Définition et physiopathologie
La stĂ©nose carotidienne est un rĂ©trĂ©cissement athĂ©rosclĂ©reux des artĂšres carotides. Elle sâinscrit dans le cadre dâune maladie artĂ©rielle multifocale, dĂ©finie par une athĂ©rosclĂ©rose touchant au moins deux territoires vasculaires. La maladie carotidienne coexiste donc frĂ©quemment avec une maladie coronarienne (CAD), une artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs (AOMI) et dâautres manifestations de lâathĂ©rosclĂ©rose systĂ©mique.
La principale prĂ©occupation clinique est lâembolie cĂ©rĂ©brale ou la compromission hĂ©modynamique entraĂźnant un accident ischĂ©mique transitoire (AIT) ou un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral (AVC). Le risque associĂ© Ă une maladie asymptomatique dĂ©pend largement de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose et des caractĂ©ristiques de la plaque. Dans la population gĂ©nĂ©rale, la prĂ©valence dâune stĂ©nose carotidienne asymptomatique dâau moins 70 % est faible, comprise entre 0 et 3,1 %. En revanche, dans certaines populations sĂ©lectionnĂ©es Ă haut risque, la prĂ©valence peut ĂȘtre suffisamment Ă©levĂ©e pour rendre un dĂ©pistage ciblĂ© coĂ»t-efficace.
Pour une stĂ©nose asymptomatique dâau moins 70 %, le risque rapportĂ© dâAVC ipsilatĂ©ral Ă 5 ans est de 14,6 %, et une revascularisation peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s. En prĂ©sence dâun diabĂšte, la prĂ©valence des plaques carotidiennes est linĂ©airement corrĂ©lĂ©e au diabĂšte et lâathĂ©rosclĂ©rose carotidienne tend Ă ĂȘtre plus avancĂ©e que chez les personnes non diabĂ©tiques.
La maladie carotidienne constitue Ă©galement un marqueur du risque cardiovasculaire systĂ©mique. La prĂ©sence dâun souffle carotidien est associĂ©e Ă un risque approximativement doublĂ© dâinfarctus du myocarde et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La prise en charge doit donc cibler Ă la fois le risque cĂ©rĂ©brovasculaire et la charge athĂ©rosclĂ©reuse globale.
Présentation clinique et symptÎmes
Maladie asymptomatique
De nombreux patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne ne prĂ©sentent aucun symptĂŽme neurologique focal. Une maladie asymptomatique peut ĂȘtre dĂ©couverte lors dâune Ă©chographie-Doppler ciblĂ©e (DUS), dâune Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire ou du bilan dâune autre maladie athĂ©rosclĂ©reuse.
Le dĂ©pistage systĂ©matique en population gĂ©nĂ©rale nâest pas recommandĂ©, car la prĂ©valence des stĂ©noses asymptomatiques sĂ©vĂšres est faible, il nâa pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le dĂ©pistage rĂ©duisait le risque dâAVC et la dĂ©tection peut entraĂźner une anxiĂ©tĂ© injustifiĂ©e ainsi que des procĂ©dures invasives inappropriĂ©es.
Maladie symptomatique
Les symptĂŽmes de la maladie carotidienne comprennent :
AIT ;
AVC ischémique ;
symptĂŽmes neurologiques focaux attribuables au territoire carotidien atteint.
La prĂ©sence de symptĂŽmes neurologiques rĂ©cents est particuliĂšrement importante pour dĂ©terminer la prise en charge. Le bĂ©nĂ©fice de la revascularisation carotidienne est maximal chez les patients ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un AIT ou un AVC, en particulier lorsque lâĂ©vĂ©nement est survenu dans les 3 mois et que la stĂ©nose ipsilatĂ©rale dĂ©passe 70 %.
Les patients Ă©valuĂ©s avant une chirurgie non cardiaque doivent ĂȘtre interrogĂ©s spĂ©cifiquement sur la survenue de symptĂŽmes neurologiques au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents. Ceux prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâun AIT ou dâun AVC nĂ©cessitent un avis neurologique et, lorsque cela est appropriĂ©, une imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale.
