Définition et physiopathologie
Une occlusion coronaire chronique (OCC) est une obstruction artĂ©rielle coronaire complĂšte ou quasi complĂšte persistant depuis au moins 30 jours. Les OCC sont frĂ©quentes chez les patients soumis Ă une coronarographie, avec une prĂ©valence rapportĂ©e de 18 % Ă 52 %. Elles surviennent souvent chez des patients atteints dâune coronaropathie sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par une stĂ©nose supĂ©rieure Ă 70 %, et constituent une raison importante dâorienter les patients vers un pontage aortocoronarien plutĂŽt que vers une intervention coronaire percutanĂ©e (ICP).
Une OCC peut ĂȘtre dĂ©couverte fortuitement lors dâune coronarographie diagnostique. Des vaisseaux collatĂ©raux peuvent maintenir la perfusion distale et permettre la visualisation du vaisseau au-delĂ de lâocclusion lorsque lâartĂšre donneuse permĂ©able est injectĂ©e. La circulation collatĂ©rale revĂȘt donc une importance Ă la fois physiologique et procĂ©durale.
Les principaux dĂ©terminants anatomiques de la complexitĂ© dâune ICP dâOCC sont :
La morphologie du capuchon proximal.
La longueur, le trajet et la composition du segment occlus, notamment sa calcification.
La qualité du vaisseau cible distal.
La configuration et la qualité des voies collatérales.
Les autres Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă une plus grande difficultĂ© comprennent une tentative antĂ©rieure infructueuse, un moignon proximal Ă©moussĂ©, une angulation du vaisseau, une calcification et une longueur dâocclusion dâau moins 20 mm. Ces caractĂ©ristiques sont intĂ©grĂ©es au score J-CTO, qui estime la probabilitĂ© de franchissement antĂ©rograde rĂ©ussi par le guide en moins de 30 minutes.
La justification clinique de lâICP dâune OCC repose principalement sur la rĂ©duction de lâischĂ©mie myocardique et lâamĂ©lioration des symptĂŽmes et de la qualitĂ© de vie. La restauration de la permĂ©abilitĂ© peut ĂȘtre particuliĂšrement pertinente lorsque lâartĂšre occluse vascularise un myocarde viable prĂ©sentant une ischĂ©mie dĂ©montrable. Toutefois, les donnĂ©es randomisĂ©es nâont pas montrĂ© de rĂ©duction de la mortalitĂ© ou de lâinfarctus du myocarde avec lâICP systĂ©matique dâune OCC par rapport au traitement mĂ©dical.
Présentation clinique et symptÎmes
Une OCC peut ĂȘtre asymptomatique et ĂȘtre identifiĂ©e lors dâune coronarographie rĂ©alisĂ©e pour une autre indication. Lorsquâelle est cliniquement significative, elle peut se manifester par un angor chronique, un Ă©quivalent angineux ou une dyspnĂ©e dâeffort. Les patients peuvent conserver des symptĂŽmes limitant leur mode de vie malgrĂ© un traitement mĂ©dical conforme aux recommandations (TMCR), ce qui conduit Ă envisager une revascularisation.
La probabilitĂ© que les symptĂŽmes soient imputables Ă lâOCC augmente lorsque les examens non invasifs montrent une ischĂ©mie inductible significative et une viabilitĂ© conservĂ©e dans le territoire myocardique vascularisĂ© par lâartĂšre occluse. Ă lâinverse, une OCC identifiĂ©e Ă lâangiographie sans ischĂ©mie dĂ©montrable ni myocarde viable constitue un argument moins convaincant en faveur dâune intervention.
Le document source ne dĂ©crit pas de profil symptomatique distinct, de sĂ©miologie particuliĂšre Ă lâexamen clinique ni de signature biologique spĂ©cifique des OCC.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit prĂ©ciser :
La sĂ©vĂ©ritĂ© et le retentissement fonctionnel de lâangor ou des symptĂŽmes Ă©quivalents angineux.
