đŸš« Risque cardiovasculaire chez la femme : facteurs spĂ©cifiques au sexe

Sommaire (24)

Définition et physiopathologie

Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent la premiĂšre cause de dĂ©cĂšs chez les femmes dans le monde et aux États-Unis. Aux États-Unis, environ un dĂ©cĂšs fĂ©minin sur quatre est attribuable aux MCV. La charge cardiovasculaire chez les femmes comprend les cardiopathies coronariennes, l’insuffisance cardiaque et l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral (AVC) ; le risque cardiovasculaire au cours de la vie d’une femme ĂągĂ©e de 40 ans a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  environ une sur deux pour les MCV, une sur trois pour les cardiopathies coronariennes, une sur cinq pour l’insuffisance cardiaque et une sur cinq pour l’AVC.

Le sexe et le genre sont des dĂ©terminants distincts, mais interactifs, de la santĂ© cardiovasculaire. Le sexe dĂ©signe principalement les caractĂ©ristiques biologiques, notamment le complĂ©ment chromosomique, l’anatomie, la physiologie et les influences hormonales. Le genre englobe les rĂŽles socioculturels, les comportements, les relations, les structures de pouvoir et les attentes sociales. Les deux influencent la prĂ©valence, les manifestations, le diagnostic, la prise en charge, la rĂ©ponse au traitement et le pronostic des maladies cardiovasculaires.

Les diffĂ©rences biologiques entre les femmes et les hommes rĂ©sultent en partie de la distinction chromosomique entre les individus XX et XY et se reflĂštent dans la structure et le fonctionnement cardiovasculaires. Les facteurs socioculturels contribuent indĂ©pendamment aux diffĂ©rences d’exposition au risque, d’accĂšs aux soins, d’évaluation clinique et de traitement. Ces influences sont particuliĂšrement importantes, car les femmes ont historiquement Ă©tĂ© perçues comme prĂ©sentant un risque cardiovasculaire moindre, y compris aprĂšs la mĂ©nopause, ce qui contribue Ă  un retard d’évaluation et Ă  une prise en charge insuffisante.

Facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels

Plusieurs facteurs de risque conventionnels ont des effets dépendant du sexe :

  • La pression artĂ©rielle augmente plus rapidement chez les femmes dĂšs le dĂ©but de l’ñge adulte, entraĂźnant une charge cumulative d’hypertension plus importante au cours de la vie.

  • L’hypertension devient plus frĂ©quente chez les femmes que chez les hommes aprĂšs environ 65 ans.

  • L’hypertrophie ventriculaire gauche liĂ©e Ă  l’hypertension, le remodelage concentrique, la diminution du strain longitudinal et l’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection prĂ©servĂ©e sont plus frĂ©quents chez les femmes.

  • Le diabĂšte confĂšre un risque cardiovasculaire plus important chez les femmes que chez les hommes.

  • Le tabagisme, l’obĂ©sitĂ© et les facteurs psychosociaux sont associĂ©s Ă  un impact cardiovasculaire plus important chez les femmes.

  • L’obĂ©sitĂ©, la sĂ©dentaritĂ© et la dĂ©pression sont plus frĂ©quentes chez les femmes.

  • La dyslipidĂ©mie, l’hypertension, le diabĂšte et l’obĂ©sitĂ© deviennent de plus en plus frĂ©quents aprĂšs la transition mĂ©nopausique.

Les femmes atteintes de diabĂšte de type 2 prĂ©sentent Ă©galement une prĂ©valence plus Ă©levĂ©e de complications cardiovasculaires et de dĂ©cĂšs que les hommes. MalgrĂ© l’efficacitĂ© des interventions prĂ©ventives dans les deux sexes, les femmes sont moins susceptibles de recevoir des statines, de l’aspirine ou une orientation vers la rĂ©adaptation cardiaque, et elles sont moins susceptibles d’atteindre les objectifs de traitement de la pression artĂ©rielle.

