Définition et physiopathologie
Lâinfarctus du myocarde (IDM) est un diagnostic clinique intĂ©grant la lĂ©sion myocardique, les signes dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«, les donnĂ©es Ă©lectrocardiographiques, les biomarqueurs cardiaques, lâimagerie, la coronarographie et, parfois, lâexamen anatomopathologique. Sur le plan anatomopathologique, lâinfarctus correspond Ă la mort cellulaire myocardique provoquĂ©e par une ischĂ©mie prolongĂ©e.
Les premiĂšres anomalies cellulaires de lâischĂ©mie comprennent lâĂ©puisement du glycogĂšne, le relĂąchement des myofibrilles et la dĂ©sorganisation du sarcolemme. Ces modifications peuvent apparaĂźtre dans les 10â15 minutes suivant le dĂ©but de lâischĂ©mie. Des anomalies mitochondriales peuvent survenir encore plus prĂ©cocement aprĂšs lâocclusion coronaire et progresser avec le temps. ExpĂ©rimentalement, la nĂ©crose progresse du sous-endocarde vers le sous-Ă©picarde en plusieurs heures. LâĂ©tendue et la vitesse dâĂ©volution de la lĂ©sion dĂ©pendent du dĂ©bit collatĂ©ral, de la consommation myocardique dâoxygĂšne et du caractĂšre intermittent de lâocclusion avec reperfusion. Une reperfusion rapide, lorsquâelle est appropriĂ©e, rĂ©duit la lĂ©sion myocardique ischĂ©mique.
Lésion myocardique
La lĂ©sion myocardique est dĂ©finie par une concentration dâau moins une troponine cardiaque (cTn) supĂ©rieure Ă la limite supĂ©rieure de rĂ©fĂ©rence (LSR) correspondant au 99e percentile pour le dosage utilisĂ©. Elle est considĂ©rĂ©e comme aiguĂ« lorsquâil existe une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution des valeurs de cTn. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la cTn nâĂ©tablit pas le diagnostic dâIDM, car une lĂ©sion myocardique peut survenir en lâabsence dâischĂ©mie myocardique.
Une lésion myocardique non ischémique peut accompagner de nombreuses affections cardiaques et systémiques, notamment :
| Causes cardiaques | Causes systémiques |
|---|---|
| Insuffisance cardiaque | Sepsis |
| Myocardite | Maladie rénale chronique |
| Cardiomyopathie | Accident vasculaire cérébral ou hémorragie sous-arachnoïdienne |
| Syndrome de Takotsubo | Embolie pulmonaire |
| Revascularisation coronaire rĂ©cente | Maladie infiltrative, telle que lâamylose ou la sarcoĂŻdose |
| Autres procédures cardiaques | Agents chimiothérapeutiques |
| Ablation par cathéter | Affection critique |
| Chocs délivrés par un défibrillateur | Exercice physique intense |
| Contusion cardiaque |
Le diagnostic doit donc distinguer une lĂ©sion myocardique isolĂ©e dâun infarctus provoquĂ© par une ischĂ©mie aiguĂ«.
Infarctus aigu du myocarde
LâIDM aigu nĂ©cessite la prĂ©sence simultanĂ©e des deux Ă©lĂ©ments suivants :
Une lésion myocardique aiguë, mise en évidence par une élévation et/ou une diminution de la cTn avec au moins une valeur supérieure au 99e percentile de la LSR ; et
Des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«, mis en Ă©vidence par au moins lâun des Ă©lĂ©ments suivants :
Nouvelles modifications électrocardiographiques ischémiques.
Nouvelles ondes Q pathologiques.
Signes dâimagerie dâune nouvelle perte de myocarde viable ou dâune nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.
Mise en Ă©vidence dâun thrombus coronaire par coronarographie ou Ă lâautopsie, exceptĂ© dans les IDM de type 2 et de type 3.
Le diagnostic dâIDM ne doit pas reposer uniquement sur une concentration anormale de cTn en lâabsence de signes dâischĂ©mie.
