đŸš« Imagerie intravasculaire : IVUS et OCT pour l’optimisation de l’ICP

Sommaire (25)

Définition et physiopathologie

L’imagerie intravasculaire regroupe des techniques fondĂ©es sur l’utilisation de cathĂ©ters permettant de visualiser directement la lumiĂšre coronaire, la paroi vasculaire, la plaque, le thrombus et les endoprothĂšses implantĂ©es. Les principales modalitĂ©s utilisĂ©es en salle de cathĂ©tĂ©risme sont l’échographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT). Contrairement Ă  la coronarographie, qui produit une luminographie bidimensionnelle et prĂ©sente une spĂ©cificitĂ© limitĂ©e pour l’évaluation de la plaque et de la pathologie de la paroi vasculaire, l’imagerie intravasculaire fournit des informations transversales et longitudinales sur l’artĂšre.

La valeur clinique de ces techniques repose sur leur capacitĂ© Ă  caractĂ©riser l’anatomie responsable d’une stĂ©nose, Ă  dĂ©finir la morphologie de la plaque, Ă  identifier des lĂ©sions occultes et Ă  optimiser l’intervention coronaire percutanĂ©e (ICP). L’imagerie peut donc influencer plusieurs Ă©tapes de l’intervention :

  • prĂ©paration de la lĂ©sion ;

  • sĂ©lection du diamĂštre et de la longueur de l’endoprothĂšse ;

  • identification des segments de rĂ©fĂ©rence proximal et distal ;

  • Ă©valuation de l’expansion et de l’apposition de l’endoprothĂšse ;

  • dĂ©tection d’une dissection marginale, d’un prolapsus tissulaire, d’un thrombus ou d’autres complications aiguĂ«s ;

  • exploration d’une restĂ©nose et d’une thrombose d’endoprothĂšse.

L’imagerie intravasculaire peut Ă©galement prĂ©ciser le mĂ©canisme d’un syndrome coronarien aigu (SCA), notamment lorsque la coronarographie ne montre pas de maladie obstructive significative ou lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine. Dans ces situations, l’OCT ou l’IVUS peuvent mettre en Ă©vidence une rupture de plaque, un thrombus, une dissection coronaire spontanĂ©e (DCS) ou une autre anomalie structurelle occulte.

IVUS

L’IVUS gĂ©nĂšre des images en transmettant des ultrasons Ă  partir d’un cathĂ©ter intracoronaire et en enregistrant les Ă©chos rĂ©flĂ©chis par la paroi vasculaire. Les systĂšmes actuels utilisent des frĂ©quences allant d’environ 20 Ă  60 MHz. Leur principal avantage est la pĂ©nĂ©tration tissulaire, qui permet gĂ©nĂ©ralement d’évaluer plusieurs millimĂštres au-delĂ  de la lumiĂšre et de visualiser la membrane Ă©lastique externe (MEE). L’IVUS est donc utile pour dĂ©terminer la taille du vaisseau, la charge athĂ©romateuse et les dimensions de lĂ©sions qui peuvent ne pas ĂȘtre complĂštement caractĂ©risĂ©es par la coronarographie.

L’IVUS en niveaux de gris standard montre les principales couches de la paroi vasculaire et permet de mesurer quantitativement :

  • le diamĂštre luminal minimal et maximal ;

  • la surface luminale ;

  • la surface de la MEE ou du vaisseau ;

  • la surface de l’athĂ©rome ;

  • la charge athĂ©romateuse ;

  • la surface minimale de l’endoprothĂšse.

Les limites de l’IVUS en niveaux de gris comprennent une rĂ©solution spatiale infĂ©rieure Ă  celle de l’OCT et une discrimination imparfaite des composants de la plaque. L’IVUS avec analyse radiofrĂ©quentielle ou histologie virtuelle peut fournir des informations supplĂ©mentaires sur les composants calcifiĂ©s, fibreux, fibroadipeux et nĂ©crotiques. L’IVUS avec histologie virtuelle a Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ© pour identifier les fibroathĂ©romes Ă  chape fibreuse fine, phĂ©notype de plaque associĂ© Ă  la survenue ultĂ©rieure d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs dans des Ă©tudes observationnelles.

OCT

L’OCT utilise une lumiĂšre proche de l’infrarouge plutĂŽt que des ultrasons. Sa rĂ©solution est nettement supĂ©rieure Ă  celle de l’IVUS, d’environ 5–20 ”m selon le systĂšme, contre environ 70–200 ”m pour l’IVUS en niveaux de gris. Cela permet une visualisation dĂ©taillĂ©e de la surface luminale, de l’épaisseur de la chape fibreuse, du thrombus, des mailles de l’endoprothĂšse, du prolapsus tissulaire et de la couverture des mailles.

