đŸš« Coronarographie invasive : indications et voies d’abord vasculaires

Sommaire (28)

Définition et rÎle clinique

La coronarographie invasive (CI) est un examen rĂ©alisĂ© par cathĂ©tĂ©risme, qui visualise l’arbre artĂ©riel coronaire aprĂšs injection sĂ©lective de produit de contraste intracoronaire sous contrĂŽle fluoroscopique. La procĂ©dure consiste Ă  faire progresser des guides et des cathĂ©ters diagnostiques depuis un point d’accĂšs artĂ©riel percutanĂ© jusqu’à la racine aortique, Ă  engager les ostia coronaires et Ă  acquĂ©rir plusieurs incidences angiographiques.

Bien qu’elle soit traditionnellement considĂ©rĂ©e comme un examen anatomique, la CI contemporaine peut fournir des informations fonctionnelles et structurelles complĂ©mentaires. Les mesures de pression coronaire permettent d’évaluer la signification physiologique de stĂ©noses sĂ©lectionnĂ©es au moyen de la rĂ©serve fractionnelle de flux (FFR) et de l’instantaneous wave-free ratio (iFR). D’autres techniques invasives permettent de quantifier la rĂ©serve coronaire (CFR), d’évaluer les rĂ©sistances microvasculaires et d’explorer un vasospasme coronaire. L’échographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) fournissent des informations en coupe sur la morphologie de la plaque et peuvent prĂ©ciser le mĂ©canisme d’un syndrome coronarien aigu ou guider une intervention coronaire percutanĂ©e (ICP).

La CI a donc trois rĂŽles principaux :

  • DĂ©finir la distribution anatomique et la sĂ©vĂ©ritĂ© de la maladie coronaire Ă©picardique (MCE).

  • Évaluer la signification hĂ©modynamique des lĂ©sions dont la sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique est incertaine.

  • Étayer les dĂ©cisions concernant la revascularisation et, chez certains patients, identifier des troubles coronaires microvasculaires ou vasomoteurs.

L’examen doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© lorsque ses consĂ©quences diagnostiques ou thĂ©rapeutiques sont susceptibles de l’emporter sur les risques procĂ©duraux. Cet Ă©quilibre s’inscrit dans le cadre d’une dĂ©cision mĂ©dicale partagĂ©e.

Considérations physiopathologiques et diagnostiques

La sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique et la sĂ©vĂ©ritĂ© physiologique ne concordent pas toujours. L’estimation visuelle du rĂ©trĂ©cissement luminal peut donc ĂȘtre insuffisante pour dĂ©cider si une lĂ©sion intermĂ©diaire doit ĂȘtre revascularisĂ©e. Il est par consĂ©quent recommandĂ© de complĂ©ter la CI par une Ă©valuation de la pression coronaire, en particulier pour les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires qui n’intĂ©ressent pas le tronc commun gauche.

Une ischĂ©mie myocardique peut survenir en l’absence d’obstruction Ă©picardique significative. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes angineux et des artĂšres coronaires non obstructives ou indemnes d’obstruction, les mĂ©canismes possibles comprennent une obstruction microvasculaire, une dysfonction endothĂ©liale et un spasme coronaire Ă©picardique. L’absence de MCE obstructive Ă  la CI ne doit donc pas ĂȘtre automatiquement interprĂ©tĂ©e comme la preuve d’une origine non cardiaque des symptĂŽmes.

Dans le syndrome coronarien aigu (SCA), la lĂ©sion coupable peut apparaĂźtre comme une stĂ©nose excentrĂ©e aux contours festonnĂ©s ou en surplomb, avec un collet Ă©troit. Ces signes peuvent traduire une rupture de plaque ou un thrombus. Une masse intraluminale arrondie ou polypoĂŻde et un aspect flou de la lĂ©sion font suspecter un thrombus, bien que l’aspect flou ne soit pas spĂ©cifique.

L’imagerie intravasculaire peut identifier une rupture de plaque, un thrombus et d’autres caractĂ©ristiques structurelles qui peuvent ne pas ĂȘtre visibles Ă  la seule angiographie. Elle est particuliĂšrement utile lorsqu’un SCA survient sans MCE obstructive significative ou lorsqu’il existe plusieurs lĂ©sions potentiellement coupables.

