Définition et justification thérapeutique
La maladie coronaire pluritronculaire dĂ©signe une atteinte athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement significative touchant au moins deux artĂšres coronaires Ă©picardiques majeures. Elle sâassocie frĂ©quemment Ă une maladie du tronc commun coronaire gauche, au diabĂšte, Ă une dysfonction ventriculaire gauche, Ă une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique et Ă dâautres manifestations de lâathĂ©rosclĂ©rose diffuse.
Lâintervention coronaire percutanĂ©e (ICP) et le pontage aortocoronarien (PAC) sont des procĂ©dures de revascularisation. Toutes deux peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit coronaire, la capacitĂ© dâeffort et la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă lâangor, et toutes deux peuvent rĂ©duire lâischĂ©mie myocardique lors de lâeffort ou dâun stress Ă©motionnel. Aucune de ces procĂ©dures ne corrige toutefois le processus athĂ©rosclĂ©reux coronaire sous-jacent. Leurs effets cliniques sâinscrivent donc dans le cadre plus large du traitement mĂ©dical conforme aux recommandations et de la prĂ©vention secondaire.
LâICP traite les segments stĂ©nosĂ©s focaux, tandis que le PAC dĂ©rive le flux en aval des segments malades. Ce dernier peut Ă©galement protĂ©ger contre la progression ultĂ©rieure de la maladie proximale, alors que les stents nâempĂȘchent pas lâapparition dâune nouvelle athĂ©rosclĂ©rose proximale. Le choix entre les deux procĂ©dures dĂ©pend donc de lâĂ©quilibre entre :
Complétude et complexité anatomiques de la revascularisation
Effets attendus sur la mortalitĂ©, lâinfarctus du myocarde et lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral
ProbabilitĂ© dâune nouvelle revascularisation
Charge symptomatique et objectifs thérapeutiques
DiabÚte, fonction ventriculaire gauche et autres comorbidités
Risque chirurgical et contre-indications à un traitement antiplaquettaire double prolongé
PrĂ©fĂ©rences du patient, expertise locale et expĂ©rience de lâopĂ©rateur ou de lâĂ©tablissement
Ăvaluation de la complexitĂ© coronaire
Le score SYNTAX est utilisĂ© pour caractĂ©riser la complexitĂ© anatomique coronaire. Il intĂšgre le nombre, la localisation et la complexitĂ© des stĂ©noses coronaires. Des scores Ă©levĂ©s indiquent une maladie plus diffuse ou techniquement plus complexe et sâassocient Ă un avantage relatif plus important du PAC par rapport Ă lâICP dans la maladie pluritronculaire.
Le score de risque myocardique de la British Cardiovascular Intervention Society constitue une autre mĂ©thode dâestimation de lâĂ©tendue et de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie coronaire. Il peut contribuer Ă prĂ©dire la mortalitĂ© aprĂšs ICP et Ă Ă©valuer la complĂ©tude de la revascularisation, bien que le score SYNTAX soit plus largement utilisĂ©.
LâĂ©valuation anatomique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux variables cliniques plutĂŽt quâappliquĂ©e isolĂ©ment. Une Ă©quipe multidisciplinaire dĂ©diĂ©e, comprenant un cardiologue interventionnel et un chirurgien cardiaque, est recommandĂ©e lorsque les deux stratĂ©gies de revascularisation sont rĂ©alisables, en particulier en prĂ©sence dâune maladie pluritronculaire complexe ou dâune atteinte du tronc commun.
Présentation clinique et symptÎmes
La prĂ©sentation clinique de la maladie coronaire pluritronculaire va de lâangor stable ou de la limitation Ă lâeffort au syndrome coronarien aigu (SCA), Ă lâarythmie ventriculaire, Ă lâinsuffisance cardiaque ou au choc cardiogĂ©nique.
Dans la maladie coronaire chronique, la principale indication symptomatique de revascularisation est un angor restant rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement mĂ©dical, lorsque les stĂ©noses significatives sont anatomiquement ou physiologiquement Ă©ligibles Ă un traitement. La revascularisation amĂ©liore la qualitĂ© de vie liĂ©e Ă lâangor, mais ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en prĂ©sence de symptĂŽmes dĂ©pourvus de critĂšres anatomiques ou physiologiques justifiant une revascularisation.
Dans les formes moins sĂ©vĂšres de maladie coronaire, lâICP permet gĂ©nĂ©ralement une rĂ©cupĂ©ration plus rapide et une morbiditĂ© initiale moindre que le PAC, avec des taux plus faibles dâAVC, mais elle sâassocie Ă une revascularisation moins complĂšte, Ă un soulagement de lâangor parfois moins durable et Ă une probabilitĂ© accrue de nouvelle ICP.
