DĂ©finition et champ dâapplication
Lâalcool exerce sur le systĂšme cardiovasculaire des effets influencĂ©s par la dose, le mode de consommation, la durĂ©e dâexposition, le sexe et les facteurs gĂ©nĂ©tiques. Lâexposition aiguĂ« entraĂźne des effets hĂ©modynamiques et myocardiques transitoires, tandis quâune consommation excessive prolongĂ©e est associĂ©e Ă lâhypertension artĂ©rielle, Ă la maladie coronarienne, aux troubles du rythme, Ă lâinsuffisance cardiaque et Ă la cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool.
Les implications cardiovasculaires dâune consommation moindre dâalcool restent controversĂ©es. Les Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques ont souvent dĂ©crit une association en J entre la consommation et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, avec un risque cardiovasculaire global apparemment plus faible autour dâun verre quotidien. Toutefois, des analyses plus rĂ©centes remettent en question lâexistence dâun vĂ©ritable effet protecteur biologique. Des associations potentiellement favorables avec lâinfarctus du myocarde peuvent coexister avec des effets dĂ©favorables sur lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, lâinsuffisance cardiaque, la mortalitĂ© cardiovasculaire et la fibrillation atriale. Par consĂ©quent, lâalcool ne doit pas ĂȘtre instaurĂ© comme stratĂ©gie de prĂ©vention cardiovasculaire.
Un verre standard contient environ 12â14 g dâĂ©thanol. Les quantitĂ©s correspondantes sont une biĂšre ordinaire de 12 onces contenant environ 5 % dâalcool, 5 onces liquides de vin contenant environ 12 % dâalcool, ou 1,5 once liquide de spiritueux distillĂ©s Ă 40 %. La consommation habituelle excessive est dĂ©finie dans le document source par au moins huit verres par semaine chez les femmes ou au moins 15 verres par semaine chez les hommes, ou par une consommation ponctuelle excessive chez lâun ou lâautre sexe. Dâautres dĂ©finitions dâune consommation nocive comprennent au moins deux verres par jour chez les femmes ou trois chez les hommes, ou au moins quatre verres pour les femmes ou cinq pour les hommes en une seule occasion.
Pharmacocinétique et physiopathologie
Environ 95 % de lâĂ©thanol ingĂ©rĂ© est mĂ©tabolisĂ© par le foie. Lâalcool dĂ©shydrogĂ©nase transforme lâĂ©thanol en acĂ©taldĂ©hyde, qui est ensuite converti en acĂ©tate par lâaldĂ©hyde dĂ©shydrogĂ©nase. La fraction restante est excrĂ©tĂ©e sous forme inchangĂ©e dans les urines, la transpiration et lâair expirĂ©. La concentration sanguine dâalcool atteint gĂ©nĂ©ralement son maximum 10â60 minutes aprĂšs lâingestion. LâĂ©limination suit une cinĂ©tique dâordre zĂ©ro Ă faible ou moyenne concentration et une cinĂ©tique de premier ordre Ă concentration Ă©levĂ©e.
LâĂ©thanol est hydrosoluble et traverse facilement les membranes cellulaires, ce qui permet sa distribution dans les tissus contenant de lâeau, notamment le myocarde. Ses effets dĂ©pendent donc non seulement de la dose, mais Ă©galement du mode de consommation, de la durĂ©e dâexposition, du sexe et de la prĂ©disposition gĂ©nĂ©tique.
Effets cardiovasculaires aigus
Lâexposition aiguĂ« Ă lâĂ©thanol exerce un effet inotrope nĂ©gatif et favorise une vasodilatation pĂ©riphĂ©rique par rĂ©duction des rĂ©sistances vasculaires systĂ©miques. La lĂ©gĂšre baisse de la pression artĂ©rielle qui en rĂ©sulte sâaccompagne souvent dâune Ă©lĂ©vation compensatrice du dĂ©bit cardiaque. Bien que ces modifications soient gĂ©nĂ©ralement dâimportance clinique limitĂ©e chez les personnes par ailleurs en bonne santĂ©, elles peuvent ĂȘtre cliniquement pertinentes en cas de cardiopathie connue. Lâalcool augmente Ă©galement lâĂ©lĂ©vation de la consommation myocardique dâoxygĂšne associĂ©e Ă lâexercice.
