đŸš« ProbabilitĂ© prĂ©test et choix des examens non invasifs dans l’angor stable

Sommaire (25)

Définition et justification clinique

L’angor stable, ou douleur thoracique chronique attribuable Ă  un syndrome coronarien chronique prĂ©sumĂ©, est Ă©valuĂ© en estimant la probabilitĂ© de maladie coronarienne obstructive (MC) avant tout examen diagnostique. Cette probabilitĂ© prĂ©test correspond Ă  l’estimation, par le clinicien, de la probabilitĂ© que le patient prĂ©sente une MC anatomiquement obstructive avant de connaĂźtre le rĂ©sultat d’un nouvel examen.

La probabilitĂ© prĂ©test est essentielle, car la valeur clinique de tout examen diagnostique dĂ©pend non seulement de sa sensibilitĂ© et de sa spĂ©cificitĂ©, mais aussi de la prĂ©valence de la maladie dans la population examinĂ©e. Un rĂ©sultat nĂ©gatif est particuliĂšrement utile lorsque la probabilitĂ© initiale est suffisamment faible pour permettre d’exclure sans risque une MC obstructive. À l’inverse, un rĂ©sultat positif est d’autant plus convaincant que la probabilitĂ© initiale est suffisamment Ă©levĂ©e pour que ce rĂ©sultat augmente significativement la probabilitĂ© de maladie et puisse justifier des explorations ou un traitement supplĂ©mentaires.

La rĂ©alisation d’examens ne constitue donc pas une rĂ©ponse automatique Ă  une douleur thoracique. Elle est appropriĂ©e lorsque les informations attendues sont susceptibles de modifier la prise en charge. Chez les patients prĂ©sentant une trĂšs faible probabilitĂ© de MC obstructive, les examens peuvent gĂ©nĂ©rer des rĂ©sultats faussement positifs et conduire Ă  des procĂ©dures secondaires inutiles. Chez les patients Ă  probabilitĂ© Ă©levĂ©e, les examens peuvent apporter peu d’informations diagnostiques supplĂ©mentaires, et une coronarographie invasive peut ĂȘtre plus appropriĂ©e lorsque les symptĂŽmes, le risque ou les considĂ©rations anatomiques le justifient.

La stratĂ©gie diagnostique contemporaine reconnaĂźt Ă©galement que les symptĂŽmes d’ischĂ©mie myocardique peuvent rĂ©sulter d’une MC athĂ©rosclĂ©reuse obstructive, d’un dysfonctionnement microvasculaire coronaire ou d’un vasospasme. Une anatomie coronaire normale ou non obstructive n’exclut donc pas nĂ©cessairement un mĂ©canisme ischĂ©mique.

Évaluation clinique et estimation de la probabilitĂ© prĂ©test

SymptĂŽmes et contexte clinique

L’évaluation commence par la prĂ©sentation clinique, notamment la nature et la stabilitĂ© de la gĂȘne thoracique, la dyspnĂ©e associĂ©e et la prĂ©sence de facteurs de risque ou d’une calcification coronaire antĂ©rieurement identifiĂ©e. L’ñge et le sexe restent des dĂ©terminants importants de la prĂ©valence attendue de la MC obstructive, mais les caractĂ©ristiques des symptĂŽmes et le jugement clinique doivent Ă©galement ĂȘtre intĂ©grĂ©s.

Chez les patients symptomatiques sans MC connue, les algorithmes prĂ©dictifs cliniques plus rĂ©cents sont prĂ©fĂ©rables aux anciennes approches fondĂ©es uniquement sur l’ñge, le sexe et le caractĂšre typique des symptĂŽmes. Ces modĂšles plus rĂ©cents amĂ©liorent l’identification des patients prĂ©sentant une trĂšs faible probabilitĂ© de MC obstructive et peuvent rĂ©duire le recours Ă  des examens diagnostiques inutiles.

Le score calcique coronaire (CAC) apporte des informations supplĂ©mentaires. Un score CAC quantitatif obtenu lors d’un examen dĂ©diĂ©, ou une Ă©valuation qualitative du CAC sur une TDM thoracique non synchronisĂ©e, peut modifier la probabilitĂ© estimĂ©e de MC athĂ©rosclĂ©reuse obstructive. Le CAC n’est donc pas simplement une dĂ©couverte fortuite en imagerie ; il peut affiner la dĂ©cision de rĂ©aliser un examen et identifier des patients nĂ©cessitant un traitement prĂ©ventif, mĂȘme lorsque les examens fonctionnels sont normaux.

