đŸš« Infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique

Sommaire (28)

Définition et physiopathologie

Le choc cardiogĂ©nique est un Ă©tat d’hypoperfusion tissulaire et viscĂ©rale secondaire Ă  une insuffisance cardiaque. L’hypoperfusion prolongĂ©e rĂ©duit l’apport d’oxygĂšne et de nutriments et, lorsqu’elle est sĂ©vĂšre ou prolongĂ©e, entraĂźne une dĂ©faillance multiviscĂ©rale et le dĂ©cĂšs.

Dans le contexte d’un infarctus du myocarde avec sus-dĂ©calage du segment ST (STEMI), le choc cardiogĂ©nique rĂ©sulte le plus souvent d’une dysfonction sĂ©vĂšre du ventricule gauche (VG), qui reprĂ©sente environ 80 % des cas. Les autres causes comprennent les complications mĂ©caniques aiguĂ«s — notamment la communication interventriculaire (CIV) et la rupture d’un pilier mitral avec insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre —, l’infarctus prĂ©dominant du ventricule droit (VD), la rupture cardiaque avec tamponnade, ainsi que des causes plus rares telles qu’une valvulopathie sĂ©vĂšre prĂ©existante ou une exposition excessive aux bĂȘtabloquants ou aux inhibiteurs calciques.

L’incidence du choc cardiogĂ©nique compliquant un STEMI a diminuĂ© grĂące Ă  la reperfusion rapide et Ă  la rĂ©duction de la taille de l’infarctus. Les estimations antĂ©rieures approchaient 20 %, tandis que les essais contemporains et les bases de donnĂ©es observationnelles rapportent environ 5–10 %. Seuls environ 10 % des patients qui dĂ©veloppent un choc le prĂ©sentent Ă  l’admission Ă  l’hĂŽpital ; environ 90 % se dĂ©tĂ©riorent pendant l’hospitalisation. Les patients qui dĂ©veloppent un choc prĂ©sentent souvent une coronaropathie pluritronculaire sĂ©vĂšre et une nĂ©crose progressive, « par Ă -coups », s’étendant au-delĂ  de la zone infarcie initiale.

Occlusion coronaire et lésion myocardique

Le STEMI rĂ©sulte gĂ©nĂ©ralement d’une rĂ©duction brutale du dĂ©bit coronaire due Ă  l’occlusion thrombotique d’une artĂšre auparavant athĂ©rosclĂ©reuse. L’érosion ou la rupture de la plaque expose au sang circulant un matĂ©riel thrombogĂšne. Les plaquettes adhĂšrent, s’activent et s’agrĂšgent par des ponts de fibrinogĂšne mĂ©diĂ©s par les glycoprotĂ©ines IIb/IIIa. L’activation du facteur tissulaire stimule la cascade de la coagulation, gĂ©nĂ©rant de la thrombine et de la fibrine et augmentant la taille du thrombus occlusif.

La sĂ©vĂ©ritĂ© de la lĂ©sion myocardique dĂ©pend de la taille du territoire vascularisĂ©, du caractĂšre complet et de la durĂ©e de l’occlusion, du dĂ©bit collatĂ©ral, de la demande myocardique en oxygĂšne, de la lyse spontanĂ©e du thrombus et de la qualitĂ© de la perfusion tissulaire aprĂšs rĂ©tablissement du flux Ă©picardique. Une obstruction microvasculaire peut persister malgrĂ© une ICP rĂ©ussie en raison d’une dysfonction endothĂ©liale, d’interactions entre leucocytes et plaquettes, de dĂ©bris thrombotiques distaux, d’un gonflement des cardiomyocytes, d’un ƓdĂšme interstitiel et d’une compression extravasculaire inflammatoire. Cette altĂ©ration de la perfusion tissulaire peut Ă©tendre la lĂ©sion au-delĂ  de la zone ischĂ©mique initiale et contribuer Ă  la dĂ©faillance ventriculaire.

