Définition et physiopathologie
LâhypercholestĂ©rolĂ©mie familiale (HF) est une affection hĂ©rĂ©ditaire caractĂ©risĂ©e par une Ă©lĂ©vation persistante du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) plasmatique dĂšs les premiĂšres annĂ©es de vie, entraĂźnant un risque accru de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (MCVA) prĂ©maturĂ©e, notamment de maladie coronarienne (MC).
LâHF rĂ©sulte de variants pathogĂšnes affectant les protĂ©ines de la voie hĂ©patique du rĂ©cepteur des LDL. La diminution de la captation et de la clairance cellulaires des LDL entraĂźne une augmentation du LDL-C circulant. Les principaux mĂ©canismes gĂ©nĂ©tiques impliquĂ©s sont les suivants :
Variants avec perte de fonction du gÚne du récepteur des LDL, LDLR, responsables de la majorité des cas.
Variants dâAPOB altĂ©rant la liaison de lâapolipoprotĂ©ine B au rĂ©cepteur des LDL.
Variants avec gain de fonction de PCSK9, qui réduisent le recyclage et la disponibilité en surface des récepteurs hépatiques des LDL.
Rares variants biallĂ©liques de LDLRAP1, qui altĂšrent lâendocytose du rĂ©cepteur des LDL et produisent un phĂ©notype de type HF.
Les individus porteurs dâun seul variant pathogĂšne prĂ©sentent une HF hĂ©tĂ©rozygote (HFHe). Les variants pathogĂšnes biallĂ©liques sont responsables dâune HF homozygote (HFHo), qui entraĂźne des concentrations de LDL-C nettement plus Ă©levĂ©es et une maladie clinique beaucoup plus prĂ©coce et plus sĂ©vĂšre.
LâHFHe touche environ 1 personne sur 250â300 et constitue la maladie mĂ©tabolique hĂ©rĂ©ditaire la plus frĂ©quente associĂ©e aux maladies cardiovasculaires prĂ©maturĂ©es. Sa prĂ©valence est plus Ă©levĂ©e dans les populations prĂ©sentant un effet fondateur. LâHFHo est beaucoup plus rare, touchant environ 1 personne sur 250 000â350 000.
Lâexposition Ă vie Ă des concentrations Ă©levĂ©es de LDL-C est au cĆur de la charge morbide de la maladie. En lâabsence de traitement, la MC apparaĂźt frĂ©quemment au cours de la troisiĂšme ou de la quatriĂšme dĂ©cennie chez les hommes et environ 10 ans plus tard chez les femmes. LâHFHo non traitĂ©e est associĂ©e Ă une MCVA prĂ©maturĂ©e, Ă©tendue et progressive ; une MC et une stĂ©nose aortique peuvent survenir avant lâĂąge de 20 ans, le dĂ©cĂšs survenant souvent avant lâĂąge de 30 ans.
Présentation clinique et symptÎmes
Hypercholestérolémie familiale hétérozygote
De nombreuses personnes atteintes dâHFHe sont asymptomatiques jusquâĂ lâapparition dâune MCVA. Le phĂ©notype clinique est principalement dĂ©terminĂ© par lâĂ©lĂ©vation prolongĂ©e du LDL-C et peut ĂȘtre dĂ©couvert Ă lâoccasion :
Dâun bilan lipidique de routine montrant une hypercholestĂ©rolĂ©mie sĂ©vĂšre.
DâantĂ©cĂ©dents personnels de MC prĂ©maturĂ©e, de maladie vasculaire cĂ©rĂ©brale ou de maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique.
DâantĂ©cĂ©dents familiaux dâinfarctus du myocarde prĂ©maturĂ©, de maladie vasculaire ou dâhypercholestĂ©rolĂ©mie marquĂ©e.
De signes physiques liés aux dépÎts de cholestérol.
Les patients non traités ou insuffisamment traités peuvent développer une MC prématurée. Les symptÎmes dépendent donc du territoire vasculaire atteint et peuvent comprendre des manifestations de maladie artérielle coronaire, cérébrale ou périphérique, bien que le document source ne précise pas en détail les tableaux symptomatiques.