La maladie pluritronculaire au cours dâun SCA est associĂ©e Ă un pronostic dĂ©favorable. En cas de STEMI, environ la moitiĂ© des patients bĂ©nĂ©ficiant dâune ICP primaire prĂ©sentent une maladie pluritronculaire. Dans les SCA compliquĂ©s dâun choc cardiogĂ©nique, une maladie pluritronculaire est prĂ©sente chez environ 80 % des patients.
Ăvaluation et apprĂ©ciation clinique
Facteurs cliniques influençant le choix thérapeutique
Les caractĂ©ristiques suivantes sont en faveur dâun PAC lorsque les conditions cliniques et anatomiques sây prĂȘtent :
DiabĂšte, en particulier en prĂ©sence dâune maladie pluritronculaire impliquant lâIVA
Fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche infĂ©rieure Ă 35 %
Dysfonction systolique VG lĂ©gĂšre Ă modĂ©rĂ©e lorsquâun greffon mammaire interne gauche peut ĂȘtre implantĂ© sur lâIVA
Maladie pluritronculaire complexe ou diffuse, notamment avec un score SYNTAX >33
ImpossibilitĂ© dâobtenir une revascularisation complĂšte par ICP
Resténose diffuse intrastent
Calcification coronaire sévÚre
Contre-indication au traitement antiplaquettaire double
NĂ©cessitĂ© dâune chirurgie valvulaire ou aortique concomitante
LâICP peut ĂȘtre privilĂ©giĂ©e lorsque :
Le patient présente un risque chirurgical élevé
Lâanatomie coronaire est de complexitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e
Une complĂ©tude Ă©quivalente de la revascularisation peut ĂȘtre obtenue
Une stratégie moins invasive et une récupération plus rapide sont importantes
Le PAC comporte un risque procédural particuliÚrement élevé
En cas de maladie du tronc commun, le risque chirurgical peut Ă©galement influencer la dĂ©cision. LâICP a Ă©tĂ© envisagĂ©e comme une alternative lorsque lâanatomie est favorable et que le risque prĂ©dit dâĂ©vĂ©nements indĂ©sirables chirurgicaux est Ă©levĂ©.
Maladie artérielle périphérique et cérébrovasculaire
La maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique sâassocie Ă une athĂ©rosclĂ©rose plus Ă©tendue, Ă des lĂ©sions viscĂ©rales plus importantes et Ă de moins bons rĂ©sultats aprĂšs PAC. Dans une base de donnĂ©es, la mortalitĂ© hospitaliĂšre et Ă long terme aprĂšs PAC Ă©tait environ deux Ă 2,5 fois plus Ă©levĂ©e chez les patients atteints de maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique que chez ceux qui nâen Ă©taient pas atteints. LâathĂ©rosclĂ©rose aortique augmente le risque dâathĂ©ro-embolie diffuse, de dĂ©cĂšs pĂ©riopĂ©ratoire, dâAVC, de troubles neurocognitifs et de dĂ©faillance multiviscĂ©rale.
Lorsque des procĂ©dures vasculaires coronaires et non coronaires sont toutes deux nĂ©cessaires, la chirurgie vasculaire rĂ©glĂ©e peut gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusquâĂ stabilisation de la maladie cardiaque instable par un traitement mĂ©dical ou une revascularisation. Des procĂ©dures combinĂ©es peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires lorsque les maladies coronaire et vasculaire sont toutes deux instables. LâICP peut parfois stabiliser la situation coronaire avant la rĂ©paration vasculaire dĂ©finitive.
La prise en charge optimale dâune maladie carotidienne et coronaire concomitante reste individualisĂ©e. Ni les procĂ©dures carotidienne et coronaire combinĂ©es ni leur rĂ©alisation sĂ©quentielle nâont Ă©tĂ© Ă©tablies comme universellement supĂ©rieures. La dĂ©cision dĂ©pend de la stabilitĂ© clinique, du statut symptomatique, de lâanatomie coronaire et carotidienne et de lâexpĂ©rience de lâĂ©tablissement.
Ăvaluation diagnostique
Anatomie coronaire
La coronarographie définit :
Le nombre de vaisseaux atteints
Lâatteinte du tronc commun
Lâatteinte de lâIVA proximale
La localisation et la complexité des lésions
La calcification coronaire
La possibilitĂ© dâune revascularisation complĂšte
LâadĂ©quation des cibles distales pour un PAC
La possibilitĂ© dâune ICP sur les vaisseaux natifs chez les patients ayant dĂ©jĂ bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun PAC
Une stĂ©nose du tronc commun dâau moins 50 % est considĂ©rĂ©e comme une indication de revascularisation, indĂ©pendamment des symptĂŽmes ou de la charge ischĂ©mique mesurĂ©e. Lâimportance du territoire myocardique vascularisĂ© par le tronc commun explique le mauvais pronostic associĂ© au seul traitement mĂ©dical.
Lors dâune ICP du tronc commun, lâĂ©chographie intravasculaire ou la tomographie par cohĂ©rence optique doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme standard pour lâoptimisation de la procĂ©dure. Cela est particuliĂšrement pertinent en cas de lĂ©sion de la bifurcation distale, oĂč des stratĂ©gies de stenting plus complexes peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires.
