đŸš« Algorithmes de troponine hypersensible d’exclusion et de confirmation Ă  0/1 heure

Sommaire (30)

Définition et bases physiopathologiques

Les dosages hypersensibles de la troponine cardiaque (hs-cTn) dĂ©tectent la troponine circulante libĂ©rĂ©e par des cardiomyocytes lĂ©sĂ©s Ă  des concentrations nettement infĂ©rieures Ă  celles dĂ©tectĂ©es par les dosages des gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes. Ils permettent d’identifier des concentrations de troponine chez environ 50–95 % des individus sains, contre environ 20–50 % pour les dosages sensibles, mais non hypersensibles. Leur sensibilitĂ© analytique accrue amĂ©liore la prĂ©cision diagnostique et la valeur prĂ©dictive nĂ©gative chez les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu (SCA) suspectĂ©.

La troponine cardiaque est un marqueur de lĂ©sion myocardique, et non un marqueur spĂ©cifique de l’infarctus du myocarde (IM). Le diagnostic d’IM nĂ©cessite les deux Ă©lĂ©ments suivants :

  • Une lĂ©sion myocardique aiguĂ«, dĂ©montrĂ©e par une cinĂ©tique ascendante et/ou descendante de la troponine, avec au moins une valeur supĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile spĂ©cifique du dosage ; et

  • La preuve que la lĂ©sion est due Ă  une ischĂ©mie myocardique.

Ainsi, une Ă©lĂ©vation aiguĂ« de la troponine sans preuve d’ischĂ©mie correspond Ă  une lĂ©sion myocardique aiguĂ« plutĂŽt qu’à un IM. Une Ă©lĂ©vation persistante sans variation dynamique significative est compatible avec une lĂ©sion myocardique chronique. Des affections non ischĂ©miques, notamment la myocardite, la fibrillation atriale Ă  rĂ©ponse ventriculaire rapide, l’anĂ©mie sĂ©vĂšre, l’urgence hypertensive, l’insuffisance cardiaque et l’insuffisance rĂ©nale terminale, peuvent entraĂźner une Ă©lĂ©vation des concentrations de troponine.

La probabilitĂ© d’un IM augmente continĂ»ment avec l’élĂ©vation de la concentration absolue de hs-cTn. Les variations absolues prĂ©coces sur 1 heure fournissent des informations diagnostiques qui complĂštent la concentration initiale et peuvent ĂȘtre proches de celles obtenues avec des intervalles sĂ©riĂ©s plus longs.

Présentation clinique et contexte clinique initial

La douleur ou gĂȘne thoracique est le symptĂŽme le plus frĂ©quent conduisant Ă  rechercher un SCA. Les caractĂ©ristiques qui augmentent la probabilitĂ© d’un SCA comprennent :

  • SymptĂŽmes d’apparition brutale au repos ou pour un effort minime, durant au moins 10 minutes sauf traitement rapide

  • Douleur, pression ou gĂȘne thoracique intense

  • Angor d’aggravation progressive, avec augmentation de la frĂ©quence ou de l’intensitĂ©

  • SymptĂŽmes rĂ©veillant le patient pendant son sommeil

L’évaluation clinique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux signes vitaux, Ă  un ECG Ă  12 dĂ©rivations et aux dosages sĂ©riĂ©s de hs-cTn. Les rĂ©sultats de troponine ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©s isolĂ©ment, car une lĂ©sion myocardique est Ă©galement observĂ©e dans des affections cardiopulmonaires non liĂ©es Ă  un SCA.

Les patients prĂ©sentant une douleur thoracique persistante ou rĂ©cidivante nĂ©cessitent un nouveau prĂ©lĂšvement sanguin, mĂȘme lorsqu’un algorithme accĂ©lĂ©rĂ© a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en Ɠuvre.

