Définition et rÎle clinique
La coronarographie invasive (CI) est un examen rĂ©alisĂ© par cathĂ©tĂ©risme, qui visualise lâarbre artĂ©riel coronaire aprĂšs injection sĂ©lective de produit de contraste intracoronaire sous contrĂŽle fluoroscopique. La procĂ©dure consiste Ă faire progresser des guides et des cathĂ©ters diagnostiques depuis un point dâaccĂšs artĂ©riel percutanĂ© jusquâĂ la racine aortique, Ă engager les ostia coronaires et Ă acquĂ©rir plusieurs incidences angiographiques.
Bien quâelle soit traditionnellement considĂ©rĂ©e comme un examen anatomique, la CI contemporaine peut fournir des informations fonctionnelles et structurelles complĂ©mentaires. Les mesures de pression coronaire permettent dâĂ©valuer la signification physiologique de stĂ©noses sĂ©lectionnĂ©es au moyen de la rĂ©serve fractionnelle de flux (FFR) et de lâinstantaneous wave-free ratio (iFR). Dâautres techniques invasives permettent de quantifier la rĂ©serve coronaire (CFR), dâĂ©valuer les rĂ©sistances microvasculaires et dâexplorer un vasospasme coronaire. LâĂ©chographie intravasculaire (IVUS) et la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) fournissent des informations en coupe sur la morphologie de la plaque et peuvent prĂ©ciser le mĂ©canisme dâun syndrome coronarien aigu ou guider une intervention coronaire percutanĂ©e (ICP).
La CI a donc trois rĂŽles principaux :
Définir la distribution anatomique et la sévérité de la maladie coronaire épicardique (MCE).
Ăvaluer la signification hĂ©modynamique des lĂ©sions dont la sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique est incertaine.
Ătayer les dĂ©cisions concernant la revascularisation et, chez certains patients, identifier des troubles coronaires microvasculaires ou vasomoteurs.
Lâexamen doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© lorsque ses consĂ©quences diagnostiques ou thĂ©rapeutiques sont susceptibles de lâemporter sur les risques procĂ©duraux. Cet Ă©quilibre sâinscrit dans le cadre dâune dĂ©cision mĂ©dicale partagĂ©e.
Considérations physiopathologiques et diagnostiques
La sĂ©vĂ©ritĂ© angiographique et la sĂ©vĂ©ritĂ© physiologique ne concordent pas toujours. Lâestimation visuelle du rĂ©trĂ©cissement luminal peut donc ĂȘtre insuffisante pour dĂ©cider si une lĂ©sion intermĂ©diaire doit ĂȘtre revascularisĂ©e. Il est par consĂ©quent recommandĂ© de complĂ©ter la CI par une Ă©valuation de la pression coronaire, en particulier pour les stĂ©noses coronaires intermĂ©diaires qui nâintĂ©ressent pas le tronc commun gauche.
Une ischĂ©mie myocardique peut survenir en lâabsence dâobstruction Ă©picardique significative. Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes angineux et des artĂšres coronaires non obstructives ou indemnes dâobstruction, les mĂ©canismes possibles comprennent une obstruction microvasculaire, une dysfonction endothĂ©liale et un spasme coronaire Ă©picardique. Lâabsence de MCE obstructive Ă la CI ne doit donc pas ĂȘtre automatiquement interprĂ©tĂ©e comme la preuve dâune origine non cardiaque des symptĂŽmes.
Dans le syndrome coronarien aigu (SCA), la lĂ©sion coupable peut apparaĂźtre comme une stĂ©nose excentrĂ©e aux contours festonnĂ©s ou en surplomb, avec un collet Ă©troit. Ces signes peuvent traduire une rupture de plaque ou un thrombus. Une masse intraluminale arrondie ou polypoĂŻde et un aspect flou de la lĂ©sion font suspecter un thrombus, bien que lâaspect flou ne soit pas spĂ©cifique.
Lâimagerie intravasculaire peut identifier une rupture de plaque, un thrombus et dâautres caractĂ©ristiques structurelles qui peuvent ne pas ĂȘtre visibles Ă la seule angiographie. Elle est particuliĂšrement utile lorsquâun SCA survient sans MCE obstructive significative ou lorsquâil existe plusieurs lĂ©sions potentiellement coupables.
