đŸš« STEMI : ICP primaire et objectifs temporels du systĂšme de soins

Sommaire (28)

Définition et physiopathologie

L’infarctus du myocarde avec Ă©lĂ©vation du segment ST (STEMI) est un infarctus aigu du myocarde associĂ© Ă  un diagnostic de travail d’élĂ©vation persistante du segment ST ou d’un Ă©quivalent reconnu, dans un contexte de symptĂŽmes ischĂ©miques. L’objectif physiopathologique immĂ©diat est de rĂ©tablir le dĂ©bit sanguin dans le territoire myocardique dĂ©pendant de l’artĂšre responsable de l’infarctus et de limiter la taille de l’infarctus.

L’étendue de la lĂ©sion myocardique est fortement influencĂ©e par la durĂ©e totale de l’ischĂ©mie. Cet intervalle comprend :

  • Le dĂ©lai entre le dĂ©but des symptĂŽmes, leur reconnaissance et la demande d’assistance mĂ©dicale.

  • L’évaluation, le traitement et le transport prĂ©hospitaliers.

  • L’évaluation diagnostique et l’instauration du traitement de reperfusion.

  • Le dĂ©lai entre le dĂ©but du traitement et le rĂ©tablissement du flux coronaire.

La reperfusion prĂ©coce, la rĂ©duction des besoins Ă©nergĂ©tiques du myocarde et l’attĂ©nuation de la lĂ©sion de reperfusion sont des objectifs complĂ©mentaires de la prise en charge initiale du STEMI. Les principales complications aiguĂ«s relĂšvent de deux grandes catĂ©gories :

  • Complications Ă©lectriques, en particulier les arythmies ventriculaires.

  • Complications mĂ©caniques ou liĂ©es Ă  la dĂ©faillance de la pompe, notamment l’insuffisance cardiaque et le choc cardiogĂ©nique.

La plupart des dĂ©cĂšs extrahospitaliers surviennent prĂ©cocement et sont gĂ©nĂ©ralement liĂ©s Ă  une fibrillation ventriculaire. Plus de la moitiĂ© des dĂ©cĂšs attribuables Ă  une fibrillation ventriculaire surviennent durant la premiĂšre heure, ce qui fait de la reconnaissance rapide, de la possibilitĂ© de dĂ©fibrillation et de l’instauration accĂ©lĂ©rĂ©e de la reperfusion des Ă©lĂ©ments dĂ©terminants de la survie.

Présentation clinique et symptÎmes

Le symptĂŽme caractĂ©ristique conduisant Ă  l’activation de la filiĂšre STEMI est une douleur thoracique de type ischĂ©mique, bien qu’une dyspnĂ©e puisse Ă©galement ĂȘtre rĂ©vĂ©latrice. Le document source souligne qu’il convient d’apprendre aux patients et Ă  leur entourage Ă  reconnaĂźtre une douleur thoracique ou une dyspnĂ©e comme pouvant traduire un infarctus du myocarde, en particulier chez les personnes hypertendues, diabĂ©tiques ou ayant des antĂ©cĂ©dents d’angor.

Il faut conseiller aux patients de demander une assistance mĂ©dicale d’urgence plutĂŽt que de se rendre eux-mĂȘmes aux urgences ou de contacter en premier lieu les soins primaires. Si la douleur ischĂ©mique persiste, les services mĂ©dicaux d’urgence doivent ĂȘtre appelĂ©s. Les patients auxquels de la nitroglycĂ©rine sublinguale a Ă©tĂ© prescrite doivent recevoir des instructions sur son utilisation appropriĂ©e, bien que le document source ne fournisse pas de consignes posologiques prĂ©cises.

Le retard dans la demande d’aide est associĂ© Ă  un Ăąge avancĂ©, au sexe fĂ©minin, Ă  l’appartenance Ă  la population noire, Ă  un statut socio-Ă©conomique dĂ©favorisĂ© ou Ă  l’absence d’assurance, Ă  des antĂ©cĂ©dents d’angor ou de diabĂšte, ainsi qu’à la consultation de proches ou de mĂ©decins avant de contacter les services d’urgence. Ces facteurs justifient la mise en place d’une information ciblĂ©e du public, notamment auprĂšs des groupes dĂ©favorisĂ©s et des communautĂ©s issues de minoritĂ©s ethniques.

