Définition et physiopathologie
Lâimagerie intravasculaire regroupe des techniques fondĂ©es sur lâutilisation de cathĂ©ters permettant de visualiser directement la lumiĂšre coronaire, la paroi vasculaire, la plaque, le thrombus et les endoprothĂšses implantĂ©es. Les principales modalitĂ©s utilisĂ©es en salle de cathĂ©tĂ©risme sont lâĂ©chographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT). Contrairement Ă la coronarographie, qui produit une luminographie bidimensionnelle et prĂ©sente une spĂ©cificitĂ© limitĂ©e pour lâĂ©valuation de la plaque et de la pathologie de la paroi vasculaire, lâimagerie intravasculaire fournit des informations transversales et longitudinales sur lâartĂšre.
La valeur clinique de ces techniques repose sur leur capacitĂ© Ă caractĂ©riser lâanatomie responsable dâune stĂ©nose, Ă dĂ©finir la morphologie de la plaque, Ă identifier des lĂ©sions occultes et Ă optimiser lâintervention coronaire percutanĂ©e (ICP). Lâimagerie peut donc influencer plusieurs Ă©tapes de lâintervention :
préparation de la lésion ;
sĂ©lection du diamĂštre et de la longueur de lâendoprothĂšse ;
identification des segments de référence proximal et distal ;
Ă©valuation de lâexpansion et de lâapposition de lâendoprothĂšse ;
dĂ©tection dâune dissection marginale, dâun prolapsus tissulaire, dâun thrombus ou dâautres complications aiguĂ«s ;
exploration dâune restĂ©nose et dâune thrombose dâendoprothĂšse.
Lâimagerie intravasculaire peut Ă©galement prĂ©ciser le mĂ©canisme dâun syndrome coronarien aigu (SCA), notamment lorsque la coronarographie ne montre pas de maladie obstructive significative ou lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine. Dans ces situations, lâOCT ou lâIVUS peuvent mettre en Ă©vidence une rupture de plaque, un thrombus, une dissection coronaire spontanĂ©e (DCS) ou une autre anomalie structurelle occulte.
IVUS
LâIVUS gĂ©nĂšre des images en transmettant des ultrasons Ă partir dâun cathĂ©ter intracoronaire et en enregistrant les Ă©chos rĂ©flĂ©chis par la paroi vasculaire. Les systĂšmes actuels utilisent des frĂ©quences allant dâenviron 20 Ă 60 MHz. Leur principal avantage est la pĂ©nĂ©tration tissulaire, qui permet gĂ©nĂ©ralement dâĂ©valuer plusieurs millimĂštres au-delĂ de la lumiĂšre et de visualiser la membrane Ă©lastique externe (MEE). LâIVUS est donc utile pour dĂ©terminer la taille du vaisseau, la charge athĂ©romateuse et les dimensions de lĂ©sions qui peuvent ne pas ĂȘtre complĂštement caractĂ©risĂ©es par la coronarographie.
LâIVUS en niveaux de gris standard montre les principales couches de la paroi vasculaire et permet de mesurer quantitativement :
le diamĂštre luminal minimal et maximal ;
la surface luminale ;
la surface de la MEE ou du vaisseau ;
la surface de lâathĂ©rome ;
la charge athéromateuse ;
la surface minimale de lâendoprothĂšse.
Les limites de lâIVUS en niveaux de gris comprennent une rĂ©solution spatiale infĂ©rieure Ă celle de lâOCT et une discrimination imparfaite des composants de la plaque. LâIVUS avec analyse radiofrĂ©quentielle ou histologie virtuelle peut fournir des informations supplĂ©mentaires sur les composants calcifiĂ©s, fibreux, fibroadipeux et nĂ©crotiques. LâIVUS avec histologie virtuelle a Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ© pour identifier les fibroathĂ©romes Ă chape fibreuse fine, phĂ©notype de plaque associĂ© Ă la survenue ultĂ©rieure dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs dans des Ă©tudes observationnelles.
OCT
LâOCT utilise une lumiĂšre proche de lâinfrarouge plutĂŽt que des ultrasons. Sa rĂ©solution est nettement supĂ©rieure Ă celle de lâIVUS, dâenviron 5â20 ”m selon le systĂšme, contre environ 70â200 ”m pour lâIVUS en niveaux de gris. Cela permet une visualisation dĂ©taillĂ©e de la surface luminale, de lâĂ©paisseur de la chape fibreuse, du thrombus, des mailles de lâendoprothĂšse, du prolapsus tissulaire et de la couverture des mailles.
