đŸš« Plaque vulnĂ©rable et mĂ©canismes de l’occlusion coronaire aiguĂ«

Sommaire (35)

Définition et cadre conceptuel

L’occlusion coronaire aiguĂ« correspond Ă  une rĂ©duction brutale ou progressive du dĂ©bit coronaire suffisante pour provoquer une ischĂ©mie myocardique et, lorsqu’elle est prolongĂ©e ou sĂ©vĂšre, une nĂ©crose myocardique. Elle traduit le plus souvent une athĂ©rothrombose : rupture d’une plaque athĂ©rosclĂ©reuse suivie d’une activation plaquettaire et de la coagulation, avec formation d’un thrombus intraluminal. Le spectre clinique comprend l’angor instable, l’infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTEMI) et l’infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI).

Le terme traditionnel de « plaque vulnĂ©rable » dĂ©signe une lĂ©sion athĂ©rosclĂ©reuse considĂ©rĂ©e comme susceptible de se rompre et de se thromboser. Ses caractĂ©ristiques typiques comprennent un volumineux cƓur lipidique, une chape fibreuse fine, une accumulation de macrophages et de cellules spumeuses, un remodelage expansif ou positif, une nĂ©ovascularisation, une hĂ©morragie intraplaque, une inflammation adventitielle et des calcifications punctiformes. Toutefois, ce concept prĂ©sente d’importantes limites. Bien que les fibroathĂ©romes Ă  chape fine puissent prĂ©senter des caractĂ©ristiques d’imagerie associĂ©es Ă  la rupture, moins de 5 % de ces lĂ©sions ont Ă©tĂ© Ă  l’origine d’un Ă©vĂ©nement clinique au cours de 3,4 annĂ©es de suivi dans une Ă©tude prospective menĂ©e chez des patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu. Ainsi, la morphologie d’une plaque donnĂ©e ne permet pas d’établir de maniĂšre fiable qu’elle provoquera un Ă©vĂ©nement aigu.

Un modĂšle plus utile sur le plan clinique prend en compte Ă  la fois la plaque et le patient. Plusieurs plaques potentiellement Ă  haut risque peuvent ĂȘtre prĂ©sentes dans l’ensemble de l’arbre coronaire, tandis que l’inflammation et la susceptibilitĂ© thrombotique sont souvent systĂ©miques plutĂŽt que limitĂ©es Ă  une seule lĂ©sion. Par consĂ©quent, la revascularisation locale doit s’accompagner d’un traitement systĂ©mique visant Ă  stabiliser l’athĂ©rosclĂ©rose dans son ensemble.

Physiopathologie

Mécanismes du syndrome coronarien aigu

Les principaux mĂ©canismes Ă  l’origine des syndromes coronariens aigus sont les suivants :

  • Rupture de plaque avec exposition de matĂ©riel thrombogĂšne.

  • Érosion superficielle de la plaque.

  • Thrombose associĂ©e Ă  un nodule calcifiĂ©.

  • Spasme coronaire Ă©picardique ou microvasculaire.

  • Dissection coronaire spontanĂ©e.

  • Embolie coronaire d’origine cardiaque ou extracardiaque.

  • DĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports en oxygĂšne, y compris les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  une augmentation de la demande en prĂ©sence d’une maladie coronaire fixe.

Plusieurs mécanismes peuvent agir simultanément. Certains événements coronariens aigus surviennent sans thrombus coupable identifiable.

Les SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST reflĂštent gĂ©nĂ©ralement un dĂ©sĂ©quilibre entre les apports et les besoins en oxygĂšne du myocarde. Dans de nombreux cas, le processus initial est une rupture de plaque avec thrombose ; d’autres cas rĂ©sultent d’un spasme, d’une dysfonction microvasculaire, d’une embolie, d’une dissection, d’une hypotension ou d’un Ă©tat de choc, d’une insuffisance respiratoire, d’une anĂ©mie sĂ©vĂšre, d’une bradyarythmie soutenue, d’une tachyarythmie ou d’une hypertension sĂ©vĂšre avec ou sans hypertrophie ventriculaire gauche.

Parmi les patients prĂ©sentant un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST et bĂ©nĂ©ficiant d’une angiographie, environ 10 % ne prĂ©sentent pas de stĂ©nose Ă©picardique critique. Chez certains de ces patients, une obstruction microvasculaire ou un spasme Ă©picardique peut expliquer l’ischĂ©mie.