Évaluation et examen clinique

Les patients chez lesquels un SCA est suspectĂ© doivent bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©valuation accĂ©lĂ©rĂ©e au service des urgences. L’évaluation initiale comprend :

  • AnamnĂšse ciblĂ©e

  • Examen clinique

  • Évaluation des signes vitaux

  • ECG Ă  12 dĂ©rivations

  • Dosage initial de hs-cTn

  • Monitorage cardiaque continu

Le document source ne fournit pas de liste dĂ©taillĂ©e des constatations de l’examen clinique ni de sĂ©quence d’examen spĂ©cifique. Il souligne toutefois que les symptĂŽmes et les signes vitaux contribuent au triage initial et que d’autres diagnostics cardiaques et thoraciques doivent ĂȘtre envisagĂ©s.

Les catégories cliniques immédiates comprennent :

  • Diagnostic non cardiaque

  • Angor chronique stable

  • SCA possible

  • SCA certain

Chez les patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage du segment ST, une Ă©valuation immĂ©diate en vue d’une reperfusion est nĂ©cessaire. Les patients prĂ©sentant un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTE-ACS) doivent ĂȘtre hospitalisĂ©s pour la prise en charge de l’ischĂ©mie aiguĂ«. Les patients avec un SCA possible, un ECG non diagnostique et une troponine initiale normale peuvent ĂȘtre surveillĂ©s dans une unitĂ© de douleur thoracique ou dans un autre secteur de soins non intensifs pendant la rĂ©alisation des examens sĂ©riĂ©s.

Cadre diagnostique

La démarche diagnostique associe trois domaines principaux :

  • La prĂ©sentation clinique et les signes vitaux

  • L’ECG Ă  12 dĂ©rivations

  • La concentration de hs-cTn Ă  la prĂ©sentation et sa variation sĂ©riĂ©e

Une interprétation simplifiée est présentée ci-dessous.

Tableau clinique et diagnostique Triage ou diagnostic probable
SymptÎmes peu évocateurs, ECG normal, hs-cTn basse ou inchangée Exclure un IM ; envisager des causes non cardiaques ou un angor instable
ProbabilitĂ© clinique intermĂ©diaire ou hs-cTn ne remplissant pas les critĂšres d’exclusion ou de confirmation Surveillance et examens complĂ©mentaires
hs-cTn trÚs anormale, variation dynamique significative, présentation à haut risque ou état de choc Confirmation directe et prise en charge spécialisée urgente
Sus-décalage persistant du segment ST Parcours STEMI et évaluation immédiate de la reperfusion
ÉlĂ©vation de la troponine avec variation dynamique, mais sans ischĂ©mie LĂ©sion myocardique aiguĂ«, et non IM
ÉlĂ©vation de la troponine sans variation dynamique significative Une lĂ©sion myocardique chronique peut ĂȘtre prĂ©sente

Plus la concentration initiale de hs-cTn est Ă©levĂ©e ou plus la variation absolue sĂ©riĂ©e est importante, plus la probabilitĂ© d’un IM est Ă©levĂ©e. NĂ©anmoins, le diagnostic final nĂ©cessite une corrĂ©lation clinique et Ă©lectrocardiographique.

Électrocardiographie

Un ECG Ă  12 dĂ©rivations doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© rapidement chez tous les patients chez lesquels un SCA est suspectĂ©. Il est essentiel pour distinguer un STEMI suspectĂ© d’un NSTE-ACS et pour intĂ©grer le rĂ©sultat de la hs-cTn dans la dĂ©marche diagnostique.

Les tracés ECG pertinents comprennent :

  • Un sus-dĂ©calage persistant du segment ST, orientant le patient vers un parcours immĂ©diat de reperfusion

  • Un sous-dĂ©calage du segment ST, qui augmente la suspicion de NSTE-ACS et peut Ă©tayer une confirmation directe lorsqu’il s’accompagne de donnĂ©es cliniques et biologiques compatibles

  • Un ECG normal ou non diagnostique, qui n’exclut pas Ă  lui seul un IM et doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© avec les dosages sĂ©riĂ©s de hs-cTn

Les patients chez lesquels un NSTE-ACS est suspectĂ© et dont l’ECG initial est non diagnostique restent candidats Ă  un dosage accĂ©lĂ©rĂ© de hs-cTn et Ă  une surveillance clinique lorsque cela est appropriĂ©.