Facteurs de risque spécifiques ou prédominants chez la femme

L’évaluation du risque doit inclure les antĂ©cĂ©dents reproductifs et liĂ©s Ă  la grossesse. Les facteurs spĂ©cifiques ou prĂ©dominants chez la femme associĂ©s Ă  un risque cardiovasculaire ultĂ©rieur comprennent :

  • MĂ©nopause prĂ©maturĂ©e

  • Insuffisance ovarienne prĂ©maturĂ©e

  • Troubles hypertensifs de la grossesse

  • Prééclampsie

  • Accouchement prĂ©maturĂ©

  • DiabĂšte gestationnel

  • Naissance d’un enfant petit pour l’ñge gestationnel

  • DĂ©collement placentaire

  • Perte de grossesse

  • Syndrome des ovaires polykystiques

  • AmĂ©norrhĂ©e hypothalamique fonctionnelle

  • Traitement de la fertilitĂ© et assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation

La mesure dans laquelle ces affections confĂšrent un risque indĂ©pendamment des facteurs conventionnels, et leur capacitĂ© Ă  amĂ©liorer la classification du risque, restent incomplĂštement Ă©tablies. Les donnĂ©es concernant la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la survenue ultĂ©rieure d’une hypertension ou d’un diabĂšte sont insuffisantes pour permettre des conclusions formelles.

Les maladies inflammatoires systémiques et auto-immunes, notamment le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde, sont des affections importantes augmentant le risque et sont plus fréquentes chez les femmes. La maladie rénale chronique et plusieurs autres comorbidités contribuent également à la charge cardiovasculaire disproportionnée chez les femmes.

La dĂ©pression et l’anxiĂ©tĂ© sont environ deux fois plus frĂ©quentes chez les femmes et constituent d’importants facteurs de risque de syndromes coronariens aigus et de mortalitĂ© cardiovasculaire. Les femmes subissent un impact plus important du stress chronique autoĂ©valuĂ© et du stress conjugal, tandis que le stress professionnel a un impact plus important chez les hommes. Les femmes peuvent Ă©galement prĂ©senter une rĂ©ponse inflammatoire plus importante au stress, laquelle a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  la survenue ultĂ©rieure d’évĂ©nements cardiovasculaires dĂ©favorables chez les personnes atteintes de cardiopathie ischĂ©mique.

Ménopause et considérations hormonales

La transition mĂ©nopausique s’accompagne d’une prĂ©valence croissante des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels. Un dĂ©but plus prĂ©coce de la mĂ©nopause et une durĂ©e plus longue depuis la mĂ©nopause ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, bien que le document source ne fournisse pas d’estimations quantitatives de ces associations.

Le traitement hormonal substitutif chez les femmes mĂ©nopausĂ©es ne rĂ©duit pas le risque de maladie myocardique ischĂ©mique et peut entraĂźner d’autres risques pour la santĂ©. Pendant la pĂ©rimĂ©nopause, un traitement hormonal temporaire peut attĂ©nuer les troubles de l’humeur et les symptĂŽmes vasomoteurs sĂ©vĂšres ; cette observation ne constitue pas une indication de prĂ©vention cardiovasculaire.

Considérations génétiques

Aucun marqueur gĂ©nĂ©tique ni score de risque polygĂ©nique n’est actuellement Ă©tabli pour amĂ©liorer l’évaluation du risque cardiovasculaire chez les femmes au-delĂ  des mĂ©thodes traditionnelles. Un score dĂ©rivĂ© de la littĂ©rature, fondĂ© sur 46 polymorphismes mononuclĂ©otidiques, prĂ©disait les cardiopathies coronariennes chez les hommes, mais pas chez les femmes, dans une Ă©tude multiethnique.

Présentation clinique et symptÎmes

Les femmes prĂ©sentant une ischĂ©mie myocardique peuvent avoir une prĂ©sentation diffĂ©rente de celle des hommes. Les diffĂ©rences symptomatiques peuvent contribuer Ă  une orientation, Ă  des explorations et Ă  un traitement prĂ©coce diffĂ©rents. Les femmes prĂ©sentant des signes ou symptĂŽmes Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie cardiaque nĂ©cessitent donc une Ă©valuation rigoureuse plutĂŽt que des suppositions fondĂ©es sur le sexe ou le risque perçu.