Mécanismes du choc

La consĂ©quence centrale d’un infarctus Ă©tendu est la perte de myocarde contractile, avec diminution du dĂ©bit cardiaque et hypoperfusion systĂ©mique. La dĂ©faillance du VG peut entraĂźner une Ă©lĂ©vation des pressions de remplissage, une hypertension veineuse pulmonaire et une congestion pulmonaire. La dĂ©tĂ©rioration hĂ©modynamique est plus probable en cas d’infarctus Ă©tendu, d’infarctus antĂ©rieur, d’ñge avancĂ©, de revascularisation tardive ou inefficace, ainsi que de diabĂšte prĂ©existant, d’antĂ©cĂ©dent d’infarctus du myocarde ou d’insuffisance cardiaque.

Une rupture mĂ©canique doit ĂȘtre envisagĂ©e chaque fois qu’un collapsus circulatoire brutal survient aprĂšs un STEMI. La rupture peut intĂ©resser la paroi libre ventriculaire, le septum interventriculaire ou l’appareil valvulaire mitral. Ces lĂ©sions peuvent provoquer une insuffisance aiguĂ« sĂ©vĂšre, un shunt gauche-droite, une tamponnade ou une perte brutale du dĂ©bit cardiaque efficace. Leur reconnaissance est essentielle, car leur traitement nĂ©cessite souvent une intervention chirurgicale ou transcathĂ©ter urgente, avec recours Ă©ventuel Ă  une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire (MCS) comme traitement relais.

Présentation clinique et symptÎmes

SymptĂŽmes du STEMI

Le symptĂŽme habituel est une douleur ischĂ©mique intense et prolongĂ©e. Elle est gĂ©nĂ©ralement dĂ©crite comme une pesanteur, une constriction ou un Ă©crasement, bien que des sensations de coup de poignard ou de brĂ»lure puissent survenir. La douleur siĂšge habituellement au centre du thorax ou Ă  l’épigastre, peut irradier vers les bras et, plus rarement, vers l’abdomen, le dos, la mandibule, le cou ou la rĂ©gion occipitale. Elle survient typiquement au repos, dure plus longtemps qu’une angine de poitrine habituelle et ne cĂšde pas de maniĂšre fiable Ă  l’arrĂȘt de l’activitĂ© ou aprĂšs administration de nitroglycĂ©rine.

Les symptĂŽmes associĂ©s comprennent des sueurs, des nausĂ©es, des vomissements, une anxiĂ©tĂ© et une sensation de mort imminente. Certains patients signalent un malaise prodromique, un Ă©puisement, une accĂ©lĂ©ration de l’angor ou une douleur survenant pour un effort moindre qu’à l’accoutumĂ©e.

Le STEMI peut survenir sans douleur, notamment chez les personnes ùgées et les patients diabétiques. Les présentations alternatives comprennent une dyspnée brutale, une faiblesse profonde, une syncope, une confusion, une arythmie, une embolie périphérique ou une baisse autrement inexpliquée de la pression artérielle. Une défaillance aiguë du VG peut constituer la manifestation initiale.

Signes cliniques Ă©vocateurs d’un choc cardiogĂ©nique

Le choc est Ă©voquĂ© par des signes cliniques d’hypoperfusion persistante, notamment :

