Définition et physiopathologie
Les syndromes coronariens chroniques (SCC) regroupent les manifestations cliniques dâune maladie structurelle et/ou fonctionnelle chronique touchant les artĂšres coronaires Ă©picardiques et/ou la microcirculation coronaire. Ces anomalies peuvent entraĂźner une inadĂ©quation transitoire entre les besoins myocardiques en oxygĂšne et lâapport sanguin coronaire, responsable dâune hypoperfusion ou dâune ischĂ©mie myocardique. LâischĂ©mie est gĂ©nĂ©ralement dĂ©clenchĂ©e par lâeffort, le stress Ă©motionnel ou une autre forme de stress physiologique, mais elle peut Ă©galement survenir au repos ou rester cliniquement silencieuse.
La maladie coronaire sous-jacente peut ĂȘtre obstructive ou non obstructive. Lâaccumulation de plaques athĂ©rosclĂ©reuses dans les artĂšres Ă©picardiques constitue un substrat pathologique majeur, mais lâischĂ©mie peut Ă©galement rĂ©sulter dâanomalies vasomotrices Ă©picardiques ou dâune maladie microvasculaire structurelle et fonctionnelle. Ainsi, la prĂ©sence dâartĂšres Ă©picardiques non obstructives nâexclut pas une origine coronaire des symptĂŽmes.
Le SCC est un syndrome clinique plutĂŽt quâun Ă©tat durablement stable. Les patients peuvent rester stables pendant de longues pĂ©riodes, mais la maladie coronaire chronique peut progresser ou se dĂ©stabiliser brutalement, entraĂźnant un syndrome coronarien aigu (SCA). Les manifestations cliniques peuvent donc Ă©voluer au fil du temps, avec notamment des transitions entre lâangor stable, lâangor ou lâischĂ©mie avec artĂšres coronaires non obstructives (ANOCA/INOCA), les Ă©tats post-SCA ou post-revascularisation, et lâinsuffisance cardiaque dâorigine ischĂ©mique ou cardiomĂ©tabolique.
Principales présentations cliniques
Les principales présentations en consultation comprennent :
Angor ou ischémie reproductibles, induits par le stress, associés à une maladie coronaire épicardique obstructive.
Angor ou ischĂ©mie causĂ©s par une dysfonction vasomotrice Ă©picardique ou des anomalies microvasculaires en lâabsence de maladie Ă©picardique obstructive.
Phase non aiguë aprÚs un SCA ou une revascularisation coronaire.
Insuffisance cardiaque non aiguĂ« lorsquâune cause ischĂ©mique ou cardiomĂ©tabolique est suspectĂ©e.
Certains sujets asymptomatiques chez lesquels une maladie coronaire est dĂ©couverte fortuitement ou lors dâune Ă©valuation du risque cardiovasculaire.
Les mĂ©canismes se chevauchent sur le plan clinique. Lâangor microvasculaire, lâangor vasospastique et la maladie Ă©picardique obstructive peuvent produire des symptĂŽmes similaires, et les seules caractĂ©ristiques des symptĂŽmes ne permettent pas dâidentifier de maniĂšre fiable le mĂ©canisme sous-jacent.
Présentation clinique et symptÎmes
Angor et équivalents angineux
La douleur ou gĂȘne thoracique demeure le symptĂŽme cardinal du SCC, mais les prĂ©sentations sont frĂ©quemment non classiques. Les populations cliniques contemporaines ne comportent quâune minoritĂ© de patients prĂ©sentant des symptĂŽmes rĂ©unissant toutes les caractĂ©ristiques traditionnelles dâaggravation et de soulagement de lâangor ; de nombreux patients rapportent des symptĂŽmes moins caractĂ©ristiques, tandis que dâautres prĂ©sentent principalement une dyspnĂ©e dâeffort.
Les symptĂŽmes doivent ĂȘtre caractĂ©risĂ©s de maniĂšre systĂ©matique, notamment :
Mode de début et durée.
Localisation et irradiation.
Nature et intensité.
Facteurs dĂ©clenchants, notamment lâeffort, le stress Ă©motionnel, les repas ou lâexposition au froid.
Facteurs soulageants, notamment le repos ou les médicaments.
Heure de survenue et profil temporel.
Modification de la frĂ©quence, de la sĂ©vĂ©ritĂ© ou du seuil dâeffort.
Les équivalents angineux potentiels comprennent :
DyspnĂ©e dâeffort.
Fatigue.
Vertiges Ă lâeffort.
GĂȘne du bras, de la mĂąchoire, du cou ou de la partie supĂ©rieure du dos.
GĂȘne thoracique dĂ©clenchĂ©e par un stress Ă©motionnel.
Palpitations associées à une activité physique, à un repas copieux, à une contrariété émotionnelle ou à une exposition au froid.
Lâabsence de douleur thoracique nâexclut pas un SCC cliniquement important. Une maladie silencieuse ou pauci-symptomatique peut survenir chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une neuropathie autonome, ainsi que chez les sujets ĂągĂ©s ayant une activitĂ© physique trĂšs limitĂ©e.
