Définition et physiopathologie
La pression artĂ©rielle constitue une exposition cardiovasculaire continue plutĂŽt quâune distinction binaire entre normotension et hypertension. Sa relation Ă long terme avec le risque cardiovasculaire est donc graduelle, bien que la pratique clinique nĂ©cessite des seuils diagnostiques et thĂ©rapeutiques.
Les recommandations europĂ©ennes de 2024 dĂ©finissent lâhypertension artĂ©rielle par une pression artĂ©rielle systolique (PAS) au cabinet â„140 mmHg ou une pression artĂ©rielle diastolique (PAD) â„90 mmHg. Elles introduisent une catĂ©gorie distincte de pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, dĂ©finie par une PAS au cabinet de 120â139 mmHg ou une PAD de 70â89 mmHg. Cette distinction favorise une approche fondĂ©e sur le risque, car une rĂ©duction de la pression artĂ©rielle peut Ă©galement apporter un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire chez certaines personnes dont la pression est Ă©levĂ©e mais infĂ©rieure au seuil conventionnel de lâhypertension.
Le seuil diagnostique traditionnel de 140/90 mmHg dĂ©coule dâobservations Ă©pidĂ©miologiques associant des pressions supĂ©rieures Ă ce niveau Ă une augmentation de la mortalitĂ©. La prise en charge contemporaine intĂšgre toutefois le risque cardiovasculaire global, les comorbiditĂ©s et les atteintes dâorganes mĂ©diĂ©es par lâhypertension (HMOD), plutĂŽt que de se fonder exclusivement sur la valeur de la pression mesurĂ©e au cabinet.
Terminologie de la pression artérielle
Pression artĂ©rielle systolique : pression artĂ©rielle pulsatile maximale au cours de la systole. Lors dâune mesure auscultatoire, elle correspond Ă lâapparition du premier bruit de Korotkoff.
Pression artérielle diastolique : pression artérielle pulsatile minimale au cours de la diastole. Elle correspond à la disparition des bruits de Korotkoff ; si les bruits persistent, on utilise le quatriÚme bruit de Korotkoff.
Pression artĂ©rielle au cabinet : pression artĂ©rielle mesurĂ©e dans un contexte clinique, manuellement ou Ă lâaide dâun appareil automatisĂ©.
Mesure de la pression artĂ©rielle Ă domicile (HBPM) : automesure Ă domicile, gĂ©nĂ©ralement Ă lâaide dâun appareil oscillomĂ©trique validĂ© avec brassard humĂ©ral.
Mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) : mesure automatisée, habituellement pendant 24 heures, à intervalles prédéfinis.
Différence interbras : différence séquentielle de PAS >10 mmHg entre les deux bras.
Hypotension orthostatique : baisse de la PAS â„20 mmHg et/ou de la PAD â„10 mmHg Ă 1 ou 3 minutes aprĂšs le passage en position debout, aprĂšs 5 minutes en position assise ou allongĂ©e.
Hypertension blouse blanche : pression au cabinet supĂ©rieure au seuil de lâhypertension, mais pression non hypertensive Ă domicile ou en ambulatoire.
Hypertension masquĂ©e : pression au cabinet infĂ©rieure au seuil de lâhypertension, mais pression hypertensive Ă domicile ou en ambulatoire.
Les mesures rĂ©alisĂ©es au cabinet ne donnent quâune reprĂ©sentation limitĂ©e de la pression artĂ©rielle habituelle et peuvent ĂȘtre influencĂ©es par lâenvironnement clinique. Les mesures hors cabinet sont donc essentielles au diagnostic et Ă la prise en charge Ă long terme.
Présentation clinique et symptÎmes
Le document source ne dĂ©crit pas les symptĂŽmes typiques ni la charge symptomatique de lâhypertension non compliquĂ©e. Il identifie toutefois lâhypotension symptomatique et les symptĂŽmes Ă©vocateurs dâune hypotension orthostatique comme des indications dâune Ă©valuation posturale complĂ©mentaire et comme des facteurs influençant les objectifs thĂ©rapeutiques.
Une pression artĂ©rielle â„180/110 mmHg impose de rechercher une urgence hypertensive. Dans ce contexte, lâĂ©valuation clinique doit dĂ©terminer si un traitement immĂ©diat visant Ă abaisser la pression artĂ©rielle est nĂ©cessaire.
