đŸš« Syndrome coronarien aigu : dĂ©finitions et triage initial

Sommaire (27)

Définition et physiopathologie

Le syndrome coronarien aigu (SCA) regroupe un spectre de prĂ©sentations cliniques causĂ©es par une ischĂ©mie myocardique aiguĂ« prĂ©sumĂ©e. Il inclut les patients prĂ©sentant une modification rĂ©cente des symptĂŽmes ou des signes cliniques, avec ou sans anomalies Ă©lectrocardiographiques diagnostiques et avec ou sans Ă©lĂ©vation aiguĂ« de la troponine cardiaque. Le spectre s’étend d’une prĂ©sentation asymptomatique Ă  une gĂȘne thoracique persistante, un arrĂȘt cardiaque, une instabilitĂ© Ă©lectrique ou hĂ©modynamique et un choc cardiogĂ©nique.

Le SCA se distingue de l’infarctus du myocarde (IM). L’IM dĂ©signe une nĂ©crose des cardiomyocytes survenant dans un contexte clinique d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ« et est diagnostiquĂ© selon la quatriĂšme dĂ©finition universelle de l’IM. L’IM de type 1 est gĂ©nĂ©ralement liĂ© Ă  un Ă©vĂ©nement athĂ©rothrombotique, tandis que les IM de types 2–5 relĂšvent d’autres mĂ©canismes d’ischĂ©mie et de nĂ©crose myocardiques.

L’angor instable (AI) correspond Ă  une ischĂ©mie myocardique sans lĂ©sion aiguĂ« ou nĂ©crose des cardiomyocytes dĂ©montrable. Il se caractĂ©rise par un angor prolongĂ© au repos, durant habituellement plus de 20 minutes ; un angor sĂ©vĂšre de novo ; une Ă©volution crescendo avec augmentation de la frĂ©quence, de la durĂ©e ou de l’intensitĂ© des Ă©pisodes ; un seuil plus bas de dĂ©clenchement des symptĂŽmes ; ou la survenue d’un angor aprĂšs un IM rĂ©cent.

La lĂ©sion myocardique est distincte de l’IM. Elle correspond Ă  une libĂ©ration de troponine cardiaque ne remplissant pas les critĂšres de l’infarctus myocardique ischĂ©mique. Elle peut ĂȘtre aiguĂ«, lorsque les valeurs sĂ©riĂ©es de troponine montrent une variation dynamique, ou chronique, lorsque l’élĂ©vation de la troponine persiste sans variation de ce type. La myocardite, le sepsis, la cardiomyopathie de takotsubo, les valvulopathies, les troubles du rythme et l’insuffisance cardiaque figurent parmi les affections associĂ©es Ă  une lĂ©sion myocardique.

Relation avec les syndromes coronariens chroniques

Les syndromes coronariens chroniques (SCC) dĂ©signent des prĂ©sentations cliniques survenant en pĂ©riode stable, liĂ©es Ă  des anomalies structurelles ou fonctionnelles des artĂšres coronaires ou de la microcirculation coronaire. Ces anomalies peuvent entraĂźner une inadĂ©quation transitoire et rĂ©versible entre les besoins myocardiques en oxygĂšne et l’apport sanguin, gĂ©nĂ©ralement Ă  l’effort, lors d’un stress Ă©motionnel ou d’un autre facteur de stress. Les manifestations comprennent un angor, une autre gĂȘne thoracique, une dyspnĂ©e ou l’absence de symptĂŽmes.

Bien que la maladie coronaire chronique puisse rester stable pendant de longues périodes, elle peut progresser ou se déstabiliser brutalement et conduire à un SCA. Ainsi, le terme « maladie » désigne la pathologie coronaire sous-jacente, tandis que le terme « syndrome » décrit son expression clinique.

Présentation clinique et symptÎmes

La présentation clinique est hétérogÚne. Les patients peuvent présenter :

  • Une douleur thoracique, une pression, une oppression, une pesanteur ou une gĂȘne.

  • Une douleur irradiant vers le cou, la mĂąchoire, les Ă©paules, le dos ou un ou deux bras.

  • Une dyspepsie ou des brĂ»lures d’estomac, en particulier lorsqu’elles s’accompagnent de nausĂ©es ou de vomissements.

  • Une dyspnĂ©e persistante.

  • Une faiblesse, des vertiges, une sensation de tĂȘte lĂ©gĂšre ou une perte de connaissance.

  • Aucun symptĂŽme au moment de l’évaluation.

  • Une gĂȘne thoracique persistante avec instabilitĂ© Ă©lectrique ou hĂ©modynamique.

