Définition et rÎle clinique
LâĂ©preuve Ă©lectrocardiographique dâeffort est une Ă©valuation standardisĂ©e au cours de laquelle le patient rĂ©alise un effort externe progressivement croissant, le plus souvent sur tapis roulant, tandis que sont surveillĂ©s les symptĂŽmes, un ECG Ă 12 dĂ©rivations, la frĂ©quence cardiaque et la pression artĂ©rielle. LâĂ©preuve est gĂ©nĂ©ralement limitĂ©e par les symptĂŽmes et interrompue en cas de symptĂŽmes limitants, de modifications Ă©lectrocardiographiques significatives, dâarythmies ou de rĂ©ponse hĂ©modynamique anormale, ou lorsquâune frĂ©quence cardiaque cible prĂ©dĂ©finie est atteinte.
Ses principaux résultats sont les suivants :
CapacitĂ© fonctionnelle et tolĂ©rance Ă lâeffort
Reproduction et caractérisation des symptÎmes
RĂ©ponses de la frĂ©quence cardiaque et de la pression artĂ©rielle Ă lâeffort
DĂ©tection des arythmies induites par lâeffort
Identification des modifications du segment ST liĂ©es Ă lâeffort
Informations pronostiques et stratification du risque
Ăvaluation de la rĂ©ponse Ă certaines interventions mĂ©dicamenteuses, de revascularisation, de rĂ©adaptation, dâablation ou chirurgicales
LâĂ©preuve ne permet pas de dĂ©finir la structure ou la composition de la plaque dâathĂ©rosclĂ©rose coronaire, dâidentifier les plaques Ă haut risque de rupture ni de dĂ©terminer si une ischĂ©mie surviendrait Ă des niveaux dâeffort supĂ©rieurs Ă ceux atteints pendant lâexamen.
LâECG dâeffort occupe une place moins importante comme examen diagnostique de premiĂšre intention de la maladie coronaire obstructive (MCO), car lâangiographie coronaire par tomodensitomĂ©trie (CCTA) et lâimagerie fonctionnelle prĂ©sentent de meilleures performances diagnostiques. Son rĂŽle contemporain le plus constant est donc lâĂ©valuation de la capacitĂ© fonctionnelle, des symptĂŽmes, des rĂ©ponses hĂ©modynamiques, des arythmies et du pronostic, lâinterprĂ©tation diagnostique Ă©tant rĂ©servĂ©e Ă des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e.
Bases physiopathologiques
Lâeffort augmente progressivement la demande myocardique en oxygĂšne en accroissant la frĂ©quence cardiaque, la contractilitĂ© myocardique et la pression artĂ©rielle. Lorsque le dĂ©bit sanguin coronaire ne peut augmenter suffisamment en raison dâune maladie limitant le dĂ©bit, une ischĂ©mie myocardique peut apparaĂźtre. Sa manifestation Ă©lectrique peut ĂȘtre un sous-dĂ©calage horizontal ou descendant du segment ST, traduisant une rĂ©ponse anormale de la repolarisation Ă un dĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports myocardiques en oxygĂšne induit par lâeffort.
La rĂ©ponse Ă lâeffort ne se limite pas Ă lâECG. LâischĂ©mie peut Ă©galement entraĂźner un angor, une diminution de la capacitĂ© dâeffort, une rĂ©ponse tensionnelle anormale ou des arythmies ventriculaires. Une baisse de la pression artĂ©rielle systolique, en particulier lorsquâelle sâaccompagne dâarguments en faveur dâune ischĂ©mie, peut indiquer une dysfonction ventriculaire gauche globale induite par lâeffort.
LâĂ©preuve dâeffort fournit Ă©galement des informations physiologiques indĂ©pendantes de lâischĂ©mie. La capacitĂ© dâeffort maximale, exprimĂ©e par la durĂ©e de lâeffort, la charge de travail ou les Ă©quivalents mĂ©taboliques, compte parmi les facteurs prĂ©dictifs les plus puissants de mortalitĂ© chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire, aprĂšs prise en compte de lâĂąge. La rĂ©ponse chronotrope, le comportement de la pression artĂ©rielle et la survenue dâarythmies apportent des informations supplĂ©mentaires sur la rĂ©serve cardiovasculaire et la stabilitĂ© Ă©lectrique.
Indications cliniques
Suspicion de syndrome coronaire chronique
LâECG dâeffort peut ĂȘtre utilisĂ© chez certains patients prĂ©sentant une suspicion de syndrome coronaire chronique lorsque le rĂ©sultat devrait influencer la stratĂ©gie diagnostique ou la prise en charge. Les objectifs appropriĂ©s comprennent :
Mesurer la tolĂ©rance Ă lâeffort
DĂ©terminer si les symptĂŽmes sont reproduits Ă lâeffort
Ăvaluer la relation entre les symptĂŽmes et les modifications de lâECG
DĂ©tecter les arythmies induites par lâeffort
Ăvaluer la rĂ©ponse tensionnelle
Affiner la stratification du risque et le pronostic
Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCO, la CCTA ou lâimagerie fonctionnelle doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre privilĂ©giĂ©es lorsquâelles sont disponibles. Dans ce groupe, lâECG dâeffort nâest pas recommandĂ© comme examen dâexclusion si ces modalitĂ©s sont accessibles. Il peut nĂ©anmoins conserver une utilitĂ© lorsque lâimagerie nâest pas disponible, ou chez des personnes prĂ©sentant une faible probabilitĂ© prĂ©test chez lesquelles un rĂ©sultat nĂ©gatif pourrait rĂ©duire suffisamment la probabilitĂ© estimĂ©e pour permettre de diffĂ©rer les explorations complĂ©mentaires.