Dosages hypersensibles de la troponine

Type de dosage privilégié

Les dosages hypersensibles sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux dosages de moindre sensibilitĂ©, car ils offrent une meilleure prĂ©cision diagnostique pour un coĂ»t faible comparable et une valeur prĂ©dictive nĂ©gative plus Ă©levĂ©e pour l’IM. Les dosages automatisĂ©s rĂ©alisĂ©s au laboratoire central ont fait l’objet d’une Ă©valuation plus approfondie que les tests au lit du patient et sont actuellement privilĂ©giĂ©s.

La plupart des tests au lit du patient ne sont pas des dosages hypersensibles. Leur principal avantage est un délai de rendu plus court, contrebalancé par une sensibilité, une précision diagnostique et une valeur prédictive négative plus faibles.

Considérations analytiques

Les dosages de troponine ne sont pas standardisĂ©s. Les rĂ©sultats obtenus avec des dosages, des gĂ©nĂ©rations de dosages, des instruments ou des plateformes diffĂ©rents ne doivent pas ĂȘtre comparĂ©s directement. Les seuils sont spĂ©cifiques du dosage et doivent ĂȘtre exprimĂ©s en nanogrammes par litre. Les valeurs ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en mĂ©langeant les unitĂ©s des dosages conventionnels et hypersensibles.

La variation analytique et biologique combinĂ©e peut ĂȘtre d’environ 50–60 %. Lorsque les valeurs de troponine sont Ă©levĂ©es, une variation d’environ 20 % peut ĂȘtre utilisĂ©e pour caractĂ©riser les valeurs comme stables dans le contexte clinique appropriĂ©. Les variations dynamiques peuvent ĂȘtre difficiles Ă  dĂ©tecter chez :

  • Les patients se prĂ©sentant trĂšs prĂ©cocement, avant une libĂ©ration importante de troponine

  • Les patients se prĂ©sentant tardivement, sur la partie descendante de la courbe concentration-temps

  • Les patients proches du pic de concentration, lorsque la trajectoire peut passer d’une phase ascendante Ă  une phase descendante

Les résultats analytiques faussement positifs et faussement négatifs sont rares et surviennent moins souvent avec les dosages de hs-cTn.

Algorithme de la ESC Ă  0/1 heure

Principe

L’algorithme à 0/1 heure utilise :

  • Une concentration initiale de hs-cTn obtenue immĂ©diatement Ă  l’admission au service des urgences

  • Une seconde concentration de hs-cTn obtenue 1 heure plus tard

  • La variation absolue entre les deux valeurs

Les patients sont orientĂ©s vers l’un des trois parcours suivants :

  • Exclusion

  • Observation

  • Confirmation

L’algorithme est spĂ©cifique du dosage. Les seuils doivent donc ĂȘtre tirĂ©s du protocole validĂ© pour le dosage local de hs-cTn.

Conditions opérationnelles

Pour une mise en Ɠuvre sĂ»re et rĂ©alisable :

  • Le prĂ©lĂšvement initial doit ĂȘtre effectuĂ© immĂ©diatement aprĂšs l’admission.

  • Le prĂ©lĂšvement Ă  1 heure doit ĂȘtre effectuĂ© indĂ©pendamment des autres Ă©lĂ©ments cliniques ou des rĂ©sultats en attente.

  • Le moment du second prĂ©lĂšvement est dĂ©terminant.

  • L’algorithme doit toujours ĂȘtre interprĂ©tĂ© parallĂšlement Ă  l’évaluation clinique et Ă  l’ECG Ă  12 dĂ©rivations.

Le prĂ©lĂšvement systĂ©matique des deux Ă©chantillons peut conduire Ă  rĂ©aliser certaines secondes mesures inutiles, notamment chez les patients ayant une concentration initiale trĂšs basse et un dĂ©but des symptĂŽmes remontant Ă  plus de 3 heures. Cette approche simplifie nĂ©anmoins la mise en Ɠuvre et favorise la sĂ©curitĂ© des patients.