Indications cliniques
Suspicion de syndrome coronaire chronique
La dĂ©cision de rĂ©aliser une CI repose sur la probabilitĂ© clinique de MCE obstructive, les symptĂŽmes, les rĂ©sultats des examens non invasifs et lâimpact attendu du rĂ©sultat sur la prise en charge.
Une CI avec possibilitĂ© dâĂ©valuation de la pression coronaire est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une probabilitĂ© clinique trĂšs Ă©levĂ©e de MCE obstructive, dĂ©finie dans le document source comme supĂ©rieure Ă 85 %, notamment lorsquâun ou plusieurs des Ă©lĂ©ments suivants sont prĂ©sents :
SymptÎmes sévÚres malgré un traitement antiangineux conforme aux recommandations.
Angor typique ou dyspnĂ©e pour un faible niveau dâeffort.
Dysfonction ventriculaire gauche suggérant une MCE obstructive étendue.
Résultat à haut risque à un examen non invasif.
SymptĂŽmes fortement Ă©vocateurs dâune MCE obstructive.
RĂ©sultats dâexamens non invasifs incertains ou non concluants, lorsquâil est cliniquement important de confirmer ou dâexclure une MCE obstructive.
Chez les patients prĂ©sentant des symptĂŽmes nouvellement apparus, fortement Ă©vocateurs dâune MCE obstructive et survenant pour un faible niveau dâeffort, une CI en vue dâune Ă©ventuelle revascularisation peut ĂȘtre utilisĂ©e comme premier examen diagnostique aprĂšs Ă©valuation cardiologique.
Les rĂ©sultats non invasifs en faveur dâune CI comprennent :
Angio-TDM coronaire montrant une stĂ©nose du tronc commun gauche dâau moins 50 %.
StĂ©nose dâau moins 70 % de lâartĂšre interventriculaire antĂ©rieure proximale dans le contexte dâune atteinte coronaire mono- ou bitronculaire.
Atteinte proximale tritronculaire supérieure à 70 %.
IschĂ©mie inductible modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre lors dâune Ă©preuve dâeffort ou dâune exploration fonctionnelle sous stress.
Dans ces situations, la CI et lâĂ©valuation de la pression coronaire sont utilisĂ©es pour prĂ©ciser la stratification du risque et dĂ©terminer si une revascularisation est appropriĂ©e.
Suspicion dâANOCA ou dâINOCA
Chez les patients prĂ©sentant une suspicion dâangor ou dâischĂ©mie avec des artĂšres coronaires non obstructives, la CI peut montrer lâabsence de MCE Ă©picardique significative ou seulement des lĂ©sions intermĂ©diaires avec une FFR ou un iFR normaux. Lorsque les symptĂŽmes persistent malgrĂ© le traitement mĂ©dical, que la qualitĂ© de vie est altĂ©rĂ©e et que le diagnostic demeure cliniquement pertinent, une exploration fonctionnelle coronaire invasive est recommandĂ©e afin dâidentifier des endotypes potentiellement traitables.
Cette évaluation peut comprendre :
Lâindice de rĂ©sistance de la microcirculation (IMR).
La CFR.
Des tests invasifs de vasorĂ©activitĂ© par acĂ©tylcholine ou ergonovine lorsquâils sont indiquĂ©s.
Syndrome coronarien aigu
La prise en charge invasive du SCA est urgente.
Les patients chez lesquels la suspicion dâocclusion coronaire persistante est Ă©levĂ©e, notamment en prĂ©sence dâun sus-dĂ©calage persistant du segment ST ou de signes Ă©quivalents, doivent bĂ©nĂ©ficier dâune coronarographie en urgence dĂšs que possible lorsquâune stratĂ©gie invasive immĂ©diate est retenue.
Dans le SCA sans sus-dĂ©calage du segment ST (SCA-NST+), une stratĂ©gie invasive prĂ©coce signifie la rĂ©alisation dâune coronarographie dans les 24 heures. Les critĂšres de haut risque comprennent :
Un infarctus du myocarde sans sus-décalage du segment ST (NSTEMI) confirmé par les algorithmes diagnostiques à 0 h/1 h ou 0 h/2 h.
