Définition et physiopathologie
Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent la premiĂšre cause de dĂ©cĂšs chez les femmes dans le monde et aux Ătats-Unis. Aux Ătats-Unis, environ un dĂ©cĂšs fĂ©minin sur quatre est attribuable aux MCV. La charge cardiovasculaire chez les femmes comprend les cardiopathies coronariennes, lâinsuffisance cardiaque et lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral (AVC) ; le risque cardiovasculaire au cours de la vie dâune femme ĂągĂ©e de 40 ans a Ă©tĂ© estimĂ© Ă environ une sur deux pour les MCV, une sur trois pour les cardiopathies coronariennes, une sur cinq pour lâinsuffisance cardiaque et une sur cinq pour lâAVC.
Le sexe et le genre sont des dĂ©terminants distincts, mais interactifs, de la santĂ© cardiovasculaire. Le sexe dĂ©signe principalement les caractĂ©ristiques biologiques, notamment le complĂ©ment chromosomique, lâanatomie, la physiologie et les influences hormonales. Le genre englobe les rĂŽles socioculturels, les comportements, les relations, les structures de pouvoir et les attentes sociales. Les deux influencent la prĂ©valence, les manifestations, le diagnostic, la prise en charge, la rĂ©ponse au traitement et le pronostic des maladies cardiovasculaires.
Les diffĂ©rences biologiques entre les femmes et les hommes rĂ©sultent en partie de la distinction chromosomique entre les individus XX et XY et se reflĂštent dans la structure et le fonctionnement cardiovasculaires. Les facteurs socioculturels contribuent indĂ©pendamment aux diffĂ©rences dâexposition au risque, dâaccĂšs aux soins, dâĂ©valuation clinique et de traitement. Ces influences sont particuliĂšrement importantes, car les femmes ont historiquement Ă©tĂ© perçues comme prĂ©sentant un risque cardiovasculaire moindre, y compris aprĂšs la mĂ©nopause, ce qui contribue Ă un retard dâĂ©valuation et Ă une prise en charge insuffisante.
Facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels
Plusieurs facteurs de risque conventionnels ont des effets dépendant du sexe :
La pression artĂ©rielle augmente plus rapidement chez les femmes dĂšs le dĂ©but de lâĂąge adulte, entraĂźnant une charge cumulative dâhypertension plus importante au cours de la vie.
Lâhypertension devient plus frĂ©quente chez les femmes que chez les hommes aprĂšs environ 65 ans.
Lâhypertrophie ventriculaire gauche liĂ©e Ă lâhypertension, le remodelage concentrique, la diminution du strain longitudinal et lâinsuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection prĂ©servĂ©e sont plus frĂ©quents chez les femmes.
Le diabĂšte confĂšre un risque cardiovasculaire plus important chez les femmes que chez les hommes.
Le tabagisme, lâobĂ©sitĂ© et les facteurs psychosociaux sont associĂ©s Ă un impact cardiovasculaire plus important chez les femmes.
LâobĂ©sitĂ©, la sĂ©dentaritĂ© et la dĂ©pression sont plus frĂ©quentes chez les femmes.
La dyslipidĂ©mie, lâhypertension, le diabĂšte et lâobĂ©sitĂ© deviennent de plus en plus frĂ©quents aprĂšs la transition mĂ©nopausique.
Les femmes atteintes de diabĂšte de type 2 prĂ©sentent Ă©galement une prĂ©valence plus Ă©levĂ©e de complications cardiovasculaires et de dĂ©cĂšs que les hommes. MalgrĂ© lâefficacitĂ© des interventions prĂ©ventives dans les deux sexes, les femmes sont moins susceptibles de recevoir des statines, de lâaspirine ou une orientation vers la rĂ©adaptation cardiaque, et elles sont moins susceptibles dâatteindre les objectifs de traitement de la pression artĂ©rielle.
