đŸš« Maladie carotidienne : dĂ©pistage, traitement mĂ©dical et revascularisation

Sommaire (35)

Définition et physiopathologie

La stĂ©nose carotidienne est un rĂ©trĂ©cissement athĂ©rosclĂ©reux des artĂšres carotides. Elle s’inscrit dans le cadre d’une maladie artĂ©rielle multifocale, dĂ©finie par une athĂ©rosclĂ©rose touchant au moins deux territoires vasculaires. La maladie carotidienne coexiste donc frĂ©quemment avec une maladie coronarienne (CAD), une artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs (AOMI) et d’autres manifestations de l’athĂ©rosclĂ©rose systĂ©mique.

La principale prĂ©occupation clinique est l’embolie cĂ©rĂ©brale ou la compromission hĂ©modynamique entraĂźnant un accident ischĂ©mique transitoire (AIT) ou un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral (AVC). Le risque associĂ© Ă  une maladie asymptomatique dĂ©pend largement de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose et des caractĂ©ristiques de la plaque. Dans la population gĂ©nĂ©rale, la prĂ©valence d’une stĂ©nose carotidienne asymptomatique d’au moins 70 % est faible, comprise entre 0 et 3,1 %. En revanche, dans certaines populations sĂ©lectionnĂ©es Ă  haut risque, la prĂ©valence peut ĂȘtre suffisamment Ă©levĂ©e pour rendre un dĂ©pistage ciblĂ© coĂ»t-efficace.

Pour une stĂ©nose asymptomatique d’au moins 70 %, le risque rapportĂ© d’AVC ipsilatĂ©ral Ă  5 ans est de 14,6 %, et une revascularisation peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s. En prĂ©sence d’un diabĂšte, la prĂ©valence des plaques carotidiennes est linĂ©airement corrĂ©lĂ©e au diabĂšte et l’athĂ©rosclĂ©rose carotidienne tend Ă  ĂȘtre plus avancĂ©e que chez les personnes non diabĂ©tiques.

La maladie carotidienne constitue Ă©galement un marqueur du risque cardiovasculaire systĂ©mique. La prĂ©sence d’un souffle carotidien est associĂ©e Ă  un risque approximativement doublĂ© d’infarctus du myocarde et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La prise en charge doit donc cibler Ă  la fois le risque cĂ©rĂ©brovasculaire et la charge athĂ©rosclĂ©reuse globale.

Présentation clinique et symptÎmes

Maladie asymptomatique

De nombreux patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne ne prĂ©sentent aucun symptĂŽme neurologique focal. Une maladie asymptomatique peut ĂȘtre dĂ©couverte lors d’une Ă©chographie-Doppler ciblĂ©e (DUS), d’une Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire ou du bilan d’une autre maladie athĂ©rosclĂ©reuse.

Le dĂ©pistage systĂ©matique en population gĂ©nĂ©rale n’est pas recommandĂ©, car la prĂ©valence des stĂ©noses asymptomatiques sĂ©vĂšres est faible, il n’a pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le dĂ©pistage rĂ©duisait le risque d’AVC et la dĂ©tection peut entraĂźner une anxiĂ©tĂ© injustifiĂ©e ainsi que des procĂ©dures invasives inappropriĂ©es.

Maladie symptomatique

Les symptĂŽmes de la maladie carotidienne comprennent :

  • AIT ;

  • AVC ischĂ©mique ;

  • symptĂŽmes neurologiques focaux attribuables au territoire carotidien atteint.

La prĂ©sence de symptĂŽmes neurologiques rĂ©cents est particuliĂšrement importante pour dĂ©terminer la prise en charge. Le bĂ©nĂ©fice de la revascularisation carotidienne est maximal chez les patients ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un AIT ou un AVC, en particulier lorsque l’évĂ©nement est survenu dans les 3 mois et que la stĂ©nose ipsilatĂ©rale dĂ©passe 70 %.

Les patients Ă©valuĂ©s avant une chirurgie non cardiaque doivent ĂȘtre interrogĂ©s spĂ©cifiquement sur la survenue de symptĂŽmes neurologiques au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents. Ceux prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un AIT ou d’un AVC nĂ©cessitent un avis neurologique et, lorsque cela est appropriĂ©, une imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale.

