đŸš« Prescription de l’activitĂ© physique en prĂ©vention cardiovasculaire

Sommaire (22)

Définition et justification clinique

L’activitĂ© physique comprend les mouvements corporels qui augmentent la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique, notamment la marche, les tĂąches mĂ©nagĂšres, les dĂ©placements actifs et les activitĂ©s de loisirs. L’exercice est une forme plus structurĂ©e d’activitĂ© physique, pratiquĂ©e pour maintenir ou amĂ©liorer la condition physique.

La pratique rĂ©guliĂšre d’une activitĂ© physique constitue un Ă©lĂ©ment central de la prĂ©vention et du traitement cardiovasculaires. Elle est associĂ©e Ă  une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire et de la mortalitĂ© toutes causes confondues, ainsi qu’à une rĂ©duction de l’incidence ou du retentissement de l’hypertension artĂ©rielle, du diabĂšte de type 2, de la maladie coronaire, de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de l’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, de l’insuffisance cardiaque, de la dĂ©pression, de la dĂ©mence et de l’ostĂ©oporose. Elle amĂ©liore Ă©galement la capacitĂ© fonctionnelle, la santĂ© osseuse, la force musculaire, la qualitĂ© de vie et le bien-ĂȘtre psychologique.

L’inactivitĂ© physique constitue en elle-mĂȘme un facteur de risque cardiovasculaire majeur. Le comportement sĂ©dentaire peut ĂȘtre associĂ© Ă  un risque accru, mĂȘme chez les personnes qui atteignent les volumes d’exercice recommandĂ©s ; les stratĂ©gies de prĂ©vention doivent donc viser Ă  la fois Ă  augmenter l’activitĂ© physique et Ă  rĂ©duire le temps passĂ© assis.

La relation entre activitĂ© physique et bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire est curvilinĂ©aire. L’amĂ©lioration relative la plus importante survient lorsqu’une personne inactive devient, mĂȘme modestement, active ; une activitĂ© supplĂ©mentaire continue ensuite d’apporter un bĂ©nĂ©fice, avec des effets additionnels progressivement plus faibles. Une certaine activitĂ© est prĂ©fĂ©rable Ă  l’absence totale d’activitĂ©, et un bĂ©nĂ©fice est observĂ© en deçà de l’objectif minimal habituellement recommandĂ©.

Volume et intensitĂ© d’activitĂ© recommandĂ©s

Chez l’adulte, l’objectif prĂ©ventif principal est le suivant :

  • 150–300 minutes par semaine d’activitĂ© aĂ©robie d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e ; ou

  • 75–150 minutes par semaine d’activitĂ© aĂ©robie d’intensitĂ© soutenue ; ou

  • une combinaison Ă©quivalente d’activitĂ©s d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e et soutenue.

Des exercices de renforcement musculaire doivent en outre ĂȘtre pratiquĂ©s au moins 2 jours par semaine. Les activitĂ©s ne doivent pas nĂ©cessairement ĂȘtre rĂ©alisĂ©es par pĂ©riodes d’au moins 10 minutes ; des Ă©pisodes plus courts contribuent Ă©galement Ă  la santĂ©. RĂ©partir l’activitĂ© sur la semaine peut rĂ©duire le risque de lĂ©sions musculosquelettiques.

Les exemples comprennent la marche rapide, le jogging, la natation et le cyclisme. Les activitĂ©s doivent ĂȘtre choisies en fonction des prĂ©fĂ©rences de la personne, de son Ă©tat fonctionnel et de ses habitudes quotidiennes, car les activitĂ©s agrĂ©ables et faciles Ă  intĂ©grer ont davantage de chances d’ĂȘtre poursuivies.

Chez les personnes ùgées, un programme réalisable doit intégrer quatre domaines :

  • ActivitĂ© aĂ©robie

  • EntraĂźnement de la force

  • Exercices d’équilibre

  • Exercices de souplesse

La marche, le yoga et le jardinage peuvent constituer une activité utile pour les personnes réticentes à pratiquer un exercice formel. Accroßtre les mouvements au cours des activités quotidiennes constitue une stratégie initiale pragmatique.

