đŸš« RĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit et rapports de pression non hyperĂ©miques

Sommaire (26)

Définition et physiopathologie

La rĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit (FFR) est un indice physiologique invasif, spĂ©cifique de la lĂ©sion, utilisĂ© pour estimer la signification fonctionnelle d’une stĂ©nose coronaire Ă©picardique. Elle est dĂ©finie au cours d’une vasodilatation coronaire pharmacologique maximale comme le rapport entre la pression moyenne en aval de la stĂ©nose et la pression aortique moyenne :

FFR = Pd/Pa pendant l’hyperhĂ©mie maximale

Plus prĂ©cisĂ©ment, la FFR compare la pression motrice du dĂ©bit en aval d’une stĂ©nose Ă  la pression qui serait disponible en l’absence de cette stĂ©nose. La formulation physiologique complĂšte tient compte de la pression veineuse coronaire :

  • Pression motrice coronaire distale : pression coronaire distale moins pression veineuse coronaire

  • Pression motrice coronaire normale : pression aortique moyenne moins pression veineuse coronaire

En pratique clinique courante, la pression veineuse coronaire est généralement considérée comme nulle, ce qui conduit au rapport simplifié entre la pression coronaire distale moyenne et la pression aortique moyenne. La FFR varie de 0 à 1 ; une valeur normale est approximativement comprise entre 0,94 et 1,0.

Le fondement physiologique de la FFR est que, pendant la vasodilatation maximale, la pression coronaire distale est proportionnelle Ă  la perfusion myocardique maximale obtenable. Une diminution de pression Ă  travers une stĂ©nose Ă©picardique identifie donc une limitation du dĂ©bit hyperhĂ©mique potentiel. La FFR mesure par consĂ©quent l’effet physiologique d’une lĂ©sion Ă©picardique individuelle plutĂŽt que sa seule apparence anatomique.

La coronarographie ne fournit qu’une estimation imparfaite de la sĂ©vĂ©ritĂ© fonctionnelle. L’interprĂ©tation angiographique est affectĂ©e par la variabilitĂ© interobservateur, et la relation entre le degrĂ© de stĂ©nose et sa signification hĂ©modynamique est faible, en particulier pour les lĂ©sions intermĂ©diaires. MĂȘme des lĂ©sions prĂ©sentant une rĂ©duction visuelle du diamĂštre de 50–70 % peuvent provoquer ou non une ischĂ©mie. À l’inverse, certaines lĂ©sions apparemment moins serrĂ©es sont physiologiquement importantes. La localisation de la lĂ©sion est Ă©galement dĂ©terminante : les stĂ©noses du tronc commun gauche ou de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale sont plus susceptibles d’altĂ©rer le dĂ©bit, car elles irriguent un territoire myocardique plus Ă©tendu.

La rĂ©ponse de la circulation coronaire reflĂšte Ă  la fois la stĂ©nose Ă©picardique et la microcirculation coronaire. Une dysfonction microvasculaire peut altĂ©rer la vasodilatation maximale mĂȘme lorsque les artĂšres Ă©picardiques sont normales, et elle peut amplifier les consĂ©quences physiologiques d’une lĂ©sion Ă©picardique. Ainsi, la FFR est principalement un indice de la physiologie de la stĂ©nose Ă©picardique et ne quantifie pas directement la capacitĂ© des vaisseaux de rĂ©sistance myocardiques Ă  augmenter le dĂ©bit.

Réserve coronaire et relation avec la FFR

La rĂ©serve coronaire (CFR) est le rapport entre le dĂ©bit coronaire hyperhĂ©mique maximal et le dĂ©bit coronaire au repos. Elle peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e de maniĂšre invasive ou par imagerie de perfusion myocardique utilisant la TEP, la TEMP ou l’IRM cardiaque. La rĂ©serve de dĂ©bit relative compare la perfusion d’un territoire stĂ©nosĂ© Ă  celle d’une rĂ©gion de rĂ©fĂ©rence normale dans des conditions hĂ©modynamiques similaires.

