đŸš« La maladie rĂ©nale chronique comme facteur de risque cardiovasculaire

Sommaire (24)

Définition et physiopathologie

La maladie rĂ©nale chronique (MRC) est dĂ©finie par des anomalies de la structure ou de la fonction rĂ©nales persistant plus de 3 mois et ayant des consĂ©quences sur la santĂ©. Les critĂšres diagnostiques comprennent un dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© (DFGe) infĂ©rieur Ă  60 mL/min/1,73 mÂČ, une excrĂ©tion urinaire excessive d’albumine — gĂ©nĂ©ralement un rapport albumine/crĂ©atinine urinaire (RACU) sur Ă©chantillon ponctuel supĂ©rieur Ă  30 mg/g — ou les deux. Le DFGe est gĂ©nĂ©ralement estimĂ© Ă  partir de la crĂ©atininĂ©mie Ă  l’aide de l’équation de la Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration (CKD-EPI), intĂ©grant les variables dĂ©mographiques pertinentes ; la cystatine C peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©e comme marqueur de filtration.

La MRC est l’un des facteurs de risque indĂ©pendants les plus puissants de maladie cardiovasculaire (MCV) et de mortalitĂ© cardiovasculaire. Le risque cardiovasculaire augmente progressivement Ă  mesure que la fonction rĂ©nale diminue et que l’albuminurie augmente. Lorsque le DFGe devient infĂ©rieur Ă  environ 60–75 mL/min/1,73 mÂČ, la probabilitĂ© de maladie coronarienne (MC) augmente de maniĂšre approximativement linĂ©aire. Pour un DFGe de 15 mL/min/1,73 mÂČ, le risque de mortalitĂ© cardiovasculaire peut ĂȘtre jusqu’à trois fois supĂ©rieur Ă  celui observĂ© chez des personnes sans insuffisance rĂ©nale comparable.

La charge cardiovasculaire de la MRC ne se limite pas Ă  la MC et comprend Ă©galement l’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, les maladies cĂ©rĂ©brovasculaires, les valvulopathies, l’insuffisance cardiaque, la fibrillation atriale et d’autres troubles du rythme ou de la conduction. La MRC aggrave Ă©galement le pronostic d’une MCV Ă©tablie.

Mécanismes reliant la MRC aux maladies cardiovasculaires

Cette association est mĂ©diĂ©e par des mĂ©canismes Ă  la fois traditionnels et spĂ©cifiques Ă  la maladie rĂ©nale. Le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, l’obĂ©sitĂ©, le tabagisme et l’ñge avancĂ© sont des facteurs de risque communs de MRC et de MCV. L’hypertension artĂ©rielle et la maladie rĂ©nale sont liĂ©es de maniĂšre bidirectionnelle : l’hypertension accĂ©lĂšre la progression de la MRC, tandis que l’altĂ©ration de la fonction rĂ©nale augmente davantage la pression artĂ©rielle.

Les mécanismes cardiovasculaires non traditionnels comprennent :

  • Inflammation associĂ©e Ă  l’urĂ©mie

  • Stress oxydatif

  • Dysfonction vasculaire

  • Promotion de la calcification vasculaire

  • Albuminurie et protĂ©inurie

  • Activation neurohormonale

  • Expansion du volume plasmatique

  • Remodelage et fibrose myocardiques

Ces processus s’inscrivent dans le syndrome cardiovasculaire-rĂ©nal-mĂ©tabolique plus large, dans lequel l’adipositĂ©, la rĂ©sistance Ă  l’insuline, le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle, la MRC et la MCV se renforcent mutuellement. Le tissu adipeux dysfonctionnel contribue aux anomalies inflammatoires et mĂ©taboliques, tandis que la MRC favorise les maladies vasculaires et myocardiques par des mĂ©canismes directs et indirects.

