đŸš« Inhibiteurs du SGLT2 pour la protection cardiovasculaire et rĂ©nale

Sommaire (34)

Définition et bases pharmacologiques

Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2) constituent une classe de mĂ©dicaments administrĂ©s par voie orale, initialement dĂ©veloppĂ©s pour abaisser la glycĂ©mie dans le diabĂšte de type 2 (DT2). Les principaux mĂ©dicaments identifiĂ©s dans le document source sont la canagliflozine, la dapagliflozine et l’empagliflozine ; la sotagliflozine est un inhibiteur mixte apparentĂ© du SGLT1/SGLT2.

Le SGLT2 est un transporteur à forte capacité et faible affinité, situé dans les segments S1 et S2 du tubule proximal rénal. Il assure environ 90 % de la réabsorption rénale du glucose. Le glucose restant est réabsorbé par le SGLT1 dans le segment S3. Le SGLT2 participe également à la réabsorption proximale du sodium, le chlore suivant passivement le gradient électrochimique ainsi créé.

En inhibant le SGLT2, ces mĂ©dicaments entraĂźnent une perte couplĂ©e de sodium et de glucose, selon un rapport stƓchiomĂ©trique d’environ 1:1. La glucosurie et la natriurĂšse qui en rĂ©sultent rĂ©duisent la charge de travail du tubule proximal, diminuent le volume plasmatique et abaissent modestement la pression artĂ©rielle. L’augmentation de l’apport de sodium Ă  la macula densa restaure le rĂ©trocontrĂŽle tubuloglomĂ©rulaire, provoquant une vasoconstriction de l’artĂ©riole affĂ©rente et rĂ©duisant l’hyperfiltration glomĂ©rulaire.

Les effets cardiovasculaires et rénaux dépassent le simple contrÎle glycémique. Les mécanismes proposés comprennent :

  • RĂ©duction de l’hypertension glomĂ©rulaire et de l’hyperfiltration

  • Diminution de la demande Ă©nergĂ©tique tubulaire et de la consommation d’oxygĂšne

  • NatriurĂšse et diurĂšse

  • RĂ©duction du volume plasmatique, de la prĂ©charge et de la postcharge

  • Diminution de la contrainte pariĂ©tale ventriculaire gauche

  • RĂ©duction de l’activitĂ© du systĂšme nerveux sympathique

  • AmĂ©lioration de l’efficacitĂ© mĂ©tabolique cardiaque, notamment par une augmentation de l’apport d’oxygĂšne et de l’oxydation du bĂȘta-hydroxybutyrate

  • RĂ©duction de l’activitĂ© du sous-type 3 de l’échangeur sodium-hydrogĂšne

  • AttĂ©nuation du stress oxydatif, de l’inflammation et de la fibrose

  • RĂ©duction du poids corporel et de l’hĂ©moglobine A1c

  • Augmentation de l’uricosurie, avec une rĂ©duction de l’acide urique plasmatique d’environ 10 % Ă  15 %

  • Effets possibles sur l’activitĂ© de l’érythropoĂŻĂ©tine et l’érythropoĂŻĂšse

L’inhibition du SGLT2 pourrait Ă©galement activer la protĂ©ine kinase activĂ©e par l’adĂ©nosine 5â€Č-monophosphate et inhiber la signalisation de la cible de la rapamycine chez les mammifĂšres, complexe 1, rĂ©duisant ainsi l’expression des mĂ©diateurs inflammatoires et l’activitĂ© glycolytique dans les cellules rĂ©nales et cardiovasculaires concernĂ©es. Ces mĂ©canismes cellulaires restent des explications proposĂ©es aux effets cliniques observĂ©s.