Évaluation avant prescription

L’activitĂ© physique doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e et prescrite selon les composantes suivantes :

  • FrĂ©quence

  • IntensitĂ©

  • Temps ou durĂ©e

  • Type

  • Progression

La prescription doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que fondĂ©e uniquement sur un objectif dĂ©terminĂ© par l’ñge. Les Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte comprennent la maladie cardiovasculaire, la capacitĂ© d’exercice, les symptĂŽmes, les comorbiditĂ©s, le niveau d’activitĂ© antĂ©rieur, les facteurs psychologiques, les objectifs et le contexte prĂ©vu.

Le dĂ©pistage avant la participation doit suivre les recommandations applicables en matiĂšre d’évaluation cardiovasculaire avant l’exercice. Chez les personnes atteintes d’une maladie cardiovasculaire, une Ă©preuve d’effort peut fournir des informations objectives sur la capacitĂ© maximale d’exercice et sur les rĂ©ponses de la frĂ©quence cardiaque, de la pression artĂ©rielle et des symptĂŽmes Ă  l’effort. Ces donnĂ©es peuvent orienter les conseils concernant les activitĂ©s domestiques, professionnelles, rĂ©crĂ©atives et sportives, sans toutefois reproduire complĂštement une activitĂ© prolongĂ©e ni les contraintes environnementales telles que la chaleur, l’humiditĂ©, l’altitude ou le vent.

Une progression graduelle est particuliĂšrement importante chez les personnes auparavant sĂ©dentaires et chez celles atteintes d’une maladie chronique. Augmenter la frĂ©quence et la durĂ©e avant d’accroĂźtre sensiblement l’intensitĂ© peut rĂ©duire le risque de lĂ©sions de surcharge. Le principe pratique est de commencer Ă  un faible niveau et de progresser lentement.

IntensitĂ© de l’exercice

L’intensitĂ© peut ĂȘtre prescrite selon plusieurs approches complĂ©mentaires.

Méthodes fondées sur la fréquence cardiaque

Chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire, l’exercice aĂ©robie dynamique peut ĂȘtre prescrit Ă  environ 40–80 % de la capacitĂ© maximale d’exercice selon la mĂ©thode de la rĂ©serve de frĂ©quence cardiaque. Chez les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une Ă©preuve d’effort cardiopulmonaire, la frĂ©quence cardiaque correspondant Ă  40–80 % de la consommation maximale d’oxygĂšne mesurĂ©e peut ĂȘtre utilisĂ©e.

Une approche plus simple consiste Ă  pratiquer l’exercice Ă  environ 70–85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale mesurĂ©e. La frĂ©quence cardiaque doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e en association avec les symptĂŽmes et la perception de l’effort.

Chez les patients prĂ©sentant une rĂ©ponse ischĂ©mique, la frĂ©quence cardiaque d’exercice doit ĂȘtre fixĂ©e au moins 10 battements en dessous de la frĂ©quence cardiaque Ă  laquelle apparaissent une angine typique ou un sous-dĂ©calage ischĂ©mique du segment ST.

Perception de l’effort

L’échelle de perception de l’effort de Borg peut ĂȘtre utilisĂ©e pour individualiser l’intensitĂ©. Une cible de 11–16 sur l’échelle de 6–20 est dĂ©crite chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire.

La perception de l’effort est particuliĂšrement utile lorsque la rĂ©ponse de la frĂ©quence cardiaque est modifiĂ©e par la maladie, les mĂ©dicaments ou les conditions environnementales. Les symptĂŽmes doivent rester un dĂ©terminant important de l’intensitĂ© de l’exercice.

