đŸš« Syndrome coronarien chronique : diagnostic et Ă©valuation initiale

Sommaire (41)

Définition et physiopathologie

Les syndromes coronariens chroniques (SCC) regroupent les manifestations cliniques d’une maladie structurelle et/ou fonctionnelle chronique touchant les artĂšres coronaires Ă©picardiques et/ou la microcirculation coronaire. Ces anomalies peuvent entraĂźner une inadĂ©quation transitoire entre les besoins myocardiques en oxygĂšne et l’apport sanguin coronaire, responsable d’une hypoperfusion ou d’une ischĂ©mie myocardique. L’ischĂ©mie est gĂ©nĂ©ralement dĂ©clenchĂ©e par l’effort, le stress Ă©motionnel ou une autre forme de stress physiologique, mais elle peut Ă©galement survenir au repos ou rester cliniquement silencieuse.

La maladie coronaire sous-jacente peut ĂȘtre obstructive ou non obstructive. L’accumulation de plaques athĂ©rosclĂ©reuses dans les artĂšres Ă©picardiques constitue un substrat pathologique majeur, mais l’ischĂ©mie peut Ă©galement rĂ©sulter d’anomalies vasomotrices Ă©picardiques ou d’une maladie microvasculaire structurelle et fonctionnelle. Ainsi, la prĂ©sence d’artĂšres Ă©picardiques non obstructives n’exclut pas une origine coronaire des symptĂŽmes.

Le SCC est un syndrome clinique plutĂŽt qu’un Ă©tat durablement stable. Les patients peuvent rester stables pendant de longues pĂ©riodes, mais la maladie coronaire chronique peut progresser ou se dĂ©stabiliser brutalement, entraĂźnant un syndrome coronarien aigu (SCA). Les manifestations cliniques peuvent donc Ă©voluer au fil du temps, avec notamment des transitions entre l’angor stable, l’angor ou l’ischĂ©mie avec artĂšres coronaires non obstructives (ANOCA/INOCA), les Ă©tats post-SCA ou post-revascularisation, et l’insuffisance cardiaque d’origine ischĂ©mique ou cardiomĂ©tabolique.

Principales présentations cliniques

Les principales présentations en consultation comprennent :

  • Angor ou ischĂ©mie reproductibles, induits par le stress, associĂ©s Ă  une maladie coronaire Ă©picardique obstructive.

  • Angor ou ischĂ©mie causĂ©s par une dysfonction vasomotrice Ă©picardique ou des anomalies microvasculaires en l’absence de maladie Ă©picardique obstructive.

  • Phase non aiguĂ« aprĂšs un SCA ou une revascularisation coronaire.

  • Insuffisance cardiaque non aiguĂ« lorsqu’une cause ischĂ©mique ou cardiomĂ©tabolique est suspectĂ©e.

  • Certains sujets asymptomatiques chez lesquels une maladie coronaire est dĂ©couverte fortuitement ou lors d’une Ă©valuation du risque cardiovasculaire.

Les mĂ©canismes se chevauchent sur le plan clinique. L’angor microvasculaire, l’angor vasospastique et la maladie Ă©picardique obstructive peuvent produire des symptĂŽmes similaires, et les seules caractĂ©ristiques des symptĂŽmes ne permettent pas d’identifier de maniĂšre fiable le mĂ©canisme sous-jacent.

Présentation clinique et symptÎmes

Angor et équivalents angineux

La douleur ou gĂȘne thoracique demeure le symptĂŽme cardinal du SCC, mais les prĂ©sentations sont frĂ©quemment non classiques. Les populations cliniques contemporaines ne comportent qu’une minoritĂ© de patients prĂ©sentant des symptĂŽmes rĂ©unissant toutes les caractĂ©ristiques traditionnelles d’aggravation et de soulagement de l’angor ; de nombreux patients rapportent des symptĂŽmes moins caractĂ©ristiques, tandis que d’autres prĂ©sentent principalement une dyspnĂ©e d’effort.

Les symptĂŽmes doivent ĂȘtre caractĂ©risĂ©s de maniĂšre systĂ©matique, notamment :

  • Mode de dĂ©but et durĂ©e.

  • Localisation et irradiation.

  • Nature et intensitĂ©.

  • Facteurs dĂ©clenchants, notamment l’effort, le stress Ă©motionnel, les repas ou l’exposition au froid.

  • Facteurs soulageants, notamment le repos ou les mĂ©dicaments.

  • Heure de survenue et profil temporel.

  • Modification de la frĂ©quence, de la sĂ©vĂ©ritĂ© ou du seuil d’effort.

Les équivalents angineux potentiels comprennent :

  • DyspnĂ©e d’effort.

  • Fatigue.

  • Vertiges Ă  l’effort.

  • GĂȘne du bras, de la mĂąchoire, du cou ou de la partie supĂ©rieure du dos.

  • GĂȘne thoracique dĂ©clenchĂ©e par un stress Ă©motionnel.

  • Palpitations associĂ©es Ă  une activitĂ© physique, Ă  un repas copieux, Ă  une contrariĂ©tĂ© Ă©motionnelle ou Ă  une exposition au froid.

L’absence de douleur thoracique n’exclut pas un SCC cliniquement important. Une maladie silencieuse ou pauci-symptomatique peut survenir chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une neuropathie autonome, ainsi que chez les sujets ĂągĂ©s ayant une activitĂ© physique trĂšs limitĂ©e.