Classification de lâinfarctus du myocarde
La quatriĂšme dĂ©finition universelle distingue cinq types principaux dâIDM.
| Type | Mécanisme ou contexte |
|---|---|
| Type 1 | IDM athĂ©rothrombotique aigu, habituellement liĂ© Ă la rupture ou Ă lâĂ©rosion dâune plaque |
| Type 2 | IDM provoquĂ© par un dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne, sans athĂ©rothrombose aiguĂ« |
| Type 3 | DĂ©cĂšs cardiaque avec suspicion dâischĂ©mie aiguĂ« avant confirmation biologique |
| Type 4a | IDM associé à une intervention coronaire percutanée (ICP) |
| Type 4b | IDM provoquĂ© par une thrombose de stent ou dâimplant endovasculaire |
| Type 4c | IDM provoqué par une resténose |
| Type 5 | IDM associé à un pontage aortocoronaire (PAC) |
Les IDM de types 4b et 4c rĂ©pondent aux critĂšres de lâIDM de type 1, car ils correspondent Ă des Ă©vĂ©nements athĂ©rothrombotiques coronaires survenant dans le contexte dâune thrombose de stent ou dâune restĂ©nose.
Infarctus du myocarde de type 1
Définition et physiopathologie
LâIDM de type 1 rĂ©sulte dâune athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. Il est habituellement dĂ©clenchĂ© par la dĂ©stabilisation dâune plaque dâathĂ©rome par rupture ou Ă©rosion. La contribution respective de la maladie de la plaque et du thrombus varie considĂ©rablement. Le matĂ©riel thrombotique peut sâemboliser en aval et provoquer une nĂ©crose supplĂ©mentaire des myocytes. La dĂ©stabilisation de la plaque peut Ă©galement sâaccompagner dâune hĂ©morragie intraplaque.
Le diagnostic est Ă©tayĂ© par les critĂšres gĂ©nĂ©raux de lâIDM aigu, associĂ©s Ă des signes dâathĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. La mise en Ă©vidence post mortem dâun athĂ©rothrombus dans lâartĂšre vascularisant le myocarde infarci satisfait aux critĂšres de lâIDM de type 1, quelle que soit la concentration de cTn.
LâIDM de type 1 doit ĂȘtre classĂ© Ă©lectrocardiographiquement en infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI) ou en infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTEMI), car cette classification guide le traitement conformĂ©ment aux recommandations actuelles sur les syndromes coronariens aigus.
Présentation clinique
La prĂ©sentation clinique est dĂ©terminĂ©e par la prĂ©sence dâune ischĂ©mie myocardique aiguĂ« et peut comporter des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâischĂ©mie, de nouvelles anomalies Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques, des ondes Q pathologiques ou de nouveaux signes dâimagerie indiquant une lĂ©sion myocardique. Le matĂ©riel fourni ne dĂ©crit pas en dĂ©tail le profil symptomatique ni les constatations de lâexamen clinique propres Ă lâIDM de type 1.
Ăvaluation et diagnostic
LâĂ©valuation nĂ©cessite lâintĂ©gration des Ă©lĂ©ments suivants :
Le contexte clinique et les symptĂŽmes.
Les dosages sériés de cTn.
Les donnĂ©es de lâECG, notamment la recherche de nouvelles modifications ischĂ©miques.
Lâimagerie Ă la recherche dâune nouvelle perte de myocarde viable ou dâune nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale.
La coronarographie ou lâautopsie lorsquâil est pertinent de rechercher un thrombus coronaire.
Infarctus du myocarde de type 2
Définition et physiopathologie
LâIDM de type 2 est provoquĂ© par un dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne du myocarde, sans athĂ©rothrombose coronaire aiguĂ«. La distinction diagnostique est mĂ©canistique : lâĂ©vĂ©nement est attribuĂ© Ă un dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande, plutĂŽt quâĂ une dĂ©stabilisation aiguĂ« de plaque avec thrombose coronaire.
La prĂ©sence ou lâabsence de maladie coronaire est pertinente pour le pronostic et le traitement, mais le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les facteurs dĂ©clenchants individuels, les objectifs thĂ©rapeutiques ni les schĂ©mas mĂ©dicamenteux propres Ă lâIDM de type 2.
Distinction avec la lésion myocardique
Un patient peut prĂ©senter une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution aiguĂ« de la cTn sans signes cliniques dâischĂ©mie. Une telle prĂ©sentation doit ĂȘtre diagnostiquĂ©e comme une lĂ©sion myocardique aiguĂ« et non comme un IDM de type 2. LâIDM de type 2 nĂ©cessite une lĂ©sion myocardique aiguĂ« associĂ©e Ă des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.