Catégories de probabilité

Le document de référence décrit plusieurs seuils de probabilité utiles en pratique clinique :

  • ProbabilitĂ© trĂšs faible : infĂ©rieure Ă  5 % dans le cadre des recommandations europĂ©ennes. Les examens diagnostiques doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre diffĂ©rĂ©s.

  • ProbabilitĂ© faible : jusqu’à 15 % dans le parcours d’évaluation de la douleur thoracique. Les examens sont facultatifs et peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s selon le jugement clinique.

  • ProbabilitĂ© faible Ă  modĂ©rĂ©e : supĂ©rieure Ă  5 % jusqu’à 50 % dans le parcours des syndromes coronariens chroniques. L’angioscanner coronaire (CCTA) est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ© pour exclure une MC obstructive.

  • ProbabilitĂ© intermĂ©diaire ou Ă©levĂ©e : supĂ©rieure Ă  15 % dans le parcours d’évaluation de la douleur thoracique. Le CCTA ou l’imagerie fonctionnelle sont appropriĂ©s.

  • ProbabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e ou prĂ©sentation clinique Ă  haut risque : une coronarographie invasive peut ĂȘtre appropriĂ©e, notamment lorsque les symptĂŽmes sont sĂ©vĂšres, rĂ©fractaires au traitement mĂ©dical recommandĂ© par les recommandations, surviennent pour un faible niveau d’effort ou sont associĂ©s Ă  un risque Ă©levĂ© d’évĂ©nements.

Les diffĂ©rences apparentes entre ces seuils reflĂštent des cadres de recommandations et des parcours cliniques diffĂ©rents, plutĂŽt qu’un systĂšme universel unique de classification. En pratique, l’estimation de la probabilitĂ© doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux symptĂŽmes du patient, Ă  son Ăąge, au CAC, Ă  ses comorbiditĂ©s, Ă  la faisabilitĂ© des examens, Ă  l’expertise locale et Ă  la probabilitĂ© que le rĂ©sultat modifie la prise en charge.

Probabilités prétest illustratives

Les valeurs suivantes correspondent aux limites supĂ©rieures de la probabilitĂ© estimĂ©e de MC obstructive selon l’ñge, le sexe et la prĂ©sentation chez des patients symptomatiques. Elles ne remplacent pas l’évaluation clinique individuelle.

Âge (annĂ©es) Douleur thoracique : hommes Douleur thoracique : femmes DyspnĂ©e : hommes DyspnĂ©e : femmes
30–39 ≀4% ≀5% 0% 3%
40–49 ≀22% ≀10% 12% 3%
50–59 ≀32% ≀13% 20% 9%
60–69 ≀44% ≀16% 27% 14%
≄70 ≀52% ≀27% 32% 12%

Ces estimations sont modifiées par la qualité des symptÎmes et le CAC. Les patients présentant des symptÎmes moins à risque que ceux représentés dans le tableau devraient avoir des probabilités plus faibles.

Choix de réaliser ou non un examen

Probabilité trÚs faible et faible

Lorsque la probabilitĂ© de MC obstructive est trĂšs faible, il est gĂ©nĂ©ralement possible d’éviter des examens diagnostiques supplĂ©mentaires. Cette approche rĂ©duit le risque de rĂ©sultats faussement positifs et de procĂ©dures invasives inutiles.

Chez les patients à faible probabilité, les examens sont facultatifs. Les options possibles comprennent :

  • L’absence d’examen, avec une attention portĂ©e au contrĂŽle des symptĂŽmes et au traitement prĂ©ventif.

  • L’évaluation du CAC afin de quantifier la charge en plaques calcifiĂ©es.

  • Un ECG d’effort sans imagerie chez certains patients, fournissant des informations sur la capacitĂ© d’effort et l’ischĂ©mie inductible.

Les examens ne doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s que lorsque leur rĂ©sultat est susceptible de modifier la prise en charge clinique. Chez les patients asymptomatiques, aucun examen n’est indiquĂ© dans le parcours dĂ©crit.

Probabilité intermédiaire

Les patients présentant une probabilité intermédiaire sont ceux chez lesquels les examens non invasifs apportent souvent la plus grande valeur diagnostique supplémentaire. Le choix porte principalement entre :

  • Un examen anatomique par CCTA.

