đŸš« Ivabradine : indications, posologie et objectifs de frĂ©quence cardiaque

Sommaire (25)

Définition et bases pharmacologiques

L’ivabradine est un inhibiteur sĂ©lectif du courant If, ou courant « funny », dans les cellules pacemaker du nƓud sinusal. Ce courant est un courant mixte entrant de Naâș/Kâș activĂ© par l’hyperpolarisation et contribue Ă  la dĂ©polarisation diastolique spontanĂ©e. En inhibant la portion intracellulaire de son pore transmembranaire, l’ivabradine rĂ©duit la pente de la dĂ©polarisation diastolique et entraĂźne une rĂ©duction dose-dĂ©pendante de la frĂ©quence sinusale.

Sa principale diffĂ©rence thĂ©rapeutique par rapport aux bĂȘtabloquants est qu’elle diminue la frĂ©quence cardiaque sans rĂ©duire directement la contractilitĂ© myocardique ni modifier le tonus vasculaire. En consĂ©quence, le document source ne dĂ©crit aucun effet hĂ©modynamique ou sur la contractilitĂ© imputable Ă  l’ivabradine. Comme son action s’exerce au niveau du nƓud sinusal, elle n’est efficace que lorsque le patient est en rythme sinusal. Son rĂŽle dans la fibrillation atriale reste incertain, bien qu’elle puisse avoir un effet ralentisseur de la frĂ©quence dans certaines situations.

L’ivabradine subit un mĂ©tabolisme hĂ©patique important de premier passage par le CYP3A4. Une adaptation posologique est nĂ©cessaire en cas d’insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre, et des interactions cliniquement pertinentes surviennent avec les inhibiteurs et les inducteurs du CYP3A4.

Indications cliniques

Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite

L’ivabradine constitue une option adjuvante chez certains patients prĂ©sentant une HFrEF symptomatique. La population dĂ©finie par les recommandations comprend :

  • FEVG ≀35 % ;

  • rythme sinusal ;

  • frĂ©quence cardiaque au repos ≄70 battements/min ;

  • symptĂŽmes persistants malgrĂ© un traitement fondĂ© sur les preuves par inhibiteur de l’ECA ou ARNI, bĂȘtabloquant et antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes.

Dans ce contexte, l’ivabradine doit ĂȘtre envisagĂ©e afin de rĂ©duire le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs cardiovasculaire. La recommandation est de classe IIa, niveau B.

Tous les efforts doivent ĂȘtre consentis pour instaurer et augmenter progressivement le traitement bĂȘtabloquant jusqu’aux doses recommandĂ©es par les recommandations ou jusqu’à la dose maximale tolĂ©rĂ©e avant d’envisager l’ivabradine. Les donnĂ©es disponibles incluaient des patients prĂ©sentant une HFrEF symptomatique de classe II ou III de la NYHA, une hospitalisation antĂ©rieure pour insuffisance cardiaque, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque supĂ©rieure Ă  70 battements/min. La rĂ©duction du critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque Ă©tait liĂ©e Ă  l’ampleur de la rĂ©duction de la frĂ©quence cardiaque.

L’ivabradine peut Ă©galement ĂȘtre raisonnablement envisagĂ©e lorsqu’un bĂȘtabloquant n’est pas tolĂ©rĂ© ou est contre-indiquĂ©. Chez ces patients, elle peut ĂȘtre envisagĂ©e en cas de symptĂŽmes, de FEVG ≀35 %, de rythme sinusal et de frĂ©quence cardiaque au repos ≄70 battements/min, Ă  condition que le traitement comprenne un inhibiteur de l’ECA ou un ARNI et un ARM. Cette recommandation est de classe IIa, niveau C.

Le seuil rĂ©glementaire europĂ©en dĂ©crit dans le document source diffĂšre du seuil fondĂ© sur les essais : l’ivabradine a Ă©tĂ© approuvĂ©e chez les patients prĂ©sentant une HFrEF, une FEVG <35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos >75 battements/min, sur la base d’une analyse rĂ©trospective en sous-groupes ayant montrĂ© un bĂ©nĂ©fice en termes de survie.

