đŸš« LĂ©sion myocardique versus infarctus : interprĂ©tation de l’élĂ©vation de la troponine

Sommaire (31)

Définition et physiopathologie

Lésion myocardique

La lĂ©sion myocardique est un diagnostic biochimique dĂ©fini par une valeur de troponine cardiaque supĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile propre Ă  la mĂ©thode de dosage. Elle est qualifiĂ©e d’aiguĂ« lorsque les dosages sĂ©riĂ©s mettent en Ă©vidence une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution. Une Ă©lĂ©vation stable indique une lĂ©sion myocardique chronique.

La lĂ©sion myocardique n’est pas synonyme d’infarctus du myocarde. La troponine cardiaque rĂ©vĂšle une lĂ©sion des cellules myocardiques, mais le diagnostic d’infarctus nĂ©cessite des Ă©lĂ©ments cliniques supplĂ©mentaires dĂ©montrant que cette lĂ©sion rĂ©sulte d’une ischĂ©mie myocardique aiguĂ«. Ainsi, un patient peut prĂ©senter une lĂ©sion myocardique aiguĂ« sans infarctus.

L’importance de l’élĂ©vation de la troponine ne permet pas, Ă  elle seule, d’établir le mĂ©canisme. L’augmentation des concentrations peut rĂ©sulter d’une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«, d’un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne, d’une lĂ©sion myocardique directe, d’une affection systĂ©mique, d’une cardiopathie structurelle ou de plusieurs mĂ©canismes agissant simultanĂ©ment.

Infarctus aigu du myocarde

L’infarctus aigu du myocarde nĂ©cessite :

  • Une lĂ©sion myocardique aiguĂ«, mise en Ă©vidence par une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution de la troponine cardiaque, avec au moins une valeur supĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile ; et

  • Des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

Au moins l’un des Ă©lĂ©ments suivants apporte la preuve nĂ©cessaire d’une ischĂ©mie :

  • SymptĂŽmes compatibles avec une ischĂ©mie myocardique

  • Nouvelles modifications ischĂ©miques Ă  l’ECG

  • Apparition d’ondes Q pathologiques

  • Signes Ă  l’imagerie d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale dans un territoire ischĂ©mique

  • Mise en Ă©vidence d’un thrombus coronaire par angiographie ou Ă  l’autopsie, lorsque cet Ă©lĂ©ment s’applique Ă  la catĂ©gorie d’infarctus considĂ©rĂ©e

L’infarctus du myocarde rĂ©sulte d’un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne du myocarde. La classification universelle distingue les infarctus selon leur mĂ©canisme :

  • Infarctus du myocarde de type 1 : rupture ou Ă©rosion aiguĂ« d’une plaque athĂ©rosclĂ©reuse avec thrombose coronaire.

  • Infarctus du myocarde de type 2 : ischĂ©mie myocardique aiguĂ« due Ă  un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne, sans lien avec une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«.

  • Infarctus du myocarde de type 3 : infarctus du myocarde prĂ©sumĂ© fatal, lorsque le dĂ©cĂšs survient avant que les biomarqueurs puissent ĂȘtre dosĂ©s ou deviennent anormaux, en prĂ©sence de symptĂŽmes Ă©vocateurs d’ischĂ©mie et de nouvelles modifications ischĂ©miques prĂ©sumĂ©es Ă  l’ECG.

La distinction entre lĂ©sion myocardique et infarctus de type 2 est particuliĂšrement importante. L’infarctus de type 2 nĂ©cessite des signes cliniques d’ischĂ©mie ; une concentration de troponine Ă©levĂ©e et prĂ©sentant des variations dynamiques, sans signe d’ischĂ©mie, doit plutĂŽt ĂȘtre classĂ©e comme une lĂ©sion myocardique aiguĂ«.

Mécanismes de libération de la troponine

La troponine I et la troponine T sont des constituants de l’appareil contractile myocardique et sont exprimĂ©es principalement dans le muscle cardiaque. La troponine I est trĂšs spĂ©cifique d’une lĂ©sion myocardique. L’interprĂ©tation de la troponine T est plus complexe, car un muscle squelettique lĂ©sĂ© peut exprimer des protĂ©ines dĂ©tectĂ©es par certains dosages de la troponine T.

La troponine peut passer dans la circulation par des mĂ©canismes n’impliquant pas nĂ©cessairement une nĂ©crose pathologique constituĂ©e. Une ischĂ©mie brĂšve, une surcharge de pression transitoire, une augmentation de la permĂ©abilitĂ© du sarcolemme, l’apoptose et la libĂ©ration Ă  partir d’un pool cytosolique prĂ©coce ont tous Ă©tĂ© associĂ©s Ă  une troponine dĂ©tectable. Les dosages hypersensibles peuvent donc identifier un continuum de lĂ©sions myocardiques allant d’une lĂ©sion minime ou rĂ©versible Ă  une nĂ©crose Ă©tendue.