  • Une imagerie fonctionnelle Ă  la recherche d’une ischĂ©mie myocardique inductible.

Chez les patients symptomatiques dont la probabilitĂ© prĂ©test est supĂ©rieure Ă  5 %, un CCTA ou une imagerie fonctionnelle non invasive est recommandĂ© comme examen initial. En cas de probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e, notamment dans l’intervalle supĂ©rieur Ă  5 % jusqu’à 50 %, le CCTA est privilĂ©giĂ© pour exclure une MC obstructive et identifier une plaque non obstructive.

L’imagerie fonctionnelle est privilĂ©giĂ©e lorsque la question principale est de dĂ©terminer si une lĂ©sion anatomique entraĂźne une ischĂ©mie myocardique, lorsqu’il est nĂ©cessaire d’évaluer la viabilitĂ© myocardique ou lorsque les rĂ©sultats doivent guider une dĂ©cision de revascularisation.

Probabilité élevée et caractéristiques à haut risque

Chez les patients prĂ©sentant une forte probabilitĂ© de MC obstructive, un examen non invasif peut nĂ©anmoins ĂȘtre appropriĂ© s’il permet de prĂ©ciser l’anatomie ou la signification fonctionnelle. Toutefois, une coronarographie invasive doit ĂȘtre envisagĂ©e en prĂ©sence de :

  • Une probabilitĂ© prĂ©test ou post-test trĂšs Ă©levĂ©e de maladie.

  • Des symptĂŽmes sĂ©vĂšres malgrĂ© un traitement mĂ©dical recommandĂ© par les recommandations.

  • Un angor survenant pour un faible niveau d’effort.

  • Un risque estimĂ© Ă©levĂ© d’évĂ©nements.

  • Des rĂ©sultats Ă  haut risque Ă  l’imagerie non invasive.

Une coronarographie invasive est Ă©galement recommandĂ©e lorsque les examens non invasifs ne permettent pas de trancher et qu’une confirmation ou une exclusion de la MC obstructive est nĂ©cessaire. Lorsqu’une coronarographie identifie une stĂ©nose intermĂ©diaire, une Ă©valuation fonctionnelle invasive par rĂ©serve fractionnelle de flux (FFR) ou rapport instantanĂ© sans onde (iFR) est recommandĂ©e avant toute revascularisation.

Choix de la modalité non invasive initiale

L’examen initial doit ĂȘtre choisi en fonction des Ă©lĂ©ments suivants :

  • ProbabilitĂ© prĂ©test estimĂ©e.

  • Âge.

  • SymptĂŽmes et question clinique.

  • Importance du CAC.

  • Contre-indications ou limites des examens disponibles.

  • Expertise et disponibilitĂ© locales.

  • Traitement prĂ©ventif de fond.

  • Question principale de la prise en charge : charge athĂ©romateuse anatomique ou ischĂ©mie inductible.

Angioscanner coronaire

Le CCTA est particuliĂšrement utile pour :

  • Exclure une MC obstructive chez les patients Ă  probabilitĂ© faible Ă  modĂ©rĂ©e.

  • DĂ©tecter une plaque athĂ©rosclĂ©reuse non obstructive.

  • Modifier la probabilitĂ© estimĂ©e de maladie.

  • Identifier les patients susceptibles de bĂ©nĂ©ficier d’une intensification du traitement prĂ©ventif.

Le CCTA peut ĂȘtre particuliĂšrement intĂ©ressant chez les patients plus jeunes, notamment ceux ĂągĂ©s de moins de 65 ans, et chez les patients ne recevant pas un traitement prĂ©ventif optimal, car la mise en Ă©vidence de la charge totale en plaques peut inciter Ă  intensifier les mesures prĂ©ventives.

Le CCTA est moins prĂ©cis pour Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions chez les sujets ĂągĂ©s, car les calcifications coronaires sont plus frĂ©quentes et peuvent gĂȘner l’interprĂ©tation. Chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose intermĂ©diaire connue d’un segment coronaire proximal ou moyen au CCTA, une FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM peut ĂȘtre envisagĂ©e. Dans le parcours d’évaluation de la douleur thoracique, une FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM est Ă©galement envisagĂ©e en cas de stĂ©nose de 40%–90 % lorsque la signification fonctionnelle demeure incertaine.