La réponse au TMCR.
LâĂ©tendue de lâischĂ©mie myocardique.
La prĂ©sence dâun myocarde viable vascularisĂ© par le vaisseau occlus.
La fonction ventriculaire gauche.
La complexitĂ© anatomique de lâOCC et lâadĂ©quation du vaisseau distal.
Le risque procédural, les comorbidités et les préférences du patient.
Une dĂ©marche multidisciplinaire fondĂ©e sur la dĂ©cision partagĂ©e est appropriĂ©e lorsquâune revascularisation est envisagĂ©e. Le choix entre ICP, pontage aortocoronarien (PAC) et traitement mĂ©dical doit intĂ©grer le profil clinique, lâanatomie coronaire, la fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche, les facteurs procĂ©duraux et les rĂ©sultats attendus.
Le document fourni ne dĂ©crit pas de signes physiques spĂ©cifiques dâune OCC ni dâalgorithme dâexamen clinique dĂ©diĂ©.
Diagnostic
Ăvaluation non invasive de lâischĂ©mie et de la viabilitĂ©
La mise en Ă©vidence objective dâune ischĂ©mie est importante avant une ICP Ă©lective dâune OCC. La dĂ©monstration conjointe dâune ischĂ©mie myocardique significative et dâune viabilitĂ© dans le territoire vascularisĂ© par lâartĂšre occluse est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme une mĂ©thode utile pour mettre en balance le risque procĂ©dural et le bĂ©nĂ©fice potentiel.
Lâimagerie de perfusion radionuclĂ©idique est particuliĂšrement adaptĂ©e, car elle permet de quantifier lâĂ©tendue et la sĂ©vĂ©ritĂ© de lâischĂ©mie. LâĂ©chocardiographie de stress constitue une autre modalitĂ© pertinente. La tomographie par Ă©mission de positons (TEP) fournit des informations quantitatives supplĂ©mentaires sur le dĂ©bit sanguin myocardique et la rĂ©serve de dĂ©bit myocardique ; elle peut Ă©galement contribuer Ă Ă©valuer lâimportance physiologique dâautres lĂ©sions coronaires et Ă dĂ©terminer lâĂ©tendue de la revascularisation nĂ©cessaire.
Lâimagerie de stress peut aussi caractĂ©riser la dysfonction post-ischĂ©mique et Ă©valuer la rĂ©versibilitĂ© des anomalies. Dans le document source, un patient prĂ©sentant une OCC de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure avait des dĂ©fauts sĂ©vĂšres et rĂ©versibles de perfusion antĂ©rieure et antĂ©ro-septale, une viabilitĂ© conservĂ©e et une rĂ©serve de dĂ©bit myocardique sĂ©vĂšrement rĂ©duite dans le territoire de lâOCC.
Coronarographie
La coronarographie invasive dĂ©finit lâocclusion et son anatomie environnante. LâĂ©valuation angiographique doit caractĂ©riser :
Le capuchon proximal.
La longueur et le trajet de lâocclusion.
La tortuosité et les angulations du vaisseau.
La calcification.
Le vaisseau distal.
La circulation collatérale.
LâĂ©tendue de la maladie dans les autres territoires coronaires.
Lorsque des voies collatĂ©rales sont prĂ©sentes, lâinjection de lâartĂšre donneuse permĂ©able peut dessiner le vaisseau situĂ© en aval de lâOCC et faciliter la planification dâune approche rĂ©trograde.
Lâangioscanner coronaire (CTCA) peut Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© avant une ICP dâOCC. GrĂące Ă une corĂ©gistration appropriĂ©e, le segment non visualisĂ© Ă lâangiographie peut ĂȘtre intĂ©grĂ© aux images tomodensitomĂ©triques afin de guider lâavancĂ©e du guide et de prĂ©ciser le trajet de lâartĂšre occluse.
