Définition et physiopathologie
La pĂ©ricardite post-infarctus regroupe deux complications de lâinfarctus aigu du myocarde (IAM), distinctes sur les plans temporel et clinique :
PĂ©ricardite prĂ©coce associĂ©e Ă lâinfarctus, qui survient de quelques heures Ă environ 4 jours aprĂšs lâinfarctus et est habituellement transitoire.
Péricardite tardive post-infarctus aigu du myocarde, traditionnellement appelée syndrome de Dressler, qui constitue une manifestation du syndrome post-lésion cardiaque (SPCL).
Le SPCL est un terme gĂ©nĂ©rique qui inclut Ă©galement le syndrome post-pĂ©ricardiotomie et la pĂ©ricardite post-traumatique, notamment les cas liĂ©s aux interventions cardiovasculaires. Le syndrome de Dressler survient dĂ©sormais dans moins de 1 % des cas dâIAM et sâobserve principalement aprĂšs des infarctus Ă©tendus et/ou une reperfusion retardĂ©e. Son apparition typique se situe 1â2 semaines aprĂšs lâIAM, bien que les descriptions du syndrome couvrent un intervalle plus large, dâenviron 1â8 semaines.
La pathogenĂšse est prĂ©sumĂ©e ĂȘtre Ă mĂ©diation immunitaire. Une lĂ©sion pĂ©ricardique, une nĂ©crose, une hĂ©morragie ou une incision pleurale peuvent exposer des antigĂšnes cardiaques et dĂ©clencher une rĂ©ponse inflammatoire. La prĂ©sence dâanticorps dirigĂ©s contre le tissu cardiaque, lâintervalle de latence de plusieurs semaines, lâamĂ©lioration sous traitement anti-inflammatoire et la tendance aux rĂ©cidives plaident toutes en faveur dâun mĂ©canisme immunopathologique. La cause prĂ©cise nâest toutefois pas totalement Ă©tablie.
Ă lâexamen anatomopathologique, le syndrome de Dressler se caractĂ©rise gĂ©nĂ©ralement par une pĂ©ricardite fibrineuse localisĂ©e contenant des polynuclĂ©aires neutrophiles.
Distinction importante avec la rupture cardiaque subaiguë
Un Ă©panchement pĂ©ricardique post-IAM ne doit pas ĂȘtre automatiquement attribuĂ© au syndrome de Dressler. Un Ă©panchement pĂ©ricardique mesurant plus de 10 mm en tĂ©lĂ©diastole aprĂšs un IAM doit conduire Ă rechercher une Ă©ventuelle rupture cardiaque subaiguĂ«, notamment lorsque lâĂ©panchement apparaĂźt au dĂ©but de la pĂ©riode post-infarctus.
Présentation clinique et symptÎmes
Le syndrome clinique caractéristique comprend :
Malaise
FiĂšvre
Douleur péricardique ou thoracique
Hyperleucocytose
ĂlĂ©vation de la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes
Ăpanchement pĂ©ricardique
La douleur pĂ©ricardique est souvent vive et pleurĂ©tique. Elle peut ĂȘtre exacerbĂ©e par lâinspiration, la toux, le dĂ©cubitus dorsal ou la dĂ©glutition et sâamĂ©liore typiquement en position assise, penchĂ© en avant. La douleur peut ĂȘtre rĂ©trosternale ou prĂ©cordiale gauche et irradier vers le cou, les bras ou lâĂ©paule gauche. Elle peut parfois ĂȘtre constante et Ă©voquer une ischĂ©mie myocardique, ce qui complique le diagnostic chez un patient rĂ©cemment traitĂ© pour un IAM.
Une dyspnĂ©e peut survenir, notamment lorsque lâĂ©panchement est important ou quâapparaissent des consĂ©quences hĂ©modynamiques. Chez les patients prĂ©sentant une pĂ©ricardite compliquĂ©e dâune constriction, les symptĂŽmes et signes dâinsuffisance cardiaque droite peuvent prĂ©dominer.
