đŸš« Infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives : causes, bilan diagnostique et prise en charge

Sommaire (25)

Définition et concept clinique

L’infarctus du myocarde avec artĂšres coronaires non obstructives (MINOCA) dĂ©signe une prĂ©sentation clinique dans laquelle le patient prĂ©sente des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un syndrome coronarien aigu (SCA), des signes biochimiques de lĂ©sion myocardique avec des Ă©lĂ©ments concordants en faveur d’un infarctus provoquĂ© par une ischĂ©mie, et l’absence de stĂ©nose obstructive d’une artĂšre coronaire Ă©picardique majeure. Une atteinte non obstructive est gĂ©nĂ©ralement dĂ©finie par l’absence de stĂ©nose ≄ 50 % dans toute artĂšre potentiellement responsable de l’infarctus.

Le MINOCA ne constitue pas un diagnostic dĂ©finitif. Il s’agit d’une classification descriptive et provisoire qui doit conduire Ă  des investigations complĂ©mentaires. Le mĂ©canisme sous-jacent peut ĂȘtre coronaire, myocardique ou systĂ©mique, et le traitement est inappropriĂ© ou incomplet si ce mĂ©canisme n’est pas Ă©tabli. La myocardite et le syndrome de takotsubo peuvent entraĂźner une lĂ©sion myocardique et une Ă©lĂ©vation de la troponine, mais constituent des diagnostics diffĂ©rentiels non ischĂ©miques plutĂŽt qu’un MINOCA lorsqu’ils sont identifiĂ©s comme diagnostic final.

La prĂ©valence rapportĂ©e varie selon la population et les critĂšres diagnostiques. Le MINOCA reprĂ©sente environ 1–14 % des prĂ©sentations de SCA dans diffĂ©rentes sĂ©ries et environ 5–10 % des patients prĂ©sentant un infarctus du myocarde dans d’autres Ă©tudes. Il est plus frĂ©quent chez les femmes et chez les patients prĂ©sentant un NSTEMI que chez ceux prĂ©sentant un STEMI. Environ un tiers des patients ayant un MINOCA peuvent se prĂ©senter avec un STEMI.

Physiopathologie et causes

Le MINOCA englobe plusieurs mĂ©canismes distincts. Ceux-ci peuvent ĂȘtre globalement rĂ©partis en causes coronaires, causes myocardiques et causes extracardiaques ou systĂ©miques entraĂźnant un dĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports en oxygĂšne du myocarde.

Mécanismes coronaires

Les mécanismes coronaires comprennent :

  • Rupture ou Ă©rosion de plaque avec thrombose, malgrĂ© l’absence de lĂ©sion angiographiquement obstructive

  • Embolie ou thrombus coronaire

  • Vasospasme coronaire Ă©picardique

  • Dysfonction microvasculaire coronaire

  • Dissection coronaire spontanĂ©e (SCAD)

L’angiographie standard peut ne pas mettre en Ă©vidence une rupture de plaque, un thrombus intraluminal ou une dissection. L’échographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie en cohĂ©rence optique (OCT) peuvent rĂ©vĂ©ler des lĂ©sions non visibles Ă  l’angiographie conventionnelle.

Les troubles vasomoteurs coronaires peuvent intĂ©resser les artĂšres Ă©picardiques ou la microcirculation coronaire. L’angor microvasculaire traduit une ischĂ©mie myocardique due Ă  des anomalies microvasculaires structurelles ou fonctionnelles, Ă  une altĂ©ration de la rĂ©serve de dĂ©bit coronaire, Ă  une diminution de la conductance microcirculatoire ou Ă  une vasoconstriction artĂ©riolaire anormale. Plusieurs mĂ©canismes peuvent coexister.