Ăvaluation et examen clinique
LâanamnĂšse et lâexamen clinique constituent les premiĂšres Ă©tapes de lâĂ©valuation. LâanamnĂšse doit rechercher :
un antĂ©cĂ©dent dâAIT ou dâAVC ;
des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune ischĂ©mie cĂ©rĂ©brale actuelle ou rĂ©cente ;
une CAD, une AOMI ou une autre maladie athéroscléreuse connue ;
un diabĂšte et dâautres facteurs de risque cardiovasculaire ;
un tabagisme, une hypertension artérielle, une hypercholestérolémie et une sédentarité ;
des antĂ©cĂ©dents familiaux, notamment dans lâĂ©valuation plus large dâune maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique ou aortique ;
une intervention chirurgicale prévue, notamment une endartériectomie carotidienne (CEA), un pontage aortocoronarien (CABG) ou une chirurgie non cardiaque majeure.
Lâexamen vasculaire doit comprendre :
la palpation des pouls périphériques ;
lâauscultation Ă la recherche de souffles carotidiens, fĂ©moraux et abdominaux ;
la mesure bilatérale de la pression artérielle brachiale ;
lâauscultation cardiaque ;
lâinspection des jambes et des pieds.
Une diffĂ©rence de pression artĂ©rielle systolique entre les deux bras supĂ©rieure Ă 15 mmHg est associĂ©e Ă une augmentation de 50 % du risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La mesure de la pression artĂ©rielle aux deux bras est donc recommandĂ©e dans lâĂ©valuation vasculaire.
Un souffle carotidien est un marqueur important du risque cardiovasculaire, bien que le document source ne fournisse pas de données sur la sensibilité ou la spécificité diagnostiques de sa détection. Sa présence doit conduire à évaluer le risque vasculaire global du patient et à envisager une exploration non invasive appropriée.
Dépistage de la sténose carotidienne
Dépistage en population générale
Le dĂ©pistage gĂ©nĂ©ralisĂ© de la stĂ©nose carotidienne asymptomatique nâest pas recommandĂ©. La faible prĂ©valence des formes sĂ©vĂšres signifie que le dĂ©pistage en population ne rĂ©duit pas le risque dâAVC et peut exposer les patients Ă une dĂ©tresse psychologique et Ă des procĂ©dures invasives inutiles.
Un dĂ©pistage ciblĂ© peut ĂȘtre raisonnable dans des populations trĂšs sĂ©lectionnĂ©es, chez lesquelles la prĂ©valence attendue dâune stĂ©nose significative est dâau moins 20 %. Lâobjectif du dĂ©pistage ciblĂ© est principalement dâidentifier les patients susceptibles de bĂ©nĂ©ficier dâune prĂ©vention et dâune modification des facteurs de risque, plutĂŽt que de simplement repĂ©rer les candidats Ă une revascularisation.
Patients diabétiques
Un dĂ©pistage carotidien rĂ©gulier nâest pas recommandĂ© chez les patients diabĂ©tiques sans antĂ©cĂ©dent de maladie cĂ©rĂ©brovasculaire, car les donnĂ©es dĂ©montrant quâil amĂ©liore le pronostic sont limitĂ©es. Un dĂ©pistage a Ă©tĂ© proposĂ© chez certains hommes diabĂ©tiques prĂ©sentant Ă©galement une CAD ou un index de pression systolique cheville-bras infĂ©rieur Ă 0,85, ce qui reflĂšte une probabilitĂ© plus Ă©levĂ©e dâathĂ©rosclĂ©rose carotidienne.
La maladie carotidienne asymptomatique chez les patients diabétiques est fréquemment prise en charge de maniÚre conservatrice, avec un suivi par DUS.
Patients devant bĂ©nĂ©ficier dâun CABG
Une DUS carotidienne peut ĂȘtre utile avant un CABG programmĂ©, mais lâapproche doit ĂȘtre sĂ©lective et non systĂ©matique. Le dĂ©pistage est particuliĂšrement pertinent chez les patients prĂ©sentant :
un antĂ©cĂ©dent dâAIT ou dâAVC ;
une AOMI ;
un ùge supérieur à 65 ans ;
un souffle carotidien ;
une CAD pluritronculaire.
