Définition et classification clinique
Les troubles hypertensifs de la grossesse comprennent lâhypertension chronique ou prĂ©existante, lâhypertension gestationnelle et la prééclampsie. Globalement, ils concernent environ 5â15 % des grossesses dans le monde et contribuent largement Ă la morbiditĂ© et Ă la mortalitĂ© maternelles, fĆtales et nĂ©onatales. Leur incidence a augmentĂ© parallĂšlement Ă lâĂ©lĂ©vation de lâĂąge maternel lors de la premiĂšre grossesse et Ă la prĂ©valence croissante de lâobĂ©sitĂ©.
Selon les recommandations fournies, lâhypertension gestationnelle est dĂ©finie par une pression artĂ©rielle >140/90 mmHg lors de deux mesures distinctes aprĂšs 20 semaines de gestation. La prééclampsie se caractĂ©rise par lâapparition dâune hypertension aprĂšs 20 semaines, gĂ©nĂ©ralement associĂ©e Ă une protĂ©inurie ou Ă des signes dâatteinte dâun organe maternel. La protĂ©inurie est dĂ©finie par une excrĂ©tion urinaire de protĂ©ines >300 mg sur 24 heures ou par un rapport protĂ©inurie/crĂ©atininurie â„0.3. La prééclampsie peut nĂ©anmoins ĂȘtre diagnostiquĂ©e en lâabsence de protĂ©inurie lorsque les symptĂŽmes cliniques ou les anomalies biologiques indiquent une atteinte viscĂ©rale.
LâĂ©clampsie correspond Ă la survenue de convulsions ou dâun coma dâapparition rĂ©cente chez une femme enceinte prĂ©sentant une prééclampsie. Le syndrome HELLP â hĂ©molyse, Ă©lĂ©vation des enzymes hĂ©patiques ou des transaminases et thrombopĂ©nie â est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme une forme sĂ©vĂšre ou une variante de la prééclampsie.
Physiopathologie
Le mĂ©canisme prĂ©cis de la prééclampsie reste incomplĂštement Ă©tabli. Parmi les facteurs proposĂ©s figurent lâischĂ©mie utĂ©roplacentaire chronique, une rĂ©ponse inflammatoire maternelle excessive et une perturbation de la signalisation angiogĂ©nique.
Une caractĂ©ristique biochimique centrale est le dĂ©sĂ©quilibre entre les facteurs antiangiogĂ©niques et angiogĂ©niques. La production placentaire de tyrosine kinase 1 soluble de type fms augmente, tandis que la production de facteur de croissance placentaire diminue. Un rapport circulant tyrosine kinase 1 soluble de type fms/facteur de croissance placentaire â„40 est associĂ© Ă un risque accru de prééclampsie avec signes de gravitĂ© au cours des deux semaines suivantes.
LâautorĂ©gulation de la circulation cĂ©rĂ©brale est Ă©galement perturbĂ©e. Cela contribue Ă expliquer les manifestations neurologiques de la prééclampsie et la possibilitĂ© dâun accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, mĂȘme Ă des niveaux de pression artĂ©rielle qui pourraient autrement ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme seulement modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ©s.
Le syndrome peut entraĂźner des complications maternelles Ă©tendues, notamment un ĆdĂšme pulmonaire, une insuffisance rĂ©nale, une atteinte hĂ©patique, une thrombopĂ©nie, une coagulopathie, des Ă©vĂ©nements cĂ©rĂ©brovasculaires, une rupture de la capsule hĂ©patique, un dĂ©collement placentaire, une coagulation intravasculaire dissĂ©minĂ©e et une dĂ©faillance multiviscĂ©rale. En lâabsence de traitement, environ 1 cas de prééclampsie sur 100 peut Ă©voluer vers une Ă©clampsie.
