đŸš« La quatriĂšme dĂ©finition universelle de l’infarctus du myocarde : types 1–5

Sommaire (42)

Définition et physiopathologie

L’infarctus du myocarde (IDM) est un diagnostic clinique intĂ©grant la lĂ©sion myocardique, les signes d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«, les donnĂ©es Ă©lectrocardiographiques, les biomarqueurs cardiaques, l’imagerie, la coronarographie et, parfois, l’examen anatomopathologique. Sur le plan anatomopathologique, l’infarctus correspond Ă  la mort cellulaire myocardique provoquĂ©e par une ischĂ©mie prolongĂ©e.

Les premiĂšres anomalies cellulaires de l’ischĂ©mie comprennent l’épuisement du glycogĂšne, le relĂąchement des myofibrilles et la dĂ©sorganisation du sarcolemme. Ces modifications peuvent apparaĂźtre dans les 10–15 minutes suivant le dĂ©but de l’ischĂ©mie. Des anomalies mitochondriales peuvent survenir encore plus prĂ©cocement aprĂšs l’occlusion coronaire et progresser avec le temps. ExpĂ©rimentalement, la nĂ©crose progresse du sous-endocarde vers le sous-Ă©picarde en plusieurs heures. L’étendue et la vitesse d’évolution de la lĂ©sion dĂ©pendent du dĂ©bit collatĂ©ral, de la consommation myocardique d’oxygĂšne et du caractĂšre intermittent de l’occlusion avec reperfusion. Une reperfusion rapide, lorsqu’elle est appropriĂ©e, rĂ©duit la lĂ©sion myocardique ischĂ©mique.

Lésion myocardique

La lĂ©sion myocardique est dĂ©finie par une concentration d’au moins une troponine cardiaque (cTn) supĂ©rieure Ă  la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence (LSR) correspondant au 99e percentile pour le dosage utilisĂ©. Elle est considĂ©rĂ©e comme aiguĂ« lorsqu’il existe une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution des valeurs de cTn. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la cTn n’établit pas le diagnostic d’IDM, car une lĂ©sion myocardique peut survenir en l’absence d’ischĂ©mie myocardique.

Une lésion myocardique non ischémique peut accompagner de nombreuses affections cardiaques et systémiques, notamment :

Causes cardiaques Causes systémiques
Insuffisance cardiaque Sepsis
Myocardite Maladie rénale chronique
Cardiomyopathie Accident vasculaire cérébral ou hémorragie sous-arachnoïdienne
Syndrome de Takotsubo Embolie pulmonaire
Revascularisation coronaire rĂ©cente Maladie infiltrative, telle que l’amylose ou la sarcoĂŻdose
Autres procédures cardiaques Agents chimiothérapeutiques
Ablation par cathéter Affection critique
Chocs délivrés par un défibrillateur Exercice physique intense
Contusion cardiaque

Le diagnostic doit donc distinguer une lĂ©sion myocardique isolĂ©e d’un infarctus provoquĂ© par une ischĂ©mie aiguĂ«.

Infarctus aigu du myocarde

L’IDM aigu nĂ©cessite la prĂ©sence simultanĂ©e des deux Ă©lĂ©ments suivants :

  • Une lĂ©sion myocardique aiguĂ«, mise en Ă©vidence par une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution de la cTn avec au moins une valeur supĂ©rieure au 99e percentile de la LSR ; et

  • Des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«, mis en Ă©vidence par au moins l’un des Ă©lĂ©ments suivants :

  • SymptĂŽmes d’ischĂ©mie myocardique.
    • Nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques.

    • Nouvelles ondes Q pathologiques.

    • Signes d’imagerie d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.

    • Mise en Ă©vidence d’un thrombus coronaire par coronarographie ou Ă  l’autopsie, exceptĂ© dans les IDM de type 2 et de type 3.

  • Le diagnostic d’IDM ne doit pas reposer uniquement sur une concentration anormale de cTn en l’absence de signes d’ischĂ©mie.

    Classification de l’infarctus du myocarde

    La quatriĂšme dĂ©finition universelle distingue cinq types principaux d’IDM.

