Définition et justification thérapeutique
Lâhypertension artĂ©rielle constitue un facteur de risque majeur de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse et contribue aux complications microvasculaires et macrovasculaires. Elle est souvent cliniquement silencieuse, ce qui favorise lâinertie tant du patient que du clinicien et contribue Ă un contrĂŽle insuffisant Ă long terme.
Lâobjectif thĂ©rapeutique est une rĂ©duction individualisĂ©e de la pression artĂ©rielle, suffisante pour diminuer le risque cardiovasculaire tout en prĂ©servant la tolĂ©rance et les capacitĂ©s fonctionnelles quotidiennes. Les dĂ©cisions doivent intĂ©grer le niveau de pression artĂ©rielle confirmĂ©, le risque cardiovasculaire absolu, les comorbiditĂ©s, la fragilitĂ©, le bĂ©nĂ©fice thĂ©rapeutique attendu et les prĂ©fĂ©rences du patient.
Le document source dĂ©crit lâhypertension en utilisant des seuils diffĂ©rents selon les recommandations internationales. Un cadre dĂ©finit lâhypertension confirmĂ©e par une pression artĂ©rielle constamment supĂ©rieure Ă 130/80 mmHg lors de plus de deux mesures rĂ©alisĂ©es Ă des moments distincts, tandis que les recommandations europĂ©ennes concernant le traitement initial par association se rĂ©fĂšrent principalement Ă une pression artĂ©rielle confirmĂ©e â„140/90 mmHg. Les objectifs tensionnels doivent donc ĂȘtre individualisĂ©s dans le cadre des recommandations applicables.
Lâassociation thĂ©rapeutique repose sur la complĂ©mentaritĂ© des mĂ©canismes dâaction de mĂ©dicaments appartenant Ă des classes diffĂ©rentes. En agissant sur plusieurs voies physiopathologiques, les associations rĂ©duisent gĂ©nĂ©ralement la pression artĂ©rielle plus efficacement que la simple augmentation de la dose dâun mĂ©dicament unique. Elles peuvent Ă©galement permettre dâutiliser des doses plus faibles de chaque composant, ce qui pourrait limiter les effets indĂ©sirables et favoriser lâobservance. La rĂ©ponse au traitement est toutefois hĂ©tĂ©rogĂšne, et certains patients peuvent tirer bĂ©nĂ©fice dâune sĂ©lection plus individualisĂ©e du traitement.
Quand instaurer un traitement pharmacologique
Les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques constituent un Ă©lĂ©ment essentiel de la prise en charge. Chez les adultes prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, une prise en charge non pharmacologique doit ĂȘtre activement mise en Ćuvre. Les adultes ayant une pression artĂ©rielle â„140/90 mmHg doivent recevoir Ă la fois des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et un traitement antihypertenseur. En cas dâhypertension de grade 1, le traitement pharmacologique a dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire, mais chez les sujets jeunes prĂ©sentant un faible risque Ă court terme, le bĂ©nĂ©fice au cours de la vie doit ĂȘtre pris en compte et discutĂ©.
Lorsque la pression artĂ©rielle est supĂ©rieure de plus de 20/10 mmHg Ă lâobjectif thĂ©rapeutique, les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et le traitement pharmacologique doivent ĂȘtre instaurĂ©s simultanĂ©ment. Chez les patients prĂ©sentant une indication confirmĂ©e de traitement mais une pression artĂ©rielle comprise entre 120â139/70â89 mmHg, les indications concomitantes et le risque cardiovasculaire global dĂ©terminent sâil convient dâajouter un traitement mĂ©dicamenteux aux mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques.
Une monothĂ©rapie initiale peut ĂȘtre appropriĂ©e lorsque la pression artĂ©rielle est proche de lâobjectif et quâil est probable quâun seul mĂ©dicament permette de lâatteindre. Elle peut Ă©galement ĂȘtre prĂ©fĂ©rable chez les patients ĂągĂ©s de â„85 ans, ceux prĂ©sentant une hypotension orthostatique symptomatique, une fragilitĂ© modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre, ou chez les patients trĂšs ĂągĂ©s ou fragiles susceptibles de ne pas tolĂ©rer une diminution rapide de la pression artĂ©rielle.
