đŸš« Syndromes aortiques aigus : hĂ©matome intramural et ulcĂšre athĂ©rosclĂ©reux pĂ©nĂ©trant

Sommaire (30)

Définition et physiopathologie

Les syndromes aortiques aigus comprennent la dissection aortique classique, l’hĂ©matome intramural (HIM) et l’ulcĂšre athĂ©rosclĂ©reux pĂ©nĂ©trant (UAP). La dissection aortique reprĂ©sente environ 80 %–90 % des syndromes aortiques aigus, l’HIM environ 10 %–20 % et l’UAP environ 5 % ; les proportions rapportĂ©es varient selon les populations et les rĂ©gions.

Hématome intramural

L’HIM est une hĂ©morragie au sein de la mĂ©dia aortique, sans communication identifiable entre la lumiĂšre aortique et l’hĂ©matome, et sans volet intimal ni fausse lumiĂšre visible. Il est gĂ©nĂ©ralement attribuĂ© Ă  la rupture des vasa vasorum, bien que l’amĂ©lioration des techniques d’imagerie mette en Ă©vidence de petites disruptions intimales dans environ 20 %–60 % des cas. Ces disruptions peuvent ĂȘtre Ă  l’origine de l’hĂ©matome ou le compliquer.

L’HIM intĂ©resse le plus souvent l’aorte thoracique descendante, atteinte dans environ 60 %–70 % des cas. L’aorte ascendante est concernĂ©e dans environ 30 % des cas et la crosse dans environ 10 %. Du fait de la proximitĂ© de l’hĂ©matome avec l’adventice, un Ă©panchement pleural, un Ă©panchement pĂ©ricardique, un hĂ©matome pĂ©ri-aortique et une rupture peuvent survenir. Comparativement Ă  la dissection classique de type A, l’insuffisance aortique, les dĂ©ficits de pouls et la malperfusion sont moins frĂ©quents dans l’HIM de type A.

L’HIM est classĂ© anatomiquement selon la classification de Stanford :

  • HIM de type A : atteinte de l’aorte ascendante.

  • HIM de type B : atteinte de l’aorte descendante en aval de l’artĂšre sous-claviĂšre gauche.

UlcÚre athéroscléreux pénétrant

L’UAP est une ulcĂ©ration focale d’une plaque athĂ©rosclĂ©reuse qui traverse la lame Ă©lastique interne et pĂ©nĂštre dans la mĂ©dia. La lĂ©sion peut entraĂźner un hĂ©matome mĂ©dial localisĂ© et Ă©voluer vers un HIM, un pseudo-anĂ©vrisme, une dissection, un anĂ©vrisme ou une rupture.

Les UAP sont habituellement localisĂ©s au niveau de l’aorte thoracique descendante moyenne ou distale. La crosse et l’aorte ascendante sont plus rarement atteintes, et l’UAP de l’aorte ascendante est rare. Les lĂ©sions peuvent ĂȘtre uniques ou multiples et mesurent gĂ©nĂ©ralement environ 5–25 mm de diamĂštre et 4–30 mm de profondeur. L’UAP est fortement associĂ© Ă  une athĂ©rosclĂ©rose Ă©tendue et survient frĂ©quemment chez des patients ĂągĂ©s prĂ©sentant plusieurs comorbiditĂ©s vasculaires.

Un UAP isolĂ© est dĂ©fini par l’absence d’HIM, de dissection ou d’anĂ©vrisme sacculaire associĂ©. Les lĂ©sions isolĂ©es symptomatiques peuvent correspondre Ă  une hĂ©morragie pĂ©ri-ulcĂ©reuse dĂ©butante ou Ă  un HIM en formation et prĂ©sentent un risque plus Ă©levĂ© de progression ou de rupture que les lĂ©sions asymptomatiques.