Facteurs de risque spécifiques ou prédominants chez la femme
LâĂ©valuation du risque doit inclure les antĂ©cĂ©dents reproductifs et liĂ©s Ă la grossesse. Les facteurs spĂ©cifiques ou prĂ©dominants chez la femme associĂ©s Ă un risque cardiovasculaire ultĂ©rieur comprennent :
Ménopause prématurée
Insuffisance ovarienne prématurée
Troubles hypertensifs de la grossesse
Prééclampsie
Accouchement prématuré
DiabĂšte gestationnel
Naissance dâun enfant petit pour lâĂąge gestationnel
Décollement placentaire
Perte de grossesse
Syndrome des ovaires polykystiques
Aménorrhée hypothalamique fonctionnelle
Traitement de la fertilité et assistance médicale à la procréation
La mesure dans laquelle ces affections confĂšrent un risque indĂ©pendamment des facteurs conventionnels, et leur capacitĂ© Ă amĂ©liorer la classification du risque, restent incomplĂštement Ă©tablies. Les donnĂ©es concernant la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la survenue ultĂ©rieure dâune hypertension ou dâun diabĂšte sont insuffisantes pour permettre des conclusions formelles.
Les maladies inflammatoires systémiques et auto-immunes, notamment le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde, sont des affections importantes augmentant le risque et sont plus fréquentes chez les femmes. La maladie rénale chronique et plusieurs autres comorbidités contribuent également à la charge cardiovasculaire disproportionnée chez les femmes.
La dĂ©pression et lâanxiĂ©tĂ© sont environ deux fois plus frĂ©quentes chez les femmes et constituent dâimportants facteurs de risque de syndromes coronariens aigus et de mortalitĂ© cardiovasculaire. Les femmes subissent un impact plus important du stress chronique autoĂ©valuĂ© et du stress conjugal, tandis que le stress professionnel a un impact plus important chez les hommes. Les femmes peuvent Ă©galement prĂ©senter une rĂ©ponse inflammatoire plus importante au stress, laquelle a Ă©tĂ© associĂ©e Ă la survenue ultĂ©rieure dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires dĂ©favorables chez les personnes atteintes de cardiopathie ischĂ©mique.
Ménopause et considérations hormonales
La transition mĂ©nopausique sâaccompagne dâune prĂ©valence croissante des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels. Un dĂ©but plus prĂ©coce de la mĂ©nopause et une durĂ©e plus longue depuis la mĂ©nopause ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, bien que le document source ne fournisse pas dâestimations quantitatives de ces associations.
Le traitement hormonal substitutif chez les femmes mĂ©nopausĂ©es ne rĂ©duit pas le risque de maladie myocardique ischĂ©mique et peut entraĂźner dâautres risques pour la santĂ©. Pendant la pĂ©rimĂ©nopause, un traitement hormonal temporaire peut attĂ©nuer les troubles de lâhumeur et les symptĂŽmes vasomoteurs sĂ©vĂšres ; cette observation ne constitue pas une indication de prĂ©vention cardiovasculaire.
Considérations génétiques
Aucun marqueur gĂ©nĂ©tique ni score de risque polygĂ©nique nâest actuellement Ă©tabli pour amĂ©liorer lâĂ©valuation du risque cardiovasculaire chez les femmes au-delĂ des mĂ©thodes traditionnelles. Un score dĂ©rivĂ© de la littĂ©rature, fondĂ© sur 46 polymorphismes mononuclĂ©otidiques, prĂ©disait les cardiopathies coronariennes chez les hommes, mais pas chez les femmes, dans une Ă©tude multiethnique.
Présentation clinique et symptÎmes
Les femmes prĂ©sentant une ischĂ©mie myocardique peuvent avoir une prĂ©sentation diffĂ©rente de celle des hommes. Les diffĂ©rences symptomatiques peuvent contribuer Ă une orientation, Ă des explorations et Ă un traitement prĂ©coce diffĂ©rents. Les femmes prĂ©sentant des signes ou symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune ischĂ©mie cardiaque nĂ©cessitent donc une Ă©valuation rigoureuse plutĂŽt que des suppositions fondĂ©es sur le sexe ou le risque perçu.