Traitement initial par association
Stratégie générale
Chez la plupart des adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, un traitement initial par deux mĂ©dicaments est recommandĂ©. Les recommandations europĂ©ennes attribuent Ă cette stratĂ©gie une recommandation de classe I avec un niveau de preuve B chez les patients ayant une pression artĂ©rielle â„140/90 mmHg, avec des exceptions importantes en cas dâĂąge avancĂ©, de fragilitĂ©, de symptĂŽmes orthostatiques et de pression artĂ©rielle proche de lâobjectif.
Une association Ă faible dose entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une rĂ©duction de la pression artĂ©rielle plus rapide et plus constante quâune monothĂ©rapie. Elle peut Ă©galement rĂ©duire lâinertie thĂ©rapeutique, situation dans laquelle les patients restent pendant de longues pĂ©riodes sous une monothĂ©rapie insuffisante. Les donnĂ©es Ă©tayent une amĂ©lioration du contrĂŽle tensionnel et de lâobservance, bien que les essais prospectifs sur les critĂšres cliniques nâaient pas Ă©tabli directement que lâassociation initiale soit supĂ©rieure Ă la monothĂ©rapie initiale chez tous les patients prĂ©sentant une hypertension isolĂ©e.
Associations en comprimé unique
Les associations Ă doses fixes en comprimĂ© unique sont Ă privilĂ©gier chaque fois quâun traitement par association est utilisĂ©. Le nombre de comprimĂ©s prescrits est directement liĂ© Ă lâobservance, et la simplification du schĂ©ma thĂ©rapeutique peut amĂ©liorer la persistance et le contrĂŽle tensionnel. Le traitement doit ĂȘtre pris au moment de la journĂ©e le plus pratique pour le patient, afin de crĂ©er une habitude rĂ©guliĂšre.
Le coĂ»t, les exigences de surveillance, la sĂ©lectivitĂ© pharmacologique et la tolĂ©rance doivent Ă©galement influencer le choix de la prĂ©paration. Des alternatives moins coĂ»teuses peuvent ĂȘtre importantes lorsque le prix du traitement menace lâobservance.
Associations préférentielles de deux médicaments
Les principales classes de premiĂšre intention sont les suivantes :
Inhibiteurs de lâECA
Antagonistes des rĂ©cepteurs de lâangiotensine II
Inhibiteurs calciques dihydropyridiniques
Diurétiques thiazidiques ou apparentés aux thiazidiques
Chez la plupart des patients, lâassociation initiale prĂ©fĂ©rentielle est :
Un inhibiteur de lâECA ou un ARA II associĂ© Ă un inhibiteur calcique dihydropyridinique, ou
Un inhibiteur de lâECA ou un ARA II associĂ© Ă un diurĂ©tique thiazidique ou apparentĂ© aux thiazidiques
Le document source identifie Ă©galement les bĂȘtabloquants comme une classe majeure apportant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire, mais recommande de les utiliser principalement lorsquâune indication spĂ©cifique est prĂ©sente plutĂŽt que comme traitement initial systĂ©matique de lâhypertension non compliquĂ©e.
Traitement par trois médicaments
Si la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous deux mĂ©dicaments, le traitement doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre intensifiĂ© en passant Ă un schĂ©ma comportant trois mĂ©dicaments :
Un bloqueur du SRAA â soit un inhibiteur de lâECA, soit un ARA II ;
Un inhibiteur calcique dihydropyridinique ; et
Un diurétique thiazidique ou apparenté aux thiazidiques.
Une formulation en comprimĂ© unique est prĂ©fĂ©rable lorsquâelle est disponible.