Le STEMI rĂ©sulte habituellement de l’occlusion thrombotique rapide d’une artĂšre coronaire auparavant athĂ©rosclĂ©reuse. Les stĂ©noses sĂ©vĂšres d’évolution lente sont moins susceptibles de provoquer un STEMI, car des vaisseaux collatĂ©raux peuvent se dĂ©velopper au fil du temps. En revanche, un thrombus aigu peut se former sur un site auparavant seulement faiblement ou modĂ©rĂ©ment stĂ©nosĂ©.

Rupture de plaque

Les plaques prĂ©disposĂ©es Ă  la rupture contiennent habituellement un volumineux noyau lipidique, de nombreux macrophages ou cellules spumeuses et une chape fibreuse fine. La rupture de la chape expose le cƓur lipidique et la matrice extracellulaire au sang circulant. Le facteur tissulaire prĂ©sent dans la plaque et les microparticules porteuses de facteur tissulaire contribuent Ă  l’activation de la coagulation.

La rupture de plaque est typiquement associée à un thrombus rouge riche en fibrine. La taille et la persistance du thrombus dépendent non seulement de la composition de la plaque, mais aussi des facteurs thrombotiques et fibrinolytiques circulants.

Érosion de plaque

L’érosion de plaque est de plus en plus reconnue et est prĂ©sente dans au moins un tiers des syndromes coronariens aigus dans les donnĂ©es citĂ©es. Les plaques Ă©rodĂ©es tendent Ă  ĂȘtre pauvres en lipides, Ă  contenir moins de macrophages et Ă  prĂ©senter une structure relativement riche en matrice. Le thrombus est plus souvent blanc et riche en plaquettes que le thrombus Ă  prĂ©dominance fibrineuse associĂ© Ă  la rupture de plaque.

Les mĂ©canismes de l’érosion comprennent une lĂ©sion endothĂ©liale, des perturbations du flux, des voies liĂ©es au rĂ©cepteur Toll-like 2, des processus associĂ©s Ă  l’hyaluronane et le recrutement des neutrophiles. L’inflammation demeure pertinente, mais sa signature cellulaire et molĂ©culaire peut diffĂ©rer de celle de la rupture de la chape. La question de savoir si la distinction entre rupture et Ă©rosion doit modifier systĂ©matiquement le traitement reste Ă  l’étude.

Nodules calcifiés

Un nodule calcifiĂ© peut interrompre la surface luminale et prĂ©cipiter une thrombose. Les patients prĂ©sentant un SCA dĂ» Ă  des nodules calcifiĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme ayant des taux Ă©levĂ©s de rĂ©cidive de SCA, d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible.

Activation plaquettaire et coagulation

La formation du thrombus implique une réponse coordonnée des plaquettes et de la coagulation :

  • Les plaquettes adhĂšrent Ă  la surface artĂ©rielle lĂ©sĂ©e.

  • Des agonistes tels que le collagĂšne, l’ADP, l’épinĂ©phrine et la sĂ©rotonine activent les plaquettes.

  • Les plaquettes dĂ©granulent et recrutent d’autres plaquettes.

  • Le thromboxane A2 favorise une activation plaquettaire supplĂ©mentaire et une vasoconstriction locale.

  • Le rĂ©cepteur glycoprotĂ©ique IIb/IIIa subit une modification conformationnelle permettant la rĂ©ticulation des plaquettes mĂ©diĂ©e par le fibrinogĂšne.

  • L’exposition du facteur tissulaire active la cascade de la coagulation.

  • Les facteurs VII et X contribuent Ă  la gĂ©nĂ©ration de thrombine.

  • La thrombine transforme le fibrinogĂšne en fibrine et amplifie la coagulation.

Le thrombus qui en rĂ©sulte contient des agrĂ©gats plaquettaires et des filaments de fibrine. L’occlusion coronaire peut ĂȘtre complĂšte, partielle, transitoire ou persistante.

Déterminants solides et plasmatiques

Les consĂ©quences de la rupture de plaque dĂ©pendent de l’interaction entre :

  • DĂ©terminants solides : facteur tissulaire de la plaque, macrophages et microparticules porteurs de facteur tissulaire, composition du cƓur lipidique et degrĂ© d’apoptose.

  • DĂ©terminants plasmatiques : concentration de fibrinogĂšne, inhibiteur de l’activateur du plasminogĂšne de type 1 (PAI-1) et activitĂ© fibrinolytique endogĂšne.

L’inflammation influence les deux compartiments. Le fibrinogĂšne et le PAI-1 sont des protĂ©ines de la phase aiguĂ«, tandis que les mĂ©diateurs inflammatoires peuvent accroĂźtre l’expression du facteur tissulaire. Une mĂȘme rupture de plaque peut donc entraĂźner seulement un petit thrombus mural, une obstruction transitoire, un angor instable ou un thrombus occlusif persistant responsable d’un infarctus du myocarde.

