Définition et justification clinique
LâactivitĂ© physique comprend les mouvements corporels qui augmentent la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique, notamment la marche, les tĂąches mĂ©nagĂšres, les dĂ©placements actifs et les activitĂ©s de loisirs. Lâexercice est une forme plus structurĂ©e dâactivitĂ© physique, pratiquĂ©e pour maintenir ou amĂ©liorer la condition physique.
La pratique rĂ©guliĂšre dâune activitĂ© physique constitue un Ă©lĂ©ment central de la prĂ©vention et du traitement cardiovasculaires. Elle est associĂ©e Ă une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire et de la mortalitĂ© toutes causes confondues, ainsi quâĂ une rĂ©duction de lâincidence ou du retentissement de lâhypertension artĂ©rielle, du diabĂšte de type 2, de la maladie coronaire, de lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de lâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, de lâinsuffisance cardiaque, de la dĂ©pression, de la dĂ©mence et de lâostĂ©oporose. Elle amĂ©liore Ă©galement la capacitĂ© fonctionnelle, la santĂ© osseuse, la force musculaire, la qualitĂ© de vie et le bien-ĂȘtre psychologique.
LâinactivitĂ© physique constitue en elle-mĂȘme un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Le comportement sĂ©dentaire peut ĂȘtre associĂ© Ă un risque accru, mĂȘme chez les personnes qui atteignent les volumes dâexercice recommandĂ©s ; les stratĂ©gies de prĂ©vention doivent donc viser Ă la fois Ă augmenter lâactivitĂ© physique et Ă rĂ©duire le temps passĂ© assis.
La relation entre activitĂ© physique et bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire est curvilinĂ©aire. LâamĂ©lioration relative la plus importante survient lorsquâune personne inactive devient, mĂȘme modestement, active ; une activitĂ© supplĂ©mentaire continue ensuite dâapporter un bĂ©nĂ©fice, avec des effets additionnels progressivement plus faibles. Une certaine activitĂ© est prĂ©fĂ©rable Ă lâabsence totale dâactivitĂ©, et un bĂ©nĂ©fice est observĂ© en deçà de lâobjectif minimal habituellement recommandĂ©.
Volume et intensitĂ© dâactivitĂ© recommandĂ©s
Chez lâadulte, lâobjectif prĂ©ventif principal est le suivant :
150â300 minutes par semaine dâactivitĂ© aĂ©robie dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e ; ou
75â150 minutes par semaine dâactivitĂ© aĂ©robie dâintensitĂ© soutenue ; ou
une combinaison Ă©quivalente dâactivitĂ©s dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e et soutenue.
Des exercices de renforcement musculaire doivent en outre ĂȘtre pratiquĂ©s au moins 2 jours par semaine. Les activitĂ©s ne doivent pas nĂ©cessairement ĂȘtre rĂ©alisĂ©es par pĂ©riodes dâau moins 10 minutes ; des Ă©pisodes plus courts contribuent Ă©galement Ă la santĂ©. RĂ©partir lâactivitĂ© sur la semaine peut rĂ©duire le risque de lĂ©sions musculosquelettiques.
Les exemples comprennent la marche rapide, le jogging, la natation et le cyclisme. Les activitĂ©s doivent ĂȘtre choisies en fonction des prĂ©fĂ©rences de la personne, de son Ă©tat fonctionnel et de ses habitudes quotidiennes, car les activitĂ©s agrĂ©ables et faciles Ă intĂ©grer ont davantage de chances dâĂȘtre poursuivies.
Chez les personnes ùgées, un programme réalisable doit intégrer quatre domaines :
Activité aérobie
EntraĂźnement de la force
Exercices dâĂ©quilibre
Exercices de souplesse
La marche, le yoga et le jardinage peuvent constituer une activité utile pour les personnes réticentes à pratiquer un exercice formel. Accroßtre les mouvements au cours des activités quotidiennes constitue une stratégie initiale pragmatique.