Les femmes prĂ©sentent plus souvent une maladie coronarienne moins obstructive que les hommes. Par consĂ©quent, des symptĂŽmes d’ischĂ©mie myocardique peuvent survenir en l’absence de maladie obstructive importante lors de l’évaluation coronaire. Le document source identifie l’ischĂ©mie sans maladie coronarienne obstructive, l’infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives et la cardiomyopathie de Takotsubo comme des entitĂ©s importantes chez les femmes, mais ne fournit pas de profils symptomatiques dĂ©taillĂ©s ni de critĂšres diagnostiques pour ces affections.

La dĂ©pression, l’anxiĂ©tĂ© et le stress psychosocial peuvent coexister avec des symptĂŽmes cardiovasculaires et aggraver le risque cardiovasculaire. Ces facteurs doivent ĂȘtre pris en compte dans l’évaluation clinique globale, sans attribuer d’emblĂ©e Ă  des causes psychologiques des symptĂŽmes potentiellement cardiaques.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit commencer par la reconnaissance du fait que les MCV sont frĂ©quentes et cliniquement importantes chez les femmes Ă  tous les Ăąges de la vie. Une attention particuliĂšre est nĂ©cessaire chez les femmes plus jeunes, chez lesquelles la mortalitĂ© cardiovasculaire s’est peu amĂ©liorĂ©e au cours des derniĂšres dĂ©cennies et peut ĂȘtre particuliĂšrement Ă©levĂ©e en prĂ©sence de MCV.

Évaluation du risque

Une anamnĂšse cardiovasculaire complĂšte doit inclure :

  • Hypertension, dyslipidĂ©mie, diabĂšte, tabagisme, obĂ©sitĂ© et sĂ©dentaritĂ©

  • Maladie rĂ©nale chronique

  • Maladies auto-immunes et inflammatoires systĂ©miques

  • DĂ©pression, anxiĂ©tĂ© et stress psychosocial chronique

  • AntĂ©cĂ©dents menstruels et mĂ©nopausiques

  • Âge Ă  la mĂ©nopause et Ă©ventuelle mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e

  • Complications de la grossesse, notamment troubles hypertensifs, prééclampsie, diabĂšte gestationnel, accouchement prĂ©maturĂ©, naissance d’un enfant petit pour l’ñge gestationnel, dĂ©collement placentaire et perte de grossesse

  • Syndrome des ovaires polykystiques

  • AmĂ©norrhĂ©e hypothalamique fonctionnelle

  • Traitement de la fertilitĂ© ou assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation

  • Situation socioĂ©conomique et accĂšs aux soins

Les scores de risque tels que le PCE et le SCORE2 utilisent des Ă©quations spĂ©cifiques au sexe, mais n’intĂšgrent gĂ©nĂ©ralement pas les facteurs de risque spĂ©cifiques Ă  la femme. L’estimation du risque au cours de la vie peut ĂȘtre plus appropriĂ©e que le recours exclusif Ă  une estimation Ă  10 ans, compte tenu de l’apparition moyenne plus tardive des MCV chez les femmes et de leur espĂ©rance de vie plus longue.

L’examen clinique doit ĂȘtre orientĂ© vers l’affection cardiovasculaire suspectĂ©e et les facteurs de risque conventionnels. Le document source ne prĂ©cise pas de protocole d’examen clinique spĂ©cifique au sexe.

Évaluation liĂ©e Ă  la grossesse et Ă  l’exercice

Les femmes enceintes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle connue nĂ©cessitent une Ă©valuation cardiovasculaire avant d’entreprendre un exercice intensif. La grossesse augmente le volume plasmatique et le dĂ©bit cardiaque d’environ 50 %, et la contrainte hĂ©modynamique supplĂ©mentaire liĂ©e Ă  l’exercice peut entraĂźner une dĂ©compensation chez les femmes atteintes d’une cardiopathie structurelle.