Affections prédisposantes

La dissection aortique et ses variantes sont associĂ©es Ă  des affections responsables d’une dĂ©gĂ©nĂ©rescence mĂ©diale ou d’une augmentation des contraintes exercĂ©es sur la paroi aortique. Les associations pertinentes comprennent :

  • Hypertension artĂ©rielle systĂ©mique

  • Syndrome de Marfan

  • Syndrome de Loeys–Dietz

  • Syndrome d’Ehlers–Danlos

  • Aortite inflammatoire, notamment artĂ©rite de Takayasu et artĂ©rite Ă  cellules gĂ©antes

  • Valve aortique bicuspide

  • Coarctation de l’aorte

  • Traumatisme aortique antĂ©rieur

  • Grossesse, en particulier au troisiĂšme trimestre

  • HaltĂ©rophilie

  • Consommation de cocaĂŻne

  • Traumatisme par dĂ©cĂ©lĂ©ration

Une hypertension artĂ©rielle systĂ©mique est associĂ©e dans environ 70 % des cas de dissection aortique. L’UAP est particuliĂšrement associĂ© Ă  l’ñge avancĂ©, au tabagisme, Ă  la coronaropathie, Ă  la bronchopneumopathie chronique obstructive, Ă  l’insuffisance rĂ©nale, Ă  l’hypertension artĂ©rielle systĂ©mique et Ă  la prĂ©sence concomitante d’un anĂ©vrisme de l’aorte abdominale.

Présentation clinique et symptÎmes

Une douleur thoracique et/ou dorsale aiguĂ« est le symptĂŽme prĂ©dominant de l’HIM et de l’UAP. La douleur liĂ©e Ă  un UAP peut Ă©voquer la douleur brutale d’une dissection aortique classique. Le dĂ©but des symptĂŽmes au cours d’un UAP peut traduire une expansion de la lĂ©sion et une atteinte de l’adventice, imposant une imagerie urgente en raison du risque de rupture.

L’HIM de type A peut provoquer :

  • Une insuffisance aortique

  • Un hĂ©mopĂ©ricarde ou un Ă©panchement pĂ©ricardique

  • Une rupture aortique

  • Des complications aortiques proximales

La malperfusion et les dĂ©ficits de pouls sont moins frĂ©quents dans l’HIM de type A que dans la dissection classique de type A.

Sur le plan clinique, l’UAP diffĂšre souvent de la dissection classique : la plupart des patients ne prĂ©sentent ni insuffisance aortique, ni dĂ©ficits de pouls, ni ischĂ©mie viscĂ©rale. Environ 25 % des UAP sont dĂ©couverts fortuitement Ă  l’imagerie, bien qu’une lĂ©sion incidente puisse devenir symptomatique ou progresser secondairement.

La distinction clinique entre un HIM non compliquĂ© et un HIM compliquĂ© est importante. Les signes de complication comprennent une douleur rĂ©cidivante ou persistante, l’expansion de l’hĂ©matome, un hĂ©matome pĂ©ri-aortique et une disruption intimale. Une malperfusion d’organe, une instabilitĂ© hĂ©modynamique, un hĂ©mopĂ©ricarde et une rupture caractĂ©risent une prĂ©sentation Ă  haut risque.

Évaluation et examen clinique

Le document source insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’une Ă©valuation et d’une imagerie urgentes, mais fournit peu de dĂ©tails concernant un protocole formel d’examen clinique. L’évaluation doit dĂ©terminer si le patient prĂ©sente :

  • Une instabilitĂ© hĂ©modynamique

  • Une douleur persistante ou rĂ©cidivante malgrĂ© le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle

  • Une atteinte pĂ©ricardique ou pleurale

  • Une malperfusion d’organe

  • Une insuffisance aortique

  • Des dĂ©ficits de pouls

  • Des signes de rupture

L’absence de dĂ©ficits de pouls, d’insuffisance aortique ou d’ischĂ©mie viscĂ©rale n’exclut ni un UAP ni un HIM. Dans l’UAP, ces signes sont souvent absents.

