đŸš« ObĂ©sitĂ© et maladies cardiovasculaires : Ă©valuation et traitement

Sommaire (20)

Définition et physiopathologie

L’obĂ©sitĂ© est une maladie chronique, rĂ©cidivante et biologiquement complexe, caractĂ©risĂ©e par une accumulation excessive de tissu adipeux. Elle constitue une cause importante de maladies cardiovasculaires (MCV), d’agrĂ©gation des facteurs de risque cardiovasculaire, d’incapacitĂ© et de mortalitĂ© prĂ©maturĂ©e. Les affections cardiovasculaires associĂ©es Ă  l’obĂ©sitĂ© comprennent l’hypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, la maladie coronarienne (MC), l’athĂ©rosclĂ©rose, l’insuffisance cardiaque (IC), la fibrillation atriale et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

En pratique clinique, l’obĂ©sitĂ© est classiquement dĂ©finie par un indice de masse corporelle (IMC) ≄30 kg/m2. L’obĂ©sitĂ© sĂ©vĂšre est gĂ©nĂ©ralement dĂ©finie par un IMC ≄35 kg/m2, tandis qu’un IMC ≄50 kg/m2 a Ă©tĂ© qualifiĂ© d’obĂ©sitĂ© super-morbide. Les catĂ©gories d’IMC sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.

Statut pondĂ©ral IMC (kg/m2) Classe d’obĂ©sitĂ© Risque de maladie
Insuffisance pondĂ©rale <18.5 — —
Poids normal 18.5–24.9 — —
Surpoids 25.0–29.9 — Accru
ObĂ©sitĂ© 30.0–34.9 I ÉlevĂ©
ObĂ©sitĂ© 35.0–39.9 II TrĂšs Ă©levĂ©
ObĂ©sitĂ© extrĂȘme ≄40 III ExtrĂȘmement Ă©levĂ©

L’IMC est utile pour le dĂ©pistage et l’estimation du risque Ă  l’échelle populationnelle, mais il ne caractĂ©rise ni la composition corporelle, ni la rĂ©partition de la masse grasse, ni la masse musculaire squelettique, ni la condition physique, ni l’état de santĂ© individuel. En particulier, il ne permet pas de distinguer le tissu adipeux de la masse maigre. Le tour de taille et le rapport taille-hanches fournissent des informations supplĂ©mentaires sur l’adipositĂ© viscĂ©rale et peuvent ĂȘtre davantage corrĂ©lĂ©s au pronostic que l’IMC, notamment chez les femmes.

Pour les populations europĂ©ennes, un tour de taille supĂ©rieur Ă  94 cm chez l’homme ou Ă  80 cm chez la femme est considĂ©rĂ© comme Ă©vocateur d’obĂ©sitĂ© ou d’un excĂšs d’adipositĂ© abdominale. Des seuils spĂ©cifiques selon l’origine ethnique sont plus bas ou modifiĂ©s dans certaines populations.

Mécanismes cardiométaboliques

La graisse viscĂ©rale et la graisse ectopique sont particuliĂšrement importantes pour le risque cardiovasculaire. L’excĂšs de tissu adipeux favorise :

  • Une inflammation systĂ©mique chronique de faible intensitĂ©

  • Une insulinorĂ©sistance

  • Une signalisation anormale des adipokines

  • Un dysfonctionnement endothĂ©lial

  • Une dyslipidĂ©mie

  • Un Ă©tat prothrombotique

  • Une albuminurie et une diminution du dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ©

  • Le dĂ©veloppement d’un diabĂšte de type 2

  • Des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires athĂ©rosclĂ©reux

  • L’IC et la fibrillation atriale

L’obĂ©sitĂ© agit donc Ă  la fois comme un facteur de risque cardiovasculaire indĂ©pendant et comme un facteur favorisant l’hypertension artĂ©rielle, le diabĂšte, la dyslipidĂ©mie et l’inflammation systĂ©mique. Elle est Ă©galement associĂ©e Ă  des troubles respiratoires, notamment le syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil (SAOS) et le syndrome d’hypoventilation-obĂ©sitĂ©, qui augmentent encore la charge cardiovasculaire.