La CFR et la FFR explorent des composantes apparentées mais distinctes de la physiologie coronaire :

  • La FFR est principalement un indice dĂ©rivĂ© de la pression, reflĂ©tant l’effet fonctionnel d’une stĂ©nose Ă©picardique.

  • La CFR reflĂšte l’influence combinĂ©e de la stĂ©nose Ă©picardique, du dĂ©bit au repos et de la capacitĂ© vasodilatatrice microvasculaire.

Les deux mesures peuvent donc ĂȘtre discordantes. Une FFR rĂ©duite avec une CFR prĂ©servĂ©e suggĂšre une lĂ©sion Ă©picardique focale prĂ©dominante, qui peut ne pas ĂȘtre fortement limitante pour le dĂ©bit. À l’inverse, une FFR prĂ©servĂ©e avec une CFR rĂ©duite peut indiquer une dysfonction microvasculaire coronaire ou une atteinte Ă©picardique diffuse. Une FFR et une CFR toutes deux normales sont associĂ©es Ă  un excellent pronostic, tandis que les mesures discordantes doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es dans le contexte de la prĂ©sentation clinique et des autres rĂ©sultats.

Une CFR rĂ©duite peut ĂȘtre observĂ©e en prĂ©sence d’une atteinte Ă©picardique angiographiquement non significative en raison d’anomalies des vaisseaux de rĂ©sistance coronaires. L’hypertrophie ventriculaire gauche rĂ©duit Ă©galement la rĂ©serve coronaire : la masse myocardique augmente sans augmentation proportionnelle du rĂ©seau de rĂ©sistance microcirculatoire, ce qui rĂ©duit le dĂ©bit maximal par gramme de tissu. Par consĂ©quent, une stĂ©nose modĂ©rĂ©e dans un cƓur hypertrophiĂ© peut avoir un effet physiologique comparable Ă  celui d’une lĂ©sion plus sĂ©vĂšre dans un myocarde de structure normale.

Applications cliniques

La principale application de la FFR et des rapports de pression non hyperĂ©miques est l’évaluation des stĂ©noses coronaires angiographiquement intermĂ©diaires lorsque la nĂ©cessitĂ© d’une revascularisation est incertaine. Cela est particuliĂšrement pertinent dans les situations suivantes :

  • Cardiopathie ischĂ©mique stable ou syndromes coronariens chroniques

  • Angor ou Ă©quivalent angineux sans Ă©valuation antĂ©rieure dĂ©finitive de l’ischĂ©mie

  • Maladie coronaire pluritronculaire avec lĂ©sions d’importance incertaine

  • LĂ©sions sĂ©riĂ©es, diffuses ou longues

  • StĂ©noses des branches collatĂ©rales

  • Atteinte intermĂ©diaire du tronc commun gauche

  • Évaluation d’une lĂ©sion rĂ©siduelle aprĂšs ICP

La FFR peut modifier la stratĂ©gie thĂ©rapeutique chez environ 30–50 % des patients soumis Ă  une coronarographie invasive lorsqu’elle est appliquĂ©e Ă  des lĂ©sions intermĂ©diaires. Elle peut Ă©viter la pose inutile d’un stent dans une atteinte anatomiquement apparente mais physiologiquement non significative et identifier des lĂ©sions dont l’importance hĂ©modynamique est sous-estimĂ©e par la coronarographie.

