đŸš« Épreuve Ă©lectrocardiographique d’effort : indications, limites et interprĂ©tation

Sommaire (38)

Définition et rÎle clinique

L’épreuve Ă©lectrocardiographique d’effort est une Ă©valuation standardisĂ©e au cours de laquelle le patient rĂ©alise un effort externe progressivement croissant, le plus souvent sur tapis roulant, tandis que sont surveillĂ©s les symptĂŽmes, un ECG Ă  12 dĂ©rivations, la frĂ©quence cardiaque et la pression artĂ©rielle. L’épreuve est gĂ©nĂ©ralement limitĂ©e par les symptĂŽmes et interrompue en cas de symptĂŽmes limitants, de modifications Ă©lectrocardiographiques significatives, d’arythmies ou de rĂ©ponse hĂ©modynamique anormale, ou lorsqu’une frĂ©quence cardiaque cible prĂ©dĂ©finie est atteinte.

Ses principaux résultats sont les suivants :

  • CapacitĂ© fonctionnelle et tolĂ©rance Ă  l’effort

  • Reproduction et caractĂ©risation des symptĂŽmes

  • RĂ©ponses de la frĂ©quence cardiaque et de la pression artĂ©rielle Ă  l’effort

  • DĂ©tection des arythmies induites par l’effort

  • Identification des modifications du segment ST liĂ©es Ă  l’effort

  • Informations pronostiques et stratification du risque

  • Évaluation de la rĂ©ponse Ă  certaines interventions mĂ©dicamenteuses, de revascularisation, de rĂ©adaptation, d’ablation ou chirurgicales

L’épreuve ne permet pas de dĂ©finir la structure ou la composition de la plaque d’athĂ©rosclĂ©rose coronaire, d’identifier les plaques Ă  haut risque de rupture ni de dĂ©terminer si une ischĂ©mie surviendrait Ă  des niveaux d’effort supĂ©rieurs Ă  ceux atteints pendant l’examen.

L’ECG d’effort occupe une place moins importante comme examen diagnostique de premiĂšre intention de la maladie coronaire obstructive (MCO), car l’angiographie coronaire par tomodensitomĂ©trie (CCTA) et l’imagerie fonctionnelle prĂ©sentent de meilleures performances diagnostiques. Son rĂŽle contemporain le plus constant est donc l’évaluation de la capacitĂ© fonctionnelle, des symptĂŽmes, des rĂ©ponses hĂ©modynamiques, des arythmies et du pronostic, l’interprĂ©tation diagnostique Ă©tant rĂ©servĂ©e Ă  des patients sĂ©lectionnĂ©s de maniĂšre appropriĂ©e.

Bases physiopathologiques

L’effort augmente progressivement la demande myocardique en oxygĂšne en accroissant la frĂ©quence cardiaque, la contractilitĂ© myocardique et la pression artĂ©rielle. Lorsque le dĂ©bit sanguin coronaire ne peut augmenter suffisamment en raison d’une maladie limitant le dĂ©bit, une ischĂ©mie myocardique peut apparaĂźtre. Sa manifestation Ă©lectrique peut ĂȘtre un sous-dĂ©calage horizontal ou descendant du segment ST, traduisant une rĂ©ponse anormale de la repolarisation Ă  un dĂ©sĂ©quilibre entre les besoins et les apports myocardiques en oxygĂšne induit par l’effort.

La rĂ©ponse Ă  l’effort ne se limite pas Ă  l’ECG. L’ischĂ©mie peut Ă©galement entraĂźner un angor, une diminution de la capacitĂ© d’effort, une rĂ©ponse tensionnelle anormale ou des arythmies ventriculaires. Une baisse de la pression artĂ©rielle systolique, en particulier lorsqu’elle s’accompagne d’arguments en faveur d’une ischĂ©mie, peut indiquer une dysfonction ventriculaire gauche globale induite par l’effort.

L’épreuve d’effort fournit Ă©galement des informations physiologiques indĂ©pendantes de l’ischĂ©mie. La capacitĂ© d’effort maximale, exprimĂ©e par la durĂ©e de l’effort, la charge de travail ou les Ă©quivalents mĂ©taboliques, compte parmi les facteurs prĂ©dictifs les plus puissants de mortalitĂ© chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire, aprĂšs prise en compte de l’ñge. La rĂ©ponse chronotrope, le comportement de la pression artĂ©rielle et la survenue d’arythmies apportent des informations supplĂ©mentaires sur la rĂ©serve cardiovasculaire et la stabilitĂ© Ă©lectrique.

Indications cliniques

Suspicion de syndrome coronaire chronique

L’ECG d’effort peut ĂȘtre utilisĂ© chez certains patients prĂ©sentant une suspicion de syndrome coronaire chronique lorsque le rĂ©sultat devrait influencer la stratĂ©gie diagnostique ou la prise en charge. Les objectifs appropriĂ©s comprennent :

  • Mesurer la tolĂ©rance Ă  l’effort

  • DĂ©terminer si les symptĂŽmes sont reproduits Ă  l’effort

  • Évaluer la relation entre les symptĂŽmes et les modifications de l’ECG

  • DĂ©tecter les arythmies induites par l’effort

  • Évaluer la rĂ©ponse tensionnelle

  • Affiner la stratification du risque et le pronostic

Chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCO, la CCTA ou l’imagerie fonctionnelle doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre privilĂ©giĂ©es lorsqu’elles sont disponibles. Dans ce groupe, l’ECG d’effort n’est pas recommandĂ© comme examen d’exclusion si ces modalitĂ©s sont accessibles. Il peut nĂ©anmoins conserver une utilitĂ© lorsque l’imagerie n’est pas disponible, ou chez des personnes prĂ©sentant une faible probabilitĂ© prĂ©test chez lesquelles un rĂ©sultat nĂ©gatif pourrait rĂ©duire suffisamment la probabilitĂ© estimĂ©e pour permettre de diffĂ©rer les explorations complĂ©mentaires.