Tachycardie sinusale inappropriée

Le traitement de la tachycardie sinusale inappropriĂ©e commence par l’évaluation et la prise en charge des causes rĂ©versibles. Le pronostic Ă©tant dĂ©crit comme bĂ©nin, le traitement vise principalement Ă  soulager les symptĂŽmes et peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire chez les patients asymptomatiques.

Avant tout traitement médicamenteux, les mesures recommandées ou suggérées comprennent :

  • rassurer le patient ;

  • entraĂźnement physique ;

  • expansion volĂ©mique ;

  • Ă©viction des stimulants cardiaques.

Les bĂȘtabloquants ont Ă©tĂ© utilisĂ©s chez les patients symptomatiques, mais les doses efficaces peuvent entraĂźner une fatigue chronique gĂȘnante. Les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques peuvent Ă©galement ĂȘtre utilisĂ©s, bien que l’hypotension puisse limiter la posologie et que les donnĂ©es concernant leur efficacitĂ© soient limitĂ©es.

L’ivabradine seule ou en association avec un bĂȘtabloquant doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients symptomatiques. Il s’agit d’une recommandation de classe IIa, niveau B. L’association est privilĂ©giĂ©e lorsqu’elle est possible, car elle peut apporter un bĂ©nĂ©fice supĂ©rieur Ă  celui de chacun des deux mĂ©dicaments utilisĂ©s seuls. Les donnĂ©es d’efficacitĂ© Ă  long terme restent limitĂ©es, et le document source souligne la possibilitĂ© qu’un blocage chronique du canal If puisse accroĂźtre l’activitĂ© sympathique, avec des consĂ©quences dĂ©favorables en termes de remodelage ou de risque proarythmique.

Autres tachycardies sinusales

En cas de tachycardie sinusale, les autres causes mĂ©dicales, notamment la myocardite, doivent ĂȘtre exclues. Les patients asymptomatiques peuvent ĂȘtre surveillĂ©s pendant la normalisation de la frĂ©quence cardiaque. Si les symptĂŽmes persistent ou si la frĂ©quence cardiaque reste supĂ©rieure Ă  130 battements/min, un bĂȘtabloquant est recommandĂ© comme option principale ; le vĂ©rapamil ou l’ivabradine peuvent constituer des alternatives.

L’ivabradine peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e dans le syndrome de tachycardie orthostatique posturale, bien que la recommandation soit plus faible : classe IIb, niveau C. Le mĂȘme tableau de recommandations mentionne l’exercice rĂ©gulier et progressif, une augmentation des apports hydriques Ă  plus de 2–3 L par jour et des apports de chlorure de sodium de 10–12 g par jour comme mesures possibles, avec la midodrine, un bĂȘtabloquant non sĂ©lectif Ă  faible dose ou la pyridostigmine comme options supplĂ©mentaires.

Dans la tachycardie par rĂ©entrĂ©e du nƓud sinusal, le document source prĂ©conise d’envisager le vĂ©rapamil ou le diltiazem en l’absence de HFrEF, ainsi que l’ablation par cathĂ©ter chez les patients symptomatiques ne rĂ©pondant pas au traitement mĂ©dicamenteux. Il ne reconnaĂźt pas Ă  l’ivabradine un rĂŽle de traitement principal de cette arythmie.

Syndrome coronarien chronique et angor stable

L’ivabradine rĂ©duit la frĂ©quence cardiaque Ă  l’effort et peut prolonger le dĂ©lai avant la survenue d’un angor limitant. Chez les patients prĂ©sentant un angor stable, ses effets Ă  l’effort ont Ă©tĂ© dĂ©crits comme comparables Ă  ceux de l’atĂ©nolol en ce qui concerne la performance Ă  l’effort et le dĂ©lai avant l’apparition d’un sous-dĂ©calage ischĂ©mique du segment ST.