    Type Mécanisme ou contexte
    Type 1 IDM athĂ©rothrombotique aigu, habituellement liĂ© Ă  la rupture ou Ă  l’érosion d’une plaque
    Type 2 IDM provoquĂ© par un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne, sans athĂ©rothrombose aiguĂ«
    Type 3 DĂ©cĂšs cardiaque avec suspicion d’ischĂ©mie aiguĂ« avant confirmation biologique
    Type 4a IDM associé à une intervention coronaire percutanée (ICP)
    Type 4b IDM provoquĂ© par une thrombose de stent ou d’implant endovasculaire
    Type 4c IDM provoqué par une resténose
    Type 5 IDM associé à un pontage aortocoronaire (PAC)

    Les IDM de types 4b et 4c rĂ©pondent aux critĂšres de l’IDM de type 1, car ils correspondent Ă  des Ă©vĂ©nements athĂ©rothrombotiques coronaires survenant dans le contexte d’une thrombose de stent ou d’une restĂ©nose.

    Infarctus du myocarde de type 1

    Définition et physiopathologie

    L’IDM de type 1 rĂ©sulte d’une athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. Il est habituellement dĂ©clenchĂ© par la dĂ©stabilisation d’une plaque d’athĂ©rome par rupture ou Ă©rosion. La contribution respective de la maladie de la plaque et du thrombus varie considĂ©rablement. Le matĂ©riel thrombotique peut s’emboliser en aval et provoquer une nĂ©crose supplĂ©mentaire des myocytes. La dĂ©stabilisation de la plaque peut Ă©galement s’accompagner d’une hĂ©morragie intraplaque.

    Le diagnostic est Ă©tayĂ© par les critĂšres gĂ©nĂ©raux de l’IDM aigu, associĂ©s Ă  des signes d’athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. La mise en Ă©vidence post mortem d’un athĂ©rothrombus dans l’artĂšre vascularisant le myocarde infarci satisfait aux critĂšres de l’IDM de type 1, quelle que soit la concentration de cTn.

    L’IDM de type 1 doit ĂȘtre classĂ© Ă©lectrocardiographiquement en infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI) ou en infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTEMI), car cette classification guide le traitement conformĂ©ment aux recommandations actuelles sur les syndromes coronariens aigus.

    Présentation clinique

    La prĂ©sentation clinique est dĂ©terminĂ©e par la prĂ©sence d’une ischĂ©mie myocardique aiguĂ« et peut comporter des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’ischĂ©mie, de nouvelles anomalies Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques, des ondes Q pathologiques ou de nouveaux signes d’imagerie indiquant une lĂ©sion myocardique. Le matĂ©riel fourni ne dĂ©crit pas en dĂ©tail le profil symptomatique ni les constatations de l’examen clinique propres Ă  l’IDM de type 1.

    Évaluation et diagnostic

    L’évaluation nĂ©cessite l’intĂ©gration des Ă©lĂ©ments suivants :

    • Le contexte clinique et les symptĂŽmes.

    • Les dosages sĂ©riĂ©s de cTn.

    • Les donnĂ©es de l’ECG, notamment la recherche de nouvelles modifications ischĂ©miques.

    • L’imagerie Ă  la recherche d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale.

    • La coronarographie ou l’autopsie lorsqu’il est pertinent de rechercher un thrombus coronaire.

    Infarctus du myocarde de type 2

    Définition et physiopathologie

    L’IDM de type 2 est provoquĂ© par un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne du myocarde, sans athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. La distinction diagnostique est mĂ©canistique : l’évĂ©nement est attribuĂ© Ă  un dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande, plutĂŽt qu’à une dĂ©stabilisation aiguĂ« de plaque avec thrombose coronaire.

    La prĂ©sence ou l’absence de maladie coronaire est pertinente pour le pronostic et le traitement, mais le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les facteurs dĂ©clenchants individuels, les objectifs thĂ©rapeutiques ni les schĂ©mas mĂ©dicamenteux propres Ă  l’IDM de type 2.

    Distinction avec la lésion myocardique

    Un patient peut prĂ©senter une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution aiguĂ« de la cTn sans signes cliniques d’ischĂ©mie. Une telle prĂ©sentation doit ĂȘtre diagnostiquĂ©e comme une lĂ©sion myocardique aiguĂ« et non comme un IDM de type 2. L’IDM de type 2 nĂ©cessite une lĂ©sion myocardique aiguĂ« associĂ©e Ă  des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

    La mise en Ă©vidence d’un thrombus coronaire par coronarographie ou Ă  l’autopsie ne constitue pas un critĂšre dĂ©finissant l’IDM de type 2.