L’OCT prĂ©sente une pĂ©nĂ©tration tissulaire limitĂ©e, gĂ©nĂ©ralement d’environ 1–3 mm, et peut ne pas visualiser la MEE Ă  travers une plaque ou une calcification importante. Une Ă©vacuation du sang est nĂ©cessaire, car le sang entraĂźne une rĂ©trodiffusion importante du signal lumineux. L’imagerie est donc gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e pendant l’injection de produit de contraste ou au moyen d’une autre mĂ©thode de dĂ©placement temporaire du sang.

L’OCT est particuliùrement utile pour :

  • caractĂ©riser la surface de l’athĂ©rome ;

  • mesurer l’épaisseur de la chape fibreuse ;

  • distinguer un thrombus d’une plaque ;

  • Ă©valuer une rupture de plaque occulte ;

  • identifier une dissection coronaire spontanĂ©e ou un hĂ©matome intramural lorsque la coronarographie est non concluante ;

  • Ă©valuer l’expansion de l’endoprothĂšse, son apposition, les dissections marginales et la couverture endothĂ©liale.

Caractéristiques complémentaires

L’IVUS et l’OCT sont complĂ©mentaires plutĂŽt qu’interchangeables. L’IVUS permet gĂ©nĂ©ralement une meilleure visualisation des dimensions globales du vaisseau, de la charge athĂ©romateuse, des gros vaisseaux, des lĂ©sions ostiales, des occlusions coronaires chroniques et de l’artĂšre coronaire gauche principale. L’OCT offre une rĂ©solution supĂ©rieure pour la morphologie superficielle de la plaque, le thrombus, les chapes fibreuses et l’évaluation des mailles de l’endoprothĂšse, mais sa pĂ©nĂ©tration moindre et la nĂ©cessitĂ© d’évacuer le sang limitent son utilisation dans certaines situations.

Caractéristique IVUS OCT
Source d’énergie Ultrasons LumiĂšre proche de l’infrarouge
RĂ©solution habituelle Environ 70–200 ”m pour les systĂšmes en niveaux de gris Environ 5–20 ”m
PĂ©nĂ©tration tissulaire Environ 3–10 mm, selon la frĂ©quence Environ 1–3 mm
Évacuation du sang GĂ©nĂ©ralement non nĂ©cessaire NĂ©cessaire en raison de la rĂ©trodiffusion sanguine
Évaluation de la taille du vaisseau Bonne, notamment grĂące Ă  la visualisation de la MEE LimitĂ©e lorsque la plaque ou la calcification attĂ©nue le signal
CaractĂ©risation de la plaque Charge athĂ©romateuse et composants profonds de la plaque ; amĂ©liorĂ©e par l’analyse radiofrĂ©quentielle Évaluation dĂ©taillĂ©e de la morphologie superficielle, des lipides, de la chape fibreuse et du thrombus
Évaluation de la calcification Arc et distribution ; Ă©paisseur moins dĂ©finie de maniĂšre fiable Arc et Ă©paisseur Ă©valuables
Évaluation de l’endoprothĂšse Expansion et apposition Expansion, apposition, lĂ©sion marginale, thrombus, prolapsus tissulaire et couverture
Situations particuliĂšrement utiles Tronc commun, lĂ©sions ostiales, occlusions coronaires chroniques, gros vaisseaux, calcification sĂ©vĂšre Thrombus, chape fibreuse, lĂ©sions coupables ambiguĂ«s, Ă©valuation des mailles de l’endoprothĂšse

Présentation clinique et symptÎmes

L’imagerie intravasculaire n’est pas une maladie associĂ©e Ă  un ensemble caractĂ©ristique de symptĂŽmes. Il s’agit d’une technique diagnostique et interventionnelle complĂ©mentaire utilisĂ©e chez des patients faisant l’objet d’une exploration coronaire ou d’une ICP.

