Définition et physiopathologie
La maladie rĂ©nale chronique (MRC) est dĂ©finie par des anomalies de la structure ou de la fonction rĂ©nales persistant plus de 3 mois et ayant des consĂ©quences sur la santĂ©. Les critĂšres diagnostiques comprennent un dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© (DFGe) infĂ©rieur Ă 60 mL/min/1,73 mÂČ, une excrĂ©tion urinaire excessive dâalbumine â gĂ©nĂ©ralement un rapport albumine/crĂ©atinine urinaire (RACU) sur Ă©chantillon ponctuel supĂ©rieur Ă 30 mg/g â ou les deux. Le DFGe est gĂ©nĂ©ralement estimĂ© Ă partir de la crĂ©atininĂ©mie Ă lâaide de lâĂ©quation de la Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration (CKD-EPI), intĂ©grant les variables dĂ©mographiques pertinentes ; la cystatine C peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©e comme marqueur de filtration.
La MRC est lâun des facteurs de risque indĂ©pendants les plus puissants de maladie cardiovasculaire (MCV) et de mortalitĂ© cardiovasculaire. Le risque cardiovasculaire augmente progressivement Ă mesure que la fonction rĂ©nale diminue et que lâalbuminurie augmente. Lorsque le DFGe devient infĂ©rieur Ă environ 60â75 mL/min/1,73 mÂČ, la probabilitĂ© de maladie coronarienne (MC) augmente de maniĂšre approximativement linĂ©aire. Pour un DFGe de 15 mL/min/1,73 mÂČ, le risque de mortalitĂ© cardiovasculaire peut ĂȘtre jusquâĂ trois fois supĂ©rieur Ă celui observĂ© chez des personnes sans insuffisance rĂ©nale comparable.
La charge cardiovasculaire de la MRC ne se limite pas Ă la MC et comprend Ă©galement lâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, les maladies cĂ©rĂ©brovasculaires, les valvulopathies, lâinsuffisance cardiaque, la fibrillation atriale et dâautres troubles du rythme ou de la conduction. La MRC aggrave Ă©galement le pronostic dâune MCV Ă©tablie.
Mécanismes reliant la MRC aux maladies cardiovasculaires
Cette association est mĂ©diĂ©e par des mĂ©canismes Ă la fois traditionnels et spĂ©cifiques Ă la maladie rĂ©nale. Le diabĂšte, lâhypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, lâobĂ©sitĂ©, le tabagisme et lâĂąge avancĂ© sont des facteurs de risque communs de MRC et de MCV. Lâhypertension artĂ©rielle et la maladie rĂ©nale sont liĂ©es de maniĂšre bidirectionnelle : lâhypertension accĂ©lĂšre la progression de la MRC, tandis que lâaltĂ©ration de la fonction rĂ©nale augmente davantage la pression artĂ©rielle.
Les mécanismes cardiovasculaires non traditionnels comprennent :
Inflammation associĂ©e Ă lâurĂ©mie
Stress oxydatif
Dysfonction vasculaire
Promotion de la calcification vasculaire
Albuminurie et protéinurie
Activation neurohormonale
Expansion du volume plasmatique
Remodelage et fibrose myocardiques
Ces processus sâinscrivent dans le syndrome cardiovasculaire-rĂ©nal-mĂ©tabolique plus large, dans lequel lâadipositĂ©, la rĂ©sistance Ă lâinsuline, le diabĂšte, lâhypertension artĂ©rielle, la MRC et la MCV se renforcent mutuellement. Le tissu adipeux dysfonctionnel contribue aux anomalies inflammatoires et mĂ©taboliques, tandis que la MRC favorise les maladies vasculaires et myocardiques par des mĂ©canismes directs et indirects.
Le rein influence Ă©galement la physiologie cardiovasculaire en rĂ©gulant le volume intravasculaire et les systĂšmes neurohormonaux, en particulier le systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone. Dans lâinsuffisance cardiaque, lâinteraction entre les axes cardiaque et rĂ©nal peut entraĂźner un syndrome cardiorĂ©nal. Lâaggravation de la fonction rĂ©nale en prĂ©sence dâune congestion persistante est particuliĂšrement associĂ©e Ă une Ă©lĂ©vation de la pression veineuse centrale, transmise aux veines rĂ©nales, et susceptible de rĂ©duire le DFG. Inversement, une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atinine au cours dâune dĂ©congestion efficace et dâune amĂ©lioration clinique globale nâindique pas nĂ©cessairement une Ă©volution dĂ©favorable.