Déséquilibre entre les besoins et les apports

Le MINOCA peut rĂ©sulter d’un dĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports en oxygĂšne du myocarde. L’interrogatoire doit donc rechercher d’éventuels facteurs de stress physiologiques ou systĂ©miques, le traitement Ă©tant orientĂ© vers l’affection prĂ©cipitante.

Causes myocardiques et diagnostics différentiels non ischémiques

Le syndrome de takotsubo, la myocardite et les cardiomyopathies peuvent se manifester par des symptĂŽmes, des anomalies ECG et une Ă©lĂ©vation de la troponine Ă©voquant un infarctus aigu du myocarde. Ces affections doivent ĂȘtre distinguĂ©es d’un vĂ©ritable MINOCA, car leur prise en charge est diffĂ©rente. Le syndrome de takotsubo et la myocardite ne doivent pas ĂȘtre classĂ©s comme des MINOCA lorsqu’ils sont Ă©tablis comme explication de la prĂ©sentation clinique.

Présentation clinique et symptÎmes

Les patients se prĂ©sentent habituellement avec des symptĂŽmes Ă©vocateurs d’un SCA et une Ă©lĂ©vation de la troponine. Les manifestations cliniques et Ă©lectrocardiographiques du STEMI peuvent par ailleurs ressembler Ă  celles d’un STEMI associĂ© Ă  une maladie athĂ©rosclĂ©reuse obstructive. Les patients ayant un MINOCA sont gĂ©nĂ©ralement plus jeunes et plus souvent des femmes que les patients ayant un infarctus du myocarde d’origine athĂ©rosclĂ©reuse. Un tabagisme peut ĂȘtre retrouvĂ© malgrĂ© la prĂ©sence de peu d’autres facteurs de risque athĂ©rosclĂ©reux conventionnels.

Une proportion importante des patients se prĂ©sente avec un NSTEMI, bien qu’un STEMI survienne chez environ un tiers d’entre eux. Les patients ayant un STEMI liĂ© Ă  un MINOCA ne prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement pas de prodromes avant l’infarctus.

La présentation clinique peut également refléter le mécanisme sous-jacent :

  • DĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports : il est important de rechercher un facteur de stress potentiellement dĂ©clenchant.

  • Vasospasme coronaire : l’interrogatoire peut identifier la prise de mĂ©dicaments antimigraineux ou une exposition Ă  la cocaĂŻne ; la rĂ©solution sous vasodilatateurs peut constituer un indice diagnostique.

  • Embolie ou thrombose coronaire : le contexte clinique peut Ă©voquer un trouble thrombotique sous-jacent.

  • SCAD : l’analyse angiographique est essentielle au diagnostic.

  • Syndrome de takotsubo, cardiomyopathie ou myocardite : la prĂ©sentation peut ĂȘtre prĂ©cisĂ©e par une imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique (CMR) avec injection de produit de contraste et, lorsque cela est appropriĂ©, par une ventriculographie gauche.

Évaluation et examen clinique

Le MINOCA doit ĂȘtre abordĂ© comme une prĂ©sentation de SCA nĂ©cessitant une Ă©valuation et une stabilisation immĂ©diates, suivies d’une clarification systĂ©matique du mĂ©canisme.

L’évaluation initiale doit Ă©tablir :

  • Si la prĂ©sentation rĂ©pond aux critĂšres d’un infarctus du myocarde plutĂŽt qu’à ceux d’une lĂ©sion myocardique isolĂ©e.

  • Si la coronarographie montre rĂ©ellement une maladie non obstructive.

  • Si une lĂ©sion telle qu’une SCAD, une rupture de plaque ou un thrombus n’a pas Ă©tĂ© mĂ©connue.

  • Si un diagnostic alternatif cardiaque ou extracardiaque explique l’élĂ©vation de la troponine et la prĂ©sentation clinique.

Le document source ne fournit pas de description dĂ©taillĂ©e de l’examen clinique spĂ©cifique Ă  chaque mĂ©canisme ni de protocole d’examen dĂ©fini. Les signes cliniques doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en fonction de l’affection prĂ©cipitante suspectĂ©e et de l’état hĂ©modynamique du patient.