  • ExtrĂ©mitĂ©s froides ou marbrĂ©es

  • AltĂ©ration de l’état mental sans autre explication

  • Oligurie

  • Hypotension ou chute marquĂ©e de la pression artĂ©rielle

  • Congestion pulmonaire dans le contexte d’une dĂ©faillance du VG

  • Tachycardie sinusale persistante

  • Faiblesse progressive ou collapsus

Le choc cardiogĂ©nique peut survenir immĂ©diatement ou se dĂ©velopper plus tard au cours de l’hospitalisation. Toute nouvelle dĂ©tĂ©rioration doit conduire Ă  rechercher une ischĂ©mie rĂ©cidivante, une extension de l’infarctus, une arythmie et des complications mĂ©caniques, plutĂŽt qu’à attribuer toute aggravation Ă  une dĂ©faillance primitive de la pompe ventriculaire.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit ĂȘtre urgente et simultanĂ©e plutĂŽt que sĂ©quentielle. Les patients prĂ©sentant un STEMI et un choc cardiogĂ©nique suspectĂ© doivent bĂ©nĂ©ficier immĂ©diatement d’une exploration coronarographique, d’une Ă©chocardiographie et d’une Ă©valuation hĂ©modynamique non invasive ou invasive.

Examen général

Les patients prĂ©sentant un STEMI sont souvent anxieux et agitĂ©s. La pĂąleur, les sueurs et les extrĂ©mitĂ©s froides sont frĂ©quentes. Un pouls carotidien diminuĂ© peut traduire une rĂ©duction du volume d’éjection systolique. Au dĂ©but d’un STEMI, le pouls et la pression artĂ©rielle peuvent ĂȘtre initialement normaux. Un infarctus antĂ©rieur peut entraĂźner une activation sympathique avec tachycardie ou hypertension, tandis qu’un infarctus infĂ©rieur peut s’accompagner d’une activation parasympathique, d’une bradycardie ou d’une hypotension.

En cas de choc constituĂ©, l’examen doit rechercher une perfusion pĂ©riphĂ©rique adĂ©quate, une altĂ©ration de l’état mental, une diminution de la diurĂšse et des signes de congestion pulmonaire. La peau froide ou marbrĂ©e et l’altĂ©ration de la vigilance sont des marqueurs cliniques d’hypoperfusion viscĂ©rale.

Examen cardiovasculaire

La rĂ©gion prĂ©cordiale est souvent silencieuse et le choc de pointe peut ĂȘtre difficile Ă  palper. Les signes compatibles avec une dysfonction ventriculaire comprennent :

  • Un troisiĂšme ou un quatriĂšme bruit cardiaque

  • Une diminution de l’intensitĂ© du premier bruit cardiaque

  • Un dĂ©doublement paradoxal du deuxiĂšme bruit cardiaque

  • Un pouls carotidien diminuĂ©

  • Un souffle apical mĂ©sosystolique ou tĂ©lĂ©systolique transitoire dĂ» Ă  une dysfonction de l’appareil mitral

L’apparition d’un souffle nouveau ou intense chez un patient prĂ©sentant un collapsus circulatoire doit renforcer la suspicion de complications mĂ©caniques aiguĂ«s, notamment de CIV ou d’insuffisance mitrale aiguĂ« sĂ©vĂšre. Un frottement pĂ©ricardique peut apparaĂźtre au cours d’un STEMI transmural, mais il n’est pas spĂ©cifique du choc.

Classification hémodynamique

Les descriptions classiques du choc cardiogénique comprennent :

  • Une pression artĂ©rielle systolique infĂ©rieure Ă  80–90 mm Hg ou une baisse de la pression artĂ©rielle moyenne de 30 mm Hg

  • Un index cardiaque infĂ©rieur Ă  2.2 L/min/m2

  • Une pression tĂ©lĂ©diastolique droite Ă©levĂ©e, supĂ©rieure Ă  environ 10–15 mm Hg, et/ou une pression tĂ©lĂ©diastolique gauche supĂ©rieure Ă  18 mm Hg

  • Des signes cliniques d’hypoperfusion viscĂ©rale

Ces valeurs fournissent un contexte hĂ©modynamique historique. La dĂ©finition clinique actuelle met l’accent sur l’association d’une affection cardiaque Ă  des signes cliniques et biochimiques persistants d’hypoperfusion tissulaire.

