đŸš« Syndrome mĂ©tabolique : dĂ©finition et importance clinique

Sommaire (25)

Définition et physiopathologie

Le syndrome mĂ©tabolique correspond Ă  un regroupement d’anomalies cardiomĂ©taboliques centrĂ© sur l’adipositĂ© abdominale, l’insulinorĂ©sistance, la dyslipidĂ©mie, l’élĂ©vation de la pression artĂ©rielle et les troubles de la rĂ©gulation glycĂ©mique. Le diagnostic repose sur la coexistence de composantes cliniques et biologiques dĂ©finies ; les critĂšres diagnostiques eux-mĂȘmes ne sont pas reproduits dans les sources disponibles. Le tour de taille revĂȘt une importance particuliĂšre, car le tissu adipeux intra-abdominal, ou viscĂ©ral, est plus Ă©troitement associĂ© Ă  l’insulinorĂ©sistance ainsi qu’au risque de diabĂšte et de maladie cardiovasculaire que l’adipositĂ© totale seule. Le tour de taille associĂ© au risque varie selon les populations, ce qui reflĂšte les diffĂ©rences de rĂ©partition adipeuse et d’origine ethnique.

L’obĂ©sitĂ© abdominale constitue un facteur moteur majeur. Le tissu adipeux viscĂ©ral est mĂ©taboliquement actif et produit des mĂ©diateurs pro-inflammatoires. L’augmentation du flux d’acides gras libres et l’altĂ©ration de l’action de l’insuline favorisent la synthĂšse hĂ©patique des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et rĂ©duisent la clairance des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et des remnants. La dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne qui en rĂ©sulte se caractĂ©rise par une Ă©lĂ©vation des triglycĂ©rides, une diminution du cholestĂ©rol HDL et une augmentation des particules de LDL petites et denses. Chez les patients diabĂ©tiques, l’augmentation des particules contenant l’apoB et des remnants peut fournir une Ă©valuation plus prĂ©cise de la charge athĂ©rogĂšne que le seul cholestĂ©rol LDL.

L’insulinorĂ©sistance s’accompagne d’une hyperinsulinĂ©mie compensatrice puis, avec la progression de la maladie, d’une hyperglycĂ©mie et d’un dysfonctionnement des cellules ÎČ pancrĂ©atiques. Ces anomalies initient des voies mĂ©taboliques et inflammatoires auto-entretenues qui lĂšsent les vaisseaux, le cƓur et les reins. Les produits de glycation avancĂ©e activent des voies de signalisation inflammatoires et profibrotiques par l’intermĂ©diaire de leur rĂ©cepteur. La dysfonction endothĂ©liale, l’augmentation de la rigiditĂ© vasculaire, l’altĂ©ration de la circulation coronaire, la calcification vasculaire et la fibrose myocardique accĂ©lĂšrent encore les lĂ©sions cardiovasculaires et rĂ©nales.

Le dĂ©sĂ©quilibre des adipokines contribue Ă  l’insulinorĂ©sistance, Ă  la dĂ©faillance des cellules ÎČ, Ă  la dysfonction endothĂ©liale et Ă  l’athĂ©rosclĂ©rose. La graisse ectopique dĂ©posĂ©e autour du cƓur ou au sein de celui-ci et des reins peut exercer des effets compressifs directs et libĂ©rer des mĂ©diateurs inflammatoires et profibrotiques supplĂ©mentaires. La graisse pĂ©rirĂ©nale est associĂ©e Ă  l’hypertension et Ă  la variabilitĂ© de la pression artĂ©rielle, tandis que l’obĂ©sitĂ© et l’hypertension favorisent conjointement l’hypertrophie ventriculaire gauche et les lĂ©sions rĂ©nales.

