đŸš« PhĂ©nomĂšne de no-reflow au cours d’une intervention coronaire percutanĂ©e : prĂ©vention et traitement

Sommaire (25)

Définition et physiopathologie

Le no-reflow correspond Ă  une altĂ©ration de la perfusion myocardique antĂ©rograde malgrĂ© l’absence de stĂ©nose coronaire Ă©picardique limitant le dĂ©bit. Il s’agit donc d’un trouble de la perfusion de la microcirculation coronaire plutĂŽt que d’une obstruction persistante du segment Ă©picardique traitĂ©.

Le phĂ©nomĂšne survient dans environ 2 %–3 % de l’ensemble des procĂ©dures d’ICP. Il est particuliĂšrement associĂ© aux interventions sur des pontages saphĂšnes (SVG) dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, Ă  l’athĂ©rectomie rotationnelle et aux procĂ©dures rĂ©alisĂ©es pour infarctus aigu du myocarde. Lors d’une ICP sur SVG, les taux de slow-flow ou de no-reflow peuvent atteindre 15 %–20 %, dĂ©passant largement ceux observĂ©s lors d’une ICP sur artĂšre native.

Mécanismes

Le principal mĂ©canisme est l’embolisation distale de matĂ©riel athĂ©romateux et thrombotique. Une plaque ou un thrombus peut ĂȘtre mobilisĂ© par :

  • Gonflage d’un ballon

  • AthĂ©rectomie

  • Implantation d’un stent

  • Manipulation de lĂ©sions de SVG friables

Les dĂ©bris emboliques obstruent la microcirculation distale et peuvent s’accompagner d’une constriction microvasculaire ainsi que d’une lĂ©sion endothĂ©liale ou myocardique. Le traitement antithrombotique peut rĂ©duire l’embolisation de matĂ©riel thrombotique ou athĂ©roembolique, mais les stratĂ©gies pharmacologiques et mĂ©caniques spĂ©cifiquement dirigĂ©es contre la lĂ©sion de reperfusion n’ont gĂ©nĂ©ralement pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique suffisant pour ĂȘtre utilisĂ©es en routine.

Le no-reflow peut Ă©galement survenir en association avec d’autres complications procĂ©durales, notamment une embolisation distale, une dissection coronaire, une perforation ou une fermeture brutale. Les consĂ©quences cliniques dĂ©pendent fortement de la quantitĂ© de myocarde viable vascularisĂ©e par l’artĂšre atteinte. Une vaste zone myocardique menacĂ©e, une stĂ©nose initiale sĂ©vĂšre, une coronaropathie pluritronculaire et une maladie coronaire diffuse augmentent la probabilitĂ© d’un collapsus cardiovasculaire en cas d’échec de l’ICP ou de rĂ©duction sĂ©vĂšre du dĂ©bit.

Présentation clinique

Le no-reflow peut devenir manifeste pendant ou immĂ©diatement aprĂšs l’ICP. La prĂ©sentation clinique dĂ©pend de l’étendue de l’obstruction microvasculaire et du territoire vascularisĂ© par le vaisseau traitĂ©.

Les manifestations possibles comprennent :

  • IschĂ©mie myocardique persistante ou rĂ©cidivante

  • AltĂ©ration de la fonction ventriculaire

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique

  • Infarctus du myocarde pĂ©ri-procĂ©dural

  • Choc cardiogĂ©nique

  • ArrĂȘt cardiaque

La sĂ©vĂ©ritĂ© peut ĂȘtre disproportionnĂ©e par rapport Ă  l’aspect angiographique de l’artĂšre coronaire Ă©picardique traitĂ©e, car l’anomalie caractĂ©ristique est une perfusion distale inadĂ©quate en l’absence d’obstruction Ă©picardique rĂ©siduelle majeure.