Indications cliniques

Suspicion de syndrome coronaire chronique

La dĂ©cision de rĂ©aliser une CI repose sur la probabilitĂ© clinique de MCE obstructive, les symptĂŽmes, les rĂ©sultats des examens non invasifs et l’impact attendu du rĂ©sultat sur la prise en charge.

Une CI avec possibilitĂ© d’évaluation de la pression coronaire est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© clinique trĂšs Ă©levĂ©e de MCE obstructive, dĂ©finie dans le document source comme supĂ©rieure Ă  85 %, notamment lorsqu’un ou plusieurs des Ă©lĂ©ments suivants sont prĂ©sents :

  • SymptĂŽmes sĂ©vĂšres malgrĂ© un traitement antiangineux conforme aux recommandations.

  • Angor typique ou dyspnĂ©e pour un faible niveau d’effort.

  • Dysfonction ventriculaire gauche suggĂ©rant une MCE obstructive Ă©tendue.

  • RĂ©sultat Ă  haut risque Ă  un examen non invasif.

  • SymptĂŽmes fortement Ă©vocateurs d’une MCE obstructive.

  • RĂ©sultats d’examens non invasifs incertains ou non concluants, lorsqu’il est cliniquement important de confirmer ou d’exclure une MCE obstructive.

Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes nouvellement apparus, fortement Ă©vocateurs d’une MCE obstructive et survenant pour un faible niveau d’effort, une CI en vue d’une Ă©ventuelle revascularisation peut ĂȘtre utilisĂ©e comme premier examen diagnostique aprĂšs Ă©valuation cardiologique.

Les rĂ©sultats non invasifs en faveur d’une CI comprennent :

  • Angio-TDM coronaire montrant une stĂ©nose du tronc commun gauche d’au moins 50 %.

  • StĂ©nose d’au moins 70 % de l’artĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale dans le contexte d’une atteinte coronaire mono- ou bitronculaire.

  • Atteinte proximale tritronculaire supĂ©rieure Ă  70 %.

  • IschĂ©mie inductible modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre lors d’une Ă©preuve d’effort ou d’une exploration fonctionnelle sous stress.

Dans ces situations, la CI et l’évaluation de la pression coronaire sont utilisĂ©es pour prĂ©ciser la stratification du risque et dĂ©terminer si une revascularisation est appropriĂ©e.

Suspicion d’ANOCA ou d’INOCA

Chez les patients prĂ©sentant une suspicion d’angor ou d’ischĂ©mie avec des artĂšres coronaires non obstructives, la CI peut montrer l’absence de MCE Ă©picardique significative ou seulement des lĂ©sions intermĂ©diaires avec une FFR ou un iFR normaux. Lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© le traitement mĂ©dical, que la qualitĂ© de vie est altĂ©rĂ©e et que le diagnostic demeure cliniquement pertinent, une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e afin d’identifier des endotypes potentiellement traitables.

Cette évaluation peut comprendre :

  • L’indice de rĂ©sistance de la microcirculation (IMR).

  • La CFR.

  • Des tests invasifs de vasorĂ©activitĂ© par acĂ©tylcholine ou ergonovine lorsqu’ils sont indiquĂ©s.

Syndrome coronarien aigu

La prise en charge invasive du SCA est urgente.

Les patients chez lesquels la suspicion d’occlusion coronaire persistante est Ă©levĂ©e, notamment en prĂ©sence d’un sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou de signes Ă©quivalents, doivent bĂ©nĂ©ficier d’une coronarographie en urgence dĂšs que possible lorsqu’une stratĂ©gie invasive immĂ©diate est retenue.

Dans le SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (SCA-NST+), une stratĂ©gie invasive prĂ©coce signifie la rĂ©alisation d’une coronarographie dans les 24 heures. Les critĂšres de haut risque comprennent :

  • Un infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST (NSTEMI) confirmĂ© par les algorithmes diagnostiques Ă  0 h/1 h ou 0 h/2 h.

  • Des modifications dynamiques du segment ST ou de l’onde T.

  • Un sus-dĂ©calage transitoire du segment ST.

  • Un score de risque GRACE supĂ©rieur Ă  140.

Une approche invasive prĂ©coce est privilĂ©giĂ©e par rapport Ă  une stratĂ©gie invasive sĂ©lective chez les patients prĂ©sentant un SCA-NST+ avec des modifications du segment ST ou un dosage positif de la troponine Ă  la prĂ©sentation, ou lorsque ces Ă©lĂ©ments apparaissent au cours des 24 heures suivantes, en l’absence de contre-indication et si l’anatomie coronaire est compatible.