Manifestations physiques
Les xanthomes tendineux, notamment au niveau des tendons extenseurs, sont des manifestations cliniques caractĂ©ristiques de lâHF non traitĂ©e et peuvent apparaĂźtre lorsque la maladie nâest pas reconnue prĂ©cocement. Un arc cornĂ©en et des xanthĂ©lasmas peuvent Ă©galement ĂȘtre observĂ©s, bien quâils soient moins spĂ©cifiques de lâHF. Lâarc cornĂ©en est particuliĂšrement Ă©vocateur lorsquâil apparaĂźt avant lâĂąge de 45 ans.
Hypercholestérolémie familiale homozygote
LâHFHo se manifeste typiquement par :
Des xanthomes cutanés et tendineux étendus.
Un LDL-C trÚs fortement augmenté.
Une MCVA trÚs prématurée et progressive.
Une sténose aortique prématurée.
La prĂ©sence de xanthomes cutanĂ©s ou tendineux avant lâĂąge de 10 ans est un Ă©lĂ©ment important en faveur dâune HFHo, en particulier lorsque les deux parents prĂ©sentent des concentrations de LDL-C non traitĂ©es compatibles avec une HFHe.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation commence par un dĂ©pistage lipidique systĂ©matique ainsi que par une anamnĂšse clinique, mĂ©dicale, sociale et familiale multigĂ©nĂ©rationnelle dĂ©taillĂ©e. Elle doit Ă©tablir :
Lâimportance de lâĂ©lĂ©vation du LDL-C non traitĂ©.
La prĂ©sence et lâĂąge de dĂ©but dâune MC prĂ©maturĂ©e ou dâune autre maladie vasculaire.
Les antĂ©cĂ©dents dâinfarctus du myocarde ou dâhypercholestĂ©rolĂ©mie chez les apparentĂ©s.
La prĂ©sence de xanthomes tendineux, dâun arc cornĂ©en et de xanthĂ©lasmas.
Lâexistence Ă©ventuelle de causes secondaires dâhypercholestĂ©rolĂ©mie.
La probabilitĂ© dâune maladie monogĂ©nique et la nĂ©cessitĂ© dâun dĂ©pistage familial.
Lâexamen clinique doit rechercher spĂ©cifiquement des xanthomes au niveau des tendons extenseurs et inspecter la cornĂ©e Ă la recherche dâun arc cornĂ©en ainsi que les paupiĂšres Ă la recherche de xanthĂ©lasmas. Lâexamen cardiovasculaire doit viser Ă identifier des signes cliniques de MCVA et, en cas de suspicion dâHFHo, une Ă©ventuelle valvulopathie aortique ; toutefois, le document source ne dĂ©taille pas les signes dâexamen spĂ©cifiques.
Exclusion des causes secondaires
Une concentration de LDL-C supĂ©rieure Ă 160 mg/dL doit conduire Ă mesurer la thyrĂ©ostimuline afin de rechercher une hypothyroĂŻdie, avec Ă©valuation Ă©ventuelle dâune maladie hĂ©patique ou rĂ©nale. Plus gĂ©nĂ©ralement, les causes secondaires de dyslipidĂ©mie doivent ĂȘtre recherchĂ©es avant dâattribuer le phĂ©notype Ă une maladie lipidique hĂ©rĂ©ditaire primitive.
Une classification correcte est importante, car la maladie génétique sous-jacente peut influer sur :
LâĂ©valuation pronostique.
Le choix et lâintensitĂ© du traitement hypolipĂ©miant.
Lâestimation du risque de MCVA.
Le dépistage et la prise en charge des membres de la famille.
CritĂšres diagnostiques
LâHF est principalement un diagnostic clinique. Les cadres diagnostiques couramment utilisĂ©s comprennent les critĂšres du Dutch Lipid Clinic Network et les critĂšres de Simon Broome. Un test gĂ©nĂ©tique est recommandĂ© pour identifier les variants causaux ; il peut renforcer la certitude diagnostique, permettre un traitement plus prĂ©coce et plus intensif et faciliter le dĂ©pistage en cascade.
