đŸš« Échocardiographie de stress : protocoles et interprĂ©tation

Sommaire (28)

Définition et physiopathologie

L’échocardiographie de stress est une technique d’imagerie cardiaque fonctionnelle principalement utilisĂ©e pour identifier une ischĂ©mie myocardique inductible et estimer le pronostic chez les patients prĂ©sentant une maladie coronarienne (MC) suspectĂ©e ou avĂ©rĂ©e. Elle associe l’évaluation Ă©chocardiographique de la structure et de la fonction du ventricule gauche (VG) Ă  un stress d’exercice ou pharmacologique.

La base physiologique est un dĂ©sĂ©quilibre entre la demande myocardique en oxygĂšne et l’apport coronaire. Le stress augmente les besoins myocardiques en oxygĂšne, principalement par l’augmentation de la frĂ©quence cardiaque et de la contractilitĂ©. En prĂ©sence d’une stĂ©nose coronaire limitant le dĂ©bit, l’apport ne peut pas augmenter de maniĂšre adĂ©quate. L’ischĂ©mie dĂ©bute dans le sous-endocarde, qui contribue de maniĂšre importante Ă  l’épaississement pariĂ©tal systolique ; par consĂ©quent, des anomalies rĂ©gionales inductibles de l’épaississement systolique peuvent apparaĂźtre dans le territoire myocardique irriguĂ© par l’artĂšre rĂ©trĂ©cie.

Le principal critĂšre diagnostique est l’apparition d’une nouvelle anomalie rĂ©gionale de la cinĂ©tique pariĂ©tale (RWMA) ou l’aggravation d’une anomalie prĂ©existante au cours du stress. Une anomalie fixe qui reste inchangĂ©e pendant le stress indique gĂ©nĂ©ralement un infarctus antĂ©rieur. Une ischĂ©mie Ă©tendue peut entraĂźner une diminution de la FEVG globale et une dilatation transitoire de la cavitĂ© du VG pendant le stress.

L’échocardiographie de stress peut Ă©galement fournir des informations au-delĂ  de la cinĂ©tique pariĂ©tale rĂ©gionale, notamment :

  • Fonction systolique globale et rĂ©gionale du VG

  • RĂ©serve contractile du VG

  • Fonction valvulaire et modifications hĂ©modynamiques liĂ©es au stress

  • Fonction diastolique

  • Hypertension pulmonaire

  • RĂ©serve de vĂ©locitĂ© du flux coronaire (CFVR)

  • Congestion pulmonaire dĂ©tectĂ©e par les lignes B Ă  l’échographie pulmonaire

  • Perfusion myocardique lors de l’utilisation d’agents de contraste ultrasonores

Cette technique est particuliĂšrement utile car elle est rapide, peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au lit du patient, n’expose pas aux rayonnements ionisants et peut ĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©e. Elle dĂ©pend toutefois de l’opĂ©rateur, et ses performances diagnostiques sont influencĂ©es par la qualitĂ© des images et l’expertise locale.

Présentation clinique et indications

L’échocardiographie de stress est utilisĂ©e chez les patients prĂ©sentant une MC suspectĂ©e ou connue lorsque la question clinique porte sur la prĂ©sence, l’étendue, la sĂ©vĂ©ritĂ© ou la localisation d’une ischĂ©mie inductible. Elle est particuliĂšrement appropriĂ©e lorsque :

  • La probabilitĂ© prĂ©test d’une MC obstructive est modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e, gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieure Ă  15 % et infĂ©rieure Ă  85 %

  • Des anomalies ECG de base rendent l’interprĂ©tation de l’ECG d’effort peu fiable

  • Le patient ne peut pas rĂ©aliser un test sur tapis roulant adĂ©quat mais peut recevoir un stress pharmacologique

  • Une expertise locale et des installations Ă©chocardiographiques adĂ©quates sont disponibles

  • Une stratification du risque est nĂ©cessaire en cas de MC avĂ©rĂ©e ou suspectĂ©e

  • L’étendue ou la localisation de l’ischĂ©mie doivent ĂȘtre dĂ©finies avant une revascularisation

  • Une ischĂ©mie rĂ©siduelle doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e aprĂšs l’instauration d’un traitement mĂ©dical