Les Ă©panchements pĂ©ricardiques associĂ©s Ă la pĂ©ricardite post-infarctus sont gĂ©nĂ©ralement peu abondants. Un Ă©panchement dâapparition rapide ou volumineux est plus prĂ©occupant sur le plan clinique, car il peut entraĂźner une tamponnade cardiaque ou indiquer une autre complication post-IAM, notamment une rupture subaiguĂ«.
Ăvaluation et examen clinique
Le diagnostic de pĂ©ricardite est clinique et Ă©tayĂ© par des Ă©lĂ©ments complĂ©mentaires. Un diagnostic certain nĂ©cessite une prĂ©sentation clinique compatible associĂ©e Ă plus dâun critĂšre diagnostique supplĂ©mentaire.
Frottement péricardique
Un frottement pĂ©ricardique est un bruit superficiel, rĂąpeux, crissant, grinçant ou rugueux, produit par le contact entre les feuillets pĂ©ricardiques inflammatoires. Il peut comporter jusquâĂ trois composantes par cycle cardiaque et sâentend souvent mieux en fin dâexpiration, chez un patient assis et penchĂ© en avant.
La frĂ©quence de dĂ©tection dâun frottement varie selon les descriptions cliniques. Il peut ĂȘtre intermittent au cours de la maladie et, dans certaines sĂ©ries, ĂȘtre rapportĂ© chez jusquâĂ environ un tiers des patients. Son absence nâexclut donc pas le diagnostic.
Signes Ă©vocateurs dâun Ă©panchement pĂ©ricardique
Un épanchement important peut entraßner :
Assourdissement des bruits du cĆur
Disparition du frottement péricardique
Disparition du choc de pointe
Alternance Ă©lectrique Ă lâECG
La compression de la base du poumon gauche peut provoquer le signe dâEwart, constituĂ© dâune zone de matitĂ©, dâune augmentation des vibrations vocales et dâune Ă©gophonie sous lâangle de lâomoplate gauche.
Lâexamen clinique doit Ă©galement rechercher une atteinte hĂ©modynamique. Le document source souligne lâimportance dâidentifier une tamponnade et les manifestations dâune insuffisance cardiaque droite, mais ne fournit pas dâalgorithme dĂ©taillĂ© dâexamen hĂ©modynamique.
CritĂšres diagnostiques
La pĂ©ricardite est dĂ©finie comme un syndrome pĂ©ricardique inflammatoire, avec ou sans Ă©panchement. Le diagnostic peut ĂȘtre Ă©tayĂ© par :
Une douleur thoracique péricardique typique
Un frottement péricardique
Un épanchement péricardique nouveau ou en aggravation
Des anomalies ECG caractéristiques
Une élévation des marqueurs inflammatoires ou une hyperleucocytose neutrophile
Une inflammation pĂ©ricardique au scanner ou Ă lâimagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiovasculaire (CMR)
Dans le contexte post-infarctus, ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en tenant compte du dĂ©lai dâapparition des symptĂŽmes, de la taille de lâinfarctus, des antĂ©cĂ©dents de reperfusion, de la fonction ventriculaire et des caractĂ©ristiques de tout Ă©panchement.
Ălectrocardiographie
Aspect de péricardite aiguë
Dans la péricardite aiguë sans épanchement massif, les modifications ECG traduisent une inflammation sous-épicardique aiguë et peuvent évoluer en quatre stades :
Stade initial : sus-dĂ©calage diffus du segment ST, habituellement concave, intĂ©ressant plusieurs dĂ©rivations des membres et prĂ©cordiales, avec sous-dĂ©calage rĂ©ciproque principalement en aVR et parfois dans une autre dĂ©rivation droite. Un sous-dĂ©calage du segment PR peut ĂȘtre prĂ©sent et prĂ©cĂ©der les modifications du segment ST.
Normalisation des segments ST : les segments ST reviennent vers la ligne de base aprĂšs plusieurs jours.
Inversion des ondes T : les ondes T peuvent sâinverser aprĂšs la normalisation du segment ST.
Normalisation tardive : lâECG peut redevenir normal au cours des semaines ou des mois suivants.