Les femmes prĂ©sentent plus souvent une maladie coronarienne moins obstructive que les hommes. Par consĂ©quent, des symptĂŽmes dâischĂ©mie myocardique peuvent survenir en lâabsence de maladie obstructive importante lors de lâĂ©valuation coronaire. Le document source identifie lâischĂ©mie sans maladie coronarienne obstructive, lâinfarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives et la cardiomyopathie de Takotsubo comme des entitĂ©s importantes chez les femmes, mais ne fournit pas de profils symptomatiques dĂ©taillĂ©s ni de critĂšres diagnostiques pour ces affections.
La dĂ©pression, lâanxiĂ©tĂ© et le stress psychosocial peuvent coexister avec des symptĂŽmes cardiovasculaires et aggraver le risque cardiovasculaire. Ces facteurs doivent ĂȘtre pris en compte dans lâĂ©valuation clinique globale, sans attribuer dâemblĂ©e Ă des causes psychologiques des symptĂŽmes potentiellement cardiaques.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit commencer par la reconnaissance du fait que les MCV sont frĂ©quentes et cliniquement importantes chez les femmes Ă tous les Ăąges de la vie. Une attention particuliĂšre est nĂ©cessaire chez les femmes plus jeunes, chez lesquelles la mortalitĂ© cardiovasculaire sâest peu amĂ©liorĂ©e au cours des derniĂšres dĂ©cennies et peut ĂȘtre particuliĂšrement Ă©levĂ©e en prĂ©sence de MCV.
Ăvaluation du risque
Une anamnĂšse cardiovasculaire complĂšte doit inclure :
Hypertension, dyslipidémie, diabÚte, tabagisme, obésité et sédentarité
Maladie rénale chronique
Maladies auto-immunes et inflammatoires systémiques
Dépression, anxiété et stress psychosocial chronique
Antécédents menstruels et ménopausiques
Ăge Ă la mĂ©nopause et Ă©ventuelle mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e
Complications de la grossesse, notamment troubles hypertensifs, prééclampsie, diabĂšte gestationnel, accouchement prĂ©maturĂ©, naissance dâun enfant petit pour lâĂąge gestationnel, dĂ©collement placentaire et perte de grossesse
Syndrome des ovaires polykystiques
Aménorrhée hypothalamique fonctionnelle
Traitement de la fertilité ou assistance médicale à la procréation
Situation socioéconomique et accÚs aux soins
Les scores de risque tels que le PCE et le SCORE2 utilisent des Ă©quations spĂ©cifiques au sexe, mais nâintĂšgrent gĂ©nĂ©ralement pas les facteurs de risque spĂ©cifiques Ă la femme. Lâestimation du risque au cours de la vie peut ĂȘtre plus appropriĂ©e que le recours exclusif Ă une estimation Ă 10 ans, compte tenu de lâapparition moyenne plus tardive des MCV chez les femmes et de leur espĂ©rance de vie plus longue.
Lâexamen clinique doit ĂȘtre orientĂ© vers lâaffection cardiovasculaire suspectĂ©e et les facteurs de risque conventionnels. Le document source ne prĂ©cise pas de protocole dâexamen clinique spĂ©cifique au sexe.
Ăvaluation liĂ©e Ă la grossesse et Ă lâexercice
Les femmes enceintes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle connue nĂ©cessitent une Ă©valuation cardiovasculaire avant dâentreprendre un exercice intensif. La grossesse augmente le volume plasmatique et le dĂ©bit cardiaque dâenviron 50 %, et la contrainte hĂ©modynamique supplĂ©mentaire liĂ©e Ă lâexercice peut entraĂźner une dĂ©compensation chez les femmes atteintes dâune cardiopathie structurelle.