Associations avec les maladies cardiovasculaires et rénales

Le diabĂšte augmente fortement le risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse, d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, d’insuffisance cardiaque, de fibrillation atriale et d’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique. Le pronostic est gĂ©nĂ©ralement moins favorable lorsque le diabĂšte coexiste avec ces affections. Toutefois, les effets cardiovasculaires des inhibiteurs du SGLT2 ne s’expliquent pas simplement par leurs effets sur l’hĂ©moglobine A1c.

Des bénéfices cliniques ont été démontrés dans plusieurs populations qui se chevauchent :

  • DT2 avec maladie cardiovasculaire Ă©tablie ou risque cardiovasculaire Ă©levĂ©

  • DT2 avec maladie rĂ©nale chronique

  • Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite (ICFEr), avec ou sans diabĂšte

  • Insuffisance cardiaque sur l’ensemble du spectre de fraction d’éjection, selon les points clĂ©s des recommandations

  • Patients prĂ©sentant une insuffisance rĂ©nale et une maladie cardiovasculaire, indĂ©pendamment du statut diabĂ©tique

Le signal cardiovasculaire le plus net et le plus constant est la réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Les bénéfices comprennent également, dans certaines populations, une réduction de la mortalité cardiovasculaire, des événements cardiovasculaires indésirables majeurs et des événements rénaux défavorables.

Présentation clinique et symptÎmes

Les inhibiteurs du SGLT2 sont des traitements prĂ©ventifs et modificateurs de la maladie, plutĂŽt que des traitements ciblant un ensemble symptomatique particulier. Le document source ne dĂ©crit pas de profil symptomatique caractĂ©ristique lors de l’instauration ou au cours du traitement habituel.

Les complications et syndromes liés au traitement potentiellement importants sur le plan clinique comprennent :

  • HypovolĂ©mie

  • Chutes et syncope, en particulier chez les personnes ĂągĂ©es

  • AcidocĂ©tose diabĂ©tique euglycĂ©mique (ACDE), complication rare mais potentiellement lĂ©tale

  • Diminution prĂ©coce rĂ©versible du dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© (DFGe)

Une ACDE peut survenir en l’absence d’hyperglycĂ©mie marquĂ©e. Les circonstances dĂ©clenchantes rapportĂ©es comprennent les modifications du traitement antidiabĂ©tique, les changements alimentaires, les maladies intercurrentes et la chirurgie non cardiaque. Des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’acidocĂ©tose doivent conduire Ă  mesurer les corps cĂ©toniques, bien que le document source ne fournisse pas de liste dĂ©taillĂ©e des symptĂŽmes.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation avant et pendant le traitement doit porter sur l’état cardiovasculaire, rĂ©nal et volĂ©mique du patient. Le document source recommande d’accorder une attention particuliĂšre aux Ă©lĂ©ments suivants :

  • SĂ©vĂ©ritĂ© de l’insuffisance cardiaque et stabilitĂ© clinique

  • Pression artĂ©rielle, notamment la possibilitĂ© d’une diminution modeste liĂ©e au traitement

  • État volĂ©mique, en particulier lorsque le patient reçoit des diurĂ©tiques

  • SymptĂŽmes ou signes d’hypovolĂ©mie

  • Risque de chutes ou de syncope chez les personnes ĂągĂ©es

  • Fonction rĂ©nale et Ă©volution prĂ©coce aprĂšs l’instauration du traitement

  • Maladie intercurrente, modification alimentaire ou intervention chirurgicale programmĂ©e

  • Facteurs de risque d’acidocĂ©tose, notamment le dĂ©ficit insulinique

Le document source ne fournit pas de protocole d’examen clinique standardisĂ©, de signes cliniques spĂ©cifiques ni de seuils diagnostiques pour instaurer ou suspendre le traitement.

Évaluation diagnostique

Électrocardiographie et Ă©lectrophysiologie

Les critÚres ECG de routine, les indications électrophysiologiques et les protocoles spécifiques de surveillance du rythme ne sont pas fournis dans le document source.

