Introduction
Les stents coronaires actifs (DES) sont les dispositifs prĂ©dominamment utilisĂ©s lors des interventions coronaires percutanĂ©es (ICP). Ils sont issus de lâangioplastie au ballonnet et des stents nus (BMS), en rĂ©ponse Ă la restĂ©nose principalement due Ă lâhyperplasie nĂ©o-intimale. Les DES contemporains associent une armature mĂ©tallique, un systĂšme de dĂ©livrance mĂ©dicamenteuse polymĂ©rique ou sans polymĂšre, et un agent antiprolifĂ©ratif. Leur dĂ©veloppement a amĂ©liorĂ© la sĂ©curitĂ© des procĂ©dures, rĂ©duit le recours Ă une nouvelle revascularisation et Ă©largi lâĂ©ventail des lĂ©sions accessibles Ă lâICP.
Le choix du stent doit nĂ©anmoins ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă lâanatomie lĂ©sionnelle, Ă la prĂ©sentation clinique, au risque hĂ©morragique, Ă la probabilitĂ© dâune chirurgie non cardiaque, Ă la complexitĂ© de la procĂ©dure et aux mĂ©rites relatifs de lâICP et du pontage aortocoronarien (PAC).
Définition et physiopathologie
De lâangioplastie au ballonnet aux stents coronaires
Lâangioplastie au ballonnet Ă©tait initialement limitĂ©e par lâocclusion aiguĂ« du vaisseau, puis par la restĂ©nose. Les stents coronaires ont fourni une armature permettant dâappliquer les lambeaux de dissection contre la paroi, de sâopposer au recoil Ă©lastique, de rĂ©duire les occlusions vasculaires aiguĂ«s et de diminuer le recours Ă un PAC en urgence.
Les stents mĂ©talliques seuls, dĂ©sormais appelĂ©s stents nus (BMS), rĂ©duisaient la restĂ©nose par rapport Ă lâangioplastie au ballonnet, sans toutefois lâĂ©liminer. La restĂ©nose angiographique â dĂ©finie dans le document source comme une stĂ©nose rĂ©siduelle du diamĂštre supĂ©rieure Ă 50 % lors du suivi â survenait chez 20â30 % des patients, tandis que la restĂ©nose cliniquement manifeste, se traduisant par la rĂ©apparition dâun angor attribuable au segment traitĂ©, survenait chez 10â15 % des patients au cours de la premiĂšre annĂ©e. Le mĂ©canisme prĂ©dominant Ă©tait une hyperplasie intimale excessive au sein du stent.
La resténose était plus probable en présence de :
Petit diamÚtre du vaisseau de référence
Petite lumiÚre aprÚs la procédure
Sténose résiduelle importante
Lésions longues
DiabĂšte
Dissection non traitée du bord
Composants et mécanismes des DES
Un DES conventionnel Ă polymĂšre durable comprend :
Une armature métallique expansible par ballonnet
Un revĂȘtement polymĂ©rique durable ou rĂ©sorbable
Un médicament antiprolifératif
Le médicament est délivré à partir de la surface du stent et inhibe la prolifération cellulaire ainsi que la croissance néo-intimale. Les plateformes de stents modernes utilisent des mailles plus fines et des systÚmes de délivrance améliorés, réduisant les lésions vasculaires et améliorant la flexibilité ainsi que la capacité de franchissement.
Les polymĂšres durables contemporains sont plus biocompatibles que ceux utilisĂ©s dans les premiers DES. Les revĂȘtements en fluoropolymĂšre ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă une rĂ©duction des lĂ©sions vasculaires et de lâinflammation, Ă une endothĂ©lialisation plus rapide, Ă une moindre prolifĂ©ration nĂ©o-intimale et Ă une thrombogenicitĂ© rĂ©duite.
Thrombose de stent
Les premiers stents mĂ©talliques rĂ©duisaient les occlusions aiguĂ«s, mais introduisaient un risque de thrombose liĂ© Ă la prĂ©sence dâun corps Ă©tranger intravasculaire. Les DES de premiĂšre gĂ©nĂ©ration, notamment les dispositifs Ă Ă©lution de sirolimus et de paclitaxel, Ă©taient associĂ©s Ă un risque accru de thrombose tardive et trĂšs tardive du stent par rapport aux BMS. Les DES modernes prĂ©sentent un risque thrombotique nettement plus faible ; pour les DES contemporains Ă polymĂšre durable, des taux de thrombose de stent aussi faibles que 0,4â0,5 % Ă 1 an et infĂ©rieurs Ă 1 % Ă 5 ans ont Ă©tĂ© rapportĂ©s.
