đŸš« Intervention coronaire percutanĂ©e versus pontage aortocoronarien dans la maladie coronaire pluritronculaire

Sommaire (26)

Définition et justification thérapeutique

La maladie coronaire pluritronculaire dĂ©signe une atteinte athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement significative touchant au moins deux artĂšres coronaires Ă©picardiques majeures. Elle s’associe frĂ©quemment Ă  une maladie du tronc commun coronaire gauche, au diabĂšte, Ă  une dysfonction ventriculaire gauche, Ă  une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique et Ă  d’autres manifestations de l’athĂ©rosclĂ©rose diffuse.

L’intervention coronaire percutanĂ©e (ICP) et le pontage aortocoronarien (PAC) sont des procĂ©dures de revascularisation. Toutes deux peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit coronaire, la capacitĂ© d’effort et la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă  l’angor, et toutes deux peuvent rĂ©duire l’ischĂ©mie myocardique lors de l’effort ou d’un stress Ă©motionnel. Aucune de ces procĂ©dures ne corrige toutefois le processus athĂ©rosclĂ©reux coronaire sous-jacent. Leurs effets cliniques s’inscrivent donc dans le cadre plus large du traitement mĂ©dical conforme aux recommandations et de la prĂ©vention secondaire.

L’ICP traite les segments stĂ©nosĂ©s focaux, tandis que le PAC dĂ©rive le flux en aval des segments malades. Ce dernier peut Ă©galement protĂ©ger contre la progression ultĂ©rieure de la maladie proximale, alors que les stents n’empĂȘchent pas l’apparition d’une nouvelle athĂ©rosclĂ©rose proximale. Le choix entre les deux procĂ©dures dĂ©pend donc de l’équilibre entre :

  • ComplĂ©tude et complexitĂ© anatomiques de la revascularisation

  • Effets attendus sur la mortalitĂ©, l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral

  • ProbabilitĂ© d’une nouvelle revascularisation

  • Charge symptomatique et objectifs thĂ©rapeutiques

  • DiabĂšte, fonction ventriculaire gauche et autres comorbiditĂ©s

  • Risque chirurgical et contre-indications Ă  un traitement antiplaquettaire double prolongĂ©

  • PrĂ©fĂ©rences du patient, expertise locale et expĂ©rience de l’opĂ©rateur ou de l’établissement

Évaluation de la complexitĂ© coronaire

Le score SYNTAX est utilisĂ© pour caractĂ©riser la complexitĂ© anatomique coronaire. Il intĂšgre le nombre, la localisation et la complexitĂ© des stĂ©noses coronaires. Des scores Ă©levĂ©s indiquent une maladie plus diffuse ou techniquement plus complexe et s’associent Ă  un avantage relatif plus important du PAC par rapport Ă  l’ICP dans la maladie pluritronculaire.

Le score de risque myocardique de la British Cardiovascular Intervention Society constitue une autre mĂ©thode d’estimation de l’étendue et de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie coronaire. Il peut contribuer Ă  prĂ©dire la mortalitĂ© aprĂšs ICP et Ă  Ă©valuer la complĂ©tude de la revascularisation, bien que le score SYNTAX soit plus largement utilisĂ©.

L’évaluation anatomique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux variables cliniques plutĂŽt qu’appliquĂ©e isolĂ©ment. Une Ă©quipe multidisciplinaire dĂ©diĂ©e, comprenant un cardiologue interventionnel et un chirurgien cardiaque, est recommandĂ©e lorsque les deux stratĂ©gies de revascularisation sont rĂ©alisables, en particulier en prĂ©sence d’une maladie pluritronculaire complexe ou d’une atteinte du tronc commun.

Présentation clinique et symptÎmes

La prĂ©sentation clinique de la maladie coronaire pluritronculaire va de l’angor stable ou de la limitation Ă  l’effort au syndrome coronarien aigu (SCA), Ă  l’arythmie ventriculaire, Ă  l’insuffisance cardiaque ou au choc cardiogĂ©nique.

Dans la maladie coronaire chronique, la principale indication symptomatique de revascularisation est un angor restant rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement mĂ©dical, lorsque les stĂ©noses significatives sont anatomiquement ou physiologiquement Ă©ligibles Ă  un traitement. La revascularisation amĂ©liore la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă  l’angor, mais ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en prĂ©sence de symptĂŽmes dĂ©pourvus de critĂšres anatomiques ou physiologiques justifiant une revascularisation.

Dans les formes moins sĂ©vĂšres de maladie coronaire, l’ICP permet gĂ©nĂ©ralement une rĂ©cupĂ©ration plus rapide et une morbiditĂ© initiale moindre que le PAC, avec des taux plus faibles d’AVC, mais elle s’associe Ă  une revascularisation moins complĂšte, Ă  un soulagement de l’angor parfois moins durable et Ă  une probabilitĂ© accrue de nouvelle ICP.

