Définition et physiopathologie
La hypertension secondaire est une Ă©lĂ©vation de la pression artĂ©rielle imputable Ă une cause sous-jacente spĂ©cifique et identifiable. Elle doit ĂȘtre envisagĂ©e chez tout patient prĂ©sentant une hypertension nouvellement diagnostiquĂ©e ou adressĂ© pour hypertension, avec une vigilance particuliĂšre lorsque lâanamnĂšse fait Ă©tat dâune hypokaliĂ©mie.
Les maladies endocriniennes sont Ă lâorigine de nombreuses formes secondaires. LâhyperaldostĂ©ronisme primaire est considĂ©rĂ© comme la cause la plus frĂ©quente, reprĂ©sentant environ 20â25 % des cas dâhypertension secondaire. La coarctation de lâaorte et la maladie rĂ©novasculaire sont dâimportantes causes non endocriniennes, notamment chez les patients prĂ©sentant une hypertension rĂ©sistante. Les anomalies des apports alimentaires en sodium et en potassium ainsi que les mĂ©dicaments couramment disponibles sans ordonnance peuvent Ă©galement contribuer Ă une rĂ©sistance apparente au traitement.
Le diagnostic est important sur le plan clinique, car lâhypertension secondaire peut ĂȘtre curable lorsque sa cause est clairement Ă©tablie et supprimĂ©e. La guĂ©rison nâest toutefois pas universelle. Un diagnostic tardif peut permettre lâapparition dâun remodelage vasculaire et dâune atteinte rĂ©nale, laissant persister lâhypertension malgrĂ© la correction du trouble initial. Un diagnostic plus prĂ©coce est associĂ© Ă une probabilitĂ© de guĂ©rison accrue.
Quand explorer
Indications générales
Les patients prĂ©sentant des signes, des symptĂŽmes ou des antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux Ă©vocateurs doivent bĂ©nĂ©ficier dâun dĂ©pistage appropriĂ© dâune hypertension secondaire. LâĂ©valuation clinique initiale doit Ă©tablir :
La prĂ©sence rĂ©elle ou non dâune hypertension
Les facteurs susceptibles de contribuer Ă lâĂ©lĂ©vation de la pression artĂ©rielle
Les autres facteurs de risque cardiovasculaire et les comorbidités pertinentes
Lâexistence dâune atteinte dâorgane mĂ©diĂ©e par lâhypertension
La prĂ©sence dâune maladie cardiaque, cĂ©rĂ©brovasculaire ou rĂ©nale
La possibilitĂ© dâune cause secondaire
LâanamnĂšse mĂ©dicale et mĂ©dicamenteuse doit rechercher spĂ©cifiquement les mĂ©dicaments ou substances susceptibles dâaugmenter la pression artĂ©rielle. Le document source ne fournit pas une liste exhaustive de ces agents.
Hypertension résistante
Lâhypertension rĂ©sistante nâest pas considĂ©rĂ©e comme une maladie distincte ; elle constitue plutĂŽt un indicateur dâun risque cardiovasculaire accru et une situation dans laquelle lâhypertension secondaire est relativement frĂ©quente. Les patients chez lesquels une hypertension rĂ©sistante est prĂ©sumĂ©e doivent faire lâobjet dâune Ă©valuation structurĂ©e et ĂȘtre adressĂ©s Ă un centre spĂ©cialisĂ©, car le bilan peut nĂ©cessiter une expertise et des technologies indisponibles en soins primaires.
Avant dâexplorer les causes secondaires, une pseudorĂ©sistance doit ĂȘtre exclue. Cela comprend :
Une mauvaise observance du traitement antihypertenseur
Une hypertension de blouse blanche
Dâautres facteurs contribuant Ă une pression artĂ©rielle apparemment non contrĂŽlĂ©e
Lâobservance doit dâabord ĂȘtre Ă©valuĂ©e avec soin par un interrogatoire direct. Lorsque les ressources le permettent, une Ă©valuation objective peut comprendre lâadministration du traitement sous observation directe ou la dĂ©tection des mĂ©dicaments prescrits dans des Ă©chantillons sanguins ou urinaires.
