đŸš« Thrombose de stent : calendrier, causes, diagnostic et prĂ©vention

Sommaire (25)

Définition et physiopathologie

La thrombose de stent est une occlusion thrombotique survenant Ă  l’intĂ©rieur d’un stent coronaire ou Ă  ses marges aprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e (ICP). Il s’agit d’un infarctus du myocarde liĂ© Ă  l’ICP lorsque la thrombose est documentĂ©e par coronarographie ou Ă  l’autopsie et que les critĂšres diagnostiques utilisĂ©s pour l’infarctus du myocarde de type 1 sont remplis. La relation temporelle avec l’implantation du stent doit toujours ĂȘtre prĂ©cisĂ©e.

Les thrombus artĂ©riels coronaires sont principalement riches en plaquettes, car ils se forment dans des conditions de cisaillement Ă©levĂ©. La rupture d’une plaque athĂ©rosclĂ©reuse ou la lĂ©sion liĂ©e Ă  l’ICP expose du matĂ©riel thrombogĂšne, favorisant l’activation et l’agrĂ©gation plaquettaires ainsi que la formation de fibrine. Dans un segment stentĂ©, un thrombus peut Ă©galement se former en raison d’une perturbation du flux, d’une dissection rĂ©siduelle, d’une expansion insuffisante du stent, d’une apposition incomplĂšte ou de la persistance d’une lĂ©sion aux bords d’entrĂ©e ou de sortie.

L’incidence actuelle de la thrombose de stent est d’environ 1 % au cours de la premiĂšre annĂ©e suivant la pose du stent, bien que le risque soit plus Ă©levĂ© aprĂšs le traitement d’un infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI) et aprĂšs une ICP complexe. La thrombose de stent demeure multifactorielle, rĂ©sultant de l’interaction de facteurs liĂ©s au patient, Ă  la lĂ©sion, au dispositif et Ă  la procĂ©dure.

Classification temporelle

CatĂ©gorie DĂ©lai aprĂšs l’implantation du stent
AiguĂ« 0–24 heures
Subaiguë Plus de 24 heures à 30 jours
Tardive Plus de 30 jours Ă  1 an
TrĂšs tardive Plus de 1 an

Les dĂ©finitions traditionnelles Ă©taient centrĂ©es sur les cas se prĂ©sentant comme un syndrome coronarien aigu (SCA) et confirmĂ©s par coronarographie ou examen anatomopathologique. Le cadre de l’Academic Research Consortium distingue en outre les thromboses de stent certaines, probables et possibles Ă  des fins de recherche clinique et d’évaluation des rĂ©sultats.

Facteurs prédisposants

Domaine Facteurs associés à la thrombose de stent
Cliniques Infarctus aigu du myocarde, diabÚte, insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, hypercoagulabilité, brachythérapie antérieure
Traitement antiplaquettaire Non-observance ou arrĂȘt du clopidogrel ou de la DAPT, diminution de la biodisponibilitĂ© du clopidogrel, hyporĂ©ponse ou rĂ©sistance Ă  l’aspirine ou au clopidogrel
Anatomiques LĂ©sions longues, petits vaisseaux, maladie pluritronculaire, lĂ©sions de bifurcation, traitement d’un infarctus aigu du myocarde
Procéduraux et mécaniques Sous-expansion du stent, apposition pariétale incomplÚte, maladie résiduelle en amont ou en aval, dissection du bord, chevauchement de stents, technique du crush, fracture ou collapsus du stent
Caractéristiques angiographiques propres à la lésion Dissection résiduelle au bord du stent, altération du flux entrant ou sortant du stent, diamÚtre du stent inférieur à 3 mm, grande longueur de stent

Une charge thrombotique importante accroĂźt le risque procĂ©dural, car le thrombus peut se fragmenter, s’emboliser vers d’autres branches coronaires ou d’autres territoires vasculaires, progresser Ă  travers les espaces entre les mailles du stent et compromettre la lumiĂšre traitĂ©e. La coronarographie conventionnelle a une sensibilitĂ© limitĂ©e pour dĂ©tecter un thrombus coronaire.