    Infarctus du myocarde de type 3

    Définition

    L’IDM de type 3 dĂ©signe un dĂ©cĂšs cardiaque chez un patient prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’ischĂ©mie myocardique et des modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques nouvellement apparues prĂ©sumĂ©es, survenant avant que les valeurs de cTn ne soient disponibles ou anormales.

    Cette catĂ©gorie distingue les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques aigus prĂ©sumĂ©s lĂ©taux de la mort cardiaque subite lorsqu’il n’existe pas suffisamment d’élĂ©ments pour Ă©tablir le diagnostic d’IDM. Le matĂ©riel fourni ne contient pas de recommandations supplĂ©mentaires spĂ©cifiques Ă  la prise en charge ou au suivi de l’IDM de type 3.

    Lésion myocardique et infarctus liés aux procédures

    Principe général

    Les procĂ©dures coronaires entraĂźnent frĂ©quemment une Ă©lĂ©vation post-procĂ©durale de la cTn. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la cTn aprĂšs ICP suffit Ă  diagnostiquer une lĂ©sion myocardique procĂ©durale, mais pas un IDM de type 4a. Un IDM liĂ© Ă  une procĂ©dure nĂ©cessite Ă  la fois un degrĂ© dĂ©fini d’élĂ©vation des biomarqueurs et des signes supplĂ©mentaires d’ischĂ©mie myocardique ou une complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit.

    L’IDM liĂ© Ă  une ICP est dĂ©signĂ© comme un IDM de type 4a, tandis que l’IDM liĂ© Ă  un PAC est dĂ©signĂ© comme un IDM de type 5.

    Infarctus du myocarde de type 4a : IDM lié à une ICP

    CritĂšres diagnostiques

    Pour un IDM de type 4a survenant dans les 48 heures suivant une ICP, le seuil de cTn dépend de la concentration initiale :

    • En cas de cTn initiale normale : la cTn post-procĂ©dure doit dĂ©passer cinq fois le 99e percentile de la LSR.

    • En cas de cTn initiale Ă©levĂ©e, stable, dĂ©finie par une variation ≀20 %, ou en diminution : la valeur post-procĂ©dure doit augmenter de >20 % et atteindre une concentration absolue supĂ©rieure Ă  cinq fois le 99e percentile de la LSR.

    En outre, au moins l’un des Ă©lĂ©ments suivants est requis :

    • Nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques.

    • Nouvelles ondes Q pathologiques.

    • Signes d’imagerie d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.

    • Signes coronarographiques d’une complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit, telle que :

  • Dissection coronaire.
    • Occlusion d’une artĂšre Ă©picardique majeure.

    • Occlusion ou thrombus d’une branche collatĂ©rale.

    • Interruption du flux collatĂ©ral.

    • Flux lent ou phĂ©nomĂšne de no-reflow.

    • Embolisation distale.

  • L’apparition de nouvelles ondes Q pathologiques peut satisfaire aux critĂšres mĂȘme lorsque la cTn est Ă©levĂ©e et en augmentation, mais reste infĂ©rieure au seuil biologique spĂ©cifiĂ©. La mise en Ă©vidence post mortem d’un thrombus liĂ© Ă  la procĂ©dure satisfait Ă©galement aux critĂšres de l’IDM de type 4a.

    Interprétation pratique

    La distinction entre lĂ©sion myocardique procĂ©durale et IDM de type 4a est cliniquement importante. De faibles Ă©lĂ©vations isolĂ©es des biomarqueurs aprĂšs une ICP apparemment rĂ©ussie ne doivent pas automatiquement ĂȘtre qualifiĂ©es d’IDM. Le diagnostic nĂ©cessite l’association de la rĂ©ponse de la cTn spĂ©cifiĂ©e et de signes objectifs d’ischĂ©mie ou d’une atteinte coronaire procĂ©durale.

    Une dĂ©finition plus stricte dĂ©crite dans le matĂ©riel fourni identifie un IDM post-ICP cliniquement pertinent Ă  l’aide de seuils nettement plus Ă©levĂ©s de cTn ou de crĂ©atine kinase fraction MB, avec des critĂšres ECG supplĂ©mentaires dans certains cas. Toutefois, les critĂšres de la quatriĂšme dĂ©finition universelle demeurent le cadre principal dĂ©crit pour la classification.

