL-C >300 mg/dL, ainsi que chez certains patients Ă  haut risque prĂ©sentant un LDL-C >160 mg/dL malgrĂ© un traitement maximal.

Sécurité médicamenteuse et considérations pratiques

SymptÎmes musculaires associés aux statines

La myalgie est l’effet indĂ©sirable le plus important parmi ceux couramment discutĂ©s avec les statines et survient chez environ 3–5 % des patients dans le document source. La myopathie sĂ©vĂšre avec Ă©lĂ©vation de la CK et la rhabdomyolyse sont rares.

Le risque est augmenté par :

  • L’ñge avancĂ©.

  • La fragilitĂ©.

  • L’insuffisance rĂ©nale.

  • Les mĂ©dicaments concomitants qui interfĂšrent avec le mĂ©tabolisme des statines, notamment l’érythromycine et les antibiotiques apparentĂ©s, les antifongiques, les immunosuppresseurs et les dĂ©rivĂ©s de l’acide fibrique, en particulier le gemfibrozil.

En cas de symptĂŽmes musculaires, le dosage de la CK peut aider Ă  caractĂ©riser le syndrome. Le document source ne fournit pas d’algorithme spĂ©cifique concernant la rĂ©introduction, le changement de statine ou l’interruption du traitement.

Considérations hépatiques

Les statines peuvent entraĂźner des Ă©lĂ©vations lĂ©gĂšres ou transitoires des transaminases. Le dosage initial des transaminases est recommandĂ©, et les rĂ©sultats hĂ©patiques doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s dans leur contexte clinique plutĂŽt que servir de motif Ă  un arrĂȘt systĂ©matique en prĂ©sence d’anomalies lĂ©gĂšres et transitoires.

Risque de diabĂšte

Le traitement par statine est associĂ© Ă  un lĂ©ger excĂšs d’incidence du diabĂšte de type 2. Ce risque est contrebalancĂ© par le bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire du traitement par statine. Une surveillance de la glycĂ©mie est appropriĂ©e chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque de diabĂšte.

Grossesse et allaitement

Les statines ne doivent pas ĂȘtre utilisĂ©es lorsqu’une grossesse est envisagĂ©e, pendant la grossesse ou durant l’allaitement. Les chĂ©lateurs des acides biliaires sont identifiĂ©s comme les hypolipĂ©miants de choix chez les femmes enceintes, allaitantes ou essayant activement de concevoir.

Personnes ùgées

Chez les patients ĂągĂ©s de ≄70 ans, les statines et les autres traitements hypolipĂ©miants rĂ©duisent les Ă©vĂ©nements vasculaires majeurs quel que soit l’ñge, bien que les donnĂ©es soient moins directes en prĂ©vention primaire. En prĂ©vention primaire au-delĂ  de cet Ăąge, une instauration peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients Ă  risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ© aprĂšs prise en compte de la fragilitĂ©, des comorbiditĂ©s, de la polymĂ©dication, de la fonction rĂ©nale, des interactions mĂ©dicamenteuses, du bĂ©nĂ©fice attendu sur la durĂ©e de vie et des prĂ©fĂ©rences du patient.

Parcours thérapeutique fondé sur les recommandations

Un parcours pratique de prévention secondaire est le suivant :

  • RĂ©aliser un bilan lipidique initial, un dosage des transaminases et de la CK.

  • Instaurer ou poursuivre une statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e.

  • Viser un LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) et une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

  • ContrĂŽler Ă  nouveau le bilan lipidique aprĂšs l’instauration ou l’intensification du traitement.

  • Ajouter l’ézĂ©timibe si l’objectif de LDL-C n’est pas atteint avec la statine.

  • Ajouter un inhibiteur de PCSK9 si l’objectif n’est toujours pas atteint malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de l’ézĂ©timibe.

  • Envisager l’acide bempĂ©doĂŻque chez les patients intolĂ©rants aux statines qui sont candidats Ă  ce traitement ou comme option supplĂ©mentaire lorsque les cibles ne sont pas atteintes.

  • Poursuivre le traitement Ă  vie et réévaluer l’observance, la tolĂ©rance, la sĂ©curitĂ© et l’atteinte de la cible aprĂšs chaque modification.

Les recommandations européennes concernant le SCC attribuent :

Recommandation Classe Niveau
LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) avec une rĂ©duction ≄50 % par rapport Ă  la valeur initiale I A
Statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e chez tous les patients atteints de SCC I A
Ajouter l’ézĂ©timibe lorsque l’objectif n’est pas atteint avec une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e I B
Ajouter l’acide bempĂ©doĂŻque chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe I B
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 lorsque l’objectif n’est pas atteint malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de l’ézĂ©timibe I A
Envisager l’ajout d’acide bempĂ©doĂŻque lorsque l’objectif n’est pas atteint malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de l’ézĂ©timibe IIa C
Envisager un LDL-C <1.0 mmol/L (<40 mg/dL) aprÚs un événement athérothrombotique récidivant dans les 2 ans malgré un traitement par statine à la dose maximale tolérée IIb B

Pour les SCA, les recommandations européennes citées indiquent :

Recommandation Classe Niveau
Intensifier le traitement hypolipĂ©miant pendant l’hospitalisation initiale chez les patients recevant un traitement hypolipĂ©miant avant l’admission I C
Envisager l’association d’une statine d’intensitĂ© Ă©levĂ©e et de l’ézĂ©timibe pendant l’hospitalisation initiale chez les patients naĂŻfs de traitement qui n’atteindront probablement pas l’objectif de LDL-C avec une statine seule IIa B

Pronostic et suivi

Un LDL-C atteint plus faible aprĂšs un SCA est constamment associĂ© Ă  un taux moindre d’évĂ©nements cardiovasculaires. Dans les donnĂ©es dĂ©crites, l’atteinte prĂ©coce et durable des objectifs de LDL-C recommandĂ©s par les guides est associĂ©e au risque cardiovasculaire observĂ© le plus faible aprĂšs un infarctus du myocarde.

Une approche par Ă©tapes peut retarder l’atteinte de l’objectif de LDL-C jusqu’à 12 semaines aprĂšs la sortie. La pĂ©riode prĂ©coce suivant un SCA Ă©tant la phase la plus vulnĂ©rable, le traitement doit ĂȘtre instaurĂ© rapidement et intensifiĂ© si nĂ©cessaire au cours de l’hospitalisation initiale.

Le bilan lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ© 4–6 semaines aprĂšs chaque instauration, intensification ou modification posologique afin de confirmer la rĂ©ponse, d’évaluer l’observance, de rechercher d’éventuels problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de dĂ©terminer si un traitement supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire. La surveillance plus gĂ©nĂ©rale aprĂšs l’instauration d’une statine comprend un nouveau bilan lipidique dans les 1–3 premiers mois et une surveillance de la glycĂ©mie chez les patients Ă  risque de diabĂšte.

Le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre poursuivi Ă  vie chez les patients prĂ©sentant une ASCVD Ă©tablie ou un SCA. Le suivi doit porter sur l’atteinte durable de la cible de LDL-C, la persistance du traitement, les effets indĂ©sirables, les interactions mĂ©dicamenteuses, les considĂ©rations rĂ©nales et hĂ©patiques et la nĂ©cessitĂ© d’un traitement combinĂ© supplĂ©mentaire.

Auteurs

EBM AI
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Mis à jour 6 août 2026