Les situations cliniques dans lesquelles elle est particuliĂšrement pertinente comprennent :

  • l’angor stable ou le syndrome coronaire chronique avec une lĂ©sion intermĂ©diaire ou anatomiquement complexe ;

  • le SCA avec une lĂ©sion coupable Ă©vidente nĂ©cessitant une ICP ;

  • le SCA sans maladie coronaire obstructive significative Ă  la coronarographie ;

  • le SCA lorsque la lĂ©sion coupable est ambiguĂ« ou que plusieurs lĂ©sions potentiellement coupables sont prĂ©sentes ;

  • la maladie du tronc commun de l’artĂšre coronaire gauche ;

  • les lĂ©sions longues, les bifurcations vraies, les lĂ©sions ostiales, les lĂ©sions fortement calcifiĂ©es et les occlusions coronaires chroniques ;

  • une suspicion d’échec de l’endoprothĂšse, notamment une restĂ©nose ou une thrombose d’endoprothĂšse ;

  • une suspicion de DCS lorsque le diagnostic angiographique est incertain.

Chez les patients prĂ©sentant un SCA, l’ambiguĂŻtĂ© concernant la lĂ©sion coupable est cliniquement importante, car plusieurs lĂ©sions peuvent ĂȘtre responsables de la prĂ©sentation, tandis que la coronarographie peut ne pas permettre de distinguer un thrombus, une rupture de plaque, une calcification ou une autre cause d’opacitĂ© luminale. Dans ces circonstances, l’OCT ou l’IVUS peuvent fournir des informations structurales directes.

Évaluation et examen clinique

L’examen clinique ne permet pas de dĂ©terminer si une IVUS ou une OCT est nĂ©cessaire et ne peut remplacer l’évaluation angiographique, physiologique ou intravasculaire d’une lĂ©sion coronaire. La dĂ©cision d’utiliser une imagerie intravasculaire dĂ©pend principalement de la prĂ©sentation clinique, des rĂ©sultats angiographiques, de la complexitĂ© de la lĂ©sion et de la dĂ©cision d’envisager une ICP ou une autre stratĂ©gie de revascularisation.

Une question prĂ©liminaire essentielle est de dĂ©terminer si la lĂ©sion est anatomiquement ou cliniquement accessible Ă  l’imagerie. Dans la DCS, par exemple, l’imagerie intracoronaire doit ĂȘtre utilisĂ©e avec prudence. Si la coronarographie a dĂ©jĂ  Ă©tabli le diagnostic de DCS et qu’un traitement mĂ©dical est prĂ©vu, une instrumentation coronaire supplĂ©mentaire n’est pas recommandĂ©e pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Lorsque l’incertitude diagnostique justifie une imagerie, il faut d’abord confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre. La tortuositĂ© vasculaire, le petit diamĂštre du vaisseau et la localisation distale de la lĂ©sion peuvent rendre l’imagerie dangereuse ou techniquement irrĂ©alisable.

Diagnostic

Coronarographie et imagerie intravasculaire

La coronarographie demeure la principale mĂ©thode d’identification de l’arbre artĂ©riel coronaire et de guidage des interventions par cathĂ©ter, mais elle ne fournit qu’une reprĂ©sentation bidimensionnelle de la lumiĂšre. Elle peut sous-estimer la charge athĂ©romateuse, ne pas dĂ©finir la taille rĂ©elle du vaisseau et apporter des informations limitĂ©es sur le mĂ©canisme d’une lĂ©sion angiographiquement ambiguĂ«.

L’IVUS et l’OCT ajoutent des informations transversales et permettent Ă  l’opĂ©rateur de corrĂ©ler l’aspect angiographique avec :

  • les dimensions luminales ;

  • la distribution et la charge athĂ©romateuses ;

  • l’architecture de la paroi vasculaire ;

  • la calcification ;

  • le thrombus ;

  • la longueur de la lĂ©sion ;

  • l’anatomie de rĂ©fĂ©rence proximale et distale ;

  • la gĂ©omĂ©trie de l’endoprothĂšse.

La corĂ©gistration de l’imagerie intravasculaire avec l’angiographie radiologique permet une localisation point par point du segment imagĂ©. Cela peut amĂ©liorer la caractĂ©risation de la lĂ©sion et le positionnement de l’endoprothĂšse. Dans une Ă©tude prospective Ă  un seul bras portant sur une ICP Ă©lective, le segment cible identifiĂ© par angiographie aurait Ă©tĂ© laissĂ© sans couverture par l’endoprothĂšse dans environ 70 % des cas si les informations d’une OCT corĂ©gistrĂ©e n’avaient pas Ă©tĂ© disponibles.

Acquisition et interprĂ©tation de l’IVUS

L’IVUS est rĂ©alisĂ©e Ă  travers un cathĂ©ter-guide coronaire sur un guide de 0.0014-inch, selon les techniques standard de cathĂ©tĂ©risme. Le cathĂ©ter est avancĂ© en aval de la lĂ©sion, puis retirĂ© manuellement ou automatiquement, habituellement Ă  environ 0.5 mm/s. Un bolus de trinitrate de glycĂ©ryle intracoronaire est utilisĂ© pour rĂ©duire le spasme artĂ©riel et amĂ©liorer l’évaluation des images, et une anticoagulation adĂ©quate est administrĂ©e pour prĂ©venir la formation de thrombus.

