đŸš« Hypertension : traitement initial par association et choix des mĂ©dicaments

Sommaire (22)

Définition et justification thérapeutique

L’hypertension artĂ©rielle constitue un facteur de risque majeur de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse et contribue aux complications microvasculaires et macrovasculaires. Elle est souvent cliniquement silencieuse, ce qui favorise l’inertie tant du patient que du clinicien et contribue Ă  un contrĂŽle insuffisant Ă  long terme.

L’objectif thĂ©rapeutique est une rĂ©duction individualisĂ©e de la pression artĂ©rielle, suffisante pour diminuer le risque cardiovasculaire tout en prĂ©servant la tolĂ©rance et les capacitĂ©s fonctionnelles quotidiennes. Les dĂ©cisions doivent intĂ©grer le niveau de pression artĂ©rielle confirmĂ©, le risque cardiovasculaire absolu, les comorbiditĂ©s, la fragilitĂ©, le bĂ©nĂ©fice thĂ©rapeutique attendu et les prĂ©fĂ©rences du patient.

Le document source dĂ©crit l’hypertension en utilisant des seuils diffĂ©rents selon les recommandations internationales. Un cadre dĂ©finit l’hypertension confirmĂ©e par une pression artĂ©rielle constamment supĂ©rieure Ă  130/80 mmHg lors de plus de deux mesures rĂ©alisĂ©es Ă  des moments distincts, tandis que les recommandations europĂ©ennes concernant le traitement initial par association se rĂ©fĂšrent principalement Ă  une pression artĂ©rielle confirmĂ©e ≄140/90 mmHg. Les objectifs tensionnels doivent donc ĂȘtre individualisĂ©s dans le cadre des recommandations applicables.

L’association thĂ©rapeutique repose sur la complĂ©mentaritĂ© des mĂ©canismes d’action de mĂ©dicaments appartenant Ă  des classes diffĂ©rentes. En agissant sur plusieurs voies physiopathologiques, les associations rĂ©duisent gĂ©nĂ©ralement la pression artĂ©rielle plus efficacement que la simple augmentation de la dose d’un mĂ©dicament unique. Elles peuvent Ă©galement permettre d’utiliser des doses plus faibles de chaque composant, ce qui pourrait limiter les effets indĂ©sirables et favoriser l’observance. La rĂ©ponse au traitement est toutefois hĂ©tĂ©rogĂšne, et certains patients peuvent tirer bĂ©nĂ©fice d’une sĂ©lection plus individualisĂ©e du traitement.

Quand instaurer un traitement pharmacologique

Les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques constituent un Ă©lĂ©ment essentiel de la prise en charge. Chez les adultes prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, une prise en charge non pharmacologique doit ĂȘtre activement mise en Ɠuvre. Les adultes ayant une pression artĂ©rielle ≄140/90 mmHg doivent recevoir Ă  la fois des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et un traitement antihypertenseur. En cas d’hypertension de grade 1, le traitement pharmacologique a dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire, mais chez les sujets jeunes prĂ©sentant un faible risque Ă  court terme, le bĂ©nĂ©fice au cours de la vie doit ĂȘtre pris en compte et discutĂ©.

Lorsque la pression artĂ©rielle est supĂ©rieure de plus de 20/10 mmHg Ă  l’objectif thĂ©rapeutique, les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et le traitement pharmacologique doivent ĂȘtre instaurĂ©s simultanĂ©ment. Chez les patients prĂ©sentant une indication confirmĂ©e de traitement mais une pression artĂ©rielle comprise entre 120–139/70–89 mmHg, les indications concomitantes et le risque cardiovasculaire global dĂ©terminent s’il convient d’ajouter un traitement mĂ©dicamenteux aux mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques.

