đŸš« Maladie du tronc commun de la coronaire gauche : stratĂ©gie de revascularisation

Sommaire (35)

Définition et physiopathologie

La maladie athĂ©rosclĂ©reuse du tronc commun de la coronaire gauche (MTCG) correspond Ă  un rĂ©trĂ©cissement athĂ©rosclĂ©reux du tronc commun de la coronaire gauche, qui vascularise les territoires de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure et de l’artĂšre circonflexe. Comme ces vaisseaux perfusent une grande partie du myocarde ventriculaire gauche, l’atteinte du tronc commun a une importance pronostique considĂ©rable. Le territoire myocardique Ă  risque a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  environ 75–100 %, selon la dominance coronaire.

Une stĂ©nose significative du tronc commun est gĂ©nĂ©ralement dĂ©finie par une rĂ©duction du diamĂštre d’au moins 50 %. Une atteinte proximale sĂ©vĂšre simultanĂ©e de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale et de l’artĂšre circonflexe proximale peut constituer un Ă©quivalent fonctionnel d’une maladie du tronc commun.

Les conséquences cliniques dépendent :

  • De la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la localisation de la stĂ©nose

  • De l’atteinte de la bifurcation distale

  • De l’existence d’une maladie pluritronculaire associĂ©e

  • De l’étendue du myocarde menacĂ©

  • De la fonction systolique ventriculaire gauche

  • Du diabĂšte et des autres comorbiditĂ©s

  • De la complexitĂ© anatomique et de la possibilitĂ© d’une revascularisation complĂšte

Une lĂ©sion proximale menace davantage de myocarde qu’une lĂ©sion distale. Dans des donnĂ©es observationnelles, une lĂ©sion situĂ©e en amont de la premiĂšre branche septale de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure Ă©tait associĂ©e Ă  une survie Ă  cinq ans plus faible qu’une lĂ©sion plus distale.

La revascularisation amĂ©liore le dĂ©bit sanguin myocardique et l’état de santĂ© liĂ© Ă  l’angor, mais n’inverse pas l’athĂ©rosclĂ©rose coronaire. Le bĂ©nĂ©fice Ă  long terme dĂ©pend donc de l’intĂ©gration de la revascularisation Ă  un traitement mĂ©dical conforme aux recommandations et Ă  la prĂ©vention secondaire.

Présentation clinique et symptÎmes

La présentation clinique est variable. Les patients peuvent présenter :

  • Un angor stable ou un Ă©quivalent angineux

  • Une dyspnĂ©e d’effort ou une diminution de la tolĂ©rance Ă  l’exercice

  • Un syndrome coronarien aigu

  • Une ischĂ©mie silencieuse

  • Une insuffisance cardiaque, en particulier lorsque la fonction ventriculaire gauche est altĂ©rĂ©e

  • Une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique dans les prĂ©sentations avancĂ©es ou aiguĂ«s

La maladie du tronc commun peut ĂȘtre cliniquement silencieuse, et les recommandations de revascularisation ne se limitent pas aux patients symptomatiques. Les recommandations actuelles prĂ©conisent une revascularisation en cas de stĂ©nose significative du tronc commun, indĂ©pendamment de la prĂ©sence de symptĂŽmes ou de la charge ischĂ©mique documentĂ©e.

Dans le syndrome coronaire chronique, la revascularisation est particuliĂšrement indiquĂ©e lorsque la maladie fonctionnellement significative entraĂźne des symptĂŽmes persistants limitant le mode de vie malgrĂ© un traitement mĂ©dical conforme aux recommandations. Ni le pontage coronarien ni l’angioplastie coronaire ne doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s en prĂ©sence d’un angor dĂ©pourvu de critĂšres anatomiques ou physiologiques justifiant une revascularisation.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit Ă©tablir Ă  la fois le risque clinique et la faisabilitĂ© d’une revascularisation complĂšte.

L’évaluation clinique comprend :

  • L’intensitĂ© des symptĂŽmes et la limitation fonctionnelle

  • Les signes d’insuffisance cardiaque

  • La stabilitĂ© hĂ©modynamique

  • Le statut diabĂ©tique

  • L’insuffisance rĂ©nale et les autres comorbiditĂ©s importantes

  • La fragilitĂ©

  • La cirrhose hĂ©patique

  • Les fonctions cognitives et l’espĂ©rance de vie, en particulier chez les sujets ĂągĂ©s

  • Une sternotomie ou un pontage coronarien antĂ©rieur

  • Les prĂ©fĂ©rences et les attentes du patient

La fragilité et la cirrhose hépatique sont associées à une augmentation de la mortalité postopératoire et doivent influencer le choix entre angioplastie coronaire et pontage coronarien.

Les signes de l’examen clinique ne sont pas spĂ©cifiques de la maladie du tronc commun. L’examen doit nĂ©anmoins rechercher les consĂ©quences d’une ischĂ©mie myocardique Ă©tendue, notamment l’insuffisance cardiaque, la dĂ©faillance hĂ©modynamique et les troubles du rythme. Le document source ne fournit pas de profil d’examen spĂ©cifique ni de signes physiques diagnostiques propres Ă  la MTCG.