Le CCTA est recommandĂ© lorsque l’imagerie fonctionnelle n’est pas diagnostique. À l’inverse, l’imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e lorsque le CCTA met en Ă©vidence une MC dont la signification fonctionnelle est incertaine ou lorsque le CCTA lui-mĂȘme n’est pas diagnostique.

Imagerie fonctionnelle

Les examens fonctionnels évaluent les conséquences physiologiques de la maladie coronaire plutÎt que la seule anatomie. Les modalités disponibles comprennent :

  • L’échocardiographie de stress.

  • La tomographie d’émission monophotonique (SPECT) de stress.

  • La tomographie par Ă©mission de positons (TEP) de stress.

  • L’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique (CMR) de stress.

L’imagerie fonctionnelle est particuliùrement utile lorsque l’objectif est de :

  • Relier les symptĂŽmes Ă  une ischĂ©mie myocardique.

  • Estimer la viabilitĂ© myocardique.

  • DĂ©terminer si une stĂ©nose coronaire est fonctionnellement significative.

  • Guider les dĂ©cisions de revascularisation.

Les Ă©preuves d’effort peuvent ĂȘtre plus avantageuses chez les patients ĂągĂ©s, notamment ceux ĂągĂ©s de 65 ans ou plus, car la probabilitĂ© de maladie obstructive et d’ischĂ©mie est plus Ă©levĂ©e. Si elle est rĂ©alisable, l’épreuve d’effort est prĂ©fĂ©rable Ă  l’épreuve pharmacologique, car elle fournit des informations sur la capacitĂ© fonctionnelle, la rĂ©ponse hĂ©modynamique et les arythmies induites par l’effort. Chez les sujets ĂągĂ©s ayant une capacitĂ© d’effort limitĂ©e, le protocole peut devoir dĂ©buter Ă  une intensitĂ© plus faible, avec des paliers de charge plus rĂ©duits.

Les options de stress pharmacologique comprennent l’échocardiographie de stress Ă  la dobutamine et l’imagerie de perfusion myocardique sous vasodilatateurs utilisant le dipyridamole, l’adĂ©nosine ou le rĂ©gadĂ©noson avec du thallium-201 et/ou du technĂ©tium-99m.

Performances des examens

Les sensibilitĂ©s et spĂ©cificitĂ©s rapportĂ©es pour certains examens non invasifs sont prĂ©sentĂ©es ci-dessous. Ces valeurs doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en tenant compte de la probabilitĂ© prĂ©test et de la population clinique dans laquelle l’examen est utilisĂ©.

Examen Sensibilité (IC à 95 %) Spécificité (IC à 95 %)
ECG d’effort 0.58 (0.45–0.69) 0.62 (0.54–0.69)
Échocardiographie de stress 0.85 (0.80–0.89) 0.82 (0.72–0.89)
Imagerie de perfusion myocardique de stress 0.87 (0.83–0.90) 0.70 (0.53–0.76)
TEP 0.83 (0.70–0.93) 0.89 (0.86–0.91)
CMR 0.88 (0.80–0.93) 0.89 (0.85–0.93)
CCTA 0.97 (0.93–0.99) 0.78 (0.67–0.86)

Le CCTA prĂ©sente une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e dans les donnĂ©es prĂ©sentĂ©es, ce qui confirme son rĂŽle dans l’exclusion d’une maladie obstructive. Sa spĂ©cificitĂ© plus faible que celle de certaines modalitĂ©s fonctionnelles signifie que les anomalies anatomiques positives ou Ă©quivoques peuvent nĂ©cessiter une clarification fonctionnelle.

L’ECG d’effort prĂ©sente une sensibilitĂ© et une spĂ©cificitĂ© diagnostiques infĂ©rieures Ă  celles des techniques d’imagerie mentionnĂ©es. Il peut nĂ©anmoins rester utile chez certains patients Ă  faible risque, notamment lorsque la capacitĂ© d’effort et la rĂ©ponse hĂ©modynamique apportent des informations cliniquement pertinentes.

RĂŽle du calcium coronaire

Le CAC peut ĂȘtre obtenu sous la forme d’un score quantitatif dĂ©diĂ© ou Ă©valuĂ© qualitativement sur une TDM thoracique non synchronisĂ©e. Il peut ĂȘtre utilisĂ© pour affiner la probabilitĂ© prĂ©test de MC obstructive et identifier l’importance de la plaque coronaire calcifiĂ©e.