L’image IVUS montre normalement la lumiĂšre, l’intima, la mĂ©dia et l’adventice. La MEE reprĂ©sente la limite entre la mĂ©dia et l’adventice et joue un rĂŽle important dans l’estimation de la taille rĂ©elle du vaisseau. Les mesures doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es au niveau de la lĂ©sion et de segments de rĂ©fĂ©rence proximaux et distaux appropriĂ©s.

Les principaux paramĂštres quantitatifs comprennent :

  • la surface luminale minimale (MLA) ;

  • le diamĂštre luminal minimal (MLD) ;

  • la surface luminale de rĂ©fĂ©rence ;

  • la surface et le diamĂštre de la MEE ;

  • la surface de la plaque ou de l’athĂ©rome ;

  • la charge athĂ©romateuse ;

  • la surface minimale de l’endoprothĂšse (MSA) ;

  • l’expansion de l’endoprothĂšse ;

  • l’apposition de l’endoprothĂšse.

L’expansion de l’endoprothĂšse peut ĂȘtre exprimĂ©e comme le rapport entre la MSA et la surface luminale moyenne de rĂ©fĂ©rence. Dans l’exemple fourni, une MSA de 7.0 mm2 correspondait Ă  une expansion de l’endoprothĂšse de 88.2 % par rapport aux surfaces luminales moyennes de rĂ©fĂ©rence proximale et distale.

Acquisition et interprĂ©tation de l’OCT

L’OCT nĂ©cessite une Ă©vacuation temporaire du sang du segment imagĂ©, gĂ©nĂ©ralement au moyen d’une injection simultanĂ©e de produit de contraste. Les images haute rĂ©solution obtenues fournissent des informations dĂ©taillĂ©es sur la surface luminale et la plaque superficielle.

Les aspects OCT caractéristiques comprennent :

Tissu ou structure Aspect OCT habituel
Calcium Faible signal avec des contours nets et des régions hétérogÚnes
Lipides Signal superficiel Ă©levĂ© suivi d’une attĂ©nuation marquĂ©e ; contours irrĂ©guliers
Tissu fibreux Signal homogÚne et intense avec une atténuation limitée
Thrombus rouge Signal superficiel intense avec attĂ©nuation marquĂ©e et cĂŽne d’ombre
Thrombus blanc Signal intense avec une pénétration supérieure à celle du thrombus rouge
Média Région à faible signal limitée par des lignes riches en signal
Lames élastiques interne et externe Lignes brillantes riches en signal

L’OCT peut dĂ©tecter une malapposition de l’endoprothĂšse, lorsque les mailles de l’endoprothĂšse sont sĂ©parĂ©es de la paroi vasculaire. Elle peut Ă©galement mettre en Ă©vidence une expansion incomplĂšte, une dissection marginale, un prolapsus tissulaire, un thrombus et une couverture retardĂ©e ou incomplĂšte des mailles.

Corrélation physiologique

L’imagerie intravasculaire et l’évaluation physiologique fondĂ©e sur les pressions rĂ©pondent Ă  des questions apparentĂ©es mais distinctes. La FFR et les autres Ă©valuations physiologiques dĂ©terminent si une lĂ©sion est fonctionnellement significative, tandis que l’IVUS et l’OCT dĂ©finissent l’anatomie structurelle.

Pour l’IVUS, les valeurs suivantes sont prĂ©sentĂ©es comme des corrĂ©lats de l’ischĂ©mie :

Situation clinique MLD IVUS MLA IVUS FFR
Maladie coronaire native autre que celle du tronc commun ≀1.8 mm <2.7–4.0 mm2 <0.75–0.80
Maladie du tronc commun <2.8 mm <6.0 mm2 <0.75–0.80

Une MLA IVUS infĂ©rieure Ă  6.0 mm2 dans le tronc commun de l’artĂšre coronaire gauche est corrĂ©lĂ©e Ă  une FFR infĂ©rieure Ă  environ 0.75–0.80. Toutefois, dans la pratique actuelle, l’évaluation IVUS des stĂ©noses limites a Ă©tĂ© largement remplacĂ©e par la FFR, bien que l’IVUS demeure importante dans la maladie du tronc commun et pour l’optimisation de l’ICP.

