Définition et physiopathologie
Lâembolie pulmonaire (EP) aiguĂ« est classĂ©e selon le statut hĂ©modynamique, la gravitĂ© clinique, les signes de dysfonction ventriculaire droite (VD) et lâexistence dâune lĂ©sion myocardique. Cette classification est essentielle pour dĂ©terminer lâintensitĂ© de la surveillance, le traitement de soutien, lâanticoagulation et lâĂ©ventuelle reperfusion.
Le principal dĂ©terminant physiopathologique du pronostic dĂ©favorable prĂ©coce est lâinsuffisance ventriculaire droite aiguĂ«. Dans lâEP aiguĂ«, lâobstruction du dĂ©bit sanguin pulmonaire augmente la postcharge du VD et peut altĂ©rer son remplissage ainsi que son dĂ©bit antĂ©rograde. Le syndrome qui en rĂ©sulte peut Ă©voluer vers une congestion systĂ©mique, une diminution du dĂ©bit cardiaque, un collapsus hĂ©modynamique et le dĂ©cĂšs. Les consĂ©quences cliniques sont particuliĂšrement importantes lorsque lâobstruction vasculaire pulmonaire sâaccompagne dâune rĂ©serve cardiopulmonaire limitĂ©e ou dâautres comorbiditĂ©s dĂ©favorables.
La classification de lâEP aiguĂ« comprend quatre groupes cliniquement utiles :
EP Ă haut risque, Ă©galement appelĂ©e EP massive, dĂ©finie par une instabilitĂ© hĂ©modynamique et reprĂ©sentant environ 5â10% des cas.
EP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©, observĂ©e chez des patients hĂ©modynamiquement stables prĂ©sentant Ă la fois une dysfonction du VD Ă lâimagerie et une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques.
EP Ă risque intermĂ©diaire-faible, qui comprend les patients stables ne relevant pas du groupe Ă faible risque mais prĂ©sentant soit une dysfonction du VD, soit une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs, soit aucune de ces anomalies en prĂ©sence dâune Ă©valuation clinique du risque anormale.
EP Ă faible risque, caractĂ©risĂ©e par des Ă©lĂ©ments cliniques de faible risque, des biomarqueurs cardiaques nĂ©gatifs et lâabsence de signe de dysfonction du VD Ă lâimagerie.
LâEP catastrophique ou « supermassive » dĂ©signe un choc cardiogĂ©nique rĂ©fractaire ou la nĂ©cessitĂ© dâune rĂ©animation cardiopulmonaire prolongĂ©e. Une assistance circulatoire mĂ©canique, notamment une oxygĂ©nation par membrane extracorporelle (ECMO), peut ĂȘtre nĂ©cessaire dans ce contexte.
Présentation clinique et symptÎmes
La prĂ©sentation clinique reflĂšte lâimportance de la surcharge de pression du VD et lâĂ©tendue de lâatteinte circulatoire. Les Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă un pronostic dĂ©favorable Ă court terme comprennent :
Tachycardie
Pression artérielle systolique basse
Insuffisance respiratoire, se manifestant par une tachypnée et/ou une faible saturation artérielle en oxygÚne
Syncope
Ces signes peuvent survenir isolĂ©ment ou en association. La syncope est particuliĂšrement importante en tant que marqueur dâune maladie potentiellement sĂ©vĂšre. La prĂ©sence dâune instabilitĂ© hĂ©modynamique classe le patient dans la catĂ©gorie Ă haut risque et impose une Ă©valuation urgente en vue dâun traitement de reperfusion.
Ăvaluation et examen clinique
Ăvaluation initiale
La stratification du risque commence par la recherche immĂ©diate dâune instabilitĂ© hĂ©modynamique. Elle dĂ©termine si le patient prĂ©sente une EP Ă haut risque et doit donc bĂ©nĂ©ficier dâune prise en charge en urgence.