    Considérations pronostiques

    Les Ă©lĂ©vations post-ICP de la cTn et de la crĂ©atine kinase fraction MB surviennent plus frĂ©quemment qu’un infarctus cliniquement manifeste. De petites Ă©lĂ©vations asymptomatiques des enzymes peuvent avoir des consĂ©quences cliniques limitĂ©es, tandis qu’une nĂ©crose myocardique plus importante est associĂ©e Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e Ă  un an. Un IDM spontanĂ© aprĂšs ICP a une importance pronostique supĂ©rieure Ă  celle d’une Ă©lĂ©vation enzymatique pĂ©riprocĂ©durale isolĂ©e.

    La mortalitĂ© aprĂšs ICP est rare, d’environ 1 % dans le matĂ©riel fourni, mais elle est plus Ă©levĂ©e chez les patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP pour STEMI, chez ceux prĂ©sentant un choc cardiogĂ©nique et chez ceux dont la fonction ventriculaire gauche Ă©tait auparavant altĂ©rĂ©e et chez lesquels survient une occlusion.

    Infarctus du myocarde de type 4b : thrombose de stent ou d’implant endovasculaire

    L’IDM de type 4b est provoquĂ© par une thrombose de stent ou d’implant endovasculaire et rĂ©pond aux critĂšres de l’IDM de type 1. Ainsi, le diagnostic nĂ©cessite une lĂ©sion myocardique aiguĂ« avec des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique et les Ă©lĂ©ments pertinents attestant d’un Ă©vĂ©nement thrombotique coronaire aigu. La mise en Ă©vidence post mortem d’un thrombus liĂ© Ă  la procĂ©dure satisfait aux critĂšres du type 4b lorsque le thrombus est associĂ© Ă  un stent.

    Le matĂ©riel fourni ne contient pas d’informations supplĂ©mentaires sur la classification temporelle, les dĂ©finitions coronarographiques, le traitement antithrombotique ou la stratĂ©gie de suivi de la thrombose de stent.

    Infarctus du myocarde de type 4c : resténose

    L’IDM de type 4c est associĂ© Ă  une restĂ©nose aprĂšs ICP. Il rĂ©pond Ă©galement aux critĂšres de l’IDM de type 1, ce qui implique la prĂ©sence d’une lĂ©sion myocardique aiguĂ« et de signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ« dans le contexte d’une lĂ©sion coronaire restĂ©notique.

    Les seuils coronarographiques spécifiques, les stratégies thérapeutiques et les recommandations de surveillance de la resténose ne sont pas précisés dans le matériel fourni.

    Infarctus du myocarde de type 5 : IDM lié au PAC

    CritĂšres diagnostiques

    Un IDM liĂ© Ă  un PAC survenant dans les 48 heures suivant l’intervention nĂ©cessite :

    • En cas de cTn initiale normale : une Ă©lĂ©vation de la cTn supĂ©rieure Ă  10 fois le 99e percentile de la LSR.

    • En cas de cTn initiale Ă©levĂ©e, stable, dĂ©finie par une variation ≀20 %, ou en diminution : une augmentation de >20 % associĂ©e Ă  une concentration absolue postopĂ©ratoire supĂ©rieure Ă  10 fois le 99e percentile de la LSR.

    En outre, au moins l’un des Ă©lĂ©ments suivants doit ĂȘtre prĂ©sent :

    • Nouvelles ondes Q pathologiques.

    • Signes d’imagerie d’une nouvelle perte de myocarde viable ou d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.

    • Signes coronarographiques d’une complication limitant le dĂ©bit impliquant une artĂšre coronaire native ou un greffon, notamment une dissection, une occlusion, une occlusion ou un thrombus d’une branche collatĂ©rale, une interruption du flux collatĂ©ral ou une embolisation distale.

    Les nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques constituent un critĂšre supplĂ©mentaire de l’IDM de type 4a, mais ne figurent pas comme critĂšre du type 5 dans la dĂ©finition fournie. La prĂ©sence isolĂ©e de nouvelles ondes Q pathologiques peut Ă©tablir le diagnostic d’IDM de type 5 lorsque la cTn est Ă©levĂ©e et en augmentation, mais n’atteint pas le seuil spĂ©cifiĂ©. La mise en Ă©vidence post mortem d’un thrombus liĂ© Ă  la procĂ©dure peut Ă©galement satisfaire aux critĂšres.