Chez les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu, la physiologie invasive est de plus en plus utilisĂ©e pour les lĂ©sions intermĂ©diaires de l’artĂšre non responsable de l’infarctus. L’ICP de l’artĂšre responsable de l’infarctus ne doit pas ĂȘtre diffĂ©rĂ©e sur la seule base d’une Ă©valuation fonctionnelle Ă©picardique invasive aiguĂ«. La microcirculation coronaire commence Ă  rĂ©cupĂ©rer dans les 24 heures environ suivant l’ICP primaire, et une Ă©valuation prĂ©coce peut sous-estimer la sĂ©vĂ©ritĂ© hĂ©modynamique ultĂ©rieure de la lĂ©sion. Au-delĂ  d’une semaine aprĂšs l’évĂ©nement aigu, il a Ă©tĂ© rapportĂ© que la FFR prĂ©disait de maniĂšre fiable une imagerie de perfusion nuclĂ©aire anormale.

Évaluation et interprĂ©tation clinique

La FFR ou un rapport de pression non hyperĂ©mique ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ© isolĂ©ment. Les symptĂŽmes cliniques, les tests d’effort non invasifs, la localisation de la lĂ©sion, la quantitĂ© de myocarde vascularisĂ©e et le profil de la perte de pression le long du vaisseau contribuent tous Ă  la dĂ©cision de revascularisation.

Sévérité angiographique et signification physiologique

Les catĂ©gories angiographiques visuelles sont des prĂ©dicteurs peu fiables de l’importance fonctionnelle. Dans les populations de registres et d’essais :

  • Environ 31 % des lĂ©sions estimĂ©es visuellement Ă  40–49 % de stĂ©nose Ă©taient hĂ©modynamiquement significatives.

  • Seulement environ 35 % des lĂ©sions Ă  50–70 % Ă©taient hĂ©modynamiquement significatives.

  • Environ 20 % des lĂ©sions Ă  71–90 % n’étaient pas hĂ©modynamiquement significatives.

  • Une stĂ©nose visuelle supĂ©rieure Ă  90 % Ă©tait la seule catĂ©gorie prĂ©disant avec une grande prĂ©cision la pertinence hĂ©modynamique, environ 96 %.

Ces observations plaident en faveur d’une Ă©valuation physiologique des lĂ©sions intermĂ©diaires plutĂŽt que d’une dĂ©pendance systĂ©matique Ă  leur aspect angiographique.

Retrait de la guide de pression

Le retrait de la guide de pression peut montrer si la perte de pression est focale ou progressive :

  • Une chute focale de pression suggĂšre une lĂ©sion discrĂšte susceptible de bĂ©nĂ©ficier d’une ICP.

  • Une diminution progressive de la pression Ă©voque une atteinte diffuse, pour laquelle un stenting focal peut n’apporter qu’un bĂ©nĂ©fice physiologique limitĂ©.

L’exploration longitudinale est particuliĂšrement utile en cas de lĂ©sions sĂ©riĂ©es et de maladie coronaire diffuse.

Méthodes diagnostiques

FFR invasive

La FFR nĂ©cessite le positionnement d’une guide de pression Ă  travers la stĂ©nose coronaire. La pression proximale est gĂ©nĂ©ralement mesurĂ©e dans l’aorte par l’intermĂ©diaire du cathĂ©ter guide, tandis que la pression distale est enregistrĂ©e au-delĂ  de la lĂ©sion. L’hyperhĂ©mie maximale est induite pharmacologiquement, le plus souvent par de l’adĂ©nosine administrĂ©e par voie intraveineuse ou intracoronaire.

Les pressions moyennes sont calculĂ©es sur l’ensemble du cycle cardiaque. La mesure principale est le rapport entre la pression coronaire distale et la pression aortique pendant l’hyperhĂ©mie maximale.

La FFR est :

  • SpĂ©cifique de la lĂ©sion

  • Rapide Ă  obtenir au moment de la coronarographie

  • Reproductible

  • Utile pour Ă©valuer Ă  la fois les lĂ©sions non traitĂ©es et la maladie rĂ©siduelle aprĂšs ICP

Une vasodilatation maximale adĂ©quate est essentielle. Une hyperhĂ©mie sous-maximale laisse la pression coronaire distale plus Ă©levĂ©e qu’elle ne le serait pendant une vasodilatation complĂšte et sous-estime donc la signification physiologique de la stĂ©nose.