Les patients sans instabilité hémodynamique nécessitent une évaluation pronostique plus détaillée reposant sur deux domaines complémentaires :
Indicateurs de la gravitĂ© de lâEP aiguĂ«, comprenant les constatations cliniques, la dysfonction du VD Ă lâimagerie et la lĂ©sion myocardique mise en Ă©vidence par les examens biologiques.
ComorbiditĂ©s et facteurs aggravants, susceptibles dâaltĂ©rer le pronostic prĂ©coce mĂȘme lorsque le statut hĂ©modynamique est initialement prĂ©servĂ©.
Lâexamen clinique doit donc porter sur :
La pression artĂ©rielle et les signes dâhypotension
La fréquence cardiaque et la tachycardie
La frĂ©quence respiratoire et lâoxygĂ©nation
Les signes de congestion systĂ©mique ou dâinsuffisance ventriculaire droite aiguĂ«
La syncope ou lâaltĂ©ration de lâĂ©tat clinique
Les maladies cardiopulmonaires associĂ©es, le cancer actif et les autres affections intĂ©grĂ©es dans les outils validĂ©s dâĂ©valuation clinique du risque
Lâinsuffisance ventriculaire droite aiguĂ« est un syndrome rapidement progressif caractĂ©risĂ© par une congestion systĂ©mique rĂ©sultant dâune altĂ©ration du remplissage du VD et/ou dâune diminution de son dĂ©bit. La reconnaissance de ce syndrome est essentielle, car il peut prĂ©cĂ©der le collapsus hĂ©modynamique.
Scores de risque clinique
Des outils cliniques validĂ©s, notamment le Pulmonary Embolism Severity Index (PESI), sa forme simplifiĂ©e et les critĂšres de Hestia, sont utilisĂ©s pour Ă©valuer le risque clinique. Ces instruments intĂšgrent des variables hĂ©modynamiques et respiratoires telles que la tachycardie et lâhypoxĂ©mie, ainsi que lâĂąge et les comorbiditĂ©s, notamment le cancer actif et les maladies cardiopulmonaires.
LâĂ©valuation clinique du risque ne doit pas se substituer Ă lâĂ©valuation de la fonction du VD et de la lĂ©sion myocardique. Chez les patients hĂ©modynamiquement stables, lâassociation de lâĂ©valuation clinique du risque, de lâimagerie et des biomarqueurs constitue la base permettant de distinguer lâEP Ă faible risque de lâEP Ă risque intermĂ©diaire-faible ou intermĂ©diaire-Ă©levĂ©.
Stratification du risque
EP Ă haut risque
LâEP Ă haut risque est dĂ©finie principalement par une instabilitĂ© hĂ©modynamique. Lâhypotension systolique est le plus souvent dĂ©finie par une pression artĂ©rielle systolique infĂ©rieure Ă 90 mmHg. Les patients Ă haut risque prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des anomalies du VD Ă lâimagerie, une Ă©lĂ©vation de la troponine, ou les deux, bien que la dĂ©finition hĂ©modynamique soit prĂ©pondĂ©rante.
Cette catĂ©gorie comprend les patients en Ă©tat de choc ou en arrĂȘt cardiaque. Les patients prĂ©sentant un choc cardiogĂ©nique rĂ©fractaire ou nĂ©cessitant une rĂ©animation cardiopulmonaire prolongĂ©e peuvent ĂȘtre dĂ©crits comme ayant une EP catastrophique ou supermassive.