CritĂšres du Dutch Lipid Clinic Network
Le score nĂ©erlandais prend en compte les antĂ©cĂ©dents familiaux, les antĂ©cĂ©dents vasculaires personnels, les signes physiques, la concentration de LDL-C non traitĂ© et lâanalyse de lâADN.
| ĂlĂ©ment | Points |
|---|---|
| ApparentĂ© du premier degrĂ© atteint dâune maladie coronarienne ou vasculaire prĂ©maturĂ©e, ou LDL-C supĂ©rieur au 95e percentile | 1 |
| Apparenté du premier degré présentant des xanthomes tendineux et/ou un arc cornéen, ou enfant ùgé de moins de 18 ans présentant un LDL-C supérieur au 95e percentile | 2 |
| MC prématurée chez le patient | 2 |
| Maladie cérébrovasculaire ou vasculaire périphérique prématurée chez le patient | 1 |
| Xanthomes tendineux | 6 |
| Arc cornĂ©en avant lâĂąge de 45 ans | 4 |
| LDL-C non traitĂ© â„8.5 mmol/L (â„325 mg/dL) | 8 |
| LDL-C non traitĂ© 6.5â8.4 mmol/L (251â325 mg/dL) | 5 |
| LDL-C non traitĂ© 5.0â6.4 mmol/L (191â250 mg/dL) | 3 |
| LDL-C non traitĂ© 4.0â4.9 mmol/L (155â190 mg/dL) | 1 |
| Mutation fonctionnelle de LDLR, APOB ou PCSK9 | 8 |
Interprétation :
HF certaine : plus de 8 points.
HF probable : 6â8 points.
HF possible : 3â5 points.
Un LDL-C non traitĂ© supĂ©rieur Ă 4.9 mmol/L (190 mg/dL) nĂ©cessite une Ă©valuation attentive Ă la recherche dâune HF. LâHF doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e pour des concentrations de LDL-C plus faibles en prĂ©sence dâune MCVA prĂ©maturĂ©e ou dâantĂ©cĂ©dents familiaux Ă©vocateurs.
CritĂšres de Simon Broome
Le cadre de Simon Broome associe des seuils lipidiques à des éléments cliniques ou génétiques.
| CatĂ©gorie | CritĂšre lipidique | ĂlĂ©ments complĂ©mentaires |
|---|---|---|
| HF certaine | CholestĂ©rol total >6.7 mmol/L ou LDL-C >4.0 mmol/L chez un enfant ĂągĂ© de moins de 16 ans ; ou cholestĂ©rol total >7.5 mmol/L ou LDL-C >4.9 mmol/L chez un adulte | Xanthomes tendineux chez le patient ou chez un apparentĂ© rĂ©pondant aux critĂšres, ou preuve ADN dâune mutation de LDLR, dâun apoB-100 familialement dĂ©fectueux ou de PCSK9 |
| HF possible | MĂȘmes seuils lipidiques | AntĂ©cĂ©dents familiaux dâinfarctus du myocarde avant lâĂąge de 50 ans chez un apparentĂ© du deuxiĂšme degrĂ© ou avant lâĂąge de 60 ans chez un apparentĂ© du premier degrĂ© ; ou hypercholestĂ©rolĂ©mie chez un apparentĂ© du premier ou du deuxiĂšme degrĂ© rĂ©pondant aux critĂšres |
Pour le critĂšre familial de cholestĂ©rolĂ©mie, une hypercholestĂ©rolĂ©mie est dĂ©finie par une valeur supĂ©rieure Ă 7.5 mmol/L chez un apparentĂ© adulte du premier ou du deuxiĂšme degrĂ©, ou supĂ©rieure Ă 6.7 mmol/L chez un enfant ou un frĂšre ou une sĆur ĂągĂ© de moins de 16 ans.
Test génétique
Un test gĂ©nĂ©tique doit ĂȘtre envisagĂ© ou rĂ©alisĂ© en cas de suspicion dâHF, notamment lorsque le rĂ©sultat peut :
Confirmer un diagnostic clinique.
Conduire à une réduction plus précoce ou plus intensive du LDL-C.
Permettre un dépistage ciblé des apparentés.
AmĂ©liorer lâidentification des membres de la famille atteints.