La maladie pluritronculaire au cours d’un SCA est associĂ©e Ă  un pronostic dĂ©favorable. En cas de STEMI, environ la moitiĂ© des patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP primaire prĂ©sentent une maladie pluritronculaire. Dans les SCA compliquĂ©s d’un choc cardiogĂ©nique, une maladie pluritronculaire est prĂ©sente chez environ 80 % des patients.

Évaluation et apprĂ©ciation clinique

Facteurs cliniques influençant le choix thérapeutique

Les caractĂ©ristiques suivantes sont en faveur d’un PAC lorsque les conditions cliniques et anatomiques s’y prĂȘtent :

  • DiabĂšte, en particulier en prĂ©sence d’une maladie pluritronculaire impliquant l’IVA

  • Fraction d’éjection ventriculaire gauche infĂ©rieure Ă  35 %

  • Dysfonction systolique VG lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e lorsqu’un greffon mammaire interne gauche peut ĂȘtre implantĂ© sur l’IVA

  • Maladie pluritronculaire complexe ou diffuse, notamment avec un score SYNTAX >33

  • ImpossibilitĂ© d’obtenir une revascularisation complĂšte par ICP

  • RestĂ©nose diffuse intrastent

  • Calcification coronaire sĂ©vĂšre

  • Contre-indication au traitement antiplaquettaire double

  • NĂ©cessitĂ© d’une chirurgie valvulaire ou aortique concomitante

L’ICP peut ĂȘtre privilĂ©giĂ©e lorsque :

  • Le patient prĂ©sente un risque chirurgical Ă©levĂ©

  • L’anatomie coronaire est de complexitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e

  • Une complĂ©tude Ă©quivalente de la revascularisation peut ĂȘtre obtenue

  • Une stratĂ©gie moins invasive et une rĂ©cupĂ©ration plus rapide sont importantes

  • Le PAC comporte un risque procĂ©dural particuliĂšrement Ă©levĂ©

En cas de maladie du tronc commun, le risque chirurgical peut Ă©galement influencer la dĂ©cision. L’ICP a Ă©tĂ© envisagĂ©e comme une alternative lorsque l’anatomie est favorable et que le risque prĂ©dit d’évĂ©nements indĂ©sirables chirurgicaux est Ă©levĂ©.

Maladie artérielle périphérique et cérébrovasculaire

La maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique s’associe Ă  une athĂ©rosclĂ©rose plus Ă©tendue, Ă  des lĂ©sions viscĂ©rales plus importantes et Ă  de moins bons rĂ©sultats aprĂšs PAC. Dans une base de donnĂ©es, la mortalitĂ© hospitaliĂšre et Ă  long terme aprĂšs PAC Ă©tait environ deux Ă  2,5 fois plus Ă©levĂ©e chez les patients atteints de maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique que chez ceux qui n’en Ă©taient pas atteints. L’athĂ©rosclĂ©rose aortique augmente le risque d’athĂ©ro-embolie diffuse, de dĂ©cĂšs pĂ©riopĂ©ratoire, d’AVC, de troubles neurocognitifs et de dĂ©faillance multiviscĂ©rale.

Lorsque des procĂ©dures vasculaires coronaires et non coronaires sont toutes deux nĂ©cessaires, la chirurgie vasculaire rĂ©glĂ©e peut gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusqu’à stabilisation de la maladie cardiaque instable par un traitement mĂ©dical ou une revascularisation. Des procĂ©dures combinĂ©es peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires lorsque les maladies coronaire et vasculaire sont toutes deux instables. L’ICP peut parfois stabiliser la situation coronaire avant la rĂ©paration vasculaire dĂ©finitive.

La prise en charge optimale d’une maladie carotidienne et coronaire concomitante reste individualisĂ©e. Ni les procĂ©dures carotidienne et coronaire combinĂ©es ni leur rĂ©alisation sĂ©quentielle n’ont Ă©tĂ© Ă©tablies comme universellement supĂ©rieures. La dĂ©cision dĂ©pend de la stabilitĂ© clinique, du statut symptomatique, de l’anatomie coronaire et carotidienne et de l’expĂ©rience de l’établissement.

Évaluation diagnostique

Anatomie coronaire

La coronarographie définit :

  • Le nombre de vaisseaux atteints

  • L’atteinte du tronc commun

  • L’atteinte de l’IVA proximale

  • La localisation et la complexitĂ© des lĂ©sions

  • La calcification coronaire

  • La possibilitĂ© d’une revascularisation complĂšte

  • L’adĂ©quation des cibles distales pour un PAC

  • La possibilitĂ© d’une ICP sur les vaisseaux natifs chez les patients ayant dĂ©jĂ  bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un PAC

Une stĂ©nose du tronc commun d’au moins 50 % est considĂ©rĂ©e comme une indication de revascularisation, indĂ©pendamment des symptĂŽmes ou de la charge ischĂ©mique mesurĂ©e. L’importance du territoire myocardique vascularisĂ© par le tronc commun explique le mauvais pronostic associĂ© au seul traitement mĂ©dical.