Mesures métaboliques et fonctionnelles

L’épreuve d’effort permet de quantifier la capacitĂ© maximale d’exercice en Ă©quivalents mĂ©taboliques et d’évaluer les rĂ©ponses lors de charges maximales et sous-maximales. Ces donnĂ©es peuvent ensuite ĂȘtre mises en correspondance avec les exigences d’activitĂ©s spĂ©cifiques. Cette approche est utile pour conseiller les patients concernant les tĂąches pratiques, mais elle ne permet pas d’établir la capacitĂ© Ă  maintenir une charge pendant des pĂ©riodes prolongĂ©es.

EntraĂźnement par intervalles

L’entraĂźnement aĂ©robie par intervalles a Ă©tĂ© dĂ©crit comme l’alternance de pĂ©riodes d’environ 3–4 minutes Ă  90–95 % de la frĂ©quence cardiaque maximale avec des pĂ©riodes d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  60–70 % de la frĂ©quence cardiaque maximale. Une sĂ©ance d’environ 40 minutes, Ă©chauffement et rĂ©cupĂ©ration compris, pratiquĂ©e trois fois par semaine, a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  des amĂ©liorations plus importantes de la consommation maximale d’oxygĂšne, de la fonction endothĂ©liale et des paramĂštres mĂ©taboliques qu’un exercice continu d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e standard.

Cette approche Ă©tant plus exigeante, elle doit ĂȘtre envisagĂ©e de maniĂšre sĂ©lective et dans le cadre d’une rĂ©adaptation cardiaque supervisĂ©e chez des patients appropriĂ©s.

Prescription de l’exercice dans les maladies cardiovasculaires

Maladie cardiovasculaire en général

Presque tous les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire doivent ĂȘtre encouragĂ©s Ă  rester physiquement actifs, Ă  pratiquer un exercice et Ă  prĂ©server leur condition physique. L’exercice est associĂ© Ă  une amĂ©lioration de la santĂ© cardiovasculaire et mentale, Ă  une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire, Ă  une meilleure capacitĂ© d’exercice et Ă  une amĂ©lioration de la qualitĂ© de vie.

Une Ă©preuve d’effort ECG limitĂ©e par les symptĂŽmes peut Ă©galement contribuer Ă  Ă©valuer la sĂ©curitĂ© de l’entraĂźnement en rĂ©sistance. Lors d’un entraĂźnement de renforcement musculaire clinique, non orientĂ© vers la musculation, le produit maximal frĂ©quence cardiaque–pression artĂ©rielle est rarement supĂ©rieur Ă  celui atteint pendant l’épreuve d’effort.

Pour l’entraĂźnement aĂ©robie chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire, l’objectif habituel est le suivant :

  • DurĂ©e : 20–60 minutes par sĂ©ance

  • FrĂ©quence : 3–5 jours par semaine

  • IntensitĂ© : individualisĂ©e selon les rĂ©sultats de l’épreuve d’effort, la frĂ©quence cardiaque et la perception de l’effort

  • ModalitĂ© : activitĂ© rythmique sollicitant les grands groupes musculaires des membres supĂ©rieurs et infĂ©rieurs

Les équipements possibles comprennent les tapis roulants, les ergomÚtres à cycle et les appareils elliptiques.

Maladie coronaire et cardiopathie ischémique

Les patients atteints d’une maladie coronaire doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre encouragĂ©s Ă  pratiquer une activitĂ© physique et un exercice. Les bĂ©nĂ©fices comprennent une amĂ©lioration de la santĂ© cardiovasculaire et mentale, une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire, une meilleure qualitĂ© de vie, une capacitĂ© d’exercice accrue et une rĂ©duction du risque d’obĂ©sitĂ© et de diabĂšte de type 2.