Les inhibiteurs du SGLT2 ont Ă©tĂ© associĂ©s, dans des donnĂ©es rĂ©trospectives et des mĂ©ta-analyses, Ă  une possible rĂ©duction de l’incidence de la fibrillation atriale. Toutefois, des essais prospectifs portant sur la prĂ©vention de la fibrillation atriale chez les patients obĂšses prĂ©sentant un DT2 et une insuffisance cardiaque sont dĂ©crits comme Ă©tant en cours. Les donnĂ©es disponibles n’établissent donc pas d’indication Ă©lectrophysiologique Ă  l’inhibition du SGLT2 et ne justifient pas de prescrire ces mĂ©dicaments dans le seul but de prĂ©venir la fibrillation atriale.

Imagerie cardiaque

Les essais pertinents dans l’insuffisance cardiaque ont inclus des patients prĂ©sentant une ICFEr symptomatique et une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) ≀40 %. Le document source ne fournit pas de critĂšres d’imagerie pour les autres phĂ©notypes d’insuffisance cardiaque et ne dĂ©crit pas de modifications Ă©chocardiographiques spĂ©cifiques imputables au traitement.

Évaluation rĂ©nale

L’évaluation rĂ©nale est essentielle aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques. Les paramĂštres pertinents comprennent :

  • DFGe

  • Albuminurie, Ă©valuĂ©e par le rapport albumine/crĂ©atinine urinaire

  • CrĂ©atininĂ©mie

  • KaliĂ©mie, notamment lorsque le traitement est associĂ© Ă  des inhibiteurs du systĂšme rĂ©nine-angiotensine-aldostĂ©rone ou Ă  des antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes

La diminution prĂ©coce du DFGe aprĂšs l’instauration du traitement est gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible et traduit une rĂ©duction de l’hypertension glomĂ©rulaire plutĂŽt qu’une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ«. Une diminution typique d’environ 3–5 mL/min/1,73 m2 est dĂ©crite, avec une rĂ©cupĂ©ration vers la valeur initiale au cours des semaines ou mois suivants.

Biomarqueurs et résultats biologiques

ParamÚtres glycémiques

Les inhibiteurs du SGLT2 abaissent la glycĂ©mie plasmatique et l’hĂ©moglobine A1c, bien que le document source souligne que les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires et sur l’insuffisance cardiaque semblent largement indĂ©pendants de l’amplitude de la rĂ©duction de l’hĂ©moglobine A1c.

Marqueurs rénaux

Une diminution initiale du DFGe d’environ 3–5 mL/min/1,73 m2 peut survenir aprĂšs l’instauration du traitement. Cette modification est habituellement rĂ©versible et, isolĂ©ment, ne nĂ©cessite pas l’arrĂȘt du traitement. À plus long terme, les inhibiteurs du SGLT2 ralentissent la dĂ©gradation de la fonction rĂ©nale.

Chez les patients prĂ©sentant un DT2 et une maladie rĂ©nale chronique, les inhibiteurs du SGLT2 rĂ©duisent le risque d’évĂ©nements rĂ©naux dĂ©favorables. Ils peuvent ĂȘtre utilisĂ©s quel que soit le degrĂ© d’albuminurie lorsque le DFGe est supĂ©rieur Ă  20 mL/min/1,73 m2, selon les recommandations citĂ©es sur le diabĂšte et la maladie rĂ©nale.

Modifications biologiques liées au volume

La contraction du volume plasmatique peut entraßner une hémoconcentration, notamment :

  • Augmentation de l’azote urĂ©ique sanguin

  • Augmentation de l’hĂ©matocrite

L’augmentation de l’hĂ©matocrite peut Ă©galement reflĂ©ter une stimulation de l’érythropoĂŻĂšse.

