đŸš« Modes alimentaires et Ă©vĂ©nements cardiovasculaires

Sommaire (21)

Définition et physiopathologie

Les modes alimentaires correspondent Ă  l’ensemble des associations d’aliments habituellement consommĂ©s, plutĂŽt qu’à des nutriments isolĂ©s considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment. Pour la santĂ© cardiomĂ©tabolique, les modes les plus favorables comportent gĂ©nĂ©ralement davantage d’aliments peu transformĂ©s, riches en fibres et en composĂ©s bioactifs, notamment des fruits, des lĂ©gumes non fĂ©culents, des lĂ©gumineuses, des cĂ©rĂ©ales complĂštes, des noix et des graines, des yaourts, des produits de la mer et des huiles vĂ©gĂ©tales. Ils contiennent moins de cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, de fĂ©culents, de sucres ajoutĂ©s, de sel, d’acides gras trans, de viandes transformĂ©es et, en gĂ©nĂ©ral, de viande rouge.

Les principaux modes alimentaires Ă©tayĂ©s par les donnĂ©es sont les rĂ©gimes de type mĂ©diterranĂ©en et de type DASH. Leurs effets sont multidimensionnels et ne peuvent pas ĂȘtre correctement dĂ©duits des variations d’un seul marqueur intermĂ©diaire tel que le cholestĂ©rol. La composition alimentaire peut influencer la pression artĂ©rielle, l’homĂ©ostasie glucose-insuline, les lipides et les apolipoprotĂ©ines, la fonction endothĂ©liale, l’inflammation systĂ©mique, la synthĂšse hĂ©patique des lipides, l’adipositĂ©, la thrombose et la coagulation, la fonction cardiaque, la satiĂ©tĂ©, l’appĂ©tit, le microbiote intestinal et la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique. La transformation des aliments, les additifs et les modes de cuisson peuvent Ă©galement contribuer Ă  ces effets.

L’effet cardioprotecteur rĂ©sulte donc vraisemblablement de l’influence cumulative de multiples modifications alimentaires modestes. Les rĂ©gimes de type mĂ©diterranĂ©en apportent des polyphĂ©nols provenant de l’huile d’olive extra-vierge, des fruits, des lĂ©gumes, des noix et des lĂ©gumineuses ; des acides gras insaturĂ©s et d’autres composĂ©s bioactifs provenant des noix ; ainsi que des constituants antioxydants et antithrombotiques provenant des cĂ©rĂ©ales complĂštes. Ces effets combinĂ©s peuvent amĂ©liorer l’inflammation, la rĂ©sistance Ă  l’insuline, le mĂ©tabolisme du glucose, l’hypertension, la dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne, la biologie endothĂ©liale et les voies liĂ©es aux plaquettes. Le document source dĂ©crit Ă©galement de possibles effets antiarythmiques, associĂ©s Ă  une rĂ©duction de la mort subite d’origine cardiaque et de la fibrillation atriale.

La qualitĂ© de l’alimentation influence Ă©galement l’équilibre Ă©nergĂ©tique. Les aliments hautement transformĂ©s peuvent favoriser une consommation ad libitum plus importante par leurs effets sur la faim, la rĂ©compense, les envies alimentaires, les rĂ©ponses glucose-insuline, les peptides intestinaux, la synthĂšse hĂ©patique des lipides, la fonction adipocytaire et la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique. Par consĂ©quent, l’obĂ©sitĂ© ne constitue qu’une des voies par lesquelles l’alimentation influence la santĂ© cardiovasculaire ; des modifications alimentaires peuvent amĂ©liorer les facteurs de risque cardiomĂ©tabolique en 6–8 semaines, mĂȘme en l’absence de perte pondĂ©rale.

ÉvĂ©nements cardiovasculaires associĂ©s aux modes alimentaires

Maladie cardiovasculaire et mortalité

Les données à long terme les plus solides soutiennent les modes alimentaires de type méditerranéen ou DASH, qui privilégient les aliments peu transformés et les graisses de qualité tout en limitant les aliments ultratransformés, les glucides raffinés, les sucres et les viandes.

