Définition et physiopathologie
Lésion myocardique
La lĂ©sion myocardique est un diagnostic biochimique dĂ©fini par une valeur de troponine cardiaque supĂ©rieure Ă la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile propre Ă la mĂ©thode de dosage. Elle est qualifiĂ©e dâaiguĂ« lorsque les dosages sĂ©riĂ©s mettent en Ă©vidence une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution. Une Ă©lĂ©vation stable indique une lĂ©sion myocardique chronique.
La lĂ©sion myocardique nâest pas synonyme dâinfarctus du myocarde. La troponine cardiaque rĂ©vĂšle une lĂ©sion des cellules myocardiques, mais le diagnostic dâinfarctus nĂ©cessite des Ă©lĂ©ments cliniques supplĂ©mentaires dĂ©montrant que cette lĂ©sion rĂ©sulte dâune ischĂ©mie myocardique aiguĂ«. Ainsi, un patient peut prĂ©senter une lĂ©sion myocardique aiguĂ« sans infarctus.
Lâimportance de lâĂ©lĂ©vation de la troponine ne permet pas, Ă elle seule, dâĂ©tablir le mĂ©canisme. Lâaugmentation des concentrations peut rĂ©sulter dâune athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«, dâun dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne, dâune lĂ©sion myocardique directe, dâune affection systĂ©mique, dâune cardiopathie structurelle ou de plusieurs mĂ©canismes agissant simultanĂ©ment.
Infarctus aigu du myocarde
Lâinfarctus aigu du myocarde nĂ©cessite :
Une lésion myocardique aiguë, mise en évidence par une élévation et/ou une diminution de la troponine cardiaque, avec au moins une valeur supérieure à la limite supérieure de référence du 99e percentile ; et
Des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.
Au moins lâun des Ă©lĂ©ments suivants apporte la preuve nĂ©cessaire dâune ischĂ©mie :
SymptÎmes compatibles avec une ischémie myocardique
Nouvelles modifications ischĂ©miques Ă lâECG
Apparition dâondes Q pathologiques
Signes Ă lâimagerie dâune nouvelle perte de myocarde viable ou dâune nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale dans un territoire ischĂ©mique
Mise en Ă©vidence dâun thrombus coronaire par angiographie ou Ă lâautopsie, lorsque cet Ă©lĂ©ment sâapplique Ă la catĂ©gorie dâinfarctus considĂ©rĂ©e
Lâinfarctus du myocarde rĂ©sulte dâun dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne du myocarde. La classification universelle distingue les infarctus selon leur mĂ©canisme :
Infarctus du myocarde de type 1 : rupture ou Ă©rosion aiguĂ« dâune plaque athĂ©rosclĂ©reuse avec thrombose coronaire.
Infarctus du myocarde de type 2 : ischĂ©mie myocardique aiguĂ« due Ă un dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne, sans lien avec une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«.
Infarctus du myocarde de type 3 : infarctus du myocarde prĂ©sumĂ© fatal, lorsque le dĂ©cĂšs survient avant que les biomarqueurs puissent ĂȘtre dosĂ©s ou deviennent anormaux, en prĂ©sence de symptĂŽmes Ă©vocateurs dâischĂ©mie et de nouvelles modifications ischĂ©miques prĂ©sumĂ©es Ă lâECG.
La distinction entre lĂ©sion myocardique et infarctus de type 2 est particuliĂšrement importante. Lâinfarctus de type 2 nĂ©cessite des signes cliniques dâischĂ©mie ; une concentration de troponine Ă©levĂ©e et prĂ©sentant des variations dynamiques, sans signe dâischĂ©mie, doit plutĂŽt ĂȘtre classĂ©e comme une lĂ©sion myocardique aiguĂ«.
Mécanismes de libération de la troponine
La troponine I et la troponine T sont des constituants de lâappareil contractile myocardique et sont exprimĂ©es principalement dans le muscle cardiaque. La troponine I est trĂšs spĂ©cifique dâune lĂ©sion myocardique. LâinterprĂ©tation de la troponine T est plus complexe, car un muscle squelettique lĂ©sĂ© peut exprimer des protĂ©ines dĂ©tectĂ©es par certains dosages de la troponine T.
La troponine peut passer dans la circulation par des mĂ©canismes nâimpliquant pas nĂ©cessairement une nĂ©crose pathologique constituĂ©e. Une ischĂ©mie brĂšve, une surcharge de pression transitoire, une augmentation de la permĂ©abilitĂ© du sarcolemme, lâapoptose et la libĂ©ration Ă partir dâun pool cytosolique prĂ©coce ont tous Ă©tĂ© associĂ©s Ă une troponine dĂ©tectable. Les dosages hypersensibles peuvent donc identifier un continuum de lĂ©sions myocardiques allant dâune lĂ©sion minime ou rĂ©versible Ă une nĂ©crose Ă©tendue.