Une monothĂ©rapie initiale peut ĂȘtre appropriĂ©e lorsque la pression artĂ©rielle est proche de l’objectif et qu’il est probable qu’un seul mĂ©dicament permette de l’atteindre. Elle peut Ă©galement ĂȘtre prĂ©fĂ©rable chez les patients ĂągĂ©s de ≄85 ans, ceux prĂ©sentant une hypotension orthostatique symptomatique, une fragilitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, ou chez les patients trĂšs ĂągĂ©s ou fragiles susceptibles de ne pas tolĂ©rer une diminution rapide de la pression artĂ©rielle.

Traitement initial par association

Stratégie générale

Chez la plupart des adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, un traitement initial par deux mĂ©dicaments est recommandĂ©. Les recommandations europĂ©ennes attribuent Ă  cette stratĂ©gie une recommandation de classe I avec un niveau de preuve B chez les patients ayant une pression artĂ©rielle ≄140/90 mmHg, avec des exceptions importantes en cas d’ñge avancĂ©, de fragilitĂ©, de symptĂŽmes orthostatiques et de pression artĂ©rielle proche de l’objectif.

Une association Ă  faible dose entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une rĂ©duction de la pression artĂ©rielle plus rapide et plus constante qu’une monothĂ©rapie. Elle peut Ă©galement rĂ©duire l’inertie thĂ©rapeutique, situation dans laquelle les patients restent pendant de longues pĂ©riodes sous une monothĂ©rapie insuffisante. Les donnĂ©es Ă©tayent une amĂ©lioration du contrĂŽle tensionnel et de l’observance, bien que les essais prospectifs sur les critĂšres cliniques n’aient pas Ă©tabli directement que l’association initiale soit supĂ©rieure Ă  la monothĂ©rapie initiale chez tous les patients prĂ©sentant une hypertension isolĂ©e.

Associations en comprimé unique

Les associations Ă  doses fixes en comprimĂ© unique sont Ă  privilĂ©gier chaque fois qu’un traitement par association est utilisĂ©. Le nombre de comprimĂ©s prescrits est directement liĂ© Ă  l’observance, et la simplification du schĂ©ma thĂ©rapeutique peut amĂ©liorer la persistance et le contrĂŽle tensionnel. Le traitement doit ĂȘtre pris au moment de la journĂ©e le plus pratique pour le patient, afin de crĂ©er une habitude rĂ©guliĂšre.

Le coĂ»t, les exigences de surveillance, la sĂ©lectivitĂ© pharmacologique et la tolĂ©rance doivent Ă©galement influencer le choix de la prĂ©paration. Des alternatives moins coĂ»teuses peuvent ĂȘtre importantes lorsque le prix du traitement menace l’observance.

Associations préférentielles de deux médicaments

Les principales classes de premiĂšre intention sont les suivantes :

  • Inhibiteurs de l’ECA

  • Antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine II

  • Inhibiteurs calciques dihydropyridiniques

  • DiurĂ©tiques thiazidiques ou apparentĂ©s aux thiazidiques

Chez la plupart des patients, l’association initiale prĂ©fĂ©rentielle est :

  • Un inhibiteur de l’ECA ou un ARA II associĂ© Ă  un inhibiteur calcique dihydropyridinique, ou

  • Un inhibiteur de l’ECA ou un ARA II associĂ© Ă  un diurĂ©tique thiazidique ou apparentĂ© aux thiazidiques

Le document source identifie Ă©galement les bĂȘtabloquants comme une classe majeure apportant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire, mais recommande de les utiliser principalement lorsqu’une indication spĂ©cifique est prĂ©sente plutĂŽt que comme traitement initial systĂ©matique de l’hypertension non compliquĂ©e.

Traitement par trois médicaments

Si la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous deux mĂ©dicaments, le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre intensifiĂ© en passant Ă  un schĂ©ma comportant trois mĂ©dicaments :

  • Un bloqueur du SRAA — soit un inhibiteur de l’ECA, soit un ARA II ;

  • Un inhibiteur calcique dihydropyridinique ; et

  • Un diurĂ©tique thiazidique ou apparentĂ© aux thiazidiques.

Une formulation en comprimĂ© unique est prĂ©fĂ©rable lorsqu’elle est disponible.