Les stents Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse (DES) peuvent prolonger la pĂ©riode de susceptibilitĂ©, car leurs agents antiprolifĂ©ratifs peuvent inhiber l’endothĂ©lialisation. Une thrombose trĂšs tardive aprĂšs implantation d’un DES contemporain a Ă©tĂ© rapportĂ©e Ă  environ 0,2 %–0,5 % par an au-delĂ  de la premiĂšre annĂ©e, bien que les donnĂ©es disponibles n’établissent pas d’augmentation significative de la morbiditĂ© ou de la mortalitĂ© tardives imputable Ă  ces Ă©vĂ©nements.

Présentation clinique et symptÎmes

La plupart des patients prĂ©sentant une thrombose de stent ont un SCA. Les manifestations cliniques comprennent donc gĂ©nĂ©ralement une ischĂ©mie myocardique rĂ©cidivante, un infarctus rĂ©cidivant ou une occlusion coronaire aiguĂ«. La thrombose de stent peut survenir dans les heures ou les jours suivant l’implantation, ou plusieurs mois Ă  plusieurs annĂ©es plus tard.

La rĂ©apparition d’une douleur thoracique aprĂšs un STEMI ou une ICP doit faire envisager plusieurs possibilitĂ©s :

  • Extension de l’infarctus initial ou rĂ©infarctus

  • Thrombose aiguĂ« d’un vaisseau natif

  • Thrombose de stent

  • Complications mĂ©caniques de l’infarctus du myocarde

  • PĂ©ricardite

La rĂ©apparition dynamique d’un sus-dĂ©calage du segment ST est particuliĂšrement prĂ©occupante et Ă©voque un nouvel infarctus. Un frottement pĂ©ricardique et une faible rĂ©ponse Ă  la nitroglycĂ©rine peuvent orienter vers une douleur pĂ©ricardique, mais la distinction clinique est souvent peu fiable.

Une instabilitĂ© hĂ©modynamique associĂ©e Ă  la rĂ©apparition de douleurs thoraciques fait craindre une complication mĂ©canique de l’infarctus. Dans ces circonstances, une Ă©valuation Ă©chocardiographique urgente est importante, tandis qu’une coronarographie diagnostique peut ĂȘtre nĂ©cessaire pour exclure une thrombose aiguĂ« d’un vaisseau natif ou du stent.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation commence par une apprĂ©ciation immĂ©diate des symptĂŽmes, de l’état hĂ©modynamique et des signes d’ischĂ©mie myocardique rĂ©cidivante. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :

  • Douleur thoracique rĂ©cidivante ou persistante

  • Hypotension ou autres signes de retentissement hĂ©modynamique

  • Modifications Ă©lectrocardiographiques dynamiques

  • Signes d’insuffisance cardiaque

  • Frottement pĂ©ricardique

  • Relation temporelle entre les symptĂŽmes et l’ICP ou l’implantation du stent

  • Interruption, arrĂȘt ou prise irrĂ©guliĂšre de la DAPT

Les seuls signes cliniques sont souvent insuffisants pour distinguer une pĂ©ricardite d’un infarctus rĂ©cidivant ou d’une thrombose de stent. Un frottement pĂ©ricardique et l’absence de rĂ©ponse Ă  la nitroglycĂ©rine peuvent Ă©tayer le diagnostic de pĂ©ricardite, mais une Ă©valuation coronaire urgente peut nĂ©anmoins ĂȘtre nĂ©cessaire.

La suspicion de thrombose de stent doit ĂȘtre renforcĂ©e lorsque les symptĂŽmes rĂ©cidivants surviennent en prĂ©sence de facteurs de risque tels qu’un infarctus aigu du myocarde rĂ©cent, un diabĂšte, une insuffisance rĂ©nale, une insuffisance cardiaque, une ICP complexe ou pluritronculaire, des lĂ©sions longues, de petits vaisseaux, des stents chevauchants ou une interruption du traitement antiplaquettaire.