Le rein influence Ă©galement la physiologie cardiovasculaire en rĂ©gulant le volume intravasculaire et les systĂšmes neurohormonaux, en particulier le systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone. Dans l’insuffisance cardiaque, l’interaction entre les axes cardiaque et rĂ©nal peut entraĂźner un syndrome cardiorĂ©nal. L’aggravation de la fonction rĂ©nale en prĂ©sence d’une congestion persistante est particuliĂšrement associĂ©e Ă  une Ă©lĂ©vation de la pression veineuse centrale, transmise aux veines rĂ©nales, et susceptible de rĂ©duire le DFG. Inversement, une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atinine au cours d’une dĂ©congestion efficace et d’une amĂ©lioration clinique globale n’indique pas nĂ©cessairement une Ă©volution dĂ©favorable.

Classification de la MRC

La sĂ©vĂ©ritĂ© de la MRC est classĂ©e selon le DFGe et l’albuminurie. Les catĂ©gories suivantes dĂ©crivent les principaux stades du DFGe :

Stade de MRC DFGe Contexte clinique Signification cardiovasculaire ou rénale
1 >60 mL/min/1,73 mÂČ Anomalies de l’analyse urinaire ou de l’imagerie rĂ©nale Le risque de progression augmente avec la protĂ©inurie et dĂ©pend de la cause
2 >60 mL/min/1,73 mÂČ Anomalies de l’analyse urinaire ou de l’imagerie rĂ©nale Risque faible de progression, accru par la protĂ©inurie
3a 45–60 mL/min/1,73 mÂČ Une maladie cardiovasculaire ou une autre atteinte d’organe peut ĂȘtre prĂ©sente Risque modĂ©rĂ© de progression ; les facteurs de risque vasculaire nĂ©cessitent une surveillance Ă©troite
3b 30–45 mL/min/1,73 mÂČ Une protĂ©inurie peut ĂȘtre prĂ©sente Risque Ă©levĂ© de progression
4 15–30 mL/min/1,73 mÂČ Dysfonction rĂ©nale avancĂ©e Forte probabilitĂ© d’évolution vers l’insuffisance rĂ©nale terminale ; une prĂ©paration au traitement de supplĂ©ance rĂ©nale est nĂ©cessaire
5 <15 mL/min/1,73 mÂČ Valeurs correspondant Ă  l’insuffisance rĂ©nale ProbabilitĂ© maximale de nĂ©cessiter un traitement de supplĂ©ance rĂ©nale

Le stade doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© conjointement avec la cause de la maladie rĂ©nale et l’importance de l’albuminurie ou de la protĂ©inurie.

Présentation clinique et symptÎmes

La MRC peut rester cliniquement silencieuse pendant une pĂ©riode prolongĂ©e. Le risque cardiovasculaire est donc souvent identifiĂ© par les examens rĂ©naux plutĂŽt que par les symptĂŽmes. L’expression clinique des maladies cardiovasculaires peut Ă©galement ĂȘtre modifiĂ©e en prĂ©sence d’une MRC, et le document source ne fournit pas de catalogue dĂ©taillĂ© des prĂ©sentations spĂ©cifiques de l’ischĂ©mie myocardique associĂ©es Ă  la MRC.

Les symptĂŽmes d’une dysfonction rĂ©nale plus avancĂ©e sont souvent non spĂ©cifiques et comprennent :

  • Fatigue et faiblesse

  • Anorexie, dysgueusie et perte pondĂ©rale

  • Troubles de l’humeur et modifications cognitives

  • Troubles du sommeil et syndrome des jambes sans repos

  • Neuropathie pĂ©riphĂ©rique ou autonome

  • Prurit

  • AstĂ©rixis ou myoclonies

  • Nycturie liĂ©e Ă  une altĂ©ration de la concentration urinaire

Le syndrome urĂ©mique complet peut comprendre une hypertension artĂ©rielle sĂ©vĂšre, une encĂ©phalopathie mĂ©tabolique, une hĂ©morragie digestive, une pĂ©ricardite, des troubles Ă©lectrolytiques majeurs — en particulier une hyperkaliĂ©mie — et une hyperparathyroĂŻdie secondaire. Une surcharge hydrosodĂ©e et un ƓdĂšme pulmonaire peuvent survenir.