Le pĂ©ricarde lui-mĂȘme est Ă©lectriquement silencieux. Par consĂ©quent, les modifications ECG chez un patient prĂ©sentant une pĂ©ricardite impliquent une inflammation myocardique ou Ă©picardique associĂ©e et doivent faire envisager une atteinte myocardique.
Distinction entre péricardite et infarctus récidivant
La pĂ©ricardite peut provoquer un sus-dĂ©calage Ă©tendu du segment ST, mais lâaspect est gĂ©nĂ©ralement diffus et concave vers le haut, avec un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque limitĂ©. Ă lâinverse, lâinfarctus provoque plus souvent un sus-dĂ©calage du segment ST convexe vers le haut, avec des modifications rĂ©ciproques plus marquĂ©es.
La distinction peut ĂȘtre difficile chez un patient ayant rĂ©cemment prĂ©sentĂ© un IAM, notamment lorsque les biomarqueurs myocardiques sont Ă©levĂ©s. Dans la pĂ©ricardite avec lĂ©sion myocardique Ă©picardique superficielle, lâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs est gĂ©nĂ©ralement modeste par rapport Ă lâĂ©tendue des modifications ECG, tandis que lâIAM entraĂźne habituellement une libĂ©ration plus importante de biomarqueurs.
Anomalies ECG liĂ©es Ă lâĂ©panchement
Les Ă©panchements importants peuvent provoquer une alternance Ă©lectrique. Les modifications du QRS sont gĂ©nĂ©ralement absentes, sauf lorsque lâĂ©panchement est volumineux.
Imagerie
Ăchocardiographie transthoracique
LâĂ©chocardiographie transthoracique (ETT) est la principale modalitĂ© dâimagerie pour dĂ©tecter et caractĂ©riser un Ă©panchement pĂ©ricardique. Elle est non invasive, facilement disponible, adaptĂ©e Ă lâutilisation au lit du patient et permet :
De confirmer la présence de liquide péricardique
Dâestimer le volume de lâĂ©panchement
DâĂ©valuer sa rĂ©partition
De rechercher des conséquences hémodynamiques
DâĂ©valuer la fonction des ventricules gauche et droit
En ETT bidimensionnelle, le liquide est visualisĂ© sous la forme dâun espace relativement anĂ©chogĂšne entre le pĂ©ricarde postĂ©rieur et lâĂ©picarde du ventricule gauche et/ou entre le ventricule droit antĂ©rieur et le pĂ©ricarde pariĂ©tal.
Chez les patients prĂ©sentant un Ă©panchement post-IAM, une Ă©paisseur tĂ©lĂ©diastolique supĂ©rieure Ă 10 mm doit conduire Ă rechercher une Ă©ventuelle rupture cardiaque subaiguĂ« plutĂŽt quâĂ conclure Ă un simple syndrome de Dressler.
Radiographie thoracique
Un Ă©panchement important peut augmenter la silhouette cardiaque et produire une configuration caractĂ©ristique en « bouteille dâeau ». La radiographie peut nĂ©anmoins ĂȘtre normale lorsque lâĂ©panchement est de faible abondance.
Tomodensitométrie
Le scanner peut confirmer la prĂ©sence dâun liquide ou dâun Ă©paississement pĂ©ricardique et peut ĂȘtre supĂ©rieur Ă lâĂ©chocardiographie pour identifier :
Des épanchements cloisonnés
Un épaississement péricardique
Des masses péricardiques
Le rehaussement aprĂšs injection de produit de contraste dâun pĂ©ricarde inflammatoire peut fournir un argument en faveur dâune inflammation active.