L’approche invasive prĂ©coce n’est pas recommandĂ©e lorsque des comorbiditĂ©s importantes rendent les risques de la revascularisation supĂ©rieurs Ă  son bĂ©nĂ©fice probable, ni chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique aiguĂ« dont la probabilitĂ© clinique de SCA est faible et dont le dosage de la troponine est nĂ©gatif.

Avant une intervention valvulaire ou une chirurgie

L’anatomie coronaire doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e lorsqu’une chirurgie ou une intervention valvulaire est prĂ©vue, afin que les informations soient disponibles pour la discussion au sein de la Heart Team.

Chez les patients ayant une probabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCE obstructive, dĂ©finie comme infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  50 %, une angio-TDM coronaire est recommandĂ©e pour exclure une MCE significative avec une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e. Chez les patients ayant une probabilitĂ© prĂ©test Ă©levĂ©e ou trĂšs Ă©levĂ©e, une coronarographie invasive est recommandĂ©e avant l’intervention valvulaire.

Chez les patients opĂ©rĂ©s d’une endocardite infectieuse :

  • La CI est recommandĂ©e chez les patients Ă  haut risque de MCE en l’absence de vĂ©gĂ©tations de la valve aortique.

  • Chez les patients hĂ©modynamiquement stables prĂ©sentant des vĂ©gĂ©tations de la valve aortique, nĂ©cessitant une chirurgie et ayant un risque Ă©levĂ© de MCE, une angio-TDM coronaire multicoupe haute rĂ©solution est recommandĂ©e.

  • Une CI peut ĂȘtre envisagĂ©e au cas par cas malgrĂ© la prĂ©sence de vĂ©gĂ©tations aortiques chez les patients ayant une MCE connue ou une forte probabilitĂ© de MCE obstructive significative.

  • En situation d’urgence, une chirurgie valvulaire sans Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire de l’anatomie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e quel que soit le risque de MCE.

La prĂ©sence de vĂ©gĂ©tations aortiques peut accroĂźtre la crainte d’une embolisation iatrogĂšne lors d’une angiographie invasive. À l’inverse, les situations d’urgence peuvent ne pas permettre une Ă©valuation coronaire prĂ©opĂ©ratoire dĂ©taillĂ©e.

Patients candidats Ă  une TAVI

Chez les candidats Ă  une TAVI, l’omission de la CI doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque l’angio-TDM rĂ©alisĂ©e pour la planification de la procĂ©dure est d’une qualitĂ© suffisante pour exclure une MCE significative. Cette question est particuliĂšrement pertinente, car une stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre, des calcifications coronaires importantes et une fibrillation atriale peuvent altĂ©rer la spĂ©cificitĂ© et l’interprĂ©tabilitĂ© de l’angio-TDM coronaire.

Chez les patients ayant une indication principale de TAVI :

  • Une ICP doit ĂȘtre envisagĂ©e pour une stĂ©nose coronaire d’au moins 90 % dans un vaisseau dont le diamĂštre de rĂ©fĂ©rence est d’au moins 2.5 mm.

  • Une ICP peut ĂȘtre envisagĂ©e pour une stĂ©nose d’au moins 70 % dans le segment proximal d’un vaisseau coronaire majeur, en se fondant notamment sur les symptĂŽmes.

Le moment de l’ICP doit ĂȘtre individualisĂ© et tenir compte de la complexitĂ© des lĂ©sions coronaires, du modĂšle de valve et de la difficultĂ© prĂ©visible d’un accĂšs coronaire aprĂšs TAVI.

Patients présentant une valvulopathie

Les mesures de pression coronaire et la FFR peuvent ĂȘtre modifiĂ©es par une valvulopathie concomitante. L’évaluation hĂ©modynamique fonctionnelle est mal Ă©tablie dans ce contexte et doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e avec prudence, en particulier en cas de stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre.

Chez les patients ayant une indication principale de chirurgie valvulaire :

  • Un pontage aortocoronarien (PAC) est recommandĂ© lorsque la stĂ©nose coronaire est d’au moins 70 %.

  • Un PAC doit ĂȘtre envisagĂ© lorsque la stĂ©nose est comprise entre 50 % et 70 %.