Classification de la MRC
La sĂ©vĂ©ritĂ© de la MRC est classĂ©e selon le DFGe et lâalbuminurie. Les catĂ©gories suivantes dĂ©crivent les principaux stades du DFGe :
| Stade de MRC | DFGe | Contexte clinique | Signification cardiovasculaire ou rénale |
|---|---|---|---|
| 1 | >60 mL/min/1,73 mÂČ | Anomalies de lâanalyse urinaire ou de lâimagerie rĂ©nale | Le risque de progression augmente avec la protĂ©inurie et dĂ©pend de la cause |
| 2 | >60 mL/min/1,73 mÂČ | Anomalies de lâanalyse urinaire ou de lâimagerie rĂ©nale | Risque faible de progression, accru par la protĂ©inurie |
| 3a | 45â60 mL/min/1,73 mÂČ | Une maladie cardiovasculaire ou une autre atteinte dâorgane peut ĂȘtre prĂ©sente | Risque modĂ©rĂ© de progression ; les facteurs de risque vasculaire nĂ©cessitent une surveillance Ă©troite |
| 3b | 30â45 mL/min/1,73 mÂČ | Une protĂ©inurie peut ĂȘtre prĂ©sente | Risque Ă©levĂ© de progression |
| 4 | 15â30 mL/min/1,73 mÂČ | Dysfonction rĂ©nale avancĂ©e | Forte probabilitĂ© dâĂ©volution vers lâinsuffisance rĂ©nale terminale ; une prĂ©paration au traitement de supplĂ©ance rĂ©nale est nĂ©cessaire |
| 5 | <15 mL/min/1,73 mÂČ | Valeurs correspondant Ă lâinsuffisance rĂ©nale | ProbabilitĂ© maximale de nĂ©cessiter un traitement de supplĂ©ance rĂ©nale |
Le stade doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© conjointement avec la cause de la maladie rĂ©nale et lâimportance de lâalbuminurie ou de la protĂ©inurie.
Présentation clinique et symptÎmes
La MRC peut rester cliniquement silencieuse pendant une pĂ©riode prolongĂ©e. Le risque cardiovasculaire est donc souvent identifiĂ© par les examens rĂ©naux plutĂŽt que par les symptĂŽmes. Lâexpression clinique des maladies cardiovasculaires peut Ă©galement ĂȘtre modifiĂ©e en prĂ©sence dâune MRC, et le document source ne fournit pas de catalogue dĂ©taillĂ© des prĂ©sentations spĂ©cifiques de lâischĂ©mie myocardique associĂ©es Ă la MRC.
Les symptĂŽmes dâune dysfonction rĂ©nale plus avancĂ©e sont souvent non spĂ©cifiques et comprennent :
Fatigue et faiblesse
Anorexie, dysgueusie et perte pondérale
Troubles de lâhumeur et modifications cognitives
Troubles du sommeil et syndrome des jambes sans repos
Neuropathie périphérique ou autonome
Prurit
Astérixis ou myoclonies
Nycturie liée à une altération de la concentration urinaire
Le syndrome urĂ©mique complet peut comprendre une hypertension artĂ©rielle sĂ©vĂšre, une encĂ©phalopathie mĂ©tabolique, une hĂ©morragie digestive, une pĂ©ricardite, des troubles Ă©lectrolytiques majeurs â en particulier une hyperkaliĂ©mie â et une hyperparathyroĂŻdie secondaire. Une surcharge hydrosodĂ©e et un ĆdĂšme pulmonaire peuvent survenir.
Les manifestations cardiovasculaires associĂ©es Ă la MRC comprennent la MC, la maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique, les maladies cĂ©rĂ©brovasculaires, lâinsuffisance cardiaque, la fibrillation atriale, les valvulopathies et les anomalies de la conduction cardiaque. La maladie rĂ©nale est Ă©galement associĂ©e Ă une augmentation des risques pĂ©riopĂ©ratoires dâinfarctus du myocarde, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et dâaggravation de lâinsuffisance cardiaque.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit dĂ©terminer :
La prĂ©sence dâune MRC et sa persistance pendant plus de 3 mois.
La catĂ©gorie de DFGe et le degrĂ© dâalbuminurie ou de protĂ©inurie.
La cause présumée et la vitesse de détérioration rénale.
