đŸš« Hypertension artĂ©rielle : dĂ©finition, diagnostic et mesure hors cabinet

Sommaire (21)

Définition et physiopathologie

La pression artĂ©rielle constitue une exposition cardiovasculaire continue plutĂŽt qu’une distinction binaire entre normotension et hypertension. Sa relation Ă  long terme avec le risque cardiovasculaire est donc graduelle, bien que la pratique clinique nĂ©cessite des seuils diagnostiques et thĂ©rapeutiques.

Les recommandations europĂ©ennes de 2024 dĂ©finissent l’hypertension artĂ©rielle par une pression artĂ©rielle systolique (PAS) au cabinet ≄140 mmHg ou une pression artĂ©rielle diastolique (PAD) ≄90 mmHg. Elles introduisent une catĂ©gorie distincte de pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, dĂ©finie par une PAS au cabinet de 120–139 mmHg ou une PAD de 70–89 mmHg. Cette distinction favorise une approche fondĂ©e sur le risque, car une rĂ©duction de la pression artĂ©rielle peut Ă©galement apporter un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire chez certaines personnes dont la pression est Ă©levĂ©e mais infĂ©rieure au seuil conventionnel de l’hypertension.

Le seuil diagnostique traditionnel de 140/90 mmHg dĂ©coule d’observations Ă©pidĂ©miologiques associant des pressions supĂ©rieures Ă  ce niveau Ă  une augmentation de la mortalitĂ©. La prise en charge contemporaine intĂšgre toutefois le risque cardiovasculaire global, les comorbiditĂ©s et les atteintes d’organes mĂ©diĂ©es par l’hypertension (HMOD), plutĂŽt que de se fonder exclusivement sur la valeur de la pression mesurĂ©e au cabinet.

Terminologie de la pression artérielle

  • Pression artĂ©rielle systolique : pression artĂ©rielle pulsatile maximale au cours de la systole. Lors d’une mesure auscultatoire, elle correspond Ă  l’apparition du premier bruit de Korotkoff.

  • Pression artĂ©rielle diastolique : pression artĂ©rielle pulsatile minimale au cours de la diastole. Elle correspond Ă  la disparition des bruits de Korotkoff ; si les bruits persistent, on utilise le quatriĂšme bruit de Korotkoff.

  • Pression artĂ©rielle au cabinet : pression artĂ©rielle mesurĂ©e dans un contexte clinique, manuellement ou Ă  l’aide d’un appareil automatisĂ©.

  • Mesure de la pression artĂ©rielle Ă  domicile (HBPM) : automesure Ă  domicile, gĂ©nĂ©ralement Ă  l’aide d’un appareil oscillomĂ©trique validĂ© avec brassard humĂ©ral.

  • Mesure ambulatoire de la pression artĂ©rielle (MAPA) : mesure automatisĂ©e, habituellement pendant 24 heures, Ă  intervalles prĂ©dĂ©finis.

  • DiffĂ©rence interbras : diffĂ©rence sĂ©quentielle de PAS >10 mmHg entre les deux bras.

  • Hypotension orthostatique : baisse de la PAS ≄20 mmHg et/ou de la PAD ≄10 mmHg Ă  1 ou 3 minutes aprĂšs le passage en position debout, aprĂšs 5 minutes en position assise ou allongĂ©e.

  • Hypertension blouse blanche : pression au cabinet supĂ©rieure au seuil de l’hypertension, mais pression non hypertensive Ă  domicile ou en ambulatoire.

  • Hypertension masquĂ©e : pression au cabinet infĂ©rieure au seuil de l’hypertension, mais pression hypertensive Ă  domicile ou en ambulatoire.

Les mesures rĂ©alisĂ©es au cabinet ne donnent qu’une reprĂ©sentation limitĂ©e de la pression artĂ©rielle habituelle et peuvent ĂȘtre influencĂ©es par l’environnement clinique. Les mesures hors cabinet sont donc essentielles au diagnostic et Ă  la prise en charge Ă  long terme.

Présentation clinique et symptÎmes

Le document source ne dĂ©crit pas les symptĂŽmes typiques ni la charge symptomatique de l’hypertension non compliquĂ©e. Il identifie toutefois l’hypotension symptomatique et les symptĂŽmes Ă©vocateurs d’une hypotension orthostatique comme des indications d’une Ă©valuation posturale complĂ©mentaire et comme des facteurs influençant les objectifs thĂ©rapeutiques.