Stratégie diagnostique

Coronarographie

La coronarographie invasive est l’examen diagnostique de rĂ©fĂ©rence chez les patients prĂ©sentant un SCA. En cas de MINOCA, elle montre des artĂšres coronaires normales ou quasi normales, sans stĂ©nose atteignant le seuil d’obstruction.

La coronarographie seule est toutefois insuffisante pour établir la cause chez de nombreux patients. Une nouvelle analyse attentive des images angiographiques est importante, en particulier en cas de suspicion de SCAD, de rupture de plaque ou de thrombus.

Coronarographie fonctionnelle

La coronarographie fonctionnelle associe l’angiographie conventionnelle Ă  des examens complĂ©mentaires destinĂ©s Ă  identifier des anomalies fonctionnelles et structurelles coronaires. Selon le contexte clinique, l’évaluation peut comprendre :

  • Ventriculographie gauche

  • Mesure de la pression tĂ©lĂ©diastolique du ventricule gauche

  • Imagerie intravasculaire par IVUS ou OCT

  • Évaluation de la fonction microvasculaire coronaire

  • Exploration de la rĂ©activitĂ© et de la vasorĂ©activitĂ© coronaires

Chez les patients prĂ©sentant une suspicion de dysfonction endothĂ©liale, une Ă©valuation physiologique invasive peut ĂȘtre envisagĂ©e. Les donnĂ©es disponibles concernant ces examens et le traitement des endotypes ainsi identifiĂ©s restent limitĂ©es.

Imagerie intravasculaire

L’IVUS et l’OCT peuvent identifier :

  • Une rupture de plaque

  • Une Ă©rosion de plaque

  • Un thrombus intraluminal

  • Des cavitĂ©s intraplaques coronaires

  • Une SCAD

Ces modalités sont particuliÚrement utiles lorsque la coronarographie ne montre pas de lésion obstructive, mais que la présentation clinique suggÚre fortement un mécanisme coronaire ischémique.

Imagerie cardiaque

Si la cause reste incertaine aprĂšs la coronarographie et l’évaluation coronaire fonctionnelle, l’imagerie non invasive doit ĂȘtre choisie en fonction du contexte clinique. Les modalitĂ©s possibles comprennent l’échocardiographie, la CMR et la tomodensitomĂ©trie.

La CMR constitue un examen diagnostique essentiel chez les patients ayant un diagnostic de travail de MINOCA. Elle peut aider Ă  distinguer l’infarctus de la myocardite, du syndrome de takotsubo, d’une cardiomyopathie et d’autres causes de lĂ©sion myocardique. La CMR doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e le plus tĂŽt possible, idĂ©alement au cours de l’hospitalisation initiale, car son rendement diagnostique est maximal prĂ©cocement aprĂšs la prĂ©sentation. Elle peut identifier la cause sous-jacente chez jusqu’à 87 % des patients ayant un diagnostic de travail de MINOCA.

La ventriculographie gauche peut contribuer Ă  l’évaluation d’un syndrome de takotsubo, en particulier lorsqu’elle est associĂ©e Ă  une CMR avec injection de produit de contraste.

Évaluation diagnostique orientĂ©e vers la cause

MĂ©canisme ou affection suspectĂ©(e) Évaluation diagnostique utile
Déséquilibre entre les besoins et les apports Interrogatoire clinique et recherche de facteurs de stress potentiels
Syndrome de takotsubo Ventriculographie gauche et CMR avec injection de produit de contraste
Cardiomyopathie CMR avec injection de produit de contraste
Myocardite CMR avec injection de produit de contraste
Rupture ou érosion de plaque Réévaluation de la coronarographie ; IVUS ou OCT
Vasospasme coronaire RĂ©ponse aux vasodilatateurs, tests de provocation et recherche d’une exposition Ă  des mĂ©dicaments concernĂ©s ou Ă  la cocaĂŻne
Dysfonction microvasculaire Évaluation invasive ou non invasive du dĂ©bit sanguin coronaire et de la rĂ©serve de dĂ©bit coronaire ; CMR
Embolie ou thrombus coronaire Réévaluation angiographique, IVUS ou OCT, et bilan de thrombophilie ou autre bilan thrombotique
SCAD Analyse angiographique détaillée, avec IVUS ou OCT lorsque cela est approprié