Causes de lésion myocardique

Les principales causes comprennent :

Mécanisme ou contexte clinique Exemples
Athérothrombose coronaire aiguë Rupture ou érosion de plaque avec thrombose
Diminution de la perfusion myocardique Spasme coronaire, dysfonction microvasculaire, embolie coronaire, dissection coronaire, hypotension, état de choc, insuffisance respiratoire, anémie sévÚre, bradyarythmie prolongée
Augmentation de la demande myocardique en oxygĂšne Tachyarythmie prolongĂ©e, hypertension sĂ©vĂšre, crise hypertensive, stĂ©nose aortique critique, cardiomyopathie hypertrophique sĂ©vĂšre, exercice physique extrĂȘme
Lésion myocardique directe Myocardite, contusion cardiaque, cardioversion, défibrillation, ablation par cathéter, stimulation cardiaque, biopsie endomyocardique, autres procédures cardiaques
Maladie structurelle ou myocardique Insuffisance cardiaque, cardiomyopathie, hypertrophie ventriculaire gauche, valvulopathie, notamment sténose aortique
Affection vasculaire pulmonaire Embolie pulmonaire et hypertension pulmonaire, notamment en prĂ©sence d’une surcharge du ventricule droit
Affection systémique Sepsis, infection virale aiguë, état critique, accident vasculaire cérébral, hémorragie sous-arachnoïdienne, insuffisance respiratoire
Affection rénale Maladie rénale chronique ou dysfonction rénale avec troponine stable ou constamment élevée
Autres affections Syndrome de Takotsubo, dissection aortique, affection endocrinienne, maladie infiltrative, toxiques, chimiothérapie, rhabdomyolyse et exercice physique intense

Présentation clinique et symptÎmes

L’élĂ©vation de la troponine n’a pas de tableau symptomatique caractĂ©ristique, car elle correspond Ă  un rĂ©sultat biologique plutĂŽt qu’à une maladie unique. Les symptĂŽmes doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en fonction du mĂ©canisme sous-jacent suspectĂ©.

Lorsqu’une ischĂ©mie myocardique aiguĂ« est prĂ©sente, les symptĂŽmes peuvent comprendre une gĂȘne thoracique ou d’autres symptĂŽmes compatibles avec une ischĂ©mie myocardique. Dans l’insuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, la dyspnĂ©e peut constituer un Ă©quivalent ischĂ©mique, bien que la dyspnĂ©e isolĂ©e n’établisse pas un mĂ©canisme coronaire.

Les signes cliniques Ă©voquant un syndrome coronarien aigu sont plus probants lorsqu’ils s’accompagnent :

  • D’une Ă©lĂ©vation et/ou d’une diminution dynamique de la troponine

  • De nouvelles modifications ischĂ©miques Ă  l’ECG

  • D’une nouvelle perte de fonction myocardique ou d’une anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale

  • D’un thrombus coronaire ou d’autres signes en faveur d’un mĂ©canisme coronaire aigu

À l’inverse, une Ă©lĂ©vation de la troponine dans un contexte de sepsis, d’embolie pulmonaire, de tachyarythmie, d’anĂ©mie sĂ©vĂšre, d’état de choc, d’affection rĂ©nale, de myocardite ou d’une autre maladie systĂ©mique ne doit pas ĂȘtre automatiquement qualifiĂ©e d’infarctus du myocarde.

Chez les sportifs, la troponine peut augmenter aprĂšs un exercice d’endurance prolongĂ© ou mĂȘme aprĂšs un bref exercice intense sur tapis roulant. Ces Ă©lĂ©vations post-effort se normalisent gĂ©nĂ©ralement plus rapidement que celles associĂ©es Ă  une lĂ©sion myocardique aiguĂ« pathologique. Dans ces circonstances, les symptĂŽmes, les anomalies de l’ECG et l’échocardiographie sont importants pour dĂ©terminer si une lĂ©sion myocardique cliniquement significative est survenue.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation commence par l’apprĂ©ciation du syndrome clinique et de la probabilitĂ© d’une ischĂ©mie myocardique aiguĂ«. Les rĂ©sultats de troponine ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©s isolĂ©ment. L’anamnĂšse, l’examen clinique, l’ECG et, le cas Ă©chĂ©ant, l’imagerie cardiaque permettent de dĂ©terminer si une valeur Ă©levĂ©e correspond Ă  un infarctus, Ă  une lĂ©sion aiguĂ« non ischĂ©mique ou Ă  une lĂ©sion chronique.