Le risque qu’un exercice dĂ©clenche un Ă©vĂ©nement cardiaque soudain est reconnu, notamment lors d’une activitĂ© soutenue ou inhabituelle. Toutefois, le risque global d’évĂ©nements indĂ©sirables est trĂšs faible, et les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires d’une activitĂ© rĂ©guliĂšre l’emportent sur les risques inhĂ©rents. La restriction de l’activitĂ© ne rĂ©duit pas nĂ©cessairement le risque de mort subite chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie congĂ©nitale, car de nombreux dĂ©cĂšs subits surviennent au repos plutĂŽt que pendant l’exercice.

Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ou intermĂ©diaire

Des discussions rĂ©guliĂšres concernant l’exercice et une prescription individualisĂ©e sont recommandĂ©es chez tous les patients atteints d’insuffisance cardiaque. Chez les patients stables, une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur l’exercice est recommandĂ©e afin d’amĂ©liorer la capacitĂ© d’exercice et la qualitĂ© de vie et de rĂ©duire les rĂ©hospitalisations.

La pratique d’un sport rĂ©crĂ©atif d’intensitĂ© faible Ă  modĂ©rĂ©e et de programmes d’exercice structurĂ©s peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les personnes stables. Un entraĂźnement par intervalles de haute intensitĂ© peut ĂȘtre envisagĂ© chez les patients Ă  faible risque souhaitant reprendre un sport d’endurance aĂ©robie ou mixte de haute intensitĂ©. Des sports rĂ©crĂ©atifs non compĂ©titifs, de faible intensitĂ© et fondĂ©s sur des habiletĂ©s techniques peuvent Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©s chez des patients stables, recevant un traitement optimal, lorsqu’ils sont bien tolĂ©rĂ©s.

Les sports de puissance et d’endurance de haute intensitĂ© ne sont pas recommandĂ©s chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite, indĂ©pendamment des symptĂŽmes.

Une réévaluation clinique doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’intensitĂ© de l’exercice est augmentĂ©e au-delĂ  du niveau habituel du patient. Un soutien motivationnel et psychologique, associĂ© Ă  des conseils spĂ©cifiques sur la progression, peut favoriser la participation.

Artériopathie oblitérante des membres inférieurs

Peu de patients atteints d’une artĂ©riopathie oblitĂ©rante chronique symptomatique des membres infĂ©rieurs atteignent les niveaux d’activitĂ© physique recommandĂ©s pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Les donnĂ©es observationnelles indiquent que l’adhĂ©sion aux objectifs de durĂ©e et d’intensitĂ© de l’activitĂ© est associĂ©e Ă  une meilleure capacitĂ© de marche, Ă  une meilleure qualitĂ© de vie et Ă  de meilleurs rĂ©sultats vasculaires.

Maladie aortique

L’activitĂ© physique peut rĂ©duire la frĂ©quence cardiaque et la pression artĂ©rielle au repos et, ainsi, diminuer le risque de complications aortiques. Les donnĂ©es concernant l’exercice et les sports dans les maladies aortiques sont limitĂ©es. Les dĂ©cisions doivent donc ĂȘtre individualisĂ©es et fondĂ©es sur une stratification du risque.

Syndromes myopéricardiques inflammatoires

Les patients prĂ©sentant une maladie myopĂ©ricardique inflammatoire active doivent restreindre leur activitĂ© physique. L’exercice peut aggraver l’inflammation myocardique ou pĂ©ricardique, potentiellement par des mĂ©canismes mĂ©diĂ©s par la tachycardie. Le contrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque peut amĂ©liorer le contrĂŽle des symptĂŽmes, et l’utilisation empirique de ÎČ-bloquants a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  un meilleur contrĂŽle des symptĂŽmes de la pĂ©ricardite dans des Ă©tudes observationnelles.

Au cours d’une myocardite aiguĂ«, un repos complet est conseillĂ©, car l’exercice a Ă©tĂ© associĂ© Ă  des arythmies et Ă  une mort subite cardiaque. La rĂ©cupĂ©ration doit ĂȘtre suivie par une Ă©valuation clinique, une surveillance du rythme, des examens biologiques et une imagerie multimodale.