En cas d’insuffisance mitrale secondaire ventriculaire sĂ©vĂšre, une CI est recommandĂ©e dans le cadre de l’évaluation de la MCE.

Évaluation clinique prĂ©procĂ©durale

La sélection des patients pour une CI doit intégrer :

  • La prĂ©sentation clinique et l’importance des symptĂŽmes.

  • La probabilitĂ© prĂ©test estimĂ©e de MCE obstructive.

  • Les donnĂ©es Ă©lectrocardiographiques.

  • L’évaluation Ă©chocardiographique, notamment de la fonction ventriculaire gauche.

  • Les rĂ©sultats des analyses biologiques.

  • Les rĂ©sultats des Ă©preuves d’effort ou explorations sous stress.

  • Les rĂ©sultats de l’angio-TDM coronaire ou de l’angio-IRM coronaire lorsqu’elles ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.

  • La possibilitĂ© d’une revascularisation ou d’une modification du traitement mĂ©dical.

La consĂ©quence procĂ©durale attendue est importante. La CI est particuliĂšrement informative lorsque ses rĂ©sultats permettent de guider une revascularisation, d’affiner la stratification du risque ou de prĂ©ciser un diagnostic incertain.

Le patient doit ĂȘtre informĂ© Ă  l’avance des bĂ©nĂ©fices potentiels, des risques procĂ©duraux et des Ă©ventuelles consĂ©quences thĂ©rapeutiques. Cette information est particuliĂšrement importante, car la CI est invasive et peut conduire Ă  une ICP, Ă  un PAC ou Ă  la poursuite d’un traitement mĂ©dical selon l’anatomie coronaire et les rĂ©sultats physiologiques.

Technique de la procédure

La CI est rĂ©alisĂ©e selon la technique de Seldinger. AprĂšs mise en place d’un introducteur muni d’une valve au niveau d’un point d’accĂšs artĂ©riel percutanĂ©, un guide souple Ă  extrĂ©mitĂ© en J est avancĂ© sous contrĂŽle fluoroscopique vers la racine aortique. Un cathĂ©ter diagnostique est ensuite introduit sur le guide. Lorsque le cathĂ©ter atteint la racine aortique, le guide est retirĂ©, le cathĂ©ter est rincĂ© puis raccordĂ© au systĂšme d’injection du produit de contraste.

Sous contrĂŽle fluoroscopique, l’extrĂ©mitĂ© du cathĂ©ter est positionnĂ©e sĂ©lectivement au niveau de l’ostium coronaire. De petites injections de produit de contraste sont rĂ©alisĂ©es dans l’artĂšre coronaire tandis que le systĂšme radiologique est positionnĂ© afin d’obtenir les incidences appropriĂ©es. Plusieurs incidences sont utilisĂ©es pour caractĂ©riser l’arbre artĂ©riel coronaire et rĂ©duire le risque de sous-estimer une lĂ©sion en raison d’une superposition vasculaire ou d’un raccourcissement.

Voies d’abord vasculaires

Voie radiale

L’abord artĂ©riel radial est la voie privilĂ©giĂ©e lorsque la CI est indiquĂ©e. Les recommandations confĂšrent Ă  l’abord radial la catĂ©gorie de recommandation et le niveau de preuve les plus Ă©levĂ©s mentionnĂ©s dans le document source.

Ses principaux avantages comprennent :

  • Un risque moindre d’hĂ©morragie majeure par rapport au cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral.

  • Une mortalitĂ© moindre.

  • Une mobilisation plus prĂ©coce.

  • Une dĂ©ambulation rapide aprĂšs la procĂ©dure.

L’abord radial doit donc ĂȘtre utilisĂ© chaque fois que cela est possible, en tenant compte de l’anatomie vasculaire du patient et des exigences techniques de la procĂ©dure.

Voie fémorale

Le cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral a Ă©tĂ© associĂ© Ă  un taux composite de complications majeures d’environ 0.5 %–2.0 %, les hĂ©morragies nĂ©cessitant une transfusion constituant le principal Ă©lĂ©ment de ces complications. Bien que l’abord fĂ©moral conserve sa place dans certaines situations, la rĂ©duction des hĂ©morragies et de la mortalitĂ© associĂ©e Ă  l’abord radial a fait de ce dernier la voie standard chaque fois que possible.

Évaluation angiographique et physiologique

Coronarographie

La CI fournit des informations anatomiques directes concernant :

  • La prĂ©sence ou l’absence de MCE Ă©picardique.

