Définition et physiopathologie
LâhypertriglycĂ©ridĂ©mie (HTG) se dĂ©finit par une augmentation de la concentration des triglycĂ©rides circulants. Les dosages Ă jeun comme ceux rĂ©alisĂ©s sans ĂȘtre Ă jeun fournissent des informations pronostiques sur le risque cardiovasculaire.
Les seuils varient selon les recommandations :
| Classification | TriglycĂ©rides Ă jeun | TriglycĂ©rides sans ĂȘtre Ă jeun |
|---|---|---|
| HTG lĂ©gĂšre Ă modĂ©rĂ©e | 150â499 mg/dL (1.7â5.6 mmol/L) dans certaines recommandations ; >150 mg/dL (â„1.7 mmol/L) dans les recommandations de lâESC pour la prĂ©vention primaire | 175â499 mg/dL (2.0â5.6 mmol/L) |
| HTG sĂ©vĂšre | â„500 mg/dL (>5.6 mmol/L) | â„500 mg/dL (>5.6 mmol/L) |
Les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides, les lipoprotĂ©ines rĂ©siduelles et lâinsulinorĂ©sistance sont associĂ©es Ă la maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD), en particulier dans lâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs. La relation entre les concentrations de triglycĂ©rides et les maladies aortiques est moins clairement Ă©tablie, bien que les triglycĂ©rides puissent contribuer au dĂ©veloppement et Ă la progression des lĂ©sions aortiques.
LâHTG sĂ©vĂšre, en particulier lorsquâelle est associĂ©e Ă une chylomicronĂ©mie, prĂ©sente une association observationnelle bien Ă©tablie avec la pancrĂ©atite aiguĂ«. Aucun essai clinique nâa dĂ©montrĂ© de maniĂšre dĂ©finitive quâune rĂ©duction pharmacologique des triglycĂ©rides prĂ©vient la pancrĂ©atite ; nĂ©anmoins, un traitement est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme appropriĂ© lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 500 mg/dL afin de rĂ©duire ce risque. Les implications de la chylomicronĂ©mie elle-mĂȘme sur le risque dâASCVD restent incertaines, tandis que lâHTG modĂ©rĂ©e, approximativement comprise entre 150 et 500 mg/dL, est associĂ©e Ă une augmentation du risque dâASCVD. La prise en charge dans cette plage vise donc principalement la prĂ©vention de lâASCVD et la rĂ©duction du LDL-C, du non-HDL-C et de lâapolipoprotĂ©ine B.
Causes et facteurs secondaires
La recherche de facteurs secondaires est une premiÚre étape essentielle. Les causes reconnues comprennent :
DiabÚte et insulinorésistance
Maladie thyroĂŻdienne
Maladie rénale
Consommation excessive dâalcool
Régimes riches en glucides ou en lipides
GlucocorticoĂŻdes
BĂȘtabloquants
Traitement ĆstrogĂ©nique
Certains traitements antirétroviraux
Médicaments post-transplantation, notamment les corticoïdes, la ciclosporine et le sirolimus
En transplantation, les corticoĂŻdes peuvent favoriser lâinsulinorĂ©sistance, la synthĂšse des acides gras libres et la production de lipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ©. La ciclosporine augmente le LDL-cholestĂ©rol, en partie en rĂ©duisant la disponibilitĂ© des rĂ©cepteurs des LDL. Le tacrolimus semble avoir un effet moins dĂ©favorable sur les lipides. Le sirolimus peut entraĂźner une Ă©lĂ©vation particuliĂšrement importante des triglycĂ©rides, notamment des augmentations dose-dĂ©pendantes.
Chez les personnes vivant avec le VIH, le traitement antirĂ©troviral peut contribuer Ă lâHTG. La rĂ©duction de la consommation dâalcool et de glucides, ainsi que lâenvisagement dâun remplacement par des antirĂ©troviraux ayant moins dâeffets indĂ©sirables lipidiques, peuvent amĂ©liorer les concentrations de triglycĂ©rides, Ă condition de maintenir la suppression virale. Une modification du traitement antirĂ©troviral nâest pas recommandĂ©e chez les patients ayant dĂ©jĂ prĂ©sentĂ© un Ă©chec virologique si elle risque dâentraĂźner une perte de la suppression virale.