Hypertension résistante

La persistance d’une pression artĂ©rielle non contrĂŽlĂ©e malgrĂ© une trithĂ©rapie Ă  doses maximales tolĂ©rĂ©es doit conduire Ă  vĂ©rifier l’observance et Ă  orienter le patient vers une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e ainsi que vers un bilan appropriĂ©. La spironolactone doit ĂȘtre envisagĂ©e comme Ă©tape pharmacologique suivante.

Si la spironolactone est inefficace ou mal tolérée, les options comprennent :

  • L’éplĂ©rĂ©none ;

  • Un bĂȘtabloquant, en l’absence d’indication formelle dĂ©jĂ  prĂ©sente ;

  • Un antihypertenseur Ă  action centrale ;

  • Un alphabloquant ;

  • L’hydralazine ; ou

  • Un diurĂ©tique Ă©pargneur de potassium.

Ces derniers mĂ©dicaments doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre rĂ©servĂ©s aux lignes thĂ©rapeutiques ultĂ©rieures. Le minoxidil n’est envisagĂ© qu’en cas d’échec des autres options pharmacologiques en raison de ses nombreux effets indĂ©sirables.

Choix du médicament selon la classe

Bloqueurs du systĂšme rĂ©nine–angiotensine–aldostĂ©rone

Les inhibiteurs de l’ECA et les ARA II sont des traitements majeurs de premiĂšre intention et sont particuliĂšrement utiles lorsque le traitement nĂ©cessite une association. Ils sont associĂ©s Ă  un bĂ©nĂ©fice chez les patients ayant un infarctus du myocarde, une altĂ©ration de la fonction systolique, une insuffisance cardiaque, une nĂ©phropathie diabĂ©tique ou une nĂ©phrosclĂ©rose hypertensive.

Les traitements Ă  base d’inhibiteur de l’ECA ou d’ARA II sont Ă©galement mis en avant chez les patients recevant un traitement anticancĂ©reux et dĂ©veloppant une hypertension, notamment parce que l’hypertension non contrĂŽlĂ©e constitue un facteur de risque d’insuffisance cardiaque au cours des traitements par anthracyclines, ibrutinib et inhibiteurs du facteur de croissance de l’endothĂ©lium vasculaire.

Un inhibiteur de l’ECA et un ARA II ne doivent pas ĂȘtre associĂ©s. Le double blocage du SRAA n’amĂ©liore pas le pronostic et augmente les effets dĂ©lĂ©tĂšres ; il s’agit d’une recommandation de classe III avec un niveau de preuve A.

Chez les sujets ĂągĂ©s, le blocage du SRAA peut ĂȘtre moins efficace comme traitement initial de la pression artĂ©rielle, car l’activitĂ© rĂ©nine tend Ă  ĂȘtre plus faible. Ces mĂ©dicaments restent nĂ©anmoins des traitements d’appoint utiles et peuvent assurer une protection cardiovasculaire et rĂ©nale importante. Les patients ĂągĂ©s, en particulier ceux de plus de 70 ans, peuvent ĂȘtre exposĂ©s Ă  une altĂ©ration de la fonction rĂ©nale sous blocage du SRAA lorsque les apports hydriques sont faibles ; une hydratation adĂ©quate et une surveillance rĂ©nale constituent donc des mesures pratiques importantes.

Inhibiteurs calciques

Les inhibiteurs calciques dihydropyridiniques sont recommandés en premiÚre intention et conviennent particuliÚrement aux sujets ùgés présentant une dysfonction artérielle et une diminution de la compliance artérielle. Leurs principaux effets indésirables sont liés à la vasodilatation et comprennent :

  • ƒdĂšmes des chevilles ;

  • CĂ©phalĂ©es ; et

  • Hypotension orthostatique.

Les ƓdĂšmes des chevilles associĂ©s aux inhibiteurs calciques sont principalement attribuĂ©s Ă  une vasodilatation importante et Ă  une diminution du retour veineux plutĂŽt qu’à une rĂ©tention sodĂ©e.

