Définition et cadre conceptuel
Lâocclusion coronaire aiguĂ« correspond Ă une rĂ©duction brutale ou progressive du dĂ©bit coronaire suffisante pour provoquer une ischĂ©mie myocardique et, lorsquâelle est prolongĂ©e ou sĂ©vĂšre, une nĂ©crose myocardique. Elle traduit le plus souvent une athĂ©rothrombose : rupture dâune plaque athĂ©rosclĂ©reuse suivie dâune activation plaquettaire et de la coagulation, avec formation dâun thrombus intraluminal. Le spectre clinique comprend lâangor instable, lâinfarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTEMI) et lâinfarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI).
Le terme traditionnel de « plaque vulnĂ©rable » dĂ©signe une lĂ©sion athĂ©rosclĂ©reuse considĂ©rĂ©e comme susceptible de se rompre et de se thromboser. Ses caractĂ©ristiques typiques comprennent un volumineux cĆur lipidique, une chape fibreuse fine, une accumulation de macrophages et de cellules spumeuses, un remodelage expansif ou positif, une nĂ©ovascularisation, une hĂ©morragie intraplaque, une inflammation adventitielle et des calcifications punctiformes. Toutefois, ce concept prĂ©sente dâimportantes limites. Bien que les fibroathĂ©romes Ă chape fine puissent prĂ©senter des caractĂ©ristiques dâimagerie associĂ©es Ă la rupture, moins de 5 % de ces lĂ©sions ont Ă©tĂ© Ă lâorigine dâun Ă©vĂ©nement clinique au cours de 3,4 annĂ©es de suivi dans une Ă©tude prospective menĂ©e chez des patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu. Ainsi, la morphologie dâune plaque donnĂ©e ne permet pas dâĂ©tablir de maniĂšre fiable quâelle provoquera un Ă©vĂ©nement aigu.
Un modĂšle plus utile sur le plan clinique prend en compte Ă la fois la plaque et le patient. Plusieurs plaques potentiellement Ă haut risque peuvent ĂȘtre prĂ©sentes dans lâensemble de lâarbre coronaire, tandis que lâinflammation et la susceptibilitĂ© thrombotique sont souvent systĂ©miques plutĂŽt que limitĂ©es Ă une seule lĂ©sion. Par consĂ©quent, la revascularisation locale doit sâaccompagner dâun traitement systĂ©mique visant Ă stabiliser lâathĂ©rosclĂ©rose dans son ensemble.
Physiopathologie
Mécanismes du syndrome coronarien aigu
Les principaux mĂ©canismes Ă lâorigine des syndromes coronariens aigus sont les suivants :
Rupture de plaque avec exposition de matériel thrombogÚne.
Ărosion superficielle de la plaque.
Thrombose associée à un nodule calcifié.
Spasme coronaire épicardique ou microvasculaire.
Dissection coronaire spontanée.
Embolie coronaire dâorigine cardiaque ou extracardiaque.
DĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports en oxygĂšne, y compris les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă une augmentation de la demande en prĂ©sence dâune maladie coronaire fixe.
Plusieurs mécanismes peuvent agir simultanément. Certains événements coronariens aigus surviennent sans thrombus coupable identifiable.
Les SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST reflĂštent gĂ©nĂ©ralement un dĂ©sĂ©quilibre entre les apports et les besoins en oxygĂšne du myocarde. Dans de nombreux cas, le processus initial est une rupture de plaque avec thrombose ; dâautres cas rĂ©sultent dâun spasme, dâune dysfonction microvasculaire, dâune embolie, dâune dissection, dâune hypotension ou dâun Ă©tat de choc, dâune insuffisance respiratoire, dâune anĂ©mie sĂ©vĂšre, dâune bradyarythmie soutenue, dâune tachyarythmie ou dâune hypertension sĂ©vĂšre avec ou sans hypertrophie ventriculaire gauche.
Parmi les patients prĂ©sentant un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST et bĂ©nĂ©ficiant dâune angiographie, environ 10 % ne prĂ©sentent pas de stĂ©nose Ă©picardique critique. Chez certains de ces patients, une obstruction microvasculaire ou un spasme Ă©picardique peut expliquer lâischĂ©mie.
Le STEMI rĂ©sulte habituellement de lâocclusion thrombotique rapide dâune artĂšre coronaire auparavant athĂ©rosclĂ©reuse. Les stĂ©noses sĂ©vĂšres dâĂ©volution lente sont moins susceptibles de provoquer un STEMI, car des vaisseaux collatĂ©raux peuvent se dĂ©velopper au fil du temps. En revanche, un thrombus aigu peut se former sur un site auparavant seulement faiblement ou modĂ©rĂ©ment stĂ©nosĂ©.