Lâexercice aĂ©robie modĂ©rĂ© est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme sĂ»r chez les femmes et est associĂ© Ă une prĂ©valence plus faible dâune prise de poids excessive, de lâobĂ©sitĂ© du post-partum, du diabĂšte gestationnel et de la prééclampsie. Les athlĂštes peuvent poursuivre un entraĂźnement intensif pendant la grossesse, bien que le document source recommande dâĂ©viter une frĂ©quence cardiaque supĂ©rieure Ă 90 % de la frĂ©quence maximale prĂ©dite selon lâĂąge afin de rĂ©duire le risque de bradycardie fĆtale.
Examens diagnostiques
Cardiopathie ischémique
Les femmes sont moins souvent orientĂ©es vers des explorations diagnostiques que les hommes, alors que la cardiopathie ischĂ©mique constitue la premiĂšre cause de mortalitĂ© chez les femmes. LâĂ©valuation diagnostique peut ĂȘtre moins prĂ©cise pour la maladie coronarienne obstructive chez les femmes, qui prĂ©sentent plus frĂ©quemment une maladie non obstructive. Ces diffĂ©rences doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es au raisonnement diagnostique et ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©es comme indiquant que les symptĂŽmes sont dâorigine non cardiaque.
Le document source ne prĂ©cise ni algorithme ECG, ni modalitĂ© dâimagerie, ni seuil biologique, ni stratĂ©gie dâexploration invasive pour les femmes prĂ©sentant une suspicion dâischĂ©mie.
Imagerie cardiovasculaire et maladies structurelles
LâinterprĂ©tation spĂ©cifique au sexe est pertinente en imagerie cardiovasculaire. Les seuils normalisĂ©s par la surface corporelle pour les dimensions de lâaorte et des cavitĂ©s cardiaques peuvent permettre une Ă©valuation plus appropriĂ©e chez les femmes de plus petite corpulence.
En cas de cardiopathie congĂ©nitale et dâaortopathie hĂ©rĂ©ditaire ou congĂ©nitale, une consultation prĂ©conceptionnelle est particuliĂšrement importante. Les seuils dâintervention peuvent ĂȘtre plus bas en valeur absolue pour la chirurgie aortique chez les femmes prĂ©sentant une aortopathie associĂ©e Ă une cardiopathie hĂ©rĂ©ditaire ou congĂ©nitale. Des considĂ©rations individualisĂ©es similaires peuvent sâappliquer au remplacement valvulaire pulmonaire chez les patients ayant Ă©tĂ© opĂ©rĂ©s dâune tĂ©tralogie de Fallot.
Valvulopathies
Les hommes et les femmes ont une probabilité globale similaire de présenter une valvulopathie, mais la répartition selon la valve et la pathologie diffÚre :
| Plus fréquentes chez les femmes | Plus fréquentes chez les hommes |
|---|---|
| Maladies de la valve mitrale, notamment prolapsus | Sténose aortique |
| Valvulopathie mitrale rhumatismale | Insuffisance aortique |
| Insuffisance tricuspide | Maladie aortique associée à une valve aortique bicuspide |
Lâendocardite touchant nâimporte quelle valve est plus frĂ©quente chez les hommes. Le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e dans plusieurs valvulopathies, notamment Ă une mortalitĂ© prĂ©coce plus importante aprĂšs traitement. Les outils de prĂ©diction du risque tels que le STS et lâEuroSCORE incluent le sexe comme facteur de risque, mais de nombreux modĂšles prĂ©dictifs sont dĂ©rivĂ©s principalement de populations masculines et peuvent ĂȘtre influencĂ©s par un biais dâorientation. Cela peut contribuer Ă une prise en charge insuffisante ou Ă un retard dâintervention chez les femmes.