L’exercice aĂ©robie modĂ©rĂ© est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme sĂ»r chez les femmes et est associĂ© Ă  une prĂ©valence plus faible d’une prise de poids excessive, de l’obĂ©sitĂ© du post-partum, du diabĂšte gestationnel et de la prééclampsie. Les athlĂštes peuvent poursuivre un entraĂźnement intensif pendant la grossesse, bien que le document source recommande d’éviter une frĂ©quence cardiaque supĂ©rieure Ă  90 % de la frĂ©quence maximale prĂ©dite selon l’ñge afin de rĂ©duire le risque de bradycardie fƓtale.

Examens diagnostiques

Cardiopathie ischémique

Les femmes sont moins souvent orientĂ©es vers des explorations diagnostiques que les hommes, alors que la cardiopathie ischĂ©mique constitue la premiĂšre cause de mortalitĂ© chez les femmes. L’évaluation diagnostique peut ĂȘtre moins prĂ©cise pour la maladie coronarienne obstructive chez les femmes, qui prĂ©sentent plus frĂ©quemment une maladie non obstructive. Ces diffĂ©rences doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es au raisonnement diagnostique et ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©es comme indiquant que les symptĂŽmes sont d’origine non cardiaque.

Le document source ne prĂ©cise ni algorithme ECG, ni modalitĂ© d’imagerie, ni seuil biologique, ni stratĂ©gie d’exploration invasive pour les femmes prĂ©sentant une suspicion d’ischĂ©mie.

Imagerie cardiovasculaire et maladies structurelles

L’interprĂ©tation spĂ©cifique au sexe est pertinente en imagerie cardiovasculaire. Les seuils normalisĂ©s par la surface corporelle pour les dimensions de l’aorte et des cavitĂ©s cardiaques peuvent permettre une Ă©valuation plus appropriĂ©e chez les femmes de plus petite corpulence.

En cas de cardiopathie congĂ©nitale et d’aortopathie hĂ©rĂ©ditaire ou congĂ©nitale, une consultation prĂ©conceptionnelle est particuliĂšrement importante. Les seuils d’intervention peuvent ĂȘtre plus bas en valeur absolue pour la chirurgie aortique chez les femmes prĂ©sentant une aortopathie associĂ©e Ă  une cardiopathie hĂ©rĂ©ditaire ou congĂ©nitale. Des considĂ©rations individualisĂ©es similaires peuvent s’appliquer au remplacement valvulaire pulmonaire chez les patients ayant Ă©tĂ© opĂ©rĂ©s d’une tĂ©tralogie de Fallot.

Valvulopathies

Les hommes et les femmes ont une probabilité globale similaire de présenter une valvulopathie, mais la répartition selon la valve et la pathologie diffÚre :

Plus fréquentes chez les femmes Plus fréquentes chez les hommes
Maladies de la valve mitrale, notamment prolapsus Sténose aortique
Valvulopathie mitrale rhumatismale Insuffisance aortique
Insuffisance tricuspide Maladie aortique associée à une valve aortique bicuspide

L’endocardite touchant n’importe quelle valve est plus frĂ©quente chez les hommes. Le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e dans plusieurs valvulopathies, notamment Ă  une mortalitĂ© prĂ©coce plus importante aprĂšs traitement. Les outils de prĂ©diction du risque tels que le STS et l’EuroSCORE incluent le sexe comme facteur de risque, mais de nombreux modĂšles prĂ©dictifs sont dĂ©rivĂ©s principalement de populations masculines et peuvent ĂȘtre influencĂ©s par un biais d’orientation. Cela peut contribuer Ă  une prise en charge insuffisante ou Ă  un retard d’intervention chez les femmes.