Imagerie par résonance magnétique cardiovasculaire
La CMR offre une caractĂ©risation tissulaire Ă haute rĂ©solution et est particuliĂšrement utile lorsque le diagnostic est incertain ou lorsquâune atteinte myocardique concomitante est suspectĂ©e. Lâinflammation pĂ©ricardique peut ĂȘtre mise en Ă©vidence par :
Un ĆdĂšme pĂ©ricardique
Un rehaussement tardif péricardique au gadolinium
Un rehaussement aprÚs injection du péricarde inflammatoire
La CMR peut Ă©galement prĂ©ciser lâĂ©tendue des lĂ©sions myocardiques aprĂšs un infarctus. Les zones dâinfarctus prĂ©sentent un rehaussement tardif au gadolinium, car le gadolinium pĂ©nĂštre dans lâespace extracellulaire Ă©largi du myocarde lĂ©sĂ©, tandis que le myocarde normal prĂ©sente peu dâaccumulation retardĂ©e du produit de contraste.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Le profil biologique inflammatoire peut comprendre :
Une élévation de la protéine C-réactive
Une élévation de la vitesse de sédimentation des érythrocytes
Une hyperleucocytose neutrophile ou une autre forme dâhyperleucocytose
La protĂ©ine C-rĂ©active est Ă©levĂ©e chez une grande proportion de patients prĂ©sentant une pĂ©ricardite aiguĂ«, tandis que la VS et lâhyperleucocytose apportent des arguments supplĂ©mentaires.
Une Ă©lĂ©vation de la troponine peut survenir lorsque lâinflammation sâĂ©tend Ă lâĂ©picarde ou au myocarde. Dans une atteinte principalement pĂ©ricarditique, lâaugmentation est gĂ©nĂ©ralement modeste par rapport Ă celle observĂ©e dans lâIAM, malgrĂ© un sus-dĂ©calage potentiellement Ă©tendu du segment ST. Une Ă©lĂ©vation de la troponine doit donc conduire Ă rechercher une atteinte myocardique plutĂŽt quâĂ ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment.
Le document ne fournit pas de bilan biologique spécifique ni de seuil de biomarqueur pour le diagnostic du syndrome de Dressler.
Diagnostic différentiel et priorités diagnostiques
Les principaux problĂšmes diagnostiques aprĂšs un IAM sont les suivants :
Infarctus du myocarde récidivant ou en extension
La douleur pĂ©ricarditique et le sus-dĂ©calage diffus du segment ST peuvent Ă©voquer une ischĂ©mie rĂ©cidivante. La distribution et la morphologie des modifications ECG, lâimportance de la libĂ©ration des biomarqueurs, les symptĂŽmes et les donnĂ©es dâimagerie doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©es.
Rupture cardiaque subaiguë
Un Ă©panchement post-IAM important, notamment lorsquâil dĂ©passe 10 mm en tĂ©lĂ©diastole, impose de rechercher une rupture subaiguĂ«. Cette distinction est essentielle, car un traitement dirigĂ© uniquement contre lâinflammation pourrait retarder la prise en charge dâune complication mĂ©canique.
Myopéricardite ou périmyocardite
Une pĂ©ricardite avec Ă©lĂ©vation des biomarqueurs myocardiques, mais sans nouvelle altĂ©ration focale ou diffuse de la fonction ventriculaire gauche, est appelĂ©e myopĂ©ricardite. Lorsque lâatteinte myocardique prĂ©domine, avec une nouvelle dysfonction ventriculaire gauche dans un contexte dâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs et de signes pĂ©ricardiques, lâaffection est appelĂ©e pĂ©rimyocardite. La prise en charge dĂ©pend de la composante prĂ©dominante : la myopĂ©ricardite est traitĂ©e comme une pĂ©ricardite, tandis que la pĂ©rimyocardite est traitĂ©e comme une myocardite.
Autres causes de syndrome post-lésion cardiaque
Le spectre plus large du SPCL comprend la pĂ©ricardite post-pĂ©ricardiotomie et la pĂ©ricardite post-traumatique. Les interventions cardiovasculaires, lâimplantation de dispositifs et lâablation dâarythmies sont de plus en plus reconnues comme des contextes de survenue de syndromes post-lĂ©sion cardiaque.
Traitement et prise en charge
Stratification initiale du risque
LâĂ©valuation du risque doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dĂšs la premiĂšre prĂ©sentation, que celle-ci ait lieu aux urgences ou en consultation ambulatoire. Une hospitalisation est recommandĂ©e dans les cas Ă haut risque. Les patients ne prĂ©sentant pas de facteurs de haut risque peuvent ĂȘtre pris en charge en ambulatoire, Ă condition quâun suivi rapprochĂ© soit organisĂ© dans un dĂ©lai de 1â2 semaines.