Les qualificatifs traditionnels dâangor « typique » et « atypique » ont une valeur limitĂ©e, en particulier chez les patients prĂ©sentant une dysfonction microvasculaire ou un vasospasme. Lâangor associĂ© Ă une maladie microvasculaire ou Ă des anomalies vasomotrices peut ne pas ĂȘtre systĂ©matiquement dĂ©clenchĂ© par lâeffort ni soulagĂ© par le repos ou la nitroglycĂ©rine. Les symptĂŽmes doivent donc ĂȘtre dĂ©crits en dĂ©tail, puis faire lâobjet dâune Ă©valuation objective Ă la recherche dâune maladie obstructive, dâune dysfonction microvasculaire et dâun vasospasme coronaire avant dâĂȘtre attribuĂ©s Ă une cause non cardiaque.
Variations selon lâĂąge et le sexe
Les symptĂŽmes peuvent varier selon lâĂąge, le sexe, lâorigine ethnique, les conditions socio-Ă©conomiques et la situation gĂ©ographique. Les femmes chez lesquelles un angor est suspectĂ© sont souvent plus ĂągĂ©es, prĂ©sentent une charge plus importante de facteurs de risque cardiovasculaire et de comorbiditĂ©s, et rapportent plus frĂ©quemment une dyspnĂ©e et une fatigue plutĂŽt quâune gĂȘne angineuse classique. Dans ce contexte, lâangor microvasculaire est Ă©galement plus frĂ©quent chez les femmes. NĂ©anmoins, la douleur thoracique angineuse survient chez les femmes comme chez les hommes, et la seule classification des symptĂŽmes ne doit pas dĂ©terminer la stratĂ©gie diagnostique.
Diagnostic différentiel et syndrome coronarien aigu
La douleur thoracique nâest pas synonyme dâischĂ©mie myocardique. Des affections pĂ©ricardiques et dâautres maladies cardiovasculaires non coronaires, ainsi que des pathologies non cardiovasculaires, peuvent produire des symptĂŽmes similaires. LâĂ©valuation initiale doit distinguer un SCC suspectĂ© dâun SCA et prendre en compte les causes pulmonaires, musculosquelettiques, neuromusculaires, articulaires et autres causes pertinentes.
Une modification du profil des symptĂŽmes, une rĂ©duction marquĂ©e du niveau dâeffort nĂ©cessaire pour les dĂ©clencher ou des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâun Ă©vĂ©nement aigu doivent conduire Ă rechercher un SCA plutĂŽt quâĂ suivre une filiĂšre habituelle dâĂ©valuation dâun syndrome stable.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation initiale comprend une anamnĂšse orientĂ©e, une Ă©valuation du risque cardiovasculaire, un examen clinique, un ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations et des examens biologiques de base. Lâexamen clinique doit Ă©galement tenir compte de lâĂ©volution globale de lâĂ©tat de santĂ© du patient et des pathologies pulmonaires, neurologiques, cognitives, hĂ©patiques et rĂ©nales associĂ©es.
Antécédents personnels et familiaux
Lâinterrogatoire doit rechercher :
Une coronaropathie connue, un infarctus du myocarde antérieur et une ICP ou un PAC antérieurs.
Des troubles du rythme, des syncopes ou des présyncopes.
Une maladie pulmonaire, notamment un asthme, un emphysÚme, une bronchite ou une embolie pulmonaire récente.
Une maladie cérébrovasculaire et une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.
Une hypertension artérielle, un diabÚte, une obésité, une dyslipidémie et un tabagisme.
Une grossesse en cours, le cas échéant.
Une maladie, une hospitalisation ou une intervention chirurgicale récente.
Les noms, doses, schĂ©mas dâadministration, tolĂ©rance et observance des traitements en cours.
La capacitĂ© fonctionnelle et lâaptitude Ă pratiquer une activitĂ© physique.
Les antécédents familiaux, en particulier une maladie coronaire prématurée ou une hypercholestérolémie familiale.
Une exposition Ă des traitements susceptibles de provoquer ou dâaccĂ©lĂ©rer une maladie coronaire, notamment certains traitements anticancĂ©reux.
Un entretien approfondi permet Ă©galement dâidentifier la comprĂ©hension quâa le patient de sa maladie, ses inquiĂ©tudes, ses motivations, ses prĂ©fĂ©rences et son attitude Ă lâĂ©gard des examens et des traitements. Ces facteurs sont importants lorsquâune procĂ©dure diagnostique ou une revascularisation est envisagĂ©e.
Examen clinique
Lâexamen clinique peut contribuer Ă identifier le risque cardiovasculaire, les diagnostics alternatifs et les consĂ©quences dâune maladie avĂ©rĂ©e. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :
Pression artérielle, fréquence cardiaque, rythme et état hémodynamique général.
Pouls artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques et signes dâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs.
Signes dâinsuffisance cardiaque, notamment une pression veineuse jugulaire Ă©levĂ©e et une congestion pulmonaire.
Souffles cardiaques et autres signes Ă©vocateurs dâune valvulopathie.
Signes dâune maladie systĂ©mique pouvant affecter lâinterprĂ©tation des symptĂŽmes ou le choix des examens.
ĂlĂ©ments pertinents pour une angioscanner coronaire (CCTA), une coronarographie invasive ou lâadministration de produit de contraste.