Troubles du rythme et mort subite cardiaque

La mort subite cardiaque liĂ©e Ă  l’exercice est nettement moins frĂ©quente chez les femmes que chez les hommes. Parmi les jeunes athlĂštes de compĂ©tition, les rapports hommes-femmes rapportĂ©s vont de 3:1 Ă  10:1 ; parmi les athlĂštes amateurs plus ĂągĂ©s, les dĂ©cĂšs chez les hommes ont Ă©tĂ© rapportĂ©s comme Ă©tant 20 fois plus frĂ©quents.

Les athlĂštes fĂ©minines dĂ©cĂšdent rarement subitement d’une cardiomyopathie hypertrophique. Dans un registre amĂ©ricain, les femmes ne reprĂ©sentaient que 3 % des 302 personnes dĂ©cĂ©dĂ©es d’une cardiomyopathie hypertrophique. Les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale nĂ©cessitent une stratification du risque plus dĂ©taillĂ©e avant un exercice intensif : dans un registre italien de 650 morts subites cardiaques, 7 % Ă©taient attribuĂ©es Ă  un prolapsus de la valve mitrale, et la plupart des personnes concernĂ©es Ă©taient des femmes prĂ©sentant un allongement marquĂ© des deux feuillets dĂ» Ă  une dĂ©gĂ©nĂ©rescence myxomateuse Ă©tendue.

De nombreux dĂ©cĂšs subits liĂ©s Ă  l’exercice chez les jeunes femmes surviennent en prĂ©sence d’un cƓur structurellement normal Ă  l’autopsie, ce qui suggĂšre une contribution importante des maladies Ă©lectriques hĂ©rĂ©ditaires, notamment le syndrome du QT long, le syndrome de Brugada et la tachycardie ventriculaire polymorphe catĂ©cholaminergique.

Les femmes ont un intervalle QT corrigĂ© plus long que les hommes, tant chez les sujets sains que chez ceux atteints d’un syndrome du QT long. Bien que le gĂ©notype responsable de la maladie soit rĂ©parti de maniĂšre similaire entre les sexes, les femmes sont plus souvent cliniquement atteintes. Le sexe fĂ©minin est Ă©galement associĂ© Ă  une plus grande susceptibilitĂ© aux troubles du rythme induits par les mĂ©dicaments allongeant l’intervalle QT et par les troubles Ă©lectrolytiques, et constitue un facteur de risque indĂ©pendant d’évĂ©nements cardiaques dans le syndrome du QT long.

Le document source ne fournit ni protocole ECG spĂ©cifique, ni seuil de QTc, ni stratĂ©gie d’exploration Ă©lectrophysiologique, ni recommandation concernant le traitement par dispositif.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le document source ne fournit pas de concentrations de biomarqueurs spécifiques au sexe, de seuils biologiques ni de recommandations concernant les examens biologiques.

L’évaluation du risque doit nĂ©anmoins rechercher un diabĂšte, une dyslipidĂ©mie, une maladie rĂ©nale chronique et une maladie inflammatoire systĂ©mique ou auto-immune, car ces affections contribuent de maniĂšre importante au risque cardiovasculaire chez les femmes. En l’absence de marqueur gĂ©nĂ©tique ou de score de risque polygĂ©nique validĂ© et spĂ©cifique aux femmes, les tests gĂ©nĂ©tiques n’apportent actuellement pas de mĂ©thode Ă©tablie de classification du risque cardiovasculaire au-delĂ  de l’évaluation conventionnelle.

Traitement et prise en charge

Prévention primaire et secondaire

Les femmes doivent recevoir les mĂȘmes traitements prĂ©ventifs recommandĂ©s par les recommandations que les hommes lorsque les indications sont prĂ©sentes. Les interventions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques fondĂ©es sur les preuves, les statines, les antihypertenseurs et les traitements modifiant la glycĂ©mie bĂ©nĂ©ficient aux femmes et aux hommes dans une mesure similaire.