Diagnostic

Électrocardiographie

L’ECG doit ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă  la recherche de modifications ischĂ©miques nouvelles ou dynamiques, notamment d’une rĂ©apparition du sus-dĂ©calage du segment ST. L’interprĂ©tation peut ĂȘtre difficile peu aprĂšs le STEMI initial, car l’évolution normale de l’infarctus peut ressembler Ă  un infarctus rĂ©cidivant et les modifications Ă©lectrocardiographiques peuvent ne pas distinguer clairement l’extension de la nĂ©crose initiale d’un nouvel infarctus dans un autre territoire myocardique.

La rĂ©apparition dynamique du sus-dĂ©calage du segment ST doit nĂ©anmoins faire fortement envisager un nouvel infarctus et conduire Ă  une Ă©valuation urgente Ă  la recherche d’une thrombose coronaire aiguĂ« ou d’une thrombose de stent.

Biomarqueurs cardiaques

Les marqueurs cardiaques peuvent rester Ă©levĂ©s aprĂšs l’infarctus initial, en particulier au cours des premiĂšres 24 heures. Par consĂ©quent, l’interprĂ©tation des biomarqueurs seuls peut ne pas permettre de distinguer de maniĂšre fiable un rĂ©infarctus d’une Ă©lĂ©vation persistante liĂ©e Ă  l’évĂ©nement initial. Les biomarqueurs doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s conjointement avec les symptĂŽmes, les ECG sĂ©riĂ©s et les donnĂ©es d’imagerie ou angiographiques.

Échocardiographie transthoracique

L’échocardiographie transthoracique (ETT) est utile chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique rĂ©cidivante et une instabilitĂ© hĂ©modynamique. Elle peut aider Ă  identifier ou Ă  exclure les complications mĂ©caniques de l’infarctus du myocarde et Ă  Ă©valuer les anomalies rĂ©gionales de la cinĂ©tique pariĂ©tale. Elle peut Ă©galement contribuer Ă  l’évaluation de diagnostics alternatifs tels que les complications pĂ©ricardiques, mais ne permet pas Ă  elle seule d’établir le diagnostic de thrombose de stent.

Coronarographie

Une coronarographie invasive urgente (CPI) est indiquĂ©e lorsqu’une thrombose de stent est suspectĂ©e, d’autant que la plupart des patients concernĂ©s se prĂ©sentent avec un SCA. La coronarographie peut confirmer le diagnostic et permettre de rĂ©tablir le flux coronaire.

Les facteurs angiographiques prĂ©dictifs d’un rĂ©infarctus aprĂšs une ICP primaire comprennent :

  • StĂ©nose coronaire rĂ©siduelle supĂ©rieure Ă  30 %

  • Dissection coronaire liĂ©e Ă  l’ICP

  • Thrombus intracoronaire

  • Maladie coronaire pluritronculaire

  • Longueur totale de stent plus importante

AprĂšs le rĂ©tablissement du flux coronaire, une imagerie intracoronaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e afin d’identifier une cause mĂ©canique sous-jacente. La coronarographie seule peut ne pas caractĂ©riser correctement la sous-expansion du stent, sa malapposition, une pathologie du bord ou d’autres anomalies structurelles.

Imagerie intracoronaire

L’imagerie intracoronaire est recommandĂ©e aprĂšs le traitement d’une thrombose de stent afin d’en dĂ©terminer le mĂ©canisme. Les anomalies mĂ©caniques peuvent comprendre :

  • Fracture ou collapsus du stent

  • Dissection rĂ©siduelle du bord

  • Sous-expansion

  • Apposition pariĂ©tale incomplĂšte

L’identification du mĂ©canisme est essentielle, car le traitement dĂ©finitif dĂ©pend de l’anomalie structurelle spĂ©cifique.