Les qualificatifs traditionnels d’angor « typique » et « atypique » ont une valeur limitĂ©e, en particulier chez les patients prĂ©sentant une dysfonction microvasculaire ou un vasospasme. L’angor associĂ© Ă  une maladie microvasculaire ou Ă  des anomalies vasomotrices peut ne pas ĂȘtre systĂ©matiquement dĂ©clenchĂ© par l’effort ni soulagĂ© par le repos ou la nitroglycĂ©rine. Les symptĂŽmes doivent donc ĂȘtre dĂ©crits en dĂ©tail, puis faire l’objet d’une Ă©valuation objective Ă  la recherche d’une maladie obstructive, d’une dysfonction microvasculaire et d’un vasospasme coronaire avant d’ĂȘtre attribuĂ©s Ă  une cause non cardiaque.

Variations selon l’ñge et le sexe

Les symptĂŽmes peuvent varier selon l’ñge, le sexe, l’origine ethnique, les conditions socio-Ă©conomiques et la situation gĂ©ographique. Les femmes chez lesquelles un angor est suspectĂ© sont souvent plus ĂągĂ©es, prĂ©sentent une charge plus importante de facteurs de risque cardiovasculaire et de comorbiditĂ©s, et rapportent plus frĂ©quemment une dyspnĂ©e et une fatigue plutĂŽt qu’une gĂȘne angineuse classique. Dans ce contexte, l’angor microvasculaire est Ă©galement plus frĂ©quent chez les femmes. NĂ©anmoins, la douleur thoracique angineuse survient chez les femmes comme chez les hommes, et la seule classification des symptĂŽmes ne doit pas dĂ©terminer la stratĂ©gie diagnostique.

Diagnostic différentiel et syndrome coronarien aigu

La douleur thoracique n’est pas synonyme d’ischĂ©mie myocardique. Des affections pĂ©ricardiques et d’autres maladies cardiovasculaires non coronaires, ainsi que des pathologies non cardiovasculaires, peuvent produire des symptĂŽmes similaires. L’évaluation initiale doit distinguer un SCC suspectĂ© d’un SCA et prendre en compte les causes pulmonaires, musculosquelettiques, neuromusculaires, articulaires et autres causes pertinentes.

Une modification du profil des symptĂŽmes, une rĂ©duction marquĂ©e du niveau d’effort nĂ©cessaire pour les dĂ©clencher ou des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un Ă©vĂ©nement aigu doivent conduire Ă  rechercher un SCA plutĂŽt qu’à suivre une filiĂšre habituelle d’évaluation d’un syndrome stable.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation initiale comprend une anamnĂšse orientĂ©e, une Ă©valuation du risque cardiovasculaire, un examen clinique, un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations et des examens biologiques de base. L’examen clinique doit Ă©galement tenir compte de l’évolution globale de l’état de santĂ© du patient et des pathologies pulmonaires, neurologiques, cognitives, hĂ©patiques et rĂ©nales associĂ©es.

Antécédents personnels et familiaux

L’interrogatoire doit rechercher :

  • Une coronaropathie connue, un infarctus du myocarde antĂ©rieur et une ICP ou un PAC antĂ©rieurs.

  • Des troubles du rythme, des syncopes ou des prĂ©syncopes.

  • Une maladie pulmonaire, notamment un asthme, un emphysĂšme, une bronchite ou une embolie pulmonaire rĂ©cente.

  • Une maladie cĂ©rĂ©brovasculaire et une artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs.

  • Une hypertension artĂ©rielle, un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, une dyslipidĂ©mie et un tabagisme.

  • Une grossesse en cours, le cas Ă©chĂ©ant.

  • Une maladie, une hospitalisation ou une intervention chirurgicale rĂ©cente.

  • Les noms, doses, schĂ©mas d’administration, tolĂ©rance et observance des traitements en cours.

  • La capacitĂ© fonctionnelle et l’aptitude Ă  pratiquer une activitĂ© physique.

  • Les antĂ©cĂ©dents familiaux, en particulier une maladie coronaire prĂ©maturĂ©e ou une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale.

  • Une exposition Ă  des traitements susceptibles de provoquer ou d’accĂ©lĂ©rer une maladie coronaire, notamment certains traitements anticancĂ©reux.

Un entretien approfondi permet Ă©galement d’identifier la comprĂ©hension qu’a le patient de sa maladie, ses inquiĂ©tudes, ses motivations, ses prĂ©fĂ©rences et son attitude Ă  l’égard des examens et des traitements. Ces facteurs sont importants lorsqu’une procĂ©dure diagnostique ou une revascularisation est envisagĂ©e.

Examen clinique

L’examen clinique peut contribuer Ă  identifier le risque cardiovasculaire, les diagnostics alternatifs et les consĂ©quences d’une maladie avĂ©rĂ©e. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :

  • Pression artĂ©rielle, frĂ©quence cardiaque, rythme et Ă©tat hĂ©modynamique gĂ©nĂ©ral.

  • Pouls artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques et signes d’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs.

  • Signes d’insuffisance cardiaque, notamment une pression veineuse jugulaire Ă©levĂ©e et une congestion pulmonaire.

  • Souffles cardiaques et autres signes Ă©vocateurs d’une valvulopathie.

  • Signes d’une maladie systĂ©mique pouvant affecter l’interprĂ©tation des symptĂŽmes ou le choix des examens.

  • ÉlĂ©ments pertinents pour une angioscanner coronaire (CCTA), une coronarographie invasive ou l’administration de produit de contraste.