Hypertension résistante
La persistance dâune pression artĂ©rielle non contrĂŽlĂ©e malgrĂ© une trithĂ©rapie Ă doses maximales tolĂ©rĂ©es doit conduire Ă vĂ©rifier lâobservance et Ă orienter le patient vers une Ă©valuation spĂ©cialisĂ©e ainsi que vers un bilan appropriĂ©. La spironolactone doit ĂȘtre envisagĂ©e comme Ă©tape pharmacologique suivante.
Si la spironolactone est inefficace ou mal tolérée, les options comprennent :
LâĂ©plĂ©rĂ©none ;
Un bĂȘtabloquant, en lâabsence dâindication formelle dĂ©jĂ prĂ©sente ;
Un antihypertenseur Ă action centrale ;
Un alphabloquant ;
Lâhydralazine ; ou
Un diurétique épargneur de potassium.
Ces derniers mĂ©dicaments doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre rĂ©servĂ©s aux lignes thĂ©rapeutiques ultĂ©rieures. Le minoxidil nâest envisagĂ© quâen cas dâĂ©chec des autres options pharmacologiques en raison de ses nombreux effets indĂ©sirables.
Choix du médicament selon la classe
Bloqueurs du systĂšme rĂ©nineâangiotensineâaldostĂ©rone
Les inhibiteurs de lâECA et les ARA II sont des traitements majeurs de premiĂšre intention et sont particuliĂšrement utiles lorsque le traitement nĂ©cessite une association. Ils sont associĂ©s Ă un bĂ©nĂ©fice chez les patients ayant un infarctus du myocarde, une altĂ©ration de la fonction systolique, une insuffisance cardiaque, une nĂ©phropathie diabĂ©tique ou une nĂ©phrosclĂ©rose hypertensive.
Les traitements Ă base dâinhibiteur de lâECA ou dâARA II sont Ă©galement mis en avant chez les patients recevant un traitement anticancĂ©reux et dĂ©veloppant une hypertension, notamment parce que lâhypertension non contrĂŽlĂ©e constitue un facteur de risque dâinsuffisance cardiaque au cours des traitements par anthracyclines, ibrutinib et inhibiteurs du facteur de croissance de lâendothĂ©lium vasculaire.
Un inhibiteur de lâECA et un ARA II ne doivent pas ĂȘtre associĂ©s. Le double blocage du SRAA nâamĂ©liore pas le pronostic et augmente les effets dĂ©lĂ©tĂšres ; il sâagit dâune recommandation de classe III avec un niveau de preuve A.
Chez les sujets ĂągĂ©s, le blocage du SRAA peut ĂȘtre moins efficace comme traitement initial de la pression artĂ©rielle, car lâactivitĂ© rĂ©nine tend Ă ĂȘtre plus faible. Ces mĂ©dicaments restent nĂ©anmoins des traitements dâappoint utiles et peuvent assurer une protection cardiovasculaire et rĂ©nale importante. Les patients ĂągĂ©s, en particulier ceux de plus de 70 ans, peuvent ĂȘtre exposĂ©s Ă une altĂ©ration de la fonction rĂ©nale sous blocage du SRAA lorsque les apports hydriques sont faibles ; une hydratation adĂ©quate et une surveillance rĂ©nale constituent donc des mesures pratiques importantes.
Inhibiteurs calciques
Les inhibiteurs calciques dihydropyridiniques sont recommandés en premiÚre intention et conviennent particuliÚrement aux sujets ùgés présentant une dysfonction artérielle et une diminution de la compliance artérielle. Leurs principaux effets indésirables sont liés à la vasodilatation et comprennent :
ĆdĂšmes des chevilles ;
Céphalées ; et
Hypotension orthostatique.
Les ĆdĂšmes des chevilles associĂ©s aux inhibiteurs calciques sont principalement attribuĂ©s Ă une vasodilatation importante et Ă une diminution du retour veineux plutĂŽt quâĂ une rĂ©tention sodĂ©e.
Les prĂ©parations Ă libĂ©ration immĂ©diate telles que la nifĂ©dipine doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©es chez les patients prĂ©sentant une dysfonction ventriculaire gauche. Les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques, notamment le vĂ©rapamil et le diltiazem, peuvent provoquer un bloc cardiaque chez les sujets ĂągĂ©s prĂ©sentant une maladie de conduction prĂ©existante et doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence dans ce contexte.