Lâexamen clinique ne se substitue pas aux examens objectifs. Il sert Ă affiner la probabilitĂ© estimĂ©e dâune coronaropathie obstructive, Ă identifier les comorbiditĂ©s et Ă orienter le choix et le degrĂ© dâurgence des explorations ultĂ©rieures. LâĂ©chographie au point dâintervention peut confirmer certains Ă©lĂ©ments, mais lâĂ©valuation clinique doit rester intĂ©grĂ©e plutĂŽt que dictĂ©e par les examens.
Estimation de la probabilité clinique
La probabilitĂ© initiale dâune coronaropathie Ă©picardique obstructive doit ĂȘtre estimĂ©e Ă lâaide dâun modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque. Cette estimation doit ensuite ĂȘtre ajustĂ©e Ă lâaide dâinformations cliniques supplĂ©mentaires, telles que :
Signes artériels périphériques.
Anomalies de lâECG de repos.
RĂ©sultats de lâĂ©chocardiographie de repos.
Calcifications vasculaires identifiĂ©es lors dâune imagerie antĂ©rieure.
Ăge, diabĂšte, maladie rĂ©nale chronique, fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche et seuil angineux.
Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test trĂšs faible, dĂ©finie comme infĂ©rieure Ă 5 %, lâabstention dâexamens diagnostiques supplĂ©mentaires peut ĂȘtre envisagĂ©e. Chez ceux dont la probabilitĂ© initiale est faible, supĂ©rieure Ă 5 % mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 15 %, la mesure du score calcique coronaire (CACS) peut aider Ă reclasser le risque et Ă identifier les sujets dont la probabilitĂ© pondĂ©rĂ©e par le calcium devient trĂšs faible. Un ECG dâeffort ou la mise en Ă©vidence dâune athĂ©rosclĂ©rose dans des artĂšres non coronaires peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez certains patients de cette catĂ©gorie de faible probabilitĂ©.
Stratégie diagnostique
LâĂ©valuation dâun SCC suspectĂ© comporte quatre grandes Ă©tapes :
Ăvaluation clinique gĂ©nĂ©rale : caractĂ©riser les symptĂŽmes, identifier les diagnostics alternatifs, exclure un SCA, rĂ©aliser un ECG et des examens sanguins de base, et recourir de maniĂšre sĂ©lective Ă une radiographie thoracique ou Ă des explorations fonctionnelles respiratoires.
Ăvaluation cardiaque complĂ©mentaire : rĂ©aliser une Ă©chocardiographie de repos, Ă©valuer la fonction ventriculaire et les valvulopathies, et estimer la probabilitĂ© dâune coronaropathie obstructive.
Confirmation diagnostique et évaluation du risque : choisir une exploration anatomique, fonctionnelle ou invasive en fonction de la probabilité clinique et de la question clinique.
Prise en charge initiale : instaurer des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et une intervention sur les facteurs de risque, un traitement modifiant lâĂ©volution de la maladie, un traitement symptomatique et une revascularisation lorsque celle-ci est appropriĂ©e.
Le choix de lâexamen dĂ©pend de la probabilitĂ© estimĂ©e dâune maladie obstructive, de la nĂ©cessitĂ© dâĂ©valuer lâischĂ©mie ou lâanatomie, de lâexpertise locale, des comorbiditĂ©s, de la capacitĂ© Ă lâeffort, de la fonction rĂ©nale, dâune allergie aux produits de contraste et de lâĂ©ventualitĂ© dâune revascularisation.
Ălectrocardiographie
ECG de repos à 12 dérivations
Un ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations fait partie de lâĂ©valuation initiale dâun SCC suspectĂ©. Il peut contribuer au diagnostic, identifier une lĂ©sion myocardique antĂ©rieure ou une autre cardiopathie, et modifier la probabilitĂ© estimĂ©e dâune coronaropathie obstructive. Il contribue Ă©galement Ă lâĂ©valuation du risque.
LâECG dâeffort ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© Ă des fins diagnostiques chez les patients prĂ©sentant :
Au moins 0.1 mV de sous-dĂ©calage du segment ST sur lâECG de repos.
Un bloc de branche gauche.
Un traitement par digitaliques.
ECG dâeffort
LâECG dâeffort peut ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre sĂ©lective pour Ă©valuer :
La tolĂ©rance Ă lâeffort.
La reproduction des symptĂŽmes.
Les troubles du rythme associĂ©s Ă lâeffort.
La réponse tensionnelle.
Le risque dâĂ©vĂ©nement.
Il nâest pas recommandĂ© comme examen destinĂ© Ă exclure une coronaropathie chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou intermĂ©diaire lorsquâune CCTA ou une imagerie fonctionnelle est disponible. Chez les patients prĂ©sentant un SCC Ă©tabli, un score de Duke sur tapis roulant infĂ©rieur Ă â10 est considĂ©rĂ© comme un rĂ©sultat dâeffort Ă haut risque.
Enregistrement ECG ambulatoire
Un enregistrement ECG ambulatoire peut ĂȘtre envisagĂ© lorsquâun angor vasospastique est suspectĂ©. Il est Ă©galement pertinent lorsque les symptĂŽmes Ă©voquent un trouble du rythme intermittent, bien que le document source ne fournisse aucun protocole diagnostique ni aucune durĂ©e dâenregistrement supplĂ©mentaires.
Ăchocardiographie de repos et imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique
Ăchocardiographie transthoracique de repos
LâĂ©chocardiographie de repos est recommandĂ©e lors de lâĂ©valuation complĂ©mentaire dâun SCC suspectĂ© afin de :
Ăvaluer la fonction systolique ventriculaire gauche.