La thrombose de stent demeure cliniquement importante, car lâinterruption du traitement antiplaquettaire, en particulier en pĂ©riode pĂ©riopĂ©ratoire, peut en accroĂźtre le risque. Le risque est maximal relativement peu aprĂšs lâimplantation, puis diminue avec le temps.
Ăvolution des plateformes de stents coronaires
Stents nus
Les BMS consistent en une armature mĂ©tallique dĂ©pourvue de revĂȘtement antiprolifĂ©ratif. Historiquement, leurs avantages comprenaient une durĂ©e requise plus courte de bithĂ©rapie antiplaquettaire (DAPT), qui pouvait ĂȘtre limitĂ©e Ă 4â6 semaines. Cela rendait les BMS intĂ©ressants chez les patients nĂ©cessitant une chirurgie non cardiaque urgente, prĂ©sentant un risque hĂ©morragique Ă©levĂ© ou jugĂ©s peu susceptibles dâadhĂ©rer au traitement.
Cependant, les donnĂ©es contemporaines soutiennent lâutilisation des DES dans la plupart des procĂ©dures dâICP, y compris chez de nombreux patients Ă haut risque hĂ©morragique, car les nouveaux DES offrent une meilleure efficacitĂ© avec une sĂ©curitĂ© acceptable, mĂȘme lorsque des schĂ©mas de DAPT plus courts sont utilisĂ©s. Selon le document source, les BMS reprĂ©sentent dĂ©sormais moins de 10 % des procĂ©dures dâICP contemporaines.
DES de premiÚre génération
Les premiers DES largement utilisés comprenaient les stents à élution de sirolimus et de paclitaxel. Ils réduisaient fortement la resténose, mais étaient associés à un risque accru de thrombose tardive et trÚs tardive du stent par rapport aux BMS.
LâexpĂ©rience pivot avec les stents Ă Ă©lution de sirolimus a montrĂ© une rĂ©duction importante de lâĂ©chec du vaisseau cible par rapport aux BMS. Dans lâessai citĂ©, lâĂ©chec du vaisseau cible Ă 8 mois Ă©tait de 8,6 % avec les stents Ă Ă©lution de sirolimus, contre 21 % avec les BMS, principalement en raison dâun moindre recours Ă la revascularisation du vaisseau cible. La diffĂ©rence restait manifeste Ă 5 ans.
DES contemporains Ă polymĂšre durable
Les DES actuels Ă polymĂšre durable prĂ©sentent une sĂ©curitĂ©, une efficacitĂ©, une dĂ©livrabilitĂ© et une thrombogenicitĂ© amĂ©liorĂ©es par rapport aux dispositifs antĂ©rieurs. Les stents Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus et les stents plus rĂ©cents Ă Ă©lution de zotarolimus en sont des exemples majeurs.
Dans une vaste comparaison randomisĂ©e, les stents Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus (EES) ont rĂ©duit lâĂ©chec de la lĂ©sion cible Ă 1 an par rapport aux stents Ă Ă©lution de paclitaxel : 4,2 % contre 6,8 %. Lâinfarctus du myocarde et la thrombose de stent Ă©taient Ă©galement moins frĂ©quents avec les EES, respectivement Ă 1,9 % contre 3,1 % et Ă 0,17 % contre 0,85 %.
Les deux plateformes dâEES Ă polymĂšre durable dĂ©crites comprennent :
Xience en cobalt-chrome
Promus en platine-chrome
Toutes deux utilisent une épaisseur de maille de 81 ”m et un systÚme polymérique PBMA/PVDF-HFP.
DES Ă polymĂšre bioabsorbable
Les DES Ă polymĂšre bioabsorbable sont conçus de sorte que le mĂ©dicament et le polymĂšre soient libĂ©rĂ©s ou dĂ©gradĂ©s avec le temps, laissant lâarmature mĂ©tallique en place. Cela les distingue dâune plateforme vasculaire biorĂ©sorbable, dans laquelle le polymĂšre et lâarmature sont finalement rĂ©sorbĂ©s.