Ăvaluation avant prescription
LâactivitĂ© physique doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e et prescrite selon les composantes suivantes :
Fréquence
Intensité
Temps ou durée
Type
Progression
La prescription doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que fondĂ©e uniquement sur un objectif dĂ©terminĂ© par lâĂąge. Les Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte comprennent la maladie cardiovasculaire, la capacitĂ© dâexercice, les symptĂŽmes, les comorbiditĂ©s, le niveau dâactivitĂ© antĂ©rieur, les facteurs psychologiques, les objectifs et le contexte prĂ©vu.
Le dĂ©pistage avant la participation doit suivre les recommandations applicables en matiĂšre dâĂ©valuation cardiovasculaire avant lâexercice. Chez les personnes atteintes dâune maladie cardiovasculaire, une Ă©preuve dâeffort peut fournir des informations objectives sur la capacitĂ© maximale dâexercice et sur les rĂ©ponses de la frĂ©quence cardiaque, de la pression artĂ©rielle et des symptĂŽmes Ă lâeffort. Ces donnĂ©es peuvent orienter les conseils concernant les activitĂ©s domestiques, professionnelles, rĂ©crĂ©atives et sportives, sans toutefois reproduire complĂštement une activitĂ© prolongĂ©e ni les contraintes environnementales telles que la chaleur, lâhumiditĂ©, lâaltitude ou le vent.
Une progression graduelle est particuliĂšrement importante chez les personnes auparavant sĂ©dentaires et chez celles atteintes dâune maladie chronique. Augmenter la frĂ©quence et la durĂ©e avant dâaccroĂźtre sensiblement lâintensitĂ© peut rĂ©duire le risque de lĂ©sions de surcharge. Le principe pratique est de commencer Ă un faible niveau et de progresser lentement.
IntensitĂ© de lâexercice
LâintensitĂ© peut ĂȘtre prescrite selon plusieurs approches complĂ©mentaires.
Méthodes fondées sur la fréquence cardiaque
Chez les patients atteints dâune maladie cardiovasculaire, lâexercice aĂ©robie dynamique peut ĂȘtre prescrit Ă environ 40â80 % de la capacitĂ© maximale dâexercice selon la mĂ©thode de la rĂ©serve de frĂ©quence cardiaque. Chez les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© dâune Ă©preuve dâeffort cardiopulmonaire, la frĂ©quence cardiaque correspondant Ă 40â80 % de la consommation maximale dâoxygĂšne mesurĂ©e peut ĂȘtre utilisĂ©e.
Une approche plus simple consiste Ă pratiquer lâexercice Ă environ 70â85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale mesurĂ©e. La frĂ©quence cardiaque doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e en association avec les symptĂŽmes et la perception de lâeffort.
Chez les patients prĂ©sentant une rĂ©ponse ischĂ©mique, la frĂ©quence cardiaque dâexercice doit ĂȘtre fixĂ©e au moins 10 battements en dessous de la frĂ©quence cardiaque Ă laquelle apparaissent une angine typique ou un sous-dĂ©calage ischĂ©mique du segment ST.
Perception de lâeffort
LâĂ©chelle de perception de lâeffort de Borg peut ĂȘtre utilisĂ©e pour individualiser lâintensitĂ©. Une cible de 11â16 sur lâĂ©chelle de 6â20 est dĂ©crite chez les patients atteints dâune maladie cardiovasculaire.
La perception de lâeffort est particuliĂšrement utile lorsque la rĂ©ponse de la frĂ©quence cardiaque est modifiĂ©e par la maladie, les mĂ©dicaments ou les conditions environnementales. Les symptĂŽmes doivent rester un dĂ©terminant important de lâintensitĂ© de lâexercice.