Lors d’une ICP du tronc commun, l’échographie intravasculaire ou la tomographie par cohĂ©rence optique doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme standard pour l’optimisation de la procĂ©dure. Cela est particuliĂšrement pertinent en cas de lĂ©sion de la bifurcation distale, oĂč des stratĂ©gies de stenting plus complexes peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires.

Évaluation physiologique

L’évaluation physiologique permet de prĂ©ciser la signification des stĂ©noses intermĂ©diaires et de guider l’ICP. Dans la maladie ischĂ©mique stable, une revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but d’amĂ©liorer la survie lorsqu’une lĂ©sion coronaire unique n’est pas anatomiquement ou fonctionnellement significative, notamment en prĂ©sence d’une stĂ©nose non situĂ©e sur le tronc commun <70 % ou d’une rĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit (FFR) >0.80.

L’ICP guidĂ©e par la FFR s’associe Ă  l’implantation d’un nombre infĂ©rieur de stents et Ă  des taux plus faibles de nouvelle revascularisation que l’ICP guidĂ©e par l’angiographie. NĂ©anmoins, dans la maladie tritronculaire sans atteinte du tronc commun, l’ICP guidĂ©e par la FFR avec des stents Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse contemporains n’a pas atteint la non-infĂ©rioritĂ© par rapport au PAC dans l’essai FAME 3.

AprĂšs une ICP apparemment rĂ©ussie, environ un quart des patients peuvent conserver une ischĂ©mie rĂ©siduelle dĂ©finie par une FFR <0.80 ou un ratio instantanĂ© sans onde (iFR) ≀0.89. Une post-dilatation ou une implantation de stent supplĂ©mentaire peut amĂ©liorer le rĂ©sultat en termes de pression, bien qu’une anomalie physiologique rĂ©siduelle puisse persister.

Imagerie et planification de la procédure

L’angioscanner coronaire associĂ© Ă  une FFR-CT peut ĂȘtre utilisĂ© pour la planification non invasive d’une ICP virtuelle. Cette approche peut fournir des informations anatomiques sur la paroi vasculaire et la plaque, en plus des informations physiologiques. Dans les Ă©tudes rapportĂ©es, la planification d’une ICP virtuelle a modifiĂ© la procĂ©dure envisagĂ©e pour une minoritĂ© substantielle de lĂ©sions et de patients.

RĂ©sultats comparatifs de l’ICP et du PAC

Maladie pluritronculaire générale

Les donnĂ©es randomisĂ©es sont globalement en faveur du PAC par rapport Ă  l’ICP pluritronculaire chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire bi- ou tritronculaire, en particulier lorsque la maladie est complexe ou diffuse. Le PAC s’associe Ă  :

  • Un nombre infĂ©rieur de nouvelles revascularisations

  • Un nombre infĂ©rieur d’infarctus du myocarde spontanĂ©s dans de nombreuses comparaisons

  • Une revascularisation plus complĂšte

  • Un moindre risque de rĂ©cidive de l’angor dans certaines populations

  • Un avantage en termes de survie, qui devient plus Ă©vident lorsque la complexitĂ© coronaire, le diabĂšte et la durĂ©e du suivi augmentent

L’ICP offre :

  • Une invasivitĂ© procĂ©durale moindre

  • Une rĂ©cupĂ©ration plus rapide

  • Un risque plus faible d’AVC prĂ©coce dans plusieurs comparaisons

  • Des coĂ»ts hospitaliers initiaux plus faibles

  • Une possibilitĂ© de traitement chez les patients Ă  haut risque chirurgical ou prĂ©sentant une anatomie dĂ©favorable Ă  la chirurgie

Les principaux inconvĂ©nients de l’ICP dans la maladie pluritronculaire sont la frĂ©quence accrue des infarctus spontanĂ©s et des nouvelles revascularisations. Le PAC comporte une charge procĂ©durale initiale plus importante et un risque accru d’AVC pĂ©riopĂ©ratoire, d’infection de plaie, d’insuffisance rĂ©nale aiguĂ«, d’insuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs dans certaines populations Ă  haut risque.

Dans l’essai SYNTAX, les patients prĂ©sentant une maladie tritronculaire avaient, Ă  5 ans, des taux plus Ă©levĂ©s d’évĂ©nements cardiaques et cĂ©rĂ©brovasculaires indĂ©sirables majeurs aprĂšs ICP qu’aprĂšs PAC. La mortalitĂ©, l’infarctus du myocarde et les nouvelles revascularisations contribuaient tous Ă  cette diffĂ©rence, tandis que les taux d’AVC Ă©taient similaires. Chez les patients ayant un score SYNTAX faible, les taux globaux d’évĂ©nements Ă©taient plus comparables, bien que les nouvelles revascularisations restent plus frĂ©quentes aprĂšs ICP.