Chez les patients symptomatiques Ă  faible risque, le CAC constitue une alternative Ă  un examen diagnostique immĂ©diat. Chez les patients Ă  risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ© soumis Ă  une Ă©preuve d’effort, l’ajout du CAC peut fournir des informations utiles sur la charge en plaques, car un examen fonctionnel normal n’implique pas nĂ©cessairement l’absence d’athĂ©rosclĂ©rose coronaire.

Le parcours d’évaluation de la douleur thoracique utilise les catĂ©gories de CAC suivantes pour modifier la probabilitĂ© :

  • CAC 1–99.

  • CAC 100–999.

  • CAC ≄1,000.

Le document de rĂ©fĂ©rence ne fournit pas de conversion numĂ©rique complĂšte de chaque catĂ©gorie de CAC en une probabilitĂ© post-test individuelle. Le principe clinique important est que le CAC peut modifier la probabilitĂ© estimĂ©e d’une maladie athĂ©rosclĂ©reuse obstructive et guider le traitement prĂ©ventif, mĂȘme lorsque l’imagerie fonctionnelle ne met pas en Ă©vidence d’ischĂ©mie.

Examens séquentiels et examens de deuxiÚme intention

Un deuxiĂšme examen non invasif peut ĂȘtre appropriĂ© lorsque le premier ne permet pas de rĂ©pondre Ă  la question clinique.

Les principales séquences sont les suivantes :

  • CCTA anormal ou Ă©quivoque : imagerie fonctionnelle afin de dĂ©terminer la signification physiologique de la MC.

  • Épreuve fonctionnelle anormale ou non diagnostique : CCTA afin de prĂ©ciser l’anatomie coronaire.

  • CCTA montrant une stĂ©nose de 40%–90 % : une FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM ou une Ă©preuve d’effort peut ĂȘtre envisagĂ©e.

  • CCTA montrant une MC dont la signification fonctionnelle est incertaine : une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©e.

  • Examens non invasifs avec diagnostic incertain : une coronarographie invasive avec Ă©valuation fonctionnelle invasive est recommandĂ©e lorsqu’une confirmation ou une exclusion de la MC obstructive est nĂ©cessaire.

Une imagerie de deuxiÚme intention ciblée peut améliorer la sélection des patients adressés pour coronarographie invasive.

Coronarographie invasive

La coronarographie invasive est choisie en fonction de la prĂ©sentation clinique, de la probabilitĂ© estimĂ©e de MC, des rĂ©sultats Ă©lectrocardiographiques et Ă©chocardiographiques, des analyses biologiques, des rĂ©sultats de l’épreuve d’effort et des rĂ©sultats antĂ©rieurs de l’angio-TDM ou de l’angiographie par rĂ©sonance magnĂ©tique.

Elle est recommandée lorsque :

  • Les examens non invasifs ne permettent pas de trancher.

  • La probabilitĂ© prĂ©test ou post-test de MC obstructive est trĂšs Ă©levĂ©e.

  • Les symptĂŽmes sont sĂ©vĂšres malgrĂ© un traitement conforme aux recommandations.

  • L’angor survient pour un faible niveau d’effort.

  • Le patient prĂ©sente un risque Ă©levĂ© d’évĂ©nements.

  • Les examens non invasifs montrent une MC Ă  haut risque ou une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre.

Lorsque la coronarographie invasive est rĂ©alisĂ©e, les lĂ©sions intermĂ©diaires doivent faire l’objet d’une Ă©valuation physiologique par FFR ou iFR avant toute revascularisation. La FFR calculĂ©e Ă  partir d’une reconstruction angiographique tridimensionnelle constitue une alternative Ă©mergente Ă  l’évaluation de la pression par guide.

ECG d’effort et rĂ©sultats d’imagerie

ECG d’effort

L’ECG d’effort peut ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre sĂ©lective chez les patients Ă  faible risque ou lorsqu’il est souhaitĂ© d’obtenir des informations sur la capacitĂ© d’effort et l’ischĂ©mie induite par l’effort. Ses performances diagnostiques sont infĂ©rieures Ă  celles des examens d’imagerie mentionnĂ©s ci-dessus.