Chez les patients prĂ©sentant une MCO connue, lâECG dâeffort peut complĂ©ter lâĂ©valuation clinique en documentant lâĂ©volution des symptĂŽmes, de la tolĂ©rance Ă lâeffort, de la rĂ©ponse du segment ST, des arythmies, de la pression artĂ©rielle et du risque dâĂ©vĂ©nement.
Douleur thoracique aiguë
LâECG dâeffort a historiquement Ă©tĂ© utilisĂ© pour une Ă©valuation complĂ©mentaire du risque aprĂšs lâĂ©valuation initiale dâune douleur thoracique aiguĂ«. Une Ă©preuve prĂ©coce peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e sans danger chez des patients cliniquement Ă faible risque, sans douleur thoracique persistante ni autre signe de haut risque, Ă condition que les ECG successifs et le dosage de la troponine cardiaque nâindiquent pas dâischĂ©mie myocardique. Toutefois, lorsque la troponine et la stratification clinique du risque indiquent toutes deux une faible probabilitĂ© de syndrome coronarien aigu, les donnĂ©es disponibles ne dĂ©montrent pas que la rĂ©alisation systĂ©matique dâune Ă©preuve dâeffort ou dâune imagerie cardiaque amĂ©liore le pronostic.
LâECG dâeffort demeure une option chez les patients sans MCO connue qui restent candidats Ă une Ă©valuation complĂ©mentaire en raison dâun risque intermĂ©diaire de syndrome coronarien aigu. Chez les patients prĂ©sentant une athĂ©rosclĂ©rose coronaire connue, lâĂ©preuve dâeffort doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avec une imagerie cardiaque.
Stratification du risque et pronostic
LâECG dâeffort peut ĂȘtre utilisĂ© pour affiner le pronostic, en particulier lorsque la capacitĂ© dâeffort et la rĂ©ponse clinique sont clairement caractĂ©risĂ©es. Les Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă un risque accru comprennent :
Faible capacitĂ© dâeffort
Ischémie marquée à faible charge de travail
Score de Duke sur tapis roulant Ă haut risque
Sous-décalage étendu ou important du segment ST
Réponse anormale de la fréquence cardiaque
Absence dâĂ©lĂ©vation appropriĂ©e de la pression artĂ©rielle
Diminution de la pression artérielle systolique
Arythmies ventriculaires induites par lâeffort
Angor Ă faible charge de travail
Persistance du sous-dĂ©calage du segment ST pendant plus de 5 minutes aprĂšs lâeffort
Ă lâinverse, les personnes qui atteignent plus de 10 Ă©quivalents mĂ©taboliques, dont lâECG dâeffort est nĂ©gatif et dont le score de Duke sur tapis roulant est Ă faible risque ont gĂ©nĂ©ralement un pronostic favorable et un besoin limitĂ© dâexamens complĂ©mentaires ou de revascularisation.
Ăvaluation des arythmies
LâĂ©preuve dâeffort est indiquĂ©e ou raisonnable chez certains patients prĂ©sentant un trouble du rythme liĂ© Ă lâeffort, suspectĂ© ou connu. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e pour :
DĂ©clencher et diagnostiquer des arythmies ventriculaires induites par lâeffort
Ăvaluer la rĂ©ponse Ă un traitement mĂ©dicamenteux ou Ă une ablation
Rechercher une incompétence chronotrope suspectée
Ăvaluer des symptĂŽmes liĂ©s Ă lâeffort Ă©voquant une bradycardie ou une maladie de la conduction
PrĂ©ciser le niveau dâun bloc auriculo-ventriculaire 2:1
DĂ©terminer si les symptĂŽmes chez les patients prĂ©sentant un bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I pourraient sâamĂ©liorer avec une stimulation permanente
Ătablir et surveiller le diagnostic dâun syndrome du QT long suspectĂ©
Chez les patients prĂ©sentant des arythmies ventriculaires induites par lâeffort, connues ou suspectĂ©es, lâĂ©preuve dâeffort nâest pas une procĂ©dure Ă faible risque. Le mĂ©decin devrait souvent rester dans la salle, et la mise en place dâun abord veineux peut ĂȘtre appropriĂ©e.
Valvulopathies
LâĂ©preuve dâeffort est particuliĂšrement utile lorsque les symptĂŽmes et les constatations au repos sont discordants. Lâeffort peut ĂȘtre associĂ© Ă une Ă©chocardiographie afin dâĂ©valuer les rĂ©ponses structurelles et physiologiques.