Dans l’essai BEST, l’ICP avec des stents Ă  Ă©lution d’évĂ©rolimus de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration a entraĂźnĂ© davantage d’évĂ©nements composites que le PAC au cours du suivi Ă  long terme. La mortalitĂ© Ă©tait similaire, mais les infarctus spontanĂ©s et les nouvelles revascularisations Ă©taient plus frĂ©quents aprĂšs ICP.

Dans l’essai FAME 3, l’ICP guidĂ©e par la FFR pour une maladie coronaire tritronculaire a entraĂźnĂ© davantage d’évĂ©nements cardiaques ou cĂ©rĂ©brovasculaires indĂ©sirables majeurs que le PAC Ă  1 et 3 ans. La diffĂ©rence Ă©tait principalement attribuable Ă  des taux plus Ă©levĂ©s d’infarctus du myocarde et de nouvelles revascularisations aprĂšs ICP ; la mortalitĂ© et les AVC ne diffĂ©raient pas significativement.

Effet de la complexité anatomique

L’efficacitĂ© comparative de l’ICP et du PAC varie selon le score SYNTAX :

  • En cas de maladie peu complexe, les rĂ©sultats peuvent ĂȘtre similaires pour la mortalitĂ©, les AVC et l’infarctus du myocarde, bien que l’ICP nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement davantage de nouvelles revascularisations.

  • En cas de maladie de complexitĂ© intermĂ©diaire ou Ă©levĂ©e, le PAC offre une meilleure protection contre les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs.

  • Pour les scores SYNTAX ≄33, le PAC demeure la stratĂ©gie de rĂ©fĂ©rence chez les patients Ă©ligibles.

  • Pour les scores SYNTAX <33, l’ICP peut rester une alternative acceptable aprĂšs Ă©valuation par l’équipe dĂ©diĂ©e et dĂ©cision partagĂ©e.

À 10 ans dans le suivi prolongĂ© de l’essai SYNTAX, la mortalitĂ© Ă©tait plus Ă©levĂ©e aprĂšs ICP chez les patients prĂ©sentant une maladie pluritronculaire complexe, tandis que la diffĂ©rence Ă©tait moins manifeste en cas de maladie du tronc commun.

DiabĂšte

Le diabĂšte est un dĂ©terminant majeur du choix de la revascularisation. Les patients diabĂ©tiques ont de moins bons rĂ©sultats aprĂšs les deux procĂ©dures, mais les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires rĂ©cidivants sont particuliĂšrement frĂ©quents aprĂšs ICP. Le PAC s’associe Ă  des risques pĂ©riopĂ©ratoires plus Ă©levĂ©s d’infection de plaie, d’insuffisance rĂ©nale aiguĂ«, d’insuffisance cardiaque, d’AVC et de dĂ©cĂšs, mais il offre gĂ©nĂ©ralement une meilleure protection Ă  long terme contre le dĂ©cĂšs, l’infarctus du myocarde et les nouvelles revascularisations dans la maladie pluritronculaire diabĂ©tique.

Dans l’essai FREEDOM, les patients atteints de diabĂšte de type 2 et d’une maladie pluritronculaire avaient un risque composite de dĂ©cĂšs, d’infarctus du myocarde ou d’AVC plus faible aprĂšs PAC qu’aprĂšs ICP. Cette rĂ©duction Ă©tait principalement liĂ©e Ă  une mortalitĂ© et Ă  une incidence d’infarctus du myocarde plus faibles aprĂšs PAC, tandis que les AVC Ă©taient plus frĂ©quents aprĂšs PAC. Les nouvelles revascularisations Ă©taient Ă©galement nettement plus frĂ©quentes aprĂšs ICP.

Les analyses groupĂ©es individuelles ont Ă©galement montrĂ© une mortalitĂ© toutes causes confondues plus faible aprĂšs PAC qu’aprĂšs ICP chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie pluritronculaire. Le bĂ©nĂ©fice Ă©tait prĂ©sent dans toutes les catĂ©gories de score SYNTAX dans l’analyse FREEDOM et Ă©tait particuliĂšrement pertinent chez les patients plus jeunes au cours du suivi prolongĂ©.

Un PAC avec greffon mammaire interne gauche sur l’IVA est recommandĂ© chez les patients appropriĂ©s prĂ©sentant un diabĂšte, une maladie pluritronculaire et une atteinte de l’IVA. L’ICP reste appropriĂ©e chez les patients diabĂ©tiques nĂ©cessitant une revascularisation mais prĂ©sentant un risque chirurgical Ă©levĂ©. En cas de maladie diabĂ©tique du tronc commun avec une maladie de complexitĂ© faible ou intermĂ©diaire sur les autres vaisseaux, l’ICP peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative.

Dysfonction systolique ventriculaire gauche

Le PAC joue un rĂŽle particuliĂšrement important lorsque la maladie pluritronculaire coexiste avec une dysfonction VG :

  • Chez les patients Ă©ligibles prĂ©sentant une maladie coronaire pluritronculaire et une FEVG <35 %, le PAC est recommandĂ© pour amĂ©liorer la survie.

