Définition et bases pharmacologiques
Lâivabradine est un inhibiteur sĂ©lectif du courant If, ou courant « funny », dans les cellules pacemaker du nĆud sinusal. Ce courant est un courant mixte entrant de Naâș/Kâș activĂ© par lâhyperpolarisation et contribue Ă la dĂ©polarisation diastolique spontanĂ©e. En inhibant la portion intracellulaire de son pore transmembranaire, lâivabradine rĂ©duit la pente de la dĂ©polarisation diastolique et entraĂźne une rĂ©duction dose-dĂ©pendante de la frĂ©quence sinusale.
Sa principale diffĂ©rence thĂ©rapeutique par rapport aux bĂȘtabloquants est quâelle diminue la frĂ©quence cardiaque sans rĂ©duire directement la contractilitĂ© myocardique ni modifier le tonus vasculaire. En consĂ©quence, le document source ne dĂ©crit aucun effet hĂ©modynamique ou sur la contractilitĂ© imputable Ă lâivabradine. Comme son action sâexerce au niveau du nĆud sinusal, elle nâest efficace que lorsque le patient est en rythme sinusal. Son rĂŽle dans la fibrillation atriale reste incertain, bien quâelle puisse avoir un effet ralentisseur de la frĂ©quence dans certaines situations.
Lâivabradine subit un mĂ©tabolisme hĂ©patique important de premier passage par le CYP3A4. Une adaptation posologique est nĂ©cessaire en cas dâinsuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre, et des interactions cliniquement pertinentes surviennent avec les inhibiteurs et les inducteurs du CYP3A4.
Indications cliniques
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite
Lâivabradine constitue une option adjuvante chez certains patients prĂ©sentant une HFrEF symptomatique. La population dĂ©finie par les recommandations comprend :
FEVG â€35 % ;
rythme sinusal ;
frĂ©quence cardiaque au repos â„70 battements/min ;
symptĂŽmes persistants malgrĂ© un traitement fondĂ© sur les preuves par inhibiteur de lâECA ou ARNI, bĂȘtabloquant et antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes.
Dans ce contexte, lâivabradine doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de rĂ©duire le risque dâhospitalisation pour insuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La recommandation est de classe IIa, niveau B.
Tous les efforts doivent ĂȘtre consentis pour instaurer et augmenter progressivement le traitement bĂȘtabloquant jusquâaux doses recommandĂ©es par les recommandations ou jusquâĂ la dose maximale tolĂ©rĂ©e avant dâenvisager lâivabradine. Les donnĂ©es disponibles incluaient des patients prĂ©sentant une HFrEF symptomatique de classe II ou III de la NYHA, une hospitalisation antĂ©rieure pour insuffisance cardiaque, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque supĂ©rieure Ă 70 battements/min. La rĂ©duction du critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque Ă©tait liĂ©e Ă lâampleur de la rĂ©duction de la frĂ©quence cardiaque.
Lâivabradine peut Ă©galement ĂȘtre raisonnablement envisagĂ©e lorsquâun bĂȘtabloquant nâest pas tolĂ©rĂ© ou est contre-indiquĂ©. Chez ces patients, elle peut ĂȘtre envisagĂ©e en cas de symptĂŽmes, de FEVG â€35 %, de rythme sinusal et de frĂ©quence cardiaque au repos â„70 battements/min, Ă condition que le traitement comprenne un inhibiteur de lâECA ou un ARNI et un ARM. Cette recommandation est de classe IIa, niveau C.
Le seuil rĂ©glementaire europĂ©en dĂ©crit dans le document source diffĂšre du seuil fondĂ© sur les essais : lâivabradine a Ă©tĂ© approuvĂ©e chez les patients prĂ©sentant une HFrEF, une FEVG <35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos >75 battements/min, sur la base dâune analyse rĂ©trospective en sous-groupes ayant montrĂ© un bĂ©nĂ©fice en termes de survie.