Les exemples comprennent :
Sténose mitrale avec discordance entre les symptÎmes et les constatations échocardiographiques au repos
Sténose aortique sévÚre sans symptÎmes rapportés
SymptÎmes apparaissant disproportionnés par rapport à la sévérité de la sténose aortique au repos
Régurgitation mitrale ou aortique chronique sévÚre avec symptÎmes équivoques
Ăvaluation de la capacitĂ© dâeffort chez les patients atteints de valvulopathie souhaitant participer Ă des activitĂ©s sportives de compĂ©tition
Dans la stĂ©nose aortique, lâobjectif est principalement de rĂ©vĂ©ler des symptĂŽmes, de quantifier la limitation fonctionnelle et dâĂ©valuer la rĂ©ponse tensionnelle plutĂŽt que dâinterprĂ©ter des modifications isolĂ©es du segment ST.
Sportifs et pratique de lâexercice
LâĂ©preuve dâeffort systĂ©matique Ă la recherche dâune ischĂ©mie nâest pas recommandĂ©e chez les adultes asymptomatiques ou les sportifs ĂągĂ©s, en raison de sa faible valeur prĂ©dictive positive et de la frĂ©quence des rĂ©sultats faussement positifs. LâĂ©valuation doit plutĂŽt porter sur les symptĂŽmes, le risque cardiovasculaire et la possibilitĂ© dâune maladie structurelle ou Ă©lectrique non diagnostiquĂ©e.
LâĂ©preuve dâeffort peut ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux sportifs symptomatiques ou considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© de MCO. Elle peut Ă©galement contribuer Ă Ă©valuer les arythmies induites par lâeffort, les rĂ©ponses tensionnelles, les symptĂŽmes, les performances physiques et la relation entre les symptĂŽmes et lâentraĂźnement. Des protocoles adaptĂ©s au sport pratiquĂ© peuvent augmenter la probabilitĂ© de reproduire les contraintes physiologiques pertinentes.
Une Ă©preuve dâeffort nâest pas nĂ©cessaire avant lâinstauration dâune activitĂ© physique modĂ©rĂ©e, y compris chez les personnes prĂ©sentant un risque cardiovasculaire Ă©levĂ©. Elle peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les personnes asymptomatiques Ă haut risque qui prĂ©voient de pratiquer une activitĂ© physique intense.
Sélection des patients et contre-indications
Conditions requises pour un examen diagnostique utile
LâinterprĂ©tation de lâECG dâeffort nĂ©cessite :
Un ECG permettant dâĂ©valuer les modifications du segment ST induites par lâeffort.
La capacité à réaliser une charge de travail suffisante.
Une question clinique pour laquelle les informations apportĂ©es par lâeffort modifieront la prise en charge.
LâĂ©preuve nâa aucune valeur diagnostique pour la MCO lorsque des anomalies de base empĂȘchent une interprĂ©tation fiable du segment ST. Les principaux exemples sont :
Bloc de branche gauche
Rythme stimulé ventriculaire
Syndrome de WolffâParkinsonâWhite ou autre prĂ©excitation
Sous-dĂ©calage du segment ST au repos â„0,1 mV
Traitement par digitaliques
La prĂ©cision diagnostique est Ă©galement influencĂ©e par lâhypertrophie ventriculaire, les anomalies STâT au repos, les troubles de la conduction intraventriculaire, les mĂ©dicaments cardioactifs ou antiarythmiques et les anomalies de la kaliĂ©mie.
Contre-indications et situations nécessitant la prudence
Le document source identifie les situations suivantes comme des contre-indications Ă lâĂ©preuve dâeffort :
Angor de repos au cours des 48 heures précédentes
Trouble du rythme instable
Sténose aortique sévÚre
Myocardite aiguë
Insuffisance cardiaque non contrÎlée
Hypertension pulmonaire sévÚre
Endocardite infectieuse évolutive
LâĂ©preuve dâeffort ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre symptomatique. Elle doit Ă©galement ĂȘtre Ă©vitĂ©e chez les patients asymptomatiques dont la vitesse aortique maximale dĂ©passe 5.0 m/s, car la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose constitue en elle-mĂȘme une indication raisonnable de remplacement valvulaire aortique.
Chez les patients prĂ©sentant des arythmies ventriculaires induites par lâeffort, lâexamen doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une procĂ©dure potentiellement Ă haut risque, avec une surveillance appropriĂ©e et, dans de nombreux cas, la mise en place dâun abord veineux.
Ăvaluation clinique et examen physique
LâĂ©valuation prĂ©test ciblĂ©e doit comprendre :
Fréquence et régularité du pouls
Pression artérielle au repos en position assise et debout
Auscultation pulmonaire, en particulier chez les patients présentant une dyspnée, une insuffisance cardiaque ou une maladie pulmonaire
Auscultation cardiaque, notamment lorsquâune insuffisance cardiaque ou une valvulopathie est suspectĂ©e
Ăvaluation des affections orthopĂ©diques, neurologiques ou autres susceptibles de limiter lâeffort
LâanamnĂšse doit prĂ©ciser la nature et la reproductibilitĂ© des symptĂŽmes, la capacitĂ© Ă lâeffort, les antĂ©cĂ©dents de MCO, les antĂ©cĂ©dents dâarythmie, les traitements et les limitations potentielles non cardiaques. La capacitĂ© Ă atteindre une charge de travail suffisante est essentielle, car une Ă©preuve interrompue prĂ©maturĂ©ment en raison dâune limitation musculosquelettique ou dâun dĂ©conditionnement peut ĂȘtre non concluante sur le plan diagnostique.