Les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des signes Ă©vocateurs, ou ayant des antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux suggĂ©rant une Ă©ventuelle hypertension secondaire, doivent bĂ©nĂ©ficier dâun dĂ©pistage appropriĂ© dâune cause secondaire sous-jacente.
Ăvaluation et examen clinique
Mesure standardisée au cabinet
Une technique rigoureuse est essentielle, car une mesure incohĂ©rente ou incorrecte peut entraĂźner une mauvaise classification. La pression artĂ©rielle doit ĂȘtre mesurĂ©e Ă lâaide dâun appareil validĂ© et Ă©talonnĂ©, selon une mĂ©thode constante chez chaque patient.
La procédure recommandée est la suivante :
Le patient doit rester assis confortablement dans un environnement calme pendant 5 minutes.
Le dos et le bras doivent ĂȘtre soutenus, le brassard Ă©tant placĂ© Ă hauteur du cĆur.
Un brassard standard dâenviron 12â13 cm de largeur et 35 cm de longueur convient Ă la plupart des patients. Des brassards plus grands ou plus petits doivent ĂȘtre utilisĂ©s lorsque la circonfĂ©rence du bras est respectivement >32 cm ou <26 cm.
Trois mesures doivent ĂȘtre effectuĂ©es, espacĂ©es de 1â2 minutes.
Si les deux premiĂšres mesures diffĂšrent de >10 mmHg, des mesures supplĂ©mentaires doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es.
La pression enregistrée au cabinet doit correspondre à la moyenne des deux derniÚres mesures.
Les deux bras doivent ĂȘtre mesurĂ©s lors de la premiĂšre consultation. Si la diffĂ©rence interbras de PAS est >10 mmHg, les mesures ultĂ©rieures doivent ĂȘtre effectuĂ©es au bras prĂ©sentant la pression la plus Ă©levĂ©e.
Le pouls doit ĂȘtre palpĂ© au repos afin de dĂ©terminer la frĂ©quence cardiaque et de dĂ©tecter dâĂ©ventuelles arythmies, notamment une fibrillation atriale.
La pression orthostatique doit ĂȘtre mesurĂ©e Ă 1 et 3 minutes aprĂšs le passage en position debout, aprĂšs 5 minutes en position assise ou allongĂ©e, au moins lors de lâĂ©valuation initiale, puis lorsque des symptĂŽmes Ă©voquent une hypotension posturale.
En cas de fibrillation atriale, la variabilitĂ© de la pression artĂ©rielle peut ĂȘtre importante. Comme la plupart des appareils oscillomĂ©triques automatisĂ©s nâont pas Ă©tĂ© validĂ©s pour les mesures rĂ©alisĂ©es pendant une fibrillation atriale, une mesure auscultatoire manuelle doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque cela est possible, avec des mesures supplĂ©mentaires si nĂ©cessaire.
Dépistage et réévaluation
Un dĂ©pistage opportuniste de la pression artĂ©rielle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© au moins tous les trois ans chez les adultes de moins de 40 ans et au moins une fois par an chez les adultes ĂągĂ©s de 40 ans ou plus. La pression artĂ©rielle doit ĂȘtre consignĂ©e dans le dossier mĂ©dical et sa valeur actuelle doit ĂȘtre communiquĂ©e aux adultes.
Une mesure isolĂ©e de dĂ©pistage au cabinet est gĂ©nĂ©ralement insuffisante pour Ă©tablir le diagnostic dâhypertension, en particulier lorsque la pression est proche dâun seuil diagnostique. La confirmation doit de prĂ©fĂ©rence ĂȘtre obtenue en dehors du cabinet ou, si cela nâest pas possible, par des mesures standardisĂ©es rĂ©pĂ©tĂ©es lors de plusieurs consultations.
Ăvaluation du risque cardiovasculaire
Les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques en cas de pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e doivent ĂȘtre fondĂ©es sur le risque. Un risque cardiovasculaire accru est reconnu chez les personnes prĂ©sentant :
Une maladie rénale chronique modérée ou sévÚre
Une maladie cardiovasculaire établie
Des atteintes dâorganes mĂ©diĂ©es par lâhypertension
Un diabĂšte
Une hypercholestérolémie familiale
SCORE2 est recommandĂ© pour estimer le risque cardiovasculaire fatal et non fatal Ă 10 ans chez les personnes ĂągĂ©es de 40â69 ans prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e et ne relevant pas dĂ©jĂ dâun risque Ă©levĂ© en raison de ces affections. SCORE2-OP est recommandĂ© chez les personnes ĂągĂ©es de â„70 ans dans la situation correspondante. Quel que soit lâĂąge, un risque SCORE2 ou SCORE2-OP â„10 % dĂ©finit un risque cardiovasculaire accru aux fins de la prise en charge de la pression artĂ©rielle.