La mise en Ă©vidence dâun thrombus coronaire par coronarographie ou Ă lâautopsie ne constitue pas un critĂšre dĂ©finissant lâIDM de type 2.
Infarctus du myocarde de type 3
Définition
LâIDM de type 3 dĂ©signe un dĂ©cĂšs cardiaque chez un patient prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâischĂ©mie myocardique et des modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques nouvellement apparues prĂ©sumĂ©es, survenant avant que les valeurs de cTn ne soient disponibles ou anormales.
Cette catĂ©gorie distingue les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques aigus prĂ©sumĂ©s lĂ©taux de la mort cardiaque subite lorsquâil nâexiste pas suffisamment dâĂ©lĂ©ments pour Ă©tablir le diagnostic dâIDM. Le matĂ©riel fourni ne contient pas de recommandations supplĂ©mentaires spĂ©cifiques Ă la prise en charge ou au suivi de lâIDM de type 3.
Lésion myocardique et infarctus liés aux procédures
Principe général
Les procĂ©dures coronaires entraĂźnent frĂ©quemment une Ă©lĂ©vation post-procĂ©durale de la cTn. Une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la cTn aprĂšs ICP suffit Ă diagnostiquer une lĂ©sion myocardique procĂ©durale, mais pas un IDM de type 4a. Un IDM liĂ© Ă une procĂ©dure nĂ©cessite Ă la fois un degrĂ© dĂ©fini dâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs et des signes supplĂ©mentaires dâischĂ©mie myocardique ou une complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit.
LâIDM liĂ© Ă une ICP est dĂ©signĂ© comme un IDM de type 4a, tandis que lâIDM liĂ© Ă un PAC est dĂ©signĂ© comme un IDM de type 5.
Infarctus du myocarde de type 4a : IDM lié à une ICP
CritĂšres diagnostiques
Pour un IDM de type 4a survenant dans les 48 heures suivant une ICP, le seuil de cTn dépend de la concentration initiale :
En cas de cTn initiale normale : la cTn post-procédure doit dépasser cinq fois le 99e percentile de la LSR.
En cas de cTn initiale Ă©levĂ©e, stable, dĂ©finie par une variation â€20 %, ou en diminution : la valeur post-procĂ©dure doit augmenter de >20 % et atteindre une concentration absolue supĂ©rieure Ă cinq fois le 99e percentile de la LSR.
En outre, au moins lâun des Ă©lĂ©ments suivants est requis :
Nouvelles modifications électrocardiographiques ischémiques.
Nouvelles ondes Q pathologiques.
Signes dâimagerie dâune nouvelle perte de myocarde viable ou dâune nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.
Signes coronarographiques dâune complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit, telle que :
Occlusion dâune artĂšre Ă©picardique majeure.
Occlusion ou thrombus dâune branche collatĂ©rale.
Interruption du flux collatéral.
Flux lent ou phénomÚne de no-reflow.
Embolisation distale.
Lâapparition de nouvelles ondes Q pathologiques peut satisfaire aux critĂšres mĂȘme lorsque la cTn est Ă©levĂ©e et en augmentation, mais reste infĂ©rieure au seuil biologique spĂ©cifiĂ©. La mise en Ă©vidence post mortem dâun thrombus liĂ© Ă la procĂ©dure satisfait Ă©galement aux critĂšres de lâIDM de type 4a.
Interprétation pratique
La distinction entre lĂ©sion myocardique procĂ©durale et IDM de type 4a est cliniquement importante. De faibles Ă©lĂ©vations isolĂ©es des biomarqueurs aprĂšs une ICP apparemment rĂ©ussie ne doivent pas automatiquement ĂȘtre qualifiĂ©es dâIDM. Le diagnostic nĂ©cessite lâassociation de la rĂ©ponse de la cTn spĂ©cifiĂ©e et de signes objectifs dâischĂ©mie ou dâune atteinte coronaire procĂ©durale.
Une dĂ©finition plus stricte dĂ©crite dans le matĂ©riel fourni identifie un IDM post-ICP cliniquement pertinent Ă lâaide de seuils nettement plus Ă©levĂ©s de cTn ou de crĂ©atine kinase fraction MB, avec des critĂšres ECG supplĂ©mentaires dans certains cas. Toutefois, les critĂšres de la quatriĂšme dĂ©finition universelle demeurent le cadre principal dĂ©crit pour la classification.