Identifier des anomalies de la cinétique segmentaire.
Détecter une valvulopathie.
Contribuer Ă lâĂ©valuation du risque.
Fournir une autre explication à des symptÎmes tels que la dyspnée.
Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque, lâimagerie de repos fait partie de lâĂ©valuation dâune coronaropathie sous-jacente et aide Ă dĂ©terminer si des explorations anatomiques ou fonctionnelles supplĂ©mentaires sont appropriĂ©es.
Imagerie cardiaque par résonance magnétique
Lâimagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique (CMR) est utile pour la caractĂ©risation myocardique et lâidentification de lâischĂ©mie, de la cicatrice et de la fibrose. Le rehaussement tardif au gadolinium, la cartographie T1 et lâĂ©valuation du volume extracellulaire peuvent contribuer Ă distinguer une maladie myocardique ischĂ©mique dâune maladie non ischĂ©mique. Une lĂ©sion ischĂ©mique entraĂźne typiquement une cicatrice sous-endocardique, tandis quâune cicatrice mĂ©sopariĂ©tale est caractĂ©ristique dâune cardiomyopathie dilatĂ©e.
Lâimagerie de perfusion myocardique de stress par CMR est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive afin de diagnostiquer et de quantifier lâischĂ©mie myocardique et/ou la cicatrice, et dâestimer le risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs (MACE).
La CMR est Ă©galement pertinente chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque, en particulier lorsque le diagnostic sous-jacent est incertain ou lorsquâil est nĂ©cessaire dâĂ©valuer la viabilitĂ© myocardique, la cicatrice ou dâautres processus cardiomyopathiques.
Angioscanner coronaire
La CCTA est lâexamen anatomique non invasif de choix pour exclure une coronaropathie obstructive chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test faible ou intermĂ©diaire, dĂ©finie comme supĂ©rieure Ă 5 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 50 %. Elle est Ă©galement recommandĂ©e lorsque lâimagerie fonctionnelle nâest pas concluante dans cette catĂ©gorie de probabilitĂ©. La CCTA peut diagnostiquer une maladie obstructive et estimer le risque de MACE.
Prérequis techniques
Une bonne qualitĂ© dâimage nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement :
Une fréquence cardiaque lente et réguliÚre.
La capacitĂ© Ă respecter les consignes dâapnĂ©e.
La possibilitĂ© dâune prĂ©mĂ©dication, le plus souvent par bĂȘtabloquants oraux ou intraveineux si nĂ©cessaire.
Une fonction rénale adéquate.
Lâabsence dâallergie prohibitive aux produits de contraste.
Une technologie de scanner rĂ©cente, dĂ©crite dans le document source comme une technologie dâau moins 64 coupes.
Une Ă©quipe dâimagerie formĂ©e de maniĂšre appropriĂ©e.
La rĂ©solution temporelle et spatiale peut limiter lâĂ©valuation de la sĂ©vĂ©ritĂ© dâune stĂ©nose, notamment chez les patients ĂągĂ©s prĂ©sentant des calcifications coronaires Ă©tendues. Chez ces patients, une exploration fonctionnelle peut ĂȘtre plus appropriĂ©e.
Chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose intermĂ©diaire dâun segment coronaire proximal ou moyen identifiĂ©e par CCTA, une fraction de rĂ©serve de flux dĂ©rivĂ©e de la TDM peut ĂȘtre envisagĂ©e.
Imagerie fonctionnelle myocardique
Ăchocardiographie de stress
LâĂ©chocardiographie de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive, supĂ©rieure Ă 15 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 85 %, afin de diagnostiquer une ischĂ©mie myocardique inductible et dâestimer le risque de MACE.
Lorsque deux segments myocardiques contigus ou plus sont visualisĂ©s de maniĂšre insuffisante, lâadministration intraveineuse dâagents de contraste Ă©chographique constituĂ©s de microbulles est recommandĂ©e afin dâamĂ©liorer la prĂ©cision diagnostique. LâĂ©valuation de la perfusion myocardique avec contraste peut affiner davantage la stratification du risque au-delĂ de lâĂ©tude de la cinĂ©tique pariĂ©tale. LâĂ©valuation Doppler de la rĂ©serve de flux coronaire de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure peut ĂȘtre envisagĂ©e afin dâamĂ©liorer la stratification du risque et dâĂ©valuer la fonction microvasculaire.
Les rĂ©sultats dâĂ©chocardiographie de stress Ă haut risque comprennent une hypokinĂ©sie ou une akinĂ©sie induite par le stress dans au moins 3 des 16 segments myocardiques.
Imagerie de perfusion par SPECT et TEP
La SPECT, ou de prĂ©fĂ©rence la TEP lorsquâelle est disponible et soutenue par lâexpertise locale, est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive. Ces techniques peuvent :
DĂ©tecter et quantifier lâischĂ©mie myocardique.
Identifier une cicatrice myocardique.
Estimer le risque de MACE.
Quantifier le débit sanguin myocardique par TEP.
Lorsque la SPECT ou la TEP est rĂ©alisĂ©e, le CACS doit ĂȘtre mesurĂ© sur la TDM thoracique non injectĂ©e acquise pour la correction dâattĂ©nuation, car cela amĂ©liore la dĂ©tection des coronaropathies non obstructives et obstructives.