Évaluation diagnostique

Coronarographie

La coronarographie invasive précise :

  • La prĂ©sence et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose du tronc commun

  • L’atteinte ostiale, du corps du tronc ou de la bifurcation distale

  • L’atteinte de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure et de l’artĂšre circonflexe

  • Le nombre de vaisseaux supplĂ©mentaires atteints

  • La morphologie des lĂ©sions et la faisabilitĂ© technique de l’angioplastie coronaire

  • La probabilitĂ© d’une revascularisation complĂšte par angioplastie coronaire ou pontage coronarien

La maladie du tronc commun est frĂ©quemment associĂ©e Ă  une maladie pluritronculaire. La classification de l’atteinte doit inclure Ă  la fois la lĂ©sion du tronc commun et l’étendue de l’atteinte coronaire supplĂ©mentaire.

La coronarographie seule peut ĂȘtre insuffisante lorsque la stĂ©nose est intermĂ©diaire. Dans ces situations, une Ă©valuation intracoronaire est importante :

  • L’échographie intravasculaire (IVUS) est raisonnable pour dĂ©terminer la sĂ©vĂ©ritĂ© d’une stĂ©nose intermĂ©diaire du tronc commun.

  • L’IVUS ou la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) est recommandĂ©e pour planifier et optimiser l’angioplastie coronaire dans les maladies anatomiquement complexes, en particulier les lĂ©sions du tronc commun, les vraies bifurcations et les lĂ©sions longues.

L’imagerie intracoronaire est particuliĂšrement importante pour optimiser l’angioplastie du tronc commun, notamment pour Ă©valuer l’expansion du stent et prĂ©venir la compromission de la branche latĂ©rale. Une ischĂ©mie rĂ©siduelle aprĂšs une intervention angiographiquement rĂ©ussie a Ă©tĂ© dĂ©crite, en particulier dans les atteintes de la bifurcation distale.

Évaluation physiologique

La FFR ou l’iFR doit ĂȘtre utilisĂ©e pour guider l’intervention lorsque les stĂ©noses angiographiques sont intermĂ©diaires et que le contexte clinique comporte un angor ou un Ă©quivalent angineux sans ischĂ©mie documentĂ©e.

Chez les patients stables :

  • Une FFR >0.80 ou une iFR >0.89 est en faveur de l’absence d’angioplastie pour une stĂ©nose intermĂ©diaire.

  • La FFR, l’iFR ou la QFR est recommandĂ©e pour guider la sĂ©lection des lĂ©sions en cas de maladie pluritronculaire.

L’évaluation physiologique est complĂ©mentaire de l’évaluation anatomique. Elle est particuliĂšrement pertinente lorsque la coronarographie ne permet pas d’établir clairement si une lĂ©sion est fonctionnellement significative.

Scores de complexité anatomique

Le score SYNTAX quantifie la complexité anatomique de la maladie coronaire du tronc commun et de la maladie pluritronculaire. Il prend en compte la localisation et la complexité des lésions coronaires et contribue aux discussions de la Heart Team.

Ses limites comprennent :

  • Un calcul lĂ©sion par lĂ©sion chronophage

  • Une variabilitĂ© interobservateur

  • Une faible corrĂ©lation entre les scores des opĂ©rateurs et ceux des laboratoires centraux

  • L’évaluation de l’obstruction sans quantification de la charge athĂ©romateuse

  • L’absence d’intĂ©gration de variables physiologiques ou cliniques

Le score SYNTAX II combine des caractéristiques anatomiques et cliniques et a été développé pour améliorer la discrimination entre angioplastie coronaire et pontage coronarien. Le score SYNTAX II 2020 fournit des estimations des événements cardiovasculaires indésirables majeurs à cinq ans et de la mortalité à dix ans, bien que la validation externe prospective reste limitée.

Le score BCIS de menace myocardique est un autre outil anatomique qui peut prédire la mortalité aprÚs angioplastie coronaire et évaluer la complétude de la revascularisation, mais il est moins couramment utilisé.

Évaluation du risque chirurgical et procĂ©dural

Le modĂšle STS-PROM est recommandĂ© chez les patients Ă©valuĂ©s en vue d’un pontage coronarien. Il fournit des estimations de la mortalitĂ© opĂ©ratoire et des complications et a montrĂ© une meilleure calibration que l’EuroSCORE II chez les patients bĂ©nĂ©ficiant d’un pontage coronarien.

Le score STS-PROM peut Ă©galement contribuer Ă  l’évaluation du risque de revascularisation dans la maladie pluritronculaire, bien que ses performances ne soient pas uniformes selon les procĂ©dures ou les sous-groupes lĂ©sionnels. Dans la maladie du tronc commun, les modĂšles STS ont prĂ©dit les rĂ©sultats du pontage coronarien plus fiablement que ceux de l’angioplastie coronaire pour la mortalitĂ© pĂ©riopĂ©ratoire et l’insuffisance rĂ©nale, tandis que le modĂšle STS de risque d’AVC Ă©tait plus performant pour l’angioplastie coronaire que pour le pontage coronarien.

Les catégories de risque de mortalité du pontage coronarien décrites dans le document source sont :

Mortalité chirurgicale prédite par le STS-PROM Catégorie de risque
<4% Faible
4–8% IntermĂ©diaire
>8% ÉlevĂ©

Aucun score de risque ne doit remplacer le jugement clinique. La complexitĂ© anatomique, la fragilitĂ©, la maladie hĂ©patique, la fonction ventriculaire, la fonction rĂ©nale, l’espĂ©rance de vie et les prĂ©fĂ©rences du patient doivent ĂȘtre prises en compte parallĂšlement aux estimations numĂ©riques du risque.