Les principaux exemples décrits sont Synergy et Orsiro.
| Plateforme | Médicament | Durée de libération du médicament | Caractéristiques du polymÚre |
|---|---|---|---|
| Synergy | ĂvĂ©rolimus | Environ 3â4 mois | PLGA ; le polymĂšre se rĂ©sorbe en environ 4 mois |
| Orsiro | Sirolimus | Environ 3â4 mois | BIOlut poly-L-lactide ; dĂ©gradation du polymĂšre sur 12â24 mois |
Le stent Synergy utilise un revĂȘtement polymĂ©rique abluminal. Les Ă©tudes dâimagerie ont montrĂ© une rĂ©sorption complĂšte du mĂ©dicament et du polymĂšre en environ 4 mois. Dans lâessai EVOLVE II, Synergy Ă©tait non infĂ©rieur Ă un DES Ă polymĂšre durable pour lâĂ©chec de la lĂ©sion cible Ă 12 mois : 6,7 % contre 6,5 %.
Orsiro est une plateforme Ă Ă©lution de sirolimus dotĂ©e de mailles ultrafines, dâune Ă©paisseur de 60 ”m. Dans les Ă©tudes comparatives, ses rĂ©sultats Ă©taient similaires Ă ceux des DES contemporains Ă polymĂšre durable concernant lâinfarctus du myocarde, la revascularisation de la lĂ©sion cible et la thrombose de stent Ă 12 mois. Dans lâessai BIONYX, Orsiro Ă©tait non infĂ©rieur Ă Resolute Onyx pour lâĂ©chec du vaisseau cible Ă 1 an, bien que la thrombose de stent ait Ă©tĂ© plus frĂ©quente avec Orsiro : 0,7 % contre 0,1 %.
Dans lâensemble des Ă©tudes, les DES Ă polymĂšre bioabsorbable prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des rĂ©sultats similaires Ă 1â2 ans Ă ceux des DES contemporains Ă polymĂšre durable. Les DES Ă polymĂšre bioabsorbable et Ă mailles ultrafines, dĂ©finis dans le document source par une Ă©paisseur de maille infĂ©rieure Ă 70 ”m, ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă des taux plus faibles dâĂ©chec de la lĂ©sion cible et dâinfarctus du myocarde que les DES Ă polymĂšre bioabsorbable ou durable dotĂ©s de mailles plus Ă©paisses.
Stents Ă revĂȘtement mĂ©dicamenteux sans polymĂšre
Les stents sans polymĂšre appliquent directement le mĂ©dicament sur lâarmature mĂ©tallique. Le transfert du mĂ©dicament est rapide, aprĂšs quoi une armature mĂ©tallique demeure en place.
Le stent BioFreedom dĂ©livre de lâumirolimus, Ă©galement appelĂ© biolimus A9, principalement au cours du premier mois ; environ 90 % du mĂ©dicament est transfĂ©rĂ© dans les 48 heures. Chez des patients Ă haut risque hĂ©morragique recevant seulement 1 mois de DAPT, BioFreedom a rĂ©duit le critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiaque, infarctus du myocarde et thrombose de stent par rapport aux BMS Ă 390 jours : 9,4 % contre 12,9 %. La revascularisation de la lĂ©sion cible Ă©tait Ă©galement moins frĂ©quente : 5,1 % contre 9,8 %.
La thrombose certaine ou probable du stent Ă©tait similaire dans les deux groupes, Ă respectivement 2,0 % et 2,2 %. Toutefois, lâefficacitĂ© de BioFreedom semble intermĂ©diaire entre celle des BMS et celle des DES contemporains, et sa place par rapport aux DES modernes demeure incertaine.
Plateformes vasculaires biorésorbables
Les plateformes vasculaires biorĂ©sorbables se distinguent des DES Ă polymĂšre bioabsorbable par le fait que le polymĂšre et lâarmature sont finalement rĂ©sorbĂ©s, ne laissant aucune structure mĂ©tallique permanente. Le document source identifie cette distinction conceptuelle comme importante, mais ne fournit pas suffisamment dâinformations pour dĂ©finir leur rĂŽle clinique actuel ou Ă©tablir une indication prĂ©fĂ©rentielle.