Chez les patients prĂ©sentant une MCO connue, l’ECG d’effort peut complĂ©ter l’évaluation clinique en documentant l’évolution des symptĂŽmes, de la tolĂ©rance Ă  l’effort, de la rĂ©ponse du segment ST, des arythmies, de la pression artĂ©rielle et du risque d’évĂ©nement.

Douleur thoracique aiguë

L’ECG d’effort a historiquement Ă©tĂ© utilisĂ© pour une Ă©valuation complĂ©mentaire du risque aprĂšs l’évaluation initiale d’une douleur thoracique aiguĂ«. Une Ă©preuve prĂ©coce peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e sans danger chez des patients cliniquement Ă  faible risque, sans douleur thoracique persistante ni autre signe de haut risque, Ă  condition que les ECG successifs et le dosage de la troponine cardiaque n’indiquent pas d’ischĂ©mie myocardique. Toutefois, lorsque la troponine et la stratification clinique du risque indiquent toutes deux une faible probabilitĂ© de syndrome coronarien aigu, les donnĂ©es disponibles ne dĂ©montrent pas que la rĂ©alisation systĂ©matique d’une Ă©preuve d’effort ou d’une imagerie cardiaque amĂ©liore le pronostic.

L’ECG d’effort demeure une option chez les patients sans MCO connue qui restent candidats Ă  une Ă©valuation complĂ©mentaire en raison d’un risque intermĂ©diaire de syndrome coronarien aigu. Chez les patients prĂ©sentant une athĂ©rosclĂ©rose coronaire connue, l’épreuve d’effort doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avec une imagerie cardiaque.

Stratification du risque et pronostic

L’ECG d’effort peut ĂȘtre utilisĂ© pour affiner le pronostic, en particulier lorsque la capacitĂ© d’effort et la rĂ©ponse clinique sont clairement caractĂ©risĂ©es. Les Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă  un risque accru comprennent :

  • Faible capacitĂ© d’effort

  • IschĂ©mie marquĂ©e Ă  faible charge de travail

  • Score de Duke sur tapis roulant Ă  haut risque

  • Sous-dĂ©calage Ă©tendu ou important du segment ST

  • RĂ©ponse anormale de la frĂ©quence cardiaque

  • Absence d’élĂ©vation appropriĂ©e de la pression artĂ©rielle

  • Diminution de la pression artĂ©rielle systolique

  • Arythmies ventriculaires induites par l’effort

  • Angor Ă  faible charge de travail

  • Persistance du sous-dĂ©calage du segment ST pendant plus de 5 minutes aprĂšs l’effort

À l’inverse, les personnes qui atteignent plus de 10 Ă©quivalents mĂ©taboliques, dont l’ECG d’effort est nĂ©gatif et dont le score de Duke sur tapis roulant est Ă  faible risque ont gĂ©nĂ©ralement un pronostic favorable et un besoin limitĂ© d’examens complĂ©mentaires ou de revascularisation.

Évaluation des arythmies

L’épreuve d’effort est indiquĂ©e ou raisonnable chez certains patients prĂ©sentant un trouble du rythme liĂ© Ă  l’effort, suspectĂ© ou connu. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e pour :

  • DĂ©clencher et diagnostiquer des arythmies ventriculaires induites par l’effort

  • Évaluer la rĂ©ponse Ă  un traitement mĂ©dicamenteux ou Ă  une ablation

  • Rechercher une incompĂ©tence chronotrope suspectĂ©e

  • Évaluer des symptĂŽmes liĂ©s Ă  l’effort Ă©voquant une bradycardie ou une maladie de la conduction

  • PrĂ©ciser le niveau d’un bloc auriculo-ventriculaire 2:1

  • DĂ©terminer si les symptĂŽmes chez les patients prĂ©sentant un bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I pourraient s’amĂ©liorer avec une stimulation permanente

  • Établir et surveiller le diagnostic d’un syndrome du QT long suspectĂ©

Chez les patients prĂ©sentant des arythmies ventriculaires induites par l’effort, connues ou suspectĂ©es, l’épreuve d’effort n’est pas une procĂ©dure Ă  faible risque. Le mĂ©decin devrait souvent rester dans la salle, et la mise en place d’un abord veineux peut ĂȘtre appropriĂ©e.

Valvulopathies

L’épreuve d’effort est particuliĂšrement utile lorsque les symptĂŽmes et les constatations au repos sont discordants. L’effort peut ĂȘtre associĂ© Ă  une Ă©chocardiographie afin d’évaluer les rĂ©ponses structurelles et physiologiques.