En prĂ©vention secondaire, des essais randomisĂ©s menĂ©s chez des patients prĂ©sentant une maladie coronaire constituĂ©e ont montrĂ© une diminution des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires avec les interventions alimentaires de type mĂ©diterranĂ©en par rapport aux rĂ©gimes tĂ©moins pauvres en graisses. Dans un essai portant sur des patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’infarctus du myocarde, l’intervention mĂ©diterranĂ©enne comportait une consommation accrue de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de pain et d’une margarine riche en acide alpha-linolĂ©nique, ainsi qu’une consommation moindre de viande, de viande transformĂ©e, de beurre et de crĂšme. Des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs sont survenus chez 8 des 302 participants du groupe mĂ©diterranĂ©en, contre 33 des 303 participants du groupe tĂ©moin. Dans un autre essai randomisĂ© incluant 1002 patients ayant une maladie coronaire constituĂ©e, un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en Ă©tait associĂ© Ă  une rĂ©duction de plus d’un quart des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs sur 7 ans par rapport Ă  un rĂ©gime pauvre en graisses.

En prĂ©vention primaire, un vaste essai randomisĂ© incluant 7447 personnes Ă  haut risque cardiovasculaire a rapportĂ© une rĂ©duction de 30 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs avec un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en supplĂ©mentĂ© soit par des noix, soit par de l’huile d’olive extra-vierge, comparativement Ă  un mode alimentaire pauvre en graisses. L’intervention comportait une modification alimentaire plus large, notamment une augmentation de la consommation de fruits, de lĂ©gumineuses et de produits de la mer, ainsi qu’une rĂ©duction de la consommation de viande, de produits carnĂ©s et de sucreries.

Une revue gĂ©nĂ©rale intĂ©grant des Ă©tudes observationnelles et des essais randomisĂ©s a rapportĂ© des associations entre une meilleure observance d’un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en et des risques moindres de maladie cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de mortalitĂ© cardiovasculaire et de diabĂšte. Une mĂ©ta-analyse en rĂ©seau d’essais randomisĂ©s a montrĂ© que, comparativement Ă  une intervention alimentaire minimale, une intervention de type mĂ©diterranĂ©en Ă©tait associĂ©e Ă  une rĂ©duction de 28 % du risque de dĂ©cĂšs toutes causes confondues et de 45 % du risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire.

Insuffisance cardiaque

Un mode alimentaire Ă  dominante vĂ©gĂ©tale privilĂ©giant les lĂ©gumes, les fruits, les lĂ©gumineuses et le poisson Ă©tait associĂ© Ă  une rĂ©duction de 41 % du risque d’insuffisance cardiaque incidente dans une cohorte de plus de 16 000 participants suivis pendant une durĂ©e mĂ©diane de 8,7 ans. À l’inverse, la consommation la plus Ă©levĂ©e de viandes transformĂ©es, d’Ɠufs, de matiĂšres grasses ajoutĂ©es et de boissons sucrĂ©es Ă©tait associĂ©e Ă  une augmentation de 72 % du risque d’insuffisance cardiaque incidente par rapport Ă  la consommation la plus faible. Ces associations Ă©taient plus marquĂ©es chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite.

Les effets favorables d’une alimentation Ă  dominante vĂ©gĂ©tale n’ont pas Ă©tĂ© attribuĂ©s de maniĂšre dĂ©finitive Ă  un seul composant, mais pourraient ĂȘtre liĂ©s Ă  l’abondance de composĂ©s phytochimiques aux propriĂ©tĂ©s antioxydantes et anti-inflammatoires.

DiabÚte et risque cardiométabolique

Une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en amĂ©liore l’équilibre glycĂ©mique, les paramĂštres lipidiques et la pression artĂ©rielle chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. Dans une population Ă  haut risque cardiovasculaire, dont environ la moitiĂ© des participants Ă©taient atteints de diabĂšte de type 2, un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en supplĂ©mentĂ© par de l’huile d’olive ou des noix Ă©tait associĂ© Ă  une rĂ©duction de 28–31 % du risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse.

Les rĂ©gimes mĂ©diterranĂ©en, palĂ©olithique, vĂ©gĂ©tarien et pauvre en glucides ont chacun permis de rĂ©duire la glycĂ©mie Ă  jeun ou l’HbA1c dans des essais, bien que peu d’études aient dĂ©passĂ© 1 an. Le passage d’un mode alimentaire principalement d’origine animale Ă  un mode alimentaire vĂ©gĂ©tal pourrait Ă©galement rĂ©duire le risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse.