Agents pharmacologiques utilisés dans les DES
Sirolimus
Le sirolimus est un agent immunosuppresseur et antiprolifĂ©ratif qui inhibe la prolifĂ©ration cellulaire par un mĂ©canisme cytostatique. Le stent Cypher contenait 140 ”g/cm2 de sirolimus, libĂ©rĂ© par un polymĂšre biostable sur environ 30 jours. Bien que la fabrication de Cypher ait cessĂ© en 2011, dâautres stents Ă Ă©lution de sirolimus et Ă polymĂšre durable continuent dâĂȘtre produits en dehors des Ătats-Unis.
ĂvĂ©rolimus
LâĂ©vĂ©rolimus est un analogue semi-synthĂ©tique du sirolimus possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s immunosuppressives et antiprolifĂ©ratives. Les stents Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus ont montrĂ© des taux plus faibles dâĂ©chec de la lĂ©sion cible, dâinfarctus du myocarde et de thrombose de stent que les stents de premiĂšre gĂ©nĂ©ration Ă Ă©lution de paclitaxel.
Zotarolimus
Les premiers stents Ă Ă©lution de zotarolimus libĂ©raient environ 95 % du mĂ©dicament en 2 semaines. Le stent Endeavor rĂ©duisait lâĂ©chec du vaisseau cible Ă 9 mois par rapport aux BMS : 7,9 % contre 15,1 %. Une plateforme ultĂ©rieure, Resolute, utilisait un polymĂšre prolongeant la libĂ©ration du mĂ©dicament, avec environ 85 % libĂ©rĂ©s dans les 60 jours et le reste Ă 180 jours.
Resolute Ă©tait non infĂ©rieur aux EES pour lâĂ©chec de la lĂ©sion cible Ă 1 an : 8,2 % contre 8,3 %. Ă 5 ans, aucune diffĂ©rence significative nâĂ©tait observĂ©e entre les deux plateformes concernant lâĂ©chec de la lĂ©sion cible, ses composantes ou la thrombose de stent.
Données comparant les différents types de stents
DES versus BMS
Les DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux BMS, car ils rĂ©duisent le recours Ă une nouvelle revascularisation et amĂ©liorent la prĂ©vention de la restĂ©nose. Dans lâinfarctus aigu du myocarde, les DES contemporains ont Ă©galement montrĂ© des taux plus faibles de rĂ©infarctus, de revascularisation de la lĂ©sion cible et de thrombose de stent que les BMS, avec des bĂ©nĂ©fices maintenus lors du suivi Ă plus long terme.
Lâessai Norwegian Coronary Stent Trial a montrĂ© des taux comparables de dĂ©cĂšs ou dâinfarctus du myocarde entre les DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration et les BMS, mais des taux plus faibles de revascularisation de la lĂ©sion cible et de thrombose de stent avec les DES.
Performance relative des plateformes de DES
Une méta-analyse en réseau incluant 117,762 années-patients de suivi a rapporté les taux suivants de revascularisation à court terme du vaisseau cible :
| Type de stent | Revascularisation du vaisseau cible jusquâĂ 1 an |
|---|---|
| Stent à élution de sirolimus | 4,1 % |
| Stent Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus | 4,4 % |
| Stent Resolute à élution de zotarolimus | 4,9 % |
| Stent Endeavor à élution de zotarolimus | 7,6 % |
| Stent à élution de paclitaxel | 7,4 % |
| Stent nu | 15,8 % |
Les taux de thrombose certaine ou probable du stent Ă©taient les plus faibles avec les stents Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus, suivis des stents Resolute Ă Ă©lution de zotarolimus et des stents Ă Ă©lution de sirolimus. Les taux rapportĂ©s Ă©taient respectivement de 0,04 %, 0,07 % et 0,08 % ; les plateformes Ă Ă©lution de paclitaxel et les BMS prĂ©sentaient des taux plus Ă©levĂ©s.
Ă 5 ans, les taux de nouvelle revascularisation et de thrombose de stent semblaient comparables entre les plateformes EES Xience et Promus.