Considérations pronostiques
Les Ă©lĂ©vations post-ICP de la cTn et de la crĂ©atine kinase fraction MB surviennent plus frĂ©quemment quâun infarctus cliniquement manifeste. De petites Ă©lĂ©vations asymptomatiques des enzymes peuvent avoir des consĂ©quences cliniques limitĂ©es, tandis quâune nĂ©crose myocardique plus importante est associĂ©e Ă une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e Ă un an. Un IDM spontanĂ© aprĂšs ICP a une importance pronostique supĂ©rieure Ă celle dâune Ă©lĂ©vation enzymatique pĂ©riprocĂ©durale isolĂ©e.
La mortalitĂ© aprĂšs ICP est rare, dâenviron 1 % dans le matĂ©riel fourni, mais elle est plus Ă©levĂ©e chez les patients bĂ©nĂ©ficiant dâune ICP pour STEMI, chez ceux prĂ©sentant un choc cardiogĂ©nique et chez ceux dont la fonction ventriculaire gauche Ă©tait auparavant altĂ©rĂ©e et chez lesquels survient une occlusion.
Infarctus du myocarde de type 4b : thrombose de stent ou dâimplant endovasculaire
LâIDM de type 4b est provoquĂ© par une thrombose de stent ou dâimplant endovasculaire et rĂ©pond aux critĂšres de lâIDM de type 1. Ainsi, le diagnostic nĂ©cessite une lĂ©sion myocardique aiguĂ« avec des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique et les Ă©lĂ©ments pertinents attestant dâun Ă©vĂ©nement thrombotique coronaire aigu. La mise en Ă©vidence post mortem dâun thrombus liĂ© Ă la procĂ©dure satisfait aux critĂšres du type 4b lorsque le thrombus est associĂ© Ă un stent.
Le matĂ©riel fourni ne contient pas dâinformations supplĂ©mentaires sur la classification temporelle, les dĂ©finitions coronarographiques, le traitement antithrombotique ou la stratĂ©gie de suivi de la thrombose de stent.
Infarctus du myocarde de type 4c : resténose
LâIDM de type 4c est associĂ© Ă une restĂ©nose aprĂšs ICP. Il rĂ©pond Ă©galement aux critĂšres de lâIDM de type 1, ce qui implique la prĂ©sence dâune lĂ©sion myocardique aiguĂ« et de signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ« dans le contexte dâune lĂ©sion coronaire restĂ©notique.
Les seuils coronarographiques spécifiques, les stratégies thérapeutiques et les recommandations de surveillance de la resténose ne sont pas précisés dans le matériel fourni.
Infarctus du myocarde de type 5 : IDM lié au PAC
CritĂšres diagnostiques
Un IDM liĂ© Ă un PAC survenant dans les 48 heures suivant lâintervention nĂ©cessite :
En cas de cTn initiale normale : une élévation de la cTn supérieure à 10 fois le 99e percentile de la LSR.
En cas de cTn initiale Ă©levĂ©e, stable, dĂ©finie par une variation â€20 %, ou en diminution : une augmentation de >20 % associĂ©e Ă une concentration absolue postopĂ©ratoire supĂ©rieure Ă 10 fois le 99e percentile de la LSR.
En outre, au moins lâun des Ă©lĂ©ments suivants doit ĂȘtre prĂ©sent :
Nouvelles ondes Q pathologiques.
Signes dâimagerie dâune nouvelle perte de myocarde viable ou dâune nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique.
Signes coronarographiques dâune complication limitant le dĂ©bit impliquant une artĂšre coronaire native ou un greffon, notamment une dissection, une occlusion, une occlusion ou un thrombus dâune branche collatĂ©rale, une interruption du flux collatĂ©ral ou une embolisation distale.
Les nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques constituent un critĂšre supplĂ©mentaire de lâIDM de type 4a, mais ne figurent pas comme critĂšre du type 5 dans la dĂ©finition fournie. La prĂ©sence isolĂ©e de nouvelles ondes Q pathologiques peut Ă©tablir le diagnostic dâIDM de type 5 lorsque la cTn est Ă©levĂ©e et en augmentation, mais nâatteint pas le seuil spĂ©cifiĂ©. La mise en Ă©vidence post mortem dâun thrombus liĂ© Ă la procĂ©dure peut Ă©galement satisfaire aux critĂšres.