Examens diagnostiques

Électrocardiographie

L’ECG reste essentiel au diagnostic et Ă  la prise en charge de l’ischĂ©mie et de l’infarctus myocardiques aigus. Les anomalies varient selon la durĂ©e, la sĂ©vĂ©ritĂ©, l’étendue et la localisation de l’ischĂ©mie, ainsi qu’en fonction d’anomalies prĂ©existantes telles qu’un infarctus antĂ©rieur, un bloc de branche gauche, un aspect de Wolff–Parkinson–White ou une stimulation ventriculaire.

Le STEMI nĂ©cessite une stratĂ©gie invasive visant une reperfusion immĂ©diate par ICP, sauf contre-indication. En cas de choc, des ECG sĂ©riĂ©s sont importants en cas de rĂ©cidive des symptĂŽmes ou d’aggravation de l’état hĂ©modynamique, car une ischĂ©mie rĂ©cidivante ou une rĂ©occlusion aiguĂ« peuvent contribuer Ă  la dĂ©tĂ©rioration.

L’instabilitĂ© Ă©lectrique est un dĂ©terminant majeur de la mortalitĂ© prĂ©coce. La fibrillation ventriculaire est responsable de la plupart des dĂ©cĂšs extrahospitaliers liĂ©s au STEMI ; la majoritĂ© survient au cours des premiĂšres 24 heures, dont plus de la moitiĂ© durant la premiĂšre heure.

Échocardiographie

Une Ă©chocardiographie urgente est essentielle en cas de STEMI compliquĂ© d’un choc. Elle Ă©value :

  • La fonction systolique du VG et les anomalies rĂ©gionales de la cinĂ©tique pariĂ©tale

  • La fonction du VD et les signes d’un infarctus prĂ©dominant du VD

  • L’insuffisance mitrale et la dysfonction ou la rupture d’un pilier mitral

  • La CIV et les autres lĂ©sions septales

  • L’épanchement pĂ©ricardique et la tamponnade

  • Les autres causes structurelles d’un collapsus circulatoire brutal

Les complications mĂ©caniques doivent ĂȘtre activement exclues avant d’attribuer le choc Ă  la seule altĂ©ration de la fonction ventriculaire.

Coronarographie

Une exploration coronarographique immĂ©diate est indiquĂ©e en cas de STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique. Elle identifie l’artĂšre responsable de l’infarctus et permet une revascularisation urgente. L’anatomie coronaire contribue Ă©galement Ă  dĂ©terminer la faisabilitĂ© d’une ICP ou d’un pontage aortocoronarien (PAC), ainsi que la nĂ©cessitĂ© d’autres dĂ©cisions thĂ©rapeutiques.

La revascularisation simultanĂ©e systĂ©matique des artĂšres non coupables au cours de l’ICP primaire n’est pas recommandĂ©e en cas de choc et peut aggraver le pronostic.

Évaluation hĂ©modynamique

Une évaluation hémodynamique invasive ou non invasive est appropriée, en particulier lorsque le choc est sévÚre ou que le profil hémodynamique est incertain. La surveillance invasive peut aider à caractériser les pressions de remplissage, le débit cardiaque et la contribution de la défaillance du VG ou du VD.

Un profil associant une pression capillaire pulmonaire bloquĂ©e supĂ©rieure Ă  18 mm Hg et un index cardiaque infĂ©rieur Ă  2.2 L/min/m2 est compatible avec une atteinte hĂ©modynamique sĂ©vĂšre. Lorsque les pressions de remplissage sont basses ou normales en prĂ©sence d’une hypoperfusion, une hypovolĂ©mie relative ou un infarctus du VD doivent ĂȘtre envisagĂ©s ; une administration prudente de solutĂ©s peut amĂ©liorer le volume d’éjection systolique chez certains patients. À l’inverse, des pressions de remplissage Ă©levĂ©es orientent vers un traitement visant Ă  rĂ©duire la prĂ©charge ventriculaire et, lorsque cela est possible, la postcharge.