Importance pronostique de la maladie du tronc commun

La maladie du tronc commun constitue un sous-groupe anatomique Ă  haut risque en raison de l’importance du territoire myocardique vascularisĂ©. Les Ă©tudes historiques de l’histoire naturelle, rĂ©alisĂ©es avant l’ùre de la revascularisation contemporaine et de la prĂ©vention secondaire, rapportaient une mortalitĂ© d’environ 15–20 % par an sans revascularisation dans les formes sĂ©vĂšres de maladie du tronc commun. Le risque actuel est probablement plus faible, bien qu’aucune donnĂ©e rĂ©cente sur l’histoire naturelle n’ait Ă©tĂ© fournie.

Une sténose significative du tronc commun reste une indication de revascularisation. Le pronostic est également influencé par :

  • La fraction d’éjection ventriculaire gauche

  • Le nombre de vaisseaux atteints

  • L’atteinte de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale

  • L’atteinte de la bifurcation distale

  • Le diabĂšte

  • La complexitĂ© anatomique

  • La complĂ©tude de la revascularisation

  • Le risque procĂ©dural

L’interaction entre la maladie pluritronculaire et la dysfonction ventriculaire gauche est particuliĂšrement importante. Une FEVG rĂ©duite est associĂ©e Ă  une moins bonne survie, et cet effet dĂ©favorable devient plus marquĂ© Ă  mesure que l’étendue de la maladie coronaire augmente.

Choix entre pontage coronarien et angioplastie coronaire

Principes généraux

Le pontage coronarien et l’angioplastie coronaire peuvent tous deux donner d’excellents rĂ©sultats chez des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e. La dĂ©cision doit reposer sur :

  • L’indication clinique

  • L’anatomie coronaire

  • La complexitĂ© anatomique

  • La fonction ventriculaire gauche

  • Le risque chirurgical et le risque de l’angioplastie coronaire

  • La probabilitĂ© d’une revascularisation complĂšte

  • Le diabĂšte et les comorbiditĂ©s

  • L’expertise de l’opĂ©rateur et du centre

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient

  • Les attentes Ă  long terme concernant l’infarctus du myocarde et la nĂ©cessitĂ© d’une nouvelle intervention

Une Heart Team rĂ©unissant cardiologie interventionnelle, chirurgie cardiaque et cardiologie clinique est recommandĂ©e lorsque la stratĂ©gie optimale est incertaine ou que l’anatomie est complexe. Les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques doivent ĂȘtre centrĂ©es sur le patient et comporter une discussion des risques, des bĂ©nĂ©fices, des alternatives, des consĂ©quences du traitement et des objectifs du patient.

Résultats comparatifs

Les comparaisons randomisées entre angioplastie coronaire et pontage coronarien dans la maladie du tronc commun montrent généralement :

  • Une mortalitĂ© globale Ă  long terme similaire chez les patients correctement sĂ©lectionnĂ©s

  • Davantage d’infarctus du myocarde spontanĂ©s aprĂšs angioplastie coronaire

  • Davantage de revascularisations itĂ©ratives aprĂšs angioplastie coronaire

  • Davantage d’AVC prĂ©coces aprĂšs pontage coronarien

  • Un caractĂšre plus invasif, une hospitalisation plus longue et une rĂ©cupĂ©ration plus longue avec le pontage coronarien

  • Moins de revascularisations itĂ©ratives avec le pontage coronarien

Une mĂ©ta-analyse individuelle de quatre essais randomisĂ©s a rapportĂ© une mortalitĂ© Ă  cinq ans de 11.2 % avec l’angioplastie coronaire et de 10.2 % avec le pontage coronarien, sans diffĂ©rence statistiquement significative. L’infarctus du myocarde spontanĂ© Ă©tait plus frĂ©quent aprĂšs angioplastie coronaire, tandis que l’AVC prĂ©coce Ă©tait moins frĂ©quent avec l’angioplastie coronaire qu’avec le pontage coronarien.

Les populations des essais cliniques Ă©taient hautement sĂ©lectionnĂ©es. Les patients inclus Ă©taient gĂ©nĂ©ralement relativement jeunes, prĂ©sentaient moins de comorbiditĂ©s et avaient une anatomie permettant une revascularisation complĂšte par l’une ou l’autre mĂ©thode. Par consĂ©quent, les rĂ©sultats des essais ne doivent pas ĂȘtre extrapolĂ©s sans discernement aux patients prĂ©sentant de nombreuses comorbiditĂ©s, une fragilitĂ© ou une anatomie ne permettant pas l’une des procĂ©dures.