Présentation clinique et symptÎmes
Le matĂ©riel source ne dĂ©crit pas de symptĂŽmes spĂ©cifiques ni de manifestations physiques de lâHTG. LâHTG modĂ©rĂ©e est principalement abordĂ©e comme un marqueur de risque cardiovasculaire, tandis que lâHTG sĂ©vĂšre est cliniquement importante en raison de son association avec la pancrĂ©atite aiguĂ«.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit dĂ©terminer :
La concentration des triglycérides et le statut à jeun ou non à jeun au moment du prélÚvement.
La prĂ©sence dâune ASCVD, dâune artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs ou dâune maladie aortique.
Les causes secondaires, en particulier le diabĂšte, les maladies thyroĂŻdienne et rĂ©nale, la consommation excessive dâalcool, les facteurs alimentaires et les mĂ©dicaments concernĂ©s.
La catĂ©gorie de risque cardiovasculaire et lâadĂ©quation du traitement visant Ă rĂ©duire le LDL-C.
En cas dâHTG primaire sĂ©vĂšre, la nĂ©cessitĂ© dâune Ă©valuation lipidologique spĂ©cialisĂ©e.
Une Ă©valuation cardiovasculaire complĂšte doit comporter lâanalyse des facteurs de risque modifiables et des maladies associĂ©es. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise pas de protocole dâexamen clinique diagnostique ni de signes caractĂ©ristiques Ă lâexamen.
Examens diagnostiques et résultats biologiques
Ăvaluation lipidique
Les concentrations de triglycĂ©rides doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es conjointement avec le LDL-C, le non-HDL-C et lâapolipoprotĂ©ine B, en particulier en cas dâHTG modĂ©rĂ©e, lorsque les prioritĂ©s thĂ©rapeutiques sont la rĂ©duction du risque dâASCVD et la diminution des lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes.
Les rĂ©sultats des dosages des triglycĂ©rides Ă jeun et sans ĂȘtre Ă jeun sont tous deux informatifs. Des valeurs durablement Ă©levĂ©es doivent conduire Ă rechercher des causes secondaires et Ă réévaluer lâobservance des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et du traitement hypolipĂ©miant.
Ăvaluation biologique associĂ©e
Le matĂ©riel source identifie le diabĂšte, les maladies thyroĂŻdienne et rĂ©nale comme dâimportants facteurs secondaires, mais ne prescrit pas de bilan biologique spĂ©cifique. Il indique Ă©galement quâune surveillance de la crĂ©atine phosphokinase et des enzymes hĂ©patiques est appropriĂ©e lorsquâune statine est associĂ©e Ă un fibrate chez des personnes recevant un traitement antirĂ©troviral.
Risque cardiovasculaire associĂ© Ă lâhypertriglycĂ©ridĂ©mie
Des triglycérides supérieurs à 1.7 mmol/L (150 mg/dL) sont associés à une augmentation du risque cardiovasculaire. Toutefois, un traitement pharmacologique visant à réduire les triglycérides est généralement réservé aux patients à haut risque présentant des concentrations supérieures à 2.3 mmol/L (200 mg/dL) qui restent élevées malgré une intervention sur le mode de vie.
Les donnĂ©es en faveur des fibrates dans la prĂ©vention cardiovasculaire sont limitĂ©es. Dans lâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs, les fibrates nâont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice par rapport au placebo sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs ni sur les Ă©vĂ©nements coronaires et cĂ©rĂ©brovasculaires. Lâutilisation systĂ©matique des fibrates Ă la seule fin de prĂ©venir les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires nâest donc pas recommandĂ©e dans les recommandations fournies.
Lâicosapent Ă©thyl a dĂ©montrĂ© une rĂ©duction de la morbiditĂ© et de la mortalitĂ© cardiovasculaires chez les patients prĂ©sentant une HTG, bien que son effet spĂ©cifique dans les maladies artĂ©rielles pĂ©riphĂ©riques et aortiques reste inexplorĂ©.
