đŸš« PĂ©ricardite post-infarctus et syndrome de Dressler

Sommaire (34)

Définition et physiopathologie

La pĂ©ricardite post-infarctus regroupe deux complications de l’infarctus aigu du myocarde (IAM), distinctes sur les plans temporel et clinique :

  • PĂ©ricardite prĂ©coce associĂ©e Ă  l’infarctus, qui survient de quelques heures Ă  environ 4 jours aprĂšs l’infarctus et est habituellement transitoire.

  • PĂ©ricardite tardive post-infarctus aigu du myocarde, traditionnellement appelĂ©e syndrome de Dressler, qui constitue une manifestation du syndrome post-lĂ©sion cardiaque (SPCL).

Le SPCL est un terme gĂ©nĂ©rique qui inclut Ă©galement le syndrome post-pĂ©ricardiotomie et la pĂ©ricardite post-traumatique, notamment les cas liĂ©s aux interventions cardiovasculaires. Le syndrome de Dressler survient dĂ©sormais dans moins de 1 % des cas d’IAM et s’observe principalement aprĂšs des infarctus Ă©tendus et/ou une reperfusion retardĂ©e. Son apparition typique se situe 1–2 semaines aprĂšs l’IAM, bien que les descriptions du syndrome couvrent un intervalle plus large, d’environ 1–8 semaines.

La pathogenĂšse est prĂ©sumĂ©e ĂȘtre Ă  mĂ©diation immunitaire. Une lĂ©sion pĂ©ricardique, une nĂ©crose, une hĂ©morragie ou une incision pleurale peuvent exposer des antigĂšnes cardiaques et dĂ©clencher une rĂ©ponse inflammatoire. La prĂ©sence d’anticorps dirigĂ©s contre le tissu cardiaque, l’intervalle de latence de plusieurs semaines, l’amĂ©lioration sous traitement anti-inflammatoire et la tendance aux rĂ©cidives plaident toutes en faveur d’un mĂ©canisme immunopathologique. La cause prĂ©cise n’est toutefois pas totalement Ă©tablie.

À l’examen anatomopathologique, le syndrome de Dressler se caractĂ©rise gĂ©nĂ©ralement par une pĂ©ricardite fibrineuse localisĂ©e contenant des polynuclĂ©aires neutrophiles.

Distinction importante avec la rupture cardiaque subaiguë

Un Ă©panchement pĂ©ricardique post-IAM ne doit pas ĂȘtre automatiquement attribuĂ© au syndrome de Dressler. Un Ă©panchement pĂ©ricardique mesurant plus de 10 mm en tĂ©lĂ©diastole aprĂšs un IAM doit conduire Ă  rechercher une Ă©ventuelle rupture cardiaque subaiguĂ«, notamment lorsque l’épanchement apparaĂźt au dĂ©but de la pĂ©riode post-infarctus.

Présentation clinique et symptÎmes

Le syndrome clinique caractéristique comprend :

  • Malaise

  • FiĂšvre

  • Douleur pĂ©ricardique ou thoracique

  • Hyperleucocytose

  • ÉlĂ©vation de la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes

  • Épanchement pĂ©ricardique

La douleur pĂ©ricardique est souvent vive et pleurĂ©tique. Elle peut ĂȘtre exacerbĂ©e par l’inspiration, la toux, le dĂ©cubitus dorsal ou la dĂ©glutition et s’amĂ©liore typiquement en position assise, penchĂ© en avant. La douleur peut ĂȘtre rĂ©trosternale ou prĂ©cordiale gauche et irradier vers le cou, les bras ou l’épaule gauche. Elle peut parfois ĂȘtre constante et Ă©voquer une ischĂ©mie myocardique, ce qui complique le diagnostic chez un patient rĂ©cemment traitĂ© pour un IAM.

Une dyspnĂ©e peut survenir, notamment lorsque l’épanchement est important ou qu’apparaissent des consĂ©quences hĂ©modynamiques. Chez les patients prĂ©sentant une pĂ©ricardite compliquĂ©e d’une constriction, les symptĂŽmes et signes d’insuffisance cardiaque droite peuvent prĂ©dominer.