LâOCT prĂ©sente une pĂ©nĂ©tration tissulaire limitĂ©e, gĂ©nĂ©ralement dâenviron 1â3 mm, et peut ne pas visualiser la MEE Ă travers une plaque ou une calcification importante. Une Ă©vacuation du sang est nĂ©cessaire, car le sang entraĂźne une rĂ©trodiffusion importante du signal lumineux. Lâimagerie est donc gĂ©nĂ©ralement rĂ©alisĂ©e pendant lâinjection de produit de contraste ou au moyen dâune autre mĂ©thode de dĂ©placement temporaire du sang.
LâOCT est particuliĂšrement utile pour :
caractĂ©riser la surface de lâathĂ©rome ;
mesurer lâĂ©paisseur de la chape fibreuse ;
distinguer un thrombus dâune plaque ;
évaluer une rupture de plaque occulte ;
identifier une dissection coronaire spontanée ou un hématome intramural lorsque la coronarographie est non concluante ;
Ă©valuer lâexpansion de lâendoprothĂšse, son apposition, les dissections marginales et la couverture endothĂ©liale.
Caractéristiques complémentaires
LâIVUS et lâOCT sont complĂ©mentaires plutĂŽt quâinterchangeables. LâIVUS permet gĂ©nĂ©ralement une meilleure visualisation des dimensions globales du vaisseau, de la charge athĂ©romateuse, des gros vaisseaux, des lĂ©sions ostiales, des occlusions coronaires chroniques et de lâartĂšre coronaire gauche principale. LâOCT offre une rĂ©solution supĂ©rieure pour la morphologie superficielle de la plaque, le thrombus, les chapes fibreuses et lâĂ©valuation des mailles de lâendoprothĂšse, mais sa pĂ©nĂ©tration moindre et la nĂ©cessitĂ© dâĂ©vacuer le sang limitent son utilisation dans certaines situations.
| Caractéristique | IVUS | OCT |
|---|---|---|
| Source dâĂ©nergie | Ultrasons | LumiĂšre proche de lâinfrarouge |
| RĂ©solution habituelle | Environ 70â200 ”m pour les systĂšmes en niveaux de gris | Environ 5â20 ”m |
| PĂ©nĂ©tration tissulaire | Environ 3â10 mm, selon la frĂ©quence | Environ 1â3 mm |
| Ăvacuation du sang | GĂ©nĂ©ralement non nĂ©cessaire | NĂ©cessaire en raison de la rĂ©trodiffusion sanguine |
| Ăvaluation de la taille du vaisseau | Bonne, notamment grĂące Ă la visualisation de la MEE | LimitĂ©e lorsque la plaque ou la calcification attĂ©nue le signal |
| CaractĂ©risation de la plaque | Charge athĂ©romateuse et composants profonds de la plaque ; amĂ©liorĂ©e par lâanalyse radiofrĂ©quentielle | Ăvaluation dĂ©taillĂ©e de la morphologie superficielle, des lipides, de la chape fibreuse et du thrombus |
| Ăvaluation de la calcification | Arc et distribution ; Ă©paisseur moins dĂ©finie de maniĂšre fiable | Arc et Ă©paisseur Ă©valuables |
| Ăvaluation de lâendoprothĂšse | Expansion et apposition | Expansion, apposition, lĂ©sion marginale, thrombus, prolapsus tissulaire et couverture |
| Situations particuliĂšrement utiles | Tronc commun, lĂ©sions ostiales, occlusions coronaires chroniques, gros vaisseaux, calcification sĂ©vĂšre | Thrombus, chape fibreuse, lĂ©sions coupables ambiguĂ«s, Ă©valuation des mailles de lâendoprothĂšse |
Présentation clinique et symptÎmes
Lâimagerie intravasculaire nâest pas une maladie associĂ©e Ă un ensemble caractĂ©ristique de symptĂŽmes. Il sâagit dâune technique diagnostique et interventionnelle complĂ©mentaire utilisĂ©e chez des patients faisant lâobjet dâune exploration coronaire ou dâune ICP.