La prise en charge doit porter sur :

  • ContrĂŽle de la pression artĂ©rielle

  • Abaissement des lipides

  • Traitement du diabĂšte

  • Sevrage tabagique

  • ContrĂŽle pondĂ©ral

  • ActivitĂ© physique

  • Stress psychosocial, dĂ©pression et anxiĂ©tĂ©

  • Orientation vers la rĂ©adaptation cardiaque lorsque cela est indiquĂ©

Les femmes sont moins susceptibles de recevoir un traitement prĂ©ventif ou d’atteindre les objectifs thĂ©rapeutiques ; des efforts actifs sont donc nĂ©cessaires pour Ă©viter les disparitĂ©s thĂ©rapeutiques. L’orientation vers la rĂ©adaptation cardiaque ne doit pas ĂȘtre refusĂ©e en raison du sexe.

Facteurs augmentant le risque

En prĂ©vention primaire, la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la prééclampsie sont reconnues comme des facteurs spĂ©cifiques Ă  la femme augmentant le risque et pouvant justifier l’instauration ou l’intensification d’un traitement par statine. Les autres facteurs augmentant le risque comprennent les maladies inflammatoires systĂ©miques telles que le lupus et la polyarthrite rhumatoĂŻde.

L’évaluation du risque doit intĂ©grer les antĂ©cĂ©dents reproductifs et obstĂ©tricaux plutĂŽt que de reposer uniquement sur les scores traditionnels. L’estimation du risque au cours de la vie peut ĂȘtre particuliĂšrement utile chez les femmes dont le risque Ă  court terme paraĂźt faible, mais dont l’exposition cumulative aux facteurs de risque est importante.

Cardiopathie ischémique et interventions coronaires

Les femmes prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des signes Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie myocardique doivent faire l’objet d’explorations rigoureuses. Les mĂȘmes traitements prĂ©ventifs et mĂ©dicaux que ceux recommandĂ©s chez les hommes doivent ĂȘtre proposĂ©s aux femmes.

Les femmes sont moins souvent orientĂ©es vers des examens et reçoivent insuffisamment les traitements de prĂ©vention secondaire. AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e, les donnĂ©es regroupĂ©es d’essais contemporains ont montrĂ© chez les femmes des risques plus Ă©levĂ©s d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible motivĂ©e par l’ischĂ©mie Ă  cinq ans ; cet excĂšs de risque s’expliquait principalement par une charge plus importante de facteurs de risque cardiovasculaire et de comorbiditĂ©s. À deux ans, dans une population contemporaine traitĂ©e par intervention percutanĂ©e, les risques de dĂ©cĂšs ou de nouvel infarctus du myocarde avec onde Q Ă©taient similaires entre les sexes, mais les femmes prĂ©sentaient des risques plus Ă©levĂ©s d’hĂ©morragie et d’AVC hĂ©morragique.

AprĂšs pontage coronarien et intervention coronaire percutanĂ©e, une survie plus courte chez les femmes que chez les hommes a Ă©tĂ© rapportĂ©e dans certaines analyses. Ces rĂ©sultats soulignent l’importance de la modification des facteurs de risque, d’une orientation appropriĂ©e et d’une Ă©valuation individualisĂ©e du risque hĂ©morragique.

Traitement hormonal

Le traitement hormonal substitutif postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre prescrit pour prĂ©venir la maladie myocardique ischĂ©mique. Les risques potentiels non cardiovasculaires et les autres risques pour la santĂ© doivent ĂȘtre discutĂ©s lorsqu’un traitement hormonal est envisagĂ© pour d’autres indications.

Exercice et sport

Une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre doit ĂȘtre encouragĂ©e chez les femmes quels que soient leur Ăąge, leur origine ethnique et leurs comorbiditĂ©s cardiovasculaires. Une activitĂ© aĂ©robie modĂ©rĂ©e est gĂ©nĂ©ralement sĂ»re pendant la grossesse.

Les femmes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es avant un exercice intensif pendant la grossesse. Selon le document source, les activitĂ©s comportant des contacts physiques violents, un risque important de chute ou de traumatisme abdominal, le port de charges lourdes, la plongĂ©e sous-marine ou l’exercice Ă  haute altitude sans acclimatation ne sont pas recommandĂ©s pendant la grossesse.