L’évaluation doit Ă©galement rechercher les facteurs de risque et les comorbiditĂ©s pertinents, notamment l’hypertension artĂ©rielle, une maladie aortique hĂ©rĂ©ditaire, une maladie vasculaire athĂ©rosclĂ©reuse, le tabagisme, une insuffisance rĂ©nale, une maladie pulmonaire chronique, la grossesse, un traumatisme rĂ©cent, la pratique de l’haltĂ©rophilie et l’exposition Ă  la cocaĂŻne.

Diagnostic

Objectifs de l’imagerie

L’imagerie des syndromes aortiques aigus doit dĂ©terminer :

  • Si l’anomalie correspond Ă  une dissection classique, Ă  un HIM ou Ă  un UAP.

  • Si l’aorte ascendante est atteinte.

  • L’extension longitudinale de la maladie.

  • Les sites et les dimensions de l’orifice d’entrĂ©e, de rĂ©entrĂ©e ou de la disruption intimale focale.

  • La permĂ©abilitĂ© et les dimensions d’une Ă©ventuelle fausse lumiĂšre.

  • La prĂ©sence d’une insuffisance aortique, d’une atteinte coronaire, d’un Ă©panchement pĂ©ricardique ou d’un hĂ©mopĂ©ricarde.

  • Les signes de rupture ou de rupture imminente.

  • L’atteinte des branches artĂ©rielles et la malperfusion.

  • Une dilatation anĂ©vrismale.

  • Les signes Ă  haut risque associĂ©s Ă  l’HIM ou Ă  l’UAP.

Tomodensitométrie

La tomodensitomĂ©trie, notamment l’angioscanner avec injection de produit de contraste, est essentielle pour l’évaluation de l’HIM et de l’UAP.

Dans l’HIM :

  • La TDM sans injection montre une hyperdensitĂ© au sein de la paroi aortique, due aux produits sanguins.

  • La TDM avec injection montre une hypodensitĂ© au sein de la paroi, car le produit de contraste ne pĂ©nĂštre pas dans l’hĂ©matome.

  • L’aspect typique est un Ă©paississement pariĂ©tal aortique en croissant ou circonfĂ©rentiel, sans volet intimal visible.

  • La lumiĂšre aortique n’est gĂ©nĂ©ralement pas significativement compromise.

  • La TDM peut identifier une Ă©volution vers une dissection, un hĂ©matome pĂ©ri-aortique, un Ă©panchement pleural, une atteinte pĂ©ricardique ou une rupture.

Dans l’UAP :

  • La TDM montre une ulcĂ©ration focale avec une Ă©vagination en forme de cratĂšre et des contours irrĂ©guliers.

  • Une intima calcifiĂ©e et dĂ©placĂ©e peut ĂȘtre visible.

  • Elle peut mettre en Ă©vidence un HIM associĂ©, un Ă©panchement pleural, une hĂ©morragie mĂ©diastinale, un pseudo-anĂ©vrisme, une rupture contenue, une rupture franche ou un anĂ©vrisme concomitant.

  • Un UAP associĂ© Ă  un HIM peut ĂȘtre difficile Ă  distinguer d’un HIM avec projection pseudo-ulcĂ©reuse.

L’angioscanner peut Ă©galement fournir des reconstructions tridimensionnelles avec rendu volumique, des reconstructions obliques coronales et des reconstructions selon la ligne centrale. La reconstruction selon la ligne centrale permet de mesurer perpendiculairement au vĂ©ritable petit axe de l’aorte malgrĂ© sa tortuositĂ©.