L’examen clinique ne se substitue pas aux examens objectifs. Il sert Ă  affiner la probabilitĂ© estimĂ©e d’une coronaropathie obstructive, Ă  identifier les comorbiditĂ©s et Ă  orienter le choix et le degrĂ© d’urgence des explorations ultĂ©rieures. L’échographie au point d’intervention peut confirmer certains Ă©lĂ©ments, mais l’évaluation clinique doit rester intĂ©grĂ©e plutĂŽt que dictĂ©e par les examens.

Estimation de la probabilité clinique

La probabilitĂ© initiale d’une coronaropathie Ă©picardique obstructive doit ĂȘtre estimĂ©e Ă  l’aide d’un modĂšle de probabilitĂ© clinique pondĂ©rĂ©e par les facteurs de risque. Cette estimation doit ensuite ĂȘtre ajustĂ©e Ă  l’aide d’informations cliniques supplĂ©mentaires, telles que :

  • Signes artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques.

  • Anomalies de l’ECG de repos.

  • RĂ©sultats de l’échocardiographie de repos.

  • Calcifications vasculaires identifiĂ©es lors d’une imagerie antĂ©rieure.

  • Âge, diabĂšte, maladie rĂ©nale chronique, fraction d’éjection ventriculaire gauche et seuil angineux.

Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test trĂšs faible, dĂ©finie comme infĂ©rieure Ă  5 %, l’abstention d’examens diagnostiques supplĂ©mentaires peut ĂȘtre envisagĂ©e. Chez ceux dont la probabilitĂ© initiale est faible, supĂ©rieure Ă  5 % mais infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15 %, la mesure du score calcique coronaire (CACS) peut aider Ă  reclasser le risque et Ă  identifier les sujets dont la probabilitĂ© pondĂ©rĂ©e par le calcium devient trĂšs faible. Un ECG d’effort ou la mise en Ă©vidence d’une athĂ©rosclĂ©rose dans des artĂšres non coronaires peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez certains patients de cette catĂ©gorie de faible probabilitĂ©.

Stratégie diagnostique

L’évaluation d’un SCC suspectĂ© comporte quatre grandes Ă©tapes :

  • Évaluation clinique gĂ©nĂ©rale : caractĂ©riser les symptĂŽmes, identifier les diagnostics alternatifs, exclure un SCA, rĂ©aliser un ECG et des examens sanguins de base, et recourir de maniĂšre sĂ©lective Ă  une radiographie thoracique ou Ă  des explorations fonctionnelles respiratoires.

  • Évaluation cardiaque complĂ©mentaire : rĂ©aliser une Ă©chocardiographie de repos, Ă©valuer la fonction ventriculaire et les valvulopathies, et estimer la probabilitĂ© d’une coronaropathie obstructive.

  • Confirmation diagnostique et Ă©valuation du risque : choisir une exploration anatomique, fonctionnelle ou invasive en fonction de la probabilitĂ© clinique et de la question clinique.

  • Prise en charge initiale : instaurer des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et une intervention sur les facteurs de risque, un traitement modifiant l’évolution de la maladie, un traitement symptomatique et une revascularisation lorsque celle-ci est appropriĂ©e.

Le choix de l’examen dĂ©pend de la probabilitĂ© estimĂ©e d’une maladie obstructive, de la nĂ©cessitĂ© d’évaluer l’ischĂ©mie ou l’anatomie, de l’expertise locale, des comorbiditĂ©s, de la capacitĂ© Ă  l’effort, de la fonction rĂ©nale, d’une allergie aux produits de contraste et de l’éventualitĂ© d’une revascularisation.

Électrocardiographie

ECG de repos à 12 dérivations

Un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations fait partie de l’évaluation initiale d’un SCC suspectĂ©. Il peut contribuer au diagnostic, identifier une lĂ©sion myocardique antĂ©rieure ou une autre cardiopathie, et modifier la probabilitĂ© estimĂ©e d’une coronaropathie obstructive. Il contribue Ă©galement Ă  l’évaluation du risque.

L’ECG d’effort ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© Ă  des fins diagnostiques chez les patients prĂ©sentant :

  • Au moins 0.1 mV de sous-dĂ©calage du segment ST sur l’ECG de repos.

  • Un bloc de branche gauche.

  • Un traitement par digitaliques.

ECG d’effort

L’ECG d’effort peut ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre sĂ©lective pour Ă©valuer :

  • La tolĂ©rance Ă  l’effort.

  • La reproduction des symptĂŽmes.

  • Les troubles du rythme associĂ©s Ă  l’effort.

  • La rĂ©ponse tensionnelle.

  • Le risque d’évĂ©nement.

Il n’est pas recommandĂ© comme examen destinĂ© Ă  exclure une coronaropathie chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou intermĂ©diaire lorsqu’une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est disponible. Chez les patients prĂ©sentant un SCC Ă©tabli, un score de Duke sur tapis roulant infĂ©rieur Ă  −10 est considĂ©rĂ© comme un rĂ©sultat d’effort Ă  haut risque.

Enregistrement ECG ambulatoire

Un enregistrement ECG ambulatoire peut ĂȘtre envisagĂ© lorsqu’un angor vasospastique est suspectĂ©. Il est Ă©galement pertinent lorsque les symptĂŽmes Ă©voquent un trouble du rythme intermittent, bien que le document source ne fournisse aucun protocole diagnostique ni aucune durĂ©e d’enregistrement supplĂ©mentaires.