Ăvaluation physiologique
LâĂ©valuation physiologique permet de prĂ©ciser la signification des stĂ©noses intermĂ©diaires et de guider lâICP. Dans la maladie ischĂ©mique stable, une revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but dâamĂ©liorer la survie lorsquâune lĂ©sion coronaire unique nâest pas anatomiquement ou fonctionnellement significative, notamment en prĂ©sence dâune stĂ©nose non situĂ©e sur le tronc commun <70 % ou dâune rĂ©serve fractionnelle de dĂ©bit (FFR) >0.80.
LâICP guidĂ©e par la FFR sâassocie Ă lâimplantation dâun nombre infĂ©rieur de stents et Ă des taux plus faibles de nouvelle revascularisation que lâICP guidĂ©e par lâangiographie. NĂ©anmoins, dans la maladie tritronculaire sans atteinte du tronc commun, lâICP guidĂ©e par la FFR avec des stents Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse contemporains nâa pas atteint la non-infĂ©rioritĂ© par rapport au PAC dans lâessai FAME 3.
AprĂšs une ICP apparemment rĂ©ussie, environ un quart des patients peuvent conserver une ischĂ©mie rĂ©siduelle dĂ©finie par une FFR <0.80 ou un ratio instantanĂ© sans onde (iFR) â€0.89. Une post-dilatation ou une implantation de stent supplĂ©mentaire peut amĂ©liorer le rĂ©sultat en termes de pression, bien quâune anomalie physiologique rĂ©siduelle puisse persister.
Imagerie et planification de la procédure
Lâangioscanner coronaire associĂ© Ă une FFR-CT peut ĂȘtre utilisĂ© pour la planification non invasive dâune ICP virtuelle. Cette approche peut fournir des informations anatomiques sur la paroi vasculaire et la plaque, en plus des informations physiologiques. Dans les Ă©tudes rapportĂ©es, la planification dâune ICP virtuelle a modifiĂ© la procĂ©dure envisagĂ©e pour une minoritĂ© substantielle de lĂ©sions et de patients.
RĂ©sultats comparatifs de lâICP et du PAC
Maladie pluritronculaire générale
Les donnĂ©es randomisĂ©es sont globalement en faveur du PAC par rapport Ă lâICP pluritronculaire chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire bi- ou tritronculaire, en particulier lorsque la maladie est complexe ou diffuse. Le PAC sâassocie Ă :
Un nombre inférieur de nouvelles revascularisations
Un nombre infĂ©rieur dâinfarctus du myocarde spontanĂ©s dans de nombreuses comparaisons
Une revascularisation plus complĂšte
Un moindre risque de rĂ©cidive de lâangor dans certaines populations
Un avantage en termes de survie, qui devient plus évident lorsque la complexité coronaire, le diabÚte et la durée du suivi augmentent
LâICP offre :
Une invasivité procédurale moindre
Une récupération plus rapide
Un risque plus faible dâAVC prĂ©coce dans plusieurs comparaisons
Des coûts hospitaliers initiaux plus faibles
Une possibilité de traitement chez les patients à haut risque chirurgical ou présentant une anatomie défavorable à la chirurgie
Les principaux inconvĂ©nients de lâICP dans la maladie pluritronculaire sont la frĂ©quence accrue des infarctus spontanĂ©s et des nouvelles revascularisations. Le PAC comporte une charge procĂ©durale initiale plus importante et un risque accru dâAVC pĂ©riopĂ©ratoire, dâinfection de plaie, dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«, dâinsuffisance cardiaque et de dĂ©cĂšs dans certaines populations Ă haut risque.
Dans lâessai SYNTAX, les patients prĂ©sentant une maladie tritronculaire avaient, Ă 5 ans, des taux plus Ă©levĂ©s dâĂ©vĂ©nements cardiaques et cĂ©rĂ©brovasculaires indĂ©sirables majeurs aprĂšs ICP quâaprĂšs PAC. La mortalitĂ©, lâinfarctus du myocarde et les nouvelles revascularisations contribuaient tous Ă cette diffĂ©rence, tandis que les taux dâAVC Ă©taient similaires. Chez les patients ayant un score SYNTAX faible, les taux globaux dâĂ©vĂ©nements Ă©taient plus comparables, bien que les nouvelles revascularisations restent plus frĂ©quentes aprĂšs ICP.
Dans lâessai BEST, lâICP avec des stents Ă Ă©lution dâĂ©vĂ©rolimus de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration a entraĂźnĂ© davantage dâĂ©vĂ©nements composites que le PAC au cours du suivi Ă long terme. La mortalitĂ© Ă©tait similaire, mais les infarctus spontanĂ©s et les nouvelles revascularisations Ă©taient plus frĂ©quents aprĂšs ICP.