Chez certains patients atteints de cancer qui ne tolĂšrent pas plusieurs autres antihypertenseurs, le diltiazem ou le vĂ©rapamil peuvent ĂȘtre envisagĂ©s, en prĂȘtant une attention particuliĂšre aux interactions mĂ©dicamenteuses.
Diurétiques thiazidiques et apparentés aux thiazidiques
Les diurĂ©tiques de type thiazidique comprennent lâhydrochlorothiazide, la chlortalidone, lâindapamide et le bendroflumĂ©thiazide. Ils sont recommandĂ©s en premiĂšre intention et sont particuliĂšrement efficaces chez les sujets ĂągĂ©s.
Leurs effets initiaux comprennent une réduction de la volémie intravasculaire, des résistances vasculaires périphériques et de la pression artérielle. Ils sont généralement bien tolérés et peu coûteux. Les principales complications électrolytiques comprennent :
Hypokaliémie ;
Hypomagnésémie ; et
Hyponatrémie.
Ils ne conviennent donc pas aux patients prĂ©sentant des troubles Ă©lectrolytiques prĂ©existants ou des antĂ©cĂ©dents dâhyponatrĂ©mie, sauf si le contexte clinique permet une correction et une surveillance rigoureuses. La kaliĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e, avec supplĂ©mentation si nĂ©cessaire. Lâassociation dâun diurĂ©tique Ă un bloqueur du SRAA ou, lorsque cela est appropriĂ©, Ă un antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes peut contribuer Ă prĂ©venir la dĂ©plĂ©tion potassique, bien que le document source ne fournisse pas de calendrier prĂ©cis de surveillance.
BĂȘtabloquants
Les bĂȘtabloquants doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre utilisĂ©s lorsquâil existe une indication formelle. Celle-ci comprend :
Angor ;
Infarctus du myocarde antérieur ;
Trouble du rythme ;
Insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ;
Coronariopathie ; et
ContrÎle de la fréquence cardiaque.
Leur rĂŽle en monothĂ©rapie dans lâhypertension non compliquĂ©e, en particulier chez les sujets ĂągĂ©s, est peu documentĂ©. Lorsquâun bĂȘtabloquant est choisi pour une hypertension rĂ©sistante en lâabsence dâautre indication formelle, un mĂ©dicament vasodilatateur tel que le labĂ©talol, le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol est prĂ©fĂ©rable. Le bĂȘtabloquant peut ĂȘtre moins puissant que la spironolactone dans lâhypertension rĂ©sistante.
Le nĂ©bivolol est dĂ©crit comme un bĂȘtabloquant sĂ©lectif des rĂ©cepteurs bĂȘta1 possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s liĂ©es Ă lâoxyde nitrique et pourrait Ă©viter certains effets mĂ©taboliques et sexuels indĂ©sirables associĂ©s aux bĂȘtabloquants plus anciens chez les sujets ĂągĂ©s.
Chez les patients atteints de cancer prĂ©sentant des signes dâaugmentation du tonus sympathique, de stress ou de douleur, le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol peuvent ĂȘtre envisagĂ©s.
Antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes
La spironolactone est le mĂ©dicament de quatriĂšme ligne privilĂ©giĂ© lorsque la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous bloqueur du SRAA, inhibiteur calcique et diurĂ©tique. Elle est particuliĂšrement utile dans lâhypertension rĂ©sistante, lâinsuffisance cardiaque et lâhyperaldostĂ©ronisme primaire.