Chez un patient ĂągĂ© prĂ©sentant une suspicion de maladie Ă  haut risque, une Ă©preuve d’effort peut mettre en Ă©vidence plusieurs Ă©lĂ©ments prĂ©occupants, notamment une douleur thoracique limitant l’effort, une baisse de la pression artĂ©rielle et un sous-dĂ©calage marquĂ© du segment ST Ă  pente descendante. Le document de rĂ©fĂ©rence dĂ©crit ces anomalies en association avec des anomalies de perfusion rĂ©versibles Ă©tendues et une MC angiographique Ă  haut risque.

Imagerie de perfusion myocardique

La perfusion myocardique par SPECT et TEP peut mettre en évidence des anomalies de perfusion réversibles, indiquant une ischémie inductible. Les anomalies à haut risque décrites dans le document de référence comprennent :

  • Des anomalies de perfusion rĂ©versibles Ă©tendues ou sĂ©vĂšres.

  • Une dilatation transitoire du VG Ă  l’effort.

  • Une diminution de la fraction d’éjection du VG aprĂšs l’effort.

  • Des anomalies Ă©tendues intĂ©ressant plusieurs territoires du VG.

L’évaluation visuelle de la perfusion peut sous-estimer l’étendue d’une maladie pluritronculaire, car elle peut identifier prĂ©fĂ©rentiellement le territoire vascularisĂ© par l’artĂšre prĂ©sentant la stĂ©nose la plus sĂ©vĂšre. Le dĂ©bit sanguin myocardique quantitatif et la rĂ©serve de flux myocardique (MFR) peuvent rĂ©vĂ©ler une atteinte plus Ă©tendue que l’imagerie visuelle seule.

Débit sanguin myocardique et réserve de flux en TEP

La TEP permet de quantifier systĂ©matiquement le dĂ©bit sanguin myocardique et la MFR. Ces mesures amĂ©liorent la sensibilitĂ© et la valeur prĂ©dictive nĂ©gative de la TEP pour exclure une MC angiographique Ă  haut risque. Le document de rĂ©fĂ©rence indique qu’une MFR supĂ©rieure Ă  2.0 est associĂ©e Ă  une valeur prĂ©dictive nĂ©gative supĂ©rieure Ă  97 % pour exclure une maladie angiographique Ă  haut risque.

Une rĂ©serve de flux diminuĂ©e peut traduire une maladie coronaire diffuse ou pluritronculaire, mĂȘme lorsque l’imagerie visuelle de perfusion semble montrer une anomalie limitĂ©e Ă  un seul territoire coronaire. La TEP est privilĂ©giĂ©e pour mesurer le dĂ©bit sanguin myocardique absolu, bien que la perfusion en CMR puisse constituer une alternative.

Examens préopératoires

La rĂ©alisation systĂ©matique d’un examen cardiaque non invasif avant une chirurgie non cardiaque majeure n’est pas justifiĂ©e chez tous les patients. Un examen doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients ayant une capacitĂ© fonctionnelle faible ou inconnue uniquement lorsque son rĂ©sultat modifierait la prise en charge clinique ou pĂ©riopĂ©ratoire.

L’objectif principal de l’évaluation prĂ©opĂ©ratoire est d’identifier une instabilitĂ© clinique et de dĂ©terminer l’aptitude Ă  la chirurgie. Les patients prĂ©sentant des manifestations aiguĂ«s de MC, un angor instable ou une insuffisance cardiaque dĂ©compensĂ©e nĂ©cessitent une Ă©valuation complĂ©mentaire et une stabilisation mĂ©dicale avant l’intervention.

Les consĂ©quences potentielles d’un examen comprennent :

  • Le report ou l’annulation de la chirurgie.

  • La mise en route d’un traitement mĂ©dical supplĂ©mentaire.

  • Une exploration ou une intervention coronaire avant la chirurgie.

  • Une surveillance d’intensitĂ© accrue ou une prise en charge en rĂ©animation.

  • Une modification de la prise en charge pĂ©riopĂ©ratoire.

L’utilisation des mĂ©dicaments et des interventions doit correspondre Ă  ce qui serait mis en Ɠuvre en dehors du contexte chirurgical. Le document de rĂ©fĂ©rence indique qu’à l’exception des cas de stĂ©nose du tronc commun coronaire gauche, les donnĂ©es actuelles remettent en question le bĂ©nĂ©fice systĂ©matique d’une revascularisation coronaire prĂ©opĂ©ratoire visant uniquement Ă  rĂ©duire le risque chirurgical.