L’obĂ©sitĂ© peut constituer une cause particuliĂšrement importante d’IC Ă  fraction d’éjection prĂ©servĂ©e (ICFEp). Les patients obĂšses atteints d’ICFEp peuvent prĂ©senter des caractĂ©ristiques physiopathologiques diffĂ©rentes de celles des patients non obĂšses, et l’obĂ©sitĂ© complique l’évaluation de la volĂ©mie intravasculaire en consultation comme en hospitalisation.

Présentation clinique et symptÎmes

L’obĂ©sitĂ© elle-mĂȘme peut ĂȘtre asymptomatique, mais son expression clinique est souvent dĂ©terminĂ©e par les complications cardiovasculaires, respiratoires, mĂ©taboliques, musculosquelettiques et psychologiques associĂ©es. Les symptĂŽmes et affections devant conduire Ă  une Ă©valuation comprennent :

  • Hypertension artĂ©rielle

  • DyspnĂ©e

  • IntolĂ©rance Ă  l’effort

  • IC congestive

  • MC

  • Palpitations ou suspicion de fibrillation atriale

  • SAOS ou symptĂŽmes diurnes Ă©vocateurs de troubles respiratoires du sommeil

  • Hypoventilation

  • ƒdĂšmes pĂ©riphĂ©riques ou maladie veineuse

  • MobilitĂ© rĂ©duite

  • Arthrose et lombalgies

  • SymptĂŽmes de diabĂšte de type 2 ou de syndrome mĂ©tabolique

  • DĂ©pression, faible estime de soi ou perturbation de l’image corporelle

Le nombre et la gravitĂ© des complications liĂ©es Ă  l’obĂ©sitĂ© augmentent gĂ©nĂ©ralement avec le degrĂ© d’obĂ©sitĂ©. NĂ©anmoins, l’IMC seul ne dĂ©finit pas le risque cardiovasculaire individuel. La capacitĂ© cardiorespiratoire, la masse musculaire squelettique et la rĂ©partition du tissu adipeux influencent de maniĂšre importante le pronostic.

Obésité et insuffisance cardiaque

L’obĂ©sitĂ© augmente le risque d’IC et est frĂ©quente chez les patients prĂ©sentant une IC avĂ©rĂ©e, en particulier une ICFEp. L’évaluation de la congestion peut ĂȘtre difficile, car les signes physiques et les concentrations de peptides natriurĂ©tiques peuvent ĂȘtre modifiĂ©s par l’adipositĂ©.

Un « paradoxe de l’obĂ©sitĂ© » a Ă©tĂ© dĂ©crit dans l’IC : les patients en surpoids ou prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e peuvent avoir un pronostic plus favorable que les patients plus minces ou en insuffisance pondĂ©rale. Cette observation est complexe et ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme indiquant que l’obĂ©sitĂ© est protectrice. Cette relation est influencĂ©e par le diabĂšte, la composition corporelle, la masse musculaire squelettique et la capacitĂ© cardiorespiratoire. Le paradoxe apparent n’est pas observĂ© de maniĂšre constante chez les patients diabĂ©tiques, et les patients obĂšses ayant une masse musculaire prĂ©servĂ©e peuvent avoir un meilleur pronostic que les patients obĂšses prĂ©sentant une sarcopĂ©nie.