Stratégie diagnostique
Intégration clinique
Le diagnostic doit reposer sur la relation temporelle entre les symptĂŽmes, les anomalies ECG, les variations des biomarqueurs, les constatations dâimagerie et toute procĂ©dure ou observation anatomopathologique. La chronologie est essentielle, notamment pour distinguer un IDM spontanĂ© dâune lĂ©sion liĂ©e Ă une procĂ©dure.
La séquence suivante fournit une approche diagnostique structurée :
Déterminer si la cTn est supérieure au 99e percentile de la LSR.
Déterminer si le profil est aigu en recherchant une élévation et/ou une diminution.
Rechercher des signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.
Ăvaluer lâECG Ă la recherche de nouvelles modifications ischĂ©miques ou dâondes Q pathologiques.
Utiliser lâimagerie, lorsque cela est appropriĂ©, pour identifier une nouvelle perte de myocarde viable ou une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale dâorigine ischĂ©mique.
Rechercher des signes coronarographiques ou anatomopathologiques de thrombus coronaire ou de complication procédurale limitant le débit.
Attribuer le type dâIDM en fonction du mĂ©canisme et du contexte procĂ©dural.
Ălectrocardiographie
Les donnĂ©es ECG peuvent satisfaire aux critĂšres de lâIDM aigu lorsquâapparaissent de nouvelles modifications ischĂ©miques ou de nouvelles ondes Q pathologiques. LâinterprĂ©tation de lâECG contribue Ă©galement Ă la classification de lâIDM de type 1 en STEMI ou NSTEMI. La quatriĂšme dĂ©finition universelle souligne plusieurs autres Ă©lĂ©ments ECG, notamment un nouveau bloc de branche droit non liĂ© Ă la frĂ©quence avec des profils spĂ©cifiques de repolarisation, ainsi quâun sus-dĂ©calage du segment ST en aVR avec des profils spĂ©cifiques de repolarisation, considĂ©rĂ©s comme Ă©quivalents de STEMI. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les seuils ECG dĂ©taillĂ©s ni les critĂšres dĂ©rivation par dĂ©rivation applicables Ă ces anomalies.
Dans lâIDM de type 4a, les nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques figurent explicitement parmi les critĂšres supplĂ©mentaires requis. Plus gĂ©nĂ©ralement, pour un IDM liĂ© Ă une procĂ©dure, de nouvelles ondes Q pathologiques peuvent Ă elles seules satisfaire au critĂšre procĂ©dural lorsque le profil biologique est en augmentation, mais infĂ©rieur au seuil spĂ©cifiĂ©.
Imagerie
Lâimagerie contribue au diagnostic en mettant en Ă©vidence :
Une nouvelle perte de myocarde viable.
Une nouvelle anomalie régionale de la cinétique pariétale selon un profil compatible avec une ischémie.
La quatriĂšme dĂ©finition universelle accorde une importance accrue Ă lâimagerie, notamment Ă lâimagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiaque, pour le diagnostic de lâIDM. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise aucun protocole, aucune sĂ©quence ni aucun seuil diagnostique dâimagerie.
Coronarographie et anatomopathologie
La coronarographie peut mettre en évidence :
Un thrombus coronaire aigu.
Une dissection coronaire.
Lâocclusion dâune artĂšre Ă©picardique majeure ou dâun greffon.
Lâocclusion ou le thrombus dâune branche collatĂ©rale.
Lâinterruption du flux collatĂ©ral.
Une embolisation distale.
Un flux lent ou un phénomÚne de no-reflow aprÚs ICP.
Lâautopsie peut mettre en Ă©vidence un athĂ©rothrombus aigu dans lâartĂšre vascularisant le myocarde infarci, ce qui Ă©taye le diagnostic dâIDM de type 1. La mise en Ă©vidence post mortem dâun thrombus liĂ© Ă la procĂ©dure Ă©taye le diagnostic dâIDM de type 4a, ou de type 4b lorsquâil est associĂ© Ă un stent.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Troponine cardiaque
La troponine cardiaque est le biomarqueur central pour définir une lésion myocardique. Au moins une valeur supérieure au 99e percentile de la LSR spécifique du dosage est requise. Une lésion aiguë nécessite une élévation et/ou une diminution lors de mesures sériées.
LâinterprĂ©tation doit tenir compte :
Du dosage utilisé.
Du 99e percentile de la LSR spécifique du dosage.
De la séquence complÚte des mesures des biomarqueurs.