Le syndrome constitue donc Ă  la fois un regroupement clinique de facteurs de risque et un marqueur d’une dysfonction mĂ©tabolique plus large. Les anomalies associĂ©es peuvent comprendre une augmentation de l’apoB et de l’apoC-III, de l’acide urique, du fibrinogĂšne, de l’inhibiteur de l’activateur du plasminogĂšne de type 1, de la viscositĂ© sĂ©rique, de la dimĂ©thylarginine asymĂ©trique, de l’homocystĂ©ine, du nombre de leucocytes, des cytokines pro-inflammatoires et de la protĂ©ine C-rĂ©active. L’augmentation du rapport albuminurie/crĂ©atininurie reflĂšte des altĂ©rations de la physiopathologie endothĂ©liale et rĂ©nale liĂ©es Ă  l’insulinorĂ©sistance.

Stéatopathie hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique

L’insulinorĂ©sistance augmente l’apport d’acides gras libres au foie et rĂ©duit leur oxydation intrahĂ©patique. La synthĂšse des triglycĂ©rides et l’accumulation de lipides dans les hĂ©patocytes augmentent en consĂ©quence, avec une inflammation et un stress oxydatif d’intensitĂ© variable. La stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique touche environ 10 % des personnes non obĂšses et jusqu’à 65 % des patients prĂ©sentant un syndrome mĂ©tabolique. Une proportion importante dĂ©veloppe une stĂ©atohĂ©patite associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique, caractĂ©risĂ©e par une composante inflammatoire plus marquĂ©e et susceptible d’évoluer vers la cirrhose et l’insuffisance hĂ©patique terminale. La stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique est Ă©galement liĂ©e de maniĂšre indĂ©pendante Ă  la maladie cardiovasculaire, en particulier Ă  la maladie coronaire.

Hyperuricémie et dysfonction endothéliale

L’insulinorĂ©sistance altĂšre la gestion tubulaire rĂ©nale de l’acide urique et peut contribuer Ă  l’hyperuricĂ©mie. L’acide urique pourrait favoriser l’hypertension par ses effets sur l’endothĂ©lium. L’augmentation de la dimĂ©thylarginine asymĂ©trique, inhibiteur endogĂšne de la NO synthase, constitue un autre mĂ©canisme potentiel de dysfonction endothĂ©liale. L’albuminurie peut Ă©galement reflĂ©ter des anomalies vasculaires et endothĂ©liales liĂ©es Ă  l’état d’insulinorĂ©sistance.

Affections associées

Le syndrome des ovaires polykystiques est fortement associĂ© Ă  l’insulinorĂ©sistance et au syndrome mĂ©tabolique. Le syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil coexiste frĂ©quemment avec l’obĂ©sitĂ©, l’hypertension, l’intolĂ©rance au glucose, l’augmentation des cytokines pro-inflammatoires et l’insulinorĂ©sistance. Il peut prĂ©dire un syndrome mĂ©tabolique mĂȘme en l’absence d’adipositĂ© excessive, et l’insulinorĂ©sistance est plus sĂ©vĂšre chez les patients prĂ©sentant des apnĂ©es du sommeil que chez des tĂ©moins de mĂȘme poids. La pression positive continue amĂ©liore la sensibilitĂ© Ă  l’insuline chez les patients atteints d’un syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil.

Présentation clinique et symptÎmes

Le syndrome mĂ©tabolique est habituellement cliniquement silencieux. Les signes les plus frĂ©quents Ă  l’examen sont une augmentation du tour de taille et une Ă©lĂ©vation de la pression artĂ©rielle. La prĂ©sence de l’un ou l’autre de ces signes doit conduire Ă  rechercher des anomalies biochimiques associĂ©es.

Plus rarement, les patients peuvent prĂ©senter une lipoatrophie ou un acanthosis nigricans. Ces signes tĂ©moignent d’une insulinorĂ©sistance sĂ©vĂšre, dans laquelle les autres composantes du syndrome mĂ©tabolique sont gĂ©nĂ©ralement particuliĂšrement frĂ©quentes.