Tachycardie sinusale inappropriée
Le traitement de la tachycardie sinusale inappropriĂ©e commence par lâĂ©valuation et la prise en charge des causes rĂ©versibles. Le pronostic Ă©tant dĂ©crit comme bĂ©nin, le traitement vise principalement Ă soulager les symptĂŽmes et peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire chez les patients asymptomatiques.
Avant tout traitement médicamenteux, les mesures recommandées ou suggérées comprennent :
rassurer le patient ;
entraĂźnement physique ;
expansion volémique ;
éviction des stimulants cardiaques.
Les bĂȘtabloquants ont Ă©tĂ© utilisĂ©s chez les patients symptomatiques, mais les doses efficaces peuvent entraĂźner une fatigue chronique gĂȘnante. Les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques peuvent Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©s, bien que lâhypotension puisse limiter la posologie et que les donnĂ©es concernant leur efficacitĂ© soient limitĂ©es.
Lâivabradine seule ou en association avec un bĂȘtabloquant doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients symptomatiques. Il sâagit dâune recommandation de classe IIa, niveau B. Lâassociation est privilĂ©giĂ©e lorsquâelle est possible, car elle peut apporter un bĂ©nĂ©fice supĂ©rieur Ă celui de chacun des deux mĂ©dicaments utilisĂ©s seuls. Les donnĂ©es dâefficacitĂ© Ă long terme restent limitĂ©es, et le document source souligne la possibilitĂ© quâun blocage chronique du canal If puisse accroĂźtre lâactivitĂ© sympathique, avec des consĂ©quences dĂ©favorables en termes de remodelage ou de risque proarythmique.
Autres tachycardies sinusales
En cas de tachycardie sinusale, les autres causes mĂ©dicales, notamment la myocardite, doivent ĂȘtre exclues. Les patients asymptomatiques peuvent ĂȘtre surveillĂ©s pendant la normalisation de la frĂ©quence cardiaque. Si les symptĂŽmes persistent ou si la frĂ©quence cardiaque reste supĂ©rieure Ă 130 battements/min, un bĂȘtabloquant est recommandĂ© comme option principale ; le vĂ©rapamil ou lâivabradine peuvent constituer des alternatives.
Lâivabradine peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e dans le syndrome de tachycardie orthostatique posturale, bien que la recommandation soit plus faible : classe IIb, niveau C. Le mĂȘme tableau de recommandations mentionne lâexercice rĂ©gulier et progressif, une augmentation des apports hydriques Ă plus de 2â3 L par jour et des apports de chlorure de sodium de 10â12 g par jour comme mesures possibles, avec la midodrine, un bĂȘtabloquant non sĂ©lectif Ă faible dose ou la pyridostigmine comme options supplĂ©mentaires.
Dans la tachycardie par rĂ©entrĂ©e du nĆud sinusal, le document source prĂ©conise dâenvisager le vĂ©rapamil ou le diltiazem en lâabsence de HFrEF, ainsi que lâablation par cathĂ©ter chez les patients symptomatiques ne rĂ©pondant pas au traitement mĂ©dicamenteux. Il ne reconnaĂźt pas Ă lâivabradine un rĂŽle de traitement principal de cette arythmie.
Syndrome coronarien chronique et angor stable
Lâivabradine rĂ©duit la frĂ©quence cardiaque Ă lâeffort et peut prolonger le dĂ©lai avant la survenue dâun angor limitant. Chez les patients prĂ©sentant un angor stable, ses effets Ă lâeffort ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme comparables Ă ceux de lâatĂ©nolol en ce qui concerne la performance Ă lâeffort et le dĂ©lai avant lâapparition dâun sous-dĂ©calage ischĂ©mique du segment ST.