L’examen clinique doit rechercher des signes du facteur dĂ©clenchant sous-jacent et de ses consĂ©quences hĂ©modynamiques. Les contextes cliniques pertinents comprennent :

  • Hypotension ou Ă©tat de choc

  • Insuffisance respiratoire

  • Tachyarythmie ou bradyarythmie prolongĂ©e

  • Hypertension sĂ©vĂšre

  • Insuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e

  • Embolie pulmonaire ou hypertension pulmonaire

  • Sepsis ou Ă©tat critique avec dĂ©faillance multiviscĂ©rale

  • AnĂ©mie sĂ©vĂšre

  • Dissection aortique

  • Cardioversion, dĂ©fibrillation, stimulation cardiaque, ablation ou autre procĂ©dure cardiaque rĂ©cente

Chez les patients en Ă©tat critique, l’élĂ©vation de la troponine est frĂ©quente et associĂ©e Ă  un pronostic dĂ©favorable, quelle que soit la maladie primitive. Un mĂȘme patient peut prĂ©senter un infarctus de type 1, un infarctus de type 2 ou une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique. Un jugement clinique est donc nĂ©cessaire pendant la phase aiguĂ«, puis de nouveau aprĂšs la rĂ©cupĂ©ration, afin de dĂ©terminer si une Ă©valuation complĂ©mentaire de la maladie coronaire ou d’une cardiopathie structurelle est appropriĂ©e.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

L’ECG Ă  12 dĂ©rivations est au cƓur de l’évaluation d’un syndrome coronarien aigu suspectĂ© et doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© parallĂšlement Ă  la cinĂ©tique de la troponine.

De nouvelles modifications ischĂ©miques Ă  l’ECG satisfont Ă  l’un des critĂšres requis pour diagnostiquer un infarctus aigu du myocarde lorsqu’elles s’accompagnent d’une lĂ©sion myocardique aiguĂ«. L’ECG contribue Ă©galement Ă  orienter vers une prise en charge de STEMI ou de NSTEMI en cas de syndrome coronarien aigu suspectĂ©.

Dans l’infarctus antĂ©rieur, l’amplitude totale du sus-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations prĂ©cordiales est corrĂ©lĂ©e Ă  l’étendue de la lĂ©sion myocardique. Un plus grand nombre de dĂ©rivations prĂ©sentant un sus-dĂ©calage du segment ST est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e. De nouvelles anomalies Ă  l’ECG peuvent Ă©galement contribuer Ă  reconnaĂźtre une rĂ©cidive d’infarctus lorsqu’elles sont interprĂ©tĂ©es avec la prĂ©sentation clinique et les dosages sĂ©riĂ©s de la troponine.

L’ECG peut ĂȘtre non contributif malgrĂ© une lĂ©sion myocardique cliniquement importante. À l’inverse, des anomalies peuvent survenir dans des situations autres qu’un infarctus de type 1. L’ECG doit donc ĂȘtre intĂ©grĂ© aux symptĂŽmes, aux biomarqueurs sĂ©riĂ©s et Ă  l’imagerie.

Échocardiographie et autres examens d’imagerie

L’imagerie peut apporter les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires au diagnostic d’infarctus en mettant en Ă©vidence :

  • Une nouvelle perte de myocarde viable

  • Une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon un schĂ©ma compatible avec une ischĂ©mie

L’échocardiographie est Ă©galement utile lorsque la troponine est Ă©levĂ©e dans le contexte d’une insuffisance cardiaque aiguĂ«. Un rĂ©sultat anormal de troponine doit conduire Ă  rechercher sa cause, en particulier lorsqu’il s’accompagne d’une modification de la fonction ventriculaire.

Chez les patients en Ă©tat critique prĂ©sentant un sepsis, une rĂ©duction marquĂ©e de la fraction d’éjection peut survenir, suivie d’une rĂ©cupĂ©ration complĂšte aprĂšs traitement du sepsis. Cela illustre pourquoi une diminution de la fonction ventriculaire et une Ă©lĂ©vation de la troponine n’indiquent pas nĂ©cessairement une thrombose coronaire.

L’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique peut apporter des informations supplĂ©mentaires lorsque le mĂ©canisme de la lĂ©sion myocardique demeure incertain. Des examens de perfusion myocardique et une coronarographie peuvent Ă©galement ĂȘtre nĂ©cessaires, selon le contexte clinique. Chez les patients prĂ©sentant des concentrations anormales de troponine ou de peptides natriurĂ©tiques Ă©vocatrices d’une maladie structurelle, une Ă©chocardiographie est raisonnable, en particulier lorsque les taux de biomarqueurs augmentent au fil du temps.