Électrophysiologie

Le document source ne dĂ©crit ni Ă©valuation Ă©lectrophysiologique ni stratĂ©gie thĂ©rapeutique fondĂ©e sur l’électrophysiologie pour la thrombose de stent.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne fournit pas de seuils spĂ©cifiques de biomarqueurs ni d’algorithme biologique diagnostique pour la thrombose de stent. Il souligne que les marqueurs cardiaques peuvent rester Ă©levĂ©s aprĂšs l’infarctus initial, ce qui rend l’interprĂ©tation isolĂ©e des biomarqueurs peu fiable pour diagnostiquer un rĂ©infarctus au dĂ©but de la pĂ©riode post-infarctus.

L’évaluation biologique doit donc ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  l’évolution clinique, aux ECG sĂ©riĂ©s, Ă  l’échocardiographie lorsqu’elle est indiquĂ©e et Ă  une coronarographie urgente. Le document source identifie Ă©galement la diminution de la rĂ©ponse Ă  l’aspirine ou au clopidogrel et l’hypercoagulabilitĂ© comme des facteurs contributifs possibles, mais ne prĂ©cise ni les mĂ©thodes de dĂ©pistage ni les critĂšres biologiques de ces Ă©tats.

Traitement et prise en charge

Prise en charge aiguë

La majoritĂ© des patients prĂ©sentant une thrombose de stent ont un SCA et doivent ĂȘtre pris en charge conformĂ©ment aux recommandations contemporaines relatives aux SCA. Une CPI urgente est indiquĂ©e Ă  la fois pour confirmer le diagnostic et pour rĂ©tablir le flux coronaire.

AprÚs le rétablissement du flux :

  • Une imagerie intracoronaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e afin d’établir le mĂ©canisme.

  • Les causes mĂ©caniques doivent ĂȘtre corrigĂ©es.

  • Le traitement antithrombotique doit ĂȘtre réévaluĂ©, notamment l’observance, les interruptions et une Ă©ventuelle hyporĂ©ponse.

  • Le patient doit recevoir une prise en charge appropriĂ©e du SCA et les mesures de prĂ©vention secondaire correspondantes.

ICP orientée par le mécanisme

Mécanisme Stratégie corrective privilégiée
Fracture ou collapsus du stent Nouvelle implantation d’un DES
Dissection rĂ©siduelle du bord Nouvelle implantation d’un DES
Sous-expansion du stent Dilatation à haute pression à l’aide d’un ballon non compliant
Apposition pariĂ©tale incomplĂšte Correction de l’anomalie mĂ©canique de dĂ©ploiement, guidĂ©e par l’imagerie intracoronaire

Les thrombus volumineux peuvent s’emboliser au cours de l’ICP. L’aspiration manuelle systĂ©matique du thrombus par cathĂ©ter lors de l’ICP primaire contemporaine d’un STEMI n’a pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice en termes de mortalitĂ© et peut accroĂźtre le risque d’AVC, bien qu’elle puisse encore ĂȘtre utile chez certains patients.

Traitement antiplaquettaire

Le traitement antiplaquettaire est essentiel Ă  la prĂ©vention et au traitement de la thrombose artĂ©rielle, car les thrombus artĂ©riels contiennent une forte proportion de plaquettes. La DAPT aprĂšs implantation d’un stent a contribuĂ© Ă  rĂ©duire la thrombose de stent, en particulier lorsqu’elle est associĂ©e Ă  un dĂ©ploiement appropriĂ© du stent Ă  haute pression.

Chez les patients aprĂšs un STEMI, une DAPT associant aspirine et antagoniste du rĂ©cepteur P2Y12 — clopidogrel, prasugrel ou ticagrĂ©lor — est recommandĂ©e pendant 12 mois en l’absence de risque hĂ©morragique Ă©levĂ© ou de complication hĂ©morragique.