Les situations cliniques dans lesquelles elle est particuliĂšrement pertinente comprennent :
lâangor stable ou le syndrome coronaire chronique avec une lĂ©sion intermĂ©diaire ou anatomiquement complexe ;
le SCA avec une lésion coupable évidente nécessitant une ICP ;
le SCA sans maladie coronaire obstructive significative Ă la coronarographie ;
le SCA lorsque la lésion coupable est ambiguë ou que plusieurs lésions potentiellement coupables sont présentes ;
la maladie du tronc commun de lâartĂšre coronaire gauche ;
les lésions longues, les bifurcations vraies, les lésions ostiales, les lésions fortement calcifiées et les occlusions coronaires chroniques ;
une suspicion dâĂ©chec de lâendoprothĂšse, notamment une restĂ©nose ou une thrombose dâendoprothĂšse ;
une suspicion de DCS lorsque le diagnostic angiographique est incertain.
Chez les patients prĂ©sentant un SCA, lâambiguĂŻtĂ© concernant la lĂ©sion coupable est cliniquement importante, car plusieurs lĂ©sions peuvent ĂȘtre responsables de la prĂ©sentation, tandis que la coronarographie peut ne pas permettre de distinguer un thrombus, une rupture de plaque, une calcification ou une autre cause dâopacitĂ© luminale. Dans ces circonstances, lâOCT ou lâIVUS peuvent fournir des informations structurales directes.
Ăvaluation et examen clinique
Lâexamen clinique ne permet pas de dĂ©terminer si une IVUS ou une OCT est nĂ©cessaire et ne peut remplacer lâĂ©valuation angiographique, physiologique ou intravasculaire dâune lĂ©sion coronaire. La dĂ©cision dâutiliser une imagerie intravasculaire dĂ©pend principalement de la prĂ©sentation clinique, des rĂ©sultats angiographiques, de la complexitĂ© de la lĂ©sion et de la dĂ©cision dâenvisager une ICP ou une autre stratĂ©gie de revascularisation.
Une question prĂ©liminaire essentielle est de dĂ©terminer si la lĂ©sion est anatomiquement ou cliniquement accessible Ă lâimagerie. Dans la DCS, par exemple, lâimagerie intracoronaire doit ĂȘtre utilisĂ©e avec prudence. Si la coronarographie a dĂ©jĂ Ă©tabli le diagnostic de DCS et quâun traitement mĂ©dical est prĂ©vu, une instrumentation coronaire supplĂ©mentaire nâest pas recommandĂ©e pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Lorsque lâincertitude diagnostique justifie une imagerie, il faut dâabord confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre. La tortuositĂ© vasculaire, le petit diamĂštre du vaisseau et la localisation distale de la lĂ©sion peuvent rendre lâimagerie dangereuse ou techniquement irrĂ©alisable.
Diagnostic
Coronarographie et imagerie intravasculaire
La coronarographie demeure la principale mĂ©thode dâidentification de lâarbre artĂ©riel coronaire et de guidage des interventions par cathĂ©ter, mais elle ne fournit quâune reprĂ©sentation bidimensionnelle de la lumiĂšre. Elle peut sous-estimer la charge athĂ©romateuse, ne pas dĂ©finir la taille rĂ©elle du vaisseau et apporter des informations limitĂ©es sur le mĂ©canisme dâune lĂ©sion angiographiquement ambiguĂ«.
LâIVUS et lâOCT ajoutent des informations transversales et permettent Ă lâopĂ©rateur de corrĂ©ler lâaspect angiographique avec :
les dimensions luminales ;
la distribution et la charge athéromateuses ;
lâarchitecture de la paroi vasculaire ;
la calcification ;
le thrombus ;
la longueur de la lésion ;
lâanatomie de rĂ©fĂ©rence proximale et distale ;
la gĂ©omĂ©trie de lâendoprothĂšse.
La corĂ©gistration de lâimagerie intravasculaire avec lâangiographie radiologique permet une localisation point par point du segment imagĂ©. Cela peut amĂ©liorer la caractĂ©risation de la lĂ©sion et le positionnement de lâendoprothĂšse. Dans une Ă©tude prospective Ă un seul bras portant sur une ICP Ă©lective, le segment cible identifiĂ© par angiographie aurait Ă©tĂ© laissĂ© sans couverture par lâendoprothĂšse dans environ 70 % des cas si les informations dâune OCT corĂ©gistrĂ©e nâavaient pas Ă©tĂ© disponibles.