Les modifications alimentaires peuvent amĂ©liorer plusieurs facteurs de risque indĂ©pendamment de la perte pondĂ©rale. Les modes alimentaires de type mĂ©diterranĂ©en ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  des amĂ©liorations de l’inflammation, de la rĂ©sistance Ă  l’insuline, du mĂ©tabolisme du glucose, de l’hypertension et de la dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne.

Présentation clinique et symptÎmes

Les modes alimentaires ne provoquent pas de syndrome clinique caractĂ©ristique. Leurs effets cardiovasculaires se manifestent gĂ©nĂ©ralement par l’intermĂ©diaire d’affections et de facteurs de risque Ă©tablis, notamment l’obĂ©sitĂ©, l’hypertension, la dyslipidĂ©mie, le diabĂšte de type 2, la maladie coronaire, l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, l’insuffisance cardiaque et les troubles cardiomĂ©taboliques associĂ©s.

Le document source ne dĂ©crit pas de profil symptomatique ni de prĂ©sentation physique spĂ©cifiques imputables aux seuls modes alimentaires. L’évaluation clinique doit donc porter sur les maladies cardiovasculaires et les facteurs de risque prĂ©sents, ainsi que sur une Ă©valuation structurĂ©e des apports alimentaires habituels, du degrĂ© de transformation des aliments, de l’équilibre Ă©nergĂ©tique, de l’évolution pondĂ©rale et de l’observance alimentaire.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit dĂ©terminer le mode alimentaire actuel du patient et sa relation avec le risque cardiovasculaire. Les domaines importants comprennent :

  • Consommation de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de cĂ©rĂ©ales complĂštes, de noix, de graines, de yaourts, de produits de la mer et d’huiles vĂ©gĂ©tales.

  • Consommation de cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, de fĂ©culents, de boissons sucrĂ©es, de sucreries, de produits de boulangerie, de viandes transformĂ©es, de viande rouge, de sel et d’acides gras trans.

  • Taille des portions, repas pris Ă  l’extĂ©rieur du domicile et consommation d’aliments ultratransformĂ©s.

  • Évolution pondĂ©rale, adipositĂ© abdominale et Ă©quilibre Ă©nergĂ©tique.

  • ActivitĂ© physique, comportement sĂ©dentaire, durĂ©e du sommeil et temps passĂ© devant la tĂ©lĂ©vision.

  • DisponibilitĂ© des aliments, prĂ©fĂ©rences culturelles, contraintes financiĂšres et sĂ©curitĂ© alimentaire.

  • Interventions alimentaires antĂ©rieures, observance et obstacles Ă  une modification durable.

  • PrĂ©sence d’une obĂ©sitĂ©, d’une hypertension, d’une dyslipidĂ©mie, d’un diabĂšte, d’une maladie coronaire, d’une insuffisance cardiaque ou d’une autre comorbiditĂ© cardiovasculaire.

Les signes de l’examen clinique ne sont pas spĂ©cifiques de l’alimentation. L’évaluation doit inclure les consĂ©quences cliniques du risque alimentaire, notamment le poids corporel, l’adipositĂ© et les signes pertinents d’hypertension, de diabĂšte, de dyslipidĂ©mie, de maladie coronaire et d’insuffisance cardiaque. Le document source ne fournit pas de protocole d’examen dĂ©diĂ© au conseil alimentaire.

Examens diagnostiques et résultats biologiques

Aucun ECG, examen d’imagerie ou test Ă©lectrophysiologique spĂ©cifique ne permet de diagnostiquer un mode alimentaire dĂ©favorable. Les explorations diagnostiques doivent ĂȘtre orientĂ©es vers les maladies cardiovasculaires et les facteurs de risque Ă©valuĂ©s.

La surveillance biologique pertinente peut comprendre les marqueurs des voies métaboliques identifiées dans le document source, notamment :

  • Lipides sanguins et apolipoprotĂ©ines.

  • GlycĂ©mie et HbA1c.

  • TriglycĂ©rides.

  • Pression artĂ©rielle, bien qu’il s’agisse d’une mesure clinique et non d’un examen biologique.

  • Autres examens nĂ©cessaires Ă  l’évaluation d’une maladie cardiovasculaire constituĂ©e ou de ses complications.