Une pression artĂ©rielle ≄180/110 mmHg impose de rechercher une urgence hypertensive. Dans ce contexte, l’évaluation clinique doit dĂ©terminer si un traitement immĂ©diat visant Ă  abaisser la pression artĂ©rielle est nĂ©cessaire.

Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des signes Ă©vocateurs, ou ayant des antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux suggĂ©rant une Ă©ventuelle hypertension secondaire, doivent bĂ©nĂ©ficier d’un dĂ©pistage appropriĂ© d’une cause secondaire sous-jacente.

Évaluation et examen clinique

Mesure standardisée au cabinet

Une technique rigoureuse est essentielle, car une mesure incohĂ©rente ou incorrecte peut entraĂźner une mauvaise classification. La pression artĂ©rielle doit ĂȘtre mesurĂ©e Ă  l’aide d’un appareil validĂ© et Ă©talonnĂ©, selon une mĂ©thode constante chez chaque patient.

La procédure recommandée est la suivante :

  • Le patient doit rester assis confortablement dans un environnement calme pendant 5 minutes.

  • Le dos et le bras doivent ĂȘtre soutenus, le brassard Ă©tant placĂ© Ă  hauteur du cƓur.

  • Un brassard standard d’environ 12–13 cm de largeur et 35 cm de longueur convient Ă  la plupart des patients. Des brassards plus grands ou plus petits doivent ĂȘtre utilisĂ©s lorsque la circonfĂ©rence du bras est respectivement >32 cm ou <26 cm.

  • Trois mesures doivent ĂȘtre effectuĂ©es, espacĂ©es de 1–2 minutes.

  • Si les deux premiĂšres mesures diffĂšrent de >10 mmHg, des mesures supplĂ©mentaires doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es.

  • La pression enregistrĂ©e au cabinet doit correspondre Ă  la moyenne des deux derniĂšres mesures.

  • Les deux bras doivent ĂȘtre mesurĂ©s lors de la premiĂšre consultation. Si la diffĂ©rence interbras de PAS est >10 mmHg, les mesures ultĂ©rieures doivent ĂȘtre effectuĂ©es au bras prĂ©sentant la pression la plus Ă©levĂ©e.

  • Le pouls doit ĂȘtre palpĂ© au repos afin de dĂ©terminer la frĂ©quence cardiaque et de dĂ©tecter d’éventuelles arythmies, notamment une fibrillation atriale.

  • La pression orthostatique doit ĂȘtre mesurĂ©e Ă  1 et 3 minutes aprĂšs le passage en position debout, aprĂšs 5 minutes en position assise ou allongĂ©e, au moins lors de l’évaluation initiale, puis lorsque des symptĂŽmes Ă©voquent une hypotension posturale.

En cas de fibrillation atriale, la variabilitĂ© de la pression artĂ©rielle peut ĂȘtre importante. Comme la plupart des appareils oscillomĂ©triques automatisĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© validĂ©s pour les mesures rĂ©alisĂ©es pendant une fibrillation atriale, une mesure auscultatoire manuelle doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque cela est possible, avec des mesures supplĂ©mentaires si nĂ©cessaire.

Dépistage et réévaluation

Un dĂ©pistage opportuniste de la pression artĂ©rielle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© au moins tous les trois ans chez les adultes de moins de 40 ans et au moins une fois par an chez les adultes ĂągĂ©s de 40 ans ou plus. La pression artĂ©rielle doit ĂȘtre consignĂ©e dans le dossier mĂ©dical et sa valeur actuelle doit ĂȘtre communiquĂ©e aux adultes.

Une mesure isolĂ©e de dĂ©pistage au cabinet est gĂ©nĂ©ralement insuffisante pour Ă©tablir le diagnostic d’hypertension, en particulier lorsque la pression est proche d’un seuil diagnostique. La confirmation doit de prĂ©fĂ©rence ĂȘtre obtenue en dehors du cabinet ou, si cela n’est pas possible, par des mesures standardisĂ©es rĂ©pĂ©tĂ©es lors de plusieurs consultations.