Parcours d’exclusion

Les patients orientĂ©s vers le parcours d’exclusion ont une probabilitĂ© trĂšs faible d’IM. Dans de grandes cohortes de validation, la valeur prĂ©dictive nĂ©gative a dĂ©passĂ© 99 %.

L’orientation vers le parcours d’exclusion ne signifie pas automatiquement qu’une prise en charge ambulatoire est appropriĂ©e. Une sortie prĂ©coce ne peut ĂȘtre envisagĂ©e qu’aprĂšs intĂ©gration des Ă©lĂ©ments suivants :

  • DonnĂ©es cliniques

  • RĂ©sultats de l’ECG

  • Évaluation globale du risque

  • PossibilitĂ© d’un diagnostic alternatif

MĂȘme lorsqu’un IM a Ă©tĂ© exclu, une imagerie non invasive ou invasive programmĂ©e peut ĂȘtre appropriĂ©e selon le profil de risque clinique.

Parcours de confirmation

Le parcours de confirmation repose sur une concentration initiale de hs-cTn suffisamment Ă©levĂ©e, une Ă©lĂ©vation absolue suffisamment importante Ă  1 heure, ou les deux. Dans les diffĂ©rentes Ă©tudes, la valeur prĂ©dictive positive a gĂ©nĂ©ralement Ă©tĂ© d’environ 70–75 %.

Un rĂ©sultat orientant vers la confirmation n’établit pas un diagnostic d’IM chez tous les patients. Certains prĂ©sentent d’autres maladies cardiaques ou des causes non ischĂ©miques de lĂ©sion myocardique. Toutefois, la plupart des patients remplissant les critĂšres de confirmation nĂ©cessitent une hospitalisation, une Ă©valuation cardiologique spĂ©cialisĂ©e et soit une coronarographie invasive, soit une imagerie non invasive afin d’établir le diagnostic final.

Parcours d’observation

Les patients ne remplissant ni les critĂšres d’exclusion ni ceux de confirmation sont orientĂ©s vers le parcours d’observation. Il s’agit d’un groupe hĂ©tĂ©rogĂšne dont la mortalitĂ© est comparable Ă  celle des patients orientĂ©s vers la confirmation. L’évaluation du risque clinique est donc essentielle.

Les étapes suivantes comprennent généralement :

  • Évaluation individualisĂ©e du risque

  • TroisiĂšme dosage de hs-cTn Ă  3 heures

  • Échocardiographie lorsque cela est appropriĂ©

  • Imagerie invasive ou non invasive complĂ©mentaire selon la probabilitĂ© de SCA

Les patients ayant une forte suspicion clinique de SCA, notamment ceux prĂ©sentant une Ă©lĂ©vation significative de la troponine Ă  3 heures, sont souvent candidats Ă  une coronarographie invasive. Les patients ayant une probabilitĂ© clinique faible ou intermĂ©diaire peuvent bĂ©nĂ©ficier d’une imagerie non invasive aprĂšs leur transfert depuis le service des urgences.

Seuils spécifiques du dosage

Les valeurs suivantes sont des exemples tirĂ©s d’un tableau rĂ©capitulatif d’algorithmes rapides validĂ©s. Elles ne doivent pas ĂȘtre transposĂ©es d’un dosage ou d’une plateforme Ă  l’autre.

Algorithme Critùres d’exclusion Critùres de confirmation
0/1 heure, hs-cTnT hs-cTnT <12 ng/L Ă  0 et 1 heure, avec une variation absolue <3 ng/L hs-cTnT ≄52 ng/L Ă  l’inclusion ou variation absolue Ă  1 heure ≄5 ng/L
0/1 heure, hs-cTnI hs-cTnI <5 ng/L Ă  0 et 1 heure, avec une variation absolue <2 ng/L hs-cTnI ≄52 ng/L Ă  l’inclusion ou variation absolue Ă  1 heure ≄6 ng/L

Ces critÚres sont des exemples spécifiques du dosage et non des seuils universels. Le document source rapporte les intervalles suivants pour la stratégie à 0/1 heure :

