đŸš« Embolie pulmonaire aiguĂ« : stratification du risque et reperfusion

Sommaire (32)

Définition et physiopathologie

L’embolie pulmonaire (EP) aiguĂ« est classĂ©e selon le statut hĂ©modynamique, la gravitĂ© clinique, les signes de dysfonction ventriculaire droite (VD) et l’existence d’une lĂ©sion myocardique. Cette classification est essentielle pour dĂ©terminer l’intensitĂ© de la surveillance, le traitement de soutien, l’anticoagulation et l’éventuelle reperfusion.

Le principal dĂ©terminant physiopathologique du pronostic dĂ©favorable prĂ©coce est l’insuffisance ventriculaire droite aiguĂ«. Dans l’EP aiguĂ«, l’obstruction du dĂ©bit sanguin pulmonaire augmente la postcharge du VD et peut altĂ©rer son remplissage ainsi que son dĂ©bit antĂ©rograde. Le syndrome qui en rĂ©sulte peut Ă©voluer vers une congestion systĂ©mique, une diminution du dĂ©bit cardiaque, un collapsus hĂ©modynamique et le dĂ©cĂšs. Les consĂ©quences cliniques sont particuliĂšrement importantes lorsque l’obstruction vasculaire pulmonaire s’accompagne d’une rĂ©serve cardiopulmonaire limitĂ©e ou d’autres comorbiditĂ©s dĂ©favorables.

La classification de l’EP aiguĂ« comprend quatre groupes cliniquement utiles :

  • EP Ă  haut risque, Ă©galement appelĂ©e EP massive, dĂ©finie par une instabilitĂ© hĂ©modynamique et reprĂ©sentant environ 5–10% des cas.

  • EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©, observĂ©e chez des patients hĂ©modynamiquement stables prĂ©sentant Ă  la fois une dysfonction du VD Ă  l’imagerie et une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques.

  • EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible, qui comprend les patients stables ne relevant pas du groupe Ă  faible risque mais prĂ©sentant soit une dysfonction du VD, soit une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs, soit aucune de ces anomalies en prĂ©sence d’une Ă©valuation clinique du risque anormale.

  • EP Ă  faible risque, caractĂ©risĂ©e par des Ă©lĂ©ments cliniques de faible risque, des biomarqueurs cardiaques nĂ©gatifs et l’absence de signe de dysfonction du VD Ă  l’imagerie.

L’EP catastrophique ou « supermassive » dĂ©signe un choc cardiogĂ©nique rĂ©fractaire ou la nĂ©cessitĂ© d’une rĂ©animation cardiopulmonaire prolongĂ©e. Une assistance circulatoire mĂ©canique, notamment une oxygĂ©nation par membrane extracorporelle (ECMO), peut ĂȘtre nĂ©cessaire dans ce contexte.

Présentation clinique et symptÎmes

La prĂ©sentation clinique reflĂšte l’importance de la surcharge de pression du VD et l’étendue de l’atteinte circulatoire. Les Ă©lĂ©ments associĂ©s Ă  un pronostic dĂ©favorable Ă  court terme comprennent :

  • Tachycardie

  • Pression artĂ©rielle systolique basse

  • Insuffisance respiratoire, se manifestant par une tachypnĂ©e et/ou une faible saturation artĂ©rielle en oxygĂšne

  • Syncope

Ces signes peuvent survenir isolĂ©ment ou en association. La syncope est particuliĂšrement importante en tant que marqueur d’une maladie potentiellement sĂ©vĂšre. La prĂ©sence d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique classe le patient dans la catĂ©gorie Ă  haut risque et impose une Ă©valuation urgente en vue d’un traitement de reperfusion.

Évaluation et examen clinique

Évaluation initiale

La stratification du risque commence par la recherche immĂ©diate d’une instabilitĂ© hĂ©modynamique. Elle dĂ©termine si le patient prĂ©sente une EP Ă  haut risque et doit donc bĂ©nĂ©ficier d’une prise en charge en urgence.