Principes de prise en charge
Intervention sur le mode de vie et lâalimentation
Tous les patients prĂ©sentant une HTG doivent recevoir des conseils intensifs concernant le mode de vie et lâalimentation. Les principales mesures comprennent :
RĂ©duction de la consommation excessive dâalcool
Réduction des excÚs alimentaires en glucides et en lipides
Optimisation du poids corporel
Activité physique réguliÚre
AmĂ©lioration du contrĂŽle glycĂ©mique en prĂ©sence dâun diabĂšte ou dâune insulinorĂ©sistance
Correction des autres facteurs de risque cardiovasculaire modifiables
Chez les personnes vivant avec le VIH, une restriction calorique et lâexercice doivent ĂȘtre utilisĂ©s afin de se rapprocher du poids idĂ©al. LâentraĂźnement en rĂ©sistance a Ă©tĂ© associĂ© Ă une diminution des triglycĂ©rides Ă jeun et de la masse du tissu adipeux, ainsi quâĂ une augmentation de la masse musculaire, bien que les seules mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques ne permettent souvent pas dâobtenir un contrĂŽle lipidique suffisant.
Traitement des causes secondaires
Les facteurs secondaires doivent ĂȘtre activement recherchĂ©s et traitĂ©s. Cela comprend :
Améliorer le contrÎle du diabÚte
Prendre en charge une maladie thyroĂŻdienne
Traiter une maladie rénale
Réévaluer les glucocorticoĂŻdes, les bĂȘtabloquants, le traitement ĆstrogĂ©nique et les autres mĂ©dicaments potentiellement contributifs
RĂ©duire la consommation dâalcool
Réévaluer la teneur en glucides et en lipides de lâalimentation
Envisager une modification du traitement antirétroviral ou du traitement de transplantation lorsque cela est cliniquement sûr
Traitement ciblé sur le LDL-C
Le traitement par statine doit ĂȘtre optimisĂ© chez les patients prĂ©sentant une HTG. En cas dâHTG modĂ©rĂ©e, la rĂ©duction du LDL-C, du non-HDL-C et de lâapolipoprotĂ©ine B demeure au cĆur de la prĂ©vention de lâASCVD.
Les fibrates sont principalement des mĂ©dicaments rĂ©duisant les triglycĂ©rides et peuvent augmenter le HDL-C, mais les donnĂ©es disponibles ne soutiennent pas leur utilisation systĂ©matique pour prĂ©venir les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. En cas dâHTG sĂ©vĂšre, un fibrate ou une prĂ©paration dâacides gras omĂ©ga-3 peut ĂȘtre ajoutĂ© aux mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et au traitement par statine optimisĂ©.
Hypertriglycéridémie sévÚre
Lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 500 mg/dL, une intervention est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme appropriĂ©e afin de rĂ©duire le risque de pancrĂ©atite. La prise en charge comprend une modification de lâalimentation, lâabstention dâalcool, le traitement du diabĂšte et lâoptimisation du traitement par statine. Des fibrates ou des acides gras omĂ©ga-3 peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s.
Lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 10 mmol/L (900 mg/dL), ils doivent ĂȘtre rĂ©duits par une combinaison de mesures, comprenant un traitement pharmacologique, une restriction de la consommation dâalcool, le traitement du diabĂšte et lâarrĂȘt du traitement ĆstrogĂ©nique lorsquâil est pertinent. Une HTG primaire sĂ©vĂšre doit conduire Ă envisager lâorientation vers un spĂ©cialiste des lipides.
Traitement pharmacologique
Statines
Les statines constituent le principal traitement pharmacologique visant Ă rĂ©duire le risque dâASCVD chez les patients prĂ©sentant une HTG. Le traitement doit ĂȘtre optimisĂ© avant dâenvisager un traitement complĂ©mentaire ciblant les triglycĂ©rides.
Chez les personnes vivant avec le VIH, le choix de la statine doit tenir compte des interactions avec les antirétroviraux :
La pravastatine et la fluvastatine posent moins de problĂšmes dâinteractions, mais sont moins puissantes pour rĂ©duire le LDL-C.
La rosuvastatine et lâatorvastatine conviennent lorsquâune rĂ©duction intensive du LDL-C est nĂ©cessaire, mais une adaptation posologique peut ĂȘtre requise.
Avec les inhibiteurs de protĂ©ase potentialisĂ©s par le ritonavir, tels que lâatazanavir ou le lopinavir, la dose dâatorvastatine ne doit pas dĂ©passer 40 mg/jour et celle de rosuvastatine ne doit pas dĂ©passer 10 mg/jour.
La lovastatine et la simvastatine sont contre-indiquĂ©es avec les inhibiteurs de protĂ©ase et lâĂ©favirenz en raison du risque dâexposition excessive aux statines et de rhabdomyolyse.