Biomarqueurs et résultats biologiques

La dĂ©finition clinique standardisĂ©e du choc cardiogĂ©nique exige des signes biochimiques, en plus des signes cliniques, d’une hypoperfusion tissulaire persistante. Les Ă©lĂ©ments pertinents comprennent :

ÉlĂ©ment Seuil ou description
Lactate artériel >2 mmol/L
LĂ©sion rĂ©nale aiguĂ« CrĂ©atinine ≄2 fois la limite supĂ©rieure de la normale
Oligurie DiurĂšse <0.5 mL/kg/heure
Lésion hépatique aiguë Alanine aminotransférase >3 fois la limite supérieure de la normale
Perfusion périphérique Extrémités froides ou marbrées
État neurologique AltĂ©ration de l’état mental non attribuable Ă  une autre cause

Le document source identifie la troponine cardiaque comme biomarqueur de lésion myocardique dans la distinction générale entre angor instable et infarctus du myocarde, mais ne fournit pas de seuil diagnostique spécifique ni de protocole de dosage sériel pour ce chapitre.

Traitement et prise en charge

Priorités immédiates

La prise en charge nĂ©cessite un traitement coordonnĂ© de l’infarctus et de l’état de choc :

  • Reconnaissance rapide de l’hypoperfusion et de la dĂ©tĂ©rioration hĂ©modynamique.

  • RĂ©alisation immĂ©diate d’un ECG, d’une Ă©chocardiographie, d’une exploration coronarographique et d’une Ă©valuation hĂ©modynamique.

  • Identification des complications mĂ©caniques.

  • Revascularisation rapide de l’artĂšre responsable de l’infarctus.

  • Traitement des arythmies, de l’ischĂ©mie rĂ©cidivante et des troubles mĂ©taboliques ou Ă©lectrolytiques.

  • Évaluation de l’éligibilitĂ© Ă  des traitements avancĂ©s et Ă  une MCS temporaire lorsque le choc reste rĂ©fractaire.

Les soins doivent ĂȘtre individualisĂ©s en fonction des prioritĂ©s du patient, de ses comorbiditĂ©s, de son Ă©tat clinique, de l’anatomie coronaire et de son aptitude Ă  bĂ©nĂ©ficier d’interventions avancĂ©es.

Revascularisation

L’ICP primaire de l’artĂšre responsable de l’infarctus est la stratĂ©gie de reperfusion privilĂ©giĂ©e chez les patients Ă©ligibles prĂ©sentant un STEMI et un choc cardiogĂ©nique. La revascularisation coronaire rapide est l’intervention dont le bĂ©nĂ©fice est le plus solidement dĂ©montrĂ© dans ce contexte.

L’ICP systĂ©matique des vaisseaux non coupables au cours de la mĂȘme procĂ©dure n’est pas recommandĂ©e. En cas de choc, cette stratĂ©gie peut aggraver le pronostic ; le traitement doit donc initialement se concentrer sur l’artĂšre responsable de l’infarctus.

Lorsque l’ICP ou le PAC ne sont pas disponibles ou sont inadaptĂ©s, une fibrinolyse peut ĂȘtre administrĂ©e en l’absence de contre-indication. Dans les contextes Ă©loignĂ©s, la fibrinolyse prĂ©hospitaliĂšre nĂ©cessite la capacitĂ© de transmettre un ECG 12 dĂ©rivations, la prĂ©sence de personnels formĂ©s Ă  l’interprĂ©tation de l’ECG et Ă  la prise en charge du STEMI, ainsi qu’une autorisation mĂ©dicale Ă  distance.

Soutien hémodynamique

Le profil hémodynamique doit guider le traitement de soutien.

Les patients prĂ©sentant des pressions de remplissage basses ou normales et une hypoperfusion peuvent ĂȘtre en hypovolĂ©mie relative ou prĂ©senter un infarctus du VD, et peuvent potentiellement tirer bĂ©nĂ©fice d’une perfusion de solutĂ©s. Cette mesure nĂ©cessite une Ă©valuation prudente, car une faible pression de remplissage du VG n’indique pas nĂ©cessairement une lĂ©sion ventriculaire gauche mineure.

