đŸš« Infarctus du myocarde postĂ©rieur : diagnostic sur l’ECG standard

Sommaire (22)

Définition et physiopathologie

L’infarctus du myocarde postĂ©rieur correspond Ă  une nĂ©crose myocardique intĂ©ressant la rĂ©gion postĂ©rieure du ventricule gauche, gĂ©nĂ©ralement dans le cadre d’un infarctus infĂ©ro-postĂ©rieur ou postĂ©ro-latĂ©ral. Sa reconnaissance est cliniquement importante, car l’infarctus postĂ©rieur peut ne pas entraĂźner de sus-dĂ©calage conventionnel du segment ST sur l’ECG standard Ă  12 dĂ©rivations. Les modifications Ă©lectriques liĂ©es Ă  l’infarctus peuvent au contraire ĂȘtre enregistrĂ©es indirectement sous la forme d’anomalies en miroir dans les dĂ©rivations prĂ©cordiales antĂ©rieures.

L’ischĂ©mie myocardique aiguĂ« modifie le potentiel membranaire de repos et la durĂ©e du potentiel d’action des cellules myocardiques atteintes. Le gradient de voltage qui en rĂ©sulte entre le myocarde normal et le myocarde ischĂ©mique gĂ©nĂšre des courants de lĂ©sion, qui se traduisent Ă  la surface par un dĂ©placement du segment ST. Lorsque le vecteur d’ischĂ©mie est dirigĂ© Ă  l’opposĂ© des dĂ©rivations antĂ©rieures standard, l’infarctus postĂ©rieur peut se manifester par un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque du segment ST plutĂŽt que par un sus-dĂ©calage apparent du segment ST.

L’atteinte postĂ©rieure est frĂ©quemment associĂ©e Ă  un infarctus du myocarde infĂ©rieur ou latĂ©ral. Par consĂ©quent, l’infarctus postĂ©rieur ne doit pas ĂȘtre considĂ©rĂ© dans tous les cas comme un tracĂ© Ă©lectrocardiographique isolĂ© ; il peut constituer la composante postĂ©rieure d’un territoire infarci plus Ă©tendu.

Présentation clinique et symptÎmes

Le matĂ©riel source aborde principalement l’infarctus postĂ©rieur dans le contexte d’un syndrome coronarien aigu suspectĂ© et d’une ischĂ©mie myocardique aiguĂ«. Les patients peuvent prĂ©senter une douleur thoracique aiguĂ« ou des symptĂŽmes Ă©quivalents Ă  une douleur thoracique. L’évaluation ECG reste nĂ©cessaire mĂȘme lorsque les symptĂŽmes se sont amendĂ©s au moment de l’évaluation mĂ©dicale, car une ischĂ©mie transitoire ou Ă©volutive peut encore nĂ©cessiter une Ă©valuation urgente en vue d’une reperfusion.

L’infarctus du myocarde postĂ©rieur peut ĂȘtre Ă©lectriquement discret sur l’ECG standard initial. Un tracĂ© non diagnostique n’exclut donc pas un infarctus aigu, en particulier lorsque la prĂ©sentation clinique est compatible avec un syndrome coronarien aigu. La persistance ou la rĂ©cidive des symptĂŽmes doit conduire Ă  rĂ©pĂ©ter l’ECG et Ă  envisager l’enregistrement de dĂ©rivations supplĂ©mentaires.

Évaluation et examen clinique

Lors du premier contact mĂ©dical, l’évaluation doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e simultanĂ©ment Ă  l’enregistrement de l’ECG initial. Elle comprend la mesure rapide des constantes vitales et un examen clinique ciblĂ©, Ă  la recherche Ă  la fois de diagnostics diffĂ©rentiels et de signes de gravitĂ© d’un syndrome coronarien aigu.

L’examen clinique doit comprendre :

  • Évaluation de tous les pouls pĂ©riphĂ©riques majeurs.