Les manifestations cardiovasculaires associĂ©es Ă  la MRC comprennent la MC, la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, les maladies cĂ©rĂ©brovasculaires, l’insuffisance cardiaque, la fibrillation atriale, les valvulopathies et les anomalies de la conduction cardiaque. La maladie rĂ©nale est Ă©galement associĂ©e Ă  une augmentation des risques pĂ©riopĂ©ratoires d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et d’aggravation de l’insuffisance cardiaque.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit dĂ©terminer :

  • La prĂ©sence d’une MRC et sa persistance pendant plus de 3 mois.

  • La catĂ©gorie de DFGe et le degrĂ© d’albuminurie ou de protĂ©inurie.

  • La cause prĂ©sumĂ©e et la vitesse de dĂ©tĂ©rioration rĂ©nale.

  • Le poids des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels et spĂ©cifiques Ă  la maladie rĂ©nale.

  • La prĂ©sence d’une MCV Ă©tablie ou d’une insuffisance cardiaque.

  • Le risque associĂ© aux procĂ©dures diagnostiques, Ă  l’exposition aux produits de contraste et Ă  la revascularisation.

Les principaux domaines cliniques comprennent la pression artĂ©rielle, l’état volĂ©mique, les symptĂŽmes de congestion, les signes d’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique, les manifestations d’insuffisance cardiaque et les signes d’urĂ©mie. À un stade avancĂ©, l’examen peut rĂ©vĂ©ler une hypertension artĂ©rielle sĂ©vĂšre, des ƓdĂšmes, un ƓdĂšme pulmonaire, une atteinte pĂ©ricardique, une neuropathie ou une encĂ©phalopathie.

Une Ă©chographie rĂ©nale peut aider Ă  distinguer une maladie rĂ©nale chronique d’une atteinte plus rĂ©cente. Des reins de petite taille bilatĂ©raux, un amincissement cortical et des reins mesurant moins de 8 cm Ă©voquent une maladie atrophique chronique, bien que la taille rĂ©nale puisse rester augmentĂ©e dans certaines Ă©tiologies, notamment la maladie rĂ©nale diabĂ©tique.

L’évaluation cardiovasculaire ne doit pas se limiter aux symptĂŽmes coronariens. L’augmentation du risque associĂ©e Ă  la MRC englobe les atteintes athĂ©rosclĂ©reuses, cĂ©rĂ©brovasculaires, artĂ©rielles pĂ©riphĂ©riques, valvulaires, myocardiques et Ă©lectriques.

Examens diagnostiques

Évaluation rĂ©nale

Les principales mesures sont :

  • Le DFGe, calculĂ© Ă  partir d’une crĂ©atininĂ©mie Ă©talonnĂ©e au moyen d’une Ă©quation d’estimation

  • L’excrĂ©tion urinaire d’albumine, exprimĂ©e de prĂ©fĂ©rence par le RACU

  • La confirmation rĂ©pĂ©tĂ©e d’une altĂ©ration de la fonction rĂ©nale ou d’une protĂ©inurie pendant au moins 3 mois

La crĂ©atininĂ©mie seule peut sous-estimer l’importance de la dysfonction rĂ©nale chez certains patients. Les estimations fondĂ©es sur la crĂ©atinine et la cystatine C ont toutes deux des limites, car elles ne tiennent pas pleinement compte de la clairance rĂ©nale et extrarĂ©nale ou, dans le cas de la crĂ©atinine, de la masse musculaire.

Chez les patients diabétiques, une évaluation réguliÚre du DFGe et du RACU est recommandée afin de dépister et de stadifier la MRC.