Troubles du rythme et mort subite cardiaque
La mort subite cardiaque liĂ©e Ă lâexercice est nettement moins frĂ©quente chez les femmes que chez les hommes. Parmi les jeunes athlĂštes de compĂ©tition, les rapports hommes-femmes rapportĂ©s vont de 3:1 Ă 10:1 ; parmi les athlĂštes amateurs plus ĂągĂ©s, les dĂ©cĂšs chez les hommes ont Ă©tĂ© rapportĂ©s comme Ă©tant 20 fois plus frĂ©quents.
Les athlĂštes fĂ©minines dĂ©cĂšdent rarement subitement dâune cardiomyopathie hypertrophique. Dans un registre amĂ©ricain, les femmes ne reprĂ©sentaient que 3 % des 302 personnes dĂ©cĂ©dĂ©es dâune cardiomyopathie hypertrophique. Les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale nĂ©cessitent une stratification du risque plus dĂ©taillĂ©e avant un exercice intensif : dans un registre italien de 650 morts subites cardiaques, 7 % Ă©taient attribuĂ©es Ă un prolapsus de la valve mitrale, et la plupart des personnes concernĂ©es Ă©taient des femmes prĂ©sentant un allongement marquĂ© des deux feuillets dĂ» Ă une dĂ©gĂ©nĂ©rescence myxomateuse Ă©tendue.
De nombreux dĂ©cĂšs subits liĂ©s Ă lâexercice chez les jeunes femmes surviennent en prĂ©sence dâun cĆur structurellement normal Ă lâautopsie, ce qui suggĂšre une contribution importante des maladies Ă©lectriques hĂ©rĂ©ditaires, notamment le syndrome du QT long, le syndrome de Brugada et la tachycardie ventriculaire polymorphe catĂ©cholaminergique.
Les femmes ont un intervalle QT corrigĂ© plus long que les hommes, tant chez les sujets sains que chez ceux atteints dâun syndrome du QT long. Bien que le gĂ©notype responsable de la maladie soit rĂ©parti de maniĂšre similaire entre les sexes, les femmes sont plus souvent cliniquement atteintes. Le sexe fĂ©minin est Ă©galement associĂ© Ă une plus grande susceptibilitĂ© aux troubles du rythme induits par les mĂ©dicaments allongeant lâintervalle QT et par les troubles Ă©lectrolytiques, et constitue un facteur de risque indĂ©pendant dâĂ©vĂ©nements cardiaques dans le syndrome du QT long.
Le document source ne fournit ni protocole ECG spĂ©cifique, ni seuil de QTc, ni stratĂ©gie dâexploration Ă©lectrophysiologique, ni recommandation concernant le traitement par dispositif.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Le document source ne fournit pas de concentrations de biomarqueurs spécifiques au sexe, de seuils biologiques ni de recommandations concernant les examens biologiques.
LâĂ©valuation du risque doit nĂ©anmoins rechercher un diabĂšte, une dyslipidĂ©mie, une maladie rĂ©nale chronique et une maladie inflammatoire systĂ©mique ou auto-immune, car ces affections contribuent de maniĂšre importante au risque cardiovasculaire chez les femmes. En lâabsence de marqueur gĂ©nĂ©tique ou de score de risque polygĂ©nique validĂ© et spĂ©cifique aux femmes, les tests gĂ©nĂ©tiques nâapportent actuellement pas de mĂ©thode Ă©tablie de classification du risque cardiovasculaire au-delĂ de lâĂ©valuation conventionnelle.
Traitement et prise en charge
Prévention primaire et secondaire
Les femmes doivent recevoir les mĂȘmes traitements prĂ©ventifs recommandĂ©s par les recommandations que les hommes lorsque les indications sont prĂ©sentes. Les interventions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques fondĂ©es sur les preuves, les statines, les antihypertenseurs et les traitements modifiant la glycĂ©mie bĂ©nĂ©ficient aux femmes et aux hommes dans une mesure similaire.