Des modifications dynamiques du segment ST ou de lâonde T.
Un sus-décalage transitoire du segment ST.
Un score de risque GRACE supérieur à 140.
Une approche invasive prĂ©coce est privilĂ©giĂ©e par rapport Ă une stratĂ©gie invasive sĂ©lective chez les patients prĂ©sentant un SCA-NST+ avec des modifications du segment ST ou un dosage positif de la troponine Ă la prĂ©sentation, ou lorsque ces Ă©lĂ©ments apparaissent au cours des 24 heures suivantes, en lâabsence de contre-indication et si lâanatomie coronaire est compatible.
Lâapproche invasive prĂ©coce nâest pas recommandĂ©e lorsque des comorbiditĂ©s importantes rendent les risques de la revascularisation supĂ©rieurs Ă son bĂ©nĂ©fice probable, ni chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique aiguĂ« dont la probabilitĂ© clinique de SCA est faible et dont le dosage de la troponine est nĂ©gatif.
Avant une intervention valvulaire ou une chirurgie
Lâanatomie coronaire doit ĂȘtre Ă©valuĂ©e lorsquâune chirurgie ou une intervention valvulaire est prĂ©vue, afin que les informations soient disponibles pour la discussion au sein de la Heart Team.
Chez les patients ayant une probabilitĂ© prĂ©test faible ou modĂ©rĂ©e de MCE obstructive, dĂ©finie comme infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 50 %, une angio-TDM coronaire est recommandĂ©e pour exclure une MCE significative avec une sensibilitĂ© Ă©levĂ©e. Chez les patients ayant une probabilitĂ© prĂ©test Ă©levĂ©e ou trĂšs Ă©levĂ©e, une coronarographie invasive est recommandĂ©e avant lâintervention valvulaire.
Chez les patients opĂ©rĂ©s dâune endocardite infectieuse :
La CI est recommandĂ©e chez les patients Ă haut risque de MCE en lâabsence de vĂ©gĂ©tations de la valve aortique.
Chez les patients hémodynamiquement stables présentant des végétations de la valve aortique, nécessitant une chirurgie et ayant un risque élevé de MCE, une angio-TDM coronaire multicoupe haute résolution est recommandée.
Une CI peut ĂȘtre envisagĂ©e au cas par cas malgrĂ© la prĂ©sence de vĂ©gĂ©tations aortiques chez les patients ayant une MCE connue ou une forte probabilitĂ© de MCE obstructive significative.
En situation dâurgence, une chirurgie valvulaire sans Ă©valuation prĂ©opĂ©ratoire de lâanatomie coronaire peut ĂȘtre envisagĂ©e quel que soit le risque de MCE.
La prĂ©sence de vĂ©gĂ©tations aortiques peut accroĂźtre la crainte dâune embolisation iatrogĂšne lors dâune angiographie invasive. Ă lâinverse, les situations dâurgence peuvent ne pas permettre une Ă©valuation coronaire prĂ©opĂ©ratoire dĂ©taillĂ©e.
Patients candidats Ă une TAVI
Chez les candidats Ă une TAVI, lâomission de la CI doit ĂȘtre envisagĂ©e lorsque lâangio-TDM rĂ©alisĂ©e pour la planification de la procĂ©dure est dâune qualitĂ© suffisante pour exclure une MCE significative. Cette question est particuliĂšrement pertinente, car une stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre, des calcifications coronaires importantes et une fibrillation atriale peuvent altĂ©rer la spĂ©cificitĂ© et lâinterprĂ©tabilitĂ© de lâangio-TDM coronaire.
Chez les patients ayant une indication principale de TAVI :
Une ICP doit ĂȘtre envisagĂ©e pour une stĂ©nose coronaire dâau moins 90 % dans un vaisseau dont le diamĂštre de rĂ©fĂ©rence est dâau moins 2.5 mm.
Une ICP peut ĂȘtre envisagĂ©e pour une stĂ©nose dâau moins 70 % dans le segment proximal dâun vaisseau coronaire majeur, en se fondant notamment sur les symptĂŽmes.