Rapports de pression non hyperémiques

Les indices non hyperémiques utilisent des mesures de pression au repos et évitent la vasodilatation pharmacologique. Plusieurs indices ont été développés, notamment :

  • Rapport instantanĂ© sans onde (iFR)

  • Rapport entre la pression coronaire distale au repos et la pression aortique

  • Rapport de pression diastolique

  • Rapport relatif sur l’ensemble du cycle

  • Autres rapports de pression spĂ©cifiques d’une phase ou calculĂ©s sur l’ensemble du cycle

L’indice non hyperĂ©mique le mieux Ă©tabli est l’iFR. Il est mesurĂ© pendant la pĂ©riode diastolique sans onde, dĂ©butant approximativement 25 % aprĂšs le dĂ©but de la diastole et se terminant 5 ms avant la fin de la diastole. Durant cet intervalle, la rĂ©sistance microvasculaire est relativement stable et faible, et le gradient de pression transĂ©sionnel peut ĂȘtre Ă©valuĂ© sans induire d’hyperhĂ©mie.

FFR non invasive dérivée de la TDM coronaire

L’angio-TDM coronaire peut ĂȘtre associĂ©e Ă  la dynamique des fluides computationnelle ou Ă  une analyse par apprentissage automatique afin d’estimer la FFR dans l’ensemble de l’arbre coronaire. La FFR-TDM utilise un modĂšle coronaire tridimensionnel spĂ©cifique du patient, dĂ©rivĂ© des images de TDM, et estime la pression coronaire lors d’une vasodilatation simulĂ©e.

La FFR-TDM peut complĂ©ter l’angio-TDM anatomique, amĂ©liorer la caractĂ©risation fonctionnelle des lĂ©sions coronaires et rĂ©duire le recours Ă  une coronarographie invasive inutile. Elle ne nĂ©cessite ni stress pharmacologique supplĂ©mentaire, ni administration de produit de contraste, ni irradiation au-delĂ  de l’examen TDM. Son utilitĂ© clinique dĂ©pend d’une qualitĂ© d’image suffisante et de sa disponibilitĂ©.

La FFR-TDM présente plusieurs limites :

  • Elle est moins utile lorsque l’angio-TDM montre dĂ©jĂ  une maladie coronaire sĂ©vĂšre.

  • Elle ne permet pas d’identifier une dysfonction microvasculaire coronaire.

  • Les modĂšles computationnels supposent gĂ©nĂ©ralement une microcirculation et une rĂ©ponse vasodilatatrice normales, ce qui peut surestimer la contribution de l’atteinte Ă©picardique obstructive chez les patients prĂ©sentant une dysfonction microvasculaire.

  • La sĂ©curitĂ© pronostique du report d’une intervention sur la base de la FFR-TDM n’est pas Ă©tablie au mĂȘme degrĂ© que pour les mesures invasives.

Autres méthodes physiologiques et structurales

Les autres approches comprennent :

  • La CFR, mesurĂ©e de maniĂšre invasive ou par imagerie non invasive

  • L’indice de rĂ©sistance de la microcirculation

  • La rĂ©sistance hyperhĂ©mique de la stĂ©nose

  • La rĂ©serve de rĂ©sistance microvasculaire

  • La capacitĂ© de dĂ©bit coronaire, intĂ©grant le dĂ©bit hyperhĂ©mique et la CFR

  • L’échographie intravasculaire et la tomographie par cohĂ©rence optique

L’échographie intravasculaire et la tomographie par cohĂ©rence optique peuvent contribuer Ă  Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© et le pronostic d’une stĂ©nose du tronc commun gauche. Toutefois, ces techniques structurales ne remplacent pas l’évaluation physiologique pour toutes les lĂ©sions intermĂ©diaires.