Évaluation et examen clinique

Tous les adultes doivent faire l’objet d’un dĂ©pistage de l’obĂ©sitĂ© et se voir proposer des conseils hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques intensifs, notamment des interventions comportementales destinĂ©es Ă  favoriser une perte pondĂ©rale durable. L’évaluation doit ĂȘtre structurĂ©e autour de quatre domaines :

  • Une anamnĂšse ciblĂ©e

  • Un examen anthropomĂ©trique et clinique

  • L’identification des complications et des comorbiditĂ©s

  • La disposition et la capacitĂ© Ă  s’engager dans une prise en charge pondĂ©rale

AnamnĂšse ciblĂ©e sur l’obĂ©sitĂ©

L’entretien doit ĂȘtre menĂ© avec tact, car la terminologie relative au poids corporel peut ĂȘtre vĂ©cue comme stigmatisante. Des termes neutres tels que « poids », « excĂšs pondĂ©ral », « IMC » ou « poids dĂ©favorable pour la santĂ© » peuvent ĂȘtre prĂ©fĂ©rables Ă  un langage pĂ©joratif.

L’anamnùse doit rechercher :

  • Les facteurs contribuant Ă  la prise de poids

  • L’effet du poids sur la santĂ© cardiovasculaire et gĂ©nĂ©rale

  • Le risque actuel et futur associĂ© Ă  l’adipositĂ©

  • Les difficultĂ©s rencontrĂ©es dans la prise en charge pondĂ©rale

  • Les objectifs et attentes dĂ©finis par le patient

  • La motivation Ă  commencer un traitement

  • Le type de soutien nĂ©cessaire

L’enquĂȘte alimentaire doit rechercher les habitudes comportant des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, des fĂ©culents, des sucres et des viandes transformĂ©es, ainsi que les possibilitĂ©s d’augmenter la consommation de fruits, de lĂ©gumes, de fruits Ă  coque, de poisson, d’huiles vĂ©gĂ©tales et de cĂ©rĂ©ales complĂštes. L’activitĂ© physique, la sĂ©dentaritĂ© et la condition physique doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es indĂ©pendamment de l’IMC, car la condition physique est un prĂ©dicteur important de la mortalitĂ© toutes causes.

L’évaluation du sommeil doit porter sur sa rĂ©gularitĂ©, sa durĂ©e, son efficacitĂ© et la satisfaction ressentie. La privation de sommeil est associĂ©e Ă  des perturbations de la rĂ©gulation de l’appĂ©tit, de l’activitĂ© du systĂšme nerveux sympathique, de la sensibilitĂ© Ă  l’insuline et du rythme circadien. Le stress et l’activation de l’axe corticosurrĂ©nalien peuvent Ă©galement contribuer Ă  la prise de poids et Ă  des comportements alimentaires dĂ©favorables.

Causes secondaires et causes médicamenteuses

La plupart des cas d’obĂ©sitĂ© sont favorisĂ©s par l’interaction de facteurs biopsychosociaux et comportementaux, mais l’anamnĂšse peut orienter vers des causes secondaires nĂ©cessitant une Ă©valuation complĂ©mentaire. Il s’agit notamment de :

  • Syndrome des ovaires polykystiques

  • HypothyroĂŻdie

  • Syndrome de Cushing

  • Affection hypothalamique

Une prise de poids liĂ©e aux mĂ©dicaments doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e. Les classes mĂ©dicamenteuses rapportĂ©es comprennent :

  • Insuline, sulfamides hypoglycĂ©miants et thiazolidinediones

  • Hormones stĂ©roĂŻdiennes

  • Clozapine, olanzapine et rispĂ©ridone

  • Lithium

  • AntidĂ©presseurs tricycliques, inhibiteurs de la monoamine oxydase, paroxĂ©tine et mirtazapine

  • Valproate, gabapentine et carbamazĂ©pine

Les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens et les inhibiteurs calciques peuvent provoquer des ƓdĂšmes pĂ©riphĂ©riques, mais le document source les distingue d’une augmentation de la masse grasse.

Anthropométrie

Le poids, la taille et l’IMC doivent ĂȘtre relevĂ©s lors des consultations de prĂ©vention cardiovasculaire. L’IMC est calculĂ© en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mĂštres au carrĂ©. Le tour de taille doit ĂȘtre mesurĂ© comme marqueur indirect du tissu adipeux viscĂ©ral, dans le plan horizontal au-dessus de la crĂȘte iliaque, en particulier chez les personnes ayant un IMC ≀35 kg/m2.