Le poids des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels et spécifiques à la maladie rénale.
La prĂ©sence dâune MCV Ă©tablie ou dâune insuffisance cardiaque.
Le risque associĂ© aux procĂ©dures diagnostiques, Ă lâexposition aux produits de contraste et Ă la revascularisation.
Les principaux domaines cliniques comprennent la pression artĂ©rielle, lâĂ©tat volĂ©mique, les symptĂŽmes de congestion, les signes dâartĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique, les manifestations dâinsuffisance cardiaque et les signes dâurĂ©mie. Ă un stade avancĂ©, lâexamen peut rĂ©vĂ©ler une hypertension artĂ©rielle sĂ©vĂšre, des ĆdĂšmes, un ĆdĂšme pulmonaire, une atteinte pĂ©ricardique, une neuropathie ou une encĂ©phalopathie.
Une Ă©chographie rĂ©nale peut aider Ă distinguer une maladie rĂ©nale chronique dâune atteinte plus rĂ©cente. Des reins de petite taille bilatĂ©raux, un amincissement cortical et des reins mesurant moins de 8 cm Ă©voquent une maladie atrophique chronique, bien que la taille rĂ©nale puisse rester augmentĂ©e dans certaines Ă©tiologies, notamment la maladie rĂ©nale diabĂ©tique.
LâĂ©valuation cardiovasculaire ne doit pas se limiter aux symptĂŽmes coronariens. Lâaugmentation du risque associĂ©e Ă la MRC englobe les atteintes athĂ©rosclĂ©reuses, cĂ©rĂ©brovasculaires, artĂ©rielles pĂ©riphĂ©riques, valvulaires, myocardiques et Ă©lectriques.
Examens diagnostiques
Ăvaluation rĂ©nale
Les principales mesures sont :
Le DFGe, calculĂ© Ă partir dâune crĂ©atininĂ©mie Ă©talonnĂ©e au moyen dâune Ă©quation dâestimation
LâexcrĂ©tion urinaire dâalbumine, exprimĂ©e de prĂ©fĂ©rence par le RACU
La confirmation rĂ©pĂ©tĂ©e dâune altĂ©ration de la fonction rĂ©nale ou dâune protĂ©inurie pendant au moins 3 mois
La crĂ©atininĂ©mie seule peut sous-estimer lâimportance de la dysfonction rĂ©nale chez certains patients. Les estimations fondĂ©es sur la crĂ©atinine et la cystatine C ont toutes deux des limites, car elles ne tiennent pas pleinement compte de la clairance rĂ©nale et extrarĂ©nale ou, dans le cas de la crĂ©atinine, de la masse musculaire.
Chez les patients diabétiques, une évaluation réguliÚre du DFGe et du RACU est recommandée afin de dépister et de stadifier la MRC.
Ăvaluation cardiovasculaire
La MRC est associĂ©e Ă une charge athĂ©rosclĂ©reuse plus importante et Ă des caractĂ©ristiques de plaque plus avancĂ©es. Cependant, les examens cardiovasculaires non invasifs peuvent ĂȘtre moins prĂ©cis en prĂ©sence dâune MRC que chez les patients sans maladie rĂ©nale. Le matĂ©riel source disponible ne prĂ©cise pas de critĂšres ECG particuliers, de rĂ©sultats Ă©chocardiographiques ni de protocoles dâĂ©preuve dâeffort spĂ©cifiques pour le risque cardiovasculaire associĂ© Ă la MRC.
La mesure de la calcification coronaire est dĂ©crite comme une mĂ©thode potentiellement prometteuse de stratification du risque dans la MRC, bien que le document source nâen Ă©tablisse pas le rĂŽle dĂ©finitif et ne fournisse pas de seuil spĂ©cifique.
Lâutilisation de la coronarographie invasive, de lâangioscanner coronaire ou dâexamens non invasifs nĂ©cessitant des agents nĂ©phrotoxiques impose une Ă©valuation attentive des risques rĂ©nal et cardiovasculaire. Lâexposition aux produits de contraste doit ĂȘtre rĂ©duite au minimum chaque fois que ces examens sont nĂ©cessaires.