Acide urique

L’augmentation de l’excrĂ©tion urinaire d’acide urique rĂ©duit l’acide urique plasmatique d’environ 10 % Ă  15 %. L’augmentation de l’acide urique a Ă©tĂ© impliquĂ©e dans l’insuffisance cardiaque par l’intermĂ©diaire du stress oxydatif et de l’inflammation, bien que le document source n’établisse pas la rĂ©duction de l’acide urique comme une cible thĂ©rapeutique indĂ©pendante.

Corps cétoniques et acidocétose

Lorsqu’une ACDE est suspectĂ©e, les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre mesurĂ©s. Comme une ACDE peut survenir sans hyperglycĂ©mie importante, la glycĂ©mie seule ne suffit pas Ă  exclure cette complication.

Potassium

Les inhibiteurs du SGLT2 peuvent rĂ©duire l’hyperkaliĂ©mie sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par une kaliĂ©mie ≄6 mmol/L, dans diffĂ©rentes catĂ©gories de DFGe. Cet effet peut faciliter la poursuite ou l’augmentation des autres traitements recommandĂ©s, notamment les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, les antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine et les antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes. La kaliĂ©mie doit nĂ©anmoins ĂȘtre surveillĂ©e lorsque ces traitements sont associĂ©s.

DonnĂ©es en faveur d’une protection cardiovasculaire

DiabÚte de type 2 avec maladie cardiovasculaire établie

Dans EMPA-REG OUTCOME, 7020 patients prĂ©sentant un DT2, une maladie cardiovasculaire Ă©tablie et un DFGe supĂ©rieur Ă  30 mL/min/1,73 m2 ont Ă©tĂ© randomisĂ©s pour recevoir de l’empagliflozine ou un placebo. L’empagliflozine a rĂ©duit :

  • Les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs de 14 % : hazard ratio 0.86, intervalle de confiance Ă  95 % 0.74–0.99

  • La mortalitĂ© cardiovasculaire de 38 % : hazard ratio 0.62, intervalle de confiance Ă  95 % 0.49–0.77

  • Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 35 % : hazard ratio 0.65, intervalle de confiance Ă  95 % 0.50–0.85

La mĂȘme Ă©tude est Ă©galement dĂ©crite comme ayant montrĂ© une rĂ©duction de la progression vers l’insuffisance rĂ©nale terminale.

Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite

Les bĂ©nĂ©fices des inhibiteurs du SGLT2 dans l’insuffisance cardiaque sont observĂ©s chez les patients diabĂ©tiques comme chez les patients non diabĂ©tiques.

Dans DAPA-HF, 4744 patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque symptomatique de classe II–IV de la NYHA et une FEVG ≀40 % ont reçu 10 mg de dapagliflozine une fois par jour ou un placebo, en plus du traitement mĂ©dical recommandĂ©. AprĂšs un suivi mĂ©dian de 18.2 mois, la dapagliflozine a rĂ©duit de 26 % le critĂšre composite d’aggravation de l’insuffisance cardiaque ou de dĂ©cĂšs cardiovasculaire :

  • Hazard ratio 0.74

  • Intervalle de confiance Ă  95 % 0.59–0.83

  • P = .00001

Les hospitalisations pour aggravation de l’insuffisance cardiaque ont Ă©tĂ© rĂ©duites, avec un hazard ratio de 0.70. La mortalitĂ© cardiovasculaire a Ă©galement Ă©tĂ© rĂ©duite, avec un hazard ratio de 0.82. Les rĂ©sultats Ă©taient similaires chez les participants diabĂ©tiques et non diabĂ©tiques.

Dans EMPEROR-Reduced, 3730 patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque de classe II–IV de la NYHA et une FEVG ≀40 % ont reçu 10 mg d’empagliflozine une fois par jour ou un placebo, en association avec le traitement standard. AprĂšs un suivi mĂ©dian de 16 mois, l’empagliflozine a rĂ©duit de 25 % le critĂšre composite de dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou d’hospitalisation pour aggravation de l’insuffisance cardiaque :

  • Hazard ratio 0.75

  • Intervalle de confiance Ă  95 % 0.65–0.86

  • P < .001

L’effet du traitement Ă©tait une nouvelle fois constant indĂ©pendamment du statut diabĂ©tique. Le critĂšre principal Ă©tait principalement dĂ©terminĂ© par la diminution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, avec un hazard ratio de 0.70. La mortalitĂ© cardiovasculaire ne diffĂ©rait pas significativement dans cet essai, avec un hazard ratio de 0.92 et un intervalle de confiance Ă  95 % de 0.75–1.12.