Cependant, une vaste Ă©tude menĂ©e chez des patients atteints de cardiopathie ischĂ©mique stable, sans insuffisance cardiaque clinique et prĂ©sentant une frĂ©quence cardiaque ≄70 battements/min, n’a pas montrĂ© de rĂ©duction du dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou de l’infarctus du myocarde. Un effet indĂ©sirable possible a Ă©tĂ© observĂ© dans le sous-groupe prĂ©sentant un angor limitant l’activitĂ©. En consĂ©quence, le document source indique que l’ivabradine n’a actuellement pas de rĂŽle chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique stable sans insuffisance cardiaque.

Les recommandations relatives au syndrome coronarien chronique dĂ©conseillent spĂ©cifiquement l’ivabradine en traitement additionnel chez les patients ayant une FEVG >40 % et aucune insuffisance cardiaque clinique. Il s’agit d’une recommandation de classe III, niveau B.

Chez les patients prĂ©sentant un angor et une dysfonction ventriculaire gauche, l’ivabradine peut ĂȘtre envisagĂ©e dans les pays oĂč elle est disponible lorsque la frĂ©quence cardiaque reste supĂ©rieure Ă  70 battements/min malgrĂ© un traitement bĂȘtabloquant. Elle n’est pas dĂ©crite comme un substitut du traitement pronostique de la dysfonction ventriculaire gauche par bĂȘtabloquants lorsque ces mĂ©dicaments sont tolĂ©rĂ©s.

Objectifs de fréquence cardiaque et seuils thérapeutiques

L’ivabradine n’est pas prescrite pour atteindre une valeur numĂ©rique universelle de frĂ©quence cardiaque dans toutes les situations cliniques. Le traitement est plutĂŽt envisagĂ© lorsqu’une tachycardie sinusale rĂ©siduelle persiste malgrĂ© une prise en charge appropriĂ©e.

Situation clinique Condition rythmique Seuil de fréquence cardiaque décrit Implication pratique
HFrEF, population des essais Rythme sinusal >70 battements/min Envisager l’ivabradine aprĂšs un traitement fondĂ© sur les preuves, notamment en cas de symptĂŽmes persistants
HFrEF, tableau des recommandations Rythme sinusal ≄70 battements/min Envisager le traitement en cas de symptĂŽmes persistants malgrĂ© un bĂȘtabloquant, un inhibiteur de l’ECA/ARNI et un ARM
Seuil réglementaire européen décrit Rythme sinusal >75 battements/min La population approuvée est plus restreinte que celle correspondant au seuil des essais
Syndrome coronarien stable sans IC et FEVG >40 % Non prĂ©cisĂ© comme indication — L’ivabradine en traitement additionnel n’est pas recommandĂ©e
Tachycardie sinusale inappropriée Rythme sinusal Aucun objectif fixe fourni Envisager le traitement chez les patients symptomatiques ; le traitement est orienté par les symptÎmes
Tachycardie sinusale persistante Rythme sinusal >130 battements/min si persistante et symptomatique Le bĂȘtabloquant est privilĂ©giĂ© ; le vĂ©rapamil ou l’ivabradine peuvent ĂȘtre des alternatives

Le document source ne prĂ©cise pas d’objectif universellement acceptĂ© de frĂ©quence cardiaque au repos aprĂšs l’instauration du traitement. Une rĂ©duction de la dose est recommandĂ©e en cas de bradycardie excessive.

Évaluation avant la prescription

Évaluation du rythme et Ă©lectrocardiographique

Comme l’ivabradine agit au niveau du nƓud sinusal, la documentation d’un rythme sinusal est essentielle pour l’indication dans la HFrEF. Il ne faut pas attendre le mĂȘme effet thĂ©rapeutique en cas de fibrillation atriale ou d’autres rythmes dans lesquels le rythme sinusal n’est pas le dĂ©terminant de la frĂ©quence ventriculaire.

L’ECG doit Ă©galement rechercher :

  • une bradycardie sinusale ;

  • un bloc auriculoventriculaire du premier degrĂ© ;

  • une maladie de conduction plus avancĂ©e ;

  • des signes d’autres troubles du rythme nĂ©cessitant une stratĂ©gie thĂ©rapeutique diffĂ©rente.

