Définition et physiopathologie
Les modes alimentaires correspondent Ă lâensemble des associations dâaliments habituellement consommĂ©s, plutĂŽt quâĂ des nutriments isolĂ©s considĂ©rĂ©s indĂ©pendamment. Pour la santĂ© cardiomĂ©tabolique, les modes les plus favorables comportent gĂ©nĂ©ralement davantage dâaliments peu transformĂ©s, riches en fibres et en composĂ©s bioactifs, notamment des fruits, des lĂ©gumes non fĂ©culents, des lĂ©gumineuses, des cĂ©rĂ©ales complĂštes, des noix et des graines, des yaourts, des produits de la mer et des huiles vĂ©gĂ©tales. Ils contiennent moins de cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, de fĂ©culents, de sucres ajoutĂ©s, de sel, dâacides gras trans, de viandes transformĂ©es et, en gĂ©nĂ©ral, de viande rouge.
Les principaux modes alimentaires Ă©tayĂ©s par les donnĂ©es sont les rĂ©gimes de type mĂ©diterranĂ©en et de type DASH. Leurs effets sont multidimensionnels et ne peuvent pas ĂȘtre correctement dĂ©duits des variations dâun seul marqueur intermĂ©diaire tel que le cholestĂ©rol. La composition alimentaire peut influencer la pression artĂ©rielle, lâhomĂ©ostasie glucose-insuline, les lipides et les apolipoprotĂ©ines, la fonction endothĂ©liale, lâinflammation systĂ©mique, la synthĂšse hĂ©patique des lipides, lâadipositĂ©, la thrombose et la coagulation, la fonction cardiaque, la satiĂ©tĂ©, lâappĂ©tit, le microbiote intestinal et la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique. La transformation des aliments, les additifs et les modes de cuisson peuvent Ă©galement contribuer Ă ces effets.
Lâeffet cardioprotecteur rĂ©sulte donc vraisemblablement de lâinfluence cumulative de multiples modifications alimentaires modestes. Les rĂ©gimes de type mĂ©diterranĂ©en apportent des polyphĂ©nols provenant de lâhuile dâolive extra-vierge, des fruits, des lĂ©gumes, des noix et des lĂ©gumineuses ; des acides gras insaturĂ©s et dâautres composĂ©s bioactifs provenant des noix ; ainsi que des constituants antioxydants et antithrombotiques provenant des cĂ©rĂ©ales complĂštes. Ces effets combinĂ©s peuvent amĂ©liorer lâinflammation, la rĂ©sistance Ă lâinsuline, le mĂ©tabolisme du glucose, lâhypertension, la dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne, la biologie endothĂ©liale et les voies liĂ©es aux plaquettes. Le document source dĂ©crit Ă©galement de possibles effets antiarythmiques, associĂ©s Ă une rĂ©duction de la mort subite dâorigine cardiaque et de la fibrillation atriale.
La qualitĂ© de lâalimentation influence Ă©galement lâĂ©quilibre Ă©nergĂ©tique. Les aliments hautement transformĂ©s peuvent favoriser une consommation ad libitum plus importante par leurs effets sur la faim, la rĂ©compense, les envies alimentaires, les rĂ©ponses glucose-insuline, les peptides intestinaux, la synthĂšse hĂ©patique des lipides, la fonction adipocytaire et la dĂ©pense Ă©nergĂ©tique. Par consĂ©quent, lâobĂ©sitĂ© ne constitue quâune des voies par lesquelles lâalimentation influence la santĂ© cardiovasculaire ; des modifications alimentaires peuvent amĂ©liorer les facteurs de risque cardiomĂ©tabolique en 6â8 semaines, mĂȘme en lâabsence de perte pondĂ©rale.
ĂvĂ©nements cardiovasculaires associĂ©s aux modes alimentaires
Maladie cardiovasculaire et mortalité
Les données à long terme les plus solides soutiennent les modes alimentaires de type méditerranéen ou DASH, qui privilégient les aliments peu transformés et les graisses de qualité tout en limitant les aliments ultratransformés, les glucides raffinés, les sucres et les viandes.