Ălectrophysiologie
Le document source ne dĂ©crit pas de rĂŽle Ă©lectrophysiologique spĂ©cifique dans le diagnostic ou le traitement des ICP dâOCC.
Planification procédurale et stratégie technique
Les OCC comptent parmi les lĂ©sions coronaires les plus complexes et contribuent de maniĂšre importante au score SYNTAX. Le franchissement antĂ©rograde par guide demeure une stratĂ©gie centrale, mais des techniques rĂ©trogrades peuvent ĂȘtre utilisĂ©es lorsque le vaisseau distal est accessible par des voies collatĂ©rales appropriĂ©es.
Le score J-CTO aide Ă estimer la probabilitĂ© dâun franchissement antĂ©rograde rĂ©ussi en moins de 30 minutes. Un score plus Ă©levĂ© reflĂšte des Ă©lĂ©ments tels quâun Ă©chec antĂ©rieur, un moignon Ă©moussĂ©, une angulation, une calcification et une longueur dâocclusion dâau moins 20 mm.
Le succĂšs dĂ©pend de lâanatomie de la lĂ©sion, de la disponibilitĂ© dâun matĂ©riel spĂ©cialisĂ©, de lâexpĂ©rience de lâopĂ©rateur et de lâutilisation de techniques antĂ©rogrades ou rĂ©trogrades complexes. Le matĂ©riel et les mĂ©thodes procĂ©durales contemporains ont portĂ© les taux de succĂšs de la recanalisation des OCC Ă environ 70â80 % dans le document fourni ; une autre source dĂ©crit des taux de succĂšs supĂ©rieurs Ă 80 % dans des centres expĂ©rimentĂ©s. Le succĂšs de lâICP dâune OCC demeure infĂ©rieur au taux global de succĂšs de lâICP, rapportĂ© Ă environ 95â99 % pour le succĂšs angiographique dans les cas gĂ©nĂ©raux.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Aucun biomarqueur ni anomalie biologique nâest spĂ©cifique dâune occlusion coronaire chronique. Le document source ne dĂ©crit pas de stratĂ©gie diagnostique fondĂ©e sur des biomarqueurs pour les OCC.
Les examens biologiques sont pertinents pour lâĂ©valuation du risque procĂ©dural, notamment lâĂ©valuation de la fonction rĂ©nale. La maladie rĂ©nale chronique est associĂ©e Ă un risque accru lors de la revascularisation, notamment dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«, ainsi quâĂ des rĂ©sultats Ă long terme moins favorables quâen cas de fonction rĂ©nale conservĂ©e. Le document fourni ne prĂ©cise ni bilan biologique spĂ©cifique des OCC ni seuil particulier de biomarqueur.
AprĂšs une ICP, de petits infarctus du myocarde pĂ©riprocĂ©duraux peuvent ĂȘtre dĂ©tectĂ©s uniquement par une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atine phosphokinase ou de la troponine. Des Ă©lĂ©vations enzymatiques supĂ©rieures Ă 10 fois la limite supĂ©rieure de la normale sont associĂ©es Ă un pronostic Ă long terme moins favorable, bien que cette observation concerne lâICP en gĂ©nĂ©ral plutĂŽt que spĂ©cifiquement les procĂ©dures dâOCC.
Indications de lâICP des OCC
Patients symptomatiques malgré le traitement médical
Lâindication principale est la persistance dâun angor limitant le mode de vie ou dâun Ă©quivalent angineux malgrĂ© un TMCR, Ă condition que lâOCC soit techniquement accessible Ă une ICP. Une revascularisation est recommandĂ©e dans le syndrome coronarien chronique lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© le traitement conforme aux recommandations et quâil existe une coronaropathie obstructive fonctionnellement significative.