Évaluation du risque cardiovasculaire

Les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques en cas de pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e doivent ĂȘtre fondĂ©es sur le risque. Un risque cardiovasculaire accru est reconnu chez les personnes prĂ©sentant :

  • Une maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre

  • Une maladie cardiovasculaire Ă©tablie

  • Des atteintes d’organes mĂ©diĂ©es par l’hypertension

  • Un diabĂšte

  • Une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale

SCORE2 est recommandĂ© pour estimer le risque cardiovasculaire fatal et non fatal Ă  10 ans chez les personnes ĂągĂ©es de 40–69 ans prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e et ne relevant pas dĂ©jĂ  d’un risque Ă©levĂ© en raison de ces affections. SCORE2-OP est recommandĂ© chez les personnes ĂągĂ©es de ≄70 ans dans la situation correspondante. Quel que soit l’ñge, un risque SCORE2 ou SCORE2-OP ≄10 % dĂ©finit un risque cardiovasculaire accru aux fins de la prise en charge de la pression artĂ©rielle.

Chez les personnes prĂ©sentant un risque Ă  10 ans modĂ©rĂ©ment accru, de 5 % Ă  <10 %, la classification du risque peut ĂȘtre affinĂ©e, aprĂšs dĂ©cision partagĂ©e, par certaines explorations telles que la mesure du score calcique coronaire, la recherche Ă©chographique de plaques carotidiennes ou fĂ©morales, le dosage de la troponine cardiaque ultrasensible, du peptide natriurĂ©tique de type B ou la mesure de la vitesse de l’onde de pouls. La mesure du score calcique coronaire peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e lorsqu’elle est susceptible de modifier la prise en charge.

Diagnostic

Seuils diagnostiques selon le lieu de mesure

Les recommandations europĂ©ennes maintiennent un seuil au cabinet de ≄140/90 mmHg pour l’hypertension. Pour l’HBPM, une moyenne ≄135/85 mmHg est considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente Ă  une pression au cabinet ≄140/90 mmHg. Une PAS Ă  domicile de 120–134 mmHg ou une PAD de 70–84 mmHg correspond Ă  une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e en automesure.

Les seuils hors cabinet sont particuliĂšrement importants, car l’hypertension blouse blanche et l’hypertension masquĂ©e sont frĂ©quentes. Leur prĂ©valence estimĂ©e est d’environ 15–25 % pour chacune de ces deux situations.

Situation clinique Approche diagnostique recommandée
PA au cabinet 120–139/70–89 mmHg avec risque cardiovasculaire accru MAPA et/ou HBPM ; si cela n’est pas possible, mesures rĂ©pĂ©tĂ©es au cabinet lors de plusieurs consultations
PA au cabinet 140–159/90–99 mmHg Confirmer par MAPA et/ou HBPM ; en l’absence de ces mesures, mesures rĂ©pĂ©tĂ©es au cabinet lors de plusieurs consultations
PA au cabinet 160–179/100–109 mmHg Confirmer rapidement, de prĂ©fĂ©rence par HBPM ou MAPA, par exemple dans un dĂ©lai d’un mois
PA au cabinet ≄180/110 mmHg Exclure une urgence hypertensive ; si une urgence est prĂ©sente, instaurer immĂ©diatement le traitement
PA au cabinet ≄180/110 mmHg sans urgence Une confirmation rapide, de prĂ©fĂ©rence dans un dĂ©lai d’environ une semaine, peut ĂȘtre envisagĂ©e avant l’instauration du traitement

Lorsqu’un traitement est envisagĂ© pour une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, notamment chez les personnes Ă  haut risque cardiovasculaire, une mesure hors cabinet est recommandĂ©e Ă  la fois pour confirmer la pression et pour dĂ©pister une hypertension masquĂ©e.

Hypertension blouse blanche et hypertension masquée

L’hypertension blouse blanche correspond Ă  des valeurs hypertensives au cabinet, associĂ©es Ă  des valeurs non hypertensives Ă  domicile ou lors d’une MAPA. Le profil de risque cardiovasculaire des adultes concernĂ©s est davantage comparable Ă  celui des personnes sans hypertension persistante qu’à celui des personnes hypertendues au cabinet comme en dehors du cabinet. Le document source met donc l’accent sur les mesures non pharmacologiques et une surveillance attentive, avec recherche d’une Ă©volution vers une hypertension persistante.

L’hypertension masquĂ©e se caractĂ©rise par une pression apparemment non hypertensive au cabinet, mais hypertensive Ă  domicile ou en ambulatoire. Son profil de risque cardiovasculaire est comparable Ă  celui de l’hypertension persistante. Elle doit ĂȘtre particuliĂšrement suspectĂ©e lorsqu’une pression au cabinet apparemment Ă©levĂ©e mais non hypertensive s’accompagne d’une HMOD, telle qu’une hypertrophie ventriculaire gauche ou une protĂ©inurie. Le document source indique que ces patients peuvent nĂ©cessiter un traitement antihypertenseur en plus des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques.