Lésion myocardique chronique
Une consommation excessive prolongĂ©e peut entraĂźner une cardiomyopathie, bien que le seuil exact dâexposition et la durĂ©e nĂ©cessaires ne soient pas Ă©tablis. Le document source indique quâune consommation chronique dâenviron 60 g par jour chez les hommes et 40 g par jour chez les femmes peut provoquer une cardiomyopathie.
Plusieurs mécanismes y contribuent :
Effets toxiques directs sur les cardiomyocytes
Perturbation de la signalisation intracellulaire et de la synthÚse protéique
Canalopathies électriques
Stress oxydatif
Apoptose et nécrose cellulaires
Remodelage structurel progressif
Hypertension artĂ©rielle et maladie coronaire athĂ©rosclĂ©reuse associĂ©es Ă lâalcool
Chez les patients ayant une consommation excessive dâalcool, la dilatation ventriculaire gauche peut prĂ©cĂ©der lâapparition dâune hypertrophie et dâune augmentation de la masse ventriculaire gauche. Initialement, les anomalies myocardiques peuvent ĂȘtre infracliniques. Une dilatation progressive peut ensuite altĂ©rer la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche. Lâaugmentation de volume du ventricule gauche prĂ©dispose aux troubles du rythme atriaux et ventriculaires.
Dans la cardiomyopathie avancĂ©e liĂ©e Ă lâalcool, la dilatation peut intĂ©resser les quatre cavitĂ©s cardiaques. Les anomalies associĂ©es peuvent comprendre une hypocontractilitĂ© ventriculaire gauche, une insuffisance cardiaque, des troubles du rythme inexpliquĂ©s, des thrombi muraux et une insuffisance mitrale.
Effets vasculaires et coronaires
La consommation excessive dâalcool favorise la maladie athĂ©rosclĂ©reuse des artĂšres coronaires, pĂ©riphĂ©riques et cĂ©rĂ©brales. Elle est Ă©galement associĂ©e Ă lâhypertension artĂ©rielle systĂ©mique. La consommation dâau moins trois verres par jour entraĂźne une augmentation dose-dĂ©pendante de la pression artĂ©rielle ; celle-ci peut revenir Ă la normale en quelques semaines dâabstinence.
La relation entre lâalcool et la maladie coronarienne est complexe. Une consommation faible ou modĂ©rĂ©e a Ă©tĂ© associĂ©e dans certaines Ă©tudes Ă une diminution de lâinflammation, Ă une augmentation du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ©, Ă une diminution du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© et Ă des effets potentiellement favorables sur la lipoprotĂ©ine(a). Lâalcool peut Ă©galement influencer le prĂ©conditionnement ischĂ©mique et attĂ©nuer certaines consĂ©quences cellulaires de la lĂ©sion dâischĂ©mieâreperfusion. En revanche, des doses plus Ă©levĂ©es peuvent augmenter les triglycĂ©rides et les marqueurs inflammatoires et sont associĂ©es Ă lâhypertension artĂ©rielle, au tabagisme et Ă dâautres facteurs de risque coronarien. Ces effets opposĂ©s rendent incertaine lâexistence dâun effet protecteur causal dâune faible consommation dâalcool.
ArythmogénÚse
Lâalcool peut modifier la fonction des canaux Ă©lectriques et favoriser les troubles du rythme atriaux et ventriculaires. Une consommation excessive peut provoquer une tachycardie paroxystique, mĂȘme chez des personnes ne prĂ©sentant aucun autre signe de cardiopathie structurelle. Ce syndrome transitoire est couramment appelĂ© « holiday heart ».
La consommation dâalcool est Ă©galement associĂ©e Ă la fibrillation atriale. Cette relation peut sâĂ©tendre Ă lâensemble des niveaux de consommation, et des donnĂ©es rĂ©centes remettent en question lâabsence de risque de fibrillation atriale mĂȘme en cas de consommation faible Ă modĂ©rĂ©e. En cas de cardiomyopathie Ă©tablie liĂ©e Ă lâalcool, la dilatation des cavitĂ©s augmente encore la susceptibilitĂ© aux troubles du rythme.