Une charge ischémique touchant au moins 10 % du myocarde ventriculaire gauche à la SPECT ou à la TEP de stress est considérée comme un résultat à haut risque.
CMR de stress
Lâimagerie de perfusion myocardique de stress par CMR est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive. Elle peut identifier et quantifier lâischĂ©mie et la cicatrice, et estimer le risque de MACE. Les rĂ©sultats Ă haut risque comprennent des dĂ©fauts de perfusion de stress dans au moins 2 des 16 segments ou au moins 3 segments prĂ©sentant une dysfonction induite par la dobutamine.
Coronarographie invasive et physiologie coronaire
Indications
La coronarographie invasive (ICA) est utilisĂ©e lorsque les examens non invasifs sont non concluants, lorsque le diagnostic clinique demeure incertain ou lorsque la prĂ©sentation initiale est fortement Ă©vocatrice dâune maladie obstructive Ă faible niveau dâeffort et quâune revascularisation est envisagĂ©e. Dans cette derniĂšre situation, une ICA en vue dâune revascularisation est recommandĂ©e comme premier examen diagnostique aprĂšs une Ă©valuation clinique spĂ©cialisĂ©e.
Une ICA avec possibilitĂ© dâĂ©valuation fonctionnelle invasive est recommandĂ©e pour confirmer ou exclure une coronaropathie obstructive ou une ANOCA/INOCA lorsque les examens non invasifs ne permettent pas de trancher.
Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et un angor ou un Ă©quivalent angineux malgrĂ© un traitement pharmacologique, une coronarographie est recommandĂ©e afin dâĂ©tablir la prĂ©sence et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la coronaropathie. En cas dâinsuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite et de probabilitĂ© intermĂ©diaire Ă Ă©levĂ©e de coronaropathie, une coronarographie peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la revascularisation est potentiellement appropriĂ©e. Chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă 35 % et chez lesquels une coronaropathie obstructive est suspectĂ©e, lâICA est recommandĂ©e lorsquâun PAC est susceptible dâamĂ©liorer le pronostic, sous rĂ©serve du risque procĂ©dural et du bĂ©nĂ©fice attendu.
Lâabord radial est lâabord de choix lorsquâune ICA est rĂ©alisĂ©e.
Ăvaluation fonctionnelle des stĂ©noses Ă©picardiques
Les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires ne touchant pas le tronc commun doivent faire lâobjet dâune Ă©valuation physiologique sĂ©lective avant la revascularisation. Les seuils recommandĂ©s sont les suivants :
| Méthode | Seuil considéré comme significatif |
|---|---|
| Fraction de rĂ©serve de flux | â€0.80 |
| Rapport instantanĂ© sans ondes | â€0.89 |
| Rapport de flux quantitatif | â€0.80 |
La rĂ©serve de flux coronaire, la rĂ©sistance stĂ©notique hyperĂ©mique et la capacitĂ© de flux coronaire peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme explorations complĂ©mentaires. Les indices au repos tels que Pd/Pa, le rapport de pression diastolique, le rapport sur lâensemble du cycle au repos ou la FFR coronaire dĂ©rivĂ©e de lâangiographie peuvent ĂȘtre envisagĂ©s comme alternatives.
La mesure systĂ©matique, par guide, de la pression dans chaque vaisseau coronaire nâest pas recommandĂ©e.
Dysfonction microvasculaire et vasospasme
Lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© des artĂšres Ă©picardiques non obstructives, il convient dâenvisager une dysfonction microvasculaire et un vasospasme coronaire. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection prĂ©servĂ©e, un angor ou un Ă©quivalent angineux, et des artĂšres Ă©picardiques normales ou non obstructives, une imagerie de perfusion par TEP ou CMR, ou une exploration fonctionnelle coronaire invasive, doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de dĂ©tecter ou dâexclure une dysfonction microvasculaire coronaire.
Une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant un angor rĂ©fractaire, une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie et une ANOCA/INOCA documentĂ©e ou suspectĂ©e, car lâidentification de lâendotype peut orienter le traitement.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Les examens sanguins de base font partie de lâĂ©valuation initiale, bien que le document source ne fournisse ni bilan biologique complet ni seuils systĂ©matiques prĂ©cis. Les Ă©lĂ©ments pertinents comprennent :
La fonction rénale, notamment avant une CCTA ou une ICA avec injection de produit de contraste.
LâĂ©valuation du risque cardiovasculaire, notamment le diabĂšte et la dyslipidĂ©mie.
La fonction ventriculaire gauche dans le cadre de la stratification clinique du risque.
La protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible et/ou le fibrinogĂšne, qui peuvent ĂȘtre envisagĂ©s lors de lâĂ©valuation initiale.
LâHbA1c et dâautres paramĂštres mĂ©taboliques lorsque le diabĂšte et le risque cardiomĂ©tabolique sont Ă©valuĂ©s, bien que les calendriers dâexamens spĂ©cifiques ne soient pas prĂ©cisĂ©s.
LâĂ©valuation biologique doit Ă©galement identifier les comorbiditĂ©s susceptibles dâinfluencer le choix des examens, la tolĂ©rance des traitements, le risque hĂ©morragique ou la planification des procĂ©dures.