EP à risque intermédiaire
LâEP Ă risque intermĂ©diaire survient chez des patients hĂ©modynamiquement stables qui ne remplissent pas les critĂšres de faible risque. Elle est divisĂ©e en deux groupes.
| Groupe de risque | Statut hĂ©modynamique | Risque clinique | Dysfonction du VD Ă lâimagerie | Biomarqueurs cardiaques |
|---|---|---|---|---|
| IntermĂ©diaire-Ă©levĂ© | Stable | Accru | PrĂ©sente | ĂlevĂ©s |
| IntermĂ©diaire-faible | Stable | Accru ou non faible | PrĂ©sente ou absente | ĂlevĂ©s ou normaux |
LâEP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© est dĂ©finie par lâassociation dâune dysfonction du VD et dâune Ă©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques. LâEP Ă risque intermĂ©diaire-faible est diagnostiquĂ©e lorsquâune seule de ces anomalies est prĂ©sente, ou lorsque ni lâune ni lâautre nâest prĂ©sente mais que lâĂ©valuation clinique reste anormale.
EP Ă faible risque
LâEP Ă faible risque est caractĂ©risĂ©e par :
Une stabilité hémodynamique
Une évaluation clinique de faible risque selon le PESI, le PESI simplifié ou les critÚres de Hestia
Des biomarqueurs cardiaques négatifs
Lâabsence de signe de dysfonction du VD Ă lâimagerie
Une sous-population de patients prĂ©sentant une EP Ă faible risque peut ĂȘtre Ă©ligible Ă un traitement Ă domicile si un suivi fiable est possible.
Limites de la stratification du risque
La combinaison optimale des prĂ©dicteurs cliniques et biologiques du dĂ©cĂšs prĂ©coce liĂ© Ă lâEP, notamment les seuils appropriĂ©s, reste incertaine. Cette question est particuliĂšrement importante pour identifier les patients prĂ©sentant une EP Ă risque intermĂ©diaire qui pourraient tirer bĂ©nĂ©fice dâune reperfusion. La valeur ajoutĂ©e dâune Ă©valuation systĂ©matique du VD par rapport aux paramĂštres cliniques pour distinguer lâEP Ă faible risque de lâEP Ă risque intermĂ©diaire nĂ©cessite Ă©galement une confirmation prospective supplĂ©mentaire.
Diagnostic
Ălectrocardiographie
Le document source ne fournit pas de critĂšres Ă©lectrocardiographiques spĂ©cifiques ni de signes ECG caractĂ©ristiques de lâEP aiguĂ«.
Imagerie
Lâimagerie est principalement utilisĂ©e pour identifier une dysfonction du VD et une surcharge de pression aprĂšs le diagnostic dâEP ou lorsquâelle est fortement suspectĂ©e. Les signes Ă©chocardiographiques ou tomodensitomĂ©triques de dysfonction du VD contribuent directement Ă la classification du risque.
Chez les patients stables :
Une dysfonction du VD associée à une élévation des biomarqueurs cardiaques indique un risque intermédiaire-élevé.
Une dysfonction du VD sans élévation des biomarqueurs indique un risque intermédiaire-faible.
Lâabsence de dysfonction du VD et des biomarqueurs nĂ©gatifs sont en faveur dâun faible risque lorsque le risque clinique est Ă©galement faible.
LâĂ©chocardiographie fournit une Ă©valuation non invasive de la surcharge de pression et de la fonction du VD. Le document source identifie lâĂ©chocardiographie transthoracique comme un Ă©lĂ©ment important de lâĂ©valuation pronostique, mais ne prĂ©cise pas les mesures Ă©chocardiographiques individuelles ni les valeurs seuils.
La tomodensitométrie peut également montrer une dysfonction du VD. Le document source ne fournit pas de seuils tomodensitométriques spécifiques ni de critÚres quantitatifs.
Approche diagnostique en cas dâinstabilitĂ© hĂ©modynamique
Chez les patients prĂ©sentant une instabilitĂ© hĂ©modynamique, la dĂ©marche diagnostique et thĂ©rapeutique est urgente. Lorsquâune EP Ă haut risque est suspectĂ©e et que le contexte clinique est compatible avec le diagnostic, lâanticoagulation doit ĂȘtre instaurĂ©e sans dĂ©lai et la reperfusion primaire constitue gĂ©nĂ©ralement le traitement de choix.