Rupture de plaque
Les plaques prĂ©disposĂ©es Ă la rupture contiennent habituellement un volumineux noyau lipidique, de nombreux macrophages ou cellules spumeuses et une chape fibreuse fine. La rupture de la chape expose le cĆur lipidique et la matrice extracellulaire au sang circulant. Le facteur tissulaire prĂ©sent dans la plaque et les microparticules porteuses de facteur tissulaire contribuent Ă lâactivation de la coagulation.
La rupture de plaque est typiquement associée à un thrombus rouge riche en fibrine. La taille et la persistance du thrombus dépendent non seulement de la composition de la plaque, mais aussi des facteurs thrombotiques et fibrinolytiques circulants.
Ărosion de plaque
LâĂ©rosion de plaque est de plus en plus reconnue et est prĂ©sente dans au moins un tiers des syndromes coronariens aigus dans les donnĂ©es citĂ©es. Les plaques Ă©rodĂ©es tendent Ă ĂȘtre pauvres en lipides, Ă contenir moins de macrophages et Ă prĂ©senter une structure relativement riche en matrice. Le thrombus est plus souvent blanc et riche en plaquettes que le thrombus Ă prĂ©dominance fibrineuse associĂ© Ă la rupture de plaque.
Les mĂ©canismes de lâĂ©rosion comprennent une lĂ©sion endothĂ©liale, des perturbations du flux, des voies liĂ©es au rĂ©cepteur Toll-like 2, des processus associĂ©s Ă lâhyaluronane et le recrutement des neutrophiles. Lâinflammation demeure pertinente, mais sa signature cellulaire et molĂ©culaire peut diffĂ©rer de celle de la rupture de la chape. La question de savoir si la distinction entre rupture et Ă©rosion doit modifier systĂ©matiquement le traitement reste Ă lâĂ©tude.
Nodules calcifiés
Un nodule calcifiĂ© peut interrompre la surface luminale et prĂ©cipiter une thrombose. Les patients prĂ©sentant un SCA dĂ» Ă des nodules calcifiĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme ayant des taux Ă©levĂ©s de rĂ©cidive de SCA, dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs et de revascularisation de la lĂ©sion cible.
Activation plaquettaire et coagulation
La formation du thrombus implique une réponse coordonnée des plaquettes et de la coagulation :
Les plaquettes adhÚrent à la surface artérielle lésée.
Des agonistes tels que le collagĂšne, lâADP, lâĂ©pinĂ©phrine et la sĂ©rotonine activent les plaquettes.
Les plaquettes dĂ©granulent et recrutent dâautres plaquettes.
Le thromboxane A2 favorise une activation plaquettaire supplémentaire et une vasoconstriction locale.
Le récepteur glycoprotéique IIb/IIIa subit une modification conformationnelle permettant la réticulation des plaquettes médiée par le fibrinogÚne.
Lâexposition du facteur tissulaire active la cascade de la coagulation.
Les facteurs VII et X contribuent à la génération de thrombine.
La thrombine transforme le fibrinogĂšne en fibrine et amplifie la coagulation.
Le thrombus qui en rĂ©sulte contient des agrĂ©gats plaquettaires et des filaments de fibrine. Lâocclusion coronaire peut ĂȘtre complĂšte, partielle, transitoire ou persistante.
Déterminants solides et plasmatiques
Les consĂ©quences de la rupture de plaque dĂ©pendent de lâinteraction entre :
DĂ©terminants solides : facteur tissulaire de la plaque, macrophages et microparticules porteurs de facteur tissulaire, composition du cĆur lipidique et degrĂ© dâapoptose.
DĂ©terminants plasmatiques : concentration de fibrinogĂšne, inhibiteur de lâactivateur du plasminogĂšne de type 1 (PAI-1) et activitĂ© fibrinolytique endogĂšne.
Lâinflammation influence les deux compartiments. Le fibrinogĂšne et le PAI-1 sont des protĂ©ines de la phase aiguĂ«, tandis que les mĂ©diateurs inflammatoires peuvent accroĂźtre lâexpression du facteur tissulaire. Une mĂȘme rupture de plaque peut donc entraĂźner seulement un petit thrombus mural, une obstruction transitoire, un angor instable ou un thrombus occlusif persistant responsable dâun infarctus du myocarde.