Les exemples comprennent :

  • StĂ©nose mitrale avec discordance entre les symptĂŽmes et les constatations Ă©chocardiographiques au repos

  • StĂ©nose aortique sĂ©vĂšre sans symptĂŽmes rapportĂ©s

  • SymptĂŽmes apparaissant disproportionnĂ©s par rapport Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose aortique au repos

  • RĂ©gurgitation mitrale ou aortique chronique sĂ©vĂšre avec symptĂŽmes Ă©quivoques

  • Évaluation de la capacitĂ© d’effort chez les patients atteints de valvulopathie souhaitant participer Ă  des activitĂ©s sportives de compĂ©tition

Dans la stĂ©nose aortique, l’objectif est principalement de rĂ©vĂ©ler des symptĂŽmes, de quantifier la limitation fonctionnelle et d’évaluer la rĂ©ponse tensionnelle plutĂŽt que d’interprĂ©ter des modifications isolĂ©es du segment ST.

Sportifs et pratique de l’exercice

L’épreuve d’effort systĂ©matique Ă  la recherche d’une ischĂ©mie n’est pas recommandĂ©e chez les adultes asymptomatiques ou les sportifs ĂągĂ©s, en raison de sa faible valeur prĂ©dictive positive et de la frĂ©quence des rĂ©sultats faussement positifs. L’évaluation doit plutĂŽt porter sur les symptĂŽmes, le risque cardiovasculaire et la possibilitĂ© d’une maladie structurelle ou Ă©lectrique non diagnostiquĂ©e.

L’épreuve d’effort peut ĂȘtre rĂ©servĂ©e aux sportifs symptomatiques ou considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque Ă©levĂ© de MCO. Elle peut Ă©galement contribuer Ă  Ă©valuer les arythmies induites par l’effort, les rĂ©ponses tensionnelles, les symptĂŽmes, les performances physiques et la relation entre les symptĂŽmes et l’entraĂźnement. Des protocoles adaptĂ©s au sport pratiquĂ© peuvent augmenter la probabilitĂ© de reproduire les contraintes physiologiques pertinentes.

Une Ă©preuve d’effort n’est pas nĂ©cessaire avant l’instauration d’une activitĂ© physique modĂ©rĂ©e, y compris chez les personnes prĂ©sentant un risque cardiovasculaire Ă©levĂ©. Elle peut ĂȘtre envisagĂ©e chez les personnes asymptomatiques Ă  haut risque qui prĂ©voient de pratiquer une activitĂ© physique intense.

Sélection des patients et contre-indications

Conditions requises pour un examen diagnostique utile

L’interprĂ©tation de l’ECG d’effort nĂ©cessite :

  • Un ECG permettant d’évaluer les modifications du segment ST induites par l’effort.

  • La capacitĂ© Ă  rĂ©aliser une charge de travail suffisante.

  • Une question clinique pour laquelle les informations apportĂ©es par l’effort modifieront la prise en charge.

L’épreuve n’a aucune valeur diagnostique pour la MCO lorsque des anomalies de base empĂȘchent une interprĂ©tation fiable du segment ST. Les principaux exemples sont :

  • Bloc de branche gauche

  • Rythme stimulĂ© ventriculaire

  • Syndrome de Wolff–Parkinson–White ou autre prĂ©excitation

  • Sous-dĂ©calage du segment ST au repos ≄0,1 mV

  • Traitement par digitaliques

La prĂ©cision diagnostique est Ă©galement influencĂ©e par l’hypertrophie ventriculaire, les anomalies ST–T au repos, les troubles de la conduction intraventriculaire, les mĂ©dicaments cardioactifs ou antiarythmiques et les anomalies de la kaliĂ©mie.

Contre-indications et situations nécessitant la prudence

Le document source identifie les situations suivantes comme des contre-indications Ă  l’épreuve d’effort :

  • Angor de repos au cours des 48 heures prĂ©cĂ©dentes

  • Trouble du rythme instable

  • StĂ©nose aortique sĂ©vĂšre

  • Myocardite aiguĂ«

  • Insuffisance cardiaque non contrĂŽlĂ©e

  • Hypertension pulmonaire sĂ©vĂšre

  • Endocardite infectieuse Ă©volutive

L’épreuve d’effort ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e chez les patients prĂ©sentant une stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre symptomatique. Elle doit Ă©galement ĂȘtre Ă©vitĂ©e chez les patients asymptomatiques dont la vitesse aortique maximale dĂ©passe 5.0 m/s, car la sĂ©vĂ©ritĂ© de la stĂ©nose constitue en elle-mĂȘme une indication raisonnable de remplacement valvulaire aortique.

Chez les patients prĂ©sentant des arythmies ventriculaires induites par l’effort, l’examen doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une procĂ©dure potentiellement Ă  haut risque, avec une surveillance appropriĂ©e et, dans de nombreux cas, la mise en place d’un abord veineux.