Chez les patients dont le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© est infĂ©rieur Ă 30 mL/min/1.73 m2, un diurĂ©tique de lâanse dont la dose a Ă©tĂ© correctement augmentĂ©e est nĂ©cessaire avant de pouvoir dĂ©finir une hypertension rĂ©sistante. Le cadre des recommandations nâemploie pas les termes « hypertension rĂ©sistante contrĂŽlĂ©e » pour une pression artĂ©rielle Ă la cible sous quatre mĂ©dicaments ou plus, ni « hypertension rĂ©fractaire » pour une pression artĂ©rielle au-dessus de la cible malgrĂ© cinq mĂ©dicaments ou plus.
DĂ©pistage de lâhyperaldostĂ©ronisme primaire
Un dĂ©pistage de lâhyperaldostĂ©ronisme primaire par dosage de la rĂ©nine et de lâaldostĂ©rone doit ĂȘtre envisagĂ© chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, dĂ©finie dans la recommandation citĂ©e comme une pression artĂ©rielle â„140/90 mmHg. Le dĂ©pistage est particuliĂšrement pertinent en prĂ©sence dâune hypokaliĂ©mie ou dâune rĂ©sistance au traitement.
Une hypokaliĂ©mie ne doit pas ĂȘtre tolĂ©rĂ©e lors de lâĂ©valuation des apports alimentaires en Ă©lectrolytes, car elle peut augmenter la pression artĂ©rielle et modifier lâinterprĂ©tation du tableau clinique. Un recueil urinaire des Ă©lectrolytes sur 24 heures peut ĂȘtre utilisĂ© pour quantifier les apports en sodium et en potassium, de prĂ©fĂ©rence alors que le patient reçoit une dose stable de diurĂ©tique.
Autres contextes cliniques
Les causes secondaires doivent ĂȘtre recherchĂ©es lorsque des anomalies sont identifiĂ©es lors des examens initiaux ou lorsque certains symptĂŽmes ou signes physiques Ă©voquent un diagnostic particulier. Les patients qui restent rĂ©sistants au traitement au cours du suivi prĂ©sentent des taux plus Ă©levĂ©s de causes secondaires, en particulier :
Le syndrome dâapnĂ©es obstructives du sommeil
LâhyperaldostĂ©ronisme
La maladie rénovasculaire
Les causes plus rares doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es dans des centres spĂ©cialisĂ©s dans lâhypertension.
Ăvaluation clinique et examen physique
LâĂ©valuation clinique vise plus largement quâĂ identifier une cause dâhypertension artĂ©rielle. Elle doit Ă©galement dĂ©terminer le risque cardiovasculaire, les comorbiditĂ©s, lâatteinte des organes cibles et lâexistence dâune maladie cardiaque, cĂ©rĂ©brovasculaire ou rĂ©nale avĂ©rĂ©e.
Les symptĂŽmes et les signes retrouvĂ©s Ă lâexamen physique qui Ă©voquent une cause secondaire doivent conduire Ă des explorations ciblĂ©es. Le matĂ©riel fourni ne propose pas de protocole dĂ©taillĂ© dâexamen physique, symptĂŽme par symptĂŽme, ni les signes physiques spĂ©cifiques associĂ©s Ă chaque maladie hypertensive secondaire.
La mesure de la pression artĂ©rielle doit tenir compte de la possibilitĂ© dâune hypertension de blouse blanche et, lorsque cela est pertinent, ĂȘtre confirmĂ©e en dehors du cabinet. Chez les patients diabĂ©tiques, la pression artĂ©rielle doit ĂȘtre mesurĂ©e rĂ©guliĂšrement dans des conditions standardisĂ©es et confirmĂ©e aux deux bras au moyen de plusieurs mesures rĂ©alisĂ©es Ă des jours diffĂ©rents. Chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire et prĂ©sentant une pression artĂ©rielle >180/110 mmHg, le diagnostic en une seule consultation peut ĂȘtre raisonnable.