Causes de lésion myocardique
Les principales causes comprennent :
| Mécanisme ou contexte clinique | Exemples |
|---|---|
| Athérothrombose coronaire aiguë | Rupture ou érosion de plaque avec thrombose |
| Diminution de la perfusion myocardique | Spasme coronaire, dysfonction microvasculaire, embolie coronaire, dissection coronaire, hypotension, état de choc, insuffisance respiratoire, anémie sévÚre, bradyarythmie prolongée |
| Augmentation de la demande myocardique en oxygĂšne | Tachyarythmie prolongĂ©e, hypertension sĂ©vĂšre, crise hypertensive, stĂ©nose aortique critique, cardiomyopathie hypertrophique sĂ©vĂšre, exercice physique extrĂȘme |
| Lésion myocardique directe | Myocardite, contusion cardiaque, cardioversion, défibrillation, ablation par cathéter, stimulation cardiaque, biopsie endomyocardique, autres procédures cardiaques |
| Maladie structurelle ou myocardique | Insuffisance cardiaque, cardiomyopathie, hypertrophie ventriculaire gauche, valvulopathie, notamment sténose aortique |
| Affection vasculaire pulmonaire | Embolie pulmonaire et hypertension pulmonaire, notamment en prĂ©sence dâune surcharge du ventricule droit |
| Affection systémique | Sepsis, infection virale aiguë, état critique, accident vasculaire cérébral, hémorragie sous-arachnoïdienne, insuffisance respiratoire |
| Affection rénale | Maladie rénale chronique ou dysfonction rénale avec troponine stable ou constamment élevée |
| Autres affections | Syndrome de Takotsubo, dissection aortique, affection endocrinienne, maladie infiltrative, toxiques, chimiothérapie, rhabdomyolyse et exercice physique intense |
Présentation clinique et symptÎmes
LâĂ©lĂ©vation de la troponine nâa pas de tableau symptomatique caractĂ©ristique, car elle correspond Ă un rĂ©sultat biologique plutĂŽt quâĂ une maladie unique. Les symptĂŽmes doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en fonction du mĂ©canisme sous-jacent suspectĂ©.
Lorsquâune ischĂ©mie myocardique aiguĂ« est prĂ©sente, les symptĂŽmes peuvent comprendre une gĂȘne thoracique ou dâautres symptĂŽmes compatibles avec une ischĂ©mie myocardique. Dans lâinsuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, la dyspnĂ©e peut constituer un Ă©quivalent ischĂ©mique, bien que la dyspnĂ©e isolĂ©e nâĂ©tablisse pas un mĂ©canisme coronaire.
Les signes cliniques Ă©voquant un syndrome coronarien aigu sont plus probants lorsquâils sâaccompagnent :
Dâune Ă©lĂ©vation et/ou dâune diminution dynamique de la troponine
De nouvelles modifications ischĂ©miques Ă lâECG
Dâune nouvelle perte de fonction myocardique ou dâune anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale
Dâun thrombus coronaire ou dâautres signes en faveur dâun mĂ©canisme coronaire aigu
Ă lâinverse, une Ă©lĂ©vation de la troponine dans un contexte de sepsis, dâembolie pulmonaire, de tachyarythmie, dâanĂ©mie sĂ©vĂšre, dâĂ©tat de choc, dâaffection rĂ©nale, de myocardite ou dâune autre maladie systĂ©mique ne doit pas ĂȘtre automatiquement qualifiĂ©e dâinfarctus du myocarde.
Chez les sportifs, la troponine peut augmenter aprĂšs un exercice dâendurance prolongĂ© ou mĂȘme aprĂšs un bref exercice intense sur tapis roulant. Ces Ă©lĂ©vations post-effort se normalisent gĂ©nĂ©ralement plus rapidement que celles associĂ©es Ă une lĂ©sion myocardique aiguĂ« pathologique. Dans ces circonstances, les symptĂŽmes, les anomalies de lâECG et lâĂ©chocardiographie sont importants pour dĂ©terminer si une lĂ©sion myocardique cliniquement significative est survenue.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation commence par lâapprĂ©ciation du syndrome clinique et de la probabilitĂ© dâune ischĂ©mie myocardique aiguĂ«. Les rĂ©sultats de troponine ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©s isolĂ©ment. LâanamnĂšse, lâexamen clinique, lâECG et, le cas Ă©chĂ©ant, lâimagerie cardiaque permettent de dĂ©terminer si une valeur Ă©levĂ©e correspond Ă un infarctus, Ă une lĂ©sion aiguĂ« non ischĂ©mique ou Ă une lĂ©sion chronique.