La pitavastatine prĂ©sente un potentiel limitĂ© dâinteractions mĂ©dicamenteuses, car elle subit une glucuronidation. Dans un essai portant sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires chez des personnes vivant avec le VIH, la pitavastatine Ă©tait administrĂ©e Ă raison de 4 mg/jour.
LâĂ©zĂ©timibe est une option chez les patients intolĂ©rants aux statines et peut ĂȘtre ajoutĂ© chez les patients Ă trĂšs haut risque qui nâobtiennent pas une rĂ©duction suffisante du LDL-C.
Lâacide bempĂ©doĂŻque constitue une autre option en cas dâintolĂ©rance aux statines ; le matĂ©riel fourni rapporte une rĂ©duction du LDL-C supĂ©rieure de 21 % Ă celle du placebo et une rĂ©duction de 13 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs dans une population sans VIH.
Les chĂ©lateurs des acides biliaires ne sont pas recommandĂ©s chez les patients infectĂ©s par le VIH, car ils peuvent augmenter les triglycĂ©rides et leurs effets sur lâabsorption des antirĂ©troviraux nâont pas Ă©tĂ© suffisamment Ă©tudiĂ©s.
Les inhibiteurs de PCSK9 peuvent rĂ©duire substantiellement le LDL-C tout en Ă©vitant les interactions mĂ©dicamenteuses liĂ©es aux statines. Dans un essai randomisĂ© menĂ© chez des personnes vivant avec le VIH, lâĂ©volocumab a rĂ©duit le LDL-C de 57 % en 24 semaines ; un LDL-C infĂ©rieur Ă 70 mg/dL a Ă©tĂ© obtenu chez 73 % des patients recevant lâĂ©volocumab contre 8 % des patients recevant le placebo.
Icosapent éthyl
Lâicosapent Ă©thyl est un ester Ă©thylique purifiĂ© de lâacide eicosapentaĂ©noĂŻque. Il peut ĂȘtre envisagĂ© en association avec une statine chez les patients Ă haut risque ou Ă trĂšs haut risque dont les triglycĂ©rides Ă jeun restent compris entre 135 et 499 mg/dL (1.52â5.63 mmol/L).
La recommandation des recommandations est la suivante :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Une dose Ă©levĂ©e dâicosapent Ă©thyl, 2 g deux fois par jour, doit ĂȘtre envisagĂ©e en association avec une statine chez les patients Ă haut risque ou Ă trĂšs haut risque prĂ©sentant des triglycĂ©rides de 135â499 mg/dL (1.52â5.63 mmol/L), afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires | IIa | B |
Dâautres recommandations dĂ©crivent une dose dâicosapent Ă©thyl de 2â4 g/jour. Dans lâessai portant sur les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires citĂ© dans le matĂ©riel source, le schĂ©ma thĂ©rapeutique Ă©tait de 2 g deux fois par jour en complĂ©ment des statines.
Chez les patients infectĂ©s par le VIH, les acides gras omĂ©ga-3 nâentraĂźnent gĂ©nĂ©ralement pas dâinteractions mĂ©dicamenteuses importantes, bien que certaines prĂ©parations dâhuile de poisson puissent augmenter modestement le LDL-C. Lâicosapent Ă©thyl a dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire chez des personnes prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire ou un diabĂšte associĂ© Ă dâautres facteurs de risque cardiovasculaire, avec des triglycĂ©rides Ă jeun de 150â499 mg/dL.
Fibrates
Les fibrates rĂ©duisent les triglycĂ©rides et peuvent augmenter le HDL-C, mais les donnĂ©es en faveur dâune rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires sont limitĂ©es. Ils ne sont pas recommandĂ©s systĂ©matiquement pour la prĂ©vention cardiovasculaire et nâont montrĂ© aucun bĂ©nĂ©fice par rapport au placebo dans lâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs dâaprĂšs les donnĂ©es synthĂ©tisĂ©es dans le matĂ©riel source.
Ils peuvent nĂ©anmoins ĂȘtre envisagĂ©s en cas dâHTG sĂ©vĂšre, notamment lorsque lâobjectif thĂ©rapeutique est de rĂ©duire les triglycĂ©rides et dâattĂ©nuer le risque de pancrĂ©atite. Chez les personnes vivant avec le VIH, les fibrates peuvent interagir avec les statines et certains traitements antirĂ©troviraux. Chez les patients recevant une statine, un fibrate et un traitement antirĂ©troviral, les enzymes hĂ©patiques et la crĂ©atine phosphokinase doivent ĂȘtre surveillĂ©es.