Vasospasme coronaire et dysfonction microvasculaire
Une rĂ©duction dynamique du dĂ©bit coronaire peut rĂ©sulter dâun spasme Ă©picardique ou dâune constriction des petites artĂšres coronaires intramurales. Parmi les facteurs vasoconstricteurs potentiels figurent les mĂ©diateurs dĂ©rivĂ©s des plaquettes, la dysfonction endothĂ©liale, la stimulation adrĂ©nergique, lâexposition au froid, la cocaĂŻne et les amphĂ©tamines. Une dysfonction microvasculaire peut provoquer une ischĂ©mie sans thrombose Ă©picardique visible.
Dissection coronaire spontanée et embolie
La dissection coronaire spontanĂ©e et lâembolie coronaire sont des causes moins frĂ©quentes dâocclusion coronaire aiguĂ«. Les emboles coronaires peuvent provenir de thrombus ou de masses cardiaques, ou de sources extracardiaques. La tomographie par cohĂ©rence optique peut identifier une dissection coronaire spontanĂ©e et contribuer Ă Ă©viter lâimplantation inutile dâun stent.
Présentation clinique et symptÎmes
Lâocclusion coronaire aiguĂ« peut se manifester par une gĂȘne ischĂ©mique, avec ou sans sus-dĂ©calage du segment ST. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©sente pas dâinventaire dĂ©taillĂ© des symptĂŽmes, mais souligne que les syndromes coronariens aigus peuvent se manifester par :
Une gĂȘne thoracique ischĂ©mique.
Une dyspnĂ©e au repos, en particulier lorsquâune insuffisance cardiaque aiguĂ« complique le SCA.
Des signes de surcharge hydrique chez les patients présentant une insuffisance cardiaque aiguë associée à un SCA.
Des symptĂŽmes dâischĂ©mie rĂ©cidivante aprĂšs une ICP, notamment une douleur thoracique.
Lâabsence de symptĂŽmes typiques nâexclut pas une maladie significative. Une occlusion coronaire silencieuse peut survenir lorsque le flux collatĂ©ral prĂ©vient la nĂ©crose ou lorsque la thrombose est incomplĂšte. Chez les transplantĂ©s cardiaques, la dĂ©nervation peut supprimer les symptĂŽmes angineux typiques, tandis que lâartĂ©riosclĂ©rose diffuse du greffon peut ĂȘtre sous-estimĂ©e par lâangiographie conventionnelle.
Infarctus du ventricule droit
Lâinfarctus du ventricule droit accompagne habituellement un infarctus substantiel du ventricule gauche infĂ©rieur et septal. Le tableau clinique classique est le suivant :
Hypotension.
Champs pulmonaires clairs.
ĂlĂ©vation de la pression veineuse jugulaire.
Lâinfarctus isolĂ© du ventricule droit est beaucoup moins frĂ©quent que lâatteinte du ventricule droit associĂ©e Ă un infarctus infĂ©rieur.
Insuffisance cardiaque aiguë et choc cardiogénique
Lâinsuffisance cardiaque aiguĂ« compliquant un SCA est associĂ©e Ă un risque accru dâaggravation rĂ©nale, dâinsuffisance respiratoire, de pneumonie et de dĂ©cĂšs. Les patients sont plus susceptibles de prĂ©senter une dyspnĂ©e au repos et des signes de surcharge volĂ©mique. Le choc cardiogĂ©nique peut rĂ©sulter dâune ischĂ©mie Ă©tendue, dâune maladie pluritronculaire, dâune insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre ou dâautres complications mĂ©caniques.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation initiale repose sur une apprĂ©ciation clinique rapide, un ECG Ă 12 dĂ©rivations et le dosage des biomarqueurs cardiaques. LâECG demeure dĂ©terminant pour la premiĂšre dĂ©cision thĂ©rapeutique, car il distingue les patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage persistant du segment ST, chez lesquels une reperfusion immĂ©diate doit ĂȘtre envisagĂ©e, de ceux qui ne prĂ©sentent pas de sus-dĂ©calage du segment ST.
Lâexamen clinique doit rechercher :
Une hypotension et des signes dâinstabilitĂ© hĂ©modynamique.
Une Ă©lĂ©vation de la pression veineuse jugulaire avec des poumons clairs, Ă©vocatrice dâun infarctus du ventricule droit.
Une congestion pulmonaire et dâautres signes de surcharge hydrique.
Des signes dâinsuffisance cardiaque aiguĂ«.
Des signes de choc cardiogénique.
DâĂ©ventuelles complications mĂ©caniques, en particulier en cas dâaggravation de lâĂ©volution clinique.