Les prĂ©parations Ă  libĂ©ration immĂ©diate telles que la nifĂ©dipine doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©es chez les patients prĂ©sentant une dysfonction ventriculaire gauche. Les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques, notamment le vĂ©rapamil et le diltiazem, peuvent provoquer un bloc cardiaque chez les sujets ĂągĂ©s prĂ©sentant une maladie de conduction prĂ©existante et doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence dans ce contexte.

Chez certains patients atteints de cancer qui ne tolĂšrent pas plusieurs autres antihypertenseurs, le diltiazem ou le vĂ©rapamil peuvent ĂȘtre envisagĂ©s, en prĂȘtant une attention particuliĂšre aux interactions mĂ©dicamenteuses.

Diurétiques thiazidiques et apparentés aux thiazidiques

Les diurĂ©tiques de type thiazidique comprennent l’hydrochlorothiazide, la chlortalidone, l’indapamide et le bendroflumĂ©thiazide. Ils sont recommandĂ©s en premiĂšre intention et sont particuliĂšrement efficaces chez les sujets ĂągĂ©s.

Leurs effets initiaux comprennent une réduction de la volémie intravasculaire, des résistances vasculaires périphériques et de la pression artérielle. Ils sont généralement bien tolérés et peu coûteux. Les principales complications électrolytiques comprennent :

  • HypokaliĂ©mie ;

  • HypomagnĂ©sĂ©mie ; et

  • HyponatrĂ©mie.

Ils ne conviennent donc pas aux patients prĂ©sentant des troubles Ă©lectrolytiques prĂ©existants ou des antĂ©cĂ©dents d’hyponatrĂ©mie, sauf si le contexte clinique permet une correction et une surveillance rigoureuses. La kaliĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e, avec supplĂ©mentation si nĂ©cessaire. L’association d’un diurĂ©tique Ă  un bloqueur du SRAA ou, lorsque cela est appropriĂ©, Ă  un antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes peut contribuer Ă  prĂ©venir la dĂ©plĂ©tion potassique, bien que le document source ne fournisse pas de calendrier prĂ©cis de surveillance.

BĂȘtabloquants

Les bĂȘtabloquants doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre utilisĂ©s lorsqu’il existe une indication formelle. Celle-ci comprend :

  • Angor ;

  • Infarctus du myocarde antĂ©rieur ;

  • Trouble du rythme ;

  • Insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ;

  • Coronariopathie ; et

  • ContrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque.

Leur rĂŽle en monothĂ©rapie dans l’hypertension non compliquĂ©e, en particulier chez les sujets ĂągĂ©s, est peu documentĂ©. Lorsqu’un bĂȘtabloquant est choisi pour une hypertension rĂ©sistante en l’absence d’autre indication formelle, un mĂ©dicament vasodilatateur tel que le labĂ©talol, le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol est prĂ©fĂ©rable. Le bĂȘtabloquant peut ĂȘtre moins puissant que la spironolactone dans l’hypertension rĂ©sistante.

Le nĂ©bivolol est dĂ©crit comme un bĂȘtabloquant sĂ©lectif des rĂ©cepteurs bĂȘta1 possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s liĂ©es Ă  l’oxyde nitrique et pourrait Ă©viter certains effets mĂ©taboliques et sexuels indĂ©sirables associĂ©s aux bĂȘtabloquants plus anciens chez les sujets ĂągĂ©s.

Chez les patients atteints de cancer prĂ©sentant des signes d’augmentation du tonus sympathique, de stress ou de douleur, le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol peuvent ĂȘtre envisagĂ©s.

Antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes

La spironolactone est le mĂ©dicament de quatriĂšme ligne privilĂ©giĂ© lorsque la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous bloqueur du SRAA, inhibiteur calcique et diurĂ©tique. Elle est particuliĂšrement utile dans l’hypertension rĂ©sistante, l’insuffisance cardiaque et l’hyperaldostĂ©ronisme primaire.