Effets hémostatiques
Le document source dĂ©crit une activation plaquettaire liĂ©e Ă lâalcool par augmentation de lâinositol 1,4,5-trisphosphate et du calcium intracellulaire, avec thrombocytose de rebond. Lâaugmentation de lâinhibiteur de lâactivateur du plasminogĂšne-1 peut altĂ©rer la fibrinolyse et ainsi accroĂźtre le potentiel thrombotique. Dans un cĆur dilatĂ© et faiblement contractile, ces effets peuvent majorer le risque associĂ© Ă la formation de thrombi muraux.
Présentation clinique et symptÎmes
Les manifestations cliniques vont de troubles hĂ©modynamiques ou rythmiques transitoires et spontanĂ©ment rĂ©solutifs Ă lâinsuffisance cardiaque progressive et Ă la cardiomyopathie dilatĂ©e.
Présentations aiguës
Une consommation aiguĂ« ou Ă©pisodique excessive dâalcool peut ĂȘtre suivie de :
Palpitations
Tachycardie paroxystique
Troubles du rythme atriaux, notamment fibrillation atriale
Troubles du rythme ventriculaires
LégÚre baisse de la pression artérielle
SymptĂŽmes liĂ©s Ă une diminution de la tolĂ©rance Ă lâeffort en prĂ©sence dâune cardiopathie sous-jacente
Présentations chroniques
La cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool peut se manifester par :
Troubles du rythme atriaux ou ventriculaires inexpliqués
DyspnĂ©e progressive liĂ©e Ă lâinsuffisance cardiaque
Diminution de la capacitĂ© dâeffort
Signes cliniques de diminution de la contractilité
Congestion périphérique
SymptĂŽmes dus Ă une insuffisance mitrale
Manifestations thromboemboliques dues Ă des thrombi muraux
Le document source ne fournit pas de classification dĂ©taillĂ©e de lâinsuffisance cardiaque fondĂ©e sur les symptĂŽmes ni de profil symptomatique spĂ©cifique permettant de distinguer la cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool des autres cardiomyopathies dilatĂ©es.
Maladies cardiovasculaires associées
Une consommation excessive dâalcool peut coexister avec :
Hypertension artérielle
Maladie coronarienne
Infarctus du myocarde
Maladie cérébrovasculaire
Athérosclérose artérielle périphérique
Lâassociation entre lâalcool et la maladie coronarienne nâest pas uniforme selon les Ă©tudes ; lâĂ©valuation cardiovasculaire doit donc prendre en compte lâexposition Ă lâalcool parallĂšlement aux facteurs de risque conventionnels, notamment lâhypertension artĂ©rielle, le diabĂšte, lâobĂ©sitĂ©, la dyslipidĂ©mie et le tabagisme.
Ăvaluation et examen clinique
AnamnĂšse alcoologique
LâĂ©valuation cardiovasculaire doit documenter :
Quantité consommée
Fréquence et durée de la consommation
Ăpisodes de consommation ponctuelle excessive
Consommation excessive récente
Relation temporelle entre la consommation dâalcool et les palpitations ou autres symptĂŽmes
PĂ©riodes antĂ©rieures dâabstinence et Ă©ventuelle amĂ©lioration cardiovasculaire au cours de lâabstinence
Tabagisme associé et autres facteurs de risque coronarien
Médicaments concomitants et comorbidités pertinentes
Statut gravidique le cas échéant
AntĂ©cĂ©dents familiaux dâalcoolisme
LâanamnĂšse doit Ă©galement rechercher une maladie coronarienne antĂ©rieure, un infarctus du myocarde, une revascularisation, un trouble du rythme, une syncope ou une prĂ©syncope, une maladie cĂ©rĂ©brovasculaire et une insuffisance cardiaque.
Examen cardiovasculaire
Lâexamen doit rechercher :
ĂlĂ©vation de la pression artĂ©rielle
Signes de surcharge volĂ©mique ou dâinsuffisance cardiaque
Trouble du rythme ou tachycardie
Signes de dilatation des cavitĂ©s ou dâaltĂ©ration de la fonction ventriculaire
Insuffisance mitrale
Manifestations pĂ©riphĂ©riques dâune thromboembolie lorsquâelle est cliniquement suspectĂ©e
Le document fourni ne prĂ©cise pas de protocole complet dâexamen cardiovasculaire ni de signes physiques caractĂ©ristiques permettant Ă eux seuls de diagnostiquer une cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool.