L’échec du traitement peut ĂȘtre liĂ© aux facteurs suivants :

  • Non-observance

  • ArrĂȘt prĂ©maturĂ©

  • Diminution de la biodisponibilitĂ© du clopidogrel

  • HyporĂ©ponse Ă  l’aspirine ou au clopidogrel

  • Interruption en raison d’une intervention chirurgicale ou d’un saignement

Lorsque la DAPT est interrompue en raison d’une mauvaise observance, d’un saignement ou d’une chirurgie urgente, le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de thrombose de stent est maximal peu aprĂšs l’interruption, notamment au cours des 7 premiers jours.

Anticoagulants

Les anticoagulants ne constituent pas un substitut universel Ă  la DAPT aprĂšs la pose d’un stent coronaire. Leur utilisation doit reposer sur une indication Ă©tablie et ĂȘtre mise en balance avec le risque hĂ©morragique.

Chez les patients prĂ©sentant un SCA ou un syndrome coronaire chronique nĂ©cessitant une anticoagulation orale au long cours, le traitement antithrombotique combinĂ© peut comprendre un anticoagulant oral Ă  pleine dose associĂ© au clopidogrel, avec ou sans aspirine dans le cadre d’une trithĂ©rapie antithrombotique. L’association d’agents antithrombotiques augmente le risque de saignement majeur. Certaines analyses suggĂšrent qu’une bithĂ©rapie antithrombotique pourrait ĂȘtre associĂ©e Ă  davantage d’infarctus du myocarde et de thromboses de stent qu’une trithĂ©rapie, en particulier chez les patients diabĂ©tiques ; par consĂ©quent, la durĂ©e de la trithĂ©rapie doit ĂȘtre individualisĂ©e selon les risques thrombotiques et hĂ©morragiques.

Le rivaroxaban Ă  faible dose a rĂ©duit les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques rĂ©cidivants et la thrombose de stent lorsqu’il Ă©tait ajoutĂ© Ă  un traitement antiplaquettaire chez certains patients prĂ©sentant un SCA ou une maladie athĂ©rosclĂ©reuse stable, mais il augmente le risque de saignement majeur. Le document source n’établit pas cette stratĂ©gie comme traitement systĂ©matique d’un patient prĂ©sentant une thrombose de stent.

Prévention secondaire au long cours

La prévention secondaire aprÚs un STEMI comprend :

  • Traitement antiplaquettaire au long cours, habituellement par aspirine

  • DAPT pendant 12 mois lorsque cela est appropriĂ©

  • Inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou antagoniste des rĂ©cepteurs de l’angiotensine, et antagoniste de l’aldostĂ©rone lorsque l’insuffisance cardiaque, la rĂ©duction de la fraction d’éjection ventriculaire gauche ou une anomalie rĂ©gionale importante de la cinĂ©tique pariĂ©tale le justifient

  • Traitement chronique par bĂȘtabloquant pendant au moins 1 an aprĂšs un STEMI

  • Modification des facteurs de risque athĂ©rosclĂ©reux

  • Envisager la colchicine Ă  faible dose, 0.5 mg une fois par jour, en particulier aprĂšs des Ă©vĂ©nements athĂ©rosclĂ©reux rĂ©cidivants malgrĂ© un traitement conforme aux recommandations

Un traitement prolongĂ© systĂ©matique par nitrĂ©s ne semble pas rĂ©duire la mortalitĂ©, bien que les nitrĂ©s puissent ĂȘtre utilisĂ©s en cas d’angor rĂ©cidivant ou dans le cadre du traitement de l’insuffisance cardiaque.

Prévention et prise en charge périopératoires

Délai avant une chirurgie non cardiaque

La pĂ©riode suivant immĂ©diatement l’implantation d’un stent est celle qui comporte le risque thrombotique le plus Ă©levĂ©. Les 4–6 premiĂšres semaines suivant l’implantation d’un stent nu (BMS) ou d’un DES sont particuliĂšrement Ă  risque. Si possible, la chirurgie non cardiaque doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e pendant cet intervalle.