Présentation clinique et symptÎmes
Le spectre clinique va dâune hypertension sans lĂ©sion viscĂ©rale apparente Ă une atteinte multiviscĂ©rale sĂ©vĂšre. Les signes de gravitĂ© comprennent :
Hypertension sĂ©vĂšre, dĂ©finie par une pression artĂ©rielle â„160/110 mmHg
Céphalées ne répondant pas au traitement
Troubles visuels
Douleur épigastrique sévÚre persistante
ĆdĂšme pulmonaire
ThrombopĂ©nie, avec plaquettes <100 Ă 10âč/L
Insuffisance rénale, avec créatininémie >1.1 mg/dL
Atteinte hépatique, définie par des concentrations de transaminases au moins deux fois supérieures à la normale
Les symptÎmes neurologiques sont particuliÚrement importants en raison du risque accru de complications cérébrovasculaires. Des convulsions chez une patiente présentant une prééclampsie indiquent une éclampsie.
La maladie du post-partum revĂȘt une importance clinique. Lâhypertension est plus frĂ©quente chez les femmes ayant prĂ©sentĂ© un trouble hypertensif antĂ©natal, mais elle peut Ă©galement apparaĂźtre de novo aprĂšs lâaccouchement. La prééclampsie du post-partum dâapparition rĂ©cente est de plus en plus reconnue comme une cause importante de morbiditĂ© et de mortalitĂ© maternelles au cours du post-partum.
Complications maternelles et obstétricales
Les complications maternelles immĂ©diates comprennent le dĂ©collement placentaire, lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, la dĂ©faillance multiviscĂ©rale, la coagulation intravasculaire dissĂ©minĂ©e, lâĆdĂšme pulmonaire, les complications hĂ©patiques, lâinsuffisance rĂ©nale et les accidents cĂ©rĂ©brovasculaires. Le syndrome HELLP est associĂ© Ă une morbiditĂ© et Ă une mortalitĂ© importantes.
Lâhypertension liĂ©e Ă la grossesse influence Ă©galement la prise en charge obstĂ©tricale. En cas de prééclampsie entre 34 et 37 semaines, un accouchement programmĂ© dans les 48 heures Ă©tait associĂ© Ă une morbiditĂ© maternelle moindre et Ă une hypertension maternelle sĂ©vĂšre moins frĂ©quente, bien que les admissions en unitĂ© de soins intensifs nĂ©onatals aient Ă©tĂ© plus frĂ©quentes. Le moment de lâaccouchement doit donc faire lâobjet dâune Ă©valuation individualisĂ©e de lâĂ©tat maternel et fĆtal.
Lorsque lâhypertension est bien contrĂŽlĂ©e et ne sâaccompagne pas de signes de gravitĂ©, lâaccouchement est programmĂ© vers 39 semaines selon les Ă©lĂ©ments fournis. Le mode dâaccouchement doit tenir compte de lâĂąge gestationnel, de lâĂ©valuation fĆtale, du contexte clinique et de la prĂ©fĂ©rence maternelle. Une surveillance fĆtale continue est nĂ©cessaire lors dâun dĂ©clenchement du travail. LâanesthĂ©sie neuraxiale peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique en cas de prééclampsie sĂ©vĂšre en rĂ©duisant la rĂ©ponse hypertensive Ă la douleur et en permettant une anesthĂ©sie si une cĂ©sarienne devient nĂ©cessaire.
Conséquences cardiovasculaires à long terme
Un trouble hypertensif de la grossesse nâest pas simplement un diagnostic obstĂ©trical transitoire. Il identifie les femmes prĂ©sentant un risque cardiovasculaire ultĂ©rieur accru, en particulier lorsque le trouble est une prééclampsie.
Les femmes ayant des antĂ©cĂ©dents de troubles hypertensifs de la grossesse prĂ©sentent un risque cardiovasculaire Ă long terme environ deux fois supĂ©rieur Ă celui des femmes sans tels antĂ©cĂ©dents. Le risque relatif peut ĂȘtre plus Ă©levĂ© chez les femmes jeunes que chez les femmes enceintes plus ĂągĂ©es. Bien quâune grande partie du risque excĂ©dentaire soit expliquĂ©e par les facteurs de risque conventionnels, celui-ci nâest pas entiĂšrement imputable Ă ces facteurs.