Stratification du risque
LâĂ©valuation initiale du risque doit intĂ©grer les donnĂ©es cliniques et les rĂ©sultats des examens. Les variables cliniques importantes comprennent :
LâĂąge.
Les rĂ©sultats de lâECG de repos.
Le seuil angineux.
Le diabĂšte.
La maladie rénale chronique.
La FEVG.
Les rĂ©sultats dâexamens Ă haut risque comprennent :
| Examen | Résultat à haut risque |
|---|---|
| ECG dâeffort | Score de Duke sur tapis roulant < â10 |
| SPECT ou TEP de stress | IschĂ©mie touchant â„10 % du myocarde VG |
| Ăchocardiographie de stress | HypokinĂ©sie ou akinĂ©sie induite par le stress dans â„3 des 16 segments |
| CMR de stress | DĂ©fauts de perfusion dans â„2 des 16 segments ou â„3 segments prĂ©sentant une dysfonction induite par la dobutamine |
| CCTA | StĂ©nose du tronc commun â„50 % ; maladie tritronculaire avec stĂ©nose â„70 % ; maladie bitronculaire avec stĂ©nose â„70 % incluant lâIVA proximale ; ou atteinte de lâIVA proximale avec stĂ©nose â„70 % et FFR-CT â€0.80 |
La mise en Ă©vidence dâun profil anatomique ou fonctionnel Ă haut risque influence la nĂ©cessitĂ© dâune Ă©valuation invasive, dâune revascularisation et dâun suivi plus intensif.
Prise en charge initiale aprĂšs le diagnostic
La prise en charge initiale associe le contrĂŽle des symptĂŽmes, la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et la revascularisation lorsquâelle est indiquĂ©e.
Ăducation du patient et mode de vie
Un entretien personnalisé doit expliquer le risque cardiovasculaire, les bénéfices attendus du traitement, les symptÎmes nécessitant une nouvelle évaluation et le rationnel des décisions diagnostiques et thérapeutiques. Un accompagnement comportemental multidisciplinaire doit compléter le traitement pharmacologique.
LâactivitĂ© physique recommandĂ©e est de :
150â300 minutes par semaine dâactivitĂ© aĂ©robie dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e ; ou
75â150 minutes par semaine dâactivitĂ© dâintensitĂ© soutenue,
associée à une réduction du temps passé en position sédentaire.
La rĂ©adaptation cardiaque Ă domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer lâadhĂ©sion aux comportements favorables Ă la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. Les interventions comportementales, lâimplication de la famille et de plusieurs professionnels, la simplification des schĂ©mas thĂ©rapeutiques et les outils numĂ©riques tels que les messages textuels, les applications et les dispositifs portables sont des stratĂ©gies recommandĂ©es pour amĂ©liorer lâobservance.
Traitement antiangineux
Le traitement antiangineux doit ĂȘtre choisi en fonction :
Du profil des symptĂŽmes et de la physiopathologie sous-jacente.
De la fréquence cardiaque et de la pression artérielle.
De la fonction ventriculaire gauche.
Des comorbidités.
Des traitements concomitants.
De la tolérance.
De la disponibilité et du coût au niveau local.
Un traitement combiné est souvent nécessaire lorsque les symptÎmes ne sont pas contrÎlés par un seul médicament, bien que le document source ne fournisse pas de schéma posologique complet, médicament par médicament.
Lâivabradine peut ĂȘtre ajoutĂ©e chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă 40 % et dont le contrĂŽle symptomatique est insuffisant, ou ĂȘtre utilisĂ©e dâemblĂ©e chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s. Elle nâest pas recommandĂ©e en traitement additionnel chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă 40 % et qui ne prĂ©sentent pas dâinsuffisance cardiaque clinique. Lâivabradine ne doit pas ĂȘtre associĂ©e Ă un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ni Ă un autre inhibiteur puissant du CYP3A4.
Prévention des événements cardiovasculaires
Traitement antithrombotique
Chez les patients ayant un antĂ©cĂ©dent dâinfarctus du myocarde ou dâICP, le clopidogrel 75 mg une fois par jour constitue une alternative recommandĂ©e Ă la monothĂ©rapie par aspirine.
Lâaspirine 75â100 mg une fois par jour est recommandĂ©e Ă vie :
AprĂšs un PAC.
Chez les patients sans antĂ©cĂ©dent dâinfarctus du myocarde ni de revascularisation qui prĂ©sentent une coronaropathie obstructive significative.
Le schĂ©ma antithrombotique global doit tenir compte du risque hĂ©morragique et de toute indication dâanticoagulation orale. LâĂ©valuation du risque hĂ©morragique doit utiliser le score PRECISE-DAPT, lâoutil ARC-HBR ou une autre mĂ©thode validĂ©e. Les schĂ©mas spĂ©cifiques de bithĂ©rapie antiplaquettaire ou dâanticoagulation ne sont pas dĂ©taillĂ©s dans le document source.
Hypolipidémies
Le traitement hypolipémiant doit viser :
Un LDL-cholestérol inférieur à 1.4 mmol/L, ou 55 mg/dL ; et
Une rĂ©duction dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale.
Chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe, lâajout dâacide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ©. Lâacide bempĂ©doĂŻque peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez les patients qui nâatteignent pas la cible malgrĂ© la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine et lâĂ©zĂ©timibe.