Chez les patients prĂ©sentant une Ă©lĂ©vation faible de la troponine, sans symptĂŽmes typiques ni modifications de l’ECG, et exposĂ©s Ă  un risque clinique intermĂ©diaire, une imagerie de perfusion radionuclĂ©idique normale est associĂ©e Ă  une trĂšs faible mortalitĂ© cardiaque Ă  court terme. Une Ă©tude de perfusion anormale identifie un groupe Ă  risque plus Ă©levĂ©, et l’étendue de l’ischĂ©mie inductible peut aider Ă  dĂ©terminer la nĂ©cessitĂ© d’une coronarographie et d’une revascularisation. La tomographie par Ă©mission de positons quantitative sous stress peut ĂȘtre particuliĂšrement utile chez les patients Ă  risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ© prĂ©sentant une faible Ă©lĂ©vation de la troponine et l’absence de maladie coronaire obstructive, car une diminution de la rĂ©serve globale de dĂ©bit myocardique peut indiquer une ischĂ©mie microvasculaire chronique.

Coronarographie

La coronarographie peut mettre en Ă©vidence un thrombus coronaire et Ă©tablir un mĂ©canisme coronaire dans les cas appropriĂ©s. Elle est Ă©galement pertinente lorsqu’un patient prĂ©sentant un infarctus suspectĂ© nĂ©cessite une revascularisation.

Cependant, l’anatomie coronaire Ă  elle seule ne permet pas de dĂ©terminer si une troponine Ă©levĂ©e correspond Ă  un infarctus de type 1. Les patients atteints d’une maladie coronaire stable peuvent dĂ©velopper un infarctus de type 2 en raison d’une hypotension, d’un vasospasme, d’une anĂ©mie ou d’une augmentation de la demande. À l’inverse, l’élĂ©vation de la troponine peut ĂȘtre sans rapport avec une ischĂ©mie malgrĂ© la prĂ©sence d’une maladie coronaire.

Électrophysiologie et Ă©valuation du rythme

Le document source ne dĂ©crit pas de stratĂ©gie spĂ©cifique d’exploration Ă©lectrophysiologique de la lĂ©sion myocardique. La tachyarythmie et la bradyarythmie prolongĂ©es sont des causes reconnues de lĂ©sion myocardique liĂ©es Ă  un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne et doivent ĂȘtre prises en compte lors de l’interprĂ©tation d’une Ă©lĂ©vation de la troponine.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Troponine cardiaque

Les troponines cardiaques I et T sont les biomarqueurs de référence de la lésion myocardique, et les dosages hypersensibles sont recommandés en pratique courante. La créatine kinase-MB est moins sensible et moins spécifique ; le dosage systématique conjoint de la troponine et de la CK-MB est inutile en cas de STEMI suspecté.

Une concentration de troponine supĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile propre Ă  la mĂ©thode Ă©tablit l’existence d’une lĂ©sion myocardique. Une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution dĂ©finit la lĂ©sion comme aiguĂ«. L’amplitude de la variation doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e en fonction des caractĂ©ristiques propres Ă  la mĂ©thode de dosage et de la prĂ©sentation clinique.

Un premier dosage de troponine peut ĂȘtre normal au dĂ©but d’un STEMI, car la libĂ©ration du biomarqueur prend du temps. En cas de syndrome coronarien aigu suspectĂ© :

  • La troponine hypersensible doit ĂȘtre dosĂ©e Ă  l’arrivĂ©e, puis de nouveau aprĂšs 1–3 heures.

  • La troponine conventionnelle doit ĂȘtre redosĂ©e aprĂšs 3–6 heures.

  • Des examens supplĂ©mentaires peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires lorsque la suspicion clinique reste Ă©levĂ©e ou qu’une incertitude diagnostique persiste.

  • Chez les patients consultant plus de 2–3 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, une concentration trĂšs faible de troponine hypersensible Ă  l’arrivĂ©e peut exclure un infarctus avec une valeur prĂ©dictive nĂ©gative supĂ©rieure Ă  99 %, dans un contexte clinique appropriĂ©.

Les dosages hypersensibles permettent de dĂ©tecter de faibles variations absolues sur de courts intervalles et peuvent faciliter des stratĂ©gies rapides d’exclusion ou de confirmation diagnostique. Leur interprĂ©tation nĂ©cessite de connaĂźtre la limite du 99e percentile propre Ă  la mĂ©thode utilisĂ©e dans l’établissement.