  • La fonction du VG doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e dans un contexte d’ischĂ©mie suspectĂ©e ou d’infarctus antĂ©rieur

  • Une dyspnĂ©e nĂ©cessite l’évaluation de la fonction dynamique du VG, d’une valvulopathie, de la pression pulmonaire ou de l’hĂ©modynamique

L’imagerie de stress n’est pas recommandĂ©e chez les patients devant subir une chirurgie non cardiaque urgente ni chez ceux prĂ©sentant une situation clinique instable. Chez les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST suspectĂ© ou avĂ©rĂ©, un test d’effort peut ĂȘtre envisagĂ© aprĂšs au moins 24 heures de stabilisation, Ă  condition qu’il n’existe pas d’ischĂ©mie active ni d’instabilitĂ© hĂ©modynamique ou Ă©lectrique.

Une Ă©chocardiographie transthoracique de repos est utile avant le test d’effort lorsque les informations Ă©chocardiographiques antĂ©rieures ne sont pas disponibles. Elle peut mettre en Ă©vidence une valvulopathie significative, une cardiomyopathie, une hypertrophie, une dysfonction du VG ou une autre anomalie susceptible d’influencer la sĂ©curitĂ© ou l’interprĂ©tation de l’examen.

Évaluation et examen clinique

Avant l’échocardiographie de stress, l’évaluation clinique doit prĂ©ciser :

  • La nature et la stabilitĂ© des symptĂŽmes

  • La capacitĂ© d’effort

  • La prĂ©sence d’une douleur thoracique active ou de tout autre signe d’ischĂ©mie persistante

  • Les symptĂŽmes Ă©voquant une compromission hĂ©modynamique, tels qu’une lipothymie ou une mauvaise perfusion

  • L’existence d’une arythmie connue ou d’une instabilitĂ© Ă©lectrique

  • La prĂ©sence d’une hypertension sĂ©vĂšre ou d’une hypotension

  • Les situations susceptibles de limiter la performance Ă  l’effort ou l’acquisition des images

La probabilitĂ© prĂ©test de MC doit ĂȘtre prise en compte lors de l’interprĂ©tation du rĂ©sultat. Les rĂ©sultats faussement positifs ont davantage de consĂ©quences lorsque la probabilitĂ© de la maladie est faible, tandis qu’un examen nĂ©gatif est particuliĂšrement utile lorsque le test est techniquement adĂ©quat et que le niveau de stress cible a Ă©tĂ© atteint.

Une brĂšve Ă©valuation Ă©chocardiographique initiale doit apprĂ©cier les cavitĂ©s cardiaques, les valves, la racine aortique, la taille du VG, l’épaisseur pariĂ©tale, la fonction systolique et les anomalies rĂ©gionales prĂ©existantes de la cinĂ©tique pariĂ©tale. Cette Ă©valuation contribue Ă  identifier des contre-indications ou une cardiopathie structurelle importante et fournit une rĂ©fĂ©rence pour la comparaison avec les images obtenues sous stress.

Pendant le test, les symptĂŽmes, la frĂ©quence cardiaque, le rythme, la pression artĂ©rielle, l’ECG et les donnĂ©es Ă©chocardiographiques sont surveillĂ©s. Le stress est gĂ©nĂ©ralement poursuivi jusqu’à l’apparition de symptĂŽmes limitant l’effort ou jusqu’à l’atteinte de la frĂ©quence cardiaque cible.

Modalités diagnostiques et protocoles

Échocardiographie d’effort

L’effort peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© sur tapis roulant ou sur bicyclette ergomĂ©trique.

Protocole sur tapis roulant

L’approche standard sur tapis roulant utilise le protocole de Bruce. Les images Ă©chocardiographiques sont obtenues :

  • Au repos, avant l’effort

  • Pendant ou immĂ©diatement aprĂšs l’effort maximal

  • Au dĂ©but de la rĂ©cupĂ©ration, aussi prĂšs que possible du pic de stress

Le critĂšre d’arrĂȘt est habituellement l’apparition de symptĂŽmes limitant l’effort ou l’achĂšvement du protocole, avec une cible d’au moins 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale thĂ©orique pour l’ñge.