LâĂ©plĂ©rĂ©none constitue une alternative lorsque la spironolactone nâest pas tolĂ©rĂ©e. Elle est plus sĂ©lective et entraĂźne moins de gynĂ©comastie et de dysfonction sexuelle, mais rĂ©duit gĂ©nĂ©ralement moins efficacement la pression artĂ©rielle et peut nĂ©cessiter une administration biquotidienne en raison de sa durĂ©e dâaction plus courte. Un traitement antihypertenseur efficace peut nĂ©cessiter des doses dâĂ©plĂ©rĂ©none de 50â200 mg ; 25 mg nâa pas rĂ©duit la pression artĂ©rielle dans la mĂ©ta-analyse citĂ©e.
Les diurĂ©tiques Ă©pargneurs de potassium, notamment les antagonistes des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes, sont utilisĂ©s de maniĂšre plus appropriĂ©e chez les patients dont le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© est >45 mL/min, car le risque dâhyperkaliĂ©mie augmente lorsque la fonction rĂ©nale est plus altĂ©rĂ©e.
Diurétiques épargneurs de potassium
Lâamiloride et le triamtĂ©rĂšne sont surtout utiles en association avec un autre diurĂ©tique. Ils doivent ĂȘtre envisagĂ©s plus tard dans la stratĂ©gie thĂ©rapeutique, notamment aprĂšs Ă©valuation du schĂ©ma de trithĂ©rapie privilĂ©giĂ© et des stratĂ©gies faisant appel Ă un antagoniste des rĂ©cepteurs des minĂ©ralocorticoĂŻdes.
Alphabloquants et médicaments à action centrale
Les alphabloquants et les mĂ©dicaments Ă action centrale tels que la clonidine et la guanfacine ne sont pas recommandĂ©s en premiĂšre ou deuxiĂšme ligne chez les sujets ĂągĂ©s. Ils sont rĂ©servĂ©s aux schĂ©mas dâassociation ultĂ©rieurs lorsque la pression artĂ©rielle reste insuffisamment contrĂŽlĂ©e malgrĂ© lâutilisation des mĂ©dicaments privilĂ©giĂ©s.
Vasodilatateurs directs
Lâhydralazine est une option de ligne ultĂ©rieure dans lâhypertension rĂ©sistante. Le minoxidil doit ĂȘtre rĂ©servĂ© aux situations dans lesquelles les autres approches pharmacologiques se sont rĂ©vĂ©lĂ©es inefficaces en raison de lâimportance de ses effets indĂ©sirables.
Prise en charge chez les sujets ùgés
Les diurĂ©tiques de type thiazidique et les inhibiteurs calciques constituent les principaux traitements initiaux chez les sujets ĂągĂ©s. Les inhibiteurs de lâECA et les ARA II restent des traitements dâappoint efficaces, mais peuvent ĂȘtre moins performants en monothĂ©rapie initiale en raison dâun statut rĂ©nine plus faible.
LâintensitĂ© du traitement doit ĂȘtre individualisĂ©e. Les sujets ĂągĂ©s doivent ĂȘtre traitĂ©s jusquâĂ un niveau tensionnel quâils peuvent tolĂ©rer tout en maintenant leurs capacitĂ©s fonctionnelles et en Ă©vitant les complications telles que les chutes. Les donnĂ©es concernant des objectifs systoliques trĂšs bas ne sont pas uniformes, en particulier chez les patients prĂ©sentant une rigiditĂ© artĂ©rielle marquĂ©e et une pression pulsĂ©e >90 mmHg.
La nifĂ©dipine Ă libĂ©ration immĂ©diate, le vĂ©rapamil et le diltiazem doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©s chez les sujets ĂągĂ©s prĂ©sentant une dysfonction ventriculaire gauche, tandis que les inhibiteurs calciques non dihydropyridiniques doivent ĂȘtre utilisĂ©s avec prudence en prĂ©sence dâune maladie de conduction. Une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e aux Ă©lectrolytes et Ă la fonction rĂ©nale lors de la prescription de diurĂ©tiques ou de bloqueurs du SRAA.
