đŸš« HypertriglycĂ©ridĂ©mie : prise en charge et risque cardiovasculaire

Sommaire (27)

Définition et physiopathologie

L’hypertriglycĂ©ridĂ©mie (HTG) se dĂ©finit par une augmentation de la concentration des triglycĂ©rides circulants. Les dosages Ă  jeun comme ceux rĂ©alisĂ©s sans ĂȘtre Ă  jeun fournissent des informations pronostiques sur le risque cardiovasculaire.

Les seuils varient selon les recommandations :

Classification TriglycĂ©rides Ă  jeun TriglycĂ©rides sans ĂȘtre Ă  jeun
HTG lĂ©gĂšre Ă  modĂ©rĂ©e 150–499 mg/dL (1.7–5.6 mmol/L) dans certaines recommandations ; >150 mg/dL (≄1.7 mmol/L) dans les recommandations de l’ESC pour la prĂ©vention primaire 175–499 mg/dL (2.0–5.6 mmol/L)
HTG sĂ©vĂšre ≄500 mg/dL (>5.6 mmol/L) ≄500 mg/dL (>5.6 mmol/L)

Les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides, les lipoprotĂ©ines rĂ©siduelles et l’insulinorĂ©sistance sont associĂ©es Ă  la maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD), en particulier dans l’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs. La relation entre les concentrations de triglycĂ©rides et les maladies aortiques est moins clairement Ă©tablie, bien que les triglycĂ©rides puissent contribuer au dĂ©veloppement et Ă  la progression des lĂ©sions aortiques.

L’HTG sĂ©vĂšre, en particulier lorsqu’elle est associĂ©e Ă  une chylomicronĂ©mie, prĂ©sente une association observationnelle bien Ă©tablie avec la pancrĂ©atite aiguĂ«. Aucun essai clinique n’a dĂ©montrĂ© de maniĂšre dĂ©finitive qu’une rĂ©duction pharmacologique des triglycĂ©rides prĂ©vient la pancrĂ©atite ; nĂ©anmoins, un traitement est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme appropriĂ© lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 500 mg/dL afin de rĂ©duire ce risque. Les implications de la chylomicronĂ©mie elle-mĂȘme sur le risque d’ASCVD restent incertaines, tandis que l’HTG modĂ©rĂ©e, approximativement comprise entre 150 et 500 mg/dL, est associĂ©e Ă  une augmentation du risque d’ASCVD. La prise en charge dans cette plage vise donc principalement la prĂ©vention de l’ASCVD et la rĂ©duction du LDL-C, du non-HDL-C et de l’apolipoprotĂ©ine B.

Causes et facteurs secondaires

La recherche de facteurs secondaires est une premiÚre étape essentielle. Les causes reconnues comprennent :

  • DiabĂšte et insulinorĂ©sistance

  • Maladie thyroĂŻdienne

  • Maladie rĂ©nale

  • Consommation excessive d’alcool

  • RĂ©gimes riches en glucides ou en lipides

  • GlucocorticoĂŻdes

  • BĂȘtabloquants

  • Traitement ƓstrogĂ©nique

  • Certains traitements antirĂ©troviraux

  • MĂ©dicaments post-transplantation, notamment les corticoĂŻdes, la ciclosporine et le sirolimus

En transplantation, les corticoĂŻdes peuvent favoriser l’insulinorĂ©sistance, la synthĂšse des acides gras libres et la production de lipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ©. La ciclosporine augmente le LDL-cholestĂ©rol, en partie en rĂ©duisant la disponibilitĂ© des rĂ©cepteurs des LDL. Le tacrolimus semble avoir un effet moins dĂ©favorable sur les lipides. Le sirolimus peut entraĂźner une Ă©lĂ©vation particuliĂšrement importante des triglycĂ©rides, notamment des augmentations dose-dĂ©pendantes.

Chez les personnes vivant avec le VIH, le traitement antirĂ©troviral peut contribuer Ă  l’HTG. La rĂ©duction de la consommation d’alcool et de glucides, ainsi que l’envisagement d’un remplacement par des antirĂ©troviraux ayant moins d’effets indĂ©sirables lipidiques, peuvent amĂ©liorer les concentrations de triglycĂ©rides, Ă  condition de maintenir la suppression virale. Une modification du traitement antirĂ©troviral n’est pas recommandĂ©e chez les patients ayant dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© un Ă©chec virologique si elle risque d’entraĂźner une perte de la suppression virale.