  • La distribution des lĂ©sions.

  • Le nombre de vaisseaux atteints.

  • La localisation et la sĂ©vĂ©ritĂ© apparente des stĂ©noses.

  • Les lĂ©sions potentiellement coupables dans le SCA.

  • L’anatomie coronaire pertinente pour une ICP ou un PAC.

L’estimation angiographique seule peut ne pas permettre de dĂ©terminer si une lĂ©sion limite le dĂ©bit coronaire. Cette question est particuliĂšrement importante pour les stĂ©noses intermĂ©diaires, pour lesquelles une Ă©valuation physiologique doit ĂȘtre facilement accessible.

FFR et iFR

La FFR et l’iFR sont des techniques invasives fondĂ©es sur la mesure de la pression coronaire, utilisĂ©es pour dĂ©terminer la signification fonctionnelle des stĂ©noses coronaires. Elles sont recommandĂ©es pour l’évaluation des lĂ©sions intermĂ©diaires qui n’intĂ©ressent pas le tronc commun gauche avant une revascularisation.

Pour les stĂ©noses intermĂ©diaires du tronc commun gauche, une mesure de la FFR ou de l’iFR doit ĂȘtre envisagĂ©e avant la revascularisation. L’IVUS doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e pour Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© d’une stĂ©nose intermĂ©diaire du tronc commun gauche.

Évaluation du flux coronaire et de la microcirculation

L’évaluation invasive contemporaine peut mesurer :

  • La CFR.

  • Les rĂ©sistances microvasculaires, notamment l’IMR.

  • Les rĂ©ponses vasomotrices lors de tests invasifs de vasorĂ©activitĂ©.

En cas de suspicion d’ANOCA ou d’INOCA, ces mesures peuvent aider Ă  identifier une dysfonction microvasculaire ou une maladie vasospastique et Ă  sĂ©lectionner un mĂ©canisme potentiellement traitable.

Imagerie intravasculaire

IVUS et OCT

L’IVUS et l’OCT sont des modalitĂ©s d’imagerie intravasculaire invasive en coupe qui caractĂ©risent la morphologie de la plaque. Elles sont le plus souvent utilisĂ©es pour guider et optimiser l’implantation d’un stent coronaire, mais elles ont Ă©galement une valeur diagnostique.

Chez les patients prĂ©sentant un SCA sans MCE obstructive significative Ă  l’angiographie, l’imagerie intravasculaire peut aider Ă  exclure un mĂ©canisme athĂ©rothrombotique dans les principales artĂšres coronaires. Cette distinction peut influencer la prise en charge invasive immĂ©diate et les dĂ©cisions concernant la prolongation du traitement antithrombotique.

L’imagerie intravasculaire est Ă©galement utile lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine. Cette ambiguĂŻtĂ© peut survenir lorsque plusieurs lĂ©sions sont susceptibles d’expliquer le syndrome clinique.

En cas de SCA avec lĂ©sion coupable clairement identifiĂ©e et accessible Ă  une ICP, l’imagerie intravasculaire — en particulier l’IVUS selon les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es — peut guider l’intervention. Lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine, l’imagerie, avec une prĂ©fĂ©rence pour l’OCT dans le rĂ©sumĂ© des recommandations, peut contribuer au diagnostic et au choix du traitement, bien que la recommandation soit moins forte.

Imagerie intravasculaire dans la dissection coronaire spontanée

En cas de suspicion de dissection coronaire spontanĂ©e, l’OCT ou l’IVUS doivent ĂȘtre utilisĂ©es avec prudence lorsque l’angiographie laisse persister une vĂ©ritable incertitude diagnostique. L’instrumentation coronaire peut elle-mĂȘme accroĂźtre le risque, en particulier dans les vaisseaux tortueux, les artĂšres de petit calibre ou les lĂ©sions distales. Avant d’avancer un cathĂ©ter d’imagerie, il faut confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre.

Lorsque l’angiographie Ă©tablit le diagnostic de dissection coronaire spontanĂ©e et que la stratĂ©gie prĂ©vue est un traitement mĂ©dical, une instrumentation coronaire supplĂ©mentaire et l’imagerie intravasculaire ne sont pas recommandĂ©es pour des raisons de sĂ©curitĂ©.

