đŸš« Inclisiran et agents hypolipĂ©miants Ă©mergents

Sommaire (22)

Définition et justification thérapeutique

L’inclisiran est un petit ARN interfĂ©rent (siRNA) ciblant le foie, conçu pour rĂ©duire la production de la proprotĂ©ine convertase subtilisine/kexine de type 9 (PCSK9). Il agit par dĂ©gradation, dans les hĂ©patocytes, de l’ARN messager codant la PCSK9. La diminution de la synthĂšse hĂ©patique de PCSK9 rĂ©duit la concentration circulante de PCSK9, augmente la disponibilitĂ© Ă  la surface cellulaire des rĂ©cepteurs hĂ©patiques des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) et favorise ainsi l’élimination du LDL-C de la circulation.

Ce mĂ©canisme diffĂšre de celui des anticorps monoclonaux alirocumab et evolocumab, qui se lient Ă  la PCSK9 circulante. L’effet intracellulaire prolongĂ© de l’inclisiran permet une administration sous-cutanĂ©e seulement deux fois par an, ce qui constitue une distinction pratique importante par rapport aux traitements nĂ©cessitant des injections mensuelles ou bimensuelles. L’inclisiran est utilisĂ© en complĂ©ment des mesures diĂ©tĂ©tiques et d’un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, avec ou sans autres hypolipĂ©miants, lorsqu’une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C est nĂ©cessaire, notamment chez les patients prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD) ou une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale hĂ©tĂ©rozygote.

Le principe thĂ©rapeutique gĂ©nĂ©ral est que la rĂ©duction du LDL-C est associĂ©e Ă  un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire quelle que soit la voie pharmacologique utilisĂ©e. Chez les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu (SCA), la pĂ©riode prĂ©coce suivant l’évĂ©nement est particuliĂšrement vulnĂ©rable, et l’intensification retardĂ©e du traitement hypolipĂ©miant peut laisser les patients exposĂ©s Ă  un risque Ă©vitable. Les recommandations actuelles prĂ©conisent donc une prise en charge prĂ©coce et intensive : le traitement doit ĂȘtre instaurĂ© immĂ©diatement et une bithĂ©rapie ou une polythĂ©rapie doit ĂȘtre ajoutĂ©e si nĂ©cessaire pour atteindre la cible recommandĂ©e de LDL-C.

Inclisiran : pharmacologie et effets lipidiques

L’inclisiran entraĂźne une rĂ©duction dose-dĂ©pendante de la PCSK9 et du LDL-C. Dans les Ă©tudes cliniques, les rĂ©ductions du LDL-C ont gĂ©nĂ©ralement Ă©tĂ© d’environ 50 %, avec des rĂ©ductions rapportĂ©es allant jusqu’à 50–55 % dans les synthĂšses fondĂ©es sur les recommandations. Il rĂ©duit Ă©galement le non-HDL-C jusqu’à environ 50 % et l’apolipoprotĂ©ine B d’environ 20–40 %. Les effets sur les triglycĂ©rides et la lipoprotĂ©ine(a) sont variables ou modestes.

Dans les Ă©tudes de phase III portant sur des patients prĂ©sentant une ASCVD ou au moins un Ă©quivalent de risque d’ASCVD et recevant des statines, l’inclisiran a produit une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C d’environ 50 %. Cet effet Ă©tait constant chez les patients diabĂ©tiques et non diabĂ©tiques. Une analyse groupĂ©e d’études incluant des patients atteints d’hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale hĂ©tĂ©rozygote ou d’ASCVD a montrĂ© une rĂ©duction du LDL-C d’environ 50,5 % lorsque l’inclisiran Ă©tait ajoutĂ© Ă  un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, avec ou sans autre traitement hypolipĂ©miant.

La durabilitĂ© de la rĂ©ponse est au cƓur de son utilisation clinique. AprĂšs la phase initiale du traitement, l’administration n’est nĂ©cessaire que deux fois par an. Cela peut rĂ©duire les obstacles Ă  l’observance associĂ©s aux traitements injectables plus frĂ©quents, bien que l’importance clinique d’une meilleure observance reste tributaire d’un suivi et d’une administration rĂ©guliers.