Lâexamen clinique doit rechercher des signes du facteur dĂ©clenchant sous-jacent et de ses consĂ©quences hĂ©modynamiques. Les contextes cliniques pertinents comprennent :
Hypotension ou état de choc
Insuffisance respiratoire
Tachyarythmie ou bradyarythmie prolongée
Hypertension sévÚre
Insuffisance cardiaque aiguë décompensée
Embolie pulmonaire ou hypertension pulmonaire
Sepsis ou état critique avec défaillance multiviscérale
Anémie sévÚre
Dissection aortique
Cardioversion, défibrillation, stimulation cardiaque, ablation ou autre procédure cardiaque récente
Chez les patients en Ă©tat critique, lâĂ©lĂ©vation de la troponine est frĂ©quente et associĂ©e Ă un pronostic dĂ©favorable, quelle que soit la maladie primitive. Un mĂȘme patient peut prĂ©senter un infarctus de type 1, un infarctus de type 2 ou une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique. Un jugement clinique est donc nĂ©cessaire pendant la phase aiguĂ«, puis de nouveau aprĂšs la rĂ©cupĂ©ration, afin de dĂ©terminer si une Ă©valuation complĂ©mentaire de la maladie coronaire ou dâune cardiopathie structurelle est appropriĂ©e.
Examens diagnostiques
Ălectrocardiographie
LâECG Ă 12 dĂ©rivations est au cĆur de lâĂ©valuation dâun syndrome coronarien aigu suspectĂ© et doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© parallĂšlement Ă la cinĂ©tique de la troponine.
De nouvelles modifications ischĂ©miques Ă lâECG satisfont Ă lâun des critĂšres requis pour diagnostiquer un infarctus aigu du myocarde lorsquâelles sâaccompagnent dâune lĂ©sion myocardique aiguĂ«. LâECG contribue Ă©galement Ă orienter vers une prise en charge de STEMI ou de NSTEMI en cas de syndrome coronarien aigu suspectĂ©.
Dans lâinfarctus antĂ©rieur, lâamplitude totale du sus-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations prĂ©cordiales est corrĂ©lĂ©e Ă lâĂ©tendue de la lĂ©sion myocardique. Un plus grand nombre de dĂ©rivations prĂ©sentant un sus-dĂ©calage du segment ST est associĂ© Ă une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e. De nouvelles anomalies Ă lâECG peuvent Ă©galement contribuer Ă reconnaĂźtre une rĂ©cidive dâinfarctus lorsquâelles sont interprĂ©tĂ©es avec la prĂ©sentation clinique et les dosages sĂ©riĂ©s de la troponine.
LâECG peut ĂȘtre non contributif malgrĂ© une lĂ©sion myocardique cliniquement importante. Ă lâinverse, des anomalies peuvent survenir dans des situations autres quâun infarctus de type 1. LâECG doit donc ĂȘtre intĂ©grĂ© aux symptĂŽmes, aux biomarqueurs sĂ©riĂ©s et Ă lâimagerie.
Ăchocardiographie et autres examens dâimagerie
Lâimagerie peut apporter les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires au diagnostic dâinfarctus en mettant en Ă©vidence :
Une nouvelle perte de myocarde viable
Une nouvelle anomalie régionale de la cinétique pariétale selon un schéma compatible avec une ischémie
LâĂ©chocardiographie est Ă©galement utile lorsque la troponine est Ă©levĂ©e dans le contexte dâune insuffisance cardiaque aiguĂ«. Un rĂ©sultat anormal de troponine doit conduire Ă rechercher sa cause, en particulier lorsquâil sâaccompagne dâune modification de la fonction ventriculaire.
Chez les patients en Ă©tat critique prĂ©sentant un sepsis, une rĂ©duction marquĂ©e de la fraction dâĂ©jection peut survenir, suivie dâune rĂ©cupĂ©ration complĂšte aprĂšs traitement du sepsis. Cela illustre pourquoi une diminution de la fonction ventriculaire et une Ă©lĂ©vation de la troponine nâindiquent pas nĂ©cessairement une thrombose coronaire.
Lâimagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique peut apporter des informations supplĂ©mentaires lorsque le mĂ©canisme de la lĂ©sion myocardique demeure incertain. Des examens de perfusion myocardique et une coronarographie peuvent Ă©galement ĂȘtre nĂ©cessaires, selon le contexte clinique. Chez les patients prĂ©sentant des concentrations anormales de troponine ou de peptides natriurĂ©tiques Ă©vocatrices dâune maladie structurelle, une Ă©chocardiographie est raisonnable, en particulier lorsque les taux de biomarqueurs augmentent au fil du temps.
Chez les patients prĂ©sentant une Ă©lĂ©vation faible de la troponine, sans symptĂŽmes typiques ni modifications de lâECG, et exposĂ©s Ă un risque clinique intermĂ©diaire, une imagerie de perfusion radionuclĂ©idique normale est associĂ©e Ă une trĂšs faible mortalitĂ© cardiaque Ă court terme. Une Ă©tude de perfusion anormale identifie un groupe Ă risque plus Ă©levĂ©, et lâĂ©tendue de lâischĂ©mie inductible peut aider Ă dĂ©terminer la nĂ©cessitĂ© dâune coronarographie et dâune revascularisation. La tomographie par Ă©mission de positons quantitative sous stress peut ĂȘtre particuliĂšrement utile chez les patients Ă risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ© prĂ©sentant une faible Ă©lĂ©vation de la troponine et lâabsence de maladie coronaire obstructive, car une diminution de la rĂ©serve globale de dĂ©bit myocardique peut indiquer une ischĂ©mie microvasculaire chronique.
Coronarographie
La coronarographie peut mettre en Ă©vidence un thrombus coronaire et Ă©tablir un mĂ©canisme coronaire dans les cas appropriĂ©s. Elle est Ă©galement pertinente lorsquâun patient prĂ©sentant un infarctus suspectĂ© nĂ©cessite une revascularisation.
Cependant, lâanatomie coronaire Ă elle seule ne permet pas de dĂ©terminer si une troponine Ă©levĂ©e correspond Ă un infarctus de type 1. Les patients atteints dâune maladie coronaire stable peuvent dĂ©velopper un infarctus de type 2 en raison dâune hypotension, dâun vasospasme, dâune anĂ©mie ou dâune augmentation de la demande. Ă lâinverse, lâĂ©lĂ©vation de la troponine peut ĂȘtre sans rapport avec une ischĂ©mie malgrĂ© la prĂ©sence dâune maladie coronaire.
Ălectrophysiologie et Ă©valuation du rythme
Le document source ne dĂ©crit pas de stratĂ©gie spĂ©cifique dâexploration Ă©lectrophysiologique de la lĂ©sion myocardique. La tachyarythmie et la bradyarythmie prolongĂ©es sont des causes reconnues de lĂ©sion myocardique liĂ©es Ă un dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne et doivent ĂȘtre prises en compte lors de lâinterprĂ©tation dâune Ă©lĂ©vation de la troponine.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Troponine cardiaque
Les troponines cardiaques I et T sont les biomarqueurs de référence de la lésion myocardique, et les dosages hypersensibles sont recommandés en pratique courante. La créatine kinase-MB est moins sensible et moins spécifique ; le dosage systématique conjoint de la troponine et de la CK-MB est inutile en cas de STEMI suspecté.
Une concentration de troponine supĂ©rieure Ă la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile propre Ă la mĂ©thode Ă©tablit lâexistence dâune lĂ©sion myocardique. Une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution dĂ©finit la lĂ©sion comme aiguĂ«. Lâamplitude de la variation doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e en fonction des caractĂ©ristiques propres Ă la mĂ©thode de dosage et de la prĂ©sentation clinique.
Un premier dosage de troponine peut ĂȘtre normal au dĂ©but dâun STEMI, car la libĂ©ration du biomarqueur prend du temps. En cas de syndrome coronarien aigu suspectĂ© :
La troponine hypersensible doit ĂȘtre dosĂ©e Ă lâarrivĂ©e, puis de nouveau aprĂšs 1â3 heures.
La troponine conventionnelle doit ĂȘtre redosĂ©e aprĂšs 3â6 heures.
Des examens supplĂ©mentaires peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires lorsque la suspicion clinique reste Ă©levĂ©e ou quâune incertitude diagnostique persiste.
Chez les patients consultant plus de 2â3 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, une concentration trĂšs faible de troponine hypersensible Ă lâarrivĂ©e peut exclure un infarctus avec une valeur prĂ©dictive nĂ©gative supĂ©rieure Ă 99 %, dans un contexte clinique appropriĂ©.