Une prĂ©sentation tardive revĂȘt une importance clinique :

  • Dans les 12 heures suivant le dĂ©but des symptĂŽmes : un traitement de reperfusion est recommandĂ© chez tous les patients ayant un diagnostic de travail de STEMI.

  • Plus de 12 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes : l’ICP primaire reste indiquĂ©e en cas de symptĂŽmes ischĂ©miques persistants, d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou d’arythmies menaçant le pronostic vital.

  • Entre 12 et 48 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes : une ICP primaire systĂ©matique doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients par ailleurs stables.

  • Plus de 48 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes : une ICP systĂ©matique de l’artĂšre responsable de l’infarctus occluse n’est pas recommandĂ©e chez les patients stables, asymptomatiques et sans ischĂ©mie sĂ©vĂšre.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation initiale doit ĂȘtre structurĂ©e de maniĂšre Ă  Ă©tablir rapidement un diagnostic de travail de STEMI, Ă  identifier une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique et Ă  dĂ©terminer la stratĂ©gie de reperfusion appropriĂ©e.

Les priorités cliniques précoces comprennent notamment :

  • La reconnaissance des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un infarctus du myocarde.

  • La rĂ©alisation et l’interprĂ©tation rapides d’un ECG Ă  12 dĂ©rivations.

  • La recherche d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique, d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre et d’un choc cardiogĂ©nique.

  • L’identification des arythmies menaçant le pronostic vital.

  • La recherche de complications mĂ©caniques Ă  haut risque.

  • La dĂ©termination de l’heure de dĂ©but des symptĂŽmes et du dĂ©lai estimĂ© jusqu’à l’ICP primaire.

Les patients prĂ©sentant un STEMI doivent ĂȘtre surveillĂ©s dans une structure capable d’assurer une surveillance continue du rythme et une rĂ©animation immĂ©diate. Les Ă©quipes mĂ©dicales d’urgence doivent ĂȘtre en mesure de rĂ©aliser les manƓuvres de rĂ©animation, notamment la dĂ©fibrillation, et de transporter rapidement les patients vers des Ă©tablissements disposant en permanence d’une expertise mĂ©dicale et infirmiĂšre dans la prise en charge des arythmies et la rĂ©animation cardiaque avancĂ©e.

L’examen clinique doit rechercher spĂ©cifiquement les Ă©lĂ©ments suivants :

  • Une hypotension ou toute autre instabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • Une insuffisance cardiaque aiguĂ«.

  • Un choc cardiogĂ©nique et une hypoperfusion des organes cibles.

  • Un infarctus du ventricule droit.

  • Des complications mĂ©caniques, notamment une rupture septale ventriculaire, une rupture de pilier et une rupture de la paroi libre.

  • Une instabilitĂ© Ă©lectrique ou une ischĂ©mie persistante.

Le document source ne fournit pas de sĂ©quence dĂ©taillĂ©e de l’examen ni de signes cliniques spĂ©cifiques pour chacune des complications.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

L’ECG Ă  12 dĂ©rivations est au centre du diagnostic prĂ©coce et de l’orientation des patients prĂ©sentant un STEMI. Dans les filiĂšres de soins, le dĂ©lai entre l’arrivĂ©e dans l’hĂŽpital adresseur et la rĂ©alisation de l’ECG doit ĂȘtre au maximum de 10 minutes. Dans certains systĂšmes prĂ©hospitaliers, la transmission de l’ECG peut permettre le diagnostic avant l’arrivĂ©e Ă  l’hĂŽpital et faciliter l’activation prĂ©coce de l’équipe de salle de cathĂ©tĂ©risme.

Un diagnostic de travail de STEMI doit entraĂźner une orientation immĂ©diate vers un traitement de reperfusion. Les rĂ©sultats de l’ECG guident Ă©galement l’évaluation aprĂšs fibrinolyse. L’échec de la fibrinolyse est dĂ©fini par une rĂ©solution du segment ST infĂ©rieure Ă  50 % dans les 60–90 minutes suivant l’administration.

ECG préhospitalier et activation de la salle de cathétérisme

Lorsque les services mĂ©dicaux d’urgence Ă©tablissent un diagnostic de travail de STEMI, l’activation immĂ©diate de l’équipe de salle de cathĂ©tĂ©risme rĂ©duit le dĂ©lai de traitement et peut amĂ©liorer la survie. Les patients retenus pour une prise en charge invasive urgente doivent Ă©viter le service des urgences et ĂȘtre conduits directement en salle de cathĂ©tĂ©risme.