La reprise de l’exercice doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que dĂ©terminĂ©e par une pĂ©riode fixe arbitraire. La rĂ©mission clinique complĂšte nĂ©cessite la normalisation des symptĂŽmes, des biomarqueurs et de l’imagerie. Le programme doit tenir compte du fait que le patient soit ou non un sportif, ainsi que du type d’exercice envisagĂ©.

Fibrillation atriale

Une activitĂ© physique aĂ©robie modĂ©rĂ©e peut rĂ©duire le risque de fibrillation atriale de novo. À l’inverse, l’incidence de la fibrillation atriale semble augmentĂ©e chez les sportifs, les donnĂ©es observationnelles indiquant un risque 2,5 fois plus Ă©levĂ© que chez les tĂ©moins non sportifs. Les prescriptions d’exercice doivent donc distinguer l’activitĂ© rĂ©crĂ©ative modĂ©rĂ©e de l’entraĂźnement sportif intensif et prolongĂ©.

Cardiopathie congénitale

Les patients prĂ©sentant une cardiopathie congĂ©nitale doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre encouragĂ©s Ă  pratiquer rĂ©guliĂšrement une activitĂ© physique. MĂȘme ceux ayant une circulation complexe, notamment une physiologie de Fontan, peuvent tirer bĂ©nĂ©fice de l’exercice.

MalgrĂ© les inquiĂ©tudes concernant la mort subite liĂ©e Ă  l’exercice, le risque au cours de l’exercice est trĂšs faible chez les adultes atteints d’une cardiopathie congĂ©nitale. Seulement environ 30 % atteignent les niveaux d’activitĂ© recommandĂ©s, en partie en raison de conseils restrictifs. Les conseils concernant l’exercice doivent donc Ă©viter les limitations inutiles tout en restant individualisĂ©s selon l’état cardiovasculaire.

Sécurité et événements indésirables

Les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables les plus frĂ©quents associĂ©s Ă  l’activitĂ© physique sont les lĂ©sions musculosquelettiques. Le risque augmente avec le volume et l’intensitĂ© de l’activitĂ© et peut ĂȘtre rĂ©duit par les mesures suivantes :

  • Choisir une activitĂ© adaptĂ©e Ă  la condition physique actuelle

  • Augmenter progressivement l’activitĂ©

  • Utiliser un Ă©quipement de protection

  • Choisir des environnements sĂ»rs

  • Éviter les efforts soutenus inhabituels

  • PrĂ©voir une progression appropriĂ©e de la durĂ©e, de la frĂ©quence et de l’intensitĂ©

Un Ă©vĂ©nement cardiaque soudain, notamment une mort subite pendant ou peu aprĂšs l’exercice, figure parmi les complications potentielles les plus graves, mais il est extrĂȘmement rare. Une activitĂ© soutenue peut prĂ©cipiter de tels Ă©vĂ©nements, en particulier lorsqu’elle est inhabituelle ou pratiquĂ©e par des personnes prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire avancĂ©e.

Une activitĂ© d’intensitĂ© lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e, telle qu’une marche de 5–15 minutes par sĂ©ance deux ou trois fois par semaine, ne comporte pas de risque accru connu d’évĂ©nements cardiaques sĂ©vĂšres soudains par rapport Ă  une activitĂ© moins intense ou au repos. Sur l’ensemble de la journĂ©e, les personnes rĂ©guliĂšrement actives prĂ©sentent un risque cardiovasculaire global infĂ©rieur Ă  celui des personnes inactives, malgrĂ© l’augmentation transitoire du risque pendant l’effort.