Le no-reflow est associĂ© Ă  des issues dĂ©favorables graves Ă  court et Ă  long terme. Sa survenue est associĂ©e Ă  un risque environ cinq fois plus Ă©levĂ© d’IDM pĂ©ri-procĂ©dural et Ă  un risque de dĂ©cĂšs trois fois plus Ă©levĂ©.

Évaluation et reconnaissance per-procĂ©durale

La reconnaissance est principalement angiographique et clinique. Un no-reflow doit ĂȘtre suspectĂ© lorsque la perfusion coronaire distale reste rĂ©duite malgrĂ© le traitement efficace de la stĂ©nose Ă©picardique apparente et en l’absence d’obstruction limitant le dĂ©bit visible Ă  l’angiographie.

L’évaluation doit comprendre :

  • La confirmation que le segment Ă©picardique traitĂ© est correctement dĂ©ployĂ© et n’est pas sĂ©vĂšrement obstruĂ©.

  • L’exclusion d’une dissection coronaire compromettant la vraie lumiĂšre.

  • La recherche d’un thrombus, d’une embolisation distale, d’une fermeture brutale ou d’une perforation.

  • L’évaluation du dĂ©bit distal et de la perfusion myocardique.

  • La surveillance continue de l’ischĂ©mie, de la fonction ventriculaire, de la pression artĂ©rielle et des signes de choc.

Une dissection coronaire s’étendant Ă  la mĂ©dia ou Ă  l’adventice peut compromettre la vraie lumiĂšre et provoquer une ischĂ©mie. Un traumatisme liĂ© au cathĂ©ter-guide constitue un mĂ©canisme supplĂ©mentaire de dissection et d’altĂ©ration du dĂ©bit distal. Ces autres causes doivent ĂȘtre distinguĂ©es d’un no-reflow isolĂ©, car leur traitement peut nĂ©cessiter la mise en place immĂ©diate d’un stent ou une autre intervention procĂ©durale.

L’importance clinique de cette constatation est liĂ©e Ă  l’étendue du myocarde Ă  risque. Une occlusion ou une perfusion altĂ©rĂ©e dans un vaisseau vascularisant un vaste territoire viable est plus susceptible d’entraĂźner une dĂ©tĂ©rioration hĂ©modynamique rapide qu’une anomalie angiographique similaire touchant un territoire plus limitĂ©.

Diagnostic

Coronarographie

La coronarographie est la principale mĂ©thode diagnostique au cours de l’ICP. Le no-reflow est identifiĂ© par une perfusion antĂ©rograde rĂ©duite malgrĂ© l’absence de stĂ©nose limitant le dĂ©bit.

L’évaluation angiographique doit dĂ©terminer s’il existe :

  • Une restauration adĂ©quate de la lumiĂšre Ă©picardique

  • Une hypoperfusion distale persistante

  • Une embolisation distale

  • Un slow-flow

  • Une dissection rĂ©siduelle

  • Une obstruction liĂ©e au stent

  • Une perforation coronaire

Le phĂ©nomĂšne peut survenir aprĂšs une ICP par ailleurs techniquement rĂ©ussie. Lors d’une intervention sur SVG, la charge athĂ©romateuse Ă©levĂ©e et la friabilitĂ© de la lĂ©sion du pontage sont particuliĂšrement propices Ă  l’embolisation et Ă  l’obstruction microvasculaire distale.

Imagerie intravasculaire et méthodes complémentaires

Le document source ne fournit pas de recommandations spĂ©cifiques concernant l’échographie intravasculaire, la tomographie par cohĂ©rence optique ou d’autres mĂ©thodes d’imagerie pour le diagnostic ou la prise en charge du no-reflow. La tomographie par cohĂ©rence optique est dĂ©crite comme utile pour dĂ©tecter une nĂ©oathĂ©rosclĂ©rose aprĂšs implantation d’un stent, mais il s’agit d’un processus tardif liĂ© au stent et non d’une stratĂ©gie diagnostique du no-reflow aigu.