La fibrinolyse préhospitaliÚre nécessite :

  • La possibilitĂ© de transmettre un ECG Ă  12 dĂ©rivations pour confirmation diagnostique.

  • Un personnel formĂ© Ă  l’interprĂ©tation de l’ECG et Ă  la prise en charge du STEMI.

  • Une rĂ©gulation mĂ©dicale Ă  distance capable d’autoriser le traitement sur le terrain.

Coronarographie et ICP

L’ICP primaire consiste en une coronarographie immĂ©diate suivie d’une ICP lorsqu’elle est indiquĂ©e, habituellement avec implantation d’un stent et sans fibrinolyse prĂ©alable. Le point de rĂ©fĂ©rence procĂ©dural pertinent pour la mesure du dĂ©lai du systĂšme est le franchissement de l’artĂšre responsable de l’infarctus par le guide.

L’abord radial est recommandĂ© pour l’ICP dans les syndromes coronariens aigus, car il rĂ©duit les hĂ©morragies et les complications vasculaires par rapport Ă  l’abord fĂ©moral et est associĂ© Ă  une moindre mortalitĂ©.

La thrombectomie par aspiration systĂ©matique avant l’ICP primaire n’est pas utile.

Évaluation des artùres coronaires non responsables

Chez les patients hĂ©modynamiquement stables prĂ©sentant une atteinte pluritronculaire, une stĂ©nose significative d’une artĂšre non responsable doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre traitĂ©e par une ICP diffĂ©rĂ©e aprĂšs le traitement rĂ©ussi de l’artĂšre responsable de l’infarctus. L’intervention diffĂ©rĂ©e peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la mĂȘme hospitalisation ou aprĂšs la sortie, jusqu’à 45 jours aprĂšs l’infarctus du myocarde.

Une ICP d’une lĂ©sion non responsable peu complexe au cours de la procĂ©dure primaire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients stables prĂ©sentant une revascularisation non compliquĂ©e du vaisseau responsable, une fonction rĂ©nale normale et une faible complexitĂ© procĂ©durale. Le traitement systĂ©matique d’une artĂšre non responsable au cours de la procĂ©dure initiale est dĂ©lĂ©tĂšre en cas de choc cardiogĂ©nique, en raison d’un risque accru de dĂ©cĂšs ou d’insuffisance rĂ©nale.

Une coronaropathie pluritronculaire complexe peut nĂ©cessiter une Ă©valuation par la Heart Team, avec discussion d’un pontage aortocoronarien (PAC) programmĂ© lorsque cela est appropriĂ©.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne dĂ©crit ni les biomarqueurs cardiaques, ni les critĂšres diagnostiques biologiques, ni les anomalies biologiques spĂ©cifiques. Il met l’accent sur l’évaluation clinique, le diagnostic Ă©lectrocardiographique, le statut hĂ©modynamique et l’évaluation angiographique pour sĂ©lectionner rapidement le traitement.

Stratégie de reperfusion

L’ICP primaire comme stratĂ©gie privilĂ©giĂ©e

L’ICP primaire est la stratĂ©gie de reperfusion privilĂ©giĂ©e lorsqu’elle peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le dĂ©lai requis par une Ă©quipe expĂ©rimentĂ©e. Elle est supĂ©rieure Ă  la fibrinolyse lorsque le dĂ©lai de traitement est comparable, avec une rĂ©duction de la mortalitĂ©, des rĂ©infarctus non mortels et des accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux.

Une stratĂ©gie d’ICP primaire est recommandĂ©e lorsque le dĂ©lai prĂ©vu entre le diagnostic de STEMI et la reperfusion obtenue par ICP est infĂ©rieur Ă  120 minutes. L’ICP primaire est Ă©galement particuliĂšrement privilĂ©giĂ©e lorsque :

  • La fibrinolyse est contre-indiquĂ©e.

  • Le diagnostic est incertain.

  • Un choc cardiogĂ©nique est prĂ©sent.

  • Le risque hĂ©morragique est Ă©levĂ©.

  • Les symptĂŽmes Ă©voluent depuis plus de 2–3 heures, lorsque le thrombus peut ĂȘtre moins facilement lysĂ©.