Évaluation et examen clinique

L’anamnĂšse et l’examen clinique constituent les premiĂšres Ă©tapes de l’évaluation. L’anamnĂšse doit rechercher :

  • un antĂ©cĂ©dent d’AIT ou d’AVC ;

  • des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’une ischĂ©mie cĂ©rĂ©brale actuelle ou rĂ©cente ;

  • une CAD, une AOMI ou une autre maladie athĂ©rosclĂ©reuse connue ;

  • un diabĂšte et d’autres facteurs de risque cardiovasculaire ;

  • un tabagisme, une hypertension artĂ©rielle, une hypercholestĂ©rolĂ©mie et une sĂ©dentaritĂ© ;

  • des antĂ©cĂ©dents familiaux, notamment dans l’évaluation plus large d’une maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique ou aortique ;

  • une intervention chirurgicale prĂ©vue, notamment une endartĂ©riectomie carotidienne (CEA), un pontage aortocoronarien (CABG) ou une chirurgie non cardiaque majeure.

L’examen vasculaire doit comprendre :

  • la palpation des pouls pĂ©riphĂ©riques ;

  • l’auscultation Ă  la recherche de souffles carotidiens, fĂ©moraux et abdominaux ;

  • la mesure bilatĂ©rale de la pression artĂ©rielle brachiale ;

  • l’auscultation cardiaque ;

  • l’inspection des jambes et des pieds.

Une diffĂ©rence de pression artĂ©rielle systolique entre les deux bras supĂ©rieure Ă  15 mmHg est associĂ©e Ă  une augmentation de 50 % du risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La mesure de la pression artĂ©rielle aux deux bras est donc recommandĂ©e dans l’évaluation vasculaire.

Un souffle carotidien est un marqueur important du risque cardiovasculaire, bien que le document source ne fournisse pas de données sur la sensibilité ou la spécificité diagnostiques de sa détection. Sa présence doit conduire à évaluer le risque vasculaire global du patient et à envisager une exploration non invasive appropriée.

Dépistage de la sténose carotidienne

Dépistage en population générale

Le dĂ©pistage gĂ©nĂ©ralisĂ© de la stĂ©nose carotidienne asymptomatique n’est pas recommandĂ©. La faible prĂ©valence des formes sĂ©vĂšres signifie que le dĂ©pistage en population ne rĂ©duit pas le risque d’AVC et peut exposer les patients Ă  une dĂ©tresse psychologique et Ă  des procĂ©dures invasives inutiles.

Un dĂ©pistage ciblĂ© peut ĂȘtre raisonnable dans des populations trĂšs sĂ©lectionnĂ©es, chez lesquelles la prĂ©valence attendue d’une stĂ©nose significative est d’au moins 20 %. L’objectif du dĂ©pistage ciblĂ© est principalement d’identifier les patients susceptibles de bĂ©nĂ©ficier d’une prĂ©vention et d’une modification des facteurs de risque, plutĂŽt que de simplement repĂ©rer les candidats Ă  une revascularisation.

Patients diabétiques

Un dĂ©pistage carotidien rĂ©gulier n’est pas recommandĂ© chez les patients diabĂ©tiques sans antĂ©cĂ©dent de maladie cĂ©rĂ©brovasculaire, car les donnĂ©es dĂ©montrant qu’il amĂ©liore le pronostic sont limitĂ©es. Un dĂ©pistage a Ă©tĂ© proposĂ© chez certains hommes diabĂ©tiques prĂ©sentant Ă©galement une CAD ou un index de pression systolique cheville-bras infĂ©rieur Ă  0,85, ce qui reflĂšte une probabilitĂ© plus Ă©levĂ©e d’athĂ©rosclĂ©rose carotidienne.

La maladie carotidienne asymptomatique chez les patients diabétiques est fréquemment prise en charge de maniÚre conservatrice, avec un suivi par DUS.

Patients devant bĂ©nĂ©ficier d’un CABG

Une DUS carotidienne peut ĂȘtre utile avant un CABG programmĂ©, mais l’approche doit ĂȘtre sĂ©lective et non systĂ©matique. Le dĂ©pistage est particuliĂšrement pertinent chez les patients prĂ©sentant :

  • un antĂ©cĂ©dent d’AIT ou d’AVC ;

  • une AOMI ;

  • un Ăąge supĂ©rieur Ă  65 ans ;

  • un souffle carotidien ;

  • une CAD pluritronculaire.

