Définition et bases pharmacologiques
Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2) constituent une classe de mĂ©dicaments administrĂ©s par voie orale, initialement dĂ©veloppĂ©s pour abaisser la glycĂ©mie dans le diabĂšte de type 2 (DT2). Les principaux mĂ©dicaments identifiĂ©s dans le document source sont la canagliflozine, la dapagliflozine et lâempagliflozine ; la sotagliflozine est un inhibiteur mixte apparentĂ© du SGLT1/SGLT2.
Le SGLT2 est un transporteur à forte capacité et faible affinité, situé dans les segments S1 et S2 du tubule proximal rénal. Il assure environ 90 % de la réabsorption rénale du glucose. Le glucose restant est réabsorbé par le SGLT1 dans le segment S3. Le SGLT2 participe également à la réabsorption proximale du sodium, le chlore suivant passivement le gradient électrochimique ainsi créé.
En inhibant le SGLT2, ces mĂ©dicaments entraĂźnent une perte couplĂ©e de sodium et de glucose, selon un rapport stĆchiomĂ©trique dâenviron 1:1. La glucosurie et la natriurĂšse qui en rĂ©sultent rĂ©duisent la charge de travail du tubule proximal, diminuent le volume plasmatique et abaissent modestement la pression artĂ©rielle. Lâaugmentation de lâapport de sodium Ă la macula densa restaure le rĂ©trocontrĂŽle tubuloglomĂ©rulaire, provoquant une vasoconstriction de lâartĂ©riole affĂ©rente et rĂ©duisant lâhyperfiltration glomĂ©rulaire.
Les effets cardiovasculaires et rénaux dépassent le simple contrÎle glycémique. Les mécanismes proposés comprennent :
RĂ©duction de lâhypertension glomĂ©rulaire et de lâhyperfiltration
Diminution de la demande Ă©nergĂ©tique tubulaire et de la consommation dâoxygĂšne
NatriurĂšse et diurĂšse
Réduction du volume plasmatique, de la précharge et de la postcharge
Diminution de la contrainte pariétale ventriculaire gauche
RĂ©duction de lâactivitĂ© du systĂšme nerveux sympathique
AmĂ©lioration de lâefficacitĂ© mĂ©tabolique cardiaque, notamment par une augmentation de lâapport dâoxygĂšne et de lâoxydation du bĂȘta-hydroxybutyrate
RĂ©duction de lâactivitĂ© du sous-type 3 de lâĂ©changeur sodium-hydrogĂšne
AttĂ©nuation du stress oxydatif, de lâinflammation et de la fibrose
RĂ©duction du poids corporel et de lâhĂ©moglobine A1c
Augmentation de lâuricosurie, avec une rĂ©duction de lâacide urique plasmatique dâenviron 10 % Ă 15 %
Effets possibles sur lâactivitĂ© de lâĂ©rythropoĂŻĂ©tine et lâĂ©rythropoĂŻĂšse
Lâinhibition du SGLT2 pourrait Ă©galement activer la protĂ©ine kinase activĂ©e par lâadĂ©nosine 5âČ-monophosphate et inhiber la signalisation de la cible de la rapamycine chez les mammifĂšres, complexe 1, rĂ©duisant ainsi lâexpression des mĂ©diateurs inflammatoires et lâactivitĂ© glycolytique dans les cellules rĂ©nales et cardiovasculaires concernĂ©es. Ces mĂ©canismes cellulaires restent des explications proposĂ©es aux effets cliniques observĂ©s.
Associations avec les maladies cardiovasculaires et rénales
Le diabĂšte augmente fortement le risque de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse, dâinfarctus du myocarde, dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, dâinsuffisance cardiaque, de fibrillation atriale et dâartĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique. Le pronostic est gĂ©nĂ©ralement moins favorable lorsque le diabĂšte coexiste avec ces affections. Toutefois, les effets cardiovasculaires des inhibiteurs du SGLT2 ne sâexpliquent pas simplement par leurs effets sur lâhĂ©moglobine A1c.