ECG et biomarqueurs

Électrocardiographie

Le document source indique que les manifestations ECG du STEMI liĂ© Ă  un MINOCA ressemblent gĂ©nĂ©ralement Ă  celles d’un STEMI dĂ» Ă  une maladie coronaire athĂ©rosclĂ©reuse obstructive. Il ne fournit pas de tracĂ© ECG distinct, de seuil diagnostique ni d’algorithme fondĂ© sur l’ECG spĂ©cifique du MINOCA.

Biomarqueurs cardiaques

L’élĂ©vation de la troponine fait partie de la dĂ©finition clinique du MINOCA, mais une Ă©lĂ©vation isolĂ©e de la troponine ne permet pas de distinguer un infarctus d’une lĂ©sion myocardique. La myocardite et le syndrome de takotsubo peuvent Ă©galement entraĂźner une Ă©lĂ©vation importante de la troponine. Les rĂ©sultats des biomarqueurs doivent donc ĂȘtre intĂ©grĂ©s aux Ă©lĂ©ments cliniques en faveur d’une ischĂ©mie, Ă  la coronarographie et Ă  l’imagerie cardiaque.

Le document source ne prĂ©cise pas les seuils de troponine, les intervalles entre les prĂ©lĂšvements sĂ©riĂ©s ni les autres marqueurs biologiques. Il mentionne toutefois que le dĂ©pistage d’une thrombophilie ou un autre bilan thrombotique peut ĂȘtre utile lorsqu’une embolie ou une thrombose coronaire est suspectĂ©e.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

La prise en charge est limitĂ©e par l’absence d’essais contrĂŽlĂ©s randomisĂ©s prospectifs Ă©valuant les stratĂ©gies thĂ©rapeutiques du MINOCA dans son ensemble ou celles de ses diffĂ©rents mĂ©canismes. L’approche immĂ©diate doit donc associer :

  • Soins de support en urgence

  • Traitement cardioprotecteur pendant la phase aiguĂ«

  • Traitement dirigĂ© contre le mĂ©canisme suspectĂ©

  • PrĂ©vention secondaire de la maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse lorsque cela est appropriĂ©

  • ContrĂŽle des facteurs de risque

Le traitement doit ĂȘtre réévaluĂ© une fois le diagnostic final Ă©tabli. Le principe thĂ©rapeutique essentiel consiste Ă  prendre en charge le patient en fonction de la maladie sous-jacente et non du diagnostic provisoire de MINOCA.

Prise en charge aiguë

Les soins aigus doivent comporter un traitement de support et un traitement cardioprotecteur, quel que soit le mĂ©canisme finalement retenu, tandis que les investigations se poursuivent. Un traitement orientĂ© vers la cause doit ĂȘtre ajoutĂ© lorsque le mĂ©canisme probable devient apparent.

Le document source ne fournit pas de schĂ©ma thĂ©rapeutique mĂ©dicamenteux aigu universel ni de posologies pour le MINOCA. En particulier, il ne prĂ©cise ni les posologies ni les durĂ©es de traitement par aspirine, inhibiteurs de P2Y12, statines, bĂȘtabloquants, inhibiteurs de l’ECA, inhibiteurs calciques, dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s ou anticoagulants. Le traitement doit donc ĂȘtre individualisĂ© en fonction du diagnostic final et des recommandations spĂ©cifiques Ă  la maladie concernĂ©e.