Approche diagnostique en lâabsence dâinstabilitĂ© hĂ©modynamique
Les patients sans instabilitĂ© hĂ©modynamique bĂ©nĂ©ficient dâune stratification avancĂ©e du risque. Celle-ci associe :
LâĂ©valuation clinique du risque
LâĂ©valuation de la fonction du VD par imagerie
Le dosage des biomarqueurs cardiaques
LâĂ©valuation des comorbiditĂ©s et des facteurs aggravants
Les rĂ©sultats orientent le choix entre lâanticoagulation seule, une surveillance plus Ă©troite avec reperfusion de sauvetage en cas dâaggravation, et une prise en charge ambulatoire ou Ă domicile chez certains patients Ă faible risque.
Biomarqueurs et résultats biologiques
Les troponines cardiaques sont utilisĂ©es pour identifier une lĂ©sion myocardique associĂ©e Ă une surcharge aiguĂ« du VD. Leur interprĂ©tation est intĂ©grĂ©e Ă lâimagerie et Ă lâĂ©valuation clinique du risque.
Troponine élevée avec dysfonction du VD : EP à risque intermédiaire-élevé chez un patient hémodynamiquement stable.
Troponine élevée sans dysfonction du VD : EP à risque intermédiaire-faible.
Biomarqueurs cardiaques négatifs sans dysfonction du VD, associés à un faible risque clinique : EP à faible risque.
Le document source ne précise pas les dosages de troponine utilisés, les seuils des peptides natriurétiques, les critÚres biologiques rénaux ou hépatiques ni les autres marqueurs biologiques.
Traitement et prise en charge
La prise en charge est adaptée au risque et poursuit trois objectifs principaux :
Stabilisation immédiate de la circulation et de la perfusion des organes.
Anticoagulation afin de prévenir la propagation du thrombus et de nouvelles embolies.
Reperfusion chez les patients dont le risque clinique justifie une rĂ©duction rapide de lâobstruction vasculaire pulmonaire.
Le niveau de soins dĂ©pend du statut hĂ©modynamique, de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la dysfonction du VD, des biomarqueurs, du risque clinique, des comorbiditĂ©s et de la disponibilitĂ© dâune expertise et de ressources appropriĂ©es.
Traitement aigu de lâEP Ă haut risque
Anticoagulation
LâhĂ©parine non fractionnĂ©e (HNF), comprenant une injection en bolus adaptĂ©e au poids, doit ĂȘtre dĂ©butĂ©e sans dĂ©lai chez les patients prĂ©sentant une EP Ă haut risque.
AprĂšs la reperfusion et la stabilisation hĂ©modynamique, lâanticoagulation parentĂ©rale peut ĂȘtre relayĂ©e par un traitement oral. Les patients prĂ©sentant une EP Ă haut risque ont Ă©tĂ© exclus des essais de phase III consacrĂ©s aux anticoagulants oraux directs non antagonistes de la vitamine K ; le moment prĂ©cis du relais nâest donc pas Ă©tabli par ces donnĂ©es et doit ĂȘtre individualisĂ©.
Lorsquâun traitement oral est choisi, les modalitĂ©s posologiques validĂ©es doivent ĂȘtre respectĂ©es :
Lâapixaban nĂ©cessite une dose initiale plus Ă©levĂ©e durant la premiĂšre 1 semaine suivant le diagnostic dâEP.
Le rivaroxaban nécessite une dose initiale plus élevée durant les 3 premiÚres semaines.
Le dabigatran ou lâedoxaban nĂ©cessitent au moins 5 jours dâanticoagulation prĂ©alable par hĂ©parine.
Le document source ne fournit pas les doses numériques de ces médicaments.
