đŸš« Revascularisation complĂšte versus revascularisation limitĂ©e Ă  la lĂ©sion coupable dans le syndrome coronarien aigu

Sommaire (20)

Définition et physiopathologie

Dans le syndrome coronarien aigu (SCA) associĂ© Ă  une coronaropathie pluritronculaire (CPT), la revascularisation peut ĂȘtre limitĂ©e exclusivement Ă  l’artĂšre responsable de l’infarctus (ARI) ou s’étendre Ă  d’autres lĂ©sions non responsables de l’infarctus. La revascularisation limitĂ©e Ă  la lĂ©sion coupable traite l’artĂšre responsable de l’évĂ©nement clinique aigu lors de la procĂ©dure initiale. La revascularisation complĂšte vise Ă  traiter toutes les lĂ©sions responsables d’une ischĂ©mie myocardique, soit au cours de la mĂȘme procĂ©dure, soit lors d’une intervention rĂ©alisĂ©e en plusieurs temps.

La justification de la revascularisation complĂšte repose sur le fait qu’une maladie non traitĂ©e et limitant le dĂ©bit peut continuer Ă  provoquer une ischĂ©mie, des symptĂŽmes rĂ©cidivants, un infarctus du myocarde ou d’autres Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. La revascularisation complĂšte est donc considĂ©rĂ©e comme un objectif thĂ©rapeutique important, notamment chez les patients prĂ©sentant une dysfonction ventriculaire gauche et/ou une CPT. NĂ©anmoins, l’étendue et le moment optimaux de l’intervention dĂ©pendent du contexte clinique, de l’état hĂ©modynamique, de l’anatomie coronaire, des comorbiditĂ©s, de la complexitĂ© procĂ©durale, de l’ñge, de la fragilitĂ© et de l’observance attendue du traitement antithrombotique.

La complĂ©tude anatomique et la complĂ©tude fonctionnelle ne sont pas synonymes. Une revascularisation anatomiquement incomplĂšte peut nĂ©anmoins ĂȘtre fonctionnellement complĂšte si toutes les lĂ©sions responsables d’une ischĂ©mie ont Ă©tĂ© traitĂ©es. À l’inverse, une pose de stents angiographiquement satisfaisante peut laisser persister une ischĂ©mie rĂ©siduelle cliniquement pertinente, notamment aprĂšs une intervention coronaire complexe. L’importance clinique de la maladie rĂ©siduelle est Ă©galement influencĂ©e par la complexitĂ© anatomique et les comorbiditĂ©s, qui peuvent elles-mĂȘmes contribuer Ă  la progression de la maladie coronaire native.

L’occlusion coronaire totale chronique est un facteur prĂ©dictif important de revascularisation anatomiquement incomplĂšte par ICP. L’ICP des lĂ©sions d’occlusion totale chronique peut amĂ©liorer l’angor et la qualitĂ© de vie, mais les essais randomisĂ©s n’ont pas dĂ©montrĂ© de rĂ©duction de la mortalitĂ© ou de l’incidence des infarctus du myocarde.

Présentation clinique et symptÎmes

La prĂ©sentation clinique est principalement dĂ©terminĂ©e par le syndrome coronarien aigu et les consĂ©quences hĂ©modynamiques de la lĂ©sion coupable. Les patients peuvent prĂ©senter un infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI), un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (SCA sans sus-dĂ©calage de ST) ou un SCA compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique.

Dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST, une stratĂ©gie comprenant une coronarographie suivie d’une revascularisation peut ĂȘtre mise en Ɠuvre prĂ©cocement, de maniĂšre diffĂ©rĂ©e ou de façon sĂ©lective aprĂšs un traitement mĂ©dical initial. La prĂ©sence de modifications du segment ST ou d’un dosage positif de la troponine identifie les patients chez lesquels une stratĂ©gie invasive est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable Ă  une coronarographie sĂ©lective, en l’absence de contre-indication et lorsque l’anatomie coronaire est compatible.