    Stratégie diagnostique

    Intégration clinique

    Le diagnostic doit reposer sur la relation temporelle entre les symptĂŽmes, les anomalies ECG, les variations des biomarqueurs, les constatations d’imagerie et toute procĂ©dure ou observation anatomopathologique. La chronologie est essentielle, notamment pour distinguer un IDM spontanĂ© d’une lĂ©sion liĂ©e Ă  une procĂ©dure.

    La séquence suivante fournit une approche diagnostique structurée :

    • DĂ©terminer si la cTn est supĂ©rieure au 99e percentile de la LSR.

    • DĂ©terminer si le profil est aigu en recherchant une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution.

    • Rechercher des signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

    • Évaluer l’ECG Ă  la recherche de nouvelles modifications ischĂ©miques ou d’ondes Q pathologiques.

    • Utiliser l’imagerie, lorsque cela est appropriĂ©, pour identifier une nouvelle perte de myocarde viable ou une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale d’origine ischĂ©mique.

    • Rechercher des signes coronarographiques ou anatomopathologiques de thrombus coronaire ou de complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit.

    • Attribuer le type d’IDM en fonction du mĂ©canisme et du contexte procĂ©dural.

    Électrocardiographie

    Les donnĂ©es ECG peuvent satisfaire aux critĂšres de l’IDM aigu lorsqu’apparaissent de nouvelles modifications ischĂ©miques ou de nouvelles ondes Q pathologiques. L’interprĂ©tation de l’ECG contribue Ă©galement Ă  la classification de l’IDM de type 1 en STEMI ou NSTEMI. La quatriĂšme dĂ©finition universelle souligne plusieurs autres Ă©lĂ©ments ECG, notamment un nouveau bloc de branche droit non liĂ© Ă  la frĂ©quence avec des profils spĂ©cifiques de repolarisation, ainsi qu’un sus-dĂ©calage du segment ST en aVR avec des profils spĂ©cifiques de repolarisation, considĂ©rĂ©s comme Ă©quivalents de STEMI. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les seuils ECG dĂ©taillĂ©s ni les critĂšres dĂ©rivation par dĂ©rivation applicables Ă  ces anomalies.

    Dans l’IDM de type 4a, les nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques figurent explicitement parmi les critĂšres supplĂ©mentaires requis. Plus gĂ©nĂ©ralement, pour un IDM liĂ© Ă  une procĂ©dure, de nouvelles ondes Q pathologiques peuvent Ă  elles seules satisfaire au critĂšre procĂ©dural lorsque le profil biologique est en augmentation, mais infĂ©rieur au seuil spĂ©cifiĂ©.

    Imagerie

    L’imagerie contribue au diagnostic en mettant en Ă©vidence :

    • Une nouvelle perte de myocarde viable.

    • Une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon un profil compatible avec une ischĂ©mie.

    La quatriĂšme dĂ©finition universelle accorde une importance accrue Ă  l’imagerie, notamment Ă  l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiaque, pour le diagnostic de l’IDM. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise aucun protocole, aucune sĂ©quence ni aucun seuil diagnostique d’imagerie.

    Coronarographie et anatomopathologie

    La coronarographie peut mettre en évidence :

    • Un thrombus coronaire aigu.

    • Une dissection coronaire.

    • L’occlusion d’une artĂšre Ă©picardique majeure ou d’un greffon.

    • L’occlusion ou le thrombus d’une branche collatĂ©rale.

    • L’interruption du flux collatĂ©ral.

    • Une embolisation distale.

    • Un flux lent ou un phĂ©nomĂšne de no-reflow aprĂšs ICP.

    L’autopsie peut mettre en Ă©vidence un athĂ©rothrombus aigu dans l’artĂšre vascularisant le myocarde infarci, ce qui Ă©taye le diagnostic d’IDM de type 1. La mise en Ă©vidence post mortem d’un thrombus liĂ© Ă  la procĂ©dure Ă©taye le diagnostic d’IDM de type 4a, ou de type 4b lorsqu’il est associĂ© Ă  un stent.

    Biomarqueurs et résultats biologiques

    Troponine cardiaque

    La troponine cardiaque est le biomarqueur central pour définir une lésion myocardique. Au moins une valeur supérieure au 99e percentile de la LSR spécifique du dosage est requise. Une lésion aiguë nécessite une élévation et/ou une diminution lors de mesures sériées.

    L’interprĂ©tation doit tenir compte :

    • Du dosage utilisĂ©.

    • Du 99e percentile de la LSR spĂ©cifique du dosage.