Lorsque les pressions de remplissage du VG sont Ă©levĂ©es, le traitement doit initialement rĂ©duire la prĂ©charge ventriculaire et, lorsque cela est possible, la postcharge. Les agents inotropes positifs peuvent amĂ©liorer l’hĂ©modynamique, mais augmentent la consommation myocardique d’oxygĂšne et peuvent provoquer des tachyarythmies. Les agonistes adrĂ©nergiques doivent donc ĂȘtre Ă©vitĂ©s autant que possible en cas de STEMI.

Une MCS temporaire peut ĂȘtre envisagĂ©e en cas de choc rĂ©fractaire ne se stabilisant pas malgrĂ© les autres traitements. Elle vise Ă  assurer un relais jusqu’à la poursuite de la prise de dĂ©cision clinique ou Ă  la mise en place d’un traitement avancĂ© de l’insuffisance cardiaque. Le document source ne prĂ©cise pas les dispositifs particuliers, les critĂšres de sĂ©lection ni les protocoles posologiques associĂ©s aux dispositifs.

Traitement des complications mécaniques

Une insuffisance mitrale aiguĂ«, une CIV, un pseudoanĂ©vrisme, une rupture de la paroi libre et une tamponnade doivent ĂȘtre envisagĂ©s chez tout patient prĂ©sentant un collapsus circulatoire brutal. Ces affections nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement une intervention chirurgicale rapide ou, dans certaines situations, une intervention transcathĂ©ter. Une MCS temporaire peut assurer un soutien relais pendant l’organisation du traitement dĂ©finitif.

Arythmies et complications électriques

Les complications Ă©lectriques sont une cause majeure de dĂ©cĂšs prĂ©coce aprĂšs un STEMI. La fibrillation ventriculaire nĂ©cessite une dĂ©fibrillation immĂ©diate et une rĂ©animation cardiaque avancĂ©e au sein d’un systĂšme d’urgence Ă©quipĂ© de maniĂšre appropriĂ©e.

Les extrasystoles ventriculaires ne nĂ©cessitent pas systĂ©matiquement un traitement antiarythmique suppressif. Un traitement antiarythmique prophylactique peut accroĂźtre le risque de bradycardie et d’asystolie fatales. La prise en charge doit plutĂŽt viser l’ischĂ©mie rĂ©cidivante et la correction des anomalies Ă©lectrolytiques ou mĂ©taboliques. Lorsque les extrasystoles ventriculaires surviennent avec une tachycardie sinusale au dĂ©but de l’infarctus, un traitement par bĂȘtabloquant peut ĂȘtre utile en cas d’activation sympatho-surrĂ©nalienne importante, si l’état clinique le permet.

Les arythmies contribuant Ă  une altĂ©ration hĂ©modynamique doivent ĂȘtre traitĂ©es rapidement, en particulier en prĂ©sence d’une dĂ©faillance du VG.

Prise en charge de la dysfonction ventriculaire et du remodelage

AprĂšs un STEMI, le VG subit un remodelage structurel comprenant une expansion de l’infarctus, un amincissement, un allongement et une dilatation progressive de la cavitĂ©. Ce processus peut prĂ©cĂ©der de plusieurs mois ou annĂ©es l’apparition clinique d’une insuffisance cardiaque. Les infarctus antĂ©rieurs et apicaux sont associĂ©s Ă  une dilatation plus importante, Ă  une altĂ©ration hĂ©modynamique plus marquĂ©e, Ă  une insuffisance cardiaque plus frĂ©quente et Ă  un pronostic plus dĂ©favorable.