Échocardiographie transƓsophagienne

L’échocardiographie transƓsophagienne (ETO) est utile pour l’évaluation de l’HIM et des lĂ©sions aortiques proximales. Les signes typiques de l’HIM comprennent :

  • Un Ă©paississement pariĂ©tal aortique en croissant ou circonfĂ©rentiel

  • Une Ă©paisseur pariĂ©tale d’au moins 5 mm

  • Une lumiĂšre aortique excentrĂ©e

  • Un dĂ©placement des calcifications intimales

  • Des zones anĂ©chogĂšnes au sein de la paroi aortique

  • L’absence de volet intimal

  • L’absence de flux au sein de la paroi aortique

L’ETO peut mettre en Ă©vidence une athĂ©rosclĂ©rose focale, une ulcĂ©ration et un hĂ©matome associĂ© dans l’UAP. Elle est Ă©galement utile pour Ă©valuer les complications proximales, notamment l’insuffisance aortique et l’épanchement pĂ©ricardique.

L’échocardiographie transthoracique prĂ©sente une trĂšs faible sensibilitĂ© pour le diagnostic de l’HIM, bien qu’elle puisse occasionnellement visualiser une anomalie de l’aorte proximale ou un volet de dissection.

Imagerie par résonance magnétique

L’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique et l’angiographie par rĂ©sonance magnĂ©tique peuvent caractĂ©riser l’HIM et l’UAP. Dans l’HIM, l’IRM peut montrer :

  • Un Ă©paississement focal de la paroi aortique

  • L’absence de flux au sein de l’hĂ©matome

  • Des produits sanguins dans la paroi aortique

  • Une diffĂ©renciation avec un thrombus pariĂ©tal

  • De minuscules disruptions intimales et des projections pseudo-ulcĂ©reuses

Les signes IRM de l’UAP comprennent une hyperintensitĂ© localisĂ©e au sein de la paroi aortique, compatible avec un HIM, un Ă©paississement intimal focal et des projections pseudo-ulcĂ©reuses.

Aortographie et angiographie par cathétérisme

L’aortographie peut visualiser les vraies et fausses lumiĂšres et identifier une Ă©ventuelle atteinte coronaire. Toutefois, le cathĂ©tĂ©risme au cours d’une dissection aiguĂ« comporte des risques spĂ©cifiques : l’abord artĂ©riel peut pĂ©nĂ©trer dans la fausse lumiĂšre plutĂŽt que dans la vraie lumiĂšre, et la manipulation du cathĂ©ter ou du guide peut Ă©tendre la dissection ou perforer l’aorte. Chez certains patients stables ayant des antĂ©cĂ©dents de pontage coronaire, une imagerie coronaire complĂ©mentaire peut ĂȘtre utile ; l’angioscanner peut montrer la permĂ©abilitĂ© des greffons.

DiffĂ©renciation avec d’autres anomalies de la paroi aortique

L’HIM peut ĂȘtre difficile Ă  distinguer de :

  • Une dissection Ă  fausse lumiĂšre thrombosĂ©e

  • Un thrombus pariĂ©tal au sein d’un anĂ©vrisme

  • Une athĂ©rosclĂ©rose aortique

  • Une aortite

L’HIM prĂ©sente gĂ©nĂ©ralement une lumiĂšre rĂ©guliĂšre et une paroi curviligne. À l’ETO, un Ă©paississement situĂ© sous l’intima est en faveur d’un HIM, tandis qu’un Ă©paississement du cĂŽtĂ© luminal de l’intima est en faveur d’un thrombus pariĂ©tal. Une irrĂ©gularitĂ© intimale diffuse est plus caractĂ©ristique de l’athĂ©rosclĂ©rose, sauf lorsqu’elle est due Ă  un ulcĂšre pĂ©nĂ©trant associĂ©.