Stratégie diagnostique initiale
Une démarche pratique comprend quatre étapes :
Confirmer que lâhypertension est persistante et non liĂ©e Ă un phĂ©nomĂšne de mesure.
Identifier une pseudorĂ©sistance, en particulier la non-observance et lâhypertension de blouse blanche.
RĂ©aliser une Ă©valuation biologique et cardiovasculaire de routine Ă la recherche dâune atteinte des organes cibles, de comorbiditĂ©s et dâarguments en faveur dâune maladie secondaire.
Effectuer des explorations ciblées en fonction de la présentation clinique, des anomalies initiales ou de la résistance au traitement.
Explorations biologiques de routine
LâĂ©valuation biologique initiale minimale vise Ă dĂ©tecter une atteinte des organes cibles, Ă identifier les comorbiditĂ©s, Ă estimer le risque cardiovasculaire, Ă faciliter le choix thĂ©rapeutique et Ă rechercher des arguments en faveur de causes secondaires.
| Exploration | Principale finalité clinique |
|---|---|
| GlycĂ©mie Ă jeun ; HbA1c si la glycĂ©mie Ă jeun est Ă©levĂ©e | Ăvaluation du risque cardiovasculaire et des comorbiditĂ©s |
| CholestĂ©rol total, cholestĂ©rol LDL, cholestĂ©rol HDL, cholestĂ©rol non-HDL et triglycĂ©rides | Ăvaluation du risque cardiovasculaire |
| Sodium et potassium sĂ©riques | Ăvaluation des Ă©lectrolytes et dĂ©pistage de maladies telles que lâhyperaldostĂ©ronisme primaire |
| HĂ©moglobine et/ou hĂ©matocrite | Ăvaluation des comorbiditĂ©s et dĂ©pistage dâune polyglobulie |
| Calcium sĂ©rique | DĂ©pistage dâune Ă©ventuelle hyperparathyroĂŻdie et Ă©valuation du statut mĂ©tabolique |
| ThyrĂ©ostimuline | DĂ©pistage dâune hypertension secondaire liĂ©e Ă une maladie thyroĂŻdienne |
| CrĂ©atinine sĂ©rique et DFG estimĂ© | Ăvaluation dâune maladie rĂ©nale et dâune atteinte des organes cibles ; aide au choix thĂ©rapeutique |
| Analyse dâurines | Ăvaluation dâune maladie rĂ©nale et dâune atteinte des organes cibles |
| Rapport albuminurie/crĂ©atininurie | Ăvaluation de lâatteinte rĂ©nale et du risque cardiovasculaire |
| ECG Ă 12 dĂ©rivations | Ăvaluation de lâatteinte cardiaque liĂ©e Ă lâhypertension et des maladies cardiaques associĂ©es |
Le bilan biologique de base est Ă©galement dĂ©crit comme comprenant lâĂ©valuation de la fonction rĂ©nale, des Ă©lectrolytes, du calcium, de la glycĂ©mie, de lâhĂ©moglobine, du profil lipidique, une analyse dâurines et un ECG. Le bilan minimal plus dĂ©taillĂ© prĂ©cise en outre le dosage de la thyrĂ©ostimuline et le rapport albuminurie/crĂ©atininurie.
Des rĂ©sultats initiaux anormaux doivent conduire Ă des explorations complĂ©mentaires. Si les ressources locales ne permettent pas de rĂ©aliser tous les examens minimaux recommandĂ©s, cela ne doit pas empĂȘcher de rĂ©duire la pression artĂ©rielle.
Explorations ciblées des causes secondaires
Hyperaldostéronisme primaire
Lâapproche de dĂ©pistage recommandĂ©e repose sur le dosage de la rĂ©nine et de lâaldostĂ©rone, dont lâinterprĂ©tation doit tenir compte de la kaliĂ©mie et des mĂ©dicaments ou situations influençant le rapport aldostĂ©rone/rĂ©nine. Le matĂ©riel fourni ne prĂ©cise ni les valeurs seuils, ni les protocoles dâarrĂȘt des mĂ©dicaments, ni les modalitĂ©s des tests de confirmation, ni les critĂšres dâimagerie surrĂ©nalienne, ni le traitement orientĂ© selon le sous-type.