Indications cliniques et place dans la stratégie thérapeutique

L’inclisiran a Ă©tĂ© approuvĂ© dans plusieurs pays europĂ©ens en complĂ©ment du rĂ©gime alimentaire et d’un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e chez les patients prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale hĂ©tĂ©rozygote ou une ASCVD et nĂ©cessitant une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C.

Il doit ĂȘtre envisagĂ© dans le cadre d’une stratĂ©gie hypolipĂ©miante progressive fondĂ©e sur des objectifs :

  • Les interventions diĂ©tĂ©tiques et hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques constituent le socle du traitement.

  • Les statines sont le traitement pharmacologique de premiĂšre intention privilĂ©giĂ© chez les patients prĂ©sentant un risque accru d’ASCVD.

  • L’ézĂ©timibe est indiquĂ© lorsque l’objectif de LDL-C n’est pas atteint avec une statine ou lorsque les statines ne peuvent pas ĂȘtre prescrites.

  • Les traitements ciblant la PCSK9, notamment les anticorps monoclonaux ou l’inclisiran, permettent une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C lorsqu’une diminution additionnelle est nĂ©cessaire.

  • Le choix d’une association thĂ©rapeutique dĂ©pend de l’ampleur de la rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C nĂ©cessaire et des traitements antĂ©rieurs du patient.

L’inclisiran est particuliĂšrement intĂ©ressant lorsqu’un effet thĂ©rapeutique durable et une administration peu frĂ©quente sont souhaitables sur le plan clinique. Son effet sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires reste toutefois en cours d’évaluation dans une Ă©tude dĂ©diĂ©e de morbi-mortalitĂ©.

Données issues des études cliniques

Dans une Ă©tude de phase II menĂ©e chez des patients Ă  haut risque d’ASCVD, une dose unique d’inclisiran a entraĂźnĂ©, au 180e jour, des rĂ©ductions du LDL-C allant d’environ 28 % Ă  42 %, selon la dose. AprĂšs deux doses, les rĂ©ductions allaient d’environ 36 % Ă  53 %, toutes les comparaisons avec le placebo Ă©tant statistiquement significatives.

Les Ă©tudes de phase III ORION-10 et ORION-11 ont Ă©valuĂ© des patients prĂ©sentant un LDL-C Ă©levĂ© et une ASCVD ou au moins un facteur de risque d’ASCVD, et recevant des statines. L’inclisiran a produit une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C d’environ 50 %, y compris chez les patients diabĂ©tiques.

Une analyse groupĂ©e des donnĂ©es individuelles des patients des Ă©tudes ORION-9, ORION-10 et ORION-11 a inclus environ 3 600 patients prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale hĂ©tĂ©rozygote ou une ASCVD. L’inclisiran a rĂ©duit le LDL-C d’environ 50,5 % lorsqu’il Ă©tait ajoutĂ© Ă  un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, avec ou sans autres hypolipĂ©miants, et a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement bien tolĂ©rĂ©. Dans une analyse exploratoire, les Ă©vĂ©nements cardiaques indĂ©sirables majeurs composites Ă©taient rĂ©duits ; toutefois, ces rĂ©sultats doivent ĂȘtre confirmĂ©s dans une Ă©tude dĂ©diĂ©e de morbi-mortalitĂ© cardiovasculaire.

L’étude de morbi-mortalitĂ© ORION-4 Ă©value si l’inclisiran rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs chez les patients prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire Ă©tablie. Par consĂ©quent, l’efficacitĂ© biochimique de l’inclisiran est mieux Ă©tablie que son effet dĂ©finitif sur la morbiditĂ© et la mortalitĂ© cardiovasculaires.

Administration et considérations pratiques

L’inclisiran est administrĂ© par voie sous-cutanĂ©e deux fois par an aprĂšs le schĂ©ma thĂ©rapeutique initial. Le schĂ©ma d’entretien semestriel constitue la principale caractĂ©ristique pratique du mĂ©dicament et peut rĂ©pondre aux difficultĂ©s d’observance associĂ©es aux injections mensuelles ou bimensuelles d’anticorps monoclonaux.