Une prudence particuliĂšre est nĂ©cessaire chez les femmes prĂ©sentant un syndrome du QT long suspectĂ© ou avĂ©rĂ© lorsqu’un sport de compĂ©tition est envisagĂ©, car le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă  des intervalles QTc plus longs et Ă  une vulnĂ©rabilitĂ© accrue aux mĂ©dicaments allongeant l’intervalle QT et aux anomalies Ă©lectrolytiques. Les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale nĂ©cessitent Ă©galement une stratification dĂ©taillĂ©e du risque avant un exercice intensif.

Médicaments et considérations pratiques

Le document source ne fournit ni noms de médicaments, ni doses, ni schémas de titration, ni protocoles de surveillance biologique.

Les principes thérapeutiques suivants sont précisés :

  • Les statines doivent ĂȘtre envisagĂ©es ou intensifiĂ©es en prĂ©vention primaire lorsque le risque global et les facteurs augmentant le risque, notamment la mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e ou la prééclampsie, justifient un traitement.

  • Un traitement antihypertenseur doit ĂȘtre utilisĂ© conformĂ©ment aux indications des recommandations, en tenant compte de la sous-utilisation documentĂ©e des traitements chez les femmes et de taux plus faibles d’atteinte des objectifs.

  • Un traitement modifiant la glycĂ©mie doit ĂȘtre proposĂ© aux femmes diabĂ©tiques, en reconnaissant que le diabĂšte peut confĂ©rer un risque cardiovasculaire plus important chez les femmes.

  • L’aspirine a Ă©tĂ© identifiĂ©e comme un traitement que les femmes sont moins susceptibles de recevoir lorsqu’il est indiquĂ©, mais aucun critĂšre de prescription ni aucune dose ne sont fournis.

  • Les mĂ©dicaments allongeant l’intervalle QT nĂ©cessitent une prudence particuliĂšre chez les femmes, notamment en prĂ©sence d’un syndrome du QT long ou de troubles Ă©lectrolytiques.

  • Le traitement hormonal postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© comme stratĂ©gie de prĂ©vention de la maladie myocardique ischĂ©mique.

Recommandations des sociétés savantes

Le document source étaye les recommandations pratiques suivantes :

  • La prĂ©vention des MCV doit ĂȘtre activement priorisĂ©e chez les femmes, car les MCV restent leur premiĂšre cause de dĂ©cĂšs.

  • L’évaluation du risque cardiovasculaire doit prendre en compte les influences spĂ©cifiques au sexe et liĂ©es au genre, plutĂŽt que de reposer exclusivement sur les facteurs de risque conventionnels.

  • La mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la prééclampsie doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des facteurs augmentant le risque lors de la dĂ©cision d’instaurer une statine en prĂ©vention primaire.

  • Les complications liĂ©es Ă  la grossesse, notamment les troubles hypertensifs de la grossesse, le diabĂšte gestationnel, l’accouchement prĂ©maturĂ©, la naissance d’un enfant petit pour l’ñge gestationnel, le dĂ©collement placentaire et la perte de grossesse, doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es Ă  l’évaluation du risque cardiovasculaire Ă  long terme.

  • Les femmes prĂ©sentant une possible ischĂ©mie myocardique doivent ĂȘtre explorĂ©es avec soin, en reconnaissant qu’elles peuvent avoir une maladie coronarienne moins obstructive et que les performances des examens diagnostiques peuvent diffĂ©rer de celles observĂ©es chez les hommes.

  • Les femmes et les hommes doivent recevoir le mĂȘme traitement prĂ©ventif recommandĂ© par les recommandations lorsque les indications cliniques sont Ă©quivalentes.

  • L’orientation, le traitement et le suivi doivent ĂȘtre conçus de maniĂšre Ă  rĂ©duire les disparitĂ©s liĂ©es au sexe en matiĂšre d’accĂšs et d’intensitĂ© des soins.