Chez les personnes prĂ©sentant un risque Ă 10 ans modĂ©rĂ©ment accru, de 5 % Ă <10 %, la classification du risque peut ĂȘtre affinĂ©e, aprĂšs dĂ©cision partagĂ©e, par certaines explorations telles que la mesure du score calcique coronaire, la recherche Ă©chographique de plaques carotidiennes ou fĂ©morales, le dosage de la troponine cardiaque ultrasensible, du peptide natriurĂ©tique de type B ou la mesure de la vitesse de lâonde de pouls. La mesure du score calcique coronaire peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e lorsquâelle est susceptible de modifier la prise en charge.
Diagnostic
Seuils diagnostiques selon le lieu de mesure
Les recommandations europĂ©ennes maintiennent un seuil au cabinet de â„140/90 mmHg pour lâhypertension. Pour lâHBPM, une moyenne â„135/85 mmHg est considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente Ă une pression au cabinet â„140/90 mmHg. Une PAS Ă domicile de 120â134 mmHg ou une PAD de 70â84 mmHg correspond Ă une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e en automesure.
Les seuils hors cabinet sont particuliĂšrement importants, car lâhypertension blouse blanche et lâhypertension masquĂ©e sont frĂ©quentes. Leur prĂ©valence estimĂ©e est dâenviron 15â25 % pour chacune de ces deux situations.
| Situation clinique | Approche diagnostique recommandée |
|---|---|
| PA au cabinet 120â139/70â89 mmHg avec risque cardiovasculaire accru | MAPA et/ou HBPM ; si cela nâest pas possible, mesures rĂ©pĂ©tĂ©es au cabinet lors de plusieurs consultations |
| PA au cabinet 140â159/90â99 mmHg | Confirmer par MAPA et/ou HBPM ; en lâabsence de ces mesures, mesures rĂ©pĂ©tĂ©es au cabinet lors de plusieurs consultations |
| PA au cabinet 160â179/100â109 mmHg | Confirmer rapidement, de prĂ©fĂ©rence par HBPM ou MAPA, par exemple dans un dĂ©lai dâun mois |
| PA au cabinet â„180/110 mmHg | Exclure une urgence hypertensive ; si une urgence est prĂ©sente, instaurer immĂ©diatement le traitement |
| PA au cabinet â„180/110 mmHg sans urgence | Une confirmation rapide, de prĂ©fĂ©rence dans un dĂ©lai dâenviron une semaine, peut ĂȘtre envisagĂ©e avant lâinstauration du traitement |
Lorsquâun traitement est envisagĂ© pour une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e, notamment chez les personnes Ă haut risque cardiovasculaire, une mesure hors cabinet est recommandĂ©e Ă la fois pour confirmer la pression et pour dĂ©pister une hypertension masquĂ©e.
Hypertension blouse blanche et hypertension masquée
Lâhypertension blouse blanche correspond Ă des valeurs hypertensives au cabinet, associĂ©es Ă des valeurs non hypertensives Ă domicile ou lors dâune MAPA. Le profil de risque cardiovasculaire des adultes concernĂ©s est davantage comparable Ă celui des personnes sans hypertension persistante quâĂ celui des personnes hypertendues au cabinet comme en dehors du cabinet. Le document source met donc lâaccent sur les mesures non pharmacologiques et une surveillance attentive, avec recherche dâune Ă©volution vers une hypertension persistante.
Lâhypertension masquĂ©e se caractĂ©rise par une pression apparemment non hypertensive au cabinet, mais hypertensive Ă domicile ou en ambulatoire. Son profil de risque cardiovasculaire est comparable Ă celui de lâhypertension persistante. Elle doit ĂȘtre particuliĂšrement suspectĂ©e lorsquâune pression au cabinet apparemment Ă©levĂ©e mais non hypertensive sâaccompagne dâune HMOD, telle quâune hypertrophie ventriculaire gauche ou une protĂ©inurie. Le document source indique que ces patients peuvent nĂ©cessiter un traitement antihypertenseur en plus des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques.