Les symptĂŽmes peuvent ĂȘtre liĂ©s aux affections associĂ©es plutĂŽt qu’au syndrome lui-mĂȘme. L’interrogatoire doit rechercher spĂ©cifiquement des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil chez tous les patients et d’un syndrome des ovaires polykystiques chez les femmes prĂ©mĂ©nopausĂ©es. Une maladie cardiovasculaire, une maladie cĂ©rĂ©brovasculaire, une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique et une insuffisance cardiaque peuvent apparaĂźtre comme consĂ©quences cliniques de ce regroupement de facteurs de risque.

Certaines personnes obĂšses prĂ©sentant un syndrome mĂ©tabolique signalent une diminution de l’énergie et de la motivation, des difficultĂ©s de concentration, une rĂ©duction de la capacitĂ© d’exercice, une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie, une faible estime de soi et un isolement social. Une augmentation de la masse grasse, une accumulation centrale de graisse, une diminution de la masse maigre et une baisse de la consommation maximale d’oxygĂšne peuvent s’associer Ă  une altĂ©ration de la structure et de la fonction cardiaques.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation commence par une anamnĂšse ciblĂ©e et une apprĂ©ciation directe des composantes cliniques du syndrome.

AnamnĂšse

L’interrogatoire doit rechercher :

  • Les symptĂŽmes d’un syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil chez tous les patients.

  • Les Ă©lĂ©ments Ă©vocateurs d’un syndrome des ovaires polykystiques et d’une anovulation chez les femmes prĂ©mĂ©nopausĂ©es.

  • Les antĂ©cĂ©dents personnels de maladie cardiovasculaire, d’hypertension, de dysglycĂ©mie, de dyslipidĂ©mie, de maladie rĂ©nale et de stĂ©atopathie hĂ©patique.

  • Les antĂ©cĂ©dents familiaux de maladie cardiovasculaire et de diabĂšte.

  • Les habitudes alimentaires, l’activitĂ© physique, l’évolution pondĂ©rale et les interventions antĂ©rieures de perte de poids.

  • Les facteurs influençant la faisabilitĂ© et la pĂ©rennitĂ© des changements comportementaux.

Examen clinique

L’examen doit comprendre :

  • La mesure du tour de taille.

  • La mesure de la pression artĂ©rielle.

  • L’évaluation de l’adipositĂ© centrale.

  • La recherche d’un acanthosis nigricans et d’une lipoatrophie.

  • La recherche d’élĂ©ments cliniques en faveur de complications cardiovasculaires ou respiratoires liĂ©es Ă  l’obĂ©sitĂ©.

Le tour de taille doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© avec prudence, car la relation entre sa valeur, la graisse viscĂ©rale et le risque cardiomĂ©tabolique diffĂšre selon les populations. L’obĂ©sitĂ© centrale conserve son importance clinique mĂȘme lorsque le poids corporel global n’est pas fortement augmentĂ©.

Diagnostic

Évaluation biologique

Des dosages Ă  jeun des lipides et du glucose sont nĂ©cessaires pour dĂ©terminer la prĂ©sence d’un syndrome mĂ©tabolique. Des examens supplĂ©mentaires doivent ĂȘtre individualisĂ©s selon le contexte clinique et peuvent comprendre :

  • L’apoB.

  • La protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible.

  • Le fibrinogĂšne.

  • L’acide urique.

  • Le rapport albuminurie/crĂ©atininurie.

  • Les tests de fonction hĂ©patique.

L’évaluation de la dyslipidĂ©mie doit tenir compte du fait que l’insulinorĂ©sistance entraĂźne frĂ©quemment une Ă©lĂ©vation des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides, une diminution du cholestĂ©rol HDL et une augmentation des particules de LDL petites et denses. En cas de diabĂšte, le dosage de l’apoB ou le calcul du cholestĂ©rol non-HDL peut estimer le risque athĂ©rogĂšne plus prĂ©cisĂ©ment que la seule concentration de cholestĂ©rol LDL.

Recherche d’affections associĂ©es

Une Ă©tude du sommeil est indiquĂ©e en prĂ©sence de symptĂŽmes de syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil.