Thrombolyse systémique
Un traitement thrombolytique systĂ©mique est recommandĂ© dans lâEP Ă haut risque. Chez la plupart des patients prĂ©sentant une EP Ă haut risque, il constitue la stratĂ©gie de reperfusion primaire privilĂ©giĂ©e.
La principale limite est le risque important dâhĂ©morragie majeure, notamment dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral. Le document source fait rĂ©fĂ©rence aux schĂ©mas thrombolytiques, aux doses et aux contre-indications, mais nâen reproduit pas les dĂ©tails numĂ©riques.
Embolectomie pulmonaire chirurgicale
Lâembolectomie chirurgicale est recommandĂ©e lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e ou a Ă©chouĂ©. Elle reste une option dans les situations suivantes :
EP Ă haut risque
EP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© avec dysfonction sĂ©vĂšre du VD et aggravation clinique malgrĂ© lâanticoagulation
Patients nĂ©cessitant lâextraction chirurgicale dâun thrombus de lâoreillette droite
Patients présentant un thrombus en transit
Patients nĂ©cessitant la fermeture dâun foramen ovale permĂ©able
Traitement de sauvetage aprÚs échec de la thrombolyse
Les rĂ©sultats sont meilleurs lorsque la chirurgie est rĂ©alisĂ©e avant lâapparition dâune dĂ©pendance aux vasopresseurs, dâun choc cardiogĂ©nique et dâune dĂ©faillance multiviscĂ©rale. Lâextraction doit ĂȘtre limitĂ©e aux caillots directement visibles et lâinstrumentation Ă lâaveugle dâartĂšres pulmonaires fragiles doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e. Lâembolectomie chirurgicale doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e de prĂ©fĂ©rence dans des centres expĂ©rimentĂ©s.
Dans une comparaison observationnelle, la mortalitĂ© Ă 30 jours Ă©tait similaire entre la chirurgie et la thrombolyse, tandis que la thrombolyse Ă©tait associĂ©e Ă davantage dâaccidents vasculaires cĂ©rĂ©braux et de rĂ©interventions. Les rĂ©cidives dâEP nĂ©cessitant une rĂ©hospitalisation Ă©taient Ă©galement plus frĂ©quentes aprĂšs thrombolyse quâaprĂšs chirurgie, bien que le caractĂšre non randomisĂ© de lâĂ©tude et la sĂ©lection potentielle des patients opĂ©rĂ©s limitent lâinterprĂ©tation.
Traitement dirigé par cathéter
Un traitement percutanĂ© dirigĂ© par cathĂ©ter doit ĂȘtre envisagĂ© lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e ou a Ă©chouĂ©, Ă condition que lâexpertise et les ressources nĂ©cessaires soient disponibles sur place.
Le document source ne fournit pas de précisions sur le choix du dispositif, les protocoles de procédure, les doses de thrombolytiques utilisées pour le traitement par cathéter ni les critÚres de sélection au-delà des indications cliniques mentionnées.
Soutien hémodynamique
La noradrĂ©naline et/ou la dobutamine doivent ĂȘtre envisagĂ©es chez les patients prĂ©sentant une EP Ă haut risque. Ces mĂ©dicaments sont utilisĂ©s comme traitement de soutien en prĂ©sence dâune atteinte circulatoire.
LâECMO peut ĂȘtre envisagĂ©e en association avec une embolectomie chirurgicale ou un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter chez les patients prĂ©sentant un collapsus circulatoire rĂ©fractaire ou un arrĂȘt cardiaque. Dans lâEP massive, lâECMO veino-artĂ©rielle peut dĂ©comprimer le VD dĂ©faillant et restaurer la perfusion des organes, tout en facilitant la fibrinolyse endogĂšne. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e comme pont vers lâembolectomie ou dans le cadre dâune stratĂ©gie combinĂ©e de reperfusion.
