đŸš« ÉzĂ©timibe : place dans la stratĂ©gie thĂ©rapeutique et rĂ©duction attendue du LDL-C

Sommaire (21)

Définition et bases pharmacologiques

L’ézĂ©timibe est un hypolipĂ©miant non statinique qui inhibe le transporteur Niemann–Pick C1-like 1 (NPC1L1) au niveau intestinal. En rĂ©duisant l’absorption intestinale du cholestĂ©rol, il diminue la quantitĂ© de cholestĂ©rol dĂ©livrĂ©e au foie. La rĂ©ponse hĂ©patique qui en rĂ©sulte comprend une augmentation de l’expression des rĂ©cepteurs des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDLR), ce qui favorise l’élimination des particules de LDL circulantes.

Son principal effet clinique est donc une rĂ©duction du cholestĂ©rol LDL (LDL-C), par un mĂ©canisme complĂ©mentaire de celui des statines. Les statines rĂ©duisent la synthĂšse hĂ©patique du cholestĂ©rol, tandis que l’ézĂ©timibe limite son absorption intestinale.

Réduction attendue du LDL-C

L’ézĂ©timibe entraĂźne une rĂ©duction modeste du LDL-C lorsqu’il est utilisĂ© seul et une rĂ©duction supplĂ©mentaire lorsqu’il est ajoutĂ© Ă  un traitement par statine.

Schéma thérapeutique Réduction attendue du LDL-C
ÉzĂ©timibe en monothĂ©rapie Jusqu’à 20 %
ÉzĂ©timibe ajoutĂ© Ă  une statine RĂ©duction supplĂ©mentaire de 15–20 %
ÉzĂ©timibe associĂ© Ă  la simvastatine aprĂšs un SCA rĂ©cent RĂ©duction supplĂ©mentaire d’environ 20–25 % par rapport Ă  la simvastatine en monothĂ©rapie
Acide bempĂ©doĂŻque associĂ© Ă  l’ézĂ©timibe RĂ©duction d’environ 38 %
Inhibiteur de PCSK9 ajoutĂ© Ă  un traitement par statine RĂ©duction d’environ 60 %
Inclisiran, avec ou sans traitement par statine RĂ©duction d’environ 50 %

La rĂ©duction absolue dĂ©pend de la concentration de LDL-C avant traitement et du schĂ©ma hypolipĂ©miant associĂ©. L’ézĂ©timibe est particuliĂšrement pertinent lorsque la rĂ©duction rĂ©siduelle du LDL-C requise est supĂ©rieure Ă  celle qui peut raisonnablement ĂȘtre obtenue avec une statine seule, mais ne nĂ©cessite pas forcĂ©ment l’effet plus important d’un inhibiteur de PCSK9.

Place dans le traitement hypolipémiant

Séquence thérapeutique générale

Le traitement par statine Ă  forte intensitĂ© reste la pierre angulaire de la prise en charge hypolipĂ©miante des patients prĂ©sentant un syndrome coronaire chronique, un syndrome coronarien aigu (SCA), une artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique athĂ©rosclĂ©reuse et d’autres situations Ă  trĂšs haut risque dĂ©crites dans le document source. La statine doit ĂȘtre prescrite Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e.

Lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă  la cible malgrĂ© un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, l’ézĂ©timibe est le mĂ©dicament d’association initial privilĂ©giĂ©. Il constitue Ă©galement une option pharmacologique de premiĂšre intention appropriĂ©e lorsqu’un patient ne tolĂšre aucun schĂ©ma thĂ©rapeutique comportant une statine.

La séquence thérapeutique chez les patients présentant un syndrome coronaire chronique est la suivante :

  • Mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et statine Ă  forte intensitĂ© Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e.

  • Ajouter l’ézĂ©timibe si l’objectif de LDL-C n’est pas atteint.

  • Ajouter un inhibiteur de PCSK9 si l’objectif reste non atteint malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et d’ézĂ©timibe.