En prĂ©vention secondaire, des essais randomisĂ©s menĂ©s chez des patients prĂ©sentant une maladie coronaire constituĂ©e ont montrĂ© une diminution des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires avec les interventions alimentaires de type mĂ©diterranĂ©en par rapport aux rĂ©gimes tĂ©moins pauvres en graisses. Dans un essai portant sur des patients ayant des antĂ©cĂ©dents dâinfarctus du myocarde, lâintervention mĂ©diterranĂ©enne comportait une consommation accrue de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de pain et dâune margarine riche en acide alpha-linolĂ©nique, ainsi quâune consommation moindre de viande, de viande transformĂ©e, de beurre et de crĂšme. Des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs sont survenus chez 8 des 302 participants du groupe mĂ©diterranĂ©en, contre 33 des 303 participants du groupe tĂ©moin. Dans un autre essai randomisĂ© incluant 1002 patients ayant une maladie coronaire constituĂ©e, un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en Ă©tait associĂ© Ă une rĂ©duction de plus dâun quart des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs sur 7 ans par rapport Ă un rĂ©gime pauvre en graisses.
En prĂ©vention primaire, un vaste essai randomisĂ© incluant 7447 personnes Ă haut risque cardiovasculaire a rapportĂ© une rĂ©duction de 30 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs avec un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en supplĂ©mentĂ© soit par des noix, soit par de lâhuile dâolive extra-vierge, comparativement Ă un mode alimentaire pauvre en graisses. Lâintervention comportait une modification alimentaire plus large, notamment une augmentation de la consommation de fruits, de lĂ©gumineuses et de produits de la mer, ainsi quâune rĂ©duction de la consommation de viande, de produits carnĂ©s et de sucreries.
Une revue gĂ©nĂ©rale intĂ©grant des Ă©tudes observationnelles et des essais randomisĂ©s a rapportĂ© des associations entre une meilleure observance dâun rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en et des risques moindres de maladie cardiovasculaire, dâinfarctus du myocarde, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de mortalitĂ© cardiovasculaire et de diabĂšte. Une mĂ©ta-analyse en rĂ©seau dâessais randomisĂ©s a montrĂ© que, comparativement Ă une intervention alimentaire minimale, une intervention de type mĂ©diterranĂ©en Ă©tait associĂ©e Ă une rĂ©duction de 28 % du risque de dĂ©cĂšs toutes causes confondues et de 45 % du risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire.
Insuffisance cardiaque
Un mode alimentaire Ă dominante vĂ©gĂ©tale privilĂ©giant les lĂ©gumes, les fruits, les lĂ©gumineuses et le poisson Ă©tait associĂ© Ă une rĂ©duction de 41 % du risque dâinsuffisance cardiaque incidente dans une cohorte de plus de 16 000 participants suivis pendant une durĂ©e mĂ©diane de 8,7 ans. Ă lâinverse, la consommation la plus Ă©levĂ©e de viandes transformĂ©es, dâĆufs, de matiĂšres grasses ajoutĂ©es et de boissons sucrĂ©es Ă©tait associĂ©e Ă une augmentation de 72 % du risque dâinsuffisance cardiaque incidente par rapport Ă la consommation la plus faible. Ces associations Ă©taient plus marquĂ©es chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite.
Les effets favorables dâune alimentation Ă dominante vĂ©gĂ©tale nâont pas Ă©tĂ© attribuĂ©s de maniĂšre dĂ©finitive Ă un seul composant, mais pourraient ĂȘtre liĂ©s Ă lâabondance de composĂ©s phytochimiques aux propriĂ©tĂ©s antioxydantes et anti-inflammatoires.
DiabÚte et risque cardiométabolique
Une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en amĂ©liore lâĂ©quilibre glycĂ©mique, les paramĂštres lipidiques et la pression artĂ©rielle chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. Dans une population Ă haut risque cardiovasculaire, dont environ la moitiĂ© des participants Ă©taient atteints de diabĂšte de type 2, un rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en supplĂ©mentĂ© par de lâhuile dâolive ou des noix Ă©tait associĂ© Ă une rĂ©duction de 28â31 % du risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse.
Les rĂ©gimes mĂ©diterranĂ©en, palĂ©olithique, vĂ©gĂ©tarien et pauvre en glucides ont chacun permis de rĂ©duire la glycĂ©mie Ă jeun ou lâHbA1c dans des essais, bien que peu dâĂ©tudes aient dĂ©passĂ© 1 an. Le passage dâun mode alimentaire principalement dâorigine animale Ă un mode alimentaire vĂ©gĂ©tal pourrait Ă©galement rĂ©duire le risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse.