Examen clinique et électrocardiographie

Le document source met l’accent sur la prĂ©sentation clinique, la probabilitĂ© prĂ©test et l’intĂ©gration de l’ECG dans le parcours diagnostique, mais ne fournit pas de protocole dĂ©taillĂ© d’examen clinique ni de description complĂšte des anomalies ECG pour la sĂ©lection habituelle des patients devant bĂ©nĂ©ficier d’une CI.

En cas de suspicion d’angor vasospastique, la rĂ©alisation d’un ECG de repos Ă  12 dĂ©rivations pendant un Ă©pisode angineux est recommandĂ©e. Un angor de repos rĂ©pĂ©titif accompagnĂ© de modifications transitoires du segment ST, rĂ©gressant sous nitrates ou antagonistes calciques, justifie une angiographie fonctionnelle invasive afin de confirmer le diagnostic et d’évaluer une Ă©ventuelle maladie athĂ©rosclĂ©reuse sous-jacente.

Résultats biologiques et biomarqueurs

Le dosage de la troponine joue un rÎle central dans la stratégie invasive du SCA-NST+. Les patients chez lesquels un NSTEMI est confirmé au moyen des algorithmes à 0 h/1 h ou 0 h/2 h sont considérés comme des candidats à haut risque pour une coronarographie précoce dans les 24 heures.

À l’inverse, une stratĂ©gie invasive prĂ©coce n’est pas recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique aiguĂ«, une faible probabilitĂ© clinique de SCA et un dosage nĂ©gatif de la troponine.

Le document source ne fournit pas d’évaluation biologique plus large, de seuils spĂ©cifiques de troponine ni de recommandations concernant d’autres biomarqueurs.

Prise en charge aprĂšs la coronarographie

La CI peut ĂȘtre suivie de l’une des trois grandes orientations thĂ©rapeutiques suivantes :

  • Une ICP, lorsque l’anatomie et le contexte clinique s’y prĂȘtent.

  • Un PAC, lorsqu’une revascularisation chirurgicale est indiquĂ©e.

  • La poursuite du traitement mĂ©dical, lorsqu’une revascularisation n’est pas indiquĂ©e ou que ses risques l’emportent sur le bĂ©nĂ©fice attendu.

La dĂ©cision doit intĂ©grer les donnĂ©es anatomiques, l’évaluation physiologique des lĂ©sions, les symptĂŽmes, la fonction ventriculaire, les comorbiditĂ©s, le risque procĂ©dural et le bĂ©nĂ©fice attendu de la revascularisation.

Dans le SCA-NST+, une stratĂ©gie invasive rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires composites et la durĂ©e d’hospitalisation par rapport Ă  une stratĂ©gie diffĂ©rĂ©e ou sĂ©lective, bien que les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es ne dĂ©montrent pas de rĂ©duction de la mortalitĂ© avec l’approche invasive prĂ©coce. À plus long terme, les diffĂ©rences entre les stratĂ©gies invasive prĂ©coce et sĂ©lective peuvent s’attĂ©nuer, car les patients initialement pris en charge de maniĂšre sĂ©lective bĂ©nĂ©ficient secondairement d’une revascularisation.

Traitement médicamenteux

Le document source fournit une recommandation pharmacologique spĂ©cifique pour l’angor vasospastique :

  • Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s dans l’angor vasospastique isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes, de prĂ©venir l’ischĂ©mie et de rĂ©duire les complications potentiellement fatales.

Aucune posologie ni aucun schéma plus large de traitement antiangineux, antithrombotique ou de prévention secondaire ne sont précisés dans le document source. En conséquence, les doses spécifiques et les stratégies médicamenteuses complémentaires ne sont pas détaillées ici.