Les patients sans instabilité hémodynamique nécessitent une évaluation pronostique plus détaillée reposant sur deux domaines complémentaires :

  • Indicateurs de la gravitĂ© de l’EP aiguĂ«, comprenant les constatations cliniques, la dysfonction du VD Ă  l’imagerie et la lĂ©sion myocardique mise en Ă©vidence par les examens biologiques.

  • ComorbiditĂ©s et facteurs aggravants, susceptibles d’altĂ©rer le pronostic prĂ©coce mĂȘme lorsque le statut hĂ©modynamique est initialement prĂ©servĂ©.

L’examen clinique doit donc porter sur :

  • La pression artĂ©rielle et les signes d’hypotension

  • La frĂ©quence cardiaque et la tachycardie

  • La frĂ©quence respiratoire et l’oxygĂ©nation

  • Les signes de congestion systĂ©mique ou d’insuffisance ventriculaire droite aiguĂ«

  • La syncope ou l’altĂ©ration de l’état clinique

  • Les maladies cardiopulmonaires associĂ©es, le cancer actif et les autres affections intĂ©grĂ©es dans les outils validĂ©s d’évaluation clinique du risque

L’insuffisance ventriculaire droite aiguĂ« est un syndrome rapidement progressif caractĂ©risĂ© par une congestion systĂ©mique rĂ©sultant d’une altĂ©ration du remplissage du VD et/ou d’une diminution de son dĂ©bit. La reconnaissance de ce syndrome est essentielle, car il peut prĂ©cĂ©der le collapsus hĂ©modynamique.

Scores de risque clinique

Des outils cliniques validĂ©s, notamment le Pulmonary Embolism Severity Index (PESI), sa forme simplifiĂ©e et les critĂšres de Hestia, sont utilisĂ©s pour Ă©valuer le risque clinique. Ces instruments intĂšgrent des variables hĂ©modynamiques et respiratoires telles que la tachycardie et l’hypoxĂ©mie, ainsi que l’ñge et les comorbiditĂ©s, notamment le cancer actif et les maladies cardiopulmonaires.

L’évaluation clinique du risque ne doit pas se substituer Ă  l’évaluation de la fonction du VD et de la lĂ©sion myocardique. Chez les patients hĂ©modynamiquement stables, l’association de l’évaluation clinique du risque, de l’imagerie et des biomarqueurs constitue la base permettant de distinguer l’EP Ă  faible risque de l’EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible ou intermĂ©diaire-Ă©levĂ©.

Stratification du risque

EP Ă  haut risque

L’EP Ă  haut risque est dĂ©finie principalement par une instabilitĂ© hĂ©modynamique. L’hypotension systolique est le plus souvent dĂ©finie par une pression artĂ©rielle systolique infĂ©rieure Ă  90 mmHg. Les patients Ă  haut risque prĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement des anomalies du VD Ă  l’imagerie, une Ă©lĂ©vation de la troponine, ou les deux, bien que la dĂ©finition hĂ©modynamique soit prĂ©pondĂ©rante.

Cette catĂ©gorie comprend les patients en Ă©tat de choc ou en arrĂȘt cardiaque. Les patients prĂ©sentant un choc cardiogĂ©nique rĂ©fractaire ou nĂ©cessitant une rĂ©animation cardiopulmonaire prolongĂ©e peuvent ĂȘtre dĂ©crits comme ayant une EP catastrophique ou supermassive.

EP à risque intermédiaire

L’EP Ă  risque intermĂ©diaire survient chez des patients hĂ©modynamiquement stables qui ne remplissent pas les critĂšres de faible risque. Elle est divisĂ©e en deux groupes.