Ălectrocardiographie et imagerie cardiaque
Un Ă©lectrocardiogramme Ă 12 dĂ©rivations est recommandĂ© chez tous les patients hypertendus. Une Ă©chocardiographie est recommandĂ©e lorsque lâECG est anormal ou lorsque des signes ou symptĂŽmes Ă©voquent une maladie cardiaque.
Ces examens font partie de lâĂ©valuation de lâatteinte cardiovasculaire et des HMOD. Le document source ne fournit pas dâautres critĂšres Ă©chocardiographiques ni de signes Ă©lectrocardiographiques spĂ©cifiques.
Fond dâĆil
Un examen du fond dâĆil est recommandĂ© chez les patients dont la pression artĂ©rielle est >180/110 mmHg lors de lâĂ©valuation dâune urgence hypertensive ou dâune hypertension maligne. Il est Ă©galement recommandĂ© chez les patients hypertendus diabĂ©tiques.
Ăvaluation dâune hypertension secondaire
Les patients prĂ©sentant des signes, des symptĂŽmes ou des antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux Ă©vocateurs doivent ĂȘtre dĂ©pistĂ©s pour une hypertension secondaire. Le dĂ©pistage dâun hyperaldostĂ©ronisme primaire par le dosage de la rĂ©nine et de lâaldostĂ©rone doit ĂȘtre envisagĂ© chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e, dĂ©finie ici par une PA â„140/90 mmHg.
Les tests gĂ©nĂ©tiques systĂ©matiques ne sont pas recommandĂ©s chez les patients hypertendus. Une orientation vers un centre spĂ©cialisĂ© dans lâhypertension doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une hypertension rĂ©sistante pour des investigations complĂ©mentaires. Une Ă©valuation objective de lâobservance, soit par administration directement observĂ©e du traitement, soit par dĂ©tection des mĂ©dicaments prescrits dans le sang ou les urines, peut ĂȘtre envisagĂ©e en cas dâhypertension apparemment rĂ©sistante lorsque les ressources le permettent.
Lâhypertension rĂ©sistante est dĂ©finie par lâincapacitĂ© Ă rĂ©duire la PAS et la PAD au cabinet en dessous de 140 et 90 mmHg, respectivement, malgrĂ© des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques appropriĂ©es et un traitement Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e associant un diurĂ©tique, un bloqueur du systĂšme rĂ©nineâangiotensine et un inhibiteur calcique. Les mesures non contrĂŽlĂ©es au cabinet doivent ĂȘtre confirmĂ©es par HBPM ou MAPA.
Biomarqueurs et résultats biologiques
La crĂ©atinine sĂ©rique, le dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire estimĂ© et le rapport albuminurie/crĂ©atininurie doivent ĂȘtre mesurĂ©s chez tous les patients hypertendus. En cas de maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre, ces mesures doivent ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©es au moins une fois par an.
Le document source ne prĂ©cise pas dâautres examens biologiques systĂ©matiques ni leur interprĂ©tation. La troponine cardiaque ultrasensible et le peptide natriurĂ©tique de type B sont mentionnĂ©s comme outils possibles dâaffinement du risque cardiovasculaire chez certaines personnes prĂ©sentant un risque prĂ©dit modĂ©rĂ©ment accru, et non comme examens diagnostiques universels.
Traitement et prise en charge
Mesures hygiéno-diététiques
Des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées chez tous les adultes présentant une pression artérielle élevée ou une hypertension. Les interventions spécifiées comprennent :
Une restriction sodée à environ 2 g par jour, équivalant à environ 5 g de chlorure de sodium, soit approximativement une cuillÚre à café ou moins de sel par jour.
Une activitĂ© physique aĂ©robie dâintensitĂ© modĂ©rĂ©e pendant au moins 150 minutes par semaine, par exemple au moins 30 minutes pendant 5â7 jours par semaine. Une alternative consiste en 75 minutes dâexercice intense par semaine rĂ©parties sur trois jours.
Lâajout dâexercices de renforcement dynamiques ou isomĂ©triques dâintensitĂ© faible ou modĂ©rĂ©e deux Ă trois fois par semaine.
Le maintien dâun indice de masse corporelle stable et sain de 20â25 kg/m2.
Un tour de taille inférieur à 94 cm chez les hommes et à 80 cm chez les femmes.
Une limitation des sucres libres, notamment des boissons sucrĂ©es, Ă 10 % au maximum de lâapport Ă©nergĂ©tique.