Évaluation cardiovasculaire

La MRC est associĂ©e Ă  une charge athĂ©rosclĂ©reuse plus importante et Ă  des caractĂ©ristiques de plaque plus avancĂ©es. Cependant, les examens cardiovasculaires non invasifs peuvent ĂȘtre moins prĂ©cis en prĂ©sence d’une MRC que chez les patients sans maladie rĂ©nale. Le matĂ©riel source disponible ne prĂ©cise pas de critĂšres ECG particuliers, de rĂ©sultats Ă©chocardiographiques ni de protocoles d’épreuve d’effort spĂ©cifiques pour le risque cardiovasculaire associĂ© Ă  la MRC.

La mesure de la calcification coronaire est dĂ©crite comme une mĂ©thode potentiellement prometteuse de stratification du risque dans la MRC, bien que le document source n’en Ă©tablisse pas le rĂŽle dĂ©finitif et ne fournisse pas de seuil spĂ©cifique.

L’utilisation de la coronarographie invasive, de l’angioscanner coronaire ou d’examens non invasifs nĂ©cessitant des agents nĂ©phrotoxiques impose une Ă©valuation attentive des risques rĂ©nal et cardiovasculaire. L’exposition aux produits de contraste doit ĂȘtre rĂ©duite au minimum chaque fois que ces examens sont nĂ©cessaires.

Lésion rénale aiguë associée aux produits de contraste

La lésion rénale aiguë associée aux produits de contraste est définie dans le document fourni par :

  • Une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atininĂ©mie de 44 ”mol/L, Ă©quivalente Ă  0,5 mg/dL, ou

  • Une augmentation relative de 25 % par rapport Ă  la valeur initiale Ă  48 heures, ou

  • Une augmentation de 5–10 % Ă  12 heures aprĂšs l’administration du produit de contraste

Elle survient chez jusqu’à 15 % des patients atteints de MRC soumis Ă  des procĂ©dures radiologiques. La plupart des Ă©pisodes sont spontanĂ©ment rĂ©solutifs, avec une rĂ©cupĂ©ration rĂ©nale gĂ©nĂ©ralement observĂ©e en 7 jours, mais une minoritĂ© Ă©volue vers une insuffisance rĂ©nale avĂ©rĂ©e et s’accompagne d’une morbiditĂ© et d’une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©es.

La réduction du risque nécessite :

  • La dose totale de produit de contraste la plus faible possible

  • Un produit de contraste hypo-osmolaire ou iso-osmolaire

  • Une hydratation intraveineuse adĂ©quate par solution isotonique avant la procĂ©dure

  • Une hydratation adĂ©quate aprĂšs la procĂ©dure

  • La surveillance de la fonction rĂ©nale aprĂšs l’exposition

Biomarqueurs et résultats biologiques

Biomarqueurs rénaux

Les principaux marqueurs biologiques sont la crĂ©atininĂ©mie, le DFGe et l’excrĂ©tion urinaire d’albumine. Un RACU supĂ©rieur Ă  30 mg/g est un marqueur d’atteinte rĂ©nale, en particulier chez les patients diabĂ©tiques.

L’albuminurie et la protĂ©inurie ne sont pas seulement des marqueurs de lĂ©sion rĂ©nale ; elles indiquent Ă©galement le risque de progression cardiovasculaire et rĂ©nale. Une protĂ©inurie importante peut persister tout au long de la MRC et est associĂ©e Ă  un pronostic plus dĂ©favorable.

Anomalies biologiques associées

Une MRC avancĂ©e peut s’accompagner de :

  • AnĂ©mie, due Ă  une carence martiale, Ă  une diminution de la production d’érythropoĂŻĂ©tine ou Ă  d’autres causes

  • HyperkaliĂ©mie

  • Anomalies du mĂ©tabolisme phosphocalcique

  • HyperparathyroĂŻdie secondaire, liĂ©e notamment Ă  une diminution du calcitriol

  • ÉlĂ©vation des marqueurs inflammatoires, notamment la protĂ©ine C rĂ©active et la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes

Tous les patients atteints de MRC ne sont pas anémiques ; une érythrocytose peut survenir dans certaines maladies rénales.