Mesures métaboliques et fonctionnelles
LâĂ©preuve dâeffort permet de quantifier la capacitĂ© maximale dâexercice en Ă©quivalents mĂ©taboliques et dâĂ©valuer les rĂ©ponses lors de charges maximales et sous-maximales. Ces donnĂ©es peuvent ensuite ĂȘtre mises en correspondance avec les exigences dâactivitĂ©s spĂ©cifiques. Cette approche est utile pour conseiller les patients concernant les tĂąches pratiques, mais elle ne permet pas dâĂ©tablir la capacitĂ© Ă maintenir une charge pendant des pĂ©riodes prolongĂ©es.
EntraĂźnement par intervalles
LâentraĂźnement aĂ©robie par intervalles a Ă©tĂ© dĂ©crit comme lâalternance de pĂ©riodes dâenviron 3â4 minutes Ă 90â95 % de la frĂ©quence cardiaque maximale avec des pĂ©riodes dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă 60â70 % de la frĂ©quence cardiaque maximale. Une sĂ©ance dâenviron 40 minutes, Ă©chauffement et rĂ©cupĂ©ration compris, pratiquĂ©e trois fois par semaine, a Ă©tĂ© associĂ©e Ă des amĂ©liorations plus importantes de la consommation maximale dâoxygĂšne, de la fonction endothĂ©liale et des paramĂštres mĂ©taboliques quâun exercice continu dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e standard.
Cette approche Ă©tant plus exigeante, elle doit ĂȘtre envisagĂ©e de maniĂšre sĂ©lective et dans le cadre dâune rĂ©adaptation cardiaque supervisĂ©e chez des patients appropriĂ©s.
Prescription de lâexercice dans les maladies cardiovasculaires
Maladie cardiovasculaire en général
Presque tous les patients atteints dâune maladie cardiovasculaire doivent ĂȘtre encouragĂ©s Ă rester physiquement actifs, Ă pratiquer un exercice et Ă prĂ©server leur condition physique. Lâexercice est associĂ© Ă une amĂ©lioration de la santĂ© cardiovasculaire et mentale, Ă une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire, Ă une meilleure capacitĂ© dâexercice et Ă une amĂ©lioration de la qualitĂ© de vie.
Une Ă©preuve dâeffort ECG limitĂ©e par les symptĂŽmes peut Ă©galement contribuer Ă Ă©valuer la sĂ©curitĂ© de lâentraĂźnement en rĂ©sistance. Lors dâun entraĂźnement de renforcement musculaire clinique, non orientĂ© vers la musculation, le produit maximal frĂ©quence cardiaqueâpression artĂ©rielle est rarement supĂ©rieur Ă celui atteint pendant lâĂ©preuve dâeffort.
Pour lâentraĂźnement aĂ©robie chez les patients atteints dâune maladie cardiovasculaire, lâobjectif habituel est le suivant :
DurĂ©e : 20â60 minutes par sĂ©ance
FrĂ©quence : 3â5 jours par semaine
IntensitĂ© : individualisĂ©e selon les rĂ©sultats de lâĂ©preuve dâeffort, la frĂ©quence cardiaque et la perception de lâeffort
Modalité : activité rythmique sollicitant les grands groupes musculaires des membres supérieurs et inférieurs
Les équipements possibles comprennent les tapis roulants, les ergomÚtres à cycle et les appareils elliptiques.
Maladie coronaire et cardiopathie ischémique
Les patients atteints dâune maladie coronaire doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre encouragĂ©s Ă pratiquer une activitĂ© physique et un exercice. Les bĂ©nĂ©fices comprennent une amĂ©lioration de la santĂ© cardiovasculaire et mentale, une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire, une meilleure qualitĂ© de vie, une capacitĂ© dâexercice accrue et une rĂ©duction du risque dâobĂ©sitĂ© et de diabĂšte de type 2.