L’ICP primaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients se prĂ©sentant dans les 12 heures suivant le dĂ©but des symptĂŽmes. Elle reste indiquĂ©e chez les patients se prĂ©sentant plus tardivement en cas d’ischĂ©mie persistante, d’insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre, d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou d’arythmies menaçant le pronostic vital.

Fibrinolyse en l’absence d’ICP rĂ©alisable dans les dĂ©lais

Si l’ICP primaire ne peut pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans les 120 minutes, un traitement fibrinolytique est recommandĂ© dans les 12 heures suivant le dĂ©but des symptĂŽmes en l’absence de contre-indication. La fibrinolyse doit ĂȘtre instaurĂ©e rapidement, avec pour objectif une administration dans les 10 minutes suivant le premier contact mĂ©dical lorsqu’elle est choisie comme stratĂ©gie initiale.

Une stratĂ©gie pharmacoinvasive nĂ©cessite un transfert immĂ©diat vers un centre dotĂ© de capacitĂ©s d’ICP aprĂšs la fibrinolyse, sans attendre l’apparition de signes de reperfusion.

ICP de sauvetage

Une ICP de sauvetage est indiquĂ©e en cas d’échec de la fibrinolyse, dĂ©fini par une rĂ©solution du segment ST infĂ©rieure Ă  50 % dans les 60–90 minutes. Elle est Ă©galement indiquĂ©e en cas de :

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • InstabilitĂ© Ă©lectrique.

  • Aggravation de l’ischĂ©mie.

  • Douleur thoracique persistante.

Coronarographie aprÚs fibrinolyse réussie

Les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une fibrinolyse rĂ©ussie doivent subir une coronarographie, avec ICP de l’artĂšre responsable de l’infarctus si elle est indiquĂ©e, dans les 2–24 heures suivant le bolus fibrinolytique. Les patients dĂ©veloppant une insuffisance cardiaque ou un choc nouveau ou persistant aprĂšs la fibrinolyse nĂ©cessitent une coronarographie urgente et une ICP lorsqu’elle est indiquĂ©e.

PAC en urgence

Un PAC en urgence ou en extrĂȘme urgence peut ĂȘtre efficace lorsque l’ICP n’est pas rĂ©alisable ou a Ă©chouĂ© et qu’une grande masse myocardique reste menacĂ©e. Un PAC doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© chez les patients dont l’artĂšre responsable de l’infarctus est permĂ©able mais dont l’anatomie est impropre Ă  l’ICP, lorsqu’un territoire myocardique important est menacĂ© ou qu’un choc cardiogĂ©nique est prĂ©sent.

Un PAC en urgence n’est gĂ©nĂ©ralement pas appropriĂ© aprĂšs l’échec d’une ICP primaire en l’absence d’ischĂ©mie persistante ou de grande masse myocardique menacĂ©e, ou lorsque la revascularisation chirurgicale n’est pas rĂ©alisable en raison d’un phĂ©nomĂšne de no-reflow ou de cibles distales de mauvaise qualitĂ©.

Objectifs temporels du systĂšme de soins

DurĂ©e totale de l’ischĂ©mie

Les performances du systĂšme doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es en continu, car le retard imputable au systĂšme est modifiable et prĂ©dictif de la mortalitĂ© chez les patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire. Les indicateurs de qualitĂ© doivent mesurer les intervalles entre le premier contact mĂ©dical et la reperfusion et identifier les obstacles opĂ©rationnels.

Les principaux intervalles cibles sont résumés ci-dessous.

Mesure du processus Objectif ou approche recommandée
ArrivĂ©e jusqu’à l’ECG Ă  12 dĂ©rivations dans un hĂŽpital adresseur ≀10 minutes
Premier contact mĂ©dical jusqu’à l’ICP lorsque le transport et l’organisation du systĂšme le permettent De prĂ©fĂ©rence <90 minutes dans les protocoles EMS de destination applicables
Premier contact mĂ©dical jusqu’à l’ICP lorsque le temps de transport est ≄45 minutes <120 minutes
Diagnostic jusqu’à la reperfusion obtenue par ICP <120 minutes pour que l’ICP primaire reste la stratĂ©gie privilĂ©giĂ©e
Administration de la fibrinolyse lorsque l’ICP ne peut pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans les 120 minutes Dans les 10 minutes suivant le premier contact mĂ©dical
DĂ©lai entre l’arrivĂ©e et le dĂ©part d’un hĂŽpital sans capacitĂ© d’ICP ≀30 minutes
Coronarographie aprĂšs fibrinolyse rĂ©ussie Dans les 2–24 heures
Évaluation de l’échec de la fibrinolyse RĂ©solution du segment ST Ă  60–90 minutes

Le seuil de 120 minutes correspond Ă  l’intervalle absolu entre le diagnostic de STEMI et la reperfusion obtenue par ICP, dĂ©finie par le franchissement de l’artĂšre responsable de l’infarctus par le guide. Il est utilisĂ© pour simplifier le choix entre l’ICP primaire et la fibrinolyse.