Pontage coronarien

Le pontage coronarien est généralement privilégié lorsque :

  • La maladie du tronc commun s’accompagne d’une maladie pluritronculaire de haute complexitĂ© ou diffuse

  • Une revascularisation complĂšte peut ĂȘtre obtenue plus sĂ»rement par voie chirurgicale

  • Le score SYNTAX est Ă©levĂ©

  • Un diabĂšte est prĂ©sent avec une maladie pluritronculaire impliquant l’IVA

  • Le patient est un candidat chirurgical acceptable

  • La prioritĂ© Ă  long terme est de rĂ©duire les infarctus du myocarde spontanĂ©s et les revascularisations itĂ©ratives

Les recommandations ACC/AHA de 2021 sur la revascularisation prĂ©conisent le pontage coronarien plutĂŽt que l’angioplastie coronaire en cas de maladie significative du tronc commun associĂ©e Ă  une maladie coronaire de haute complexitĂ©, afin d’amĂ©liorer la survie. Le pontage coronarien est Ă©galement raisonnable plutĂŽt que l’angioplastie coronaire en cas de maladie pluritronculaire Ă  anatomie complexe ou diffuse, telle qu’un score SYNTAX >33.

Dans le syndrome coronaire chronique, le pontage coronarien est recommandĂ© plutĂŽt qu’un traitement mĂ©dical seul en cas de maladie significative du tronc commun chez les patients prĂ©sentant un faible risque chirurgical. Il constitue Ă©galement la modalitĂ© globale de revascularisation privilĂ©giĂ©e par rapport Ă  l’angioplastie coronaire en raison du risque moindre d’infarctus du myocarde spontanĂ© et de revascularisation itĂ©rative.

Angioplastie coronaire

L’angioplastie coronaire constitue une alternative lorsque :

  • La complexitĂ© anatomique du tronc commun est faible ou intermĂ©diaire

  • Une revascularisation complĂšte comparable Ă  celle du pontage coronarien peut ĂȘtre obtenue

  • Le risque chirurgical est Ă©levĂ©

  • Le patient prĂ©fĂšre une approche moins invasive

  • L’expertise locale et le volume d’activitĂ© procĂ©dural sont appropriĂ©s

  • L’anatomie coronaire est favorable, notamment en l’absence de maladie coronaire diffuse

En cas de maladie significative du tronc commun avec un score SYNTAX ≀22 et une complĂ©tude de revascularisation attendue Ă©quivalente, l’angioplastie coronaire est recommandĂ©e comme alternative au pontage coronarien, car elle est moins invasive et offre une survie non infĂ©rieure. Pour une complexitĂ© intermĂ©diaire, dĂ©finie dans le document source par un score SYNTAX de 23–32, l’angioplastie coronaire doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsqu’une complĂ©tude de revascularisation Ă©quivalente est rĂ©alisable.

L’angioplastie coronaire n’est pas recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire plus complexe lorsque le pontage coronarien constitue une alternative appropriĂ©e. Chez les patients Ă  haut risque chirurgical, l’angioplastie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e plutĂŽt qu’un traitement mĂ©dical seul dans des cas sĂ©lectionnĂ©s.

Maladie du tronc commun au niveau de la bifurcation distale

Les lésions de la bifurcation distale sont techniquement difficiles et sont associées à de moins bons résultats cliniques que les lésions du tronc commun sans atteinte de bifurcation. Une atteinte vraie de la bifurcation peut nécessiter des techniques à deux stents.

Bien que les rĂ©sultats angiographiques puissent ĂȘtre excellents, une ischĂ©mie rĂ©siduelle peut persister aprĂšs l’intervention et est associĂ©e Ă  une mortalitĂ© cardiovasculaire Ă  long terme plus Ă©levĂ©e. L’imagerie intracoronaire doit ĂȘtre utilisĂ©e pour optimiser l’expansion du stent et rĂ©duire l’emprisonnement de la branche latĂ©rale.

Le document source rapporte que, pour les lĂ©sions distales du tronc commun, une stratĂ©gie Ă  deux stents de type « double-kiss crush » Ă©tait supĂ©rieure au stenting provisoire ou Ă  la technique en culotte, avec une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiaques indĂ©sirables majeurs, des revascularisations itĂ©ratives et des thromboses de stent. Ces donnĂ©es plaident en faveur d’une planification procĂ©durale rigoureuse et du recours Ă  des opĂ©rateurs expĂ©rimentĂ©s pour les angioplasties complexes du tronc commun distal.

L’expĂ©rience de l’opĂ©rateur est cliniquement importante. Un volume procĂ©dural plus Ă©levĂ© a Ă©tĂ© associĂ© Ă  de meilleurs rĂ©sultats dans l’angioplastie du tronc commun non protĂ©gĂ©, bien que les opĂ©rateurs Ă  haut volume puissent Ă©galement prendre en charge des patients prĂ©sentant davantage de comorbiditĂ©s et une plus grande complexitĂ© anatomique.

Syndromes coronariens aigus et choc cardiogénique

Infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST

En cas d’infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI) avec des symptĂŽmes ischĂ©miques Ă©voluant depuis moins de 12 heures, une angioplastie coronaire primaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e afin d’amĂ©liorer la survie.

L’angioplastie coronaire reste raisonnable chez les patients stables se prĂ©sentant 12–24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes. Elle est Ă©galement indiquĂ©e indĂ©pendamment du dĂ©lai lorsque le STEMI se complique d’un choc cardiogĂ©nique ou d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique. Si l’angioplastie coronaire n’est pas rĂ©alisable, un pontage coronarien peut ĂȘtre utilisĂ© comme mĂ©thode de reperfusion.