Acides gras oméga-3
Les acides gras omĂ©ga-3 peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s en cas dâHTG sĂ©vĂšre. Chez les patients infectĂ©s par le VIH, les prĂ©parations dâhuile de poisson rĂ©duisent les triglycĂ©rides et entraĂźnent gĂ©nĂ©ralement peu dâinteractions mĂ©dicamenteuses importantes, bien que certaines prĂ©parations puissent augmenter modestement le LDL-C.
VolanésorsÚne
Le volanĂ©sorsĂšne peut ĂȘtre envisagĂ© dans le syndrome de chylomicronĂ©mie familiale associĂ© Ă une HTG sĂ©vĂšre :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Le volanĂ©sorsĂšne, Ă raison de 300 mg par semaine, doit ĂȘtre envisagĂ© en cas dâHTG sĂ©vĂšre supĂ©rieure Ă 750 mg/dL (>8.5 mmol/L) due Ă un syndrome de chylomicronĂ©mie familiale, afin de rĂ©duire les triglycĂ©rides et le risque de pancrĂ©atite | IIa | B |
Autres agents
Les inhibiteurs de PCSK9 sont principalement des mĂ©dicaments rĂ©duisant le LDL-C plutĂŽt que des traitements standards ciblant les triglycĂ©rides. Le matĂ©riel fourni les mentionne parmi les interventions pharmacologiques disponibles pour la prise en charge des triglycĂ©rides, mais ne fournit pas dâindication ni de posologie spĂ©cifiques concernant les triglycĂ©rides.
Les nutraceutiques hypolipĂ©miants peuvent faciliter lâobservance du traitement ou lâatteinte des objectifs de LDL-C en pratique clinique, mais aucune Ă©tude de pronostic nâest citĂ©e comme dĂ©montrant une prĂ©vention de la morbiditĂ© ou de la mortalitĂ© cardiovasculaires.
Situations cliniques particuliĂšres
DiabĂšte et maladie coronarienne
Les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une maladie coronarienne avĂ©rĂ©e nĂ©cessitent une prise en charge globale des facteurs de risque, comprenant une intervention sur le mode de vie et le traitement de lâobĂ©sitĂ©, de lâhypertension et de la dyslipidĂ©mie. Chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte de type 2 et une maladie coronarienne, les inhibiteurs de SGLT2 et/ou les agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 sont recommandĂ©s afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.
Maladie rénale chronique et diabÚte
Les patients diabétiques atteints de maladie rénale chronique présentent une augmentation progressive du risque cardiovasculaire à mesure que diminue le débit de filtration glomérulaire estimé. Un traitement fondé sur une statine réduit les événements athéroscléreux majeurs, mais ne ralentit pas de maniÚre significative la progression de la maladie rénale chronique.
Lâobjectif est dâobtenir la plus grande rĂ©duction absolue du LDL-C pouvant ĂȘtre atteinte en toute sĂ©curitĂ©. Une rĂ©duction intensive du LDL-C par statine, seule ou associĂ©e Ă lâĂ©zĂ©timibe, sâest rĂ©vĂ©lĂ©e sĂ»re dans les populations atteintes de maladie rĂ©nale chronique dĂ©crites. LâĂ©volocumab conserve son effet de rĂ©duction du LDL-C au stade G3 de la maladie rĂ©nale chronique, les bĂ©nĂ©fices cardiovasculaires ne semblant pas modifiĂ©s par le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© initial.
Insuffisance cardiaque
De faibles concentrations de cholestĂ©rol dans lâinsuffisance cardiaque sont associĂ©es Ă une augmentation de la mortalitĂ©. Lâinstauration dâun traitement hypolipĂ©miant nâest pas recommandĂ©e dans lâinsuffisance cardiaque en lâabsence dâindication impĂ©rative. Ce principe se distingue du traitement dâune ASCVD Ă©tablie ou de toute autre indication claire dâun traitement hypolipĂ©miant.