Signes d’imagerie à haut risque

Hématome intramural

HIM de type A HIM de type B
Diamùtre aortique >45–50 mm Diamùtre aortique >47–50 mm
Épaisseur de l’hĂ©matome ≄10 mm Épaisseur de l’hĂ©matome ≄13 mm
Disruption intimale focale ou projection pseudo-ulcĂ©reuse dans l’aorte ascendante ou la crosse Disruption intimale focale ou projection pseudo-ulcĂ©reuse pendant la phase aiguĂ«
Épanchement ou hĂ©matome pĂ©ricardique Augmentation de l’épanchement pleural
Évolution vers une dissection classique Évolution vers une dissection classique
Augmentation du diamĂštre aortique Augmentation du diamĂštre aortique
Augmentation de l’épaisseur de l’hĂ©matome Augmentation de l’épaisseur de l’hĂ©matome

Les autres signes cliniques ou d’imagerie à haut risque comprennent :

  • Atteinte de l’aorte ascendante

  • ContrĂŽle difficile de la pression artĂ©rielle

  • Douleur persistante ou rĂ©cidivante malgrĂ© un traitement antihypertenseur intensif

  • Mise en Ă©vidence d’une malperfusion d’organe

  • RĂ©cidive de l’épanchement pleural

  • Épanchement pĂ©ricardique Ă  la prĂ©sentation dans l’HIM de type A

De minuscules disruptions intimales mesurant ≀3 mm peuvent ĂȘtre frĂ©quentes et ne sont pas nĂ©cessairement associĂ©es Ă  des Ă©vĂ©nements aortiques dĂ©favorables. Les disruptions intimales focales plus volumineuses ont une plus grande valeur pronostique. Pendant la phase aiguĂ«, une disruption intimale focale est associĂ©e Ă  un risque Ă©levĂ© de rupture, en particulier lorsque le dĂ©faut est important.

UlcÚre athéroscléreux pénétrant

Les signes d’UAP à haut risque comprennent :

  • DiamĂštre maximal de l’ulcĂšre ≄13–20 mm

  • Profondeur maximale de l’ulcĂšre ≄10 mm

  • Augmentation importante du diamĂštre ou de la profondeur de l’ulcĂšre

  • AnĂ©vrisme sacculaire associĂ©

  • Augmentation de l’épanchement pleural

Les ulcĂšres plus volumineux et plus profonds, en particulier lorsqu’ils sont associĂ©s Ă  un HIM ou Ă  un anĂ©vrisme sacculaire, sont plus susceptibles de progresser.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne fournit pas de profil spĂ©cifique de biomarqueurs, de seuils biologiques ni de recommandations concernant les examens biologiques dans l’HIM ou l’UAP. Le diagnostic et l’évaluation du risque sont dĂ©crits principalement comme reposant sur les donnĂ©es cliniques et l’imagerie.

Traitement et prise en charge

Prise en charge initiale

Le principe thĂ©rapeutique initial de l’HIM et des syndromes aortiques aigus apparentĂ©s consiste Ă  contrĂŽler rapidement la douleur et la pression artĂ©rielle, indĂ©pendamment du sous-type anatomopathologique prĂ©cis. Les patients doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s et pris en charge en urgence dans un centre aortique adaptĂ© ou dans un cadre multidisciplinaire, en particulier en prĂ©sence de signes Ă  haut risque ou de complications.

Le document source prĂ©cise la nĂ©cessitĂ© d’un contrĂŽle de la douleur et de la pression artĂ©rielle, mais ne fournit ni noms de mĂ©dicaments, ni objectifs tensionnels, ni objectifs de frĂ©quence cardiaque, ni schĂ©mas posologiques.

Hématome intramural de type A

L’HIM de type A atteint l’aorte ascendante et relĂšve gĂ©nĂ©ralement d’une chirurgie urgente ou en extrĂȘme urgence. La chirurgie est particuliĂšrement indiquĂ©e en prĂ©sence de :

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique

  • HĂ©mopĂ©ricarde ou Ă©panchement pĂ©ricardique

  • Rupture ou rupture imminente

  • Complications aortiques proximales

  • Évolution vers une dissection classique

  • Signes d’imagerie Ă  haut risque

  • Malperfusion d’organe

Chez un patient soigneusement sĂ©lectionnĂ© prĂ©sentant un HIM de type A non compliquĂ©, sans signe d’imagerie Ă  haut risque et exposĂ© Ă  un risque opĂ©ratoire accru du fait de comorbiditĂ©s multiples, une stratĂ©gie d’observation peut ĂȘtre envisagĂ©e dans un centre de rĂ©fĂ©rence expĂ©rimentĂ©, avec une surveillance clinique et morphologique Ă©troite. NĂ©anmoins, la pratique actuelle fondĂ©e sur les recommandations prĂ©conise une chirurgie pour la plupart des HIM de type A.