Les caractĂ©ristiques associĂ©es Ă un risque accru dâĂ©tiologie non virale ou de complications comprennent :
| Facteur de haut risque | Signification clinique |
|---|---|
| FiÚvre >38°C | Associée à un risque accru |
| DĂ©but subaigu | Ăvoque une cause potentiellement non virale |
| Ăpanchement important >20 mm Ă lâĂ©chocardiographie | Risque accru de complications |
| Tamponnade cardiaque | Nécessite une évaluation et une prise en charge urgentes |
| Absence de rĂ©ponse Ă lâaspirine ou Ă un AINS aprĂšs au moins 1 semaine | Ăvoque un processus diffĂ©rent ou compliquĂ© |
| Myocardite associĂ©e | NĂ©cessite une Ă©valuation de lâatteinte myocardique |
| ImmunodĂ©pression | Risque accru dâĂ©volution compliquĂ©e |
| Traitement anticoagulant oral | Préoccupation accrue concernant les complications hémorragiques |
Chez les patients post-IAM, le seuil de recours Ă lâimagerie et Ă lâobservation doit ĂȘtre particuliĂšrement bas, car un Ă©panchement pĂ©ricardique peut traduire une rupture plutĂŽt quâune inflammation.
Traitement anti-inflammatoire
Le traitement Ă©tabli du syndrome de Dressler est lâaspirine associĂ©e Ă la colchicine.
Lâaspirine peut ĂȘtre administrĂ©e Ă la dose de 650 mg jusquâĂ toutes les 4 heures, selon les besoins cliniques et la tolĂ©rance. Le document source ne prĂ©cise ni la dose ni la durĂ©e de la colchicine.
La rĂ©ponse clinique, les marqueurs inflammatoires, les symptĂŽmes, la fonction ventriculaire ainsi que le volume et lâimpact hĂ©modynamique de lâĂ©panchement doivent guider la poursuite de la prise en charge. La durĂ©e du traitement doit ĂȘtre individualisĂ©e en fonction de lâĂ©volution clinique et Ă©chographique ; aucune durĂ©e spĂ©cifique de traitement du syndrome de Dressler nâest fournie.
Médicaments à éviter au début aprÚs un STEMI
Les glucocorticoĂŻdes et les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s autant que possible au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI chez les patients prĂ©sentant un syndrome de Dressler. Les prĂ©occupations mentionnĂ©es sont les suivantes :
AltĂ©ration de la cicatrisation de lâinfarctus
Augmentation du risque de rupture ventriculaire
Augmentation des résistances vasculaires coronaires
Cette prudence est particuliĂšrement importante lorsque le diagnostic nâa pas Ă©tĂ© clairement distinguĂ© dâune complication mĂ©canique post-infarctus.
Colchicine et prévention des récidives
La colchicine fait partie du traitement recommandĂ© du syndrome de Dressler. Plus gĂ©nĂ©ralement, la colchicine rĂ©duit la frĂ©quence des rĂ©cidives de pĂ©ricardite : une rĂ©cidive survient chez environ 20 %â30 % des patients non traitĂ©s par colchicine.
Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants, des rĂ©cidives multiples, une mauvaise rĂ©ponse au traitement conventionnel ou des signes dâun phĂ©notype inflammatoire peuvent nĂ©cessiter une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e. Les agents anti-interleukine 1 sont dĂ©sormais disponibles dans les pĂ©ricardites rĂ©cidivantes rĂ©pondant mal au traitement conventionnel, bien quâaucun agent, aucune dose ni aucun algorithme thĂ©rapeutique spĂ©cifique du syndrome de Dressler ne soit fourni ici.
Prise en charge de lâĂ©panchement et de la tamponnade
Le document souligne lâimportance de lâĂ©valuation Ă©chocardiographique de lâĂ©panchement et de la reconnaissance de la tamponnade, mais ne fournit ni critĂšres procĂ©duraux ni protocole dĂ©taillĂ© de drainage. Un Ă©panchement dâapparition rapide ou volumineux nĂ©cessite une Ă©valuation urgente Ă la recherche dâune tamponnade et dâune rupture subaiguĂ«.