Les nouveaux biomarqueurs destinĂ©s Ă  dĂ©tecter une lĂ©sion rĂ©nale avant la modification des marqueurs conventionnels de la fonction rĂ©nale ont une utilitĂ© clinique incertaine dans le contexte de l’insuffisance cardiaque.

Évaluation du risque cardiovasculaire

La MRC doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une situation cardiovasculaire Ă  haut risque. Le risque augmente avec l’aggravation du DFGe et l’augmentation de l’albuminurie, mĂȘme aprĂšs ajustement sur le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle et les autres facteurs de risque Ă©tablis.

L’évaluation du risque doit comprendre :

  • Le diabĂšte et l’équilibre glycĂ©mique

  • La pression artĂ©rielle et la durĂ©e de l’hypertension

  • Le bilan lipidique

  • Le statut tabagique

  • L’indice de masse corporelle et l’obĂ©sitĂ©

  • L’albuminurie ou la protĂ©inurie

  • La trajectoire du DFGe

  • La MC Ă©tablie ou une autre maladie athĂ©rosclĂ©reuse

  • L’insuffisance cardiaque

  • La fibrillation atriale et les troubles de la conduction

  • Les maladies artĂ©rielles pĂ©riphĂ©riques et cĂ©rĂ©brovasculaires

  • Les valvulopathies

L’augmentation du risque cardiovasculaire dans la MRC s’accompagne d’un risque accru de complications liĂ©es aux traitements, notamment de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« et de complications hĂ©morragiques ou procĂ©durales, bien que le document fourni ne quantifie pas le risque hĂ©morragique.

Traitement et prise en charge

La prise en charge doit porter simultanĂ©ment sur la progression rĂ©nale et le risque cardiovasculaire. Une stratĂ©gie globale comprend les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, l’arrĂȘt du tabac, la nutrition, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle, la prise en charge lipidique, un blocage appropriĂ© du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone et le traitement du diabĂšte.

Mesures hygiénodiététiques et prise en charge intégrée

La prise en charge du risque doit intégrer :

  • L’arrĂȘt du tabac

  • Une alimentation saine

  • La gestion pondĂ©rale

  • Le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle

  • La prise en charge lipidique

  • La prise en charge du diabĂšte

  • L’éducation Ă  l’autogestion destinĂ©e au patient

  • Une prise en charge multidisciplinaire en Ă©quipe

La prise en charge intégrée est particuliÚrement importante chez les patients présentant un diabÚte, une MRC et une MCV.

Prise en charge de la pression artérielle

L’hypertension artĂ©rielle est un facteur de risque cardiovasculaire majeur et modifiable dans la MRC. Comme l’hypertension accĂ©lĂšre le dĂ©clin rĂ©nal et que la MRC augmente la pression artĂ©rielle, son traitement est essentiel Ă  la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et de la progression de la maladie rĂ©nale.

Le document fourni ne propose pas de cible tensionnelle dĂ©finitive ni de schĂ©ma antihypertenseur complet. Il indique que l’intensitĂ© optimale de la rĂ©duction tensionnelle reste imparfaitement dĂ©finie et que la rĂ©duction intensive de la pression artĂ©rielle dans l’étude ACCORD n’a pas diminuĂ© les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs globaux ni la mortalitĂ©.

Blocage du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone

Un blocage suffisant du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone est inclus dans la prise en charge recommandĂ©e du risque cardiovasculaire associĂ© Ă  la MRC. Certains inhibiteurs de l’ECA et antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine rĂ©duisent le risque d’insuffisance rĂ©nale et de maladie cardiovasculaire chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une MRC.