Les modifications alimentaires peuvent amĂ©liorer plusieurs facteurs de risque indĂ©pendamment de la perte pondĂ©rale. Les modes alimentaires de type mĂ©diterranĂ©en ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă des amĂ©liorations de lâinflammation, de la rĂ©sistance Ă lâinsuline, du mĂ©tabolisme du glucose, de lâhypertension et de la dyslipidĂ©mie athĂ©rogĂšne.
Présentation clinique et symptÎmes
Les modes alimentaires ne provoquent pas de syndrome clinique caractĂ©ristique. Leurs effets cardiovasculaires se manifestent gĂ©nĂ©ralement par lâintermĂ©diaire dâaffections et de facteurs de risque Ă©tablis, notamment lâobĂ©sitĂ©, lâhypertension, la dyslipidĂ©mie, le diabĂšte de type 2, la maladie coronaire, lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, lâinsuffisance cardiaque et les troubles cardiomĂ©taboliques associĂ©s.
Le document source ne dĂ©crit pas de profil symptomatique ni de prĂ©sentation physique spĂ©cifiques imputables aux seuls modes alimentaires. LâĂ©valuation clinique doit donc porter sur les maladies cardiovasculaires et les facteurs de risque prĂ©sents, ainsi que sur une Ă©valuation structurĂ©e des apports alimentaires habituels, du degrĂ© de transformation des aliments, de lâĂ©quilibre Ă©nergĂ©tique, de lâĂ©volution pondĂ©rale et de lâobservance alimentaire.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit dĂ©terminer le mode alimentaire actuel du patient et sa relation avec le risque cardiovasculaire. Les domaines importants comprennent :
Consommation de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de cĂ©rĂ©ales complĂštes, de noix, de graines, de yaourts, de produits de la mer et dâhuiles vĂ©gĂ©tales.
Consommation de cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, de fĂ©culents, de boissons sucrĂ©es, de sucreries, de produits de boulangerie, de viandes transformĂ©es, de viande rouge, de sel et dâacides gras trans.
Taille des portions, repas pris Ă lâextĂ©rieur du domicile et consommation dâaliments ultratransformĂ©s.
Ăvolution pondĂ©rale, adipositĂ© abdominale et Ă©quilibre Ă©nergĂ©tique.
Activité physique, comportement sédentaire, durée du sommeil et temps passé devant la télévision.
Disponibilité des aliments, préférences culturelles, contraintes financiÚres et sécurité alimentaire.
Interventions alimentaires antérieures, observance et obstacles à une modification durable.
PrĂ©sence dâune obĂ©sitĂ©, dâune hypertension, dâune dyslipidĂ©mie, dâun diabĂšte, dâune maladie coronaire, dâune insuffisance cardiaque ou dâune autre comorbiditĂ© cardiovasculaire.
Les signes de lâexamen clinique ne sont pas spĂ©cifiques de lâalimentation. LâĂ©valuation doit inclure les consĂ©quences cliniques du risque alimentaire, notamment le poids corporel, lâadipositĂ© et les signes pertinents dâhypertension, de diabĂšte, de dyslipidĂ©mie, de maladie coronaire et dâinsuffisance cardiaque. Le document source ne fournit pas de protocole dâexamen dĂ©diĂ© au conseil alimentaire.
Examens diagnostiques et résultats biologiques
Aucun ECG, examen dâimagerie ou test Ă©lectrophysiologique spĂ©cifique ne permet de diagnostiquer un mode alimentaire dĂ©favorable. Les explorations diagnostiques doivent ĂȘtre orientĂ©es vers les maladies cardiovasculaires et les facteurs de risque Ă©valuĂ©s.
La surveillance biologique pertinente peut comprendre les marqueurs des voies métaboliques identifiées dans le document source, notamment :
Lipides sanguins et apolipoprotéines.
Glycémie et HbA1c.
Triglycérides.
Pression artĂ©rielle, bien quâil sâagisse dâune mesure clinique et non dâun examen biologique.