Principes de prise en charge fondés sur les recommandations
Les principales recommandations pertinentes pour la péricardite post-infarctus et le syndrome de Dressler sont les suivantes :
Identifier la temporalitĂ© du syndrome. La pĂ©ricardite prĂ©coce associĂ©e Ă lâinfarctus survient dans les heures qui suivent lâinfarctus et jusquâĂ 4 jours aprĂšs ; la pĂ©ricardite tardive post-IAM, ou syndrome de Dressler, survient gĂ©nĂ©ralement 1â2 semaines aprĂšs lâIAM.
Rechercher une rupture en cas dâĂ©panchement significatif. Un Ă©panchement post-IAM supĂ©rieur Ă 10 mm en tĂ©lĂ©diastole doit conduire Ă rechercher une rupture cardiaque subaiguĂ«.
Recourir Ă lâimagerie multimodale si nĂ©cessaire. LâETT est lâexamen de premiĂšre intention pour lâĂ©valuation de lâĂ©panchement et des ventricules ; le scanner et la CMR peuvent mieux caractĂ©riser un Ă©paississement, un cloisonnement, des masses et une inflammation pĂ©ricardique active.
Stratifier le risque dĂšs la prĂ©sentation. Les patients Ă haut risque doivent ĂȘtre hospitalisĂ©s ; les patients Ă faible risque nĂ©cessitent une réévaluation ambulatoire rapprochĂ©e dans un dĂ©lai de 1â2 semaines.
Traiter le syndrome de Dressler par aspirine et colchicine.
Ăviter les AINS et les glucocorticoĂŻdes au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI en raison des prĂ©occupations concernant la cicatrisation de lâinfarctus, la rupture ventriculaire et les rĂ©sistances vasculaires coronaires.
Ăvaluer lâatteinte myocardique en cas dâĂ©lĂ©vation de la troponine ou dâanomalies ECG. La distinction entre myopĂ©ricardite et pĂ©rimyocardite dĂ©termine si la prise en charge suit une stratĂ©gie de traitement de la pĂ©ricardite ou de la myocardite.
Individualiser la restriction de lâactivitĂ© physique. Une myopĂ©ricardite inflammatoire active justifie une restriction de lâactivitĂ© physique. La rĂ©mission clinique complĂšte doit comprendre la normalisation des symptĂŽmes, des biomarqueurs et de lâimagerie avant la reprise de lâexercice, avec une rĂ©introduction de lâactivitĂ© adaptĂ©e Ă chaque patient.
Pronostic et suivi
Ăvolution attendue
La pĂ©ricardite aiguĂ« entre habituellement en rĂ©mission clinique dans les 4â6 semaines suivant le traitement mĂ©dical. Environ 10 % des patients peuvent prĂ©senter des symptĂŽmes persistants sans rĂ©mission clinique ; cette forme est appelĂ©e pĂ©ricardite incessante et peut Ă©voluer vers une constriction en quelques mois.
La rĂ©cidive est la complication problĂ©matique la plus frĂ©quente. Elle survient chez environ 20 %â30 % des patients qui ne reçoivent pas de colchicine. Des rĂ©cidives multiples sont possibles, mais elles ne sont pas typiques dâune pĂ©ricardite virale prĂ©sumĂ©e non compliquĂ©e et doivent conduire Ă rechercher une cause sous-jacente.
La mortalitĂ© globale intra-hospitaliĂšre de la pĂ©ricardite aiguĂ« est dâenviron 1 %, bien que le risque puisse ĂȘtre plus Ă©levĂ© chez les patients ĂągĂ©s et chez ceux prĂ©sentant des co-infections sĂ©vĂšres. Le risque de pĂ©ricardite constrictive est faible aprĂšs une maladie prĂ©sumĂ©e virale ou idiopathique, intermĂ©diaire dans les causes Ă mĂ©diation immunitaire et le SPCL, et plus Ă©levĂ© dans les pĂ©ricardites bactĂ©riennes.