Lorsque le syndrome des ovaires polykystiques est suspectĂ© sur la base de signes cliniques et d’une anovulation, il convient de doser la testostĂ©rone, la lutĂ©inostimuline et la folliculostimuline.

La stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e plus avant Ă  l’aide du score de fibrose MAFLD, notamment le FIB4, ou par Ă©lastographie.

Les sources disponibles ne dĂ©crivent pas de rĂŽle spĂ©cifique de l’électrocardiographie, de l’échocardiographie, des Ă©preuves d’effort, de la tomodensitomĂ©trie coronaire ou de l’électrophysiologie invasive dans le diagnostic du syndrome mĂ©tabolique. Les explorations cardiovasculaires doivent donc ĂȘtre orientĂ©es par des signes cliniques de maladie cardiovasculaire Ă©tablie ou infraclinique, plutĂŽt que par le seul diagnostic de syndrome mĂ©tabolique.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le profil biochimique caractéristique est variable, mais comprend fréquemment :

Domaine Anomalies associĂ©es Ă  l’insulinorĂ©sistance et au syndrome mĂ©tabolique
Métabolisme glucidique Anomalie de la glycémie à jeun, intolérance au glucose ou hyperglycémie
Lipides Augmentation des triglycérides, diminution du cholestérol HDL, augmentation des particules de LDL petites et denses
ApolipoprotĂ©ines Augmentation de l’apoB et de l’apoC-III ; augmentation des particules contenant l’apoB
Inflammation Augmentation de la hsCRP, des cytokines pro-inflammatoires et du nombre de leucocytes
Thrombose et hĂ©mostase Augmentation du fibrinogĂšne et de l’inhibiteur de l’activateur du plasminogĂšne de type 1 ; diminution de l’activitĂ© fibrinolytique
Marqueurs vasculaires et rĂ©naux Augmentation de la dimĂ©thylarginine asymĂ©trique, de l’homocystĂ©ine et du rapport albuminurie/crĂ©atininurie
MĂ©tabolisme des purines Augmentation de l’acide urique
Atteinte hĂ©patique Anomalies des tests de fonction hĂ©patique dans le contexte d’une stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique

Ces biomarqueurs correspondent Ă  des anomalies associĂ©es et ne constituent pas des exigences diagnostiques universelles. Les examens supplĂ©mentaires doivent ĂȘtre choisis selon le phĂ©notype du patient et les complications suspectĂ©es.

Importance clinique

Maladie cardiovasculaire

Chez les personnes non diabĂ©tiques, le syndrome mĂ©tabolique est associĂ© Ă  une augmentation approximative de 1,5 Ă  3 fois du risque relatif de survenue d’une maladie cardiovasculaire. Dans les analyses comparatives, le diabĂšte et l’hypertension confĂšrent un risque d’infarctus aigu du myocarde plus Ă©levĂ© que plusieurs autres composantes prises isolĂ©ment. Le risque cardiovasculaire additionnel attribuable au syndrome au-delĂ  des effets combinĂ©s de ses diffĂ©rentes composantes demeure incertain.

Le syndrome mĂ©tabolique est Ă©galement associĂ© Ă  une augmentation du risque d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et de maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique. L’insuffisance cardiaque peut coexister, mais elle est souvent liĂ©e Ă  une maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse ou Ă  une hypertension associĂ©e au syndrome mĂ©tabolique. L’association avec la maladie cardiovasculaire pourrait ĂȘtre plus forte chez les femmes que chez les hommes.

La protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible apporte des informations pronostiques supplĂ©mentaires dans certaines populations. Un syndrome mĂ©tabolique associĂ© Ă  une augmentation de la hsCRP a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une augmentation de la mortalitĂ© toutes causes confondues, bien que moins de la moitiĂ© des dĂ©cĂšs de la cohorte citĂ©e soient d’origine cardiovasculaire.