PrĂ©paration de lâexamen et rĂ©alisation technique
Enregistrement de lâECG
Un ECG standard Ă 12 dĂ©rivations doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant la mise en place des Ă©lectrodes sur le torse. Le placement thoracique des Ă©lectrodes des membres peut modifier les complexes des dĂ©rivations infĂ©rieures et soit simuler, soit masquer dâanciennes ondes Q. Un ECG en position debout doit servir de rĂ©fĂ©rence pour lâidentification des modifications induites par lâeffort.
Pendant lâeffort, les Ă©lectrodes thoraciques sont placĂ©es sous les clavicules latĂ©rales pour les dĂ©rivations des bras, et sur la partie infĂ©rieure ou supĂ©rieure de la cage thoracique pour les dĂ©rivations des jambes. Les enregistrements ECG originaux doivent ĂȘtre examinĂ©s en plus de tout affichage agrandi ou moyennĂ©, car le moyennage peut ĂȘtre faussĂ© par les variations respiratoires, les artĂ©facts de mouvement, les extrasystoles ventriculaires ou les anomalies transitoires de la conduction.
Protocole dâeffort
La charge de travail est augmentĂ©e par paliers standardisĂ©s, le plus souvent selon un protocole de Bruce ou de Bruce modifiĂ© sur tapis roulant. Des protocoles moins intenses peuvent ĂȘtre appropriĂ©s chez les personnes ĂągĂ©es, sĂ©dentaires ou non entraĂźnĂ©es. En cas de stĂ©nose aortique, un protocole de Naughton ou un autre protocole de faible intensitĂ©, avec des paliers de 1 Ă©quivalent mĂ©tabolique, peut ĂȘtre utilisĂ©.
LâĂ©preuve est habituellement limitĂ©e par les symptĂŽmes. Elle peut ĂȘtre interrompue en raison de :
GĂȘne thoracique limitante
Dyspnée sévÚre
Vertiges
Fatigue sévÚre
Sous-décalage significatif du segment ST
Diminution de la pression artérielle systolique
Tachyarythmie ventriculaire
Hypertension excessive
Atteinte dâenviron 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale prĂ©dite
En cas de stĂ©nose aortique, lâeffort doit ĂȘtre interrompu en cas de dyspnĂ©e ou de fatigue limitante Ă faible charge de travail, dâangor, de vertiges, de diminution de la pression artĂ©rielle systolique ou dâextrasystoles ventriculaires complexes. LâĂ©valuation minute par minute des symptĂŽmes, de la pression artĂ©rielle et du rythme est particuliĂšrement importante.
Un professionnel de santĂ© doit ĂȘtre prĂ©sent pendant toute la durĂ©e de lâĂ©preuve, et un Ă©quipement de rĂ©animation doit ĂȘtre disponible.
Considérations relatives aux médicaments
Le traitement antiangineux peut rĂ©duire la sensibilitĂ© de lâĂ©preuve dâeffort lorsque lâobjectif est de diagnostiquer une ischĂ©mie. Lorsque cela est cliniquement possible :
Les bĂȘtabloquants Ă longue durĂ©e dâaction doivent ĂȘtre interrompus 2â3 jours avant lâĂ©preuve.
Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s Ă longue durĂ©e dâaction, les antagonistes calciques et les bĂȘtabloquants Ă courte durĂ©e dâaction sont gĂ©nĂ©ralement interrompus la veille.
Lâinterruption du traitement nâest pas nĂ©cessaire lorsque lâobjectif de lâĂ©preuve est la stratification du risque chez un patient prĂ©sentant une MCO connue.
InterprĂ©tation de lâECG
Sous-décalage du segment ST
Le critĂšre conventionnel dâune rĂ©ponse ischĂ©mique anormale est un sous-dĂ©calage horizontal ou descendant du segment ST dâau moins 0,1 mV, ou 1 mm, mesurĂ© sur trois battements consĂ©cutifs. Le segment ST est mesurĂ© 60â80 ms aprĂšs le point J, en utilisant le point PQ comme rĂ©fĂ©rence isoĂ©lectrique. Pour les frĂ©quences cardiaques supĂ©rieures Ă 130 battements/min, la mesure Ă 60 ms aprĂšs le point J est utilisĂ©e.
La rĂ©ponse doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre prĂ©sente sur au moins trois battements consĂ©cutifs dans deux dĂ©rivations contiguĂ«s. Les dĂ©rivations prĂ©cordiales latĂ©rales, en particulier V5, sont les plus utiles pour dĂ©finir une rĂ©ponse ischĂ©mique. Les dĂ©rivations infĂ©rieures peuvent aider Ă Ă©valuer lâĂ©tendue des anomalies lorsque les dĂ©rivations latĂ©rales sont Ă©galement atteintes, bien quâun sous-dĂ©calage ST infĂ©rieur isolĂ© soit frĂ©quemment faussement anormal en raison de la repolarisation atriale.