Les inhibiteurs de l’ECA peuvent rĂ©duire la dilatation progressive et ses consĂ©quences cliniques. Chez les patients dont la fraction d’éjection est infĂ©rieure Ă  40 %, un inhibiteur de l’ECA ou un antagoniste des rĂ©cepteurs de l’angiotensine doit ĂȘtre prescrit, qu’une insuffisance cardiaque clinique soit prĂ©sente ou non ; un bĂȘtabloquant doit ensuite ĂȘtre prescrit selon les indications.

Médicaments et considérations pratiques

Le document source fournit les principes pharmacologiques suivants :

  • Inhibiteurs de l’ECA : recommandĂ©s aprĂšs un STEMI lorsque la fraction d’éjection est <40 %, avec ou sans insuffisance cardiaque clinique ; ils peuvent attĂ©nuer le remodelage ventriculaire.

  • Antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine : classe alternative chez les patients dont la fraction d’éjection est <40 %, que l’insuffisance cardiaque soit cliniquement manifeste ou non.

  • BĂȘtabloquants : appropriĂ©s aprĂšs un STEMI chez les patients dont la fraction d’éjection est <40 % et pouvant contribuer Ă  supprimer la tachycardie sinusale liĂ©e Ă  l’activation sympatho-surrĂ©nalienne lorsqu’elle s’accompagne d’extrasystoles ventriculaires. Ils doivent ĂȘtre utilisĂ©s en tenant compte de l’état hĂ©modynamique du patient.

  • Agents inotropes positifs : peuvent ĂȘtre utiles en cas d’atteinte hĂ©modynamique sĂ©vĂšre, mais augmentent la consommation myocardique d’oxygĂšne et peuvent dĂ©clencher des tachyarythmies.

  • Agonistes adrĂ©nergiques : Ă  Ă©viter de prĂ©fĂ©rence autant que possible en cas de STEMI en raison de leurs effets dĂ©favorables sur la consommation myocardique d’oxygĂšne et du risque rythmique.

  • Antiarythmiques pour les extrasystoles ventriculaires : non indiquĂ©s systĂ©matiquement ; la correction de l’ischĂ©mie, des anomalies Ă©lectrolytiques et des troubles mĂ©taboliques est prĂ©fĂ©rable.

  • Fibrinolytiques : peuvent ĂȘtre utilisĂ©s lorsque l’ICP ou le PAC ne sont pas adaptĂ©s ou accessibles, en l’absence de contre-indication.

Les doses précises, les modalités de perfusion et les algorithmes de choix thérapeutique ne sont pas fournis dans le document source.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations concernant le STEMI compliquĂ© d’un choc cardiogĂ©nique sont les suivantes :

  • ProcĂ©der Ă  une Ă©valuation individualisĂ©e des prioritĂ©s de soins et de l’éligibilitĂ© Ă  un traitement avancĂ©.

  • Revasculariser l’artĂšre responsable de l’infarctus par ICP primaire chez les patients Ă©ligibles.

  • Éviter la revascularisation systĂ©matique des vaisseaux non coupables au cours de la mĂȘme procĂ©dure que l’ICP primaire.

  • Utiliser une fibrinolyse lorsque l’ICP ou le PAC ne sont pas adaptĂ©s ou accessibles, sauf contre-indication.

  • Envisager une MCS temporaire en cas de choc rĂ©fractaire ne se stabilisant pas malgrĂ© les autres traitements, notamment comme relais vers la poursuite de la prise de dĂ©cision ou vers un traitement avancĂ© de l’insuffisance cardiaque.

  • RĂ©aliser immĂ©diatement une Ă©valuation coronarographique, Ă©chocardiographique et hĂ©modynamique non invasive ou invasive.

  • Rechercher activement les complications mĂ©caniques avant de diagnostiquer un choc attribuĂ© Ă  la seule dysfonction ventriculaire.

  • Traiter les extrasystoles ventriculaires en corrigeant l’ischĂ©mie et les anomalies Ă©lectrolytiques ou mĂ©taboliques plutĂŽt qu’en recourant systĂ©matiquement Ă  un traitement antiarythmique prophylactique.