  • Chez certains patients prĂ©sentant une FEVG comprise entre 35 % et 50 %, un PAC comprenant un greffon mammaire interne gauche sur l’IVA est raisonnable pour amĂ©liorer la survie.

Le document source ne fournit pas de recommandations thĂ©rapeutiques dĂ©taillĂ©es comparables concernant l’ICP en cas de dysfonction VG sĂ©vĂšre.

Maladie du tronc commun coronaire gauche

La maladie du tronc commun est associée à un mauvais pronostic sous traitement médical, car elle met en jeu une large proportion du myocarde. Le PAC a traditionnellement constitué le traitement de référence.

Les comparaisons randomisĂ©es chez des patients sĂ©lectionnĂ©s, Ă©ligibles Ă  l’une ou l’autre procĂ©dure, montrent une mortalitĂ© Ă  long terme globalement similaire aprĂšs ICP et PAC, notamment Ă  5 et 10 ans. Des diffĂ©rences importantes persistent :

  • Le PAC entraĂźne moins d’infarctus spontanĂ©s.

  • Le PAC nĂ©cessite moins de nouvelles revascularisations.

  • L’ICP comporte un risque plus faible d’AVC prĂ©coce.

  • L’ICP est moins invasive et peut s’associer Ă  une morbiditĂ© procĂ©durale initiale moindre.

  • Les rĂ©sultats de l’ICP sont moins favorables en cas de maladie complexe ou diffuse, en particulier lorsque l’atteinte du tronc commun s’associe Ă  une maladie pluritronculaire Ă©tendue.

Chez les patients prĂ©sentant une maladie du tronc commun peu complexe, notamment avec un score SYNTAX ≀22, l’ICP constitue une alternative acceptable lorsqu’une complĂ©tude Ă©quivalente de la revascularisation peut ĂȘtre obtenue. Le PAC reste globalement privilĂ©giĂ© dans la maladie du tronc commun en raison de taux plus faibles d’infarctus spontanĂ©s et de nouvelles revascularisations. En cas de maladie du tronc commun trĂšs complexe, le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que l’ICP pour amĂ©liorer la survie.

Les vĂ©ritables lĂ©sions de bifurcation du tronc commun distal ont de moins bons rĂ©sultats que les lĂ©sions sans bifurcation. L’imagerie intracoronaire est importante pour l’optimisation, et des stratĂ©gies complexes Ă  deux stents peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires.

Maladie monotronculaire et bitronculaire

Les donnĂ©es randomisĂ©es montrent gĂ©nĂ©ralement des taux similaires de dĂ©cĂšs, d’AVC et d’infarctus du myocarde aprĂšs ICP et PAC en cas de maladie monotronculaire ou bitronculaire, avec ou sans atteinte de l’IVA proximale. Le PAC est plus invasif et implique une hospitalisation et une rĂ©cupĂ©ration plus longues, tandis que les lĂ©sions complexes de l’IVA peuvent s’associer Ă  un risque accru de nouvelle revascularisation tardive aprĂšs ICP.

En cas de maladie stable avec fonction VG normale :

  • Le bĂ©nĂ©fice en termes de survie de la revascularisation d’une maladie isolĂ©e de l’IVA proximale est incertain.

  • La revascularisation n’est pas recommandĂ©e dans le seul but d’amĂ©liorer la survie en cas de maladie mono- ou bitronculaire n’impliquant pas l’IVA proximale.

Traitement et prise en charge

Maladie coronaire chronique

Le cadre initial repose sur un traitement médical conforme aux recommandations, auquel est ajoutée une revascularisation lorsque les symptÎmes ou le pronostic justifient une approche invasive.

La revascularisation est recommandĂ©e en prĂ©sence de stĂ©noses significatives accessibles Ă  un traitement lorsque l’angor reste rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement mĂ©dical. Elle ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant un angor sans substrat anatomique ou physiologique justifiant une revascularisation.

La revascularisation systĂ©matique dans le seul but de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires pĂ©riopĂ©ratoires n’est pas recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire non complexe, non situĂ©e sur le tronc commun, et devant subir une chirurgie non cardiaque.

Lorsque le PAC et l’ICP sont techniquement rĂ©alisables, l’équipe dĂ©diĂ©e doit Ă©valuer :

  • La complexitĂ© anatomique coronaire et le score SYNTAX

  • La possibilitĂ© d’une revascularisation complĂšte

  • Le diabĂšte et les autres comorbiditĂ©s

  • La fonction systolique VG

  • Les risques procĂ©duraux chirurgicaux et liĂ©s Ă  l’ICP

  • Le besoin prĂ©visible d’une nouvelle intervention

  • Les prioritĂ©s du patient concernant l’invasivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, l’AVC, l’infarctus du myocarde et la durabilitĂ©

Syndrome coronarien aigu

STEMI

La reperfusion rapide de l’artĂšre responsable de l’infarctus constitue la stratĂ©gie thĂ©rapeutique centrale.