Les noms précis des médicaments, les doses, les schémas de titration et les seuils de surveillance ne sont pas fournis dans le document source.

Prise en charge lipidique et traitement antiplaquettaire

La prise en charge lipidique fait partie de la prĂ©vention cardiovasculaire chez les patients Ă  haut risque atteints de MRC. Chez les patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie, l’aspirine est incluse dans la stratĂ©gie recommandĂ©e de prise en charge du risque.

Le document source ne prĂ©cise pas les hypolipĂ©miants, la dose d’aspirine, les contre-indications ni la durĂ©e du traitement.

Traitements ciblant le diabĂšte

Dans le diabĂšte de type 2 associĂ© Ă  une MRC, certains traitements rĂ©duisent le risque d’insuffisance rĂ©nale et de MCV :

  • Inhibiteurs du SGLT2

  • Certains agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1

  • FinĂ©rĂ©none et autres stratĂ©gies reposant sur des antagonistes non stĂ©roĂŻdiens des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes

Le document source ne précise pas les médicaments, les doses, les seuils de DFGe, les protocoles de surveillance de la kaliémie ni la séquence thérapeutique.

Insuffisance cardiaque et syndrome cardiorénal

La dysfonction rĂ©nale est frĂ©quente dans l’insuffisance cardiaque et constitue un marqueur Ă©tabli de mauvais pronostic. La prise en charge doit interprĂ©ter les modifications de la fonction rĂ©nale dans le contexte de la congestion, de la perfusion et de la rĂ©ponse clinique globale. L’aggravation des paramĂštres rĂ©naux avec une congestion persistante est prĂ©occupante, tandis qu’une dĂ©tĂ©rioration modeste au cours d’une dĂ©congestion rĂ©ussie peut traduire l’efficacitĂ© du traitement plutĂŽt qu’un Ă©chec thĂ©rapeutique.

Le document fourni ne propose pas de doses spĂ©cifiques des mĂ©dicaments de l’insuffisance cardiaque ni d’algorithme thĂ©rapeutique complet pour les patients atteints de MRC.

Maladie coronarienne et revascularisation

La MRC est associĂ©e Ă  une athĂ©rosclĂ©rose plus Ă©tendue et Ă  une morphologie des plaques plus avancĂ©e, mais les dĂ©cisions diagnostiques et thĂ©rapeutiques sont compliquĂ©es par la moindre prĂ©cision des examens, les lĂ©sions rĂ©nales liĂ©es aux produits de contraste et l’augmentation du risque procĂ©dural.

Avant une coronarographie invasive, un angioscanner coronaire ou un examen nĂ©cessitant un produit de contraste, l’équilibre entre le bĂ©nĂ©fice diagnostique ou thĂ©rapeutique attendu et le risque de lĂ©sion rĂ©nale doit ĂȘtre Ă©valuĂ© avec soin. La rĂ©duction de la quantitĂ© de produit de contraste et l’hydratation sont des mesures prĂ©ventives importantes.

La MRC augmente les risques du pontage aortocoronarien et de l’intervention coronaire percutanĂ©e. Dans la MRC avancĂ©e — dĂ©finie dans la population de l’essai citĂ© par un DFGe infĂ©rieur Ă  30 mL/min/1,73 mÂČ ou la dialyse — une stratĂ©gie invasive avec coronarographie et ICP n’a pas rĂ©duit la mortalitĂ© ni l’infarctus du myocarde non fatal par rapport Ă  une prise en charge conservatrice chez des patients prĂ©sentant une maladie coronaire stable et une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre.

Les données observationnelles comparatives sont hétérogÚnes :

  • Dans une analyse appariĂ©e selon le score de propension chez des patients atteints de MRC, l’ICP avec stents actifs de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration Ă©tait associĂ©e Ă  des risques Ă  30 jours plus faibles de dĂ©cĂšs, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et de nouvelle revascularisation que le PAC.