Le document source indique que la qualitĂ© de l’alimentation peut amĂ©liorer les facteurs de risque cardiomĂ©tabolique en 6–8 semaines, mĂȘme en l’absence de perte pondĂ©rale. Il ne dĂ©finit pas de calendrier de surveillance biologique ni de valeurs cibles pour les diffĂ©rents biomarqueurs.

Composition alimentaire pour la santé cardiovasculaire

Aliments Ă  augmenter

Les composants alimentaires suivants sont recommandĂ©s dans le cadre d’un mode alimentaire globalement sain. Les objectifs de consommation sont fondĂ©s sur un rĂ©gime de 2000 kcal/jour et doivent ĂȘtre ajustĂ©s en fonction des besoins Ă©nergĂ©tiques.

Groupe alimentaire Apport suggéré Portion approximative
Fruits 3 portions/jour Environ 100 g ; par exemple, un fruit moyen, œ tasse de fruits frais/surgelĂ©s/en conserve, ÂŒ de tasse de fruits secs ou œ tasse de jus Ă  100 %
LĂ©gumes et lĂ©gumineuses 3–4 portions/jour Environ 100 g ; par exemple, 1 tasse de lĂ©gumes-feuilles crus ou œ tasse de lĂ©gumes coupĂ©s ou cuits
CĂ©rĂ©ales complĂštes 3 portions/jour, en remplacement des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es Environ 50 g ; par exemple, une tranche de pain complet ou œ tasse de riz, de pĂątes ou de cĂ©rĂ©ales complĂštes cuits
Noix 4–5 portions/semaine Environ 28 g
Poissons et crustacés 2 portions/semaine, de préférence des poissons gras Environ 100 g ; ne pas atteindre cet objectif avec du poisson frit ou pané
Produits laitiers, notamment yaourts 2–3 portions/jour Une tasse de lait ou de yaourt, ou 1,5 oz de fromage
Huiles vĂ©gĂ©tales 2–6 portions/jour Environ 1 cuillĂšre Ă  cafĂ© d’huile ou 1 cuillĂšre Ă  soupe de matiĂšre grasse vĂ©gĂ©tale Ă  tartiner

Une méthode pratique pour choisir des produits glucidiques plus sains consiste à sélectionner des aliments fournissant au moins 1 g de fibres alimentaires pour 10 g de glucides totaux par portion, ce qui correspond à un rapport glucides/fibres inférieur à 10:1.

Aliments à limiter ou à éviter

Aliment ou facteur alimentaire Approche suggérée
Céréales raffinées et féculents Réduire au minimum
Boissons sucrĂ©es, sucreries et produits de boulangerie Éviter ou ne consommer qu’avec modĂ©ration, par exemple jusqu’à 5 portions/semaine
Viandes transformĂ©es RĂ©duire au minimum, par exemple jusqu’à 1 portion/semaine
Viande rouge non transformĂ©e RĂ©duire au minimum, par exemple 1–2 portions/semaine
Acides gras trans industriels provenant d’huiles partiellement hydrogĂ©nĂ©es Éviter
Alcool Jusqu’à 1 verre/jour dans le tableau du mode alimentaire ; en cas de diabĂšte de type 2, la consommation doit gĂ©nĂ©ralement rester modĂ©rĂ©e
Boissons gazeuses sucrĂ©es et jus de fruits Éviter
Sel Réduire la consommation ; une recommandation citée préconise moins de 2300 mg/jour

Une alimentation cardioprotectrice se dĂ©finit avant tout par la prĂ©sence d’aliments favorables Ă  la santĂ©, plutĂŽt que par l’exclusion systĂ©matique de tous les aliments d’origine animale. Les yaourts et le poisson sont considĂ©rĂ©s comme bĂ©nĂ©fiques, tandis que la volaille, les Ɠufs, le lait et le fromage ne sont pas considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant des effets nocifs significatifs dans le cadre alimentaire citĂ©. Les modes alimentaires vĂ©gĂ©taux, vĂ©gĂ©tariens et vĂ©gĂ©taliens peuvent ĂȘtre cardioprotecteurs lorsqu’ils sont correctement construits, mais peuvent nĂ©anmoins contenir des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, des fĂ©culents, des sucres ajoutĂ©s, des boissons sucrĂ©es et des acides gras trans.