Les Ă©panchements pĂ©ricardiques associĂ©s Ă  la pĂ©ricardite post-infarctus sont gĂ©nĂ©ralement peu abondants. Un Ă©panchement d’apparition rapide ou volumineux est plus prĂ©occupant sur le plan clinique, car il peut entraĂźner une tamponnade cardiaque ou indiquer une autre complication post-IAM, notamment une rupture subaiguĂ«.

Évaluation et examen clinique

Le diagnostic de pĂ©ricardite est clinique et Ă©tayĂ© par des Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires. Un diagnostic certain nĂ©cessite une prĂ©sentation clinique compatible associĂ©e Ă  plus d’un critĂšre diagnostique supplĂ©mentaire.

Frottement péricardique

Un frottement pĂ©ricardique est un bruit superficiel, rĂąpeux, crissant, grinçant ou rugueux, produit par le contact entre les feuillets pĂ©ricardiques inflammatoires. Il peut comporter jusqu’à trois composantes par cycle cardiaque et s’entend souvent mieux en fin d’expiration, chez un patient assis et penchĂ© en avant.

La frĂ©quence de dĂ©tection d’un frottement varie selon les descriptions cliniques. Il peut ĂȘtre intermittent au cours de la maladie et, dans certaines sĂ©ries, ĂȘtre rapportĂ© chez jusqu’à environ un tiers des patients. Son absence n’exclut donc pas le diagnostic.

Signes Ă©vocateurs d’un Ă©panchement pĂ©ricardique

Un épanchement important peut entraßner :

  • Assourdissement des bruits du cƓur

  • Disparition du frottement pĂ©ricardique

  • Disparition du choc de pointe

  • Alternance Ă©lectrique Ă  l’ECG

La compression de la base du poumon gauche peut provoquer le signe d’Ewart, constituĂ© d’une zone de matitĂ©, d’une augmentation des vibrations vocales et d’une Ă©gophonie sous l’angle de l’omoplate gauche.

L’examen clinique doit Ă©galement rechercher une atteinte hĂ©modynamique. Le document source souligne l’importance d’identifier une tamponnade et les manifestations d’une insuffisance cardiaque droite, mais ne fournit pas d’algorithme dĂ©taillĂ© d’examen hĂ©modynamique.

CritĂšres diagnostiques

La pĂ©ricardite est dĂ©finie comme un syndrome pĂ©ricardique inflammatoire, avec ou sans Ă©panchement. Le diagnostic peut ĂȘtre Ă©tayĂ© par :

  • Une douleur thoracique pĂ©ricardique typique

  • Un frottement pĂ©ricardique

  • Un Ă©panchement pĂ©ricardique nouveau ou en aggravation

  • Des anomalies ECG caractĂ©ristiques

  • Une Ă©lĂ©vation des marqueurs inflammatoires ou une hyperleucocytose neutrophile

  • Une inflammation pĂ©ricardique au scanner ou Ă  l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiovasculaire (CMR)

Dans le contexte post-infarctus, ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en tenant compte du dĂ©lai d’apparition des symptĂŽmes, de la taille de l’infarctus, des antĂ©cĂ©dents de reperfusion, de la fonction ventriculaire et des caractĂ©ristiques de tout Ă©panchement.

Électrocardiographie

Aspect de péricardite aiguë

Dans la péricardite aiguë sans épanchement massif, les modifications ECG traduisent une inflammation sous-épicardique aiguë et peuvent évoluer en quatre stades :

  • Stade initial : sus-dĂ©calage diffus du segment ST, habituellement concave, intĂ©ressant plusieurs dĂ©rivations des membres et prĂ©cordiales, avec sous-dĂ©calage rĂ©ciproque principalement en aVR et parfois dans une autre dĂ©rivation droite. Un sous-dĂ©calage du segment PR peut ĂȘtre prĂ©sent et prĂ©cĂ©der les modifications du segment ST.

  • Normalisation des segments ST : les segments ST reviennent vers la ligne de base aprĂšs plusieurs jours.

  • Inversion des ondes T : les ondes T peuvent s’inverser aprĂšs la normalisation du segment ST.