Hypertension rénovasculaire
La maladie rĂ©novasculaire est une cause non endocrinienne importante dâhypertension rĂ©sistante et doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâanamnĂšse, lâexamen clinique ou lâĂ©valuation rĂ©nale initiale sont Ă©vocateurs. Le matĂ©riel source identifie lâĂ©valuation de la fonction rĂ©nale, lâanalyse dâurines et le rapport albuminurie/crĂ©atininurie comme faisant partie de lâĂ©valuation initiale et indique que les examens complĂ©mentaires doivent ĂȘtre guidĂ©s par les anomalies observĂ©es ou la suspicion clinique. Il ne prĂ©cise ni la modalitĂ© dâimagerie Ă privilĂ©gier ni le seuil diagnostique.
Syndrome dâapnĂ©es obstructives du sommeil
Le syndrome dâapnĂ©es obstructives du sommeil est particuliĂšrement pertinent chez les patients dont lâhypertension reste rĂ©sistante au traitement. Le document recommande de rechercher plus spĂ©cifiquement cette affection chez ces patients, mais ne dĂ©crit ni les critĂšres symptomatiques, ni les explorations du sommeil, ni le traitement.
Phéochromocytome et paragangliome
Ces tumeurs font partie des causes nĂ©cessitant une Ă©valuation ciblĂ©e lorsque les manifestations cliniques Ă©voquent une hypertension secondaire. Dans lâĂ©valuation de lâhypertension associĂ©e Ă la grossesse, le dosage des mĂ©tanĂ©phrines fractionnĂ©es plasmatiques et urinaires ainsi que lâĂ©chographie surrĂ©nalienne peuvent ĂȘtre envisagĂ©s. La source ne fournit pas dâalgorithme diagnostique gĂ©nĂ©ral, de seuils biochimiques ni de dĂ©tails thĂ©rapeutiques pour ces tumeurs.
Autres causes endocriniennes et structurelles
Le bilan électrolytique et endocrinien de routine peut fournir des arguments en faveur de maladies telles que :
La maladie de Cushing
Lâhypertension associĂ©e Ă une polyglobulie
LâhyperparathyroĂŻdie
LâhyperthyroĂŻdie
La coarctation de lâaorte est identifiĂ©e comme un autre facteur non endocrinien frĂ©quent contribuant Ă lâhypertension rĂ©sistante. Le matĂ©riel fourni ne dĂ©finit pas les signes spĂ©cifiques Ă rechercher Ă lâexamen clinique ni les examens dâimagerie utilisĂ©s pour confirmer ces diagnostics.
ECG et évaluation cardiovasculaire
Un ECG Ă 12 dĂ©rivations fait partie du bilan initial de routine. Il peut mettre en Ă©vidence une atteinte cardiaque liĂ©e Ă lâhypertension, notamment :
Une hypertrophie ventriculaire gauche
Une dilatation de lâoreillette gauche
Il peut Ă©galement rĂ©vĂ©ler un pouls irrĂ©gulier ou une maladie associĂ©e telle quâune fibrillation atriale ou un infarctus aigu du myocarde ancien.
LâECG joue donc Ă la fois un rĂŽle dans lâĂ©valuation de lâatteinte des organes cibles et dans lâidentification dâune maladie cardiovasculaire comorbide influençant lâĂ©valuation globale du risque et la planification thĂ©rapeutique.