Échocardiographie de repos et imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique

Échocardiographie transthoracique de repos

L’échocardiographie de repos est recommandĂ©e lors de l’évaluation complĂ©mentaire d’un SCC suspectĂ© afin de :

  • Évaluer la fonction systolique ventriculaire gauche.

  • Identifier des anomalies de la cinĂ©tique segmentaire.

  • DĂ©tecter une valvulopathie.

  • Contribuer Ă  l’évaluation du risque.

  • Fournir une autre explication Ă  des symptĂŽmes tels que la dyspnĂ©e.

Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque, l’imagerie de repos fait partie de l’évaluation d’une coronaropathie sous-jacente et aide Ă  dĂ©terminer si des explorations anatomiques ou fonctionnelles supplĂ©mentaires sont appropriĂ©es.

Imagerie cardiaque par résonance magnétique

L’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique (CMR) est utile pour la caractĂ©risation myocardique et l’identification de l’ischĂ©mie, de la cicatrice et de la fibrose. Le rehaussement tardif au gadolinium, la cartographie T1 et l’évaluation du volume extracellulaire peuvent contribuer Ă  distinguer une maladie myocardique ischĂ©mique d’une maladie non ischĂ©mique. Une lĂ©sion ischĂ©mique entraĂźne typiquement une cicatrice sous-endocardique, tandis qu’une cicatrice mĂ©sopariĂ©tale est caractĂ©ristique d’une cardiomyopathie dilatĂ©e.

L’imagerie de perfusion myocardique de stress par CMR est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive afin de diagnostiquer et de quantifier l’ischĂ©mie myocardique et/ou la cicatrice, et d’estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs (MACE).

La CMR est Ă©galement pertinente chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque, en particulier lorsque le diagnostic sous-jacent est incertain ou lorsqu’il est nĂ©cessaire d’évaluer la viabilitĂ© myocardique, la cicatrice ou d’autres processus cardiomyopathiques.

Angioscanner coronaire

La CCTA est l’examen anatomique non invasif de choix pour exclure une coronaropathie obstructive chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test faible ou intermĂ©diaire, dĂ©finie comme supĂ©rieure Ă  5 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  50 %. Elle est Ă©galement recommandĂ©e lorsque l’imagerie fonctionnelle n’est pas concluante dans cette catĂ©gorie de probabilitĂ©. La CCTA peut diagnostiquer une maladie obstructive et estimer le risque de MACE.

Prérequis techniques

Une bonne qualitĂ© d’image nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement :

  • Une frĂ©quence cardiaque lente et rĂ©guliĂšre.

  • La capacitĂ© Ă  respecter les consignes d’apnĂ©e.

  • La possibilitĂ© d’une prĂ©mĂ©dication, le plus souvent par bĂȘtabloquants oraux ou intraveineux si nĂ©cessaire.

  • Une fonction rĂ©nale adĂ©quate.

  • L’absence d’allergie prohibitive aux produits de contraste.

  • Une technologie de scanner rĂ©cente, dĂ©crite dans le document source comme une technologie d’au moins 64 coupes.

  • Une Ă©quipe d’imagerie formĂ©e de maniĂšre appropriĂ©e.

La rĂ©solution temporelle et spatiale peut limiter l’évaluation de la sĂ©vĂ©ritĂ© d’une stĂ©nose, notamment chez les patients ĂągĂ©s prĂ©sentant des calcifications coronaires Ă©tendues. Chez ces patients, une exploration fonctionnelle peut ĂȘtre plus appropriĂ©e.

Chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose intermĂ©diaire d’un segment coronaire proximal ou moyen identifiĂ©e par CCTA, une fraction de rĂ©serve de flux dĂ©rivĂ©e de la TDM peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Imagerie fonctionnelle myocardique

Échocardiographie de stress

L’échocardiographie de stress est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©-test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive, supĂ©rieure Ă  15 % et infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  85 %, afin de diagnostiquer une ischĂ©mie myocardique inductible et d’estimer le risque de MACE.

Lorsque deux segments myocardiques contigus ou plus sont visualisĂ©s de maniĂšre insuffisante, l’administration intraveineuse d’agents de contraste Ă©chographique constituĂ©s de microbulles est recommandĂ©e afin d’amĂ©liorer la prĂ©cision diagnostique. L’évaluation de la perfusion myocardique avec contraste peut affiner davantage la stratification du risque au-delĂ  de l’étude de la cinĂ©tique pariĂ©tale. L’évaluation Doppler de la rĂ©serve de flux coronaire de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure peut ĂȘtre envisagĂ©e afin d’amĂ©liorer la stratification du risque et d’évaluer la fonction microvasculaire.

Les rĂ©sultats d’échocardiographie de stress Ă  haut risque comprennent une hypokinĂ©sie ou une akinĂ©sie induite par le stress dans au moins 3 des 16 segments myocardiques.

Imagerie de perfusion par SPECT et TEP

La SPECT, ou de prĂ©fĂ©rence la TEP lorsqu’elle est disponible et soutenue par l’expertise locale, est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive. Ces techniques peuvent :

  • DĂ©tecter et quantifier l’ischĂ©mie myocardique.

  • Identifier une cicatrice myocardique.

  • Estimer le risque de MACE.

  • Quantifier le dĂ©bit sanguin myocardique par TEP.