ÉlĂ©vation persistante et chronique

La troponine peut rester Ă©levĂ©e pendant des semaines aprĂšs un STEMI en raison de la libĂ©ration continue de protĂ©ines contractiles en cours de dĂ©gradation. La reperfusion modifie la cinĂ©tique de libĂ©ration et peut entraĂźner un pic plus prĂ©coce et plus marquĂ©. La concentration maximale de troponine est approximativement corrĂ©lĂ©e Ă  la taille de l’infarctus, bien que les dosages tardifs soient moins fiables pour estimer cette taille, car ils peuvent reflĂ©ter une libĂ©ration retardĂ©e Ă  partir du pool liĂ© aux myofilaments.

Des Ă©lĂ©vations stables s’observent dans des affections chroniques telles que :

  • Maladie rĂ©nale chronique ou dysfonction rĂ©nale

  • Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ou prĂ©servĂ©e

  • Hypertrophie ventriculaire gauche

  • Maladie myocardique chronique

Dans la lĂ©sion myocardique stable, des concentrations progressivement plus Ă©levĂ©es de troponine hypersensible sont associĂ©es Ă  un risque croissant de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et d’insuffisance cardiaque chez les patients atteints d’une maladie coronaire ischĂ©mique stable. Cette relation pronostique ne permet pas, Ă  elle seule, d’établir un infarctus aigu ni de dĂ©finir un traitement spĂ©cifique.

Troponine dans l’embolie pulmonaire

L’élĂ©vation de la troponine peut traduire une surcharge du ventricule droit lors d’une embolie pulmonaire aiguĂ« et contribuer Ă  l’évaluation pronostique lorsqu’elle est associĂ©e aux donnĂ©es cliniques et d’imagerie. IsolĂ©ment, elle a une spĂ©cificitĂ© et une valeur prĂ©dictive positive limitĂ©es pour la mortalitĂ© prĂ©coce chez les patients normotendus.

Dans une cohorte prospective de patients normotendus prĂ©sentant une embolie pulmonaire, une troponine T hypersensible infĂ©rieure Ă  14 pg/mL avait une valeur prĂ©dictive nĂ©gative de 98 % pour exclure une Ă©volution dĂ©favorable Ă  l’hĂŽpital. Des seuils ajustĂ©s sur l’ñge d’au moins 14 pg/mL chez les patients ĂągĂ©s de moins de 75 ans et d’au moins 45 pg/mL chez ceux ĂągĂ©s de plus de 75 ans pourraient amĂ©liorer la valeur prĂ©dictive nĂ©gative.

Troponine dans l’insuffisance cardiaque

Une troponine dĂ©tectable est frĂ©quente dans l’insuffisance cardiaque, en particulier lorsqu’elle est mesurĂ©e par des dosages hypersensibles. Une proportion importante de patients dĂ©passe la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile, notamment lors d’une dĂ©compensation aiguĂ«.

Les mécanismes comprennent :

  • Un infarctus de type 1 ou de type 2

  • Une augmentation de la pression transmurale

  • Une obstruction des petites artĂšres coronaires

  • Une dysfonction endothĂ©liale

  • Une anĂ©mie ou une hypotension

  • L’apoptose et l’autophagie des cardiomyocytes liĂ©es Ă  l’étirement pariĂ©tal

  • Une toxicitĂ© cellulaire inflammatoire, neurohormonale ou infiltrative

  • La libĂ©ration Ă  partir d’un pool cytosolique prĂ©coce de troponine

Dans l’insuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, la troponine doit ĂȘtre dosĂ©e rapidement et un ECG doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© afin d’identifier ou d’exclure une ischĂ©mie comme facteur dĂ©clenchant. Une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution significative, notamment en prĂ©sence de symptĂŽmes ischĂ©miques, de nouvelles modifications ischĂ©miques Ă  l’ECG ou d’une nouvelle perte de fonction myocardique, doit accroĂźtre la suspicion d’un infarctus de type 1.

Autres biomarqueurs

Le peptide natriurĂ©tique de type B et le peptide natriurĂ©tique de type B N-terminal ne sont pas suffisamment spĂ©cifiques pour diagnostiquer une maladie coronaire ischĂ©mique stable, mais des concentrations plus Ă©levĂ©es sont associĂ©es Ă  des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs et Ă  des anomalies cardiaques structurelles. Ils sont utiles lorsqu’ils sont interprĂ©tĂ©s avec l’anamnĂšse et l’examen clinique, notamment en cas d’insuffisance cardiaque suspectĂ©e.