  • L’ICP Ă©tait associĂ©e Ă  davantage de nouvelles revascularisations au cours du suivi Ă  long terme.

  • Chez les patients dialysĂ©s, les rĂ©sultats Ă©taient en faveur du PAC par rapport Ă  l’ICP.

  • Une mĂ©ta-analyse de registres a retrouvĂ© des taux plus faibles de dĂ©cĂšs, d’infarctus du myocarde et de nouvelle revascularisation avec le PAC qu’avec l’ICP chez les patients ayant un DFGe infĂ©rieur Ă  60 mL/min/1,73 mÂČ.

Les grands essais randomisĂ©s comparant spĂ©cifiquement les stratĂ©gies de revascularisation dans la MRC restent insuffisants. Les dĂ©cisions doivent donc ĂȘtre individualisĂ©es selon l’anatomie coronaire, les symptĂŽmes, la charge ischĂ©mique, le stade rĂ©nal, le statut dialytique, le risque procĂ©dural et le bĂ©nĂ©fice attendu.

Prise en charge périopératoire et procédurale

La maladie rĂ©nale augmente considĂ©rablement le risque cardiovasculaire pĂ©riopĂ©ratoire. Les patients soumis Ă  une chirurgie non cardiaque prĂ©sentent un risque accru d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral et d’aggravation de l’insuffisance cardiaque.

Les patients atteints d’une maladie cardiaque sont Ă©galement exposĂ©s Ă  une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« postopĂ©ratoire, en particulier lorsque l’état hĂ©modynamique est compromis par les variations volĂ©miques ou les pertes sanguines, ou lorsque les mĂ©dicaments cardioactifs sont interrompus ou poursuivis de maniĂšre inappropriĂ©e. Les facteurs de risque comprennent :

  • L’insuffisance cardiaque, en particulier lorsqu’elle est dĂ©compensĂ©e

  • L’hypertension artĂ©rielle

  • Les mĂ©dicaments cardioactifs

  • L’ñge avancĂ©

  • La chirurgie en urgence

  • La chirurgie intrapĂ©ritonĂ©ale

  • L’insuffisance rĂ©nale prĂ©existante ou une crĂ©atininĂ©mie Ă©levĂ©e

  • La MRC

  • Le diabĂšte

L’association d’un dĂ©bit cardiaque faible, d’une pression veineuse Ă©levĂ©e et de l’exposition Ă  un produit de contraste iodĂ© constitue un mĂ©canisme frĂ©quent de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« chez les patients cardiaques hospitalisĂ©s. La prĂ©vention et la prise en charge comprennent le maintien d’une volĂ©mie intravasculaire suffisante pour assurer la perfusion rĂ©nale, l’utilisation de vasopresseurs lorsque cela est nĂ©cessaire, l’éviction des produits de contraste superflus et la surveillance postopĂ©ratoire de la fonction rĂ©nale.

Recommandations des lignes directrices

Les recommandations fournies soutiennent les principes suivants :

  • La MRC doit ĂȘtre reconnue comme une situation Ă  risque cardiovasculaire majeur.

  • Les patients diabĂ©tiques doivent bĂ©nĂ©ficier d’un dĂ©pistage et d’une stadification rĂ©guliers de la MRC au moyen du DFGe et du RACU.

  • Les facteurs de risque traditionnels — en particulier l’hypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, le diabĂšte, le tabagisme et l’obĂ©sitĂ© — doivent ĂȘtre pris en charge de maniĂšre intensive.

  • Les interventions hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, l’arrĂȘt du tabac, la prise en charge nutritionnelle et l’éducation du patient Ă  l’autogestion doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s aux soins.

  • Le blocage du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone doit ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre appropriĂ©e.

  • Une prise en charge lipidique est nĂ©cessaire et l’aspirine doit ĂȘtre utilisĂ©e chez les patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie lorsque cela est appropriĂ©.