Protocole sur bicyclette

Avec une bicyclette en position assise ou semi-allongĂ©e, la charge est augmentĂ©e de 25 W toutes les 2 ou 3 minutes. La possibilitĂ© d’obtenir des images en continu permet une acquisition au pic de stress et l’évaluation de la rĂ©ponse au cours de l’augmentation progressive des charges.

L’épreuve d’effort est interrompue en prĂ©sence d’indications absolues telles que :

  • Angor modĂ©rĂ© Ă  sĂ©vĂšre

  • Sus-dĂ©calage du segment ST

  • Tachycardie ventriculaire soutenue

  • Lipothymie ou signes de mauvaise perfusion

  • Baisse de la pression artĂ©rielle systolique de plus de 10 mmHg par rapport Ă  la valeur initiale lorsqu’elle s’accompagne d’un autre signe d’ischĂ©mie

  • Demande du patient d’arrĂȘter en raison de symptĂŽmes intolĂ©rables

Les indications relatives comprennent une réponse hypertensive, définie dans le document source par une pression artérielle systolique supérieure à 220 mmHg et/ou une pression artérielle diastolique supérieure à 120 mmHg.

Échocardiographie de stress à la dobutamine

La dobutamine est utilisĂ©e lorsque le patient ne peut pas rĂ©aliser un effort adĂ©quat. Elle augmente la demande myocardique en oxygĂšne par l’augmentation de la frĂ©quence cardiaque et de la contractilitĂ© myocardique. Une perfusion progressive peut ĂȘtre administrĂ©e jusqu’à 40 ”g/kg/min. De l’atropine peut ĂȘtre ajoutĂ©e si nĂ©cessaire pour atteindre la frĂ©quence cardiaque cible.

Le stress Ă  la dobutamine est moins physiologique que l’effort, mais entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une augmentation moindre de la pression artĂ©rielle et permet une imagerie prĂ©cise au pic du stress pharmacologique. Il est particuliĂšrement utile lorsque des anomalies de conduction de base, telles qu’un bloc de branche gauche ou une dyssynchronie septale liĂ©e Ă  la stimulation, rendent difficile l’interprĂ©tation du mouvement septal induit par l’effort.

Stress vasodilatateur

Le stress vasodilatateur peut ĂȘtre obtenu avec de l’adĂ©nosine, du dipyridamole ou du rĂ©gadĂ©noson. De l’atropine peut ĂȘtre associĂ©e au stress vasodilatateur pour augmenter la frĂ©quence cardiaque si nĂ©cessaire.

Lorsque l’échocardiographie de stress vasodilatateur n’est pas associĂ©e Ă  une perfusion myocardique avec contraste, le test reste dĂ©pendant des anomalies de la cinĂ©tique pariĂ©tale induites par le stress. Cela diffĂšre de l’exploration nuclĂ©aire sous vasodilatateur, qui Ă©value la redistribution du flux.

Le stress vasodilatateur est moins utilisĂ© que l’échocardiographie d’effort ou Ă  la dobutamine.

Stress par stimulation

Le stress par stimulation peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© au moyen d’un stimulateur cardiaque permanent prĂ©existant ou d’un cathĂ©ter de stimulation transƓsophagienne. Cette technique est possible, mais moins couramment utilisĂ©e.

Acquisition des images

L’examen standard acquiert des images du VG à partir des :

  • Vues parasternales en grand axe

  • Vues parasternales en petit axe

  • FenĂȘtres apicales

Les images sont synchronisĂ©es sur l’ECG et affichĂ©es cĂŽte Ă  cĂŽte afin de comparer le repos et le stress. L’évaluation est rĂ©alisĂ©e selon le modĂšle standard Ă  17 segments. Chaque segment est classĂ© comme :

  • Normal

  • HyperkinĂ©tique

  • HypokinĂ©tique

  • AkinĂ©tique

  • DyskinĂ©tique

L’étude au repos Ă©value la taille du VG, l’épaisseur pariĂ©tale, la fonction systolique globale et les anomalies rĂ©gionales initiales. Pendant le stress, un ventricule normal devient hypercontractile et sa cavitĂ© diminue de taille.

Utilisation d’agents de contraste ultrasonores

Les agents de contraste ultrasonores sont constituĂ©s de microbulles qui traversent la microcirculation pulmonaire et opacifient les cavitĂ©s cardiaques gauches. Ils amĂ©liorent la dĂ©finition des contours endocardiques et, par consĂ©quent, la prĂ©cision de l’évaluation de la cinĂ©tique pariĂ©tale rĂ©gionale.