Deux Ă©tudes ont suggĂ©rĂ© que limiter la DUS aux patients prĂ©sentant au moins un de ces facteurs de risque permet dâidentifier la plupart des patients ayant une stĂ©nose significative, dĂ©finie comme Ă©tant dâau moins 70 %.
Chez les patients stables devant bĂ©nĂ©ficier dâun CABG, ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents et nâayant pas fait lâobjet dâune revascularisation carotidienne, une DUS carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e. Chez les patients stables sans AIT ni AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents, une DUS peut ĂȘtre envisagĂ©e, mais la recommandation est plus faible.
Lâajout dâune CEA au CABG nâa pas rĂ©duit lâAVC de maniĂšre constante. Chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne sĂ©vĂšre et bĂ©nĂ©ficiant de procĂ©dures sĂ©quentielles ou combinĂ©es, les taux rapportĂ©s dâAVC hospitalier et de mortalitĂ© Ă 30 jours Ă©taient similaires Ă ceux observĂ©s aprĂšs CABG isolĂ©. En consĂ©quence, la dĂ©cision de rĂ©aliser une intervention carotidienne doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que fondĂ©e uniquement sur la prĂ©sence dâune stĂ©nose.
Patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne devant bĂ©nĂ©ficier dâune CEA
Comme la CAD est frĂ©quente chez les patients programmĂ©s pour une CEA Ă©lective, une Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire de la CAD, incluant une coronarographie en cas de suspicion clinique, peut ĂȘtre envisagĂ©e. La revascularisation coronaire et la revascularisation carotidienne doivent ĂȘtre hiĂ©rarchisĂ©es en fonction de lâĂ©tat clinique du patient et de la sĂ©vĂ©ritĂ© de chaque lĂ©sion vasculaire.
En gĂ©nĂ©ral, la revascularisation coronaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en premier. La principale exception est le patient prĂ©sentant une maladie neurologique rĂ©cemment symptomatique et instable, chez lequel la revascularisation carotidienne doit ĂȘtre prioritaire.
Patients devant bĂ©nĂ©ficier dâune chirurgie non cardiaque
Les patients devant bĂ©nĂ©ficier dâune chirurgie non cardiaque doivent ĂȘtre interrogĂ©s sur la survenue rĂ©cente de symptĂŽmes neurologiques. Si un AIT ou un AVC est survenu au cours des 6 derniers mois, un avis neurologique ainsi quâune imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale appropriĂ©e sont recommandĂ©s.
En cas de maladie carotidienne symptomatique, des symptĂŽmes rĂ©cents et une stĂ©nose de haut grade confĂšrent un bĂ©nĂ©fice particuliĂšrement important de la revascularisation carotidienne. Chez les patients ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 3 mois prĂ©cĂ©dents et prĂ©sentant une stĂ©nose supĂ©rieure Ă 70 %, la revascularisation carotidienne doit gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©der la chirurgie non cardiaque Ă©lective, laquelle doit ĂȘtre diffĂ©rĂ©e.
Le rĂŽle dâune revascularisation carotidienne prophylactique chez les patients prĂ©sentant une maladie carotidienne occlusive asymptomatique sĂ©vĂšre et devant bĂ©nĂ©ficier dâune chirurgie non cardiaque Ă©lective majeure reste incertain. Si la revascularisation carotidienne est indiquĂ©e par ailleurs, elle peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant ou aprĂšs lâintervention prĂ©vue. Dans ce contexte, son objectif est principalement la prĂ©vention Ă long terme de lâAVC plutĂŽt que la rĂ©duction du risque dâAVC pĂ©riopĂ©ratoire.
Ăvaluation diagnostique
Ăchographie-Doppler
La DUS est le principal examen non invasif mentionné dans le document source pour évaluer la sténose carotidienne. Elle est utilisée pour :
le dépistage ciblé dans les populations à haut risque ;
lâĂ©valuation dâune maladie carotidienne suspectĂ©e ;
la surveillance dâune maladie asymptomatique prise en charge de maniĂšre conservatrice ;
lâĂ©valuation prĂ©opĂ©ratoire chez certains patients devant bĂ©nĂ©ficier dâun CABG.
Le document source ne fournit pas de critĂšres vĂ©locimĂ©triques spĂ©cifiques, de classifications des plaques ni dâestimations dĂ©taillĂ©es de la prĂ©cision diagnostique de la DUS.