Une mĂ©ta-analyse de DAPA-HF et d’EMPEROR-Reduced a mis en Ă©vidence des rĂ©ductions :

  • De la mortalitĂ© toutes causes de 13 % : hazard ratio combinĂ© 0.87, intervalle de confiance Ă  95 % 0.77–0.98

  • De la mortalitĂ© cardiovasculaire de 14 % : hazard ratio combinĂ© 0.86, intervalle de confiance Ă  95 % 0.76–0.98

  • Des critĂšres de jugement rĂ©naux : hazard ratio combinĂ© 0.62, intervalle de confiance Ă  95 % 0.43–0.90

L’effet du traitement Ă©tait constant dans les diffĂ©rents groupes d’ñge. Toutefois, les inhibiteurs du SGLT2 pourraient ĂȘtre moins efficaces dans l’insuffisance cardiaque avancĂ©e, bien que le document source prĂ©sente cette hypothĂšse comme une explication possible des diffĂ©rences entre les principaux essais, et non comme une conclusion dĂ©finitive.

Inhibition mixte du SGLT1/SGLT2

Dans SOLOIST-WHF, la sotagliflozine a rĂ©duit de 33 % le critĂšre composite de dĂ©cĂšs cardiovasculaire, d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou d’hospitalisation urgente pour insuffisance cardiaque :

  • Hazard ratio 0.67

  • Intervalle de confiance Ă  95 % 0.52–0.85

  • P < .001

Le document source indique que la sotagliflozine n’était pas approuvĂ©e par la FDA pour le traitement de l’insuffisance cardiaque au moment dĂ©crit.

Effets sur la pression artérielle et le volume

Les inhibiteurs du SGLT2 abaissent modestement la pression artérielle sans augmenter la fréquence cardiaque. Une méta-analyse de sept essais randomisés a montré une réduction moyenne de la pression artérielle ambulatoire sur 24 heures de :

ParamÚtre tensionnel Réduction moyenne
Pression artérielle systolique 3.6 mmHg
Pression artérielle diastolique 1.7 mmHg

L’effet sur la pression artĂ©rielle Ă©tait supĂ©rieur Ă  celui observĂ© avec les agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 et comparable Ă  celui d’une faible dose d’hydrochlorothiazide dans l’analyse citĂ©e.

Par la natriurĂšse, la diurĂšse osmotique et la contraction du volume plasmatique, les inhibiteurs du SGLT2 peuvent renforcer l’effet des diurĂ©tiques conventionnels. Cela peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique en cas de congestion, mais accroĂźtre le risque d’hypovolĂ©mie, de chutes et de syncope. Une prudence particuliĂšre est donc nĂ©cessaire chez les personnes ĂągĂ©es et chez les patients recevant un diurĂ©tique de l’anse ou un autre diurĂ©tique.

Traitement et prise en charge

Place dans le traitement recommandé

Dans l’ICFEr, les inhibiteurs du SGLT2 sont considĂ©rĂ©s comme un traitement fondamental, au mĂȘme titre que :

  • L’inhibition des rĂ©cepteurs de l’angiotensine et de la nĂ©prilysine ou un autre traitement agissant sur le systĂšme rĂ©nine-angiotensine

  • Le bĂȘtablocage

  • L’antagonisme des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes

Le document source décrit un consensus des recommandations en faveur de leur utilisation dans le cadre du traitement médical recommandé, indépendamment du statut diabétique.