  • Mesure de la pression artĂ©rielle aux deux bras.

  • Auscultation cardiaque.

  • Auscultation pulmonaire.

  • Recherche de signes d’insuffisance cardiaque.

  • Évaluation d’un compromis circulatoire, d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique ou d’une instabilitĂ© Ă©lectrique.

L’infarctus postĂ©rieur peut survenir chez des patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu cliniquement instable, mais l’examen clinique ne permet pas d’établir ni d’exclure de maniĂšre fiable le diagnostic. L’ECG et l’évaluation sĂ©riĂ©e restent essentiels.

Stratégie diagnostique

ECG initial à 12 dérivations

L’ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations est l’examen diagnostique de premiĂšre intention en cas de suspicion de syndrome coronarien aigu. Il doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© immĂ©diatement lors du premier contact mĂ©dical et interprĂ©tĂ© dans un dĂ©lai cible de 10 minutes. La rĂ©alisation d’un ECG prĂ©hospitalier peut rĂ©duire le dĂ©lai diagnostique et faciliter l’orientation des patients prĂ©sentant un infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST vers un Ă©tablissement capable de rĂ©aliser une intervention coronaire percutanĂ©e.

L’ECG initial doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© en association avec la prĂ©sentation clinique et, lorsqu’ils sont disponibles, avec les tracĂ©s antĂ©rieurs. Un ECG antĂ©rieur peut aider Ă  distinguer les anomalies nouvelles des anomalies chroniques de base, mais la comparaison avec un tracĂ© antĂ©rieur ne doit pas retarder le traitement lorsqu’une occlusion coronaire aiguĂ« est suspectĂ©e.

TracĂ© ECG standard Ă©vocateur d’un infarctus postĂ©rieur

L’ischĂ©mie postĂ©rieure peut ĂȘtre identifiĂ©e indirectement par un sous-dĂ©calage rĂ©ciproque du segment ST dans les dĂ©rivations V1–V3. Dans le contexte clinique appropriĂ©, ce tracĂ© constitue un Ă©quivalent de sus-dĂ©calage du segment ST dans le cadre d’un syndrome coronarien aigu.

Les principales anomalies sur l’ECG standard sont :

  • Sous-dĂ©calage du segment ST en V1–V3, en particulier lorsqu’il est horizontal ou dynamique.

  • Ondes R amples en V1–V2, traduisant la perte des forces de dĂ©polarisation postĂ©rieures.

  • Ondes T positives ou relativement amples dans les dĂ©rivations antĂ©rieures Ă  la phase aiguĂ«.

  • Modifications rĂ©ciproques associĂ©es Ă  un infarctus infĂ©rieur ou latĂ©ral.

Le caractĂšre rĂ©ciproque du tracĂ© est important. Un sous-dĂ©calage antĂ©rieur du segment ST peut correspondre Ă  un sus-dĂ©calage postĂ©rieur du segment ST observĂ© depuis le cĂŽtĂ© opposĂ© du cƓur. Ainsi, l’absence de sus-dĂ©calage visible du segment ST dans les dĂ©rivations standard n’indique pas nĂ©cessairement un syndrome sans occlusion ou Ă  faible risque.

L’infarctus postĂ©rieur peut ĂȘtre particuliĂšrement difficile Ă  reconnaĂźtre lorsque les anomalies initiales sont minimes, transitoires ou masquĂ©es par des anomalies prĂ©existantes telles qu’un bloc de branche gauche, une hypertrophie ventriculaire, une stimulation ventriculaire ou d’autres troubles de la conduction.

RĂ©alisation d’ECG sĂ©riĂ©s

L’ischĂ©mie myocardique aiguĂ« est dynamique et un ECG unique peut ĂȘtre non diagnostique. Des enregistrements sĂ©riĂ©s sont donc indispensables lorsque les symptĂŽmes persistent ou rĂ©cidivent, ou lorsque le tracĂ© initial n’explique pas la prĂ©sentation clinique.