Comme la consommation excessive dâalcool est frĂ©quemment associĂ©e Ă une maladie hĂ©patique liĂ©e Ă lâalcool, lâexamen peut Ă©galement mettre en Ă©vidence des signes gĂ©nĂ©raux pertinents pour la prise en charge cardiovasculaire, notamment des ĆdĂšmes, une ascite, une hĂ©patosplĂ©nomĂ©galie, un ictĂšre, une amyotrophie, des angiomes stellaires, un Ă©rythĂšme palmaire, une gynĂ©comastie ou une atrophie testiculaire. Ces signes peuvent influencer lâĂ©valuation des comorbiditĂ©s et la tolĂ©rance du traitement.
Examens diagnostiques
Ălectrocardiographie
Le document source Ă©tablit que lâalcool peut provoquer des troubles du rythme atriaux et ventriculaires, une tachycardie paroxystique et des canalopathies Ă©lectriques. Une Ă©valuation Ă©lectrocardiographique est donc pertinente en prĂ©sence de palpitations, de syncope, de prĂ©syncope, dâune tachycardie inexpliquĂ©e ou dâune suspicion de cardiomyopathie.
Toutefois, le document source ne dĂ©crit pas de tracĂ©s ECG spĂ©cifiques, dâanomalies de conduction, de mesures de lâintervalle QT ni de critĂšres diagnostiques de la cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool.
Imagerie cardiaque
Les principales anomalies structurelles décrites sont :
Dilatation ventriculaire gauche
Augmentation secondaire de lâhypertrophie et de la masse ventriculaires gauches
Diminution progressive de la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche
Dilatation des quatre cavités cardiaques à un stade avancé
Hypocontractilité
Thrombi muraux éventuels
Insuffisance mitrale associée
Lâimagerie cardiaque est donc pertinente pour documenter les dimensions des cavitĂ©s, la contractilitĂ© ventriculaire, la fraction dâĂ©jection, une rĂ©gurgitation valvulaire et un thrombus intracardiaque. Le document source ne prĂ©cise pas de modalitĂ© dâimagerie prĂ©fĂ©rentielle ni de seuils quantitatifs dâimagerie.
Ăvaluation coronaire et vasculaire
Une consommation importante dâalcool est associĂ©e Ă lâathĂ©rosclĂ©rose coronaire, pĂ©riphĂ©rique et cĂ©rĂ©brale. LâĂ©valuation doit donc ĂȘtre orientĂ©e par les symptĂŽmes et le profil de risque cardiovasculaire. Le document ne fournit pas dâindications spĂ©cifiques pour lâĂ©preuve dâeffort, la tomodensitomĂ©trie coronaire, la coronarographie invasive ou lâimagerie vasculaire.
Ălectrophysiologie
Le document fourni ne traite pas de lâĂ©tude Ă©lectrophysiologique, de lâablation par cathĂ©ter ni dâautres stratĂ©gies Ă©lectrophysiologiques invasives.
Biomarqueurs et anomalies biologiques
Aucun profil de biomarqueurs cardiaques spĂ©cifique des maladies cardiovasculaires liĂ©es Ă lâalcool nâest fourni. Le document source identifie toutefois plusieurs effets biologiques et mĂ©taboliques pertinents pour le risque cardiovasculaire :
Une augmentation du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© et une diminution du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© ont Ă©tĂ© rapportĂ©es avec certains modes de consommation dâalcool.
Une consommation à forte dose peut augmenter les triglycérides.
Une consommation excessive dâalcool peut augmenter les marqueurs inflammatoires.
Lâhypertension artĂ©rielle associĂ©e Ă lâalcool peut sâamĂ©liorer aprĂšs abstinence.
Chez les patients prĂ©sentant une maladie hĂ©patique concomitante liĂ©e Ă lâalcool, les anomalies biologiques peuvent comprendre une anĂ©mie, une thrombopĂ©nie, une Ă©lĂ©vation des aminotransfĂ©rases, une hyperbilirubinĂ©mie et un allongement du temps de prothrombine. Lâaspartate aminotransfĂ©rase est typiquement plus Ă©levĂ©e que lâalanine aminotransfĂ©rase, souvent selon un rapport approximatif de 2:1, et les valeurs des aminotransfĂ©rases sont gĂ©nĂ©ralement infĂ©rieures Ă 400 IU/mL. Ces anomalies ne sont pas diagnostiques dâune cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool, mais elles peuvent influencer lâĂ©valuation cardiovasculaire et la gestion mĂ©dicamenteuse.