Traitement orienté vers le mécanisme

Mécanisme sous-jacent Approche thérapeutique possible
DĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports Traiter l’affection sous-jacente prĂ©cipitante
Syndrome de takotsubo Soins de support ; traitement de l’insuffisance cardiaque conforme aux recommandations, comprenant un inhibiteur de l’ECA et un bĂȘtabloquant lorsque cela est appropriĂ© ; assistance circulatoire mĂ©canique si nĂ©cessaire
Cardiomyopathie Traitement de l’insuffisance cardiaque conforme aux recommandations et traitement de la cause sous-jacente
Myocardite Traitement de l’insuffisance cardiaque conforme aux recommandations et prise en charge spĂ©cifique de la myocardite
Érosion ou rupture de plaque Aspirine, traitement par statine Ă  forte intensitĂ©, bĂȘtabloquant, inhibiteur de l’ECA ; un inhibiteur de P2Y12 peut ĂȘtre envisagĂ©
Vasospasme coronaire Inhibiteur calcique, dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s ou cilostazol ; un traitement par statine peut ĂȘtre envisagĂ©
Dysfonction microvasculaire Modification du mode de vie, en particulier exercice physique ; une statine, un inhibiteur de l’ECA, un bĂȘtabloquant ou une supplĂ©mentation en L-arginine peuvent ĂȘtre envisagĂ©s
Embolie ou thrombus coronaire Envisager une anticoagulation et traiter l’affection thrombotique sous-jacente
SCAD Aspirine et bĂȘtabloquant ; un inhibiteur de P2Y12 peut ĂȘtre envisagĂ©

Prévention secondaire

Une prĂ©vention secondaire doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant des signes de maladie athĂ©rosclĂ©reuse coronaire ainsi que pour le contrĂŽle des facteurs de risque cardiovasculaire. Le choix dĂ©finitif d’un traitement hypolipĂ©miant, antiagrĂ©gant plaquettaire, vasoactif ou agissant sur le systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone dĂ©pend de la cause Ă©tablie.

Le MINOCA ne doit pas ĂȘtre traitĂ© automatiquement comme une affection unique et homogĂšne. Par exemple, un traitement antithrombotique peut ĂȘtre appropriĂ© en cas de rupture de plaque ou d’embolie, mais pas nĂ©cessairement en cas de diagnostic non ischĂ©mique Ă©tabli par CMR. De mĂȘme, les inhibiteurs calciques et les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s sont destinĂ©s aux maladies vasospastiques, tandis que le traitement de l’insuffisance cardiaque est pertinent en cas de syndrome de takotsubo ou de cardiomyopathie.

Aspects psychosociaux et mode de vie

Le stress psychologique et la dĂ©pression peuvent ĂȘtre pertinents chez les patients prĂ©sentant des syndromes ischĂ©miques non obstructifs et peuvent contribuer Ă  une dysfonction endothĂ©liale. La dĂ©pression est associĂ©e Ă  une mauvaise observance et Ă  une aggravation du pronostic cardiovasculaire, tandis que l’anxiĂ©tĂ© aprĂšs un infarctus du myocarde a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  de moins bons rĂ©sultats cliniques dans certaines Ă©tudes. L’exercice physique, la psychothĂ©rapie, la pharmacothĂ©rapie et une prise en charge multidisciplinaire peuvent amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie.

Chez les patients prĂ©sentant une SCAD, en particulier lorsque le stress Ă©motionnel ou chronique peut contribuer Ă  la maladie, la rĂ©adaptation doit inclure une gestion du stress et une attention portĂ©e Ă  l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Un accompagnement psychologique peut ĂȘtre appropriĂ© chez certains patients.