DiabĂšte de type 2

Le risque de diabĂšte de type 2 est environ trois Ă  cinq fois plus Ă©levĂ© chez les patients prĂ©sentant un syndrome mĂ©tabolique. Dans la Framingham Offspring Study, le syndrome mĂ©tabolique reprĂ©sentait une fraction attribuable populationnelle importante des cas incidents de diabĂšte, bien que la glycĂ©mie plasmatique Ă  jeun explique la majeure partie, voire la totalitĂ©, de l’excĂšs de risque observĂ©.

Maladie rénale et maladie cardio-rénale-métabolique

L’obĂ©sitĂ©, l’hyperglycĂ©mie, la dyslipidĂ©mie et l’hypertension contribuent au dĂ©veloppement et Ă  la progression du diabĂšte, de la maladie rĂ©nale chronique et de la maladie cardiovasculaire. L’obĂ©sitĂ© et l’hypertension favorisent l’hypertrophie ventriculaire gauche et les lĂ©sions rĂ©nales. En cas d’insuffisance rĂ©nale avancĂ©e, l’hypertrophie ventriculaire gauche concentrique est trĂšs frĂ©quente et l’anĂ©mie augmente la demande myocardique en oxygĂšne, contribuant Ă  la progression de l’insuffisance cardiaque.

Autres associations

Le syndrome métabolique est associé à :

  • La stĂ©atopathie hĂ©patique et la stĂ©atohĂ©patite associĂ©es Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique.

  • Le syndrome des ovaires polykystiques.

  • Le syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil.

  • L’hyperuricĂ©mie.

  • L’albuminurie.

  • Des Ă©tats prothrombotiques et inflammatoires.

  • La maladie d’Alzheimer.

La mesure dans laquelle ces associations correspondent aux effets du syndrome lui-mĂȘme plutĂŽt qu’à l’impact cumulatif de ses diffĂ©rentes composantes reste variable et, dans certains contextes, non rĂ©solue.

Traitement et prise en charge

Principes thérapeutiques

La prise en charge vise l’excĂšs d’adipositĂ© sous-jacent ainsi que chacune des composantes cardiomĂ©taboliques insuffisamment contrĂŽlĂ©es. La rĂ©duction pondĂ©rale constitue l’intervention principale, car l’obĂ©sitĂ© abdominale est un facteur moteur majeur de l’insulinorĂ©sistance et du syndrome. Une rĂ©duction d’au moins 5 %, et de prĂ©fĂ©rence de 10 %, amĂ©liore la sensibilitĂ© Ă  l’insuline et modifie favorablement plusieurs composantes.

Le traitement repose sur des changements durables du mode de vie, une pharmacothĂ©rapie appropriĂ©e du risque rĂ©siduel et, chez certains patients, une chirurgie mĂ©tabolique ou bariatrique. La prise en charge doit Ă©galement permettre d’identifier et de traiter les complications cardiovasculaires, rĂ©nales, hĂ©patiques et respiratoires constituĂ©es.

Intervention sur le mode de vie

Restriction calorique et habitudes alimentaires

La restriction calorique constitue l’élĂ©ment le plus important de la perte de poids. L’observance alimentaire est plus importante que la composition prĂ©cise du rĂ©gime, car les rĂ©gimes pauvres en glucides, bien qu’associĂ©s Ă  une perte de poids initiale plus rapide, n’offrent aprĂšs un an que peu ou pas d’avantage par rapport Ă  la seule restriction calorique.

Il est prĂ©fĂ©rable d’adopter une alimentation de qualitĂ© privilĂ©giant les fruits, les lĂ©gumes, les cĂ©rĂ©ales complĂštes, la volaille maigre et le poisson. Les rĂ©gimes pauvres en glucides enrichis en graisses saturĂ©es sont prĂ©occupants, en particulier chez les personnes Ă  risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse.

Activité physique

L’activitĂ© physique est importante pour maintenir la perte de poids et procure des bĂ©nĂ©fices pour la santĂ© mĂȘme lorsque la rĂ©duction pondĂ©rale est modeste. Les personnes inactives doivent augmenter progressivement leur activitĂ© afin d’amĂ©liorer l’observance et de rĂ©duire le risque de lĂ©sion. Au moins 30 minutes d’activitĂ© d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e par jour procurent un bĂ©nĂ©fice pour la santĂ© ; environ 60 Ă  90 minutes d’activitĂ© d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  Ă©levĂ©e par jour peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires pour obtenir une rĂ©duction pondĂ©rale significative.