Présentation clinique et symptÎmes

Le matĂ©riel source ne dĂ©crit pas de symptĂŽmes spĂ©cifiques ni de manifestations physiques de l’HTG. L’HTG modĂ©rĂ©e est principalement abordĂ©e comme un marqueur de risque cardiovasculaire, tandis que l’HTG sĂ©vĂšre est cliniquement importante en raison de son association avec la pancrĂ©atite aiguĂ«.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit dĂ©terminer :

  • La concentration des triglycĂ©rides et le statut Ă  jeun ou non Ă  jeun au moment du prĂ©lĂšvement.

  • La prĂ©sence d’une ASCVD, d’une artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs ou d’une maladie aortique.

  • Les causes secondaires, en particulier le diabĂšte, les maladies thyroĂŻdienne et rĂ©nale, la consommation excessive d’alcool, les facteurs alimentaires et les mĂ©dicaments concernĂ©s.

  • La catĂ©gorie de risque cardiovasculaire et l’adĂ©quation du traitement visant Ă  rĂ©duire le LDL-C.

  • En cas d’HTG primaire sĂ©vĂšre, la nĂ©cessitĂ© d’une Ă©valuation lipidologique spĂ©cialisĂ©e.

Une Ă©valuation cardiovasculaire complĂšte doit comporter l’analyse des facteurs de risque modifiables et des maladies associĂ©es. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas de protocole d’examen clinique diagnostique ni de signes caractĂ©ristiques Ă  l’examen.

Examens diagnostiques et résultats biologiques

Évaluation lipidique

Les concentrations de triglycĂ©rides doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es conjointement avec le LDL-C, le non-HDL-C et l’apolipoprotĂ©ine B, en particulier en cas d’HTG modĂ©rĂ©e, lorsque les prioritĂ©s thĂ©rapeutiques sont la rĂ©duction du risque d’ASCVD et la diminution des lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes.

Les rĂ©sultats des dosages des triglycĂ©rides Ă  jeun et sans ĂȘtre Ă  jeun sont tous deux informatifs. Des valeurs durablement Ă©levĂ©es doivent conduire Ă  rechercher des causes secondaires et Ă  réévaluer l’observance des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et du traitement hypolipĂ©miant.

Évaluation biologique associĂ©e

Le matĂ©riel source identifie le diabĂšte, les maladies thyroĂŻdienne et rĂ©nale comme d’importants facteurs secondaires, mais ne prescrit pas de bilan biologique spĂ©cifique. Il indique Ă©galement qu’une surveillance de la crĂ©atine phosphokinase et des enzymes hĂ©patiques est appropriĂ©e lorsqu’une statine est associĂ©e Ă  un fibrate chez des personnes recevant un traitement antirĂ©troviral.

Risque cardiovasculaire associĂ© Ă  l’hypertriglycĂ©ridĂ©mie

Des triglycérides supérieurs à 1.7 mmol/L (150 mg/dL) sont associés à une augmentation du risque cardiovasculaire. Toutefois, un traitement pharmacologique visant à réduire les triglycérides est généralement réservé aux patients à haut risque présentant des concentrations supérieures à 2.3 mmol/L (200 mg/dL) qui restent élevées malgré une intervention sur le mode de vie.

Les donnĂ©es en faveur des fibrates dans la prĂ©vention cardiovasculaire sont limitĂ©es. Dans l’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, les fibrates n’ont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice par rapport au placebo sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs ni sur les Ă©vĂ©nements coronaires et cĂ©rĂ©brovasculaires. L’utilisation systĂ©matique des fibrates Ă  la seule fin de prĂ©venir les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires n’est donc pas recommandĂ©e dans les recommandations fournies.

L’icosapent Ă©thyl a dĂ©montrĂ© une rĂ©duction de la morbiditĂ© et de la mortalitĂ© cardiovasculaires chez les patients prĂ©sentant une HTG, bien que son effet spĂ©cifique dans les maladies artĂ©rielles pĂ©riphĂ©riques et aortiques reste inexplorĂ©.