Vasospasme coronaire et dysfonction microvasculaire

Une rĂ©duction dynamique du dĂ©bit coronaire peut rĂ©sulter d’un spasme Ă©picardique ou d’une constriction des petites artĂšres coronaires intramurales. Parmi les facteurs vasoconstricteurs potentiels figurent les mĂ©diateurs dĂ©rivĂ©s des plaquettes, la dysfonction endothĂ©liale, la stimulation adrĂ©nergique, l’exposition au froid, la cocaĂŻne et les amphĂ©tamines. Une dysfonction microvasculaire peut provoquer une ischĂ©mie sans thrombose Ă©picardique visible.

Dissection coronaire spontanée et embolie

La dissection coronaire spontanĂ©e et l’embolie coronaire sont des causes moins frĂ©quentes d’occlusion coronaire aiguĂ«. Les emboles coronaires peuvent provenir de thrombus ou de masses cardiaques, ou de sources extracardiaques. La tomographie par cohĂ©rence optique peut identifier une dissection coronaire spontanĂ©e et contribuer Ă  Ă©viter l’implantation inutile d’un stent.

Présentation clinique et symptÎmes

L’occlusion coronaire aiguĂ« peut se manifester par une gĂȘne ischĂ©mique, avec ou sans sus-dĂ©calage du segment ST. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©sente pas d’inventaire dĂ©taillĂ© des symptĂŽmes, mais souligne que les syndromes coronariens aigus peuvent se manifester par :

  • Une gĂȘne thoracique ischĂ©mique.

  • Une dyspnĂ©e au repos, en particulier lorsqu’une insuffisance cardiaque aiguĂ« complique le SCA.

  • Des signes de surcharge hydrique chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque aiguĂ« associĂ©e Ă  un SCA.

  • Des symptĂŽmes d’ischĂ©mie rĂ©cidivante aprĂšs une ICP, notamment une douleur thoracique.

L’absence de symptĂŽmes typiques n’exclut pas une maladie significative. Une occlusion coronaire silencieuse peut survenir lorsque le flux collatĂ©ral prĂ©vient la nĂ©crose ou lorsque la thrombose est incomplĂšte. Chez les transplantĂ©s cardiaques, la dĂ©nervation peut supprimer les symptĂŽmes angineux typiques, tandis que l’artĂ©riosclĂ©rose diffuse du greffon peut ĂȘtre sous-estimĂ©e par l’angiographie conventionnelle.

Infarctus du ventricule droit

L’infarctus du ventricule droit accompagne habituellement un infarctus substantiel du ventricule gauche infĂ©rieur et septal. Le tableau clinique classique est le suivant :

  • Hypotension.

  • Champs pulmonaires clairs.

  • ÉlĂ©vation de la pression veineuse jugulaire.

L’infarctus isolĂ© du ventricule droit est beaucoup moins frĂ©quent que l’atteinte du ventricule droit associĂ©e Ă  un infarctus infĂ©rieur.

Insuffisance cardiaque aiguë et choc cardiogénique

L’insuffisance cardiaque aiguĂ« compliquant un SCA est associĂ©e Ă  un risque accru d’aggravation rĂ©nale, d’insuffisance respiratoire, de pneumonie et de dĂ©cĂšs. Les patients sont plus susceptibles de prĂ©senter une dyspnĂ©e au repos et des signes de surcharge volĂ©mique. Le choc cardiogĂ©nique peut rĂ©sulter d’une ischĂ©mie Ă©tendue, d’une maladie pluritronculaire, d’une insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre ou d’autres complications mĂ©caniques.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation initiale repose sur une apprĂ©ciation clinique rapide, un ECG Ă  12 dĂ©rivations et le dosage des biomarqueurs cardiaques. L’ECG demeure dĂ©terminant pour la premiĂšre dĂ©cision thĂ©rapeutique, car il distingue les patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage persistant du segment ST, chez lesquels une reperfusion immĂ©diate doit ĂȘtre envisagĂ©e, de ceux qui ne prĂ©sentent pas de sus-dĂ©calage du segment ST.

L’examen clinique doit rechercher :

  • Une hypotension et des signes d’instabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • Une Ă©lĂ©vation de la pression veineuse jugulaire avec des poumons clairs, Ă©vocatrice d’un infarctus du ventricule droit.

  • Une congestion pulmonaire et d’autres signes de surcharge hydrique.

  • Des signes d’insuffisance cardiaque aiguĂ«.

  • Des signes de choc cardiogĂ©nique.