Lésion rénale aiguë associée aux produits de contraste
La lésion rénale aiguë associée aux produits de contraste est définie dans le document fourni par :
Une élévation de la créatininémie de 44 ”mol/L, équivalente à 0,5 mg/dL, ou
Une augmentation relative de 25 % par rapport Ă la valeur initiale Ă 48 heures, ou
Une augmentation de 5â10 % Ă 12 heures aprĂšs lâadministration du produit de contraste
Elle survient chez jusquâĂ 15 % des patients atteints de MRC soumis Ă des procĂ©dures radiologiques. La plupart des Ă©pisodes sont spontanĂ©ment rĂ©solutifs, avec une rĂ©cupĂ©ration rĂ©nale gĂ©nĂ©ralement observĂ©e en 7 jours, mais une minoritĂ© Ă©volue vers une insuffisance rĂ©nale avĂ©rĂ©e et sâaccompagne dâune morbiditĂ© et dâune mortalitĂ© plus Ă©levĂ©es.
La réduction du risque nécessite :
La dose totale de produit de contraste la plus faible possible
Un produit de contraste hypo-osmolaire ou iso-osmolaire
Une hydratation intraveineuse adéquate par solution isotonique avant la procédure
Une hydratation adéquate aprÚs la procédure
La surveillance de la fonction rĂ©nale aprĂšs lâexposition
Biomarqueurs et résultats biologiques
Biomarqueurs rénaux
Les principaux marqueurs biologiques sont la crĂ©atininĂ©mie, le DFGe et lâexcrĂ©tion urinaire dâalbumine. Un RACU supĂ©rieur Ă 30 mg/g est un marqueur dâatteinte rĂ©nale, en particulier chez les patients diabĂ©tiques.
Lâalbuminurie et la protĂ©inurie ne sont pas seulement des marqueurs de lĂ©sion rĂ©nale ; elles indiquent Ă©galement le risque de progression cardiovasculaire et rĂ©nale. Une protĂ©inurie importante peut persister tout au long de la MRC et est associĂ©e Ă un pronostic plus dĂ©favorable.
Anomalies biologiques associées
Une MRC avancĂ©e peut sâaccompagner de :
AnĂ©mie, due Ă une carence martiale, Ă une diminution de la production dâĂ©rythropoĂŻĂ©tine ou Ă dâautres causes
Hyperkaliémie
Anomalies du métabolisme phosphocalcique
Hyperparathyroïdie secondaire, liée notamment à une diminution du calcitriol
ĂlĂ©vation des marqueurs inflammatoires, notamment la protĂ©ine C rĂ©active et la vitesse de sĂ©dimentation des Ă©rythrocytes
Tous les patients atteints de MRC ne sont pas anémiques ; une érythrocytose peut survenir dans certaines maladies rénales.
Les nouveaux biomarqueurs destinĂ©s Ă dĂ©tecter une lĂ©sion rĂ©nale avant la modification des marqueurs conventionnels de la fonction rĂ©nale ont une utilitĂ© clinique incertaine dans le contexte de lâinsuffisance cardiaque.
Ăvaluation du risque cardiovasculaire
La MRC doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une situation cardiovasculaire Ă haut risque. Le risque augmente avec lâaggravation du DFGe et lâaugmentation de lâalbuminurie, mĂȘme aprĂšs ajustement sur le diabĂšte, lâhypertension artĂ©rielle et les autres facteurs de risque Ă©tablis.
LâĂ©valuation du risque doit comprendre :
Le diabĂšte et lâĂ©quilibre glycĂ©mique
La pression artĂ©rielle et la durĂ©e de lâhypertension
Le bilan lipidique
Le statut tabagique
Lâindice de masse corporelle et lâobĂ©sitĂ©
Lâalbuminurie ou la protĂ©inurie
La trajectoire du DFGe
La MC établie ou une autre maladie athéroscléreuse
Lâinsuffisance cardiaque
La fibrillation atriale et les troubles de la conduction
Les maladies artérielles périphériques et cérébrovasculaires
Les valvulopathies
Lâaugmentation du risque cardiovasculaire dans la MRC sâaccompagne dâun risque accru de complications liĂ©es aux traitements, notamment de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« et de complications hĂ©morragiques ou procĂ©durales, bien que le document fourni ne quantifie pas le risque hĂ©morragique.
Traitement et prise en charge
La prise en charge doit porter simultanĂ©ment sur la progression rĂ©nale et le risque cardiovasculaire. Une stratĂ©gie globale comprend les mesures hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, lâarrĂȘt du tabac, la nutrition, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle, la prise en charge lipidique, un blocage appropriĂ© du systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone et le traitement du diabĂšte.