  • Un arrĂȘt cardiaque ou un choc cardiogĂ©nique.

Les Ă©lĂ©ments en faveur d’un SCA plutĂŽt que d’un angor stable chronique comprennent une apparition soudaine des symptĂŽmes au repos ou pour un effort minime, des symptĂŽmes durant au moins 10 minutes sauf traitement immĂ©diat, une douleur ou une pression thoracique intense et une Ă©volution crescendo. Une Ă©volution crescendo comprend des Ă©pisodes de plus en plus frĂ©quents ou intenses, des Ă©pisodes plus longs, un seuil de dĂ©clenchement plus bas ou des symptĂŽmes rĂ©veillant le patient pendant son sommeil.

Les symptĂŽmes initiaux du NSTEMI et de l’AI peuvent ĂȘtre similaires. Le NSTEMI est diagnostiquĂ© lorsque des symptĂŽmes ischĂ©miques typiques surviennent sans sus-dĂ©calage persistant du segment ST, avec une Ă©lĂ©vation puis une diminution de la troponine cardiospĂ©cifique attribuable Ă  une ischĂ©mie myocardique. L’AI se manifeste par des symptĂŽmes ischĂ©miques compatibles, mais sans Ă©lĂ©vation de la troponine cardiospĂ©cifique au-dessus du 99e percentile.

La prĂ©sentation clinique ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment. Le diagnostic initial et le triage reposent sur l’intĂ©gration des symptĂŽmes, des signes vitaux, de l’ECG et des dosages sĂ©riĂ©s de troponine cardiaque.

Évaluation et examen clinique

Priorités immédiates

La premiÚre évaluation doit déterminer :

  • Si le patient est cliniquement stable ou nĂ©cessite un traitement immĂ©diat pour collapsus circulatoire ou insuffisance respiratoire.

  • Si un diagnostic mettant en jeu le pronostic vital est probable, notamment un SCA, une embolie pulmonaire, une dissection aortique ou une rupture Ɠsophagienne.

  • Si une sortie immĂ©diate est sĂ»re lorsque la probabilitĂ© d’une affection mettant en jeu le pronostic vital est faible, ou si une surveillance et des examens complĂ©mentaires sont nĂ©cessaires.

Les patients ayant un SCA prĂ©sumĂ© doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s rapidement dans un service d’urgence. L’évaluation initiale doit comprendre une anamnĂšse ciblĂ©e, un examen clinique, un ECG Ă  12 dĂ©rivations et un prĂ©lĂšvement sanguin pour dosage de la troponine cardiaque ultrasensible dans les 10 minutes suivant l’arrivĂ©e. Des examens complĂ©mentaires, notamment des dosages sĂ©riĂ©s de troponine et des examens d’imagerie, doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s selon les indications cliniques.

Les patients doivent ĂȘtre placĂ©s sous monitorage cardiaque continu pendant l’évaluation initiale. L’examen clinique doit Ă©valuer les signes vitaux et rechercher des signes de :

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique ou de choc.

  • Insuffisance cardiaque aiguĂ«.

  • Hypoperfusion.

  • Insuffisance respiratoire.

  • Trouble du rythme mettant en jeu le pronostic vital.

  • Bloc auriculoventriculaire de haut degrĂ©.

  • Complication mĂ©canique.

  • Insuffisance rĂ©nale aiguĂ« avec oligurie.

Le document source ne fournit pas de description systĂ©matique dĂ©taillĂ©e des signes spĂ©cifiques de l’examen clinique au-delĂ  de cette Ă©valuation de la stabilitĂ© clinique, des complications aiguĂ«s et des autres diagnostics mettant en jeu le pronostic vital.

Diagnostic différentiel

Le SCA doit ĂȘtre distinguĂ© des autres affections susceptibles d’entraĂźner des symptĂŽmes thoraciques, une Ă©lĂ©vation de la troponine ou une atteinte hĂ©modynamique. Le diagnostic diffĂ©rentiel initial comprend :

  • Embolie pulmonaire.

  • Syndrome aortique aigu ou dissection aortique.

  • Tamponnade pĂ©ricardique.

  • Pneumothorax.

  • Pneumonie.

  • Myocardite.

  • Syndrome de takotsubo.

  • Insuffisance cardiaque congestive.

  • Troubles du rythme cardiaque.

  • Valvulopathie.

  • Sepsis.

  • Autres causes de lĂ©sion myocardique ou d’IM de type 2.