Groupe de risque Statut hĂ©modynamique Risque clinique Dysfonction du VD Ă  l’imagerie Biomarqueurs cardiaques
IntermĂ©diaire-Ă©levĂ© Stable Accru PrĂ©sente ÉlevĂ©s
IntermĂ©diaire-faible Stable Accru ou non faible PrĂ©sente ou absente ÉlevĂ©s ou normaux

L’EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© est dĂ©finie par l’association d’une dysfonction du VD et d’une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques. L’EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible est diagnostiquĂ©e lorsqu’une seule de ces anomalies est prĂ©sente, ou lorsque ni l’une ni l’autre n’est prĂ©sente mais que l’évaluation clinique reste anormale.

EP Ă  faible risque

L’EP Ă  faible risque est caractĂ©risĂ©e par :

  • Une stabilitĂ© hĂ©modynamique

  • Une Ă©valuation clinique de faible risque selon le PESI, le PESI simplifiĂ© ou les critĂšres de Hestia

  • Des biomarqueurs cardiaques nĂ©gatifs

  • L’absence de signe de dysfonction du VD Ă  l’imagerie

Une sous-population de patients prĂ©sentant une EP Ă  faible risque peut ĂȘtre Ă©ligible Ă  un traitement Ă  domicile si un suivi fiable est possible.

Limites de la stratification du risque

La combinaison optimale des prĂ©dicteurs cliniques et biologiques du dĂ©cĂšs prĂ©coce liĂ© Ă  l’EP, notamment les seuils appropriĂ©s, reste incertaine. Cette question est particuliĂšrement importante pour identifier les patients prĂ©sentant une EP Ă  risque intermĂ©diaire qui pourraient tirer bĂ©nĂ©fice d’une reperfusion. La valeur ajoutĂ©e d’une Ă©valuation systĂ©matique du VD par rapport aux paramĂštres cliniques pour distinguer l’EP Ă  faible risque de l’EP Ă  risque intermĂ©diaire nĂ©cessite Ă©galement une confirmation prospective supplĂ©mentaire.

Diagnostic

Électrocardiographie

Le document source ne fournit pas de critĂšres Ă©lectrocardiographiques spĂ©cifiques ni de signes ECG caractĂ©ristiques de l’EP aiguĂ«.

Imagerie

L’imagerie est principalement utilisĂ©e pour identifier une dysfonction du VD et une surcharge de pression aprĂšs le diagnostic d’EP ou lorsqu’elle est fortement suspectĂ©e. Les signes Ă©chocardiographiques ou tomodensitomĂ©triques de dysfonction du VD contribuent directement Ă  la classification du risque.

Chez les patients stables :

  • Une dysfonction du VD associĂ©e Ă  une Ă©lĂ©vation des biomarqueurs cardiaques indique un risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©.

  • Une dysfonction du VD sans Ă©lĂ©vation des biomarqueurs indique un risque intermĂ©diaire-faible.

  • L’absence de dysfonction du VD et des biomarqueurs nĂ©gatifs sont en faveur d’un faible risque lorsque le risque clinique est Ă©galement faible.

L’échocardiographie fournit une Ă©valuation non invasive de la surcharge de pression et de la fonction du VD. Le document source identifie l’échocardiographie transthoracique comme un Ă©lĂ©ment important de l’évaluation pronostique, mais ne prĂ©cise pas les mesures Ă©chocardiographiques individuelles ni les valeurs seuils.

La tomodensitométrie peut également montrer une dysfonction du VD. Le document source ne fournit pas de seuils tomodensitométriques spécifiques ni de critÚres quantitatifs.

Approche diagnostique en cas d’instabilitĂ© hĂ©modynamique

Chez les patients prĂ©sentant une instabilitĂ© hĂ©modynamique, la dĂ©marche diagnostique et thĂ©rapeutique est urgente. Lorsqu’une EP Ă  haut risque est suspectĂ©e et que le contexte clinique est compatible avec le diagnostic, l’anticoagulation doit ĂȘtre instaurĂ©e sans dĂ©lai et la reperfusion primaire constitue gĂ©nĂ©ralement le traitement de choix.