Les recommandations supplémentaires comprennent :

  • Une angioplastie de sauvetage doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e aprĂšs Ă©chec de la reperfusion fibrinolytique.

  • Une coronarographie dans les 3–24 heures suivant la fibrinolyse, avec intention de rĂ©aliser une angioplastie coronaire, est raisonnable.

  • Chez les patients prĂ©sentant une ischĂ©mie persistante, une insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou une arythmie mettant en jeu le pronostic vital, l’angioplastie coronaire peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique quel que soit le dĂ©lai.

  • Un pontage coronarien en urgence ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ© aprĂšs Ă©chec d’une angioplastie primaire en l’absence d’ischĂ©mie persistante ou d’un large territoire myocardique Ă  risque, ou lorsqu’un phĂ©nomĂšne de no-reflow ou de mauvaises cibles distales rend la chirurgie inadaptĂ©e.

  • La thrombectomie par aspiration systĂ©matique avant l’angioplastie primaire n’est pas utile.

Chez des patients sĂ©lectionnĂ©s, hĂ©modynamiquement stables, prĂ©sentant un STEMI et une maladie pluritronculaire, une angioplastie Ă©tagĂ©e d’une artĂšre significative non liĂ©e Ă  l’infarctus aprĂšs angioplastie rĂ©ussie de l’artĂšre coupable est recommandĂ©e afin de rĂ©duire la mortalitĂ© ou l’infarctus du myocarde. Un pontage coronarien programmĂ© peut ĂȘtre raisonnable en cas de maladie pluritronculaire complexe non liĂ©e Ă  l’infarctus. L’angioplastie d’une lĂ©sion non liĂ©e Ă  l’infarctus au moment de l’angioplastie primaire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez des patients stables sĂ©lectionnĂ©s prĂ©sentant une maladie de faible complexitĂ©, mais ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e systĂ©matiquement en cas de choc cardiogĂ©nique.

Choc cardiogénique

La revascularisation rapide de l’artĂšre liĂ©e Ă  l’infarctus est la seule stratĂ©gie fondĂ©e sur des preuves dĂ©crite comme rĂ©duisant la mortalitĂ© dans le choc cardiogĂ©nique liĂ© Ă  l’infarctus du myocarde. L’angioplastie avec implantation d’un stent actif est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e.

Environ 80 % des patients en choc cardiogĂ©nique prĂ©sentent une maladie pluritronculaire. Dans ce contexte, une angioplastie limitĂ©e Ă  l’artĂšre coupable, avec revascularisation Ă©tagĂ©e Ă©ventuelle, est prĂ©fĂ©rable Ă  une angioplastie pluritronculaire immĂ©diate, car elle rĂ©duit la mortalitĂ© Ă  30 jours et le recours Ă  une supplĂ©ance rĂ©nale. L’angioplastie immĂ©diate systĂ©matique des lĂ©sions non coupables doit donc ĂȘtre Ă©vitĂ©e.

La voie radiale est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la voie fĂ©morale lorsqu’elle est possible, en raison de sa plus grande sĂ©curitĂ©. Le pontage coronarien est rarement utilisĂ©, principalement lorsque l’anatomie coronaire ne peut pas ĂȘtre traitĂ©e de maniĂšre adĂ©quate par angioplastie coronaire.

Syndrome coronarien aigu sans sus-décalage du segment ST

Dans le syndrome coronarien aigu sans sus-décalage du segment ST (NSTE-ACS) :

  • Une stratĂ©gie invasive avec intention de revasculariser est indiquĂ©e chez les patients prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© d’évĂ©nements ischĂ©miques rĂ©cidivants et qui sont des candidats appropriĂ©s.

  • Une revascularisation en urgence est recommandĂ©e en cas de choc cardiogĂ©nique.

  • Une prise en charge invasive immĂ©diate est indiquĂ©e en cas d’angor rĂ©fractaire ou d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique.

  • Une stratĂ©gie invasive prĂ©coce, dans les 24 heures, est raisonnable chez les patients stabilisĂ©s Ă  haut risque clinique.

  • Une prise en charge invasive avant la sortie est raisonnable chez les patients stabilisĂ©s Ă  risque intermĂ©diaire ou faible.

  • Un pontage coronarien en urgence est raisonnable aprĂšs Ă©chec de l’angioplastie coronaire lorsqu’une ischĂ©mie persistante, une dĂ©faillance hĂ©modynamique ou une occlusion imminente expose une quantitĂ© importante de myocarde Ă  un risque.

  • Une angioplastie pluritronculaire systĂ©matique dans le mĂȘme temps des lĂ©sions non coupables ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en cas de choc cardiogĂ©nique.

Revascularisation en cas de dysfonction ventriculaire gauche

La dysfonction ventriculaire gauche modifie considérablement le pronostic et le choix thérapeutique.

Un pontage coronarien est recommandĂ© chez les patients appropriĂ©s prĂ©sentant un syndrome coronaire chronique, une maladie pluritronculaire et une FEVG ≀35 % afin d’amĂ©liorer la survie Ă  long terme. Chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite qui sont opĂ©rables, le pontage coronarien doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme la stratĂ©gie de revascularisation de premiĂšre intention, en particulier en prĂ©sence d’un diabĂšte ou d’une maladie pluritronculaire.