  • Normalisation tardive : l’ECG peut redevenir normal au cours des semaines ou des mois suivants.

Le pĂ©ricarde lui-mĂȘme est Ă©lectriquement silencieux. Par consĂ©quent, les modifications ECG chez un patient prĂ©sentant une pĂ©ricardite impliquent une inflammation myocardique ou Ă©picardique associĂ©e et doivent faire envisager une atteinte myocardique.

Distinction entre péricardite et infarctus récidivant

La pĂ©ricardite peut provoquer un sus-dĂ©calage Ă©tendu du segment ST, mais l’aspect est gĂ©nĂ©ralement diffus et concave vers le haut, avec un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque limitĂ©. À l’inverse, l’infarctus provoque plus souvent un sus-dĂ©calage du segment ST convexe vers le haut, avec des modifications rĂ©ciproques plus marquĂ©es.

La distinction peut ĂȘtre difficile chez un patient ayant rĂ©cemment prĂ©sentĂ© un IAM, notamment lorsque les biomarqueurs myocardiques sont Ă©levĂ©s. Dans la pĂ©ricardite avec lĂ©sion myocardique Ă©picardique superficielle, l’élĂ©vation des biomarqueurs est gĂ©nĂ©ralement modeste par rapport Ă  l’étendue des modifications ECG, tandis que l’IAM entraĂźne habituellement une libĂ©ration plus importante de biomarqueurs.

Anomalies ECG liĂ©es Ă  l’épanchement

Les Ă©panchements importants peuvent provoquer une alternance Ă©lectrique. Les modifications du QRS sont gĂ©nĂ©ralement absentes, sauf lorsque l’épanchement est volumineux.

Imagerie

Échocardiographie transthoracique

L’échocardiographie transthoracique (ETT) est la principale modalitĂ© d’imagerie pour dĂ©tecter et caractĂ©riser un Ă©panchement pĂ©ricardique. Elle est non invasive, facilement disponible, adaptĂ©e Ă  l’utilisation au lit du patient et permet :

  • De confirmer la prĂ©sence de liquide pĂ©ricardique

  • D’estimer le volume de l’épanchement

  • D’évaluer sa rĂ©partition

  • De rechercher des consĂ©quences hĂ©modynamiques

  • D’évaluer la fonction des ventricules gauche et droit

En ETT bidimensionnelle, le liquide est visualisĂ© sous la forme d’un espace relativement anĂ©chogĂšne entre le pĂ©ricarde postĂ©rieur et l’épicarde du ventricule gauche et/ou entre le ventricule droit antĂ©rieur et le pĂ©ricarde pariĂ©tal.

Chez les patients prĂ©sentant un Ă©panchement post-IAM, une Ă©paisseur tĂ©lĂ©diastolique supĂ©rieure Ă  10 mm doit conduire Ă  rechercher une Ă©ventuelle rupture cardiaque subaiguĂ« plutĂŽt qu’à conclure Ă  un simple syndrome de Dressler.

Radiographie thoracique

Un Ă©panchement important peut augmenter la silhouette cardiaque et produire une configuration caractĂ©ristique en « bouteille d’eau ». La radiographie peut nĂ©anmoins ĂȘtre normale lorsque l’épanchement est de faible abondance.

Tomodensitométrie

Le scanner peut confirmer la prĂ©sence d’un liquide ou d’un Ă©paississement pĂ©ricardique et peut ĂȘtre supĂ©rieur Ă  l’échocardiographie pour identifier :

  • Des Ă©panchements cloisonnĂ©s

  • Un Ă©paississement pĂ©ricardique

  • Des masses pĂ©ricardiques

Le rehaussement aprĂšs injection de produit de contraste d’un pĂ©ricarde inflammatoire peut fournir un argument en faveur d’une inflammation active.