  • Valeur prĂ©dictive nĂ©gative pour l’IM : 98.9–100 %

  • SensibilitĂ© pour l’IM : 96.7–100 %

  • Proportion de patients chez lesquels l’IM est exclu : 47.9–64.2 %

  • Valeur prĂ©dictive positive pour l’IM : 63.4–84.0 %

  • SpĂ©cificitĂ© pour l’IM : 93.8–97 %

  • Proportion de patients chez lesquels l’IM est confirmĂ© : 13.1–23.0 %

Le seuil d’exclusion est choisi afin d’obtenir une sensibilitĂ© et une valeur prĂ©dictive nĂ©gative d’au moins 99 % dans le cadre de la dĂ©rivation et de la validation, tandis que les seuils de confirmation ont Ă©tĂ© choisis pour fournir une valeur prĂ©dictive positive d’au moins 70 %. Les performances varient selon le dosage, la population, le moment de la prĂ©sentation et les modalitĂ©s de mise en Ɠuvre.

Comparaison avec d’autres stratĂ©gies utilisant la troponine hypersensible

Algorithme Ă  0/2 heures

L’algorithme Ă  0/2 heures utilise la mĂȘme structure gĂ©nĂ©rale que le parcours Ă  0/1 heure, mais Ă©value la variation absolue de la troponine aprĂšs 2 heures.

Ses avantages comprennent :

  • Une meilleure prĂ©cision analytique qu’une mesure unique

  • Une meilleure adaptation Ă  certains patients se prĂ©sentant prĂ©cocement

  • Une mise en pratique facilitĂ©e dans les centres qui ne peuvent pas rĂ©aliser systĂ©matiquement les prĂ©lĂšvements Ă  1 heure

Ses limites comprennent :

  • Un dĂ©lai d’exclusion plus long que celui du parcours Ă  0/1 heure

  • Une complexitĂ© algorithmique similaire

  • Le risque de mĂ©connaĂźtre un IM chez les patients se prĂ©sentant tardivement, sur la portion relativement plate de la courbe descendante de la troponine

  • L’absence de validation dans des essais contrĂŽlĂ©s randomisĂ©s dans le matĂ©riel fourni

Stratégie à 0/3 heures

L’approche Ă  0/3 heures utilise la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile. Une hs-cTn unique infĂ©rieure Ă  cette limite peut exclure un IM lorsque les symptĂŽmes ont dĂ©butĂ© plus de 6 heures auparavant et que le patient ne ressent plus de douleur. Si les symptĂŽmes ont dĂ©butĂ© moins de 6 heures auparavant, les valeurs initiale et Ă  3 heures doivent toutes deux rester infĂ©rieures au 99e percentile.

Cette stratĂ©gie est bien connue et conceptuellement simple, mais elle a une sensibilitĂ© et une valeur prĂ©dictive nĂ©gative infĂ©rieures Ă  celles des stratĂ©gies plus rapides et permet d’exclure moins de patients.

Stratégie à prélÚvement unique

Une mesure initiale unique peut exclure un IM chez certains patients Ă  faible risque lorsque la concentration de hs-cTn est infĂ©rieure Ă  la limite de quantification du dosage ou Ă  un seuil bas optimisĂ©, tel que hs-cTnI <5 ng/L. Elle ne convient pas aux patients se prĂ©sentant prĂ©cocement et s’applique Ă  moins de la moitiĂ© des patients.

Stratégie High-STEACS

La stratégie High-STEACS peut exclure un IM lorsque :

  • La hs-cTnI initiale est <5 ng/L ou la hs-cTnT est <6 ng/L plus de 3 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes ; ou

  • La variation entre la hs-cTn initiale et celle Ă  3 heures est <3 ng/L et la valeur reste infĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile spĂ©cifique du sexe

Sa valeur prĂ©dictive nĂ©gative rapportĂ©e est de 99.5 %, mais elle nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement une surveillance plus longue chez les patients dont la concentration initiale dĂ©passe le seuil bas d’exclusion et permet la sortie de moins de patients que les parcours Ă  0/1 heure ou Ă  0/2 heures.

Imagerie chez les patients non classés immédiatement

L’imagerie non invasive peut amĂ©liorer la prĂ©cision diagnostique et l’évaluation du risque.