Le moment de lâICP doit ĂȘtre individualisĂ© et tenir compte de la complexitĂ© des lĂ©sions coronaires, du modĂšle de valve et de la difficultĂ© prĂ©visible dâun accĂšs coronaire aprĂšs TAVI.
Patients présentant une valvulopathie
Les mesures de pression coronaire et la FFR peuvent ĂȘtre modifiĂ©es par une valvulopathie concomitante. LâĂ©valuation hĂ©modynamique fonctionnelle est mal Ă©tablie dans ce contexte et doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e avec prudence, en particulier en cas de stĂ©nose aortique sĂ©vĂšre.
Chez les patients ayant une indication principale de chirurgie valvulaire :
Un pontage aortocoronarien (PAC) est recommandĂ© lorsque la stĂ©nose coronaire est dâau moins 70 %.
Un PAC doit ĂȘtre envisagĂ© lorsque la stĂ©nose est comprise entre 50 % et 70 %.
En cas dâinsuffisance mitrale secondaire ventriculaire sĂ©vĂšre, une CI est recommandĂ©e dans le cadre de lâĂ©valuation de la MCE.
Ăvaluation clinique prĂ©procĂ©durale
La sélection des patients pour une CI doit intégrer :
La prĂ©sentation clinique et lâimportance des symptĂŽmes.
La probabilité prétest estimée de MCE obstructive.
Les données électrocardiographiques.
LâĂ©valuation Ă©chocardiographique, notamment de la fonction ventriculaire gauche.
Les résultats des analyses biologiques.
Les rĂ©sultats des Ă©preuves dâeffort ou explorations sous stress.
Les rĂ©sultats de lâangio-TDM coronaire ou de lâangio-IRM coronaire lorsquâelles ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es.
La possibilitĂ© dâune revascularisation ou dâune modification du traitement mĂ©dical.
La consĂ©quence procĂ©durale attendue est importante. La CI est particuliĂšrement informative lorsque ses rĂ©sultats permettent de guider une revascularisation, dâaffiner la stratification du risque ou de prĂ©ciser un diagnostic incertain.
Le patient doit ĂȘtre informĂ© Ă lâavance des bĂ©nĂ©fices potentiels, des risques procĂ©duraux et des Ă©ventuelles consĂ©quences thĂ©rapeutiques. Cette information est particuliĂšrement importante, car la CI est invasive et peut conduire Ă une ICP, Ă un PAC ou Ă la poursuite dâun traitement mĂ©dical selon lâanatomie coronaire et les rĂ©sultats physiologiques.
Technique de la procédure
La CI est rĂ©alisĂ©e selon la technique de Seldinger. AprĂšs mise en place dâun introducteur muni dâune valve au niveau dâun point dâaccĂšs artĂ©riel percutanĂ©, un guide souple Ă extrĂ©mitĂ© en J est avancĂ© sous contrĂŽle fluoroscopique vers la racine aortique. Un cathĂ©ter diagnostique est ensuite introduit sur le guide. Lorsque le cathĂ©ter atteint la racine aortique, le guide est retirĂ©, le cathĂ©ter est rincĂ© puis raccordĂ© au systĂšme dâinjection du produit de contraste.
Sous contrĂŽle fluoroscopique, lâextrĂ©mitĂ© du cathĂ©ter est positionnĂ©e sĂ©lectivement au niveau de lâostium coronaire. De petites injections de produit de contraste sont rĂ©alisĂ©es dans lâartĂšre coronaire tandis que le systĂšme radiologique est positionnĂ© afin dâobtenir les incidences appropriĂ©es. Plusieurs incidences sont utilisĂ©es pour caractĂ©riser lâarbre artĂ©riel coronaire et rĂ©duire le risque de sous-estimer une lĂ©sion en raison dâune superposition vasculaire ou dâun raccourcissement.
Voies dâabord vasculaires
Voie radiale
Lâabord artĂ©riel radial est la voie privilĂ©giĂ©e lorsque la CI est indiquĂ©e. Les recommandations confĂšrent Ă lâabord radial la catĂ©gorie de recommandation et le niveau de preuve les plus Ă©levĂ©s mentionnĂ©s dans le document source.
Ses principaux avantages comprennent :
Un risque moindre dâhĂ©morragie majeure par rapport au cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral.