Le sous-dĂ©calage du segment ST pendant la rĂ©cupĂ©ration est cliniquement pertinent et peut avoir la mĂȘme signification que les modifications survenant au pic de lâeffort. Les modifications se normalisant au cours de la premiĂšre minute de rĂ©cupĂ©ration sont associĂ©es Ă un pronostic favorable et Ă un rendement infĂ©rieur des explorations diagnostiques ultĂ©rieures par rapport aux anomalies persistant au-delĂ dâune minute.
Le sous-dĂ©calage du segment ST ne localise pas lâischĂ©mie Ă une artĂšre coronaire ou Ă un territoire vasculaire spĂ©cifique. Chez les patients prĂ©sentant une repolarisation prĂ©coce, les modifications doivent ĂȘtre mesurĂ©es Ă partir de la ligne isoĂ©lectrique et non Ă partir de lâĂ©lĂ©vation ST de base.
Résultats non diagnostiques et non spécifiques
Les constatations suivantes doivent ĂȘtre consignĂ©es, mais ne sont pas, isolĂ©ment, diagnostiques dâune ischĂ©mie :
Anomalies de lâonde T
Troubles de la conduction induits par lâeffort
Arythmies ventriculaires
Modifications jonctionnelles ou ascendantes du segment ST
Une Ă©preuve nâatteignant pas environ 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale prĂ©dite est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme non concluante lorsquâelle est rĂ©alisĂ©e pour Ă©valuer une ischĂ©mie.
Contexte clinique et hémodynamique
LâinterprĂ©tation de lâECG doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :
DurĂ©e de lâeffort
Charge de travail ou équivalents métaboliques
DĂ©lai dâapparition des symptĂŽmes
DĂ©lai dâapparition du sous-dĂ©calage du segment ST
Produit frĂ©quence cardiaqueâpression artĂ©rielle
Amplitude du sous-décalage ST
DurĂ©e des modifications ST aprĂšs lâeffort
Réponse tensionnelle
Présence et sévérité des symptÎmes
Arythmies induites par lâeffort
Un ECG dâeffort positif nâa pas la mĂȘme signification selon la probabilitĂ© prĂ©test. Les rĂ©sultats faussement positifs sont particuliĂšrement frĂ©quents dans les populations ayant une faible probabilitĂ© de maladie, notamment chez les hommes jeunes asymptomatiques et les femmes prĂ©mĂ©nopausĂ©es sans facteur de risque. Une interprĂ©tation bayĂ©sienne est donc essentielle.
Performances diagnostiques et limites
LâECG dâeffort prĂ©sente une prĂ©cision diagnostique relativement modeste pour la MCO, avec, selon les recommandations, une sensibilitĂ© de 58 % et une spĂ©cificitĂ© de 62 %. Dâautres sources indiquent une sensibilitĂ© globale dâenviron 75 %, soulignant quâun rĂ©sultat nĂ©gatif nâexclut pas une MCO.
Lâexamen prĂ©sente plusieurs limites importantes :
Il nécessite un ECG de repos interprétable.
Il exige que le patient atteigne une charge de travail suffisante.
Il ne permet pas dâidentifier la morphologie ou la vulnĂ©rabilitĂ© des plaques coronaires.
Il nâĂ©value pas lâischĂ©mie au-delĂ de la charge de travail effectivement atteinte.
Il peut ĂȘtre faussement positif chez les patients ayant une faible probabilitĂ© de maladie.
Il peut ĂȘtre faussement nĂ©gatif lorsque la maladie est limitĂ©e au territoire circonflexe, relativement mal reprĂ©sentĂ© sur lâECG de surface.
Le traitement antiangineux peut réduire la sensibilité.
La valeur prédictive positive dépend fortement de la prévalence de la maladie et de la probabilité prétest.
Lâimagerie dâeffort possĂšde une meilleure prĂ©cision diagnostique chez les hommes comme chez les femmes.
En raison de ces limites, lâECG dâeffort ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© comme examen diagnostique de premiĂšre intention chez les patients prĂ©sentant un risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ© et une douleur thoracique stable lorsque la CCTA ou lâimagerie de stress est disponible.
Alternatives dâimagerie et examens complĂ©mentaires
Lorsque lâECG de repos est ininterprĂ©table ou quâune plus grande prĂ©cision diagnostique est nĂ©cessaire, une imagerie de stress doit ĂȘtre utilisĂ©e. Les modalitĂ©s disponibles dĂ©crites dans le document source comprennent :
Ăchocardiographie de stress
Imagerie de perfusion myocardique de stress par tomographie dâĂ©mission monophotonique
Imagerie de perfusion par tomographie par émission de positons
Imagerie cardiaque de stress par résonance magnétique
CCTA pour lâĂ©valuation anatomique
LâĂ©chocardiographie de stress peut mettre en Ă©vidence de nouvelles anomalies rĂ©gionales de la cinĂ©tique pariĂ©tale pendant lâeffort ou sous dobutamine. Lâimagerie de perfusion identifie les dĂ©fauts rĂ©versibles en comparant les images de stress et de repos. Lâimagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique peut Ă©valuer la structure et la fonction ventriculaires, la perfusion et les zones dâinfarctus.