Autres examens nĂ©cessaires Ă lâĂ©valuation dâune maladie cardiovasculaire constituĂ©e ou de ses complications.
Le document source indique que la qualitĂ© de lâalimentation peut amĂ©liorer les facteurs de risque cardiomĂ©tabolique en 6â8 semaines, mĂȘme en lâabsence de perte pondĂ©rale. Il ne dĂ©finit pas de calendrier de surveillance biologique ni de valeurs cibles pour les diffĂ©rents biomarqueurs.
Composition alimentaire pour la santé cardiovasculaire
Aliments Ă augmenter
Les composants alimentaires suivants sont recommandĂ©s dans le cadre dâun mode alimentaire globalement sain. Les objectifs de consommation sont fondĂ©s sur un rĂ©gime de 2000 kcal/jour et doivent ĂȘtre ajustĂ©s en fonction des besoins Ă©nergĂ©tiques.
| Groupe alimentaire | Apport suggéré | Portion approximative |
|---|---|---|
| Fruits | 3 portions/jour | Environ 100 g ; par exemple, un fruit moyen, œ tasse de fruits frais/surgelĂ©s/en conserve, ÂŒ de tasse de fruits secs ou œ tasse de jus Ă 100 % |
| LĂ©gumes et lĂ©gumineuses | 3â4 portions/jour | Environ 100 g ; par exemple, 1 tasse de lĂ©gumes-feuilles crus ou œ tasse de lĂ©gumes coupĂ©s ou cuits |
| CĂ©rĂ©ales complĂštes | 3 portions/jour, en remplacement des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es | Environ 50 g ; par exemple, une tranche de pain complet ou œ tasse de riz, de pĂątes ou de cĂ©rĂ©ales complĂštes cuits |
| Noix | 4â5 portions/semaine | Environ 28 g |
| Poissons et crustacés | 2 portions/semaine, de préférence des poissons gras | Environ 100 g ; ne pas atteindre cet objectif avec du poisson frit ou pané |
| Produits laitiers, notamment yaourts | 2â3 portions/jour | Une tasse de lait ou de yaourt, ou 1,5 oz de fromage |
| Huiles vĂ©gĂ©tales | 2â6 portions/jour | Environ 1 cuillĂšre Ă cafĂ© dâhuile ou 1 cuillĂšre Ă soupe de matiĂšre grasse vĂ©gĂ©tale Ă tartiner |
Une méthode pratique pour choisir des produits glucidiques plus sains consiste à sélectionner des aliments fournissant au moins 1 g de fibres alimentaires pour 10 g de glucides totaux par portion, ce qui correspond à un rapport glucides/fibres inférieur à 10:1.
Aliments à limiter ou à éviter
| Aliment ou facteur alimentaire | Approche suggérée |
|---|---|
| Céréales raffinées et féculents | Réduire au minimum |
| Boissons sucrĂ©es, sucreries et produits de boulangerie | Ăviter ou ne consommer quâavec modĂ©ration, par exemple jusquâĂ 5 portions/semaine |
| Viandes transformĂ©es | RĂ©duire au minimum, par exemple jusquâĂ 1 portion/semaine |
| Viande rouge non transformĂ©e | RĂ©duire au minimum, par exemple 1â2 portions/semaine |
| Acides gras trans industriels provenant dâhuiles partiellement hydrogĂ©nĂ©es | Ăviter |
| Alcool | JusquâĂ 1 verre/jour dans le tableau du mode alimentaire ; en cas de diabĂšte de type 2, la consommation doit gĂ©nĂ©ralement rester modĂ©rĂ©e |
| Boissons gazeuses sucrĂ©es et jus de fruits | Ăviter |
| Sel | Réduire la consommation ; une recommandation citée préconise moins de 2300 mg/jour |
Une alimentation cardioprotectrice se dĂ©finit avant tout par la prĂ©sence dâaliments favorables Ă la santĂ©, plutĂŽt que par lâexclusion systĂ©matique de tous les aliments dâorigine animale. Les yaourts et le poisson sont considĂ©rĂ©s comme bĂ©nĂ©fiques, tandis que la volaille, les Ćufs, le lait et le fromage ne sont pas considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant des effets nocifs significatifs dans le cadre alimentaire citĂ©. Les modes alimentaires vĂ©gĂ©taux, vĂ©gĂ©tariens et vĂ©gĂ©taliens peuvent ĂȘtre cardioprotecteurs lorsquâils sont correctement construits, mais peuvent nĂ©anmoins contenir des cĂ©rĂ©ales raffinĂ©es, des fĂ©culents, des sucres ajoutĂ©s, des boissons sucrĂ©es et des acides gras trans.