Le contraste doit ĂȘtre utilisĂ© lorsque deux segments myocardiques contigus ou davantage ne sont pas visualisĂ©s. Il est particuliĂšrement utile chez les patients obĂšses, atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive ou prĂ©sentant des fenĂȘtres acoustiques initiales de mauvaise qualitĂ©. Si une visualisation endocardique insuffisante est dĂ©jĂ  Ă©vidente au repos, le contraste doit ĂȘtre utilisĂ© afin de s’assurer que tous les segments peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©s pendant le stress.

L’imagerie avec contraste peut Ă©galement Ă©valuer simultanĂ©ment la perfusion myocardique et la cinĂ©tique pariĂ©tale. Cela peut amĂ©liorer la dĂ©tection des atteintes monotronculaires et microvasculaires et affiner la stratification du risque au-delĂ  de la seule analyse de la cinĂ©tique pariĂ©tale. De rares rĂ©actions anaphylactiques ont Ă©tĂ© rapportĂ©es, bien que les agents de contraste ultrasonores soient gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©s comme sĂ»rs.

ParamÚtres échocardiographiques supplémentaires sous stress

Réserve de vélocité du flux coronaire

La CFVR peut ĂȘtre mesurĂ©e, de maniĂšre plus fiable dans l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure, par Ă©chocardiographie transthoracique Doppler au repos et pendant un stress vasodilatateur par adĂ©nosine ou dipyridamole. Une valeur infĂ©rieure Ă  environ 1,9–2,0 dans le territoire de l’IVA est corrĂ©lĂ©e Ă  une stĂ©nose angiographique supĂ©rieure Ă  70 % et prĂ©dit la survenue d’évĂ©nements cardiaques indĂ©sirables.

Une CFVR rĂ©duite peut fournir des informations sur une dysfonction de la microcirculation coronaire au-delĂ  de celles obtenues par l’étude de la cinĂ©tique pariĂ©tale rĂ©gionale.

Échographie pulmonaire

Les lignes B peuvent ĂȘtre comptĂ©es sur plusieurs segments thoraciques afin d’identifier une congestion pulmonaire pendant le stress. Une congestion pulmonaire liĂ©e au stress, en particulier lorsqu’elle s’accompagne d’une CFVR rĂ©duite, d’une rĂ©serve contractile anormale du VG ou d’anomalies inductibles de la cinĂ©tique pariĂ©tale, peut fournir des informations pronostiques supplĂ©mentaires.

Échographie carotidienne

Une Ă©chographie carotidienne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au cours de la mĂȘme sĂ©ance afin d’évaluer l’athĂ©rosclĂ©rose extracoronaire. Elle ne confirme pas Ă  elle seule un syndrome coronarien chronique, mais peut ajouter des informations pronostiques Ă  l’évaluation de l’ischĂ©mie myocardique.

Interprétation des résultats

Réponse normale

Une étude de repos normale montre :

  • Une taille normale du VG

  • Une Ă©paisseur pariĂ©tale normale

  • Une FEVG ≄50 %

  • L’absence d’anomalie focale de la cinĂ©tique pariĂ©tale

  • Un indice de score de la cinĂ©tique pariĂ©tale Ă©gal Ă  1,0

En prĂ©sence d’un stress adĂ©quat, le ventricule normal devient hypercontractile et la cavitĂ© du VG diminue de taille.

Une Ă©chocardiographie de stress normale chez un patient ayant atteint une bonne capacitĂ© d’effort ou la frĂ©quence cardiaque cible est associĂ©e Ă  un taux trĂšs faible d’évĂ©nements cardiaques ultĂ©rieurs. Le document source rapporte un risque infĂ©rieur Ă  1 % par an aprĂšs une Ă©chocardiographie d’effort normale et infĂ©rieur Ă  2 % par an aprĂšs une Ă©tude pharmacologique normale.

Anomalie régionale inductible de la cinétique pariétale

L’apparition d’une anomalie nouvelle ou l’aggravation d’une anomalie dans un ou plusieurs segments indique une ischĂ©mie inductible dans le territoire de l’artĂšre coronaire qui les vascularise. L’anomalie peut se traduire par une diminution de l’épaississement pariĂ©tal, une hypokinĂ©sie, une akinĂ©sie ou une dyskinĂ©sie.