ConsidĂ©rations procĂ©durales et dâimagerie
Abord vasculaire
Lâabord radial permet de rĂ©aliser une ICP avec un risque moindre de complications vasculaires et de saignement, un meilleur confort pour le patient et une hospitalisation plus courte. Une sortie le jour mĂȘme est possible chez certains patients Ă faible risque.
Imagerie intravasculaire
LâĂ©chographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) peuvent contribuer Ă lâĂ©valuation des lĂ©sions et Ă lâimplantation du stent. Lâimagerie revĂȘt une importance particuliĂšre lorsque la complexitĂ© lĂ©sionnelle et la charge athĂ©romateuse augmentent.
LâIVUS permet dâĂ©valuer :
La surface luminale
Les diamĂštres luminal minimal et maximal
La surface de la membrane élastique externe
La surface de lâathĂ©rome
La charge athéromateuse
LâICP guidĂ©e par IVUS a Ă©tĂ© associĂ©e Ă des surfaces minimales de stent plus importantes et Ă une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs, notamment des dĂ©cĂšs cardiovasculaires, des infarctus du myocarde et des revascularisations de la lĂ©sion cible. Dans lâessai ULTIMATE, lâimplantation dâun DES guidĂ©e par IVUS a rĂ©duit lâĂ©chec du vaisseau cible Ă 12 mois par rapport Ă lâICP guidĂ©e par angiographie.
LâIVUS peut ĂȘtre particuliĂšrement utile dans les lĂ©sions complexes, notamment en cas dâatteinte du tronc commun. Dans lâessai EXCEL, lâIVUS a Ă©tĂ© utilisĂ©e chez 77,2 % des patients traitĂ©s par ICP.
Parmi les principales limites figurent la nĂ©cessitĂ© dâune position coaxiale du cathĂ©ter, une rĂ©solution relativement faible pour distinguer le thrombus de la plaque, le coĂ»t, lâallongement de la durĂ©e de la procĂ©dure et la dĂ©pendance Ă lâexpertise de lâopĂ©rateur. LâIVUS ne visualise pas non plus directement la composante lipidique de la plaque. La spectroscopie dans le proche infrarouge peut contribuer Ă pallier cette limite.
LâOCT fournit une imagerie de plus haute rĂ©solution que lâIVUS, et une revue systĂ©matique ainsi quâune mĂ©ta-analyse en rĂ©seau ont Ă©valuĂ© lâangiographie, lâIVUS et lâOCT pour guider lâICP. Le document source ne fournit pas suffisamment dâinformations pour dĂ©finir une prĂ©fĂ©rence universelle entre ces diffĂ©rentes modalitĂ©s dâimagerie.
Ăvaluation physiologique des lĂ©sions
La rĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit (FFR) et lâinstantaneous wave-free ratio (iFR) sont des mĂ©thodes utilisĂ©es pour Ă©valuer la signification fonctionnelle des stĂ©noses coronaires et guider lâICP. LâICP guidĂ©e par FFR a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e dans la maladie coronaire stable et les atteintes pluritronculaires. LâiFR a Ă©galement Ă©tĂ© comparĂ© Ă la FFR pour guider lâICP, avec un suivi Ă long terme rapportĂ©.
Lâintervention guidĂ©e par le quantitative flow ratio a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e. Le document source ne fournit pas de seuils procĂ©duraux ni de dĂ©tails posologiques pour ces techniques.
Contexte clinique du choix du stent
Maladie coronaire stable
LâICP constitue une option thĂ©rapeutique importante chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique stable, en particulier en cas dâangor chronique persistant malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal conforme aux recommandations. Elle peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la mĂȘme sĂ©ance que la coronarographie diagnostique, et le soulagement des symptĂŽmes peut ĂȘtre immĂ©diat et important.
Le document source ne définit pas de plateforme de DES préférentielle unique dans la maladie stable. Les DES contemporains sont généralement privilégiés en raison de leurs taux plus faibles de resténose et de nouvelle revascularisation.
Syndromes coronariens aigus
Les DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux BMS dans les syndromes coronariens aigus. Les donnĂ©es issues dâĂ©tudes consacrĂ©es Ă lâinfarctus aigu du myocarde montrent des taux plus faibles de rĂ©infarctus, de revascularisation de la lĂ©sion cible et de thrombose de stent avec les DES.