Des bénéfices cliniques ont été démontrés dans plusieurs populations qui se chevauchent :
DT2 avec maladie cardiovasculaire établie ou risque cardiovasculaire élevé
DT2 avec maladie rénale chronique
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite (ICFEr), avec ou sans diabĂšte
Insuffisance cardiaque sur lâensemble du spectre de fraction dâĂ©jection, selon les points clĂ©s des recommandations
Patients présentant une insuffisance rénale et une maladie cardiovasculaire, indépendamment du statut diabétique
Le signal cardiovasculaire le plus net et le plus constant est la réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Les bénéfices comprennent également, dans certaines populations, une réduction de la mortalité cardiovasculaire, des événements cardiovasculaires indésirables majeurs et des événements rénaux défavorables.
Présentation clinique et symptÎmes
Les inhibiteurs du SGLT2 sont des traitements prĂ©ventifs et modificateurs de la maladie, plutĂŽt que des traitements ciblant un ensemble symptomatique particulier. Le document source ne dĂ©crit pas de profil symptomatique caractĂ©ristique lors de lâinstauration ou au cours du traitement habituel.
Les complications et syndromes liés au traitement potentiellement importants sur le plan clinique comprennent :
Hypovolémie
Chutes et syncope, en particulier chez les personnes ùgées
Acidocétose diabétique euglycémique (ACDE), complication rare mais potentiellement létale
Diminution précoce réversible du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe)
Une ACDE peut survenir en lâabsence dâhyperglycĂ©mie marquĂ©e. Les circonstances dĂ©clenchantes rapportĂ©es comprennent les modifications du traitement antidiabĂ©tique, les changements alimentaires, les maladies intercurrentes et la chirurgie non cardiaque. Des symptĂŽmes Ă©vocateurs dâacidocĂ©tose doivent conduire Ă mesurer les corps cĂ©toniques, bien que le document source ne fournisse pas de liste dĂ©taillĂ©e des symptĂŽmes.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation avant et pendant le traitement doit porter sur lâĂ©tat cardiovasculaire, rĂ©nal et volĂ©mique du patient. Le document source recommande dâaccorder une attention particuliĂšre aux Ă©lĂ©ments suivants :
SĂ©vĂ©ritĂ© de lâinsuffisance cardiaque et stabilitĂ© clinique
Pression artĂ©rielle, notamment la possibilitĂ© dâune diminution modeste liĂ©e au traitement
Ătat volĂ©mique, en particulier lorsque le patient reçoit des diurĂ©tiques
SymptĂŽmes ou signes dâhypovolĂ©mie
Risque de chutes ou de syncope chez les personnes ùgées
Fonction rĂ©nale et Ă©volution prĂ©coce aprĂšs lâinstauration du traitement
Maladie intercurrente, modification alimentaire ou intervention chirurgicale programmée
Facteurs de risque dâacidocĂ©tose, notamment le dĂ©ficit insulinique
Le document source ne fournit pas de protocole dâexamen clinique standardisĂ©, de signes cliniques spĂ©cifiques ni de seuils diagnostiques pour instaurer ou suspendre le traitement.
Ăvaluation diagnostique
Ălectrocardiographie et Ă©lectrophysiologie
Les critÚres ECG de routine, les indications électrophysiologiques et les protocoles spécifiques de surveillance du rythme ne sont pas fournis dans le document source.
Les inhibiteurs du SGLT2 ont Ă©tĂ© associĂ©s, dans des donnĂ©es rĂ©trospectives et des mĂ©ta-analyses, Ă une possible rĂ©duction de lâincidence de la fibrillation atriale. Toutefois, des essais prospectifs portant sur la prĂ©vention de la fibrillation atriale chez les patients obĂšses prĂ©sentant un DT2 et une insuffisance cardiaque sont dĂ©crits comme Ă©tant en cours. Les donnĂ©es disponibles nâĂ©tablissent donc pas dâindication Ă©lectrophysiologique Ă lâinhibition du SGLT2 et ne justifient pas de prescrire ces mĂ©dicaments dans le seul but de prĂ©venir la fibrillation atriale.