  • D’éventuelles complications mĂ©caniques, en particulier en cas d’aggravation de l’évolution clinique.

Chez les patients prĂ©sentant un SCA suspectĂ© et une insuffisance cardiaque aiguĂ«, une Ă©chocardiographie en urgence et une Ă©chographie pulmonaire sont recommandĂ©es afin d’évaluer la fonction ventriculaire, les anomalies de la cinĂ©tique segmentaire, la fonction valvulaire et les complications mĂ©caniques.

Diagnostic

Électrocardiographie

L’ECG est le principal examen diagnostique et de triage initial en cas de SCA suspectĂ©. Les modifications ischĂ©miques du segment ST peuvent prĂ©cĂ©der l’élĂ©vation des biomarqueurs cardiaques.

Sus-décalage du segment ST

Une ischĂ©mie aiguĂ« transmurale ou quasi transmurale entraĂźne gĂ©nĂ©ralement un sus-dĂ©calage du segment ST dans la rĂ©gion atteinte, parfois accompagnĂ© d’ondes T hyperaiguĂ«s. Un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque du segment ST peut apparaĂźtre dans les dĂ©rivations explorant la surface cardiaque opposĂ©e et peut parfois ĂȘtre plus marquĂ© que le sus-dĂ©calage initial.

La persistance du sus-dĂ©calage du segment ST identifie les patients candidats Ă  un traitement de reperfusion, soit interventionnel, soit pharmacologique lorsque le traitement interventionnel n’est pas disponible.

Ischémie sous-endocardique

Une ischĂ©mie principalement sous-endocardique provoque typiquement un sous-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations sus-jacentes, avec sus-dĂ©calage du segment ST en aVR. Ce profil est frĂ©quent au cours d’une ischĂ©mie sous-endocardique spontanĂ©e ou provoquĂ©e, mais n’exclut pas une maladie sĂ©vĂšre.

Évolution de l’ECG

Le sus-dĂ©calage du segment ST peut disparaĂźtre au cours de l’évolution de l’ischĂ©mie, avec inversion secondaire des ondes T. Cette Ă©volution peut conduire Ă  classer Ă  tort un STEMI Ă©volutif comme un Ă©vĂ©nement sans sus-dĂ©calage du segment ST. Une ischĂ©mie ou un infarctus sĂ©vĂšre peut survenir avec des anomalies minimes ou absentes du segment ST et des ondes T. Des ondes T hyperaiguĂ«s peuvent prĂ©cĂ©der ou accompagner le sus-dĂ©calage du segment ST. Un profil paradoxal de sous-dĂ©calage prĂ©cordial du segment ST avec ondes T amples, dĂ©crit en association avec une occlusion de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure, peut Ă©galement survenir.

L’infarctus modifie la dĂ©polarisation et peut entraĂźner :

  • Des ondes Q dans les dĂ©rivations correspondant Ă  la zone infarcie.

  • Une diminution de l’amplitude de l’onde R.

  • Une encoche ou une fragmentation du QRS.

La plupart des patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage du segment ST et dĂ©veloppant un infarctus prĂ©sentent finalement des ondes Q, bien qu’une minoritĂ© n’en dĂ©veloppe pas.

ECG aprĂšs une ICP

Toute nouvelle douleur thoracique aprĂšs une ICP impose la rĂ©alisation immĂ©diate d’un ECG Ă  12 dĂ©rivations. Une ischĂ©mie rĂ©cidivante peut traduire une thrombose aiguĂ« ou subaiguĂ« du stent, une dissection rĂ©siduelle, un prolapsus de plaque, une occlusion de branche latĂ©rale, un thrombus au site traitĂ© ou une maladie rĂ©siduelle non traitĂ©e.

Angiographie coronaire

L’angiographie coronaire identifie l’artĂšre responsable de l’infarctus, le degrĂ© et la rĂ©partition de l’atteinte Ă©picardique, ainsi que la prĂ©sence d’une lĂ©sion occlusive ou subtotale. Environ 90 % des STEMI prĂ©sentent une occlusion totale du vaisseau responsable de l’infarctus sur l’angiographie initiale, bien qu’une fibrinolyse spontanĂ©e puisse survenir avant l’angiographie.

L’angiographie peut sous-estimer une atteinte diffuse ou concentrique, notamment dans la vasculopathie du greffon cardiaque, qui touche les artĂšres Ă©picardiques proximales et les petites branches intramyocardiques. Elle est Ă©galement limitĂ©e pour caractĂ©riser la composition de la plaque et dĂ©finir le mĂ©canisme prĂ©cis de la thrombose.