Chez les patients stables se prĂ©sentant 12–24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, l’ICP est raisonnable. Lorsque l’ICP n’est pas rĂ©alisable ou Ă©choue et qu’un territoire myocardique important est menacĂ©, un PAC urgent ou en urgence peut permettre la reperfusion.

L’ICP reste appropriĂ©e quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes lorsque le STEMI se complique d’une ischĂ©mie persistante, d’une insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou d’une arythmie mettant en jeu le pronostic vital. À l’inverse, l’ICP ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients asymptomatiques et stables prĂ©sentant une occlusion totale de l’artĂšre responsable de l’infarctus plus de 24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, en l’absence d’argument pour une ischĂ©mie sĂ©vĂšre.

AprĂšs une ICP primaire rĂ©ussie, le traitement Ă©tagĂ© des stĂ©noses significatives des artĂšres non responsables de l’infarctus est recommandĂ© chez certains patients stables sur le plan hĂ©modynamique afin de rĂ©duire le dĂ©cĂšs ou l’infarctus du myocarde. Un PAC rĂ©glĂ© peut ĂȘtre envisagĂ© en cas de maladie pluritronculaire complexe des artĂšres non responsables de l’infarctus. L’ICP d’une lĂ©sion non responsable de l’infarctus et de faible complexitĂ© au moment de l’ICP primaire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients stables.

Une ICP systĂ©matique de l’artĂšre non responsable de l’infarctus au cours de la procĂ©dure primaire ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en cas de STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique, en raison d’un risque accru de dĂ©cĂšs ou d’insuffisance rĂ©nale. La thrombectomie par aspiration systĂ©matique avant l’ICP primaire n’est pas utile.

SCA sans sus-décalage du segment ST

Les patients prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© d’évĂ©nements ischĂ©miques rĂ©cidivants et Ă©ligibles Ă  une revascularisation doivent bĂ©nĂ©ficier d’une stratĂ©gie invasive visant une revascularisation.

  • Une prise en charge invasive immĂ©diate est indiquĂ©e en cas d’angor rĂ©fractaire ou d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique.

  • Chez les patients Ă  haut risque initialement stabilisĂ©s, une stratĂ©gie invasive dans les 24 heures est raisonnable.

  • Chez les patients Ă  risque intermĂ©diaire ou faible, une Ă©valuation invasive avant la sortie est raisonnable.

  • En cas de choc cardiogĂ©nique, une revascularisation en urgence est recommandĂ©e.

  • Un PAC en urgence est raisonnable aprĂšs Ă©chec de l’ICP lorsque la persistance de l’ischĂ©mie, la dĂ©faillance hĂ©modynamique ou la menace d’occlusion exposent une masse myocardique importante et que le patient est Ă©ligible Ă  la chirurgie.

  • Une ICP pluritronculaire systĂ©matique au cours d’une mĂȘme procĂ©dure ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique.

Dans les SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST Ă  trĂšs haut risque nĂ©cessitant une revascularisation immĂ©diate, l’ICP est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e, sauf si des complications mĂ©caniques imposent une intervention chirurgicale.

Choc cardiogénique

Les patients prĂ©sentant un SCA et un choc cardiogĂ©nique doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s rapidement vers un centre tertiaire disposant d’une Ă©quipe expĂ©rimentĂ©e dans la prise en charge du choc. Une coronarographie immĂ©diate et une ICP de l’artĂšre responsable de l’infarctus sont recommandĂ©es lorsqu’elles sont rĂ©alisables. Si l’anatomie ne permet pas une ICP, un PAC en urgence est recommandĂ©.

En cas de maladie pluritronculaire avec choc, une ICP limitée à la lésion coupable lors de la procédure initiale est privilégiée, avec possibilité de traiter secondairement les autres vaisseaux. Par rapport à une ICP pluritronculaire immédiate, cette approche réduit le risque combiné de décÚs ou de recours à une épuration extrarénale à 30 jours. Le bénéfice est principalement lié à une mortalité précoce plus faible.

L’abord radial est prĂ©fĂ©rĂ© Ă  l’abord fĂ©moral pour la coronarographie diagnostique et l’ICP lorsqu’il est possible, en raison de sa plus grande sĂ©curitĂ©. Le PAC est utilisĂ© chez une minoritĂ© de patients en choc, principalement lorsque l’ICP ne permet pas de traiter l’anatomie coronaire.

ConsidĂ©rations spĂ©cifiques Ă  l’ICP

Stents à élution médicamenteuse

Les stents Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux stents nus lors de l’ICP, car ils rĂ©duisent la restĂ©nose, l’infarctus du myocarde et la thrombose aiguĂ« de stent.