L’activitĂ© peut comprendre la marche, le jardinage, le mĂ©nage et d’autres activitĂ©s courantes, et ne doit pas se limiter Ă  l’exercice structurĂ©. Certains patients Ă  haut risque nĂ©cessitent une Ă©valuation cardiovasculaire formelle avant de commencer un programme d’exercice.

Modification comportementale

Les programmes comportementaux associent restriction alimentaire et augmentation de l’activitĂ© physique et nĂ©cessitent un suivi prolongĂ©, car la reprise pondĂ©rale est frĂ©quente. Un soutien Ă  long terme peut ĂȘtre assurĂ© par des consultations individuelles ou de groupe, des programmes en ligne, les rĂ©seaux sociaux et des contacts tĂ©lĂ©phoniques.

Prise en charge pharmacologique du poids

Une pharmacothĂ©rapie de la perte de poids peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’intervention sur le mode de vie est insuffisante. Les sources disponibles identifient deux grandes classes : les anorexigĂšnes et les inhibiteurs de l’absorption.

Médicament Dose ou durée indiquée dans les sources disponibles Considérations pratiques
Phentermine Utilisation à court terme uniquement, limitée à 3 mois AnorexigÚne
Phentermine/topiramate à libération prolongée Aucune dose indiquée Les effets indésirables comprennent des palpitations, des céphalées, des paresthésies, une constipation et une insomnie
Naltrexone/bupropion Ă  libĂ©ration prolongĂ©e Aucune dose indiquĂ©e Contre-indiquĂ© en cas de troubles convulsifs ou d’affections prĂ©disposant aux convulsions ; augmente le pouls et la pression artĂ©rielle ; Ă  Ă©viter en cas d’hypertension non contrĂŽlĂ©e
Liraglutide 3,0 mg pour la prise en charge du poids ; 1,8 mg est la dose maximale indiquée pour le traitement du diabÚte de type 2 Effets indésirables gastro-intestinaux, en particulier nausées et, plus rarement, vomissements
SĂ©maglutide 2,4 mg une fois par semaine EntraĂźne une perte de poids importante ; la durĂ©e du traitement n’est pas limitĂ©e dans les sources disponibles
TirzĂ©patide 5–15 mg une fois par semaine RĂ©duction pondĂ©rale dose-dĂ©pendante ; agoniste des rĂ©cepteurs du GIP et du GLP-1
Orlistat Aucune dose indiquĂ©e Inhibe l’absorption des graisses d’environ 30 % ; les fuites rectales huileuses peuvent rendre le traitement difficile

Une perte de poids plus importante entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une amĂ©lioration plus marquĂ©e des composantes du syndrome mĂ©tabolique et peut rĂ©duire la progression du prĂ©diabĂšte vers le diabĂšte de type 2. Les agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1 pourraient ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques en cas de stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique, bien que cette indication ne soit pas dĂ©crite comme approuvĂ©e par la FDA dans les sources disponibles.

Chirurgie métabolique et bariatrique

La chirurgie mĂ©tabolique ou bariatrique constitue une option importante chez les patients dont l’IMC est supĂ©rieur Ă  40 kg/m2 ou supĂ©rieur Ă  35 kg/m2 en prĂ©sence de comorbiditĂ©s. Son utilisation Ă©volue chez les patients ayant un IMC aussi bas que 30 kg/m2 et un diabĂšte de type 2.

Le bypass gastrique et la gastrectomie longitudinale en manchon entraßnent une réduction pondérale importante et améliorent la plupart des caractéristiques du syndrome métabolique. Un bénéfice en termes de survie a également été rapporté avec le bypass gastrique.