Dans lâessai FAME 3, lâICP guidĂ©e par la FFR pour une maladie coronaire tritronculaire a entraĂźnĂ© davantage dâĂ©vĂ©nements cardiaques ou cĂ©rĂ©brovasculaires indĂ©sirables majeurs que le PAC Ă 1 et 3 ans. La diffĂ©rence Ă©tait principalement attribuable Ă des taux plus Ă©levĂ©s dâinfarctus du myocarde et de nouvelles revascularisations aprĂšs ICP ; la mortalitĂ© et les AVC ne diffĂ©raient pas significativement.
Effet de la complexité anatomique
LâefficacitĂ© comparative de lâICP et du PAC varie selon le score SYNTAX :
En cas de maladie peu complexe, les rĂ©sultats peuvent ĂȘtre similaires pour la mortalitĂ©, les AVC et lâinfarctus du myocarde, bien que lâICP nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement davantage de nouvelles revascularisations.
En cas de maladie de complexité intermédiaire ou élevée, le PAC offre une meilleure protection contre les événements cardiovasculaires majeurs.
Pour les scores SYNTAX â„33, le PAC demeure la stratĂ©gie de rĂ©fĂ©rence chez les patients Ă©ligibles.
Pour les scores SYNTAX <33, lâICP peut rester une alternative acceptable aprĂšs Ă©valuation par lâĂ©quipe dĂ©diĂ©e et dĂ©cision partagĂ©e.
Ă 10 ans dans le suivi prolongĂ© de lâessai SYNTAX, la mortalitĂ© Ă©tait plus Ă©levĂ©e aprĂšs ICP chez les patients prĂ©sentant une maladie pluritronculaire complexe, tandis que la diffĂ©rence Ă©tait moins manifeste en cas de maladie du tronc commun.
DiabĂšte
Le diabĂšte est un dĂ©terminant majeur du choix de la revascularisation. Les patients diabĂ©tiques ont de moins bons rĂ©sultats aprĂšs les deux procĂ©dures, mais les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires rĂ©cidivants sont particuliĂšrement frĂ©quents aprĂšs ICP. Le PAC sâassocie Ă des risques pĂ©riopĂ©ratoires plus Ă©levĂ©s dâinfection de plaie, dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«, dâinsuffisance cardiaque, dâAVC et de dĂ©cĂšs, mais il offre gĂ©nĂ©ralement une meilleure protection Ă long terme contre le dĂ©cĂšs, lâinfarctus du myocarde et les nouvelles revascularisations dans la maladie pluritronculaire diabĂ©tique.
Dans lâessai FREEDOM, les patients atteints de diabĂšte de type 2 et dâune maladie pluritronculaire avaient un risque composite de dĂ©cĂšs, dâinfarctus du myocarde ou dâAVC plus faible aprĂšs PAC quâaprĂšs ICP. Cette rĂ©duction Ă©tait principalement liĂ©e Ă une mortalitĂ© et Ă une incidence dâinfarctus du myocarde plus faibles aprĂšs PAC, tandis que les AVC Ă©taient plus frĂ©quents aprĂšs PAC. Les nouvelles revascularisations Ă©taient Ă©galement nettement plus frĂ©quentes aprĂšs ICP.
Les analyses groupĂ©es individuelles ont Ă©galement montrĂ© une mortalitĂ© toutes causes confondues plus faible aprĂšs PAC quâaprĂšs ICP chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie pluritronculaire. Le bĂ©nĂ©fice Ă©tait prĂ©sent dans toutes les catĂ©gories de score SYNTAX dans lâanalyse FREEDOM et Ă©tait particuliĂšrement pertinent chez les patients plus jeunes au cours du suivi prolongĂ©.
Un PAC avec greffon mammaire interne gauche sur lâIVA est recommandĂ© chez les patients appropriĂ©s prĂ©sentant un diabĂšte, une maladie pluritronculaire et une atteinte de lâIVA. LâICP reste appropriĂ©e chez les patients diabĂ©tiques nĂ©cessitant une revascularisation mais prĂ©sentant un risque chirurgical Ă©levĂ©. En cas de maladie diabĂ©tique du tronc commun avec une maladie de complexitĂ© faible ou intermĂ©diaire sur les autres vaisseaux, lâICP peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative.
Dysfonction systolique ventriculaire gauche
Le PAC joue un rĂŽle particuliĂšrement important lorsque la maladie pluritronculaire coexiste avec une dysfonction VG :
Chez les patients éligibles présentant une maladie coronaire pluritronculaire et une FEVG <35 %, le PAC est recommandé pour améliorer la survie.
Chez certains patients prĂ©sentant une FEVG comprise entre 35 % et 50 %, un PAC comprenant un greffon mammaire interne gauche sur lâIVA est raisonnable pour amĂ©liorer la survie.
Le document source ne fournit pas de recommandations thĂ©rapeutiques dĂ©taillĂ©es comparables concernant lâICP en cas de dysfonction VG sĂ©vĂšre.