Le risque quâun exercice dĂ©clenche un Ă©vĂ©nement cardiaque soudain est reconnu, notamment lors dâune activitĂ© soutenue ou inhabituelle. Toutefois, le risque global dâĂ©vĂ©nements indĂ©sirables est trĂšs faible, et les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires dâune activitĂ© rĂ©guliĂšre lâemportent sur les risques inhĂ©rents. La restriction de lâactivitĂ© ne rĂ©duit pas nĂ©cessairement le risque de mort subite chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie congĂ©nitale, car de nombreux dĂ©cĂšs subits surviennent au repos plutĂŽt que pendant lâexercice.
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ou intermĂ©diaire
Des discussions rĂ©guliĂšres concernant lâexercice et une prescription individualisĂ©e sont recommandĂ©es chez tous les patients atteints dâinsuffisance cardiaque. Chez les patients stables, une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur lâexercice est recommandĂ©e afin dâamĂ©liorer la capacitĂ© dâexercice et la qualitĂ© de vie et de rĂ©duire les rĂ©hospitalisations.
La pratique dâun sport rĂ©crĂ©atif dâintensitĂ© faible Ă modĂ©rĂ©e et de programmes dâexercice structurĂ©s peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les personnes stables. Un entraĂźnement par intervalles de haute intensitĂ© peut ĂȘtre envisagĂ© chez les patients Ă faible risque souhaitant reprendre un sport dâendurance aĂ©robie ou mixte de haute intensitĂ©. Des sports rĂ©crĂ©atifs non compĂ©titifs, de faible intensitĂ© et fondĂ©s sur des habiletĂ©s techniques peuvent Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©s chez des patients stables, recevant un traitement optimal, lorsquâils sont bien tolĂ©rĂ©s.
Les sports de puissance et dâendurance de haute intensitĂ© ne sont pas recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite, indĂ©pendamment des symptĂŽmes.
Une réévaluation clinique doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâintensitĂ© de lâexercice est augmentĂ©e au-delĂ du niveau habituel du patient. Un soutien motivationnel et psychologique, associĂ© Ă des conseils spĂ©cifiques sur la progression, peut favoriser la participation.
Artériopathie oblitérante des membres inférieurs
Peu de patients atteints dâune artĂ©riopathie oblitĂ©rante chronique symptomatique des membres infĂ©rieurs atteignent les niveaux dâactivitĂ© physique recommandĂ©s pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Les donnĂ©es observationnelles indiquent que lâadhĂ©sion aux objectifs de durĂ©e et dâintensitĂ© de lâactivitĂ© est associĂ©e Ă une meilleure capacitĂ© de marche, Ă une meilleure qualitĂ© de vie et Ă de meilleurs rĂ©sultats vasculaires.
Maladie aortique
LâactivitĂ© physique peut rĂ©duire la frĂ©quence cardiaque et la pression artĂ©rielle au repos et, ainsi, diminuer le risque de complications aortiques. Les donnĂ©es concernant lâexercice et les sports dans les maladies aortiques sont limitĂ©es. Les dĂ©cisions doivent donc ĂȘtre individualisĂ©es et fondĂ©es sur une stratification du risque.
Syndromes myopéricardiques inflammatoires
Les patients prĂ©sentant une maladie myopĂ©ricardique inflammatoire active doivent restreindre leur activitĂ© physique. Lâexercice peut aggraver lâinflammation myocardique ou pĂ©ricardique, potentiellement par des mĂ©canismes mĂ©diĂ©s par la tachycardie. Le contrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque peut amĂ©liorer le contrĂŽle des symptĂŽmes, et lâutilisation empirique de ÎČ-bloquants a Ă©tĂ© associĂ©e Ă un meilleur contrĂŽle des symptĂŽmes de la pĂ©ricardite dans des Ă©tudes observationnelles.
Au cours dâune myocardite aiguĂ«, un repos complet est conseillĂ©, car lâexercice a Ă©tĂ© associĂ© Ă des arythmies et Ă une mort subite cardiaque. La rĂ©cupĂ©ration doit ĂȘtre suivie par une Ă©valuation clinique, une surveillance du rythme, des examens biologiques et une imagerie multimodale.