Acquisition et interprĂ©tation de lâIVUS
LâIVUS est rĂ©alisĂ©e Ă travers un cathĂ©ter-guide coronaire sur un guide de 0.0014-inch, selon les techniques standard de cathĂ©tĂ©risme. Le cathĂ©ter est avancĂ© en aval de la lĂ©sion, puis retirĂ© manuellement ou automatiquement, habituellement Ă environ 0.5 mm/s. Un bolus de trinitrate de glycĂ©ryle intracoronaire est utilisĂ© pour rĂ©duire le spasme artĂ©riel et amĂ©liorer lâĂ©valuation des images, et une anticoagulation adĂ©quate est administrĂ©e pour prĂ©venir la formation de thrombus.
Lâimage IVUS montre normalement la lumiĂšre, lâintima, la mĂ©dia et lâadventice. La MEE reprĂ©sente la limite entre la mĂ©dia et lâadventice et joue un rĂŽle important dans lâestimation de la taille rĂ©elle du vaisseau. Les mesures doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es au niveau de la lĂ©sion et de segments de rĂ©fĂ©rence proximaux et distaux appropriĂ©s.
Les principaux paramĂštres quantitatifs comprennent :
la surface luminale minimale (MLA) ;
le diamĂštre luminal minimal (MLD) ;
la surface luminale de référence ;
la surface et le diamĂštre de la MEE ;
la surface de la plaque ou de lâathĂ©rome ;
la charge athéromateuse ;
la surface minimale de lâendoprothĂšse (MSA) ;
lâexpansion de lâendoprothĂšse ;
lâapposition de lâendoprothĂšse.
Lâexpansion de lâendoprothĂšse peut ĂȘtre exprimĂ©e comme le rapport entre la MSA et la surface luminale moyenne de rĂ©fĂ©rence. Dans lâexemple fourni, une MSA de 7.0 mm2 correspondait Ă une expansion de lâendoprothĂšse de 88.2 % par rapport aux surfaces luminales moyennes de rĂ©fĂ©rence proximale et distale.
Acquisition et interprĂ©tation de lâOCT
LâOCT nĂ©cessite une Ă©vacuation temporaire du sang du segment imagĂ©, gĂ©nĂ©ralement au moyen dâune injection simultanĂ©e de produit de contraste. Les images haute rĂ©solution obtenues fournissent des informations dĂ©taillĂ©es sur la surface luminale et la plaque superficielle.
Les aspects OCT caractéristiques comprennent :
| Tissu ou structure | Aspect OCT habituel |
|---|---|
| Calcium | Faible signal avec des contours nets et des régions hétérogÚnes |
| Lipides | Signal superficiel Ă©levĂ© suivi dâune attĂ©nuation marquĂ©e ; contours irrĂ©guliers |
| Tissu fibreux | Signal homogÚne et intense avec une atténuation limitée |
| Thrombus rouge | Signal superficiel intense avec attĂ©nuation marquĂ©e et cĂŽne dâombre |
| Thrombus blanc | Signal intense avec une pénétration supérieure à celle du thrombus rouge |
| Média | Région à faible signal limitée par des lignes riches en signal |
| Lames élastiques interne et externe | Lignes brillantes riches en signal |
LâOCT peut dĂ©tecter une malapposition de lâendoprothĂšse, lorsque les mailles de lâendoprothĂšse sont sĂ©parĂ©es de la paroi vasculaire. Elle peut Ă©galement mettre en Ă©vidence une expansion incomplĂšte, une dissection marginale, un prolapsus tissulaire, un thrombus et une couverture retardĂ©e ou incomplĂšte des mailles.
Corrélation physiologique
Lâimagerie intravasculaire et lâĂ©valuation physiologique fondĂ©e sur les pressions rĂ©pondent Ă des questions apparentĂ©es mais distinctes. La FFR et les autres Ă©valuations physiologiques dĂ©terminent si une lĂ©sion est fonctionnellement significative, tandis que lâIVUS et lâOCT dĂ©finissent lâanatomie structurelle.
Pour lâIVUS, les valeurs suivantes sont prĂ©sentĂ©es comme des corrĂ©lats de lâischĂ©mie :
| Situation clinique | MLD IVUS | MLA IVUS | FFR |
|---|---|---|---|
| Maladie coronaire native autre que celle du tronc commun | â€1.8 mm | <2.7â4.0 mm2 | <0.75â0.80 |
| Maladie du tronc commun | <2.8 mm | <6.0 mm2 | <0.75â0.80 |
Une MLA IVUS infĂ©rieure Ă 6.0 mm2 dans le tronc commun de lâartĂšre coronaire gauche est corrĂ©lĂ©e Ă une FFR infĂ©rieure Ă environ 0.75â0.80. Toutefois, dans la pratique actuelle, lâĂ©valuation IVUS des stĂ©noses limites a Ă©tĂ© largement remplacĂ©e par la FFR, bien que lâIVUS demeure importante dans la maladie du tronc commun et pour lâoptimisation de lâICP.