Pour les OCC spĂ©cifiquement, lâICP peut rĂ©duire significativement lâischĂ©mie myocardique et amĂ©liorer la qualitĂ© de vie dans les centres expĂ©rimentĂ©s. La dĂ©monstration dâune ischĂ©mie et dâune viabilitĂ© dans le territoire de lâOCC renforce la justification de lâintervention.
Choix de la modalité de revascularisation
LâICP dâune OCC ne doit pas ĂȘtre envisagĂ©e indĂ©pendamment de lâanatomie coronaire globale. Une revascularisation complĂšte est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e, notamment lorsque toutes les lĂ©sions responsables dâune ischĂ©mie peuvent ĂȘtre traitĂ©es de maniĂšre sĂ»re et efficace. Toutefois, la complexitĂ© anatomique, les comorbiditĂ©s, lâĂąge avancĂ©, la fragilitĂ© et le risque procĂ©dural peuvent rendre une revascularisation complĂšte irrĂ©alisable.
Le PAC peut ĂȘtre privilĂ©giĂ© lorsque lâICP a peu de chances dâobtenir une revascularisation complĂšte, en cas de maladie diffuse ou sĂ©vĂšrement calcifiĂ©e, de restĂ©nose diffuse intrastent ou dâautres indications chirurgicales. Le diabĂšte, une fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche infĂ©rieure Ă 35 % et les contre-indications au traitement antiplaquettaire double sont Ă©galement des facteurs favorisant le PAC dans la dĂ©cision globale de revascularisation.
En cas dâatteinte pluritronculaire, le score SYNTAX est recommandĂ© pour Ă©valuer la complexitĂ© anatomique. Chez les patients prĂ©sentant une coronaropathie complexe, le risque procĂ©dural et les rĂ©sultats attendus aprĂšs la procĂ©dure doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s afin de favoriser une dĂ©cision partagĂ©e. Une approche par Ă©quipe multidisciplinaire (« heart team »), associant cardiologie interventionnelle et chirurgie cardiothoracique, est recommandĂ©e pour les dĂ©cisions pertinentes entre ICP et PAC.
LâICP dâune OCC nâest pas indiquĂ©e systĂ©matiquement dans le seul but dâamĂ©liorer le pronostic
Les essais randomisĂ©s disponibles nâont pas dĂ©montrĂ© de rĂ©duction de la mortalitĂ© ou de lâinfarctus du myocarde avec lâICP dâune OCC par rapport au traitement mĂ©dical. Les bĂ©nĂ©fices Ă©tablis sont principalement le soulagement des symptĂŽmes, la rĂ©duction de lâangor et lâamĂ©lioration de la qualitĂ© de vie.
Par consĂ©quent, chez un patient asymptomatique ou peu symptomatique, sans ischĂ©mie dĂ©montrable ni myocarde viable dans le territoire de lâOCC, les arguments en faveur dâune ICP Ă©lective sont moins solides. Le document source ne fournit pas de recommandation formelle concernant une intervention chez ces patients.
Présentation tardive aprÚs un infarctus avec sus-décalage du segment ST
Les patients prĂ©sentant une artĂšre responsable de lâinfarctus occluse plus de 48 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, sans symptĂŽmes persistants, ne doivent pas subir une ICP systĂ©matique de lâartĂšre occluse. Ils doivent plutĂŽt ĂȘtre pris en charge selon les principes du syndrome coronarien chronique et des OCC.
En revanche, chez des patients sĂ©lectionnĂ©s prĂ©sentant un infarctus avec sus-dĂ©calage du segment ST et se prĂ©sentant 12â48 heures aprĂšs le dĂ©but des symptĂŽmes, sans symptĂŽmes persistants, une stratĂ©gie systĂ©matique dâICP primaire a Ă©tĂ© associĂ©e, dans le document fourni, Ă une amĂ©lioration de la rĂ©cupĂ©ration myocardique et de la survie Ă long terme. Ces donnĂ©es concernent la prĂ©sentation tardive dâun infarctus avec sus-dĂ©calage du segment ST et ne doivent pas ĂȘtre assimilĂ©es Ă la recanalisation systĂ©matique dâune artĂšre responsable dâun infarctus, stable et demeurant occluse plusieurs jours aprĂšs lâinfarctus.