Une Ă©lĂ©vation de la troponine sans antĂ©cĂ©dents compatibles avec un SCA doit faire envisager une autre cause de lĂ©sion cardiaque. À l’inverse, des symptĂŽmes compatibles avec un SCA peuvent survenir avec une troponine initiale normale, ce qui impose des dosages sĂ©riĂ©s.

Examens diagnostiques

Cadre diagnostique initial

Les patients ayant un SCA prĂ©sumĂ© sont initialement classĂ©s selon l’ECG rĂ©alisĂ© Ă  l’arrivĂ©e. Une fois les rĂ©sultats de troponine disponibles, ils sont classĂ©s plus prĂ©cisĂ©ment selon la prĂ©sence ou l’absence d’une Ă©lĂ©vation aiguĂ« de la troponine. Les anomalies de l’ECG et la dynamique de la troponine contribuent au diagnostic, au triage, Ă  la stratification du risque et au choix de la prise en charge initiale.

La dĂ©marche diagnostique peut ĂȘtre rĂ©sumĂ©e comme suit :

Profil clinique et diagnostique Interprétation possible
SymptĂŽmes compatibles avec un SCA, ECG normal et absence d’élĂ©vation ou de variation significative de la troponine L’IM peut ĂȘtre Ă©cartĂ© ; un AI ou un diagnostic non cardiaque reste possible
SymptĂŽmes compatibles avec Ă©lĂ©vation et variation dynamique de la troponine IM, en particulier NSTEMI en l’absence de sus-dĂ©calage persistant du segment ST
SymptĂŽmes compatibles avec sus-dĂ©calage persistant du segment ST STEMI ou syndrome d’occlusion coronaire aiguĂ« nĂ©cessitant une Ă©valuation immĂ©diate en vue d’une reperfusion
ÉlĂ©vation de la troponine sans antĂ©cĂ©dents ischĂ©miques compatibles NSTEMI versus autre cause de lĂ©sion myocardique
SymptĂŽmes ischĂ©miques sans Ă©lĂ©vation de la troponine au-dessus du 99e percentile AI, Ă  condition que l’ensemble du tableau clinique soit compatible avec une ischĂ©mie myocardique
SymptÎmes avec des éléments suggérant une autre maladie Examens orientés vers une embolie pulmonaire, une dissection aortique, un pneumothorax, une pneumonie ou un autre diagnostic différentiel

Électrocardiographie

L’ECG Ă  12 dĂ©rivations est un Ă©lĂ©ment essentiel de l’évaluation initiale et doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© dans les 10 minutes suivant l’arrivĂ©e au service des urgences.

Les patients ayant un SCA présumé sont globalement répartis en deux catégories :

  • SCA avec sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou tracĂ© Ă©quivalent.

  • SCA sans sus-dĂ©calage persistant du segment ST, constituant les SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTE-ACS).

Dans les NSTE-ACS, l’ECG peut montrer un sous-dĂ©calage du segment ST ou des anomalies de l’onde T. Les anomalies dynamiques du segment ST ou de l’onde T, le sus-dĂ©calage transitoire du segment ST et la rĂ©cidive de modifications ischĂ©miques de l’ECG identifient les patients Ă  risque plus Ă©levĂ© et influencent le dĂ©lai de prise en charge invasive.

L’ECG peut Ă©galement orienter vers d’autres diagnostics. Un sus-dĂ©calage diffus du segment ST, avec ou sans sous-dĂ©calage du segment PR, peut Ă©voquer une pĂ©ricardite. Un Ă©largissement du mĂ©diastin Ă  la radiographie thoracique, dans un contexte clinique compatible, fait suspecter une dissection aortique, tandis que les autres Ă©lĂ©ments ECG ou cliniques doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en fonction de l’ensemble de la prĂ©sentation.

Radiographie thoracique

La radiographie thoracique fait partie de l’évaluation initiale d’une douleur thoracique aiguĂ«. Elle peut mettre en Ă©vidence :

  • Un pneumothorax, notamment une zone hyperclaire entre le parenchyme pulmonaire et la paroi thoracique.

  • Une pneumonie, lorsqu’un infiltrat est prĂ©sent dans un contexte clinique et biologique compatible.

  • Une dissection aortique, en prĂ©sence d’un Ă©largissement du mĂ©diastin dans un contexte clinique appropriĂ©.

Une radiographie thoracique normale n’exclut pas un SCA. Lorsque la radiographie n’est pas contributive, l’évaluation doit se poursuivre par une stratification clinique du risque, le dosage des biomarqueurs cardiaques et une imagerie ciblĂ©e lorsque celle-ci est indiquĂ©e.