Maladie du tronc commun coronaire gauche
La maladie du tronc commun est associée à un mauvais pronostic sous traitement médical, car elle met en jeu une large proportion du myocarde. Le PAC a traditionnellement constitué le traitement de référence.
Les comparaisons randomisĂ©es chez des patients sĂ©lectionnĂ©s, Ă©ligibles Ă lâune ou lâautre procĂ©dure, montrent une mortalitĂ© Ă long terme globalement similaire aprĂšs ICP et PAC, notamment Ă 5 et 10 ans. Des diffĂ©rences importantes persistent :
Le PAC entraĂźne moins dâinfarctus spontanĂ©s.
Le PAC nécessite moins de nouvelles revascularisations.
LâICP comporte un risque plus faible dâAVC prĂ©coce.
LâICP est moins invasive et peut sâassocier Ă une morbiditĂ© procĂ©durale initiale moindre.
Les rĂ©sultats de lâICP sont moins favorables en cas de maladie complexe ou diffuse, en particulier lorsque lâatteinte du tronc commun sâassocie Ă une maladie pluritronculaire Ă©tendue.
Chez les patients prĂ©sentant une maladie du tronc commun peu complexe, notamment avec un score SYNTAX â€22, lâICP constitue une alternative acceptable lorsquâune complĂ©tude Ă©quivalente de la revascularisation peut ĂȘtre obtenue. Le PAC reste globalement privilĂ©giĂ© dans la maladie du tronc commun en raison de taux plus faibles dâinfarctus spontanĂ©s et de nouvelles revascularisations. En cas de maladie du tronc commun trĂšs complexe, le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que lâICP pour amĂ©liorer la survie.
Les vĂ©ritables lĂ©sions de bifurcation du tronc commun distal ont de moins bons rĂ©sultats que les lĂ©sions sans bifurcation. Lâimagerie intracoronaire est importante pour lâoptimisation, et des stratĂ©gies complexes Ă deux stents peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires.
Maladie monotronculaire et bitronculaire
Les donnĂ©es randomisĂ©es montrent gĂ©nĂ©ralement des taux similaires de dĂ©cĂšs, dâAVC et dâinfarctus du myocarde aprĂšs ICP et PAC en cas de maladie monotronculaire ou bitronculaire, avec ou sans atteinte de lâIVA proximale. Le PAC est plus invasif et implique une hospitalisation et une rĂ©cupĂ©ration plus longues, tandis que les lĂ©sions complexes de lâIVA peuvent sâassocier Ă un risque accru de nouvelle revascularisation tardive aprĂšs ICP.
En cas de maladie stable avec fonction VG normale :
Le bĂ©nĂ©fice en termes de survie de la revascularisation dâune maladie isolĂ©e de lâIVA proximale est incertain.
La revascularisation nâest pas recommandĂ©e dans le seul but dâamĂ©liorer la survie en cas de maladie mono- ou bitronculaire nâimpliquant pas lâIVA proximale.
Traitement et prise en charge
Maladie coronaire chronique
Le cadre initial repose sur un traitement médical conforme aux recommandations, auquel est ajoutée une revascularisation lorsque les symptÎmes ou le pronostic justifient une approche invasive.
La revascularisation est recommandĂ©e en prĂ©sence de stĂ©noses significatives accessibles Ă un traitement lorsque lâangor reste rĂ©fractaire malgrĂ© le traitement mĂ©dical. Elle ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant un angor sans substrat anatomique ou physiologique justifiant une revascularisation.
La revascularisation systĂ©matique dans le seul but de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires pĂ©riopĂ©ratoires nâest pas recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire non complexe, non situĂ©e sur le tronc commun, et devant subir une chirurgie non cardiaque.
Lorsque le PAC et lâICP sont techniquement rĂ©alisables, lâĂ©quipe dĂ©diĂ©e doit Ă©valuer :
La complexité anatomique coronaire et le score SYNTAX
La possibilitĂ© dâune revascularisation complĂšte
Le diabÚte et les autres comorbidités
La fonction systolique VG
Les risques procĂ©duraux chirurgicaux et liĂ©s Ă lâICP
Le besoin prĂ©visible dâune nouvelle intervention
Les prioritĂ©s du patient concernant lâinvasivitĂ©, la rĂ©cupĂ©ration, lâAVC, lâinfarctus du myocarde et la durabilitĂ©
Syndrome coronarien aigu
STEMI
La reperfusion rapide de lâartĂšre responsable de lâinfarctus constitue la stratĂ©gie thĂ©rapeutique centrale.
Chez les patients stables se prĂ©sentant 12â24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, lâICP est raisonnable. Lorsque lâICP nâest pas rĂ©alisable ou Ă©choue et quâun territoire myocardique important est menacĂ©, un PAC urgent ou en urgence peut permettre la reperfusion.