La reprise de lâexercice doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que dĂ©terminĂ©e par une pĂ©riode fixe arbitraire. La rĂ©mission clinique complĂšte nĂ©cessite la normalisation des symptĂŽmes, des biomarqueurs et de lâimagerie. Le programme doit tenir compte du fait que le patient soit ou non un sportif, ainsi que du type dâexercice envisagĂ©.
Fibrillation atriale
Une activitĂ© physique aĂ©robie modĂ©rĂ©e peut rĂ©duire le risque de fibrillation atriale de novo. Ă lâinverse, lâincidence de la fibrillation atriale semble augmentĂ©e chez les sportifs, les donnĂ©es observationnelles indiquant un risque 2,5 fois plus Ă©levĂ© que chez les tĂ©moins non sportifs. Les prescriptions dâexercice doivent donc distinguer lâactivitĂ© rĂ©crĂ©ative modĂ©rĂ©e de lâentraĂźnement sportif intensif et prolongĂ©.
Cardiopathie congénitale
Les patients prĂ©sentant une cardiopathie congĂ©nitale doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre encouragĂ©s Ă pratiquer rĂ©guliĂšrement une activitĂ© physique. MĂȘme ceux ayant une circulation complexe, notamment une physiologie de Fontan, peuvent tirer bĂ©nĂ©fice de lâexercice.
MalgrĂ© les inquiĂ©tudes concernant la mort subite liĂ©e Ă lâexercice, le risque au cours de lâexercice est trĂšs faible chez les adultes atteints dâune cardiopathie congĂ©nitale. Seulement environ 30 % atteignent les niveaux dâactivitĂ© recommandĂ©s, en partie en raison de conseils restrictifs. Les conseils concernant lâexercice doivent donc Ă©viter les limitations inutiles tout en restant individualisĂ©s selon lâĂ©tat cardiovasculaire.
Sécurité et événements indésirables
Les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables les plus frĂ©quents associĂ©s Ă lâactivitĂ© physique sont les lĂ©sions musculosquelettiques. Le risque augmente avec le volume et lâintensitĂ© de lâactivitĂ© et peut ĂȘtre rĂ©duit par les mesures suivantes :
Choisir une activité adaptée à la condition physique actuelle
Augmenter progressivement lâactivitĂ©
Utiliser un équipement de protection
Choisir des environnements sûrs
Ăviter les efforts soutenus inhabituels
PrĂ©voir une progression appropriĂ©e de la durĂ©e, de la frĂ©quence et de lâintensitĂ©
Un Ă©vĂ©nement cardiaque soudain, notamment une mort subite pendant ou peu aprĂšs lâexercice, figure parmi les complications potentielles les plus graves, mais il est extrĂȘmement rare. Une activitĂ© soutenue peut prĂ©cipiter de tels Ă©vĂ©nements, en particulier lorsquâelle est inhabituelle ou pratiquĂ©e par des personnes prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire avancĂ©e.
Une activitĂ© dâintensitĂ© lĂ©gĂšre Ă modĂ©rĂ©e, telle quâune marche de 5â15 minutes par sĂ©ance deux ou trois fois par semaine, ne comporte pas de risque accru connu dâĂ©vĂ©nements cardiaques sĂ©vĂšres soudains par rapport Ă une activitĂ© moins intense ou au repos. Sur lâensemble de la journĂ©e, les personnes rĂ©guliĂšrement actives prĂ©sentent un risque cardiovasculaire global infĂ©rieur Ă celui des personnes inactives, malgrĂ© lâaugmentation transitoire du risque pendant lâeffort.