Prise en charge des différentes composantes cardiométaboliques

Les recommandations disponibles insistent sur une prise en charge globale des facteurs de risque :

  • L’intervention sur le mode de vie doit cibler simultanĂ©ment le poids, la glycĂ©mie, la pression artĂ©rielle et les lipides.

  • L’hypertension doit ĂȘtre prise en charge conformĂ©ment aux recommandations Ă©tablies, avec une cible indiquĂ©e infĂ©rieure Ă  130/80 mmHg dans le cadre cardio-rĂ©nal-mĂ©tabolique.

  • Le traitement par statine doit ĂȘtre optimisĂ© chez les patients prĂ©sentant un risque cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reux intermĂ©diaire ou Ă©levĂ©.

  • L’ézĂ©timibe peut ĂȘtre utilisĂ© chez les patients Ă  haut risque.

  • Une triglycĂ©ridĂ©mie d’au moins 500 mg/dL peut conduire Ă  envisager un fibrate.

  • Chez les patients diabĂ©tiques ayant des triglycĂ©rides compris entre 135–499 mg/dL et des facteurs de risque supplĂ©mentaires, l’acide eicosapentaĂ©noĂŻque peut ĂȘtre envisagĂ©.

  • Une intolĂ©rance au glucose persistante ou progressive malgrĂ© une intervention intensive sur le mode de vie peut conduire Ă  envisager la metformine.

  • Un agoniste du rĂ©cepteur du GLP-1 est particuliĂšrement mis en avant chez les patients ayant un IMC d’au moins 35 kg/m2 ou une HbA1c d’au moins 9 %, ou nĂ©cessitant de fortes doses d’insuline.

  • Un inhibiteur du SGLT2 est particuliĂšrement mis en avant en cas de maladie rĂ©nale chronique.

  • En cas de diabĂšte avec albuminurie, un inhibiteur de l’ECA ou un antagoniste des rĂ©cepteurs de l’angiotensine doit ĂȘtre privilĂ©giĂ©.

  • En cas de maladie rĂ©nale diabĂ©tique avec albuminurie rĂ©siduelle supĂ©rieure Ă  30 mg/g malgrĂ© un traitement par inhibiteur de l’ECA ou antagoniste des rĂ©cepteurs de l’angiotensine, la finĂ©rĂ©none peut ĂȘtre ajoutĂ©e ; elle peut ĂȘtre utilisĂ©e en complĂ©ment d’un traitement par inhibiteur du SGLT2.

  • L’aspirine est privilĂ©giĂ©e chez certains patients dont le score calcique coronaire est supĂ©rieur Ă  100 lorsque le risque hĂ©morragique est faible.

  • D’autres mĂ©dicaments, notamment les inhibiteurs de PCSK9, les agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1 et l’icosapent Ă©thyl, peuvent ĂȘtre choisis selon le profil cardio-rĂ©nal-mĂ©tabolique individuel.

Les seuils rĂ©naux indiquĂ©s sont un dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© d’au moins 20 mL/min/1.73 m2 pour l’instauration sĂ»re d’un inhibiteur du SGLT2, d’au moins 30 mL/min/1.73 m2 pour la metformine et supĂ©rieur Ă  25 mL/min/1.73 m2 avec une kaliĂ©mie infĂ©rieure Ă  5 mEq/L pour l’instauration probable de la finĂ©rĂ©none.

Recommandations des guides de pratique clinique

Une approche contemporaine cardio-rénale-métabolique recommande :

  • Un dĂ©pistage systĂ©matique de l’adipositĂ© excessive ou dysfonctionnelle et des facteurs de risque cardiomĂ©taboliques constituĂ©s.

  • Une intervention intensive sur le mode de vie lorsqu’un syndrome mĂ©tabolique est identifiĂ©.

  • Une prise en charge globale du poids, de la glycĂ©mie, de la pression artĂ©rielle et des lipides plutĂŽt que le traitement isolĂ© d’une seule anomalie.

  • Le recours Ă  une pharmacothĂ©rapie en cas de composantes restant insuffisamment contrĂŽlĂ©es.