Échocardiographie

L’échocardiographie peut ĂȘtre utilisĂ©e dans le parcours d’observation, notamment parallĂšlement Ă  un troisiĂšme dosage de troponine Ă  3 heures. Le document source ne prĂ©cise pas de protocole Ă©chocardiographique dĂ©taillĂ© ni de seuil diagnostique particulier.

Angioscanner coronaire

L’angioscanner coronaire peut contribuer au diagnostic chez les patients ayant une probabilitĂ© faible Ă  intermĂ©diaire de SCA. Il peut :

  • Identifier les patients dont les artĂšres coronaires ne sont pas obstruĂ©es et qui peuvent sortir aprĂšs exclusion des maladies alternatives pertinentes

  • DĂ©tecter une maladie coronaire obstructive chez les patients chez lesquels une revascularisation peut devoir ĂȘtre envisagĂ©e

Coronarographie invasive

Une coronarographie invasive est généralement envisagée chez :

  • Les patients orientĂ©s vers la confirmation

  • Les patients du groupe d’observation ayant une forte suspicion clinique de SCA

  • Les patients prĂ©sentant une Ă©lĂ©vation significative de la troponine lors des dosages sĂ©riĂ©s

  • Les patients prĂ©sentant des caractĂ©ristiques cliniques ou ECG Ă  haut risque

Chez les patients prĂ©sentant un diagnostic alternatif expliquant l’élĂ©vation de la troponine, tel qu’une fibrillation atriale rapide, une anĂ©mie sĂ©vĂšre ou une urgence hypertensive, un examen invasif peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire.

Biomarqueurs et résultats biologiques

La troponine cardiaque est le biomarqueur privilĂ©giĂ© pour diagnostiquer un IM et doit ĂȘtre mesurĂ©e chez les patients chez lesquels un SCA est suspectĂ©. Elle ne doit pas ĂȘtre dosĂ©e systĂ©matiquement chez les patients sans suspicion de SCA, sauf dans le cadre d’une stratĂ©gie spĂ©cifique de stratification du risque.

Le calendrier recommandé est le suivant :

  • hs-cTn Ă  la prĂ©sentation, puis rĂ©pĂ©tition Ă  1–3 heures

  • Troponine conventionnelle Ă  la prĂ©sentation, puis rĂ©pĂ©tition Ă  3–6 heures

  • Examens supplĂ©mentaires au-delĂ  de ces intervalles lorsque la suspicion clinique persiste ou qu’une incertitude diagnostique demeure

Chez les patients se prĂ©sentant plus de 2–3 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, une concentration trĂšs basse de hs-cTn Ă  la prĂ©sentation peut exclure un IM avec une valeur prĂ©dictive nĂ©gative supĂ©rieure Ă  99 %.

D’autres examens biologiques peuvent ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s selon le diagnostic diffĂ©rentiel. Les D-dimĂšres peuvent contribuer Ă  l’évaluation d’une embolie pulmonaire, et le peptide natriurĂ©tique de type B peut ĂȘtre utile, conjointement Ă  l’anamnĂšse et Ă  l’examen clinique, lorsqu’une insuffisance cardiaque est suspectĂ©e. Les biomarqueurs autres que la troponine ne sont pas recommandĂ©s pour le diagnostic d’un SCA, sauf en l’absence de disponibilitĂ© de la troponine. La fraction MB de la crĂ©atine kinase, la protĂ©ine C de liaison Ă  la myosine et la copeptine peuvent avoir une valeur ajoutĂ©e limitĂ©e lorsqu’elles sont associĂ©es Ă  la troponine conventionnelle, mais leur contribution supplĂ©mentaire est gĂ©nĂ©ralement faible.