Lorsque la SPECT ou la TEP est rĂ©alisĂ©e, le CACS doit ĂȘtre mesurĂ© sur la TDM thoracique non injectĂ©e acquise pour la correction d’attĂ©nuation, car cela amĂ©liore la dĂ©tection des coronaropathies non obstructives et obstructives.

Une charge ischémique touchant au moins 10 % du myocarde ventriculaire gauche à la SPECT ou à la TEP de stress est considérée comme un résultat à haut risque.

CMR de stress

L’imagerie de perfusion myocardique de stress par CMR est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de coronaropathie obstructive. Elle peut identifier et quantifier l’ischĂ©mie et la cicatrice, et estimer le risque de MACE. Les rĂ©sultats Ă  haut risque comprennent des dĂ©fauts de perfusion de stress dans au moins 2 des 16 segments ou au moins 3 segments prĂ©sentant une dysfonction induite par la dobutamine.

Coronarographie invasive et physiologie coronaire

Indications

La coronarographie invasive (ICA) est utilisĂ©e lorsque les examens non invasifs sont non concluants, lorsque le diagnostic clinique demeure incertain ou lorsque la prĂ©sentation initiale est fortement Ă©vocatrice d’une maladie obstructive Ă  faible niveau d’effort et qu’une revascularisation est envisagĂ©e. Dans cette derniĂšre situation, une ICA en vue d’une revascularisation est recommandĂ©e comme premier examen diagnostique aprĂšs une Ă©valuation clinique spĂ©cialisĂ©e.

Une ICA avec possibilitĂ© d’évaluation fonctionnelle invasive est recommandĂ©e pour confirmer ou exclure une coronaropathie obstructive ou une ANOCA/INOCA lorsque les examens non invasifs ne permettent pas de trancher.

Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et un angor ou un Ă©quivalent angineux malgrĂ© un traitement pharmacologique, une coronarographie est recommandĂ©e afin d’établir la prĂ©sence et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la coronaropathie. En cas d’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite et de probabilitĂ© intermĂ©diaire Ă  Ă©levĂ©e de coronaropathie, une coronarographie peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la revascularisation est potentiellement appropriĂ©e. Chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă  35 % et chez lesquels une coronaropathie obstructive est suspectĂ©e, l’ICA est recommandĂ©e lorsqu’un PAC est susceptible d’amĂ©liorer le pronostic, sous rĂ©serve du risque procĂ©dural et du bĂ©nĂ©fice attendu.

L’abord radial est l’abord de choix lorsqu’une ICA est rĂ©alisĂ©e.

Évaluation fonctionnelle des stĂ©noses Ă©picardiques

Les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires ne touchant pas le tronc commun doivent faire l’objet d’une Ă©valuation physiologique sĂ©lective avant la revascularisation. Les seuils recommandĂ©s sont les suivants :

Méthode Seuil considéré comme significatif
Fraction de rĂ©serve de flux ≀0.80
Rapport instantanĂ© sans ondes ≀0.89
Rapport de flux quantitatif ≀0.80

La rĂ©serve de flux coronaire, la rĂ©sistance stĂ©notique hyperĂ©mique et la capacitĂ© de flux coronaire peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme explorations complĂ©mentaires. Les indices au repos tels que Pd/Pa, le rapport de pression diastolique, le rapport sur l’ensemble du cycle au repos ou la FFR coronaire dĂ©rivĂ©e de l’angiographie peuvent ĂȘtre envisagĂ©s comme alternatives.

La mesure systĂ©matique, par guide, de la pression dans chaque vaisseau coronaire n’est pas recommandĂ©e.

Dysfonction microvasculaire et vasospasme

Lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© des artĂšres Ă©picardiques non obstructives, il convient d’envisager une dysfonction microvasculaire et un vasospasme coronaire. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection prĂ©servĂ©e, un angor ou un Ă©quivalent angineux, et des artĂšres Ă©picardiques normales ou non obstructives, une imagerie de perfusion par TEP ou CMR, ou une exploration fonctionnelle coronaire invasive, doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de dĂ©tecter ou d’exclure une dysfonction microvasculaire coronaire.

Une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant un angor rĂ©fractaire, une altĂ©ration de la qualitĂ© de vie et une ANOCA/INOCA documentĂ©e ou suspectĂ©e, car l’identification de l’endotype peut orienter le traitement.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Les examens sanguins de base font partie de l’évaluation initiale, bien que le document source ne fournisse ni bilan biologique complet ni seuils systĂ©matiques prĂ©cis. Les Ă©lĂ©ments pertinents comprennent :

  • La fonction rĂ©nale, notamment avant une CCTA ou une ICA avec injection de produit de contraste.

  • L’évaluation du risque cardiovasculaire, notamment le diabĂšte et la dyslipidĂ©mie.

  • La fonction ventriculaire gauche dans le cadre de la stratification clinique du risque.

  • La protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible et/ou le fibrinogĂšne, qui peuvent ĂȘtre envisagĂ©s lors de l’évaluation initiale.

  • L’HbA1c et d’autres paramĂštres mĂ©taboliques lorsque le diabĂšte et le risque cardiomĂ©tabolique sont Ă©valuĂ©s, bien que les calendriers d’examens spĂ©cifiques ne soient pas prĂ©cisĂ©s.

L’évaluation biologique doit Ă©galement identifier les comorbiditĂ©s susceptibles d’influencer le choix des examens, la tolĂ©rance des traitements, le risque hĂ©morragique ou la planification des procĂ©dures.