Chez les patients atteints d’une maladie coronaire ischĂ©mique stable, des concentrations plus Ă©levĂ©es de troponine hypersensible et de peptides natriurĂ©tiques sont associĂ©es Ă  une augmentation graduelle du risque cardiovasculaire. Les dosages sĂ©riĂ©s peuvent apporter des informations pronostiques supplĂ©mentaires. Le facteur de diffĂ©renciation de la croissance 15, le suppresseur soluble de la tumorigenĂšse 2, le facteur de croissance des fibroblastes 23 et la galectine-3 ont Ă©galement Ă©tĂ© associĂ©s Ă  des Ă©vĂ©nements cliniques, mais leur valeur ajoutĂ©e au-delĂ  de la troponine hypersensible et des peptides natriurĂ©tiques reste insuffisamment Ă©tablie.

Les D-dimĂšres peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour contribuer Ă  l’évaluation d’une embolie pulmonaire, et le peptide natriurĂ©tique de type B peut contribuer Ă  l’évaluation d’une insuffisance cardiaque lorsqu’il est interprĂ©tĂ© avec les donnĂ©es cliniques.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

La prise en charge doit cibler la cause sous-jacente, et non la concentration de troponine seule. La premiÚre étape consiste à déterminer si le patient présente :

  • Un infarctus du myocarde de type 1

  • Un infarctus du myocarde de type 2

  • Une lĂ©sion myocardique aiguĂ« non ischĂ©mique

  • Une lĂ©sion myocardique chronique

Un rĂ©sultat de troponine ne doit pas retarder une intervention urgente chez les patients prĂ©sentant un STEMI. À l’inverse, une troponine Ă©levĂ©e sans signe d’ischĂ©mie ne doit pas automatiquement conduire Ă  traiter le patient comme prĂ©sentant une thrombose coronaire aiguĂ«.

Infarctus de type 1 suspecté

Lorsqu’une lĂ©sion myocardique aiguĂ« s’accompagne de signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ« et que la prĂ©sentation globale est compatible avec une athĂ©rothrombose coronaire, la prise en charge suit la filiĂšre du syndrome coronarien aigu. Le document source souligne que le dosage des biomarqueurs doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© le plus rapidement possible, mais ne doit pas retarder l’intervention en cas de STEMI.

Infarctus du myocarde de type 2

L’infarctus de type 2 rĂ©sulte d’un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne, sans lien avec une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. Les facteurs dĂ©clenchants pertinents comprennent :

  • Hypotension ou Ă©tat de choc

  • AnĂ©mie sĂ©vĂšre

  • Insuffisance respiratoire

  • Spasme coronaire ou dysfonction microvasculaire

  • Embolie ou dissection coronaire

  • Bradyarythmie prolongĂ©e

  • Tachyarythmie prolongĂ©e

  • Hypertension sĂ©vĂšre ou crise hypertensive

  • StĂ©nose aortique critique

  • Cardiomyopathie hypertrophique sĂ©vĂšre

  • Sepsis et infection virale aiguĂ«

Le traitement doit se concentrer sur l’identification et la correction du dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne. Le document source ne fournit pas de schĂ©ma mĂ©dicamenteux spĂ©cifique ni d’algorithme procĂ©dural pour l’infarctus de type 2.

Lésion myocardique aiguë non ischémique

Le traitement doit cibler l’affection sous-jacente, notamment :

  • Sepsis

  • Myocardite

  • Embolie pulmonaire

  • Hypertension pulmonaire aiguĂ«

  • Insuffisance cardiaque

  • Dysfonction rĂ©nale

  • Tachyarythmie ou bradyarythmie

  • Syndrome de Takotsubo

  • LĂ©sion liĂ©e Ă  une cardioversion ou Ă  une dĂ©fibrillation

  • État critique systĂ©mique

En cas de dysfonction myocardique associĂ©e au sepsis, la fonction ventriculaire peut rĂ©cupĂ©rer complĂštement aprĂšs traitement du sepsis. Cela renforce la nĂ©cessitĂ© de ne pas prĂ©sumer l’existence de lĂ©sions coronaires permanentes sur la seule base d’une Ă©lĂ©vation de la troponine ou d’une diminution de la fraction d’éjection.

Lésion myocardique chronique

Une Ă©lĂ©vation chronique et stable de la troponine doit conduire Ă  rechercher la maladie structurelle ou systĂ©mique responsable. Dans la maladie coronaire ischĂ©mique stable, des taux plus Ă©levĂ©s de troponine hypersensible et de peptides natriurĂ©tiques identifient les patients exposĂ©s Ă  un risque cardiovasculaire accru. Un traitement prĂ©ventif plus intensif peut ĂȘtre pertinent, bien que les implications thĂ©rapeutiques de l’élĂ©vation chronique de la troponine restent incomplĂštement Ă©tablies.