Évaluation clinique et examen physique

L’évaluation prĂ©test ciblĂ©e doit comprendre :

  • FrĂ©quence et rĂ©gularitĂ© du pouls

  • Pression artĂ©rielle au repos en position assise et debout

  • Auscultation pulmonaire, en particulier chez les patients prĂ©sentant une dyspnĂ©e, une insuffisance cardiaque ou une maladie pulmonaire

  • Auscultation cardiaque, notamment lorsqu’une insuffisance cardiaque ou une valvulopathie est suspectĂ©e

  • Évaluation des affections orthopĂ©diques, neurologiques ou autres susceptibles de limiter l’effort

L’anamnĂšse doit prĂ©ciser la nature et la reproductibilitĂ© des symptĂŽmes, la capacitĂ© Ă  l’effort, les antĂ©cĂ©dents de MCO, les antĂ©cĂ©dents d’arythmie, les traitements et les limitations potentielles non cardiaques. La capacitĂ© Ă  atteindre une charge de travail suffisante est essentielle, car une Ă©preuve interrompue prĂ©maturĂ©ment en raison d’une limitation musculosquelettique ou d’un dĂ©conditionnement peut ĂȘtre non concluante sur le plan diagnostique.

PrĂ©paration de l’examen et rĂ©alisation technique

Enregistrement de l’ECG

Un ECG standard Ă  12 dĂ©rivations doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant la mise en place des Ă©lectrodes sur le torse. Le placement thoracique des Ă©lectrodes des membres peut modifier les complexes des dĂ©rivations infĂ©rieures et soit simuler, soit masquer d’anciennes ondes Q. Un ECG en position debout doit servir de rĂ©fĂ©rence pour l’identification des modifications induites par l’effort.

Pendant l’effort, les Ă©lectrodes thoraciques sont placĂ©es sous les clavicules latĂ©rales pour les dĂ©rivations des bras, et sur la partie infĂ©rieure ou supĂ©rieure de la cage thoracique pour les dĂ©rivations des jambes. Les enregistrements ECG originaux doivent ĂȘtre examinĂ©s en plus de tout affichage agrandi ou moyennĂ©, car le moyennage peut ĂȘtre faussĂ© par les variations respiratoires, les artĂ©facts de mouvement, les extrasystoles ventriculaires ou les anomalies transitoires de la conduction.

Protocole d’effort

La charge de travail est augmentĂ©e par paliers standardisĂ©s, le plus souvent selon un protocole de Bruce ou de Bruce modifiĂ© sur tapis roulant. Des protocoles moins intenses peuvent ĂȘtre appropriĂ©s chez les personnes ĂągĂ©es, sĂ©dentaires ou non entraĂźnĂ©es. En cas de stĂ©nose aortique, un protocole de Naughton ou un autre protocole de faible intensitĂ©, avec des paliers de 1 Ă©quivalent mĂ©tabolique, peut ĂȘtre utilisĂ©.

L’épreuve est habituellement limitĂ©e par les symptĂŽmes. Elle peut ĂȘtre interrompue en raison de :

  • GĂȘne thoracique limitante

  • DyspnĂ©e sĂ©vĂšre

  • Vertiges

  • Fatigue sĂ©vĂšre

  • Sous-dĂ©calage significatif du segment ST

  • Diminution de la pression artĂ©rielle systolique

  • Tachyarythmie ventriculaire

  • Hypertension excessive

  • Atteinte d’environ 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale prĂ©dite

En cas de stĂ©nose aortique, l’effort doit ĂȘtre interrompu en cas de dyspnĂ©e ou de fatigue limitante Ă  faible charge de travail, d’angor, de vertiges, de diminution de la pression artĂ©rielle systolique ou d’extrasystoles ventriculaires complexes. L’évaluation minute par minute des symptĂŽmes, de la pression artĂ©rielle et du rythme est particuliĂšrement importante.

Un professionnel de santĂ© doit ĂȘtre prĂ©sent pendant toute la durĂ©e de l’épreuve, et un Ă©quipement de rĂ©animation doit ĂȘtre disponible.

Considérations relatives aux médicaments

Le traitement antiangineux peut rĂ©duire la sensibilitĂ© de l’épreuve d’effort lorsque l’objectif est de diagnostiquer une ischĂ©mie. Lorsque cela est cliniquement possible :

  • Les bĂȘtabloquants Ă  longue durĂ©e d’action doivent ĂȘtre interrompus 2–3 jours avant l’épreuve.

  • Les dĂ©rivĂ©s nitrĂ©s Ă  longue durĂ©e d’action, les antagonistes calciques et les bĂȘtabloquants Ă  courte durĂ©e d’action sont gĂ©nĂ©ralement interrompus la veille.

L’interruption du traitement n’est pas nĂ©cessaire lorsque l’objectif de l’épreuve est la stratification du risque chez un patient prĂ©sentant une MCO connue.

InterprĂ©tation de l’ECG

Sous-décalage du segment ST

Le critĂšre conventionnel d’une rĂ©ponse ischĂ©mique anormale est un sous-dĂ©calage horizontal ou descendant du segment ST d’au moins 0,1 mV, ou 1 mm, mesurĂ© sur trois battements consĂ©cutifs. Le segment ST est mesurĂ© 60–80 ms aprĂšs le point J, en utilisant le point PQ comme rĂ©fĂ©rence isoĂ©lectrique. Pour les frĂ©quences cardiaques supĂ©rieures Ă  130 battements/min, la mesure Ă  60 ms aprĂšs le point J est utilisĂ©e.