Les dosages hypersensibles permettent de dĂ©tecter de faibles variations absolues sur de courts intervalles et peuvent faciliter des stratĂ©gies rapides dâexclusion ou de confirmation diagnostique. Leur interprĂ©tation nĂ©cessite de connaĂźtre la limite du 99e percentile propre Ă la mĂ©thode utilisĂ©e dans lâĂ©tablissement.
ĂlĂ©vation persistante et chronique
La troponine peut rester Ă©levĂ©e pendant des semaines aprĂšs un STEMI en raison de la libĂ©ration continue de protĂ©ines contractiles en cours de dĂ©gradation. La reperfusion modifie la cinĂ©tique de libĂ©ration et peut entraĂźner un pic plus prĂ©coce et plus marquĂ©. La concentration maximale de troponine est approximativement corrĂ©lĂ©e Ă la taille de lâinfarctus, bien que les dosages tardifs soient moins fiables pour estimer cette taille, car ils peuvent reflĂ©ter une libĂ©ration retardĂ©e Ă partir du pool liĂ© aux myofilaments.
Des Ă©lĂ©vations stables sâobservent dans des affections chroniques telles que :
Maladie rénale chronique ou dysfonction rénale
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ou prĂ©servĂ©e
Hypertrophie ventriculaire gauche
Maladie myocardique chronique
Dans la lĂ©sion myocardique stable, des concentrations progressivement plus Ă©levĂ©es de troponine hypersensible sont associĂ©es Ă un risque croissant de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et dâinsuffisance cardiaque chez les patients atteints dâune maladie coronaire ischĂ©mique stable. Cette relation pronostique ne permet pas, Ă elle seule, dâĂ©tablir un infarctus aigu ni de dĂ©finir un traitement spĂ©cifique.
Troponine dans lâembolie pulmonaire
LâĂ©lĂ©vation de la troponine peut traduire une surcharge du ventricule droit lors dâune embolie pulmonaire aiguĂ« et contribuer Ă lâĂ©valuation pronostique lorsquâelle est associĂ©e aux donnĂ©es cliniques et dâimagerie. IsolĂ©ment, elle a une spĂ©cificitĂ© et une valeur prĂ©dictive positive limitĂ©es pour la mortalitĂ© prĂ©coce chez les patients normotendus.
Dans une cohorte prospective de patients normotendus prĂ©sentant une embolie pulmonaire, une troponine T hypersensible infĂ©rieure Ă 14 pg/mL avait une valeur prĂ©dictive nĂ©gative de 98 % pour exclure une Ă©volution dĂ©favorable Ă lâhĂŽpital. Des seuils ajustĂ©s sur lâĂąge dâau moins 14 pg/mL chez les patients ĂągĂ©s de moins de 75 ans et dâau moins 45 pg/mL chez ceux ĂągĂ©s de plus de 75 ans pourraient amĂ©liorer la valeur prĂ©dictive nĂ©gative.
Troponine dans lâinsuffisance cardiaque
Une troponine dĂ©tectable est frĂ©quente dans lâinsuffisance cardiaque, en particulier lorsquâelle est mesurĂ©e par des dosages hypersensibles. Une proportion importante de patients dĂ©passe la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile, notamment lors dâune dĂ©compensation aiguĂ«.
Les mécanismes comprennent :
Un infarctus de type 1 ou de type 2
Une augmentation de la pression transmurale
Une obstruction des petites artĂšres coronaires
Une dysfonction endothéliale
Une anémie ou une hypotension
Lâapoptose et lâautophagie des cardiomyocytes liĂ©es Ă lâĂ©tirement pariĂ©tal
Une toxicité cellulaire inflammatoire, neurohormonale ou infiltrative
La libĂ©ration Ă partir dâun pool cytosolique prĂ©coce de troponine
Dans lâinsuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, la troponine doit ĂȘtre dosĂ©e rapidement et un ECG doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© afin dâidentifier ou dâexclure une ischĂ©mie comme facteur dĂ©clenchant. Une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution significative, notamment en prĂ©sence de symptĂŽmes ischĂ©miques, de nouvelles modifications ischĂ©miques Ă lâECG ou dâune nouvelle perte de fonction myocardique, doit accroĂźtre la suspicion dâun infarctus de type 1.
Autres biomarqueurs
Le peptide natriurĂ©tique de type B et le peptide natriurĂ©tique de type B N-terminal ne sont pas suffisamment spĂ©cifiques pour diagnostiquer une maladie coronaire ischĂ©mique stable, mais des concentrations plus Ă©levĂ©es sont associĂ©es Ă des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs et Ă des anomalies cardiaques structurelles. Ils sont utiles lorsquâils sont interprĂ©tĂ©s avec lâanamnĂšse et lâexamen clinique, notamment en cas dâinsuffisance cardiaque suspectĂ©e.