En cas de suspicion d’ischĂ©mie rĂ©cidivante aprĂšs une ICP, l’angiographie coronaire est la mĂ©thode la plus rapide pour en identifier la cause.

Tomographie par cohérence optique et échographie intravasculaire

La tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) prĂ©sente une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e pour dĂ©tecter un thrombus intraluminal et peut distinguer un thrombus rouge d’un thrombus blanc. Elle est plus sensible que l’échographie intravasculaire (IVUS) pour dĂ©tecter la rupture de la chape fibreuse et l’érosion de la plaque. L’OCT peut Ă©galement identifier des plaques vulnĂ©rables dans des lĂ©sions non coupables et dĂ©tecter une dissection coronaire spontanĂ©e.

Comme l’OCT peut contribuer Ă  dĂ©finir le mĂ©canisme sous-jacent du SCA, elle pourrait avoir des implications pour le choix du traitement. Toutefois, l’utilisation d’un traitement spĂ©cifique du mĂ©canisme selon qu’il s’agit d’une rupture ou d’une Ă©rosion de plaque reste un domaine en Ă©volution.

Angioscanner coronaire et tomographie par émission de positons

L’angioscanner coronaire peut contribuer Ă  l’évaluation de la morphologie des plaques et, dans la vasculopathie du greffon cardiaque, fournit une alternative non invasive Ă  l’angiographie invasive avec produit de contraste pour la surveillance. La tomographie par Ă©mission de positons peut apporter des informations sur la fonction microvasculaire dans ce contexte.

Échocardiographie

L’échocardiographie en urgence est particuliĂšrement importante lorsque le SCA se complique d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« ou d’un Ă©tat de choc. Elle Ă©value :

  • La fonction des ventricules gauche et droit.

  • Les anomalies de la cinĂ©tique segmentaire.

  • La fonction valvulaire.

  • Les complications mĂ©caniques.

Le matĂ©riel fourni ne dĂ©taille pas les critĂšres Ă©chocardiographiques de vulnĂ©rabilitĂ© de la plaque ou d’occlusion aiguĂ«.

Biomarqueurs et résultats biologiques

La troponine cardiaque est le principal biomarqueur utilisĂ© pour distinguer l’angor instable du NSTEMI chez les patients sans sus-dĂ©calage du segment ST. Des symptĂŽmes ischĂ©miques sans sus-dĂ©calage du segment ST et sans biomarqueurs dĂ©tectables de lĂ©sion myocardique sont classĂ©s comme un angor instable ; en prĂ©sence d’une Ă©lĂ©vation de la troponine cardiaque, le diagnostic est celui d’un NSTEMI.

Les biomarqueurs cardiaques peuvent ĂȘtre Ă©levĂ©s avant ou aprĂšs l’évolution de l’ECG, mais les anomalies de la repolarisation prĂ©cĂšdent souvent l’élĂ©vation des biomarqueurs. L’élĂ©vation de la troponine doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans son contexte clinique. Dans l’insuffisance cardiaque aiguĂ«, une Ă©lĂ©vation de la troponine peut reflĂ©ter une lĂ©sion myocardique liĂ©e Ă  l’insuffisance cardiaque plutĂŽt qu’une nĂ©crose myocardique due Ă  une ischĂ©mie coronaire aiguĂ«.

AprÚs une ICP, de faibles élévations de la créatine phosphokinase ou de la troponine sont fréquentes et peuvent traduire une lésion myocardique procédurale. Seules des élévations importantes des enzymes, supérieures à 10 fois la limite supérieure de la normale, étaient associées dans le matériel fourni à un pronostic à long terme moins favorable.

Les autres déterminants biologiques ou biologiques pertinents comprennent :

  • Le fibrinogĂšne, qui peut influencer la formation du thrombus.

  • Le PAI-1, qui peut altĂ©rer la fibrinolyse.

  • Le facteur tissulaire et les microparticules porteuses de facteur tissulaire.

  • Les marqueurs inflammatoires systĂ©miques tels que la protĂ©ine C rĂ©active, qui augmentent chez les patients Ă  risque de SCA.

Bien que les marqueurs inflammatoires et thrombotiques corroborent le caractĂšre systĂ©mique de l’instabilitĂ© des plaques, le matĂ©riel ne dĂ©finit pas de seuils validĂ©s permettant de distinguer une rupture d’une Ă©rosion de plaque.

Traitement et prise en charge

Principes de la prise en charge initiale

La prise en charge est initialement dĂ©terminĂ©e par l’ECG, la stabilitĂ© clinique, les signes biologiques de lĂ©sion myocardique et le mĂ©canisme suspectĂ© de l’obstruction coronaire. Un sus-dĂ©calage persistant du segment ST impose une reperfusion urgente, de prĂ©fĂ©rence interventionnelle lorsqu’elle est disponible. La prise en charge des prĂ©sentations sans sus-dĂ©calage du segment ST dĂ©pend de l’évaluation clinique et diagnostique globale.