LâICP reste appropriĂ©e quel que soit le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes lorsque le STEMI se complique dâune ischĂ©mie persistante, dâune insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou dâune arythmie mettant en jeu le pronostic vital. Ă lâinverse, lâICP ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients asymptomatiques et stables prĂ©sentant une occlusion totale de lâartĂšre responsable de lâinfarctus plus de 24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, en lâabsence dâargument pour une ischĂ©mie sĂ©vĂšre.
AprĂšs une ICP primaire rĂ©ussie, le traitement Ă©tagĂ© des stĂ©noses significatives des artĂšres non responsables de lâinfarctus est recommandĂ© chez certains patients stables sur le plan hĂ©modynamique afin de rĂ©duire le dĂ©cĂšs ou lâinfarctus du myocarde. Un PAC rĂ©glĂ© peut ĂȘtre envisagĂ© en cas de maladie pluritronculaire complexe des artĂšres non responsables de lâinfarctus. LâICP dâune lĂ©sion non responsable de lâinfarctus et de faible complexitĂ© au moment de lâICP primaire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients stables.
Une ICP systĂ©matique de lâartĂšre non responsable de lâinfarctus au cours de la procĂ©dure primaire ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e en cas de STEMI compliquĂ© dâun choc cardiogĂ©nique, en raison dâun risque accru de dĂ©cĂšs ou dâinsuffisance rĂ©nale. La thrombectomie par aspiration systĂ©matique avant lâICP primaire nâest pas utile.
SCA sans sus-décalage du segment ST
Les patients prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© dâĂ©vĂ©nements ischĂ©miques rĂ©cidivants et Ă©ligibles Ă une revascularisation doivent bĂ©nĂ©ficier dâune stratĂ©gie invasive visant une revascularisation.
Une prise en charge invasive immĂ©diate est indiquĂ©e en cas dâangor rĂ©fractaire ou dâinstabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique.
Chez les patients à haut risque initialement stabilisés, une stratégie invasive dans les 24 heures est raisonnable.
Chez les patients à risque intermédiaire ou faible, une évaluation invasive avant la sortie est raisonnable.
En cas de choc cardiogénique, une revascularisation en urgence est recommandée.
Un PAC en urgence est raisonnable aprĂšs Ă©chec de lâICP lorsque la persistance de lâischĂ©mie, la dĂ©faillance hĂ©modynamique ou la menace dâocclusion exposent une masse myocardique importante et que le patient est Ă©ligible Ă la chirurgie.
Une ICP pluritronculaire systĂ©matique au cours dâune mĂȘme procĂ©dure ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST compliquĂ© dâun choc cardiogĂ©nique.
Dans les SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST Ă trĂšs haut risque nĂ©cessitant une revascularisation immĂ©diate, lâICP est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e, sauf si des complications mĂ©caniques imposent une intervention chirurgicale.
Choc cardiogénique
Les patients prĂ©sentant un SCA et un choc cardiogĂ©nique doivent ĂȘtre transfĂ©rĂ©s rapidement vers un centre tertiaire disposant dâune Ă©quipe expĂ©rimentĂ©e dans la prise en charge du choc. Une coronarographie immĂ©diate et une ICP de lâartĂšre responsable de lâinfarctus sont recommandĂ©es lorsquâelles sont rĂ©alisables. Si lâanatomie ne permet pas une ICP, un PAC en urgence est recommandĂ©.
En cas de maladie pluritronculaire avec choc, une ICP limitée à la lésion coupable lors de la procédure initiale est privilégiée, avec possibilité de traiter secondairement les autres vaisseaux. Par rapport à une ICP pluritronculaire immédiate, cette approche réduit le risque combiné de décÚs ou de recours à une épuration extrarénale à 30 jours. Le bénéfice est principalement lié à une mortalité précoce plus faible.
Lâabord radial est prĂ©fĂ©rĂ© Ă lâabord fĂ©moral pour la coronarographie diagnostique et lâICP lorsquâil est possible, en raison de sa plus grande sĂ©curitĂ©. Le PAC est utilisĂ© chez une minoritĂ© de patients en choc, principalement lorsque lâICP ne permet pas de traiter lâanatomie coronaire.
ConsidĂ©rations spĂ©cifiques Ă lâICP
Stents à élution médicamenteuse
Les stents Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse sont prĂ©fĂ©rĂ©s aux stents nus lors de lâICP, car ils rĂ©duisent la restĂ©nose, lâinfarctus du myocarde et la thrombose aiguĂ« de stent.
Lésions calcifiées
En prĂ©sence de lĂ©sions fibreuses ou fortement calcifiĂ©es, lâathĂ©rectomie rotationnelle peut amĂ©liorer le succĂšs procĂ©dural. LâathĂ©rectomie orbitale, lâathĂ©rectomie par ballon, lâangioplastie laser ou la lithotritie intracoronaire peuvent Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©es.