La FFR est gĂ©nĂ©ralement recommandĂ©e pour les lĂ©sions intermĂ©diaires, mais elle nâest pas recommandĂ©e en cas de stĂ©nose angiographique trĂšs sĂ©vĂšre ou dans certaines situations impliquant la lĂ©sion coupable. Pour les lĂ©sions avec une FFR â€0.80, lâICP est retenue dans lâalgorithme fourni ; avec une FFR >0.80, un traitement mĂ©dical optimal est retenu.
Ăvaluation de lâĂ©chec de lâendoprothĂšse
LâIVUS et lâOCT peuvent dĂ©terminer le mĂ©canisme dâune restĂ©nose ou dâune thrombose dâendoprothĂšse. Les anomalies possibles comprennent :
une expansion insuffisante de lâendoprothĂšse ;
une malapposition ;
une dissection marginale ;
une maladie rĂ©siduelle au niveau de la marge de lâendoprothĂšse ;
un prolapsus tissulaire ;
un thrombus ;
une néoathérosclérose ou une autre pathologie intrastent.
LâOCT permet une Ă©valuation particuliĂšrement dĂ©taillĂ©e de lâapposition et de la couverture tissulaire des mailles, tandis que lâIVUS peut mieux dĂ©finir les dimensions des gros vaisseaux et les anomalies structurelles profondes.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Le matĂ©riel source ne dĂ©crit pas de biomarqueurs ni de rĂ©sultats biologiques spĂ©cifiques Ă lâimagerie intravasculaire elle-mĂȘme. LâIVUS et lâOCT sont des procĂ©dures dâimagerie et ne prĂ©sentent pas de profil caractĂ©ristique de biomarqueurs circulants. Leur utilisation dans le SCA est dĂ©terminĂ©e par le syndrome clinique et les constatations coronaires, et non par un seuil biologique spĂ©cifiĂ© ici.
Traitement et prise en charge
RĂŽle dans lâICP
Le principal rĂŽle thĂ©rapeutique de lâIVUS et de lâOCT est de guider et dâoptimiser lâICP plutĂŽt que de constituer un traitement autonome. Lâimagerie peut modifier la procĂ©dure en identifiant la nĂ©cessitĂ© dâune prĂ©paration de la lĂ©sion, en sĂ©lectionnant la taille et la longueur appropriĂ©es de lâendoprothĂšse et en orientant lâoptimisation aprĂšs son dĂ©ploiement.
Une sĂ©quence pratique dâICP guidĂ©e par lâimagerie comprend :
Ăvaluation prĂ©interventionnelle
identifier une calcification, une plaque riche en lipides, un thrombus ou une dissection ;
mesurer les segments de référence proximaux et distaux ;
évaluer la taille du vaisseau et la charge athéromateuse ;
déterminer si une préparation de la lésion est nécessaire.
SĂ©lection de lâendoprothĂšse
assurer une couverture adéquate de la lésion ;
prendre en compte la relation entre la taille de la lĂ©sion et la MEE lorsquâelle est visible.
Ăvaluation aprĂšs implantation de lâendoprothĂšse
dĂ©terminer lâexpansion par rapport aux segments de rĂ©fĂ©rence ;
Ă©valuer lâapposition ;
identifier une dissection marginale, un thrombus, un prolapsus tissulaire ou une erreur de couverture ;
rĂ©aliser une optimisation complĂ©mentaire par ballonnet lorsque les rĂ©sultats de lâimagerie lâindiquent.
LâIVUS et lâOCT sont particuliĂšrement utiles dans les ICP complexes, notamment :
les interventions sur le tronc commun non protégé ;
les lésions longues ;
les bifurcations vraies ;
les lésions ostiales ;
les occlusions coronaires chroniques ;
les lésions fortement calcifiées ;
les lésions pour lesquelles la taille du vaisseau est incertaine ;
les procĂ©dures dans lesquelles un Ă©chec de lâendoprothĂšse aurait des consĂ©quences cliniques majeures.
Lâimagerie intravasculaire est considĂ©rĂ©e comme essentielle pour lâoptimisation des endoprothĂšses vasculaires biorĂ©sorbables dans le matĂ©riel source.