  • Le dĂ©pistage d’un syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil et d’un syndrome des ovaires polykystiques lorsque le contexte clinique l’indique.

  • La recherche d’une maladie rĂ©nale, d’une albuminurie, d’une stĂ©atopathie hĂ©patique et d’une maladie cardiovasculaire infraclinique chez les patients concernĂ©s.

  • L’utilisation d’inhibiteurs de l’ECA ou d’antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine en cas de maladie rĂ©nale chronique avec albuminurie et de maladie rĂ©nale diabĂ©tique.

  • L’utilisation d’inhibiteurs du SGLT2 en cas de maladie rĂ©nale chronique, avec ou sans diabĂšte.

  • La prise en considĂ©ration d’agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1, de statines, d’ézĂ©timibe, de finĂ©rĂ©none, de fibrates, d’acide eicosapentaĂ©noĂŻque et d’autres mĂ©dicaments selon le profil de risque et les anomalies rĂ©siduelles.

  • La prise en considĂ©ration d’une chirurgie mĂ©tabolique lorsque les seuils d’IMC et de comorbiditĂ©s sont atteints.

  • Une prise en charge interdisciplinaire associant, lorsque nĂ©cessaire, mĂ©decine de l’obĂ©sitĂ©, diĂ©tĂ©tique, pharmacie, services de santĂ© mentale, agents de santĂ© communautaires et coordinateurs de soins.

Le cadre cardio-rĂ©nal-mĂ©tabolique plus large insiste Ă©galement sur l’amĂ©lioration du sommeil, l’arrĂȘt du tabac, l’activitĂ© physique, une alimentation saine, le contrĂŽle du cholestĂ©rol, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle et l’évaluation des dĂ©terminants sociaux de la santĂ©.

Pronostic et suivi

Le syndrome mĂ©tabolique signale une augmentation substantielle du risque futur de diabĂšte de type 2 et de maladie cardiovasculaire. Son pronostic dĂ©pend non seulement du diagnostic de syndrome mĂ©tabolique, mais Ă©galement de la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la durĂ©e de ses diffĂ©rentes composantes, en particulier l’hyperglycĂ©mie, l’hypertension, la dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne, l’obĂ©sitĂ© et la maladie rĂ©nale.

Le suivi doit ĂȘtre prolongĂ©, car une reprise pondĂ©rale survient frĂ©quemment aprĂšs une rĂ©duction pondĂ©rale rĂ©ussie et les anomalies mĂ©taboliques peuvent progresser malgrĂ© des symptĂŽmes initialement limitĂ©s. L’évaluation continue doit comprendre :

  • Le tour de taille et le poids corporel.

  • La pression artĂ©rielle.

  • La glycĂ©mie Ă  jeun et le bilan lipidique.

  • L’évolution glycĂ©mique en cas de trouble de la rĂ©gulation glycĂ©mique.

  • Le rapport albuminurie/crĂ©atininurie lorsqu’un risque rĂ©nal est suspectĂ©.

  • L’évaluation hĂ©patique lorsqu’une stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique est possible.

  • Les symptĂŽmes d’un syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil.

  • Les signes d’un syndrome des ovaires polykystiques lorsque cela est pertinent.

  • L’observance, les effets indĂ©sirables et la rĂ©ponse au traitement mĂ©dicamenteux de la perte de poids.

  • Les manifestations cardiovasculaires, rĂ©nales et d’insuffisance cardiaque.

L’intensitĂ© du suivi doit reflĂ©ter le risque cardiomĂ©tabolique global ainsi que la prĂ©sence d’une maladie cardio-rĂ©nale-mĂ©tabolique infraclinique ou avĂ©rĂ©e. Un soutien comportemental durable et une prise en charge multidisciplinaire coordonnĂ©e sont essentiels pour maintenir la perte de poids, contrĂŽler le risque rĂ©siduel et amĂ©liorer les rĂ©sultats Ă  long terme.

Auteurs

EBM AI
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Mis à jour 6 août 2026