Chez les patients atteints dâune maladie coronaire ischĂ©mique stable, des concentrations plus Ă©levĂ©es de troponine hypersensible et de peptides natriurĂ©tiques sont associĂ©es Ă une augmentation graduelle du risque cardiovasculaire. Les dosages sĂ©riĂ©s peuvent apporter des informations pronostiques supplĂ©mentaires. Le facteur de diffĂ©renciation de la croissance 15, le suppresseur soluble de la tumorigenĂšse 2, le facteur de croissance des fibroblastes 23 et la galectine-3 ont Ă©galement Ă©tĂ© associĂ©s Ă des Ă©vĂ©nements cliniques, mais leur valeur ajoutĂ©e au-delĂ de la troponine hypersensible et des peptides natriurĂ©tiques reste insuffisamment Ă©tablie.
Les D-dimĂšres peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour contribuer Ă lâĂ©valuation dâune embolie pulmonaire, et le peptide natriurĂ©tique de type B peut contribuer Ă lâĂ©valuation dâune insuffisance cardiaque lorsquâil est interprĂ©tĂ© avec les donnĂ©es cliniques.
Traitement et prise en charge
Principes généraux
La prise en charge doit cibler la cause sous-jacente, et non la concentration de troponine seule. La premiÚre étape consiste à déterminer si le patient présente :
Un infarctus du myocarde de type 1
Un infarctus du myocarde de type 2
Une lésion myocardique aiguë non ischémique
Une lésion myocardique chronique
Un rĂ©sultat de troponine ne doit pas retarder une intervention urgente chez les patients prĂ©sentant un STEMI. Ă lâinverse, une troponine Ă©levĂ©e sans signe dâischĂ©mie ne doit pas automatiquement conduire Ă traiter le patient comme prĂ©sentant une thrombose coronaire aiguĂ«.
Infarctus de type 1 suspecté
Lorsquâune lĂ©sion myocardique aiguĂ« sâaccompagne de signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ« et que la prĂ©sentation globale est compatible avec une athĂ©rothrombose coronaire, la prise en charge suit la filiĂšre du syndrome coronarien aigu. Le document source souligne que le dosage des biomarqueurs doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© le plus rapidement possible, mais ne doit pas retarder lâintervention en cas de STEMI.
Infarctus du myocarde de type 2
Lâinfarctus de type 2 rĂ©sulte dâun dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne, sans lien avec une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. Les facteurs dĂ©clenchants pertinents comprennent :
Hypotension ou état de choc
Anémie sévÚre
Insuffisance respiratoire
Spasme coronaire ou dysfonction microvasculaire
Embolie ou dissection coronaire
Bradyarythmie prolongée
Tachyarythmie prolongée
Hypertension sévÚre ou crise hypertensive
Sténose aortique critique
Cardiomyopathie hypertrophique sévÚre
Sepsis et infection virale aiguë
Le traitement doit se concentrer sur lâidentification et la correction du dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne. Le document source ne fournit pas de schĂ©ma mĂ©dicamenteux spĂ©cifique ni dâalgorithme procĂ©dural pour lâinfarctus de type 2.
Lésion myocardique aiguë non ischémique
Le traitement doit cibler lâaffection sous-jacente, notamment :
Sepsis
Myocardite
Embolie pulmonaire
Hypertension pulmonaire aiguë
Insuffisance cardiaque
Dysfonction rénale
Tachyarythmie ou bradyarythmie
Syndrome de Takotsubo
Lésion liée à une cardioversion ou à une défibrillation
Ătat critique systĂ©mique
En cas de dysfonction myocardique associĂ©e au sepsis, la fonction ventriculaire peut rĂ©cupĂ©rer complĂštement aprĂšs traitement du sepsis. Cela renforce la nĂ©cessitĂ© de ne pas prĂ©sumer lâexistence de lĂ©sions coronaires permanentes sur la seule base dâune Ă©lĂ©vation de la troponine ou dâune diminution de la fraction dâĂ©jection.
Lésion myocardique chronique
Une Ă©lĂ©vation chronique et stable de la troponine doit conduire Ă rechercher la maladie structurelle ou systĂ©mique responsable. Dans la maladie coronaire ischĂ©mique stable, des taux plus Ă©levĂ©s de troponine hypersensible et de peptides natriurĂ©tiques identifient les patients exposĂ©s Ă un risque cardiovasculaire accru. Un traitement prĂ©ventif plus intensif peut ĂȘtre pertinent, bien que les implications thĂ©rapeutiques de lâĂ©lĂ©vation chronique de la troponine restent incomplĂštement Ă©tablies.