Lésions calcifiées

En prĂ©sence de lĂ©sions fibreuses ou fortement calcifiĂ©es, l’athĂ©rectomie rotationnelle peut amĂ©liorer le succĂšs procĂ©dural. L’athĂ©rectomie orbitale, l’athĂ©rectomie par ballon, l’angioplastie laser ou la lithotritie intracoronaire peuvent Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©es.

Maladie des greffons veineux saphĂšnes

Lorsqu’une ICP est nĂ©cessaire sur un greffon veineux saphĂšne malade, un dispositif de protection contre les embolies est raisonnable lorsqu’il est techniquement rĂ©alisable. Si une ICP de l’artĂšre coronaire native est possible, elle est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  l’ICP d’un greffon veineux sĂ©vĂšrement malade.

Un greffon veineux saphĂšne occlus de façon chronique ne doit pas faire l’objet d’une revascularisation percutanĂ©e. L’ICP d’une occlusion coronaire chronique peut amĂ©liorer les symptĂŽmes chez certains patients prĂ©sentant un angor rĂ©fractaire, mais son effet sur les rĂ©sultats cliniques globaux reste incertain.

AprĂšs un PAC antĂ©rieur et une dĂ©faillance du greffon saphĂšne, l’ICP de l’artĂšre coronaire native est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  l’ICP du greffon saphĂšne en raison de taux de complications plus faibles et d’une meilleure permĂ©abilitĂ© Ă  long terme. Un nouveau PAC comporte un risque opĂ©ratoire nettement supĂ©rieur Ă  celui d’une premiĂšre intervention.

Assistance hémodynamique

Chez certains patients Ă  haut risque, la mise en place Ă©lective d’un dispositif d’assistance hĂ©modynamique appropriĂ© peut ĂȘtre raisonnable comme adjuvant d’une ICP complexe afin de prĂ©venir une dĂ©faillance hĂ©modynamique.

Stratégies spécifiques au PAC et stratégies hybrides

La greffe artĂ©rielle, notamment l’utilisation de l’artĂšre mammaire interne gauche sur l’IVA, amĂ©liore la durabilitĂ© des greffons. La rĂ©alisation de plusieurs greffes artĂ©rielles peut rĂ©duire l’occlusion des greffons et prolonger l’efficacitĂ© de la revascularisation.

Une revascularisation hybride, telle qu’un pontage mini-invasif mammaire interne gauche–IVA associĂ© Ă  une ICP des autres vaisseaux, peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients, notamment chez certains patients prĂ©sentant un risque chirurgical modĂ©rĂ© Ă  Ă©levĂ©. Toutefois, cette approche est peu frĂ©quente, les donnĂ©es comparatives sont limitĂ©es et les donnĂ©es de registres ont rapportĂ© davantage de saignements, d’insuffisance rĂ©nale, d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque qu’avec l’ICP seule.

Recommandations fondées sur les recommandations

Maladie coronaire chronique et maladie coronaire pluritronculaire

Situation clinique Stratégie ou recommandation privilégiée
Angor réfractaire malgré le traitement médical avec sténoses significatives accessibles à un traitement Une revascularisation est recommandée pour améliorer les symptÎmes
Angor sans critĂšres anatomiques ou physiologiques de revascularisation Ni l’ICP ni le PAC ne doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s
Maladie du tronc commun avec atteinte de haute complexitĂ© Le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que l’ICP pour amĂ©liorer la survie
Maladie coronaire pluritronculaire complexe ou diffuse, telle qu’un score SYNTAX >33 Le PAC est raisonnable plutĂŽt que l’ICP pour amĂ©liorer la survie
DiabĂšte, maladie coronaire pluritronculaire et atteinte de l’IVA chez un patient Ă©ligible Ă  la chirurgie Un PAC avec greffon mammaire interne gauche–IVA est recommandĂ© plutĂŽt que l’ICP
DiabĂšte avec maladie pluritronculaire et indication de revascularisation, mais risque chirurgical Ă©levĂ© L’ICP peut ĂȘtre utile
DiabĂšte avec stĂ©nose du tronc commun et maladie de complexitĂ© faible ou intermĂ©diaire ailleurs L’ICP peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative
Maladie coronaire pluritronculaire avec FEVG <35 % et anatomie favorable au PAC Le PAC est recommandé pour améliorer la survie
Maladie coronaire pluritronculaire avec FEVG 35 %–50 % chez certains patients Ă©ligibles au PAC Un PAC comprenant un greffon mammaire interne gauche–IVA est raisonnable
StĂ©nose significative du tronc commun en cas de maladie ischĂ©mique stable Le PAC est recommandĂ© ; l’ICP est raisonnable chez certains patients lorsqu’une revascularisation Ă©quivalente est rĂ©alisable
Maladie stable avec FEVG normale et maladie tritronculaire accessible au PAC Le PAC peut ĂȘtre raisonnable pour amĂ©liorer la survie
Maladie stable avec FEVG normale et maladie tritronculaire accessible Ă  l’ICP Le bĂ©nĂ©fice de l’ICP sur la survie est incertain
Maladie mono- ou bitronculaire sans atteinte de l’IVA proximale et avec FEVG normale La revascularisation n’est pas recommandĂ©e dans le seul but d’amĂ©liorer la survie
LĂ©sion unique non situĂ©e sur le tronc commun et non significative sur les plans anatomique ou physiologique La revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but d’amĂ©liorer la survie