Plusieurs plaques Ă  haut risque pouvant coexister, le traitement doit prendre en compte Ă  la fois la lĂ©sion coupable et l’environnement athĂ©rosclĂ©reux systĂ©mique. La revascularisation locale seule n’élimine pas le risque liĂ© aux plaques non coupables.

Reperfusion et revascularisation

Les patients présentant un sus-décalage persistant du segment ST sont candidats à un traitement de reperfusion :

  • La reperfusion interventionnelle est privilĂ©giĂ©e lorsqu’elle est disponible.

  • La reperfusion pharmacologique constitue une alternative lorsque le traitement interventionnel n’est pas disponible.

Les bĂ©nĂ©fices de la restauration du flux dĂ©pendent du dĂ©lai. La fonction contractile myocardique disparaĂźt rapidement aprĂšs l’occlusion coronaire, tandis que la viabilitĂ© commence Ă  diminuer aprĂšs environ 20 minutes. La perte progressive de viabilitĂ© peut ĂȘtre complĂšte en 6–12 heures. La restauration prĂ©coce du flux peut prĂ©server le myocarde, bien que la reperfusion puisse elle-mĂȘme provoquer une lĂ©sion et que la rĂ©cupĂ©ration de la fonction contractile puisse ĂȘtre retardĂ©e en raison d’un Ă©tourdissement myocardique.

Lorsqu’un SCA se complique d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« ou d’un choc cardiogĂ©nique, une angiographie coronaire invasive immĂ©diate est nĂ©cessaire. Les patients en choc cardiogĂ©nique doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s rapidement dans un centre d’ICP pour angiographie et ICP de l’artĂšre responsable de l’infarctus lorsque cela est indiquĂ©. Si l’anatomie ne permet pas une ICP, un pontage aortocoronaire en urgence est recommandĂ©.

Traitement antiplaquettaire et anticoagulant

Les traitements antiplaquettaire et anticoagulant amĂ©liorent le pronostic, car l’activation plaquettaire et la coagulation jouent un rĂŽle central dans la formation du thrombus. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise ni les doses ni un schĂ©ma pharmacologique aigu complet.

AprĂšs l’implantation d’un stent, la bithĂ©rapie antiplaquettaire associe l’aspirine Ă  un inhibiteur du rĂ©cepteur plaquettaire P2Y12 tel que le clopidogrel, le prasugrel ou le ticagrĂ©lor. L’interruption prĂ©maturĂ©e, en particulier au cours du premier mois, augmente fortement le risque de thrombose du stent.

Traitement de l’infarctus du ventricule droit

Un infarctus aigu du ventricule droit avec état de choc nécessite :

  • Un remplissage volĂ©mique prudent.

  • Une revascularisation prĂ©coce.

  • Le maintien de la synchronisation auriculoventriculaire.

  • Un support circulatoire mĂ©canique dans les cas rĂ©fractaires.

Le ventricule droit peut récupérer efficacement sa fonction contractile aprÚs la reperfusion malgré une ischémie prolongée.

Insuffisance cardiaque aiguë et choc cardiogénique

La prise en charge nĂ©cessite un traitement coordonnĂ© du SCA et de l’insuffisance cardiaque aiguĂ«. Selon l’état clinique, le traitement peut comprendre :

  • Des diurĂ©tiques.

  • Des vasodilatateurs.

  • Des agents inotropes.

  • Des vasopresseurs.

  • Un support circulatoire mĂ©canique chez certains patients.

  • Un support respiratoire invasif.

  • Une Ă©puration extrarĂ©nale si nĂ©cessaire.

L’utilisation systĂ©matique de la contrepulsion intra-aortique dans le choc cardiogĂ©nique associĂ© Ă  un SCA n’a pas rĂ©duit la mortalitĂ© Ă  30 jours, 1 an ou 6 ans dans le matĂ©riel citĂ©. Le bĂ©nĂ©fice des dispositifs d’assistance circulatoire mĂ©canique percutanĂ©s et de l’oxygĂ©nation extracorporelle sur membrane en mode veinoartĂ©riel reste incertain. Des donnĂ©es observationnelles ont rapportĂ© une mortalitĂ© et des saignements plus Ă©levĂ©s avec l’assistance mĂ©canique microaxiale qu’avec la contrepulsion intra-aortique ; la prudence est donc recommandĂ©e dans l’attente de nouvelles donnĂ©es randomisĂ©es.