Seuils et interprétation pratique

Seuils de FFR

Les seuils couramment utilisés sont les suivants :

Valeur de FFR Interprétation
<0,75 TrÚs probablement associée à une ischémie ; généralement considérée comme limitante pour le débit
0,75–0,80 Zone grise nĂ©cessitant une intĂ©gration clinique
≀0,80 Seuil contemporain couramment utilisĂ© pour Ă©tayer une revascularisation
>0,80 L’ischĂ©mie est rare ; l’ICP peut souvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©e lorsque le contexte clinique est concordant
>0,75 Les rĂ©sultats Ă  long terme en cas de report de l’intervention ont Ă©tĂ© excellents dans la cardiopathie ischĂ©mique stable

Une FFR infĂ©rieure Ă  0,75 est fortement associĂ©e Ă  une ischĂ©mie Ă  l’imagerie de perfusion nuclĂ©aire. Une FFR supĂ©rieure Ă  0,80 est rarement corrĂ©lĂ©e Ă  une ischĂ©mie. Les Ă©tudes contemporaines de pronostic ont gĂ©nĂ©ralement utilisĂ© 0,80 comme seuil d’ICP, bien que le seuil historique de 0,75 reste important pour l’interprĂ©tation des donnĂ©es antĂ©rieures.

Une valeur supĂ©rieure Ă  0,80 n’implique pas l’absence de toute pathologie coronaire. Elle indique que la lĂ©sion Ă©picardique concernĂ©e est peu susceptible de constituer l’anomalie principalement limitante pour le dĂ©bit dans les conditions testĂ©es. Les symptĂŽmes peuvent persister en raison d’une maladie diffuse, d’une dysfonction microvasculaire ou d’une autre cause cardiaque ou extracardiaque.

Seuils de l’iFR

Valeur d’iFR InterprĂ©tation pratique
≀0,89 GĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme physiologiquement significative
>0,89 L’ICP peut souvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©e lorsque le contexte clinique est concordant
0,86–0,94 Certains protocoles considĂšrent cette plage comme indĂ©terminĂ©e et proposent de mesurer la FFR

Un seuil d’iFR de 0,89 est couramment utilisĂ© comme Ă©quivalent d’un seuil de FFR de 0,80. Les approches antĂ©rieures utilisaient des valeurs infĂ©rieures Ă  0,86 comme positives et supĂ©rieures Ă  0,94 comme nĂ©gatives, la FFR Ă©tant rĂ©servĂ©e aux rĂ©sultats intermĂ©diaires.

Avantages et limites

Avantages de la FFR

La FFR fournit une estimation directe et spĂ©cifique de la lĂ©sion de l’effet hĂ©modynamique d’une stĂ©nose Ă©picardique. Elle est particuliĂšrement utile lorsque la coronarographie est Ă©quivoque et peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la mĂȘme procĂ©dure que la coronarographie diagnostique ou l’ICP. L’ICP guidĂ©e par la FFR rĂ©duit le nombre de stents utilisĂ©s par rapport Ă  une intervention guidĂ©e par la coronarographie et amĂ©liore les rĂ©sultats cliniques chez certains patients prĂ©sentant une maladie coronaire stable.

La FFR est Ă©galement relativement peu influencĂ©e par les variations du dĂ©bit au repos, car elle compare les conditions stĂ©nosĂ©es et non stĂ©nosĂ©es pendant la vasodilatation pharmacologique. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e immĂ©diatement aprĂšs l’ICP pour Ă©valuer l’effet physiologique d’une maladie rĂ©siduelle.

Limites de la FFR

La FFR est invasive et nĂ©cessite une hyperhĂ©mie pharmacologique. Sa prĂ©cision dĂ©pend de maniĂšre critique de l’obtention d’une vasodilatation maximale. Une hyperhĂ©mie incomplĂšte entraĂźne une pression distale faussement Ă©levĂ©e et peut sous-estimer la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose.