Maladie des greffons veineux saphĂšnes
Lorsquâune ICP est nĂ©cessaire sur un greffon veineux saphĂšne malade, un dispositif de protection contre les embolies est raisonnable lorsquâil est techniquement rĂ©alisable. Si une ICP de lâartĂšre coronaire native est possible, elle est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă lâICP dâun greffon veineux sĂ©vĂšrement malade.
Un greffon veineux saphĂšne occlus de façon chronique ne doit pas faire lâobjet dâune revascularisation percutanĂ©e. LâICP dâune occlusion coronaire chronique peut amĂ©liorer les symptĂŽmes chez certains patients prĂ©sentant un angor rĂ©fractaire, mais son effet sur les rĂ©sultats cliniques globaux reste incertain.
AprĂšs un PAC antĂ©rieur et une dĂ©faillance du greffon saphĂšne, lâICP de lâartĂšre coronaire native est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©e Ă lâICP du greffon saphĂšne en raison de taux de complications plus faibles et dâune meilleure permĂ©abilitĂ© Ă long terme. Un nouveau PAC comporte un risque opĂ©ratoire nettement supĂ©rieur Ă celui dâune premiĂšre intervention.
Assistance hémodynamique
Chez certains patients Ă haut risque, la mise en place Ă©lective dâun dispositif dâassistance hĂ©modynamique appropriĂ© peut ĂȘtre raisonnable comme adjuvant dâune ICP complexe afin de prĂ©venir une dĂ©faillance hĂ©modynamique.
Stratégies spécifiques au PAC et stratégies hybrides
La greffe artĂ©rielle, notamment lâutilisation de lâartĂšre mammaire interne gauche sur lâIVA, amĂ©liore la durabilitĂ© des greffons. La rĂ©alisation de plusieurs greffes artĂ©rielles peut rĂ©duire lâocclusion des greffons et prolonger lâefficacitĂ© de la revascularisation.
Une revascularisation hybride, telle quâun pontage mini-invasif mammaire interne gaucheâIVA associĂ© Ă une ICP des autres vaisseaux, peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients, notamment chez certains patients prĂ©sentant un risque chirurgical modĂ©rĂ© Ă Ă©levĂ©. Toutefois, cette approche est peu frĂ©quente, les donnĂ©es comparatives sont limitĂ©es et les donnĂ©es de registres ont rapportĂ© davantage de saignements, dâinsuffisance rĂ©nale, dâinfarctus du myocarde et dâinsuffisance cardiaque quâavec lâICP seule.
Recommandations fondées sur les recommandations
Maladie coronaire chronique et maladie coronaire pluritronculaire
| Situation clinique | Stratégie ou recommandation privilégiée |
|---|---|
| Angor réfractaire malgré le traitement médical avec sténoses significatives accessibles à un traitement | Une revascularisation est recommandée pour améliorer les symptÎmes |
| Angor sans critĂšres anatomiques ou physiologiques de revascularisation | Ni lâICP ni le PAC ne doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s |
| Maladie du tronc commun avec atteinte de haute complexitĂ© | Le PAC est recommandĂ© plutĂŽt que lâICP pour amĂ©liorer la survie |
| Maladie coronaire pluritronculaire complexe ou diffuse, telle quâun score SYNTAX >33 | Le PAC est raisonnable plutĂŽt que lâICP pour amĂ©liorer la survie |
| DiabĂšte, maladie coronaire pluritronculaire et atteinte de lâIVA chez un patient Ă©ligible Ă la chirurgie | Un PAC avec greffon mammaire interne gaucheâIVA est recommandĂ© plutĂŽt que lâICP |
| DiabĂšte avec maladie pluritronculaire et indication de revascularisation, mais risque chirurgical Ă©levĂ© | LâICP peut ĂȘtre utile |
| DiabĂšte avec stĂ©nose du tronc commun et maladie de complexitĂ© faible ou intermĂ©diaire ailleurs | LâICP peut ĂȘtre envisagĂ©e comme alternative |
| Maladie coronaire pluritronculaire avec FEVG <35 % et anatomie favorable au PAC | Le PAC est recommandé pour améliorer la survie |
| Maladie coronaire pluritronculaire avec FEVG 35 %â50 % chez certains patients Ă©ligibles au PAC | Un PAC comprenant un greffon mammaire interne gaucheâIVA est raisonnable |
| StĂ©nose significative du tronc commun en cas de maladie ischĂ©mique stable | Le PAC est recommandĂ© ; lâICP est raisonnable chez certains patients lorsquâune revascularisation Ă©quivalente est rĂ©alisable |
| Maladie stable avec FEVG normale et maladie tritronculaire accessible au PAC | Le PAC peut ĂȘtre raisonnable pour amĂ©liorer la survie |
| Maladie stable avec FEVG normale et maladie tritronculaire accessible Ă lâICP | Le bĂ©nĂ©fice de lâICP sur la survie est incertain |
| Maladie mono- ou bitronculaire sans atteinte de lâIVA proximale et avec FEVG normale | La revascularisation nâest pas recommandĂ©e dans le seul but dâamĂ©liorer la survie |