Approche diagnostique en l’absence d’instabilitĂ© hĂ©modynamique

Les patients sans instabilitĂ© hĂ©modynamique bĂ©nĂ©ficient d’une stratification avancĂ©e du risque. Celle-ci associe :

  • L’évaluation clinique du risque

  • L’évaluation de la fonction du VD par imagerie

  • Le dosage des biomarqueurs cardiaques

  • L’évaluation des comorbiditĂ©s et des facteurs aggravants

Les rĂ©sultats orientent le choix entre l’anticoagulation seule, une surveillance plus Ă©troite avec reperfusion de sauvetage en cas d’aggravation, et une prise en charge ambulatoire ou Ă  domicile chez certains patients Ă  faible risque.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Les troponines cardiaques sont utilisĂ©es pour identifier une lĂ©sion myocardique associĂ©e Ă  une surcharge aiguĂ« du VD. Leur interprĂ©tation est intĂ©grĂ©e Ă  l’imagerie et Ă  l’évaluation clinique du risque.

  • Troponine Ă©levĂ©e avec dysfonction du VD : EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© chez un patient hĂ©modynamiquement stable.

  • Troponine Ă©levĂ©e sans dysfonction du VD : EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible.

  • Biomarqueurs cardiaques nĂ©gatifs sans dysfonction du VD, associĂ©s Ă  un faible risque clinique : EP Ă  faible risque.

Le document source ne précise pas les dosages de troponine utilisés, les seuils des peptides natriurétiques, les critÚres biologiques rénaux ou hépatiques ni les autres marqueurs biologiques.

Traitement et prise en charge

La prise en charge est adaptée au risque et poursuit trois objectifs principaux :

  • Stabilisation immĂ©diate de la circulation et de la perfusion des organes.

  • Anticoagulation afin de prĂ©venir la propagation du thrombus et de nouvelles embolies.

  • Reperfusion chez les patients dont le risque clinique justifie une rĂ©duction rapide de l’obstruction vasculaire pulmonaire.

Le niveau de soins dĂ©pend du statut hĂ©modynamique, de la sĂ©vĂ©ritĂ© de la dysfonction du VD, des biomarqueurs, du risque clinique, des comorbiditĂ©s et de la disponibilitĂ© d’une expertise et de ressources appropriĂ©es.

Traitement aigu de l’EP à haut risque

Anticoagulation

L’hĂ©parine non fractionnĂ©e (HNF), comprenant une injection en bolus adaptĂ©e au poids, doit ĂȘtre dĂ©butĂ©e sans dĂ©lai chez les patients prĂ©sentant une EP Ă  haut risque.

AprĂšs la reperfusion et la stabilisation hĂ©modynamique, l’anticoagulation parentĂ©rale peut ĂȘtre relayĂ©e par un traitement oral. Les patients prĂ©sentant une EP Ă  haut risque ont Ă©tĂ© exclus des essais de phase III consacrĂ©s aux anticoagulants oraux directs non antagonistes de la vitamine K ; le moment prĂ©cis du relais n’est donc pas Ă©tabli par ces donnĂ©es et doit ĂȘtre individualisĂ©.

Lorsqu’un traitement oral est choisi, les modalitĂ©s posologiques validĂ©es doivent ĂȘtre respectĂ©es :

  • L’apixaban nĂ©cessite une dose initiale plus Ă©levĂ©e durant la premiĂšre 1 semaine suivant le diagnostic d’EP.

  • Le rivaroxaban nĂ©cessite une dose initiale plus Ă©levĂ©e durant les 3 premiĂšres semaines.

  • Le dabigatran ou l’edoxaban nĂ©cessitent au moins 5 jours d’anticoagulation prĂ©alable par hĂ©parine.

Le document source ne fournit pas les doses numériques de ces médicaments.

Thrombolyse systémique

Un traitement thrombolytique systĂ©mique est recommandĂ© dans l’EP Ă  haut risque. Chez la plupart des patients prĂ©sentant une EP Ă  haut risque, il constitue la stratĂ©gie de reperfusion primaire privilĂ©giĂ©e.