Complications liĂ©es Ă  l’ICP et ischĂ©mie rĂ©cidivante

Les complications de l’ICP comprennent :

  • Un thrombus occlusif aigu.

  • Une dissection coronaire sĂ©vĂšre.

  • Une embolisation distale.

  • Une occlusion microvasculaire et un phĂ©nomĂšne de no-reflow.

  • La fermeture d’une branche latĂ©rale.

  • Une perforation coronaire.

  • Une thrombose du stent.

  • Une restĂ©nose.

La thrombose du stent peut ĂȘtre aiguĂ«, subaiguĂ«, tardive ou trĂšs tardive. Son risque est rĂ©duit par un dĂ©ploiement complet du stent et une bithĂ©rapie antiplaquettaire appropriĂ©e. Lorsqu’une ischĂ©mie rĂ©cidivante est suspectĂ©e aprĂšs une ICP, une Ă©valuation ECG immĂ©diate doit ĂȘtre suivie d’une angiographie coronaire lorsque celle-ci est indiquĂ©e.

Resténose et thrombose du stent

Le matériel fourni rapporte les fréquences approximatives de resténose suivantes au cours de la premiÚre année :

Traitement Fréquence approximative de resténose
Angioplastie au ballonnet seule 20–50 %
Stent nu 10–30 %
Stent actif 5–15 %

La restĂ©nose clinique est habituellement reconnue par la rĂ©apparition d’un angor ou d’autres symptĂŽmes dans les 12 mois. Plus rarement, elle se manifeste par un NSTEMI ou un STEMI. Le traitement comprend gĂ©nĂ©ralement une nouvelle ICP avec dilatation au ballonnet et implantation d’un autre stent actif. Les autres options en cas de restĂ©nose rĂ©cidivante symptomatique comprennent la curiethĂ©rapie, les ballonnets actifs et le pontage coronaire.

Une thrombose du stent survient dans environ 1–3 % des stents. Elle peut entraĂźner le dĂ©cĂšs chez 10–20 % des patients concernĂ©s et un infarctus du myocarde chez 30–70 %. Les stents actifs de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration prĂ©sentent des taux de thrombose tardive et trĂšs tardive infĂ©rieurs Ă  ceux des dispositifs de premiĂšre gĂ©nĂ©ration.

Pour les stents, une bithĂ©rapie antiplaquettaire de 6 mois est recommandĂ©e dans le matĂ©riel fourni, avec prolongation du traitement Ă  envisager selon les risques athĂ©rothrombotiques et hĂ©morragiques. AprĂšs une ICP pour SCA, un traitement d’une durĂ©e allant jusqu’à 1 an doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©. Une chirurgie programmĂ©e nĂ©cessitant l’interruption du traitement antiplaquettaire doit, si possible, ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusqu’à au moins 3 mois et de prĂ©fĂ©rence 6 mois aprĂšs l’implantation d’un stent actif.

Stabilisation systémique des plaques

La susceptibilitĂ© des plaques et l’inflammation Ă©tant diffuses, les patients concernĂ©s doivent recevoir un traitement systĂ©mique visant Ă  stabiliser plusieurs lĂ©sions Ă  haut risque. Le matĂ©riel fourni souligne que le traitement hypolipĂ©miant peut rĂ©duire les accumulations lipidiques intimales, interrompre la progression de la plaque ou induire sa rĂ©gression. Il ne prĂ©cise ni objectifs lipidiques, ni doses mĂ©dicamenteuses, ni schĂ©ma complet de prĂ©vention secondaire.

Recommandations fondées sur les lignes directrices

Le matériel étaye les principes suivants :

  • Utiliser l’ECG Ă  12 dĂ©rivations comme examen central du triage initial. La persistance du sus-dĂ©calage du segment ST identifie les patients chez lesquels une reperfusion urgente doit ĂȘtre envisagĂ©e.

  • Utiliser la troponine cardiaque pour distinguer l’angor instable du NSTEMI lorsque les symptĂŽmes surviennent sans sus-dĂ©calage du segment ST.

  • RĂ©aliser une angiographie coronaire invasive immĂ©diate en cas de SCA compliquĂ© d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« ou d’un choc cardiogĂ©nique.

  • RĂ©aliser une Ă©chocardiographie ou une Ă©chographie pulmonaire en urgence chez ces patients afin d’évaluer la fonction ventriculaire, la cinĂ©tique segmentaire, les valves et les complications mĂ©caniques.

  • TransfĂ©rer rapidement les patients en choc cardiogĂ©nique dans un centre d’ICP pour angiographie et traitement de l’artĂšre responsable de l’infarctus lorsque cela est appropriĂ©.