Imagerie cardiaque
Les essais pertinents dans lâinsuffisance cardiaque ont inclus des patients prĂ©sentant une ICFEr symptomatique et une fraction dâĂ©jection ventriculaire gauche (FEVG) â€40 %. Le document source ne fournit pas de critĂšres dâimagerie pour les autres phĂ©notypes dâinsuffisance cardiaque et ne dĂ©crit pas de modifications Ă©chocardiographiques spĂ©cifiques imputables au traitement.
Ăvaluation rĂ©nale
LâĂ©valuation rĂ©nale est essentielle aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques. Les paramĂštres pertinents comprennent :
DFGe
Albuminurie, évaluée par le rapport albumine/créatinine urinaire
Créatininémie
Kaliémie, notamment lorsque le traitement est associé à des inhibiteurs du systÚme rénine-angiotensine-aldostérone ou à des antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes
La diminution prĂ©coce du DFGe aprĂšs lâinstauration du traitement est gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible et traduit une rĂ©duction de lâhypertension glomĂ©rulaire plutĂŽt quâune lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ«. Une diminution typique dâenviron 3â5 mL/min/1,73 m2 est dĂ©crite, avec une rĂ©cupĂ©ration vers la valeur initiale au cours des semaines ou mois suivants.
Biomarqueurs et résultats biologiques
ParamÚtres glycémiques
Les inhibiteurs du SGLT2 abaissent la glycĂ©mie plasmatique et lâhĂ©moglobine A1c, bien que le document source souligne que les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires et sur lâinsuffisance cardiaque semblent largement indĂ©pendants de lâamplitude de la rĂ©duction de lâhĂ©moglobine A1c.
Marqueurs rénaux
Une diminution initiale du DFGe dâenviron 3â5 mL/min/1,73 m2 peut survenir aprĂšs lâinstauration du traitement. Cette modification est habituellement rĂ©versible et, isolĂ©ment, ne nĂ©cessite pas lâarrĂȘt du traitement. Ă plus long terme, les inhibiteurs du SGLT2 ralentissent la dĂ©gradation de la fonction rĂ©nale.
Chez les patients prĂ©sentant un DT2 et une maladie rĂ©nale chronique, les inhibiteurs du SGLT2 rĂ©duisent le risque dâĂ©vĂ©nements rĂ©naux dĂ©favorables. Ils peuvent ĂȘtre utilisĂ©s quel que soit le degrĂ© dâalbuminurie lorsque le DFGe est supĂ©rieur Ă 20 mL/min/1,73 m2, selon les recommandations citĂ©es sur le diabĂšte et la maladie rĂ©nale.
Modifications biologiques liées au volume
La contraction du volume plasmatique peut entraßner une hémoconcentration, notamment :
Augmentation de lâazote urĂ©ique sanguin
Augmentation de lâhĂ©matocrite
Lâaugmentation de lâhĂ©matocrite peut Ă©galement reflĂ©ter une stimulation de lâĂ©rythropoĂŻĂšse.
Acide urique
Lâaugmentation de lâexcrĂ©tion urinaire dâacide urique rĂ©duit lâacide urique plasmatique dâenviron 10 % Ă 15 %. Lâaugmentation de lâacide urique a Ă©tĂ© impliquĂ©e dans lâinsuffisance cardiaque par lâintermĂ©diaire du stress oxydatif et de lâinflammation, bien que le document source nâĂ©tablisse pas la rĂ©duction de lâacide urique comme une cible thĂ©rapeutique indĂ©pendante.