Pronostic et suivi

Le choc cardiogĂ©nique aprĂšs un STEMI reste associĂ© Ă  un mauvais pronostic. La mortalitĂ© hospitaliĂšre rapportĂ©e est d’environ 30–50 %, et demeure supĂ©rieure Ă  30 % malgrĂ© les progrĂšs de la reperfusion. Le pronostic varie considĂ©rablement selon la cause. Le choc dĂ» Ă  une dĂ©faillance du VG est frĂ©quent, tandis que les complications mĂ©caniques et la tamponnade ont des implications cliniques particuliĂšrement graves. Une mortalitĂ© hospitaliĂšre a Ă©tĂ© rapportĂ©e selon les diffĂ©rentes catĂ©gories Ă©tiologiques ; le document source souligne le risque important associĂ© Ă  la dĂ©faillance du VG, Ă  la CIV, Ă  l’insuffisance mitrale aiguĂ«, Ă  la dĂ©faillance du VD, Ă  la tamponnade ou Ă  la rupture, ainsi qu’aux autres causes.

Stratification du risque intrahospitalier

Les patients prĂ©sentant un STEMI Ă©tendu restent exposĂ©s au risque d’arythmies ventriculaires tardives et de complications mĂ©caniques au cours de l’hospitalisation. Les Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă  un risque accru comprennent :

  • Tachycardie sinusale persistante

  • Congestion pulmonaire ou insuffisance cardiaque clinique

  • Tachycardie ventriculaire ou fibrillation ventriculaire rĂ©cidivante

  • Fibrillation ou flutter atrial nouvellement apparu

  • Retard de conduction intraventriculaire ou bloc cardiaque

  • Angor rĂ©cidivant avec anomalies du segment ST pour de faibles niveaux d’activitĂ© lorsque la revascularisation est incomplĂšte

  • Hypotension

  • Fraction d’éjection du VG rĂ©duite

  • État clinique compliquĂ© ou instable

Les patients ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une reperfusion efficace, sans arythmie ventriculaire soutenue prĂ©coce, sans hypotension ni insuffisance cardiaque et avec une fraction d’éjection du VG prĂ©servĂ©e prĂ©sentent un risque moindre de complications tardives.

Sortie et prise en charge Ă  long terme

La sortie doit ĂȘtre diffĂ©rĂ©e jusqu’à stabilisation du choc et des Ă©ventuelles complications associĂ©es. La transition vers les soins ambulatoires doit comprendre un suivi coordonnĂ©, une rĂ©adaptation, une Ă©valuation psychologique et une titration adĂ©quate des traitements essentiels tels que les bĂȘtabloquants et les inhibiteurs du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone.

Certains patients prĂ©sentant un STEMI non compliquĂ©, reperfusĂ© avec succĂšs et caractĂ©risĂ© par des Ă©lĂ©ments de faible risque, peuvent sortir dans les jours qui suivent ; la pratique contemporaine permet une sortie dans les trois jours chez de nombreux patients correctement sĂ©lectionnĂ©s aprĂšs une ICP primaire rĂ©ussie. Cela ne s’applique pas aux patients prĂ©sentant un choc cardiogĂ©nique ou des complications persistantes.

La surveillance Ă  long terme doit porter sur le remodelage ventriculaire, la dysfonction du VG, la rĂ©cidive de l’ischĂ©mie, l’insuffisance cardiaque, les arythmies et l’adĂ©quation du traitement mĂ©dical secondaire. La mortalitĂ© persistante du choc cardiogĂ©nique et le bĂ©nĂ©fice dĂ©finitif limitĂ© de nombreuses interventions adjuvantes soulignent l’importance d’une reconnaissance rapide, d’une revascularisation prĂ©coce de l’artĂšre responsable de l’infarctus, de l’exclusion soigneuse des causes mĂ©caniques et d’une prise en charge structurĂ©e aprĂšs l’hospitalisation.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026