  • Envisager l’acide bempĂ©doĂŻque chez certains patients, notamment en cas d’intolĂ©rance aux statines ou de persistance d’un LDL-C supĂ©rieur Ă  la cible.

Chez les patients intolĂ©rants aux statines, l’ézĂ©timibe peut ĂȘtre utilisĂ© initialement. Si le LDL-C reste supĂ©rieur Ă  la cible, l’acide bempĂ©doĂŻque est recommandĂ© dans le contexte des recommandations concernĂ©es ; l’association Ă  un inhibiteur de PCSK9 est Ă©galement dĂ©crite chez les patients Ă  haut risque prĂ©sentant une artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique athĂ©rosclĂ©reuse.

Syndrome coronaire chronique

Les patients prĂ©sentant un syndrome coronaire chronique sont considĂ©rĂ©s comme exposĂ©s Ă  un risque cardiovasculaire trĂšs Ă©levĂ©. L’objectif recommandĂ© pour le LDL-C est :

  • LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL), et

  • rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Chez un patient prĂ©sentant un Ă©vĂ©nement athĂ©rothrombotique rĂ©cidivant alors qu’il reçoit un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, un objectif de LDL-C infĂ©rieur Ă  1.0 mmol/L (<40 mg/dL) peut ĂȘtre envisagĂ©. Les recommandations citĂ©es dĂ©crivent une rĂ©cidive dans les 2 ans dans certains contextes cliniques, tandis que la recommandation plus gĂ©nĂ©rale concernant la rĂ©duction lipidique fait rĂ©fĂ©rence Ă  un Ă©vĂ©nement rĂ©cidivant sans exiger qu’il soit de mĂȘme nature que l’évĂ©nement initial.

L’ézĂ©timibe est recommandĂ© lorsque la cible de LDL-C n’est pas atteinte avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine. Cette recommandation est de classe I, avec un niveau de preuve B, dans les recommandations relatives Ă  la rĂ©duction lipidique en cas de syndrome coronaire chronique.

Syndrome coronarien aigu

La pĂ©riode qui suit immĂ©diatement un SCA est associĂ©e Ă  un risque particuliĂšrement Ă©levĂ© de rĂ©cidive d’évĂ©nements cardiovasculaires. Une rĂ©duction intensive du LDL-C doit donc ĂȘtre instaurĂ©e prĂ©cocement plutĂŽt que diffĂ©rĂ©e jusqu’au suivi ambulatoire.

Un traitement par statine Ă  forte dose doit ĂȘtre instaurĂ© ou poursuivi le plus tĂŽt possible, quelle que soit la concentration initiale de LDL-C. Chez les patients recevant dĂ©jĂ  un traitement hypolipĂ©miant avant l’admission, celui-ci doit ĂȘtre intensifiĂ© au cours de l’hospitalisation initiale.

L’ézĂ©timibe peut ĂȘtre ajoutĂ© au cours de l’hospitalisation pour SCA dans plusieurs situations :

  • lorsque le patient reçoit dĂ©jĂ  une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et qu’il est peu probable qu’il atteigne la cible de LDL-C avec la statine seule ;

  • lorsque le patient ne prenait pas auparavant de statine mais qu’il est peu probable qu’il atteigne l’objectif avec une statine Ă  forte intensitĂ© en monothĂ©rapie ;

  • lorsque le patient recevait avant le SCA une statine Ă  faible ou moyenne intensitĂ© et nĂ©cessite une intensification du traitement.

Les recommandations indiquent que l’ajout d’ézĂ©timibe aprĂšs 4–6 semaines de traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e est recommandĂ© lorsque l’objectif de LDL-C n’a pas Ă©tĂ© atteint. En outre, l’instauration d’une association statine Ă  forte intensité–ézĂ©timibe au cours de l’hospitalisation initiale doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant un SCA et n’ayant jamais reçu de traitement, lorsqu’il est peu probable qu’ils atteignent la cible avec la statine seule.