Hématome intramural de type B

L’HIM de type B non compliquĂ© est initialement traitĂ© mĂ©dicalement, avec une surveillance clinique intensive et une imagerie sĂ©riĂ©e rigoureuse.

Une rĂ©paration endovasculaire doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’HIM de type B non compliquĂ© prĂ©sente des caractĂ©ristiques d’imagerie Ă  haut risque. Un HIM de type B compliquĂ© justifie d’envisager une rĂ©paration endovasculaire de l’aorte thoracique (TEVAR), en particulier en prĂ©sence de :

  • Douleur persistante ou rĂ©cidivante

  • Expansion de l’HIM

  • HĂ©matome pĂ©ri-aortique

  • Évolution vers une dissection

  • Dilatation anĂ©vrismale

  • Disruption intimale focale ou projection pseudo-ulcĂ©reuse

  • Rupture imminente

  • Rupture

  • Malperfusion d’organe

Lorsque l’anatomie ne permet pas un traitement endovasculaire, la chirurgie ouverte reste une option. La TEVAR couvre gĂ©nĂ©ralement le segment proximal atteint, en particulier la rĂ©gion contenant la disruption intimale focale ou la projection pseudo-ulcĂ©reuse. La dissection rĂ©trograde de type A constitue une complication technique reconnue.

UlcÚre athéroscléreux pénétrant

La prise en charge dĂ©pend des symptĂŽmes, de la localisation anatomique, de l’existence d’un HIM ou d’une rupture associĂ©s, des signes d’imagerie Ă  risque, du risque opĂ©ratoire, de l’anatomie et de l’espĂ©rance de vie.

Une réparation urgente est recommandée en cas de :

  • UAP avec rupture

  • UAP de l’aorte ascendante associĂ© Ă  un HIM

Une rĂ©paration urgente est raisonnable en cas d’UAP de la crosse ou de l’aorte thoracique descendante associĂ© Ă  un HIM. En cas d’UAP de l’aorte abdominale associĂ© Ă  un HIM, une rĂ©paration urgente peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Les UAP de l’aorte ascendante et de la crosse proximale sont gĂ©nĂ©ralement traitĂ©s par rĂ©section chirurgicale. Chez certains patients, notamment ceux prĂ©sentant une atteinte de l’aorte thoracique descendante, la rĂ©paration endovasculaire est privilĂ©giĂ©e lorsque l’anatomie le permet, car l’UAP touche souvent des patients ĂągĂ©s prĂ©sentant une athĂ©rosclĂ©rose sĂ©vĂšre et des comorbiditĂ©s importantes, rendant la chirurgie ouverte Ă  haut risque.

Une TEVAR ou, plus rarement, une rĂ©paration ouverte doit ĂȘtre envisagĂ©e en prĂ©sence de :

  • HĂ©morragie

  • HĂ©matome pĂ©ri-aortique

  • Pseudo-anĂ©vrisme expansif

  • Formation d’un anĂ©vrisme sacculaire

  • Douleur persistante

  • HIM associĂ© significatif

  • Rupture

  • Évolution progressive vers une morphologie ulcĂ©reuse Ă  haut risque

Un UAP de type B stable, sans signe Ă  haut risque, peut ĂȘtre pris en charge mĂ©dicalement avec un suivi Ă©troit et une imagerie sĂ©riĂ©e. Chez les patients symptomatiques dont les symptĂŽmes rĂ©gressent sous traitement mĂ©dical dirigĂ©, ou chez les patients pour lesquels la rĂ©paration comporte une morbiditĂ© et une mortalitĂ© particuliĂšrement Ă©levĂ©es, une prise en charge mĂ©dicale associĂ©e Ă  une imagerie de surveillance prĂ©coce et frĂ©quente peut ĂȘtre retenue.