    • De la sĂ©quence complĂšte des mesures des biomarqueurs.

    • De la concentration initiale de cTn.

    • Du caractĂšre stable de la valeur initiale, avec une variation ≀20 %, ou de sa diminution.

    • Du contexte clinique et ECG.

    Les dosages de cTn hypersensible ont amĂ©liorĂ© la dĂ©tection des lĂ©sions myocardiques. Leurs plages dynamiques varient et les critĂšres peuvent diffĂ©rer selon les dosages. L’utilisation des dosages hypersensibles pour dĂ©finir les IDM de types 4a et 5 demeure un domaine de recherche active ; le seuil de cinq fois pour l’IDM de type 4a est conservĂ©, car le matĂ©riel fourni n’identifie aucune alternative supĂ©rieure.

    Créatine kinase fraction MB

    Une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atine kinase fraction MB peut survenir aprĂšs une ICP et a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans des dĂ©finitions plus strictes de l’IDM post-ICP cliniquement pertinent. De petites Ă©lĂ©vations asymptomatiques infĂ©rieures Ă  cinq fois la limite supĂ©rieure de la normale peuvent survenir aprĂšs une ICP techniquement rĂ©ussie et avoir apparemment peu de consĂ©quences cliniques. Les Ă©lĂ©vations de la troponine sont plus frĂ©quentes que celles de la crĂ©atine kinase fraction MB, bien que leur valeur pronostique supplĂ©mentaire par rapport Ă  l’élĂ©vation de la crĂ©atine kinase fraction MB soit dĂ©crite comme moins bien Ă©tablie dans ce contexte.

    Évaluation hĂ©modynamique et clinique dans l’IDM aigu

    La classification hĂ©modynamique fournie repose sur l’examen clinique et les mesures invasives.

    Classification clinique

    Classe Signes cliniques
    I Absence de rĂąles et de troisiĂšme bruit cardiaque
    II Crépitants, troisiÚme bruit cardiaque ou pression veineuse jugulaire élevée
    III ƒdùme aigu du poumon manifeste
    IV Choc

    Classification hémodynamique invasive

    Sous-groupe Définition
    I Hémodynamique normale : pression capillaire pulmonaire bloquée (PCWP) <18 et index cardiaque (IC) >2.2
    II Congestion pulmonaire : PCWP >18 et IC >2.2
    III Hypoperfusion périphérique : PCWP <18 et IC <2.2
    IV Congestion pulmonaire avec hypoperfusion périphérique : PCWP >18 et IC <2.2

    Cette classification contribue Ă  dĂ©crire la sĂ©vĂ©ritĂ© hĂ©modynamique de l’IDM aigu. Le matĂ©riel fourni ne contient pas de protocole complet d’examen clinique ni de traitement pharmacologique spĂ©cifique en fonction de la classe hĂ©modynamique.

    Traitement et prise en charge

    Principes généraux

    Le diagnostic d’IDM a des implications directes pour les examens diagnostiques complĂ©mentaires, les conseils hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, le traitement et le pronostic. La prise en charge doit ĂȘtre fondĂ©e sur le type spĂ©cifique d’IDM et son mĂ©canisme sous-jacent. Pour l’IDM de type 1, la classification ECG en STEMI ou NSTEMI est essentielle pour choisir le traitement conformĂ©ment aux recommandations actuelles.

    Une reperfusion rapide, lorsqu’elle est cliniquement appropriĂ©e, limite la lĂ©sion myocardique ischĂ©mique. Pour les Ă©vĂ©nements liĂ©s aux procĂ©dures, la prise en charge nĂ©cessite de distinguer une lĂ©sion myocardique isolĂ©e d’un vĂ©ritable IDM et de rechercher une complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit.

    IDM de type 1

    Le matĂ©riel fourni Ă©tablit que l’IDM de type 1 doit ĂȘtre pris en charge conformĂ©ment aux recommandations actuelles relatives au STEMI ou au NSTEMI, mais ne prĂ©cise pas les stratĂ©gies de reperfusion, les schĂ©mas antiagrĂ©gants plaquettaires, les schĂ©mas anticoagulants, les traitements hypolipĂ©miants, les doses ni les protocoles de prĂ©vention secondaire.

    IDM de type 2

    Le traitement doit tenir compte du dĂ©sĂ©quilibre entre l’apport et la demande en oxygĂšne ainsi que de la prĂ©sence ou de l’absence d’une maladie coronaire. Toutefois, le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les facteurs dĂ©clenchants individuels et ne contient ni traitement mĂ©dicamenteux, ni posologie, ni recommandations procĂ©durales.