Transplantation cardiaque
AprĂšs la transplantation, le cholestĂ©rol total, le LDL-cholestĂ©rol et les triglycĂ©rides augmentent frĂ©quemment vers le troisiĂšme mois, puis diminuent partiellement au cours de lâannĂ©e suivante. Les corticoĂŻdes, la ciclosporine, le sirolimus et dâautres mĂ©dicaments de transplantation peuvent y contribuer.
Les statines restent le traitement de rĂ©fĂ©rence et doivent ĂȘtre administrĂ©es indĂ©pendamment des concentrations de LDL chez les receveurs dâune transplantation cardiaque. Le matĂ©riel source associe le traitement par statine Ă une amĂ©lioration de la survie Ă un an et dĂ©crit des bĂ©nĂ©fices de la pravastatine et de la simvastatine sur la survie, la sĂ©vĂ©ritĂ© du rejet et la vasculopathie de lâallogreffe cardiaque. Les inhibiteurs de PCSK9 ont Ă©tĂ© rapportĂ©s comme sĂ»rs et efficaces pour rĂ©duire le LDL-C, bien que des Ă©tudes de pronostic restent nĂ©cessaires.
Seuils thérapeutiques fondés sur les recommandations
Une synthÚse pratique des recommandations fournies est présentée ci-dessous :
| Concentration des triglycérides ou situation clinique | Prise en charge recommandée |
|---|---|
| >150 mg/dL (â„1.7 mmol/L) | Modification du mode de vie et de lâalimentation ; Ă©valuation du risque cardiovasculaire global et recherche de causes secondaires |
| >200 mg/dL (>2.3 mmol/L) chez les patients à haut risque malgré les mesures hygiéno-diététiques | Envisager un traitement pharmacologique visant à réduire les triglycérides, en particulier aprÚs optimisation du traitement par statine |
| 135â499 mg/dL (1.52â5.63 mmol/L) chez les patients Ă haut risque ou Ă trĂšs haut risque recevant une statine | Envisager lâicosapent Ă©thyl Ă raison de 2 g deux fois par jour |
| â„500 mg/dL (>5.6 mmol/L) | Intervention hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tique intensive, abstention dâalcool, traitement des causes secondaires et optimisation du traitement par statine ; envisager un fibrate ou des acides gras omĂ©ga-3 |
| >750 mg/dL (>8.5 mmol/L) dans le syndrome de chylomicronémie familiale | Envisager le volanésorsÚne à raison de 300 mg par semaine |
| >900 mg/dL (10 mmol/L) | RĂ©duction urgente des triglycĂ©rides par une combinaison de mesures alimentaires, mĂ©taboliques et pharmacologiques ; envisager lâorientation vers un spĂ©cialiste |
| HTG primaire sĂ©vĂšre | Envisager lâorientation vers un spĂ©cialiste des lipides |
Pronostic et suivi
LâHTG modĂ©rĂ©e est associĂ©e Ă une augmentation du risque dâASCVD, tandis que lâHTG sĂ©vĂšre est associĂ©e Ă un risque de pancrĂ©atite, en particulier en prĂ©sence dâune chylomicronĂ©mie. Lâeffet prĂ©cis de la rĂ©duction des triglycĂ©rides sur la prĂ©vention de la pancrĂ©atite reste non dĂ©montrĂ© dans les essais cliniques, mais une intervention en cas de concentrations Ă©levĂ©es est considĂ©rĂ©e comme une pratique clinique appropriĂ©e.
Le suivi doit réévaluer :
Les concentrations de triglycĂ©rides, de LDL-C, de non-HDL-C et, lorsquâelle est dosĂ©e, dâapolipoprotĂ©ine B
Lâobservance des mesures alimentaires et hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques
La consommation dâalcool
Le contrÎle glycémique
Les maladies thyroïdienne et rénale
Les causes secondaires liées aux médicaments
Les interactions médicamenteuses
Les enzymes hĂ©patiques et la crĂ©atine phosphokinase lors de lâutilisation dâune association statineâfibrate avec un traitement antirĂ©troviral
Les signes de progression de lâASCVD ou de pancrĂ©atite
Chez les patients prĂ©sentant une HTG sĂ©vĂšre persistante ou une HTG primaire, une Ă©valuation lipidologique spĂ©cialisĂ©e doit ĂȘtre envisagĂ©e. Chez les receveurs dâune transplantation et les patients recevant des traitements complexes, la prise en charge lipidique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă la surveillance des complications cardiovasculaires et coordonnĂ©e entre les Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es concernĂ©es.