Échocardiographie

L’échocardiographie figure parmi les outils d’imagerie non invasive utilisĂ©s en cas de SCA prĂ©sumĂ© et est utile dans certaines prĂ©sentations instables. Elle contribue Ă©galement Ă  l’évaluation aprĂšs un arrĂȘt cardiaque rĂ©animĂ©, en particulier lorsque la cause de l’arrĂȘt est incertaine ou lorsque des causes non coronaires doivent ĂȘtre envisagĂ©es.

Le document fourni ne prĂ©cise pas de protocole Ă©chocardiographique dĂ©taillĂ© ni de critĂšres particuliers concernant les troubles de la cinĂ©tique segmentaire, les valvulopathies ou les ventricules pour le triage initial d’un SCA.

Tomodensitométrie et imagerie par résonance magnétique

L’imagerie doit ĂȘtre choisie en fonction du diagnostic suspectĂ© :

  • Une tomodensitomĂ©trie ou une scintigraphie ventilation–perfusion peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en cas de suspicion d’embolie pulmonaire.

  • Une tomodensitomĂ©trie, une imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique ou une Ă©chocardiographie peuvent ĂȘtre utilisĂ©es dans l’évaluation d’une dissection aortique prĂ©sumĂ©e.

  • En cas de suspicion de syndrome aortique aigu, la tomodensitomĂ©trie est recommandĂ©e comme modalitĂ© d’imagerie diagnostique initiale en raison de sa disponibilitĂ©, de sa rapiditĂ©, de sa prĂ©cision et des dĂ©tails anatomiques qu’elle fournit. L’échocardiographie transƓsophagienne et l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique sont des alternatives raisonnables.

  • L’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique, avec ou sans Ă©preuve d’effort, figure parmi les outils diagnostiques non invasifs du SCA, bien que le document fourni ne dĂ©taille pas ses indications spĂ©cifiques dans le triage initial.

Coronarographie et évaluation invasive

La prise en charge invasive est urgente.

Stratégie invasive immédiate

Une coronarographie immédiate, avec angioplastie coronaire percutanée (ICP) si elle est indiquée, est recommandée chez les patients ayant un diagnostic de travail de NSTE-ACS et présentant un critÚre de trÚs haut risque :

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique ou choc cardiogĂ©nique.

  • Douleur thoracique rĂ©cidivante ou persistante, rĂ©fractaire au traitement mĂ©dical.

  • Insuffisance cardiaque aiguĂ« prĂ©sumĂ©e due Ă  une ischĂ©mie myocardique persistante.

  • Troubles du rythme mettant en jeu le pronostic vital ou arrĂȘt cardiaque aprĂšs la prĂ©sentation.

  • Complication mĂ©canique.

  • Modifications dynamiques rĂ©cidivantes de l’ECG Ă©vocatrices d’une ischĂ©mie, notamment un sus-dĂ©calage intermittent du segment ST.

Les patients chez lesquels une occlusion coronaire aiguĂ« persistante est fortement suspectĂ©e, notamment en prĂ©sence d’un sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou d’un tracĂ© Ă©quivalent, doivent bĂ©nĂ©ficier d’une coronarographie en urgence dĂšs que possible.

Stratégie invasive précoce

Une coronarographie dans les 24 heures doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant un NSTE-ACS Ă  haut risque. Il s’agit notamment :

  • Des patients chez lesquels un NSTEMI est confirmĂ© par les algorithmes de troponine ultrasensible Ă  0 heure/1 heure ou Ă  0 heure/2 heures.

  • De modifications dynamiques du segment ST ou de l’onde T.

  • D’un sus-dĂ©calage transitoire du segment ST.

  • D’un score de risque GRACE supĂ©rieur Ă  140.

StratĂ©gies diffĂ©rĂ©e, sĂ©lective et guidĂ©e par l’ischĂ©mie

Les patients ne présentant pas de critÚres de trÚs haut risque ou de haut risque peuvent bénéficier :

  • D’une stratĂ©gie invasive en hospitalisation, notamment lorsque la suspicion clinique d’AI est Ă©levĂ©e.

  • D’une approche invasive diffĂ©rĂ©e, avec coronarographie plus de 24 heures aprĂšs la prĂ©sentation.

  • D’une approche sĂ©lective ou guidĂ©e par l’ischĂ©mie lorsque la suspicion clinique est faible, avec prise en charge mĂ©dicale initiale et coronarographie rĂ©servĂ©e aux situations d’instabilitĂ© hĂ©modynamique, de rĂ©cidive de symptĂŽmes au repos ou d’ischĂ©mie mise en Ă©vidence lors d’une Ă©preuve d’effort.