Corps cétoniques et acidocétose
Lorsquâune ACDE est suspectĂ©e, les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre mesurĂ©s. Comme une ACDE peut survenir sans hyperglycĂ©mie importante, la glycĂ©mie seule ne suffit pas Ă exclure cette complication.
Potassium
Les inhibiteurs du SGLT2 peuvent rĂ©duire lâhyperkaliĂ©mie sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par une kaliĂ©mie â„6 mmol/L, dans diffĂ©rentes catĂ©gories de DFGe. Cet effet peut faciliter la poursuite ou lâaugmentation des autres traitements recommandĂ©s, notamment les inhibiteurs de lâenzyme de conversion de lâangiotensine, les antagonistes des rĂ©cepteurs de lâangiotensine et les antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes. La kaliĂ©mie doit nĂ©anmoins ĂȘtre surveillĂ©e lorsque ces traitements sont associĂ©s.
DonnĂ©es en faveur dâune protection cardiovasculaire
DiabÚte de type 2 avec maladie cardiovasculaire établie
Dans EMPA-REG OUTCOME, 7020 patients prĂ©sentant un DT2, une maladie cardiovasculaire Ă©tablie et un DFGe supĂ©rieur Ă 30 mL/min/1,73 m2 ont Ă©tĂ© randomisĂ©s pour recevoir de lâempagliflozine ou un placebo. Lâempagliflozine a rĂ©duit :
Les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs de 14 % : hazard ratio 0.86, intervalle de confiance Ă 95 % 0.74â0.99
La mortalitĂ© cardiovasculaire de 38 % : hazard ratio 0.62, intervalle de confiance Ă 95 % 0.49â0.77
Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 35 % : hazard ratio 0.65, intervalle de confiance Ă 95 % 0.50â0.85
La mĂȘme Ă©tude est Ă©galement dĂ©crite comme ayant montrĂ© une rĂ©duction de la progression vers lâinsuffisance rĂ©nale terminale.
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite
Les bĂ©nĂ©fices des inhibiteurs du SGLT2 dans lâinsuffisance cardiaque sont observĂ©s chez les patients diabĂ©tiques comme chez les patients non diabĂ©tiques.
Dans DAPA-HF, 4744 patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque symptomatique de classe IIâIV de la NYHA et une FEVG â€40 % ont reçu 10 mg de dapagliflozine une fois par jour ou un placebo, en plus du traitement mĂ©dical recommandĂ©. AprĂšs un suivi mĂ©dian de 18.2 mois, la dapagliflozine a rĂ©duit de 26 % le critĂšre composite dâaggravation de lâinsuffisance cardiaque ou de dĂ©cĂšs cardiovasculaire :
Hazard ratio 0.74
Intervalle de confiance Ă 95 % 0.59â0.83
P = .00001
Les hospitalisations pour aggravation de lâinsuffisance cardiaque ont Ă©tĂ© rĂ©duites, avec un hazard ratio de 0.70. La mortalitĂ© cardiovasculaire a Ă©galement Ă©tĂ© rĂ©duite, avec un hazard ratio de 0.82. Les rĂ©sultats Ă©taient similaires chez les participants diabĂ©tiques et non diabĂ©tiques.
Dans EMPEROR-Reduced, 3730 patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque de classe IIâIV de la NYHA et une FEVG â€40 % ont reçu 10 mg dâempagliflozine une fois par jour ou un placebo, en association avec le traitement standard. AprĂšs un suivi mĂ©dian de 16 mois, lâempagliflozine a rĂ©duit de 25 % le critĂšre composite de dĂ©cĂšs cardiovasculaire ou dâhospitalisation pour aggravation de lâinsuffisance cardiaque :
Hazard ratio 0.75
Intervalle de confiance Ă 95 % 0.65â0.86
P < .001
Lâeffet du traitement Ă©tait une nouvelle fois constant indĂ©pendamment du statut diabĂ©tique. Le critĂšre principal Ă©tait principalement dĂ©terminĂ© par la diminution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, avec un hazard ratio de 0.70. La mortalitĂ© cardiovasculaire ne diffĂ©rait pas significativement dans cet essai, avec un hazard ratio de 0.92 et un intervalle de confiance Ă 95 % de 0.75â1.12.