Groupe ethnique Hommes Femmes
Européens >94 cm >80 cm
Asiatiques du Sud et Chinois >90 cm >80 cm
Japonais >85 cm >90 cm
populations d’AmĂ©rique du Sud et d’AmĂ©rique centrale Utiliser les seuils applicables aux Asiatiques du Sud Utiliser les seuils applicables aux Asiatiques du Sud
Africains subsahariens Utiliser les seuils européens Utiliser les seuils européens
Populations de Méditerranée orientale et du Moyen-Orient Utiliser les seuils européens Utiliser les seuils européens

La capacitĂ© cardiorespiratoire doit ĂȘtre prise en compte parallĂšlement Ă  l’IMC et Ă  la composition corporelle. La consommation maximale d’oxygĂšne ajustĂ©e uniquement sur le poids corporel total peut sous-estimer la capacitĂ© d’effort en cas d’obĂ©sitĂ© ; un ajustement sur la masse maigre est prĂ©fĂ©rable pour la stratification du risque.

Évaluation des complications

L’évaluation doit ĂȘtre guidĂ©e par les symptĂŽmes, les facteurs de risque et la suspicion clinique. Les complications cardiovasculaires et respiratoires pertinentes comprennent :

  • Hypertension artĂ©rielle

  • MC

  • IC

  • Fibrillation atriale

  • CƓur pulmonaire

  • Embolie pulmonaire

  • DyspnĂ©e

  • SAOS

  • Syndrome d’hypoventilation-obĂ©sitĂ©

  • Asthme

Les autres affections associĂ©es comprennent le diabĂšte de type 2, le syndrome mĂ©tabolique, la dyslipidĂ©mie, la stĂ©atopathie hĂ©patique associĂ©e Ă  un dysfonctionnement mĂ©tabolique, l’arthrose, les maladies veineuses, la dĂ©pression et la limitation de la mobilitĂ©.

Disposition au changement

Le traitement a davantage de chances d’ĂȘtre efficace lorsqu’il est adaptĂ© Ă  la motivation, Ă  la situation et aux attentes du patient. L’évaluation de la disposition au changement doit prendre en compte :

  • Le souhait et la confiance dans la capacitĂ© Ă  changer

  • Les systĂšmes de soutien

  • Les Ă©vĂ©nements de vie stressants

  • L’état psychiatrique

  • Le temps disponible et les contraintes pratiques

  • Le caractĂšre appropriĂ© des objectifs thĂ©rapeutiques

L’entretien motivationnel peut quantifier Ă  la fois l’importance perçue de la prise en charge pondĂ©rale et la confiance dans la capacitĂ© Ă  l’entreprendre, au moyen d’une Ă©chelle de 0 Ă  10. La motivation et la rĂ©sistance doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des forces opposĂ©es qui dĂ©terminent la disposition au changement.

Examens diagnostiques et évaluation du risque

Une Ă©valuation cardiovasculaire complĂšte du risque doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les personnes prĂ©sentant une composition corporelle dĂ©favorable. Les principales consĂ©quences de l’adipositĂ© en termes de risque comprennent l’hypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, l’insulinorĂ©sistance, l’inflammation, un Ă©tat prothrombotique, l’albuminurie, une diminution du dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ©, le diabĂšte de type 2, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, l’IC et la fibrillation atriale.

Le document source ne fournit pas de protocoles Ă©lectrocardiographiques, Ă©chocardiographiques, d’imagerie coronaire ou d’exploration Ă©lectrophysiologique spĂ©cifiques Ă  l’obĂ©sitĂ©. Les examens diagnostiques doivent donc ĂȘtre orientĂ©s par la prĂ©sentation clinique et les complications suspectĂ©es.