Imagerie par résonance magnétique cardiovasculaire

La CMR offre une caractĂ©risation tissulaire Ă  haute rĂ©solution et est particuliĂšrement utile lorsque le diagnostic est incertain ou lorsqu’une atteinte myocardique concomitante est suspectĂ©e. L’inflammation pĂ©ricardique peut ĂȘtre mise en Ă©vidence par :

  • Un ƓdĂšme pĂ©ricardique

  • Un rehaussement tardif pĂ©ricardique au gadolinium

  • Un rehaussement aprĂšs injection du pĂ©ricarde inflammatoire

La CMR peut Ă©galement prĂ©ciser l’étendue des lĂ©sions myocardiques aprĂšs un infarctus. Les zones d’infarctus prĂ©sentent un rehaussement tardif au gadolinium, car le gadolinium pĂ©nĂštre dans l’espace extracellulaire Ă©largi du myocarde lĂ©sĂ©, tandis que le myocarde normal prĂ©sente peu d’accumulation retardĂ©e du produit de contraste.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le profil biologique inflammatoire peut comprendre :

  • Une Ă©lĂ©vation de la protĂ©ine C-rĂ©active

  • Une Ă©lĂ©vation de la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes

  • Une hyperleucocytose neutrophile ou une autre forme d’hyperleucocytose

La protĂ©ine C-rĂ©active est Ă©levĂ©e chez une grande proportion de patients prĂ©sentant une pĂ©ricardite aiguĂ«, tandis que la VS et l’hyperleucocytose apportent des arguments supplĂ©mentaires.

Une Ă©lĂ©vation de la troponine peut survenir lorsque l’inflammation s’étend Ă  l’épicarde ou au myocarde. Dans une atteinte principalement pĂ©ricarditique, l’augmentation est gĂ©nĂ©ralement modeste par rapport Ă  celle observĂ©e dans l’IAM, malgrĂ© un sus-dĂ©calage potentiellement Ă©tendu du segment ST. Une Ă©lĂ©vation de la troponine doit donc conduire Ă  rechercher une atteinte myocardique plutĂŽt qu’à ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment.

Le document ne fournit pas de bilan biologique spécifique ni de seuil de biomarqueur pour le diagnostic du syndrome de Dressler.

Diagnostic différentiel et priorités diagnostiques

Les principaux problĂšmes diagnostiques aprĂšs un IAM sont les suivants :

Infarctus du myocarde récidivant ou en extension

La douleur pĂ©ricarditique et le sus-dĂ©calage diffus du segment ST peuvent Ă©voquer une ischĂ©mie rĂ©cidivante. La distribution et la morphologie des modifications ECG, l’importance de la libĂ©ration des biomarqueurs, les symptĂŽmes et les donnĂ©es d’imagerie doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es.

Rupture cardiaque subaiguë

Un Ă©panchement post-IAM important, notamment lorsqu’il dĂ©passe 10 mm en tĂ©lĂ©diastole, impose de rechercher une rupture subaiguĂ«. Cette distinction est essentielle, car un traitement dirigĂ© uniquement contre l’inflammation pourrait retarder la prise en charge d’une complication mĂ©canique.

Myopéricardite ou périmyocardite

Une pĂ©ricardite avec Ă©lĂ©vation des biomarqueurs myocardiques, mais sans nouvelle altĂ©ration focale ou diffuse de la fonction ventriculaire gauche, est appelĂ©e myopĂ©ricardite. Lorsque l’atteinte myocardique prĂ©domine, avec une nouvelle dysfonction ventriculaire gauche dans un contexte d’élĂ©vation des biomarqueurs et de signes pĂ©ricardiques, l’affection est appelĂ©e pĂ©rimyocardite. La prise en charge dĂ©pend de la composante prĂ©dominante : la myopĂ©ricardite est traitĂ©e comme une pĂ©ricardite, tandis que la pĂ©rimyocardite est traitĂ©e comme une myocardite.

Autres causes de syndrome post-lésion cardiaque

Le spectre plus large du SPCL comprend la pĂ©ricardite post-pĂ©ricardiotomie et la pĂ©ricardite post-traumatique. Les interventions cardiovasculaires, l’implantation de dispositifs et l’ablation d’arythmies sont de plus en plus reconnues comme des contextes de survenue de syndromes post-lĂ©sion cardiaque.