Stratégies comportementales et observance
Les conseils concernant lâexercice sont plus efficaces lorsquâils sont pratiques, individualisĂ©s et accompagnĂ©s dâun soutien comportemental. Les interventions utiles comprennent :
La fixation collaborative dâobjectifs
La réévaluation et la révision périodiques des objectifs
Lâautosurveillance
Le retour dâinformation sur les progrĂšs
Les dispositifs portables de suivi de lâactivitĂ©
LâintĂ©gration de lâactivitĂ© dans les habitudes quotidiennes
Le choix dâactivitĂ©s apprĂ©ciĂ©es par la personne
Une approche comportementale multidisciplinaire doit accompagner une prise en charge pharmacologique appropriĂ©e dans la prĂ©vention cardiovasculaire. Les programmes multidisciplinaires fondĂ©s sur lâexercice amĂ©liorent le profil de risque cardiovasculaire et rĂ©duisent la mortalitĂ© cardiovasculaire.
La rĂ©adaptation cardiaque Ă domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer lâobservance Ă long terme des comportements favorables Ă la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. Le soutien psychologique et motivationnel est particuliĂšrement pertinent dans lâinsuffisance cardiaque, la maladie coronaire et chez les patients prĂ©occupĂ©s par la rĂ©cidive dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires ou la progression de la maladie.
Lâexercice est Ă©galement bĂ©nĂ©fique pour la santĂ© mentale. Il peut amĂ©liorer lâhumeur et rĂ©duire le stress et, en cas de maladie coronaire associĂ©e Ă une dĂ©pression, il peut constituer un Ă©lĂ©ment efficace du traitement lorsquâil est associĂ© aux antidĂ©presseurs et Ă la psychothĂ©rapie. Dans lâinsuffisance cardiaque, lâentraĂźnement physique a Ă©tĂ© associĂ© Ă des amĂ©liorations modestes des symptĂŽmes dĂ©pressifs, bien que la modalitĂ© et la durĂ©e doivent ĂȘtre adaptĂ©es Ă la capacitĂ© fonctionnelle et Ă la nĂ©cessitĂ© Ă©ventuelle dâune supervision.
Réadaptation cardiaque
Une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur lâexercice est recommandĂ©e chez toutes les personnes stables prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ou intermĂ©diaire. Elle vise Ă amĂ©liorer la capacitĂ© dâexercice et la qualitĂ© de vie et Ă rĂ©duire la frĂ©quence des rĂ©hospitalisations.
Chez les patients atteints dâune maladie cardiovasculaire, les programmes supervisĂ©s offrent un cadre appropriĂ© pour prescrire une intensitĂ© individualisĂ©e, surveiller les symptĂŽmes et les rĂ©ponses cardiovasculaires et envisager un entraĂźnement par intervalles. Un programme structurĂ© doit comprendre un Ă©chauffement et une rĂ©cupĂ©ration, une modalitĂ© dâexercice adaptĂ©e et une progression planifiĂ©e.
Au-delĂ de lâĂ©valuation cardiovasculaire annuelle, une réévaluation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâintensitĂ© de lâexercice est augmentĂ©e. Les discussions concernant lâexercice et les sports doivent ĂȘtre consignĂ©es, en particulier lorsque des patients atteints dâune maladie cardiovasculaire souhaitent pratiquer des activitĂ©s intenses ou compĂ©titives.