    IDM lié à une procédure

    Pour les IDM de types 4a et 5, les principales implications diagnostiques décrites pour la prise en charge sont les suivantes :

    • Ne pas classer une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la cTn aprĂšs une procĂ©dure comme un IDM.

    • Confirmer le seuil biologique spĂ©cifiĂ©.

    • Rechercher de nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques, des ondes Q pathologiques, de nouvelles anomalies d’imagerie ou des complications procĂ©durales coronarographiques.

    • Rechercher et traiter les complications limitant le dĂ©bit lorsqu’elles sont prĂ©sentes.

    Aucun protocole spĂ©cifique d’ICP de sauvetage, de traitement chirurgical, antithrombotique ou de soins de support n’est fourni.

    Médicaments et doses

    Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise aucun nom de mĂ©dicament, aucune dose, aucune adaptation posologique ni aucune instruction pratique de prescription pour le traitement des IDM de types 1–5.

    Recommandations des lignes directrices

    La quatriÚme définition universelle fournit les recommandations essentielles suivantes :

    • Employer le terme lĂ©sion myocardique lorsque la cTn dĂ©passe le 99e percentile de la LSR.

    • Qualifier la lĂ©sion d’aiguĂ« lorsque la cTn prĂ©sente une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution.

    • Diagnostiquer un IDM aigu uniquement lorsqu’une lĂ©sion myocardique aiguĂ« s’accompagne de signes cliniques d’ischĂ©mie myocardique aiguĂ«.

    • Distinguer une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique d’un IDM.

    • Classer l’IDM en types 1–5 selon son mĂ©canisme.

    • Distinguer une lĂ©sion myocardique procĂ©durale d’un IDM liĂ© Ă  une procĂ©dure.

    • Utiliser les donnĂ©es ECG pour classer l’IDM de type 1 en STEMI ou NSTEMI.

    • InterprĂ©ter les rĂ©sultats de cTn en fonction du dosage, de sa LSR, de l’évolution sĂ©riĂ©e et du contexte clinique.

    • IntĂ©grer l’imagerie, la coronarographie et, lorsqu’elles sont disponibles, les donnĂ©es anatomopathologiques au processus diagnostique.

    • Pour la documentation mĂ©dicale et les systĂšmes de donnĂ©es, consigner le dosage utilisĂ©, son 99e percentile de la LSR et la sĂ©quence complĂšte des valeurs de cTn afin de pouvoir Ă©valuer de maniĂšre fiable la cinĂ©tique aiguĂ« des biomarqueurs.

    Pronostic et suivi

    Une lĂ©sion myocardique, qu’elle rĂ©ponde ou non aux critĂšres de l’IDM, est associĂ©e Ă  un pronostic dĂ©favorable. Une nĂ©crose myocardique post-ICP plus importante est associĂ©e Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e Ă  un an. Un IDM spontanĂ© survenant aprĂšs une ICP a une signification pronostique supĂ©rieure Ă  celle d’une Ă©lĂ©vation enzymatique pĂ©riprocĂ©durale isolĂ©e.

    La mortalitĂ© aprĂšs ICP est rare, mais elle augmente en prĂ©sence d’un STEMI, d’un choc cardiogĂ©nique ou d’une altĂ©ration prĂ©existante de la fonction ventriculaire gauche compliquĂ©e d’une occlusion.

    Le diagnostic d’IDM a Ă©galement des consĂ©quences importantes au-delĂ  des soins cliniques immĂ©diats. Il peut influer sur le bien-ĂȘtre psychologique, les assurances vie et maladie, les activitĂ©s professionnelles, les permis de conduire et les licences de pilote, le codage des soins, le remboursement, les statistiques de santĂ© publique, les congĂ©s de maladie et la reconnaissance d’une invaliditĂ©. Une classification prĂ©cise est donc importante tant pour la prise en charge individuelle que pour la dĂ©claration au systĂšme de santĂ©.

    Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas de calendrier structurĂ© pour le suivi ambulatoire, la rĂ©pĂ©tition de l’imagerie, la rĂ©adaptation, la prĂ©vention secondaire ou le traitement pharmacologique Ă  long terme.

    Auteurs

    EBM AI
    Evidensbaserad AI-agent

    Mis à jour 7 août 2026