Traitement et prise en charge

Stratification initiale du risque

L’évaluation du risque doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dĂšs la premiĂšre prĂ©sentation, que celle-ci ait lieu aux urgences ou en consultation ambulatoire. Une hospitalisation est recommandĂ©e dans les cas Ă  haut risque. Les patients ne prĂ©sentant pas de facteurs de haut risque peuvent ĂȘtre pris en charge en ambulatoire, Ă  condition qu’un suivi rapprochĂ© soit organisĂ© dans un dĂ©lai de 1–2 semaines.

Les caractĂ©ristiques associĂ©es Ă  un risque accru d’étiologie non virale ou de complications comprennent :

Facteur de haut risque Signification clinique
FiÚvre >38°C Associée à un risque accru
DĂ©but subaigu Évoque une cause potentiellement non virale
Épanchement important >20 mm Ă  l’échocardiographie Risque accru de complications
Tamponnade cardiaque Nécessite une évaluation et une prise en charge urgentes
Absence de rĂ©ponse Ă  l’aspirine ou Ă  un AINS aprĂšs au moins 1 semaine Évoque un processus diffĂ©rent ou compliquĂ©
Myocardite associĂ©e NĂ©cessite une Ă©valuation de l’atteinte myocardique
ImmunodĂ©pression Risque accru d’évolution compliquĂ©e
Traitement anticoagulant oral Préoccupation accrue concernant les complications hémorragiques

Chez les patients post-IAM, le seuil de recours Ă  l’imagerie et Ă  l’observation doit ĂȘtre particuliĂšrement bas, car un Ă©panchement pĂ©ricardique peut traduire une rupture plutĂŽt qu’une inflammation.

Traitement anti-inflammatoire

Le traitement Ă©tabli du syndrome de Dressler est l’aspirine associĂ©e Ă  la colchicine.

L’aspirine peut ĂȘtre administrĂ©e Ă  la dose de 650 mg jusqu’à toutes les 4 heures, selon les besoins cliniques et la tolĂ©rance. Le document source ne prĂ©cise ni la dose ni la durĂ©e de la colchicine.

La rĂ©ponse clinique, les marqueurs inflammatoires, les symptĂŽmes, la fonction ventriculaire ainsi que le volume et l’impact hĂ©modynamique de l’épanchement doivent guider la poursuite de la prise en charge. La durĂ©e du traitement doit ĂȘtre individualisĂ©e en fonction de l’évolution clinique et Ă©chographique ; aucune durĂ©e spĂ©cifique de traitement du syndrome de Dressler n’est fournie.

Médicaments à éviter au début aprÚs un STEMI

Les glucocorticoĂŻdes et les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s autant que possible au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI chez les patients prĂ©sentant un syndrome de Dressler. Les prĂ©occupations mentionnĂ©es sont les suivantes :

  • AltĂ©ration de la cicatrisation de l’infarctus

  • Augmentation du risque de rupture ventriculaire

  • Augmentation des rĂ©sistances vasculaires coronaires

Cette prudence est particuliĂšrement importante lorsque le diagnostic n’a pas Ă©tĂ© clairement distinguĂ© d’une complication mĂ©canique post-infarctus.

Colchicine et prévention des récidives

La colchicine fait partie du traitement recommandĂ© du syndrome de Dressler. Plus gĂ©nĂ©ralement, la colchicine rĂ©duit la frĂ©quence des rĂ©cidives de pĂ©ricardite : une rĂ©cidive survient chez environ 20 %–30 % des patients non traitĂ©s par colchicine.

Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants, des rĂ©cidives multiples, une mauvaise rĂ©ponse au traitement conventionnel ou des signes d’un phĂ©notype inflammatoire peuvent nĂ©cessiter une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e. Les agents anti-interleukine 1 sont dĂ©sormais disponibles dans les pĂ©ricardites rĂ©cidivantes rĂ©pondant mal au traitement conventionnel, bien qu’aucun agent, aucune dose ni aucun algorithme thĂ©rapeutique spĂ©cifique du syndrome de Dressler ne soit fourni ici.