La principale limite est le risque important d’hĂ©morragie majeure, notamment d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral. Le document source fait rĂ©fĂ©rence aux schĂ©mas thrombolytiques, aux doses et aux contre-indications, mais n’en reproduit pas les dĂ©tails numĂ©riques.

Embolectomie pulmonaire chirurgicale

L’embolectomie chirurgicale est recommandĂ©e lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e ou a Ă©chouĂ©. Elle reste une option dans les situations suivantes :

  • EP Ă  haut risque

  • EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© avec dysfonction sĂ©vĂšre du VD et aggravation clinique malgrĂ© l’anticoagulation

  • Patients nĂ©cessitant l’extraction chirurgicale d’un thrombus de l’oreillette droite

  • Patients prĂ©sentant un thrombus en transit

  • Patients nĂ©cessitant la fermeture d’un foramen ovale permĂ©able

  • Traitement de sauvetage aprĂšs Ă©chec de la thrombolyse

Les rĂ©sultats sont meilleurs lorsque la chirurgie est rĂ©alisĂ©e avant l’apparition d’une dĂ©pendance aux vasopresseurs, d’un choc cardiogĂ©nique et d’une dĂ©faillance multiviscĂ©rale. L’extraction doit ĂȘtre limitĂ©e aux caillots directement visibles et l’instrumentation Ă  l’aveugle d’artĂšres pulmonaires fragiles doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e. L’embolectomie chirurgicale doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e de prĂ©fĂ©rence dans des centres expĂ©rimentĂ©s.

Dans une comparaison observationnelle, la mortalitĂ© Ă  30 jours Ă©tait similaire entre la chirurgie et la thrombolyse, tandis que la thrombolyse Ă©tait associĂ©e Ă  davantage d’accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux et de rĂ©interventions. Les rĂ©cidives d’EP nĂ©cessitant une rĂ©hospitalisation Ă©taient Ă©galement plus frĂ©quentes aprĂšs thrombolyse qu’aprĂšs chirurgie, bien que le caractĂšre non randomisĂ© de l’étude et la sĂ©lection potentielle des patients opĂ©rĂ©s limitent l’interprĂ©tation.

Traitement dirigé par cathéter

Un traitement percutanĂ© dirigĂ© par cathĂ©ter doit ĂȘtre envisagĂ© lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e ou a Ă©chouĂ©, Ă  condition que l’expertise et les ressources nĂ©cessaires soient disponibles sur place.

Le document source ne fournit pas de précisions sur le choix du dispositif, les protocoles de procédure, les doses de thrombolytiques utilisées pour le traitement par cathéter ni les critÚres de sélection au-delà des indications cliniques mentionnées.

Soutien hémodynamique

La noradrĂ©naline et/ou la dobutamine doivent ĂȘtre envisagĂ©es chez les patients prĂ©sentant une EP Ă  haut risque. Ces mĂ©dicaments sont utilisĂ©s comme traitement de soutien en prĂ©sence d’une atteinte circulatoire.

L’ECMO peut ĂȘtre envisagĂ©e en association avec une embolectomie chirurgicale ou un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter chez les patients prĂ©sentant un collapsus circulatoire rĂ©fractaire ou un arrĂȘt cardiaque. Dans l’EP massive, l’ECMO veino-artĂ©rielle peut dĂ©comprimer le VD dĂ©faillant et restaurer la perfusion des organes, tout en facilitant la fibrinolyse endogĂšne. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e comme pont vers l’embolectomie ou dans le cadre d’une stratĂ©gie combinĂ©e de reperfusion.

Prise en charge de l’EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©

L’EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© nĂ©cessite une anticoagulation et une surveillance clinique Ă©troite, car une aggravation peut survenir malgrĂ© une stabilitĂ© hĂ©modynamique initiale. Un traitement de reperfusion avancĂ© n’est pas systĂ©matique Ă  la prĂ©sentation dans le tableau de classification ; il est utilisĂ© en cas d’aggravation clinique.