Une mĂ©ta-analyse de DAPA-HF et dâEMPEROR-Reduced a mis en Ă©vidence des rĂ©ductions :
De la mortalitĂ© toutes causes de 13 % : hazard ratio combinĂ© 0.87, intervalle de confiance Ă 95 % 0.77â0.98
De la mortalitĂ© cardiovasculaire de 14 % : hazard ratio combinĂ© 0.86, intervalle de confiance Ă 95 % 0.76â0.98
Des critĂšres de jugement rĂ©naux : hazard ratio combinĂ© 0.62, intervalle de confiance Ă 95 % 0.43â0.90
Lâeffet du traitement Ă©tait constant dans les diffĂ©rents groupes dâĂąge. Toutefois, les inhibiteurs du SGLT2 pourraient ĂȘtre moins efficaces dans lâinsuffisance cardiaque avancĂ©e, bien que le document source prĂ©sente cette hypothĂšse comme une explication possible des diffĂ©rences entre les principaux essais, et non comme une conclusion dĂ©finitive.
Inhibition mixte du SGLT1/SGLT2
Dans SOLOIST-WHF, la sotagliflozine a rĂ©duit de 33 % le critĂšre composite de dĂ©cĂšs cardiovasculaire, dâhospitalisation pour insuffisance cardiaque ou dâhospitalisation urgente pour insuffisance cardiaque :
Hazard ratio 0.67
Intervalle de confiance Ă 95 % 0.52â0.85
P < .001
Le document source indique que la sotagliflozine nâĂ©tait pas approuvĂ©e par la FDA pour le traitement de lâinsuffisance cardiaque au moment dĂ©crit.
Effets sur la pression artérielle et le volume
Les inhibiteurs du SGLT2 abaissent modestement la pression artérielle sans augmenter la fréquence cardiaque. Une méta-analyse de sept essais randomisés a montré une réduction moyenne de la pression artérielle ambulatoire sur 24 heures de :
| ParamÚtre tensionnel | Réduction moyenne |
|---|---|
| Pression artérielle systolique | 3.6 mmHg |
| Pression artérielle diastolique | 1.7 mmHg |
Lâeffet sur la pression artĂ©rielle Ă©tait supĂ©rieur Ă celui observĂ© avec les agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 et comparable Ă celui dâune faible dose dâhydrochlorothiazide dans lâanalyse citĂ©e.
Par la natriurĂšse, la diurĂšse osmotique et la contraction du volume plasmatique, les inhibiteurs du SGLT2 peuvent renforcer lâeffet des diurĂ©tiques conventionnels. Cela peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique en cas de congestion, mais accroĂźtre le risque dâhypovolĂ©mie, de chutes et de syncope. Une prudence particuliĂšre est donc nĂ©cessaire chez les personnes ĂągĂ©es et chez les patients recevant un diurĂ©tique de lâanse ou un autre diurĂ©tique.
Traitement et prise en charge
Place dans le traitement recommandé
Dans lâICFEr, les inhibiteurs du SGLT2 sont considĂ©rĂ©s comme un traitement fondamental, au mĂȘme titre que :
Lâinhibition des rĂ©cepteurs de lâangiotensine et de la nĂ©prilysine ou un autre traitement agissant sur le systĂšme rĂ©nine-angiotensine
Le bĂȘtablocage
Lâantagonisme des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes
Le document source décrit un consensus des recommandations en faveur de leur utilisation dans le cadre du traitement médical recommandé, indépendamment du statut diabétique.