Cependant, une vaste Ă©tude menĂ©e chez des patients atteints de cardiopathie ischĂ©mique stable, sans insuffisance cardiaque clinique et prĂ©sentant une frĂ©quence cardiaque â„70 battements/min, nâa pas montrĂ© de rĂ©duction du dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou de lâinfarctus du myocarde. Un effet indĂ©sirable possible a Ă©tĂ© observĂ© dans le sous-groupe prĂ©sentant un angor limitant lâactivitĂ©. En consĂ©quence, le document source indique que lâivabradine nâa actuellement pas de rĂŽle chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique stable sans insuffisance cardiaque.
Les recommandations relatives au syndrome coronarien chronique dĂ©conseillent spĂ©cifiquement lâivabradine en traitement additionnel chez les patients ayant une FEVG >40 % et aucune insuffisance cardiaque clinique. Il sâagit dâune recommandation de classe III, niveau B.
Chez les patients prĂ©sentant un angor et une dysfonction ventriculaire gauche, lâivabradine peut ĂȘtre envisagĂ©e dans les pays oĂč elle est disponible lorsque la frĂ©quence cardiaque reste supĂ©rieure Ă 70 battements/min malgrĂ© un traitement bĂȘtabloquant. Elle nâest pas dĂ©crite comme un substitut du traitement pronostique de la dysfonction ventriculaire gauche par bĂȘtabloquants lorsque ces mĂ©dicaments sont tolĂ©rĂ©s.
Objectifs de fréquence cardiaque et seuils thérapeutiques
Lâivabradine nâest pas prescrite pour atteindre une valeur numĂ©rique universelle de frĂ©quence cardiaque dans toutes les situations cliniques. Le traitement est plutĂŽt envisagĂ© lorsquâune tachycardie sinusale rĂ©siduelle persiste malgrĂ© une prise en charge appropriĂ©e.
| Situation clinique | Condition rythmique | Seuil de fréquence cardiaque décrit | Implication pratique |
|---|---|---|---|
| HFrEF, population des essais | Rythme sinusal | >70 battements/min | Envisager lâivabradine aprĂšs un traitement fondĂ© sur les preuves, notamment en cas de symptĂŽmes persistants |
| HFrEF, tableau des recommandations | Rythme sinusal | â„70 battements/min | Envisager le traitement en cas de symptĂŽmes persistants malgrĂ© un bĂȘtabloquant, un inhibiteur de lâECA/ARNI et un ARM |
| Seuil réglementaire européen décrit | Rythme sinusal | >75 battements/min | La population approuvée est plus restreinte que celle correspondant au seuil des essais |
| Syndrome coronarien stable sans IC et FEVG >40 % | Non prĂ©cisĂ© comme indication | â | Lâivabradine en traitement additionnel nâest pas recommandĂ©e |
| Tachycardie sinusale inappropriée | Rythme sinusal | Aucun objectif fixe fourni | Envisager le traitement chez les patients symptomatiques ; le traitement est orienté par les symptÎmes |
| Tachycardie sinusale persistante | Rythme sinusal | >130 battements/min si persistante et symptomatique | Le bĂȘtabloquant est privilĂ©giĂ© ; le vĂ©rapamil ou lâivabradine peuvent ĂȘtre des alternatives |
Le document source ne prĂ©cise pas dâobjectif universellement acceptĂ© de frĂ©quence cardiaque au repos aprĂšs lâinstauration du traitement. Une rĂ©duction de la dose est recommandĂ©e en cas de bradycardie excessive.
Ăvaluation avant la prescription
Ăvaluation du rythme et Ă©lectrocardiographique
Comme lâivabradine agit au niveau du nĆud sinusal, la documentation dâun rythme sinusal est essentielle pour lâindication dans la HFrEF. Il ne faut pas attendre le mĂȘme effet thĂ©rapeutique en cas de fibrillation atriale ou dâautres rythmes dans lesquels le rythme sinusal nâest pas le dĂ©terminant de la frĂ©quence ventriculaire.
LâECG doit Ă©galement rechercher :
une bradycardie sinusale ;
un bloc auriculoventriculaire du premier degré ;
une maladie de conduction plus avancée ;
des signes dâautres troubles du rythme nĂ©cessitant une stratĂ©gie thĂ©rapeutique diffĂ©rente.