Chez les patients prĂ©sentant un SCA suspectĂ© et une insuffisance cardiaque aiguĂ«, une Ă©chocardiographie en urgence et une Ă©chographie pulmonaire sont recommandĂ©es afin dâĂ©valuer la fonction ventriculaire, les anomalies de la cinĂ©tique segmentaire, la fonction valvulaire et les complications mĂ©caniques.
Diagnostic
Ălectrocardiographie
LâECG est le principal examen diagnostique et de triage initial en cas de SCA suspectĂ©. Les modifications ischĂ©miques du segment ST peuvent prĂ©cĂ©der lâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques.
Sus-décalage du segment ST
Une ischĂ©mie aiguĂ« transmurale ou quasi transmurale entraĂźne gĂ©nĂ©ralement un sus-dĂ©calage du segment ST dans la rĂ©gion atteinte, parfois accompagnĂ© dâondes T hyperaiguĂ«s. Un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque du segment ST peut apparaĂźtre dans les dĂ©rivations explorant la surface cardiaque opposĂ©e et peut parfois ĂȘtre plus marquĂ© que le sus-dĂ©calage initial.
La persistance du sus-dĂ©calage du segment ST identifie les patients candidats Ă un traitement de reperfusion, soit interventionnel, soit pharmacologique lorsque le traitement interventionnel nâest pas disponible.
Ischémie sous-endocardique
Une ischĂ©mie principalement sous-endocardique provoque typiquement un sous-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations sus-jacentes, avec sus-dĂ©calage du segment ST en aVR. Ce profil est frĂ©quent au cours dâune ischĂ©mie sous-endocardique spontanĂ©e ou provoquĂ©e, mais nâexclut pas une maladie sĂ©vĂšre.
Ăvolution de lâECG
Le sus-dĂ©calage du segment ST peut disparaĂźtre au cours de lâĂ©volution de lâischĂ©mie, avec inversion secondaire des ondes T. Cette Ă©volution peut conduire Ă classer Ă tort un STEMI Ă©volutif comme un Ă©vĂ©nement sans sus-dĂ©calage du segment ST. Une ischĂ©mie ou un infarctus sĂ©vĂšre peut survenir avec des anomalies minimes ou absentes du segment ST et des ondes T. Des ondes T hyperaiguĂ«s peuvent prĂ©cĂ©der ou accompagner le sus-dĂ©calage du segment ST. Un profil paradoxal de sous-dĂ©calage prĂ©cordial du segment ST avec ondes T amples, dĂ©crit en association avec une occlusion de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure, peut Ă©galement survenir.
Lâinfarctus modifie la dĂ©polarisation et peut entraĂźner :
Des ondes Q dans les dérivations correspondant à la zone infarcie.
Une diminution de lâamplitude de lâonde R.
Une encoche ou une fragmentation du QRS.
La plupart des patients prĂ©sentant un sus-dĂ©calage du segment ST et dĂ©veloppant un infarctus prĂ©sentent finalement des ondes Q, bien quâune minoritĂ© nâen dĂ©veloppe pas.
ECG aprĂšs une ICP
Toute nouvelle douleur thoracique aprĂšs une ICP impose la rĂ©alisation immĂ©diate dâun ECG Ă 12 dĂ©rivations. Une ischĂ©mie rĂ©cidivante peut traduire une thrombose aiguĂ« ou subaiguĂ« du stent, une dissection rĂ©siduelle, un prolapsus de plaque, une occlusion de branche latĂ©rale, un thrombus au site traitĂ© ou une maladie rĂ©siduelle non traitĂ©e.
Angiographie coronaire
Lâangiographie coronaire identifie lâartĂšre responsable de lâinfarctus, le degrĂ© et la rĂ©partition de lâatteinte Ă©picardique, ainsi que la prĂ©sence dâune lĂ©sion occlusive ou subtotale. Environ 90 % des STEMI prĂ©sentent une occlusion totale du vaisseau responsable de lâinfarctus sur lâangiographie initiale, bien quâune fibrinolyse spontanĂ©e puisse survenir avant lâangiographie.
Lâangiographie peut sous-estimer une atteinte diffuse ou concentrique, notamment dans la vasculopathie du greffon cardiaque, qui touche les artĂšres Ă©picardiques proximales et les petites branches intramyocardiques. Elle est Ă©galement limitĂ©e pour caractĂ©riser la composition de la plaque et dĂ©finir le mĂ©canisme prĂ©cis de la thrombose.