Le nombre et la distribution des segments atteints sont cliniquement importants. Une ischĂ©mie Ă©tendue, en particulier lorsqu’elle intĂ©resse au moins quatre segments du VG, est associĂ©e Ă  une augmentation substantielle du risque de dĂ©cĂšs cardiaque ou d’infarctus du myocarde. L’absence d’augmentation de la FEVG sous stress ou sa diminution traduit Ă©galement une rĂ©ponse Ă  plus haut risque.

Anomalie fixe de la cinétique pariétale

Une anomalie au repos qui reste inchangĂ©e pendant le stress est compatible avec un infarctus antĂ©rieur. L’interprĂ©tation est plus difficile lorsqu’un infarctus antĂ©rieur est prĂ©sent et qu’aucune Ă©tude antĂ©rieure n’est disponible, car il peut ĂȘtre difficile de distinguer les anomalies prĂ©existantes d’une ischĂ©mie nouvelle.

Ischémie étendue et dilatation transitoire du VG

De vastes territoires ischémiques, comme ceux associés à une atteinte du tronc commun ou à une maladie pluritronculaire, peuvent entraßner :

  • Une diminution de la FEVG globale pendant le stress

  • Une dilatation de la cavitĂ© du VG induite par le stress

  • De multiples anomalies rĂ©gionales nouvelles

  • L’absence d’hypercontractilitĂ© ventriculaire

La dilatation ischĂ©mique transitoire du VG est donc un marqueur d’une ischĂ©mie myocardique Ă©tendue.

Perfusion myocardique

Lorsque des agents de contraste sont utilisĂ©s, la perfusion myocardique peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e en plus de la cinĂ©tique pariĂ©tale rĂ©gionale. Cette combinaison peut amĂ©liorer la sensibilitĂ© pour les atteintes monotronculaires et microvasculaires et fournir des informations pronostiques supplĂ©mentaires par rapport Ă  la seule Ă©valuation des RWMA.

L’échocardiographie de stress fondĂ©e uniquement sur la cinĂ©tique pariĂ©tale peut sous-estimer l’ischĂ©mie en cas de maladie microvasculaire, en particulier chez les patients prĂ©sentant un angor ou une ischĂ©mie avec des artĂšres coronaires non obstructives, car les anomalies microvasculaires peuvent ne pas entraĂźner une dysfonction sous-endocardique suffisante pour provoquer une RWMA visible.

Performances diagnostiques

L’échocardiographie de stress a une prĂ©cision diagnostique comparable Ă  celle de l’imagerie de perfusion myocardique isotopique sous stress et est supĂ©rieure Ă  l’ECG d’effort seul pour dĂ©tecter une MC.

Les performances diagnostiques rapportĂ©es pour une MC significative, gĂ©nĂ©ralement dĂ©finie par une stĂ©nose coronaire supĂ©rieure Ă  50 % Ă  l’angiographie, comprennent :

Mesure Performance approximative
Sensibilité 88 %
Spécificité 83 %

D’autres valeurs rapportĂ©es situent la sensibilitĂ© entre environ 85 et 90 % et la spĂ©cificitĂ© entre environ 80 et 95 %, selon la population, le protocole, la qualitĂ© des images et le standard de rĂ©fĂ©rence.

Des images adĂ©quates peuvent gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre obtenues chez plus de 85 % des patients, et l’imagerie harmonique peut fournir des images de qualitĂ© diagnostique chez au moins 90 % des patients. Les performances sont meilleures dans les laboratoires expĂ©rimentĂ©s.

L’échocardiographie de stress peut avoir une spĂ©cificitĂ© supĂ©rieure Ă  celle de l’imagerie nuclĂ©aire pour la MC du tronc commun et la maladie tritronculaire. Elle est moins coĂ»teuse que l’imagerie de perfusion nuclĂ©aire, mais plus coĂ»teuse et moins largement disponible que l’ECG d’effort.