La prudence est requise chez les patients prĂ©sentant une bradycardie sinusale ou un bloc AV du premier degrĂ©, car lâivabradine peut entraĂźner un ralentissement sinusal excessif ou un bloc nodal.
Ăvaluation de lâindication clinique
Dans la HFrEF, le traitement doit faire suite Ă lâoptimisation du traitement fondĂ© sur les recommandations. LâĂ©valuation clinique pertinente comprend :
la persistance des symptĂŽmes ;
la FEVG ;
la dose actuelle et tolĂ©rĂ©e de bĂȘtabloquant ;
lâutilisation dâun inhibiteur de lâECA ou dâun ARNI ;
lâutilisation dâun ARM ;
la fréquence cardiaque au repos ;
le rythme cardiaque ;
une hospitalisation récente pour insuffisance cardiaque, lorsque cet élément est pertinent au regard des données disponibles.
En cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e, les causes rĂ©versibles doivent ĂȘtre recherchĂ©es et traitĂ©es avant lâinstauration du traitement mĂ©dicamenteux. Le document source ne fournit pas dâalgorithme diagnostique ni de bilan biologique spĂ©cifique pour cette Ă©valuation.
Ăvaluation des comorbiditĂ©s et des interactions mĂ©dicamenteuses
Une insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre impose une adaptation posologique. Les traitements concomitants doivent ĂȘtre examinĂ©s afin de rechercher une inhibition ou une induction du CYP3A4 ainsi quâun risque potentiel dâallongement de lâintervalle QT.
Le document source identifie les inhibiteurs du CYP3A4 ou substances interagissant avec celui-ci qui nĂ©cessitent dâĂȘtre Ă©vitĂ©s ou utilisĂ©s avec prudence :
kétoconazole ;
vérapamil ;
diltiazem ;
clarithromycine ;
jus de pamplemousse.
La rifampicine et la carbamazĂ©pine sont identifiĂ©es comme des inducteurs du CYP3A4 et doivent Ă©galement ĂȘtre Ă©vitĂ©es ou utilisĂ©es avec prudence.
Lâassociation avec un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ou un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 nâest spĂ©cifiquement pas recommandĂ©e dans le syndrome coronarien chronique. Lâassociation de lâivabradine Ă dâautres mĂ©dicaments allongeant lâintervalle QT peut accroĂźtre le risque de torsades de pointes.
Posologie et administration
Instauration et titration standard
Lâivabradine est gĂ©nĂ©ralement dĂ©butĂ©e Ă :
- 5 mg deux fois par jour.
Une dose initiale plus faible est utilisée lorsque la fréquence cardiaque au repos est inférieure à 60 battements/min :
- 2,5 mg deux fois par jour.
La dose peut ĂȘtre augmentĂ©e jusquâĂ :
- 7,5 mg deux fois par jour,
lorsquâun effet ralentisseur plus important est nĂ©cessaire et que le mĂ©dicament est tolĂ©rĂ©.
La titration est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e aprĂšs environ 2 semaines. En cas de bradycardie excessive, la dose doit ĂȘtre rĂ©duite.
| Situation | Dose décrite |
|---|---|
| Dose initiale habituelle | 5 mg deux fois par jour |
| FrĂ©quence cardiaque au repos <60 battements/min lors de lâinstauration | 2,5 mg deux fois par jour |
| Dose maximale décrite | 7,5 mg deux fois par jour |
| Délai habituel avant la réévaluation de la dose | Environ 2 semaines |
Le document source ne fournit pas de schĂ©ma posologique distinct pour la HFrEF, la tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le syndrome de tachycardie orthostatique posturale ou lâangor stable. La mĂȘme fourchette posologique pratique constitue donc la seule information posologique spĂ©cifiĂ©e.