De la concentration initiale de cTn.
Du caractĂšre stable de la valeur initiale, avec une variation â€20 %, ou de sa diminution.
Du contexte clinique et ECG.
Les dosages de cTn hypersensible ont amĂ©liorĂ© la dĂ©tection des lĂ©sions myocardiques. Leurs plages dynamiques varient et les critĂšres peuvent diffĂ©rer selon les dosages. Lâutilisation des dosages hypersensibles pour dĂ©finir les IDM de types 4a et 5 demeure un domaine de recherche active ; le seuil de cinq fois pour lâIDM de type 4a est conservĂ©, car le matĂ©riel fourni nâidentifie aucune alternative supĂ©rieure.
Créatine kinase fraction MB
Une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atine kinase fraction MB peut survenir aprĂšs une ICP et a Ă©tĂ© utilisĂ©e dans des dĂ©finitions plus strictes de lâIDM post-ICP cliniquement pertinent. De petites Ă©lĂ©vations asymptomatiques infĂ©rieures Ă cinq fois la limite supĂ©rieure de la normale peuvent survenir aprĂšs une ICP techniquement rĂ©ussie et avoir apparemment peu de consĂ©quences cliniques. Les Ă©lĂ©vations de la troponine sont plus frĂ©quentes que celles de la crĂ©atine kinase fraction MB, bien que leur valeur pronostique supplĂ©mentaire par rapport Ă lâĂ©lĂ©vation de la crĂ©atine kinase fraction MB soit dĂ©crite comme moins bien Ă©tablie dans ce contexte.
Ăvaluation hĂ©modynamique et clinique dans lâIDM aigu
La classification hĂ©modynamique fournie repose sur lâexamen clinique et les mesures invasives.
Classification clinique
| Classe | Signes cliniques |
|---|---|
| I | Absence de rĂąles et de troisiĂšme bruit cardiaque |
| II | Crépitants, troisiÚme bruit cardiaque ou pression veineuse jugulaire élevée |
| III | ĆdĂšme aigu du poumon manifeste |
| IV | Choc |
Classification hémodynamique invasive
| Sous-groupe | Définition |
|---|---|
| I | Hémodynamique normale : pression capillaire pulmonaire bloquée (PCWP) <18 et index cardiaque (IC) >2.2 |
| II | Congestion pulmonaire : PCWP >18 et IC >2.2 |
| III | Hypoperfusion périphérique : PCWP <18 et IC <2.2 |
| IV | Congestion pulmonaire avec hypoperfusion périphérique : PCWP >18 et IC <2.2 |
Cette classification contribue Ă dĂ©crire la sĂ©vĂ©ritĂ© hĂ©modynamique de lâIDM aigu. Le matĂ©riel fourni ne contient pas de protocole complet dâexamen clinique ni de traitement pharmacologique spĂ©cifique en fonction de la classe hĂ©modynamique.
Traitement et prise en charge
Principes généraux
Le diagnostic dâIDM a des implications directes pour les examens diagnostiques complĂ©mentaires, les conseils hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, le traitement et le pronostic. La prise en charge doit ĂȘtre fondĂ©e sur le type spĂ©cifique dâIDM et son mĂ©canisme sous-jacent. Pour lâIDM de type 1, la classification ECG en STEMI ou NSTEMI est essentielle pour choisir le traitement conformĂ©ment aux recommandations actuelles.
Une reperfusion rapide, lorsquâelle est cliniquement appropriĂ©e, limite la lĂ©sion myocardique ischĂ©mique. Pour les Ă©vĂ©nements liĂ©s aux procĂ©dures, la prise en charge nĂ©cessite de distinguer une lĂ©sion myocardique isolĂ©e dâun vĂ©ritable IDM et de rechercher une complication procĂ©durale limitant le dĂ©bit.
IDM de type 1
Le matĂ©riel fourni Ă©tablit que lâIDM de type 1 doit ĂȘtre pris en charge conformĂ©ment aux recommandations actuelles relatives au STEMI ou au NSTEMI, mais ne prĂ©cise pas les stratĂ©gies de reperfusion, les schĂ©mas antiagrĂ©gants plaquettaires, les schĂ©mas anticoagulants, les traitements hypolipĂ©miants, les doses ni les protocoles de prĂ©vention secondaire.