Électrocardiographie et ECG d’effort

Un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations reste un Ă©lĂ©ment essentiel de l’évaluation initiale d’une douleur thoracique et d’un syndrome coronarien chronique suspectĂ©. Il peut ĂȘtre normal malgrĂ© la prĂ©sence d’une maladie, mais peut montrer :

  • Des ondes Q ou R pathologiques indiquant un infarctus du myocarde antĂ©rieur

  • Des anomalies du segment ST ou de l’onde T

  • Un bloc de branche gauche

  • Une conduction auriculoventriculaire anormale

  • Une fibrillation atriale

Les modifications dynamiques du segment ST au cours d’un angor persistant peuvent identifier une ischĂ©mie myocardique transitoire. Un sus-dĂ©calage ou un sous-dĂ©calage transitoire du segment ST avec des modifications de l’onde U au cours d’une douleur de repos doit faire suspecter un angor vasospastique.

L’ECG d’effort est moins utile lorsque des anomalies initiales empĂȘchent son interprĂ©tation, notamment une dĂ©pression significative du segment ST au repos, un bloc de branche gauche, une stimulation ventriculaire, une prĂ©-excitation, des troubles de la conduction, une hypertrophie ventriculaire ou des anomalies de la repolarisation. Dans ces situations, l’imagerie de stress est prĂ©fĂ©rable.

L’ECG d’effort standard est considĂ©rĂ© comme positif en prĂ©sence d’un sous-dĂ©calage horizontal ou descendant du segment ST dĂ©passant 0,1 mV sous la ligne de base et durant plus de 0,08 seconde. Un test n’atteignant pas 85 % de la frĂ©quence cardiaque maximale thĂ©orique pour l’ñge est considĂ©rĂ© comme non diagnostique. L’ECG d’effort a une sensibilitĂ© globale d’environ 75 %, de sorte qu’un rĂ©sultat nĂ©gatif n’exclut pas une MC.

Une surveillance ECG ambulatoire peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©pisodiques sans lien avec l’activitĂ© physique et peut rĂ©vĂ©ler une ischĂ©mie silencieuse. Toutefois, les stratĂ©gies spĂ©cifiquement fondĂ©es sur la mise en Ă©vidence d’une ischĂ©mie silencieuse par ECG ambulatoire n’ont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clair sur la survie.

Biomarqueurs et résultats biologiques

Les analyses biologiques sanguines peuvent identifier des facteurs contributifs Ă  l’ischĂ©mie, des facteurs de risque cardiovasculaire et des comorbiditĂ©s pronostiques. Les Ă©valuations pertinentes comprennent :

  • Recherche biologique d’une anĂ©mie sĂ©vĂšre

  • Évaluation thyroĂŻdienne en cas de suspicion d’hyperthyroĂŻdie

  • Dosage des lipides

  • GlycĂ©mie Ă  jeun

  • HĂ©moglobine glyquĂ©e

  • HyperglycĂ©mie provoquĂ©e par voie orale lorsque la glycĂ©mie Ă  jeun et l’HbA1c sont non concluantes

  • Fonction rĂ©nale

  • Marqueurs de l’inflammation

La troponine cardiaque et la troponine cardiaque ultrasensible sont importantes dans l’évaluation d’un syndrome coronarien aigu suspectĂ©, notamment pour dĂ©terminer si une exploration non invasive telle qu’une angiographie coronaire par TDM ou une imagerie de stress est appropriĂ©e. Le document source ne fournit pas de seuil spĂ©cifique de biomarqueur ni de stratĂ©gie posologique propres Ă  l’échocardiographie de stress.

Sécurité et contre-indications

Les risques de l’échocardiographie d’effort et Ă  la dobutamine sont faibles. Les complications graves les plus frĂ©quentes sont :

  • Infarctus aigu du myocarde

  • Tachycardie ventriculaire

  • Fibrillation ventriculaire

Les taux rapportĂ©s d’évĂ©nements mettant en jeu le pronostic vital sont d’environ 1 pour 1000 examens au total, avec des taux de 0,015 % pour les Ă©tudes d’effort et de 0,18 % pour les Ă©tudes Ă  la dobutamine.

L’étude doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avec une surveillance appropriĂ©e et la capacitĂ© de traiter une arythmie grave ou une dĂ©tĂ©rioration hĂ©modynamique. Les symptĂŽmes et les demandes du patient doivent ĂȘtre respectĂ©s comme des raisons valides d’interrompre le test.