Syndromes coronariens aigus
En cas de SCA avec une lĂ©sion coupable Ă©vidente accessible Ă lâICP, lâimagerie intravasculaire peut guider lâintervention et optimiser le dĂ©ploiement de lâendoprothĂšse. En cas de SCA sans lĂ©sion coupable Ă©vidente, lâimagerie peut contribuer Ă Ă©tablir le diagnostic et Ă sĂ©lectionner la stratĂ©gie thĂ©rapeutique ; lâOCT est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e lorsque la question principale concerne une rupture superficielle de plaque, un thrombus ou une lĂ©sion coupable ambiguĂ«.
Chez les patients prĂ©sentant un SCA sans maladie coronaire obstructive significative Ă la coronarographie, lâimagerie peut aider Ă exclure ou Ă identifier une cause athĂ©rothrombotique dans les principales artĂšres coronaires. Cette distinction peut influencer Ă la fois la stratĂ©gie invasive immĂ©diate et les dĂ©cisions concernant la prolongation du traitement antithrombotique.
Dissection coronaire spontanée
Dans la DCS, lâimagerie ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e systĂ©matiquement lorsque la coronarographie est diagnostique et quâun traitement mĂ©dical est prĂ©vu. Si le diagnostic demeure incertain aprĂšs la coronarographie et que le bĂ©nĂ©fice potentiel dâune clarification lâemporte sur les risques liĂ©s Ă lâinstrumentation coronaire, une IVUS ou une OCT peut ĂȘtre envisagĂ©e. Il faut confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre avant dâavancer le cathĂ©ter dâimagerie.
LâICP dans la DCS est rĂ©servĂ©e aux patients prĂ©sentant des symptĂŽmes et des signes dâischĂ©mie myocardique persistante, un territoire myocardique important menacĂ© et un flux antĂ©rograde rĂ©duit. Lorsquâune ICP est rĂ©alisĂ©e, lâimagerie intravasculaire doit ĂȘtre envisagĂ©e pour la guider.
Considérations procédurales et risques
Les cathĂ©ters dâIVUS ont gĂ©nĂ©ralement un profil de franchissement dâenviron 2.9â3.2 Fr et sont compatibles avec des cathĂ©ters-guides de 5â6 Fr. Les complications sont peu frĂ©quentes et gĂ©nĂ©ralement spontanĂ©ment rĂ©solutives, bien quâune dissection ou une perforation coronaire ait Ă©tĂ© estimĂ©e Ă environ 1.6 % dans le matĂ©riel fourni. Le risque dĂ©pend de la taille du vaisseau et de la force nĂ©cessaire pour avancer le cathĂ©ter.
LâOCT nĂ©cessite du produit de contraste pour Ă©vacuer le sang et doit donc ĂȘtre utilisĂ©e avec prudence chez les patients atteints dâinsuffisance rĂ©nale chronique. LâIVUS peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e lorsque lâĂ©vacuation du sang pose problĂšme ou lorsquâune Ă©valuation profonde de la paroi vasculaire est nĂ©cessaire.
Recommandations des sociétés savantes
Syndrome coronaire chronique et ICP complexe
Lâimagerie intracoronaire par IVUS ou OCT est recommandĂ©e lors de la rĂ©alisation dâune ICP sur des lĂ©sions anatomiquement complexes, notamment :
une maladie du tronc commun ;
les bifurcations vraies ;
les lésions longues.
Cette recommandation est classée en classe I, niveau A, dans la recommandation européenne citée.
Les recommandations de lâACC/AHA de 2021 sur la revascularisation considĂšrent quâil est raisonnable dâutiliser lâIVUS ou lâOCT chez certains patients afin dâoptimiser lâimplantation de lâendoprothĂšse, en insistant particuliĂšrement sur les endoprothĂšses du tronc commun. La recommandation de 2021 soutient Ă©galement lâutilisation de lâIVUS en cas de maladie du tronc commun indĂ©terminĂ©e Ă lâangiographie et considĂšre quâelle est raisonnable pour certaines lĂ©sions indĂ©terminĂ©es ne touchant pas le tronc commun. LâĂ©valuation IVUS systĂ©matique nâest pas recommandĂ©e lorsquâune revascularisation par ICP ou pontage aortocoronarien nâest pas envisagĂ©e.