Traitement et prise en charge

Stratégie alimentaire fondamentale

L’intervention nutritionnelle constitue un Ă©lĂ©ment fondamental de la prĂ©vention et du traitement des maladies cardiovasculaires. L’approche privilĂ©giĂ©e est un mode alimentaire de type mĂ©diterranĂ©en ou DASH fondĂ© sur les aliments, adaptĂ© Ă  la disponibilitĂ© locale des aliments, aux traditions culturelles, aux prĂ©fĂ©rences et aux pathologies associĂ©es.

La prise en charge doit porter Ă  la fois sur la consommation insuffisante d’aliments protecteurs et sur la consommation excessive d’aliments nocifs. L’intervention doit gĂ©nĂ©ralement mettre l’accent sur :

  • Une consommation accrue de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de cĂ©rĂ©ales complĂštes, de noix, de graines, de poisson, de yaourts et d’huiles vĂ©gĂ©tales.

  • Le remplacement des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es par des cĂ©rĂ©ales complĂštes.

  • La rĂ©duction de la viande transformĂ©e et de la viande rouge.

  • L’éviction des boissons sucrĂ©es, des jus de fruits, des acides gras trans industriels et de l’excĂšs de sucres ajoutĂ©s.

  • La rĂ©duction du sel.

  • La limitation des aliments ultratransformĂ©s, de la restauration rapide et des plats prĂ©parĂ©s.

  • Le contrĂŽle des portions et un apport Ă©nergĂ©tique appropriĂ©.

  • Une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre et la rĂ©duction du comportement sĂ©dentaire.

  • Un sommeil suffisant, indiquĂ© dans les recommandations alimentaires comme Ă©tant de 7–8 heures.

  • Un accompagnement comportemental individualisĂ© reposant sur des objectifs spĂ©cifiques, mesurables, convenus, rĂ©alistes et limitĂ©s dans le temps.

Le mode alimentaire doit ĂȘtre durable plutĂŽt qu’extrĂȘme. Plusieurs modifications modestes peuvent ĂȘtre plus rĂ©alisables et plus efficaces pour l’observance qu’une restriction importante portant sur quelques nutriments.

Perte pondérale et obésité

Dans la prise en charge de l’obĂ©sitĂ©, la restriction Ă©nergĂ©tique reste le principal Ă©lĂ©ment. Un dĂ©ficit calorique de 500–750 kcal/jour par rapport aux apports habituels peut ĂȘtre utilisĂ©. Les recommandations citĂ©es dĂ©crivent Ă©galement des rĂ©gimes apportant 1200–1500 kcal/jour chez les femmes et 1500–1800 kcal/jour chez les hommes, ajustĂ©s au poids corporel. La prise en charge hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une perte pondĂ©rale modeste, souvent d’environ 3–5 kg par rapport aux soins usuels.

La perte pondĂ©rale dĂ©pend principalement de la rĂ©duction Ă©nergĂ©tique totale et de l’observance plutĂŽt que d’un rapport prĂ©dĂ©fini entre macronutriments. Les aliments Ă  faible densitĂ© Ă©nergĂ©tique, notamment les soupes, les fruits, les lĂ©gumes et les flocons d’avoine, peuvent amĂ©liorer le contrĂŽle de la faim en augmentant le volume alimentaire par rapport au nombre de calories. Les substituts de repas peuvent ĂȘtre utiles pour contrĂŽler les portions et ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  une perte pondĂ©rale de 7–8 % dans le document citĂ©.

Les rĂ©gimes trĂšs hypocaloriques peuvent ĂȘtre envisagĂ©s chez des personnes sĂ©lectionnĂ©es, trĂšs motivĂ©es, prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, n’ayant pas rĂ©pondu au traitement conservateur et souffrant d’une affection susceptible de s’amĂ©liorer rapidement avec la perte pondĂ©rale. Les prĂ©parations diĂ©tĂ©tiques citĂ©es apportent au plus 800 kcal/jour, 50–80 g de protĂ©ines et 100 % des apports journaliers recommandĂ©s en vitamines et minĂ©raux. Elles peuvent entraĂźner une perte pondĂ©rale Ă  court terme de 13–23 kg sur 3–6 mois. De tels rĂ©gimes nĂ©cessitent l’intervention de professionnels formĂ©s, une surveillance mĂ©dicale et un accompagnement hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique intensif.