Les rĂ©actions au site d’injection surviennent plus frĂ©quemment avec l’inclisiran qu’avec le placebo. Hormis ce constat, les donnĂ©es d’extension Ă  long terme dĂ©crivent le mĂ©dicament comme gĂ©nĂ©ralement bien tolĂ©rĂ©. Les sources disponibles ne fournissent pas de schĂ©ma spĂ©cifique de dose de charge, de volume d’injection, de dose en milligrammes ni d’instructions dĂ©taillĂ©es concernant l’adaptation posologique en cas d’insuffisance rĂ©nale ou hĂ©patique.

L’ampleur de la rĂ©ponse du LDL-C variant selon les individus, une surveillance biologique reste nĂ©cessaire. Le LDL-C doit ĂȘtre Ă©valuĂ© environ 4–6 semaines aprĂšs l’instauration ou toute modification du traitement. Une surveillance continue est Ă©galement nĂ©cessaire afin de s’assurer que les objectifs thĂ©rapeutiques restent atteints et qu’un traitement supplĂ©mentaire n’est pas nĂ©cessaire.

Autres approches ciblant la PCSK9

Anticorps monoclonaux

L’alirocumab et l’evolocumab sont des anticorps monoclonaux dirigĂ©s contre la PCSK9 circulante. Ils rĂ©duisent le LDL-C jusqu’à environ 60 %, en monothĂ©rapie ou en association avec un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et/ou de l’ézĂ©timibe. Lorsqu’ils sont ajoutĂ©s Ă  des statines Ă  forte intensitĂ© ou Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, ils ont produit des rĂ©ductions du LDL-C d’environ 46–73 % supĂ©rieures Ă  celles du placebo et d’environ 30 % supĂ©rieures Ă  celles obtenues avec l’ézĂ©timibe.

Leurs effets semblent largement indĂ©pendants du traitement de fond. Ils rĂ©duisent Ă©galement les triglycĂ©rides et la lipoprotĂ©ine(a), et augmentent le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© et l’apolipoprotĂ©ine A-I, bien que la contribution de ces modifications au bĂ©nĂ©fice clinique reste incertaine.

La principale limite pratique soulignĂ©e dans les sources est la frĂ©quence d’administration : les injections mensuelles ou bimensuelles peuvent altĂ©rer l’observance. Le coĂ»t, la sĂ©curitĂ© Ă  long terme, le rapport coĂ»t-efficacitĂ© et la place de ces agents en prĂ©vention primaire restent des considĂ©rations importantes.

Inhibiteurs expérimentaux oraux et à base de protéines de la PCSK9

Un inhibiteur cyclique peptidique de la PCSK9 administrable par voie orale a produit, dans une Ă©tude de phase IIb, une rĂ©duction du LDL-C d’environ 60 % par rapport Ă  la valeur initiale. Le lerodalcibep, une petite protĂ©ine de liaison dirigĂ©e contre la PCSK9, a Ă©galement significativement rĂ©duit le LDL-C dans une Ă©tude rĂ©cente de phase III. Ces agents restent inscrits dans le paysage thĂ©rapeutique en Ă©volution dĂ©crit dans les sources.

Une stratĂ©gie d’édition des bases destinĂ©e Ă  inhiber de maniĂšre permanente l’expression du gĂšne de la PCSK9 est actuellement Ă©valuĂ©e dans des essais cliniques chez l’ĂȘtre humain. Cette approche diffĂšre fondamentalement de l’inhibition mĂ©diĂ©e par les anticorps et de l’interfĂ©rence transitoire par l’ARN, car elle vise Ă  induire une modification gĂ©nĂ©tique durable.

Traitements hypolipémiants conventionnels

Régime alimentaire et mode de vie

Les habitudes alimentaires associĂ©es Ă  une plus faible incidence des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires comprennent une consommation accrue de fruits, de lĂ©gumes non fĂ©culents, de fruits Ă  coque, de lĂ©gumineuses, de poisson, d’huiles vĂ©gĂ©tales, de yaourt et de cĂ©rĂ©ales complĂštes, ainsi qu’une consommation rĂ©duite de viande rouge et transformĂ©e, de glucides raffinĂ©s et de sel. Le remplacement des graisses animales, notamment les graisses laitiĂšres, par des graisses vĂ©gĂ©tales et des acides gras polyinsaturĂ©s peut rĂ©duire davantage le risque d’ASCVD.