Les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent lâIVUS pour Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© des lĂ©sions du tronc commun non protĂ©gĂ© et pour en optimiser le traitement. LâIVUS doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients bĂ©nĂ©ficiant dâune implantation dâendoprothĂšse ainsi que pour dĂ©tecter les problĂšmes mĂ©caniques liĂ©s Ă lâendoprothĂšse responsables dâune restĂ©nose.
Syndrome coronaire aigu
En cas de SCA avec une lĂ©sion coupable Ă©vidente accessible Ă lâICP, les recommandations europĂ©ennes attribuent Ă lâimagerie intravasculaire une recommandation de classe IIa, niveau A, pour le guidage de lâICP.
Lorsque la lĂ©sion coupable est ambiguĂ«, une imagerie â de prĂ©fĂ©rence par OCT â peut ĂȘtre envisagĂ©e ; cette indication est classĂ©e en classe IIb, niveau C, dans la recommandation citĂ©e. Lâobjectif est de clarifier le diagnostic et de sĂ©lectionner le traitement, et non de rĂ©aliser systĂ©matiquement une imagerie chez tous les patients prĂ©sentant un SCA.
RestĂ©nose et thrombose dâendoprothĂšse
LâIVUS est considĂ©rĂ©e comme raisonnable pour dĂ©terminer le mĂ©canisme dâune restĂ©nose dâendoprothĂšse. Elle peut Ă©galement ĂȘtre raisonnable pour explorer le mĂ©canisme dâune thrombose dâendoprothĂšse. LâOCT peut fournir des informations supplĂ©mentaires Ă haute rĂ©solution sur la malapposition, la couverture des mailles, le thrombus et la pathologie marginale.
Recommandations europĂ©ennes et amĂ©ricaines concernant lâIVUS
| Utilisation clinique | Recommandation européenne | Recommandation américaine |
|---|---|---|
| Ăvaluation dâune maladie du tronc commun non protĂ©gĂ© ou indĂ©terminĂ©e | Classe IIa, niveau B | Classe IIa, niveau B |
| DĂ©tection ou Ă©valuation des causes mĂ©caniques dâune restĂ©nose | Classe IIa, niveau C | Classe IIa, niveau C |
| Lésions intermédiaires ne touchant pas le tronc commun | Non mise en avant dans le tableau récapitulatif | Classe IIb, niveau B |
| DĂ©termination du mĂ©canisme dâune thrombose dâendoprothĂšse | Non prĂ©cisĂ© dans le tableau europĂ©en rĂ©capitulatif | Classe IIb, niveau C |
| Optimisation de lâimplantation dâune endoprothĂšse chez certains patients | Classe IIa, niveau B | Classe IIa, niveau B |
| Guidage ou optimisation dâune endoprothĂšse du tronc commun | Classe IIa, niveau B | Classe IIa, niveau B |
| Ăvaluation systĂ©matique dâune lĂ©sion lorsquâune revascularisation nâest pas envisagĂ©e | Non prĂ©conisĂ©e | Classe III |
Données issues des essais cliniques
Les donnĂ©es randomisĂ©es disponibles soutiennent lâICP guidĂ©e par lâimagerie par rapport Ă lâICP guidĂ©e par lâangiographie, notamment pour les lĂ©sions complexes, bien que la force et la cohĂ©rence des donnĂ©es diffĂšrent entre lâIVUS et lâOCT.
LâICP guidĂ©e par lâIVUS a Ă©tĂ© associĂ©e Ă une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs, des dĂ©cĂšs cardiovasculaires, des infarctus du myocarde et des revascularisations de la lĂ©sion cible par rapport Ă lâICP guidĂ©e par lâangiographie. Dans lâessai ULTIMATE, qui incluait 1,448 patients tout-venant, lâimplantation dâendoprothĂšses Ă Ă©lution mĂ©dicamenteuse guidĂ©e par lâIVUS a rĂ©duit lâincidence dâĂ©vĂ©nements liĂ©s au vaisseau cible Ă 12 mois.
Dans lâessai RENOVATE-COMPLEX PCI, principalement guidĂ© par lâIVUS, avec une composante OCT plus rĂ©duite, lâICP a rĂ©duit le critĂšre composite Ă deux ans associant dĂ©cĂšs cardiaque, infarctus du myocarde du vaisseau cible ou revascularisation cliniquement indiquĂ©e du vaisseau cible par rapport Ă lâICP guidĂ©e par lâangiographie : 7.7 % contre 12.3 %.