IDM de type 2
Le traitement doit tenir compte du dĂ©sĂ©quilibre entre lâapport et la demande en oxygĂšne ainsi que de la prĂ©sence ou de lâabsence dâune maladie coronaire. Toutefois, le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas les facteurs dĂ©clenchants individuels et ne contient ni traitement mĂ©dicamenteux, ni posologie, ni recommandations procĂ©durales.
IDM lié à une procédure
Pour les IDM de types 4a et 5, les principales implications diagnostiques décrites pour la prise en charge sont les suivantes :
Ne pas classer une élévation isolée de la cTn aprÚs une procédure comme un IDM.
Confirmer le seuil biologique spécifié.
Rechercher de nouvelles modifications Ă©lectrocardiographiques ischĂ©miques, des ondes Q pathologiques, de nouvelles anomalies dâimagerie ou des complications procĂ©durales coronarographiques.
Rechercher et traiter les complications limitant le dĂ©bit lorsquâelles sont prĂ©sentes.
Aucun protocole spĂ©cifique dâICP de sauvetage, de traitement chirurgical, antithrombotique ou de soins de support nâest fourni.
Médicaments et doses
Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise aucun nom de mĂ©dicament, aucune dose, aucune adaptation posologique ni aucune instruction pratique de prescription pour le traitement des IDM de types 1â5.
Recommandations des lignes directrices
La quatriÚme définition universelle fournit les recommandations essentielles suivantes :
Employer le terme lésion myocardique lorsque la cTn dépasse le 99e percentile de la LSR.
Qualifier la lĂ©sion dâaiguĂ« lorsque la cTn prĂ©sente une Ă©lĂ©vation et/ou une diminution.
Diagnostiquer un IDM aigu uniquement lorsquâune lĂ©sion myocardique aiguĂ« sâaccompagne de signes cliniques dâischĂ©mie myocardique aiguĂ«.
Distinguer une lĂ©sion myocardique non ischĂ©mique dâun IDM.
Classer lâIDM en types 1â5 selon son mĂ©canisme.
Distinguer une lĂ©sion myocardique procĂ©durale dâun IDM liĂ© Ă une procĂ©dure.
Utiliser les donnĂ©es ECG pour classer lâIDM de type 1 en STEMI ou NSTEMI.
InterprĂ©ter les rĂ©sultats de cTn en fonction du dosage, de sa LSR, de lâĂ©volution sĂ©riĂ©e et du contexte clinique.
IntĂ©grer lâimagerie, la coronarographie et, lorsquâelles sont disponibles, les donnĂ©es anatomopathologiques au processus diagnostique.
Pour la documentation médicale et les systÚmes de données, consigner le dosage utilisé, son 99e percentile de la LSR et la séquence complÚte des valeurs de cTn afin de pouvoir évaluer de maniÚre fiable la cinétique aiguë des biomarqueurs.
Pronostic et suivi
Une lĂ©sion myocardique, quâelle rĂ©ponde ou non aux critĂšres de lâIDM, est associĂ©e Ă un pronostic dĂ©favorable. Une nĂ©crose myocardique post-ICP plus importante est associĂ©e Ă une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e Ă un an. Un IDM spontanĂ© survenant aprĂšs une ICP a une signification pronostique supĂ©rieure Ă celle dâune Ă©lĂ©vation enzymatique pĂ©riprocĂ©durale isolĂ©e.
La mortalitĂ© aprĂšs ICP est rare, mais elle augmente en prĂ©sence dâun STEMI, dâun choc cardiogĂ©nique ou dâune altĂ©ration prĂ©existante de la fonction ventriculaire gauche compliquĂ©e dâune occlusion.
Le diagnostic dâIDM a Ă©galement des consĂ©quences importantes au-delĂ des soins cliniques immĂ©diats. Il peut influer sur le bien-ĂȘtre psychologique, les assurances vie et maladie, les activitĂ©s professionnelles, les permis de conduire et les licences de pilote, le codage des soins, le remboursement, les statistiques de santĂ© publique, les congĂ©s de maladie et la reconnaissance dâune invaliditĂ©. Une classification prĂ©cise est donc importante tant pour la prise en charge individuelle que pour la dĂ©claration au systĂšme de santĂ©.
Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas de calendrier structurĂ© pour le suivi ambulatoire, la rĂ©pĂ©tition de lâimagerie, la rĂ©adaptation, la prĂ©vention secondaire ou le traitement pharmacologique Ă long terme.