Dans le syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST, une stratĂ©gie invasive systĂ©matique avec coronarographie pendant lâhospitalisation est recommandĂ©e en cas de NSTEMI confirmĂ© et chez les patients ayant un diagnostic de travail de SCA sans sus-dĂ©calage du ST avec forte suspicion dâangor instable. Une stratĂ©gie invasive systĂ©matique rĂ©duit les critĂšres composites ischĂ©miques, en particulier chez les patients Ă haut risque, mais peut augmenter les complications et les saignements pĂ©riopĂ©ratoires.
Lâutilisation dâune angioplastie par ballonnet enrobĂ© de mĂ©dicament sans implantation de stent dans les SCA sans sus-dĂ©calage du ST demeure insuffisamment Ă©tablie. De petites Ă©tudes ont montrĂ© une non-infĂ©rioritĂ© ou des rĂ©sultats physiologiques similaires dans certaines situations sĂ©lectionnĂ©es, mais le document source indique que des Ă©tudes complĂ©mentaires sont nĂ©cessaires avant de pouvoir formuler des recommandations dĂ©finitives.
Maladie pluritronculaire
Le choix entre lâICP et le PAC ne dĂ©pend pas de la seule technologie des stents. En cas de maladie pluritronculaire, le PAC offre gĂ©nĂ©ralement de meilleurs rĂ©sultats Ă long terme, en particulier lorsque le score SYNTAX est Ă©levĂ©.
Dans les atteintes tritronculaires, lâICP Ă©tait associĂ©e Ă un taux plus Ă©levĂ© dâĂ©vĂ©nements cardiaques et cĂ©rĂ©brovasculaires indĂ©sirables majeurs Ă 5 ans que le PAC : 37,5 % contre 24,2 %. LâICP entraĂźnait Ă©galement davantage de dĂ©cĂšs toutes causes, dâinfarctus du myocarde et de nouvelles revascularisations, tandis que le risque dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral Ă©tait similaire.
Chez les patients ayant un score SYNTAX faible, les taux dâĂ©vĂ©nements majeurs Ă©taient plus comparables, bien que les nouvelles revascularisations restent plus frĂ©quentes aprĂšs ICP. Dans lâessai citĂ©, lâICP guidĂ©e par FFR utilisant des EES contemporains nâa pas satisfait aux critĂšres de non-infĂ©rioritĂ© par rapport au PAC dans la maladie pluritronculaire.
DiabĂšte
Les patients diabĂ©tiques ont de moins bons rĂ©sultats aprĂšs lâICP ou le PAC que les patients non diabĂ©tiques et prĂ©sentent davantage dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires rĂ©currents aprĂšs une ICP.
En cas de diabĂšte associĂ© Ă une maladie pluritronculaire, lâensemble des donnĂ©es disponibles et les recommandations des sociĂ©tĂ©s savantes sont en faveur du PAC. Dans lâessai citĂ© chez des patients atteints de diabĂšte de type 2 et de maladie pluritronculaire, le PAC rĂ©duisait le critĂšre composite associant dĂ©cĂšs, infarctus du myocarde et accident vasculaire cĂ©rĂ©bral Ă 1 an comme Ă 5 ans, par rapport Ă lâICP. Ă 5 ans, les dĂ©cĂšs et les infarctus du myocarde Ă©taient moins frĂ©quents avec le PAC, tandis que les nouvelles revascularisations Ă©taient plus frĂ©quentes aprĂšs lâICP. Les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux Ă©taient plus frĂ©quents aprĂšs le PAC.
Le PAC comporte Ă©galement des risques plus Ă©levĂ©s dâinfection de plaie, dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«, dâinsuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs chez les patients diabĂ©tiques ; les dĂ©cisions doivent donc rester individualisĂ©es.
Personnes ùgées et fragilité
Les personnes ĂągĂ©es prĂ©sentent souvent des symptĂŽmes autres que lâangor, ce qui peut retarder le diagnostic. La fragilitĂ©, les comorbiditĂ©s, lâĂ©tat cognitif, lâĂąge biologique plutĂŽt que chronologique et la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă la santĂ© doivent intervenir dans les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques.