L’éplĂ©rĂ©none constitue une alternative lorsque la spironolactone n’est pas tolĂ©rĂ©e. Elle est plus sĂ©lective et entraĂźne moins de gynĂ©comastie et de dysfonction sexuelle, mais rĂ©duit gĂ©nĂ©ralement moins efficacement la pression artĂ©rielle et peut nĂ©cessiter une administration biquotidienne en raison de sa durĂ©e d’action plus courte. Un traitement antihypertenseur efficace peut nĂ©cessiter des doses d’éplĂ©rĂ©none de 50–200 mg ; 25 mg n’a pas rĂ©duit la pression artĂ©rielle dans la mĂ©ta-analyse citĂ©e.

Les diurĂ©tiques Ă©pargneurs de potassium, notamment les antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes, sont utilisĂ©s de maniĂšre plus appropriĂ©e chez les patients dont le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© est >45 mL/min, car le risque d’hyperkaliĂ©mie augmente lorsque la fonction rĂ©nale est plus altĂ©rĂ©e.

Diurétiques épargneurs de potassium

L’amiloride et le triamtĂ©rĂšne sont surtout utiles en association avec un autre diurĂ©tique. Ils doivent ĂȘtre envisagĂ©s plus tard dans la stratĂ©gie thĂ©rapeutique, notamment aprĂšs Ă©valuation du schĂ©ma de trithĂ©rapie privilĂ©giĂ© et des stratĂ©gies faisant appel Ă  un antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes.

Alphabloquants et médicaments à action centrale

Les alphabloquants et les mĂ©dicaments Ă  action centrale tels que la clonidine et la guanfacine ne sont pas recommandĂ©s en premiĂšre ou deuxiĂšme ligne chez les sujets ĂągĂ©s. Ils sont rĂ©servĂ©s aux schĂ©mas d’association ultĂ©rieurs lorsque la pression artĂ©rielle reste insuffisamment contrĂŽlĂ©e malgrĂ© l’utilisation des mĂ©dicaments privilĂ©giĂ©s.

Vasodilatateurs directs

L’hydralazine est une option de ligne ultĂ©rieure dans l’hypertension rĂ©sistante. Le minoxidil doit ĂȘtre rĂ©servĂ© aux situations dans lesquelles les autres approches pharmacologiques se sont rĂ©vĂ©lĂ©es inefficaces en raison de l’importance de ses effets indĂ©sirables.

Prise en charge chez les sujets ùgés

Les diurĂ©tiques de type thiazidique et les inhibiteurs calciques constituent les principaux traitements initiaux chez les sujets ĂągĂ©s. Les inhibiteurs de l’ECA et les ARA II restent des traitements d’appoint efficaces, mais peuvent ĂȘtre moins performants en monothĂ©rapie initiale en raison d’un statut rĂ©nine plus faible.

L’intensitĂ© du traitement doit ĂȘtre individualisĂ©e. Les sujets ĂągĂ©s doivent ĂȘtre traitĂ©s jusqu’à un niveau tensionnel qu’ils peuvent tolĂ©rer tout en maintenant leurs capacitĂ©s fonctionnelles et en Ă©vitant les complications telles que les chutes. Les donnĂ©es concernant des objectifs systoliques trĂšs bas ne sont pas uniformes, en particulier chez les patients prĂ©sentant une rigiditĂ© artĂ©rielle marquĂ©e et une pression pulsĂ©e >90 mmHg.

La nifĂ©dipine Ă  libĂ©ration immĂ©diate, le vĂ©rapamil et le diltiazem doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s chez les sujets ĂągĂ©s prĂ©sentant une dysfonction ventriculaire gauche, tandis que les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence en prĂ©sence d’une maladie de conduction. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux Ă©lectrolytes et Ă  la fonction rĂ©nale lors de la prescription de diurĂ©tiques ou de bloqueurs du SRAA.