Principes de prise en charge

Intervention sur le mode de vie et l’alimentation

Tous les patients prĂ©sentant une HTG doivent recevoir des conseils intensifs concernant le mode de vie et l’alimentation. Les principales mesures comprennent :

  • RĂ©duction de la consommation excessive d’alcool

  • RĂ©duction des excĂšs alimentaires en glucides et en lipides

  • Optimisation du poids corporel

  • ActivitĂ© physique rĂ©guliĂšre

  • AmĂ©lioration du contrĂŽle glycĂ©mique en prĂ©sence d’un diabĂšte ou d’une insulinorĂ©sistance

  • Correction des autres facteurs de risque cardiovasculaire modifiables

Chez les personnes vivant avec le VIH, une restriction calorique et l’exercice doivent ĂȘtre utilisĂ©s afin de se rapprocher du poids idĂ©al. L’entraĂźnement en rĂ©sistance a Ă©tĂ© associĂ© Ă  une diminution des triglycĂ©rides Ă  jeun et de la masse du tissu adipeux, ainsi qu’à une augmentation de la masse musculaire, bien que les seules mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques ne permettent souvent pas d’obtenir un contrĂŽle lipidique suffisant.

Traitement des causes secondaires

Les facteurs secondaires doivent ĂȘtre activement recherchĂ©s et traitĂ©s. Cela comprend :

  • AmĂ©liorer le contrĂŽle du diabĂšte

  • Prendre en charge une maladie thyroĂŻdienne

  • Traiter une maladie rĂ©nale

  • Réévaluer les glucocorticoĂŻdes, les bĂȘtabloquants, le traitement ƓstrogĂ©nique et les autres mĂ©dicaments potentiellement contributifs

  • RĂ©duire la consommation d’alcool

  • Réévaluer la teneur en glucides et en lipides de l’alimentation

  • Envisager une modification du traitement antirĂ©troviral ou du traitement de transplantation lorsque cela est cliniquement sĂ»r

Traitement ciblé sur le LDL-C

Le traitement par statine doit ĂȘtre optimisĂ© chez les patients prĂ©sentant une HTG. En cas d’HTG modĂ©rĂ©e, la rĂ©duction du LDL-C, du non-HDL-C et de l’apolipoprotĂ©ine B demeure au cƓur de la prĂ©vention de l’ASCVD.

Les fibrates sont principalement des mĂ©dicaments rĂ©duisant les triglycĂ©rides et peuvent augmenter le HDL-C, mais les donnĂ©es disponibles ne soutiennent pas leur utilisation systĂ©matique pour prĂ©venir les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. En cas d’HTG sĂ©vĂšre, un fibrate ou une prĂ©paration d’acides gras omĂ©ga-3 peut ĂȘtre ajoutĂ© aux mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et au traitement par statine optimisĂ©.

Hypertriglycéridémie sévÚre

Lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 500 mg/dL, une intervention est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme appropriĂ©e afin de rĂ©duire le risque de pancrĂ©atite. La prise en charge comprend une modification de l’alimentation, l’abstention d’alcool, le traitement du diabĂšte et l’optimisation du traitement par statine. Des fibrates ou des acides gras omĂ©ga-3 peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s.

Lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 10 mmol/L (900 mg/dL), ils doivent ĂȘtre rĂ©duits par une combinaison de mesures, comprenant un traitement pharmacologique, une restriction de la consommation d’alcool, le traitement du diabĂšte et l’arrĂȘt du traitement ƓstrogĂ©nique lorsqu’il est pertinent. Une HTG primaire sĂ©vĂšre doit conduire Ă  envisager l’orientation vers un spĂ©cialiste des lipides.

Traitement pharmacologique

Statines

Les statines constituent le principal traitement pharmacologique visant Ă  rĂ©duire le risque d’ASCVD chez les patients prĂ©sentant une HTG. Le traitement doit ĂȘtre optimisĂ© avant d’envisager un traitement complĂ©mentaire ciblant les triglycĂ©rides.

Chez les personnes vivant avec le VIH, le choix de la statine doit tenir compte des interactions avec les antirétroviraux :

  • La pravastatine et la fluvastatine posent moins de problĂšmes d’interactions, mais sont moins puissantes pour rĂ©duire le LDL-C.

  • La rosuvastatine et l’atorvastatine conviennent lorsqu’une rĂ©duction intensive du LDL-C est nĂ©cessaire, mais une adaptation posologique peut ĂȘtre requise.

  • Avec les inhibiteurs de protĂ©ase potentialisĂ©s par le ritonavir, tels que l’atazanavir ou le lopinavir, la dose d’atorvastatine ne doit pas dĂ©passer 40 mg/jour et celle de rosuvastatine ne doit pas dĂ©passer 10 mg/jour.