Lorsqu’un patient recevait dĂ©jĂ  une association statine–ézĂ©timibe avant l’admission et reste au-dessus de la cible, un inhibiteur de PCSK9 doit ĂȘtre instaurĂ© au cours de l’hospitalisation pour SCA conformĂ©ment aux recommandations citĂ©es.

DiabĂšte

L’association Ă©zĂ©timibe–statine revĂȘt une importance particuliĂšre chez les patients diabĂ©tiques ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un SCA. Dans la population de l’étude IMPROVE-IT, la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs Ă©tait plus importante dans le sous-groupe de patients diabĂ©tiques que dans l’ensemble de la cohorte.

Les patients atteints de diabĂšte de type 1 peuvent prĂ©senter une absorption du cholestĂ©rol accrue par rapport Ă  ceux atteints de diabĂšte de type 2. Cela fournit un fondement pharmacologique Ă  une efficacitĂ© potentiellement supĂ©rieure de l’ézĂ©timibe dans le diabĂšte de type 1, bien que le document source prĂ©cise que des essais randomisĂ©s dĂ©diĂ©s restent nĂ©cessaires pour l’évaluer spĂ©cifiquement.

Chez les patients plus jeunes atteints de diabĂšte de type 1, un traitement prĂ©coce par statine peut ĂȘtre justifiĂ© lorsque la durĂ©e d’évolution de la maladie est longue, que deux facteurs de risque supplĂ©mentaires sont prĂ©sents ou qu’il existe une microalbuminurie. L’ézĂ©timibe peut ĂȘtre particuliĂšrement utile lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă  la cible malgrĂ© le traitement par statine.

Artériopathie périphérique athéroscléreuse

Un traitement hypolipĂ©miant est recommandĂ© chez les patients prĂ©sentant une artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique athĂ©rosclĂ©reuse. L’objectif de LDL-C est <1.4 mmol/L (<55 mg/dL), associĂ© Ă  une rĂ©duction supĂ©rieure Ă  50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Les statines sont recommandĂ©es chez tous les patients atteints d’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique. Si la cible de LDL-C n’est pas atteinte avec un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, l’ajout d’ézĂ©timibe est indiquĂ©. Si l’association reste insuffisante, un inhibiteur de PCSK9 est recommandĂ©.

Chez les patients intolĂ©rants aux statines, Ă  haut risque cardiovasculaire et n’atteignant pas l’objectif de LDL-C avec l’ézĂ©timibe, l’acide bempĂ©doĂŻque peut ĂȘtre ajoutĂ©, seul ou en association avec un inhibiteur de PCSK9.

Données cliniques concernant le bénéfice cardiovasculaire

Chez les patients ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un SCA, l’ajout d’ézĂ©timibe au traitement par statine a dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire en plus de la rĂ©duction du LDL-C.

Dans l’étude IMPROVE-IT, 18,144 patients ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un SCA et dont les valeurs initiales de LDL-C Ă©taient comprises entre 50 et 125 mg/dL (1.3–3.2 mmol/L) ont reçu un traitement par statine avec ou sans Ă©zĂ©timibe. L’ézĂ©timibe Ă©tait administrĂ© Ă  la dose de 10 mg/jour. Au cours des 7 annĂ©es de suivi, l’association a entraĂźnĂ© une rĂ©duction relative supplĂ©mentaire de 6.4 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires athĂ©rosclĂ©reux.

Le critĂšre d’évaluation des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs dĂ©fini dans les recommandations comprenait le dĂ©cĂšs cardiovasculaire, l’infarctus du myocarde non fatal, l’angor instable nĂ©cessitant une rĂ©hospitalisation, une revascularisation coronaire rĂ©alisĂ©e au moins 30 jours aprĂšs la randomisation ou un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral non fatal. Dans la synthĂšse des recommandations, l’association simvastatine–ézĂ©timibe rĂ©duisait ce critĂšre composite par rapport Ă  la simvastatine seule, avec un hazard ratio de 0.94 et un intervalle de confiance Ă  95 % de 0.89–0.99. L’effet du traitement Ă©tait plus marquĂ© chez les patients diabĂ©tiques, chez lesquels le hazard ratio Ă©tait de 0.85, avec un intervalle de confiance Ă  95 % de 0.78–0.94.