Hypertension associée au traitement anticancéreux

Le traitement anticancĂ©reux peut provoquer une hypertension par l’intermĂ©diaire de mĂ©dicaments tels que les inhibiteurs du facteur de croissance de l’endothĂ©lium vasculaire, les inhibiteurs plus rĂ©cents de la tyrosine kinase BCR-ABL, le brigatinib, l’ibrutinib, les fluoropyrimidines, le cisplatine, l’abiratĂ©rone, le bicalutamide et l’enzalutamide. Des mĂ©dicaments non anticancĂ©reux et des facteurs cliniques — notamment les corticoĂŻdes, les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens, la douleur, le stress, une consommation excessive d’alcool, l’insuffisance rĂ©nale, un syndrome d’apnĂ©es du sommeil non traitĂ©, l’obĂ©sitĂ© et la diminution de l’activitĂ© physique — peuvent Ă©galement y contribuer.

Avant d’interrompre le traitement anticancĂ©reux, ces causes potentiellement rĂ©versibles doivent ĂȘtre recherchĂ©es et corrigĂ©es dans la mesure du possible.

Les inhibiteurs de l’ECA ou les ARA II sont recommandĂ©s en premiĂšre intention dans ce contexte. Lorsque la pression artĂ©rielle systolique est ≄160 mmHg ou la pression artĂ©rielle diastolique est ≄100 mmHg, un traitement associant un inhibiteur de l’ECA ou un ARA II Ă  un inhibiteur calcique dihydropyridinique est recommandĂ© pour obtenir un contrĂŽle plus rapide.

L’hypertension sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par une pression artĂ©rielle systolique ≄180 mmHg ou une pression artĂ©rielle diastolique ≄110 mmHg, nĂ©cessite une Ă©valuation multidisciplinaire des risques concurrents liĂ©s au cancer et aux maladies cardiovasculaires. Le traitement anticancĂ©reux associĂ© Ă  l’hypertension doit ĂȘtre diffĂ©rĂ© ou temporairement interrompu jusqu’à ce que la pression artĂ©rielle soit <160/<100 mmHg. La reprise du traitement peut ensuite ĂȘtre envisagĂ©e, avec une Ă©ventuelle rĂ©duction de dose.

En cas d’hypertension rĂ©sistante liĂ©e au traitement anticancĂ©reux, les traitements possibles comprennent :

  • La spironolactone ;

  • Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s par voie orale ou transdermique ;

  • L’hydralazine ;

  • Le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol lorsque l’activation sympathique, le stress ou la douleur prĂ©dominent ; et

  • Les diurĂ©tiques, de prĂ©fĂ©rence la spironolactone, en prĂ©sence d’une rĂ©tention hydrique.

La pression artĂ©rielle, les Ă©lectrolytes et la fonction rĂ©nale doivent ĂȘtre surveillĂ©s lors de l’utilisation de diurĂ©tiques. Les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques et les objectifs doivent tenir compte du contexte oncologique et du pronostic.

Algorithme thérapeutique pratique

Étape du traitement StratĂ©gie privilĂ©giĂ©e
Traitement initial de la plupart des cas d’hypertension confirmĂ©e Association Ă  faible dose en comprimĂ© unique d’un inhibiteur de l’ECA ou d’un ARA II avec un inhibiteur calcique dihydropyridinique ou un diurĂ©tique thiazidique/apparentĂ© aux thiazidiques
MonothĂ©rapie initiale À envisager lorsque la pression artĂ©rielle est proche de l’objectif, ou chez les patients trĂšs ĂągĂ©s, fragiles ou prĂ©sentant par ailleurs une mauvaise tolĂ©rance prĂ©visible
Pression artérielle non contrÎlée sous deux médicaments Intensification vers un bloqueur du SRAA associé à un inhibiteur calcique dihydropyridinique et à un diurétique thiazidique/apparenté aux thiazidiques
Pression artĂ©rielle non contrĂŽlĂ©e sous trithĂ©rapie Ă  doses maximales tolĂ©rĂ©es Évaluer l’observance, rĂ©aliser un bilan spĂ©cialisĂ© et envisager la spironolactone
Spironolactone inefficace ou mal tolĂ©rĂ©e Envisager l’éplĂ©rĂ©none, un bĂȘtabloquant, puis des mĂ©dicaments Ă  action centrale, des alphabloquants, l’hydralazine ou des diurĂ©tiques Ă©pargneurs de potassium
Hypertension résistante réfractaire Minoxidil uniquement aprÚs échec des autres options pharmacologiques