Électrocardiographie et imagerie cardiaque

Un Ă©lectrocardiogramme Ă  12 dĂ©rivations est recommandĂ© chez tous les patients hypertendus. Une Ă©chocardiographie est recommandĂ©e lorsque l’ECG est anormal ou lorsque des signes ou symptĂŽmes Ă©voquent une maladie cardiaque.

Ces examens font partie de l’évaluation de l’atteinte cardiovasculaire et des HMOD. Le document source ne fournit pas d’autres critĂšres Ă©chocardiographiques ni de signes Ă©lectrocardiographiques spĂ©cifiques.

Fond d’Ɠil

Un examen du fond d’Ɠil est recommandĂ© chez les patients dont la pression artĂ©rielle est >180/110 mmHg lors de l’évaluation d’une urgence hypertensive ou d’une hypertension maligne. Il est Ă©galement recommandĂ© chez les patients hypertendus diabĂ©tiques.

Évaluation d’une hypertension secondaire

Les patients prĂ©sentant des signes, des symptĂŽmes ou des antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux Ă©vocateurs doivent ĂȘtre dĂ©pistĂ©s pour une hypertension secondaire. Le dĂ©pistage d’un hyperaldostĂ©ronisme primaire par le dosage de la rĂ©nine et de l’aldostĂ©rone doit ĂȘtre envisagĂ© chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, dĂ©finie ici par une PA ≄140/90 mmHg.

Les tests gĂ©nĂ©tiques systĂ©matiques ne sont pas recommandĂ©s chez les patients hypertendus. Une orientation vers un centre spĂ©cialisĂ© dans l’hypertension doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une hypertension rĂ©sistante pour des investigations complĂ©mentaires. Une Ă©valuation objective de l’observance, soit par administration directement observĂ©e du traitement, soit par dĂ©tection des mĂ©dicaments prescrits dans le sang ou les urines, peut ĂȘtre envisagĂ©e en cas d’hypertension apparemment rĂ©sistante lorsque les ressources le permettent.

L’hypertension rĂ©sistante est dĂ©finie par l’incapacitĂ© Ă  rĂ©duire la PAS et la PAD au cabinet en dessous de 140 et 90 mmHg, respectivement, malgrĂ© des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques appropriĂ©es et un traitement Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e associant un diurĂ©tique, un bloqueur du systĂšme rĂ©nine–angiotensine et un inhibiteur calcique. Les mesures non contrĂŽlĂ©es au cabinet doivent ĂȘtre confirmĂ©es par HBPM ou MAPA.

Biomarqueurs et résultats biologiques

La crĂ©atinine sĂ©rique, le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© et le rapport albuminurie/crĂ©atininurie doivent ĂȘtre mesurĂ©s chez tous les patients hypertendus. En cas de maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, ces mesures doivent ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©es au moins une fois par an.

Le document source ne prĂ©cise pas d’autres examens biologiques systĂ©matiques ni leur interprĂ©tation. La troponine cardiaque ultrasensible et le peptide natriurĂ©tique de type B sont mentionnĂ©s comme outils possibles d’affinement du risque cardiovasculaire chez certaines personnes prĂ©sentant un risque prĂ©dit modĂ©rĂ©ment accru, et non comme examens diagnostiques universels.

Traitement et prise en charge

Mesures hygiéno-diététiques

Des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées chez tous les adultes présentant une pression artérielle élevée ou une hypertension. Les interventions spécifiées comprennent :

  • Une restriction sodĂ©e Ă  environ 2 g par jour, Ă©quivalant Ă  environ 5 g de chlorure de sodium, soit approximativement une cuillĂšre Ă  cafĂ© ou moins de sel par jour.

  • Une activitĂ© physique aĂ©robie d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e pendant au moins 150 minutes par semaine, par exemple au moins 30 minutes pendant 5–7 jours par semaine. Une alternative consiste en 75 minutes d’exercice intense par semaine rĂ©parties sur trois jours.

  • L’ajout d’exercices de renforcement dynamiques ou isomĂ©triques d’intensitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e deux Ă  trois fois par semaine.

  • Le maintien d’un indice de masse corporelle stable et sain de 20–25 kg/m2.