Prééclampsie
La prééclampsie survient dans environ 1â2 % des grossesses selon une source de recommandations et dans environ 5â7 % selon une autre source du document fourni. Par rapport aux femmes nâayant pas prĂ©sentĂ© de prééclampsie, les femmes atteintes prĂ©sentent une augmentation estimĂ©e de 1.5 Ă 2.7 fois du risque de maladie cardiovasculaire.
La prééclampsie est Ă©galement associĂ©e Ă une augmentation marquĂ©e du risque dâhypertension ultĂ©rieure, le risque relatif rapportĂ© Ă©tant dâenviron 3, ainsi quâĂ une augmentation de plus du double du risque de diabĂšte ultĂ©rieur. Les maladies cardiovasculaires ultĂ©rieures comprennent la maladie coronarienne, lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et lâinsuffisance cardiaque.
Hypertension gestationnelle et autres troubles hypertensifs
Lâhypertension liĂ©e Ă la grossesse sans prééclampsie est associĂ©e Ă un risque relatif ultĂ©rieur de maladie cardiovasculaire dâenviron 1.7â2.5. La probabilitĂ© dâune hypertension persistante ou ultĂ©rieure est augmentĂ©e, avec des risques relatifs rapportĂ©s allant de 2.0 Ă 7.2 ou davantage. Le diabĂšte ultĂ©rieur est Ă©galement plus frĂ©quent, avec un risque relatif rapportĂ© dâenviron 1.6â2.0.
Les troubles hypertensifs de la grossesse sont en outre associĂ©s Ă une augmentation ultĂ©rieure du risque dâhypertension, de diabĂšte, dâinsuffisance cardiaque, de valvulopathie, de cardiomyopathie du pĂ©ripartum, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et de dĂ©cĂšs.
DiabĂšte gestationnel
Le diabĂšte gestationnel confĂšre un risque particuliĂšrement Ă©levĂ© de diabĂšte ultĂ©rieur. JusquâĂ 50 % des femmes concernĂ©es peuvent dĂ©velopper un diabĂšte dans les cinq ans suivant la grossesse. Le diabĂšte gestationnel est associĂ© Ă une augmentation dâenviron deux fois du risque cardiovasculaire ultĂ©rieur et indĂ©pendamment Ă une augmentation dâenviron deux fois du risque relatif Ă long terme dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires.
Autres issues défavorables de la grossesse
La naissance prĂ©maturĂ©e et la mort fĆtale in utero sont associĂ©es Ă une Ă©lĂ©vation modĂ©rĂ©e du risque cardiovasculaire ultĂ©rieur. Le document fourni rapporte un risque relatif dâenviron 1.6 aprĂšs une naissance prĂ©maturĂ©e et de 1.5 aprĂšs une mort fĆtale in utero. Dâautres recommandations dĂ©crivent la naissance prĂ©maturĂ©e, les fausses couches Ă rĂ©pĂ©tition et une ou plusieurs morts fĆtales in utero comme Ă©tant associĂ©es Ă une augmentation dâenviron 40 % du risque cardiovasculaire Ă long terme.
Ces complications de la grossesse peuvent donc constituer des marqueurs prĂ©coces dâune altĂ©ration vasculaire ou mĂ©tabolique, en particulier chez les femmes jeunes dont les scores de risque conventionnels pourraient autrement sembler rassurants.
Ăvaluation et examen clinique
Une anamnĂšse obstĂ©tricale complĂšte devrait faire partie de lâĂ©valuation du risque cardiovasculaire chez les femmes. Les Ă©vĂ©nements pertinents comprennent :
Hypertension gestationnelle
Prééclampsie
Syndrome HELLP
DiabĂšte gestationnel
Naissance prématurée
Mort fĆtale in utero
Fausses couches à répétition
Nouveau-nĂ© petit pour lâĂąge gestationnel
LâanamnĂšse doit prĂ©ciser lâĂąge gestationnel au dĂ©but de la maladie, sa sĂ©vĂ©ritĂ©, la prĂ©sence dâune protĂ©inurie ou dâune dysfonction viscĂ©rale, la nĂ©cessitĂ© dâun accouchement prĂ©coce, la persistance de lâhypertension aprĂšs lâaccouchement et tout diagnostic ultĂ©rieur dâhypertension ou de diabĂšte. Le document fourni ne propose pas de protocole dĂ©taillĂ© dâexamen clinique pour lâĂ©valuation Ă long terme.