La prudence est requise chez les patients prĂ©sentant une bradycardie sinusale ou un bloc AV du premier degrĂ©, car l’ivabradine peut entraĂźner un ralentissement sinusal excessif ou un bloc nodal.

Évaluation de l’indication clinique

Dans la HFrEF, le traitement doit faire suite Ă  l’optimisation du traitement fondĂ© sur les recommandations. L’évaluation clinique pertinente comprend :

  • la persistance des symptĂŽmes ;

  • la FEVG ;

  • la dose actuelle et tolĂ©rĂ©e de bĂȘtabloquant ;

  • l’utilisation d’un inhibiteur de l’ECA ou d’un ARNI ;

  • l’utilisation d’un ARM ;

  • la frĂ©quence cardiaque au repos ;

  • le rythme cardiaque ;

  • une hospitalisation rĂ©cente pour insuffisance cardiaque, lorsque cet Ă©lĂ©ment est pertinent au regard des donnĂ©es disponibles.

En cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e, les causes rĂ©versibles doivent ĂȘtre recherchĂ©es et traitĂ©es avant l’instauration du traitement mĂ©dicamenteux. Le document source ne fournit pas d’algorithme diagnostique ni de bilan biologique spĂ©cifique pour cette Ă©valuation.

Évaluation des comorbiditĂ©s et des interactions mĂ©dicamenteuses

Une insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre impose une adaptation posologique. Les traitements concomitants doivent ĂȘtre examinĂ©s afin de rechercher une inhibition ou une induction du CYP3A4 ainsi qu’un risque potentiel d’allongement de l’intervalle QT.

Le document source identifie les inhibiteurs du CYP3A4 ou substances interagissant avec celui-ci qui nĂ©cessitent d’ĂȘtre Ă©vitĂ©s ou utilisĂ©s avec prudence :

  • kĂ©toconazole ;

  • vĂ©rapamil ;

  • diltiazem ;

  • clarithromycine ;

  • jus de pamplemousse.

La rifampicine et la carbamazĂ©pine sont identifiĂ©es comme des inducteurs du CYP3A4 et doivent Ă©galement ĂȘtre Ă©vitĂ©es ou utilisĂ©es avec prudence.

L’association avec un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ou un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 n’est spĂ©cifiquement pas recommandĂ©e dans le syndrome coronarien chronique. L’association de l’ivabradine Ă  d’autres mĂ©dicaments allongeant l’intervalle QT peut accroĂźtre le risque de torsades de pointes.

Posologie et administration

Instauration et titration standard

L’ivabradine est gĂ©nĂ©ralement dĂ©butĂ©e Ă  :

  • 5 mg deux fois par jour.

Une dose initiale plus faible est utilisée lorsque la fréquence cardiaque au repos est inférieure à 60 battements/min :

  • 2,5 mg deux fois par jour.

La dose peut ĂȘtre augmentĂ©e jusqu’à :

  • 7,5 mg deux fois par jour,

lorsqu’un effet ralentisseur plus important est nĂ©cessaire et que le mĂ©dicament est tolĂ©rĂ©.

La titration est gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e aprĂšs environ 2 semaines. En cas de bradycardie excessive, la dose doit ĂȘtre rĂ©duite.

Situation Dose décrite
Dose initiale habituelle 5 mg deux fois par jour
FrĂ©quence cardiaque au repos <60 battements/min lors de l’instauration 2,5 mg deux fois par jour
Dose maximale décrite 7,5 mg deux fois par jour
Délai habituel avant la réévaluation de la dose Environ 2 semaines

Le document source ne fournit pas de schĂ©ma posologique distinct pour la HFrEF, la tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le syndrome de tachycardie orthostatique posturale ou l’angor stable. La mĂȘme fourchette posologique pratique constitue donc la seule information posologique spĂ©cifiĂ©e.

Principes pratiques de la titration

En l’absence d’indication aiguĂ«, le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre dĂ©butĂ© Ă  faible dose et augmentĂ© prudemment en fonction de la tolĂ©rance et de la rĂ©ponse clinique. Cette approche rĂ©duit les effets indĂ©sirables liĂ©s Ă  la dose, mais nĂ©cessite une réévaluation afin de dĂ©terminer si un contrĂŽle suffisant des symptĂŽmes ou de la frĂ©quence cardiaque a Ă©tĂ© obtenu.