Le bĂ©nĂ©fice absolu Ă©tait dĂ©crit comme modeste, avec une rĂ©duction absolue du risque de 2.0 % dans le contexte de SCA citĂ©. NĂ©anmoins, ces rĂ©sultats Ă©tayent le principe selon lequel une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C par l’ézĂ©timibe apporte un bĂ©nĂ©fice additionnel sur les Ă©vĂ©nements lorsqu’il est ajoutĂ© Ă  un traitement par statine.

Une Ă©tude comparant l’association statine d’intensitĂ© modĂ©rĂ©e–ézĂ©timibe Ă  une statine Ă  forte intensitĂ© en monothĂ©rapie a montrĂ© la non-infĂ©rioritĂ© de l’association pour un critĂšre composite Ă©valuĂ© Ă  3 ans. Dans le groupe recevant l’association, une proportion plus importante de patients atteignait un LDL-C <70 mg/dL et les arrĂȘts ou rĂ©ductions de dose liĂ©s Ă  une intolĂ©rance Ă©taient moins frĂ©quents. Ce rĂ©sultat est en faveur du recours Ă  un traitement combinĂ© lorsqu’une statine Ă  forte intensitĂ© est mal tolĂ©rĂ©e ou insuffisamment efficace.

Utilisation du médicament et prescription pratique

Dose

La dose spécifiquement mentionnée dans le document source est la suivante :

  • ÉzĂ©timibe 10 mg une fois par jour

Il s’agissait de la dose utilisĂ©e dans les donnĂ©es d’évaluation des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires aprĂšs SCA rĂ©sumĂ©es ci-dessus.

L’ézĂ©timibe est couramment utilisĂ© en association avec une statine, sous forme de comprimĂ©s sĂ©parĂ©s ou d’une association Ă  dose fixe. Des associations Ă  dose fixe comprenant une statine et de l’acide bempĂ©doĂŻque sont Ă©galement disponibles, bien que les doses spĂ©cifiques des produits ne soient pas fournies dans le document source.

Association aux statines

L’ézĂ©timibe doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre associĂ© Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine lorsque le patient peut prendre une statine. Cette association est pharmacologiquement complĂ©mentaire et procure une rĂ©duction supplĂ©mentaire du LDL-C d’environ 15–20 %.

Les donnĂ©es disponibles indiquent que l’ajout d’ézĂ©timibe Ă  une statine n’augmente pas la frĂ©quence des Ă©lĂ©vations de la crĂ©atine kinase ni des Ă©vĂ©nements indĂ©sirables musculaires par rapport au traitement par statine seule. Cela est important en pratique clinique lorsqu’une intensification thĂ©rapeutique est nĂ©cessaire chez des patients prĂ©occupĂ©s par des symptĂŽmes musculaires ou incapables de tolĂ©rer des doses plus Ă©levĂ©es de statine.

Intolérance aux statines

Chez les patients incapables de tolĂ©rer tout schĂ©ma thĂ©rapeutique comportant une statine, l’ézĂ©timibe peut ĂȘtre utilisĂ© comme traitement non statinique de premiĂšre intention. Si l’objectif de LDL-C n’est toujours pas atteint, les recommandations citĂ©es prĂ©conisent l’ajout d’acide bempĂ©doĂŻque. Chez les patients Ă  haut ou trĂšs haut risque, d’autres agents non statiniques ayant dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire peuvent ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s en fonction de l’ampleur de la rĂ©duction du LDL-C requise.