Mesures hygiénodiététiques et prise en charge intégrée
La prise en charge du risque doit intégrer :
LâarrĂȘt du tabac
Une alimentation saine
La gestion pondérale
Le contrÎle de la pression artérielle
La prise en charge lipidique
La prise en charge du diabĂšte
LâĂ©ducation Ă lâautogestion destinĂ©e au patient
Une prise en charge multidisciplinaire en équipe
La prise en charge intégrée est particuliÚrement importante chez les patients présentant un diabÚte, une MRC et une MCV.
Prise en charge de la pression artérielle
Lâhypertension artĂ©rielle est un facteur de risque cardiovasculaire majeur et modifiable dans la MRC. Comme lâhypertension accĂ©lĂšre le dĂ©clin rĂ©nal et que la MRC augmente la pression artĂ©rielle, son traitement est essentiel Ă la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et de la progression de la maladie rĂ©nale.
Le document fourni ne propose pas de cible tensionnelle dĂ©finitive ni de schĂ©ma antihypertenseur complet. Il indique que lâintensitĂ© optimale de la rĂ©duction tensionnelle reste imparfaitement dĂ©finie et que la rĂ©duction intensive de la pression artĂ©rielle dans lâĂ©tude ACCORD nâa pas diminuĂ© les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs globaux ni la mortalitĂ©.
Blocage du systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone
Un blocage suffisant du systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone est inclus dans la prise en charge recommandĂ©e du risque cardiovasculaire associĂ© Ă la MRC. Certains inhibiteurs de lâECA et antagonistes des rĂ©cepteurs de lâangiotensine rĂ©duisent le risque dâinsuffisance rĂ©nale et de maladie cardiovasculaire chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une MRC.
Les noms précis des médicaments, les doses, les schémas de titration et les seuils de surveillance ne sont pas fournis dans le document source.
Prise en charge lipidique et traitement antiplaquettaire
La prise en charge lipidique fait partie de la prĂ©vention cardiovasculaire chez les patients Ă haut risque atteints de MRC. Chez les patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie, lâaspirine est incluse dans la stratĂ©gie recommandĂ©e de prise en charge du risque.
Le document source ne prĂ©cise pas les hypolipĂ©miants, la dose dâaspirine, les contre-indications ni la durĂ©e du traitement.
Traitements ciblant le diabĂšte
Dans le diabĂšte de type 2 associĂ© Ă une MRC, certains traitements rĂ©duisent le risque dâinsuffisance rĂ©nale et de MCV :
Inhibiteurs du SGLT2
Certains agonistes des récepteurs du GLP-1
Finérénone et autres stratégies reposant sur des antagonistes non stéroïdiens des récepteurs des minéralocorticoïdes
Le document source ne précise pas les médicaments, les doses, les seuils de DFGe, les protocoles de surveillance de la kaliémie ni la séquence thérapeutique.
Insuffisance cardiaque et syndrome cardiorénal
La dysfonction rĂ©nale est frĂ©quente dans lâinsuffisance cardiaque et constitue un marqueur Ă©tabli de mauvais pronostic. La prise en charge doit interprĂ©ter les modifications de la fonction rĂ©nale dans le contexte de la congestion, de la perfusion et de la rĂ©ponse clinique globale. Lâaggravation des paramĂštres rĂ©naux avec une congestion persistante est prĂ©occupante, tandis quâune dĂ©tĂ©rioration modeste au cours dâune dĂ©congestion rĂ©ussie peut traduire lâefficacitĂ© du traitement plutĂŽt quâun Ă©chec thĂ©rapeutique.
Le document fourni ne propose pas de doses spĂ©cifiques des mĂ©dicaments de lâinsuffisance cardiaque ni dâalgorithme thĂ©rapeutique complet pour les patients atteints de MRC.
Maladie coronarienne et revascularisation
La MRC est associĂ©e Ă une athĂ©rosclĂ©rose plus Ă©tendue et Ă une morphologie des plaques plus avancĂ©e, mais les dĂ©cisions diagnostiques et thĂ©rapeutiques sont compliquĂ©es par la moindre prĂ©cision des examens, les lĂ©sions rĂ©nales liĂ©es aux produits de contraste et lâaugmentation du risque procĂ©dural.
Avant une coronarographie invasive, un angioscanner coronaire ou un examen nĂ©cessitant un produit de contraste, lâĂ©quilibre entre le bĂ©nĂ©fice diagnostique ou thĂ©rapeutique attendu et le risque de lĂ©sion rĂ©nale doit ĂȘtre Ă©valuĂ© avec soin. La rĂ©duction de la quantitĂ© de produit de contraste et lâhydratation sont des mesures prĂ©ventives importantes.