En cas de choc cardiogĂ©nique, les principaux mĂ©canismes dĂ©clenchants comprennent l’insuffisance cardiaque liĂ©e Ă  l’ischĂ©mie, l’insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre et d’autres complications mĂ©caniques. Le choc survient plus frĂ©quemment lorsque l’artĂšre coronaire est complĂštement occluse et est particuliĂšrement associĂ© Ă  une CPT. Les patients prĂ©sentant un SCA et un choc doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s rapidement vers un centre tertiaire disposant de l’expertise appropriĂ©e et d’une Ă©quipe multidisciplinaire dĂ©diĂ©e au choc cardiogĂ©nique.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit Ă©tablir :

  • La prĂ©sentation du SCA et son degrĂ© d’urgence.

  • La prĂ©sence ou l’absence d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou d’un choc cardiogĂ©nique.

  • La probabilitĂ© d’identifier une ARI.

  • L’étendue et la complexitĂ© de la maladie coronaire associĂ©e.

  • La fonction rĂ©nale, le risque hĂ©morragique, les comorbiditĂ©s, la fragilitĂ© et l’observance attendue du traitement antithrombotique.

  • L’aptitude du patient Ă  bĂ©nĂ©ficier d’une ICP, d’un PAC ou d’une stratĂ©gie mĂ©dicale initiale.

Chez les patients hĂ©modynamiquement instables, l’évaluation doit Ă©galement rechercher une insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre, des complications mĂ©caniques et une dĂ©faillance ventriculaire liĂ©e Ă  l’ischĂ©mie comme causes potentielles du choc. Les patients prĂ©sentant une maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre ont une charge comorbide plus importante et un risque accru de complications hospitaliĂšres, notamment d’hĂ©morragie grave.

Le jugement clinique revĂȘt une importance particuliĂšre lorsque le bĂ©nĂ©fice procĂ©dural attendu est incertain. Une stratĂ©gie conservatrice initiale peut ĂȘtre raisonnable chez certains patients sĂ©lectionnĂ©s et stabilisĂ©s mĂ©dicalement, prĂ©sentant des vaisseaux de petit calibre, une petite branche latĂ©rale occluse, des prĂ©occupations concernant l’observance du traitement antithrombotique ou une ICP complexe prĂ©visible nĂ©cessitant une discussion au sein de la Heart Team.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

Les sources disponibles distinguent le STEMI du SCA sans sus-dĂ©calage de ST et font rĂ©fĂ©rence au sus-dĂ©calage du segment ST ou Ă  des tracĂ©s ECG Ă©quivalents, ainsi qu’aux modifications du segment ST dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST. Elles ne fournissent pas de cadre diagnostique ECG dĂ©taillĂ© ni de critĂšres Ă©lectrocardiographiques spĂ©cifiques permettant d’identifier l’ARI ou les lĂ©sions non coupables.

Coronarographie

Dans le SCA compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique, une coronarographie immĂ©diate est recommandĂ©e, avec rĂ©alisation d’une ICP lorsqu’elle est possible. Si l’anatomie coronaire ne permet pas une ICP, un PAC en urgence est recommandĂ©.

Chez les patients prĂ©sentant un STEMI hĂ©modynamiquement stables et bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire, une revascularisation complĂšte est recommandĂ©e soit au cours de la procĂ©dure initiale, soit dans un dĂ©lai de 45 jours. L’ICP des lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI doit ĂȘtre fondĂ©e sur leur sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique. L’évaluation fonctionnelle invasive des segments Ă©picardiques non coupables au cours de la procĂ©dure initiale n’est pas recommandĂ©e dans ce contexte.

Dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST associĂ© Ă  une CPT, une revascularisation complĂšte doit ĂȘtre envisagĂ©e, de prĂ©fĂ©rence au cours de la procĂ©dure initiale. L’évaluation fonctionnelle invasive de la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI au cours de la procĂ©dure initiale peut ĂȘtre envisagĂ©e, bien que les donnĂ©es disponibles soient moins robustes.

Imagerie intravasculaire

L’imagerie intravasculaire est utile lorsque la coronarographie ne montre pas de maladie obstructive significative, lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine et lorsque plusieurs lĂ©sions potentiellement coupables sont prĂ©sentes. Elle peut contribuer Ă  exclure une cause athĂ©rothrombotique dans les principales artĂšres coronaires et ainsi influencer Ă  la fois la prise en charge aiguĂ« et les dĂ©cisions concernant la prolongation du traitement antithrombotique.