Traitement et prise en charge
Traitement médical conforme aux recommandations
Le traitement mĂ©dical demeure la base de la prise en charge des patients prĂ©sentant une OCC, quâune revascularisation soit rĂ©alisĂ©e ou non. LâICP dâune OCC doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre envisagĂ©e lorsque les symptĂŽmes restent limitants malgrĂ© un TMCR et lorsque lâischĂ©mie, la viabilitĂ© et lâanatomie sont compatibles avec un rapport bĂ©nĂ©ficeârisque favorable.
Le document fourni ne rĂ©pertorie pas les doses spĂ©cifiques des antiangineux ni un schĂ©ma thĂ©rapeutique complet propre aux OCC. Il prĂ©cise toutefois quâun traitement antiplaquettaire est nĂ©cessaire en cas dâimplantation dâun stent coronaire.
Technique dâICP et stenting
Lorsquâune ICP dâOCC est rĂ©alisĂ©e et que lâocclusion est franchie, des stents Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse (DES) sont utilisĂ©s afin de rĂ©duire les rĂ©cidives cliniques tardives. Les DES sont recommandĂ©s de prĂ©fĂ©rence aux stents nus dans tous les cas.
Lâimagerie intracoronaire doit ĂȘtre utilisĂ©e largement afin dâoptimiser le dĂ©ploiement du stent, en particulier dans les lĂ©sions complexes dâOCC. LâĂ©chographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) permettent dâĂ©valuer lâexpansion et lâapposition du stent et peuvent mettre en Ă©vidence des anomalies non visibles Ă lâangiographie. LâICP guidĂ©e par imagerie a Ă©tĂ© associĂ©e Ă de meilleurs rĂ©sultats dans les lĂ©sions complexes, bien que lâampleur et la constance du bĂ©nĂ©fice diffĂšrent selon les Ă©tudes et les modalitĂ©s dâimagerie.
Les recommandations générales sont les suivantes :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Les stents à élution médicamenteuse sont préférés aux stents nus dans tous les cas | I | A |
| Lâimagerie intravasculaire devrait ĂȘtre envisagĂ©e pour guider lâICP | IIa | A |
| Lâimagerie intravasculaire est recommandĂ©e pour les lĂ©sions anatomiquement complexes, notamment les lĂ©sions longues et les autres morphologies complexes | I | A |
| La voie radiale est recommandée comme abord de référence, sauf impératif procédural contraire | I | A |
Traitement antiplaquettaire aprĂšs stenting
Une thrombose de stent peut survenir de maniĂšre aiguĂ« dans les 24 heures ou de maniĂšre subaiguĂ« entre 1 et 30 jours. Le traitement antiplaquettaire double (TAPD), associant lâaspirine Ă un inhibiteur du rĂ©cepteur P2Y12, rĂ©duit ce risque. Les inhibiteurs de P2Y12 mentionnĂ©s dans le document source sont le clopidogrel, le prasugrel et le ticagrelor.
Pour les DES de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, une durĂ©e de TAPD de 6 mois est recommandĂ©e dans le document fourni, bien quâun traitement plus prolongĂ© puisse ĂȘtre utile lorsque le risque athĂ©rothrombotique est Ă©levĂ© et que le risque hĂ©morragique est acceptable. AprĂšs une ICP rĂ©alisĂ©e pour un syndrome coronarien aigu, un traitement dâune durĂ©e allant jusquâĂ 1 an doit ĂȘtre envisagĂ©.