L’alimentation, l’activitĂ© physique et la thĂ©rapie comportementale constituent les fondements de la prise en charge au stade de prĂ©-obĂ©sitĂ© et d’obĂ©sitĂ©. Un traitement pharmacologique ou une chirurgie bariatrique peut ĂȘtre envisagĂ© lorsque l’intervention sur le mode de vie est insuffisante, en fonction de l’indice de masse corporelle, des comorbiditĂ©s et de la rĂ©ponse au traitement.

Modes alimentaires selon les macronutriments

Les approches pauvres en glucides, pauvres en graisses, riches en protĂ©ines, mĂ©diterranĂ©ennes, vĂ©gĂ©tariennes et reposant sur le jeĂ»ne intermittent peuvent entraĂźner une perte pondĂ©rale Ă  court terme globalement comparable lorsque l’apport Ă©nergĂ©tique est rĂ©duit. À 12 mois, les effets de nombreuses approches ont tendance Ă  diminuer, tandis que les bĂ©nĂ©fices du rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en peuvent persister.

Les régimes pauvres en glucides sont définis comme suit :

  • Pauvres en glucides : 50–130 g/jour.

  • TrĂšs pauvres en glucides : 20–49 g/jour.

  • ModĂ©rĂ©ment glucidiques : plus de 130–225 g/jour.

Les rĂ©gimes pauvres ou trĂšs pauvres en glucides peuvent favoriser le contrĂŽle de l’appĂ©tit, rĂ©duire les triglycĂ©rides et diminuer les besoins en traitement chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. Les rĂ©gimes cĂ©togĂšnes peuvent nĂ©cessiter une supervision mĂ©dicale ou diĂ©tĂ©tique. Les Ă©tudes Ă  long terme au-delĂ  de 2 ans sont rares, et une restriction glucidique extrĂȘme doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e Ă  long terme. Les substitutions d’origine vĂ©gĂ©tale aux calories glucidiques sont considĂ©rĂ©es comme prĂ©fĂ©rables aux substitutions d’origine animale.

Le jeĂ»ne intermittent et l’alimentation limitĂ©e dans le temps entraĂźnent une perte pondĂ©rale Ă©quivalente Ă  celle d’une restriction Ă©nergĂ©tique continue lorsque l’apport Ă©nergĂ©tique total est identique. Les donnĂ©es ne permettent pas d’établir la supĂ©rioritĂ© d’une mĂ©thode de jeĂ»ne par rapport Ă  une autre, en particulier chez les personnes prĂ©sentant des troubles psychiatriques.

Insuffisance cardiaque

Un mode alimentaire Ă  dominante vĂ©gĂ©tale privilĂ©giant les lĂ©gumes, les fruits, les lĂ©gumineuses et le poisson est associĂ© Ă  un risque moindre d’insuffisance cardiaque incidente. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et un diabĂšte de type 2, le document citĂ© rapporte qu’un rĂ©gime riche en protĂ©ines apportant 30 % de protĂ©ines, 40 % de glucides et 30 % de lipides, ainsi qu’un rĂ©gime Ă  teneur protĂ©ique standard apportant 15 % de protĂ©ines, 55 % de glucides et 30 % de lipides, entraĂźnaient des rĂ©ductions similaires du poids corporel et du tour de taille. Le rĂ©gime riche en protĂ©ines entraĂźnait des rĂ©ductions plus importantes de l’HbA1c, du cholestĂ©rol, des triglycĂ©rides et de la pression artĂ©rielle.

Le document source ne fournit pas de prescription alimentaire complĂšte spĂ©cifique de l’insuffisance cardiaque au-delĂ  de ces observations.

DiabĂšte de type 2 avec ou sans maladie cardiovasculaire

Les patients atteints de diabĂšte de type 2 doivent suivre un mode alimentaire favorisant la perte pondĂ©rale, l’équilibre glycĂ©mique et la rĂ©duction du risque cardiovasculaire. Une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en amĂ©liore l’équilibre glycĂ©mique, les lipides et la pression artĂ©rielle. Les boissons sucrĂ©es, les sucres et les jus de fruits doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s. Une rĂ©duction de l’apport sodĂ© est encouragĂ©e chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire et de diabĂšte de type 2.