Deux Ă©tudes ont suggĂ©rĂ© que limiter la DUS aux patients prĂ©sentant au moins un de ces facteurs de risque permet d’identifier la plupart des patients ayant une stĂ©nose significative, dĂ©finie comme Ă©tant d’au moins 70 %.

Chez les patients stables devant bĂ©nĂ©ficier d’un CABG, ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents et n’ayant pas fait l’objet d’une revascularisation carotidienne, une DUS carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e. Chez les patients stables sans AIT ni AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents, une DUS peut ĂȘtre envisagĂ©e, mais la recommandation est plus faible.

L’ajout d’une CEA au CABG n’a pas rĂ©duit l’AVC de maniĂšre constante. Chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne sĂ©vĂšre et bĂ©nĂ©ficiant de procĂ©dures sĂ©quentielles ou combinĂ©es, les taux rapportĂ©s d’AVC hospitalier et de mortalitĂ© Ă  30 jours Ă©taient similaires Ă  ceux observĂ©s aprĂšs CABG isolĂ©. En consĂ©quence, la dĂ©cision de rĂ©aliser une intervention carotidienne doit ĂȘtre individualisĂ©e plutĂŽt que fondĂ©e uniquement sur la prĂ©sence d’une stĂ©nose.

Patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne devant bĂ©nĂ©ficier d’une CEA

Comme la CAD est frĂ©quente chez les patients programmĂ©s pour une CEA Ă©lective, une Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire de la CAD, incluant une coronarographie en cas de suspicion clinique, peut ĂȘtre envisagĂ©e. La revascularisation coronaire et la revascularisation carotidienne doivent ĂȘtre hiĂ©rarchisĂ©es en fonction de l’état clinique du patient et de la sĂ©vĂ©ritĂ© de chaque lĂ©sion vasculaire.

En gĂ©nĂ©ral, la revascularisation coronaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en premier. La principale exception est le patient prĂ©sentant une maladie neurologique rĂ©cemment symptomatique et instable, chez lequel la revascularisation carotidienne doit ĂȘtre prioritaire.

Patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une chirurgie non cardiaque

Les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une chirurgie non cardiaque doivent ĂȘtre interrogĂ©s sur la survenue rĂ©cente de symptĂŽmes neurologiques. Si un AIT ou un AVC est survenu au cours des 6 derniers mois, un avis neurologique ainsi qu’une imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale appropriĂ©e sont recommandĂ©s.

En cas de maladie carotidienne symptomatique, des symptĂŽmes rĂ©cents et une stĂ©nose de haut grade confĂšrent un bĂ©nĂ©fice particuliĂšrement important de la revascularisation carotidienne. Chez les patients ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 3 mois prĂ©cĂ©dents et prĂ©sentant une stĂ©nose supĂ©rieure Ă  70 %, la revascularisation carotidienne doit gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©der la chirurgie non cardiaque Ă©lective, laquelle doit ĂȘtre diffĂ©rĂ©e.

Le rĂŽle d’une revascularisation carotidienne prophylactique chez les patients prĂ©sentant une maladie carotidienne occlusive asymptomatique sĂ©vĂšre et devant bĂ©nĂ©ficier d’une chirurgie non cardiaque Ă©lective majeure reste incertain. Si la revascularisation carotidienne est indiquĂ©e par ailleurs, elle peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant ou aprĂšs l’intervention prĂ©vue. Dans ce contexte, son objectif est principalement la prĂ©vention Ă  long terme de l’AVC plutĂŽt que la rĂ©duction du risque d’AVC pĂ©riopĂ©ratoire.

Évaluation diagnostique

Échographie-Doppler

La DUS est le principal examen non invasif mentionné dans le document source pour évaluer la sténose carotidienne. Elle est utilisée pour :

  • le dĂ©pistage ciblĂ© dans les populations Ă  haut risque ;

  • l’évaluation d’une maladie carotidienne suspectĂ©e ;

  • la surveillance d’une maladie asymptomatique prise en charge de maniĂšre conservatrice ;

  • l’évaluation prĂ©opĂ©ratoire chez certains patients devant bĂ©nĂ©ficier d’un CABG.

Le document source ne fournit pas de critĂšres vĂ©locimĂ©triques spĂ©cifiques, de classifications des plaques ni d’estimations dĂ©taillĂ©es de la prĂ©cision diagnostique de la DUS.