Stratégies comportementales et observance

Les conseils concernant l’exercice sont plus efficaces lorsqu’ils sont pratiques, individualisĂ©s et accompagnĂ©s d’un soutien comportemental. Les interventions utiles comprennent :

  • La fixation collaborative d’objectifs

  • La réévaluation et la rĂ©vision pĂ©riodiques des objectifs

  • L’autosurveillance

  • Le retour d’information sur les progrĂšs

  • Les dispositifs portables de suivi de l’activitĂ©

  • L’intĂ©gration de l’activitĂ© dans les habitudes quotidiennes

  • Le choix d’activitĂ©s apprĂ©ciĂ©es par la personne

Une approche comportementale multidisciplinaire doit accompagner une prise en charge pharmacologique appropriĂ©e dans la prĂ©vention cardiovasculaire. Les programmes multidisciplinaires fondĂ©s sur l’exercice amĂ©liorent le profil de risque cardiovasculaire et rĂ©duisent la mortalitĂ© cardiovasculaire.

La rĂ©adaptation cardiaque Ă  domicile et les interventions de santĂ© mobile peuvent amĂ©liorer l’observance Ă  long terme des comportements favorables Ă  la santĂ© et rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. Le soutien psychologique et motivationnel est particuliĂšrement pertinent dans l’insuffisance cardiaque, la maladie coronaire et chez les patients prĂ©occupĂ©s par la rĂ©cidive d’évĂ©nements cardiovasculaires ou la progression de la maladie.

L’exercice est Ă©galement bĂ©nĂ©fique pour la santĂ© mentale. Il peut amĂ©liorer l’humeur et rĂ©duire le stress et, en cas de maladie coronaire associĂ©e Ă  une dĂ©pression, il peut constituer un Ă©lĂ©ment efficace du traitement lorsqu’il est associĂ© aux antidĂ©presseurs et Ă  la psychothĂ©rapie. Dans l’insuffisance cardiaque, l’entraĂźnement physique a Ă©tĂ© associĂ© Ă  des amĂ©liorations modestes des symptĂŽmes dĂ©pressifs, bien que la modalitĂ© et la durĂ©e doivent ĂȘtre adaptĂ©es Ă  la capacitĂ© fonctionnelle et Ă  la nĂ©cessitĂ© Ă©ventuelle d’une supervision.

Réadaptation cardiaque

Une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur l’exercice est recommandĂ©e chez toutes les personnes stables prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ou intermĂ©diaire. Elle vise Ă  amĂ©liorer la capacitĂ© d’exercice et la qualitĂ© de vie et Ă  rĂ©duire la frĂ©quence des rĂ©hospitalisations.

Chez les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire, les programmes supervisĂ©s offrent un cadre appropriĂ© pour prescrire une intensitĂ© individualisĂ©e, surveiller les symptĂŽmes et les rĂ©ponses cardiovasculaires et envisager un entraĂźnement par intervalles. Un programme structurĂ© doit comprendre un Ă©chauffement et une rĂ©cupĂ©ration, une modalitĂ© d’exercice adaptĂ©e et une progression planifiĂ©e.

Au-delĂ  de l’évaluation cardiovasculaire annuelle, une réévaluation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’intensitĂ© de l’exercice est augmentĂ©e. Les discussions concernant l’exercice et les sports doivent ĂȘtre consignĂ©es, en particulier lorsque des patients atteints d’une maladie cardiovasculaire souhaitent pratiquer des activitĂ©s intenses ou compĂ©titives.