La revascularisation doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e pour soulager un angor persistant ou un Ă©quivalent angineux malgrĂ© un traitement mĂ©dical optimal. L’amĂ©lioration du pronostic nĂ©cessite une Ă©valuation individuelle de :

  • L’anatomie coronaire

  • La sĂ©vĂ©ritĂ© de l’atteinte proximale

  • L’atteinte du tronc commun ou de l’IVA proximale

  • Les comorbiditĂ©s

  • L’espĂ©rance de vie

  • Le risque procĂ©dural

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient

L’angioplastie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative au pontage coronarien aprĂšs Ă©valuation par la Heart Team lorsque l’anatomie, les comorbiditĂ©s ou le risque chirurgical plaident en sa faveur.

Les patients prĂ©sentant un syndrome coronaire chronique et une insuffisance cardiaque doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s Ă  un programme multidisciplinaire de prise en charge de l’insuffisance cardiaque. Les traitements recommandĂ©s de l’insuffisance cardiaque dĂ©crits dans le document source comprennent :

  • Un inhibiteur de l’enzyme de conversion, un antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes et un inhibiteur de SGLT2 dans l’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite

  • Un bĂȘtabloquant chez les patients stables prĂ©sentant une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite

  • Un ARA II lorsqu’un inhibiteur de l’enzyme de conversion ou un ARNI n’est pas tolĂ©rĂ©

  • Le sacubitril/valsartan en remplacement d’un inhibiteur de l’enzyme de conversion ou d’un ARA II dans l’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite

  • Des diurĂ©tiques en cas de congestion

  • Des inhibiteurs de SGLT2 dans l’insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection modĂ©rĂ©ment rĂ©duite ou prĂ©servĂ©e

Un DAI est recommandĂ© chez certains patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque ischĂ©mique symptomatique, une FEVG ≀35 % malgrĂ© au moins trois mois de traitement optimisĂ© et une survie attendue nettement supĂ©rieure Ă  un an avec un bon Ă©tat fonctionnel. Une CRT est recommandĂ©e chez les patients symptomatiques en rythme sinusal prĂ©sentant une FEVG ≀35 %, une durĂ©e du QRS ≄150 ms et une morphologie de BBG malgrĂ© un traitement conforme aux recommandations.

DiabĂšte et maladie pluritronculaire

Le diabĂšte renforce l’indication du pontage coronarien lorsqu’une atteinte du tronc commun ou une maladie pluritronculaire est prĂ©sente, en particulier lorsque l’IVA est atteinte.

Chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie coronaire pluritronculaire impliquant l’IVA et qui sont des candidats chirurgicaux appropriĂ©s, un pontage coronarien avec greffon mammaire interne gauche sur l’IVA est recommandĂ© plutĂŽt qu’une angioplastie coronaire afin de rĂ©duire la mortalitĂ© et les revascularisations itĂ©ratives.

Dans la population de l’essai FREEDOM, qui comprenait des patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie pluritronculaire sans atteinte du tronc commun, l’angioplastie coronaire Ă©tait associĂ©e Ă  une mortalitĂ© Ă  long terme plus Ă©levĂ©e que le pontage coronarien au cours du suivi rapportĂ©. L’avantage en termes de survie du pontage coronarien Ă©tait particuliĂšrement Ă©vident chez les patients plus jeunes dans les analyses prolongĂ©es, bien que le suivi prolongĂ© fĂ»t incomplet.

L’angioplastie coronaire reste une option chez les patients diabĂ©tiques nĂ©cessitant une revascularisation mais prĂ©sentant un risque chirurgical Ă©levĂ©. Chez les patients diabĂ©tiques atteints d’une maladie du tronc commun et d’une maladie de faible ou de moyenne complexitĂ© sur les autres segments, l’angioplastie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative au pontage coronarien.

Considérations techniques et procédurales

Choix du stent

Les stents actifs sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux stents nus lors de l’angioplastie coronaire, car ils rĂ©duisent la restĂ©nose, l’infarctus du myocarde et la thrombose aiguĂ« du stent.

Préparation de la lésion

En présence de lésions fibreuses ou fortement calcifiées :

  • L’athĂ©rectomie rotationnelle peut amĂ©liorer le succĂšs de la procĂ©dure.

  • L’athĂ©rectomie orbitale, l’athĂ©rectomie par ballon, l’angioplastie au laser ou la lithotripsie intracoronaire peuvent ĂȘtre envisagĂ©es.

Imagerie intracoronaire

L’IVUS ou l’OCT est recommandĂ©e pour les angioplasties anatomiquement complexes, en particulier les lĂ©sions du tronc commun, les vraies bifurcations et les lĂ©sions longues. L’imagerie sert Ă  caractĂ©riser les lĂ©sions, Ă  guider la mise en place du stent et Ă  optimiser son expansion.

Assistance hémodynamique

Chez certains patients Ă  haut risque soumis Ă  une angioplastie complexe, la mise en place Ă©lective d’un dispositif d’assistance hĂ©modynamique appropriĂ© peut ĂȘtre raisonnable afin de prĂ©venir une dĂ©faillance hĂ©modynamique procĂ©durale.