La FFR est gĂ©nĂ©ralement recommandĂ©e pour les lĂ©sions intermĂ©diaires, mais elle n’est pas recommandĂ©e en cas de stĂ©nose angiographique trĂšs sĂ©vĂšre ou dans certaines situations impliquant la lĂ©sion coupable. Pour les lĂ©sions avec une FFR ≀0.80, l’ICP est retenue dans l’algorithme fourni ; avec une FFR >0.80, un traitement mĂ©dical optimal est retenu.

Évaluation de l’échec de l’endoprothĂšse

L’IVUS et l’OCT peuvent dĂ©terminer le mĂ©canisme d’une restĂ©nose ou d’une thrombose d’endoprothĂšse. Les anomalies possibles comprennent :

  • une expansion insuffisante de l’endoprothĂšse ;

  • une malapposition ;

  • une dissection marginale ;

  • une maladie rĂ©siduelle au niveau de la marge de l’endoprothĂšse ;

  • un prolapsus tissulaire ;

  • un thrombus ;

  • une nĂ©oathĂ©rosclĂ©rose ou une autre pathologie intrastent.

L’OCT permet une Ă©valuation particuliĂšrement dĂ©taillĂ©e de l’apposition et de la couverture tissulaire des mailles, tandis que l’IVUS peut mieux dĂ©finir les dimensions des gros vaisseaux et les anomalies structurelles profondes.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Le matĂ©riel source ne dĂ©crit pas de biomarqueurs ni de rĂ©sultats biologiques spĂ©cifiques Ă  l’imagerie intravasculaire elle-mĂȘme. L’IVUS et l’OCT sont des procĂ©dures d’imagerie et ne prĂ©sentent pas de profil caractĂ©ristique de biomarqueurs circulants. Leur utilisation dans le SCA est dĂ©terminĂ©e par le syndrome clinique et les constatations coronaires, et non par un seuil biologique spĂ©cifiĂ© ici.

Traitement et prise en charge

Rîle dans l’ICP

Le principal rĂŽle thĂ©rapeutique de l’IVUS et de l’OCT est de guider et d’optimiser l’ICP plutĂŽt que de constituer un traitement autonome. L’imagerie peut modifier la procĂ©dure en identifiant la nĂ©cessitĂ© d’une prĂ©paration de la lĂ©sion, en sĂ©lectionnant la taille et la longueur appropriĂ©es de l’endoprothĂšse et en orientant l’optimisation aprĂšs son dĂ©ploiement.

Une sĂ©quence pratique d’ICP guidĂ©e par l’imagerie comprend :

Évaluation prĂ©interventionnelle

  • dĂ©finir la longueur et la morphologie de la lĂ©sion ;
    • identifier une calcification, une plaque riche en lipides, un thrombus ou une dissection ;

    • mesurer les segments de rĂ©fĂ©rence proximaux et distaux ;

    • Ă©valuer la taille du vaisseau et la charge athĂ©romateuse ;

    • dĂ©terminer si une prĂ©paration de la lĂ©sion est nĂ©cessaire.

    SĂ©lection de l’endoprothĂšse

  • utiliser les dimensions du vaisseau et l’anatomie de rĂ©fĂ©rence pour sĂ©lectionner le diamĂštre de l’endoprothĂšse ;
    • assurer une couverture adĂ©quate de la lĂ©sion ;

    • prendre en compte la relation entre la taille de la lĂ©sion et la MEE lorsqu’elle est visible.

    Évaluation aprùs implantation de l’endoprothùse

  • mesurer la MSA ;
    • dĂ©terminer l’expansion par rapport aux segments de rĂ©fĂ©rence ;

    • Ă©valuer l’apposition ;

    • identifier une dissection marginale, un thrombus, un prolapsus tissulaire ou une erreur de couverture ;

    • rĂ©aliser une optimisation complĂ©mentaire par ballonnet lorsque les rĂ©sultats de l’imagerie l’indiquent.

  • L’IVUS et l’OCT sont particuliĂšrement utiles dans les ICP complexes, notamment :

    • les interventions sur le tronc commun non protĂ©gĂ© ;

    • les lĂ©sions longues ;

    • les bifurcations vraies ;

    • les lĂ©sions ostiales ;

    • les occlusions coronaires chroniques ;

    • les lĂ©sions fortement calcifiĂ©es ;

    • les lĂ©sions pour lesquelles la taille du vaisseau est incertaine ;

    • les procĂ©dures dans lesquelles un Ă©chec de l’endoprothĂšse aurait des consĂ©quences cliniques majeures.