La prise en charge doit porter sur :
ContrÎle de la pression artérielle
Abaissement des lipides
Traitement du diabĂšte
Sevrage tabagique
ContrÎle pondéral
Activité physique
Stress psychosocial, dépression et anxiété
Orientation vers la réadaptation cardiaque lorsque cela est indiqué
Les femmes sont moins susceptibles de recevoir un traitement prĂ©ventif ou dâatteindre les objectifs thĂ©rapeutiques ; des efforts actifs sont donc nĂ©cessaires pour Ă©viter les disparitĂ©s thĂ©rapeutiques. Lâorientation vers la rĂ©adaptation cardiaque ne doit pas ĂȘtre refusĂ©e en raison du sexe.
Facteurs augmentant le risque
En prĂ©vention primaire, la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la prééclampsie sont reconnues comme des facteurs spĂ©cifiques Ă la femme augmentant le risque et pouvant justifier lâinstauration ou lâintensification dâun traitement par statine. Les autres facteurs augmentant le risque comprennent les maladies inflammatoires systĂ©miques telles que le lupus et la polyarthrite rhumatoĂŻde.
LâĂ©valuation du risque doit intĂ©grer les antĂ©cĂ©dents reproductifs et obstĂ©tricaux plutĂŽt que de reposer uniquement sur les scores traditionnels. Lâestimation du risque au cours de la vie peut ĂȘtre particuliĂšrement utile chez les femmes dont le risque Ă court terme paraĂźt faible, mais dont lâexposition cumulative aux facteurs de risque est importante.
Cardiopathie ischémique et interventions coronaires
Les femmes prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des signes Ă©vocateurs dâune ischĂ©mie myocardique doivent faire lâobjet dâexplorations rigoureuses. Les mĂȘmes traitements prĂ©ventifs et mĂ©dicaux que ceux recommandĂ©s chez les hommes doivent ĂȘtre proposĂ©s aux femmes.
Les femmes sont moins souvent orientĂ©es vers des examens et reçoivent insuffisamment les traitements de prĂ©vention secondaire. AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e, les donnĂ©es regroupĂ©es dâessais contemporains ont montrĂ© chez les femmes des risques plus Ă©levĂ©s dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible motivĂ©e par lâischĂ©mie Ă cinq ans ; cet excĂšs de risque sâexpliquait principalement par une charge plus importante de facteurs de risque cardiovasculaire et de comorbiditĂ©s. Ă deux ans, dans une population contemporaine traitĂ©e par intervention percutanĂ©e, les risques de dĂ©cĂšs ou de nouvel infarctus du myocarde avec onde Q Ă©taient similaires entre les sexes, mais les femmes prĂ©sentaient des risques plus Ă©levĂ©s dâhĂ©morragie et dâAVC hĂ©morragique.
AprĂšs pontage coronarien et intervention coronaire percutanĂ©e, une survie plus courte chez les femmes que chez les hommes a Ă©tĂ© rapportĂ©e dans certaines analyses. Ces rĂ©sultats soulignent lâimportance de la modification des facteurs de risque, dâune orientation appropriĂ©e et dâune Ă©valuation individualisĂ©e du risque hĂ©morragique.
Traitement hormonal
Le traitement hormonal substitutif postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre prescrit pour prĂ©venir la maladie myocardique ischĂ©mique. Les risques potentiels non cardiovasculaires et les autres risques pour la santĂ© doivent ĂȘtre discutĂ©s lorsquâun traitement hormonal est envisagĂ© pour dâautres indications.
Exercice et sport
Une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre doit ĂȘtre encouragĂ©e chez les femmes quels que soient leur Ăąge, leur origine ethnique et leurs comorbiditĂ©s cardiovasculaires. Une activitĂ© aĂ©robie modĂ©rĂ©e est gĂ©nĂ©ralement sĂ»re pendant la grossesse.