Recommandations fondées sur les recommandations de pratique clinique

Recommandation Classe Niveau
Discuter rĂ©guliĂšrement de la pratique d’un exercice et fournir une prescription individualisĂ©e chez toutes les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. I A
Proposer une rĂ©adaptation cardiaque fondĂ©e sur l’exercice Ă  toutes les personnes stables prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ou intermĂ©diaire. I A
Proposer un programme multidisciplinaire fondĂ© sur l’exercice afin d’amĂ©liorer le profil de risque cardiovasculaire et de rĂ©duire la mortalitĂ© cardiovasculaire. I A
Prescrire au moins 150–300 minutes hebdomadaires d’activitĂ© aĂ©robie d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e ou 75–150 minutes hebdomadaires d’activitĂ© d’intensitĂ© soutenue, en rĂ©duisant le temps sĂ©dentaire. I B
Utiliser des interventions comportementales multidisciplinaires en complĂ©ment d’une prise en charge pharmacologique appropriĂ©e afin de promouvoir un mode de vie sain. I A
Envisager une rĂ©adaptation cardiaque Ă  domicile et des interventions de santĂ© mobile afin d’amĂ©liorer l’observance et de rĂ©duire les hospitalisations ou les Ă©vĂ©nements cardiaques. IIa B
Envisager une réévaluation clinique lorsque l’intensitĂ© de l’exercice est augmentĂ©e au-delĂ  du niveau Ă©tabli chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque. IIa C
Envisager un soutien motivationnel et psychologique ainsi que des conseils individualisĂ©s sur la progression de l’activitĂ© sportive. IIa C
Envisager un sport rĂ©crĂ©atif d’intensitĂ© faible Ă  modĂ©rĂ©e ou un exercice structurĂ© chez les patients stables atteints d’insuffisance cardiaque. IIb C
Envisager un entraĂźnement par intervalles de haute intensitĂ© chez les patients Ă  faible risque souhaitant reprendre un sport d’endurance aĂ©robie ou mixte de haute intensitĂ©. IIb C
Envisager un sport rĂ©crĂ©atif non compĂ©titif, de faible intensitĂ© et fondĂ© sur des habiletĂ©s techniques chez les patients stables atteints d’insuffisance cardiaque recevant un traitement optimal, lorsqu’il est bien tolĂ©rĂ©. IIb C
Éviter les sports de puissance et d’endurance de haute intensitĂ© en cas d’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite, indĂ©pendamment des symptĂŽmes. III C

Pronostic et suivi

La pratique rĂ©guliĂšre d’une activitĂ© physique est associĂ©e Ă  une diminution de la mortalitĂ© cardiovasculaire et de la mortalitĂ© toutes causes confondues, Ă  une rĂ©duction de la morbiditĂ© cardiovasculaire, Ă  une amĂ©lioration de la capacitĂ© fonctionnelle et Ă  une meilleure qualitĂ© de vie. Le risque de mortalitĂ© diminue avec l’augmentation du volume d’activitĂ©, l’amĂ©lioration la plus marquĂ©e Ă©tant observĂ©e chez les personnes les moins actives. Les bĂ©nĂ©fices se poursuivent au-delĂ  du volume minimal recommandĂ©, bien que la rĂ©duction supplĂ©mentaire devienne plus faible.

Un nombre quotidien de pas infĂ©rieur Ă  10 000 peut nĂ©anmoins ĂȘtre associĂ© Ă  un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire et sur la mortalitĂ©. Chez les adultes ĂągĂ©s de 60 ans ou plus, environ 6000–9000 pas par jour ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  un risque ultĂ©rieur d’évĂ©nement cardiovasculaire nettement infĂ©rieur Ă  celui observĂ© avec environ 2000 pas par jour. Le niveau d’activitĂ© associĂ© Ă  la plus grande rĂ©duction observĂ©e de la mortalitĂ© varie selon l’ñge.

Le suivi doit ĂȘtre proportionnĂ© Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie et Ă  l’activitĂ© prĂ©vue. Il doit comprendre une réévaluation des symptĂŽmes, de la tolĂ©rance Ă  l’exercice, de l’observance, des obstacles psychosociaux et des rĂ©ponses cardiovasculaires lorsque cela est cliniquement indiquĂ©. Les patients atteints d’une maladie myopĂ©ricardique inflammatoire nĂ©cessitent un suivi clinique, rythmologique, biologique et morphologique avant la reprise de l’exercice. Les patients atteints d’insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre réévaluĂ©s lors de l’augmentation de l’intensitĂ© de l’exercice, tandis que les personnes pratiquant un sport intense ou compĂ©titif nĂ©cessitent une Ă©valuation individualisĂ©e du risque et une dĂ©cision partagĂ©e documentĂ©e.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026