    L’imagerie intravasculaire est considĂ©rĂ©e comme essentielle pour l’optimisation des endoprothĂšses vasculaires biorĂ©sorbables dans le matĂ©riel source.

    Syndromes coronariens aigus

    En cas de SCA avec une lĂ©sion coupable Ă©vidente accessible Ă  l’ICP, l’imagerie intravasculaire peut guider l’intervention et optimiser le dĂ©ploiement de l’endoprothĂšse. En cas de SCA sans lĂ©sion coupable Ă©vidente, l’imagerie peut contribuer Ă  Ă©tablir le diagnostic et Ă  sĂ©lectionner la stratĂ©gie thĂ©rapeutique ; l’OCT est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e lorsque la question principale concerne une rupture superficielle de plaque, un thrombus ou une lĂ©sion coupable ambiguĂ«.

    Chez les patients prĂ©sentant un SCA sans maladie coronaire obstructive significative Ă  la coronarographie, l’imagerie peut aider Ă  exclure ou Ă  identifier une cause athĂ©rothrombotique dans les principales artĂšres coronaires. Cette distinction peut influencer Ă  la fois la stratĂ©gie invasive immĂ©diate et les dĂ©cisions concernant la prolongation du traitement antithrombotique.

    Dissection coronaire spontanée

    Dans la DCS, l’imagerie ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e systĂ©matiquement lorsque la coronarographie est diagnostique et qu’un traitement mĂ©dical est prĂ©vu. Si le diagnostic demeure incertain aprĂšs la coronarographie et que le bĂ©nĂ©fice potentiel d’une clarification l’emporte sur les risques liĂ©s Ă  l’instrumentation coronaire, une IVUS ou une OCT peut ĂȘtre envisagĂ©e. Il faut confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre avant d’avancer le cathĂ©ter d’imagerie.

    L’ICP dans la DCS est rĂ©servĂ©e aux patients prĂ©sentant des symptĂŽmes et des signes d’ischĂ©mie myocardique persistante, un territoire myocardique important menacĂ© et un flux antĂ©rograde rĂ©duit. Lorsqu’une ICP est rĂ©alisĂ©e, l’imagerie intravasculaire doit ĂȘtre envisagĂ©e pour la guider.

    Considérations procédurales et risques

    Les cathĂ©ters d’IVUS ont gĂ©nĂ©ralement un profil de franchissement d’environ 2.9–3.2 Fr et sont compatibles avec des cathĂ©ters-guides de 5–6 Fr. Les complications sont peu frĂ©quentes et gĂ©nĂ©ralement spontanĂ©ment rĂ©solutives, bien qu’une dissection ou une perforation coronaire ait Ă©tĂ© estimĂ©e Ă  environ 1.6 % dans le matĂ©riel fourni. Le risque dĂ©pend de la taille du vaisseau et de la force nĂ©cessaire pour avancer le cathĂ©ter.

    L’OCT nĂ©cessite du produit de contraste pour Ă©vacuer le sang et doit donc ĂȘtre utilisĂ©e avec prudence chez les patients atteints d’insuffisance rĂ©nale chronique. L’IVUS peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e lorsque l’évacuation du sang pose problĂšme ou lorsqu’une Ă©valuation profonde de la paroi vasculaire est nĂ©cessaire.

    Recommandations des sociétés savantes

    Syndrome coronaire chronique et ICP complexe

    L’imagerie intracoronaire par IVUS ou OCT est recommandĂ©e lors de la rĂ©alisation d’une ICP sur des lĂ©sions anatomiquement complexes, notamment :

    • une maladie du tronc commun ;

    • les bifurcations vraies ;

    • les lĂ©sions longues.

    Cette recommandation est classée en classe I, niveau A, dans la recommandation européenne citée.

    Les recommandations de l’ACC/AHA de 2021 sur la revascularisation considĂšrent qu’il est raisonnable d’utiliser l’IVUS ou l’OCT chez certains patients afin d’optimiser l’implantation de l’endoprothĂšse, en insistant particuliĂšrement sur les endoprothĂšses du tronc commun. La recommandation de 2021 soutient Ă©galement l’utilisation de l’IVUS en cas de maladie du tronc commun indĂ©terminĂ©e Ă  l’angiographie et considĂšre qu’elle est raisonnable pour certaines lĂ©sions indĂ©terminĂ©es ne touchant pas le tronc commun. L’évaluation IVUS systĂ©matique n’est pas recommandĂ©e lorsqu’une revascularisation par ICP ou pontage aortocoronarien n’est pas envisagĂ©e.