Hypertension associée au traitement anticancéreux
Le traitement anticancĂ©reux peut provoquer une hypertension par lâintermĂ©diaire de mĂ©dicaments tels que les inhibiteurs du facteur de croissance de lâendothĂ©lium vasculaire, les inhibiteurs plus rĂ©cents de la tyrosine kinase BCR-ABL, le brigatinib, lâibrutinib, les fluoropyrimidines, le cisplatine, lâabiratĂ©rone, le bicalutamide et lâenzalutamide. Des mĂ©dicaments non anticancĂ©reux et des facteurs cliniques â notamment les corticoĂŻdes, les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens, la douleur, le stress, une consommation excessive dâalcool, lâinsuffisance rĂ©nale, un syndrome dâapnĂ©es du sommeil non traitĂ©, lâobĂ©sitĂ© et la diminution de lâactivitĂ© physique â peuvent Ă©galement y contribuer.
Avant dâinterrompre le traitement anticancĂ©reux, ces causes potentiellement rĂ©versibles doivent ĂȘtre recherchĂ©es et corrigĂ©es dans la mesure du possible.
Les inhibiteurs de lâECA ou les ARA II sont recommandĂ©s en premiĂšre intention dans ce contexte. Lorsque la pression artĂ©rielle systolique est â„160 mmHg ou la pression artĂ©rielle diastolique est â„100 mmHg, un traitement associant un inhibiteur de lâECA ou un ARA II Ă un inhibiteur calcique dihydropyridinique est recommandĂ© pour obtenir un contrĂŽle plus rapide.
Lâhypertension sĂ©vĂšre, dĂ©finie dans le document source par une pression artĂ©rielle systolique â„180 mmHg ou une pression artĂ©rielle diastolique â„110 mmHg, nĂ©cessite une Ă©valuation multidisciplinaire des risques concurrents liĂ©s au cancer et aux maladies cardiovasculaires. Le traitement anticancĂ©reux associĂ© Ă lâhypertension doit ĂȘtre diffĂ©rĂ© ou temporairement interrompu jusquâĂ ce que la pression artĂ©rielle soit <160/<100 mmHg. La reprise du traitement peut ensuite ĂȘtre envisagĂ©e, avec une Ă©ventuelle rĂ©duction de dose.
En cas dâhypertension rĂ©sistante liĂ©e au traitement anticancĂ©reux, les traitements possibles comprennent :
La spironolactone ;
Les dérivés nitrés par voie orale ou transdermique ;
Lâhydralazine ;
Le carvĂ©dilol ou le nĂ©bivolol lorsque lâactivation sympathique, le stress ou la douleur prĂ©dominent ; et
Les diurĂ©tiques, de prĂ©fĂ©rence la spironolactone, en prĂ©sence dâune rĂ©tention hydrique.
La pression artĂ©rielle, les Ă©lectrolytes et la fonction rĂ©nale doivent ĂȘtre surveillĂ©s lors de lâutilisation de diurĂ©tiques. Les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques et les objectifs doivent tenir compte du contexte oncologique et du pronostic.
Algorithme thérapeutique pratique
| Ătape du traitement | StratĂ©gie privilĂ©giĂ©e |
|---|---|
| Traitement initial de la plupart des cas dâhypertension confirmĂ©e | Association Ă faible dose en comprimĂ© unique dâun inhibiteur de lâECA ou dâun ARA II avec un inhibiteur calcique dihydropyridinique ou un diurĂ©tique thiazidique/apparentĂ© aux thiazidiques |
| MonothĂ©rapie initiale | Ă envisager lorsque la pression artĂ©rielle est proche de lâobjectif, ou chez les patients trĂšs ĂągĂ©s, fragiles ou prĂ©sentant par ailleurs une mauvaise tolĂ©rance prĂ©visible |
| Pression artérielle non contrÎlée sous deux médicaments | Intensification vers un bloqueur du SRAA associé à un inhibiteur calcique dihydropyridinique et à un diurétique thiazidique/apparenté aux thiazidiques |
| Pression artĂ©rielle non contrĂŽlĂ©e sous trithĂ©rapie Ă doses maximales tolĂ©rĂ©es | Ăvaluer lâobservance, rĂ©aliser un bilan spĂ©cialisĂ© et envisager la spironolactone |
| Spironolactone inefficace ou mal tolĂ©rĂ©e | Envisager lâĂ©plĂ©rĂ©none, un bĂȘtabloquant, puis des mĂ©dicaments Ă action centrale, des alphabloquants, lâhydralazine ou des diurĂ©tiques Ă©pargneurs de potassium |
| Hypertension résistante réfractaire | Minoxidil uniquement aprÚs échec des autres options pharmacologiques |
Recommandations des sociétés savantes
Les principales recommandations sont les suivantes :
Les inhibiteurs de lâECA, les ARA II, les inhibiteurs calciques dihydropyridiniques et les diurĂ©tiques thiazidiques ou apparentĂ©s aux thiazidiques sont recommandĂ©s en premiĂšre intention pour rĂ©duire la pression artĂ©rielle et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.