Parcours diagnostique particulier : ANOCA et INOCA

Les patients peuvent prĂ©senter des symptĂŽmes angineux malgrĂ© des artĂšres coronaires normales, des lĂ©sions non obstructives Ă  l’imagerie non invasive ou des stĂ©noses intermĂ©diaires avec une FFR ou un iFR normaux. Ces patients peuvent prĂ©senter un angor avec artĂšres coronaires non obstructives ou une ischĂ©mie avec artĂšres coronaires non obstructives.

Chez les patients restant symptomatiques de maniĂšre persistante malgrĂ© le traitement mĂ©dical et ayant une qualitĂ© de vie altĂ©rĂ©e, une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e afin d’identifier les endotypes accessibles Ă  un traitement. Les tests Ă  l’acĂ©tylcholine et Ă  l’adĂ©nosine peuvent distinguer :

  • Un dysfonctionnement endothĂ©lial.

  • Une vasodilatation altĂ©rĂ©e, reflĂ©tĂ©e par une faible rĂ©serve de flux coronaire et/ou une rĂ©sistance microvasculaire Ă©levĂ©e.

  • Un angor vasospastique Ă©picardique.

  • Un angor vasospastique microvasculaire.

  • Des combinaisons de ces endotypes.

  • Une rĂ©ponse Ă©quivoque, avec survenue d’un angor sans remplir les critĂšres d’un endotype dĂ©fini.

En cas de suspicion d’angor vasospastique, un ECG Ă  12 dĂ©rivations doit ĂȘtre enregistrĂ© pendant un Ă©pisode angineux. Lorsque des Ă©pisodes rĂ©currents d’angor au repos s’accompagnent de modifications transitoires du segment ST se rĂ©solvant sous nitrĂ©s et/ou antagonistes calciques, une angiographie fonctionnelle invasive est recommandĂ©e pour confirmer le diagnostic et Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’athĂ©rosclĂ©rose sous-jacente.

En cas d’angor vasospastique isolĂ©, les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s pour contrĂŽler les symptĂŽmes, prĂ©venir l’ischĂ©mie et rĂ©duire le risque de complications potentiellement fatales.

Prise de décision chez les sujets ùgés

La dĂ©cision d’explorer un sujet ĂągĂ© doit intĂ©grer :

  • La probabilitĂ© prĂ©test de maladie.

  • La probabilitĂ© que le rĂ©sultat modifie la prise en charge.

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient et ses objectifs de soins.

  • Les risques et limites des explorations supplĂ©mentaires.

  • La faisabilitĂ© d’une Ă©preuve d’effort.

  • La probabilitĂ© que le CAC rĂ©duise la prĂ©cision du CCTA en raison de calcifications Ă©tendues.

Une approche conservatrice est raisonnable lorsque la probabilitĂ© d’une maladie Ă  haut risque est faible, que les symptĂŽmes sont lĂ©gers ou modĂ©rĂ©s et potentiellement contrĂŽlables par un traitement mĂ©dical, ou que le patient prĂ©fĂšre Ă©viter des explorations supplĂ©mentaires.

Chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire chronique connue, une fonction ventriculaire gauche prĂ©servĂ©e ou modĂ©rĂ©ment altĂ©rĂ©e et une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, les donnĂ©es permettent de retenir soit une stratĂ©gie initiale conservatrice, soit une stratĂ©gie invasive. Une stratĂ©gie invasive peut entraĂźner une amĂ©lioration plus importante de la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă  l’angor chez les patients ayant un angor initial plus frĂ©quent, tandis qu’une stratĂ©gie conservatrice Ă©vite les risques procĂ©duraux prĂ©coces associĂ©s au traitement invasif. Ces choix doivent ĂȘtre effectuĂ©s dans le cadre d’une dĂ©cision partagĂ©e.

Parcours diagnostique fondé sur les recommandations

Un parcours pratique pour une douleur thoracique stable sans MC connue est le suivant :

Évaluer les symptîmes et le risque clinique

  • Estimer la probabilitĂ© prĂ©test Ă  partir de l’ñge, du sexe, des caractĂ©ristiques des symptĂŽmes, du jugement clinique et du CAC lorsqu’il est disponible.

    Probabilité trÚs faible

  • DiffĂ©rer les examens diagnostiques.
    • Prendre en charge le traitement prĂ©ventif et les symptĂŽmes.

    Probabilité faible

  • L’absence d’examen est acceptable.
    • Envisager un CAC ou un ECG d’effort chez certains patients.