Stades fonctionnels et de la maladie

La classification fondĂ©e sur l’IMC peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par une stadification de la maladie obĂ©sitĂ©. Une approche distingue :

  • Stade 0 : surpoids ou obĂ©sitĂ© sans complication identifiĂ©e

  • Stade 1 : surpoids ou obĂ©sitĂ© avec au moins une complication lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e

  • Stade 2 : surpoids ou obĂ©sitĂ© avec au moins une complication sĂ©vĂšre

Les exemples de complications comprennent le prĂ©diabĂšte, la stĂ©atose hĂ©patique, le syndrome mĂ©tabolique, l’hypertension artĂ©rielle, le diabĂšte de type 2, un SAOS cliniquement significatif et l’arthrose. Le systĂšme de stadification de l’obĂ©sitĂ© d’Edmonton propose un cadre distinct fondĂ© sur la morbiditĂ© mĂ©dicale, fonctionnelle et psychologique, indĂ©pendamment de l’IMC.

Évaluation à l’effort

Une Ă©valuation cardiovasculaire est justifiĂ©e avant la pratique d’un exercice d’intensitĂ© Ă©levĂ©e chez les personnes obĂšses, car le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires associĂ©es peuvent accroĂźtre le risque. Les personnes dont l’évaluation cardiovasculaire est normale ne doivent pas ĂȘtre systĂ©matiquement limitĂ©es dans leur pratique de l’exercice.

Les activitĂ©s sans mise en charge, comme le vĂ©lo et la natation, peuvent ĂȘtre avantageuses lorsque la contrainte musculosquelettique est prĂ©occupante. Il peut ĂȘtre raisonnable de limiter les exercices en charge de volume Ă©levĂ© sur des surfaces dures jusqu’à l’obtention d’une perte pondĂ©rale importante. En cas de pratique de volumes d’exercice trĂšs Ă©levĂ©s, un temps de rĂ©cupĂ©ration suffisant est important.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Tous les patients faisant l’objet d’une Ă©valuation de l’obĂ©sitĂ© doivent bĂ©nĂ©ficier des examens suivants :

  • Bilan lipidique Ă  jeun, comprenant le cholestĂ©rol total, le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ©, le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© et les triglycĂ©rides

  • Bilan biologique

  • HĂ©moglobine glyquĂ©e

  • Mesure de la pression artĂ©rielle

L’évaluation mĂ©tabolique et cardiovasculaire plus large peut mettre en Ă©vidence :

  • Une insulinorĂ©sistance

  • Un diabĂšte de type 2

  • Une dyslipidĂ©mie

  • Une inflammation systĂ©mique

  • Une albuminurie

  • Une diminution du dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ©

Les concentrations de peptides natriurĂ©tiques peuvent ĂȘtre plus faibles chez les patients obĂšses atteints d’IC. Cette observation est attribuĂ©e Ă  une expression accrue des rĂ©cepteurs d’élimination et Ă  une dĂ©gradation renforcĂ©e des peptides par le tissu adipeux. Par consĂ©quent, les valeurs des peptides natriurĂ©tiques doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en fonction de la morphologie du patient et de l’évaluation clinique globale.

Traitement et prise en charge

La prise en charge de l’obĂ©sitĂ© doit ĂȘtre globale et viser Ă  la fois la rĂ©duction pondĂ©rale et la prĂ©vention ou le traitement des complications liĂ©es Ă  l’adipositĂ©. Les options thĂ©rapeutiques comprennent les interventions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques, la pharmacothĂ©rapie et la chirurgie mĂ©tabolique/bariatrique. L’intensitĂ© du traitement doit tenir compte du stade de l’obĂ©sitĂ©, des maladies cardiovasculaires, des comorbiditĂ©s, de l’atteinte fonctionnelle, des objectifs du patient et de sa disposition au changement.

Traitement hygiéno-diététique et comportemental

Les interventions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques doivent comprendre une modification de l’alimentation, une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre et un soutien comportemental. Les prioritĂ©s alimentaires consistent Ă  rĂ©duire les cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, les fĂ©culents, les sucres et les viandes transformĂ©es tout en augmentant la consommation de fruits, de lĂ©gumes, de fruits Ă  coque, de poisson, d’huiles vĂ©gĂ©tales et de cĂ©rĂ©ales complĂštes, dans le contexte d’une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre.