DiabÚte, surpoids et obésité
Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire sont recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et un SCC afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de lâHbA1c initiale ou cible et indĂ©pendamment dâun traitement hypoglycĂ©miant concomitant.
Le sĂ©maglutide doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients prĂ©sentant un SCC sans diabĂšte qui sont en surpoids ou obĂšses, dĂ©finis dans le tableau des recommandations par un IMC â„27 kg/m2, afin de rĂ©duire le dĂ©cĂšs cardiovasculaire, lâinfarctus du myocarde ou lâAVC.
Traitement anti-inflammatoire
La colchicine Ă faible dose, 0.5 mg une fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une coronaropathie athĂ©rosclĂ©reuse afin de rĂ©duire lâinfarctus du myocarde, lâAVC et la nĂ©cessitĂ© dâune revascularisation.
Revascularisation
La revascularisation est envisagĂ©e lorsque les symptĂŽmes restent invalidants malgrĂ© le traitement mĂ©dical ou lorsque lâanatomie et/ou les examens fonctionnels indiquent un profil coronaire Ă haut risque. La dĂ©cision doit ĂȘtre individualisĂ©e et centrĂ©e sur le patient.
Une discussion au sein dâune Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») est recommandĂ©e dans les situations complexes, en particulier lorsque lâICP et le PAC font lâobjet de recommandations comparables dans les recommandations. La dĂ©cision doit intĂ©grer :
Lâanatomie coronaire et sa complexitĂ© anatomique.
Le risque clinique et les comorbidités.
La FEVG.
Le risque procédural.
LâespĂ©rance de vie.
La complétude attendue de la revascularisation.
Les préférences du patient, sa littératie en santé, son contexte culturel et son soutien social.
Chez les patients dont la FEVG est â€35 %, le choix entre revascularisation et traitement mĂ©dical seul doit reposer sur une Ă©valuation rigoureuse de lâanatomie coronaire, du lien entre la coronaropathie et la dysfonction VG, des comorbiditĂ©s, de lâespĂ©rance de vie, du rapport bĂ©nĂ©fice-risque et des prĂ©fĂ©rences du patient.
En cas de maladie significative du tronc commun et de faible risque chirurgical, le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que le traitement mĂ©dical seul pour amĂ©liorer la survie et est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ© Ă lâICP en raison de risques plus faibles dâinfarctus du myocarde spontanĂ© et de revascularisation itĂ©rative. Lorsque la maladie du tronc commun est de faible complexitĂ©, dĂ©finie par un score SYNTAX â€22, et que lâICP permet dâobtenir une complĂ©tude de revascularisation Ă©quivalente Ă celle du PAC, lâICP constitue une alternative en raison de son caractĂšre moins invasif et dâune survie non infĂ©rieure.
Pour les ICP anatomiquement complexes, notamment en cas de maladie du tronc commun, de bifurcations vraies et de lĂ©sions longues, le guidage par Ă©chographie intravasculaire ou tomographie en cohĂ©rence optique est recommandĂ©. En cas de maladie pluritronculaire, la FFR, lâiFR ou la QFR doivent guider la sĂ©lection des lĂ©sions Ă traiter.
Considérations particuliÚres
Insuffisance cardiaque
Les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque doivent bĂ©nĂ©ficier dâune Ă©valuation clinique, familiale, Ă©lectrocardiographique et par imagerie approfondie Ă la recherche dâun SCC. LâintolĂ©rance Ă lâeffort et lâĂ©lĂ©vation de la pression tĂ©lĂ©diastolique ventriculaire gauche peuvent rendre difficile lâĂ©valuation non invasive de lâischĂ©mie.
Chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă 35 % et prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou intermĂ©diaire de coronaropathie obstructive, une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e. Chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă 35 % et chez lesquels une coronaropathie obstructive est suspectĂ©e, une ICA doit ĂȘtre envisagĂ©e en vue dâun PAC lorsque le bĂ©nĂ©fice pronostique attendu lâemporte sur le risque procĂ©dural.
Les patients prĂ©sentant un SCC et une insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s Ă un programme multidisciplinaire de prise en charge de lâinsuffisance cardiaque. En cas dâICFEr, le sacubitril/valsartan est recommandĂ© en remplacement dâun inhibiteur de lâECA ou dâun ARA afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et le dĂ©cĂšs.
ANOCA/INOCA
Une ANOCA/INOCA doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâangor ou une ischĂ©mie objective persiste malgrĂ© des artĂšres coronaires Ă©picardiques normales ou non obstructives. Le traitement doit ĂȘtre guidĂ© par lâendotype fonctionnel coronaire identifiĂ©.
Un inhibiteur de lâECA peut ĂȘtre envisagĂ© pour contrĂŽler les symptĂŽmes en cas de dysfonction endothĂ©liale.
Les bĂȘtabloquants doivent ĂȘtre envisagĂ©s en cas dâangor microvasculaire associĂ© Ă une diminution de la rĂ©serve de flux coronaire ou myocardique.
Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en cas dâangor vasospastique isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes et de prĂ©venir lâischĂ©mie ainsi que les complications potentiellement fatales.
Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour prĂ©venir les Ă©pisodes vasospastiques rĂ©cidivants.