Stratégie de suivi
Les patients pris en charge en ambulatoire doivent ĂȘtre réévaluĂ©s dans un dĂ©lai de 1â2 semaines. Le suivi doit réévaluer :
Les symptĂŽmes et lâĂ©tat fonctionnel
La tempĂ©rature et les signes dâinflammation systĂ©mique
Le frottement péricardique
LâĂ©volution de lâECG
Les biomarqueurs inflammatoires
Le volume de lâĂ©panchement et son impact hĂ©modynamique par Ă©chocardiographie lorsque cela est cliniquement indiquĂ©
La fonction ventriculaire gauche lorsquâune atteinte myocardique est suspectĂ©e
Un bilan diagnostique complĂ©mentaire est indiquĂ© en prĂ©sence de facteurs de haut risque, dâune Ă©volution atypique, dâune rĂ©ponse incomplĂšte au traitement anti-inflammatoire, dâanomalies persistantes des biomarqueurs ou dâune suspicion dâatteinte myocardique ou de complication mĂ©canique.
Chez les patients prĂ©sentant une inflammation myocardique et pĂ©ricardique associĂ©e, le suivi doit comprendre une Ă©valuation clinique, une analyse du rythme, des examens biologiques et une imagerie multimodale. La rĂ©mission complĂšte nĂ©cessite la disparition des symptĂŽmes et la normalisation de lâECG, des biomarqueurs, des rĂ©sultats Ă©chocardiographiques et des anomalies en CMR lorsque ces modalitĂ©s Ă©taient initialement anormales.
ActivitĂ© physique et reprise de lâexercice
Une maladie inflammatoire active justifie une restriction de lâactivitĂ© physique. En cas dâatteinte myocardique aiguĂ«, un repos complet est recommandĂ©, car lâexercice a Ă©tĂ© associĂ© Ă des arythmies et Ă une mort subite cardiaque. La reprise de lâactivitĂ© ne doit pas reposer uniquement sur un dĂ©lai fixe ; elle doit suivre la confirmation individualisĂ©e de la rĂ©mission, comprenant la rĂ©cupĂ©ration clinique, biologique, rythmique et radiologique.
Points cliniques essentiels
Le syndrome de Dressler est une manifestation tardive post-IAM du SPCL, apparaissant gĂ©nĂ©ralement 1â2 semaines aprĂšs lâinfarctus et survenant dĂ©sormais dans moins de 1 % des cas.
Le syndrome est prĂ©sumĂ© ĂȘtre Ă mĂ©diation immunitaire et se manifeste typiquement par une fiĂšvre, un malaise, une douleur pĂ©ricardique, une hyperleucocytose, une Ă©lĂ©vation des marqueurs inflammatoires et un Ă©panchement pĂ©ricardique.
Un Ă©panchement post-IAM dĂ©passant 10 mm en tĂ©lĂ©diastole nĂ©cessite une Ă©valuation Ă la recherche dâune rupture cardiaque subaiguĂ«.
LâETT est la modalitĂ© dâimagerie de premiĂšre intention ; le scanner et la CMR apportent des informations complĂ©mentaires sur le liquide cloisonnĂ©, lâĂ©paississement, les masses, lâĆdĂšme et le rehaussement tardif au gadolinium.
Les modifications ECG peuvent ĂȘtre diffuses et Ă©vocatrices dâune pĂ©ricardite, mais les anomalies ECG impliquent une inflammation myocardique ou Ă©picardique associĂ©e.
Le traitement repose sur lâaspirine, notamment selon un schĂ©ma de 650 mg jusquâĂ toutes les 4 heures, associĂ©e Ă la colchicine.
Les AINS et les glucocorticoĂŻdes doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©vitĂ©s au cours des 4 premiĂšres semaines suivant un STEMI.
Un suivi rapprochĂ© prĂ©coce est essentiel, car une rĂ©cidive, une inflammation persistante, une constriction, une tamponnade ou une atteinte myocardique peuvent compliquer lâĂ©volution.