Les recommandations concernant le report d’une chirurgie programmĂ©e comprennent :

ICP ou procédure de stenting Délai suggéré
Angioplastie au ballon 14 jours
Implantation d’un BMS 30 jours
Implantation d’un DES 12 mois
Chirurgie nĂ©cessaire aprĂšs implantation d’un DES Un dĂ©lai de 3 mois peut ĂȘtre envisagĂ© lorsque tout report supplĂ©mentaire comporte un risque supĂ©rieur

Une chirurgie programmĂ©e aprĂšs plus de 180 jours peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire chronique traitĂ©e par DES lorsque le risque liĂ© au report de la chirurgie dĂ©passe le risque de thrombose de stent. La dĂ©cision pĂ©riopĂ©ratoire doit ĂȘtre individualisĂ©e et multidisciplinaire.

Le risque pĂ©riopĂ©ratoire accru semble diminuer avec le temps. Les donnĂ©es observationnelles indiquent que le risque est particuliĂšrement Ă©levĂ© au cours des 6 premiers mois suivant la pose du stent, et qu’il est particuliĂšrement marquĂ© lorsque l’ICP a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e pour un infarctus du myocarde.

Prise en charge antiplaquettaire périopératoire

Si la chirurgie ne peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e :

  • L’interruption de la DAPT doit ĂȘtre rĂ©duite au minimum.

  • L’aspirine doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivie lorsqu’un inhibiteur de P2Y12 est arrĂȘtĂ©, sauf lorsque le saignement serait catastrophique, notamment dans certaines interventions neurochirurgicales ou rachidiennes.

  • L’inhibiteur de P2Y12 doit ĂȘtre repris dĂšs que possible aprĂšs la chirurgie.

  • Une chirurgie programmĂ©e doit ĂȘtre diffĂ©rĂ©e aprĂšs la derniĂšre dose de clopidogrel pendant 5 jours, de prasugrel pendant 7 jours et de ticagrĂ©lor pendant 3–5 jours.

  • Les dĂ©cisions doivent associer la cardiologie, la chirurgie, l’anesthĂ©sie et les autres spĂ©cialitĂ©s concernĂ©es.

Le cangrĂ©lor intraveineux peut ĂȘtre envisagĂ© comme stratĂ©gie de relais, car il s’agit d’un antagoniste rĂ©versible du rĂ©cepteur P2Y12, mais les donnĂ©es chez les patients devant subir une chirurgie cardiaque ou non cardiaque restent limitĂ©es. L’eptifibatide ou le tirofiban intraveineux ont Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ©s comme stratĂ©gies de relais, bien que les Ă©valuations rigoureuses et les donnĂ©es sur les rĂ©sultats cliniques fassent dĂ©faut.

Autres médicaments cardiovasculaires périopératoires

Les patients recevant un traitement chronique par bĂȘtabloquant doivent le poursuivre pendant la pĂ©riode opĂ©ratoire lorsque cela est cliniquement possible. L’arrĂȘt des bĂȘtabloquants doit ĂȘtre Ă©vitĂ© et le traitement ne doit pas ĂȘtre instaurĂ© le jour de la chirurgie. Une initiation pĂ©riopĂ©ratoire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez des patients trĂšs sĂ©lectionnĂ©s Ă  trĂšs haut risque, idĂ©alement suffisamment avant la chirurgie pour Ă©valuer la sĂ©curitĂ© et la tolĂ©rance.