Les interventions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques influencent le risque cardiovasculaire Ă  la fois directement et par leurs effets sur les lipides plasmatiques, la pression artĂ©rielle et la glycĂ©mie. Elles restent nĂ©cessaires mĂȘme lorsqu’un traitement pharmacologique est prescrit.

Statines

Les statines inhibent la 3-hydroxy-3-mĂ©thylglutaryl-coenzyme A rĂ©ductase et rĂ©duisent le LDL-C, la morbiditĂ© et la mortalitĂ© liĂ©es Ă  l’ASCVD, ainsi que le recours aux interventions coronaires. Elles rĂ©duisent Ă©galement les triglycĂ©rides et peuvent diminuer le risque de pancrĂ©atite. Pour ces raisons, elles restent le traitement pharmacologique de premiĂšre intention privilĂ©giĂ© chez les patients prĂ©sentant un risque accru d’ASCVD.

La myopathie est l’effet indĂ©sirable le plus frĂ©quemment discutĂ©, bien que les atteintes musculaires sĂ©vĂšres soient rares et la rhabdomyolyse extrĂȘmement rare. Des myalgies sont rapportĂ©es par environ 5–10 % des patients, mais, dans la plupart des cas, les symptĂŽmes ne sont pas imputables Ă  la statine. De lĂ©gĂšres augmentations de la glycĂ©mie et de l’hĂ©moglobine glyquĂ©e peuvent survenir, avec une augmentation dose-dĂ©pendante du risque de diabĂšte de type 2. Des Ă©lĂ©vations des enzymes hĂ©patiques peuvent Ă©galement se produire et sont habituellement rĂ©versibles ; une surveillance systĂ©matique des enzymes hĂ©patiques n’est pas indiquĂ©e.

La prise en charge des myalgies sans augmentation majeure de la crĂ©atine kinase consiste habituellement Ă  remplacer la statine par une autre ou Ă  utiliser une trĂšs faible dose plusieurs jours par semaine, puis Ă  augmenter progressivement la frĂ©quence ou la dose. Les interactions mĂ©dicamenteuses doivent ĂȘtre réévaluĂ©es rĂ©guliĂšrement, car les statines sont frĂ©quemment associĂ©es Ă  des traitements d’autres maladies chroniques.

ÉzĂ©timibe

L’ézĂ©timibe inhibe l’absorption intestinale du cholestĂ©rol. Il est considĂ©rĂ© comme un traitement de deuxiĂšme intention, ajoutĂ© Ă  une statine lorsque l’objectif de LDL-C n’est pas atteint ou utilisĂ© lorsque le traitement par statine ne peut pas ĂȘtre prescrit. Le bĂ©nĂ©fice supplĂ©mentaire de l’association de l’ézĂ©timibe Ă  une statine est conforme au principe selon lequel la rĂ©duction du LDL-C confĂšre un bĂ©nĂ©fice indĂ©pendamment de la modalitĂ© thĂ©rapeutique spĂ©cifique.

Acide bempédoïque

L’acide bempĂ©doĂŻque est un inhibiteur oral de la synthĂšse du cholestĂ©rol. Son utilisation est principalement dĂ©crite en association avec l’ézĂ©timibe chez les patients intolĂ©rants aux statines. À la pĂ©riode considĂ©rĂ©e dans les sources, les donnĂ©es de morbi-mortalitĂ© cardiovasculaire n’étaient pas attendues avant la fin de 2022.

Syndromes coronariens aigus : traitement précoce par association

Les patients prĂ©sentant un SCA sont exposĂ©s Ă  un risque particuliĂšrement Ă©levĂ© de rĂ©cidive, notamment au cours de la premiĂšre annĂ©e suivant la sortie de l’hĂŽpital. Les donnĂ©es observationnelles citĂ©es dans les sources dĂ©crivent une incidence cumulĂ©e de rĂ©cidive d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ou de dĂ©cĂšs cardiovasculaire d’environ 10 % au cours des 100 premiers jours suivant l’infarctus du myocarde et d’environ 33 % Ă  5 ans.