Traitement et prise en charge
Stratégie alimentaire fondamentale
Lâintervention nutritionnelle constitue un Ă©lĂ©ment fondamental de la prĂ©vention et du traitement des maladies cardiovasculaires. Lâapproche privilĂ©giĂ©e est un mode alimentaire de type mĂ©diterranĂ©en ou DASH fondĂ© sur les aliments, adaptĂ© Ă la disponibilitĂ© locale des aliments, aux traditions culturelles, aux prĂ©fĂ©rences et aux pathologies associĂ©es.
La prise en charge doit porter Ă la fois sur la consommation insuffisante dâaliments protecteurs et sur la consommation excessive dâaliments nocifs. Lâintervention doit gĂ©nĂ©ralement mettre lâaccent sur :
Une consommation accrue de fruits, de lĂ©gumes, de lĂ©gumineuses, de cĂ©rĂ©ales complĂštes, de noix, de graines, de poisson, de yaourts et dâhuiles vĂ©gĂ©tales.
Le remplacement des céréales raffinées par des céréales complÚtes.
La réduction de la viande transformée et de la viande rouge.
LâĂ©viction des boissons sucrĂ©es, des jus de fruits, des acides gras trans industriels et de lâexcĂšs de sucres ajoutĂ©s.
La réduction du sel.
La limitation des aliments ultratransformés, de la restauration rapide et des plats préparés.
Le contrÎle des portions et un apport énergétique approprié.
Une activité physique réguliÚre et la réduction du comportement sédentaire.
Un sommeil suffisant, indiquĂ© dans les recommandations alimentaires comme Ă©tant de 7â8 heures.
Un accompagnement comportemental individualisé reposant sur des objectifs spécifiques, mesurables, convenus, réalistes et limités dans le temps.
Le mode alimentaire doit ĂȘtre durable plutĂŽt quâextrĂȘme. Plusieurs modifications modestes peuvent ĂȘtre plus rĂ©alisables et plus efficaces pour lâobservance quâune restriction importante portant sur quelques nutriments.
Perte pondérale et obésité
Dans la prise en charge de lâobĂ©sitĂ©, la restriction Ă©nergĂ©tique reste le principal Ă©lĂ©ment. Un dĂ©ficit calorique de 500â750 kcal/jour par rapport aux apports habituels peut ĂȘtre utilisĂ©. Les recommandations citĂ©es dĂ©crivent Ă©galement des rĂ©gimes apportant 1200â1500 kcal/jour chez les femmes et 1500â1800 kcal/jour chez les hommes, ajustĂ©s au poids corporel. La prise en charge hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une perte pondĂ©rale modeste, souvent dâenviron 3â5 kg par rapport aux soins usuels.
La perte pondĂ©rale dĂ©pend principalement de la rĂ©duction Ă©nergĂ©tique totale et de lâobservance plutĂŽt que dâun rapport prĂ©dĂ©fini entre macronutriments. Les aliments Ă faible densitĂ© Ă©nergĂ©tique, notamment les soupes, les fruits, les lĂ©gumes et les flocons dâavoine, peuvent amĂ©liorer le contrĂŽle de la faim en augmentant le volume alimentaire par rapport au nombre de calories. Les substituts de repas peuvent ĂȘtre utiles pour contrĂŽler les portions et ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă une perte pondĂ©rale de 7â8 % dans le document citĂ©.
Les rĂ©gimes trĂšs hypocaloriques peuvent ĂȘtre envisagĂ©s chez des personnes sĂ©lectionnĂ©es, trĂšs motivĂ©es, prĂ©sentant une obĂ©sitĂ© modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre, nâayant pas rĂ©pondu au traitement conservateur et souffrant dâune affection susceptible de sâamĂ©liorer rapidement avec la perte pondĂ©rale. Les prĂ©parations diĂ©tĂ©tiques citĂ©es apportent au plus 800 kcal/jour, 50â80 g de protĂ©ines et 100 % des apports journaliers recommandĂ©s en vitamines et minĂ©raux. Elles peuvent entraĂźner une perte pondĂ©rale Ă court terme de 13â23 kg sur 3â6 mois. De tels rĂ©gimes nĂ©cessitent lâintervention de professionnels formĂ©s, une surveillance mĂ©dicale et un accompagnement hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique intensif.