L’embolectomie chirurgicale est une option chez les patients prĂ©sentant une dysfonction sĂ©vĂšre du VD et une aggravation clinique malgrĂ© l’anticoagulation lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e. Un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter peut Ă©galement ĂȘtre envisagĂ© dans certaines situations, notamment lorsque la thrombolyse a Ă©chouĂ© ou ne peut pas ĂȘtre administrĂ©e.

Le document source ne fournit pas de calendrier prĂ©cis de surveillance, d’intervalle de réévaluation des biomarqueurs ni de seuil universel indiquant une reperfusion de sauvetage dans l’EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ©.

Prise en charge de l’EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible

Les patients prĂ©sentant une EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible sont traitĂ©s par anticoagulation. Comme un seul domaine pronostique — risque clinique, imagerie du VD ou biomarqueurs cardiaques — est anormal, la stratĂ©gie thĂ©rapeutique repose gĂ©nĂ©ralement sur l’anticoagulation et la surveillance clinique plutĂŽt que sur une reperfusion primaire systĂ©matique.

Le document source ne prĂ©cise pas les critĂšres d’hospitalisation ou de prise en charge ambulatoire dans ce groupe.

Prise en charge de l’EP à faible risque

Les patients Ă  faible risque doivent recevoir une anticoagulation. Certains peuvent ĂȘtre pris en charge Ă  domicile lorsqu’un suivi fiable est assurĂ©.

Le document source ne prĂ©cise pas l’anticoagulant Ă  privilĂ©gier, la durĂ©e du traitement, la liste de contrĂŽle avant sortie ni le protocole de surveillance ambulatoire.

Recommandations des recommandations professionnelles

Les principales recommandations concernant l’EP aiguĂ« Ă  haut risque sont rĂ©sumĂ©es ci-dessous.

Intervention Recommandation Classe Niveau de preuve
HNF immédiate, comprenant un bolus adapté au poids Recommandée sans délai I C
Thrombolyse systémique Recommandée I B
Embolectomie pulmonaire chirurgicale lorsque la thrombolyse est contre-indiquée ou a échoué Recommandée I C
Traitement percutanĂ© dirigĂ© par cathĂ©ter lorsque la thrombolyse est contre-indiquĂ©e ou a Ă©chouĂ© À envisager IIa C
NoradrĂ©naline et/ou dobutamine À envisager IIa C
ECMO associĂ©e Ă  une embolectomie chirurgicale ou Ă  un traitement dirigĂ© par cathĂ©ter en cas de collapsus circulatoire rĂ©fractaire ou d’arrĂȘt cardiaque Peut ĂȘtre envisagĂ©e IIb C

Le cadre thérapeutique fondé sur les recommandations est donc le suivant :

  • EP Ă  haut risque : HNF immĂ©diate et reperfusion primaire, gĂ©nĂ©ralement par thrombolyse systĂ©mique ; chirurgie ou traitement dirigĂ© par cathĂ©ter lorsque la thrombolyse est inadaptĂ©e ou inefficace.

  • EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© : anticoagulation et surveillance Ă©troite, avec traitement avancĂ© en cas d’aggravation clinique.

  • EP Ă  risque intermĂ©diaire-faible : anticoagulation.

  • EP Ă  faible risque : anticoagulation, avec prise en charge Ă  domicile chez certains patients bĂ©nĂ©ficiant d’un suivi fiable.