Principes pratiques de la titration
En lâabsence dâindication aiguĂ«, le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre dĂ©butĂ© Ă faible dose et augmentĂ© prudemment en fonction de la tolĂ©rance et de la rĂ©ponse clinique. Cette approche rĂ©duit les effets indĂ©sirables liĂ©s Ă la dose, mais nĂ©cessite une réévaluation afin de dĂ©terminer si un contrĂŽle suffisant des symptĂŽmes ou de la frĂ©quence cardiaque a Ă©tĂ© obtenu.
La prĂ©sence dâune bradycardie sinusale, dâun bloc AV du premier degrĂ©, dâune insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre ou dâun traitement interagissant doit conduire Ă une prudence particuliĂšre.
Effets indésirables et sécurité
Effets cardiovasculaires
Les effets indésirables cardiaques potentiels comprennent :
ralentissement sinusal excessif ;
bradycardie ;
bloc nodal AV ;
possible augmentation de lâincidence de la fibrillation atriale.
La prudence est recommandĂ©e en cas de bradycardie sinusale et de bloc AV du premier degrĂ©. Dans le contexte du syndrome coronarien chronique, le mĂ©dicament ne doit pas ĂȘtre associĂ© Ă des inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques ni Ă des inhibiteurs puissants du CYP3A4.
En association avec dâautres mĂ©dicaments allongeant lâintervalle QT, lâivabradine peut accroĂźtre le risque de torsades de pointes.
Effets visuels
Lâeffet indĂ©sirable non cardiaque le plus frĂ©quent identifiĂ© est un trouble visuel transitoire, notamment des phosphĂšnes au sein du champ visuel.
Grossesse et allaitement
Lâivabradine est contre-indiquĂ©e pendant la grossesse en raison dâune toxicitĂ© fĆtale possible. Elle ne doit pas ĂȘtre prise pendant la grossesse ni lâallaitement.
Métabolisme et interactions médicamenteuses
Le mĂ©tabolisme par le CYP3A4 revĂȘt une importance clinique. Les inhibiteurs concomitants du CYP3A4 peuvent augmenter lâexposition, tandis que les inducteurs peuvent la rĂ©duire. Le document source cite spĂ©cifiquement le kĂ©toconazole, le vĂ©rapamil, le diltiazem, la clarithromycine et le jus de pamplemousse parmi les substances nĂ©cessitant dâĂȘtre Ă©vitĂ©es ou utilisĂ©es avec prudence, et la rifampicine et la carbamazĂ©pine parmi les inducteurs.
Recommandations des sociétés savantes
HFrEF
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Envisager lâivabradine chez les patients symptomatiques ayant une FEVG â€35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos â„70 battements/min malgrĂ© une dose de bĂȘtabloquant fondĂ©e sur les preuves ou maximale tolĂ©rĂ©e, un inhibiteur de lâECA/ARNI et un ARM | IIa | B |
| Envisager lâivabradine chez les patients symptomatiques ayant une FEVG â€35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos â„70 battements/min qui ne tolĂšrent pas les bĂȘtabloquants ou prĂ©sentent une contre-indication Ă leur utilisation, avec un traitement par inhibiteur de lâECA/ARNI et ARM | IIa | C |
Tachycardie sinusale inappropriée et syndromes apparentés
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Ăvaluer et traiter les causes rĂ©versibles dâune tachycardie sinusale inappropriĂ©e | I | C |
| Envisager lâivabradine seule ou en association avec un bĂȘtabloquant en cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e symptomatique | IIa | B |
| Envisager lâivabradine dans le syndrome de tachycardie orthostatique posturale | IIb | C |
Syndrome coronarien chronique
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Ne pas utiliser lâivabradine en traitement additionnel chez les patients ayant une FEVG >40 %, aucune insuffisance cardiaque clinique et un syndrome coronarien chronique | III | B |
| Ne pas associer lâivabradine Ă un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ni Ă un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 | III | â |
Le document source recommande Ă©galement dâadapter le traitement antiangineux aux comorbiditĂ©s, aux traitements concomitants, Ă la tolĂ©rance et au mĂ©canisme sous-jacent de lâangor. Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s Ă courte durĂ©e dâaction sont recommandĂ©s pour le soulagement immĂ©diat, tandis que les bĂȘtabloquants et/ou les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en premiĂšre intention chez la plupart des patients prĂ©sentant un syndrome coronarien chronique.