Des ECG sĂ©riĂ©s peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s Ă  intervalles de 15–30 minutes au cours des 1–2 premiĂšres heures chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes persistants ou rĂ©cidivants, ou dont l’ECG initial est non diagnostique. D’autres recommandations prĂ©conisent de rĂ©pĂ©ter les enregistrements toutes les 30–60 minutes lors de l’évaluation initiale aux urgences. Une surveillance continue Ă  12 dĂ©rivations assistĂ©e par ordinateur peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsqu’elle est disponible afin d’identifier les modifications Ă©volutives.

Les ECG sériés sont utiles pour :

  • DĂ©tecter un sous-dĂ©calage ou un sus-dĂ©calage dynamique du segment ST.

  • Montrer la progression d’un tracĂ© postĂ©rieur initialement discret.

  • Évaluer la rĂ©solution du sus-dĂ©calage du segment ST comme marqueur de reperfusion.

  • Identifier une rĂ©occlusion ou une rĂ©cidive de l’ischĂ©mie.

Un ECG antĂ©rieur normal n’exclut pas un Ă©vĂ©nement aigu Ă©volutif, et un ECG initial normal ne doit pas interrompre l’évaluation lorsque la suspicion clinique reste Ă©levĂ©e.

Dérivations postérieures supplémentaires

Les dĂ©rivations postĂ©rieures supplĂ©mentaires V7–V9 sont recommandĂ©es lorsque l’ECG standard est non diagnostique et qu’une ischĂ©mie postĂ©rieure est suspectĂ©e. Ces dĂ©rivations peuvent transformer le tracĂ© indirect en miroir antĂ©rieur en preuve directe d’un sus-dĂ©calage postĂ©rieur du segment ST.

La mise en place des dérivations postérieures est particuliÚrement pertinente en présence de :

  • Douleur thoracique ischĂ©mique persistante.

  • Sous-dĂ©calage du segment ST en V1–V3 sans autre explication Ă©vidente.

  • Modifications infĂ©rieures ou latĂ©rales du segment ST avec suspicion d’extension postĂ©rieure.

  • ECG standard non diagnostique malgrĂ© une prĂ©sentation clinique compatible avec un syndrome coronarien aigu.

L’ECG standard doit donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un point de dĂ©part plutĂŽt que comme une Ă©valuation complĂšte de la lĂ©sion myocardique postĂ©rieure.

Interprétation électrocardiographique détaillée

Sous-décalage réciproque du segment ST

Le principal indice ECG standard d’un infarctus postĂ©rieur est le sous-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations prĂ©cordiales antĂ©rieures, en particulier V1–V3. Il peut s’accompagner d’un sus-dĂ©calage du segment ST dans les dĂ©rivations infĂ©rieures ou latĂ©rales lorsque l’infarctus est plus Ă©tendu.

Des dĂ©placements plus marquĂ©s du segment ST, des anomalies intĂ©ressant plusieurs dĂ©rivations ou territoires et une Ă©volution dynamique sont associĂ©s Ă  une ischĂ©mie myocardique plus sĂ©vĂšre et Ă  un pronostic plus dĂ©favorable. Un sous-dĂ©calage diffus du segment ST, en particulier lorsqu’il s’accompagne d’un sus-dĂ©calage du segment ST en aVR ou V1 et d’un compromis hĂ©modynamique, peut Ă©voquer une atteinte pluritronculaire ou du tronc commun coronaire gauche plutĂŽt qu’un infarctus postĂ©rieur isolĂ©.

Ondes R antérieures amples

La nĂ©crose myocardique postĂ©rieure peut rĂ©duire ou supprimer les forces Ă©lectriques postĂ©rieures normales qui contribuent Ă  la progression de l’onde R en prĂ©cordiales. Les dĂ©rivations antĂ©rieures peuvent alors montrer des ondes R amples, notamment en V1 et V2, manifestation rĂ©ciproque du dĂ©veloppement d’ondes Q postĂ©rieures.