Recommandations des sociétés savantes

Les principales recommandations sont les suivantes :

  • Les inhibiteurs de l’ECA, les ARA II, les inhibiteurs calciques dihydropyridiniques et les diurĂ©tiques thiazidiques ou apparentĂ©s aux thiazidiques sont recommandĂ©s en premiĂšre intention pour rĂ©duire la pression artĂ©rielle et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

  • Les bĂȘtabloquants doivent ĂȘtre associĂ©s Ă  d’autres grandes classes d’antihypertenseurs lorsqu’il existe une indication formelle, telle qu’un angor, un infarctus du myocarde antĂ©rieur, une insuffisance cardiaque Ă  fraction d’éjection rĂ©duite ou la nĂ©cessitĂ© d’un contrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque.

  • Une association thĂ©rapeutique est recommandĂ©e en traitement initial chez la plupart des patients prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, en particulier lorsque la pression artĂ©rielle est ≄140/90 mmHg.

  • Un traitement Ă  dose fixe en comprimĂ© unique est recommandĂ© lorsqu’une association thĂ©rapeutique est utilisĂ©e.

  • Si un schĂ©ma comportant deux mĂ©dicaments est insuffisant, il est recommandĂ© de passer Ă  un traitement associant un bloqueur du SRAA, un inhibiteur calcique dihydropyridinique et un diurĂ©tique thiazidique ou apparentĂ© aux thiazidiques.

  • La spironolactone doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous trithĂ©rapie.

  • L’éplĂ©rĂ©none ou d’autres mĂ©dicaments de lignes ultĂ©rieures doivent ĂȘtre envisagĂ©s lorsque la spironolactone est inefficace ou mal tolĂ©rĂ©e.

  • L’association inhibiteur de l’ECA–ARA II n’est pas recommandĂ©e.

  • L’horaire de prise doit ĂȘtre choisi afin de faciliter l’utilisation habituelle du traitement et l’observance.

Observance et suivi Ă  long terme

Le contrĂŽle de l’hypertension est principalement limitĂ© par une mauvaise observance, malgrĂ© la disponibilitĂ© de mĂ©dicaments efficaces, bien tolĂ©rĂ©s et peu coĂ»teux. Le faible fardeau symptomatique de l’hypertension contribue Ă  l’inertie thĂ©rapeutique. Le suivi Ă  long terme doit donc comporter une Ă©valuation du contrĂŽle tensionnel, de la tolĂ©rance, de l’observance, de la complexitĂ© du schĂ©ma thĂ©rapeutique, de l’accessibilitĂ© financiĂšre et de la nĂ©cessitĂ© d’une intensification progressive.

Une stratĂ©gie en comprimĂ© unique, un horaire de prise pratique et l’utilisation de mĂ©dicaments complĂ©mentaires Ă  des doses tolĂ©rables constituent des approches pratiques essentielles. Chez les sujets ĂągĂ©s, le suivi doit Ă©galement prendre en compte les symptĂŽmes orthostatiques, les chutes, les anomalies Ă©lectrolytiques, la fonction rĂ©nale, l’hydratation et la prĂ©servation des capacitĂ©s fonctionnelles quotidiennes. Chez les patients diabĂ©tiques, l’automesure de la pression artĂ©rielle Ă  domicile est recommandĂ©e quel que soit le schĂ©ma antihypertenseur.

Le document source ne fournit pas d’intervalle prĂ©cis de suivi, de calendrier biologique ou de calendrier d’ajustement des doses, au-delĂ  des considĂ©rations posologiques relatives Ă  l’éplĂ©rĂ©none.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026