Pontage coronarien antérieur et maladie des greffons veineux saphÚnes

Lorsqu’une angioplastie coronaire est nĂ©cessaire aprĂšs un pontage coronarien antĂ©rieur :

  • Si elle est techniquement possible, une protection contre les embolies lors de l’angioplastie d’un greffon veineux saphĂšne est raisonnable afin de rĂ©duire l’embolisation distale.

  • L’angioplastie d’une artĂšre coronaire native accessible est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  celle d’un greffon veineux saphĂšne trĂšs altĂ©rĂ©.

  • L’angioplastie d’un greffon veineux saphĂšne occlus de maniĂšre chronique ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e.

Revascularisation coronaire hybride

La revascularisation coronaire hybride associe un greffon mammaire interne sur l’IVA Ă  une angioplastie des vaisseaux non-IVA. Le temps chirurgical est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ© par une mini-thoracotomie antĂ©rieure gauche ou par un pontage mammaire interne gauche–IVA assistĂ© par robot.

L’objectif est d’associer la valeur pronostique d’un greffon mammaire interne gauche sur l’IVA à une angioplastie contemporaine des vaisseaux qui auraient autrement reçu des greffons veineux, sujets à l’occlusion.

Les donnĂ©es randomisĂ©es sont limitĂ©es et les dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises par la Heart Team. Les caractĂ©ristiques cliniques pouvant plaider en faveur d’une stratĂ©gie hybride comprennent :

  • Une maladie pluritronculaire avec une IVA adaptĂ©e au pontage et des lĂ©sions non-IVA adaptĂ©es Ă  l’angioplastie coronaire

  • Une athĂ©rome de l’aorte ascendante

  • Une maladie du tronc commun non protĂ©gĂ© ne pouvant pas ĂȘtre traitĂ©e par angioplastie coronaire

  • Une maladie complexe de l’IVA

  • Un Ăąge avancĂ©

  • Une FEVG ≀30 %

  • Une fragilitĂ©

  • Un diabĂšte

  • Une insuffisance rĂ©nale

  • Une sternotomie antĂ©rieure

  • L’absence de conduits de pontage appropriĂ©s

Cadre thérapeutique fondé sur les recommandations

Syndrome coronaire chronique

Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.

Situation clinique Stratégie privilégiée
StĂ©nose significative du tronc commun, faible risque chirurgical Pontage coronarien plutĂŽt que traitement mĂ©dical ; pontage coronarien gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ© par rapport Ă  l’angioplastie coronaire
StĂ©nose du tronc commun, score SYNTAX ≀22, complĂ©tude Ă©quivalente rĂ©alisable par angioplastie coronaire L’angioplastie coronaire est une alternative au pontage coronarien
StĂ©nose du tronc commun, score SYNTAX 23–32, complĂ©tude Ă©quivalente rĂ©alisable L’angioplastie coronaire doit ĂȘtre envisagĂ©e
Maladie du tronc commun avec maladie coronaire de haute complexitĂ© Pontage coronarien privilĂ©giĂ© par rapport Ă  l’angioplastie coronaire
Maladie du tronc commun avec risque chirurgical Ă©levĂ© L’angioplastie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez des patients sĂ©lectionnĂ©s
DiabĂšte avec maladie pluritronculaire impliquant l’IVA et indication chirurgicale appropriĂ©e Pontage coronarien avec greffon mammaire interne gauche sur l’IVA privilĂ©giĂ© par rapport Ă  l’angioplastie coronaire
Maladie tritronculaire, FEVG prĂ©servĂ©e, absence de diabĂšte, complexitĂ© faible Ă  intermĂ©diaire Pontage coronarien recommandĂ© ; l’angioplastie coronaire est une option lorsqu’une complĂ©tude Ă©quivalente est rĂ©alisable
Maladie pluritronculaire et FEVG ≀35 %, patient opĂ©rable Pontage coronarien recommandĂ© pour amĂ©liorer la survie
Angor persistant malgré un traitement médical conforme aux recommandations et maladie significative accessible à la revascularisation Revascularisation recommandée pour améliorer les symptÎmes
Angor sans critĂšres anatomiques ou physiologiques de revascularisation Le pontage coronarien et l’angioplastie coronaire ne doivent pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©s

Les recommandations ACC/AHA de 2021 précisent également que :

  • Une Ă©valuation du risque selon le STS doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant un pontage coronarien.

  • Une Heart Team doit ĂȘtre sollicitĂ©e lorsque la stratĂ©gie optimale n’est pas claire.

  • La FFR ou l’iFR doit guider les dĂ©cisions d’angioplastie coronaire en cas de stĂ©noses angiographiques intermĂ©diaires.

  • Une angioplastie coronaire ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients stables prĂ©sentant une FFR >0.80 ou une iFR >0.89.

  • Un pontage coronarien est recommandĂ© en cas de maladie significative du tronc commun.

  • Une angioplastie coronaire est raisonnable lorsqu’elle peut fournir une revascularisation Ă©quivalente dans certains cas de maladie du tronc commun.

  • Le pontage coronarien est prĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’angioplastie coronaire en cas de maladie du tronc commun de haute complexitĂ©.

  • Le pontage coronarien est prĂ©fĂ©rĂ© chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie pluritronculaire impliquant l’IVA.

  • Les stents actifs doivent ĂȘtre utilisĂ©s de prĂ©fĂ©rence aux stents nus.