  • La lovastatine et la simvastatine sont contre-indiquĂ©es avec les inhibiteurs de protĂ©ase et l’éfavirenz en raison du risque d’exposition excessive aux statines et de rhabdomyolyse.

  • La pitavastatine prĂ©sente un potentiel limitĂ© d’interactions mĂ©dicamenteuses, car elle subit une glucuronidation. Dans un essai portant sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires chez des personnes vivant avec le VIH, la pitavastatine Ă©tait administrĂ©e Ă  raison de 4 mg/jour.

  • L’ézĂ©timibe est une option chez les patients intolĂ©rants aux statines et peut ĂȘtre ajoutĂ© chez les patients Ă  trĂšs haut risque qui n’obtiennent pas une rĂ©duction suffisante du LDL-C.

  • L’acide bempĂ©doĂŻque constitue une autre option en cas d’intolĂ©rance aux statines ; le matĂ©riel fourni rapporte une rĂ©duction du LDL-C supĂ©rieure de 21 % Ă  celle du placebo et une rĂ©duction de 13 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs dans une population sans VIH.

  • Les chĂ©lateurs des acides biliaires ne sont pas recommandĂ©s chez les patients infectĂ©s par le VIH, car ils peuvent augmenter les triglycĂ©rides et leurs effets sur l’absorption des antirĂ©troviraux n’ont pas Ă©tĂ© suffisamment Ă©tudiĂ©s.

  • Les inhibiteurs de PCSK9 peuvent rĂ©duire substantiellement le LDL-C tout en Ă©vitant les interactions mĂ©dicamenteuses liĂ©es aux statines. Dans un essai randomisĂ© menĂ© chez des personnes vivant avec le VIH, l’évolocumab a rĂ©duit le LDL-C de 57 % en 24 semaines ; un LDL-C infĂ©rieur Ă  70 mg/dL a Ă©tĂ© obtenu chez 73 % des patients recevant l’évolocumab contre 8 % des patients recevant le placebo.

Icosapent éthyl

L’icosapent Ă©thyl est un ester Ă©thylique purifiĂ© de l’acide eicosapentaĂ©noĂŻque. Il peut ĂȘtre envisagĂ© en association avec une statine chez les patients Ă  haut risque ou Ă  trĂšs haut risque dont les triglycĂ©rides Ă  jeun restent compris entre 135 et 499 mg/dL (1.52–5.63 mmol/L).

La recommandation des recommandations est la suivante :

Recommandation Classe Niveau
Une dose Ă©levĂ©e d’icosapent Ă©thyl, 2 g deux fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e en association avec une statine chez les patients Ă  haut risque ou Ă  trĂšs haut risque prĂ©sentant des triglycĂ©rides de 135–499 mg/dL (1.52–5.63 mmol/L), afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires IIa B

D’autres recommandations dĂ©crivent une dose d’icosapent Ă©thyl de 2–4 g/jour. Dans l’essai portant sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires citĂ© dans le matĂ©riel source, le schĂ©ma thĂ©rapeutique Ă©tait de 2 g deux fois par jour en complĂ©ment des statines.

Chez les patients infectĂ©s par le VIH, les acides gras omĂ©ga-3 n’entraĂźnent gĂ©nĂ©ralement pas d’interactions mĂ©dicamenteuses importantes, bien que certaines prĂ©parations d’huile de poisson puissent augmenter modestement le LDL-C. L’icosapent Ă©thyl a dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire chez des personnes prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire ou un diabĂšte associĂ© Ă  d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, avec des triglycĂ©rides Ă  jeun de 150–499 mg/dL.

Fibrates

Les fibrates rĂ©duisent les triglycĂ©rides et peuvent augmenter le HDL-C, mais les donnĂ©es en faveur d’une rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires sont limitĂ©es. Ils ne sont pas recommandĂ©s systĂ©matiquement pour la prĂ©vention cardiovasculaire et n’ont montrĂ© aucun bĂ©nĂ©fice par rapport au placebo dans l’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs d’aprĂšs les donnĂ©es synthĂ©tisĂ©es dans le matĂ©riel source.