LâarrĂȘt prĂ©maturĂ© est particuliĂšrement dangereux au cours du premier mois suivant lâimplantation et augmente le risque de thrombose de stent dâenviron trois Ă neuf fois. Une chirurgie rĂ©glĂ©e nĂ©cessitant lâinterruption du traitement antiplaquettaire doit, si possible, ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusquâĂ au moins 3 mois aprĂšs lâimplantation dâun DES, et de prĂ©fĂ©rence jusquâĂ 6 mois.
Dans le document fourni, la thrombose de stent est associĂ©e Ă un infarctus du myocarde dans 30â70 % des cas et au dĂ©cĂšs dans 10â20 % des cas.
Abord et sécurité procédurale
La voie radiale est lâabord de rĂ©fĂ©rence, car elle est associĂ©e Ă un risque vasculaire et hĂ©morragique moindre, Ă un meilleur confort et Ă une hospitalisation plus courte que les autres stratĂ©gies dâabord. Certains patients Ă faible risque peuvent ĂȘtre candidats Ă une sortie le jour mĂȘme aprĂšs lâICP.
Le risque est accru chez les patients ĂągĂ©s de plus de 65 ans, ceux soumis Ă une procĂ©dure urgente ou en urgence extrĂȘme, ainsi que chez les patients atteints de maladie rĂ©nale chronique, dâun infarctus avec sus-dĂ©calage du segment ST ou dâun Ă©tat de choc. LâICP dâune OCC doit donc ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans des structures disposant du matĂ©riel appropriĂ© et par des opĂ©rateurs expĂ©rimentĂ©s.
ICP dâune OCC en cas de maladie rĂ©nale chronique
La maladie rĂ©nale chronique complique les dĂ©cisions pharmacologiques et de revascularisation en raison du risque dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«, dâhyperkaliĂ©mie, dâhypotension et dâhĂ©morragie accrue. Les rĂ©sultats aprĂšs revascularisation sont moins favorables que chez les patients dont la fonction rĂ©nale est conservĂ©e.
Dans la maladie coronaire chronique stable avec atteinte rĂ©nale avancĂ©e et ischĂ©mie dĂ©montrable, une stratĂ©gie invasive nâa pas amĂ©liorĂ© le dĂ©cĂšs ni lâinfarctus du myocarde non fatal par rapport Ă un traitement mĂ©dical intensif dans le document fourni. LâICP a augmentĂ© le risque dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral et dâinitiation de la dialyse dans cette population. Ces rĂ©sultats ne sâappliquent pas directement aux patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu rĂ©cent, des symptĂŽmes sĂ©vĂšres ou une insuffisance cardiaque avec une fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche infĂ©rieure Ă 35 %, qui Ă©taient exclus de lâessai citĂ©.
En lâabsence de donnĂ©es plus solides, la revascularisation est le plus clairement indiquĂ©e en cas dâinstabilitĂ© ou chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes sĂ©vĂšres. Une prise en charge mĂ©dicale seule constitue une option raisonnable chez les patients atteints dâune maladie rĂ©nale chronique avancĂ©e, prĂ©sentant une maladie stable et peu symptomatique.
Complications
Complications procédurales
Les complications graves de lâICP sont globalement peu frĂ©quentes, mais le risque est plus Ă©levĂ© lors des procĂ©dures dâOCC et chez les patients prĂ©sentant des caractĂ©ristiques cliniques dĂ©favorables. Les complications rapportĂ©es comprennent :
Le décÚs.
Un infarctus du myocarde étendu.
Lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral.
La dissection coronaire.
Lâocclusion thrombotique aiguĂ«.
Lâembolisation distale de matĂ©riel thrombotique ou athĂ©rosclĂ©reux.
Lâobstruction microvasculaire.
La fermeture dâune branche latĂ©rale.
Lâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ«.
La thrombose de stent.
La resténose.
Pour lâICP Ă©lective en gĂ©nĂ©ral, la mortalitĂ© est rapportĂ©e Ă 0,1â0,3 %, un infarctus du myocarde Ă©tendu survient dans moins de 3 % des cas et un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral dans 0,1â0,4 % des cas. Ces chiffres ne sont pas spĂ©cifiques des OCC.