Le rapport simplifiĂ© suppose une pression veineuse coronaire nĂ©gligeable et une relation pression–dĂ©bit linĂ©aire pendant la vasodilatation. Ces hypothĂšses sont moins fiables lorsque les pressions coronaires sont faibles et en prĂ©sence d’un flux collatĂ©ral important. La non-prise en compte de la pression veineuse de retour peut sous-estimer la signification physiologique d’une stĂ©nose, en particulier lors de l’évaluation d’un myocarde dĂ©pendant de collatĂ©rales.

La FFR ne permet pas de quantifier de maniÚre indépendante la limitation microvasculaire du débit. Une dysfonction microvasculaire peut atténuer la réponse vasodilatatrice, entraßnant une pression distale plus élevée et une FFR apparemment moins sévÚre que celle obtenue avec une microcirculation normale. Dans ce contexte, elle peut donc sous-estimer la sévérité de la sténose épicardique.

Le franchissement d’une lĂ©sion sĂ©vĂšre par une guide de pression peut Ă  lui seul modifier le dĂ©bit et surestimer la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose, en particulier en cas de maladie diffuse et dans les petits vaisseaux collatĂ©raux. Les stĂ©noses sĂ©riĂ©es et l’athĂ©rosclĂ©rose diffuse peuvent Ă©galement rendre difficile l’attribution de la perte de pression Ă  une seule lĂ©sion anatomique.

Avantages de l’iFR

L’iFR Ă©vite l’adĂ©nosine et Ă©limine donc les symptĂŽmes liĂ©s Ă  l’adĂ©nosine tout en simplifiant le dĂ©roulement de la procĂ©dure en salle de cathĂ©tĂ©risme. Les procĂ©dures sont gĂ©nĂ©ralement plus courtes, et la mesure ne dĂ©pend pas de l’obtention d’une vasodilatation pharmacologique maximale. Comme elle est rĂ©alisĂ©e au repos, l’iFR peut ĂȘtre moins influencĂ©e par une rĂ©ponse attĂ©nuĂ©e Ă  l’adĂ©nosine due Ă  une dysfonction microvasculaire coronaire.

Limites de l’iFR

Au repos, le gradient de pression Ă  travers une stĂ©nose est plus faible et la pression distale est plus Ă©levĂ©e que pendant l’hyperhĂ©mie. L’iFR peut donc surestimer la signification fonctionnelle d’une stĂ©nose lorsque le dĂ©bit au repos est anormalement Ă©levĂ©, par exemple en cas d’anĂ©mie.

Bien que la prise en charge guidĂ©e par l’iFR ait Ă©tĂ© non infĂ©rieure Ă  celle guidĂ©e par la FFR Ă  un an dans deux grands essais randomisĂ©s, les analyses groupĂ©es Ă  plus long terme ont rapportĂ© une frĂ©quence plus Ă©levĂ©e de la mortalitĂ© toutes causes confondues et des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs avec la prise en charge guidĂ©e par l’iFR. Cela ne s’accompagnait pas d’une frĂ©quence plus Ă©levĂ©e d’infarctus du myocarde ou de revascularisation non programmĂ©e. Par consĂ©quent, les indices non hyperĂ©miques doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec discernement, et la FFR reste la stratĂ©gie invasive de rĂ©fĂ©rence lorsque l’incertitude persiste.

Traitement et prise en charge

Report de l’ICP

Le report de l’ICP est appropriĂ© lorsqu’une lĂ©sion intermĂ©diaire n’est pas physiologiquement significative et que les donnĂ©es cliniques sont concordantes. Dans la cardiopathie ischĂ©mique stable, les lĂ©sions dont la FFR est supĂ©rieure Ă  0,75 ont prĂ©sentĂ© d’excellents rĂ©sultats Ă  long terme lorsque l’intervention Ă©tait diffĂ©rĂ©e. Les lĂ©sions dont la FFR est supĂ©rieure Ă  0,80 sont rarement associĂ©es Ă  une ischĂ©mie et peuvent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre traitĂ©es mĂ©dicalement lorsque les symptĂŽmes, les tests d’effort et les autres donnĂ©es ne suggĂšrent pas la nĂ©cessitĂ© d’une revascularisation.