  • Un tour de taille infĂ©rieur Ă  94 cm chez les hommes et Ă  80 cm chez les femmes.

  • Une limitation des sucres libres, notamment des boissons sucrĂ©es, Ă  10 % au maximum de l’apport Ă©nergĂ©tique.

  • Chez les patients sans maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă  avancĂ©e ayant une consommation sodĂ©e Ă©levĂ©e, envisager d’augmenter l’apport potassique de 0,5–1,0 g/jour, par exemple au moyen d’une alimentation riche en fruits et lĂ©gumes ou de sel enrichi en potassium contenant 75 % de chlorure de sodium et 25 % de chlorure de potassium.

Lorsque l’apport potassique est augmentĂ© en cas de maladie rĂ©nale chronique ou lors d’un traitement par des mĂ©dicaments Ă©pargneurs de potassium, notamment certains diurĂ©tiques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les antagonistes des rĂ©cepteurs de l’angiotensine ou la spironolactone, une surveillance de la kaliĂ©mie doit ĂȘtre envisagĂ©e.

Indications du traitement pharmacologique

Chez les adultes présentant une pression artérielle élevée et un risque cardiovasculaire faible ou intermédiaire, défini par un risque à 10 ans <10 %, une intervention hygiéno-diététique est recommandée et peut réduire le risque cardiovasculaire.

Chez les adultes prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e et un risque cardiovasculaire suffisamment Ă©levĂ©, un traitement pharmacologique est recommandĂ© aprĂšs trois mois de mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques lorsque la PA confirmĂ©e reste ≄130/80 mmHg.

En cas d’hypertension confirmĂ©e ≄140/90 mmHg, un traitement pharmacologique et des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques doivent ĂȘtre instaurĂ©s rapidement, indĂ©pendamment du risque cardiovasculaire.

Le document source ne fournit pas de noms prĂ©cis d’antihypertenseurs, de doses initiales, de schĂ©mas d’augmentation posologique ni d’associations thĂ©rapeutiques. Il identifie toutefois les principales classes utilisĂ©es dans la dĂ©finition de l’hypertension rĂ©sistante : les diurĂ©tiques thiazidiques ou apparentĂ©s aux thiazidiques, les bloqueurs du systĂšme rĂ©nine–angiotensine et les inhibiteurs calciques.

Objectifs thérapeutiques

Chez les adultes recevant un traitement visant Ă  abaisser la pression artĂ©rielle, l’objectif principal est une PAS de 120–129 mmHg, Ă  condition que le traitement soit bien tolĂ©rĂ©. Les mesures hors cabinet sont fortement recommandĂ©es pour confirmer l’atteinte de cet objectif.

Lorsque cet objectif ne peut ĂȘtre atteint en raison d’une mauvaise tolĂ©rance, l’objectif recommandĂ© est la pression la plus basse raisonnablement atteignable — selon le principe « aussi basse que raisonnablement possible ».

Des objectifs thĂ©rapeutiques moins stricts doivent ĂȘtre envisagĂ©s chez les personnes prĂ©sentant :

  • Une hypotension orthostatique symptomatique avant le traitement

  • Un Ăąge ≄85 ans

  • Une fragilitĂ© modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre cliniquement significative

  • Une espĂ©rance de vie prĂ©visible limitĂ©e, dĂ©finie dans le document source par une durĂ©e <3 ans

Dans ces circonstances, le traitement ne doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre envisagĂ© qu’à partir d’une PA au cabinet ≄140/90 mmHg. La tolĂ©rance du traitement nĂ©cessite une surveillance Ă©troite.

Durée et observance

Le traitement visant Ă  abaisser la pression artĂ©rielle doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivi Ă  vie, y compris au-delĂ  de 85 ans, s’il reste bien tolĂ©rĂ©.

Le mĂ©dicament doit ĂȘtre pris au moment de la journĂ©e le plus pratique pour le patient, afin d’instaurer une routine rĂ©guliĂšre et d’amĂ©liorer l’observance. Des mesures hors cabinet sont recommandĂ©es au cours du suivi afin de quantifier la rĂ©ponse au traitement, de guider l’adaptation posologique et de dĂ©tecter une hypotension liĂ©e au traitement.

Recommandations des guidelines

Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.