Une approche progressive conventionnelle peut nĂ©cessiter jusqu’à 12 semaines pour obtenir un traitement hypolipĂ©miant optimal. Ce dĂ©lai est cliniquement important, car la pĂ©riode immĂ©diatement consĂ©cutive au SCA correspond Ă  une phase de vulnĂ©rabilitĂ© accrue. L’inertie dans la prescription, une intensitĂ© thĂ©rapeutique insuffisante, les effets indĂ©sirables, la rĂ©ticence Ă  utiliser les statines et la perte de suivi peuvent tous contribuer Ă  l’échec de l’atteinte des objectifs de LDL-C.

La stratégie privilégiée consiste donc à instaurer précocement une réduction intensive du LDL-C :

  • Commencer immĂ©diatement le traitement par statine au cours de l’épisode de SCA.

  • Ajouter un ou plusieurs agents non statiniques ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire lorsque la rĂ©duction attendue du LDL-C avec la statine seule est insuffisante.

  • Choisir l’association thĂ©rapeutique en fonction de la rĂ©duction supplĂ©mentaire nĂ©cessaire et du traitement hypolipĂ©miant antĂ©rieur du patient.

  • Réévaluer le LDL-C 4–6 semaines aprĂšs l’instauration ou l’intensification du traitement.

  • Poursuivre Ă  vie le traitement visant Ă  rĂ©duire le LDL-C afin d’atteindre la cible recommandĂ©e.

L’ajout d’ézĂ©timibe au traitement par statine au cours de la pĂ©riode prĂ©coce suivant un SCA a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C et Ă  une diminution modeste mais significative des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables. Une rĂ©duction trĂšs intensive du LDL-C instaurĂ©e au cours de la phase aiguĂ« a Ă©tĂ© dĂ©crite comme rĂ©alisable et sĂ»re dans de petites Ă©tudes, et le traitement aigu par anticorps monoclonaux dirigĂ©s contre la PCSK9 a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une amĂ©lioration de la taille et de la composition des plaques coronaires dans les essais citĂ©s.

Les sources appuient le principe d’une stratĂ©gie « plus prĂ©coce, plus basse et meilleure » aprĂšs un SCA, mais ne fournissent pas de valeurs spĂ©cifiques de cibles de LDL-C ni de protocole posologique aigu complet, mĂ©dicament par mĂ©dicament, pour le SCA.

Stratégies de réduction des triglycérides

Les triglycĂ©rides sont associĂ©s au risque coronaire, bien que leur relation soit dĂ©crite comme moins Ă©troite que celle du LDL-C. L’activation gĂ©nĂ©tique de la lipoprotĂ©ine lipase rĂ©duit les triglycĂ©rides sĂ©riques et est associĂ©e Ă  une moindre incidence de maladie coronarienne. Cependant, la rĂ©duction pharmacologique de triglycĂ©rides modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ©s par le pemafibrate n’a pas diminuĂ© les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires dans un vaste essai clinique.

À l’inverse, l’icosapent Ă©thyl a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une rĂ©duction de 25 % des Ă©vĂ©nements ischĂ©miques indĂ©sirables, y compris des dĂ©cĂšs cardiovasculaires, chez des patients prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie modĂ©rĂ©e. Il reste incertain que le bĂ©nĂ©fice ait Ă©tĂ© mĂ©diĂ© par la rĂ©duction des triglycĂ©rides elle-mĂȘme.

D’autres stratĂ©gies Ă©mergentes comprennent l’inhibition de la protĂ©ine 3 semblable Ă  l’angiopoĂŻĂ©tine (ANGPTL3). Dans un petit essai de phase II menĂ© chez des patients prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie sĂ©vĂšre, la rĂ©ponse Ă  l’evinacumab variait considĂ©rablement selon le gĂ©notype, allant de l’absence de rĂ©duction Ă  une rĂ©duction de 83 %. Un anticorps dirigĂ© contre le complexe ANGPTL3/8 est Ă©galement Ă©valuĂ© dans des Ă©tudes prĂ©coces pour son potentiel Ă  rĂ©duire Ă  la fois les triglycĂ©rides et le LDL-C.