Cependant, des ondes R amples ne sont pas spĂ©cifiques. L’interprĂ©tation doit prendre en compte les autres causes de modification de la dĂ©polarisation, notamment l’hypertrophie ventriculaire, les troubles de la conduction, la prĂ©-excitation, les facteurs positionnels et l’infarctus postĂ©rieur ou latĂ©ral.

Anomalies de l’onde T

Des anomalies de l’onde T peuvent accompagner l’ischĂ©mie postĂ©rieure. À la phase aiguĂ«, des ondes T positives amples peuvent apparaĂźtre dans les dĂ©rivations antĂ©rieures rĂ©ciproques ; une inversion de l’onde T peut ensuite se dĂ©velopper avec l’évolution de l’infarctus. Les anomalies de l’onde T sont moins spĂ©cifiques que les modifications du segment ST et ne doivent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©es isolĂ©ment.

Ondes Q et perte de l’onde R

L’apparition d’ondes Q indique gĂ©nĂ©ralement une nĂ©crose myocardique, mais la relation entre les ondes Q et la transmuralitĂ© est imparfaite. Un infarctus postĂ©rieur peut entraĂźner une augmentation rĂ©ciproque de l’amplitude de l’onde R en V1–V2 sans ondes Q diagnostiques dans les dĂ©rivations conventionnelles. Les dĂ©rivations postĂ©rieures supplĂ©mentaires peuvent mettre en Ă©vidence les anomalies correspondantes liĂ©es Ă  l’infarctus.

Des ondes Q peuvent Ă©galement survenir dans des affections non ischĂ©miques, notamment l’hypertrophie ventriculaire, les cardiomyopathies, les troubles de la conduction et d’autres formes de lĂ©sion myocardique. Leur valeur diagnostique augmente lorsqu’elles surviennent dans un groupe de dĂ©rivations appropriĂ© et s’accompagnent d’anomalies concordantes du segment ST ou de l’onde T.

Diagnostic différentiel du tracé ECG standard

Le sous-dĂ©calage antĂ©rieur du segment ST et les ondes R antĂ©rieures amples ne sont pas pathognomoniques d’un infarctus postĂ©rieur. Le diagnostic diffĂ©rentiel comprend d’autres causes d’anomalies de la repolarisation, de modification de la dĂ©polarisation ventriculaire et de lĂ©sion myocardique aiguĂ«.

Les principales possibilités à considérer sont :

  • Infarctus du myocarde infĂ©rieur ou latĂ©ral avec extension postĂ©rieure.

  • Hypertrophie ventriculaire gauche.

  • Hypertrophie ventriculaire droite.

  • Troubles de la conduction intraventriculaire, notamment bloc de branche gauche.

  • PrĂ©-excitation de Wolff–Parkinson–White.

  • PĂ©ricardite aiguĂ«.

  • Myocardite.

  • Embolie pulmonaire.

  • Troubles Ă©lectrolytiques ou mĂ©taboliques.

  • Syndrome de Takotsubo.

  • Repolarisation prĂ©coce ou autres variantes normales.

  • Cardiomyopathie avec fibrose myocardique.

L’embolie pulmonaire peut s’accompagner d’une tachycardie sinusale, d’une dĂ©viation axiale droite, d’un bloc de branche droit, d’une inversion de l’onde T en V1–V4 et de l’association d’une onde S en dĂ©rivation I avec une onde Q et une inversion de l’onde T en dĂ©rivation III. La pĂ©ricardite entraĂźne plus typiquement un sus-dĂ©calage diffus du segment ST avec sous-dĂ©calage du segment PR plutĂŽt qu’un tracĂ© rĂ©ciproque postĂ©rieur territorial.