Sécurité hépatique et musculaire

L’insuffisance hĂ©patique aiguĂ« mettant en jeu le pronostic vital associĂ©e Ă  l’ézĂ©timibe est dĂ©crite comme trĂšs rare. L’ajout d’ézĂ©timibe au traitement par statine n’a pas entraĂźnĂ© davantage d’élĂ©vations de la crĂ©atine kinase ni d’évĂ©nements indĂ©sirables musculaires que la statine en monothĂ©rapie dans les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es.

Le bilan lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ© aprĂšs l’instauration ou la modification du traitement, en tenant compte des problĂšmes de sĂ©curitĂ© et de la tolĂ©rance. Les recommandations relatives au SCA prĂ©conisent une réévaluation aprĂšs 4–6 semaines.

Recommandations des sociétés savantes

Syndrome coronaire chronique

Recommandation Classe Niveau
Viser un LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) et une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale I A
Utiliser une statine Ă  forte intensitĂ© jusqu’à la dose maximale tolĂ©rĂ©e I A
Ajouter l’ézĂ©timibe lorsque l’objectif de LDL-C n’est pas atteint avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine I B
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 lorsque l’objectif n’est pas atteint malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et d’ézĂ©timibe I A
Envisager l’acide bempĂ©doĂŻque en association avec une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et l’ézĂ©timibe lorsque l’objectif de LDL-C reste non atteint IIa C
Envisager un LDL-C <1.0 mmol/L (<40 mg/dL) aprÚs un événement athérothrombotique récidivant sous traitement par statine à la dose maximale tolérée IIb B

Syndrome coronarien aigu

Recommandation Classe Niveau
Instaurer ou poursuivre un traitement par statine Ă  forte dose le plus tĂŽt possible, quelle que soit la valeur initiale du LDL-C I A
Viser un LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) et une rĂ©duction d’au moins 50 % par rapport Ă  la valeur initiale I A
Ajouter l’ézĂ©timibe si la cible de LDL-C n’est pas atteinte aprĂšs 4–6 semaines de traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e I B
Intensifier le traitement hypolipĂ©miant au cours de l’hospitalisation initiale chez les patients recevant dĂ©jĂ  un traitement hypolipĂ©miant I C
Envisager l’association statine Ă  forte dose–ézĂ©timibe au cours de l’hospitalisation initiale chez les patients n’ayant jamais reçu de traitement et chez lesquels il est peu probable que l’objectif soit atteint avec la statine seule IIa B
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 si la cible de LDL-C n’est pas atteinte malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et d’ézĂ©timibe I A
Envisager un LDL-C <1.0 mmol/L (<40 mg/dL) aprÚs des événements athérothrombotiques récidivants dans la situation à haut risque spécifiée IIb B

Artériopathie périphérique

Recommandation Classe Niveau
Utiliser un traitement hypolipĂ©miant en cas d’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique athĂ©rosclĂ©reuse I A
Viser un LDL-C <1.4 mmol/L (<55 mg/dL) et une réduction supérieure à 50 % par rapport à la valeur initiale I A
Utiliser une statine chez tous les patients présentant une artériopathie périphérique I A
Ajouter l’ézĂ©timibe lorsque la cible de LDL-C n’est pas atteinte avec un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e I B
Ajouter un inhibiteur de PCSK9 si la cible reste non atteinte malgrĂ© l’association d’une statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e et d’ézĂ©timibe I A
Chez les patients intolĂ©rants aux statines et Ă  haut risque, ajouter l’acide bempĂ©doĂŻque lorsque l’ézĂ©timibe seul est insuffisant I B

Surveillance et suivi

Le LDL-C doit ĂȘtre contrĂŽlĂ© 4–6 semaines aprĂšs l’instauration ou l’intensification du traitement, puis aprĂšs chaque modification thĂ©rapeutique ultĂ©rieure. L’évaluation doit dĂ©terminer :

  • si l’objectif de LDL-C a Ă©tĂ© atteint ;

  • si la rĂ©duction en pourcentage requise par rapport Ă  la valeur initiale a Ă©tĂ© obtenue ;

  • si le traitement est tolĂ©rĂ© ;

  • si des problĂšmes de sĂ©curitĂ© imposent une modification du schĂ©ma thĂ©rapeutique.