Imagerie et autres examens complémentaires
Les examens complĂ©mentaires doivent ĂȘtre choisis en fonction des rĂ©sultats initiaux et de la suspicion clinique, plutĂŽt que rĂ©alisĂ©s de maniĂšre systĂ©matique. Lâimagerie et les explorations complĂ©mentaires ciblent :
Une atteinte avérée des organes cibles
Les comorbidités
Les causes secondaires possibles
Une maladie cardiaque, cérébrovasculaire ou rénale préexistante
Chez les patients prĂ©sentant une suspicion dâhypertension pulmonaire associĂ©e Ă une maladie cardiaque gauche, la dĂ©marche diagnostique peut comprendre une Ă©chocardiographie, un ECG et le dosage du BNP ou du NT-proBNP. Si lâhypertension pulmonaire est lĂ©gĂšre et que la maladie cardiaque gauche prĂ©domine, des examens complĂ©mentaires peuvent ne pas ĂȘtre nĂ©cessaires. Dans le cas contraire, une hypertension pulmonaire thromboembolique chronique et une maladie pulmonaire significative doivent ĂȘtre exclues par une scintigraphie ventilationâperfusion et des explorations fonctionnelles respiratoires ; une IRM cardiaque peut ĂȘtre envisagĂ©e dans certains cas.
Une Ă©chocardiographie transthoracique est recommandĂ©e lorsque les patients dĂ©veloppent une dyspnĂ©e dâeffort, une fatigue ou un angor dâapparition rĂ©cente et quâune hypertension pulmonaire est suspectĂ©e. LâĂ©chocardiographie seule ne permet pas de confirmer une hypertension pulmonaire. Les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© Ă©chocardiographique Ă©levĂ©e nĂ©cessitent un cathĂ©tĂ©risme cardiaque droit de confirmation et doivent ĂȘtre adressĂ©s Ă une unitĂ© spĂ©cialisĂ©e dans lâhypertension pulmonaire.
Ăvaluation biologique pendant la grossesse
Pour les troubles hypertensifs de la grossesse, les examens de base recommandés comprennent :
Une analyse dâurines
Une numération-formule sanguine
LâhĂ©matocrite
Les enzymes hépatiques
La créatinine sérique
Lâacide urique sĂ©rique
La protĂ©inurie doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e au dĂ©but de la grossesse afin de dĂ©tecter une maladie rĂ©nale prĂ©existante, puis Ă nouveau au cours de la seconde moitiĂ© de la grossesse pour dĂ©pister une prééclampsie.
Les explorations complĂ©mentaires peuvent comprendre une Ă©chographie surrĂ©nalienne, le dosage des mĂ©tanĂ©phrines fractionnĂ©es plasmatiques et urinaires ainsi quâun Doppler des artĂšres utĂ©rines aprĂšs 20 semaines dâamĂ©norrhĂ©e. En cas de suspicion clinique de prééclampsie, un rapport sFlt-1/PlGF <38 permet dâexclure de maniĂšre fiable la survenue dâune prééclampsie au cours des 7 jours suivants. Chez les femmes prĂ©sentant une hypertension chronique, le dosage du PlGF peut contribuer Ă exclure une prééclampsie entre 20 et 36 semaines.
Traitement et prise en charge
Traiter la pression artérielle tout en recherchant la cause
La recherche dâune hypertension secondaire ne doit pas retarder la rĂ©duction de la pression artĂ©rielle lorsque le diagnostic ne peut ĂȘtre Ă©tabli immĂ©diatement ou lorsque tous les examens biologiques recommandĂ©s ne sont pas disponibles. La prise en charge doit porter Ă la fois sur lâĂ©lĂ©vation de la pression artĂ©rielle et, une fois identifiĂ©e, sur sa cause sous-jacente.
Le matĂ©riel source ne fournit pas de schĂ©mas antihypertenseurs prĂ©cis, de posologies, dâobjectifs tensionnels ni dâinterventions procĂ©durales pour les diffĂ©rentes causes secondaires.
Corriger les facteurs réversibles
La prise en charge doit comprendre lâidentification et la correction des facteurs contribuant Ă une pseudorĂ©sistance ou Ă une rĂ©sistance vraie. Cela inclut :
LâamĂ©lioration de lâobservance du traitement prescrit
Lâexclusion dâune hypertension de blouse blanche
La réévaluation des mĂ©dicaments et substances susceptibles dâĂ©lever la pression artĂ©rielle
La correction des problÚmes liés aux apports alimentaires en sodium et en potassium
La vĂ©rification de lâadĂ©quation du traitement diurĂ©tique chez les patients prĂ©sentant une diminution importante du DFG estimĂ©
Chez les patients prĂ©sentant une suspicion dâhypertension rĂ©sistante, lâadressage Ă un centre spĂ©cialisĂ© est recommandĂ©.