Chez les patients sans maladie rĂ©nale chronique modĂ©rĂ©e Ă avancĂ©e ayant une consommation sodĂ©e Ă©levĂ©e, envisager dâaugmenter lâapport potassique de 0,5â1,0 g/jour, par exemple au moyen dâune alimentation riche en fruits et lĂ©gumes ou de sel enrichi en potassium contenant 75 % de chlorure de sodium et 25 % de chlorure de potassium.
Lorsque lâapport potassique est augmentĂ© en cas de maladie rĂ©nale chronique ou lors dâun traitement par des mĂ©dicaments Ă©pargneurs de potassium, notamment certains diurĂ©tiques, les inhibiteurs de lâenzyme de conversion, les antagonistes des rĂ©cepteurs de lâangiotensine ou la spironolactone, une surveillance de la kaliĂ©mie doit ĂȘtre envisagĂ©e.
Indications du traitement pharmacologique
Chez les adultes présentant une pression artérielle élevée et un risque cardiovasculaire faible ou intermédiaire, défini par un risque à 10 ans <10 %, une intervention hygiéno-diététique est recommandée et peut réduire le risque cardiovasculaire.
Chez les adultes prĂ©sentant une pression artĂ©rielle Ă©levĂ©e et un risque cardiovasculaire suffisamment Ă©levĂ©, un traitement pharmacologique est recommandĂ© aprĂšs trois mois de mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques lorsque la PA confirmĂ©e reste â„130/80 mmHg.
En cas dâhypertension confirmĂ©e â„140/90 mmHg, un traitement pharmacologique et des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques doivent ĂȘtre instaurĂ©s rapidement, indĂ©pendamment du risque cardiovasculaire.
Le document source ne fournit pas de noms prĂ©cis dâantihypertenseurs, de doses initiales, de schĂ©mas dâaugmentation posologique ni dâassociations thĂ©rapeutiques. Il identifie toutefois les principales classes utilisĂ©es dans la dĂ©finition de lâhypertension rĂ©sistante : les diurĂ©tiques thiazidiques ou apparentĂ©s aux thiazidiques, les bloqueurs du systĂšme rĂ©nineâangiotensine et les inhibiteurs calciques.
Objectifs thérapeutiques
Chez les adultes recevant un traitement visant Ă abaisser la pression artĂ©rielle, lâobjectif principal est une PAS de 120â129 mmHg, Ă condition que le traitement soit bien tolĂ©rĂ©. Les mesures hors cabinet sont fortement recommandĂ©es pour confirmer lâatteinte de cet objectif.
Lorsque cet objectif ne peut ĂȘtre atteint en raison dâune mauvaise tolĂ©rance, lâobjectif recommandĂ© est la pression la plus basse raisonnablement atteignable â selon le principe « aussi basse que raisonnablement possible ».
Des objectifs thĂ©rapeutiques moins stricts doivent ĂȘtre envisagĂ©s chez les personnes prĂ©sentant :
Une hypotension orthostatique symptomatique avant le traitement
Un Ăąge â„85 ans
Une fragilité modérée à sévÚre cliniquement significative
Une espérance de vie prévisible limitée, définie dans le document source par une durée <3 ans
Dans ces circonstances, le traitement ne doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre envisagĂ© quâĂ partir dâune PA au cabinet â„140/90 mmHg. La tolĂ©rance du traitement nĂ©cessite une surveillance Ă©troite.
Durée et observance
Le traitement visant Ă abaisser la pression artĂ©rielle doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivi Ă vie, y compris au-delĂ de 85 ans, sâil reste bien tolĂ©rĂ©.
Le mĂ©dicament doit ĂȘtre pris au moment de la journĂ©e le plus pratique pour le patient, afin dâinstaurer une routine rĂ©guliĂšre et dâamĂ©liorer lâobservance. Des mesures hors cabinet sont recommandĂ©es au cours du suivi afin de quantifier la rĂ©ponse au traitement, de guider lâadaptation posologique et de dĂ©tecter une hypotension liĂ©e au traitement.