Plusieurs mĂ©dicaments peuvent aggraver le profil lipidique. Les diurĂ©tiques thiazidiques peuvent augmenter les triglycĂ©rides ; les bĂȘtabloquants non sĂ©lectifs peuvent augmenter les triglycĂ©rides et rĂ©duire le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© ; l’acide rĂ©tinoĂŻque, les ƓstrogĂšnes, les corticostĂ©roĂŻdes et les immunosuppresseurs peuvent augmenter les triglycĂ©rides. Les stĂ©roĂŻdes anabolisants peuvent provoquer une hypertriglycĂ©ridĂ©mie et un taux trĂšs faible de cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ©. Les antipsychotiques atypiques, certains antidĂ©presseurs et les traitements antirĂ©troviraux hautement actifs peuvent entraĂźner des anomalies des lipoprotĂ©ines et des troubles mĂ©taboliques.

Traitements ciblant la lipoprotéine(a)

L’élĂ©vation de la lipoprotĂ©ine(a) est associĂ©e Ă  plusieurs mĂ©canismes susceptibles d’accroĂźtre le risque cardiovasculaire, notamment l’accĂ©lĂ©ration de l’athĂ©rogenĂšse, l’augmentation de l’inflammation vasculaire, l’aggravation de la stĂ©nose aortique calcifiĂ©e et la promotion d’un Ă©tat prothrombotique.

En l’absence d’agents spĂ©cifiques Ă©tablis rĂ©duisant la lipoprotĂ©ine(a), la prise en charge repose sur un contrĂŽle intensif des autres facteurs de risque cardiovasculaire, adaptĂ© au risque cardiovasculaire global et Ă  la concentration de lipoprotĂ©ine(a). Une aphĂ©rĂšse des lipoprotĂ©ines peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une lipoprotĂ©ine(a) trĂšs Ă©levĂ©e et une maladie cardiovasculaire progressive.

La plupart des hypolipĂ©miants ont peu ou pas d’effet sur la lipoprotĂ©ine(a), bien que les traitements ciblant la PCSK9 et l’obicĂ©trapib puissent produire des rĂ©ductions modestes. Les oligonuclĂ©otides antisens et les traitements par siRNA ciblant les hĂ©patocytes ont produit des rĂ©ductions biochimiques spectaculaires et sont Ă©valuĂ©s quant Ă  leurs effets sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

Pelacarsen

Le pelacarsen est un oligonuclĂ©otide antisens dirigĂ© contre le gĂšne LPA. Dans une Ă©tude de recherche de dose menĂ©e chez des patients prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire Ă©tablie et des concentrations de lipoprotĂ©ine(a) d’au moins 60 mg/dL, il a rĂ©duit la lipoprotĂ©ine(a) de maniĂšre dose-dĂ©pendante, jusqu’à 80 %, indĂ©pendamment de la taille de l’isoforme ou du variant gĂ©nĂ©tique. Les rĂ©actions au site d’injection Ă©taient les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables les plus frĂ©quents. Une Ă©tude de phase III de morbi-mortalitĂ© Ă©value son effet sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

Olpasiran et agents apparentés

L’olpasiran est un siRNA qui inhibe la synthĂšse hĂ©patique de la lipoprotĂ©ine(a). Chez les patients prĂ©sentant une ASCVD Ă©tablie et des concentrations de lipoprotĂ©ine(a) supĂ©rieures Ă  150 nmol/L, il a rĂ©duit la lipoprotĂ©ine(a) de maniĂšre dose-dĂ©pendante, jusqu’à 100 % ; les rĂ©actions au site d’injection Ă©taient les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables les plus frĂ©quents.

D’autres traitements par siRNA, notamment le zerlasiran et le lepodisiran, sont en cours de dĂ©veloppement clinique. Le muvalaplin est une petite molĂ©cule orale qui inhibe la formation de la lipoprotĂ©ine(a) en bloquant l’interaction entre l’apolipoprotĂ©ine(a) et l’apolipoprotĂ©ine B100 ; il peut rĂ©duire la lipoprotĂ©ine(a) jusqu’à environ 65 %.

La question de savoir si ces effets biochimiques se traduisent par une diminution des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires reste Ă  l’étude.

Traitement anti-inflammatoire en complément de la réduction lipidique

L’inflammation est un facteur modifiable contribuant Ă  l’athĂ©rothrombose. Les statines et les agonistes du rĂ©cepteur du peptide-1 semblable au glucagon peuvent exercer des effets anti-inflammatoires en plus de leurs principales actions mĂ©taboliques, tandis que d’autres traitements ciblent directement l’inflammation.