Les patients incapables de faire de lâexercice en raison dâune maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique ou musculosquelettique, dâune dyspnĂ©e dâeffort ou dâun dĂ©conditionnement peuvent bĂ©nĂ©ficier dâune Ă©preuve de stress pharmacologique. LâadĂ©nosine peut augmenter prĂ©fĂ©rentiellement le dĂ©bit dans les segments coronaires non malades, tandis que la dobutamine augmente la demande myocardique en oxygĂšne. Ces agents pharmacologiques peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă une imagerie de perfusion, une Ă©chocardiographie ou une imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique.
Les rĂ©sultats dâune Ă©preuve de stress Ă haut risque, quelle que soit la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes, doivent conduire Ă une CCTA ou Ă une coronarographie invasive. Les patients dont lâĂ©preuve dâeffort est clairement nĂ©gative ont gĂ©nĂ©ralement un excellent pronostic, et des examens complĂ©mentaires ne sont habituellement pas indiquĂ©s en lâabsence dâautres Ă©lĂ©ments Ă haut risque ou de symptĂŽmes rĂ©fractaires.
Ăpreuve dâeffort dans certains troubles Ă©lectrophysiologiques
Tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique
La tachycardie ventriculaire polymorphe catĂ©cholaminergique survient typiquement lors dâun stress Ă©motionnel ou physique intense. LâECG de repos et les examens cardiaques usuels sont gĂ©nĂ©ralement normaux, tandis que lâĂ©preuve dâeffort maximale dĂ©clenche frĂ©quemment lâarythmie. Celle-ci dĂ©bute souvent pour des frĂ©quences cardiaques supĂ©rieures Ă 120â130 battements/min par des extrasystoles ventriculaires polymorphes, Ă©volue vers une tachycardie ventriculaire non soutenue et peut progresser vers une tachycardie ventriculaire bidirectionnelle ou polymorphe.
LâĂ©preuve est utilisĂ©e pour Ă©tablir le diagnostic et Ă©valuer la rĂ©ponse aux bĂȘtabloquants.
Syndrome du QT long
LâĂ©preuve dâeffort est utile lorsquâun syndrome du QT long est suspectĂ© et que lâintervalle QT corrigĂ© au repos est limite. Lâabsence de raccourcissement appropriĂ© dâun intervalle QT prolongĂ©, ou sa prolongation supplĂ©mentaire pendant lâeffort, est caractĂ©ristique du LQT1. Le LQT2 montre gĂ©nĂ©ralement un raccourcissement normal, tandis que le LQT3 prĂ©sente un raccourcissement plus marquĂ©. Les bĂȘtabloquants peuvent normaliser ces rĂ©ponses liĂ©es Ă lâeffort.
LâĂ©preuve dâeffort peut donc contribuer au diagnostic, Ă la stratification du risque, au suivi du traitement et Ă lâorientation des analyses gĂ©nĂ©tiques.
Arythmies ventriculaires induites par lâeffort
LâĂ©preuve dâeffort peut dĂ©clencher des arythmies ventriculaires induites par lâeffort suspectĂ©es et Ă©valuer la rĂ©ponse au traitement. Chez les sportifs, le critĂšre dâĂ©valuation est la prĂ©sence ou lâabsence dâune arythmie ventriculaire significative lors dâun niveau dâeffort adaptĂ© Ă la personne et au sport pratiquĂ©, plutĂŽt que lâatteinte dâune frĂ©quence cardiaque maximale particuliĂšre.
Les arythmies ventriculaires graves survenant Ă lâeffort se manifestent souvent par une tachycardie ventriculaire monomorphe avec morphologie de bloc de branche gauche. Lâeffort peut Ă©galement identifier les patients atteints de cardiomyopathie arythmogĂšne du ventricule droit qui sont davantage susceptibles de dĂ©velopper une dysfonction ventriculaire droite ou une insuffisance cardiaque clinique nĂ©cessitant une transplantation.
Bradycardie, maladie de la conduction et incompétence chronotrope
LâECG dâeffort est raisonnable en cas de suspicion dâincompĂ©tence chronotrope, car il peut Ă©tablir le diagnostic et fournir des informations pronostiques. Il est Ă©galement utile chez les patients dont les symptĂŽmes Ă lâeffort Ă©voquent une bradycardie ou une maladie de la conduction, notamment en cas de bloc auriculo-ventriculaire 2:1 inexpliquĂ©.
Chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique ou une dyspnĂ©e dâeffort et un bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I au repos, lâĂ©preuve dâeffort peut aider Ă dĂ©terminer sâil faut envisager une stimulation permanente.
Ăpreuve dâeffort dans les valvulopathies
Dans la stĂ©nose aortique, lâĂ©preuve dâeffort doit ĂȘtre limitĂ©e aux patients sans symptĂŽmes rapportĂ©s ou prĂ©sentant tout au plus des symptĂŽmes Ă©quivoques, et qui ne prĂ©sentent ni limitation extracardiaque Ă lâeffort ni contre-indication au remplacement valvulaire.