En cas de suspicion dâischĂ©mie rĂ©cidivante aprĂšs une ICP, lâangiographie coronaire est la mĂ©thode la plus rapide pour en identifier la cause.
Tomographie par cohérence optique et échographie intravasculaire
La tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) prĂ©sente une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e pour dĂ©tecter un thrombus intraluminal et peut distinguer un thrombus rouge dâun thrombus blanc. Elle est plus sensible que lâĂ©chographie intravasculaire (IVUS) pour dĂ©tecter la rupture de la chape fibreuse et lâĂ©rosion de la plaque. LâOCT peut Ă©galement identifier des plaques vulnĂ©rables dans des lĂ©sions non coupables et dĂ©tecter une dissection coronaire spontanĂ©e.
Comme lâOCT peut contribuer Ă dĂ©finir le mĂ©canisme sous-jacent du SCA, elle pourrait avoir des implications pour le choix du traitement. Toutefois, lâutilisation dâun traitement spĂ©cifique du mĂ©canisme selon quâil sâagit dâune rupture ou dâune Ă©rosion de plaque reste un domaine en Ă©volution.
Angioscanner coronaire et tomographie par émission de positons
Lâangioscanner coronaire peut contribuer Ă lâĂ©valuation de la morphologie des plaques et, dans la vasculopathie du greffon cardiaque, fournit une alternative non invasive Ă lâangiographie invasive avec produit de contraste pour la surveillance. La tomographie par Ă©mission de positons peut apporter des informations sur la fonction microvasculaire dans ce contexte.
Ăchocardiographie
LâĂ©chocardiographie en urgence est particuliĂšrement importante lorsque le SCA se complique dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« ou dâun Ă©tat de choc. Elle Ă©value :
La fonction des ventricules gauche et droit.
Les anomalies de la cinétique segmentaire.
La fonction valvulaire.
Les complications mécaniques.
Le matĂ©riel fourni ne dĂ©taille pas les critĂšres Ă©chocardiographiques de vulnĂ©rabilitĂ© de la plaque ou dâocclusion aiguĂ«.
Biomarqueurs et résultats biologiques
La troponine cardiaque est le principal biomarqueur utilisĂ© pour distinguer lâangor instable du NSTEMI chez les patients sans sus-dĂ©calage du segment ST. Des symptĂŽmes ischĂ©miques sans sus-dĂ©calage du segment ST et sans biomarqueurs dĂ©tectables de lĂ©sion myocardique sont classĂ©s comme un angor instable ; en prĂ©sence dâune Ă©lĂ©vation de la troponine cardiaque, le diagnostic est celui dâun NSTEMI.
Les biomarqueurs cardiaques peuvent ĂȘtre Ă©levĂ©s avant ou aprĂšs lâĂ©volution de lâECG, mais les anomalies de la repolarisation prĂ©cĂšdent souvent lâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs. LâĂ©lĂ©vation de la troponine doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans son contexte clinique. Dans lâinsuffisance cardiaque aiguĂ«, une Ă©lĂ©vation de la troponine peut reflĂ©ter une lĂ©sion myocardique liĂ©e Ă lâinsuffisance cardiaque plutĂŽt quâune nĂ©crose myocardique due Ă une ischĂ©mie coronaire aiguĂ«.
AprÚs une ICP, de faibles élévations de la créatine phosphokinase ou de la troponine sont fréquentes et peuvent traduire une lésion myocardique procédurale. Seules des élévations importantes des enzymes, supérieures à 10 fois la limite supérieure de la normale, étaient associées dans le matériel fourni à un pronostic à long terme moins favorable.
Les autres déterminants biologiques ou biologiques pertinents comprennent :
Le fibrinogĂšne, qui peut influencer la formation du thrombus.
Le PAI-1, qui peut altérer la fibrinolyse.
Le facteur tissulaire et les microparticules porteuses de facteur tissulaire.
Les marqueurs inflammatoires systémiques tels que la protéine C réactive, qui augmentent chez les patients à risque de SCA.
Bien que les marqueurs inflammatoires et thrombotiques corroborent le caractĂšre systĂ©mique de lâinstabilitĂ© des plaques, le matĂ©riel ne dĂ©finit pas de seuils validĂ©s permettant de distinguer une rupture dâune Ă©rosion de plaque.
Traitement et prise en charge
Principes de la prise en charge initiale
La prise en charge est initialement dĂ©terminĂ©e par lâECG, la stabilitĂ© clinique, les signes biologiques de lĂ©sion myocardique et le mĂ©canisme suspectĂ© de lâobstruction coronaire. Un sus-dĂ©calage persistant du segment ST impose une reperfusion urgente, de prĂ©fĂ©rence interventionnelle lorsquâelle est disponible. La prise en charge des prĂ©sentations sans sus-dĂ©calage du segment ST dĂ©pend de lâĂ©valuation clinique et diagnostique globale.