Dans la méta-analyse citée, la réduction de la consommation de sel de 2,5 g/jour était associée à une réduction relative de 20 % des événements de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse. Le remplacement du sel par un substitut à teneur réduite en sodium et plus élevée en potassium réduisait les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiovasculaires et la mortalité globale chez les personnes à haut risque cardiovasculaire.

Les données citées ne soutiennent pas une supplémentation systématique en acides gras n-3 pour la prévention cardiovasculaire secondaire chez les personnes atteintes de diabÚte de type 2.

Santé mentale et maladie cardiovasculaire

Les interventions alimentaires peuvent produire simultanĂ©ment des bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires et psychiques, mais les donnĂ©es concernant l’amĂ©lioration de la santĂ© mentale chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire restent limitĂ©es. Les rĂ©gimes mĂ©diterranĂ©ens ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  une diminution de la dĂ©pression et du dĂ©clin cognitif dans la population gĂ©nĂ©rale, mais les donnĂ©es spĂ©cifiques aux maladies cardiovasculaires restent Ă©mergentes. Le jeĂ»ne et la restriction calorique ont donnĂ© des rĂ©sultats prĂ©liminaires concernant l’humeur et la cognition, sans donnĂ©es suffisantes pour recommander une mĂ©thode particuliĂšre.

Dans un petit essai menĂ© chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque, une supplĂ©mentation en acide eicosapentaĂ©noĂŻque et en acide docosahexaĂ©noĂŻque Ă©tait associĂ©e Ă  des Ă©volutions favorables des symptĂŽmes cognitifs et dĂ©pressifs ainsi que du fonctionnement social ; la petite taille de l’échantillon et la nature des critĂšres de jugement secondaires imposent une interprĂ©tation prudente. Aucune recommandation alimentaire dĂ©finitive concernant les rĂ©sultats de santĂ© mentale dans les maladies cardiovasculaires ne peut ĂȘtre formulĂ©e Ă  partir des donnĂ©es disponibles.

Médicaments et suppléments

La prise en charge fondĂ©e sur le mode alimentaire n’est pas principalement pharmacologique. Le document source identifie toutefois des mĂ©dicaments approuvĂ©s en Europe pouvant complĂ©ter les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques pour la perte pondĂ©rale :

  • Orlistat.

  • Naltrexone/bupropion.

  • Liraglutide Ă  forte dose.

Ces mĂ©dicaments peuvent favoriser la perte pondĂ©rale et son maintien, mais peuvent provoquer des effets indĂ©sirables. Aucune dose n’est fournie dans le document source.

Les donnĂ©es citĂ©es ne permettent pas de recommander des supplĂ©ments d’acides gras n-3 pour la prĂ©vention cardiovasculaire secondaire chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. L’utilisation de supplĂ©ments est frĂ©quente, mais le document source ne fournit aucun schĂ©ma gĂ©nĂ©ral ni aucune recommandation posologique concernant les supplĂ©ments.

Les mĂ©dicaments psychiatriques nĂ©cessitent une prudence particuliĂšre en cas de maladie cardiovasculaire. De nombreux mĂ©dicaments psychiatriques sont associĂ©s Ă  un risque accru de mort subite d’origine cardiaque, et les antidĂ©presseurs utilisĂ©s dans l’insuffisance cardiaque ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă  une augmentation de la mortalitĂ© cardiaque et de la mortalitĂ© toutes causes confondues. Leur utilisation nĂ©cessite donc une collaboration interdisciplinaire chez les patients prĂ©sentant des troubles mentaux complexes ou une insuffisance cardiaque.

Recommandations des guidelines

Les recommandations disponibles peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :

  • Utiliser les modes alimentaires de type mĂ©diterranĂ©en ou DASH comme principales approches fondĂ©es sur les donnĂ©es pour la santĂ© cardiomĂ©tabolique Ă  long terme.

  • PrivilĂ©gier les aliments peu transformĂ©s, les fruits, les lĂ©gumes, les lĂ©gumineuses, les cĂ©rĂ©ales complĂštes, les noix, le poisson, les yaourts et les huiles vĂ©gĂ©tales.