Les bĂȘtabloquants doivent ĂȘtre associĂ©s Ă dâautres grandes classes dâantihypertenseurs lorsquâil existe une indication formelle, telle quâun angor, un infarctus du myocarde antĂ©rieur, une insuffisance cardiaque Ă fraction dâĂ©jection rĂ©duite ou la nĂ©cessitĂ© dâun contrĂŽle de la frĂ©quence cardiaque.
Une association thĂ©rapeutique est recommandĂ©e en traitement initial chez la plupart des patients prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, en particulier lorsque la pression artĂ©rielle est â„140/90 mmHg.
Un traitement Ă dose fixe en comprimĂ© unique est recommandĂ© lorsquâune association thĂ©rapeutique est utilisĂ©e.
Si un schéma comportant deux médicaments est insuffisant, il est recommandé de passer à un traitement associant un bloqueur du SRAA, un inhibiteur calcique dihydropyridinique et un diurétique thiazidique ou apparenté aux thiazidiques.
La spironolactone doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque la pression artĂ©rielle reste non contrĂŽlĂ©e sous trithĂ©rapie.
LâĂ©plĂ©rĂ©none ou dâautres mĂ©dicaments de lignes ultĂ©rieures doivent ĂȘtre envisagĂ©s lorsque la spironolactone est inefficace ou mal tolĂ©rĂ©e.
Lâassociation inhibiteur de lâECAâARA II nâest pas recommandĂ©e.
Lâhoraire de prise doit ĂȘtre choisi afin de faciliter lâutilisation habituelle du traitement et lâobservance.
Observance et suivi Ă long terme
Le contrĂŽle de lâhypertension est principalement limitĂ© par une mauvaise observance, malgrĂ© la disponibilitĂ© de mĂ©dicaments efficaces, bien tolĂ©rĂ©s et peu coĂ»teux. Le faible fardeau symptomatique de lâhypertension contribue Ă lâinertie thĂ©rapeutique. Le suivi Ă long terme doit donc comporter une Ă©valuation du contrĂŽle tensionnel, de la tolĂ©rance, de lâobservance, de la complexitĂ© du schĂ©ma thĂ©rapeutique, de lâaccessibilitĂ© financiĂšre et de la nĂ©cessitĂ© dâune intensification progressive.
Une stratĂ©gie en comprimĂ© unique, un horaire de prise pratique et lâutilisation de mĂ©dicaments complĂ©mentaires Ă des doses tolĂ©rables constituent des approches pratiques essentielles. Chez les sujets ĂągĂ©s, le suivi doit Ă©galement prendre en compte les symptĂŽmes orthostatiques, les chutes, les anomalies Ă©lectrolytiques, la fonction rĂ©nale, lâhydratation et la prĂ©servation des capacitĂ©s fonctionnelles quotidiennes. Chez les patients diabĂ©tiques, lâautomesure de la pression artĂ©rielle Ă domicile est recommandĂ©e quel que soit le schĂ©ma antihypertenseur.
Le document source ne fournit pas dâintervalle prĂ©cis de suivi, de calendrier biologique ou de calendrier dâajustement des doses, au-delĂ des considĂ©rations posologiques relatives Ă lâĂ©plĂ©rĂ©none.