  • Une interprĂ©tation spĂ©cifique au sexe et une normalisation par la surface corporelle doivent ĂȘtre envisagĂ©es lors de l’évaluation des cavitĂ©s cardiaques et des dimensions aortiques chez les femmes.

  • Les femmes prĂ©sentant une cardiopathie structurelle doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es avant un exercice intensif pendant la grossesse.

  • Les conseils concernant le sport de compĂ©tition doivent ĂȘtre particuliĂšrement prudents chez les femmes prĂ©sentant un syndrome du QT long, et une stratification dĂ©taillĂ©e du risque est justifiĂ©e chez les femmes prĂ©sentant un prolapsus de la valve mitrale.

  • Le traitement hormonal postmĂ©nopausique ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© pour rĂ©duire le risque de maladie myocardique ischĂ©mique.

  • Les dĂ©cisions concernant une intervention chez les femmes prĂ©sentant une valvulopathie, une cardiopathie congĂ©nitale ou une maladie aortique doivent ĂȘtre individualisĂ©es, car les scores de risque peuvent ĂȘtre influencĂ©s par des cohortes de dĂ©rivation Ă  prĂ©dominance masculine et par un biais d’orientation.

Pronostic et suivi

Les femmes prĂ©sentent une morbiditĂ© et une mortalitĂ© cardiovasculaires importantes, notamment une charge disproportionnĂ©e d’AVC aprĂšs 65 ans. La mortalitĂ© cardiovasculaire a augmentĂ© dans le monde, avec des hausses particuliĂšrement rapides chez les femmes d’ñge moyen. Aux États-Unis, la mortalitĂ© liĂ©e aux MCV chez les femmes de moins de 55 ans ne s’est pas significativement amĂ©liorĂ©e au cours des deux derniĂšres dĂ©cennies, et les femmes plus jeunes atteintes de MCV prĂ©sentent la mortalitĂ© la plus Ă©levĂ©e.

Le pronostic varie selon l’affection cardiovasculaire. Le sexe fĂ©minin est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e dans plusieurs valvulopathies et Ă  un risque accru au dĂ©but de la pĂ©riode suivant le traitement. AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e, les femmes peuvent prĂ©senter des risques Ă  long terme plus Ă©levĂ©s d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible, bien que ces diffĂ©rences soient largement liĂ©es Ă  une charge plus importante de facteurs de risque et de comorbiditĂ©s. Les risques d’hĂ©morragie et d’AVC hĂ©morragique peuvent Ă©galement ĂȘtre plus Ă©levĂ©s chez les femmes aprĂšs une intervention percutanĂ©e contemporaine.

Le suivi doit ĂȘtre longitudinal et comporter une réévaluation des Ă©lĂ©ments suivants :

  • Pression artĂ©rielle, bilan lipidique et Ă©quilibre glycĂ©mique

  • Poids, activitĂ© physique et statut tabagique

  • SymptĂŽmes nouveaux ou persistants Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie myocardique

  • Facteurs de risque liĂ©s Ă  la grossesse et Ă  la mĂ©nopause

  • Maladies auto-immunes, inflammatoires et rĂ©nales

  • DĂ©pression, anxiĂ©tĂ© et stress chronique

  • Observance du traitement prĂ©ventif

  • Participation Ă  la rĂ©adaptation cardiaque lorsque cela est indiquĂ©

Comme les femmes peuvent prĂ©senter un risque Ă  court terme moindre mais un risque au cours de la vie plus important, le suivi ne doit pas ĂȘtre interrompu sur le seul fondement d’une estimation du risque Ă  10 ans faible. Le dossier mĂ©dical doit conserver les antĂ©cĂ©dents reproductifs et obstĂ©tricaux pertinents afin de permettre une réévaluation du risque cardiovasculaire Ă  mesure que les facteurs de risque Ă©voluent, notamment pendant et aprĂšs la transition mĂ©nopausique.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026