Prise en charge immĂ©diate pendant l’établissement du diagnostic

Les patients chez lesquels un SCA est suspectĂ© doivent bĂ©nĂ©ficier d’un monitorage cardiaque continu. Le document source identifie les mesures immĂ©diates suivantes :

  • OxygĂšne supplĂ©mentaire lorsque le patient est hypoxĂ©mique ou en insuffisance cardiaque

  • NitroglycĂ©rine sublinguale en cas d’angor persistant

  • Dose de charge d’aspirine

  • Anticoagulation parentĂ©rale

  • BĂȘtabloquant en l’absence de contre-indication

  • Morphine en cas de douleur rĂ©fractaire aux autres mesures

Un sus-dĂ©calage du segment ST nĂ©cessite une Ă©valuation immĂ©diate en vue d’un traitement de reperfusion. Un NSTE-ACS nĂ©cessite une hospitalisation pour la prise en charge de l’ischĂ©mie aiguĂ«.

Prise en charge aprĂšs diagnostic de NSTE-ACS

La stratĂ©gie initiale est dĂ©terminĂ©e par l’évaluation du risque :

  • Approche invasive prĂ©coce : coronarographie dans les 2 heures chez les patients Ă  trĂšs haut risque, ou sinon dans les 24 heures

  • Approche invasive diffĂ©rĂ©e : coronarographie plus de 24 heures aprĂšs la prĂ©sentation

  • Approche guidĂ©e par l’ischĂ©mie : traitement mĂ©dical initial avec coronarographie sĂ©lective en cas d’instabilitĂ© hĂ©modynamique, de symptĂŽmes rĂ©cidivants au repos ou d’ischĂ©mie au cours d’une Ă©preuve d’effort

Un inhibiteur de P2Y12, de prĂ©fĂ©rence le prasugrel ou la ticlopidine dans le document source, doit ĂȘtre administrĂ© aprĂšs la coronarographie lorsque celle-ci est prĂ©vue dans les 24 heures, ou au jour 1 dans les autres cas, Ă  condition qu’un pontage aortocoronarien ne soit pas prĂ©vu avant la sortie.

Traitement antithrombotique et hypolipémiant

Chez les patients ne nĂ©cessitant pas d’anticoagulation orale, une bithĂ©rapie antiplaquettaire est recommandĂ©e pendant 12 mois comme stratĂ©gie de sortie par dĂ©faut. Des durĂ©es plus courtes de 3–6 mois ou un traitement moins intensif peuvent ĂȘtre utilisĂ©s lorsque le risque hĂ©morragique est Ă©levĂ©. Une prolongation au-delĂ  de 12 mois peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant un risque ischĂ©mique Ă©levĂ©, un faible risque hĂ©morragique et une bonne tolĂ©rance de la bithĂ©rapie.

Lorsqu’une anticoagulation orale au long cours est nĂ©cessaire, par exemple en cas de fibrillation atriale, une courte pĂ©riode de trithĂ©rapie peut ĂȘtre envisagĂ©e :

  • Un anticoagulant oral non antagoniste de la vitamine K

  • Clopidogrel

  • Aspirine pendant une durĂ©e maximale de 1 semaine

AprĂšs cette pĂ©riode initiale, le traitement consiste gĂ©nĂ©ralement en un anticoagulant oral non antagoniste de la vitamine K associĂ© au clopidogrel jusqu’à 1 an, puis en une anticoagulation au long cours sans antiagrĂ©gant plaquettaire. Une trithĂ©rapie d’une durĂ©e de 1 jour et une bithĂ©rapie pendant 3–6 mois peuvent ĂȘtre envisagĂ©es chez les patients prĂ©sentant un risque hĂ©morragique Ă©levĂ©. Chez les patients Ă  haut risque ischĂ©mique, la trithĂ©rapie peut ĂȘtre prolongĂ©e jusqu’à 30 jours.

Un traitement par statine Ă  forte intensitĂ© doit ĂȘtre instaurĂ© dĂšs la prĂ©sentation :

  • Atorvastatine 40–80 mg

  • Rosuvastatine 20–40 mg

Les objectifs énoncés sont les suivants :

  • RĂ©duction d’au moins 50 % du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ©

  • CholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© <55 mg/dL

De l’ézĂ©timibe doit Ă©galement ĂȘtre administrĂ© si le patient recevait dĂ©jĂ  un traitement par statine Ă  forte intensitĂ© ou s’il est peu probable qu’il atteigne ces objectifs. Un inhibiteur de PCSK9 peut ĂȘtre ajoutĂ© comme troisiĂšme agent hypolipĂ©miant si les objectifs ne sont toujours pas atteints.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations en cas de SCA suspecté sont les suivantes :

  • Recueillir rapidement une anamnĂšse ciblĂ©e, rĂ©aliser un examen clinique, un ECG Ă  12 dĂ©rivations et un dosage de hs-cTn aprĂšs l’arrivĂ©e.