Médicaments et considérations pratiques

Le document source disponible indique que l’approche mĂ©dicale de premiĂšre intention repose principalement sur le contrĂŽle de la douleur et de la pression artĂ©rielle. Il ne prĂ©cise ni les mĂ©dicaments, ni les doses, ni les voies d’administration, ni les objectifs tensionnels, ni les objectifs de frĂ©quence cardiaque, ni la durĂ©e du traitement. En consĂ©quence, aucun schĂ©ma thĂ©rapeutique mĂ©dicamenteux ne peut ĂȘtre indiquĂ© Ă  partir des donnĂ©es disponibles.

Recommandations des sociétés savantes

Recommandations concernant l’UAP associĂ© Ă  un HIM, Ă  une rupture ou aux deux

Situation clinique Recommandation Classe Niveau de preuve
UAP avec rupture Une réparation urgente est recommandée I B-NR
UAP de l’aorte ascendante associĂ© Ă  un HIM Une rĂ©paration urgente est recommandĂ©e I B-NR
UAP de la crosse ou de l’aorte thoracique descendante associĂ© Ă  un HIM Une rĂ©paration urgente est raisonnable IIa C-LD
UAP de l’aorte abdominale associĂ© Ă  un HIM Une rĂ©paration urgente peut ĂȘtre envisagĂ©e IIb C-LD

SynthÚse de la prise en charge fondée sur les recommandations

  • L’HIM de type A nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement une chirurgie urgente ou en extrĂȘme urgence.

  • Chez un patient sĂ©lectionnĂ©, stable, prĂ©sentant un HIM de type A non compliquĂ©, un risque opĂ©ratoire accru et aucun signe d’imagerie Ă  haut risque, une surveillance rapprochĂ©e peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un centre expĂ©rimentĂ©.

  • L’HIM de type B non compliquĂ© est initialement pris en charge par un traitement mĂ©dical et une Ă©valuation clinique et morphologique sĂ©riĂ©e.

  • Un HIM de type B compliquĂ© doit conduire Ă  envisager une TEVAR.

  • Des signes d’imagerie Ă  haut risque dans l’HIM de type B peuvent justifier un traitement endovasculaire avant mĂȘme l’apparition de complications manifestes.

  • Un UAP rompu nĂ©cessite une rĂ©paration urgente.

  • Un UAP de l’aorte ascendante associĂ© Ă  un HIM nĂ©cessite une rĂ©paration urgente.

  • Un UAP symptomatique, expansif, profond ou associĂ© Ă  un anĂ©vrisme prĂ©sente une probabilitĂ© plus Ă©levĂ©e de progression et de rupture et nĂ©cessite une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e rapide.

Pronostic et suivi

Hématome intramural

L’HIM peut rĂ©gresser complĂštement ou partiellement, mais il peut Ă©galement Ă©voluer vers une dissection classique, un anĂ©vrisme sacculaire ou fusiforme, ou une rupture aortique. L’évolution rapportĂ©e comprend une dissection classique chez environ 12 % des patients, un anĂ©vrisme sacculaire chez 8 %, un anĂ©vrisme fusiforme chez 2 % et une rĂ©gression chez environ 34 % ; le document source rapporte Ă©galement une dissection intramurale chez 54 % des patients.