Organisation des réseaux EMS et hospitaliers

La prise en charge optimale du STEMI nécessite des réseaux régionaux reliant :

  • Les systĂšmes de services mĂ©dicaux d’urgence.

  • Les hĂŽpitaux adresseurs dĂ©pourvus de capacitĂ© d’ICP.

  • Les centres receveurs dotĂ©s de capacitĂ©s d’ICP.

  • Les unitĂ©s de soins intensifs et, lorsqu’elles sont disponibles, l’assistance hĂ©modynamique avancĂ©e, la chirurgie cardiothoracique et l’assistance circulatoire mĂ©canique.

Des protocoles Ă©crits communs doivent dĂ©finir le diagnostic, la destination, l’activation de la salle de cathĂ©tĂ©risme, le transfert et les modalitĂ©s de recours. Les services mĂ©dicaux d’urgence doivent alerter le centre d’ICP dĂšs que la stratĂ©gie de reperfusion a Ă©tĂ© choisie. Les patients doivent gĂ©nĂ©ralement Ă©viter le service des urgences et ĂȘtre transportĂ©s directement vers un centre dotĂ© d’une capacitĂ© d’ICP 24 h/24 et 7 j/7.

Pour les patients se prĂ©sentant dans un centre sans capacitĂ© d’ICP, un transfert rapide est nĂ©cessaire. Un dĂ©lai entre l’arrivĂ©e et le dĂ©part ne dĂ©passant pas 30 minutes est recommandĂ©. L’acceptation automatique par le centre receveur, une procĂ©dure d’alerte STEMI Ă  appel unique et un transport interhospitalier urgent peuvent rĂ©duire les dĂ©lais Ă©vitables.

Lorsque la gĂ©ographie empĂȘche d’atteindre l’objectif temporel de l’ICP primaire, les rĂ©seaux doivent permettre une fibrinolyse rapide sur le site du diagnostic de STEMI, suivie d’un transfert immĂ©diat vers un centre d’ICP.

L’amĂ©lioration de la qualitĂ© nĂ©cessite une analyse multidisciplinaire associant les services mĂ©dicaux d’urgence, les hĂŽpitaux adresseurs et les centres d’ICP. Les intervalles temporels, les rĂ©sultats cliniques et les problĂšmes opĂ©rationnels doivent ĂȘtre mesurĂ©s, rapportĂ©s et utilisĂ©s pour perfectionner le systĂšme.

Pharmacothérapie

Traitement antiplaquettaire et anticoagulant

Tous les patients présentant un STEMI aigu doivent recevoir un traitement antiplaquettaire et anticoagulant. Le schéma thérapeutique précis et sa durée dépendent :

  • De la stratĂ©gie de reperfusion.

  • Du risque ischĂ©mique.

  • Du risque hĂ©morragique.

  • Des comorbiditĂ©s.

  • De l’existence d’une autre indication d’anticoagulation prolongĂ©e, telle qu’une fibrillation atriale.

Chez les patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP :

  • Une dose de charge d’aspirine suivie d’une administration quotidienne d’aspirine est recommandĂ©e.

  • Une dose de charge d’un inhibiteur de P2Y12 suivie d’un traitement quotidien est recommandĂ©e.

  • Le ticagrĂ©lor ou le prasugrel peuvent ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©s au clopidogrel afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques, notamment la thrombose de stent.

  • Le prasugrel ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’AVC ou d’accident ischĂ©mique transitoire.

  • Le cangrĂ©lor intraveineux peut ĂȘtre envisagĂ© chez les patients n’ayant jamais reçu d’inhibiteur de P2Y12 et bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP, afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques pĂ©riprocĂ©duraux.

  • L’hĂ©parine non fractionnĂ©e intraveineuse est utile pendant l’ICP.