L’épreuve d’effort est contre-indiquĂ©e ou inappropriĂ©e dans des situations comprenant :

  • Angor de repos au cours des 48 heures prĂ©cĂ©dentes

  • Trouble du rythme instable

  • StĂ©nose aortique sĂ©vĂšre

  • Myocardite aiguĂ«

  • Insuffisance cardiaque non contrĂŽlĂ©e

  • Hypertension pulmonaire sĂ©vĂšre

  • Endocardite infectieuse active

  • Situation clinique instable ou chirurgie urgente lorsqu’une imagerie de stress est envisagĂ©e pour l’évaluation du risque pĂ©riopĂ©ratoire

Limites et sources d’erreur

Études faussement nĂ©gatives

Les principales causes d’un rĂ©sultat faussement nĂ©gatif comprennent :

  • L’incapacitĂ© Ă  atteindre un niveau de stress adĂ©quat

  • Une capacitĂ© d’effort limitĂ©e

  • Un traitement par bĂȘtabloquants

  • Une mauvaise qualitĂ© des images

  • Un petit territoire ischĂ©mique

  • Une atteinte monotronculaire

  • Une atteinte de l’artĂšre circonflexe

  • Une hypertrophie marquĂ©e du VG

  • Un Ă©tat hyperdynamique

  • Une maladie microvasculaire sans dysfonction sous-endocardique suffisante

Une ischĂ©mie intĂ©ressant moins d’environ 10 % du myocarde peut ne pas gĂ©nĂ©rer d’anomalie rĂ©gionale dĂ©tectable de la cinĂ©tique pariĂ©tale. Une athĂ©rosclĂ©rose lĂ©gĂšre et certaines lĂ©sions monotronculaires peuvent donc ne pas ĂȘtre dĂ©tectĂ©es.

Études faussement positives

Les rĂ©sultats faussement positifs sont plus probables lorsque la probabilitĂ© prĂ©test de MC est faible. D’autres facteurs contributifs comprennent :

  • Des anomalies prĂ©existantes de la cinĂ©tique pariĂ©tale

  • Un mouvement septal anormal

  • Un bloc de branche gauche

  • Une stimulation ventriculaire

  • Une dyssynchronie septale postopĂ©ratoire

  • Une hypertension sĂ©vĂšre

  • Une cardiomyopathie hypertrophique

  • D’autres cardiomyopathies avec altĂ©ration de la rĂ©serve de perfusion microvasculaire

Chez les patients prĂ©sentant un bloc de branche gauche ou une dyssynchronie liĂ©e Ă  la stimulation, l’effort peut accentuer le mouvement septal et gĂȘner l’interprĂ©tation. Le stress Ă  la dobutamine est recommandĂ© dans ce contexte, et il peut ĂȘtre utile de privilĂ©gier l’épaississement pariĂ©tal plutĂŽt que l’excursion endocardique.

Qualité des images

L’obĂ©sitĂ© et la bronchopneumopathie chronique obstructive sont des causes importantes de fenĂȘtres acoustiques de mauvaise qualitĂ©. Une mauvaise dĂ©finition de l’endocarde peut ĂȘtre amĂ©liorĂ©e par :

  • Des agents de contraste ultrasonores

  • L’imagerie harmonique

  • L’imagerie tridimensionnelle

  • L’échocardiographie de strain rate

Les compĂ©tences de l’opĂ©rateur en matiĂšre d’acquisition et d’interprĂ©tation influencent Ă©galement la reproductibilitĂ©.

InterprĂ©tation en cas d’infarctus antĂ©rieur

Lorsqu’un infarctus antĂ©rieur est prĂ©sent, il peut ĂȘtre difficile de distinguer les anomalies fixes d’une ischĂ©mie nouvelle en l’absence d’échocardiogramme antĂ©rieur. La comparaison cĂŽte Ă  cĂŽte avec des images prĂ©cĂ©dentes est donc prĂ©cieuse.