Chez les patients atteints de maladie rĂ©nale chronique et prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse ou une insuffisance cardiaque concomitante, les inhibiteurs du SGLT2 sont recommandĂ©s en complĂ©ment d’un traitement par statine d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  forte pour la maladie athĂ©rosclĂ©reuse. En cas de DT2 et de maladie rĂ©nale chronique, ils sont gĂ©nĂ©ralement ajoutĂ©s Ă  un inhibiteur de l’ECA ou Ă  un ARA lorsque la fonction rĂ©nale le permet.

Instauration et posologie

Les posologies spécifiées dans le document source sont les suivantes :

Médicament Indication ou base de données probantes Posologie indiquée
Dapagliflozine ICFEr dans DAPA-HF ; ICFEr avec ou sans diabĂšte 10 mg une fois par jour
Empagliflozine ICFEr dans EMPEROR-Reduced ; ICFEr avec ou sans diabĂšte 10 mg une fois par jour

Le document source ne fournit pas de dĂ©tails posologiques concernant la canagliflozine, l’ertugliflozine ou la sotagliflozine en dehors des informations issues des essais dĂ©crits.

Considérations rénales

En cas de DT2 associĂ© Ă  une maladie rĂ©nale chronique, le document source recommande d’ajouter un inhibiteur du SGLT2 lorsque le DFGe est >20 mL/min/1,73 m2, quel que soit le degrĂ© d’albuminurie, tout en poursuivant le traitement par inhibiteur de l’ECA ou ARA lorsqu’il est indiquĂ©.

Une baisse initiale du DFGe d’environ 3–5 mL/min/1,73 m2 est attendue et gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible. Elle ne doit pas ĂȘtre automatiquement interprĂ©tĂ©e comme une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« ni conduire Ă  l’arrĂȘt du mĂ©dicament. Une Ă©valuation continue est nĂ©cessaire si la fonction rĂ©nale diminue de façon importante, en cas de dĂ©plĂ©tion volĂ©mique ou si d’autres Ă©lĂ©ments cliniques Ă©voquent une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ«.

Les inhibiteurs de l’ECA ou les ARA peuvent ĂȘtre poursuivis dans l’ICFEr mĂȘme lorsque le DFGe est infĂ©rieur Ă  30 mL/min/1,73 m2, Ă  condition de surveiller Ă©troitement l’hyperkaliĂ©mie. Les inhibiteurs du SGLT2, l’association sacubitril/valsartan et les chĂ©lateurs du potassium peuvent contribuer Ă  rĂ©duire l’hyperkaliĂ©mie et permettre la poursuite ou l’augmentation du traitement recommandĂ©.

Interaction avec les diurétiques

Comme les inhibiteurs du SGLT2 peuvent renforcer la diurĂšse et abaisser la pression artĂ©rielle, le traitement diurĂ©tique doit ĂȘtre réévaluĂ© lors de leur instauration. Chez les personnes ĂągĂ©es ou les patients Ă  risque d’hypovolĂ©mie, une rĂ©duction de la dose du diurĂ©tique doit ĂȘtre envisagĂ©e. La réévaluation continue doit comprendre la pression artĂ©rielle, les symptĂŽmes, la tolĂ©rance orthostatique lorsque cela est cliniquement pertinent et les paramĂštres rĂ©naux.

Prise en charge périopératoire

Les inhibiteurs du SGLT2 doivent ĂȘtre interrompus avant une intervention chirurgicale programmĂ©e en raison du risque d’ACDE. Le document source cite une interruption d’au moins 3–4 jours avant une intervention programmĂ©e, tandis qu’un autre passage conseille de suspendre le traitement pendant plusieurs jours. Les patients doivent ĂȘtre surveillĂ©s Ă  la recherche de symptĂŽmes Ă©vocateurs d’ACDE, et les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre mesurĂ©s lorsque la situation clinique l’indique.