Les principaux gĂšnes impliquĂ©s dans lâHF sont LDLR, APOB, PCSK9 et, dans les phĂ©notypes rĂ©cessifs rares, LDLRAP1. Les tests gĂ©nĂ©tiques ne sont pas toujours financiĂšrement accessibles, et un rĂ©sultat nĂ©gatif nâexclut pas une hypercholestĂ©rolĂ©mie cliniquement importante. Les personnes chez lesquelles aucun variant pathogĂšne nâest identifiĂ©, notamment celles prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie polygĂ©nique, peuvent nĂ©anmoins avoir un risque substantiel de MCVA et rester Ă©ligibles Ă un traitement.
Hypercholestérolémie familiale homozygote
Une HFHo doit ĂȘtre suspectĂ©e lorsque le LDL-C non traitĂ© est supĂ©rieur Ă 10 mmol/L, soit environ 400 mg/dL, notamment en prĂ©sence de xanthomes prĂ©coces ou de phĂ©notypes parentaux compatibles.
| Domaine diagnostique | ĂlĂ©ments Ă©vocateurs dâune HFHo |
|---|---|
| LDL-C | LDL-C non traité >10 mmol/L (> environ 400 mg/dL) |
| Signes cliniques | Xanthomes cutanĂ©s ou tendineux avant lâĂąge de 10 ans |
| Phénotype familial | Concentrations de LDL-C non traitées compatibles avec une HFHe chez les deux parents |
| Confirmation génétique | Variants pathogÚnes ou probablement pathogÚnes bialléliques impliquant LDLR, APOB, PCSK9 ou LDLRAP1 |
Les patients chez lesquels une HFHo est suspectĂ©e doivent ĂȘtre adressĂ©s Ă des centres spĂ©cialisĂ©s dans les dyslipidĂ©mies.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Lâanomalie biologique caractĂ©ristique de lâHFHe est une concentration de LDL-C supĂ©rieure au 95e percentile pour lâĂąge et le sexe ; chez lâadulte, le seuil habituel est supĂ©rieur Ă 190 mg/dL (5.0 mmol/L). Le LDL-C non traitĂ© est privilĂ©giĂ© pour le calcul diagnostique.
Dans lâHFHo, le LDL-C non traitĂ© est gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieur Ă 400 mg/dL (10 mmol/L), bien que lâĂ©valuation diagnostique doive intĂ©grer les rĂ©sultats lipidiques, le phĂ©notype, les antĂ©cĂ©dents familiaux et les donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques.
LâĂ©valuation lipidique doit ĂȘtre systĂ©matique et distinguer lâanomalie prĂ©dominante des lipoprotĂ©ines. En cas dâĂ©lĂ©vation du LDL-C, des causes secondaires doivent ĂȘtre envisagĂ©es et recherchĂ©es. Le document source identifie spĂ©cifiquement le dosage de la thyrĂ©ostimuline lorsque le LDL-C est supĂ©rieur Ă 160 mg/dL, ainsi que la recherche dâune maladie hĂ©patique ou rĂ©nale.
Aucun biomarqueur spĂ©cifique de lâHF autre que le bilan lipidique et les donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques nâest dĂ©crit dans le document source.
Imagerie et évaluation cardiovasculaire
LâHF confĂšre un risque Ă©levĂ© Ă vie de MCVA, notamment de MC. Le document source insiste sur les antĂ©cĂ©dents cliniques et lâexamen physique pour identifier une maladie coronaire, cĂ©rĂ©brale ou vasculaire pĂ©riphĂ©rique prĂ©maturĂ©e, mais ne fournit pas de protocole dâimagerie spĂ©cifique ni de modalitĂ© recommandĂ©e pour lâimagerie cardiovasculaire systĂ©matique dans lâHF.
Dans lâHFHo, la stĂ©nose aortique est une manifestation reconnue du phĂ©notype sĂ©vĂšre. Le document ne prĂ©cise pas de calendrier de surveillance Ă©chocardiographique ni de seuils dâimagerie.