Les essais guidĂ©s par lâOCT ont produit des rĂ©sultats plus hĂ©tĂ©rogĂšnes :
Dans ILUMIEN IV, lâOCT a permis dâobtenir une MSA plus importante que le guidage angiographique et a rĂ©duit les thromboses dâendoprothĂšse certaines ou probables, mais nâa pas rĂ©duit significativement lâincidence des Ă©vĂ©nements liĂ©s au vaisseau cible Ă deux ans.
Dans OCTOBER, qui évaluait des lésions de bifurcation techniquement difficiles, des événements cardiovasculaires indésirables majeurs à deux ans sont survenus chez 10.1 % des patients du groupe guidé par OCT et chez 14.1 % de ceux du groupe guidé par angiographie.
Dans OCTIVUS, lâICP guidĂ©e par OCT Ă©tait non infĂ©rieure Ă lâICP guidĂ©e par IVUS pour le critĂšre composite associant dĂ©cĂšs cardiaque, infarctus du myocarde du vaisseau cible ou revascularisation du vaisseau cible guidĂ©e par lâischĂ©mie Ă un an.
Une mĂ©ta-analyse en rĂ©seau intĂ©grant des Ă©tudes guidĂ©es par IVUS et OCT a montrĂ© que lâICP guidĂ©e par lâimagerie intravasculaire rĂ©duisait de 31 % les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă la lĂ©sion cible par rapport Ă lâICP guidĂ©e par lâangiographie. Lâanalyse a Ă©galement rapportĂ© des rĂ©ductions des dĂ©cĂšs cardiaques, des infarctus du myocarde du vaisseau cible, des revascularisations de la lĂ©sion cible et des thromboses dâendoprothĂšse. Les donnĂ©es Ă©taient plus solides pour lâIVUS, tandis que lâincertitude demeurait plus importante pour lâOCT.
Pronostic et suivi
Lâimagerie intravasculaire amĂ©liore la caractĂ©risation de la maladie coronaire et peut identifier des anomalies procĂ©durales qui ne sont pas visibles Ă la coronarographie. Les principales implications pronostiques concernent la qualitĂ© de lâICP : surface finale plus importante de lâendoprothĂšse, meilleure expansion et meilleure apposition, ainsi que dĂ©tection des causes mĂ©caniques de restĂ©nose ou de thrombose.
Les donnĂ©es observationnelles indiquent que les patients bĂ©nĂ©ficiant dâune ICP guidĂ©e par IVUS peuvent recevoir des endoprothĂšses plus longues et de plus grand diamĂštre, ainsi que des pressions de postdilatation plus Ă©levĂ©es. Les donnĂ©es randomisĂ©es et regroupĂ©es soutiennent une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables avec lâICP guidĂ©e par lâimagerie, notamment dans les lĂ©sions complexes.
La prĂ©sence dâune plaque vulnĂ©rable Ă lâimagerie peut identifier des lĂ©sions associĂ©es Ă la survenue ultĂ©rieure dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. Dans lâĂ©tude PROSPECT, les Ă©vĂ©nements liĂ©s aux lĂ©sions non coupables Ă©taient associĂ©s Ă une charge athĂ©romateuse dâau moins 70 %, Ă une MLA â€4 mm2 et Ă un fibroathĂ©rome Ă chape fibreuse fine dont lâĂ©paisseur Ă©tait infĂ©rieure Ă 65 ”m. Ă trois ans, toutefois, les Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs Ă©taient liĂ©s Ă la fois aux lĂ©sions coupables et aux lĂ©sions non coupables.
AprĂšs une ICP, lâimagerie est utile lorsque les rĂ©sultats cliniques ou angiographiques Ă©voquent :
une resténose ;
une thrombose dâendoprothĂšse ;
une ischémie persistante ;
une expansion incertaine de lâendoprothĂšse ;
une suspicion de malapposition ;
une lésion marginale ou une dissection.
Le matĂ©riel source ne prĂ©cise pas de calendrier universel dâimagerie systĂ©matique aprĂšs une ICP. Une nouvelle IVUS ou OCT est plutĂŽt rĂ©alisĂ©e de maniĂšre sĂ©lective pour explorer des complications, Ă©valuer un Ă©chec de lâendoprothĂšse ou rĂ©soudre une incertitude diagnostique. En transplantation cardiaque, lâIVUS et la coronarographie sont considĂ©rĂ©es comme raisonnables Ă 4â6 semaines et Ă un an pour exclure une maladie coronaire du donneur, dĂ©tecter une vasculopathie du greffon cardiaque rapidement progressive et fournir des informations pronostiques.