Une réduction pondérale de 5 % à 10 % peut améliorer :

  • La pression artĂ©rielle

  • Les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides

  • Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ©

  • Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ©

  • La tolĂ©rance au glucose

  • L’insulinorĂ©sistance

Les recommandations europĂ©ennes dĂ©crivent un minimum de 150 minutes par semaine d’exercice d’endurance d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e, associĂ© Ă  trois sĂ©ances hebdomadaires de renforcement musculaire. L’exercice peut rĂ©duire la graisse intra-abdominale, amĂ©liorer la masse musculaire et osseuse, attĂ©nuer la diminution de la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique de repos associĂ©e Ă  la perte pondĂ©rale et amĂ©liorer la pression artĂ©rielle, l’inflammation, la tolĂ©rance au glucose, la sensibilitĂ© Ă  l’insuline, le profil lipidique, la condition physique, le bien-ĂȘtre et la santĂ© psychologique.

L’effet de l’exercice seul sur la masse grasse est modeste. Plus de 225 minutes par semaine d’exercice d’endurance peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires pour maximiser la perte de masse grasse chez les personnes obĂšses. Chez les personnes hypertendues, le document source recommande au moins 30 minutes d’activitĂ© aĂ©robie dynamique d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  Ă©levĂ©e 5–7 jours par semaine, avec un entraĂźnement de rĂ©sistance 2–3 jours par semaine comme stratĂ©gie supplĂ©mentaire de rĂ©duction de la pression artĂ©rielle.

Aucune modalitĂ© alimentaire spĂ©cifique n’a constamment dĂ©montrĂ© sa supĂ©rioritĂ© pour obtenir une rĂ©duction pondĂ©rale durable chez les personnes motivĂ©es. Le jeĂ»ne intermittent peut apporter des bĂ©nĂ©fices cliniques mĂȘme en l’absence de perte pondĂ©rale importante, bien que le document source ne prĂ©cise pas de schĂ©ma de jeĂ»ne privilĂ©giĂ©.

Les interventions comportementales ont entraĂźnĂ© une perte pondĂ©rale moyenne modeste et une diminution de la reprise de poids par rapport aux tĂ©moins, mais les essais n’ont pas Ă©tabli de maniĂšre dĂ©finitive une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires ou de la mortalitĂ©. Une limite majeure a Ă©tĂ© la difficultĂ© Ă  maintenir la perte pondĂ©rale Ă  long terme.

Pharmacothérapie anti-obésité

Une pharmacothérapie anti-obésité précoce est indiquée en cas de :

  • IMC ≄30 kg/m2, ou

  • IMC ≄27 kg/m2 associĂ© Ă  une affection liĂ©e au poids, telle qu’un diabĂšte de type 2, une maladie hĂ©patique mĂ©tabolique, une hypertension artĂ©rielle ou une MCV

Les nouveaux agents fondés sur les incrétines ont considérablement élargi les options thérapeutiques. Les traitements injectables hebdomadaires cités dans le document source comprennent :

  • SĂ©maglutide 2.4 mg, associĂ© Ă  une perte pondĂ©rale d’environ 15 %

  • TirzĂ©patide 15 mg, associĂ© Ă  une perte pondĂ©rale d’environ 23 %

Le traitement par agoniste du rĂ©cepteur du GLP-1 diminue l’appĂ©tit et favorise la satiĂ©tĂ©. L’activation du rĂ©cepteur du GLP-1 stimule la libĂ©ration d’insuline dĂ©pendante du glucose, inhibe la sĂ©crĂ©tion de glucagon et retarde la vidange gastrique. Ces agents peuvent Ă©galement agir sur l’inflammation vasculaire, la coagulation, la pression artĂ©rielle et la fonction rĂ©nale.

Chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2, les agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1 ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  des rĂ©ductions relatives de plusieurs Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et rĂ©naux, notamment l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, l’hospitalisation pour IC, l’aggravation de la fonction rĂ©nale, la mortalitĂ© cardiovasculaire et la mortalitĂ© toutes causes. Chez les personnes en surpoids non diabĂ©tiques, le sĂ©maglutide a Ă©galement Ă©tĂ© associĂ© Ă  une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et Ă  une rĂ©duction pondĂ©rale d’environ 9 % dans les donnĂ©es de pronostic citĂ©es.

Les considérations pratiques comprennent :

  • Les effets indĂ©sirables gastro-intestinaux sont frĂ©quents avec le sĂ©maglutide et les autres agonistes du rĂ©cepteur du GLP-1.

  • Une maladie de la vĂ©sicule biliaire peut survenir.

  • Les effets Ă  long terme de l’agonisme du GLP-1 restent incomplĂštement dĂ©finis.

  • La perte possible de masse musculaire en plus du tissu adipeux demeure prĂ©occupante.

  • Le coĂ»t et l’accĂšs Ă©quitable constituent des limites majeures.

  • Le tirzĂ©patide, agoniste double du polypeptide insulinotrope dĂ©pendant du glucose et du GLP-1, ainsi que les agonistes oraux du rĂ©cepteur du GLP-1 sont d’autres approches en cours de dĂ©veloppement, dont l’évaluation des critĂšres cardiovasculaires se poursuit.

Le document source ne fournit pas de schĂ©mas d’augmentation progressive des doses, de contre-indications, de durĂ©e du traitement ni de prise en charge dĂ©taillĂ©e des effets indĂ©sirables.

Chirurgie métabolique et bariatrique

La chirurgie métabolique/bariatrique est considérée comme sûre et efficace chez les patients répondant aux critÚres cliniques suivants :

  • IMC >35 kg/m2, indĂ©pendamment de la prĂ©sence d’une comorbiditĂ© liĂ©e Ă  l’obĂ©sitĂ©, conformĂ©ment aux recommandations chirurgicales contemporaines

  • IMC >30 kg/m2 associĂ© Ă  une affection liĂ©e au poids, en particulier un diabĂšte dans les recommandations citĂ©es

La chirurgie peut ĂȘtre particuliĂšrement pertinente chez les patients prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© sĂ©vĂšre et une MCV. Les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires peuvent rĂ©sulter :

  • De la rĂ©duction pondĂ©rale

  • De l’amĂ©lioration du contrĂŽle du diabĂšte

  • De l’amĂ©lioration du profil lipidique

  • De l’amĂ©lioration de l’hypertension artĂ©rielle

  • De la rĂ©duction de l’hypertrophie ventriculaire gauche et de la contrainte ventriculaire

  • De l’amĂ©lioration des apnĂ©es du sommeil

  • De la rĂ©duction des complications hĂ©patiques chez les patients atteints de stĂ©atohĂ©patite

Le document source rapporte des donnĂ©es observationnelles indiquant une mortalitĂ© Ă  long terme plus faible et moins d’évĂ©nements cardiovasculaires incidents aprĂšs chirurgie mĂ©tabolique, mais souligne Ă©galement que la chirurgie comporte des risques et demeure une ressource limitĂ©e et sous-utilisĂ©e. La reprise de poids est reconnue comme un problĂšme important, bien que les stratĂ©gies prĂ©ventives ou correctives dĂ©taillĂ©es ne soient pas fournies.

Principes de prise en charge fondés sur les recommandations

Les principes fondés sur les recommandations et étayés par le document source sont les suivants :

  • DĂ©pister l’obĂ©sitĂ© chez tous les adultes.

  • Relever le poids, la taille, l’IMC et, lorsque cela est appropriĂ©, le tour de taille.

  • Évaluer systĂ©matiquement le risque cardiovasculaire et les complications liĂ©es Ă  l’obĂ©sitĂ©.

  • Proposer des conseils hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques intensifs avec intervention comportementale.

  • Envisager une pharmacothĂ©rapie anti-obĂ©sitĂ© pour un IMC ≄30 kg/m2, ou pour un IMC ≄27 kg/m2 lorsqu’une affection liĂ©e au poids est prĂ©sente.