Chez les patients atteints de maladie rĂ©nale chronique et prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse ou une insuffisance cardiaque concomitante, les inhibiteurs du SGLT2 sont recommandĂ©s en complĂ©ment dâun traitement par statine dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e Ă forte pour la maladie athĂ©rosclĂ©reuse. En cas de DT2 et de maladie rĂ©nale chronique, ils sont gĂ©nĂ©ralement ajoutĂ©s Ă un inhibiteur de lâECA ou Ă un ARA lorsque la fonction rĂ©nale le permet.
Instauration et posologie
Les posologies spécifiées dans le document source sont les suivantes :
| Médicament | Indication ou base de données probantes | Posologie indiquée |
|---|---|---|
| Dapagliflozine | ICFEr dans DAPA-HF ; ICFEr avec ou sans diabĂšte | 10 mg une fois par jour |
| Empagliflozine | ICFEr dans EMPEROR-Reduced ; ICFEr avec ou sans diabĂšte | 10 mg une fois par jour |
Le document source ne fournit pas de dĂ©tails posologiques concernant la canagliflozine, lâertugliflozine ou la sotagliflozine en dehors des informations issues des essais dĂ©crits.
Considérations rénales
En cas de DT2 associĂ© Ă une maladie rĂ©nale chronique, le document source recommande dâajouter un inhibiteur du SGLT2 lorsque le DFGe est >20 mL/min/1,73 m2, quel que soit le degrĂ© dâalbuminurie, tout en poursuivant le traitement par inhibiteur de lâECA ou ARA lorsquâil est indiquĂ©.
Une baisse initiale du DFGe dâenviron 3â5 mL/min/1,73 m2 est attendue et gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible. Elle ne doit pas ĂȘtre automatiquement interprĂ©tĂ©e comme une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« ni conduire Ă lâarrĂȘt du mĂ©dicament. Une Ă©valuation continue est nĂ©cessaire si la fonction rĂ©nale diminue de façon importante, en cas de dĂ©plĂ©tion volĂ©mique ou si dâautres Ă©lĂ©ments cliniques Ă©voquent une lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ«.
Les inhibiteurs de lâECA ou les ARA peuvent ĂȘtre poursuivis dans lâICFEr mĂȘme lorsque le DFGe est infĂ©rieur Ă 30 mL/min/1,73 m2, Ă condition de surveiller Ă©troitement lâhyperkaliĂ©mie. Les inhibiteurs du SGLT2, lâassociation sacubitril/valsartan et les chĂ©lateurs du potassium peuvent contribuer Ă rĂ©duire lâhyperkaliĂ©mie et permettre la poursuite ou lâaugmentation du traitement recommandĂ©.
Interaction avec les diurétiques
Comme les inhibiteurs du SGLT2 peuvent renforcer la diurĂšse et abaisser la pression artĂ©rielle, le traitement diurĂ©tique doit ĂȘtre réévaluĂ© lors de leur instauration. Chez les personnes ĂągĂ©es ou les patients Ă risque dâhypovolĂ©mie, une rĂ©duction de la dose du diurĂ©tique doit ĂȘtre envisagĂ©e. La réévaluation continue doit comprendre la pression artĂ©rielle, les symptĂŽmes, la tolĂ©rance orthostatique lorsque cela est cliniquement pertinent et les paramĂštres rĂ©naux.
Prise en charge périopératoire
Les inhibiteurs du SGLT2 doivent ĂȘtre interrompus avant une intervention chirurgicale programmĂ©e en raison du risque dâACDE. Le document source cite une interruption dâau moins 3â4 jours avant une intervention programmĂ©e, tandis quâun autre passage conseille de suspendre le traitement pendant plusieurs jours. Les patients doivent ĂȘtre surveillĂ©s Ă la recherche de symptĂŽmes Ă©vocateurs dâACDE, et les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre mesurĂ©s lorsque la situation clinique lâindique.