Les réponses anormales les plus importantes comprennent :
Apparition dâun angor
Vertiges
Dyspnée ou fatigue limitante à faible charge de travail
IncapacitĂ© de la capacitĂ© dâeffort Ă atteindre les valeurs attendues selon lâĂąge et le sexe
Diminution de la pression artérielle systolique
Extrasystoles ventriculaires complexes
Une diminution de la pression artĂ©rielle systolique de plus de 10 mmHg entre le repos et le pic dâeffort, ou une faible tolĂ©rance Ă lâeffort, est considĂ©rĂ©e comme anormale. Le sous-dĂ©calage ST isolĂ©, en particulier supĂ©rieur Ă 2 mm, est frĂ©quent dans la stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre avec hypertrophie ventriculaire gauche et nâest pas spĂ©cifique.
Dans la rĂ©gurgitation mitrale ou aortique chronique sĂ©vĂšre, le rĂŽle principal de lâĂ©preuve dâeffort est de prĂ©ciser la capacitĂ© fonctionnelle lorsque les symptĂŽmes sont incertains. LâĂ©preuve dâeffort associĂ©e Ă une Ă©chocardiographie est souvent privilĂ©giĂ©e lorsque les rĂ©ponses structurelles et physiologiques doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es simultanĂ©ment.
Implications pour la prise en charge aiguë et à long terme
LâECG dâeffort est un examen diagnostique et pronostique, et non un traitement. Ses rĂ©sultats peuvent nĂ©anmoins modifier la prise en charge de plusieurs façons.
AprÚs un examen négatif ou à faible risque
Les patients ayant un rĂ©sultat clairement nĂ©gatif et aucun autre Ă©lĂ©ment Ă haut risque ont gĂ©nĂ©ralement un excellent pronostic. Des examens complĂ©mentaires ne sont habituellement pas nĂ©cessaires, sauf en cas de symptĂŽmes rĂ©fractaires, dâexamen techniquement insuffisant ou de persistance dâautres Ă©lĂ©ments cliniques prĂ©occupants.
Les personnes qui atteignent plus de 10 Ă©quivalents mĂ©taboliques avec un ECG nĂ©gatif et un score de Duke sur tapis roulant Ă faible risque nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement peu dâexamens complĂ©mentaires ou de revascularisation.
AprĂšs un examen Ă haut risque
Une ischĂ©mie marquĂ©e Ă faible charge de travail, un score de Duke sur tapis roulant Ă haut risque, une limitation sĂ©vĂšre de lâeffort, une rĂ©ponse tensionnelle anormale, la persistance prolongĂ©e dâun sous-dĂ©calage ST pendant la rĂ©cupĂ©ration ou des arythmies ventriculaires induites par lâeffort doivent conduire Ă une Ă©valuation anatomique ou fonctionnelle complĂ©mentaire. Une CCTA ou une coronarographie invasive est recommandĂ©e chez les patients dont lâĂ©preuve de stress est Ă haut risque.
Ăvaluation du traitement
Des Ă©preuves dâeffort sĂ©riĂ©es peuvent Ă©valuer la rĂ©ponse aux traitements suivants :
Traitement antiangineux
Revascularisation coronaire
Réadaptation cardiaque
Ablation par cathéter
Traitement chirurgical
Les mesures sĂ©riĂ©es utiles comprennent la charge de travail ou la frĂ©quence cardiaque au dĂ©but de lâangor ou du sous-dĂ©calage ST, ainsi que le produit frĂ©quenceâpression au dĂ©but de lâischĂ©mie. Ces paramĂštres sont notamment retenus pour leur reproductibilitĂ©. La consommation maximale dâoxygĂšne est plus reproductible, mais lâĂ©preuve dâeffort cardiopulmonaire nâest pas rĂ©alisĂ©e systĂ©matiquement dans tous les contextes.
En cas dâarythmies ventriculaires induites par lâeffort, la rĂ©ponse au traitement est Ă©valuĂ©e en dĂ©terminant si des arythmies significatives persistent lors dâun niveau dâeffort appropriĂ©.
Pronostic et suivi
Variables pronostiques
Le marqueur pronostique le plus constant est la capacitĂ© dâeffort maximale, quâelle soit exprimĂ©e par la durĂ©e de lâeffort, la charge de travail atteinte ou les Ă©quivalents mĂ©taboliques. Son importance pronostique persiste, que lâĂ©preuve soit interrompue pour dyspnĂ©e, fatigue ou angor.
Les autres éléments pronostiques défavorables comprennent :
Sous-dĂ©calage du segment ST induit par lâeffort, en particulier lorsquâil est Ă©tendu ou important
Angor ou sous-décalage ST sévÚre à faible charge de travail
Réponse anormale de la fréquence cardiaque
Absence dâaugmentation de la pression artĂ©rielle systolique
Diminution de la pression artérielle systolique
Tachyarythmie ventriculaire
Persistance prolongée du sous-décalage du segment ST pendant la récupération
Score de Duke sur tapis roulant Ă haut risque
Une Ă©preuve dâeffort nĂ©gative nâexclut pas toute MCO, mais rend extrĂȘmement improbable une atteinte du tronc commun gauche ou une maladie tritronculaire selon le document source. La persistance des symptĂŽmes ou dâautres Ă©lĂ©ments Ă haut risque doit donc primer sur le caractĂšre rassurant dâune Ă©preuve par ailleurs nĂ©gative.