Plusieurs plaques Ă haut risque pouvant coexister, le traitement doit prendre en compte Ă la fois la lĂ©sion coupable et lâenvironnement athĂ©rosclĂ©reux systĂ©mique. La revascularisation locale seule nâĂ©limine pas le risque liĂ© aux plaques non coupables.
Reperfusion et revascularisation
Les patients présentant un sus-décalage persistant du segment ST sont candidats à un traitement de reperfusion :
La reperfusion interventionnelle est privilĂ©giĂ©e lorsquâelle est disponible.
La reperfusion pharmacologique constitue une alternative lorsque le traitement interventionnel nâest pas disponible.
Les bĂ©nĂ©fices de la restauration du flux dĂ©pendent du dĂ©lai. La fonction contractile myocardique disparaĂźt rapidement aprĂšs lâocclusion coronaire, tandis que la viabilitĂ© commence Ă diminuer aprĂšs environ 20 minutes. La perte progressive de viabilitĂ© peut ĂȘtre complĂšte en 6â12 heures. La restauration prĂ©coce du flux peut prĂ©server le myocarde, bien que la reperfusion puisse elle-mĂȘme provoquer une lĂ©sion et que la rĂ©cupĂ©ration de la fonction contractile puisse ĂȘtre retardĂ©e en raison dâun Ă©tourdissement myocardique.
Lorsquâun SCA se complique dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« ou dâun choc cardiogĂ©nique, une angiographie coronaire invasive immĂ©diate est nĂ©cessaire. Les patients en choc cardiogĂ©nique doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s rapidement dans un centre dâICP pour angiographie et ICP de lâartĂšre responsable de lâinfarctus lorsque cela est indiquĂ©. Si lâanatomie ne permet pas une ICP, un pontage aortocoronaire en urgence est recommandĂ©.
Traitement antiplaquettaire et anticoagulant
Les traitements antiplaquettaire et anticoagulant amĂ©liorent le pronostic, car lâactivation plaquettaire et la coagulation jouent un rĂŽle central dans la formation du thrombus. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise ni les doses ni un schĂ©ma pharmacologique aigu complet.
AprĂšs lâimplantation dâun stent, la bithĂ©rapie antiplaquettaire associe lâaspirine Ă un inhibiteur du rĂ©cepteur plaquettaire P2Y12 tel que le clopidogrel, le prasugrel ou le ticagrĂ©lor. Lâinterruption prĂ©maturĂ©e, en particulier au cours du premier mois, augmente fortement le risque de thrombose du stent.
Traitement de lâinfarctus du ventricule droit
Un infarctus aigu du ventricule droit avec état de choc nécessite :
Un remplissage volémique prudent.
Une revascularisation précoce.
Le maintien de la synchronisation auriculoventriculaire.
Un support circulatoire mécanique dans les cas réfractaires.
Le ventricule droit peut récupérer efficacement sa fonction contractile aprÚs la reperfusion malgré une ischémie prolongée.
Insuffisance cardiaque aiguë et choc cardiogénique
La prise en charge nĂ©cessite un traitement coordonnĂ© du SCA et de lâinsuffisance cardiaque aiguĂ«. Selon lâĂ©tat clinique, le traitement peut comprendre :
Des diurétiques.
Des vasodilatateurs.
Des agents inotropes.
Des vasopresseurs.
Un support circulatoire mécanique chez certains patients.
Un support respiratoire invasif.
Une épuration extrarénale si nécessaire.
Lâutilisation systĂ©matique de la contrepulsion intra-aortique dans le choc cardiogĂ©nique associĂ© Ă un SCA nâa pas rĂ©duit la mortalitĂ© Ă 30 jours, 1 an ou 6 ans dans le matĂ©riel citĂ©. Le bĂ©nĂ©fice des dispositifs dâassistance circulatoire mĂ©canique percutanĂ©s et de lâoxygĂ©nation extracorporelle sur membrane en mode veinoartĂ©riel reste incertain. Des donnĂ©es observationnelles ont rapportĂ© une mortalitĂ© et des saignements plus Ă©levĂ©s avec lâassistance mĂ©canique microaxiale quâavec la contrepulsion intra-aortique ; la prudence est donc recommandĂ©e dans lâattente de nouvelles donnĂ©es randomisĂ©es.