L’échographie intravasculaire (IVUS) est Ă©galement Ă©tablie comme outil de guidage et d’optimisation de l’ICP. Les mĂ©ta-analyses d’essais randomisĂ©s soutiennent l’utilisation d’une intervention guidĂ©e par IVUS pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs, bien qu’un grand essai multinational dĂ©finitif fasse dĂ©faut. La tomographie par cohĂ©rence optique a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e dans des Ă©tudes randomisĂ©es de plus petite taille.

Imagerie non invasive

Les sources ne prĂ©cisent pas le rĂŽle de l’échocardiographie, de l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiaque ou de la tomodensitomĂ©trie dans le choix entre revascularisation complĂšte et revascularisation limitĂ©e Ă  la lĂ©sion coupable dans le SCA. La tomodensitomĂ©trie coronaire est mentionnĂ©e dans d’autres contextes cliniques, mais aucune recommandation spĂ©cifique n’est fournie pour cette dĂ©cision.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Un dosage positif de la troponine est identifiĂ© comme un Ă©lĂ©ment de haut risque dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST et plaide en faveur d’une stratĂ©gie invasive plutĂŽt que d’une coronarographie sĂ©lective, en l’absence de contre-indication et lorsque l’anatomie est appropriĂ©e.

La fonction rĂ©nale est essentielle Ă  la planification de la procĂ©dure. Chez les patients prĂ©sentant une maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, la dose et le type de traitement antithrombotique ainsi que la quantitĂ© de produit de contraste doivent ĂȘtre adaptĂ©s Ă  la fonction rĂ©nale. Une hydratation intraveineuse pendant et aprĂšs la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients ayant un dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© faible et bĂ©nĂ©ficiant d’une prise en charge invasive, bien que les donnĂ©es concernant le choix, le moment et la durĂ©e optimaux de l’apport liquidien soient contradictoires.

Les sources ne fournissent pas d’autres seuils de biomarqueurs ni de critĂšres biologiques permettant de choisir entre une intervention complĂšte et une intervention limitĂ©e Ă  la lĂ©sion coupable.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

La revascularisation complĂšte est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e lorsqu’elle peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en toute sĂ©curitĂ© et lorsque toutes les lĂ©sions ischĂ©miquement pertinentes peuvent ĂȘtre identifiĂ©es et traitĂ©es. Toutefois, la complĂ©tude ne doit pas ĂȘtre recherchĂ©e de maniĂšre indiscriminĂ©e. La dĂ©cision doit intĂ©grer :

  • La prĂ©sentation clinique et la stabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • Le degrĂ© d’urgence de la reperfusion.

  • L’anatomie coronaire et la complexitĂ© des lĂ©sions.

  • La fonction ventriculaire gauche.

  • La fonction rĂ©nale et le risque hĂ©morragique.

  • L’ñge, la fragilitĂ© et les comorbiditĂ©s.

  • La capacitĂ© Ă  observer le traitement antithrombotique.

  • La faisabilitĂ© d’une ICP par rapport Ă  un PAC.

  • La disponibilitĂ© et l’expertise de l’équipe soignante.

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient et la dĂ©cision mĂ©dicale partagĂ©e.

En cas de maladie complexe, un traitement rĂ©alisĂ© en plusieurs temps peut permettre une Ă©valuation plus rigoureuse de l’ischĂ©mie rĂ©siduelle, du risque procĂ©dural et de la modalitĂ© de revascularisation la plus appropriĂ©e.

Choc cardiogénique

La revascularisation rapide de l’ARI constitue l’intervention fondĂ©e sur les donnĂ©es probantes qui est principalement associĂ©e Ă  une rĂ©duction de la mortalitĂ© dans le choc cardiogĂ©nique liĂ© au SCA. L’ICP avec implantation d’un stent actif est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e lorsqu’elle est possible.