La prĂ©sence d’une bradycardie sinusale, d’un bloc AV du premier degrĂ©, d’une insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale sĂ©vĂšre ou d’un traitement interagissant doit conduire Ă  une prudence particuliĂšre.

Effets indésirables et sécurité

Effets cardiovasculaires

Les effets indésirables cardiaques potentiels comprennent :

  • ralentissement sinusal excessif ;

  • bradycardie ;

  • bloc nodal AV ;

  • possible augmentation de l’incidence de la fibrillation atriale.

La prudence est recommandĂ©e en cas de bradycardie sinusale et de bloc AV du premier degrĂ©. Dans le contexte du syndrome coronarien chronique, le mĂ©dicament ne doit pas ĂȘtre associĂ© Ă  des inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques ni Ă  des inhibiteurs puissants du CYP3A4.

En association avec d’autres mĂ©dicaments allongeant l’intervalle QT, l’ivabradine peut accroĂźtre le risque de torsades de pointes.

Effets visuels

L’effet indĂ©sirable non cardiaque le plus frĂ©quent identifiĂ© est un trouble visuel transitoire, notamment des phosphĂšnes au sein du champ visuel.

Grossesse et allaitement

L’ivabradine est contre-indiquĂ©e pendant la grossesse en raison d’une toxicitĂ© fƓtale possible. Elle ne doit pas ĂȘtre prise pendant la grossesse ni l’allaitement.

Métabolisme et interactions médicamenteuses

Le mĂ©tabolisme par le CYP3A4 revĂȘt une importance clinique. Les inhibiteurs concomitants du CYP3A4 peuvent augmenter l’exposition, tandis que les inducteurs peuvent la rĂ©duire. Le document source cite spĂ©cifiquement le kĂ©toconazole, le vĂ©rapamil, le diltiazem, la clarithromycine et le jus de pamplemousse parmi les substances nĂ©cessitant d’ĂȘtre Ă©vitĂ©es ou utilisĂ©es avec prudence, et la rifampicine et la carbamazĂ©pine parmi les inducteurs.

Recommandations des sociétés savantes

HFrEF

Recommandation Classe Niveau
Envisager l’ivabradine chez les patients symptomatiques ayant une FEVG ≀35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos ≄70 battements/min malgrĂ© une dose de bĂȘtabloquant fondĂ©e sur les preuves ou maximale tolĂ©rĂ©e, un inhibiteur de l’ECA/ARNI et un ARM IIa B
Envisager l’ivabradine chez les patients symptomatiques ayant une FEVG ≀35 %, un rythme sinusal et une frĂ©quence cardiaque au repos ≄70 battements/min qui ne tolĂšrent pas les bĂȘtabloquants ou prĂ©sentent une contre-indication Ă  leur utilisation, avec un traitement par inhibiteur de l’ECA/ARNI et ARM IIa C

Tachycardie sinusale inappropriée et syndromes apparentés

Recommandation Classe Niveau
Évaluer et traiter les causes rĂ©versibles d’une tachycardie sinusale inappropriĂ©e I C
Envisager l’ivabradine seule ou en association avec un bĂȘtabloquant en cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e symptomatique IIa B
Envisager l’ivabradine dans le syndrome de tachycardie orthostatique posturale IIb C

Syndrome coronarien chronique

Recommandation Classe Niveau
Ne pas utiliser l’ivabradine en traitement additionnel chez les patients ayant une FEVG >40 %, aucune insuffisance cardiaque clinique et un syndrome coronarien chronique III B
Ne pas associer l’ivabradine à un inhibiteur calcique non dihydropyridinique ni à un autre inhibiteur puissant du CYP3A4 III —

Le document source recommande Ă©galement d’adapter le traitement antiangineux aux comorbiditĂ©s, aux traitements concomitants, Ă  la tolĂ©rance et au mĂ©canisme sous-jacent de l’angor. Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s Ă  courte durĂ©e d’action sont recommandĂ©s pour le soulagement immĂ©diat, tandis que les bĂȘtabloquants et/ou les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s en premiĂšre intention chez la plupart des patients prĂ©sentant un syndrome coronarien chronique.