Le canakinumab, un anticorps monoclonal dirigĂ© contre l’interleukine-1ÎČ, a rĂ©duit la protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible et l’interleukine-6 sans modifier les taux lipidiques, et a modestement rĂ©duit un critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiovasculaire, infarctus du myocarde et accident vasculaire cĂ©rĂ©bral chez des patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’infarctus du myocarde et une protĂ©ine C-rĂ©active ultrasensible ≄2 mg/L. Il n’a pas rĂ©duit la mortalitĂ© toutes causes et a Ă©tĂ© associĂ© Ă  un excĂšs d’infections mortelles. Il ne fera donc pas l’objet d’un dĂ©veloppement clinique pour cette indication.

Le mĂ©thotrexate Ă  faible dose n’a pas rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et n’a pas non plus modifiĂ© les biomarqueurs inflammatoires Ă  la dose Ă©tudiĂ©e.

La colchicine est l’option anti-inflammatoire actuellement disponible la plus prometteuse dĂ©crite dans les sources. Elle interfĂšre avec la chimiotaxie et la phagocytose des cellules inflammatoires, rĂ©duit l’expression des molĂ©cules d’adhĂ©sion et modifie la production de cytokines. Chez les patients traitĂ©s dans les 30 jours suivant un infarctus du myocarde, la colchicine Ă  la dose de 0,5 mg par voie orale une fois par jour a rĂ©duit le critĂšre ischĂ©mique principal sur environ 2 ans, bien que les pneumonies aient Ă©tĂ© plus frĂ©quentes et que la mortalitĂ© toutes causes n’ait pas Ă©tĂ© rĂ©duite. Chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique stable, la colchicine Ă  la dose de 0,5 mg une fois par jour a rĂ©duit le critĂšre composite principal sur environ 3 ans, mais un excĂšs de dĂ©cĂšs non cardiovasculaires a Ă©tĂ© observĂ© et la mortalitĂ© cardiovasculaire n’a pas Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e.

La colchicine Ă  faible dose peut ĂȘtre envisagĂ©e en complĂ©ment du traitement prĂ©ventif recommandĂ© par les recommandations chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique stable qui restent Ă  haut risque malgrĂ© un traitement Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e. Sa marge thĂ©rapeutique Ă©troite impose la prudence. Le mĂ©dicament possĂšde une longue demi-vie et son Ă©limination dĂ©pend de la fonction rĂ©nale ; il est mĂ©tabolisĂ© par le CYP3A4 et constitue un substrat de la glycoprotĂ©ine P. Ces propriĂ©tĂ©s crĂ©ent des risques d’interactions cliniquement importants et nĂ©cessitent une surveillance supplĂ©mentaire.

Autres traitements cardiovasculaires pertinents pour la prise en charge lipidique

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine et les antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine sont largement utilisĂ©s aprĂšs un infarctus du myocarde, dans l’hypertension, la cardiopathie ischĂ©mique chronique et les maladies vasculaires Ă  haut risque telles que le diabĂšte. Leurs bĂ©nĂ©fices sont surtout manifestes chez les patients prĂ©sentant un risque accru, notamment ceux atteints de diabĂšte ou d’une dysfonction ventriculaire gauche, ainsi que chez ceux dont la pression artĂ©rielle et le LDL-C restent insuffisamment contrĂŽlĂ©s malgrĂ© les autres traitements. Leur utilisation systĂ©matique chez les patients ayant une fonction ventriculaire gauche normale et ayant dĂ©jĂ  atteint les objectifs de pression artĂ©rielle et de LDL-C ne rĂ©duit pas les Ă©vĂ©nements et n’est pas coĂ»t-efficace.

Les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 exercent des effets protecteurs cardiovasculaires et rĂ©naux chez les patients diabĂ©tiques ou non diabĂ©tiques prĂ©sentant une fraction d’éjection ventriculaire gauche rĂ©duite. Ils favorisent la perte pondĂ©rale, abaissent la pression artĂ©rielle et rĂ©duisent le volume plasmatique.