Syndromes coronariens aigus

Situation clinique Prise en charge recommandée
STEMI stable se prĂ©sentant 12–24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes L’ICP est raisonnable
STEMI avec ischĂ©mie persistante, insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou arythmie mettant en jeu le pronostic vital L’ICP peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique quel que soit le dĂ©lai entre le dĂ©but des symptĂŽmes et le traitement
STEMI avec ICP infructueuse ou irrĂ©alisable et masse myocardique importante Ă  risque Un PAC urgent ou en urgence peut ĂȘtre efficace
STEMI stable et asymptomatique avec occlusion de l’artĂšre responsable de l’infarctus >24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes et sans ischĂ©mie sĂ©vĂšre L’ICP ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e
STEMI stable sur le plan hĂ©modynamique aprĂšs ICP rĂ©ussie de la lĂ©sion coupable Une ICP Ă©tagĂ©e des lĂ©sions significatives non responsables de l’infarctus est recommandĂ©e chez certains patients
STEMI avec maladie pluritronculaire complexe des artĂšres non responsables de l’infarctus Un PAC rĂ©glĂ© est raisonnable chez certains patients
STEMI avec choc cardiogĂ©nique Éviter une ICP immĂ©diate systĂ©matique des lĂ©sions non coupables
SCA sans sus-décalage du segment ST à risque élevé et éligible à une revascularisation Stratégie invasive visant une revascularisation
SCA sans sus-décalage du segment ST avec angor réfractaire ou instabilité hémodynamique/électrique Stratégie invasive immédiate
SCA sans sus-décalage du segment ST initialement stabilisé mais à haut risque Une stratégie invasive précoce dans les 24 heures est raisonnable
SCA sans sus-décalage du segment ST avec choc cardiogénique Revascularisation en urgence
SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST avec choc Éviter une ICP pluritronculaire systĂ©matique au cours d’une mĂȘme procĂ©dure

Pronostic et suivi

Le PAC offre gĂ©nĂ©ralement une meilleure durabilitĂ© dans les maladies pluritronculaires complexes, le diabĂšte et l’athĂ©rosclĂ©rose diffuse, avec moins d’infarctus spontanĂ©s et de nouvelles revascularisations que l’ICP. Ses avantages en termes de survie deviennent plus manifestes lorsque la complexitĂ© anatomique et la durĂ©e du suivi augmentent. L’ICP est moins invasive, permet une rĂ©cupĂ©ration plus rapide et comporte un risque plus faible d’AVC prĂ©coce dans plusieurs situations, mais le recours Ă  une nouvelle intervention est constamment plus frĂ©quent.

Dans la maladie du tronc commun, la mortalitĂ© Ă  long terme peut ĂȘtre similaire aprĂšs ICP et PAC chez des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e, en particulier lorsque la complexitĂ© anatomique est faible. Le PAC rĂ©duit nĂ©anmoins les infarctus spontanĂ©s et les nouvelles revascularisations, tandis que l’ICP rĂ©duit le risque d’AVC prĂ©coce.

AprĂšs une ICP, la surveillance doit tenir compte de la possibilitĂ© d’une ischĂ©mie rĂ©siduelle, d’une restĂ©nose, d’évĂ©nements liĂ©s au stent et de la progression de la maladie dans les vaisseaux non traitĂ©s. AprĂšs un PAC, les symptĂŽmes tardifs peuvent rĂ©sulter d’une dĂ©faillance des greffons veineux saphĂšnes ou de la progression de la maladie des vaisseaux natifs. Un nouveau PAC s’associe Ă  une mortalitĂ© et Ă  une complexitĂ© opĂ©ratoire supĂ©rieures Ă  celles d’un PAC initial, et l’ICP — de prĂ©fĂ©rence sur l’artĂšre coronaire native — est de plus en plus utilisĂ©e lorsqu’elle est techniquement rĂ©alisable.

Les donnĂ©es disponibles ne prĂ©cisent pas de calendrier universel pour les consultations cliniques, les Ă©preuves d’effort systĂ©matiques ou la coronarographie de contrĂŽle. Le suivi doit donc ĂȘtre individualisĂ© en fonction des symptĂŽmes, de la fonction ventriculaire, de la complĂ©tude de la revascularisation, des complications procĂ©durales, de la rĂ©cidive de l’ischĂ©mie et du besoin Ă  long terme de prĂ©vention secondaire. Chez les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un PAC aprĂšs un SCA et ne nĂ©cessitant pas d’anticoagulation orale au long cours, le traitement antiplaquettaire double doit ĂȘtre repris et poursuivi pendant 12 mois aprĂšs le SCA.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026