Les patients prĂ©sentant une Ă©lĂ©vation de la troponine sans satisfaire aux critĂšres d’un IM nĂ©cessitent une Ă©valuation individualisĂ©e, car cette Ă©lĂ©vation peut reflĂ©ter une lĂ©sion myocardique plutĂŽt qu’un SCA.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Troponine cardiaque ultrasensible

La troponine cardiaque ultrasensible joue un rĂŽle central dans le diagnostic et le triage des SCA prĂ©sumĂ©s. Un prĂ©lĂšvement sanguin doit ĂȘtre effectuĂ© dans les 10 minutes suivant l’arrivĂ©e, suivi de dosages sĂ©riĂ©s.

La concentration de troponine doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e quantitativement :

  • Plus la valeur initiale est Ă©levĂ©e, plus la probabilitĂ© d’un IM est importante.

  • Plus la variation absolue au cours des prĂ©lĂšvements sĂ©riĂ©s est importante, plus la probabilitĂ© d’un IM est Ă©levĂ©e.

  • Une Ă©lĂ©vation dynamique suivie d’une diminution est en faveur d’une lĂ©sion myocardique aiguĂ«.

  • Une Ă©lĂ©vation de la troponine, Ă  elle seule, n’établit pas le diagnostic d’IM ; le contexte clinique doit dĂ©montrer une ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

Le 99e percentile de la distribution de rĂ©fĂ©rence propre au dosage est utilisĂ© pour la classification. Des symptĂŽmes ischĂ©miques typiques sans sus-dĂ©calage persistant du segment ST, associĂ©s Ă  une Ă©lĂ©vation de la troponine au-dessus du 99e percentile suivie d’une diminution, sont compatibles avec un NSTEMI. Des symptĂŽmes compatibles sans Ă©lĂ©vation de la troponine au-dessus du 99e percentile sont en faveur d’un AI, aprĂšs exclusion des autres causes.

Algorithmes rapides d’exclusion et de confirmation

Les algorithmes de la SociĂ©tĂ© europĂ©enne de cardiologie Ă  0 heure/1 heure et Ă  0 heure/2 heures utilisent la concentration initiale de troponine ultrasensible et sa variation pendant l’intervalle considĂ©rĂ© pour classer les patients en trois catĂ©gories :

  • Exclusion.

  • Confirmation.

  • Observation.

Les patients classés dans la catégorie « observation » nécessitent une évaluation clinique et des examens diagnostiques complémentaires. Le document source ne fournit pas les seuils propres aux différents dosages ni les valeurs numériques de coupure de la troponine.

Autres résultats biologiques

Le document fourni ne prĂ©sente pas de bilan biologique dĂ©taillĂ© pour le triage initial d’un SCA. Les rĂ©sultats biologiques peuvent contribuer Ă  l’évaluation des diagnostics diffĂ©rentiels, comme une infection en cas de suspicion de pneumonie, mais les valeurs spĂ©cifiques et les bilans recommandĂ©s ne sont pas prĂ©cisĂ©s.

Traitement et prise en charge initiale

Mesures immédiates

À la prĂ©sentation d’un SCA prĂ©sumĂ©, les mesures suivantes sont recommandĂ©es selon les indications cliniques :

  • Monitorage cardiaque continu.

  • OxygĂšne supplĂ©mentaire lorsque le patient est hypoxĂ©mique ou prĂ©sente une insuffisance cardiaque.

  • Trinitrine sublinguale en cas d’angor persistant.

  • Dose de charge d’aspirine.

  • Anticoagulant administrĂ© par voie parentĂ©rale.

  • BĂȘtabloquant en l’absence de contre-indication.

  • Morphine en cas de douleur rĂ©fractaire.

En cas de STEMI, l’oxygĂšne est recommandĂ© lorsque la saturation artĂ©rielle en oxygĂšne est infĂ©rieure Ă  90 %. Des opioĂŻdes intraveineux peuvent ĂȘtre envisagĂ©s pour soulager la douleur.

Les bĂȘtabloquants intraveineux peuvent ĂȘtre envisagĂ©s chez les patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire en l’absence de signes d’insuffisance cardiaque aiguĂ«, lorsque la pression artĂ©rielle systolique est supĂ©rieure Ă  120 mm Hg et qu’il n’existe pas d’autre contre-indication.