| LĂ©sion unique non situĂ©e sur le tronc commun et non significative sur les plans anatomique ou physiologique | La revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but dâamĂ©liorer la survie |
Syndromes coronariens aigus
| Situation clinique | Prise en charge recommandée |
|---|---|
| STEMI stable se prĂ©sentant 12â24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes | LâICP est raisonnable |
| STEMI avec ischĂ©mie persistante, insuffisance cardiaque aiguĂ« sĂ©vĂšre ou arythmie mettant en jeu le pronostic vital | LâICP peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique quel que soit le dĂ©lai entre le dĂ©but des symptĂŽmes et le traitement |
| STEMI avec ICP infructueuse ou irrĂ©alisable et masse myocardique importante Ă risque | Un PAC urgent ou en urgence peut ĂȘtre efficace |
| STEMI stable et asymptomatique avec occlusion de lâartĂšre responsable de lâinfarctus >24 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes et sans ischĂ©mie sĂ©vĂšre | LâICP ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e |
| STEMI stable sur le plan hĂ©modynamique aprĂšs ICP rĂ©ussie de la lĂ©sion coupable | Une ICP Ă©tagĂ©e des lĂ©sions significatives non responsables de lâinfarctus est recommandĂ©e chez certains patients |
| STEMI avec maladie pluritronculaire complexe des artĂšres non responsables de lâinfarctus | Un PAC rĂ©glĂ© est raisonnable chez certains patients |
| STEMI avec choc cardiogĂ©nique | Ăviter une ICP immĂ©diate systĂ©matique des lĂ©sions non coupables |
| SCA sans sus-décalage du segment ST à risque élevé et éligible à une revascularisation | Stratégie invasive visant une revascularisation |
| SCA sans sus-décalage du segment ST avec angor réfractaire ou instabilité hémodynamique/électrique | Stratégie invasive immédiate |
| SCA sans sus-décalage du segment ST initialement stabilisé mais à haut risque | Une stratégie invasive précoce dans les 24 heures est raisonnable |
| SCA sans sus-décalage du segment ST avec choc cardiogénique | Revascularisation en urgence |
| SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST avec choc | Ăviter une ICP pluritronculaire systĂ©matique au cours dâune mĂȘme procĂ©dure |
Pronostic et suivi
Le PAC offre gĂ©nĂ©ralement une meilleure durabilitĂ© dans les maladies pluritronculaires complexes, le diabĂšte et lâathĂ©rosclĂ©rose diffuse, avec moins dâinfarctus spontanĂ©s et de nouvelles revascularisations que lâICP. Ses avantages en termes de survie deviennent plus manifestes lorsque la complexitĂ© anatomique et la durĂ©e du suivi augmentent. LâICP est moins invasive, permet une rĂ©cupĂ©ration plus rapide et comporte un risque plus faible dâAVC prĂ©coce dans plusieurs situations, mais le recours Ă une nouvelle intervention est constamment plus frĂ©quent.
Dans la maladie du tronc commun, la mortalitĂ© Ă long terme peut ĂȘtre similaire aprĂšs ICP et PAC chez des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e, en particulier lorsque la complexitĂ© anatomique est faible. Le PAC rĂ©duit nĂ©anmoins les infarctus spontanĂ©s et les nouvelles revascularisations, tandis que lâICP rĂ©duit le risque dâAVC prĂ©coce.
AprĂšs une ICP, la surveillance doit tenir compte de la possibilitĂ© dâune ischĂ©mie rĂ©siduelle, dâune restĂ©nose, dâĂ©vĂ©nements liĂ©s au stent et de la progression de la maladie dans les vaisseaux non traitĂ©s. AprĂšs un PAC, les symptĂŽmes tardifs peuvent rĂ©sulter dâune dĂ©faillance des greffons veineux saphĂšnes ou de la progression de la maladie des vaisseaux natifs. Un nouveau PAC sâassocie Ă une mortalitĂ© et Ă une complexitĂ© opĂ©ratoire supĂ©rieures Ă celles dâun PAC initial, et lâICP â de prĂ©fĂ©rence sur lâartĂšre coronaire native â est de plus en plus utilisĂ©e lorsquâelle est techniquement rĂ©alisable.
Les donnĂ©es disponibles ne prĂ©cisent pas de calendrier universel pour les consultations cliniques, les Ă©preuves dâeffort systĂ©matiques ou la coronarographie de contrĂŽle. Le suivi doit donc ĂȘtre individualisĂ© en fonction des symptĂŽmes, de la fonction ventriculaire, de la complĂ©tude de la revascularisation, des complications procĂ©durales, de la rĂ©cidive de lâischĂ©mie et du besoin Ă long terme de prĂ©vention secondaire. Chez les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun PAC aprĂšs un SCA et ne nĂ©cessitant pas dâanticoagulation orale au long cours, le traitement antiplaquettaire double doit ĂȘtre repris et poursuivi pendant 12 mois aprĂšs le SCA.