La rĂ©ponse doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre prĂ©sente sur au moins trois battements consĂ©cutifs dans deux dĂ©rivations contiguĂ«s. Les dĂ©rivations prĂ©cordiales latĂ©rales, en particulier V5, sont les plus utiles pour dĂ©finir une rĂ©ponse ischĂ©mique. Les dĂ©rivations infĂ©rieures peuvent aider Ă  Ă©valuer l’étendue des anomalies lorsque les dĂ©rivations latĂ©rales sont Ă©galement atteintes, bien qu’un sous-dĂ©calage ST infĂ©rieur isolĂ© soit frĂ©quemment faussement anormal en raison de la repolarisation atriale.

Le sous-dĂ©calage du segment ST pendant la rĂ©cupĂ©ration est cliniquement pertinent et peut avoir la mĂȘme signification que les modifications survenant au pic de l’effort. Les modifications se normalisant au cours de la premiĂšre minute de rĂ©cupĂ©ration sont associĂ©es Ă  un pronostic favorable et Ă  un rendement infĂ©rieur des explorations diagnostiques ultĂ©rieures par rapport aux anomalies persistant au-delĂ  d’une minute.

Le sous-dĂ©calage du segment ST ne localise pas l’ischĂ©mie Ă  une artĂšre coronaire ou Ă  un territoire vasculaire spĂ©cifique. Chez les patients prĂ©sentant une repolarisation prĂ©coce, les modifications doivent ĂȘtre mesurĂ©es Ă  partir de la ligne isoĂ©lectrique et non Ă  partir de l’élĂ©vation ST de base.

Résultats non diagnostiques et non spécifiques

Les constatations suivantes doivent ĂȘtre consignĂ©es, mais ne sont pas, isolĂ©ment, diagnostiques d’une ischĂ©mie :

  • Anomalies de l’onde T

  • Troubles de la conduction induits par l’effort

  • Arythmies ventriculaires

  • Modifications jonctionnelles ou ascendantes du segment ST

Une Ă©preuve n’atteignant pas environ 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale prĂ©dite est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme non concluante lorsqu’elle est rĂ©alisĂ©e pour Ă©valuer une ischĂ©mie.

Contexte clinique et hémodynamique

L’interprĂ©tation de l’ECG doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e aux Ă©lĂ©ments suivants :

  • DurĂ©e de l’effort

  • Charge de travail ou Ă©quivalents mĂ©taboliques

  • DĂ©lai d’apparition des symptĂŽmes

  • DĂ©lai d’apparition du sous-dĂ©calage du segment ST

  • Produit frĂ©quence cardiaque–pression artĂ©rielle

  • Amplitude du sous-dĂ©calage ST

  • DurĂ©e des modifications ST aprĂšs l’effort

  • RĂ©ponse tensionnelle

  • PrĂ©sence et sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes

  • Arythmies induites par l’effort

Un ECG d’effort positif n’a pas la mĂȘme signification selon la probabilitĂ© prĂ©test. Les rĂ©sultats faussement positifs sont particuliĂšrement frĂ©quents dans les populations ayant une faible probabilitĂ© de maladie, notamment chez les hommes jeunes asymptomatiques et les femmes prĂ©mĂ©nopausĂ©es sans facteur de risque. Une interprĂ©tation bayĂ©sienne est donc essentielle.

Performances diagnostiques et limites

L’ECG d’effort prĂ©sente une prĂ©cision diagnostique relativement modeste pour la MCO, avec, selon les recommandations, une sensibilitĂ© de 58 % et une spĂ©cificitĂ© de 62 %. D’autres sources indiquent une sensibilitĂ© globale d’environ 75 %, soulignant qu’un rĂ©sultat nĂ©gatif n’exclut pas une MCO.

L’examen prĂ©sente plusieurs limites importantes :

  • Il nĂ©cessite un ECG de repos interprĂ©table.

  • Il exige que le patient atteigne une charge de travail suffisante.

  • Il ne permet pas d’identifier la morphologie ou la vulnĂ©rabilitĂ© des plaques coronaires.

  • Il n’évalue pas l’ischĂ©mie au-delĂ  de la charge de travail effectivement atteinte.

  • Il peut ĂȘtre faussement positif chez les patients ayant une faible probabilitĂ© de maladie.

  • Il peut ĂȘtre faussement nĂ©gatif lorsque la maladie est limitĂ©e au territoire circonflexe, relativement mal reprĂ©sentĂ© sur l’ECG de surface.

  • Le traitement antiangineux peut rĂ©duire la sensibilitĂ©.

  • La valeur prĂ©dictive positive dĂ©pend fortement de la prĂ©valence de la maladie et de la probabilitĂ© prĂ©test.

  • L’imagerie d’effort possĂšde une meilleure prĂ©cision diagnostique chez les hommes comme chez les femmes.

En raison de ces limites, l’ECG d’effort ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© comme examen diagnostique de premiĂšre intention chez les patients prĂ©sentant un risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ© et une douleur thoracique stable lorsque la CCTA ou l’imagerie de stress est disponible.

Alternatives d’imagerie et examens complĂ©mentaires

Lorsque l’ECG de repos est ininterprĂ©table ou qu’une plus grande prĂ©cision diagnostique est nĂ©cessaire, une imagerie de stress doit ĂȘtre utilisĂ©e. Les modalitĂ©s disponibles dĂ©crites dans le document source comprennent :

  • Échocardiographie de stress

  • Imagerie de perfusion myocardique de stress par tomographie d’émission monophotonique

  • Imagerie de perfusion par tomographie par Ă©mission de positons

  • Imagerie cardiaque de stress par rĂ©sonance magnĂ©tique

  • CCTA pour l’évaluation anatomique

L’échocardiographie de stress peut mettre en Ă©vidence de nouvelles anomalies rĂ©gionales de la cinĂ©tique pariĂ©tale pendant l’effort ou sous dobutamine. L’imagerie de perfusion identifie les dĂ©fauts rĂ©versibles en comparant les images de stress et de repos. L’imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique peut Ă©valuer la structure et la fonction ventriculaires, la perfusion et les zones d’infarctus.