Les infarctus du myocarde pĂ©riprocĂ©duraux sont souvent de petite taille et dĂ©tectĂ©s uniquement par lâĂ©lĂ©vation post-procĂ©durale des enzymes. Une Ă©lĂ©vation de la crĂ©atine phosphokinase ou de la troponine supĂ©rieure Ă 10 fois la limite supĂ©rieure de la normale est associĂ©e Ă un pronostic Ă long terme moins favorable.
Thrombose de stent
Tous les stents restent exposés au risque de thrombose. Un déploiement initial de meilleure qualité et le TAPD réduisent ce risque. Les DES de deuxiÚme génération présentent des taux de thrombose tardive et trÚs tardive inférieurs à ceux des DES de premiÚre génération.
Resténose
La resténose correspond au rétrécissement secondaire du segment coronaire traité. Les taux de resténose rapportés au cours de la premiÚre année sont les suivants :
| Traitement | Taux approximatif de resténose au cours de la premiÚre année |
|---|---|
| Angioplastie au ballonnet seule | 20â50 % |
| Stent nu | 10â30 % |
| Stent Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse | 5â15 % |
Les DES de gĂ©nĂ©ration moderne ont rĂ©duit le taux de restĂ©nose Ă moins de 10 % dans la population gĂ©nĂ©rale dâICP dĂ©crite dans le document source.
La restĂ©nose clinique se manifeste habituellement par la rĂ©apparition dâun angor ou de symptĂŽmes apparentĂ©s dans les 12 mois, bien quâune prĂ©sentation sous forme dâinfarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST ou avec sus-dĂ©calage du segment ST soit possible. Les facteurs de risque comprennent le diabĂšte, lâinfarctus du myocarde, les lĂ©sions longues, les petits vaisseaux et un rĂ©sultat initial sous-optimal. Le traitement consiste gĂ©nĂ©ralement en une nouvelle ICP avec dilatation au ballonnet et implantation dâun autre DES. Les autres options en cas de restĂ©nose symptomatique rĂ©cidivante comprennent les ballonnets Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse, la curiethĂ©rapie et le PAC.
Recommandations des sociétés savantes
Les principales recommandations pertinentes pour lâICP des OCC peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :
Une revascularisation est recommandĂ©e pour amĂ©liorer les symptĂŽmes chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire chronique, un angor persistant ou un Ă©quivalent angineux malgrĂ© un TMCR, ainsi quâune maladie obstructive fonctionnellement significative.
Des signes objectifs dâischĂ©mie myocardique doivent guider la sĂ©lection des lĂ©sions Ă revasculariser.
Chez les patients prĂ©sentant une OCC, lâĂ©valuation de lâischĂ©mie et de la viabilitĂ© dans le territoire sous-jacent est utile pour mettre en balance le bĂ©nĂ©fice et le risque procĂ©dural.
LâICP dâune OCC constitue une option raisonnable chez des patients correctement sĂ©lectionnĂ©s, prĂ©sentant une anatomie appropriĂ©e et des symptĂŽmes persistants, en particulier lorsquâelle est rĂ©alisĂ©e par des opĂ©rateurs expĂ©rimentĂ©s.
LâICP dâune OCC amĂ©liore lâangor et la qualitĂ© de vie, mais nâa pas dĂ©montrĂ© de rĂ©duction de la mortalitĂ© ou de lâinfarctus du myocarde par rapport au traitement mĂ©dical.
Une revascularisation complĂšte est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ©e lorsquâelle est sĂ»re et rĂ©alisable, bien quâune complĂ©tude fonctionnelle puisse ĂȘtre plus pertinente sur le plan clinique quâune complĂ©tude purement anatomique.
Le score SYNTAX doit ĂȘtre calculĂ© en cas de maladie obstructive pluritronculaire afin dâĂ©valuer la complexitĂ© anatomique.