Une mortalité moindre.
Une mobilisation plus précoce.
Une déambulation rapide aprÚs la procédure.
Lâabord radial doit donc ĂȘtre utilisĂ© chaque fois que cela est possible, en tenant compte de lâanatomie vasculaire du patient et des exigences techniques de la procĂ©dure.
Voie fémorale
Le cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral a Ă©tĂ© associĂ© Ă un taux composite de complications majeures dâenviron 0.5 %â2.0 %, les hĂ©morragies nĂ©cessitant une transfusion constituant le principal Ă©lĂ©ment de ces complications. Bien que lâabord fĂ©moral conserve sa place dans certaines situations, la rĂ©duction des hĂ©morragies et de la mortalitĂ© associĂ©e Ă lâabord radial a fait de ce dernier la voie standard chaque fois que possible.
Ăvaluation angiographique et physiologique
Coronarographie
La CI fournit des informations anatomiques directes concernant :
La prĂ©sence ou lâabsence de MCE Ă©picardique.
La distribution des lésions.
Le nombre de vaisseaux atteints.
La localisation et la sévérité apparente des sténoses.
Les lésions potentiellement coupables dans le SCA.
Lâanatomie coronaire pertinente pour une ICP ou un PAC.
Lâestimation angiographique seule peut ne pas permettre de dĂ©terminer si une lĂ©sion limite le dĂ©bit coronaire. Cette question est particuliĂšrement importante pour les stĂ©noses intermĂ©diaires, pour lesquelles une Ă©valuation physiologique doit ĂȘtre facilement accessible.
FFR et iFR
La FFR et lâiFR sont des techniques invasives fondĂ©es sur la mesure de la pression coronaire, utilisĂ©es pour dĂ©terminer la signification fonctionnelle des stĂ©noses coronaires. Elles sont recommandĂ©es pour lâĂ©valuation des lĂ©sions intermĂ©diaires qui nâintĂ©ressent pas le tronc commun gauche avant une revascularisation.
Pour les stĂ©noses intermĂ©diaires du tronc commun gauche, une mesure de la FFR ou de lâiFR doit ĂȘtre envisagĂ©e avant la revascularisation. LâIVUS doit Ă©galement ĂȘtre envisagĂ©e pour Ă©valuer la sĂ©vĂ©ritĂ© dâune stĂ©nose intermĂ©diaire du tronc commun gauche.
Ăvaluation du flux coronaire et de la microcirculation
LâĂ©valuation invasive contemporaine peut mesurer :
La CFR.
Les rĂ©sistances microvasculaires, notamment lâIMR.
Les réponses vasomotrices lors de tests invasifs de vasoréactivité.
En cas de suspicion dâANOCA ou dâINOCA, ces mesures peuvent aider Ă identifier une dysfonction microvasculaire ou une maladie vasospastique et Ă sĂ©lectionner un mĂ©canisme potentiellement traitable.
Imagerie intravasculaire
IVUS et OCT
LâIVUS et lâOCT sont des modalitĂ©s dâimagerie intravasculaire invasive en coupe qui caractĂ©risent la morphologie de la plaque. Elles sont le plus souvent utilisĂ©es pour guider et optimiser lâimplantation dâun stent coronaire, mais elles ont Ă©galement une valeur diagnostique.
Chez les patients prĂ©sentant un SCA sans MCE obstructive significative Ă lâangiographie, lâimagerie intravasculaire peut aider Ă exclure un mĂ©canisme athĂ©rothrombotique dans les principales artĂšres coronaires. Cette distinction peut influencer la prise en charge invasive immĂ©diate et les dĂ©cisions concernant la prolongation du traitement antithrombotique.
Lâimagerie intravasculaire est Ă©galement utile lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine. Cette ambiguĂŻtĂ© peut survenir lorsque plusieurs lĂ©sions sont susceptibles dâexpliquer le syndrome clinique.
En cas de SCA avec lĂ©sion coupable clairement identifiĂ©e et accessible Ă une ICP, lâimagerie intravasculaire â en particulier lâIVUS selon les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es â peut guider lâintervention. Lorsque la lĂ©sion coupable est incertaine, lâimagerie, avec une prĂ©fĂ©rence pour lâOCT dans le rĂ©sumĂ© des recommandations, peut contribuer au diagnostic et au choix du traitement, bien que la recommandation soit moins forte.