Les statines doivent ĂȘtre poursuivies chez les patients qui en prennent dĂ©jĂ . L’instauration d’un traitement par statine est raisonnable avant une chirurgie vasculaire, tandis que le bĂ©nĂ©fice de son instauration avant d’autres interventions Ă  haut risque reste incertain. Chez les patients ne prenant pas de statine, une stratĂ©gie de dose de charge pĂ©riopĂ©ratoire par atorvastatine 80 mg dans les 18 heures prĂ©cĂ©dant la chirurgie, suivie de 40 mg par jour pendant 7 jours, n’a pas rĂ©duit les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations issues des directives disponibles sont résumées ci-dessous :

Situation clinique Recommandation
Thrombose de stent suspectée avec SCA Réaliser une coronarographie invasive urgente à visée diagnostique et thérapeutique
AprĂšs rĂ©tablissement du flux coronaire Utiliser une imagerie intracoronaire afin d’identifier une dĂ©faillance mĂ©canique
Fracture, collapsus du stent ou dissection rĂ©siduelle du bord Nouvelle implantation d’un DES
Sous-expansion ou malapposition du stent Corriger par dilatation Ă  haute pression Ă  l’aide d’un ballon non compliant ou par un autre traitement mĂ©canique guidĂ© par l’imagerie
STEMI sans risque hémorragique élevé ni complication hémorragique DAPT associant aspirine et clopidogrel, prasugrel ou ticagrélor pendant 12 mois
Stenting coronaire rĂ©cent et chirurgie non cardiaque programmĂ©e DiffĂ©rer la chirurgie chaque fois que possible, en particulier pendant les 4–6 premiĂšres semaines
Interruption d’un inhibiteur de P2Y12 pour chirurgie Poursuivre l’aspirine dans la plupart des circonstances et reprendre l’inhibiteur de P2Y12 dùs que possible
Patients nécessitant une anticoagulation orale au long cours aprÚs une ICP Individualiser la bithérapie ou la trithérapie antithrombotique selon les risques thrombotiques et hémorragiques
Aspiration manuelle systĂ©matique du thrombus lors d’une ICP primaire contemporaine pour STEMI Non recommandĂ©e en routine ; une utilisation sĂ©lective peut ĂȘtre utile

Pronostic et suivi

La thrombose de stent est peu frĂ©quente avec les techniques contemporaines de stenting et la DAPT, avec une incidence approximative de 1 % au cours de la premiĂšre annĂ©e, mais elle est associĂ©e Ă  un SCA et peut entraĂźner une ischĂ©mie rĂ©cidivante sĂ©vĂšre ou un infarctus. Le risque est accru aprĂšs un STEMI, une ICP complexe, une interruption de la DAPT et en prĂ©sence d’anomalies mĂ©caniques ou anatomiques.

La thrombose trĂšs tardive demeure une prĂ©occupation aprĂšs implantation d’un DES, car l’endothĂ©lialisation altĂ©rĂ©e peut prolonger la pĂ©riode de risque au-delĂ  de la premiĂšre annĂ©e. Bien que les taux rapportĂ©s soient d’environ 0,2 %–0,5 % par an aprĂšs la premiĂšre annĂ©e, le document source n’établit pas d’augmentation significative de la morbiditĂ© ou de la mortalitĂ© tardives imputable Ă  ces Ă©vĂ©nements.

Le suivi doit comprendre :

  • VĂ©rification de l’observance du traitement antiplaquettaire et de l’accĂšs aux mĂ©dicaments

  • Recherche de saignements et d’interruptions du traitement

  • Évaluation des risques thrombotiques et hĂ©morragiques persistants

  • Évaluation du diabĂšte, de l’insuffisance rĂ©nale, de l’insuffisance cardiaque et des autres facteurs de risque cliniques

  • Revue de l’anatomie coronaire et des dĂ©tails de la procĂ©dure d’ICP

  • VĂ©rification de la correction de toute cause mĂ©canique identifiĂ©e par imagerie intracoronaire

  • Poursuite de la prĂ©vention secondaire aprĂšs l’infarctus du myocarde

  • Planification attentive avant toute future chirurgie non cardiaque

Le calendrier et la durĂ©e de la DAPT ou du traitement combinĂ© anticoagulant–antiplaquettaire doivent ĂȘtre réévaluĂ©s en cas de saignement, de chirurgie, de rĂ©cidive ischĂ©mique ou d’apparition d’une nouvelle indication d’anticoagulation.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026