Les patients ĂągĂ©s sont plus vulnĂ©rables aux hĂ©morragies, Ă lâinsuffisance rĂ©nale et aux complications neurologiques, tant avec les stratĂ©gies conservatrices quâinvasives. Chez les personnes ĂągĂ©es, les DES contemporains associĂ©s Ă une DAPT de courte durĂ©e offrent des avantages de sĂ©curitĂ© et dâefficacitĂ© par rapport aux BMS. La fragilitĂ© est au cĆur de la dĂ©cision individualisĂ©e.
Traitement antiplaquettaire et chirurgie non cardiaque
Risque périopératoire
La pose dâun stent coronaire crĂ©e une pĂ©riode durant laquelle lâinterruption du traitement antiplaquettaire peut exposer le patient Ă une thrombose de stent et Ă des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. Historiquement, les stents actifs suscitaient davantage de prĂ©occupations pĂ©riopĂ©ratoires que les BMS, et le risque de thrombose pouvait persister pendant au moins 1 an, en particulier en cas dâarrĂȘt des agents antiplaquettaires.
Les donnĂ©es observationnelles indiquent que le risque cardiovasculaire pĂ©riopĂ©ratoire est maximal peu aprĂšs lâICP, puis diminue avec le temps. Chez les patients porteurs de BMS, le taux dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires Ă©tait de 6,7 % lorsque la chirurgie Ă©tait rĂ©alisĂ©e dans les 45 jours et de 2,6 % lorsquâelle Ă©tait rĂ©alisĂ©e entre 45 et 180 jours aprĂšs lâimplantation. Avec les DES, ce taux Ă©tait de 20,2 % au cours des 45 premiers jours et devenait similaire Ă celui observĂ© chez les patients sans stent lorsque lâimplantation remontait Ă plus de 180 jours.
Délai recommandé avant une chirurgie élective
Les recommandations ACC/AHA citées précisent les intervalles suivants :
| Intervention coronaire | Délai recommandé avant une chirurgie non cardiaque |
|---|---|
| Angioplastie au ballonnet | 14 jours |
| Implantation dâun BMS | 30 jours |
| Implantation dâun DES | 12 mois |
Un dĂ©lai de 3 mois peut ĂȘtre envisagĂ© lorsque la chirurgie ne peut ĂȘtre diffĂ©rĂ©e. Une chirurgie Ă©lective peut ĂȘtre envisagĂ©e plus de 180 jours aprĂšs lâimplantation dâun DES pour maladie coronaire chronique lorsque le report de lâintervention semble plus risquĂ© que le risque potentiel de thrombose de stent.
Si un inhibiteur de P2Y12 doit ĂȘtre interrompu et quâun dĂ©lai supplĂ©mentaire nâest pas acceptable, la chirurgie peut ĂȘtre envisagĂ©e aprĂšs 3 mois chez certains patients. Lâeptifibatide ou le tirofiban intraveineux ont Ă©tĂ© proposĂ©s comme stratĂ©gies de relais, mais le document source souligne que ces approches nâont pas fait lâobjet dâune Ă©valuation rigoureuse et que les donnĂ©es de rĂ©sultats sont insuffisantes.
Recommandations des sociétés savantes
Les principales recommandations étayées par le document source sont les suivantes :
Les DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux BMS pour lâICP.
La recommandation ACC/AHA sur la revascularisation attribue aux DES, par rapport aux BMS, une recommandation de classe I avec un niveau de preuve A.
Les recommandations de lâESC confirment la supĂ©rioritĂ© des DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration par rapport aux DES de gĂ©nĂ©ration antĂ©rieure et aux BMS pour lâICP dans les syndromes coronariens aigus.
Une stratégie invasive systématique est recommandée en cas de NSTEMI confirmé ou de SCA sans sus-décalage du ST avec forte suspicion.
Lâimagerie intravasculaire doit ĂȘtre utilisĂ©e plus largement Ă mesure quâaugmentent la complexitĂ© lĂ©sionnelle et la charge athĂ©romateuse ; lâICP guidĂ©e par IVUS a montrĂ© une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables.
Le PAC est généralement privilégié en cas de diabÚte associé à une maladie pluritronculaire.
Le PAC est généralement privilégié en cas de maladie complexe à deux ou trois vaisseaux, en particulier lorsque le score SYNTAX est élevé.
Les ballons enrobés de médicament dans les SCA sans sus-décalage du ST restent du domaine de la recherche en ce qui concerne les recommandations définitives.