Prise en charge orientée vers la cause
Lâhypertension secondaire est, par dĂ©finition, potentiellement curable. Lorsque la cause sous-jacente est identifiĂ©e avec certitude et supprimĂ©e, lâhypertension peut disparaĂźtre ; toutefois, une Ă©lĂ©vation persistante peut se maintenir en raison dâun remodelage vasculaire ou dâune atteinte rĂ©nale apparus au cours dâun diagnostic tardif.
Le matériel fourni ne précise pas les traitements chirurgicaux, interventionnels, endocriniens, respiratoires ou pharmacologiques des différentes causes secondaires.
Recommandations des sociétés savantes
Les recommandations citĂ©es peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es comme suit :
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Rechercher de maniÚre appropriée une hypertension secondaire chez les patients présentant des signes, des symptÎmes ou des antécédents médicaux évocateurs | I | B |
| Envisager chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e (PA â„140/90 mmHg) un dĂ©pistage de lâhyperaldostĂ©ronisme primaire par dosage de la rĂ©nine et de lâaldostĂ©rone | IIa | B |
| Exclure une hypertension pseudorésistante, notamment une non-observance et une hypertension de blouse blanche, avant de diagnostiquer une hypertension résistante | Non précisé dans le matériel fourni | Non précisé |
| Utiliser un diurĂ©tique de lâanse dont la dose a Ă©tĂ© suffisamment augmentĂ©e avant de dĂ©finir une hypertension rĂ©sistante chez les patients prĂ©sentant un DFG estimĂ© <30 mL/min/1.73 m2 | Non prĂ©cisĂ© dans le matĂ©riel fourni | Non prĂ©cisĂ© |
| Adresser les patients prĂ©sentant une suspicion dâhypertension rĂ©sistante Ă des centres spĂ©cialisĂ©s | Non prĂ©cisĂ© dans le matĂ©riel fourni | Non prĂ©cisĂ© |
| Adresser les patients prĂ©sentant des formes rares dâhypertension secondaire Ă des centres spĂ©cialisĂ©s dans lâhypertension | Non prĂ©cisĂ© dans le matĂ©riel fourni | Non prĂ©cisĂ© |
Pronostic et suivi
Le pronostic dĂ©pend de la cause sous-jacente, de la durĂ©e de lâhypertension et de lâimportance des lĂ©sions vasculaires, rĂ©nales ou cardiaques constituĂ©es. Un diagnostic prĂ©coce augmente la probabilitĂ© de guĂ©rison. Un diagnostic tardif peut entraĂźner un remodelage vasculaire et une insuffisance rĂ©nale, avec persistance dâune hypertension mĂȘme aprĂšs suppression de la cause initiale.
Les patients ayant prĂ©sentĂ© une urgence hypertensive restent exposĂ©s Ă un risque Ă©levĂ© malgrĂ© lâamĂ©lioration de la survie au cours des derniĂšres dĂ©cennies et doivent faire lâobjet dâun dĂ©pistage dâune hypertension secondaire.
Le suivi doit réévaluer :
Le contrÎle de la pression artérielle au moyen de mesures répétées appropriées ou de mesures hors cabinet lorsque cela est indiqué
Lâobservance et la persistance du traitement
La fonction rénale et les électrolytes
Les anomalies urinaires et lâalbuminurie lorsquâelles sont prĂ©sentes
Les facteurs de risque cardiovasculaire et les comorbidités
Les signes dâune atteinte persistante ou progressive des organes cibles
La nĂ©cessitĂ© dâexplorations complĂ©mentaires si la pression artĂ©rielle reste rĂ©sistante
Une rĂ©sistance persistante au traitement doit conduire Ă réévaluer la pseudorĂ©sistance et les causes secondaires, en particulier le syndrome dâapnĂ©es obstructives du sommeil, lâhyperaldostĂ©ronisme et la maladie rĂ©novasculaire.