Examens de suivi
Une nouvelle Ă©preuve dâeffort peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsquâelle modifiera la prise en charge, notamment pour :
Réévaluer le patient aprÚs une intervention thérapeutique
Surveiller des arythmies induites par lâeffort
Ăvaluer la progression ou la modification des symptĂŽmes
Ăvaluer la capacitĂ© dâeffort dans les valvulopathies
Suivre les sportifs prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des arythmies liĂ©s Ă lâeffort
Réaliser une évaluation sériée dans certaines populations atteintes de cardiopathie congénitale
Chez les adultes atteints de cardiopathie congĂ©nitale, lâĂ©preuve dâeffort cardiopulmonaire fournit des informations plus larges que lâECG dâeffort seul, notamment la consommation maximale dâoxygĂšne, lâefficacitĂ© ventilatoire, les rĂ©ponses chronotrope et tensionnelle, les arythmies induites par lâeffort et la dĂ©saturation en oxygĂšne. Ces variables sont corrĂ©lĂ©es Ă la morbiditĂ© et Ă la mortalitĂ©, et les examens sĂ©riĂ©s devraient faire partie des protocoles de suivi Ă long terme lorsque cela est appropriĂ©.
Recommandations des recommandations professionnelles
| Situation clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| Patients sĂ©lectionnĂ©s nĂ©cessitant une Ă©valuation de la tolĂ©rance Ă lâeffort, des symptĂŽmes, des arythmies, de la rĂ©ponse tensionnelle ou du risque dâĂ©vĂ©nement | LâECG dâeffort est recommandĂ© | I | C |
| ECG dâeffort comme examen alternatif de confirmation ou dâexclusion lorsque lâimagerie non invasive nâest pas disponible | Peut ĂȘtre envisagĂ© | IIb | B |
| ECG dâeffort pour affiner la stratification du risque et le traitement | Peut ĂȘtre envisagĂ© | IIb | B |
| Faible probabilitĂ© prĂ©test de MCO, dâenviron >5â15 %, afin dâidentifier les patients chez lesquels les examens complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©s | Peut ĂȘtre envisagĂ© | IIb | C |
| Sous-dĂ©calage ST au repos â„0,1 mV, bloc de branche gauche ou traitement par digitaliques | Non recommandĂ© Ă des fins diagnostiques | III | C |
| ProbabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCO, dâenviron >5â50 %, lorsquâune CCTA ou une imagerie fonctionnelle est disponible | Non recommandĂ© pour exclure une MCO | III | C |
| Suspicion de syndrome du QT long avec intervalle QT corrigĂ© au repos limite | Peut ĂȘtre utile au diagnostic et au suivi du traitement | IIa | B-NR |
| Arythmies ventriculaires induites par lâeffort connues | Peut ĂȘtre utile pour Ă©valuer la rĂ©ponse Ă un traitement mĂ©dicamenteux ou Ă une ablation | IIa | B |
| Suspicion dâincompĂ©tence chronotrope | Raisonnable pour le diagnostic et lâĂ©valuation pronostique | IIa | B-NR |
| SymptĂŽmes liĂ©s Ă lâeffort Ă©voquant une bradycardie ou une maladie de la conduction, ou bloc auriculo-ventriculaire 2:1 inexpliquĂ© | Raisonnable | IIa | C-LD |
| SymptĂŽmes dâeffort avec bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I au repos | Raisonnable pour Ă©valuer le bĂ©nĂ©fice potentiel dâune stimulation permanente | IIa | C-LD |
Résumé
LâECG dâeffort demeure un examen physiologique et pronostique utile lorsquâil est utilisĂ© de maniĂšre sĂ©lective. Ses principaux atouts sont lâĂ©valuation directe de la capacitĂ© dâeffort, des symptĂŽmes, des rĂ©ponses hĂ©modynamiques et des arythmies induites par lâeffort. Sa principale limite est sa prĂ©cision diagnostique relativement faible pour la MCO, notamment par rapport Ă la CCTA et Ă lâimagerie fonctionnelle.
Un examen de qualitĂ© nĂ©cessite un ECG de repos interprĂ©table, une capacitĂ© dâeffort suffisante, une surveillance attentive et une interprĂ©tation intĂ©grĂ©e des symptĂŽmes, de la charge de travail, des constatations ECG, de la pression artĂ©rielle, de la frĂ©quence cardiaque et des rĂ©ponses observĂ©es pendant la rĂ©cupĂ©ration. LâECG dâeffort doit principalement contribuer Ă la stratification du risque et aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques, tandis que les techniques dâimagerie anatomique ou de stress doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre privilĂ©giĂ©es lorsquâun diagnostic dĂ©finitif de MCO est nĂ©cessaire.