Les modifications dynamiques, apparaissant dans un dĂ©lai concordant avec les symptĂŽmes, sont particuliĂšrement utiles pour diffĂ©rencier une ischĂ©mie myocardique aiguĂ« d’anomalies chroniques ou non ischĂ©miques.

Biomarqueurs et résultats biologiques

L’ECG ne permet pas Ă  lui seul d’établir une nĂ©crose myocardique. Le diagnostic d’infarctus aigu du myocarde repose sur l’ensemble des symptĂŽmes, des anomalies ECG, des biomarqueurs cardiaques et, si nĂ©cessaire, de l’imagerie.

Chez un patient prĂ©sentant des symptĂŽmes ischĂ©miques sans sus-dĂ©calage initial du segment ST, la dĂ©tection d’un biomarqueur cardiaque de nĂ©crose myocardique Ă©taye le diagnostic d’infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST. Inversement, les patients chez lesquels le diagnostic de travail repose sur un sus-dĂ©calage du segment ST ou un Ă©quivalent de sus-dĂ©calage du segment ST peuvent finalement prĂ©senter un autre diagnostic, et les rĂ©sultats des biomarqueurs contribuent Ă  la confirmation.

La troponine cardiaque hypersensible occupe une place centrale dans l’évaluation contemporaine. Des mesures sĂ©riĂ©es peuvent ĂȘtre associĂ©es Ă  des ECG sĂ©riĂ©s afin d’identifier une lĂ©sion myocardique Ă©volutive et de distinguer les anomalies aiguĂ«s des anomalies chroniques. L’élĂ©vation de la troponine n’est toutefois pas spĂ©cifique d’une occlusion coronaire ; une lĂ©sion myocardique peut Ă©galement survenir en cas de myocardite, de syndrome de Takotsubo et dans d’autres affections.

Le matĂ©riel source ne prĂ©cise pas de seuil spĂ©cifique de biomarqueur pour l’infarctus postĂ©rieur ni de protocole biologique liĂ© Ă  la posologie.

Imagerie et évaluation coronaire

Une coronarographie diagnostique urgente avec revascularisation, lorsque celle-ci est rĂ©alisable, est indiquĂ©e dans les prĂ©sentations sans sus-dĂ©calage du segment ST en cas d’angor rĂ©fractaire ou d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique. Un tracĂ© d’infarctus postĂ©rieur constituant un Ă©quivalent de sus-dĂ©calage du segment ST doit conduire Ă  envisager une stratĂ©gie invasive immĂ©diate de reperfusion, comme pour les autres tableaux d’occlusion coronaire aiguĂ«, sauf contre-indication.

L’échocardiographie peut fournir des Ă©lĂ©ments en faveur d’une anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale et aider Ă  Ă©valuer la fonction ventriculaire gauche. En cas de douleur thoracique rĂ©cidivante avec compromis hĂ©modynamique aprĂšs l’infarctus, l’échocardiographie transthoracique peut contribuer Ă  rechercher des complications mĂ©caniques.

L’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiaque permet de caractĂ©riser avec une haute rĂ©solution la lĂ©sion myocardique et la distribution de l’infarctus. Le rehaussement tardif au gadolinium identifie le tissu infarci en montrant un signal dans la rĂ©gion lĂ©sĂ©e, contrairement au myocarde normal. La mise en Ă©vidence Ă  l’imagerie d’un amincissement myocardique rĂ©gional, d’une cicatrice ou d’une diminution de la cinĂ©tique pariĂ©tale selon une distribution ischĂ©mique Ă©taye le diagnostic d’infarctus du myocarde antĂ©rieur lorsque les anomalies ECG sont Ă©quivoques.

L’angioscanner coronaire est prĂ©sentĂ© dans le matĂ©riel source comme une option d’imagerie chez certains patients consultant pour une douleur thoracique aiguĂ«, mais ce matĂ©riel ne fournit pas de critĂšres de sĂ©lection ni de seuils thĂ©rapeutiques spĂ©cifiques de l’infarctus postĂ©rieur.