Imagerie neurovasculaire et cérébrale
Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes rĂ©cents Ă©vocateurs dâun AIT ou dâun AVC doivent bĂ©nĂ©ficier, lorsque cela est appropriĂ©, dâune imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale. Le document ne prĂ©cise pas les modalitĂ©s ni les protocoles dâimagerie Ă privilĂ©gier.
Imagerie vasculaire complémentaire
En cas de suspicion dâathĂ©rosclĂ©rose pĂ©riphĂ©rique, lâĂ©valuation dĂ©bute par une DUS non invasive, suivie si nĂ©cessaire dâune angiographie par tomodensitomĂ©trie ou dâune angiographie par rĂ©sonance magnĂ©tique. Cette approche vasculaire globale peut contribuer Ă identifier des lĂ©sions associĂ©es, mais il nâa pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le dĂ©pistage systĂ©matique de territoires vasculaires supplĂ©mentaires asymptomatiques amĂ©liore le pronostic.
Ăvaluation coronaire
Chez les patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique, lâĂ©valuation de la CAD peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par un test dâischĂ©mie ou une tomodensitomĂ©trie coronaire. Le dĂ©pistage systĂ©matique de la CAD chez les patients prĂ©sentant une AOMI stable nâa pas dĂ©montrĂ© dâamĂ©lioration du pronostic, et la coronarographie est moins appropriĂ©e en raison de son caractĂšre invasif.
Chez les patients programmĂ©s pour une endartĂ©riectomie carotidienne et chez lesquels une CAD est suspectĂ©e, une Ă©valuation coronaire, incluant une coronarographie, peut ĂȘtre envisagĂ©e.
Le document source nâaborde pas le rĂŽle spĂ©cifique de lâĂ©lectrocardiographie ni celui des explorations Ă©lectrophysiologiques dans la maladie carotidienne.
Biomarqueurs et résultats biologiques
LâĂ©valuation biologique des patients prĂ©sentant une maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique ou aortique, notamment ceux atteints dâathĂ©rosclĂ©rose carotidienne, doit comprendre :
un bilan lipidique ;
le dosage de la lipoprotéine(a) au moins une fois au cours de la vie du patient ;
une glycémie à jeun ;
une hémoglobine glyquée ;
une évaluation de la fonction rénale ;
une numération-formule sanguine ;
un bilan de coagulation ;
un bilan hépatique ;
un ionogramme ;
des marqueurs inflammatoires, notamment la protéine C-réactive et la vitesse de sédimentation des érythrocytes.
Un bilan thyroĂŻdien peut ĂȘtre ajoutĂ© lorsquâil est cliniquement indiquĂ©.
Les biomarqueurs inflammatoires, les profils mĂ©tabolomiques et les marqueurs protĂ©omiques peuvent avoir une valeur pronostique dans lâartĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique, mais le document source nâĂ©tablit pas leur utilisation dans la prise en charge courante de la maladie carotidienne et ne fournit pas de seuils validĂ©s.
Traitement médical et prise en charge des facteurs de risque
Principes généraux
Un traitement mĂ©dical est nĂ©cessaire, quâune revascularisation soit rĂ©alisĂ©e ou non. La stĂ©nose carotidienne est une manifestation de lâathĂ©rosclĂ©rose systĂ©mique et le traitement doit prendre en compte le risque cardiovasculaire global du patient.
Les facteurs de risque modifiables comprennent :
le tabagisme ;
le diabĂšte ;
lâhypertension artĂ©rielle ;
lâhypercholestĂ©rolĂ©mie ;
lâinactivitĂ© physique.
Les patients atteints dâune maladie carotidienne bĂ©nĂ©ficient dâune modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment lorsque la maladie carotidienne est identifiĂ©e lors de la prĂ©paration dâune intervention chirurgicale.
Réduction lipidique
Chez les patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, une rĂ©duction du LDL-cholestĂ©rol dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale et un objectif de LDL-cholestĂ©rol infĂ©rieur Ă 1,4 mmol/L, ou infĂ©rieur Ă 55 mg/dL, sont recommandĂ©s. Cette recommandation est classĂ©e comme une recommandation de classe I, niveau A.