Une cirrhose liĂ©e Ă lâalcool Ă un stade prĂ©coce et compensĂ© peut sâaccompagner de rĂ©sultats biologiques entiĂšrement normaux. Par consĂ©quent, des examens biologiques usuels normaux nâexcluent pas une maladie liĂ©e Ă lâalcool cliniquement importante.
Traitement et prise en charge
RĂ©duction de la consommation dâalcool et abstinence
Lâintervention centrale dans les maladies cardiovasculaires liĂ©es Ă lâalcool est la rĂ©duction ou lâarrĂȘt de la consommation dâalcool. Les patients ayant une consommation excessive doivent ĂȘtre conseillĂ©s afin de limiter leur consommation, et le traitement doit prendre en charge le trouble de lâusage de lâalcool lui-mĂȘme.
Lâabstinence peut :
Améliorer la pression artérielle, avec une normalisation pouvant survenir en quelques semaines
AmĂ©liorer lâĂ©tat clinique en cas de cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool
AmĂ©liorer la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche chez certains patients
Réduire la toxicité myocardique directe persistante
Agir sur un facteur modifiable majeur de progression de la maladie
Le document source ne fournit ni schĂ©ma pharmacologique du traitement du trouble de lâusage de lâalcool, ni protocole de sevrage mĂ©dicalement supervisĂ©, ni modalitĂ©s spĂ©cifiques dâorientation.
Une consommation modĂ©rĂ©e dâalcool ne doit pas ĂȘtre instaurĂ©e pour prĂ©venir les maladies cardiovasculaires. Les prioritĂ©s prĂ©ventives comprennent les mesures diĂ©tĂ©tiques, lâactivitĂ© physique, le contrĂŽle lipidique, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle et lâarrĂȘt du tabac.
Prise en charge de la cardiomyopathie et de lâinsuffisance cardiaque
Les patients prĂ©sentant une cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool doivent recevoir les traitements mĂ©dicamenteux et les dispositifs recommandĂ©s par les rĂ©fĂ©rentiels, adaptĂ©s Ă leur cardiomyopathie et Ă leur statut dâinsuffisance cardiaque. Le document fourni ne prĂ©cise pas les diffĂ©rentes classes mĂ©dicamenteuses, les doses, les indications des dispositifs ni la sĂ©quence thĂ©rapeutique.
La prise en charge doit également porter sur :
La fonction ventriculaire et la dilatation des cavités
Les troubles du rythme atriaux et ventriculaires
Lâinsuffisance mitrale
Les thrombi muraux intracardiaques
La maladie coronarienne concomitante
Lâhypertension artĂ©rielle
Le risque thromboembolique
La maladie hépatique et ses effets sur la sécurité du traitement
Prise en charge des troubles du rythme
La prise en charge aiguĂ« doit ĂȘtre guidĂ©e par le rythme documentĂ© et lâĂ©tat hĂ©modynamique. Comme lâalcool peut prĂ©cipiter une tachycardie paroxystique, des troubles du rythme atriaux et des troubles du rythme ventriculaires, une Ă©valuation du rythme est importante aprĂšs des Ă©pisodes de consommation excessive et chez les patients prĂ©sentant une cardiomyopathie.
Le document source ne fournit ni doses dâantiarythmiques, ni schĂ©mas de contrĂŽle de la frĂ©quence, ni protocoles dâanticoagulation, ni critĂšres de cardioversion, ni recommandations dâablation.
Hypertension artérielle
La consommation dâau moins trois verres par jour est associĂ©e Ă une augmentation dose-dĂ©pendante de la pression artĂ©rielle. La rĂ©duction de la consommation dâalcool ou lâabstinence constitue donc un Ă©lĂ©ment important de la prise en charge de la pression artĂ©rielle. Le document ne fournit pas de choix ni de doses dâantihypertenseurs.
Prise en charge du risque coronaire
Lâalcool ne doit pas ĂȘtre prescrit ni recommandĂ© pour prĂ©venir la maladie coronarienne. La prise en charge doit plutĂŽt porter sur les interventions Ă©tablies visant les facteurs de risque, notamment :
ContrĂŽle lipidique
ContrÎle de la pression artérielle
ArrĂȘt du tabac
Activité physique
AmĂ©lioration de lâalimentation
Ăvaluation appropriĂ©e des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune maladie coronarienne
Le document source ne fournit pas de doses de traitements hypolipémiants, antiagrégants plaquettaires ou anti-ischémiques.