DiabÚte et maladie rénale

En cas de DT2 associé à une maladie rénale chronique :

  • Poursuivre ou instaurer un traitement par inhibiteur de l’ECA ou ARA en prĂ©sence d’albuminurie et surveiller la crĂ©atininĂ©mie et la kaliĂ©mie.

  • Ajouter un inhibiteur du SGLT2 lorsque le DFGe est supĂ©rieur Ă  20 mL/min/1,73 m2.

  • Si les objectifs glycĂ©miques ne sont pas atteints, ou si les inhibiteurs du SGLT2 et la metformine ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©s, ajouter un agoniste des rĂ©cepteurs du GLP-1 Ă  longue durĂ©e d’action.

  • Envisager la finĂ©rĂ©none en cas d’albuminurie persistante aprĂšs traitement par inhibiteur de l’ECA ou ARA associĂ© Ă  un inhibiteur du SGLT2, lorsque le DFGe est ≄25 mL/min/1,73 m2 et que la kaliĂ©mie est <4.8 mmol/L.

Chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 1 ou un DT2 avec dĂ©ficit insulinique, les inhibiteurs du SGLT2 doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence en raison de l’augmentation du risque d’ACDE. L’éducation du patient doit comprendre la surveillance des corps cĂ©toniques et la reconnaissance de l’acidocĂ©tose diabĂ©tique.

Recommandations des sociétés savantes

Les recommandations fournies dans le document source sont résumées ci-dessous.

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
DT2 et maladie rénale chronique Utiliser un inhibiteur du SGLT2 afin de réduire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou la mortalité cardiovasculaire I A
DT2 Ă  risque d’évĂ©nements cardiovasculaires Utiliser les inhibiteurs du SGLT2 afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs, l’insuffisance rĂ©nale terminale et la mortalitĂ© cardiovasculaire I A
DT2 et ICFEr Utiliser la dapagliflozine, l’empagliflozine ou la sotagliflozine afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et la mortalitĂ© cardiovasculaire I A
DT2 avec maladie cardiovasculaire Ă©tablie ou risque cardiovasculaire Ă©levĂ© Utiliser les inhibiteurs du SGLT2 afin de prĂ©venir l’apparition d’une insuffisance cardiaque symptomatique I A
ICFEr, indépendamment du statut diabétique Les inhibiteurs du SGLT2 sont recommandés dans le cadre de la prise en charge I A
DT2 et maladie rĂ©nale chronique avec DFGe >20 mL/min/1,73 m2 Ajouter un inhibiteur du SGLT2 afin de rĂ©duire la progression de la maladie rĂ©nale chronique et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, quel que soit le degrĂ© d’albuminurie Non prĂ©cisĂ©e dans le passage citĂ© Non prĂ©cisĂ©

Le document source indique Ă©galement que les inhibiteurs du SGLT2 amĂ©liorent le pronostic de l’insuffisance cardiaque sur l’ensemble du spectre de fraction d’éjection et peuvent rĂ©duire le risque cardiovasculaire et celui d’insuffisance rĂ©nale chez les patients prĂ©sentant un DT2 et une maladie rĂ©nale chronique.

Sécurité et précautions pratiques

Acidocétose diabétique euglycémique

L’ACDE est rare mais grave. Elle peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e par :

  • Une intervention chirurgicale

  • Une maladie intercurrente

  • Une modification alimentaire

  • Des changements du traitement antidiabĂ©tique

  • Un dĂ©ficit insulinique

L’absence d’hyperglycĂ©mie marquĂ©e n’exclut pas le diagnostic. Le traitement doit ĂȘtre interrompu avant une intervention chirurgicale programmĂ©e, et les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre recherchĂ©s lorsque les symptĂŽmes ou le contexte clinique suscitent une inquiĂ©tude.