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations sont les suivantes :

Recommandation Classe Niveau de preuve
Suivre un algorithme diagnostique chez tous les patients ayant un diagnostic de travail initial de MINOCA afin d’établir la cause finale I C
Réaliser une CMR aprÚs la coronarographie invasive lorsque le diagnostic final reste incertain I B
Prendre en charge le MINOCA selon le diagnostic final établi et les recommandations spécifiques à la maladie concernée I B

Chez les patients prĂ©sentant une suspicion de dysfonction endothĂ©liale, une Ă©valuation physiologique invasive peut ĂȘtre envisagĂ©e, bien que la recommandation citĂ©e de l’ACC/AHA soit moins forte que les recommandations europĂ©ennes concernant les algorithmes diagnostiques et la CMR.

Pronostic

Un diagnostic de MINOCA n’implique pas une Ă©volution bĂ©nigne. Comparativement Ă  la maladie coronaire obstructive, la mortalitĂ© Ă  long terme est globalement plus faible, mais une mortalitĂ© cliniquement importante persiste. Dans une mĂ©ta-analyse, le risque relatif de mortalitĂ© Ă  long terme par rapport Ă  celui de la maladie coronaire obstructive Ă©tait de 0,60. La mortalitĂ© Ă  long terme rapportĂ©e Ă©tait d’environ 2,2 % en cas de MINOCA contre 5,0 % en cas de maladie coronaire obstructive. Dans une autre analyse, la mortalitĂ© Ă  cinq ans des patients prĂ©sentant un MINOCA avec sus-dĂ©calage du segment ST Ă©tait de 20 %.

Les patients qui survivent Ă  un STEMI sans maladie coronaire obstructive prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des infarctus de plus petite taille et un meilleur pronostic Ă  long terme que ceux ayant un STEMI d’origine athĂ©rosclĂ©reuse. Dans la comparaison citĂ©e, la mortalitĂ© hospitaliĂšre Ă©tait infĂ©rieure d’environ 60 % et la mortalitĂ© Ă  un an d’environ 40 %. Ces diffĂ©rences globales ne doivent pas occulter le fait que le pronostic dĂ©pend largement du mĂ©canisme sous-jacent et des comorbiditĂ©s. Certains sous-groupes de patients ayant un MINOCA ont une Ă©volution comparable Ă  celle des patients prĂ©sentant un infarctus du myocarde d’origine athĂ©rosclĂ©reuse.

Suivi

Le suivi doit ĂȘtre individualisĂ© en fonction du diagnostic final. Il doit comprendre une réévaluation :

  • Du bilan diagnostique complet et du mĂ©canisme Ă©tabli

  • De la fonction ventriculaire et de l’état d’insuffisance cardiaque lorsque cela est pertinent

  • De la rĂ©cidive d’un angor ou de symptĂŽmes vasomoteurs

  • De l’observance de la prĂ©vention secondaire et du traitement des facteurs de risque

  • De la nĂ©cessitĂ© de poursuivre un traitement antiagrĂ©gant plaquettaire, anticoagulant, vasoactif, hypolipĂ©miant ou agissant sur le systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone

  • De l’état psychosocial, de l’activitĂ© physique et des besoins de rĂ©adaptation

Le MINOCA Ă©tant un diagnostic de travail plutĂŽt qu’une Ă©tiquette diagnostique dĂ©finitive, l’achĂšvement prĂ©coce du parcours diagnostique est essentiel Ă  une prise en charge longitudinale sĂ»re. La CMR doit idĂ©alement ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de l’hospitalisation initiale lorsque le diagnostic reste incertain, et le traitement ultĂ©rieur doit ĂȘtre adaptĂ© au rĂ©sultat final. La persistance ou la rĂ©cidive des symptĂŽmes chez les patients ayant des artĂšres coronaires non obstructives peut justifier une Ă©valuation Ă  la recherche d’un vasospasme coronaire, d’une dysfonction microvasculaire ou d’un autre mĂ©canisme, plutĂŽt que la rĂ©pĂ©tition d’une coronarographie non orientĂ©e.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026