Bien que le document source ne fournisse pas dâobjectif lipidique spĂ©cifiquement carotidien distinct de la recommandation applicable Ă la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, lâathĂ©rosclĂ©rose carotidienne sâinscrit dans le mĂȘme spectre de maladie vasculaire systĂ©mique.
Traitement antithrombotique
Chez les patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique stable, symptomatique dans au moins un territoire vasculaire et sans risque hĂ©morragique Ă©levĂ©, une association de rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour et dâaspirine 100 mg une fois par jour doit ĂȘtre envisagĂ©e. Il sâagit dâune recommandation de classe IIa, niveau A.
Le document source ne fournit pas de schĂ©ma antiagrĂ©gant universel spĂ©cifiquement destinĂ© Ă tous les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne et ne dĂ©finit pas le traitement antithrombotique aprĂšs CEA ou pose dâun stent carotidien.
Les patients prĂ©sentant une AOMI et une fibrillation atriale nouvellement diagnostiquĂ©e, avec un score CHA2DS2-VASc dâau moins 2, doivent recevoir une anticoagulation orale Ă dose complĂšte. Il sâagit dâune recommandation de classe I, niveau C. Lâindication repose sur la fibrillation atriale et le risque thromboembolique, et non sur la seule stĂ©nose carotidienne.
Mode de vie et prévention vasculaire
Le document source identifie le tabagisme, le diabĂšte, lâhypertension artĂ©rielle, lâhypercholestĂ©rolĂ©mie et la sĂ©dentaritĂ© comme des facteurs modifiables contribuant Ă la maladie vasculaire. Il souligne Ă©galement lâimportance des stratĂ©gies prĂ©ventives et thĂ©rapeutiques pour la santĂ© vasculaire. Les objectifs alimentaires spĂ©cifiques, les prescriptions dâactivitĂ© physique, les seuils de pression artĂ©rielle et les traitements pharmacologiques du sevrage tabagique ne sont pas prĂ©cisĂ©s.
Indications de la revascularisation carotidienne
Sténose symptomatique
Chez les patients symptomatiques :
la revascularisation est indiquĂ©e lorsque la stĂ©nose dĂ©passe 70 %, Ă condition que le risque pĂ©riopĂ©ratoire estimĂ© dâAVC ou de dĂ©cĂšs soit infĂ©rieur Ă 6 % ;
la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la stĂ©nose dĂ©passe 50 %, lĂ encore Ă condition que le risque pĂ©riopĂ©ratoire dâAVC ou de dĂ©cĂšs soit infĂ©rieur Ă 6 %.
Le bĂ©nĂ©fice est particuliĂšrement important lorsque lâAIT ou lâAVC est rĂ©cent, notamment dans les 3 mois.
Sténose asymptomatique
Chez les patients asymptomatiques, une revascularisation carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsquâun ou plusieurs Ă©lĂ©ments indiquent un risque accru dâAVC, notamment :
un antĂ©cĂ©dent dâAIT ou dâAVC ;
un infarctus cérébral silencieux ipsilatéral ;
une progression de la sténose ;
des caractéristiques de plaque à haut risque.
Les critÚres additionnels de sélection comprennent :
un risque pĂ©riopĂ©ratoire estimĂ© dâAVC ou de dĂ©cĂšs infĂ©rieur Ă 3 % ;
une espérance de vie supérieure à 5 ans.
La dĂ©cision doit mettre en balance le bĂ©nĂ©fice attendu Ă long terme en matiĂšre de prĂ©vention de lâAVC et le risque procĂ©dural, les comorbiditĂ©s, lâĂąge, lâespĂ©rance de vie et la qualitĂ© du traitement mĂ©dical contemporain.
Choix de la revascularisation : CEA et CAS
Endartériectomie carotidienne
La CEA est la principale stratĂ©gie de revascularisation discutĂ©e chez les patients rĂ©pondant aux critĂšres dâintervention. Chez les sujets ĂągĂ©s, notamment ceux ĂągĂ©s de 70 ans ou plus, la CEA est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă la pose dâun stent carotidien lorsque la revascularisation est indiquĂ©e.