Pendant la grossesse et immĂ©diatement aprĂšs celle-ci, lâĂ©valuation doit se concentrer sur la pression artĂ©rielle et les symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune maladie sĂ©vĂšre, notamment les cĂ©phalĂ©es, les troubles visuels, les douleurs Ă©pigastriques, la dyspnĂ©e Ă©vocatrice dâun ĆdĂšme pulmonaire et les manifestations neurologiques. Une surveillance de la pression artĂ©rielle du post-partum doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par des mesures ambulatoires ou Ă domicile lorsque cela est appropriĂ©.
Examens diagnostiques
Pression artérielle
La mesure de la pression artĂ©rielle est essentielle au diagnostic et au suivi. Lâhypertension gestationnelle est identifiĂ©e par une pression artĂ©rielle >140/90 mmHg lors de deux mesures distinctes aprĂšs 20 semaines. Lâhypertension sĂ©vĂšre est dĂ©finie par une pression â„160/110 mmHg.
Lâhypertension du post-partum est spĂ©cifiquement mentionnĂ©e lorsque la pression artĂ©rielle dĂ©passe 150/100 mmHg ; le traitement doit ĂȘtre poursuivi chez les femmes prĂ©sentant une hypertension Ă ce niveau aprĂšs lâaccouchement.
Ăvaluation urinaire
La protéinurie contribue au diagnostic de prééclampsie. Les seuils diagnostiques fournis sont :
Protéinurie des 24 heures >300 mg
Rapport protĂ©inurie/crĂ©atininurie â„0.3
La prééclampsie peut ĂȘtre diagnostiquĂ©e en lâabsence de protĂ©inurie si les symptĂŽmes ou les rĂ©sultats biologiques indiquent une atteinte viscĂ©rale maternelle.
Ăvaluation biologique
Le document fourni identifie les indicateurs biologiques suivants dâune maladie sĂ©vĂšre :
NumĂ©ration plaquettaire <100 Ă 10âč/L
Créatininémie >1.1 mg/dL
Transaminases au moins deux fois supérieures à la concentration normale
Signes dâhĂ©molyse, Ă©lĂ©vation des enzymes hĂ©patiques et thrombopĂ©nie dans le syndrome HELLP
Biomarqueurs angiogéniques
Le rapport entre la tyrosine kinase 1 soluble de type fms et le facteur de croissance placentaire peut contribuer Ă lâĂ©valuation du risque. Un rapport â„40 est associĂ© Ă un risque accru de prééclampsie avec signes de gravitĂ© au cours des deux semaines suivantes.
Le document source ne fournit pas de stratĂ©gie plus large dâimagerie diagnostique ou dâexploration Ă©lectrophysiologique des troubles hypertensifs de la grossesse ou de leurs consĂ©quences cardiovasculaires Ă long terme.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Les principales anomalies biologiques associĂ©es Ă la prééclampsie sĂ©vĂšre sont la thrombopĂ©nie, lâatteinte rĂ©nale et lâatteinte hĂ©patique. Le syndrome HELLP ajoute une hĂ©molyse Ă lâassociation dâune thrombopĂ©nie et dâune Ă©lĂ©vation des enzymes hĂ©patiques.
Le profil angiogĂ©nique se caractĂ©rise par une augmentation de la tyrosine kinase 1 soluble de type fms et une diminution du facteur de croissance placentaire. Le document source ne prĂ©cise pas les concentrations de rĂ©fĂ©rence ni dâautres seuils de biomarqueurs au-delĂ du rapport tyrosine kinase 1 soluble de type fms/facteur de croissance placentaire â„40.
Pour la surveillance mĂ©tabolique Ă long terme aprĂšs un diabĂšte gestationnel, la glycĂ©mie Ă jeun ou lâHbA1c peuvent ĂȘtre prĂ©fĂ©rables Ă lâĂ©preuve dâhyperglycĂ©mie provoquĂ©e par voie orale selon les recommandations fournies.