Hypovolémie et hypotension

La natriurĂšse et la diurĂšse osmotique peuvent entraĂźner une dĂ©plĂ©tion volĂ©mique excessive, en particulier lorsque les inhibiteurs du SGLT2 sont associĂ©s Ă  des diurĂ©tiques. Les personnes ĂągĂ©es peuvent ĂȘtre particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  l’hypovolĂ©mie, aux chutes et Ă  la syncope. Une rĂ©duction de la posologie des diurĂ©tiques associĂ©s peut ĂȘtre appropriĂ©e.

Fonction rénale

La diminution prĂ©coce attendue du DFGe est gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible et traduit la correction de l’hyperfiltration glomĂ©rulaire. Elle ne constitue pas, Ă  elle seule, une indication Ă  l’arrĂȘt du traitement. Une dĂ©gradation rĂ©nale plus marquĂ©e ou progressive nĂ©cessite une réévaluation clinique.

Hyperkaliémie et traitements associés

Les inhibiteurs du SGLT2 peuvent rĂ©duire l’hyperkaliĂ©mie sĂ©vĂšre et faciliter l’utilisation des inhibiteurs de l’ECA, des ARA et des antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes. La kaliĂ©mie et la fonction rĂ©nale doivent nĂ©anmoins ĂȘtre surveillĂ©es, notamment en cas de maladie rĂ©nale chronique avancĂ©e et lorsque plusieurs traitements susceptibles d’augmenter la kaliĂ©mie sont prescrits.

Pronostic et suivi

Les inhibiteurs du SGLT2 amĂ©liorent le pronostic cardiovasculaire et rĂ©nal dans les populations Ă©tudiĂ©es. Les bĂ©nĂ©fices comprennent une diminution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, une rĂ©duction de la mortalitĂ© cardiovasculaire dans certains essais, une baisse du taux d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs chez les patients Ă  haut risque prĂ©sentant un DT2 et un ralentissement de la progression de la maladie rĂ©nale.

Le suivi doit évaluer :

  • Les symptĂŽmes et signes de congestion ou de dĂ©plĂ©tion volĂ©mique

  • La pression artĂ©rielle et la tolĂ©rance du traitement diurĂ©tique associĂ©

  • La crĂ©atininĂ©mie et le DFGe aprĂšs l’instauration du traitement

  • La kaliĂ©mie en cas d’association avec des inhibiteurs du systĂšme rĂ©nine-angiotensine-aldostĂ©rone ou des antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes

  • Le contrĂŽle glycĂ©mique chez les patients diabĂ©tiques

  • L’albuminurie en cas de maladie rĂ©nale chronique

  • Les maladies intercurrentes et la situation pĂ©riopĂ©ratoire

  • Les symptĂŽmes Ă©vocateurs d’acidocĂ©tose et la nĂ©cessitĂ© de mesurer les corps cĂ©toniques

Dans la nĂ©phropathie diabĂ©tique, le rapport albumine/crĂ©atinine urinaire peut ĂȘtre réévaluĂ© une Ă  quatre fois par an dans le cadre de la prise en charge du risque rĂ©nal. Selon le document source, un avis nĂ©phrologique est indiquĂ© lorsque le DFGe est infĂ©rieur Ă  30 mL/min/1,73 m2, lorsque l’albuminurie dĂ©passe 300 mg/g de crĂ©atinine ou en prĂ©sence de signes atypiques tels qu’une hĂ©maturie ou une diminution rapide de la fonction rĂ©nale.

L’objectif thĂ©rapeutique Ă  long terme est d’assurer une protection cardiorĂ©nale durable tout en prĂ©servant l’ensemble du traitement recommandĂ©. La baisse initiale du DFGe doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans ce cadre thĂ©rapeutique plutĂŽt que comme un Ă©chec du traitement, Ă  condition que le patient reste cliniquement stable et ne dĂ©veloppe pas de signes de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« ou de dĂ©plĂ©tion volĂ©mique importante.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026