Le report ne doit pas reposer uniquement sur les seuils de pression. Les symptĂŽmes, les tests d’ischĂ©mie non invasifs, la localisation de la lĂ©sion, le territoire myocardique, la maladie diffuse et une Ă©ventuelle dysfonction microvasculaire doivent ĂȘtre pris en compte.

ICP guidée par la FFR

Lorsque la FFR est ≀0,80, l’ICP associĂ©e au traitement mĂ©dical optimal peut rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs par rapport au traitement mĂ©dical seul dans les lĂ©sions coronaires stables. Le principal bĂ©nĂ©fice prĂ©coce est une rĂ©duction des revascularisations urgentes, tandis qu’une rĂ©duction ultĂ©rieure des infarctus du myocarde a Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ©e. L’intervention guidĂ©e par la FFR rĂ©duit le nombre de stents nĂ©cessaires par rapport Ă  l’ICP guidĂ©e par la coronarographie et s’accompagne d’une diminution des Ă©vĂ©nements cardiaques composites Ă  un an.

En cas de maladie pluritronculaire, l’exploration physiologique systĂ©matique de chaque vaisseau Ă©picardique n’a pas constamment amĂ©liorĂ© les rĂ©sultats par rapport Ă  la coronarographie seule. L’évaluation physiologique doit donc gĂ©nĂ©ralement se concentrer sur les lĂ©sions intermĂ©diaires plutĂŽt que de mesurer systĂ©matiquement les vaisseaux clairement sĂ©vĂšres ou clairement peu atteints selon l’évaluation clinique et angiographique.

Traitement médical

Le document source prĂ©sente le traitement mĂ©dical optimal comme comparateur et comme composante essentielle de la prise en charge, mais ne prĂ©cise pas les classes mĂ©dicamenteuses, les doses ni les schĂ©mas dĂ©taillĂ©s de prĂ©vention secondaire. Aucune recommandation posologique mĂ©dicamenteuse n’est fournie.

Évaluation aprùs l’ICP

La FFR peut ĂȘtre mesurĂ©e aprĂšs l’ICP afin de dĂ©terminer l’effet physiologique d’une lĂ©sion rĂ©siduelle. Une valeur post-ICP restant anormale peut reflĂ©ter une stĂ©nose focale rĂ©siduelle, une maladie diffuse ou d’autres anomalies physiologiques. Le retrait de la guide de pression peut aider Ă  distinguer une chute focale rĂ©siduelle de pression, potentiellement accessible Ă  une nouvelle intervention, d’une perte de pression diffuse, pour laquelle un stenting focal supplĂ©mentaire peut ne pas ĂȘtre bĂ©nĂ©fique.

Recommandations des sociétés savantes

Les recommandations europĂ©ennes actuelles prĂ©conisent une Ă©valuation physiologique fondĂ©e sur une guide lorsque la coronarographie invasive identifie une stĂ©nose Ă©picardique intermĂ©diaire et que les tests d’effort non invasifs sont non concluants ou n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s. La FFR pendant l’hyperhĂ©mie maximale ou l’iFR au repos est recommandĂ©e afin d’amĂ©liorer l’évaluation du risque et de guider les dĂ©cisions de revascularisation.

Les seuils pratiques pertinents sont les suivants :

  • FFR ≀0,80 : stĂ©nose hĂ©modynamiquement significative ; justifie d’envisager une ICP dans le contexte clinique appropriĂ©.

  • iFR ≀0,89 : stĂ©nose hĂ©modynamiquement significative ; justifie d’envisager une ICP dans le contexte clinique appropriĂ©.

  • FFR ou iFR au-dessus du seuil pertinent : la revascularisation peut souvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©e, Ă  condition que les symptĂŽmes du patient, les rĂ©sultats des tests d’effort et le contexte clinique global soient concordants.