  • Chez les patients prĂ©sentant une thrombopĂ©nie induite par l’hĂ©parine, la bivalirudine ou l’argatroban doit remplacer l’hĂ©parine non fractionnĂ©e.

Le document source ne fournit aucune dose précise ni durée de traitement.

Prise en charge hospitaliĂšre

Lieu de surveillance

Les patients prĂ©sentant un STEMI doivent initialement bĂ©nĂ©ficier d’une surveillance continue du rythme et d’un accĂšs immĂ©diat Ă  la rĂ©animation. Une unitĂ© de soins coronaires est particuliĂšrement importante chez les patients prĂ©sentant :

  • Des arythmies rĂ©fractaires.

  • Un choc cardiogĂ©nique.

  • Un traitement vasoactif intraveineux continu.

  • Une surveillance hĂ©modynamique invasive.

  • Une assistance circulatoire mĂ©canique.

  • D’autres complications majeures nĂ©cessitant des soins intensifs.

Certains patients prĂ©sentant un faible risque de mortalitĂ© et stables aprĂšs une ICP primaire peuvent ĂȘtre pris en charge dans une unitĂ© de soins intermĂ©diaires avec tĂ©lĂ©mĂ©trie, Ă©quipĂ©e pour assurer une surveillance ECG continue et la rĂ©animation.

Les patients sans insuffisance cardiaque, hypotension, bloc cardiaque, arythmies ventriculaires hĂ©modynamiquement compromettantes ni douleur ischĂ©mique persistante peuvent quitter l’unitĂ© de soins coronaires aprĂšs environ 24–36 heures. La durĂ©e des soins intensifs dans les STEMI compliquĂ©s doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par les besoins persistants en surveillance hĂ©modynamique, mĂ©dicaments vasoactifs, ventilation en pression positive, assistance circulatoire mĂ©canique et surveillance infirmiĂšre Ă©troite.

Choc cardiogénique

Le choc cardiogĂ©nique complique environ 5–10 % des STEMI et s’accompagne de taux de mortalitĂ© observĂ©s de 30–50 %. La prise en charge nĂ©cessite une Ă©valuation individualisĂ©e des prioritĂ©s thĂ©rapeutiques et de l’adĂ©quation des traitements avancĂ©s.

Chez les patients appropriĂ©s, la stratĂ©gie privilĂ©giĂ©e est la revascularisation de l’artĂšre responsable de l’infarctus par ICP primaire. Un PAC est indiquĂ© lorsque l’ICP n’est pas rĂ©alisable. Si ni l’ICP ni le PAC ne sont adaptĂ©s ou accessibles, une fibrinolyse peut ĂȘtre administrĂ©e en l’absence de contre-indication.

Les mesures de soutien comprennent les agents vasoactifs et l’assistance circulatoire mĂ©canique afin de corriger l’hypoperfusion des organes cibles. Une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire peut ĂȘtre utilisĂ©e en cas de choc rĂ©fractaire ne se stabilisant pas avec les autres traitements, comme pont vers une dĂ©cision ultĂ©rieure ou vers des traitements avancĂ©s de l’insuffisance cardiaque.

Une ICP systĂ©matique des artĂšres non responsables au cours de la procĂ©dure initiale ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en cas de choc cardiogĂ©nique.

Autres complications Ă  haut risque

Les complications importantes nécessitant une reconnaissance rapide comprennent :

  • L’arrĂȘt cardiaque.

  • La fibrillation ventriculaire et les autres arythmies menaçant le pronostic vital.

  • L’infarctus du ventricule droit.

  • Les complications mĂ©caniques aiguĂ«s, notamment la rupture septale ventriculaire, la rupture de pilier et la rupture de la paroi libre.

  • L’insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre.

Le document source ne fournit pas de protocoles détaillés pour la prise en charge individuelle de ces complications.