Prise en charge de lâEP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©
LâEP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© nĂ©cessite une anticoagulation et une surveillance clinique Ă©troite, car une aggravation peut survenir malgrĂ© une stabilitĂ© hĂ©modynamique initiale. Un traitement de reperfusion avancĂ© nâest pas systĂ©matique Ă la prĂ©sentation dans le tableau de classification ; il est utilisĂ© en cas dâaggravation clinique.
Lâembolectomie chirurgicale est une option chez les patients prĂ©sentant une dysfonction sĂ©vĂšre du VD et une aggravation clinique malgrĂ© lâanticoagulation lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e. Un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© dans certaines situations, notamment lorsque la thrombolyse a Ă©chouĂ© ou ne peut pas ĂȘtre administrĂ©e.
Le document source ne fournit pas de calendrier prĂ©cis de surveillance, dâintervalle de réévaluation des biomarqueurs ni de seuil universel indiquant une reperfusion de sauvetage dans lâEP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©.
Prise en charge de lâEP Ă risque intermĂ©diaire-faible
Les patients prĂ©sentant une EP Ă risque intermĂ©diaire-faible sont traitĂ©s par anticoagulation. Comme un seul domaine pronostique â risque clinique, imagerie du VD ou biomarqueurs cardiaques â est anormal, la stratĂ©gie thĂ©rapeutique repose gĂ©nĂ©ralement sur lâanticoagulation et la surveillance clinique plutĂŽt que sur une reperfusion primaire systĂ©matique.
Le document source ne prĂ©cise pas les critĂšres dâhospitalisation ou de prise en charge ambulatoire dans ce groupe.
Prise en charge de lâEP Ă faible risque
Les patients Ă faible risque doivent recevoir une anticoagulation. Certains peuvent ĂȘtre pris en charge Ă domicile lorsquâun suivi fiable est assurĂ©.
Le document source ne prĂ©cise pas lâanticoagulant Ă privilĂ©gier, la durĂ©e du traitement, la liste de contrĂŽle avant sortie ni le protocole de surveillance ambulatoire.
Recommandations des recommandations professionnelles
Les principales recommandations concernant lâEP aiguĂ« Ă haut risque sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.
| Intervention | Recommandation | Classe | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| HNF immédiate, comprenant un bolus adapté au poids | Recommandée sans délai | I | C |
| Thrombolyse systémique | Recommandée | I | B |
| Embolectomie pulmonaire chirurgicale lorsque la thrombolyse est contre-indiquée ou a échoué | Recommandée | I | C |
| Traitement percutané dirigé par cathéter lorsque la thrombolyse est contre-indiquée ou a échoué | à envisager | IIa | C |
| Noradrénaline et/ou dobutamine | à envisager | IIa | C |
| ECMO associĂ©e Ă une embolectomie chirurgicale ou Ă un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter en cas de collapsus circulatoire rĂ©fractaire ou dâarrĂȘt cardiaque | Peut ĂȘtre envisagĂ©e | IIb | C |
Le cadre thérapeutique fondé sur les recommandations est donc le suivant :
EP à haut risque : HNF immédiate et reperfusion primaire, généralement par thrombolyse systémique ; chirurgie ou traitement dirigé par cathéter lorsque la thrombolyse est inadaptée ou inefficace.
EP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© : anticoagulation et surveillance Ă©troite, avec traitement avancĂ© en cas dâaggravation clinique.
EP à risque intermédiaire-faible : anticoagulation.
EP Ă faible risque : anticoagulation, avec prise en charge Ă domicile chez certains patients bĂ©nĂ©ficiant dâun suivi fiable.