Recommandations fondées sur les recommandations de pratique clinique
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Discuter rĂ©guliĂšrement de la pratique dâun exercice et fournir une prescription individualisĂ©e chez toutes les personnes atteintes dâinsuffisance cardiaque. | I | A |
| Proposer une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur lâexercice Ă toutes les personnes stables prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ou intermĂ©diaire. | I | A |
| Proposer un programme multidisciplinaire fondĂ© sur lâexercice afin dâamĂ©liorer le profil de risque cardiovasculaire et de rĂ©duire la mortalitĂ© cardiovasculaire. | I | A |
| Prescrire au moins 150â300 minutes hebdomadaires dâactivitĂ© aĂ©robie dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e ou 75â150 minutes hebdomadaires dâactivitĂ© dâintensitĂ© soutenue, en rĂ©duisant le temps sĂ©dentaire. | I | B |
| Utiliser des interventions comportementales multidisciplinaires en complĂ©ment dâune prise en charge pharmacologique appropriĂ©e afin de promouvoir un mode de vie sain. | I | A |
| Envisager une rĂ©adaptation cardiaque Ă domicile et des interventions de santĂ© mobile afin dâamĂ©liorer lâobservance et de rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. | IIa | B |
| Envisager une réévaluation clinique lorsque lâintensitĂ© de lâexercice est augmentĂ©e au-delĂ du niveau Ă©tabli chez les patients atteints dâinsuffisance cardiaque. | IIa | C |
| Envisager un soutien motivationnel et psychologique ainsi que des conseils individualisĂ©s sur la progression de lâactivitĂ© sportive. | IIa | C |
| Envisager un sport rĂ©crĂ©atif dâintensitĂ© faible Ă modĂ©rĂ©e ou un exercice structurĂ© chez les patients stables atteints dâinsuffisance cardiaque. | IIb | C |
| Envisager un entraĂźnement par intervalles de haute intensitĂ© chez les patients Ă faible risque souhaitant reprendre un sport dâendurance aĂ©robie ou mixte de haute intensitĂ©. | IIb | C |
| Envisager un sport rĂ©crĂ©atif non compĂ©titif, de faible intensitĂ© et fondĂ© sur des habiletĂ©s techniques chez les patients stables atteints dâinsuffisance cardiaque recevant un traitement optimal, lorsquâil est bien tolĂ©rĂ©. | IIb | C |
| Ăviter les sports de puissance et dâendurance de haute intensitĂ© en cas dâinsuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite, indĂ©pendamment des symptĂŽmes. | III | C |
Pronostic et suivi
La pratique rĂ©guliĂšre dâune activitĂ© physique est associĂ©e Ă une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire et de la mortalitĂ© toutes causes confondues, Ă une rĂ©duction de la morbiditĂ© cardiovasculaire, Ă une amĂ©lioration de la capacitĂ© fonctionnelle et Ă une meilleure qualitĂ© de vie. Le risque de mortalitĂ© diminue avec lâaugmentation du volume dâactivitĂ©, lâamĂ©lioration la plus marquĂ©e Ă©tant observĂ©e chez les personnes les moins actives. Les bĂ©nĂ©fices se poursuivent au-delĂ du volume minimal recommandĂ©, bien que la rĂ©duction supplĂ©mentaire devienne plus faible.
Un nombre quotidien de pas infĂ©rieur Ă 10 000 peut nĂ©anmoins ĂȘtre associĂ© Ă un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire et sur la mortalitĂ©. Chez les adultes ĂągĂ©s de 60 ans ou plus, environ 6000â9000 pas par jour ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă un risque ultĂ©rieur dâĂ©vĂ©nement cardiovasculaire nettement infĂ©rieur Ă celui observĂ© avec environ 2000 pas par jour. Le niveau dâactivitĂ© associĂ© Ă la plus grande rĂ©duction observĂ©e de la mortalitĂ© varie selon lâĂąge.
Le suivi doit ĂȘtre proportionnĂ© Ă la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie et Ă lâactivitĂ© prĂ©vue. Il doit comprendre une réévaluation des symptĂŽmes, de la tolĂ©rance Ă lâexercice, de lâobservance, des obstacles psychosociaux et des rĂ©ponses cardiovasculaires lorsque cela est cliniquement indiquĂ©. Les patients atteints dâune maladie myopĂ©ricardique inflammatoire nĂ©cessitent un suivi clinique, rythmologique, biologique et morphologique avant la reprise de lâexercice. Les patients atteints dâinsuffisance cardiaque doivent ĂȘtre réévaluĂ©s lors de lâaugmentation de lâintensitĂ© de lâexercice, tandis que les personnes pratiquant un sport intense ou compĂ©titif nĂ©cessitent une Ă©valuation individualisĂ©e du risque et une dĂ©cision partagĂ©e documentĂ©e.