Imagerie neurovasculaire et cérébrale

Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes rĂ©cents Ă©vocateurs d’un AIT ou d’un AVC doivent bĂ©nĂ©ficier, lorsque cela est appropriĂ©, d’une imagerie neurovasculaire et cĂ©rĂ©brale. Le document ne prĂ©cise pas les modalitĂ©s ni les protocoles d’imagerie Ă  privilĂ©gier.

Imagerie vasculaire complémentaire

En cas de suspicion d’athĂ©rosclĂ©rose pĂ©riphĂ©rique, l’évaluation dĂ©bute par une DUS non invasive, suivie si nĂ©cessaire d’une angiographie par tomodensitomĂ©trie ou d’une angiographie par rĂ©sonance magnĂ©tique. Cette approche vasculaire globale peut contribuer Ă  identifier des lĂ©sions associĂ©es, mais il n’a pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le dĂ©pistage systĂ©matique de territoires vasculaires supplĂ©mentaires asymptomatiques amĂ©liore le pronostic.

Évaluation coronaire

Chez les patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique, l’évaluation de la CAD peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par un test d’ischĂ©mie ou une tomodensitomĂ©trie coronaire. Le dĂ©pistage systĂ©matique de la CAD chez les patients prĂ©sentant une AOMI stable n’a pas dĂ©montrĂ© d’amĂ©lioration du pronostic, et la coronarographie est moins appropriĂ©e en raison de son caractĂšre invasif.

Chez les patients programmĂ©s pour une endartĂ©riectomie carotidienne et chez lesquels une CAD est suspectĂ©e, une Ă©valuation coronaire, incluant une coronarographie, peut ĂȘtre envisagĂ©e.

Le document source n’aborde pas le rĂŽle spĂ©cifique de l’électrocardiographie ni celui des explorations Ă©lectrophysiologiques dans la maladie carotidienne.

Biomarqueurs et résultats biologiques

L’évaluation biologique des patients prĂ©sentant une maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique ou aortique, notamment ceux atteints d’athĂ©rosclĂ©rose carotidienne, doit comprendre :

  • un bilan lipidique ;

  • le dosage de la lipoprotĂ©ine(a) au moins une fois au cours de la vie du patient ;

  • une glycĂ©mie Ă  jeun ;

  • une hĂ©moglobine glyquĂ©e ;

  • une Ă©valuation de la fonction rĂ©nale ;

  • une numĂ©ration-formule sanguine ;

  • un bilan de coagulation ;

  • un bilan hĂ©patique ;

  • un ionogramme ;

  • des marqueurs inflammatoires, notamment la protĂ©ine C-rĂ©active et la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes.

Un bilan thyroĂŻdien peut ĂȘtre ajoutĂ© lorsqu’il est cliniquement indiquĂ©.

Les biomarqueurs inflammatoires, les profils mĂ©tabolomiques et les marqueurs protĂ©omiques peuvent avoir une valeur pronostique dans l’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique, mais le document source n’établit pas leur utilisation dans la prise en charge courante de la maladie carotidienne et ne fournit pas de seuils validĂ©s.

Traitement médical et prise en charge des facteurs de risque

Principes généraux

Un traitement mĂ©dical est nĂ©cessaire, qu’une revascularisation soit rĂ©alisĂ©e ou non. La stĂ©nose carotidienne est une manifestation de l’athĂ©rosclĂ©rose systĂ©mique et le traitement doit prendre en compte le risque cardiovasculaire global du patient.

Les facteurs de risque modifiables comprennent :

  • le tabagisme ;

  • le diabĂšte ;

  • l’hypertension artĂ©rielle ;

  • l’hypercholestĂ©rolĂ©mie ;

  • l’inactivitĂ© physique.

Les patients atteints d’une maladie carotidienne bĂ©nĂ©ficient d’une modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire, notamment lorsque la maladie carotidienne est identifiĂ©e lors de la prĂ©paration d’une intervention chirurgicale.

Réduction lipidique

Chez les patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, une rĂ©duction du LDL-cholestĂ©rol d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale et un objectif de LDL-cholestĂ©rol infĂ©rieur Ă  1,4 mmol/L, ou infĂ©rieur Ă  55 mg/dL, sont recommandĂ©s. Cette recommandation est classĂ©e comme une recommandation de classe I, niveau A.