Complications liĂ©es Ă lâICP et ischĂ©mie rĂ©cidivante
Les complications de lâICP comprennent :
Un thrombus occlusif aigu.
Une dissection coronaire sévÚre.
Une embolisation distale.
Une occlusion microvasculaire et un phénomÚne de no-reflow.
La fermeture dâune branche latĂ©rale.
Une perforation coronaire.
Une thrombose du stent.
Une resténose.
La thrombose du stent peut ĂȘtre aiguĂ«, subaiguĂ«, tardive ou trĂšs tardive. Son risque est rĂ©duit par un dĂ©ploiement complet du stent et une bithĂ©rapie antiplaquettaire appropriĂ©e. Lorsquâune ischĂ©mie rĂ©cidivante est suspectĂ©e aprĂšs une ICP, une Ă©valuation ECG immĂ©diate doit ĂȘtre suivie dâune angiographie coronaire lorsque celle-ci est indiquĂ©e.
Resténose et thrombose du stent
Le matériel fourni rapporte les fréquences approximatives de resténose suivantes au cours de la premiÚre année :
| Traitement | Fréquence approximative de resténose |
|---|---|
| Angioplastie au ballonnet seule | 20â50 % |
| Stent nu | 10â30 % |
| Stent actif | 5â15 % |
La restĂ©nose clinique est habituellement reconnue par la rĂ©apparition dâun angor ou dâautres symptĂŽmes dans les 12 mois. Plus rarement, elle se manifeste par un NSTEMI ou un STEMI. Le traitement comprend gĂ©nĂ©ralement une nouvelle ICP avec dilatation au ballonnet et implantation dâun autre stent actif. Les autres options en cas de restĂ©nose rĂ©cidivante symptomatique comprennent la curiethĂ©rapie, les ballonnets actifs et le pontage coronaire.
Une thrombose du stent survient dans environ 1â3 % des stents. Elle peut entraĂźner le dĂ©cĂšs chez 10â20 % des patients concernĂ©s et un infarctus du myocarde chez 30â70 %. Les stents actifs de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration prĂ©sentent des taux de thrombose tardive et trĂšs tardive infĂ©rieurs Ă ceux des dispositifs de premiĂšre gĂ©nĂ©ration.
Pour les stents, une bithĂ©rapie antiplaquettaire de 6 mois est recommandĂ©e dans le matĂ©riel fourni, avec prolongation du traitement Ă envisager selon les risques athĂ©rothrombotiques et hĂ©morragiques. AprĂšs une ICP pour SCA, un traitement dâune durĂ©e allant jusquâĂ 1 an doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©. Une chirurgie programmĂ©e nĂ©cessitant lâinterruption du traitement antiplaquettaire doit, si possible, ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusquâĂ au moins 3 mois et de prĂ©fĂ©rence 6 mois aprĂšs lâimplantation dâun stent actif.
Stabilisation systémique des plaques
La susceptibilitĂ© des plaques et lâinflammation Ă©tant diffuses, les patients concernĂ©s doivent recevoir un traitement systĂ©mique visant Ă stabiliser plusieurs lĂ©sions Ă haut risque. Le matĂ©riel fourni souligne que le traitement hypolipĂ©miant peut rĂ©duire les accumulations lipidiques intimales, interrompre la progression de la plaque ou induire sa rĂ©gression. Il ne prĂ©cise ni objectifs lipidiques, ni doses mĂ©dicamenteuses, ni schĂ©ma complet de prĂ©vention secondaire.
Recommandations fondées sur les lignes directrices
Le matériel étaye les principes suivants :
Utiliser lâECG Ă 12 dĂ©rivations comme examen central du triage initial. La persistance du sus-dĂ©calage du segment ST identifie les patients chez lesquels une reperfusion urgente doit ĂȘtre envisagĂ©e.
Utiliser la troponine cardiaque pour distinguer lâangor instable du NSTEMI lorsque les symptĂŽmes surviennent sans sus-dĂ©calage du segment ST.
RĂ©aliser une angiographie coronaire invasive immĂ©diate en cas de SCA compliquĂ© dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« ou dâun choc cardiogĂ©nique.
RĂ©aliser une Ă©chocardiographie ou une Ă©chographie pulmonaire en urgence chez ces patients afin dâĂ©valuer la fonction ventriculaire, la cinĂ©tique segmentaire, les valves et les complications mĂ©caniques.
TransfĂ©rer rapidement les patients en choc cardiogĂ©nique dans un centre dâICP pour angiographie et traitement de lâartĂšre responsable de lâinfarctus lorsque cela est appropriĂ©.