Recommandation Classe Niveau
Utiliser un appareil validé et étalonné, selon une technique standardisée et constante I B
Mesurer et consigner opportunĂ©ment la PA chez tous les adultes ĂągĂ©s de ≄18 ans I C
Utiliser une mesure hors cabinet pour confirmer le diagnostic et détecter une hypertension blouse blanche ou masquée I B
Mesurer la PA aux deux bras lors de la premiĂšre consultation I B
Utiliser ultérieurement le bras présentant la pression la plus élevée lorsque la différence interbras de PAS est >10 mmHg I B
Utiliser une mesure hors cabinet au cours du suivi pour Ă©valuer la rĂ©ponse au traitement et guider l’adaptation posologique I B
Palper le pouls au repos lors de l’évaluation de la PA I C
Envisager une mesure manuelle auscultatoire de la PA en cas de fibrillation atriale IIa C
Mesurer la créatinine, le DFG estimé et le rapport albuminurie/créatininurie chez tous les patients hypertendus I A
Répéter la mesure de la créatinine, du DFG estimé et du rapport albuminurie/créatininurie au moins une fois par an en cas de maladie rénale chronique modérée à sévÚre I C
Réaliser un ECG à 12 dérivations chez tous les patients hypertendus I B
RĂ©aliser une Ă©chocardiographie en prĂ©sence d’anomalies ECG ou de signes ou symptĂŽmes de maladie cardiaque I B
RĂ©aliser un examen du fond d’Ɠil lorsque la PA est >180/110 mmHg en cas de suspicion d’urgence hypertensive ou d’hypertension maligne, ainsi que chez les patients hypertendus diabĂ©tiques I C
Rechercher une hypertension secondaire lorsque les caractéristiques cliniques ou les antécédents sont évocateurs I B
Envisager le dosage de la rĂ©nine et de l’aldostĂ©rone Ă  la recherche d’un hyperaldostĂ©ronisme primaire chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e IIa B
Limiter l’apport sodĂ© Ă  environ 2 g/jour I A
Pratiquer au moins 150 minutes d’exercice aĂ©robie modĂ©rĂ© par semaine, complĂ©tĂ© par un entraĂźnement de renforcement musculaire I A
Viser un IMC de 20–25 kg/m2 et un tour de taille <94 cm chez les hommes et <80 cm chez les femmes I A
Instaurer rapidement un traitement mĂ©dicamenteux en cas de PA confirmĂ©e ≄140/90 mmHg I A
Chez les adultes Ă  risque accru prĂ©sentant une PA confirmĂ©e ≄130/80 mmHg aprĂšs trois mois de mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques, instaurer un traitement pharmacologique I A
Poursuivre Ă  vie le traitement visant Ă  abaisser la PA s’il est tolĂ©rĂ© I A
Envisager un suivi au moins annuel lorsque la PA et les autres facteurs de risque cardiovasculaire sont stables IIa C

Pronostic et suivi

Le document source associe l’hypertension blouse blanche Ă  un profil de risque cardiovasculaire plus proche de celui des personnes sans hypertension persistante, tandis que l’hypertension masquĂ©e prĂ©sente un profil de risque comparable Ă  celui de l’hypertension persistante. Cette distinction rend la confirmation hors cabinet importante tant pour le pronostic que pour le diagnostic.

La MAPA apporte des informations supplĂ©mentaires sur la pression artĂ©rielle nocturne. Les personnes ne prĂ©sentant pas la diminution nocturne habituellement marquĂ©e — dites « non-dippers » — ont un risque cardiovasculaire plus Ă©levĂ©. Les valeurs nocturnes peuvent donc ĂȘtre particuliĂšrement utiles pour la prĂ©diction du risque.

AprĂšs contrĂŽle et stabilisation de la pression artĂ©rielle sous traitement, le suivi de la pression artĂ©rielle et des autres facteurs de risque cardiovasculaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© au moins une fois par an. Une réévaluation plus frĂ©quente est nĂ©cessaire lors de l’instauration ou de l’adaptation du traitement, en cas de symptĂŽmes orthostatiques, de mauvaise tolĂ©rance du traitement ou lorsque les mesures hors cabinet indiquent un contrĂŽle insuffisant.

Le document source ne fournit pas d’estimations spĂ©cifiques de la mortalitĂ©, de taux d’évĂ©nements, de donnĂ©es de pronostic propres aux mĂ©dicaments ni d’intervalles dĂ©taillĂ©s de suivi au-delĂ  de la recommandation d’une Ă©valuation au moins annuelle lorsque le contrĂŽle est stable.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026