Électrocardiographie et Ă©chocardiographie

Le document source ne prĂ©cise pas les critĂšres ECG, les anomalies Ă©chocardiographiques ni les parcours diagnostiques non invasifs formalisĂ©s du no-reflow. En pratique clinique, cette situation doit nĂ©anmoins ĂȘtre envisagĂ©e en cas d’ischĂ©mie persistante ou de dĂ©tĂ©rioration hĂ©modynamique malgrĂ© la restauration de la lumiĂšre Ă©picardique.

Biomarqueurs et examens biologiques

Aucun seuil spĂ©cifique de biomarqueur ni critĂšre biologique du no-reflow n’est fourni. Comme le no-reflow est associĂ© Ă  une augmentation marquĂ©e du risque d’IDM pĂ©ri-procĂ©dural, une Ă©valuation sĂ©riĂ©e de la lĂ©sion myocardique peut ĂȘtre pertinente sur le plan clinique, mais le document source ne dĂ©finit ni valeurs particuliĂšres de biomarqueurs ni calendrier de dosage.

La fonction rĂ©nale est importante dans le choix d’une stratĂ©gie de revascularisation chez les patients prĂ©sentant un STEMI et une maladie pluritronculaire. En cas de choc cardiogĂ©nique, une ICP immĂ©diate multivaisseaux augmente le risque de dĂ©cĂšs ou de recours Ă  une Ă©puration extrarĂ©nale par rapport Ă  une ICP limitĂ©e Ă  l’artĂšre coupable. Cette considĂ©ration concerne la stratĂ©gie procĂ©durale plutĂŽt qu’un marqueur diagnostique du no-reflow.

Prévention

La prĂ©vention vise Ă  limiter l’embolisation distale, Ă  Ă©viter les traumatismes vasculaires inutiles et Ă  choisir une stratĂ©gie procĂ©durale appropriĂ©e.

Considérations relatives aux lésions et aux dispositifs

Le risque est accru en cas de :

  • SVG dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s

  • LĂ©sions comportant une charge athĂ©romateuse importante et friable

  • AthĂ©rectomie rotationnelle

  • Interventions pour infarctus aigu du myocarde

  • ProcĂ©dures impliquant un vaste territoire myocardique menacĂ©

Lors d’une ICP sur SVG, les stratĂ©gies susceptibles de rĂ©duire le slow-flow et le no-reflow comprennent :

  • La mise en place directe du stent plutĂŽt qu’une prĂ©dilatation systĂ©matique

  • Un dimensionnement appropriĂ© du stent, en Ă©vitant le surdimensionnement

  • L’utilisation de dispositifs de protection embolique lorsque cela est possible

Les dispositifs de protection embolique sont recommandĂ©s en classe I dans les recommandations ACC/AHA d’ICP de 2011 et en classe IIa dans les recommandations ESC/EACTS de 2018 pour l’ICP sur SVG.

StratĂ©gie d’abord vasculaire

L’abord radial est privilĂ©giĂ© pour l’ICP dans les syndromes coronariens aigus, car il rĂ©duit les saignements et les complications vasculaires par rapport Ă  l’abord fĂ©moral et est associĂ© Ă  une mortalitĂ© moindre. Il s’agit d’une recommandation gĂ©nĂ©rale de sĂ©curitĂ© procĂ©durale plutĂŽt que d’un traitement spĂ©cifique du no-reflow, mais elle est pertinente pour la prise en charge des ICP Ă  haut risque.

Traitement antithrombotique

Les patients présentant un STEMI aigu doivent recevoir un traitement anticoagulant et antiagrégant plaquettaire. Le choix des agents et la durée du traitement dépendent :

  • De la stratĂ©gie de reperfusion

  • Du risque ischĂ©mique

  • Du risque hĂ©morragique

  • Des comorbiditĂ©s

  • De l’existence d’une indication indĂ©pendante d’une anticoagulation au long cours, telle qu’une fibrillation atriale

Le traitement antithrombotique peut contribuer Ă  limiter l’embolisation thrombotique et Ă  prĂ©server l’intĂ©gritĂ© de la microcirculation. Toutefois, le document source ne fournit pas de schĂ©ma antithrombotique ni de calendrier posologique spĂ©cifique pour la prĂ©vention du no-reflow.