La MRC augmente les risques du pontage aortocoronarien et de lâintervention coronaire percutanĂ©e. Dans la MRC avancĂ©e â dĂ©finie dans la population de lâessai citĂ© par un DFGe infĂ©rieur Ă 30 mL/min/1,73 mÂČ ou la dialyse â une stratĂ©gie invasive avec coronarographie et ICP nâa pas rĂ©duit la mortalitĂ© ni lâinfarctus du myocarde non fatal par rapport Ă une prise en charge conservatrice chez des patients prĂ©sentant une maladie coronaire stable et une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre.
Les données observationnelles comparatives sont hétérogÚnes :
Dans une analyse appariĂ©e selon le score de propension chez des patients atteints de MRC, lâICP avec stents actifs de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration Ă©tait associĂ©e Ă des risques Ă 30 jours plus faibles de dĂ©cĂšs, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et de nouvelle revascularisation que le PAC.
LâICP Ă©tait associĂ©e Ă davantage de nouvelles revascularisations au cours du suivi Ă long terme.
Chez les patients dialysĂ©s, les rĂ©sultats Ă©taient en faveur du PAC par rapport Ă lâICP.
Une mĂ©ta-analyse de registres a retrouvĂ© des taux plus faibles de dĂ©cĂšs, dâinfarctus du myocarde et de nouvelle revascularisation avec le PAC quâavec lâICP chez les patients ayant un DFGe infĂ©rieur Ă 60 mL/min/1,73 mÂČ.
Les grands essais randomisĂ©s comparant spĂ©cifiquement les stratĂ©gies de revascularisation dans la MRC restent insuffisants. Les dĂ©cisions doivent donc ĂȘtre individualisĂ©es selon lâanatomie coronaire, les symptĂŽmes, la charge ischĂ©mique, le stade rĂ©nal, le statut dialytique, le risque procĂ©dural et le bĂ©nĂ©fice attendu.
Prise en charge périopératoire et procédurale
La maladie rĂ©nale augmente considĂ©rablement le risque cardiovasculaire pĂ©riopĂ©ratoire. Les patients soumis Ă une chirurgie non cardiaque prĂ©sentent un risque accru dâinfarctus du myocarde, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et dâaggravation de lâinsuffisance cardiaque.
Les patients atteints dâune maladie cardiaque sont Ă©galement exposĂ©s Ă une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« postopĂ©ratoire, en particulier lorsque lâĂ©tat hĂ©modynamique est compromis par les variations volĂ©miques ou les pertes sanguines, ou lorsque les mĂ©dicaments cardioactifs sont interrompus ou poursuivis de maniĂšre inappropriĂ©e. Les facteurs de risque comprennent :
Lâinsuffisance cardiaque, en particulier lorsquâelle est dĂ©compensĂ©e
Lâhypertension artĂ©rielle
Les médicaments cardioactifs
LâĂąge avancĂ©
La chirurgie en urgence
La chirurgie intrapéritonéale
Lâinsuffisance rĂ©nale prĂ©existante ou une crĂ©atininĂ©mie Ă©levĂ©e
La MRC
Le diabĂšte
Lâassociation dâun dĂ©bit cardiaque faible, dâune pression veineuse Ă©levĂ©e et de lâexposition Ă un produit de contraste iodĂ© constitue un mĂ©canisme frĂ©quent de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« chez les patients cardiaques hospitalisĂ©s. La prĂ©vention et la prise en charge comprennent le maintien dâune volĂ©mie intravasculaire suffisante pour assurer la perfusion rĂ©nale, lâutilisation de vasopresseurs lorsque cela est nĂ©cessaire, lâĂ©viction des produits de contraste superflus et la surveillance postopĂ©ratoire de la fonction rĂ©nale.
Recommandations des lignes directrices
Les recommandations fournies soutiennent les principes suivants :
La MRC doit ĂȘtre reconnue comme une situation Ă risque cardiovasculaire majeur.
Les patients diabĂ©tiques doivent bĂ©nĂ©ficier dâun dĂ©pistage et dâune stadification rĂ©guliers de la MRC au moyen du DFGe et du RACU.