Lâalimentation, lâactivitĂ© physique et la thĂ©rapie comportementale constituent les fondements de la prise en charge au stade de prĂ©-obĂ©sitĂ© et dâobĂ©sitĂ©. Un traitement pharmacologique ou une chirurgie bariatrique peut ĂȘtre envisagĂ© lorsque lâintervention sur le mode de vie est insuffisante, en fonction de lâindice de masse corporelle, des comorbiditĂ©s et de la rĂ©ponse au traitement.
Modes alimentaires selon les macronutriments
Les approches pauvres en glucides, pauvres en graisses, riches en protĂ©ines, mĂ©diterranĂ©ennes, vĂ©gĂ©tariennes et reposant sur le jeĂ»ne intermittent peuvent entraĂźner une perte pondĂ©rale Ă court terme globalement comparable lorsque lâapport Ă©nergĂ©tique est rĂ©duit. Ă 12 mois, les effets de nombreuses approches ont tendance Ă diminuer, tandis que les bĂ©nĂ©fices du rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en peuvent persister.
Les régimes pauvres en glucides sont définis comme suit :
Pauvres en glucides : 50â130 g/jour.
TrĂšs pauvres en glucides : 20â49 g/jour.
ModĂ©rĂ©ment glucidiques : plus de 130â225 g/jour.
Les rĂ©gimes pauvres ou trĂšs pauvres en glucides peuvent favoriser le contrĂŽle de lâappĂ©tit, rĂ©duire les triglycĂ©rides et diminuer les besoins en traitement chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. Les rĂ©gimes cĂ©togĂšnes peuvent nĂ©cessiter une supervision mĂ©dicale ou diĂ©tĂ©tique. Les Ă©tudes Ă long terme au-delĂ de 2 ans sont rares, et une restriction glucidique extrĂȘme doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e Ă long terme. Les substitutions dâorigine vĂ©gĂ©tale aux calories glucidiques sont considĂ©rĂ©es comme prĂ©fĂ©rables aux substitutions dâorigine animale.
Le jeĂ»ne intermittent et lâalimentation limitĂ©e dans le temps entraĂźnent une perte pondĂ©rale Ă©quivalente Ă celle dâune restriction Ă©nergĂ©tique continue lorsque lâapport Ă©nergĂ©tique total est identique. Les donnĂ©es ne permettent pas dâĂ©tablir la supĂ©rioritĂ© dâune mĂ©thode de jeĂ»ne par rapport Ă une autre, en particulier chez les personnes prĂ©sentant des troubles psychiatriques.
Insuffisance cardiaque
Un mode alimentaire Ă dominante vĂ©gĂ©tale privilĂ©giant les lĂ©gumes, les fruits, les lĂ©gumineuses et le poisson est associĂ© Ă un risque moindre dâinsuffisance cardiaque incidente. Chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque et un diabĂšte de type 2, le document citĂ© rapporte quâun rĂ©gime riche en protĂ©ines apportant 30 % de protĂ©ines, 40 % de glucides et 30 % de lipides, ainsi quâun rĂ©gime Ă teneur protĂ©ique standard apportant 15 % de protĂ©ines, 55 % de glucides et 30 % de lipides, entraĂźnaient des rĂ©ductions similaires du poids corporel et du tour de taille. Le rĂ©gime riche en protĂ©ines entraĂźnait des rĂ©ductions plus importantes de lâHbA1c, du cholestĂ©rol, des triglycĂ©rides et de la pression artĂ©rielle.
Le document source ne fournit pas de prescription alimentaire complĂšte spĂ©cifique de lâinsuffisance cardiaque au-delĂ de ces observations.