Recommandations des guidelines
Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.
| Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|
| Utiliser un appareil validé et étalonné, selon une technique standardisée et constante | I | B |
| Mesurer et consigner opportunĂ©ment la PA chez tous les adultes ĂągĂ©s de â„18 ans | I | C |
| Utiliser une mesure hors cabinet pour confirmer le diagnostic et détecter une hypertension blouse blanche ou masquée | I | B |
| Mesurer la PA aux deux bras lors de la premiĂšre consultation | I | B |
| Utiliser ultérieurement le bras présentant la pression la plus élevée lorsque la différence interbras de PAS est >10 mmHg | I | B |
| Utiliser une mesure hors cabinet au cours du suivi pour Ă©valuer la rĂ©ponse au traitement et guider lâadaptation posologique | I | B |
| Palper le pouls au repos lors de lâĂ©valuation de la PA | I | C |
| Envisager une mesure manuelle auscultatoire de la PA en cas de fibrillation atriale | IIa | C |
| Mesurer la créatinine, le DFG estimé et le rapport albuminurie/créatininurie chez tous les patients hypertendus | I | A |
| Répéter la mesure de la créatinine, du DFG estimé et du rapport albuminurie/créatininurie au moins une fois par an en cas de maladie rénale chronique modérée à sévÚre | I | C |
| Réaliser un ECG à 12 dérivations chez tous les patients hypertendus | I | B |
| RĂ©aliser une Ă©chocardiographie en prĂ©sence dâanomalies ECG ou de signes ou symptĂŽmes de maladie cardiaque | I | B |
| RĂ©aliser un examen du fond dâĆil lorsque la PA est >180/110 mmHg en cas de suspicion dâurgence hypertensive ou dâhypertension maligne, ainsi que chez les patients hypertendus diabĂ©tiques | I | C |
| Rechercher une hypertension secondaire lorsque les caractéristiques cliniques ou les antécédents sont évocateurs | I | B |
| Envisager le dosage de la rĂ©nine et de lâaldostĂ©rone Ă la recherche dâun hyperaldostĂ©ronisme primaire chez tous les adultes prĂ©sentant une hypertension confirmĂ©e | IIa | B |
| Limiter lâapport sodĂ© Ă environ 2 g/jour | I | A |
| Pratiquer au moins 150 minutes dâexercice aĂ©robie modĂ©rĂ© par semaine, complĂ©tĂ© par un entraĂźnement de renforcement musculaire | I | A |
| Viser un IMC de 20â25 kg/m2 et un tour de taille <94 cm chez les hommes et <80 cm chez les femmes | I | A |
| Instaurer rapidement un traitement mĂ©dicamenteux en cas de PA confirmĂ©e â„140/90 mmHg | I | A |
| Chez les adultes Ă risque accru prĂ©sentant une PA confirmĂ©e â„130/80 mmHg aprĂšs trois mois de mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques, instaurer un traitement pharmacologique | I | A |
| Poursuivre Ă vie le traitement visant Ă abaisser la PA sâil est tolĂ©rĂ© | I | A |
| Envisager un suivi au moins annuel lorsque la PA et les autres facteurs de risque cardiovasculaire sont stables | IIa | C |
Pronostic et suivi
Le document source associe lâhypertension blouse blanche Ă un profil de risque cardiovasculaire plus proche de celui des personnes sans hypertension persistante, tandis que lâhypertension masquĂ©e prĂ©sente un profil de risque comparable Ă celui de lâhypertension persistante. Cette distinction rend la confirmation hors cabinet importante tant pour le pronostic que pour le diagnostic.
La MAPA apporte des informations supplĂ©mentaires sur la pression artĂ©rielle nocturne. Les personnes ne prĂ©sentant pas la diminution nocturne habituellement marquĂ©e â dites « non-dippers » â ont un risque cardiovasculaire plus Ă©levĂ©. Les valeurs nocturnes peuvent donc ĂȘtre particuliĂšrement utiles pour la prĂ©diction du risque.
AprĂšs contrĂŽle et stabilisation de la pression artĂ©rielle sous traitement, le suivi de la pression artĂ©rielle et des autres facteurs de risque cardiovasculaire doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© au moins une fois par an. Une réévaluation plus frĂ©quente est nĂ©cessaire lors de lâinstauration ou de lâadaptation du traitement, en cas de symptĂŽmes orthostatiques, de mauvaise tolĂ©rance du traitement ou lorsque les mesures hors cabinet indiquent un contrĂŽle insuffisant.
Le document source ne fournit pas dâestimations spĂ©cifiques de la mortalitĂ©, de taux dâĂ©vĂ©nements, de donnĂ©es de pronostic propres aux mĂ©dicaments ni dâintervalles dĂ©taillĂ©s de suivi au-delĂ de la recommandation dâune Ă©valuation au moins annuelle lorsque le contrĂŽle est stable.