Stratégie de prise en charge aiguë et au long cours
Lâivabradine est principalement un traitement chronique modifiant la frĂ©quence cardiaque plutĂŽt quâun antiarythmique dâintervention aiguĂ«. Le document source ne dĂ©crit ni prĂ©paration intraveineuse, ni schĂ©ma de dose de charge aiguĂ«, ni rĂŽle dans lâinterruption en urgence des tachyarythmies.
Une stratégie pratique au long cours est donc la suivante :
Confirmer la prĂ©sence dâun rythme sinusal.
Identifier et corriger les causes réversibles de tachycardie.
Définir le contexte thérapeutique, avant tout une HFrEF symptomatique ou une tachycardie sinusale inappropriée symptomatique.
Dans la HFrEF, optimiser autant que possible le traitement par inhibiteur de lâECA/ARNI, bĂȘtabloquant et ARM avant dâajouter lâivabradine.
Débuter à 5 mg deux fois par jour, ou à 2,5 mg deux fois par jour lorsque la fréquence cardiaque au repos est inférieure à 60 battements/min.
Réévaluer aprÚs environ 2 semaines.
Augmenter Ă 7,5 mg deux fois par jour uniquement lorsquâun effet supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire et en lâabsence de bradycardie ou de trouble de conduction.
Réduire la dose en cas de ralentissement sinusal excessif.
Réévaluer au cours du suivi le rythme Ă lâECG, la frĂ©quence cardiaque, les symptĂŽmes, les troubles visuels, la fibrillation atriale et les traitements interagissants.
En cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le traitement doit rester orientĂ© vers les symptĂŽmes, car le pronostic est bĂ©nin et un traitement mĂ©dicamenteux peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire. Lâablation par cathĂ©ter nâest pas recommandĂ©e en routine chez la plupart des patients, car les donnĂ©es disponibles sont limitĂ©es et dĂ©cevantes.
Suivi et pronostic
Le suivi doit évaluer :
la fréquence cardiaque au repos ;
la réponse symptomatique ;
le rythme sinusal ;
une bradycardie ou un bloc AV ;
la survenue dâune fibrillation atriale ;
les symptĂŽmes visuels ;
les mĂ©dicaments concomitants allongeant lâintervalle QT ou interagissant avec le CYP3A4 ;
une insuffisance hépatique ou rénale lorsque cela est cliniquement pertinent ;
dans la HFrEF, la persistance des symptĂŽmes et lâadĂ©quation du traitement de fond fondĂ© sur les recommandations.
Une réévaluation environ 2 semaines aprĂšs lâinstauration est conforme aux recommandations posologiques et permet dâajuster le traitement avant sa poursuite au long cours.
Dans la HFrEF, lâivabradine est associĂ©e Ă une rĂ©duction du risque combinĂ© de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et dâhospitalisation pour insuffisance cardiaque dans la population sĂ©lectionnĂ©e dĂ©crite ci-dessus. Le bĂ©nĂ©fice est liĂ© au degrĂ© de rĂ©duction de la frĂ©quence cardiaque, mais le document source ne fournit pas dâobjectif universel de frĂ©quence cardiaque aprĂšs traitement.
Dans la tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le pronostic est dĂ©crit comme bĂ©nin. Les donnĂ©es Ă long terme concernant lâivabradine dans cette affection sont limitĂ©es ; le traitement doit donc ĂȘtre poursuivi en fonction du bĂ©nĂ©fice symptomatique et de la tolĂ©rance, plutĂŽt que sur la base dâune amĂ©lioration pronostique prĂ©sumĂ©e.