Chez les patients en choc prĂ©sentant une CPT, l’ICP rĂ©alisĂ©e au cours de la procĂ©dure initiale doit ĂȘtre limitĂ©e Ă  l’ARI. L’ICP multivaisseaux immĂ©diate est associĂ©e Ă  de moins bons rĂ©sultats qu’une stratĂ©gie limitĂ©e Ă  l’ARI, notamment Ă  un risque combinĂ© plus Ă©levĂ© de dĂ©cĂšs ou de recours Ă  une Ă©puration extrarĂ©nale Ă  30 jours. Une ICP d’une lĂ©sion non liĂ©e Ă  l’ARI peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e secondairement lorsque le contexte clinique le justifie.

Si l’anatomie ne permet pas une ICP, un PAC en urgence est recommandĂ©. Les patients doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s dĂšs que possible vers un centre tertiaire spĂ©cialisĂ© dans le choc cardiogĂ©nique, capable de rĂ©aliser une coronarographie et d’assurer une prise en charge multidisciplinaire avancĂ©e.

STEMI hémodynamiquement stable

Chez les patients prĂ©sentant un STEMI hĂ©modynamiquement stables et bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire, une revascularisation complĂšte est recommandĂ©e soit au cours de la procĂ©dure initiale, soit dans un dĂ©lai de 45 jours. L’intervention sur les lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI doit ĂȘtre guidĂ©e par leur sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique.

Cette recommandation diffĂšre fondamentalement de l’approche adoptĂ©e en cas de choc cardiogĂ©nique : l’ICP multivaisseaux immĂ©diate doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e en cas de choc, tandis qu’une revascularisation complĂšte est recommandĂ©e dans le STEMI stable, Ă  condition que le patient et l’anatomie soient appropriĂ©s.

SCA sans sus-décalage de ST avec maladie pluritronculaire

Les donnĂ©es sont moins nombreuses pour le SCA sans sus-dĂ©calage de ST que pour le STEMI. Aucun essai randomisĂ© spĂ©cifique n’a directement comparĂ© la revascularisation complĂšte Ă  une ICP limitĂ©e Ă  l’ARI dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST associĂ© Ă  une CPT. Les Ă©tudes observationnelles et les mĂ©ta-analyses de donnĂ©es non randomisĂ©es suggĂšrent une diminution de la mortalitĂ© et des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs avec la revascularisation complĂšte, mais ces rĂ©sultats sont gĂ©nĂ©rateurs d’hypothĂšses et ne permettent pas d’établir un effet thĂ©rapeutique dĂ©finitif.

Les recommandations actuelles indiquent qu’une revascularisation complĂšte doit ĂȘtre envisagĂ©e, de prĂ©fĂ©rence au cours de la procĂ©dure initiale. L’évaluation fonctionnelle invasive de la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI au cours de la procĂ©dure initiale peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Une stratĂ©gie invasive prĂ©coce est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST en prĂ©sence de modifications du segment ST et/ou d’un dosage positif de la troponine, y compris lorsque ces Ă©lĂ©ments de haut risque apparaissent au cours des premiĂšres 24 heures. Une approche invasive prĂ©coce n’est pas recommandĂ©e lorsque l’importance des comorbiditĂ©s fait que les risques de la revascularisation l’emportent sur ses bĂ©nĂ©fices potentiels, ou lorsque le SCA est cliniquement improbable et que le dosage de la troponine est nĂ©gatif.

Choix entre ICP, PAC et traitement médical

Il n’existe pas d’essais randomisĂ©s spĂ©cifiques comparant directement l’ICP au PAC chez les patients prĂ©sentant un SCA. Dans le STEMI, le PAC est gĂ©nĂ©ralement rĂ©servĂ© aux situations dans lesquelles l’ICP primaire n’est pas rĂ©alisable, notamment en cas d’ischĂ©mie persistante ou de vaste territoire myocardique menacĂ©. Dans le SCA sans sus-dĂ©calage de ST Ă  trĂšs haut risque nĂ©cessitant une revascularisation immĂ©diate, l’ICP est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e en raison de sa plus grande rapiditĂ©, sauf si des complications mĂ©caniques favorisent la chirurgie.

Pour les autres prĂ©sentations du SCA, le choix entre ICP et PAC suit les principes gĂ©nĂ©raux de la revascularisation myocardique. En prĂ©sence d’une CPT, la dĂ©cision dĂ©pend de la complexitĂ© anatomique, des comorbiditĂ©s, notamment du diabĂšte, du risque chirurgical et de la probabilitĂ© d’obtenir une revascularisation complĂšte.