  • RĂ©duire les aliments ultratransformĂ©s, les cĂ©rĂ©ales et fĂ©culents raffinĂ©s, les sucres ajoutĂ©s, les boissons sucrĂ©es, le sel, la viande transformĂ©e, la viande rouge et les acides gras trans industriels.

  • Adapter le mode alimentaire aux traditions culturelles, Ă  la disponibilitĂ© des aliments, aux prĂ©fĂ©rences, aux besoins Ă©nergĂ©tiques et aux comorbiditĂ©s.

  • En cas d’obĂ©sitĂ©, instaurer une prise en charge hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique structurĂ©e comportant une rĂ©duction calorique, une activitĂ© physique et une modification comportementale.

  • Lorsque les mesures liĂ©es au mode de vie ne donnent pas de rĂ©sultats suffisants, envisager une intensification par un traitement pharmacologique de la perte pondĂ©rale et, le cas Ă©chĂ©ant, une chirurgie bariatrique.

  • En cas de diabĂšte de type 2, utiliser une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en pour amĂ©liorer l’équilibre glycĂ©mique, les paramĂštres lipidiques, la pression artĂ©rielle et le risque cardiovasculaire.

  • Encourager la rĂ©duction du sodium chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire et de diabĂšte de type 2.

  • Éviter la supplĂ©mentation systĂ©matique en acides gras n-3 pour la prĂ©vention cardiovasculaire secondaire dans le diabĂšte de type 2, conformĂ©ment aux donnĂ©es citĂ©es.

  • N’utiliser les rĂ©gimes cĂ©togĂšnes ou trĂšs pauvres en glucides qu’avec une supervision mĂ©dicale ou diĂ©tĂ©tique appropriĂ©e et Ă©viter une restriction glucidique extrĂȘme comme stratĂ©gie Ă  long terme.

  • ReconnaĂźtre que les donnĂ©es concernant le traitement alimentaire des troubles de la santĂ© mentale dans les maladies cardiovasculaires sont actuellement insuffisantes pour formuler une recommandation spĂ©cifique.

Pronostic et suivi

Une meilleure observance des modes alimentaires mĂ©diterranĂ©ens est associĂ©e Ă  une rĂ©duction des risques d’évĂ©nements cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de mortalitĂ© cardiovasculaire et de diabĂšte. Dans les essais randomisĂ©s, des bĂ©nĂ©fices ont Ă©tĂ© observĂ©s en prĂ©vention primaire comme en prĂ©vention secondaire, notamment une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs et des dĂ©cĂšs cardiovasculaires.

La persistance du bĂ©nĂ©fice dĂ©pend du maintien de l’observance. De nombreux rĂ©gimes amaigrissants voient leurs effets diminuer Ă  12 mois, tandis que les bĂ©nĂ©fices du rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en semblent plus durables. Le maintien Ă  long terme est favorisĂ© par un accompagnement souple et culturellement adaptĂ©, ainsi que par une attention portĂ©e Ă  la qualitĂ© globale de l’alimentation plutĂŽt qu’à une restriction extrĂȘme d’un nutriment unique.

Le suivi doit évaluer :

  • L’observance alimentaire et les aliments effectivement consommĂ©s.

  • L’évolution du poids et du tour de taille.

  • La pression artĂ©rielle.

  • Les lipides et les triglycĂ©rides.

  • La glycĂ©mie et l’HbA1c en prĂ©sence d’un diabĂšte ou d’une dysglycĂ©mie.

  • Les symptĂŽmes cardiovasculaires et l’état clinique.

  • L’activitĂ© physique, le comportement sĂ©dentaire et le sommeil.

  • Les obstacles pratiques, la sĂ©curitĂ© alimentaire et la faisabilitĂ© du plan alimentaire.

  • Les effets indĂ©sirables et l’efficacitĂ© lorsqu’un traitement pharmacologique de la perte pondĂ©rale ou un rĂ©gime trĂšs hypocalorique est utilisĂ©.

Aucun intervalle fixe de suivi n’est prĂ©cisĂ© dans le document source. Le conseil alimentaire doit ĂȘtre itĂ©ratif, avec une réévaluation des progrĂšs et une rĂ©vision des objectifs comportementaux au fil du temps. Le principal critĂšre de rĂ©ussite est l’amĂ©lioration de la santĂ© cardiomĂ©tabolique globale, et non le poids Ă  lui seul.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026