  • Les inhibiteurs du SGLT2, certains agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 et les antagonistes non stĂ©roĂŻdiens des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes sont des traitements plus rĂ©cents susceptibles de rĂ©duire le risque cardiovasculaire et rĂ©nal dans les populations concernĂ©es atteintes de MRC et de troubles mĂ©taboliques.

  • Les procĂ©dures avec produit de contraste nĂ©cessitent une Ă©valuation soigneuse du rapport bĂ©nĂ©fice–risque, un volume minimal de produit de contraste, un produit de contraste hypo-osmolaire ou iso-osmolaire et une hydratation intraveineuse adĂ©quate par solution isotonique.

  • Les patients atteints de MRC avancĂ©e et prĂ©sentant une maladie coronaire stable ne doivent pas faire systĂ©matiquement l’objet d’une stratĂ©gie invasive au seul motif qu’une Ă©preuve d’effort met en Ă©vidence une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre.

  • Une prise en charge multidisciplinaire et intĂ©grĂ©e est particuliĂšrement utile chez les patients prĂ©sentant une association de diabĂšte, de MRC et de MCV.

Les doses précises des médicaments, les objectifs tensionnels et les tableaux détaillés des classes de recommandations ne sont pas fournis dans le document source.

Pronostic et suivi

La MRC est associĂ©e Ă  une mortalitĂ© cardiovasculaire Ă©levĂ©e, et la plupart des patients atteints de MRC dĂ©cĂšdent d’une MCV avant d’atteindre le stade d’insuffisance rĂ©nale. Le risque cardiovasculaire augmente progressivement Ă  mesure que le DFGe diminue et que l’albuminurie augmente. La MRC aggrave Ă©galement le pronostic des patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie et augmente le risque de complications aprĂšs une intervention chirurgicale, une exposition aux produits de contraste, une ICP ou un PAC.

Le suivi doit surveiller :

  • Le DFGe et sa vitesse de dĂ©clin

  • Le RACU ou la protĂ©inurie

  • La pression artĂ©rielle

  • L’équilibre glycĂ©mique

  • Les lipides

  • La kaliĂ©mie et les autres Ă©lectrolytes pertinents

  • L’état volĂ©mique et les symptĂŽmes d’insuffisance cardiaque

  • Les symptĂŽmes cardiovasculaires et l’état fonctionnel

  • La tolĂ©rance des mĂ©dicaments et leurs effets rĂ©naux

  • L’exposition Ă  des mĂ©dicaments ou Ă  des procĂ©dures nĂ©phrotoxiques

Dans la MRC avancĂ©e, la prĂ©paration au traitement de supplĂ©ance rĂ©nale doit commencer avant l’apparition de l’insuffisance rĂ©nale. Les discussions concernant la dialyse et la transplantation sont appropriĂ©es lorsque le DFGe est d’environ 15–20 mL/min/1,73 mÂČ, le moment Ă©tant individualisĂ© selon l’évolution clinique.

AprĂšs transplantation cardiaque, l’insuffisance rĂ©nale chronique — dĂ©finie dans le document fourni par un DFG infĂ©rieur ou Ă©gal Ă  29 mL/min/1,73 mÂČ ou l’apparition d’une insuffisance rĂ©nale terminale — prĂ©sente une incidence cumulĂ©e rapportĂ©e de 10,9 % Ă  5 ans. La nĂ©phrotoxicitĂ© des inhibiteurs de la calcineurine est un facteur contributif majeur ; l’ñge, le diabĂšte, l’hypertension artĂ©rielle, le sexe et l’infection par le virus de l’hĂ©patite C sont Ă©galement identifiĂ©s comme facteurs de risque. La transplantation rĂ©nale peut rĂ©duire considĂ©rablement la mortalitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă  l’insuffisance rĂ©nale terminale aprĂšs transplantation cardiaque.

Auteurs

EBM AI
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Mis à jour 6 août 2026