Stratification du risque

L’évaluation initiale du risque doit intĂ©grer les donnĂ©es cliniques et les rĂ©sultats des examens. Les variables cliniques importantes comprennent :

  • L’ñge.

  • Les rĂ©sultats de l’ECG de repos.

  • Le seuil angineux.

  • Le diabĂšte.

  • La maladie rĂ©nale chronique.

  • La FEVG.

Les rĂ©sultats d’examens Ă  haut risque comprennent :

Examen Résultat à haut risque
ECG d’effort Score de Duke sur tapis roulant < −10
SPECT ou TEP de stress IschĂ©mie touchant ≄10 % du myocarde VG
Échocardiographie de stress HypokinĂ©sie ou akinĂ©sie induite par le stress dans ≄3 des 16 segments
CMR de stress DĂ©fauts de perfusion dans ≄2 des 16 segments ou ≄3 segments prĂ©sentant une dysfonction induite par la dobutamine
CCTA StĂ©nose du tronc commun ≄50 % ; maladie tritronculaire avec stĂ©nose ≄70 % ; maladie bitronculaire avec stĂ©nose ≄70 % incluant l’IVA proximale ; ou atteinte de l’IVA proximale avec stĂ©nose ≄70 % et FFR-CT ≀0.80

La mise en Ă©vidence d’un profil anatomique ou fonctionnel Ă  haut risque influence la nĂ©cessitĂ© d’une Ă©valuation invasive, d’une revascularisation et d’un suivi plus intensif.

Prise en charge initiale aprĂšs le diagnostic

La prise en charge initiale associe le contrĂŽle des symptĂŽmes, la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et la revascularisation lorsqu’elle est indiquĂ©e.

Éducation du patient et mode de vie

Un entretien personnalisé doit expliquer le risque cardiovasculaire, les bénéfices attendus du traitement, les symptÎmes nécessitant une nouvelle évaluation et le rationnel des décisions diagnostiques et thérapeutiques. Un accompagnement comportemental multidisciplinaire doit compléter le traitement pharmacologique.

L’activitĂ© physique recommandĂ©e est de :

  • 150–300 minutes par semaine d’activitĂ© aĂ©robie d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e ; ou

  • 75–150 minutes par semaine d’activitĂ© d’intensitĂ© soutenue,

associée à une réduction du temps passé en position sédentaire.

La rĂ©adaptation cardiaque Ă  domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer l’adhĂ©sion aux comportements favorables Ă  la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. Les interventions comportementales, l’implication de la famille et de plusieurs professionnels, la simplification des schĂ©mas thĂ©rapeutiques et les outils numĂ©riques tels que les messages textuels, les applications et les dispositifs portables sont des stratĂ©gies recommandĂ©es pour amĂ©liorer l’observance.

Traitement antiangineux

Le traitement antiangineux doit ĂȘtre choisi en fonction :

  • Du profil des symptĂŽmes et de la physiopathologie sous-jacente.

  • De la frĂ©quence cardiaque et de la pression artĂ©rielle.

  • De la fonction ventriculaire gauche.

  • Des comorbiditĂ©s.

  • Des traitements concomitants.

  • De la tolĂ©rance.

  • De la disponibilitĂ© et du coĂ»t au niveau local.

Un traitement combiné est souvent nécessaire lorsque les symptÎmes ne sont pas contrÎlés par un seul médicament, bien que le document source ne fournisse pas de schéma posologique complet, médicament par médicament.

L’ivabradine peut ĂȘtre ajoutĂ©e chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă  40 % et dont le contrĂŽle symptomatique est insuffisant, ou ĂȘtre utilisĂ©e d’emblĂ©e chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s. Elle n’est pas recommandĂ©e en traitement additionnel chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă  40 % et qui ne prĂ©sentent pas d’insuffisance cardiaque clinique. L’ivabradine ne doit pas ĂȘtre associĂ©e Ă  un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ni Ă  un autre inhibiteur puissant du CYP3A4.

Prévention des événements cardiovasculaires

Traitement antithrombotique

Chez les patients ayant un antĂ©cĂ©dent d’infarctus du myocarde ou d’ICP, le clopidogrel 75 mg une fois par jour constitue une alternative recommandĂ©e Ă  la monothĂ©rapie par aspirine.

L’aspirine 75–100 mg une fois par jour est recommandĂ©e Ă  vie :

  • AprĂšs un PAC.

  • Chez les patients sans antĂ©cĂ©dent d’infarctus du myocarde ni de revascularisation qui prĂ©sentent une coronaropathie obstructive significative.

Le schĂ©ma antithrombotique global doit tenir compte du risque hĂ©morragique et de toute indication d’anticoagulation orale. L’évaluation du risque hĂ©morragique doit utiliser le score PRECISE-DAPT, l’outil ARC-HBR ou une autre mĂ©thode validĂ©e. Les schĂ©mas spĂ©cifiques de bithĂ©rapie antiplaquettaire ou d’anticoagulation ne sont pas dĂ©taillĂ©s dans le document source.

Hypolipidémies

Le traitement hypolipémiant doit viser :

  • Un LDL-cholestĂ©rol infĂ©rieur Ă  1.4 mmol/L, ou 55 mg/dL ; et

  • Une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Chez les patients intolĂ©rants aux statines qui restent au-dessus de la cible sous Ă©zĂ©timibe, l’ajout d’acide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ©. L’acide bempĂ©doĂŻque peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez les patients qui n’atteignent pas la cible malgrĂ© la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine et l’ézĂ©timibe.