Lésion et infarctus périprocéduraux

AprĂšs une intervention coronaire percutanĂ©e ou un pontage aortocoronaire, il faut distinguer la lĂ©sion myocardique liĂ©e Ă  la procĂ©dure de l’infarctus liĂ© Ă  la procĂ©dure. Selon les critĂšres ARC-2 fournis :

Définition CritÚre de troponine Exigence supplémentaire
Infarctus du myocarde pĂ©riprocĂ©dural ÉlĂ©vation absolue par rapport Ă  la valeur initiale ≄35 × la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence Au moins un des Ă©lĂ©ments suivants : nouvelles ondes Q significatives ou Ă©quivalent, complication angiographique limitant le dĂ©bit, ou perte myocardique nouvelle importante Ă  l’imagerie
LĂ©sion myocardique pĂ©riprocĂ©durale significative ÉlĂ©vation absolue par rapport Ă  la valeur initiale ≄70 × la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence Aucun critĂšre supplĂ©mentaire spĂ©cifiĂ©

Ces dĂ©finitions s’appliquent lorsque les biomarqueurs initiaux sont normaux ou Ă©levĂ©s mais stables ou en diminution. Les nouvelles ondes Q doivent avoir une durĂ©e d’au moins 40 ms et une profondeur d’au moins 1 mm dans au moins deux dĂ©rivations contiguĂ«s.

RĂ©cidive d’infarctus

La rĂ©cidive d’infarctus doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e Ă  partir de la prĂ©sentation clinique, de l’ECG et d’au moins deux dosages sĂ©riĂ©s de la troponine. Si la troponine est dĂ©jĂ  Ă©levĂ©e mais stable ou en diminution lors de la rĂ©apparition des symptĂŽmes, une augmentation supplĂ©mentaire de plus de 20 % indique une rĂ©cidive d’infarctus. Si la troponine initiale est normale, les critĂšres diagnostiques et les intervalles de prĂ©lĂšvement propres Ă  la mĂ©thode standard doivent ĂȘtre utilisĂ©s.

Médicaments et posologies

Le document source ne fournit ni posologies ni schĂ©ma pharmacologique complet pour la lĂ©sion myocardique, l’infarctus de type 1 ou l’infarctus de type 2. Il indique toutefois que des traitements prĂ©ventifs plus intensifs, notamment un contrĂŽle plus strict de la pression artĂ©rielle et, chez certains patients atteints de diabĂšte de type 2, l’utilisation Ă©ventuelle d’inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2, pourraient attĂ©nuer la lĂ©sion chronique ou le risque dĂ©favorable associĂ©. Ces observations ne constituent pas un protocole thĂ©rapeutique avec posologies prĂ©cises.

Recommandations des sociétés savantes

Les recommandations fournies peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :

  • Utiliser le terme lĂ©sion myocardique lorsqu’au moins une valeur de troponine cardiaque dĂ©passe la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile.

  • Qualifier la lĂ©sion d’aiguĂ« lorsqu’il existe une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution des valeurs sĂ©riĂ©es de troponine.

  • Diagnostiquer un infarctus du myocarde uniquement lorsqu’une lĂ©sion myocardique aiguĂ« s’accompagne de signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

  • Utiliser la troponine cardiaque I ou T comme biomarqueur de rĂ©fĂ©rence, de prĂ©fĂ©rence avec un dosage hypersensible.

  • Doser la troponine chez tous les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu suspectĂ©.

  • Effectuer le dosage de la troponine le plus rapidement possible lors de la prise en charge initiale.

  • En cas de STEMI, ne pas retarder l’intervention dans l’attente des rĂ©sultats des biomarqueurs.

  • ConnaĂźtre la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence du 99e percentile propre Ă  la mĂ©thode utilisĂ©e localement.

  • Utiliser des dosages sĂ©riĂ©s de troponine hypersensible, gĂ©nĂ©ralement Ă  l’arrivĂ©e puis 1–3 heures plus tard ; les mĂ©thodes conventionnelles nĂ©cessitent habituellement un contrĂŽle aprĂšs 3–6 heures.

  • InterprĂ©ter la troponine conjointement avec les symptĂŽmes, l’ECG, l’imagerie et le contexte clinique.

  • Ne pas qualifier une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique d’infarctus du myocarde.

  • En cas d’insuffisance cardiaque aiguĂ« dĂ©compensĂ©e, rĂ©aliser rapidement un ECG et doser la troponine afin de rechercher une ischĂ©mie comme facteur dĂ©clenchant.