Les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre Ă©vitĂ©s chez les patients prĂ©sentant une cardiopathie ischĂ©mique, car ils peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă  une augmentation faible mais rĂ©elle du risque d’infarctus du myocarde et de mortalitĂ©. Lorsqu’ils sont nĂ©cessaires, l’agent prĂ©sentant le risque le plus faible doit ĂȘtre utilisĂ© Ă  la dose efficace la plus faible pendant la durĂ©e la plus courte possible ; la coadministration d’aspirine est recommandĂ©e dans les sources.

Surveillance et suivi fondés sur les recommandations

Les principales exigences de surveillance sont l’évaluation clinique de la tolĂ©rance, l’attention portĂ©e Ă  l’observance, la recherche d’interactions mĂ©dicamenteuses et la mesure sĂ©riĂ©e du LDL-C.

Le LDL-C doit ĂȘtre contrĂŽlĂ© 4–6 semaines aprĂšs :

  • l’instauration d’un traitement hypolipĂ©miant ;

  • la modification de la dose ou de l’association thĂ©rapeutique ;

  • l’intensification du traitement pendant ou aprĂšs un SCA.

La rĂ©ponse au traitement variant selon les individus, une confirmation biologique est nĂ©cessaire plutĂŽt que de se fonder uniquement sur la rĂ©duction moyenne attendue. AprĂšs un SCA, le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre poursuivi Ă  vie, avec des efforts continus pour maintenir le LDL-C Ă  la cible recommandĂ©e.

Le suivi doit Ă©galement porter sur les symptĂŽmes associĂ©s aux statines, les Ă©ventuelles anomalies des enzymes hĂ©patiques, les effets glycĂ©miques et les interactions mĂ©dicamenteuses. Chez les patients recevant de la colchicine, l’élimination rĂ©nale, le mĂ©tabolisme par le CYP3A4 et le statut de substrat de la glycoprotĂ©ine P imposent une attention particuliĂšre aux traitements concomitants et Ă  la surveillance de la toxicitĂ©.

Pronostic et questions non résolues

La rĂ©duction intensive du LDL-C est associĂ©e Ă  de meilleurs rĂ©sultats aprĂšs un SCA, et les donnĂ©es disponibles soutiennent l’instauration prĂ©coce et l’intensification rapide du traitement. L’inclisiran offre une rĂ©duction durable du LDL-C d’environ 50 % grĂące Ă  une administration deux fois par an et est gĂ©nĂ©ralement bien tolĂ©rĂ©, bien que les rĂ©actions au site d’injection soient plus frĂ©quentes qu’avec le placebo.

L’effet dĂ©finitif de l’inclisiran sur la morbiditĂ© et la mortalitĂ© cardiovasculaires doit encore ĂȘtre Ă©tabli par une Ă©tude dĂ©diĂ©e de morbi-mortalitĂ©. De mĂȘme, le bĂ©nĂ©fice clinique des traitements ciblant principalement la lipoprotĂ©ine(a), l’ANGPTL3 ou les nouvelles voies de la PCSK9 reste incertain. Le traitement anti-inflammatoire a montrĂ© que l’inflammation pouvait ĂȘtre modifiĂ©e Ă  des fins thĂ©rapeutiques, mais l’absence de rĂ©duction constante de la mortalitĂ© toutes causes et la prĂ©sence de signaux de sĂ©curitĂ© infectieux ou autres, non cardiovasculaires, limitent actuellement son utilisation.

L’avenir de la prise en charge lipidique devrait impliquer des traitements de plus en plus durables, des associations thĂ©rapeutiques adaptĂ©es Ă  la rĂ©duction de LDL-C nĂ©cessaire et des agents ciblant les risques rĂ©siduels tels que la lipoprotĂ©ine(a), les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et l’inflammation vasculaire. Les siRNA, les oligonuclĂ©otides antisens, les inhibiteurs administrables par voie orale et les stratĂ©gies d’édition gĂ©nomique sont tous Ă©tudiĂ©s, mais leur place dĂ©finitive dans la prĂ©vention cardiovasculaire courante dĂ©pendra de la confirmation de leur bĂ©nĂ©fice clinique et de leur sĂ©curitĂ© Ă  long terme.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026