DiabÚte et maladie rénale
En cas de DT2 associé à une maladie rénale chronique :
Poursuivre ou instaurer un traitement par inhibiteur de lâECA ou ARA en prĂ©sence dâalbuminurie et surveiller la crĂ©atininĂ©mie et la kaliĂ©mie.
Ajouter un inhibiteur du SGLT2 lorsque le DFGe est supérieur à 20 mL/min/1,73 m2.
Si les objectifs glycĂ©miques ne sont pas atteints, ou si les inhibiteurs du SGLT2 et la metformine ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©s, ajouter un agoniste des rĂ©cepteurs du GLP-1 Ă longue durĂ©e dâaction.
Envisager la finĂ©rĂ©none en cas dâalbuminurie persistante aprĂšs traitement par inhibiteur de lâECA ou ARA associĂ© Ă un inhibiteur du SGLT2, lorsque le DFGe est â„25 mL/min/1,73 m2 et que la kaliĂ©mie est <4.8 mmol/L.
Chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 1 ou un DT2 avec dĂ©ficit insulinique, les inhibiteurs du SGLT2 doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence en raison de lâaugmentation du risque dâACDE. LâĂ©ducation du patient doit comprendre la surveillance des corps cĂ©toniques et la reconnaissance de lâacidocĂ©tose diabĂ©tique.
Recommandations des sociétés savantes
Les recommandations fournies dans le document source sont résumées ci-dessous.
| Situation clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| DT2 et maladie rénale chronique | Utiliser un inhibiteur du SGLT2 afin de réduire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou la mortalité cardiovasculaire | I | A |
| DT2 Ă risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires | Utiliser les inhibiteurs du SGLT2 afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs, lâinsuffisance rĂ©nale terminale et la mortalitĂ© cardiovasculaire | I | A |
| DT2 et ICFEr | Utiliser la dapagliflozine, lâempagliflozine ou la sotagliflozine afin de rĂ©duire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et la mortalitĂ© cardiovasculaire | I | A |
| DT2 avec maladie cardiovasculaire Ă©tablie ou risque cardiovasculaire Ă©levĂ© | Utiliser les inhibiteurs du SGLT2 afin de prĂ©venir lâapparition dâune insuffisance cardiaque symptomatique | I | A |
| ICFEr, indépendamment du statut diabétique | Les inhibiteurs du SGLT2 sont recommandés dans le cadre de la prise en charge | I | A |
| DT2 et maladie rĂ©nale chronique avec DFGe >20 mL/min/1,73 m2 | Ajouter un inhibiteur du SGLT2 afin de rĂ©duire la progression de la maladie rĂ©nale chronique et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, quel que soit le degrĂ© dâalbuminurie | Non prĂ©cisĂ©e dans le passage citĂ© | Non prĂ©cisĂ© |
Le document source indique Ă©galement que les inhibiteurs du SGLT2 amĂ©liorent le pronostic de lâinsuffisance cardiaque sur lâensemble du spectre de fraction dâĂ©jection et peuvent rĂ©duire le risque cardiovasculaire et celui dâinsuffisance rĂ©nale chez les patients prĂ©sentant un DT2 et une maladie rĂ©nale chronique.
Sécurité et précautions pratiques
Acidocétose diabétique euglycémique
LâACDE est rare mais grave. Elle peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e par :
Une intervention chirurgicale
Une maladie intercurrente
Une modification alimentaire
Des changements du traitement antidiabétique
Un déficit insulinique
Lâabsence dâhyperglycĂ©mie marquĂ©e nâexclut pas le diagnostic. Le traitement doit ĂȘtre interrompu avant une intervention chirurgicale programmĂ©e, et les corps cĂ©toniques doivent ĂȘtre recherchĂ©s lorsque les symptĂŽmes ou le contexte clinique suscitent une inquiĂ©tude.