DiabĂšte de type 2 avec ou sans maladie cardiovasculaire
Les patients atteints de diabĂšte de type 2 doivent suivre un mode alimentaire favorisant la perte pondĂ©rale, lâĂ©quilibre glycĂ©mique et la rĂ©duction du risque cardiovasculaire. Une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en amĂ©liore lâĂ©quilibre glycĂ©mique, les lipides et la pression artĂ©rielle. Les boissons sucrĂ©es, les sucres et les jus de fruits doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s. Une rĂ©duction de lâapport sodĂ© est encouragĂ©e chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire et de diabĂšte de type 2.
Dans la méta-analyse citée, la réduction de la consommation de sel de 2,5 g/jour était associée à une réduction relative de 20 % des événements de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse. Le remplacement du sel par un substitut à teneur réduite en sodium et plus élevée en potassium réduisait les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiovasculaires et la mortalité globale chez les personnes à haut risque cardiovasculaire.
Les données citées ne soutiennent pas une supplémentation systématique en acides gras n-3 pour la prévention cardiovasculaire secondaire chez les personnes atteintes de diabÚte de type 2.
Santé mentale et maladie cardiovasculaire
Les interventions alimentaires peuvent produire simultanĂ©ment des bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires et psychiques, mais les donnĂ©es concernant lâamĂ©lioration de la santĂ© mentale chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire restent limitĂ©es. Les rĂ©gimes mĂ©diterranĂ©ens ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă une diminution de la dĂ©pression et du dĂ©clin cognitif dans la population gĂ©nĂ©rale, mais les donnĂ©es spĂ©cifiques aux maladies cardiovasculaires restent Ă©mergentes. Le jeĂ»ne et la restriction calorique ont donnĂ© des rĂ©sultats prĂ©liminaires concernant lâhumeur et la cognition, sans donnĂ©es suffisantes pour recommander une mĂ©thode particuliĂšre.
Dans un petit essai menĂ© chez des patients atteints dâinsuffisance cardiaque, une supplĂ©mentation en acide eicosapentaĂ©noĂŻque et en acide docosahexaĂ©noĂŻque Ă©tait associĂ©e Ă des Ă©volutions favorables des symptĂŽmes cognitifs et dĂ©pressifs ainsi que du fonctionnement social ; la petite taille de lâĂ©chantillon et la nature des critĂšres de jugement secondaires imposent une interprĂ©tation prudente. Aucune recommandation alimentaire dĂ©finitive concernant les rĂ©sultats de santĂ© mentale dans les maladies cardiovasculaires ne peut ĂȘtre formulĂ©e Ă partir des donnĂ©es disponibles.
Médicaments et suppléments
La prise en charge fondĂ©e sur le mode alimentaire nâest pas principalement pharmacologique. Le document source identifie toutefois des mĂ©dicaments approuvĂ©s en Europe pouvant complĂ©ter les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques pour la perte pondĂ©rale :
Orlistat.
Naltrexone/bupropion.
Liraglutide Ă forte dose.
Ces mĂ©dicaments peuvent favoriser la perte pondĂ©rale et son maintien, mais peuvent provoquer des effets indĂ©sirables. Aucune dose nâest fournie dans le document source.
Les donnĂ©es citĂ©es ne permettent pas de recommander des supplĂ©ments dâacides gras n-3 pour la prĂ©vention cardiovasculaire secondaire chez les personnes atteintes de diabĂšte de type 2. Lâutilisation de supplĂ©ments est frĂ©quente, mais le document source ne fournit aucun schĂ©ma gĂ©nĂ©ral ni aucune recommandation posologique concernant les supplĂ©ments.
Les mĂ©dicaments psychiatriques nĂ©cessitent une prudence particuliĂšre en cas de maladie cardiovasculaire. De nombreux mĂ©dicaments psychiatriques sont associĂ©s Ă un risque accru de mort subite dâorigine cardiaque, et les antidĂ©presseurs utilisĂ©s dans lâinsuffisance cardiaque ont Ă©tĂ© associĂ©s Ă une augmentation de la mortalitĂ© cardiaque et de la mortalitĂ© toutes causes confondues. Leur utilisation nĂ©cessite donc une collaboration interdisciplinaire chez les patients prĂ©sentant des troubles mentaux complexes ou une insuffisance cardiaque.
Recommandations des guidelines
Les recommandations disponibles peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :
Utiliser les modes alimentaires de type méditerranéen ou DASH comme principales approches fondées sur les données pour la santé cardiométabolique à long terme.