Prévention et traitement
Prévention anténatale
Lâinstauration dâun traitement par aspirine Ă faible dose entre 12 et 14 semaines de gestation rĂ©duit le risque de prééclampsie chez les femmes Ă haut risque. Le document fourni ne prĂ©cise pas la dose dâaspirine ni un schĂ©ma complet dâĂ©ligibilitĂ© fondĂ© sur le risque.
Prise en charge de lâhypertension et de la prééclampsie
La prise en charge dĂ©pend de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie, de lâĂąge gestationnel et de lâĂ©tat maternel et fĆtal. Chez les femmes prĂ©sentant une hypertension gestationnelle ou une prééclampsie, le choix entre lâaccouchement et lâexpectative doit ĂȘtre guidĂ© par la prĂ©sence ou lâabsence de signes de gravitĂ© et par lâĂąge gestationnel.
Lâhypertension sĂ©vĂšre et la prééclampsie sĂ©vĂšre nĂ©cessitent une Ă©valuation et une prise en charge urgentes de la mĂšre et du fĆtus. Le document source ne fournit pas dâalgorithme complet de posologie des antihypertenseurs en phase aiguĂ«, de schĂ©ma dâadministration du sulfate de magnĂ©sium ni de protocole dĂ©taillĂ© de gestion des apports hydriques.
Accouchement
En cas de prééclampsie entre 34 et 37 semaines, un accouchement programmĂ© dans les 48 heures peut rĂ©duire la morbiditĂ© maternelle et lâhypertension sĂ©vĂšre, mais peut augmenter les admissions en unitĂ© de soins intensifs nĂ©onatals. Les dĂ©cisions doivent donc ĂȘtre individualisĂ©es.
En cas dâhypertension correctement prise en charge, sans signes de gravitĂ©, lâaccouchement doit ĂȘtre programmĂ© vers 39 semaines. Une surveillance fĆtale continue est nĂ©cessaire pendant le dĂ©clenchement du travail. LâanesthĂ©sie neuraxiale est bĂ©nĂ©fique en cas de prééclampsie sĂ©vĂšre, car elle peut attĂ©nuer la rĂ©ponse hypertensive Ă la douleur et permettre une anesthĂ©sie si un accouchement opĂ©ratoire est nĂ©cessaire.
Traitement du post-partum
Lâhypertension non compliquĂ©e du post-partum au cours des six premiĂšres semaines suivant lâaccouchement peut ĂȘtre traitĂ©e par nifĂ©dipine ou labĂ©talol ; le mĂ©toprolol constitue une alternative lorsque le labĂ©talol nâest pas disponible.
En cas dâhypertension aiguĂ« sĂ©vĂšre du post-partum, les mĂ©dicaments citĂ©s sont :
Labétalol
Hydralazine
Nifédipine
Une courte cure de furosĂ©mide au cours des cinq premiers jours du post-partum chez les femmes prĂ©sentant une hypertension gestationnelle ou une prééclampsie a rĂ©duit la prĂ©valence dâune pression artĂ©rielle durablement Ă©levĂ©e Ă sept jours dans un petit essai randomisĂ© dĂ©crit dans le document source.
La mĂ©thyldopa doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e dans le post-partum en raison du risque de dĂ©pression du post-partum. Si elle est utilisĂ©e pendant la grossesse, elle doit ĂȘtre interrompue dans les deux jours suivant lâaccouchement et remplacĂ©e par une autre option. Une hypertension persistante du post-partum doit ĂȘtre traitĂ©e en tenant compte de lâallaitement et des recommandations en vigueur.
Prévention cardiovasculaire aprÚs la grossesse fondée sur les recommandations
Les femmes ayant des antĂ©cĂ©dents dâhypertension gestationnelle ou de prééclampsie nĂ©cessitent un suivi longitudinal et une prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire. Le dĂ©pistage dâune hypertension ou dâun diabĂšte ultĂ©rieurs est considĂ©rĂ© comme fortement justifiĂ©, en particulier aprĂšs une prééclampsie, malgrĂ© lâabsence dâun modĂšle de risque distinct spĂ©cifiquement destinĂ© aux femmes ayant prĂ©sentĂ© des troubles hypertensifs de la grossesse.