Dépistage en cascade et prise en charge familiale
Le dĂ©pistage en cascade est un Ă©lĂ©ment central de la prise en charge de lâHF. DĂšs quâun cas index est identifiĂ©, les apparentĂ©s du premier degrĂ© doivent faire lâobjet dâune Ă©valuation active. Le dĂ©pistage peut reposer sur :
La mesure des lipides.
Une évaluation clinique.
Un test gĂ©nĂ©tique ciblĂ© lorsquâun variant pathogĂšne familial a Ă©tĂ© identifiĂ©.
Lorsquâun variant causal est connu, les apparentĂ©s peuvent bĂ©nĂ©ficier dâun test ciblĂ© de recherche de ce variant. Lorsque le test gĂ©nĂ©tique nâest pas disponible, est refusĂ© ou nâest pas contributif, lâĂ©valuation familiale doit reposer sur le dĂ©pistage clinique et lâanalyse lipidique.
Le dĂ©pistage en cascade est important, car lâHF est frĂ©quemment sous-diagnostiquĂ©e et insuffisamment traitĂ©e, tandis que sa dĂ©tection prĂ©coce permet dâinstaurer plus tĂŽt un traitement visant Ă rĂ©duire le LDL-C. Des programmes nationaux de dĂ©pistage sont Ă©galement recommandĂ©s afin dâamĂ©liorer lâidentification de la maladie dans la population.
Un arbre généalogique multigénérationnel doit documenter :
La structure familiale.
Les diagnostics dâhypercholestĂ©rolĂ©mie et de MCVA.
LâĂąge de dĂ©but de la maladie.
Les causes et lâĂąge du dĂ©cĂšs lorsquâils sont connus.
Les apparentés susceptibles de nécessiter une évaluation lipidique ou génétique.
Lâidentification dâune HF chez un membre de la famille doit dĂ©clencher lâĂ©valuation des apparentĂ©s et la poursuite de la recherche familiale au fur et Ă mesure de lâidentification dâautres personnes atteintes.
Traitement et prise en charge
Principes généraux
Les principaux objectifs sont de rĂ©duire lâexposition cumulĂ©e au LDL-C et de prĂ©venir la MCVA prĂ©maturĂ©e. Le traitement doit ĂȘtre instaurĂ© dĂšs que possible aprĂšs le diagnostic. La prise en charge comprend :
Les modifications du mode de vie.
Un traitement par statine à forte intensité.
Lâajout dâĂ©zĂ©timibe lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă lâobjectif recommandĂ© par les recommandations.
Lâajout dâun inhibiteur de PCSK9 chez les patients Ă trĂšs haut risque qui restent au-dessus de lâobjectif malgrĂ© un traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă lâĂ©zĂ©timibe.
Lâadressage Ă un spĂ©cialiste en cas dâHFHo et de maladie sĂ©vĂšre ou rĂ©sistante au traitement.
Le dépistage en cascade au sein de la famille.
La reconnaissance et le traitement prĂ©coces peuvent normaliser lâespĂ©rance de vie dans lâHF, bien que cette affection reste largement sous-diagnostiquĂ©e et insuffisamment traitĂ©e.
Hypercholestérolémie familiale hétérozygote
Un traitement par statine Ă forte intensitĂ© est recommandĂ© rapidement aprĂšs le diagnostic. LâĂ©zĂ©timibe doit ĂȘtre ajoutĂ© si la cible de LDL-C nâest pas atteinte. Chez les patients Ă trĂšs haut risque atteints dâHF, un inhibiteur de PCSK9 est recommandĂ© lorsque lâobjectif thĂ©rapeutique nâest pas atteint malgrĂ© un traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e associĂ© Ă lâĂ©zĂ©timibe.
Le document source ne prĂ©cise pas les valeurs cibles de LDL-C, les doses individuelles de statines, les doses dâĂ©zĂ©timibe ni les doses dâinhibiteurs de PCSK9.
Hypercholestérolémie familiale homozygote
LâHFHo nĂ©cessite une prise en charge dans un centre spĂ©cialisĂ©. Le traitement doit comprendre des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques, une statine et lâĂ©zĂ©timibe dĂšs le diagnostic.
Les options supplémentaires comprennent :
Un inhibiteur de PCSK9 lorsquâune activitĂ© rĂ©siduelle du rĂ©cepteur des LDL est prĂ©sente.