Le document source rapporte que le diabĂšte est associĂ©, dans les donnĂ©es observationnelles, Ă un risque accru dâAVC et de dĂ©cĂšs pĂ©riopĂ©ratoires. Le diabĂšte prĂ©disait Ă©galement une restĂ©nose aprĂšs pose dâun stent carotidien comme aprĂšs CEA. Les taux de restĂ©nose rapportĂ©s Ă 2 ans Ă©taient faibles et similaires entre les deux procĂ©dures : 6,0 % aprĂšs pose dâun stent et 6,3 % aprĂšs CEA.
Pose dâun stent carotidien
La pose dâun stent carotidien est moins invasive que la CEA, mais les donnĂ©es comparatives indiquent un risque accru du critĂšre composite associant AVC, infarctus du myocarde ou dĂ©cĂšs chez les patients ĂągĂ©s de 70 ans ou plus. Ce rĂ©sultat a Ă©tĂ© confirmĂ© par lâessai CREST et par une mĂ©ta-analyse ultĂ©rieure.
En consĂ©quence, chez les patients ĂągĂ©s dâau moins 70 ans qui rĂ©pondent aux critĂšres de revascularisation carotidienne, la CEA doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e Ă la CAS.
Le document source ne prĂ©cise pas les indications anatomiques, les contre-indications, les protocoles dâantiagrĂ©gation pĂ©riopĂ©ratoire ni les dĂ©tails techniques de la CAS.
Prise en charge de lâatteinte coronaire et carotidienne combinĂ©e
Maladie carotidienne avant CABG
Une DUS carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les candidats stables Ă un CABG ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents et nâayant pas fait lâobjet dâune revascularisation carotidienne. Une DUS peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e chez les candidats stables Ă un CABG sans Ă©vĂ©nement neurologique rĂ©cent, notamment en prĂ©sence de facteurs de risque tels quâune AOMI, un souffle carotidien, un Ăąge supĂ©rieur Ă 65 ans ou une CAD pluritronculaire.
La prĂ©sence dâune stĂ©nose carotidienne ne justifie pas automatiquement une intervention carotidienne combinĂ©e ou sĂ©quentielle. Les donnĂ©es citĂ©es dans le document source indiquent que lâajout dâune CEA au CABG peut ne pas rĂ©duire significativement le risque dâAVC par rapport au CABG seul.
CAD avant CEA
La CAD Ă©tant frĂ©quente chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier dâune CEA Ă©lective, une CAD suspectĂ©e peut justifier une Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire, incluant une coronarographie lorsque cela est appropriĂ©. La revascularisation coronaire est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e avant la revascularisation carotidienne, sauf lorsque les symptĂŽmes neurologiques sont rĂ©cents et instables.
AOMI et CAD
Chez les patients prĂ©sentant une AOMI, lâĂ©valuation de la CAD peut contribuer Ă optimiser le traitement mĂ©dical, mais le dĂ©pistage systĂ©matique chez les patients atteints dâune AOMI stable nâa pas dĂ©montrĂ© dâamĂ©lioration du pronostic ni justifiĂ© une augmentation des interventions coronaires. Une Ă©valuation peut nĂ©anmoins ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier dâune chirurgie vasculaire ouverte et prĂ©sentant une faible capacitĂ© fonctionnelle, des facteurs de risque importants ou des symptĂŽmes.
Considérations périopératoires
Les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne doivent bĂ©nĂ©ficier dâune modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire afin de rĂ©duire lâischĂ©mie myocardique pĂ©riopĂ©ratoire lorsquâils subissent une intervention chirurgicale.
En cas de maladie carotidienne symptomatique avec AIT ou AVC rĂ©cent et stĂ©nose sĂ©vĂšre, le traitement carotidien doit gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©der la chirurgie non cardiaque Ă©lective. En cas de maladie sĂ©vĂšre asymptomatique, la dĂ©cision relĂšve principalement de la prĂ©vention Ă long terme de lâAVC ; lâintervention carotidienne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant ou aprĂšs la chirurgie non cardiaque si elle est indiquĂ©e par ailleurs.
Chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier dâun TAVI, un dĂ©pistage de lâAOMI iliofĂ©morale est recommandĂ©, ce qui reflĂšte lâimportance de la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique associĂ©e dans la planification de la procĂ©dure. Il sâagit dâune recommandation de classe I, niveau B.