Traitement et prise en charge

Prise en charge aiguë

La principale implication thĂ©rapeutique de la reconnaissance d’un infarctus postĂ©rieur sur l’ECG standard est d’éviter de classer Ă  tort le patient dans une catĂ©gorie Ă  faible risque ou sans occlusion. Les modifications postĂ©rieures rĂ©ciproques peuvent traduire une occlusion coronaire aiguĂ« nĂ©cessitant une Ă©valuation urgente en vue d’une reperfusion.

Lorsque la prĂ©sentation clinique et l’ECG indiquent un Ă©quivalent de sus-dĂ©calage du segment ST, l’objectif thĂ©rapeutique est une approche invasive visant une reperfusion immĂ©diate par intervention coronaire percutanĂ©e, sauf contre-indication. Le tracĂ© ECG standard doit ĂȘtre confirmĂ© et prĂ©cisĂ© par les dĂ©rivations postĂ©rieures lorsque cela peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© sans retarder la prise en charge dĂ©finitive.

Les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu suspectĂ© avec anomalies ECG ou douleur thoracique persistante doivent bĂ©nĂ©ficier dĂšs que possible d’une surveillance ECG continue, avec un dĂ©fibrillateur disponible. La surveillance est Ă©galement recommandĂ©e dĂšs que l’infarctus du myocarde a Ă©tĂ© diagnostiquĂ©.

Les présentations sans sus-décalage du segment ST nécessitent une prise en charge orientée par le risque. Une coronarographie urgente et une revascularisation, si elles sont réalisables, sont indiquées en présence de :

  • Angor rĂ©fractaire.

  • InstabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • InstabilitĂ© Ă©lectrique.

Le matĂ©riel source ne fournit pas de schĂ©mas thĂ©rapeutiques mĂ©dicamenteux, de doses d’antiagrĂ©gants plaquettaires ou d’anticoagulants, de dĂ©lais cibles de reperfusion au-delĂ  du contexte d’orientation vers une intervention coronaire percutanĂ©e indiquĂ©, ni de protocoles procĂ©duraux dĂ©taillĂ©s.

Évaluation de la reperfusion

Les enregistrements ECG sĂ©riĂ©s ou continus peuvent contribuer Ă  Ă©valuer la reperfusion. Une reperfusion efficace s’accompagne gĂ©nĂ©ralement d’une rĂ©duction importante et rapide du sus-dĂ©calage du segment ST. La rĂ©apparition ou la rĂ©cidive dynamique d’un sus-dĂ©calage du segment ST doit faire suspecter une rĂ©cidive d’infarctus ou une rĂ©occlusion.

Recommandations fondées sur les recommandations de pratique clinique

Les principales recommandations pertinentes pour l’infarctus du myocarde postĂ©rieur sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.

Situation clinique Conduite recommandée
Syndrome coronarien aigu suspecté Réaliser et interpréter immédiatement un ECG à 12 dérivations, avec un objectif de réalisation dans les 10 minutes suivant le premier contact médical
ECG initial non diagnostique mais symptĂŽmes persistants ou rĂ©cidivants RĂ©pĂ©ter les ECG de maniĂšre sĂ©riĂ©e ; des enregistrements toutes les 15–30 minutes pendant les 1–2 premiĂšres heures sont raisonnables
IschĂ©mie postĂ©rieure suspectĂ©e avec dĂ©rivations standard non diagnostiques Enregistrer les dĂ©rivations postĂ©rieures supplĂ©mentaires V7–V9
TracĂ© rĂ©ciproque postĂ©rieur avec prĂ©sentation clinique compatible ConsidĂ©rer la situation comme un Ă©quivalent potentiel de sus-dĂ©calage du segment ST et accĂ©lĂ©rer l’évaluation en vue d’une reperfusion
SCA suspectĂ© avec anomalies ECG ou douleur thoracique persistante Assurer une surveillance ECG continue et veiller Ă  la disponibilitĂ© d’un dĂ©fibrillateur
Présentation sans sus-décalage du segment ST avec angor réfractaire ou instabilité hémodynamique/électrique Réaliser une coronarographie diagnostique urgente et une revascularisation lorsque cela est possible
ECG initial apparemment normal mais suspicion clinique persistante Poursuivre l’évaluation par des ECG sĂ©riĂ©s et des biomarqueurs cardiaques ; un ECG normal unique n’exclut ni l’ischĂ©mie ni l’infarctus