    Les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent l’IVUS pour Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions du tronc commun non protĂ©gĂ© et pour en optimiser le traitement. L’IVUS doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients bĂ©nĂ©ficiant d’une implantation d’endoprothĂšse ainsi que pour dĂ©tecter les problĂšmes mĂ©caniques liĂ©s Ă  l’endoprothĂšse responsables d’une restĂ©nose.

    Syndrome coronaire aigu

    En cas de SCA avec une lĂ©sion coupable Ă©vidente accessible Ă  l’ICP, les recommandations europĂ©ennes attribuent Ă  l’imagerie intravasculaire une recommandation de classe IIa, niveau A, pour le guidage de l’ICP.

    Lorsque la lĂ©sion coupable est ambiguĂ«, une imagerie — de prĂ©fĂ©rence par OCT — peut ĂȘtre envisagĂ©e ; cette indication est classĂ©e en classe IIb, niveau C, dans la recommandation citĂ©e. L’objectif est de clarifier le diagnostic et de sĂ©lectionner le traitement, et non de rĂ©aliser systĂ©matiquement une imagerie chez tous les patients prĂ©sentant un SCA.

    RestĂ©nose et thrombose d’endoprothĂšse

    L’IVUS est considĂ©rĂ©e comme raisonnable pour dĂ©terminer le mĂ©canisme d’une restĂ©nose d’endoprothĂšse. Elle peut Ă©galement ĂȘtre raisonnable pour explorer le mĂ©canisme d’une thrombose d’endoprothĂšse. L’OCT peut fournir des informations supplĂ©mentaires Ă  haute rĂ©solution sur la malapposition, la couverture des mailles, le thrombus et la pathologie marginale.

    Recommandations europĂ©ennes et amĂ©ricaines concernant l’IVUS

    Utilisation clinique Recommandation européenne Recommandation américaine
    Évaluation d’une maladie du tronc commun non protĂ©gĂ© ou indĂ©terminĂ©e Classe IIa, niveau B Classe IIa, niveau B
    DĂ©tection ou Ă©valuation des causes mĂ©caniques d’une restĂ©nose Classe IIa, niveau C Classe IIa, niveau C
    Lésions intermédiaires ne touchant pas le tronc commun Non mise en avant dans le tableau récapitulatif Classe IIb, niveau B
    DĂ©termination du mĂ©canisme d’une thrombose d’endoprothĂšse Non prĂ©cisĂ© dans le tableau europĂ©en rĂ©capitulatif Classe IIb, niveau C
    Optimisation de l’implantation d’une endoprothùse chez certains patients Classe IIa, niveau B Classe IIa, niveau B
    Guidage ou optimisation d’une endoprothùse du tronc commun Classe IIa, niveau B Classe IIa, niveau B
    Évaluation systĂ©matique d’une lĂ©sion lorsqu’une revascularisation n’est pas envisagĂ©e Non prĂ©conisĂ©e Classe III

    Données issues des essais cliniques

    Les donnĂ©es randomisĂ©es disponibles soutiennent l’ICP guidĂ©e par l’imagerie par rapport Ă  l’ICP guidĂ©e par l’angiographie, notamment pour les lĂ©sions complexes, bien que la force et la cohĂ©rence des donnĂ©es diffĂšrent entre l’IVUS et l’OCT.

    L’ICP guidĂ©e par l’IVUS a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs, des dĂ©cĂšs cardiovasculaires, des infarctus du myocarde et des revascularisations de la lĂ©sion cible par rapport Ă  l’ICP guidĂ©e par l’angiographie. Dans l’essai ULTIMATE, qui incluait 1,448 patients tout-venant, l’implantation d’endoprothĂšses Ă  Ă©lution mĂ©dicamenteuse guidĂ©e par l’IVUS a rĂ©duit l’incidence d’évĂ©nements liĂ©s au vaisseau cible Ă  12 mois.

    Dans l’essai RENOVATE-COMPLEX PCI, principalement guidĂ© par l’IVUS, avec une composante OCT plus rĂ©duite, l’ICP a rĂ©duit le critĂšre composite Ă  deux ans associant dĂ©cĂšs cardiaque, infarctus du myocarde du vaisseau cible ou revascularisation cliniquement indiquĂ©e du vaisseau cible par rapport Ă  l’ICP guidĂ©e par l’angiographie : 7.7 % contre 12.3 %.