La mortalitĂ© hospitaliĂšre rapportĂ©e est d’environ :

  • HIM de type A : 26,6 % au total
  • 24,1 % chez les patients traitĂ©s chirurgicalement
    • 40,0 % chez les patients traitĂ©s mĂ©dicalement
    • HIM de type B : 4,4 % au total
  • 3,8 % avec un traitement mĂ©dical
    • 20,0 % lorsque la chirurgie Ă©tait nĂ©cessaire
  • L’HIM de type A atteignant l’appareil valvulaire aortique est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e. Des complications graves peuvent survenir au cours des premiers jours ou des premiĂšres semaines, notamment une dissection, un hĂ©mopĂ©ricarde et une rupture. Parmi les patients initialement traitĂ©s mĂ©dicalement, une intervention chirurgicale peut finalement ĂȘtre nĂ©cessaire dans environ 30 %–50 % des cas.

    Plus de la moitiĂ© des HIM de type B peuvent rĂ©gresser complĂštement, bien que certains Ă©voluent vers une dissection, une rupture ou la formation tardive d’un anĂ©vrisme. La mortalitĂ© rapportĂ©e Ă  30 jours dans l’HIM de type B est d’environ 4 % avec un traitement mĂ©dical, 2 %–6 % avec une TEVAR et 16 % avec une chirurgie ouverte.

    UlcÚre athéroscléreux pénétrant

    L’histoire naturelle de l’UAP est variable. Les lĂ©sions peuvent rester stables, mais elles peuvent Ă©galement Ă©voluer vers :

    • Un HIM

    • Une dissection aortique

    • Une embolisation distale

    • Un pseudo-anĂ©vrisme ou une rupture contenue

    • Une rupture franche

    • Un anĂ©vrisme sacculaire ou fusiforme

    Environ 30 % des UAP asymptomatiques dĂ©couverts fortuitement montrent une progression lors de l’imagerie sĂ©riĂ©e. Les UAP symptomatiques, les ulcĂšres plus volumineux ou plus profonds, les lĂ©sions associĂ©es Ă  un HIM et celles associĂ©es Ă  un anĂ©vrisme sacculaire ont un pronostic moins favorable.

    Pour les UAP de l’aorte descendante traitĂ©s par TEVAR, la mortalitĂ© hospitaliĂšre rapportĂ©e est d’environ 4 %–11 %. Le risque d’endofuite peut ĂȘtre rĂ©duit grĂące Ă  des techniques endovasculaires avancĂ©es ou hybrides.

    Surveillance

    Une surveillance morphologique Ă©troite est nĂ©cessaire aprĂšs le diagnostic d’un HIM, en particulier en prĂ©sence d’une disruption intimale focale. Tous les patients prĂ©sentant une disruption intimale nĂ©cessitent un suivi morphologique rapprochĂ©, car certaines petites disruptions peuvent s’élargir ou Ă©voluer vers des lĂ©sions focales ayant une importance pronostique.

    Un UAP de type B stable traitĂ© mĂ©dicalement nĂ©cessite une imagerie sĂ©riĂ©e. Une surveillance est Ă©galement nĂ©cessaire en cas d’UAP asymptomatique, car une proportion importante de ces lĂ©sions progresse malgrĂ© l’absence de symptĂŽmes. Le suivi doit rechercher :

    • Le diamĂštre aortique

    • Le diamĂštre et la profondeur de l’ulcĂšre

    • L’épaisseur de l’hĂ©matome

    • L’apparition d’une disruption intimale focale ou d’une projection pseudo-ulcĂ©reuse

    • L’évolution vers une dissection classique

    • La formation d’un pseudo-anĂ©vrisme ou d’un anĂ©vrisme

    • L’augmentation d’un Ă©panchement pleural ou pĂ©ricardique

    • Un hĂ©matome pĂ©ri-aortique

    • Des signes de rupture

    Le document source ne prĂ©cise ni les intervalles fixes de surveillance ni un calendrier standardisĂ© d’imagerie aprĂšs rĂ©paration.

    Auteurs

    EBM AI
    Evidensbaserad AI-agent

    Mis à jour 14 août 2026