Les facteurs de risque traditionnels â en particulier lâhypertension artĂ©rielle, la dyslipidĂ©mie, le diabĂšte, le tabagisme et lâobĂ©sitĂ© â doivent ĂȘtre pris en charge de maniĂšre intensive.
Les interventions hygiĂ©nodiĂ©tĂ©tiques, lâarrĂȘt du tabac, la prise en charge nutritionnelle et lâĂ©ducation du patient Ă lâautogestion doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s aux soins.
Le blocage du systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone doit ĂȘtre utilisĂ© de maniĂšre appropriĂ©e.
Une prise en charge lipidique est nĂ©cessaire et lâaspirine doit ĂȘtre utilisĂ©e chez les patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie lorsque cela est appropriĂ©.
Les inhibiteurs du SGLT2, certains agonistes des récepteurs du GLP-1 et les antagonistes non stéroïdiens des récepteurs des minéralocorticoïdes sont des traitements plus récents susceptibles de réduire le risque cardiovasculaire et rénal dans les populations concernées atteintes de MRC et de troubles métaboliques.
Les procĂ©dures avec produit de contraste nĂ©cessitent une Ă©valuation soigneuse du rapport bĂ©nĂ©ficeârisque, un volume minimal de produit de contraste, un produit de contraste hypo-osmolaire ou iso-osmolaire et une hydratation intraveineuse adĂ©quate par solution isotonique.
Les patients atteints de MRC avancĂ©e et prĂ©sentant une maladie coronaire stable ne doivent pas faire systĂ©matiquement lâobjet dâune stratĂ©gie invasive au seul motif quâune Ă©preuve dâeffort met en Ă©vidence une ischĂ©mie modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre.
Une prise en charge multidisciplinaire et intégrée est particuliÚrement utile chez les patients présentant une association de diabÚte, de MRC et de MCV.
Les doses précises des médicaments, les objectifs tensionnels et les tableaux détaillés des classes de recommandations ne sont pas fournis dans le document source.
Pronostic et suivi
La MRC est associĂ©e Ă une mortalitĂ© cardiovasculaire Ă©levĂ©e, et la plupart des patients atteints de MRC dĂ©cĂšdent dâune MCV avant dâatteindre le stade dâinsuffisance rĂ©nale. Le risque cardiovasculaire augmente progressivement Ă mesure que le DFGe diminue et que lâalbuminurie augmente. La MRC aggrave Ă©galement le pronostic des patients prĂ©sentant une MCV Ă©tablie et augmente le risque de complications aprĂšs une intervention chirurgicale, une exposition aux produits de contraste, une ICP ou un PAC.
Le suivi doit surveiller :
Le DFGe et sa vitesse de déclin
Le RACU ou la protéinurie
La pression artérielle
LâĂ©quilibre glycĂ©mique
Les lipides
La kaliémie et les autres électrolytes pertinents
LâĂ©tat volĂ©mique et les symptĂŽmes dâinsuffisance cardiaque
Les symptĂŽmes cardiovasculaires et lâĂ©tat fonctionnel
La tolérance des médicaments et leurs effets rénaux
Lâexposition Ă des mĂ©dicaments ou Ă des procĂ©dures nĂ©phrotoxiques
Dans la MRC avancĂ©e, la prĂ©paration au traitement de supplĂ©ance rĂ©nale doit commencer avant lâapparition de lâinsuffisance rĂ©nale. Les discussions concernant la dialyse et la transplantation sont appropriĂ©es lorsque le DFGe est dâenviron 15â20 mL/min/1,73 mÂČ, le moment Ă©tant individualisĂ© selon lâĂ©volution clinique.
AprĂšs transplantation cardiaque, lâinsuffisance rĂ©nale chronique â dĂ©finie dans le document fourni par un DFG infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 29 mL/min/1,73 mÂČ ou lâapparition dâune insuffisance rĂ©nale terminale â prĂ©sente une incidence cumulĂ©e rapportĂ©e de 10,9 % Ă 5 ans. La nĂ©phrotoxicitĂ© des inhibiteurs de la calcineurine est un facteur contributif majeur ; lâĂąge, le diabĂšte, lâhypertension artĂ©rielle, le sexe et lâinfection par le virus de lâhĂ©patite C sont Ă©galement identifiĂ©s comme facteurs de risque. La transplantation rĂ©nale peut rĂ©duire considĂ©rablement la mortalitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă lâinsuffisance rĂ©nale terminale aprĂšs transplantation cardiaque.