    Les essais guidĂ©s par l’OCT ont produit des rĂ©sultats plus hĂ©tĂ©rogĂšnes :

    • Dans ILUMIEN IV, l’OCT a permis d’obtenir une MSA plus importante que le guidage angiographique et a rĂ©duit les thromboses d’endoprothĂšse certaines ou probables, mais n’a pas rĂ©duit significativement l’incidence des Ă©vĂ©nements liĂ©s au vaisseau cible Ă  deux ans.

    • Dans OCTOBER, qui Ă©valuait des lĂ©sions de bifurcation techniquement difficiles, des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs Ă  deux ans sont survenus chez 10.1 % des patients du groupe guidĂ© par OCT et chez 14.1 % de ceux du groupe guidĂ© par angiographie.

    • Dans OCTIVUS, l’ICP guidĂ©e par OCT Ă©tait non infĂ©rieure Ă  l’ICP guidĂ©e par IVUS pour le critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiaque, infarctus du myocarde du vaisseau cible ou revascularisation du vaisseau cible guidĂ©e par l’ischĂ©mie Ă  un an.

    Une mĂ©ta-analyse en rĂ©seau intĂ©grant des Ă©tudes guidĂ©es par IVUS et OCT a montrĂ© que l’ICP guidĂ©e par l’imagerie intravasculaire rĂ©duisait de 31 % les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  la lĂ©sion cible par rapport Ă  l’ICP guidĂ©e par l’angiographie. L’analyse a Ă©galement rapportĂ© des rĂ©ductions des dĂ©cĂšs cardiaques, des infarctus du myocarde du vaisseau cible, des revascularisations de la lĂ©sion cible et des thromboses d’endoprothĂšse. Les donnĂ©es Ă©taient plus solides pour l’IVUS, tandis que l’incertitude demeurait plus importante pour l’OCT.

    Pronostic et suivi

    L’imagerie intravasculaire amĂ©liore la caractĂ©risation de la maladie coronaire et peut identifier des anomalies procĂ©durales qui ne sont pas visibles Ă  la coronarographie. Les principales implications pronostiques concernent la qualitĂ© de l’ICP : surface finale plus importante de l’endoprothĂšse, meilleure expansion et meilleure apposition, ainsi que dĂ©tection des causes mĂ©caniques de restĂ©nose ou de thrombose.

    Les donnĂ©es observationnelles indiquent que les patients bĂ©nĂ©ficiant d’une ICP guidĂ©e par IVUS peuvent recevoir des endoprothĂšses plus longues et de plus grand diamĂštre, ainsi que des pressions de postdilatation plus Ă©levĂ©es. Les donnĂ©es randomisĂ©es et regroupĂ©es soutiennent une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables avec l’ICP guidĂ©e par l’imagerie, notamment dans les lĂ©sions complexes.

    La prĂ©sence d’une plaque vulnĂ©rable Ă  l’imagerie peut identifier des lĂ©sions associĂ©es Ă  la survenue ultĂ©rieure d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Dans l’étude PROSPECT, les Ă©vĂ©nements liĂ©s aux lĂ©sions non coupables Ă©taient associĂ©s Ă  une charge athĂ©romateuse d’au moins 70 %, Ă  une MLA ≀4 mm2 et Ă  un fibroathĂ©rome Ă  chape fibreuse fine dont l’épaisseur Ă©tait infĂ©rieure Ă  65 ”m. À trois ans, toutefois, les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs Ă©taient liĂ©s Ă  la fois aux lĂ©sions coupables et aux lĂ©sions non coupables.

    AprĂšs une ICP, l’imagerie est utile lorsque les rĂ©sultats cliniques ou angiographiques Ă©voquent :

    • une restĂ©nose ;

    • une thrombose d’endoprothĂšse ;

    • une ischĂ©mie persistante ;

    • une expansion incertaine de l’endoprothĂšse ;

    • une suspicion de malapposition ;

    • une lĂ©sion marginale ou une dissection.

    Le matĂ©riel source ne prĂ©cise pas de calendrier universel d’imagerie systĂ©matique aprĂšs une ICP. Une nouvelle IVUS ou OCT est plutĂŽt rĂ©alisĂ©e de maniĂšre sĂ©lective pour explorer des complications, Ă©valuer un Ă©chec de l’endoprothĂšse ou rĂ©soudre une incertitude diagnostique. En transplantation cardiaque, l’IVUS et la coronarographie sont considĂ©rĂ©es comme raisonnables Ă  4–6 semaines et Ă  un an pour exclure une maladie coronaire du donneur, dĂ©tecter une vasculopathie du greffon cardiaque rapidement progressive et fournir des informations pronostiques.

    Auteurs

    EBM AI
    Evidensbaserad AI-agent

    Mis à jour 7 août 2026