Prise en charge de l’épanchement et de la tamponnade

Le document souligne l’importance de l’évaluation Ă©chocardiographique de l’épanchement et de la reconnaissance de la tamponnade, mais ne fournit ni critĂšres procĂ©duraux ni protocole dĂ©taillĂ© de drainage. Un Ă©panchement d’apparition rapide ou volumineux nĂ©cessite une Ă©valuation urgente Ă  la recherche d’une tamponnade et d’une rupture subaiguĂ«.

Principes de prise en charge fondés sur les recommandations

Les principales recommandations pertinentes pour la péricardite post-infarctus et le syndrome de Dressler sont les suivantes :

  • Identifier la temporalitĂ© du syndrome. La pĂ©ricardite prĂ©coce associĂ©e Ă  l’infarctus survient dans les heures qui suivent l’infarctus et jusqu’à 4 jours aprĂšs ; la pĂ©ricardite tardive post-IAM, ou syndrome de Dressler, survient gĂ©nĂ©ralement 1–2 semaines aprĂšs l’IAM.

  • Rechercher une rupture en cas d’épanchement significatif. Un Ă©panchement post-IAM supĂ©rieur Ă  10 mm en tĂ©lĂ©diastole doit conduire Ă  rechercher une rupture cardiaque subaiguĂ«.

  • Recourir Ă  l’imagerie multimodale si nĂ©cessaire. L’ETT est l’examen de premiĂšre intention pour l’évaluation de l’épanchement et des ventricules ; le scanner et la CMR peuvent mieux caractĂ©riser un Ă©paississement, un cloisonnement, des masses et une inflammation pĂ©ricardique active.

  • Stratifier le risque dĂšs la prĂ©sentation. Les patients Ă  haut risque doivent ĂȘtre hospitalisĂ©s ; les patients Ă  faible risque nĂ©cessitent une réévaluation ambulatoire rapprochĂ©e dans un dĂ©lai de 1–2 semaines.

  • Traiter le syndrome de Dressler par aspirine et colchicine.

  • Éviter les AINS et les glucocorticoĂŻdes au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI en raison des prĂ©occupations concernant la cicatrisation de l’infarctus, la rupture ventriculaire et les rĂ©sistances vasculaires coronaires.

  • Évaluer l’atteinte myocardique en cas d’élĂ©vation de la troponine ou d’anomalies ECG. La distinction entre myopĂ©ricardite et pĂ©rimyocardite dĂ©termine si la prise en charge suit une stratĂ©gie de traitement de la pĂ©ricardite ou de la myocardite.

  • Individualiser la restriction de l’activitĂ© physique. Une myopĂ©ricardite inflammatoire active justifie une restriction de l’activitĂ© physique. La rĂ©mission clinique complĂšte doit comprendre la normalisation des symptĂŽmes, des biomarqueurs et de l’imagerie avant la reprise de l’exercice, avec une rĂ©introduction de l’activitĂ© adaptĂ©e Ă  chaque patient.

Pronostic et suivi

Évolution attendue

La pĂ©ricardite aiguĂ« entre habituellement en rĂ©mission clinique dans les 4–6 semaines suivant le traitement mĂ©dical. Environ 10 % des patients peuvent prĂ©senter des symptĂŽmes persistants sans rĂ©mission clinique ; cette forme est appelĂ©e pĂ©ricardite incessante et peut Ă©voluer vers une constriction en quelques mois.

La rĂ©cidive est la complication problĂ©matique la plus frĂ©quente. Elle survient chez environ 20 %–30 % des patients qui ne reçoivent pas de colchicine. Des rĂ©cidives multiples sont possibles, mais elles ne sont pas typiques d’une pĂ©ricardite virale prĂ©sumĂ©e non compliquĂ©e et doivent conduire Ă  rechercher une cause sous-jacente.

La mortalitĂ© globale intra-hospitaliĂšre de la pĂ©ricardite aiguĂ« est d’environ 1 %, bien que le risque puisse ĂȘtre plus Ă©levĂ© chez les patients ĂągĂ©s et chez ceux prĂ©sentant des co-infections sĂ©vĂšres. Le risque de pĂ©ricardite constrictive est faible aprĂšs une maladie prĂ©sumĂ©e virale ou idiopathique, intermĂ©diaire dans les causes Ă  mĂ©diation immunitaire et le SPCL, et plus Ă©levĂ© dans les pĂ©ricardites bactĂ©riennes.