Thrombectomie par aspiration

La thrombectomie systĂ©matique par aspiration avant l’ICP primaire n’est pas recommandĂ©e. Elle fait l’objet d’une recommandation de classe III, les essais n’ayant montrĂ© aucune amĂ©lioration des critĂšres cardiovasculaires et suggĂ©rant une possible augmentation du risque d’AVC.

Stratégies contre la lésion de reperfusion

De nombreuses interventions ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es afin de rĂ©duire la lĂ©sion de reperfusion, notamment la modulation de la vasodilatation, de l’inflammation, de la permĂ©abilitĂ© mitochondriale et des voies de protection cellulaire. À l’exception du traitement antithrombotique, ces approches ne sont pas recommandĂ©es en pratique clinique courante sur la base des donnĂ©es prĂ©sentĂ©es.

Le conditionnement ischĂ©mique Ă  distance et le postconditionnement ont donnĂ© des rĂ©sultats discordants. Le conditionnement Ă  distance n’a pas rĂ©duit la mortalitĂ© cardiovasculaire ni les hospitalisations pour insuffisance cardiaque dans une vaste Ă©tude de STEMI traitĂ© par ICP primaire, et les donnĂ©es cliniques ne justifient pas l’adoption systĂ©matique de l’une ou l’autre de ces stratĂ©gies.

Traitement

Principes immédiats

Une fois le no-reflow reconnu, la prise en charge doit ĂȘtre entreprise en urgence, car des consĂ©quences sĂ©vĂšres peuvent apparaĂźtre rapidement. Les prioritĂ©s immĂ©diates sont les suivantes :

  • Confirmer le diagnostic par angiographie.

  • Exclure et corriger les causes mĂ©caniques d’altĂ©ration du dĂ©bit.

  • Évaluer l’importance du territoire myocardique menacĂ©.

  • Surveiller l’ischĂ©mie, la dĂ©faillance ventriculaire et le choc.

  • Administrer un vasodilatateur intracoronaire lorsque cela est appropriĂ©.

  • Mettre en place un soutien hĂ©modynamique et circulatoire en cas de dĂ©tĂ©rioration.

Exclusion des causes mécaniques

Le no-reflow ne doit pas ĂȘtre diagnostiquĂ© avant d’avoir recherchĂ© les principales causes Ă©picardiques d’altĂ©ration de la perfusion. Elles comprennent :

  • Une dissection rĂ©siduelle ou limitant le dĂ©bit

  • Une dissection provoquĂ©e par le cathĂ©ter-guide

  • Une obstruction liĂ©e au stent

  • Une embolisation distale

  • Une perforation coronaire

  • Une fermeture brutale du vaisseau

Une dissection rĂ©siduelle significative de l’artĂšre traitĂ©e est associĂ©e Ă  une augmentation du risque d’IDM post-procĂ©dural, de pontage coronaire urgent, de thrombose de stent et de mortalitĂ©. La mise en place rapide d’un stent permet de traiter la plupart des dissections per-procĂ©durales, bien que l’intervention appropriĂ©e dĂ©pende de l’anatomie et de l’importance de la compromission de la vraie lumiĂšre.

La perforation coronaire est rare, survenant dans environ 0,2 %–0,5 % des procĂ©dures d’ICP, mais elle peut entraĂźner une tamponnade et un collapsus hĂ©modynamique en quelques minutes. Un patient dont l’état se dĂ©tĂ©riore et qui prĂ©sente une altĂ©ration du dĂ©bit coronaire doit donc faire l’objet d’une recherche de perforation aussi bien que de no-reflow.