Lésion et infarctus périprocéduraux
AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e ou un pontage aortocoronaire, il faut distinguer la lĂ©sion myocardique liĂ©e Ă la procĂ©dure de lâinfarctus liĂ© Ă la procĂ©dure. Selon les critĂšres ARC-2 fournis :
| Définition | CritÚre de troponine | Exigence supplémentaire |
|---|---|---|
| Infarctus du myocarde pĂ©riprocĂ©dural | ĂlĂ©vation absolue par rapport Ă la valeur initiale â„35 Ă la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence | Au moins un des Ă©lĂ©ments suivants : nouvelles ondes Q significatives ou Ă©quivalent, complication angiographique limitant le dĂ©bit, ou perte myocardique nouvelle importante Ă lâimagerie |
| LĂ©sion myocardique pĂ©riprocĂ©durale significative | ĂlĂ©vation absolue par rapport Ă la valeur initiale â„70 Ă la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence | Aucun critĂšre supplĂ©mentaire spĂ©cifiĂ© |
Ces dĂ©finitions sâappliquent lorsque les biomarqueurs initiaux sont normaux ou Ă©levĂ©s mais stables ou en diminution. Les nouvelles ondes Q doivent avoir une durĂ©e dâau moins 40 ms et une profondeur dâau moins 1 mm dans au moins deux dĂ©rivations contiguĂ«s.
RĂ©cidive dâinfarctus
La rĂ©cidive dâinfarctus doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e Ă partir de la prĂ©sentation clinique, de lâECG et dâau moins deux dosages sĂ©riĂ©s de la troponine. Si la troponine est dĂ©jĂ Ă©levĂ©e mais stable ou en diminution lors de la rĂ©apparition des symptĂŽmes, une augmentation supplĂ©mentaire de plus de 20 % indique une rĂ©cidive dâinfarctus. Si la troponine initiale est normale, les critĂšres diagnostiques et les intervalles de prĂ©lĂšvement propres Ă la mĂ©thode standard doivent ĂȘtre utilisĂ©s.
Médicaments et posologies
Le document source ne fournit ni posologies ni schĂ©ma pharmacologique complet pour la lĂ©sion myocardique, lâinfarctus de type 1 ou lâinfarctus de type 2. Il indique toutefois que des traitements prĂ©ventifs plus intensifs, notamment un contrĂŽle plus strict de la pression artĂ©rielle et, chez certains patients atteints de diabĂšte de type 2, lâutilisation Ă©ventuelle dâinhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2, pourraient attĂ©nuer la lĂ©sion chronique ou le risque dĂ©favorable associĂ©. Ces observations ne constituent pas un protocole thĂ©rapeutique avec posologies prĂ©cises.
Recommandations des sociétés savantes
Les recommandations fournies peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :
Utiliser le terme lĂ©sion myocardique lorsquâau moins une valeur de troponine cardiaque dĂ©passe la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile.
Qualifier la lĂ©sion dâaiguĂ« lorsquâil existe une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution des valeurs sĂ©riĂ©es de troponine.
Diagnostiquer un infarctus du myocarde uniquement lorsquâune lĂ©sion myocardique aiguĂ« sâaccompagne de signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.
Utiliser la troponine cardiaque I ou T comme biomarqueur de référence, de préférence avec un dosage hypersensible.
Doser la troponine chez tous les patients présentant un syndrome coronarien aigu suspecté.
Effectuer le dosage de la troponine le plus rapidement possible lors de la prise en charge initiale.
En cas de STEMI, ne pas retarder lâintervention dans lâattente des rĂ©sultats des biomarqueurs.
Connaßtre la limite supérieure de référence du 99e percentile propre à la méthode utilisée localement.
Utiliser des dosages sĂ©riĂ©s de troponine hypersensible, gĂ©nĂ©ralement Ă lâarrivĂ©e puis 1â3 heures plus tard ; les mĂ©thodes conventionnelles nĂ©cessitent habituellement un contrĂŽle aprĂšs 3â6 heures.
InterprĂ©ter la troponine conjointement avec les symptĂŽmes, lâECG, lâimagerie et le contexte clinique.
Ne pas qualifier une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique dâinfarctus du myocarde.