  • Utiliser de prĂ©fĂ©rence les dosages de hs-cTn plutĂŽt que les dosages de moindre sensibilitĂ©.

  • PrivilĂ©gier l’algorithme de la ESC Ă  0/1 heure ; utiliser l’algorithme Ă  0/2 heures comme option suivante.

  • RĂ©aliser les prĂ©lĂšvements sanguins initial et Ă  1 heure indĂ©pendamment des autres Ă©lĂ©ments cliniques lors de la mise en Ɠuvre du parcours Ă  0/1 heure.

  • InterprĂ©ter l’algorithme avec l’évaluation clinique et l’ECG.

  • Utiliser des seuils spĂ©cifiques du dosage et ne pas transposer les seuils d’une plateforme Ă  l’autre.

  • Orienter les patients ne remplissant ni les critĂšres d’exclusion ni ceux de confirmation vers un parcours d’observation avec Ă©valuation individualisĂ©e du risque, troisiĂšme dosage de troponine Ă  3 heures et Ă©chocardiographie lorsque cela est appropriĂ©.

  • Ne pas assimiler automatiquement l’orientation vers le parcours d’exclusion Ă  une sortie ; l’évaluation clinique et la recherche de diagnostics alternatifs restent nĂ©cessaires.

  • Envisager une imagerie non invasive ou invasive aprĂšs exclusion de l’IM lorsque le risque clinique justifie une Ă©valuation complĂ©mentaire.

  • ConsidĂ©rer les patients orientĂ©s vers la confirmation comme nĂ©cessitant une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e, gĂ©nĂ©ralement avec hospitalisation et imagerie ou coronarographie complĂ©mentaires.

  • Ne pas utiliser systĂ©matiquement des biomarqueurs autres que la troponine pour le diagnostic d’un SCA, sauf en l’absence de disponibilitĂ© de la troponine.

  • RĂ©pĂ©ter le dosage de la troponine lorsque la douleur persiste ou rĂ©cidive, ou lorsqu’une incertitude diagnostique persiste.

Pronostic et suivi

Les patients orientĂ©s vers le parcours d’exclusion par les algorithmes de la ESC Ă  0/1 heure ou Ă  0/2 heures prĂ©sentent un trĂšs faible taux d’évĂ©nements cliniques Ă  30 jours dans les cohortes de validation rapportĂ©es. NĂ©anmoins, l’exclusion d’un IM ne dispense pas de rechercher d’autres diagnostics ni d’évaluer le risque coronaire rĂ©siduel.

Les patients orientĂ©s vers le groupe d’observation nĂ©cessitent une prudence particuliĂšre. Ils constituent une population hĂ©tĂ©rogĂšne et leur mortalitĂ© a Ă©tĂ© rapportĂ©e comme comparable Ă  celle des patients orientĂ©s vers la confirmation. La prise en charge doit donc ĂȘtre individualisĂ©e Ă  l’aide de l’évaluation du risque clinique, des dosages sĂ©riĂ©s de troponine, des donnĂ©es ECG, de l’échocardiographie et d’une imagerie non invasive ou invasive appropriĂ©e.

Le document source ne prĂ©cise pas de calendrier distinct de surveillance Ă  long terme aprĂšs la sortie suivant un algorithme Ă  0/1 heure nĂ©gatif. Le suivi doit donc ĂȘtre dĂ©terminĂ© par le diagnostic final, le risque clinique rĂ©siduel, les rĂ©sultats des examens d’imagerie ultĂ©rieurs et l’établissement Ă©ventuel du diagnostic de SCA ou d’une autre affection cardiaque.

Auteurs

EBM AI
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Mis à jour 7 août 2026