Les patients incapables de faire de l’exercice en raison d’une maladie vasculaire pĂ©riphĂ©rique ou musculosquelettique, d’une dyspnĂ©e d’effort ou d’un dĂ©conditionnement peuvent bĂ©nĂ©ficier d’une Ă©preuve de stress pharmacologique. L’adĂ©nosine peut augmenter prĂ©fĂ©rentiellement le dĂ©bit dans les segments coronaires non malades, tandis que la dobutamine augmente la demande myocardique en oxygĂšne. Ces agents pharmacologiques peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă  une imagerie de perfusion, une Ă©chocardiographie ou une imagerie cardiaque par rĂ©sonance magnĂ©tique.

Les rĂ©sultats d’une Ă©preuve de stress Ă  haut risque, quelle que soit la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes, doivent conduire Ă  une CCTA ou Ă  une coronarographie invasive. Les patients dont l’épreuve d’effort est clairement nĂ©gative ont gĂ©nĂ©ralement un excellent pronostic, et des examens complĂ©mentaires ne sont habituellement pas indiquĂ©s en l’absence d’autres Ă©lĂ©ments Ă  haut risque ou de symptĂŽmes rĂ©fractaires.

Épreuve d’effort dans certains troubles Ă©lectrophysiologiques

Tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique

La tachycardie ventriculaire polymorphe catĂ©cholaminergique survient typiquement lors d’un stress Ă©motionnel ou physique intense. L’ECG de repos et les examens cardiaques usuels sont gĂ©nĂ©ralement normaux, tandis que l’épreuve d’effort maximale dĂ©clenche frĂ©quemment l’arythmie. Celle-ci dĂ©bute souvent pour des frĂ©quences cardiaques supĂ©rieures Ă  120–130 battements/min par des extrasystoles ventriculaires polymorphes, Ă©volue vers une tachycardie ventriculaire non soutenue et peut progresser vers une tachycardie ventriculaire bidirectionnelle ou polymorphe.

L’épreuve est utilisĂ©e pour Ă©tablir le diagnostic et Ă©valuer la rĂ©ponse aux bĂȘtabloquants.

Syndrome du QT long

L’épreuve d’effort est utile lorsqu’un syndrome du QT long est suspectĂ© et que l’intervalle QT corrigĂ© au repos est limite. L’absence de raccourcissement appropriĂ© d’un intervalle QT prolongĂ©, ou sa prolongation supplĂ©mentaire pendant l’effort, est caractĂ©ristique du LQT1. Le LQT2 montre gĂ©nĂ©ralement un raccourcissement normal, tandis que le LQT3 prĂ©sente un raccourcissement plus marquĂ©. Les bĂȘtabloquants peuvent normaliser ces rĂ©ponses liĂ©es Ă  l’effort.

L’épreuve d’effort peut donc contribuer au diagnostic, Ă  la stratification du risque, au suivi du traitement et Ă  l’orientation des analyses gĂ©nĂ©tiques.

Arythmies ventriculaires induites par l’effort

L’épreuve d’effort peut dĂ©clencher des arythmies ventriculaires induites par l’effort suspectĂ©es et Ă©valuer la rĂ©ponse au traitement. Chez les sportifs, le critĂšre d’évaluation est la prĂ©sence ou l’absence d’une arythmie ventriculaire significative lors d’un niveau d’effort adaptĂ© Ă  la personne et au sport pratiquĂ©, plutĂŽt que l’atteinte d’une frĂ©quence cardiaque maximale particuliĂšre.

Les arythmies ventriculaires graves survenant Ă  l’effort se manifestent souvent par une tachycardie ventriculaire monomorphe avec morphologie de bloc de branche gauche. L’effort peut Ă©galement identifier les patients atteints de cardiomyopathie arythmogĂšne du ventricule droit qui sont davantage susceptibles de dĂ©velopper une dysfonction ventriculaire droite ou une insuffisance cardiaque clinique nĂ©cessitant une transplantation.

Bradycardie, maladie de la conduction et incompétence chronotrope

L’ECG d’effort est raisonnable en cas de suspicion d’incompĂ©tence chronotrope, car il peut Ă©tablir le diagnostic et fournir des informations pronostiques. Il est Ă©galement utile chez les patients dont les symptĂŽmes Ă  l’effort Ă©voquent une bradycardie ou une maladie de la conduction, notamment en cas de bloc auriculo-ventriculaire 2:1 inexpliquĂ©.

Chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique ou une dyspnĂ©e d’effort et un bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I au repos, l’épreuve d’effort peut aider Ă  dĂ©terminer s’il faut envisager une stimulation permanente.