Anticoagulation au long cours et risque de récidive

La durĂ©e de l’anticoagulation aprĂšs la phase aiguĂ« dĂ©pend du risque de rĂ©cidive de la maladie thromboembolique veineuse aprĂšs l’arrĂȘt du traitement. Les catĂ©gories de risque dĂ©crites dans le document source sont les suivantes :

Risque estimĂ© de rĂ©cidive aprĂšs l’arrĂȘt de l’anticoagulation Exemples
Faible, <3% par an Chirurgie majeure ou traumatisme
IntermĂ©diaire, 3–8% par an Chirurgie mineure ; hospitalisation pour affection mĂ©dicale aiguĂ« ; grossesse ou exposition aux ƓstrogĂšnes ; vol long-courrier ; maladie inflammatoire chronique de l’intestin ; maladie auto-immune ; absence de facteur dĂ©clenchant identifiable
ÉlevĂ©, >8% par an Cancer actif ; syndrome des antiphospholipides

Ces catégories fournissent un cadre pour les décisions thérapeutiques à long terme, bien que le document source ne précise pas de durée universelle de traitement pour chaque groupe.

Pronostic et suivi

Pronostic précoce

Le pronostic prĂ©coce dĂ©pend principalement du statut hĂ©modynamique et de l’importance de la lĂ©sion ou de la dysfonction du VD. L’EP Ă  haut risque comporte le risque le plus Ă©levĂ© de dĂ©cĂšs prĂ©coce et comprend les patients en Ă©tat de choc ou en arrĂȘt cardiaque. Chez les patients hĂ©modynamiquement stables, l’association du risque clinique, de la dysfonction du VD et de l’élĂ©vation des biomarqueurs cardiaques identifie les patients exposĂ©s Ă  un risque progressivement plus Ă©levĂ©.

Les patients prĂ©sentant une EP Ă  risque intermĂ©diaire-Ă©levĂ© nĂ©cessitent une vigilance particuliĂšre, car ils peuvent s’aggraver malgrĂ© une pression artĂ©rielle initialement prĂ©servĂ©e. La prĂ©sence simultanĂ©e d’une dysfonction du VD et d’une Ă©lĂ©vation de la troponine indique un sous-groupe Ă  risque plus Ă©levĂ© que la prĂ©sence de l’une ou l’autre anomalie isolĂ©ment.

Résultats aprÚs traitement avancé

Les rĂ©sultats de l’embolectomie chirurgicale sont influencĂ©s par le moment de l’intervention et l’état prĂ©opĂ©ratoire. Dans une base de donnĂ©es chirurgicale multicentrique, la mortalitĂ© hospitaliĂšre Ă©tait de 12%, avec les rĂ©sultats les plus dĂ©favorables chez les patients ayant prĂ©sentĂ© un arrĂȘt cardiaque prĂ©opĂ©ratoire, chez lesquels la mortalitĂ© Ă©tait de 32%. Ces donnĂ©es observationnelles doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es en tenant compte de la sĂ©lection des cas et de l’expertise du centre.

L’association de l’ECMO et d’un traitement chirurgical a Ă©tĂ© rapportĂ©e chez des patients prĂ©sentant une EP Ă  risque intermĂ©diaire ou Ă©levĂ©, notamment des patients en arrĂȘt cardiaque. Dans une sĂ©rie publiĂ©e, la survie hospitaliĂšre et la survie Ă  1 an Ă©taient respectivement de 93% et 91%, bien que ces rĂ©sultats proviennent d’une expĂ©rience observationnelle.

Suivi aprĂšs une EP

Le suivi doit réévaluer :

  • Les symptĂŽmes et l’état fonctionnel

  • La persistance ou la rĂ©cidive d’une dysfonction du VD

  • Les signes de maladie thromboembolique chronique

  • La nĂ©cessitĂ© de poursuivre l’anticoagulation selon le risque de rĂ©cidive

  • Le risque hĂ©morragique et l’adĂ©quation pratique de l’anticoagulant choisi

Le document source souligne l’importance d’un suivi systĂ©matique aprĂšs une EP aiguĂ« afin d’amĂ©liorer la dĂ©tection de l’hypertension pulmonaire thromboembolique chronique et des sĂ©quelles Ă  long terme associĂ©es. Il ne fournit pas de calendrier prĂ©cis de suivi ni de protocole dĂ©taillĂ© d’examens.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 14 août 2026