  • Recourir Ă  un pontage aortocoronaire en urgence lorsque l’anatomie coronaire associĂ©e au choc ne permet pas une ICP.

  • ReconnaĂźtre la rupture de plaque, l’érosion, les nodules calcifiĂ©s, le spasme, la dissection, l’embolie et le dĂ©sĂ©quilibre entre les apports et les besoins en oxygĂšne comme des mĂ©canismes distincts, plutĂŽt que de supposer que tous les SCA rĂ©sultent du mĂȘme type de lĂ©sion.

  • Utiliser l’OCT lorsque la dĂ©termination du type de thrombus, d’une rupture de chape, d’une Ă©rosion ou d’une dissection coronaire spontanĂ©e peut influencer la prise en charge.

  • Administrer une bithĂ©rapie antiplaquettaire aprĂšs l’implantation d’un stent, avec une durĂ©e individualisĂ©e selon les risques concurrents de thrombose et de saignement.

  • Éviter l’interruption prĂ©maturĂ©e de la bithĂ©rapie antiplaquettaire, en particulier au cours du premier mois suivant l’implantation.

  • Recourir Ă  un traitement systĂ©mique pour stabiliser l’atteinte coronaire dans son ensemble, car des plaques Ă  haut risque coupables et non coupables peuvent coexister.

Pronostic et suivi

Déterminants de la lésion myocardique

L’étendue des lĂ©sions myocardiques dĂ©pend :

  • Du territoire vascularisĂ© par l’artĂšre occluse.

  • Du caractĂšre complet ou partiel de l’occlusion.

  • De la durĂ©e de l’occlusion.

  • Du flux sanguin collatĂ©ral.

  • Des besoins myocardiques en oxygĂšne.

  • De la possibilitĂ© d’une lyse spontanĂ©e du thrombus.

  • De la qualitĂ© de la perfusion aprĂšs rĂ©ouverture de l’artĂšre Ă©picardique.

  • De la prĂ©sence d’une maladie coronaire pluritronculaire ou diffuse.

Une grande Ă©tendue de myocarde Ă  risque, une stĂ©nose initiale sĂ©vĂšre, une maladie pluritronculaire et une maladie coronaire diffuse augmentent le risque de collapsus hĂ©modynamique en cas d’échec de l’ICP ou de complication procĂ©durale.

La taille de l’infarctus est importante sur le plan pronostique. Une taille d’infarctus plus importante est associĂ©e Ă  des taux ultĂ©rieurs plus Ă©levĂ©s d’insuffisance cardiaque et de mortalitĂ© ou d’hospitalisation toutes causes confondues.

Suivi aprĂšs une ICP

Le suivi doit comporter une évaluation à la recherche de :

  • La rĂ©apparition d’un angor ou d’autres symptĂŽmes ischĂ©miques.

  • La rĂ©cidive d’un SCA.

  • Une thrombose du stent.

  • Une restĂ©nose.

  • Une insuffisance cardiaque.

  • Une dysfonction ventriculaire.

  • Les consĂ©quences d’une lĂ©sion myocardique procĂ©durale.

  • L’observance de la bithĂ©rapie antiplaquettaire et du traitement systĂ©mique de stabilisation des plaques.

La rĂ©apparition de symptĂŽmes dans les 12 mois doit faire suspecter une restĂ©nose, bien qu’une ischĂ©mie rĂ©cidivante puisse Ă©galement rĂ©sulter d’une thrombose du stent, d’une dissection rĂ©siduelle, de l’occlusion d’une branche latĂ©rale, d’un prolapsus de plaque ou d’une maladie coronaire non traitĂ©e.

Risque Ă  long terme

Le risque de rĂ©cidive ne se limite pas Ă  la lĂ©sion coupable traitĂ©e. Plusieurs plaques Ă  haut risque et une inflammation Ă©tendue peuvent persister dans l’ensemble de la circulation coronaire. La prise en charge Ă  long terme nĂ©cessite donc une prĂ©vention systĂ©mique poursuivie, en complĂ©ment d’une revascularisation techniquement rĂ©ussie.

Le concept de vulnĂ©rabilitĂ© de la plaque conserve une valeur biologique, mais demeure imparfait sur le plan clinique. La prise en charge future pourrait intĂ©grer des biomarqueurs et des techniques d’imagerie capables de distinguer la rupture de l’érosion de plaque et d’identifier le mĂ©canisme prĂ©dominant de l’ischĂ©mie aiguĂ«. Dans le matĂ©riel fourni, ce traitement guidĂ© par le mĂ©canisme reste expĂ©rimental.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026