L’évaluation physiologique est particuliĂšrement importante pour les lĂ©sions intermĂ©diaires, gĂ©nĂ©ralement estimĂ©es visuellement Ă  environ 40–90 % de stĂ©nose dans les vaisseaux autres que le tronc commun gauche et Ă  40–70 % dans le tronc commun gauche. En cas de maladie pluritronculaire, la mesure de la pression doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux lĂ©sions intermĂ©diaires.

L’utilisation de la FFR est soutenue par une recommandation de classe I chez les patients prĂ©sentant un angor ou un Ă©quivalent angineux, sans Ă©valuation antĂ©rieure de l’ischĂ©mie et avec des stĂ©noses angiographiquement intermĂ©diaires, dans les recommandations amĂ©ricaines citĂ©es sur la revascularisation coronaire et la maladie coronaire chronique.

Pronostic et suivi

La classification physiologique fournit des informations pronostiques au-delĂ  de la coronarographie. Les patients prĂ©sentant des lĂ©sions fonctionnellement non significatives chez lesquels l’ICP est diffĂ©rĂ©e ont d’excellents rĂ©sultats Ă  long terme, notamment des taux d’infarctus du myocarde nettement infĂ©rieurs Ă  ceux des patients bĂ©nĂ©ficiant d’une intervention prophylactique malgrĂ© une FFR non ischĂ©mique.

Dans la maladie coronaire stable, l’ICP guidĂ©e par la FFR comparativement Ă  l’ICP guidĂ©e par la coronarographie a Ă©tĂ© associĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :

  • Moins de lĂ©sions traitĂ©es par stent

  • Taux plus faible d’évĂ©nements cardiaques indĂ©sirables majeurs Ă  un an

  • Moins d’infarctus du myocarde

  • Moins de revascularisations itĂ©ratives

  • Aucune diffĂ©rence dĂ©montrĂ©e de mortalitĂ© dans la comparaison principale Ă  un an

Chez les patients dont la FFR est <0,80, l’ICP associĂ©e au traitement mĂ©dical optimal rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs par rapport au traitement mĂ©dical seul, principalement grĂące Ă  une diminution des revascularisations urgentes et, ultĂ©rieurement, Ă  une rĂ©duction des infarctus du myocarde. Une mĂ©ta-analyse de donnĂ©es individuelles de patients a Ă©galement suggĂ©rĂ© une rĂ©duction du critĂšre combinĂ© de dĂ©cĂšs cardiaque ou d’infarctus du myocarde.

La prise en charge guidĂ©e par l’iFR prĂ©sente, Ă  un an, des rĂ©sultats comparables Ă  ceux de la prise en charge guidĂ©e par la FFR et offre des avantages pratiques procĂ©duraux. Toutefois, les analyses groupĂ©es Ă  cinq ans ont soulevĂ© la possibilitĂ© d’un excĂšs de mortalitĂ© toutes causes confondues et d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs avec la prise en charge guidĂ©e par l’iFR, malgrĂ© l’absence d’augmentation des infarctus du myocarde ou des revascularisations non programmĂ©es. Ces donnĂ©es justifient la prudence clinique et l’intĂ©gration rigoureuse de l’iFR aux symptĂŽmes, aux tests non invasifs et, lorsque cela est appropriĂ©, Ă  une FFR de confirmation.

Le suivi doit donc ĂȘtre guidĂ© par les symptĂŽmes du patient, son Ă©tat fonctionnel, la fonction ventriculaire, l’étendue de la maladie coronaire et les donnĂ©es physiologiques obtenues lors de la procĂ©dure initiale. La persistance de symptĂŽmes aprĂšs le report du traitement d’une lĂ©sion Ă©picardique non significative doit conduire Ă  envisager une dysfonction microvasculaire, une maladie diffuse ou un autre diagnostic plutĂŽt qu’à rĂ©aliser automatiquement une nouvelle ICP.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026