Chez les personnes ĂągĂ©es, les DES associĂ©s Ă une DAPT courte prĂ©sentent des avantages de sĂ©curitĂ© et dâefficacitĂ© par rapport aux BMS ; le traitement doit ĂȘtre individualisĂ© en fonction de la fragilitĂ© et des comorbiditĂ©s.
Une chirurgie non cardiaque Ă©lective doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre diffĂ©rĂ©e selon lâintervalle requis aprĂšs une angioplastie au ballonnet ou lâimplantation dâun BMS ou dâun DES.
Stratégie thérapeutique en pratique
Le choix du stent doit reposer sur une évaluation structurée :
Confirmer que la revascularisation est indiquĂ©e. Dans la maladie stable, lâICP est particuliĂšrement pertinente lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal. Dans les syndromes coronariens aigus, la stratĂ©gie invasive dĂ©pend de la prĂ©sentation clinique et du profil de risque.
Ăvaluer si lâICP ou le PAC constitue la stratĂ©gie de revascularisation la plus appropriĂ©e. Le diabĂšte, la maladie pluritronculaire, lâatteinte du tronc commun et un score SYNTAX Ă©levĂ© peuvent orienter vers le PAC.
PrivilĂ©gier un DES contemporain lorsque lâICP est retenue. Les DES offrent des taux plus faibles de restĂ©nose et de nouvelle revascularisation que les BMS, avec des taux de thrombose de stent plus faibles pour les plateformes rĂ©centes que pour les premiers DES.
IntĂ©grer le risque hĂ©morragique et chirurgical. Les DES sans polymĂšre et certains DES de nouvelle gĂ©nĂ©ration ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s chez des patients Ă haut risque hĂ©morragique avec 1 mois de DAPT, mais les donnĂ©es propres Ă chaque dispositif ne doivent pas ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©es sans discernement.
Optimiser lâimplantation. Une prĂ©paration lĂ©sionnelle appropriĂ©e, le choix de la taille du stent et son expansion sont essentiels. Lâimagerie intravasculaire peut amĂ©liorer le dĂ©ploiement du stent, en particulier dans les anatomies complexes.
Prendre en compte la voie dâabord. Lâabord radial rĂ©duit les complications vasculaires et les saignements et peut permettre de raccourcir lâhospitalisation.
Pronostic et suivi
Résultats procéduraux
LâICP contemporaine prĂ©sente un taux Ă©levĂ© de succĂšs procĂ©dural. Les donnĂ©es de registre citĂ©es dans le document source rapportaient :
SuccĂšs angiographique : 96 %
SuccÚs procédural sans décÚs, infarctus du myocarde ni revascularisation en urgence : 93 %
DécÚs hospitalier : moins de 1 %
PAC en urgence : 0,3 %
Infarctus du myocarde péri procédural : 1 %
Avec les DES de génération moderne, la resténose est rapportée dans moins de 10 % des cas.
Considérations à long terme
Les principales prĂ©occupations Ă long terme aprĂšs lâimplantation dâun DES sont :
Thrombose de stent
Resténose intrastent
Revascularisation de la lésion cible ou du vaisseau cible
Infarctus du myocarde
NĂ©cessitĂ© dâune nouvelle ICP ou dâun PAC
Interruption du traitement antiplaquettaire en raison dâune chirurgie ou dâun saignement
Les DES de gĂ©nĂ©ration actuelle prĂ©sentent de faibles taux de thrombose tardive du stent par rapport aux premiers DES et aux BMS. NĂ©anmoins, le risque nâest pas supprimĂ©, en particulier lorsque le traitement antiplaquettaire est interrompu prĂ©maturĂ©ment.
Le suivi doit donc comporter une Ă©valuation de la rĂ©apparition dâun angor ou de symptĂŽmes atypiques, de lâobservance du traitement antiplaquettaire, des saignements, de la nĂ©cessitĂ© dâune chirurgie non cardiaque et de la stratĂ©gie globale de revascularisation. Les patients diabĂ©tiques, prĂ©sentant une maladie complexe ou pluritronculaire, un Ăąge avancĂ©, une fragilitĂ© ou un risque hĂ©morragique Ă©levĂ© nĂ©cessitent une surveillance longitudinale particuliĂšrement attentive.