Pronostic

Le pronostic dĂ©pend de l’étendue de l’ischĂ©mie et de la nĂ©crose myocardiques, du territoire coronaire associĂ©, de la fonction ventriculaire et de la prĂ©sence de complications hĂ©modynamiques ou Ă©lectriques. Des dĂ©placements plus Ă©tendus ou plus marquĂ©s du segment ST et des anomalies de l’onde T intĂ©ressant plusieurs territoires sont associĂ©s Ă  une ischĂ©mie plus sĂ©vĂšre et Ă  un pronostic plus dĂ©favorable. Les ondes Q pathologiques, l’ischĂ©mie persistante, les arythmies ventriculaires, un bloc auriculo-ventriculaire avancĂ©, de nouvelles anomalies de la conduction intraventriculaire, l’insuffisance cardiaque et la diminution de la fraction d’éjection ventriculaire gauche sont des Ă©lĂ©ments de mauvais pronostic aprĂšs un infarctus.

Un ECG initial normal ou peu anormal est gĂ©nĂ©ralement associĂ© Ă  un meilleur pronostic qu’un tracĂ© nettement anormal, mais n’exclut pas un infarctus postĂ©rieur Ă©volutif. La valeur pronostique de l’ECG est donc maximale lorsqu’il est interprĂ©tĂ© de maniĂšre sĂ©riĂ©e et intĂ©grĂ© aux symptĂŽmes, aux rĂ©sultats de la troponine, Ă  l’imagerie et Ă  l’anatomie coronaire.

Suivi aprùs l’infarctus

L’évaluation post-infarctus doit comprendre une apprĂ©ciation de la fonction ventriculaire gauche. L’échocardiographie, l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique cardiaque ou la scintigraphie de perfusion myocardique peuvent mettre en Ă©vidence une diminution de la fraction d’éjection et une lĂ©sion myocardique rĂ©siduelle. Une rĂ©adaptation cardiaque comportant un exercice progressif et un volet Ă©ducatif est gĂ©nĂ©ralement dĂ©butĂ©e pendant l’hospitalisation et poursuivie aprĂšs la sortie. Une Ă©preuve d’effort rĂ©alisĂ©e au dĂ©but de la rĂ©adaptation peut aider Ă  individualiser la prescription d’exercice.

Chez certains patients, une Ă©preuve d’effort rĂ©alisĂ©e aprĂšs la phase aiguĂ« peut mettre en Ă©vidence une ischĂ©mie rĂ©siduelle, des anomalies de perfusion rĂ©versibles, des extrasystoles ventriculaires induites par l’effort ou des arythmies ventriculaires symptomatiques. Des rĂ©sultats Ă  haut risque peuvent justifier une coronarographie et/ou une Ă©valuation Ă©lectrophysiologique invasive.

Pour un infarctus non compliquĂ©, la durĂ©e d’hospitalisation est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crite comme Ă©tant d’environ 3–5 jours. La convalescence initiale peut se poursuivre Ă  domicile, avec une augmentation progressive de la marche au cours des 1–2 premiĂšres semaines, puis une adaptation de l’activitĂ© en fonction de la tolĂ©rance Ă  l’effort. Le matĂ©riel source ne fournit pas d’intervalles de suivi ni de doses mĂ©dicamenteuses spĂ©cifiques de l’infarctus postĂ©rieur.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026