Vasodilatateurs intracoronaires

En cas de no-reflow, des vasodilatateurs artĂ©riels peuvent ĂȘtre administrĂ©s dans le vaisseau atteint, en particulier lors d’une ICP sur SVG. Les agents dĂ©crits comprennent :

  • Le nitroprussiate de sodium

  • Le vĂ©rapamil

  • L’adĂ©nosine

Ces mĂ©dicaments peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit vers la circulation coronaire native distale. Toutefois, mĂȘme si le dĂ©bit peut s’amĂ©liorer sur le plan angiographique, le risque de dĂ©cĂšs ou d’IDM reste considĂ©rablement accru. L’efficacitĂ© du traitement pharmacologique pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cliniques indĂ©sirables ultĂ©rieurs demeure incertaine.

Aucune dose spĂ©cifique n’est fournie dans le document source.

No-reflow sur pontage saphĂšne

L’ICP sur SVG nĂ©cessite une prudence particuliĂšre, car le pontage contient souvent une plaque Ă©tendue et friable, facilement embolisable. En cas de no-reflow, l’administration intracoronaire de nitroprussiate, de vĂ©rapamil ou d’adĂ©nosine peut amĂ©liorer le dĂ©bit distal.

La prĂ©vention est prĂ©fĂ©rable au traitement chaque fois que possible. La mise en place directe du stent, l’absence de surdimensionnement du stent et la protection embolique lorsqu’elle est possible sont mises en avant. La mise en place d’un stent est associĂ©e Ă  des taux de restĂ©nose plus faibles que l’angioplastie au ballon dans les lĂ©sions de SVG, bien que la supĂ©rioritĂ© relative des stents Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse par rapport aux stents nus dans l’ICP sur SVG soit moins certaine que dans les interventions coronaires sur artĂšres natives.

Soutien hémodynamique

Lorsque le no-reflow entraĂźne une dysfonction ventriculaire sĂ©vĂšre, une hypotension ou un choc, un traitement de soutien est nĂ©cessaire. Dans le STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique, la prise en charge comprend :

  • Une revascularisation prĂ©coce

  • Des agents vasoactifs

  • Un support circulatoire mĂ©canique si nĂ©cessaire

La revascularisation rapide de l’artĂšre responsable de l’infarctus est la seule stratĂ©gie thĂ©rapeutique fondĂ©e sur les preuves permettant de rĂ©duire la mortalitĂ© dans le choc cardiogĂ©nique dĂ» Ă  un IDM. Une ICP avec implantation d’un stent Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse dans l’artĂšre responsable de l’infarctus est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e lorsque cela est possible.

Chez les patients en choc cardiogĂ©nique prĂ©sentant une maladie pluritronculaire, une ICP limitĂ©e Ă  l’artĂšre coupable, avec une revascularisation Ă©tagĂ©e envisagĂ©e, est prĂ©fĂ©rable Ă  une ICP immĂ©diate multivaisseaux. Le traitement immĂ©diat des lĂ©sions non coupables augmente le risque de dĂ©cĂšs ou de recours Ă  une Ă©puration extrarĂ©nale et ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ© systĂ©matiquement au cours de la procĂ©dure initiale.

No-reflow dans le contexte de l’ICP multivaisseaux pour STEMI

La prĂ©sence d’un no-reflow doit renforcer le principe consistant Ă  limiter la procĂ©dure initiale au traitement de l’artĂšre responsable de l’infarctus lorsque le patient est instable ou en Ă©tat de choc. Chez les patients stables, une maladie significative d’une artĂšre non responsable de l’infarctus peut ĂȘtre traitĂ©e par une ICP Ă©tagĂ©e au cours de l’hospitalisation ou aprĂšs la sortie.

Les recommandations des sociétés savantes préconisent :

  • Une ICP Ă©tagĂ©e d’une lĂ©sion significative d’une artĂšre non responsable de l’infarctus chez des patients sĂ©lectionnĂ©s, hĂ©modynamiquement stables, aprĂšs une ICP primaire rĂ©ussie.