Les femmes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es avant un exercice intensif pendant la grossesse. Selon le document source, les activitĂ©s comportant des contacts physiques violents, un risque important de chute ou de traumatisme abdominal, le port de charges lourdes, la plongĂ©e sous-marine ou lâexercice Ă haute altitude sans acclimatation ne sont pas recommandĂ©s pendant la grossesse.
Une prudence particuliĂšre est nĂ©cessaire chez les femmes prĂ©sentant un syndrome du QT long suspectĂ© ou avĂ©rĂ© lorsquâun sport de compĂ©tition est envisagĂ©, car le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă des intervalles QTc plus longs et Ă une vulnĂ©rabilitĂ© accrue aux mĂ©dicaments allongeant lâintervalle QT et aux anomalies Ă©lectrolytiques. Les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale nĂ©cessitent Ă©galement une stratification dĂ©taillĂ©e du risque avant un exercice intensif.
Médicaments et considérations pratiques
Le document source ne fournit ni noms de médicaments, ni doses, ni schémas de titration, ni protocoles de surveillance biologique.
Les principes thérapeutiques suivants sont précisés :
Les statines doivent ĂȘtre envisagĂ©es ou intensifiĂ©es en prĂ©vention primaire lorsque le risque global et les facteurs augmentant le risque, notamment la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e ou la prééclampsie, justifient un traitement.
Un traitement antihypertenseur doit ĂȘtre utilisĂ© conformĂ©ment aux indications des recommandations, en tenant compte de la sous-utilisation documentĂ©e des traitements chez les femmes et de taux plus faibles dâatteinte des objectifs.
Un traitement modifiant la glycĂ©mie doit ĂȘtre proposĂ© aux femmes diabĂ©tiques, en reconnaissant que le diabĂšte peut confĂ©rer un risque cardiovasculaire plus important chez les femmes.
Lâaspirine a Ă©tĂ© identifiĂ©e comme un traitement que les femmes sont moins susceptibles de recevoir lorsquâil est indiquĂ©, mais aucun critĂšre de prescription ni aucune dose ne sont fournis.
Les mĂ©dicaments allongeant lâintervalle QT nĂ©cessitent une prudence particuliĂšre chez les femmes, notamment en prĂ©sence dâun syndrome du QT long ou de troubles Ă©lectrolytiques.
Le traitement hormonal postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© comme stratĂ©gie de prĂ©vention de la maladie myocardique ischĂ©mique.
Recommandations des sociétés savantes
Le document source étaye les recommandations pratiques suivantes :
La prĂ©vention des MCV doit ĂȘtre activement priorisĂ©e chez les femmes, car les MCV restent leur premiĂšre cause de dĂ©cĂšs.
LâĂ©valuation du risque cardiovasculaire doit prendre en compte les influences spĂ©cifiques au sexe et liĂ©es au genre, plutĂŽt que de reposer exclusivement sur les facteurs de risque conventionnels.
La mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la prééclampsie doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des facteurs augmentant le risque lors de la dĂ©cision dâinstaurer une statine en prĂ©vention primaire.
Les complications liĂ©es Ă la grossesse, notamment les troubles hypertensifs de la grossesse, le diabĂšte gestationnel, lâaccouchement prĂ©maturĂ©, la naissance dâun enfant petit pour lâĂąge gestationnel, le dĂ©collement placentaire et la perte de grossesse, doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es Ă lâĂ©valuation du risque cardiovasculaire Ă long terme.
Les femmes prĂ©sentant une possible ischĂ©mie myocardique doivent ĂȘtre explorĂ©es avec soin, en reconnaissant quâelles peuvent avoir une maladie coronarienne moins obstructive et que les performances des examens diagnostiques peuvent diffĂ©rer de celles observĂ©es chez les hommes.