Le PAC permet davantage que l’ICP d’obtenir une revascularisation complĂšte, notamment en cas d’atteinte tritronculaire, et fournit un conduit vers le vaisseau natif distal, au-delĂ  d’éventuelles stĂ©noses futures. Dans les donnĂ©es randomisĂ©es regroupĂ©es, la survie des patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une revascularisation complĂšte Ă©tait similaire avec le PAC et l’ICP, tandis que le PAC Ă©tait supĂ©rieur lorsque la revascularisation demeurait incomplĂšte.

La décision doit également prendre en compte :

  • La qualitĂ© et l’expĂ©rience des Ă©quipes chirurgicales et interventionnelles disponibles.

  • La prĂ©fĂ©rence du patient concernant le caractĂšre invasif, la rĂ©cupĂ©ration, la rĂ©cidive des symptĂŽmes et la possibilitĂ© d’une nouvelle intervention.

  • L’ñge avancĂ©, la fragilitĂ© et les comorbiditĂ©s, qui peuvent faire privilĂ©gier l’ICP chez certains patients.

  • La possibilitĂ© qu’une ICP rĂ©alisĂ©e en plusieurs temps permette d’obtenir un rĂ©sultat fonctionnel acceptable mĂȘme si la complĂ©tude anatomique n’est pas immĂ©diatement atteinte.

Un traitement mĂ©dical seul peut ĂȘtre appropriĂ© chez des patients soigneusement sĂ©lectionnĂ©s, notamment lorsque les symptĂŽmes sont contrĂŽlĂ©s, que l’anatomie ne se prĂȘte pas Ă  une intervention, que le risque procĂ©dural est excessif ou que l’observance du traitement antithrombotique est incertaine. Chez les patients prĂ©sentant des vaisseaux de petit calibre ou une petite branche latĂ©rale occluse, une prise en charge conservatrice avec traitement optimisĂ© conforme aux recommandations peut ĂȘtre envisagĂ©e au cas par cas.

Considérations antithrombotiques et procédurales

Les sources ne prĂ©cisent pas les doses d’antiagrĂ©gants plaquettaires ou d’anticoagulants pour la revascularisation complĂšte ou limitĂ©e Ă  la lĂ©sion coupable. Elles soulignent toutefois que les prĂ©occupations concernant l’observance du traitement antithrombotique peuvent influencer le choix d’une stratĂ©gie conservatrice initiale.

La fonction rĂ©nale doit guider l’adaptation des doses d’antithrombotiques et l’utilisation du produit de contraste. La voie d’abord artĂ©rielle radiale est prĂ©fĂ©rable Ă  la voie fĂ©morale lorsqu’elle est possible, en raison de sa plus grande sĂ©curitĂ©. L’imagerie intravasculaire doit ĂȘtre envisagĂ©e pour la planification et l’optimisation de l’ICP, notamment lorsque la morphologie de la lĂ©sion ou le dĂ©ploiement du stent sont incertains.

Recommandations des sociétés savantes

Situation clinique Recommandation Classe Niveau de preuve
SCA avec choc cardiogĂ©nique et CPT ICP limitĂ©e Ă  l’ARI au cours de la procĂ©dure initiale I B
SCA avec choc cardiogĂ©nique Une ICP diffĂ©rĂ©e d’une lĂ©sion non liĂ©e Ă  l’ARI peut ĂȘtre envisagĂ©e IIa C
STEMI hĂ©modynamiquement stable avec CPT bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire Revascularisation complĂšte au cours de la procĂ©dure initiale ou dans un dĂ©lai de 45 jours I A
STEMI hĂ©modynamiquement stable avec CPT Fonder l’ICP des lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI sur leur sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique I B
STEMI hĂ©modynamiquement stable avec CPT Ne pas rĂ©aliser d’évaluation fonctionnelle invasive des segments Ă©picardiques non coupables au cours de la procĂ©dure initiale III C
SCA sans sus-dĂ©calage de ST hĂ©modynamiquement stable avec CPT bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP Envisager une revascularisation complĂšte, de prĂ©fĂ©rence au cours de la procĂ©dure initiale IIa C
SCA sans sus-dĂ©calage de ST hĂ©modynamiquement stable avec CPT Une Ă©valuation fonctionnelle invasive de la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions non liĂ©es Ă  l’ARI au cours de la procĂ©dure initiale peut ĂȘtre envisagĂ©e IIb B