Ils peuvent nĂ©anmoins ĂȘtre envisagĂ©s en cas d’HTG sĂ©vĂšre, notamment lorsque l’objectif thĂ©rapeutique est de rĂ©duire les triglycĂ©rides et d’attĂ©nuer le risque de pancrĂ©atite. Chez les personnes vivant avec le VIH, les fibrates peuvent interagir avec les statines et certains traitements antirĂ©troviraux. Chez les patients recevant une statine, un fibrate et un traitement antirĂ©troviral, les enzymes hĂ©patiques et la crĂ©atine phosphokinase doivent ĂȘtre surveillĂ©es.

Acides gras oméga-3

Les acides gras omĂ©ga-3 peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s en cas d’HTG sĂ©vĂšre. Chez les patients infectĂ©s par le VIH, les prĂ©parations d’huile de poisson rĂ©duisent les triglycĂ©rides et entraĂźnent gĂ©nĂ©ralement peu d’interactions mĂ©dicamenteuses importantes, bien que certaines prĂ©parations puissent augmenter modestement le LDL-C.

VolanésorsÚne

Le volanĂ©sorsĂšne peut ĂȘtre envisagĂ© dans le syndrome de chylomicronĂ©mie familiale associĂ© Ă  une HTG sĂ©vĂšre :

Recommandation Classe Niveau
Le volanĂ©sorsĂšne, Ă  raison de 300 mg par semaine, doit ĂȘtre envisagĂ© en cas d’HTG sĂ©vĂšre supĂ©rieure Ă  750 mg/dL (>8.5 mmol/L) due Ă  un syndrome de chylomicronĂ©mie familiale, afin de rĂ©duire les triglycĂ©rides et le risque de pancrĂ©atite IIa B

Autres agents

Les inhibiteurs de PCSK9 sont principalement des mĂ©dicaments rĂ©duisant le LDL-C plutĂŽt que des traitements standards ciblant les triglycĂ©rides. Le matĂ©riel fourni les mentionne parmi les interventions pharmacologiques disponibles pour la prise en charge des triglycĂ©rides, mais ne fournit pas d’indication ni de posologie spĂ©cifiques concernant les triglycĂ©rides.

Les nutraceutiques hypolipĂ©miants peuvent faciliter l’observance du traitement ou l’atteinte des objectifs de LDL-C en pratique clinique, mais aucune Ă©tude de pronostic n’est citĂ©e comme dĂ©montrant une prĂ©vention de la morbiditĂ© ou de la mortalitĂ© cardiovasculaires.

Situations cliniques particuliĂšres

DiabĂšte et maladie coronarienne

Les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie coronarienne avĂ©rĂ©e nĂ©cessitent une prise en charge globale des facteurs de risque, comprenant une intervention sur le mode de vie et le traitement de l’obĂ©sitĂ©, de l’hypertension et de la dyslipidĂ©mie. Chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une maladie coronarienne, les inhibiteurs de SGLT2 et/ou les agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 sont recommandĂ©s afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

Maladie rénale chronique et diabÚte

Les patients diabétiques atteints de maladie rénale chronique présentent une augmentation progressive du risque cardiovasculaire à mesure que diminue le débit de filtration glomérulaire estimé. Un traitement fondé sur une statine réduit les événements athéroscléreux majeurs, mais ne ralentit pas de maniÚre significative la progression de la maladie rénale chronique.

L’objectif est d’obtenir la plus grande rĂ©duction absolue du LDL-C pouvant ĂȘtre atteinte en toute sĂ©curitĂ©. Une rĂ©duction intensive du LDL-C par statine, seule ou associĂ©e Ă  l’ézĂ©timibe, s’est rĂ©vĂ©lĂ©e sĂ»re dans les populations atteintes de maladie rĂ©nale chronique dĂ©crites. L’évolocumab conserve son effet de rĂ©duction du LDL-C au stade G3 de la maladie rĂ©nale chronique, les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires ne semblant pas modifiĂ©s par le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© initial.

Insuffisance cardiaque

De faibles concentrations de cholestĂ©rol dans l’insuffisance cardiaque sont associĂ©es Ă  une augmentation de la mortalitĂ©. L’instauration d’un traitement hypolipĂ©miant n’est pas recommandĂ©e dans l’insuffisance cardiaque en l’absence d’indication impĂ©rative. Ce principe se distingue du traitement d’une ASCVD Ă©tablie ou de toute autre indication claire d’un traitement hypolipĂ©miant.