Bien que le document source ne fournisse pas d’objectif lipidique spĂ©cifiquement carotidien distinct de la recommandation applicable Ă  la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, l’athĂ©rosclĂ©rose carotidienne s’inscrit dans le mĂȘme spectre de maladie vasculaire systĂ©mique.

Traitement antithrombotique

Chez les patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique stable, symptomatique dans au moins un territoire vasculaire et sans risque hĂ©morragique Ă©levĂ©, une association de rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour et d’aspirine 100 mg une fois par jour doit ĂȘtre envisagĂ©e. Il s’agit d’une recommandation de classe IIa, niveau A.

Le document source ne fournit pas de schĂ©ma antiagrĂ©gant universel spĂ©cifiquement destinĂ© Ă  tous les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne et ne dĂ©finit pas le traitement antithrombotique aprĂšs CEA ou pose d’un stent carotidien.

Les patients prĂ©sentant une AOMI et une fibrillation atriale nouvellement diagnostiquĂ©e, avec un score CHA2DS2-VASc d’au moins 2, doivent recevoir une anticoagulation orale Ă  dose complĂšte. Il s’agit d’une recommandation de classe I, niveau C. L’indication repose sur la fibrillation atriale et le risque thromboembolique, et non sur la seule stĂ©nose carotidienne.

Mode de vie et prévention vasculaire

Le document source identifie le tabagisme, le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle, l’hypercholestĂ©rolĂ©mie et la sĂ©dentaritĂ© comme des facteurs modifiables contribuant Ă  la maladie vasculaire. Il souligne Ă©galement l’importance des stratĂ©gies prĂ©ventives et thĂ©rapeutiques pour la santĂ© vasculaire. Les objectifs alimentaires spĂ©cifiques, les prescriptions d’activitĂ© physique, les seuils de pression artĂ©rielle et les traitements pharmacologiques du sevrage tabagique ne sont pas prĂ©cisĂ©s.

Indications de la revascularisation carotidienne

Sténose symptomatique

Chez les patients symptomatiques :

  • la revascularisation est indiquĂ©e lorsque la stĂ©nose dĂ©passe 70 %, Ă  condition que le risque pĂ©riopĂ©ratoire estimĂ© d’AVC ou de dĂ©cĂšs soit infĂ©rieur Ă  6 % ;

  • la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la stĂ©nose dĂ©passe 50 %, lĂ  encore Ă  condition que le risque pĂ©riopĂ©ratoire d’AVC ou de dĂ©cĂšs soit infĂ©rieur Ă  6 %.

Le bĂ©nĂ©fice est particuliĂšrement important lorsque l’AIT ou l’AVC est rĂ©cent, notamment dans les 3 mois.

Sténose asymptomatique

Chez les patients asymptomatiques, une revascularisation carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsqu’un ou plusieurs Ă©lĂ©ments indiquent un risque accru d’AVC, notamment :

  • un antĂ©cĂ©dent d’AIT ou d’AVC ;

  • un infarctus cĂ©rĂ©bral silencieux ipsilatĂ©ral ;

  • une progression de la stĂ©nose ;

  • des caractĂ©ristiques de plaque Ă  haut risque.

Les critÚres additionnels de sélection comprennent :

  • un risque pĂ©riopĂ©ratoire estimĂ© d’AVC ou de dĂ©cĂšs infĂ©rieur Ă  3 % ;

  • une espĂ©rance de vie supĂ©rieure Ă  5 ans.

La dĂ©cision doit mettre en balance le bĂ©nĂ©fice attendu Ă  long terme en matiĂšre de prĂ©vention de l’AVC et le risque procĂ©dural, les comorbiditĂ©s, l’ñge, l’espĂ©rance de vie et la qualitĂ© du traitement mĂ©dical contemporain.

Choix de la revascularisation : CEA et CAS

Endartériectomie carotidienne

La CEA est la principale stratĂ©gie de revascularisation discutĂ©e chez les patients rĂ©pondant aux critĂšres d’intervention. Chez les sujets ĂągĂ©s, notamment ceux ĂągĂ©s de 70 ans ou plus, la CEA est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la pose d’un stent carotidien lorsque la revascularisation est indiquĂ©e.