AprĂšs un SCA, le traitement hypolipĂ©miant doit ĂȘtre poursuivi Ă  vie, avec pour objectif de maintenir le LDL-C Ă  la cible recommandĂ©e. L’instauration prĂ©coce du traitement est soulignĂ©e, car la pĂ©riode post-SCA est particuliĂšrement Ă  risque et les retards d’intensification peuvent prolonger l’exposition Ă  un LDL-C insuffisamment contrĂŽlĂ©.

Le suivi doit Ă©galement porter sur l’observance, car l’inertie thĂ©rapeutique, les effets indĂ©sirables, la rĂ©ticence Ă  utiliser les statines et le retard de la consultation post-hospitalisation peuvent tous contribuer Ă  l’échec de l’atteinte des objectifs de LDL-C. Une polypill peut ĂȘtre envisagĂ©e comme stratĂ©gie visant Ă  amĂ©liorer l’observance en prĂ©vention secondaire aprĂšs un SCA.

Mesures hygiéno-diététiques et réduction globale du risque

L’ézĂ©timibe doit ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă  un programme plus large de prĂ©vention cardiovasculaire plutĂŽt qu’utilisĂ© comme intervention isolĂ©e. Les recommandations citĂ©es mettent l’accent sur :

  • l’arrĂȘt complet du tabagisme ;

  • une alimentation saine de type mĂ©diterranĂ©en ;

  • la limitation de la consommation d’alcool ;

  • la pratique rĂ©guliĂšre d’exercices aĂ©robies et de renforcement musculaire ;

  • la rĂ©duction du temps passĂ© en position sĂ©dentaire ;

  • le contrĂŽle pondĂ©ral ;

  • la participation Ă  un programme structurĂ© de rĂ©adaptation cardiaque mĂ©dicalement supervisĂ©e aprĂšs un SCA.

Chez les fumeurs, un accompagnement lors du suivi et un traitement pharmacologique d’aide au sevrage par substituts nicotiniques, varĂ©nicline ou bupropion peuvent ĂȘtre envisagĂ©s, seuls ou en association.

Pronostic

La valeur pronostique de l’ézĂ©timibe est surtout Ă©tablie en association avec une statine chez les patients ayant prĂ©sentĂ© rĂ©cemment un SCA. La rĂ©duction supplĂ©mentaire des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs est modeste en termes absolus, mais cliniquement pertinente, en particulier chez les patients qui restent au-dessus des objectifs stricts de LDL-C malgrĂ© le traitement par statine.

Ce bĂ©nĂ©fice est cohĂ©rent avec le principe thĂ©rapeutique gĂ©nĂ©ral selon lequel une diminution plus importante du LDL-C est associĂ©e Ă  une rĂ©duction plus importante de la frĂ©quence des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. Il est Ă©galement pertinent dans les diffĂ©rents sous-groupes cliniques dĂ©crits dans le document source, notamment chez les patients diabĂ©tiques, ceux prĂ©sentant une artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique et les femmes, chez lesquelles les effets relatifs de l’ajout d’ézĂ©timibe Ă  une statine Ă  forte intensitĂ© seraient similaires Ă  ceux observĂ©s chez les hommes.

L’ézĂ©timibe occupe donc une place centrale en deuxiĂšme ligne aprĂšs un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, ainsi qu’une place de premiĂšre intention chez les patients qui ne tolĂšrent pas les statines. Son effet modeste sur le LDL-C, le bĂ©nĂ©fice dĂ©montrĂ© sur les Ă©vĂ©nements cliniques, son mĂ©canisme complĂ©mentaire et son profil favorable de sĂ©curitĂ© musculaire et hĂ©patique en font l’agent non statinique d’association initial privilĂ©giĂ© chez la plupart des patients n’atteignant pas la cible de LDL-C avec une statine seule.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026