Les sources rapportent Ă©galement que, dans une comparaison de recommandations, la revascularisation complĂšte en cas de CPT Ă©tait classĂ©e IIa avec un niveau de preuve C dans le cadre de l’ESC, tandis qu’une autre comparaison sous forme de tableau la classait IIb avec un niveau de preuve B. Comme les sources prĂ©sentent ces classifications de maniĂšre incohĂ©rente, la recommandation doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans le contexte de la situation clinique spĂ©cifique, notamment en distinguant le STEMI, le SCA sans sus-dĂ©calage de ST et le choc cardiogĂ©nique.

Pronostic et suivi

Implications pronostiques

Dans le SCA avec choc cardiogĂ©nique, une revascularisation prĂ©coce amĂ©liore la survie Ă  plus long terme par rapport Ă  une stabilisation mĂ©dicale initiale, bien que la diffĂ©rence de mortalitĂ© prĂ©coce n’ait pas Ă©tĂ© significative dans l’essai citĂ©. Chez les patients en choc prĂ©sentant une CPT, l’ICP limitĂ©e Ă  l’ARI rĂ©duit le risque combinĂ© de dĂ©cĂšs ou de recours Ă  une Ă©puration extrarĂ©nale Ă  30 jours par rapport Ă  l’ICP multivaisseaux immĂ©diate ; aucune diffĂ©rence significative de mortalitĂ© entre les deux stratĂ©gies n’a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e Ă  un an.

La revascularisation incomplĂšte a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e que la revascularisation complĂšte. L’interprĂ©tation est difficile, car le traitement incomplet peut reflĂ©ter une anatomie coronaire plus complexe, des comorbiditĂ©s plus importantes, une occlusion totale chronique ou la nĂ©cessitĂ© d’une procĂ©dure rĂ©alisĂ©e en plusieurs temps. Chez les patients traitĂ©s par ICP, un score SYNTAX rĂ©siduel plus Ă©levĂ©, traduisant une plus grande incomplĂ©tude anatomique, est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e. La complĂ©tude fonctionnelle peut nĂ©anmoins ĂȘtre associĂ©e Ă  de meilleurs rĂ©sultats qu’une complĂ©tude anatomique obtenue sans tenir compte de l’ischĂ©mie.

AprÚs un PAC, une défaillance des greffons peut survenir au cours de la premiÚre année sans symptÎmes ; ainsi, une complétude apparente au moment de la chirurgie ne garantit pas une revascularisation complÚte durable.

Stratégie de suivi

Le suivi doit réévaluer :

  • La persistance ou la rĂ©cidive de l’angor et de la limitation fonctionnelle.

  • Les signes d’une ischĂ©mie rĂ©siduelle ou rĂ©cidivante.

  • La fonction ventriculaire gauche et l’état d’insuffisance cardiaque lorsque cela est cliniquement pertinent.

  • La fonction rĂ©nale, notamment aprĂšs exposition au produit de contraste ou en cas de maladie rĂ©nale chronique connue.

  • Les Ă©vĂ©nements hĂ©morragiques et l’observance du traitement antithrombotique.

  • La persistance Ă©ventuelle de l’indication d’une ICP diffĂ©rĂ©e d’une lĂ©sion non liĂ©e Ă  l’ARI.

  • La nĂ©cessitĂ© d’une nouvelle Ă©valuation par la Heart Team lorsque la revascularisation est incomplĂšte ou que les symptĂŽmes persistent.

Les patients prĂ©sentant une maladie coronaire complexe peuvent nĂ©cessiter une intervention rĂ©alisĂ©e en plusieurs temps ou une nouvelle Ă©valuation multidisciplinaire plutĂŽt que le traitement immĂ©diat de chaque lĂ©sion angiographique. Le plan Ă  long terme doit donc ĂȘtre fondĂ© sur l’évolution clinique du patient, l’ischĂ©mie rĂ©siduelle, la complexitĂ© anatomique, le risque procĂ©dural et les prĂ©fĂ©rences du patient.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026