  • La possibilitĂ© d’une ICP d’une lĂ©sion non responsable de l’infarctus de faible complexitĂ© au cours de la procĂ©dure initiale chez des patients stables sĂ©lectionnĂ©s, en cas de revascularisation non compliquĂ©e du vaisseau coupable et de fonction rĂ©nale normale.

  • L’absence d’ICP systĂ©matique d’une artĂšre non responsable de l’infarctus au cours de la procĂ©dure initiale en cas de choc cardiogĂ©nique.

  • Le pontage coronaire programmĂ© comme option raisonnable chez certains patients stables prĂ©sentant une maladie pluritronculaire complexe des artĂšres non responsables de l’infarctus.

Aucune prĂ©fĂ©rence Ă©tablie n’existe entre une ICP immĂ©diate et une ICP Ă©tagĂ©e d’une artĂšre non responsable de l’infarctus chez les patients stables. Dans les donnĂ©es disponibles, l’ICP de l’artĂšre non responsable pendant l’hospitalisation ou aprĂšs la sortie a produit des effets thĂ©rapeutiques comparables, et le moment optimal n’a pas Ă©tĂ© Ă©tabli dans des essais de supĂ©rioritĂ© de taille suffisante.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations pertinentes pour la prévention et le traitement du no-reflow ainsi que du risque procédural associé sont résumées ci-dessous.

Problématique clinique Recommandation Classe ou statut
Abord radial lors d’une ICP pour syndrome coronaire aigu PrivilĂ©gier l’abord radial afin de rĂ©duire les saignements, les complications vasculaires et la mortalitĂ© RecommandĂ©
Protection embolique lors d’une ICP sur SVG L’utiliser lorsque cela est possible afin de rĂ©duire l’embolisation distale et le no-reflow Classe I dans les recommandations ACC/AHA d’ICP de 2011 ; classe IIa dans les recommandations ESC/EACTS de 2018
Mise en place directe d’un stent dans les lĂ©sions de SVG Peut rĂ©duire l’embolisation distale par rapport Ă  la prĂ©dilatation StratĂ©gie procĂ©durale prĂ©ventive
Dimensionnement du stent dans les lĂ©sions de SVG Éviter le surdimensionnement StratĂ©gie procĂ©durale prĂ©ventive
Vasodilatateurs intracoronaires en cas de no-reflow Ă©tabli Le nitroprussiate, le vĂ©rapamil ou l’adĂ©nosine peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit distal ; l’effet sur le dĂ©cĂšs ou l’IDM reste incertain L’utilisation est dĂ©crite, mais le bĂ©nĂ©fice clinique est dĂ©battu
Thrombectomie systématique par aspiration dans le STEMI Ne pas la réaliser systématiquement Classe III ; absence de bénéfice
Traitements de la lésion de reperfusion Le conditionnement ischémique à distance et le postconditionnement systématiques ne sont pas étayés Non recommandés en pratique courante
STEMI avec choc cardiogénique Réaliser une revascularisation précoce du vaisseau coupable ; utiliser un soutien vasoactif et/ou mécanique si nécessaire Stratégie thérapeutique fondamentale
ICP d’une artĂšre non coupable en cas de choc cardiogĂ©nique Éviter l’ICP systĂ©matique au cours de l’ICP primaire initiale Classe III : nocive
ICP Ă©tagĂ©e d’une artĂšre non coupable dans le STEMI stable RecommandĂ©e chez certains patients hĂ©modynamiquement stables aprĂšs une ICP primaire rĂ©ussie Classe I
ICP primaire dans le STEMI PrĂ©fĂ©rer l’ICP primaire Ă  la fibrinolyse lorsque le dĂ©lai prĂ©vu jusqu’à la mise en place du premier dispositif est infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  120 minutes ; la rĂ©aliser chez les patients se prĂ©sentant tardivement en cas d’ischĂ©mie persistante, d’insuffisance cardiaque ou de choc Classe I dans les circonstances indiquĂ©es