Recommandations des lignes directrices
| Situation clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| Maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique | RĂ©duire le LDL-cholestĂ©rol dâau moins 50 % par rapport Ă la valeur initiale et atteindre un LDL-cholestĂ©rol infĂ©rieur Ă 1,4 mmol/L (<55 mg/dL) | I | A |
| AOMI avec fibrillation atriale nouvellement diagnostiquĂ©e et CHA2DS2-VASc â„2 | Anticoagulation orale Ă dose complĂšte | I | C |
| Patients devant bĂ©nĂ©ficier dâun TAVI | DĂ©pister une AOMI iliofĂ©morale | I | B |
| Candidats stables à un CABG ayant présenté un AIT ou un AVC au cours des 6 mois précédents et sans revascularisation carotidienne | Envisager une DUS carotidienne | IIa | B |
| Patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique symptomatique stable touchant au moins un territoire, sans risque hĂ©morragique Ă©levĂ© | Envisager le rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour associĂ© Ă lâaspirine 100 mg une fois par jour | IIa | A |
| Candidats stables Ă un CABG sans AIT ni AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents | Une DUS carotidienne peut ĂȘtre envisagĂ©e | IIb | C |
Pour la revascularisation carotidienne, le document source décrit les seuils décisionnels suivants :
stĂ©nose symptomatique supĂ©rieure Ă 70 % : la revascularisation est indiquĂ©e lorsque le risque pĂ©riopĂ©ratoire dâAVC ou de dĂ©cĂšs est infĂ©rieur Ă 6 % ;
stĂ©nose symptomatique supĂ©rieure Ă 50 % : la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque le risque pĂ©riopĂ©ratoire dâAVC ou de dĂ©cĂšs est infĂ©rieur Ă 6 % ;
maladie asymptomatique : la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant des indicateurs de risque accru dâAVC, un risque pĂ©riopĂ©ratoire dâAVC ou de dĂ©cĂšs infĂ©rieur Ă 3 % et une espĂ©rance de vie supĂ©rieure Ă 5 ans.
Pronostic et suivi
La stĂ©nose carotidienne est un marqueur dâun risque cardiovasculaire systĂ©mique accru, notamment dâinfarctus du myocarde et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La prĂ©sence dâune maladie carotidienne doit donc conduire Ă rechercher une CAD et une AOMI associĂ©es lorsque cela est cliniquement indiquĂ©, bien que les donnĂ©es ne soutiennent pas le dĂ©pistage systĂ©matique de tous les autres territoires vasculaires.
Le pronostic de la maladie asymptomatique dĂ©pend de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose, de sa progression, des caractĂ©ristiques de la plaque Ă risque, des comorbiditĂ©s et de lâintensitĂ© de la prĂ©vention mĂ©dicale. Une stĂ©nose asymptomatique sĂ©vĂšre dâau moins 70 % est associĂ©e Ă une augmentation substantielle du risque dâAVC ipsilatĂ©ral Ă 5 ans.
La maladie carotidienne asymptomatique est souvent traitĂ©e de maniĂšre conservatrice par un traitement mĂ©dical et une surveillance par DUS. Le document source ne prĂ©cise pas les intervalles de surveillance ni un calendrier dĂ©taillĂ© dâimagerie aprĂšs revascularisation.
Le suivi doit comprendre :
une recherche de symptĂŽmes neurologiques ;
une réévaluation des facteurs de risque cardiovasculaire ;
une surveillance des lipides et du diabĂšte ;
une Ă©valuation rĂ©nale et dâautres examens biologiques lorsque cela est cliniquement indiquĂ© ;
lâobservance du traitement prĂ©ventif ;
la rĂ©pĂ©tition de la DUS carotidienne lorsquâune surveillance est mise en place ou lorsquâune progression de la maladie est suspectĂ©e.
Le choix entre la poursuite du traitement mĂ©dical et la revascularisation doit ĂȘtre réévaluĂ© si le patient dĂ©veloppe de nouveaux symptĂŽmes neurologiques, prĂ©sente une progression de la stĂ©nose, dĂ©veloppe des caractĂ©ristiques de plaque Ă haut risque ou connaĂźt une modification du risque procĂ©dural ou de lâespĂ©rance de vie.