Épreuve d’effort dans les valvulopathies

Dans la stĂ©nose aortique, l’épreuve d’effort doit ĂȘtre limitĂ©e aux patients sans symptĂŽmes rapportĂ©s ou prĂ©sentant tout au plus des symptĂŽmes Ă©quivoques, et qui ne prĂ©sentent ni limitation extracardiaque Ă  l’effort ni contre-indication au remplacement valvulaire.

Les réponses anormales les plus importantes comprennent :

  • Apparition d’un angor

  • Vertiges

  • DyspnĂ©e ou fatigue limitante Ă  faible charge de travail

  • IncapacitĂ© de la capacitĂ© d’effort Ă  atteindre les valeurs attendues selon l’ñge et le sexe

  • Diminution de la pression artĂ©rielle systolique

  • Extrasystoles ventriculaires complexes

Une diminution de la pression artĂ©rielle systolique de plus de 10 mmHg entre le repos et le pic d’effort, ou une faible tolĂ©rance Ă  l’effort, est considĂ©rĂ©e comme anormale. Le sous-dĂ©calage ST isolĂ©, en particulier supĂ©rieur Ă  2 mm, est frĂ©quent dans la stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre avec hypertrophie ventriculaire gauche et n’est pas spĂ©cifique.

Dans la rĂ©gurgitation mitrale ou aortique chronique sĂ©vĂšre, le rĂŽle principal de l’épreuve d’effort est de prĂ©ciser la capacitĂ© fonctionnelle lorsque les symptĂŽmes sont incertains. L’épreuve d’effort associĂ©e Ă  une Ă©chocardiographie est souvent privilĂ©giĂ©e lorsque les rĂ©ponses structurelles et physiologiques doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©es simultanĂ©ment.

Implications pour la prise en charge aiguë et à long terme

L’ECG d’effort est un examen diagnostique et pronostique, et non un traitement. Ses rĂ©sultats peuvent nĂ©anmoins modifier la prise en charge de plusieurs façons.

AprÚs un examen négatif ou à faible risque

Les patients ayant un rĂ©sultat clairement nĂ©gatif et aucun autre Ă©lĂ©ment Ă  haut risque ont gĂ©nĂ©ralement un excellent pronostic. Des examens complĂ©mentaires ne sont habituellement pas nĂ©cessaires, sauf en cas de symptĂŽmes rĂ©fractaires, d’examen techniquement insuffisant ou de persistance d’autres Ă©lĂ©ments cliniques prĂ©occupants.

Les personnes qui atteignent plus de 10 Ă©quivalents mĂ©taboliques avec un ECG nĂ©gatif et un score de Duke sur tapis roulant Ă  faible risque nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement peu d’examens complĂ©mentaires ou de revascularisation.

AprĂšs un examen Ă  haut risque

Une ischĂ©mie marquĂ©e Ă  faible charge de travail, un score de Duke sur tapis roulant Ă  haut risque, une limitation sĂ©vĂšre de l’effort, une rĂ©ponse tensionnelle anormale, la persistance prolongĂ©e d’un sous-dĂ©calage ST pendant la rĂ©cupĂ©ration ou des arythmies ventriculaires induites par l’effort doivent conduire Ă  une Ă©valuation anatomique ou fonctionnelle complĂ©mentaire. Une CCTA ou une coronarographie invasive est recommandĂ©e chez les patients dont l’épreuve de stress est Ă  haut risque.

Évaluation du traitement

Des Ă©preuves d’effort sĂ©riĂ©es peuvent Ă©valuer la rĂ©ponse aux traitements suivants :

  • Traitement antiangineux

  • Revascularisation coronaire

  • RĂ©adaptation cardiaque

  • Ablation par cathĂ©ter

  • Traitement chirurgical

Les mesures sĂ©riĂ©es utiles comprennent la charge de travail ou la frĂ©quence cardiaque au dĂ©but de l’angor ou du sous-dĂ©calage ST, ainsi que le produit frĂ©quence–pression au dĂ©but de l’ischĂ©mie. Ces paramĂštres sont notamment retenus pour leur reproductibilitĂ©. La consommation maximale d’oxygĂšne est plus reproductible, mais l’épreuve d’effort cardiopulmonaire n’est pas rĂ©alisĂ©e systĂ©matiquement dans tous les contextes.

En cas d’arythmies ventriculaires induites par l’effort, la rĂ©ponse au traitement est Ă©valuĂ©e en dĂ©terminant si des arythmies significatives persistent lors d’un niveau d’effort appropriĂ©.

Pronostic et suivi

Variables pronostiques

Le marqueur pronostique le plus constant est la capacitĂ© d’effort maximale, qu’elle soit exprimĂ©e par la durĂ©e de l’effort, la charge de travail atteinte ou les Ă©quivalents mĂ©taboliques. Son importance pronostique persiste, que l’épreuve soit interrompue pour dyspnĂ©e, fatigue ou angor.

Les autres éléments pronostiques défavorables comprennent :

  • Sous-dĂ©calage du segment ST induit par l’effort, en particulier lorsqu’il est Ă©tendu ou important

  • Angor ou sous-dĂ©calage ST sĂ©vĂšre Ă  faible charge de travail

  • RĂ©ponse anormale de la frĂ©quence cardiaque

  • Absence d’augmentation de la pression artĂ©rielle systolique

  • Diminution de la pression artĂ©rielle systolique

  • Tachyarythmie ventriculaire

  • Persistance prolongĂ©e du sous-dĂ©calage du segment ST pendant la rĂ©cupĂ©ration

  • Score de Duke sur tapis roulant Ă  haut risque

Une Ă©preuve d’effort nĂ©gative n’exclut pas toute MCO, mais rend extrĂȘmement improbable une atteinte du tronc commun gauche ou une maladie tritronculaire selon le document source. La persistance des symptĂŽmes ou d’autres Ă©lĂ©ments Ă  haut risque doit donc primer sur le caractĂšre rassurant d’une Ă©preuve par ailleurs nĂ©gative.