Les femmes et les hommes doivent recevoir le mĂȘme traitement prĂ©ventif recommandĂ© par les recommandations lorsque les indications cliniques sont Ă©quivalentes.
Lâorientation, le traitement et le suivi doivent ĂȘtre conçus de maniĂšre Ă rĂ©duire les disparitĂ©s liĂ©es au sexe en matiĂšre dâaccĂšs et dâintensitĂ© des soins.
Une interprĂ©tation spĂ©cifique au sexe et une normalisation par la surface corporelle doivent ĂȘtre envisagĂ©es lors de lâĂ©valuation des cavitĂ©s cardiaques et des dimensions aortiques chez les femmes.
Les femmes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es avant un exercice intensif pendant la grossesse.
Les conseils concernant le sport de compĂ©tition doivent ĂȘtre particuliĂšrement prudents chez les femmes prĂ©sentant un syndrome du QT long, et une stratification dĂ©taillĂ©e du risque est justifiĂ©e chez les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale.
Le traitement hormonal postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© pour rĂ©duire le risque de maladie myocardique ischĂ©mique.
Les dĂ©cisions concernant une intervention chez les femmes prĂ©sentant une valvulopathie, une cardiopathie congĂ©nitale ou une maladie aortique doivent ĂȘtre individualisĂ©es, car les scores de risque peuvent ĂȘtre influencĂ©s par des cohortes de dĂ©rivation Ă prĂ©dominance masculine et par un biais dâorientation.
Pronostic et suivi
Les femmes prĂ©sentent une morbiditĂ© et une mortalitĂ© cardiovasculaires importantes, notamment une charge disproportionnĂ©e dâAVC aprĂšs 65 ans. La mortalitĂ© cardiovasculaire a augmentĂ© dans le monde, avec des hausses particuliĂšrement rapides chez les femmes dâĂąge moyen. Aux Ătats-Unis, la mortalitĂ© liĂ©e aux MCV chez les femmes de moins de 55 ans ne sâest pas significativement amĂ©liorĂ©e au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies, et les femmes plus jeunes atteintes de MCV prĂ©sentent la mortalitĂ© la plus Ă©levĂ©e.
Le pronostic varie selon lâaffection cardiovasculaire. Le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e dans plusieurs valvulopathies et Ă un risque accru au dĂ©but de la pĂ©riode suivant le traitement. AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e, les femmes peuvent prĂ©senter des risques Ă long terme plus Ă©levĂ©s dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible, bien que ces diffĂ©rences soient largement liĂ©es Ă une charge plus importante de facteurs de risque et de comorbiditĂ©s. Les risques dâhĂ©morragie et dâAVC hĂ©morragique peuvent Ă©galement ĂȘtre plus Ă©levĂ©s chez les femmes aprĂšs une intervention percutanĂ©e contemporaine.
Le suivi doit ĂȘtre longitudinal et comporter une réévaluation des Ă©lĂ©ments suivants :
Pression artérielle, bilan lipidique et équilibre glycémique
Poids, activité physique et statut tabagique
SymptĂŽmes nouveaux ou persistants Ă©vocateurs dâune ischĂ©mie myocardique
Facteurs de risque liés à la grossesse et à la ménopause
Maladies auto-immunes, inflammatoires et rénales
Dépression, anxiété et stress chronique
Observance du traitement préventif
Participation à la réadaptation cardiaque lorsque cela est indiqué
Comme les femmes peuvent prĂ©senter un risque Ă court terme moindre mais un risque au cours de la vie plus important, le suivi ne doit pas ĂȘtre interrompu sur le seul fondement dâune estimation du risque Ă 10 ans faible. Le dossier mĂ©dical doit conserver les antĂ©cĂ©dents reproductifs et obstĂ©tricaux pertinents afin de permettre une réévaluation du risque cardiovasculaire Ă mesure que les facteurs de risque Ă©voluent, notamment pendant et aprĂšs la transition mĂ©nopausique.