Recommandations fondées sur les lignes directrices

Reperfusion

Recommandation Classe Niveau
Reperfusion en cas de STEMI avec symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis ≀12 heures I A
ICP primaire lorsque le délai prévu entre le diagnostic et la reperfusion obtenue par ICP est <120 minutes I A
Fibrinolyse dans les 12 heures lorsque l’ICP primaire dans les dĂ©lais ne peut pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e et qu’il n’existe pas de contre-indication I A
ICP de sauvetage aprĂšs Ă©chec de la fibrinolyse ou en cas d’instabilitĂ©, d’aggravation de l’ischĂ©mie ou de douleur thoracique persistante I A
Transfert immĂ©diat vers un centre dotĂ© de capacitĂ©s d’ICP aprĂšs la fibrinolyse I A
Coronarographie et ICP lorsqu’elles sont indiquĂ©es dans les 2–24 heures suivant une fibrinolyse rĂ©ussie I A
ICP primaire en cas de présentation tardive avec ischémie persistante, instabilité ou arythmie menaçant le pronostic vital I C
ICP primaire systématique chez les patients stables se présentant entre 12 et 48 heures aprÚs le début des symptÎmes IIa B
ICP systĂ©matique d’une artĂšre responsable de l’infarctus occluse plus de 48 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes chez les patients stables sans symptĂŽmes persistants III A

Revascularisation dans des situations particuliĂšres

Situation clinique Recommandation
Choc cardiogĂ©nique ou instabilitĂ© hĂ©modynamique ICP, ou PAC si l’ICP n’est pas rĂ©alisable, quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes
IschĂ©mie persistante, insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou arythmie menaçant le pronostic vital L’ICP peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique quel que soit le dĂ©lai entre le dĂ©but des symptĂŽmes et le traitement
ICP Ă©chouĂ©e ou irrĂ©alisable avec une grande masse myocardique menacĂ©e Un PAC en urgence ou en extrĂȘme urgence peut ĂȘtre efficace
STEMI stable avec atteinte pluritronculaire aprĂšs ICP rĂ©ussie du vaisseau responsable Une ICP diffĂ©rĂ©e d’une stĂ©nose significative d’une artĂšre non responsable est recommandĂ©e chez certains patients
Atteinte non responsable peu complexe chez certains patients stables Une ICP au cours de la procĂ©dure primaire peut ĂȘtre envisagĂ©e
Choc cardiogĂ©nique avec atteinte pluritronculaire Une ICP systĂ©matique de l’artĂšre non responsable au cours de la procĂ©dure primaire ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e
Atteinte non responsable complexe Une Ă©valuation par la Heart Team et un Ă©ventuel PAC programmĂ© peuvent ĂȘtre appropriĂ©s

Pronostic et suivi

Le pronostic est Ă©troitement liĂ© Ă  la rapiditĂ© et Ă  l’efficacitĂ© de la reperfusion ainsi qu’à la survenue de complications Ă©lectriques ou liĂ©es Ă  la dĂ©faillance de la pompe. Le retard imputable au systĂšme est associĂ© Ă  la mortalitĂ© chez les patients traitĂ©s par ICP primaire. La reconnaissance rapide des symptĂŽmes, l’activation prĂ©coce des services mĂ©dicaux d’urgence, le diagnostic prĂ©hospitalier, le transfert direct en salle de cathĂ©tĂ©risme et la coordination des systĂšmes rĂ©gionaux revĂȘtent donc une importance pronostique.

Le pronostic est particuliĂšrement dĂ©favorable en cas de STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique, avec une mortalitĂ© rapportĂ©e d’environ 30–50 %. La fibrillation ventriculaire constitue un risque prĂ©coce majeur, en particulier durant la premiĂšre heure et les premiĂšres 24 heures suivant le dĂ©but des symptĂŽmes. L’insuffisance cardiaque, l’infarctus du ventricule droit et les complications mĂ©caniques aiguĂ«s augmentent Ă©galement la mortalitĂ©.

La planification du suivi doit comprendre :

  • La réévaluation de la stratĂ©gie de reperfusion et du rĂ©sultat de la procĂ©dure.

  • La recherche d’une maladie coronaire rĂ©siduelle significative au niveau des artĂšres non responsables.

  • La discussion d’une ICP diffĂ©rĂ©e pendant l’hospitalisation ou aprĂšs la sortie, jusqu’à 45 jours aprĂšs l’infarctus, lorsqu’elle est indiquĂ©e.

  • La poursuite de l’évaluation Ă  la recherche d’une insuffisance cardiaque, d’arythmies et de complications mĂ©caniques.

  • La coordination de la prise en charge aprĂšs la sortie avec la filiĂšre plus large de la maladie coronaire ischĂ©mique chronique et de la prĂ©vention secondaire.

Le document source ne précise ni le schéma médicamenteux ambulatoire détaillé, ni le programme de réadaptation cardiaque, ni le calendrier de suivi des biomarqueurs, ni le protocole de surveillance échocardiographique.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026