Hypovolémie et hypotension
La natriurĂšse et la diurĂšse osmotique peuvent entraĂźner une dĂ©plĂ©tion volĂ©mique excessive, en particulier lorsque les inhibiteurs du SGLT2 sont associĂ©s Ă des diurĂ©tiques. Les personnes ĂągĂ©es peuvent ĂȘtre particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă lâhypovolĂ©mie, aux chutes et Ă la syncope. Une rĂ©duction de la posologie des diurĂ©tiques associĂ©s peut ĂȘtre appropriĂ©e.
Fonction rénale
La diminution prĂ©coce attendue du DFGe est gĂ©nĂ©ralement rĂ©versible et traduit la correction de lâhyperfiltration glomĂ©rulaire. Elle ne constitue pas, Ă elle seule, une indication Ă lâarrĂȘt du traitement. Une dĂ©gradation rĂ©nale plus marquĂ©e ou progressive nĂ©cessite une réévaluation clinique.
Hyperkaliémie et traitements associés
Les inhibiteurs du SGLT2 peuvent rĂ©duire lâhyperkaliĂ©mie sĂ©vĂšre et faciliter lâutilisation des inhibiteurs de lâECA, des ARA et des antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes. La kaliĂ©mie et la fonction rĂ©nale doivent nĂ©anmoins ĂȘtre surveillĂ©es, notamment en cas de maladie rĂ©nale chronique avancĂ©e et lorsque plusieurs traitements susceptibles dâaugmenter la kaliĂ©mie sont prescrits.
Pronostic et suivi
Les inhibiteurs du SGLT2 amĂ©liorent le pronostic cardiovasculaire et rĂ©nal dans les populations Ă©tudiĂ©es. Les bĂ©nĂ©fices comprennent une diminution des hospitalisations pour insuffisance cardiaque, une rĂ©duction de la mortalitĂ© cardiovasculaire dans certains essais, une baisse du taux dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs chez les patients Ă haut risque prĂ©sentant un DT2 et un ralentissement de la progression de la maladie rĂ©nale.
Le suivi doit évaluer :
Les symptÎmes et signes de congestion ou de déplétion volémique
La pression artérielle et la tolérance du traitement diurétique associé
La crĂ©atininĂ©mie et le DFGe aprĂšs lâinstauration du traitement
La kaliĂ©mie en cas dâassociation avec des inhibiteurs du systĂšme rĂ©nine-angiotensine-aldostĂ©rone ou des antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes
Le contrÎle glycémique chez les patients diabétiques
Lâalbuminurie en cas de maladie rĂ©nale chronique
Les maladies intercurrentes et la situation périopératoire
Les symptĂŽmes Ă©vocateurs dâacidocĂ©tose et la nĂ©cessitĂ© de mesurer les corps cĂ©toniques
Dans la nĂ©phropathie diabĂ©tique, le rapport albumine/crĂ©atinine urinaire peut ĂȘtre réévaluĂ© une Ă quatre fois par an dans le cadre de la prise en charge du risque rĂ©nal. Selon le document source, un avis nĂ©phrologique est indiquĂ© lorsque le DFGe est infĂ©rieur Ă 30 mL/min/1,73 m2, lorsque lâalbuminurie dĂ©passe 300 mg/g de crĂ©atinine ou en prĂ©sence de signes atypiques tels quâune hĂ©maturie ou une diminution rapide de la fonction rĂ©nale.
Lâobjectif thĂ©rapeutique Ă long terme est dâassurer une protection cardiorĂ©nale durable tout en prĂ©servant lâensemble du traitement recommandĂ©. La baisse initiale du DFGe doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre interprĂ©tĂ©e dans ce cadre thĂ©rapeutique plutĂŽt que comme un Ă©chec du traitement, Ă condition que le patient reste cliniquement stable et ne dĂ©veloppe pas de signes de lĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« ou de dĂ©plĂ©tion volĂ©mique importante.