Examens de suivi

Une nouvelle Ă©preuve d’effort peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsqu’elle modifiera la prise en charge, notamment pour :

  • Réévaluer le patient aprĂšs une intervention thĂ©rapeutique

  • Surveiller des arythmies induites par l’effort

  • Évaluer la progression ou la modification des symptĂŽmes

  • Évaluer la capacitĂ© d’effort dans les valvulopathies

  • Suivre les sportifs prĂ©sentant des symptĂŽmes ou des arythmies liĂ©s Ă  l’effort

  • RĂ©aliser une Ă©valuation sĂ©riĂ©e dans certaines populations atteintes de cardiopathie congĂ©nitale

Chez les adultes atteints de cardiopathie congĂ©nitale, l’épreuve d’effort cardiopulmonaire fournit des informations plus larges que l’ECG d’effort seul, notamment la consommation maximale d’oxygĂšne, l’efficacitĂ© ventilatoire, les rĂ©ponses chronotrope et tensionnelle, les arythmies induites par l’effort et la dĂ©saturation en oxygĂšne. Ces variables sont corrĂ©lĂ©es Ă  la morbiditĂ© et Ă  la mortalitĂ©, et les examens sĂ©riĂ©s devraient faire partie des protocoles de suivi Ă  long terme lorsque cela est appropriĂ©.

Recommandations des recommandations professionnelles

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
Patients sĂ©lectionnĂ©s nĂ©cessitant une Ă©valuation de la tolĂ©rance Ă  l’effort, des symptĂŽmes, des arythmies, de la rĂ©ponse tensionnelle ou du risque d’évĂ©nement L’ECG d’effort est recommandĂ© I C
ECG d’effort comme examen alternatif de confirmation ou d’exclusion lorsque l’imagerie non invasive n’est pas disponible Peut ĂȘtre envisagĂ© IIb B
ECG d’effort pour affiner la stratification du risque et le traitement Peut ĂȘtre envisagĂ© IIb B
Faible probabilitĂ© prĂ©test de MCO, d’environ >5–15 %, afin d’identifier les patients chez lesquels les examens complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre diffĂ©rĂ©s Peut ĂȘtre envisagĂ© IIb C
Sous-dĂ©calage ST au repos ≄0,1 mV, bloc de branche gauche ou traitement par digitaliques Non recommandĂ© Ă  des fins diagnostiques III C
ProbabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCO, d’environ >5–50 %, lorsqu’une CCTA ou une imagerie fonctionnelle est disponible Non recommandĂ© pour exclure une MCO III C
Suspicion de syndrome du QT long avec intervalle QT corrigĂ© au repos limite Peut ĂȘtre utile au diagnostic et au suivi du traitement IIa B-NR
Arythmies ventriculaires induites par l’effort connues Peut ĂȘtre utile pour Ă©valuer la rĂ©ponse Ă  un traitement mĂ©dicamenteux ou Ă  une ablation IIa B
Suspicion d’incompĂ©tence chronotrope Raisonnable pour le diagnostic et l’évaluation pronostique IIa B-NR
SymptĂŽmes liĂ©s Ă  l’effort Ă©voquant une bradycardie ou une maladie de la conduction, ou bloc auriculo-ventriculaire 2:1 inexpliquĂ© Raisonnable IIa C-LD
SymptĂŽmes d’effort avec bloc auriculo-ventriculaire du premier degrĂ© ou du deuxiĂšme degrĂ© de type Mobitz I au repos Raisonnable pour Ă©valuer le bĂ©nĂ©fice potentiel d’une stimulation permanente IIa C-LD

Résumé

L’ECG d’effort demeure un examen physiologique et pronostique utile lorsqu’il est utilisĂ© de maniĂšre sĂ©lective. Ses principaux atouts sont l’évaluation directe de la capacitĂ© d’effort, des symptĂŽmes, des rĂ©ponses hĂ©modynamiques et des arythmies induites par l’effort. Sa principale limite est sa prĂ©cision diagnostique relativement faible pour la MCO, notamment par rapport Ă  la CCTA et Ă  l’imagerie fonctionnelle.

Un examen de qualitĂ© nĂ©cessite un ECG de repos interprĂ©table, une capacitĂ© d’effort suffisante, une surveillance attentive et une interprĂ©tation intĂ©grĂ©e des symptĂŽmes, de la charge de travail, des constatations ECG, de la pression artĂ©rielle, de la frĂ©quence cardiaque et des rĂ©ponses observĂ©es pendant la rĂ©cupĂ©ration. L’ECG d’effort doit principalement contribuer Ă  la stratification du risque et aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques, tandis que les techniques d’imagerie anatomique ou de stress doivent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre privilĂ©giĂ©es lorsqu’un diagnostic dĂ©finitif de MCO est nĂ©cessaire.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026