  • Envisager une chirurgie mĂ©tabolique/bariatrique pour un IMC >35 kg/m2, et chez certains patients ayant un IMC >30 kg/m2 associĂ© Ă  une affection liĂ©e au poids.

  • Associer exercices d’endurance et de renforcement musculaire.

  • Évaluer l’état cardiovasculaire avant la pratique d’un exercice d’intensitĂ© Ă©levĂ©e.

  • Traiter l’obĂ©sitĂ© et les affections associĂ©es dans le cadre d’une stratĂ©gie intĂ©grĂ©e de prĂ©vention cardiovasculaire.

  • IntĂ©grer dans la planification thĂ©rapeutique la disposition du patient au changement, ses objectifs, son Ă©tat psychologique, son accĂšs aux soins et son adhĂ©sion Ă  long terme.

Chez les patients prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© et un diabĂšte de type 2, la rĂ©duction pondĂ©rale associĂ©e Ă  une augmentation de l’activitĂ© physique quotidienne et Ă  un exercice structurĂ© est mise en avant pour amĂ©liorer le contrĂŽle mĂ©tabolique, la capacitĂ© d’effort et les rĂ©sultats cliniques. Un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en complĂ©tĂ© par de l’huile d’olive et/ou des fruits Ă  coque est associĂ© Ă  une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs chez les patients atteints de MCV.

Pronostic et suivi

L’obĂ©sitĂ© est associĂ©e Ă  une morbiditĂ© et une mortalitĂ© accrues, Ă  une diminution de la qualitĂ© de vie et Ă  une charge importante pour le systĂšme de santĂ©. Le risque cardiovasculaire augmente gĂ©nĂ©ralement avec l’élĂ©vation de l’IMC, mais le pronostic dĂ©pend Ă©galement de l’adipositĂ© viscĂ©rale, de la capacitĂ© cardiorespiratoire, de la masse musculaire squelettique, de la sarcopĂ©nie, du diabĂšte et d’une maladie cardiovasculaire avĂ©rĂ©e.

Le paradoxe de l’obĂ©sitĂ© dans l’IC et les populations pĂ©riopĂ©ratoires illustre les limites de l’IMC comme mesure pronostique. Une meilleure condition physique peut ĂȘtre associĂ©e Ă  un pronostic plus favorable indĂ©pendamment de la composition corporelle, tandis qu’une faible capacitĂ© cardiorespiratoire prĂ©dit la mortalitĂ© indĂ©pendamment de l’IMC.

Le suivi doit ĂȘtre longitudinal et réévaluer :

  • Le poids corporel et l’IMC

  • Le tour de taille lorsque cela est appropriĂ©

  • La pression artĂ©rielle

  • L’état glycĂ©mique

  • Le profil lipidique

  • La fonction rĂ©nale et l’albuminurie lorsque cela est cliniquement indiquĂ©

  • La capacitĂ© d’effort et l’activitĂ© physique

  • Les symptĂŽmes d’IC, de MC, de fibrillation atriale et de troubles respiratoires du sommeil

  • L’adhĂ©sion, la rĂ©ponse au traitement et les effets indĂ©sirables

  • La santĂ© psychologique et la disposition Ă  poursuivre le traitement

  • La reprise de poids

La perte pondĂ©rale peut amĂ©liorer la qualitĂ© de vie et la capacitĂ© d’effort et peut contribuer Ă  un remodelage ventriculaire inverse chez les patients atteints d’IC, mais son effet sur la survie dans l’IC demeure incertain d’aprĂšs le document source. Une Ă©valuation continue est donc nĂ©cessaire mĂȘme lorsqu’une rĂ©duction pondĂ©rale a Ă©tĂ© obtenue, car l’obĂ©sitĂ© est une maladie chronique et rĂ©cidivante et le risque cardiovasculaire dĂ©pend d’autres facteurs que le poids corporel seul.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026