Le traitement et le bilan diagnostique doivent ĂȘtre menĂ©s en parallĂšle plutĂŽt que sĂ©quentiellement. Les patients prĂ©sentant une forme sĂ©vĂšre ou instable doivent ĂȘtre pris en charge dans une unitĂ© adaptĂ©e aux soins de haute intensitĂ©.

Reperfusion et prise en charge invasive

Les patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou un tracĂ© Ă©quivalent, ou chez lesquels une occlusion coronaire aiguĂ« est fortement suspectĂ©e, nĂ©cessitent une coronarographie en urgence et une ICP lorsqu’elle est indiquĂ©e.

Dans les NSTE-ACS, le délai de la coronarographie est déterminé par le risque :

Catégorie de risque Prise en charge recommandée
TrÚs haut risque Coronarographie immédiate en urgence, avec ICP si elle est indiquée
Haut risque Prise en charge invasive en hospitalisation ; une coronarographie doit ĂȘtre envisagĂ©e dans les 24 heures
Forte suspicion d’AI sans critĂšres de trĂšs haut risque ou de haut risque StratĂ©gie invasive en hospitalisation
Faible suspicion et absence de critĂšres de haut risque StratĂ©gie sĂ©lective ou guidĂ©e par l’ischĂ©mie, avec coronarographie en cas d’instabilitĂ©, de rĂ©cidive de symptĂŽmes au repos ou d’ischĂ©mie inductible

Le document indique qu’un pontage aortocoronarien peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© Ă  la place d’une ICP dans certaines circonstances, mais ne prĂ©cise pas les critĂšres opĂ©ratoires dans le contexte fourni.

Traitement antiplaquettaire et anticoagulant

Un inhibiteur de P2Y12 doit ĂȘtre administrĂ© lorsqu’un pontage aortocoronarien n’est pas prĂ©vu avant la sortie. Les agents privilĂ©giĂ©s identifiĂ©s dans le document source sont le prasugrel ou la ticlopidine. Dans les NSTE-ACS, l’administration est recommandĂ©e aprĂšs la coronarographie lorsque celle-ci doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans les 24 heures, ou le jour 1 lorsqu’elle ne sera pas rĂ©alisĂ©e dans ce dĂ©lai.

La stratĂ©gie par dĂ©faut Ă  la sortie, chez les patients n’ayant pas d’indication d’une anticoagulation orale, consiste en une bithĂ©rapie antiplaquettaire pendant 12 mois. Une durĂ©e plus courte de 3–6 mois ou un schĂ©ma moins intensif peut ĂȘtre utilisĂ© lorsque le risque hĂ©morragique est Ă©levĂ©. Une prolongation au-delĂ  de 12 mois doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque le risque ischĂ©mique est Ă©levĂ©, le risque hĂ©morragique faible et le traitement initial bien tolĂ©rĂ©.

Lorsqu’une anticoagulation orale au long cours est indiquĂ©e, notamment en cas de fibrillation atriale, une courte pĂ©riode de trithĂ©rapie peut ĂȘtre utilisĂ©e, comprenant :

  • Un anticoagulant oral non antagoniste de la vitamine K, de prĂ©fĂ©rence.

  • Le clopidogrel.

  • L’aspirine pendant une durĂ©e maximale de 1 semaine.

Par la suite, un anticoagulant oral non antagoniste de la vitamine K associĂ© au clopidogrel est recommandĂ© jusqu’à 1 an, puis une anticoagulation orale au long cours sans antiagrĂ©gant plaquettaire. Chez les patients Ă  haut risque hĂ©morragique, la trithĂ©rapie peut ĂȘtre limitĂ©e Ă  1 jour et l’association de l’anticoagulant oral au clopidogrel Ă  3–6 mois. Chez les patients Ă  haut risque ischĂ©mique, la trithĂ©rapie peut ĂȘtre prolongĂ©e jusqu’à 30 jours.

Le document source présente un tableau des schémas posologiques aigus des antiplaquettaires et des anticoagulants, mais ne fournit pas les doses individuelles dans le texte transmis.

Traitement hypolipémiant

Un traitement par statine Ă  forte intensitĂ© doit ĂȘtre instaurĂ© dĂšs la prĂ©sentation :

  • Atorvastatine 40–80 mg, ou

  • Rosuvastatine 20–40 mg.

Les objectifs thérapeutiques indiqués sont :

  • Une rĂ©duction d’au moins 50 % du cholestĂ©rol LDL.

  • Une concentration de cholestĂ©rol LDL infĂ©rieure Ă  55 mg/dL.