    Probabilité intermédiaire ou élevée

  • Choisir un CCTA ou une imagerie fonctionnelle.
    • Tenir compte de l’ñge, des calcifications, des contre-indications, de l’expertise locale et de la question principale, anatomique ou fonctionnelle.

    CCTA ne montrant pas de MC ou montrant une maladie non obstructive

  • Intensifier le traitement prĂ©ventif si nĂ©cessaire.
    • Envisager un parcours ANOCA/INOCA lorsque les symptĂŽmes persistent.

    CCTA montrant une maladie obstructive ou potentiellement significative

  • Utiliser une imagerie fonctionnelle ou une FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM lorsque la signification fonctionnelle est incertaine.
    • Adresser le patient Ă  une coronarographie invasive en prĂ©sence d’une anatomie Ă  haut risque, d’un angor frĂ©quent, d’une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre ou d’une FFR dĂ©rivĂ©e de la TDM ≀0.8.

    Épreuve fonctionnelle anormale ou non concluante

  • Utiliser le CCTA lorsqu’une dĂ©finition anatomique est nĂ©cessaire.
    • ProcĂ©der Ă  une coronarographie invasive lorsque le diagnostic demeure incertain ou qu’une maladie Ă  haut risque est suspectĂ©e.

    Coronarographie invasive

  • Évaluer physiologiquement les stĂ©noses intermĂ©diaires par FFR ou iFR avant toute revascularisation.
  • L’examen non invasif initial doit ĂȘtre choisi selon la probabilitĂ© prĂ©test, les caractĂ©ristiques du patient, l’expertise locale et la disponibilitĂ©. Chez les patients symptomatiques dont la probabilitĂ© prĂ©test est supĂ©rieure Ă  5 %, un CCTA ou une imagerie fonctionnelle est recommandĂ©. Le CCTA est privilĂ©giĂ© pour exclure une MC obstructive chez les patients Ă  probabilitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e, tandis que l’imagerie fonctionnelle est privilĂ©giĂ©e lorsque la relation entre les symptĂŽmes et l’ischĂ©mie, la viabilitĂ© myocardique ou les dĂ©cisions de revascularisation constitue la question principale.

    Pronostic et suivi

    Le document de rĂ©fĂ©rence ne fournit pas de calendrier de suivi spĂ©cifique aprĂšs un examen non invasif chez les patients prĂ©sentant un angor stable. Il prĂ©conise nĂ©anmoins une réévaluation en fonction de la persistance, de l’aggravation ou de l’augmentation de la frĂ©quence des symptĂŽmes, ainsi que des rĂ©sultats de l’évaluation initiale.

    Les patients ne prĂ©sentant pas de MC obstructive ou prĂ©sentant une plaque non obstructive ne doivent pas nĂ©cessairement ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme dĂ©pourvus de risque cardiovasculaire. Le traitement prĂ©ventif doit ĂȘtre optimisĂ© en fonction de la charge athĂ©romateuse dĂ©tectĂ©e et de l’évaluation clinique globale. La persistance de symptĂŽmes mal contrĂŽlĂ©s doit conduire Ă  reconsidĂ©rer le diagnostic, Ă  rĂ©examiner les rĂ©sultats de l’examen initial et Ă  envisager un parcours ANOCA/INOCA.

    Chez les patients atteints d’une maladie coronaire chronique stable et prĂ©sentant une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, une stratĂ©gie initiale conservatrice peut ĂȘtre raisonnable lorsque la fonction ventriculaire gauche est prĂ©servĂ©e ou seulement modĂ©rĂ©ment altĂ©rĂ©e et qu’il n’existe pas de maladie du tronc commun gauche. La revascularisation peut nĂ©anmoins amĂ©liorer l’état de santĂ© liĂ© Ă  l’angor et rĂ©duire les infarctus du myocarde spontanĂ©s chez certains patients, notamment lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© le traitement mĂ©dical.

    Le processus diagnostique doit donc rester dynamique. La nĂ©cessitĂ© de rĂ©pĂ©ter les examens ou d’en rĂ©aliser de nouveaux dĂ©pend de l’évolution des symptĂŽmes, du rĂ©sultat de l’examen initial, de la possibilitĂ© d’une MC Ă  haut risque et de la probabilitĂ© que des informations supplĂ©mentaires modifient la prise en charge.

    Auteurs

    EBM AI
    Evidensbaserad AI-agent

    Mis à jour 7 août 2026