Recourir Ă un pontage aortocoronaire en urgence lorsque lâanatomie coronaire associĂ©e au choc ne permet pas une ICP.
ReconnaĂźtre la rupture de plaque, lâĂ©rosion, les nodules calcifiĂ©s, le spasme, la dissection, lâembolie et le dĂ©sĂ©quilibre entre les apports et les besoins en oxygĂšne comme des mĂ©canismes distincts, plutĂŽt que de supposer que tous les SCA rĂ©sultent du mĂȘme type de lĂ©sion.
Utiliser lâOCT lorsque la dĂ©termination du type de thrombus, dâune rupture de chape, dâune Ă©rosion ou dâune dissection coronaire spontanĂ©e peut influencer la prise en charge.
Administrer une bithĂ©rapie antiplaquettaire aprĂšs lâimplantation dâun stent, avec une durĂ©e individualisĂ©e selon les risques concurrents de thrombose et de saignement.
Ăviter lâinterruption prĂ©maturĂ©e de la bithĂ©rapie antiplaquettaire, en particulier au cours du premier mois suivant lâimplantation.
Recourir Ă un traitement systĂ©mique pour stabiliser lâatteinte coronaire dans son ensemble, car des plaques Ă haut risque coupables et non coupables peuvent coexister.
Pronostic et suivi
Déterminants de la lésion myocardique
LâĂ©tendue des lĂ©sions myocardiques dĂ©pend :
Du territoire vascularisĂ© par lâartĂšre occluse.
Du caractĂšre complet ou partiel de lâocclusion.
De la durĂ©e de lâocclusion.
Du flux sanguin collatéral.
Des besoins myocardiques en oxygĂšne.
De la possibilitĂ© dâune lyse spontanĂ©e du thrombus.
De la qualitĂ© de la perfusion aprĂšs rĂ©ouverture de lâartĂšre Ă©picardique.
De la prĂ©sence dâune maladie coronaire pluritronculaire ou diffuse.
Une grande Ă©tendue de myocarde Ă risque, une stĂ©nose initiale sĂ©vĂšre, une maladie pluritronculaire et une maladie coronaire diffuse augmentent le risque de collapsus hĂ©modynamique en cas dâĂ©chec de lâICP ou de complication procĂ©durale.
La taille de lâinfarctus est importante sur le plan pronostique. Une taille dâinfarctus plus importante est associĂ©e Ă des taux ultĂ©rieurs plus Ă©levĂ©s dâinsuffisance cardiaque et de mortalitĂ© ou dâhospitalisation toutes causes confondues.
Suivi aprĂšs une ICP
Le suivi doit comporter une évaluation à la recherche de :
La rĂ©apparition dâun angor ou dâautres symptĂŽmes ischĂ©miques.
La rĂ©cidive dâun SCA.
Une thrombose du stent.
Une resténose.
Une insuffisance cardiaque.
Une dysfonction ventriculaire.
Les consĂ©quences dâune lĂ©sion myocardique procĂ©durale.
Lâobservance de la bithĂ©rapie antiplaquettaire et du traitement systĂ©mique de stabilisation des plaques.
La rĂ©apparition de symptĂŽmes dans les 12 mois doit faire suspecter une restĂ©nose, bien quâune ischĂ©mie rĂ©cidivante puisse Ă©galement rĂ©sulter dâune thrombose du stent, dâune dissection rĂ©siduelle, de lâocclusion dâune branche latĂ©rale, dâun prolapsus de plaque ou dâune maladie coronaire non traitĂ©e.
Risque Ă long terme
Le risque de rĂ©cidive ne se limite pas Ă la lĂ©sion coupable traitĂ©e. Plusieurs plaques Ă haut risque et une inflammation Ă©tendue peuvent persister dans lâensemble de la circulation coronaire. La prise en charge Ă long terme nĂ©cessite donc une prĂ©vention systĂ©mique poursuivie, en complĂ©ment dâune revascularisation techniquement rĂ©ussie.
Le concept de vulnĂ©rabilitĂ© de la plaque conserve une valeur biologique, mais demeure imparfait sur le plan clinique. La prise en charge future pourrait intĂ©grer des biomarqueurs et des techniques dâimagerie capables de distinguer la rupture de lâĂ©rosion de plaque et dâidentifier le mĂ©canisme prĂ©dominant de lâischĂ©mie aiguĂ«. Dans le matĂ©riel fourni, ce traitement guidĂ© par le mĂ©canisme reste expĂ©rimental.