L’ézĂ©timibe doit ĂȘtre ajoutĂ© chez les patients prenant dĂ©jĂ  une statine Ă  forte intensitĂ© ou lorsque la cible de cholestĂ©rol LDL a peu de chances d’ĂȘtre atteinte avec la statine seule. Un inhibiteur de PCSK9 constitue l’étape hypolipĂ©miante suivante si la cible n’est toujours pas atteinte.

Parcours de triage fondé sur les recommandations

Un parcours initial pratique est le suivant :

Stabilisation rapide

  • Évaluer les voies aĂ©riennes, la respiration, la circulation, les signes vitaux, l’oxygĂ©nation et l’état neurologique.
    • Rechercher un choc, une insuffisance cardiaque aiguĂ«, une insuffisance respiratoire, un arrĂȘt cardiaque ou un trouble du rythme malin.

    • Mettre en place un monitorage cardiaque continu.

    Évaluation diagnostique immĂ©diate

  • Recueillir une anamnĂšse ciblĂ©e et rĂ©aliser un examen clinique.
    • RĂ©aliser un ECG Ă  12 dĂ©rivations dans les 10 minutes.

    • Doser la troponine cardiaque ultrasensible dans les 10 minutes.

    • Envisager une radiographie thoracique et une imagerie ciblĂ©e selon le diagnostic diffĂ©rentiel.

    Classer le tracé ECG

  • Sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou tracĂ© Ă©quivalent : activer un parcours de reperfusion en urgence.
    • Absence de sus-dĂ©calage persistant du segment ST : poursuivre l’évaluation d’un NSTE-ACS Ă  l’aide des donnĂ©es cliniques, d’ECG sĂ©riĂ©s et de dosages sĂ©riĂ©s de troponine.

    Interpréter les dosages sériés de troponine

  • Écarter un IM lorsque le profil clinique et biologique permet de l’exclure.
    • Confirmer un IM lorsque l’élĂ©vation de la troponine et sa variation dynamique sont compatibles avec une lĂ©sion myocardique aiguĂ« dans un contexte ischĂ©mique.

    • Placer le patient en observation et poursuivre les explorations lorsque les rĂ©sultats sont indĂ©terminĂ©s.

    Identifier un NSTE-ACS Ă  trĂšs haut risque

  • Tout Ă©lĂ©ment tel qu’une douleur rĂ©cidivante rĂ©fractaire, un choc, une insuffisance cardiaque aiguĂ« ischĂ©mique, un arrĂȘt cardiaque, un trouble du rythme mettant en jeu le pronostic vital, une complication mĂ©canique ou des modifications dynamiques ischĂ©miques rĂ©cidivantes de l’ECG impose une coronarographie immĂ©diate.

    Identifier un NSTE-ACS Ă  haut risque

  • Des modifications dynamiques de l’ECG, un sus-dĂ©calage transitoire du segment ST, un NSTEMI confirmĂ© ou un score de risque GRACE supĂ©rieur Ă  140 sont en faveur d’une coronarographie dans les 24 heures.

    Envisager les diagnostics différentiels

  • Une Ă©lĂ©vation de la troponine sans symptĂŽmes ischĂ©miques, des Ă©lĂ©ments cliniques atypiques ou des anomalies d’imagerie suggĂ©rant une autre affection doivent conduire Ă  une Ă©valuation ciblĂ©e d’une lĂ©sion myocardique ou de causes non coronaires.
  • PrĂ©sentations instables particuliĂšres

    ArrĂȘt cardiaque

    Le SCA est une cause frĂ©quente d’arrĂȘt cardiaque extrahospitalier. AprĂšs rĂ©cupĂ©ration d’une circulation spontanĂ©e, une coronarographie immĂ©diate est gĂ©nĂ©ralement appropriĂ©e en prĂ©sence d’un sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou d’un tracĂ© Ă©quivalent, en particulier lorsque la probabilitĂ© d’une occlusion coronaire aiguĂ« est Ă©levĂ©e et que le rapport bĂ©nĂ©fice–risque est favorable.

    Chez les patients hĂ©modynamiquement stables sans sus-dĂ©calage du segment ST ni Ă©quivalent, une coronarographie immĂ©diate systĂ©matique n’est pas supĂ©rieure Ă  une stratĂ©gie diffĂ©rĂ©e. L’évaluation initiale doit plutĂŽt rechercher des causes non coronaires, notamment des Ă©vĂ©nements cĂ©rĂ©brovasculaires, une insuffisance respiratoire, un choc non cardiogĂ©nique, une embolie pulmonaire et une intoxication. L’échocardiographie peut contribuer Ă  cette Ă©valuation.