  • Chez les patients en Ă©tat critique, utiliser le jugement clinique aprĂšs la rĂ©cupĂ©ration pour dĂ©terminer si une Ă©valuation complĂ©mentaire de la maladie coronaire ou d’une cardiopathie structurelle est indiquĂ©e.

  • Ne pas doser systĂ©matiquement Ă  la fois la troponine et la CK-MB, car la CK-MB est moins sensible et moins spĂ©cifique et apporte peu d’informations supplĂ©mentaires lorsque la troponine est disponible.

Pronostic et suivi

Valeur pronostique

L’élĂ©vation de la troponine est constamment associĂ©e Ă  des Ă©vĂ©nements dĂ©favorables, mais sa signification pronostique dĂ©pend du contexte clinique.

Chez les patients hospitalisés pour COVID-19, la lésion myocardique a été associée à des arythmies, à une insuffisance respiratoire, à un recours accru à la ventilation mécanique, à une lésion rénale aiguë, à un syndrome de détresse respiratoire aiguë, à des troubles de la coagulation et à une mortalité accrue. Elle est plus fréquente chez les patients ùgés et chez ceux présentant des comorbidités. Il reste incertain de savoir si la troponine contribue directement aux événements défavorables ou si elle constitue principalement un marqueur de la gravité de la maladie.

Chez les patients en Ă©tat critique, l’élĂ©vation de la troponine est frĂ©quente et prĂ©dit un pronostic dĂ©favorable quelle que soit la maladie sous-jacente. Dans l’embolie pulmonaire, une troponine Ă©levĂ©e identifie un risque accru lorsqu’elle est associĂ©e aux donnĂ©es cliniques et d’imagerie, tandis qu’une troponine hypersensible faible possĂšde une valeur prĂ©dictive nĂ©gative Ă©levĂ©e pour les Ă©vĂ©nements dĂ©favorables Ă  l’hĂŽpital chez certains patients normotendus.

Dans la maladie coronaire ischĂ©mique stable, l’augmentation des concentrations de troponine hypersensible est associĂ©e Ă  une hausse graduelle du risque ultĂ©rieur de dĂ©cĂšs cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque. Des concentrations plus Ă©levĂ©es de peptides natriurĂ©tiques identifient de maniĂšre similaire les patients exposĂ©s Ă  un risque cardiovasculaire accru.

Évaluation de suivi

Le suivi doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© par la cause et la persistance de la lĂ©sion :

  • Les patients prĂ©sentant un infarctus de type 1 suspectĂ© nĂ©cessitent une Ă©valuation post-infarctus et une prĂ©vention secondaire appropriĂ©es, bien que les schĂ©mas spĂ©cifiques ne soient pas dĂ©taillĂ©s dans le document source.

  • Les patients prĂ©sentant un infarctus de type 2 doivent ĂȘtre réévaluĂ©s Ă  la recherche de l’affection dĂ©clenchante et de la prĂ©sence ou de l’absence d’une maladie coronaire, car ces deux Ă©lĂ©ments peuvent influencer le pronostic et la prise en charge ultĂ©rieure.

  • Les patients prĂ©sentant une lĂ©sion myocardique aiguĂ« non ischĂ©mique doivent bĂ©nĂ©ficier d’un suivi orientĂ© vers l’affection systĂ©mique, myocardique ou pulmonaire sous-jacente.

  • Les patients prĂ©sentant des taux persistants ou croissants de troponine ou de peptides natriurĂ©tiques doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s pour une Ă©valuation Ă©chocardiographique, notamment lorsqu’une cardiopathie structurelle est suspectĂ©e.

  • AprĂšs un Ă©tat critique, l’évaluation d’une maladie coronaire ou d’une cardiopathie structurelle doit ĂȘtre guidĂ©e par la rĂ©cupĂ©ration clinique et le jugement mĂ©dical, plutĂŽt que par le seul rĂ©sultat de troponine.

  • La rĂ©apparition de symptĂŽmes alors que la troponine est dĂ©jĂ  Ă©levĂ©e nĂ©cessite des dosages sĂ©riĂ©s et une comparaison des ECG afin de distinguer une rĂ©cidive d’infarctus d’une Ă©lĂ©vation persistante ou chronique.

Le principe essentiel est que la troponine est un indicateur trĂšs sensible d’une lĂ©sion myocardique et un marqueur pronostique prĂ©cieux, mais qu’elle ne devient diagnostique d’un infarctus du myocarde que lorsque sa variation dynamique est reliĂ©e Ă  des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026