Stratégie de prise en charge aiguë et au long cours

L’ivabradine est principalement un traitement chronique modifiant la frĂ©quence cardiaque plutĂŽt qu’un antiarythmique d’intervention aiguĂ«. Le document source ne dĂ©crit ni prĂ©paration intraveineuse, ni schĂ©ma de dose de charge aiguĂ«, ni rĂŽle dans l’interruption en urgence des tachyarythmies.

Une stratégie pratique au long cours est donc la suivante :

  • Confirmer la prĂ©sence d’un rythme sinusal.

  • Identifier et corriger les causes rĂ©versibles de tachycardie.

  • DĂ©finir le contexte thĂ©rapeutique, avant tout une HFrEF symptomatique ou une tachycardie sinusale inappropriĂ©e symptomatique.

  • Dans la HFrEF, optimiser autant que possible le traitement par inhibiteur de l’ECA/ARNI, bĂȘtabloquant et ARM avant d’ajouter l’ivabradine.

  • DĂ©buter Ă  5 mg deux fois par jour, ou Ă  2,5 mg deux fois par jour lorsque la frĂ©quence cardiaque au repos est infĂ©rieure Ă  60 battements/min.

  • Réévaluer aprĂšs environ 2 semaines.

  • Augmenter Ă  7,5 mg deux fois par jour uniquement lorsqu’un effet supplĂ©mentaire est nĂ©cessaire et en l’absence de bradycardie ou de trouble de conduction.

  • RĂ©duire la dose en cas de ralentissement sinusal excessif.

  • Réévaluer au cours du suivi le rythme Ă  l’ECG, la frĂ©quence cardiaque, les symptĂŽmes, les troubles visuels, la fibrillation atriale et les traitements interagissants.

En cas de tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le traitement doit rester orientĂ© vers les symptĂŽmes, car le pronostic est bĂ©nin et un traitement mĂ©dicamenteux peut ne pas ĂȘtre nĂ©cessaire. L’ablation par cathĂ©ter n’est pas recommandĂ©e en routine chez la plupart des patients, car les donnĂ©es disponibles sont limitĂ©es et dĂ©cevantes.

Suivi et pronostic

Le suivi doit évaluer :

  • la frĂ©quence cardiaque au repos ;

  • la rĂ©ponse symptomatique ;

  • le rythme sinusal ;

  • une bradycardie ou un bloc AV ;

  • la survenue d’une fibrillation atriale ;

  • les symptĂŽmes visuels ;

  • les mĂ©dicaments concomitants allongeant l’intervalle QT ou interagissant avec le CYP3A4 ;

  • une insuffisance hĂ©patique ou rĂ©nale lorsque cela est cliniquement pertinent ;

  • dans la HFrEF, la persistance des symptĂŽmes et l’adĂ©quation du traitement de fond fondĂ© sur les recommandations.

Une réévaluation environ 2 semaines aprĂšs l’instauration est conforme aux recommandations posologiques et permet d’ajuster le traitement avant sa poursuite au long cours.

Dans la HFrEF, l’ivabradine est associĂ©e Ă  une rĂ©duction du risque combinĂ© de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque dans la population sĂ©lectionnĂ©e dĂ©crite ci-dessus. Le bĂ©nĂ©fice est liĂ© au degrĂ© de rĂ©duction de la frĂ©quence cardiaque, mais le document source ne fournit pas d’objectif universel de frĂ©quence cardiaque aprĂšs traitement.

Dans la tachycardie sinusale inappropriĂ©e, le pronostic est dĂ©crit comme bĂ©nin. Les donnĂ©es Ă  long terme concernant l’ivabradine dans cette affection sont limitĂ©es ; le traitement doit donc ĂȘtre poursuivi en fonction du bĂ©nĂ©fice symptomatique et de la tolĂ©rance, plutĂŽt que sur la base d’une amĂ©lioration pronostique prĂ©sumĂ©e.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026