Une approche par Ă©quipe multidisciplinaire et une dĂ©cision partagĂ©e sont appropriĂ©es lorsque lâICP et le PAC constituent tous deux des stratĂ©gies possibles.
Le guidage par IVUS ou OCT est recommandĂ© pour les ICP anatomiquement complexes et doit ĂȘtre envisagĂ© plus largement afin dâoptimiser lâimplantation des stents.
La voie radiale est recommandĂ©e comme abord standard de lâICP.
Les DES sont recommandés de préférence aux stents nus.
Une ICP systĂ©matique de lâartĂšre responsable dâun infarctus occluse plus de 48 heures aprĂšs le dĂ©but dâun infarctus avec sus-dĂ©calage du segment ST nâest pas indiquĂ©e chez les patients stables sans symptĂŽmes persistants.
Chez les patients atteints dâune maladie rĂ©nale chronique avancĂ©e, prĂ©sentant une maladie stable et peu symptomatique, le traitement mĂ©dical seul constitue une alternative raisonnable Ă la revascularisation invasive.
Pronostic et suivi
Bénéfice clinique
Le principal bĂ©nĂ©fice attendu dâune ICP rĂ©ussie dâune OCC est symptomatique : diminution des Ă©pisodes angineux, rĂ©duction de lâischĂ©mie et amĂ©lioration de la qualitĂ© de vie. Les bĂ©nĂ©fices sont les plus probables lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© un TMCR et que les examens mettent en Ă©vidence un myocarde viable et ischĂ©mique vascularisĂ© par le vaisseau occlus.
Bien que les Ă©tudes randomisĂ©es aient montrĂ© une amĂ©lioration de lâangor et de la qualitĂ© de vie, elles nâont pas montrĂ© de rĂ©duction de la mortalitĂ© ou de lâinfarctus du myocarde. LâICP dâune OCC ne doit donc pas ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme un traitement pronostique systĂ©matique chez les patients stables.
Risques Ă long terme
Le pronostic Ă long terme aprĂšs ICP dĂ©pend fortement de la thrombose de stent, de la restĂ©nose, de la progression de la maladie coronaire ainsi que du caractĂšre complet et de lâadĂ©quation fonctionnelle de la revascularisation. En lâabsence de restĂ©nose, le pronostic Ă long terme est dĂ©crit comme excellent dans le document fourni.
La thrombose trĂšs tardive de stent et la restĂ©nose survenant aprĂšs la premiĂšre annĂ©e sont plus probablement liĂ©es Ă une nĂ©oathĂ©rosclĂ©rose, tandis que la restĂ©nose au cours de la premiĂšre annĂ©e est davantage liĂ©e Ă lâhyperplasie nĂ©ointimale.
Stratégie de suivi
Le suivi doit réévaluer :
Lâangor et la tolĂ©rance Ă lâeffort.
Lâobservance du TMCR.
Lâobservance du TAPD et les complications hĂ©morragiques.
La rĂ©apparition de symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune restĂ©nose ou dâune thrombose de stent.
La fonction rĂ©nale chez les patients Ă risque dâinsuffisance rĂ©nale aiguĂ« ou atteints de maladie rĂ©nale chronique.
La fonction ventriculaire gauche lorsque cela est cliniquement pertinent.
La nĂ©cessitĂ© dâune nouvelle Ă©valuation non invasive de lâischĂ©mie ou dâune coronarographie en cas de rĂ©cidive des symptĂŽmes.
La rĂ©pĂ©tition systĂ©matique dâune intervention chez un patient asymptomatique nâest pas Ă©tayĂ©e par les informations fournies. La rĂ©cidive de symptĂŽmes aprĂšs une ICP dâOCC nĂ©cessite de confirmer lâexistence dâune restĂ©nose significative ou dâune autre lĂ©sion limitant le flux avant dâentreprendre une nouvelle revascularisation.