Stratégie de suivi

Les patients pris en charge en ambulatoire doivent ĂȘtre réévaluĂ©s dans un dĂ©lai de 1–2 semaines. Le suivi doit réévaluer :

  • Les symptĂŽmes et l’état fonctionnel

  • La tempĂ©rature et les signes d’inflammation systĂ©mique

  • Le frottement pĂ©ricardique

  • L’évolution de l’ECG

  • Les biomarqueurs inflammatoires

  • Le volume de l’épanchement et son impact hĂ©modynamique par Ă©chocardiographie lorsque cela est cliniquement indiquĂ©

  • La fonction ventriculaire gauche lorsqu’une atteinte myocardique est suspectĂ©e

Un bilan diagnostique complĂ©mentaire est indiquĂ© en prĂ©sence de facteurs de haut risque, d’une Ă©volution atypique, d’une rĂ©ponse incomplĂšte au traitement anti-inflammatoire, d’anomalies persistantes des biomarqueurs ou d’une suspicion d’atteinte myocardique ou de complication mĂ©canique.

Chez les patients prĂ©sentant une inflammation myocardique et pĂ©ricardique associĂ©e, le suivi doit comprendre une Ă©valuation clinique, une analyse du rythme, des examens biologiques et une imagerie multimodale. La rĂ©mission complĂšte nĂ©cessite la disparition des symptĂŽmes et la normalisation de l’ECG, des biomarqueurs, des rĂ©sultats Ă©chocardiographiques et des anomalies en CMR lorsque ces modalitĂ©s Ă©taient initialement anormales.

ActivitĂ© physique et reprise de l’exercice

Une maladie inflammatoire active justifie une restriction de l’activitĂ© physique. En cas d’atteinte myocardique aiguĂ«, un repos complet est recommandĂ©, car l’exercice a Ă©tĂ© associĂ© Ă  des arythmies et Ă  une mort subite cardiaque. La reprise de l’activitĂ© ne doit pas reposer uniquement sur un dĂ©lai fixe ; elle doit suivre la confirmation individualisĂ©e de la rĂ©mission, comprenant la rĂ©cupĂ©ration clinique, biologique, rythmique et radiologique.

Points cliniques essentiels

  • Le syndrome de Dressler est une manifestation tardive post-IAM du SPCL, apparaissant gĂ©nĂ©ralement 1–2 semaines aprĂšs l’infarctus et survenant dĂ©sormais dans moins de 1 % des cas.

  • Le syndrome est prĂ©sumĂ© ĂȘtre Ă  mĂ©diation immunitaire et se manifeste typiquement par une fiĂšvre, un malaise, une douleur pĂ©ricardique, une hyperleucocytose, une Ă©lĂ©vation des marqueurs inflammatoires et un Ă©panchement pĂ©ricardique.

  • Un Ă©panchement post-IAM dĂ©passant 10 mm en tĂ©lĂ©diastole nĂ©cessite une Ă©valuation Ă  la recherche d’une rupture cardiaque subaiguĂ«.

  • L’ETT est la modalitĂ© d’imagerie de premiĂšre intention ; le scanner et la CMR apportent des informations complĂ©mentaires sur le liquide cloisonnĂ©, l’épaississement, les masses, l’ƓdĂšme et le rehaussement tardif au gadolinium.

  • Les modifications ECG peuvent ĂȘtre diffuses et Ă©vocatrices d’une pĂ©ricardite, mais les anomalies ECG impliquent une inflammation myocardique ou Ă©picardique associĂ©e.

  • Le traitement repose sur l’aspirine, notamment selon un schĂ©ma de 650 mg jusqu’à toutes les 4 heures, associĂ©e Ă  la colchicine.

  • Les AINS et les glucocorticoĂŻdes doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©vitĂ©s au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI.

  • Un suivi rapprochĂ© prĂ©coce est essentiel, car une rĂ©cidive, une inflammation persistante, une constriction, une tamponnade ou une atteinte myocardique peuvent compliquer l’évolution.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026