Le document source rapporte que le diabĂšte est associĂ©, dans les donnĂ©es observationnelles, Ă  un risque accru d’AVC et de dĂ©cĂšs pĂ©riopĂ©ratoires. Le diabĂšte prĂ©disait Ă©galement une restĂ©nose aprĂšs pose d’un stent carotidien comme aprĂšs CEA. Les taux de restĂ©nose rapportĂ©s Ă  2 ans Ă©taient faibles et similaires entre les deux procĂ©dures : 6,0 % aprĂšs pose d’un stent et 6,3 % aprĂšs CEA.

Pose d’un stent carotidien

La pose d’un stent carotidien est moins invasive que la CEA, mais les donnĂ©es comparatives indiquent un risque accru du critĂšre composite associant AVC, infarctus du myocarde ou dĂ©cĂšs chez les patients ĂągĂ©s de 70 ans ou plus. Ce rĂ©sultat a Ă©tĂ© confirmĂ© par l’essai CREST et par une mĂ©ta-analyse ultĂ©rieure.

En consĂ©quence, chez les patients ĂągĂ©s d’au moins 70 ans qui rĂ©pondent aux critĂšres de revascularisation carotidienne, la CEA doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la CAS.

Le document source ne prĂ©cise pas les indications anatomiques, les contre-indications, les protocoles d’antiagrĂ©gation pĂ©riopĂ©ratoire ni les dĂ©tails techniques de la CAS.

Prise en charge de l’atteinte coronaire et carotidienne combinĂ©e

Maladie carotidienne avant CABG

Une DUS carotidienne doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les candidats stables Ă  un CABG ayant prĂ©sentĂ© un AIT ou un AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents et n’ayant pas fait l’objet d’une revascularisation carotidienne. Une DUS peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e chez les candidats stables Ă  un CABG sans Ă©vĂ©nement neurologique rĂ©cent, notamment en prĂ©sence de facteurs de risque tels qu’une AOMI, un souffle carotidien, un Ăąge supĂ©rieur Ă  65 ans ou une CAD pluritronculaire.

La prĂ©sence d’une stĂ©nose carotidienne ne justifie pas automatiquement une intervention carotidienne combinĂ©e ou sĂ©quentielle. Les donnĂ©es citĂ©es dans le document source indiquent que l’ajout d’une CEA au CABG peut ne pas rĂ©duire significativement le risque d’AVC par rapport au CABG seul.

CAD avant CEA

La CAD Ă©tant frĂ©quente chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une CEA Ă©lective, une CAD suspectĂ©e peut justifier une Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire, incluant une coronarographie lorsque cela est appropriĂ©. La revascularisation coronaire est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e avant la revascularisation carotidienne, sauf lorsque les symptĂŽmes neurologiques sont rĂ©cents et instables.

AOMI et CAD

Chez les patients prĂ©sentant une AOMI, l’évaluation de la CAD peut contribuer Ă  optimiser le traitement mĂ©dical, mais le dĂ©pistage systĂ©matique chez les patients atteints d’une AOMI stable n’a pas dĂ©montrĂ© d’amĂ©lioration du pronostic ni justifiĂ© une augmentation des interventions coronaires. Une Ă©valuation peut nĂ©anmoins ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une chirurgie vasculaire ouverte et prĂ©sentant une faible capacitĂ© fonctionnelle, des facteurs de risque importants ou des symptĂŽmes.

Considérations périopératoires

Les patients prĂ©sentant une stĂ©nose carotidienne doivent bĂ©nĂ©ficier d’une modification intensive des facteurs de risque cardiovasculaire afin de rĂ©duire l’ischĂ©mie myocardique pĂ©riopĂ©ratoire lorsqu’ils subissent une intervention chirurgicale.

En cas de maladie carotidienne symptomatique avec AIT ou AVC rĂ©cent et stĂ©nose sĂ©vĂšre, le traitement carotidien doit gĂ©nĂ©ralement prĂ©cĂ©der la chirurgie non cardiaque Ă©lective. En cas de maladie sĂ©vĂšre asymptomatique, la dĂ©cision relĂšve principalement de la prĂ©vention Ă  long terme de l’AVC ; l’intervention carotidienne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant ou aprĂšs la chirurgie non cardiaque si elle est indiquĂ©e par ailleurs.

Chez les patients devant bĂ©nĂ©ficier d’un TAVI, un dĂ©pistage de l’AOMI iliofĂ©morale est recommandĂ©, ce qui reflĂšte l’importance de la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique associĂ©e dans la planification de la procĂ©dure. Il s’agit d’une recommandation de classe I, niveau B.