DiabÚte, surpoids et obésité

Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire sont recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et un SCC afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de l’HbA1c initiale ou cible et indĂ©pendamment d’un traitement hypoglycĂ©miant concomitant.

Le sĂ©maglutide doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients prĂ©sentant un SCC sans diabĂšte qui sont en surpoids ou obĂšses, dĂ©finis dans le tableau des recommandations par un IMC ≄27 kg/m2, afin de rĂ©duire le dĂ©cĂšs cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde ou l’AVC.

Traitement anti-inflammatoire

La colchicine Ă  faible dose, 0.5 mg une fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une coronaropathie athĂ©rosclĂ©reuse afin de rĂ©duire l’infarctus du myocarde, l’AVC et la nĂ©cessitĂ© d’une revascularisation.

Revascularisation

La revascularisation est envisagĂ©e lorsque les symptĂŽmes restent invalidants malgrĂ© le traitement mĂ©dical ou lorsque l’anatomie et/ou les examens fonctionnels indiquent un profil coronaire Ă  haut risque. La dĂ©cision doit ĂȘtre individualisĂ©e et centrĂ©e sur le patient.

Une discussion au sein d’une Ă©quipe multidisciplinaire (« Heart Team ») est recommandĂ©e dans les situations complexes, en particulier lorsque l’ICP et le PAC font l’objet de recommandations comparables dans les recommandations. La dĂ©cision doit intĂ©grer :

  • L’anatomie coronaire et sa complexitĂ© anatomique.

  • Le risque clinique et les comorbiditĂ©s.

  • La FEVG.

  • Le risque procĂ©dural.

  • L’espĂ©rance de vie.

  • La complĂ©tude attendue de la revascularisation.

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient, sa littĂ©ratie en santĂ©, son contexte culturel et son soutien social.

Chez les patients dont la FEVG est ≀35 %, le choix entre revascularisation et traitement mĂ©dical seul doit reposer sur une Ă©valuation rigoureuse de l’anatomie coronaire, du lien entre la coronaropathie et la dysfonction VG, des comorbiditĂ©s, de l’espĂ©rance de vie, du rapport bĂ©nĂ©fice-risque et des prĂ©fĂ©rences du patient.

En cas de maladie significative du tronc commun et de faible risque chirurgical, le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que le traitement mĂ©dical seul pour amĂ©liorer la survie et est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’ICP en raison de risques plus faibles d’infarctus du myocarde spontanĂ© et de revascularisation itĂ©rative. Lorsque la maladie du tronc commun est de faible complexitĂ©, dĂ©finie par un score SYNTAX ≀22, et que l’ICP permet d’obtenir une complĂ©tude de revascularisation Ă©quivalente Ă  celle du PAC, l’ICP constitue une alternative en raison de son caractĂšre moins invasif et d’une survie non infĂ©rieure.

Pour les ICP anatomiquement complexes, notamment en cas de maladie du tronc commun, de bifurcations vraies et de lĂ©sions longues, le guidage par Ă©chographie intravasculaire ou tomographie en cohĂ©rence optique est recommandĂ©. En cas de maladie pluritronculaire, la FFR, l’iFR ou la QFR doivent guider la sĂ©lection des lĂ©sions Ă  traiter.

Considérations particuliÚres

Insuffisance cardiaque

Les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque doivent bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©valuation clinique, familiale, Ă©lectrocardiographique et par imagerie approfondie Ă  la recherche d’un SCC. L’intolĂ©rance Ă  l’effort et l’élĂ©vation de la pression tĂ©lĂ©diastolique ventriculaire gauche peuvent rendre difficile l’évaluation non invasive de l’ischĂ©mie.

Chez les patients dont la FEVG est supĂ©rieure Ă  35 % et prĂ©sentant une probabilitĂ© faible ou intermĂ©diaire de coronaropathie obstructive, une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e. Chez les patients dont la FEVG est infĂ©rieure Ă  35 % et chez lesquels une coronaropathie obstructive est suspectĂ©e, une ICA doit ĂȘtre envisagĂ©e en vue d’un PAC lorsque le bĂ©nĂ©fice pronostique attendu l’emporte sur le risque procĂ©dural.

Les patients prĂ©sentant un SCC et une insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s Ă  un programme multidisciplinaire de prise en charge de l’insuffisance cardiaque. En cas d’ICFEr, le sacubitril/valsartan est recommandĂ© en remplacement d’un inhibiteur de l’ECA ou d’un ARA afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et le dĂ©cĂšs.

ANOCA/INOCA

Une ANOCA/INOCA doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’angor ou une ischĂ©mie objective persiste malgrĂ© des artĂšres coronaires Ă©picardiques normales ou non obstructives. Le traitement doit ĂȘtre guidĂ© par l’endotype fonctionnel coronaire identifiĂ©.

  • Un inhibiteur de l’ECA peut ĂȘtre envisagĂ© pour contrĂŽler les symptĂŽmes en cas de dysfonction endothĂ©liale.

  • Les bĂȘtabloquants doivent ĂȘtre envisagĂ©s en cas d’angor microvasculaire associĂ© Ă  une diminution de la rĂ©serve de flux coronaire ou myocardique.

  • Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en cas d’angor vasospastique isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes et de prĂ©venir l’ischĂ©mie ainsi que les complications potentiellement fatales.

  • Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s doivent ĂȘtre envisagĂ©s pour prĂ©venir les Ă©pisodes vasospastiques rĂ©cidivants.