Complications et pronostic

Le no-reflow est un marqueur important du risque procédural et myocardique. Il est associé à :

  • Un risque environ cinq fois plus Ă©levĂ© d’IDM pĂ©ri-procĂ©dural

  • Un risque de dĂ©cĂšs environ trois fois plus Ă©levĂ©

  • La possibilitĂ© d’une dysfonction ventriculaire sĂ©vĂšre Ă  court terme

  • Un risque accru de collapsus hĂ©modynamique

  • Des issues dĂ©favorables Ă  court et Ă  long terme

Le pronostic dĂ©pend de la quantitĂ© de myocarde viable vascularisĂ©e par l’artĂšre atteinte, de la prĂ©sence d’une maladie pluritronculaire ou diffuse, de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose initiale, de la fonction ventriculaire et de la survenue Ă©ventuelle d’un choc cardiogĂ©nique.

Lors d’une ICP sur SVG, mĂȘme lorsque le traitement vasodilatateur restaure le dĂ©bit angiographique, le risque de dĂ©cĂšs ou d’IDM reste considĂ©rablement accru. Cela souligne que l’amĂ©lioration angiographique n’élimine pas nĂ©cessairement les implications pronostiques dĂ©favorables de l’obstruction microvasculaire.

Suivi

Le document source ne dĂ©finit pas de protocole spĂ©cifique de suivi aprĂšs un Ă©pisode de no-reflow. Le suivi doit donc ĂȘtre guidĂ© par l’évĂ©nement clinique associĂ©, notamment un IDM pĂ©ri-procĂ©dural, une dysfonction ventriculaire, une insuffisance cardiaque, un choc, des complications liĂ©es au stent ou la nĂ©cessitĂ© d’une revascularisation Ă©tagĂ©e.

Les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une ICP restent exposĂ©s Ă  des Ă©vĂ©nements cliniques ultĂ©rieurs liĂ©s Ă  :

  • Une restĂ©nose au site traitĂ©

  • Une thrombose de stent

  • La progression de l’athĂ©rosclĂ©rose sur d’autres sites

  • La rupture d’une plaque sur un site coronaire Ă©loignĂ©

La restĂ©nose clinique survient gĂ©nĂ©ralement au cours des 6–9 premiers mois suivant l’ICP. Un dĂ©cĂšs tardif ou un IDM liĂ© Ă  l’instabilitĂ© d’une plaque peut survenir Ă  tout moment aprĂšs l’intervention. Le risque est plus Ă©levĂ© chez les patients ĂągĂ©s, prĂ©sentant une altĂ©ration de la fonction ventriculaire gauche, une insuffisance cardiaque, une maladie pluritronculaire, une coronaropathie non accessible Ă  la revascularisation ou des comorbiditĂ©s sĂ©vĂšres.

La prise en charge au long cours doit comprendre un traitement antiagrĂ©gant plaquettaire individualisĂ©. L’aspirine est gĂ©nĂ©ralement poursuivie indĂ©finiment aprĂšs l’implantation d’un stent, et un antagoniste des rĂ©cepteurs P2Y12 doit idĂ©alement ĂȘtre poursuivi pendant 1 an aprĂšs l’implantation d’un stent Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse. Un traitement plus prolongĂ© peut rĂ©duire les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques, mais augmente les saignements, tandis que des durĂ©es plus courtes peuvent ĂȘtre envisagĂ©es chez les patients Ă  haut risque hĂ©morragique ou nĂ©cessitant une anticoagulation orale au long cours. Toute interruption du traitement antiagrĂ©gant plaquettaire doit ĂȘtre coordonnĂ©e avec l’opĂ©rateur ayant rĂ©alisĂ© l’ICP et limitĂ©e Ă  la durĂ©e acceptable la plus courte.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026