Une aphérÚse des lipoprotéines lorsque le LDL-C est supérieur à 300 mg/dL (8 mmol/L).
Le lomitapide ou lâĂ©vinacumab, lorsquâils sont disponibles et accessibles, lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă 115 mg/dL (3 mmol/L) malgrĂ© le traitement.
Une transplantation hépatique en dernier recours en cas de maladie progressive.
Le document source ne fournit pas les doses, les schĂ©mas dâadministration ni les exigences dĂ©taillĂ©es de surveillance de la sĂ©curitĂ© de ces traitements.
Grossesse et allaitement
La grossesse entraĂźne des modifications lipidiques importantes, notamment des augmentations approximatives :
Du LDL-C de 30â50%.
Du cholestĂ©rol HDL de 20â40%.
Des triglycĂ©rides de 50â100%.
Les valeurs usuelles de rĂ©fĂ©rence sont donc dâune utilitĂ© limitĂ©e pendant la grossesse.
Les statines restent contre-indiquĂ©es pendant lâallaitement. La poursuite dâun traitement par statine pendant la grossesse peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les femmes atteintes dâHF ou prĂ©sentant une MCVA Ă©tablie, bien que le document source souligne la nĂ©cessitĂ© dâune prise en charge individualisĂ©e. Une conception accidentelle sous statine ne justifie pas une interruption de grossesse, mais doit conduire Ă un suivi Ă©troit.
Les sĂ©questrants des acides biliaires et lâaphĂ©rĂšse des LDL peuvent ĂȘtre envisagĂ©s pendant la grossesse chez les femmes atteintes dâHF. Les inhibiteurs de PCSK9 et lâĂ©zĂ©timibe ne sont pas recommandĂ©s pendant la grossesse en raison de donnĂ©es cliniques insuffisantes. Lâacide bempĂ©doĂŻque est fortement contre-indiquĂ©, et une contraception est recommandĂ©e pendant son utilisation.
Médicaments et aspects pratiques du traitement
| Traitement | RÎle décrit dans le document source | Considération pratique |
|---|---|---|
| Statine Ă forte intensitĂ© | Traitement initial de lâHFHe ; utilisĂ©e dĂšs le diagnostic dans lâHFHo | Commencer dĂšs que possible aprĂšs le diagnostic ; utiliser le schĂ©ma Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e |
| ĂzĂ©timibe | AjoutĂ© lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă lâobjectif recommandĂ© malgrĂ© le traitement par statine | UtilisĂ© en association avec une statine ; non recommandĂ© pendant la grossesse en raison de donnĂ©es cliniques limitĂ©es |
| Inhibiteur de PCSK9 | RecommandĂ© chez les patients Ă trĂšs haut risque atteints dâHFHe lorsque lâassociation dâune statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe est insuffisante ; peut ĂȘtre utile dans lâHFHo lorsquâune activitĂ© rĂ©siduelle du rĂ©cepteur des LDL existe | Non recommandĂ© pendant la grossesse en raison de donnĂ©es cliniques insuffisantes |
| AphĂ©rĂšse des lipoprotĂ©ines | Ă envisager dans lâHFHo lorsque le LDL-C est >300 mg/dL (>8 mmol/L) ; peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e pendant la grossesse en cas dâHF | Traitement rĂ©alisĂ© dans un centre spĂ©cialisĂ© |
| Lomitapide | Ă envisager dans lâHFHo lorsque le LDL-C reste >115 mg/dL (>3 mmol/L) malgrĂ© le traitement, sâil est disponible et accessible | Utilisation spĂ©cialisĂ©e ; aucune dose nâest fournie |
| Ăvinacumab | Ă envisager dans les mĂȘmes circonstances dâHFHo que le lomitapide, sâil est disponible et accessible | Utilisation spĂ©cialisĂ©e ; aucune dose nâest fournie |
| SĂ©questrants des acides biliaires | Peut ĂȘtre envisagĂ© pendant la grossesse chez les femmes atteintes dâHF | Aucune dose nâest fournie |
| Acide bempédoïque | Fortement contre-indiqué pendant la grossesse | Une contraception est recommandée pendant le traitement |
Recommandations des sociétés savantes
Le document source étaye les recommandations suivantes :
Suspecter une HF chez lâadulte prĂ©sentant un LDL-C non traitĂ© supĂ©rieur Ă 4.9 mmol/L (190 mg/dL), notamment aprĂšs exclusion des causes secondaires.