En cas dâendotypes associĂ©s, lâassociation de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s, dâinhibiteurs calciques et dâautres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ©e.
Traitement anticancéreux
Plusieurs traitements anticancĂ©reux peuvent provoquer ou accĂ©lĂ©rer une maladie coronaire. Le 5-fluorouracile et la capĂ©citabine peuvent provoquer un angor dâeffort. LâischĂ©mie associĂ©e aux chimiothĂ©rapies Ă base de platine survient gĂ©nĂ©ralement au cours de lâun des trois premiers cycles et est plus probable chez les patients prĂ©sentant une coronaropathie sous-jacente. Une ischĂ©mie a Ă©galement Ă©tĂ© associĂ©e aux agents antimicrotubulaires, aux inhibiteurs de tyrosine kinase du VEGF Ă petites molĂ©cules et aux anticorps monoclonaux inhibant le VEGF. Le nilotinib, le ponatinib et lâICI335 peuvent accĂ©lĂ©rer lâathĂ©rosclĂ©rose.
La survenue dâun angor stable au cours dâun traitement anticancĂ©reux justifie une Ă©valuation approfondie, une modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire et une prise en charge mĂ©dicale initiale. La prise en charge suit gĂ©nĂ©ralement les recommandations relatives aux SCC, mais les dĂ©cisions de revascularisation doivent ĂȘtre prises par une Ă©quipe multidisciplinaire comprenant des spĂ©cialistes de la cardio-oncologie, de la cardiologie interventionnelle et de lâoncologie.
LâICP chez les patients atteints de cancer est associĂ©e Ă une augmentation des saignements, des rĂ©hospitalisations pour infarctus aigu du myocarde, de la mortalitĂ© et des revascularisations itĂ©ratives. LâexcĂšs de risque hĂ©morragique doit ĂȘtre pris en compte en limitant autant que possible la durĂ©e de la bithĂ©rapie antiplaquettaire lorsque cela est cliniquement appropriĂ©.
Suivi et surveillance
Les patients prĂ©sentant un SCC Ă©tabli nĂ©cessitent une Ă©valuation continue des symptĂŽmes, de lâĂ©tat fonctionnel, du contrĂŽle des facteurs de risque, des comorbiditĂ©s, de lâobservance et de la progression de la maladie. Une réévaluation pĂ©riodique, par exemple annuelle, par un mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou un professionnel de santĂ© cardiovasculaire, est recommandĂ©e mĂȘme chez les patients asymptomatiques.
Le suivi doit évaluer :
La survenue dâun angor ou dâĂ©quivalents angineux nouveaux ou aggravĂ©s.
Les modifications de la tolĂ©rance Ă lâeffort.
Le contrĂŽle des facteurs de risque cardiovasculaire.
Lâobservance, les effets indĂ©sirables et les interactions mĂ©dicamenteuses.
Le risque hémorragique en cas de traitement antithrombotique.
Les symptĂŽmes dâinsuffisance cardiaque et la fonction ventriculaire lorsque cela est pertinent.
La progression de la coronaropathie ou lâĂ©chec dâune revascularisation antĂ©rieure.
La santĂ© psychologique, notamment lâanxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression.
Les obstacles liés aux conditions socio-économiques, géographiques ou sociales.
La rĂ©pĂ©tition des examens non invasifs doit ĂȘtre guidĂ©e par les symptĂŽmes, les modifications du risque clinique ou la suspicion dâune progression de la maladie, plutĂŽt que rĂ©alisĂ©e de maniĂšre systĂ©matique ; le document source ne fournit pas dâintervalle universel pour la rĂ©pĂ©tition de lâimagerie.
Les patients prĂ©sentant un angor rĂ©cidivant ou rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement doivent ĂȘtre réévaluĂ©s Ă la recherche dâun Ă©chec de revascularisation, dâune maladie obstructive rĂ©siduelle, dâune dysfonction microvasculaire ou dâun vasospasme. En cas dâANOCA/INOCA rĂ©fractaire, une exploration fonctionnelle invasive est recommandĂ©e afin de dĂ©finir lâendotype coronaire et dâorienter un traitement ciblĂ©.
Pronostic
LâĂ©volution du SCC est variable et potentiellement progressive. Une pĂ©riode prolongĂ©e de stabilitĂ© nâexclut pas la survenue ultĂ©rieure dâun SCA ou dâautres Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables. Le pronostic dĂ©pend du profil clinique, de lâĂ©tendue et de la signification fonctionnelle de la coronaropathie, de la fonction VG, du diabĂšte, de la maladie rĂ©nale chronique, du seuil symptomatique, des anomalies ECG, de lâischĂ©mie inductible et de la complexitĂ© anatomique.
Les rĂ©sultats Ă haut risque observĂ©s lors de lâĂ©preuve dâeffort, de lâimagerie de stress, de la CCTA ou de lâĂ©valuation invasive identifient les patients nĂ©cessitant une intensification de la prise en charge et la discussion dâune revascularisation. Ă lâinverse, les patients prĂ©sentant un SCC ancien, une fonction VG prĂ©servĂ©e et aucune anomalie Ă lâeffort maximal ou Ă lâimagerie fonctionnelle peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un faible risque dâĂ©vĂ©nements indĂ©sirables induits par lâeffort, bien quâune surveillance continue et une prise en charge des facteurs de risque restent nĂ©cessaires.