Les complications liĂ©es Ă la grossesse peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme modificateurs cardiovasculaires du risque non traditionnels. Des antĂ©cĂ©dents dâhypertension gestationnelle, de prééclampsie, de diabĂšte gestationnel, de naissance prĂ©maturĂ©e, de mort fĆtale in utero ou de fausses couches Ă rĂ©pĂ©tition peuvent justifier une reclassification Ă la hausse chez les femmes prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e et un risque cardiovasculaire prĂ©dit Ă 10 ans lĂ©gĂšrement accru, dĂ©fini dans le document fourni comme Ă©tant de 5 % Ă <10 %. Cela peut influencer les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques fondĂ©es sur le risque concernant un traitement antihypertenseur.
La mĂ©nopause prĂ©maturĂ©e et la prééclampsie sont dĂ©crites comme des facteurs fĂ©minins spĂ©cifiques augmentant le risque, avec un effet sur le risque cardiovasculaire comparable Ă celui des facteurs de risque standards. Dâautres situations, notamment lâinfertilitĂ© et le syndrome des ovaires polykystiques, ne disposent pas de preuves suffisantes dans le document fourni pour dĂ©terminer si elles doivent modifier les dĂ©cisions de traitement antihypertenseur fondĂ©es sur le risque.
Suivi et surveillance
La surveillance du post-partum doit inclure une mesure ambulatoire et/ou Ă domicile de la pression artĂ©rielle. Le traitement doit ĂȘtre poursuivi chez les femmes prĂ©sentant une hypertension du post-partum >150/100 mmHg. Ătant donnĂ© que la prééclampsie du post-partum peut apparaĂźtre de novo, la surveillance ne doit pas ĂȘtre limitĂ©e aux femmes ayant prĂ©sentĂ© une hypertension antĂ©natale.
La prise en charge longitudinale doit rechercher :
Une hypertension persistante ou récidivante
Un diabÚte, en particulier aprÚs un diabÚte gestationnel ou une prééclampsie
Les autres facteurs de risque cardiovasculaire conventionnels
Des complications cardiovasculaires telles quâune maladie coronarienne, un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ou une insuffisance cardiaque
Les femmes ayant des antĂ©cĂ©dents de troubles hypertensifs de la grossesse doivent bĂ©nĂ©ficier dâune prise en charge des facteurs de risque et dâun suivi cardiovasculaire continu. Le document fourni ne prĂ©cise ni les intervalles exacts de suivi ni un calendrier standardisĂ© des examens.
Pronostic
Le pronostic dĂ©pend de la sĂ©vĂ©ritĂ© et du moment de survenue du trouble au cours de la grossesse, de la prĂ©sence de signes maternels de gravitĂ©, de lâĂ©tat fĆtal et obstĂ©trical et de la persistance Ă©ventuelle dâune hypertension ou dâune maladie mĂ©tabolique aprĂšs la grossesse.
La prééclampsie et lâhypertension gestationnelle identifient les femmes prĂ©sentant un risque au cours de la vie accru dâhypertension, de diabĂšte, de maladie coronarienne, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et dâinsuffisance cardiaque. Le diabĂšte gestationnel prĂ©dit particuliĂšrement la survenue ultĂ©rieure dâun diabĂšte, jusquâĂ la moitiĂ© des femmes concernĂ©es dĂ©veloppant un diabĂšte dans les cinq ans. La naissance prĂ©maturĂ©e et la mort fĆtale in utero indiquent Ă©galement un risque cardiovasculaire ultĂ©rieur accru.
La reconnaissance de ces complications offre une possibilitĂ© de prĂ©vention cardiovasculaire plus prĂ©coce. Leur importance est maximale chez les femmes jeunes, chez lesquelles les calculateurs de risque conventionnels peuvent sous-estimer le risque au cours de la vie en raison de lâĂąge, malgrĂ© des antĂ©cĂ©dents cliniquement significatifs de maladie vasculaire liĂ©e Ă la grossesse.