Envisager une HF pour des concentrations de LDL-C plus faibles en prĂ©sence dâune MCVA prĂ©maturĂ©e ou dâantĂ©cĂ©dents familiaux Ă©vocateurs.
Utiliser un cadre clinique validé tel que les critÚres du Dutch Lipid Clinic Network ou de Simon Broome.
RĂ©aliser un test gĂ©nĂ©tique afin dâidentifier les variants causaux lorsque cela est possible et cliniquement appropriĂ©.
Instaurer rapidement un traitement par statine à forte intensité aprÚs le diagnostic.
Ajouter lâĂ©zĂ©timibe si lâobjectif de LDL-C nâest pas atteint.
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 chez les patients Ă trĂšs haut risque atteints dâHF lorsque lâassociation dâune statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e et de lâĂ©zĂ©timibe est insuffisante.
Adresser les patients chez lesquels une HFHo est suspectée ou confirmée à un centre spécialisé dans les dyslipidémies.
Envisager une aphĂ©rĂšse des lipoprotĂ©ines en cas dâHFHo avec un LDL-C supĂ©rieur Ă 300 mg/dL (8 mmol/L).
Envisager le lomitapide ou lâĂ©vinacumab en cas dâHFHo insuffisamment contrĂŽlĂ©e lorsque ces traitements sont disponibles et accessibles.
Mettre en Ćuvre un dĂ©pistage en cascade chez les apparentĂ©s des cas index atteints.
Ălaborer et soutenir des programmes nationaux de dĂ©pistage afin dâamĂ©liorer le diagnostic prĂ©coce.
Pendant la grossesse, envisager les sĂ©questrants des acides biliaires ou lâaphĂ©rĂšse des LDL lorsque cela est appropriĂ© ; Ă©viter les inhibiteurs de PCSK9 et lâĂ©zĂ©timibe en raison de donnĂ©es cliniques limitĂ©es, et ne pas utiliser lâacide bempĂ©doĂŻque.
Pronostic et suivi
LâHFHe non traitĂ©e est associĂ©e Ă une MC prĂ©maturĂ©e, le risque devenant particuliĂšrement important au cours de la troisiĂšme ou de la quatriĂšme dĂ©cennie chez les hommes et environ une dĂ©cennie plus tard chez les femmes. Un diagnostic prĂ©coce et un traitement efficace peuvent rapprocher lâespĂ©rance de vie de la normale.
LâHFHo est associĂ©e Ă un pronostic nettement plus dĂ©favorable. Les patients non traitĂ©s dĂ©veloppent frĂ©quemment une MC et une stĂ©nose aortique avant lâĂąge de 20 ans et peuvent dĂ©cĂ©der avant lâĂąge de 30 ans. La sĂ©vĂ©ritĂ© du phĂ©notype impose une prise en charge spĂ©cialisĂ©e et un traitement intensif, souvent combinĂ©, visant Ă rĂ©duire le LDL-C.
Le suivi doit ĂȘtre longitudinal et porter sur :
La réponse du LDL-C au traitement.
La tolérance du traitement hypolipémiant.
Lâapparition ou la progression dâune MCVA.
La nĂ©cessitĂ© dâintensifier le traitement.
Lâobservance du traitement et des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques.
Le dépistage des apparentés et la réalisation complÚte du dépistage en cascade.
La réévaluation pendant la grossesse et lâallaitement lorsquâelle est pertinente.
Le document source ne prĂ©cise pas les intervalles de surveillance du traitement ni de calendrier dĂ©taillĂ© pour lâimagerie cardiovasculaire. La prise en charge au long cours doit nĂ©anmoins rester active, car le risque dĂ©pend de lâexposition cumulĂ©e au LDL-C et parce que lâHF est frĂ©quemment diagnostiquĂ©e plus tard quâil ne serait souhaitable.