Médicaments et aspects pratiques de la prescription
Le document fourni ne prĂ©cise pas les noms, les doses ni les protocoles dâadaptation posologique des mĂ©dicaments cardiovasculaires chez les patients prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire liĂ©e Ă lâalcool.
La prescription doit nĂ©anmoins tenir compte de la coexistence frĂ©quente dâune maladie hĂ©patique liĂ©e Ă lâalcool, qui peut comporter une thrombopĂ©nie, une altĂ©ration de la coagulation, une hyperbilirubinĂ©mie et des aminotransfĂ©rases anormales. Le document ne dĂ©finit pas comment ces anomalies doivent modifier les prescriptions cardiovasculaires individuelles.
Recommandations des référentiels
Les principales recommandations étayées par le document source sont les suivantes :
Une consommation modĂ©rĂ©e dâalcool ne doit pas ĂȘtre instaurĂ©e comme intervention de prĂ©vention cardiovasculaire.
Les patients ayant une consommation excessive dâalcool doivent ĂȘtre conseillĂ©s afin de rĂ©duire leur consommation.
Les recommandations doivent ĂȘtre individualisĂ©es en fonction des comorbiditĂ©s, des facteurs de risque coronarien, des mĂ©dicaments concomitants, de la grossesse et des antĂ©cĂ©dents familiaux dâalcoolisme.
La prĂ©vention cardiovasculaire doit mettre lâaccent sur lâalimentation, lâactivitĂ© physique, le contrĂŽle lipidique, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle et lâarrĂȘt du tabac.
La consommation dâalcool Ă dose modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e est associĂ©e Ă lâhypertension artĂ©rielle, aux troubles du rythme atriaux et Ă la cardiomyopathie.
En cas de cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool, le traitement doit associer une prise en charge ciblĂ©e de la dĂ©pendance Ă lâalcool Ă un traitement mĂ©dicamenteux et par dispositifs conforme aux recommandations pour la cardiomyopathie.
Une maladie liĂ©e Ă lâalcool doit ĂȘtre envisagĂ©e en prĂ©sence de troubles du rythme, dâinsuffisance cardiaque, dâune altĂ©ration ventriculaire ou dâune dilatation cardiaque dans un contexte dâexposition importante Ă lâalcool.
Pronostic et suivi
Le pronostic dĂ©pend fortement de la persistance de lâexposition Ă lâalcool, du degrĂ© dâaltĂ©ration myocardique et de la prĂ©sence dâune maladie coronaire ou systĂ©mique associĂ©e.
La poursuite dâune consommation importante dâĂ©thanol chez les patients prĂ©sentant une cardiomyopathie non ischĂ©mique est associĂ©e Ă une mortalitĂ© annuelle dâenviron 10 %. La mortalitĂ© est plus Ă©levĂ©e chez les patients qui continuent Ă boire ; une Ă©tude citĂ©e dans le document source a rapportĂ© une survie mĂ©diane de 50 % Ă quatre ans. Le risque rapportĂ© de mort subite cardiaque dans une cohorte prĂ©sentant une cardiomyopathie liĂ©e Ă lâalcool confirmĂ©e Ă lâautopsie Ă©tait de 5 %.
Lâabstinence peut entraĂźner une amĂ©lioration de lâĂ©tat clinique et de la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche chez certains patients, bien que la rĂ©cupĂ©ration ne soit pas constante. Le suivi doit donc Ă©valuer :
Le maintien de lâabstinence ou la rĂ©duction de lâexposition Ă lâalcool
Les symptĂŽmes et lâĂ©tat fonctionnel
La pression artérielle
La récidive des troubles du rythme
La fonction ventriculaire et les dimensions des cavités
Lâinsuffisance mitrale
La prĂ©sence dâun thrombus intracardiaque lorsquâil a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment identifiĂ©
La maladie coronarienne concomitante
La dysfonction hépatique et ses implications thérapeutiques
Le document source ne dĂ©finit pas dâintervalle de suivi ni de calendrier dâimagerie spĂ©cifiques. Une surveillance cardiovasculaire continue est particuliĂšrement importante lorsque la consommation dâalcool persiste, quâune dysfonction ventriculaire est Ă©tablie ou que des troubles du rythme sont survenus.