  • En cas d’endotypes associĂ©s, l’association de dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s, d’inhibiteurs calciques et d’autres vasodilatateurs peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Traitement anticancéreux

Plusieurs traitements anticancĂ©reux peuvent provoquer ou accĂ©lĂ©rer une maladie coronaire. Le 5-fluorouracile et la capĂ©citabine peuvent provoquer un angor d’effort. L’ischĂ©mie associĂ©e aux chimiothĂ©rapies Ă  base de platine survient gĂ©nĂ©ralement au cours de l’un des trois premiers cycles et est plus probable chez les patients prĂ©sentant une coronaropathie sous-jacente. Une ischĂ©mie a Ă©galement Ă©tĂ© associĂ©e aux agents antimicrotubulaires, aux inhibiteurs de tyrosine kinase du VEGF Ă  petites molĂ©cules et aux anticorps monoclonaux inhibant le VEGF. Le nilotinib, le ponatinib et l’ICI335 peuvent accĂ©lĂ©rer l’athĂ©rosclĂ©rose.

La survenue d’un angor stable au cours d’un traitement anticancĂ©reux justifie une Ă©valuation approfondie, une modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire et une prise en charge mĂ©dicale initiale. La prise en charge suit gĂ©nĂ©ralement les recommandations relatives aux SCC, mais les dĂ©cisions de revascularisation doivent ĂȘtre prises par une Ă©quipe multidisciplinaire comprenant des spĂ©cialistes de la cardio-oncologie, de la cardiologie interventionnelle et de l’oncologie.

L’ICP chez les patients atteints de cancer est associĂ©e Ă  une augmentation des saignements, des rĂ©hospitalisations pour infarctus aigu du myocarde, de la mortalitĂ© et des revascularisations itĂ©ratives. L’excĂšs de risque hĂ©morragique doit ĂȘtre pris en compte en limitant autant que possible la durĂ©e de la bithĂ©rapie antiplaquettaire lorsque cela est cliniquement appropriĂ©.

Suivi et surveillance

Les patients prĂ©sentant un SCC Ă©tabli nĂ©cessitent une Ă©valuation continue des symptĂŽmes, de l’état fonctionnel, du contrĂŽle des facteurs de risque, des comorbiditĂ©s, de l’observance et de la progression de la maladie. Une réévaluation pĂ©riodique, par exemple annuelle, par un mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou un professionnel de santĂ© cardiovasculaire, est recommandĂ©e mĂȘme chez les patients asymptomatiques.

Le suivi doit évaluer :

  • La survenue d’un angor ou d’équivalents angineux nouveaux ou aggravĂ©s.

  • Les modifications de la tolĂ©rance Ă  l’effort.

  • Le contrĂŽle des facteurs de risque cardiovasculaire.

  • L’observance, les effets indĂ©sirables et les interactions mĂ©dicamenteuses.

  • Le risque hĂ©morragique en cas de traitement antithrombotique.

  • Les symptĂŽmes d’insuffisance cardiaque et la fonction ventriculaire lorsque cela est pertinent.

  • La progression de la coronaropathie ou l’échec d’une revascularisation antĂ©rieure.

  • La santĂ© psychologique, notamment l’anxiĂ©tĂ© et la dĂ©pression.

  • Les obstacles liĂ©s aux conditions socio-Ă©conomiques, gĂ©ographiques ou sociales.

La rĂ©pĂ©tition des examens non invasifs doit ĂȘtre guidĂ©e par les symptĂŽmes, les modifications du risque clinique ou la suspicion d’une progression de la maladie, plutĂŽt que rĂ©alisĂ©e de maniĂšre systĂ©matique ; le document source ne fournit pas d’intervalle universel pour la rĂ©pĂ©tition de l’imagerie.

Les patients prĂ©sentant un angor rĂ©cidivant ou rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement doivent ĂȘtre réévaluĂ©s Ă  la recherche d’un Ă©chec de revascularisation, d’une maladie obstructive rĂ©siduelle, d’une dysfonction microvasculaire ou d’un vasospasme. En cas d’ANOCA/INOCA rĂ©fractaire, une exploration fonctionnelle invasive est recommandĂ©e afin de dĂ©finir l’endotype coronaire et d’orienter un traitement ciblĂ©.

Pronostic

L’évolution du SCC est variable et potentiellement progressive. Une pĂ©riode prolongĂ©e de stabilitĂ© n’exclut pas la survenue ultĂ©rieure d’un SCA ou d’autres Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables. Le pronostic dĂ©pend du profil clinique, de l’étendue et de la signification fonctionnelle de la coronaropathie, de la fonction VG, du diabĂšte, de la maladie rĂ©nale chronique, du seuil symptomatique, des anomalies ECG, de l’ischĂ©mie inductible et de la complexitĂ© anatomique.

Les rĂ©sultats Ă  haut risque observĂ©s lors de l’épreuve d’effort, de l’imagerie de stress, de la CCTA ou de l’évaluation invasive identifient les patients nĂ©cessitant une intensification de la prise en charge et la discussion d’une revascularisation. À l’inverse, les patients prĂ©sentant un SCC ancien, une fonction VG prĂ©servĂ©e et aucune anomalie Ă  l’effort maximal ou Ă  l’imagerie fonctionnelle peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un faible risque d’évĂ©nements indĂ©sirables induits par l’effort, bien qu’une surveillance continue et une prise en charge des facteurs de risque restent nĂ©cessaires.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026