Revascularisation avant une chirurgie non cardiaque

Une revascularisation coronaire prophylactique systĂ©matique avant une chirurgie non cardiaque n’est pas recommandĂ©e dans le seul but de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires pĂ©riopĂ©ratoires chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire non complexe sans atteinte du tronc commun.

Cela n’exclut pas une revascularisation lorsqu’il existe une indication conventionnelle, telle qu’une maladie significative du tronc commun, une grande quantitĂ© de myocarde menacĂ© ou des symptĂŽmes rĂ©fractaires. La dĂ©cision doit reposer sur une Ă©valuation individuelle du rapport bĂ©nĂ©fice-risque, et la chirurgie doit ĂȘtre suffisamment diffĂ©rĂ©e pour permettre une gestion sĂ»re du traitement antiplaquettaire double lorsqu’une angioplastie coronaire a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e.

Traitement médical et prévention secondaire

La revascularisation ne traite pas le processus athéroscléreux sous-jacent. Un traitement médical conforme aux recommandations reste essentiel avant et aprÚs une angioplastie coronaire ou un pontage coronarien.

Le document source souligne :

  • L’optimisation maximale du traitement mĂ©dical conforme aux recommandations dans la maladie coronaire chronique

  • Le traitement de l’angor et la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements non fatals

  • La prĂ©vention secondaire aprĂšs revascularisation

  • La prise en charge de l’insuffisance cardiaque lorsqu’une dysfonction ventriculaire gauche est prĂ©sente

  • L’individualisation selon les comorbiditĂ©s, l’espĂ©rance de vie et les prĂ©fĂ©rences du patient

Les doses spĂ©cifiques des mĂ©dicaments antiangineux ne sont pas fournies dans le document source. De mĂȘme, les schĂ©mas dĂ©taillĂ©s des traitements antiplaquettaires, hypolipĂ©miants, antihypertenseurs et hypoglycĂ©miants ne sont pas prĂ©cisĂ©s et ne peuvent donc pas ĂȘtre dĂ©taillĂ©s ici.

Pronostic et suivi

Pronostic

Le pronostic est dĂ©terminĂ© par l’interaction entre l’anatomie, la fonction ventriculaire, le risque clinique et la stratĂ©gie de revascularisation choisie.

Le pontage coronarien et l’angioplastie coronaire offrent une mortalitĂ© Ă  long terme globalement similaire chez les patients sĂ©lectionnĂ©s prĂ©sentant une maladie du tronc commun, mais leurs profils de risque diffĂšrent :

  • Angioplastie coronaire : davantage d’infarctus du myocarde spontanĂ©s et de revascularisations itĂ©ratives

  • Pontage coronarien : caractĂšre plus invasif et davantage d’AVC prĂ©coces

  • Angioplastie coronaire : moindre morbiditĂ© procĂ©durale et rĂ©cupĂ©ration plus rapide

  • Pontage coronarien : absence plus durable de nĂ©cessitĂ© d’une nouvelle intervention

En cas de maladie pluritronculaire complexe, de diabĂšte et de scores SYNTAX Ă©levĂ©s, le rapport bĂ©nĂ©fice-risque est gĂ©nĂ©ralement en faveur du pontage coronarien. En cas de maladie du tronc commun de faible complexitĂ© avec une complĂ©tude de revascularisation Ă©quivalente, l’angioplastie coronaire offre une alternative moins invasive avec une survie non infĂ©rieure.

Priorités du suivi

Le suivi doit comprendre :

  • L’évaluation d’un angor rĂ©cidivant ou d’équivalents angineux

  • L’état fonctionnel et la tolĂ©rance Ă  l’exercice

  • Les symptĂŽmes d’insuffisance cardiaque et l’état volĂ©mique

  • L’observance du traitement mĂ©dical conforme aux recommandations

  • La prise en charge du diabĂšte et des autres comorbiditĂ©s

  • La recherche d’évĂ©nements ischĂ©miques rĂ©cidivants

  • La prise en compte de la probabilitĂ© accrue d’une revascularisation itĂ©rative aprĂšs angioplastie coronaire

  • La surveillance de la fonction ventriculaire gauche lorsqu’elle est altĂ©rĂ©e

  • La poursuite d’une dĂ©cision partagĂ©e concernant les symptĂŽmes, la qualitĂ© de vie et les interventions futures

Les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une angioplastie complexe du tronc commun nĂ©cessitent une attention particuliĂšre concernant la rĂ©cidive des symptĂŽmes et la durabilitĂ© de la procĂ©dure. L’imagerie intracoronaire et l’évaluation physiologique sont importantes lors de l’intervention initiale lorsqu’elles sont appropriĂ©es, mais le document source ne dĂ©finit pas de calendrier systĂ©matique d’imagerie de surveillance chez les patients asymptomatiques.

Globalement, la stratĂ©gie optimale ne dĂ©pend pas uniquement de la sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique. Elle nĂ©cessite une Ă©valuation intĂ©grĂ©e de la menace myocardique, de la complexitĂ© des lĂ©sions, des risques chirurgique et interventionnel, de la fonction ventriculaire, des comorbiditĂ©s, de l’expertise procĂ©durale, de la probabilitĂ© d’une revascularisation complĂšte et des prĂ©fĂ©rences du patient.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026