Recommandations des lignes directrices

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
Maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique RĂ©duire le LDL-cholestĂ©rol d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale et atteindre un LDL-cholestĂ©rol infĂ©rieur Ă  1,4 mmol/L (<55 mg/dL) I A
AOMI avec fibrillation atriale nouvellement diagnostiquĂ©e et CHA2DS2-VASc ≄2 Anticoagulation orale Ă  dose complĂšte I C
Patients devant bĂ©nĂ©ficier d’un TAVI DĂ©pister une AOMI iliofĂ©morale I B
Candidats stables à un CABG ayant présenté un AIT ou un AVC au cours des 6 mois précédents et sans revascularisation carotidienne Envisager une DUS carotidienne IIa B
Patients prĂ©sentant une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique symptomatique stable touchant au moins un territoire, sans risque hĂ©morragique Ă©levĂ© Envisager le rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour associĂ© Ă  l’aspirine 100 mg une fois par jour IIa A
Candidats stables Ă  un CABG sans AIT ni AVC au cours des 6 mois prĂ©cĂ©dents Une DUS carotidienne peut ĂȘtre envisagĂ©e IIb C

Pour la revascularisation carotidienne, le document source décrit les seuils décisionnels suivants :

  • stĂ©nose symptomatique supĂ©rieure Ă  70 % : la revascularisation est indiquĂ©e lorsque le risque pĂ©riopĂ©ratoire d’AVC ou de dĂ©cĂšs est infĂ©rieur Ă  6 % ;

  • stĂ©nose symptomatique supĂ©rieure Ă  50 % : la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque le risque pĂ©riopĂ©ratoire d’AVC ou de dĂ©cĂšs est infĂ©rieur Ă  6 % ;

  • maladie asymptomatique : la revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant des indicateurs de risque accru d’AVC, un risque pĂ©riopĂ©ratoire d’AVC ou de dĂ©cĂšs infĂ©rieur Ă  3 % et une espĂ©rance de vie supĂ©rieure Ă  5 ans.

Pronostic et suivi

La stĂ©nose carotidienne est un marqueur d’un risque cardiovasculaire systĂ©mique accru, notamment d’infarctus du myocarde et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La prĂ©sence d’une maladie carotidienne doit donc conduire Ă  rechercher une CAD et une AOMI associĂ©es lorsque cela est cliniquement indiquĂ©, bien que les donnĂ©es ne soutiennent pas le dĂ©pistage systĂ©matique de tous les autres territoires vasculaires.

Le pronostic de la maladie asymptomatique dĂ©pend de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose, de sa progression, des caractĂ©ristiques de la plaque Ă  risque, des comorbiditĂ©s et de l’intensitĂ© de la prĂ©vention mĂ©dicale. Une stĂ©nose asymptomatique sĂ©vĂšre d’au moins 70 % est associĂ©e Ă  une augmentation substantielle du risque d’AVC ipsilatĂ©ral Ă  5 ans.

La maladie carotidienne asymptomatique est souvent traitĂ©e de maniĂšre conservatrice par un traitement mĂ©dical et une surveillance par DUS. Le document source ne prĂ©cise pas les intervalles de surveillance ni un calendrier dĂ©taillĂ© d’imagerie aprĂšs revascularisation.

Le suivi doit comprendre :

  • une recherche de symptĂŽmes neurologiques ;

  • une réévaluation des facteurs de risque cardiovasculaire ;

  • une surveillance des lipides et du diabĂšte ;

  • une Ă©valuation rĂ©nale et d’autres examens biologiques lorsque cela est cliniquement indiquĂ© ;

  • l’observance du traitement prĂ©ventif ;

  • la rĂ©pĂ©tition de la DUS carotidienne lorsqu’une surveillance est mise en place ou lorsqu’une progression de la maladie est suspectĂ©e.

Le choix entre la poursuite du traitement mĂ©dical et la revascularisation doit ĂȘtre réévaluĂ© si le patient dĂ©veloppe de nouveaux symptĂŽmes neurologiques, prĂ©sente une progression de la stĂ©nose, dĂ©veloppe des caractĂ©ristiques de plaque Ă  haut risque ou connaĂźt une modification du risque procĂ©dural ou de l’espĂ©rance de vie.

Auteurs

EBM AI
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Mis à jour 6 août 2026