Anticoagulation au long cours et risque de récidive
La durĂ©e de lâanticoagulation aprĂšs la phase aiguĂ« dĂ©pend du risque de rĂ©cidive de la maladie thromboembolique veineuse aprĂšs lâarrĂȘt du traitement. Les catĂ©gories de risque dĂ©crites dans le document source sont les suivantes :
| Risque estimĂ© de rĂ©cidive aprĂšs lâarrĂȘt de lâanticoagulation | Exemples |
|---|---|
| Faible, <3% par an | Chirurgie majeure ou traumatisme |
| IntermĂ©diaire, 3â8% par an | Chirurgie mineure ; hospitalisation pour affection mĂ©dicale aiguĂ« ; grossesse ou exposition aux ĆstrogĂšnes ; vol long-courrier ; maladie inflammatoire chronique de lâintestin ; maladie auto-immune ; absence de facteur dĂ©clenchant identifiable |
| ĂlevĂ©, >8% par an | Cancer actif ; syndrome des antiphospholipides |
Ces catégories fournissent un cadre pour les décisions thérapeutiques à long terme, bien que le document source ne précise pas de durée universelle de traitement pour chaque groupe.
Pronostic et suivi
Pronostic précoce
Le pronostic prĂ©coce dĂ©pend principalement du statut hĂ©modynamique et de lâimportance de la lĂ©sion ou de la dysfonction du VD. LâEP Ă haut risque comporte le risque le plus Ă©levĂ© de dĂ©cĂšs prĂ©coce et comprend les patients en Ă©tat de choc ou en arrĂȘt cardiaque. Chez les patients hĂ©modynamiquement stables, lâassociation du risque clinique, de la dysfonction du VD et de lâĂ©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques identifie les patients exposĂ©s Ă un risque progressivement plus Ă©levĂ©.
Les patients prĂ©sentant une EP Ă risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© nĂ©cessitent une vigilance particuliĂšre, car ils peuvent sâaggraver malgrĂ© une pression artĂ©rielle initialement prĂ©servĂ©e. La prĂ©sence simultanĂ©e dâune dysfonction du VD et dâune Ă©lĂ©vation de la troponine indique un sous-groupe Ă risque plus Ă©levĂ© que la prĂ©sence de lâune ou lâautre anomalie isolĂ©ment.
Résultats aprÚs traitement avancé
Les rĂ©sultats de lâembolectomie chirurgicale sont influencĂ©s par le moment de lâintervention et lâĂ©tat prĂ©opĂ©ratoire. Dans une base de donnĂ©es chirurgicale multicentrique, la mortalitĂ© hospitaliĂšre Ă©tait de 12%, avec les rĂ©sultats les plus dĂ©favorables chez les patients ayant prĂ©sentĂ© un arrĂȘt cardiaque prĂ©opĂ©ratoire, chez lesquels la mortalitĂ© Ă©tait de 32%. Ces donnĂ©es observationnelles doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en tenant compte de la sĂ©lection des cas et de lâexpertise du centre.
Lâassociation de lâECMO et dâun traitement chirurgical a Ă©tĂ© rapportĂ©e chez des patients prĂ©sentant une EP Ă risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ©, notamment des patients en arrĂȘt cardiaque. Dans une sĂ©rie publiĂ©e, la survie hospitaliĂšre et la survie Ă 1 an Ă©taient respectivement de 93% et 91%, bien que ces rĂ©sultats proviennent dâune expĂ©rience observationnelle.
Suivi aprĂšs une EP
Le suivi doit réévaluer :
Les symptĂŽmes et lâĂ©tat fonctionnel
La persistance ou la rĂ©cidive dâune dysfonction du VD
Les signes de maladie thromboembolique chronique
La nĂ©cessitĂ© de poursuivre lâanticoagulation selon le risque de rĂ©cidive
Le risque hĂ©morragique et lâadĂ©quation pratique de lâanticoagulant choisi
Le document source souligne lâimportance dâun suivi systĂ©matique aprĂšs une EP aiguĂ« afin dâamĂ©liorer la dĂ©tection de lâhypertension pulmonaire thromboembolique chronique et des sĂ©quelles Ă long terme associĂ©es. Il ne fournit pas de calendrier prĂ©cis de suivi ni de protocole dĂ©taillĂ© dâexamens.