Recommandations fondées sur les recommandations professionnelles

Situation clinique Recommandation Classe Niveau
CI indiquĂ©e Utiliser l’artĂšre radiale comme site d’abord privilĂ©giĂ© I A
CI indiquĂ©e Rendre disponible l’évaluation de la pression coronaire et l’utiliser pour les stĂ©noses intermĂ©diaires qui n’intĂ©ressent pas le tronc commun gauche avant une revascularisation I A
ProbabilitĂ© clinique trĂšs Ă©levĂ©e de MCE obstructive, symptĂŽmes sĂ©vĂšres rĂ©fractaires, angor pour de faibles niveaux d’effort ou risque Ă©levĂ© d’évĂ©nements RĂ©aliser une CI pour diagnostiquer une MCE obstructive I C
SymptĂŽmes nouveaux fortement Ă©vocateurs d’une MCE obstructive pour de faibles niveaux d’effort Utiliser la CI en vue d’une revascularisation comme premier examen diagnostique aprĂšs Ă©valuation cardiologique I C
Sténose intermédiaire du tronc commun gauche Envisager une FFR ou un iFR avant la revascularisation IIa A
Sténose intermédiaire du tronc commun gauche Envisager une IVUS pour évaluer la sévérité de la lésion IIa B
SymptĂŽmes persistants avec suspicion d’ANOCA/INOCA malgrĂ© le traitement et altĂ©ration de la qualitĂ© de vie RĂ©aliser une exploration fonctionnelle coronaire invasive afin d’identifier des endotypes traitables I B
Suspicion d’angor vasospastique RĂ©aliser un ECG Ă  12 dĂ©rivations pendant l’angor I C
Angor de repos récidivant avec modifications réversibles du segment ST répondant aux nitrates ou aux antagonistes calciques Réaliser une angiographie fonctionnelle invasive I C
Angor vasospastique isolé Traiter par inhibiteurs calciques I A
SCA-NST+ Ă  haut risque Envisager une coronarographie prĂ©coce dans les 24 heures — —
Occlusion coronaire persistante ou SCA Ă  trĂšs haut risque RĂ©aliser une coronarographie en urgence dĂšs que possible — —

Risque procédural et sécurité

La CI est associĂ©e Ă  un risque faible mais cliniquement important de complications majeures. Le risque composite de dĂ©cĂšs, d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral avec un abord radial est d’environ 0.1 %–0.2 % dans les recommandations rĂ©sumĂ©es. Le cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral prĂ©sente un taux composite rapportĂ© plus Ă©levĂ© de complications majeures, d’environ 0.5 %–2.0 %, principalement en raison des hĂ©morragies nĂ©cessitant une transfusion.

L’évaluation du risque doit donc tenir compte :

  • De la probabilitĂ© que la coronarographie modifie la prise en charge.

  • De la probabilitĂ© d’une MCE obstructive significative.

  • De la faisabilitĂ© et du bĂ©nĂ©fice attendu d’une revascularisation.

  • Du risque hĂ©morragique et du risque liĂ© Ă  la voie d’abord vasculaire.

  • Des comorbiditĂ©s et du risque procĂ©dural.

  • Du degrĂ© d’urgence de la prĂ©sentation clinique.

Pronostic et suivi

Le pronostic aprĂšs une CI dĂ©pend principalement de l’anatomie coronaire sous-jacente, de la prĂ©sence ou de l’absence d’une maladie obstructive, de la fonction ventriculaire, de la signification physiologique des lĂ©sions et de la stratĂ©gie thĂ©rapeutique retenue.

Les patients dont les artĂšres coronaires ne prĂ©sentent pas d’obstruction peuvent nĂ©anmoins avoir une ischĂ©mie cliniquement importante liĂ©e Ă  une dysfonction microvasculaire ou Ă  un spasme coronaire. L’identification de ces endotypes par une exploration fonctionnelle invasive peut amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie en permettant un traitement plus ciblĂ©.

Dans le SCA, la prise en charge invasive prĂ©coce rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires composites et la durĂ©e d’hospitalisation, bien que les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es ne dĂ©montrent pas de rĂ©duction de la mortalitĂ© par rapport Ă  une stratĂ©gie diffĂ©rĂ©e ou sĂ©lective. Les diffĂ©rences Ă  long terme peuvent devenir moins apparentes, car les patients initialement pris en charge de maniĂšre sĂ©lective peuvent bĂ©nĂ©ficier ultĂ©rieurement d’une revascularisation.

Le suivi doit ĂȘtre orientĂ© par le diagnostic final et la stratĂ©gie thĂ©rapeutique, notamment :

  • Réévaluation des symptĂŽmes et de l’état fonctionnel.

  • Évaluation de la rĂ©ponse au traitement mĂ©dical.

  • Évaluation aprĂšs ICP ou PAC lorsqu’ils ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s.

  • Prise en charge au long cours de la maladie vasospastique ou microvasculaire identifiĂ©e.

  • Réévaluation lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© une anatomie coronaire apparemment non obstructive.

Le document source ne précise pas de calendrier uniforme de surveillance aprÚs coronarographie ni de schéma détaillé de traitement médicamenteux au long cours.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026