En cas dâinsuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, rĂ©aliser rapidement un ECG et doser la troponine afin de rechercher une ischĂ©mie comme facteur dĂ©clenchant.
Chez les patients en Ă©tat critique, utiliser le jugement clinique aprĂšs la rĂ©cupĂ©ration pour dĂ©terminer si une Ă©valuation complĂ©mentaire de la maladie coronaire ou dâune cardiopathie structurelle est indiquĂ©e.
Ne pas doser systĂ©matiquement Ă la fois la troponine et la CK-MB, car la CK-MB est moins sensible et moins spĂ©cifique et apporte peu dâinformations supplĂ©mentaires lorsque la troponine est disponible.
Pronostic et suivi
Valeur pronostique
LâĂ©lĂ©vation de la troponine est constamment associĂ©e Ă des Ă©vĂ©nements dĂ©favorables, mais sa signification pronostique dĂ©pend du contexte clinique.
Chez les patients hospitalisés pour COVID-19, la lésion myocardique a été associée à des arythmies, à une insuffisance respiratoire, à un recours accru à la ventilation mécanique, à une lésion rénale aiguë, à un syndrome de détresse respiratoire aiguë, à des troubles de la coagulation et à une mortalité accrue. Elle est plus fréquente chez les patients ùgés et chez ceux présentant des comorbidités. Il reste incertain de savoir si la troponine contribue directement aux événements défavorables ou si elle constitue principalement un marqueur de la gravité de la maladie.
Chez les patients en Ă©tat critique, lâĂ©lĂ©vation de la troponine est frĂ©quente et prĂ©dit un pronostic dĂ©favorable quelle que soit la maladie sous-jacente. Dans lâembolie pulmonaire, une troponine Ă©levĂ©e identifie un risque accru lorsquâelle est associĂ©e aux donnĂ©es cliniques et dâimagerie, tandis quâune troponine hypersensible faible possĂšde une valeur prĂ©dictive nĂ©gative Ă©levĂ©e pour les Ă©vĂ©nements dĂ©favorables Ă lâhĂŽpital chez certains patients normotendus.
Dans la maladie coronaire ischĂ©mique stable, lâaugmentation des concentrations de troponine hypersensible est associĂ©e Ă une hausse graduelle du risque ultĂ©rieur de dĂ©cĂšs cardiovasculaire, dâinfarctus du myocarde et dâinsuffisance cardiaque. Des concentrations plus Ă©levĂ©es de peptides natriurĂ©tiques identifient de maniĂšre similaire les patients exposĂ©s Ă un risque cardiovasculaire accru.
Ăvaluation de suivi
Le suivi doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© par la cause et la persistance de la lĂ©sion :
Les patients présentant un infarctus de type 1 suspecté nécessitent une évaluation post-infarctus et une prévention secondaire appropriées, bien que les schémas spécifiques ne soient pas détaillés dans le document source.
Les patients prĂ©sentant un infarctus de type 2 doivent ĂȘtre réévaluĂ©s Ă la recherche de lâaffection dĂ©clenchante et de la prĂ©sence ou de lâabsence dâune maladie coronaire, car ces deux Ă©lĂ©ments peuvent influencer le pronostic et la prise en charge ultĂ©rieure.
Les patients prĂ©sentant une lĂ©sion myocardique aiguĂ« non ischĂ©mique doivent bĂ©nĂ©ficier dâun suivi orientĂ© vers lâaffection systĂ©mique, myocardique ou pulmonaire sous-jacente.
Les patients prĂ©sentant des taux persistants ou croissants de troponine ou de peptides natriurĂ©tiques doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s pour une Ă©valuation Ă©chocardiographique, notamment lorsquâune cardiopathie structurelle est suspectĂ©e.
AprĂšs un Ă©tat critique, lâĂ©valuation dâune maladie coronaire ou dâune cardiopathie structurelle doit ĂȘtre guidĂ©e par la rĂ©cupĂ©ration clinique et le jugement mĂ©dical, plutĂŽt que par le seul rĂ©sultat de troponine.
La rĂ©apparition de symptĂŽmes alors que la troponine est dĂ©jĂ Ă©levĂ©e nĂ©cessite des dosages sĂ©riĂ©s et une comparaison des ECG afin de distinguer une rĂ©cidive dâinfarctus dâune Ă©lĂ©vation persistante ou chronique.
Le principe essentiel est que la troponine est un indicateur trĂšs sensible dâune lĂ©sion myocardique et un marqueur pronostique prĂ©cieux, mais quâelle ne devient diagnostique dâun infarctus du myocarde que lorsque sa variation dynamique est reliĂ©e Ă des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.