Transplantation cardiaque

AprĂšs la transplantation, le cholestĂ©rol total, le LDL-cholestĂ©rol et les triglycĂ©rides augmentent frĂ©quemment vers le troisiĂšme mois, puis diminuent partiellement au cours de l’annĂ©e suivante. Les corticoĂŻdes, la ciclosporine, le sirolimus et d’autres mĂ©dicaments de transplantation peuvent y contribuer.

Les statines restent le traitement de rĂ©fĂ©rence et doivent ĂȘtre administrĂ©es indĂ©pendamment des concentrations de LDL chez les receveurs d’une transplantation cardiaque. Le matĂ©riel source associe le traitement par statine Ă  une amĂ©lioration de la survie Ă  un an et dĂ©crit des bĂ©nĂ©fices de la pravastatine et de la simvastatine sur la survie, la sĂ©vĂ©ritĂ© du rejet et la vasculopathie de l’allogreffe cardiaque. Les inhibiteurs de PCSK9 ont Ă©tĂ© rapportĂ©s comme sĂ»rs et efficaces pour rĂ©duire le LDL-C, bien que des Ă©tudes de pronostic restent nĂ©cessaires.

Seuils thérapeutiques fondés sur les recommandations

Une synthÚse pratique des recommandations fournies est présentée ci-dessous :

Concentration des triglycérides ou situation clinique Prise en charge recommandée
>150 mg/dL (≄1.7 mmol/L) Modification du mode de vie et de l’alimentation ; Ă©valuation du risque cardiovasculaire global et recherche de causes secondaires
>200 mg/dL (>2.3 mmol/L) chez les patients à haut risque malgré les mesures hygiéno-diététiques Envisager un traitement pharmacologique visant à réduire les triglycérides, en particulier aprÚs optimisation du traitement par statine
135–499 mg/dL (1.52–5.63 mmol/L) chez les patients Ă  haut risque ou Ă  trĂšs haut risque recevant une statine Envisager l’icosapent Ă©thyl Ă  raison de 2 g deux fois par jour
≄500 mg/dL (>5.6 mmol/L) Intervention hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique intensive, abstention d’alcool, traitement des causes secondaires et optimisation du traitement par statine ; envisager un fibrate ou des acides gras omĂ©ga-3
>750 mg/dL (>8.5 mmol/L) dans le syndrome de chylomicronémie familiale Envisager le volanésorsÚne à raison de 300 mg par semaine
>900 mg/dL (10 mmol/L) RĂ©duction urgente des triglycĂ©rides par une combinaison de mesures alimentaires, mĂ©taboliques et pharmacologiques ; envisager l’orientation vers un spĂ©cialiste
HTG primaire sĂ©vĂšre Envisager l’orientation vers un spĂ©cialiste des lipides

Pronostic et suivi

L’HTG modĂ©rĂ©e est associĂ©e Ă  une augmentation du risque d’ASCVD, tandis que l’HTG sĂ©vĂšre est associĂ©e Ă  un risque de pancrĂ©atite, en particulier en prĂ©sence d’une chylomicronĂ©mie. L’effet prĂ©cis de la rĂ©duction des triglycĂ©rides sur la prĂ©vention de la pancrĂ©atite reste non dĂ©montrĂ© dans les essais cliniques, mais une intervention en cas de concentrations Ă©levĂ©es est considĂ©rĂ©e comme une pratique clinique appropriĂ©e.

Le suivi doit réévaluer :

  • Les concentrations de triglycĂ©rides, de LDL-C, de non-HDL-C et, lorsqu’elle est dosĂ©e, d’apolipoprotĂ©ine B

  • L’observance des mesures alimentaires et hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques

  • La consommation d’alcool

  • Le contrĂŽle glycĂ©mique

  • Les maladies thyroĂŻdienne et rĂ©nale

  • Les causes secondaires liĂ©es aux mĂ©dicaments

  • Les interactions mĂ©dicamenteuses

  • Les enzymes hĂ©patiques et la crĂ©atine phosphokinase lors de l’utilisation d’une association statine–fibrate avec un traitement antirĂ©troviral

  • Les signes de progression de l’ASCVD ou de pancrĂ©atite

Chez les patients prĂ©sentant une HTG sĂ©vĂšre persistante ou une HTG primaire, une Ă©valuation lipidologique spĂ©cialisĂ©e doit ĂȘtre envisagĂ©e. Chez les receveurs d’une transplantation et les patients recevant des traitements complexes, la prise en charge lipidique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă  la surveillance des complications cardiovasculaires et coordonnĂ©e entre les Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es concernĂ©es.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026