    Chez les patients qui restent inconscients aprĂšs la rĂ©animation, la fiĂšvre doit ĂȘtre activement prĂ©venue. L’évaluation pronostique neurologique ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant 72 heures aprĂšs l’admission.

    Choc cardiogénique et insuffisance cardiaque aiguë

    Le choc cardiogĂ©nique, l’insuffisance cardiaque aiguĂ«, l’hypoperfusion et l’ischĂ©mie persistante nĂ©cessitent une prise en charge dans une unitĂ© de soins de haute intensitĂ©. Les complications mĂ©caniques d’un IM aigu, notamment une insuffisance mitrale aiguĂ«, une communication interventriculaire par rupture cardiaque, une tamponnade et un infarctus isolĂ© du ventricule droit, peuvent contribuer au choc.

    Les patients en choc cardiogĂ©nique peuvent nĂ©cessiter des inotropes intraveineux ou des vasoconstricteurs et, dans certaines situations, une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire. Les patients prĂ©sentant un SCA avec ischĂ©mie persistante, insuffisance cardiaque aiguĂ« ou hypoperfusion, choc cardiogĂ©nique, arrĂȘt cardiaque avec coma, troubles du rythme malins, bloc auriculoventriculaire de haut degrĂ© ou insuffisance rĂ©nale aiguĂ« avec oligurie doivent ĂȘtre admis en unitĂ© de soins coronariens ou en unitĂ© de soins intensifs cardiologiques.

    Pronostic et suivi

    Le pronostic varie considĂ©rablement au sein du spectre des SCA. L’AI a gĂ©nĂ©ralement un meilleur pronostic que le NSTEMI, mais toute prĂ©sentation Ă©voquant un SCA nĂ©cessite une Ă©valuation structurĂ©e, car les manifestations cliniques prĂ©coces peuvent se chevaucher. Le pronostic est dĂ©favorablement influencĂ© par l’instabilitĂ© hĂ©modynamique, le choc cardiogĂ©nique, l’insuffisance cardiaque aiguĂ«, l’arrĂȘt cardiaque, les troubles du rythme malins, les complications mĂ©caniques, le bloc auriculoventriculaire de haut degrĂ© et l’insuffisance rĂ©nale aiguĂ« avec oligurie.

    L’évaluation du risque doit intĂ©grer :

    • Les symptĂŽmes et les signes vitaux.

    • Les donnĂ©es de l’ECG et leur Ă©volution dynamique.

    • Les concentrations initiales et sĂ©riĂ©es de troponine cardiaque ultrasensible.

    • La prĂ©sence d’une insuffisance cardiaque, d’un choc, d’un trouble du rythme ou d’autres complications aiguĂ«s.

    • Le score de risque GRACE chez les patients appropriĂ©s prĂ©sentant un NSTE-ACS.

    • Le risque ischĂ©mique et le risque hĂ©morragique lors du choix du traitement antithrombotique.

    AprĂšs la reperfusion, les patients Ă  haut risque prĂ©sentant un SCA, y compris tous les patients avec STEMI, doivent ĂȘtre admis en unitĂ© de soins coronariens ou en unitĂ© de soins intensifs cardiologiques. Ces unitĂ©s doivent assurer un monitorage continu et ĂȘtre en mesure de prendre en charge les troubles du rythme, l’insuffisance cardiaque, l’assistance circulatoire mĂ©canique, le monitorage hĂ©modynamique invasif et non invasif, l’insuffisance respiratoire, la ventilation mĂ©canique et le contrĂŽle de la tempĂ©rature.

    La prise en charge au long cours aprĂšs la phase aiguĂ« comprend un traitement antithrombotique individualisĂ© en fonction des risques ischĂ©mique et hĂ©morragique, une rĂ©duction intensive des lipides, la rĂ©adaptation cardiaque, la prise en charge du mode de vie et une attention portĂ©e Ă  l’observance mĂ©dicamenteuse. Le document fourni identifie la rĂ©adaptation cardiaque, le tabac, la nutrition et l’alcool, l’activitĂ© physique, les aspects psychologiques, la reprise des activitĂ©s et la planification de la sortie centrĂ©e sur le patient comme des Ă©lĂ©ments de la prise en charge continue, mais ne fournit pas de calendrier dĂ©taillĂ© de suivi ni d’intervalles prĂ©cis de surveillance.

    Auteurs

    EBM AI
    Evidensbaserad AI-agent

    Mis à jour 6 août 2026