Privilégier les aliments peu transformés, les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales complÚtes, les noix, le poisson, les yaourts et les huiles végétales.
Réduire les aliments ultratransformés, les céréales et féculents raffinés, les sucres ajoutés, les boissons sucrées, le sel, la viande transformée, la viande rouge et les acides gras trans industriels.
Adapter le mode alimentaire aux traditions culturelles, à la disponibilité des aliments, aux préférences, aux besoins énergétiques et aux comorbidités.
En cas dâobĂ©sitĂ©, instaurer une prise en charge hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique structurĂ©e comportant une rĂ©duction calorique, une activitĂ© physique et une modification comportementale.
Lorsque les mesures liées au mode de vie ne donnent pas de résultats suffisants, envisager une intensification par un traitement pharmacologique de la perte pondérale et, le cas échéant, une chirurgie bariatrique.
En cas de diabĂšte de type 2, utiliser une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en pour amĂ©liorer lâĂ©quilibre glycĂ©mique, les paramĂštres lipidiques, la pression artĂ©rielle et le risque cardiovasculaire.
Encourager la réduction du sodium chez les personnes atteintes de maladie cardiovasculaire et de diabÚte de type 2.
Ăviter la supplĂ©mentation systĂ©matique en acides gras n-3 pour la prĂ©vention cardiovasculaire secondaire dans le diabĂšte de type 2, conformĂ©ment aux donnĂ©es citĂ©es.
Nâutiliser les rĂ©gimes cĂ©togĂšnes ou trĂšs pauvres en glucides quâavec une supervision mĂ©dicale ou diĂ©tĂ©tique appropriĂ©e et Ă©viter une restriction glucidique extrĂȘme comme stratĂ©gie Ă long terme.
Reconnaßtre que les données concernant le traitement alimentaire des troubles de la santé mentale dans les maladies cardiovasculaires sont actuellement insuffisantes pour formuler une recommandation spécifique.
Pronostic et suivi
Une meilleure observance des modes alimentaires mĂ©diterranĂ©ens est associĂ©e Ă une rĂ©duction des risques dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires, dâinfarctus du myocarde, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, de mortalitĂ© cardiovasculaire et de diabĂšte. Dans les essais randomisĂ©s, des bĂ©nĂ©fices ont Ă©tĂ© observĂ©s en prĂ©vention primaire comme en prĂ©vention secondaire, notamment une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs et des dĂ©cĂšs cardiovasculaires.
La persistance du bĂ©nĂ©fice dĂ©pend du maintien de lâobservance. De nombreux rĂ©gimes amaigrissants voient leurs effets diminuer Ă 12 mois, tandis que les bĂ©nĂ©fices du rĂ©gime mĂ©diterranĂ©en semblent plus durables. Le maintien Ă long terme est favorisĂ© par un accompagnement souple et culturellement adaptĂ©, ainsi que par une attention portĂ©e Ă la qualitĂ© globale de lâalimentation plutĂŽt quâĂ une restriction extrĂȘme dâun nutriment unique.
Le suivi doit évaluer :
Lâobservance alimentaire et les aliments effectivement consommĂ©s.
LâĂ©volution du poids et du tour de taille.
La pression artérielle.
Les lipides et les triglycérides.
La glycĂ©mie et lâHbA1c en prĂ©sence dâun diabĂšte ou dâune dysglycĂ©mie.
Les symptĂŽmes cardiovasculaires et lâĂ©tat clinique.
LâactivitĂ© physique, le comportement sĂ©dentaire et le sommeil.
Les obstacles pratiques, la sécurité alimentaire et la faisabilité du plan alimentaire.
Les effets indĂ©sirables et lâefficacitĂ© lorsquâun traitement pharmacologique de la perte pondĂ©rale ou un rĂ©gime trĂšs hypocalorique est utilisĂ©.
Aucun intervalle fixe de suivi nâest prĂ©cisĂ© dans le document source. Le conseil alimentaire doit ĂȘtre itĂ©ratif, avec une réévaluation des progrĂšs et une rĂ©vision des objectifs comportementaux au fil du temps. Le principal critĂšre de rĂ©ussite est lâamĂ©lioration de la santĂ© cardiomĂ©tabolique globale, et non le poids Ă lui seul.