Recommandations des sociétés savantes

Le document source étaye les recommandations suivantes :

Recommandation Classe Niveau
Utiliser l’échocardiographie de stress chez les personnes prĂ©sentant un syndrome coronarien chronique suspectĂ© et une probabilitĂ© prĂ©test modĂ©rĂ©e ou Ă©levĂ©e de MC obstructive afin de diagnostiquer une ischĂ©mie et d’estimer le risque d’évĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs. I B
Utiliser des agents de contraste ultrasonores intraveineux lorsque deux segments myocardiques contigus ou davantage ne sont pas visualisés. I B
Utiliser des agents de contraste ultrasonores intraveineux pour évaluer la perfusion myocardique, améliorer la précision diagnostique et affiner la stratification du risque au-delà de la cinétique pariétale. I B
Envisager la mesure Doppler de la CFVR dans l’IVA afin d’amĂ©liorer la stratification du risque au-delĂ  de la cinĂ©tique pariĂ©tale et d’évaluer la fonction microvasculaire. IIb B
RĂ©aliser une Ă©chocardiographie transthoracique de repos afin de mesurer la FEVG, les volumes et la fonction diastolique ; d’identifier les anomalies rĂ©gionales de la cinĂ©tique pariĂ©tale ; de dĂ©tecter une cardiopathie non coronaire ; d’évaluer la fonction du VD et d’estimer la pression artĂ©rielle pulmonaire systolique ; et d’affiner la stratification du risque et le traitement. I B

L’imagerie de stress est appropriĂ©e pour l’évaluation du risque chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque cliniques et une faible capacitĂ© fonctionnelle lorsque la situation clinique est stable. Le choix entre les diffĂ©rentes modalitĂ©s d’imagerie de stress doit tenir compte de l’expertise locale, de la disponibilitĂ© du test, des caractĂ©ristiques du patient et de la qualitĂ© des images.

Chez les patients prĂ©sentant un syndrome coronarien aigu sans sus-dĂ©calage du segment ST suspectĂ©, dont la troponine ultrasensible n’est pas Ă©levĂ©e ou est incertaine, sans modifications ECG ischĂ©miques ni symptĂŽmes ischĂ©miques rĂ©cidivants, une angiographie coronaire par TDM ou une imagerie de stress non invasive peut ĂȘtre envisagĂ©e dans le cadre de l’évaluation initiale. Des rĂ©sultats de stress Ă  haut risque — tels qu’une ischĂ©mie sĂ©vĂšre, une hypotension, une tachyarythmie ventriculaire ou une dysfonction nouvelle ou aggravĂ©e du VG — doivent conduire Ă  envisager rapidement une coronarographie et une revascularisation.

Pronostic et suivi

L’échocardiographie de stress fournit des informations pronostiques au-delĂ  de l’échocardiogramme de repos. Le pronostic est influencĂ© par :

  • La capacitĂ© d’effort

  • L’atteinte de la frĂ©quence cardiaque cible

  • L’étendue des anomalies pariĂ©tales au repos

  • L’étendue de l’ischĂ©mie inductible

  • Le nombre de segments du VG atteints

  • La variation de la FEVG induite par le stress

  • L’apparition d’une dilatation transitoire du VG

  • La congestion pulmonaire induite par le stress

  • La CFVR

  • Une valvulopathie et une hypertension pulmonaire associĂ©es

Une Ă©chocardiographie d’effort normale et techniquement adĂ©quate, avec une bonne capacitĂ© d’effort, est associĂ©e Ă  un risque trĂšs faible d’évĂ©nements cardiaques futurs, rapportĂ© comme infĂ©rieur Ă  1 % par personne-annĂ©e. Les Ă©tudes pharmacologiques normales identifient Ă©galement un groupe Ă  faible risque, bien que le taux d’évĂ©nements rapportĂ© soit lĂ©gĂšrement supĂ©rieur, infĂ©rieur Ă  2 % par an.

Inversement, une augmentation de l’indice de score de la cinĂ©tique pariĂ©tale, l’atteinte d’au moins quatre segments du VG ou l’absence d’augmentation de la FEVG — ou une diminution de la FEVG — sous stress sont associĂ©s Ă  un risque au moins quatre fois supĂ©rieur de dĂ©cĂšs cardiaque ou d’infarctus du myocarde.

Le suivi doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© par les symptĂŽmes, les rĂ©sultats du test, la fonction du VG, l’étendue de l’ischĂ©mie inductible et la nĂ©cessitĂ© d’une Ă©valuation anatomique complĂ©mentaire ou d’une revascularisation. Le document source ne prĂ©cise pas d’intervalle systĂ©matique entre les examens rĂ©pĂ©tĂ©s.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026