Imagerie intravasculaire dans la dissection coronaire spontanée
En cas de suspicion de dissection coronaire spontanĂ©e, lâOCT ou lâIVUS doivent ĂȘtre utilisĂ©es avec prudence lorsque lâangiographie laisse persister une vĂ©ritable incertitude diagnostique. Lâinstrumentation coronaire peut elle-mĂȘme accroĂźtre le risque, en particulier dans les vaisseaux tortueux, les artĂšres de petit calibre ou les lĂ©sions distales. Avant dâavancer un cathĂ©ter dâimagerie, il faut confirmer que le guide se trouve dans la vraie lumiĂšre.
Lorsque lâangiographie Ă©tablit le diagnostic de dissection coronaire spontanĂ©e et que la stratĂ©gie prĂ©vue est un traitement mĂ©dical, une instrumentation coronaire supplĂ©mentaire et lâimagerie intravasculaire ne sont pas recommandĂ©es pour des raisons de sĂ©curitĂ©.
Examen clinique et électrocardiographie
Le document source met lâaccent sur la prĂ©sentation clinique, la probabilitĂ© prĂ©test et lâintĂ©gration de lâECG dans le parcours diagnostique, mais ne fournit pas de protocole dĂ©taillĂ© dâexamen clinique ni de description complĂšte des anomalies ECG pour la sĂ©lection habituelle des patients devant bĂ©nĂ©ficier dâune CI.
En cas de suspicion dâangor vasospastique, la rĂ©alisation dâun ECG de repos Ă 12 dĂ©rivations pendant un Ă©pisode angineux est recommandĂ©e. Un angor de repos rĂ©pĂ©titif accompagnĂ© de modifications transitoires du segment ST, rĂ©gressant sous nitrates ou antagonistes calciques, justifie une angiographie fonctionnelle invasive afin de confirmer le diagnostic et dâĂ©valuer une Ă©ventuelle maladie athĂ©rosclĂ©reuse sous-jacente.
Résultats biologiques et biomarqueurs
Le dosage de la troponine joue un rÎle central dans la stratégie invasive du SCA-NST+. Les patients chez lesquels un NSTEMI est confirmé au moyen des algorithmes à 0 h/1 h ou 0 h/2 h sont considérés comme des candidats à haut risque pour une coronarographie précoce dans les 24 heures.
Ă lâinverse, une stratĂ©gie invasive prĂ©coce nâest pas recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une douleur thoracique aiguĂ«, une faible probabilitĂ© clinique de SCA et un dosage nĂ©gatif de la troponine.
Le document source ne fournit pas dâĂ©valuation biologique plus large, de seuils spĂ©cifiques de troponine ni de recommandations concernant dâautres biomarqueurs.
Prise en charge aprĂšs la coronarographie
La CI peut ĂȘtre suivie de lâune des trois grandes orientations thĂ©rapeutiques suivantes :
Une ICP, lorsque lâanatomie et le contexte clinique sây prĂȘtent.
Un PAC, lorsquâune revascularisation chirurgicale est indiquĂ©e.
La poursuite du traitement mĂ©dical, lorsquâune revascularisation nâest pas indiquĂ©e ou que ses risques lâemportent sur le bĂ©nĂ©fice attendu.
La dĂ©cision doit intĂ©grer les donnĂ©es anatomiques, lâĂ©valuation physiologique des lĂ©sions, les symptĂŽmes, la fonction ventriculaire, les comorbiditĂ©s, le risque procĂ©dural et le bĂ©nĂ©fice attendu de la revascularisation.
Dans le SCA-NST+, une stratĂ©gie invasive rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires composites et la durĂ©e dâhospitalisation par rapport Ă une stratĂ©gie diffĂ©rĂ©e ou sĂ©lective, bien que les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es ne dĂ©montrent pas de rĂ©duction de la mortalitĂ© avec lâapproche invasive prĂ©coce. Ă plus long terme, les diffĂ©rences entre les stratĂ©gies invasive prĂ©coce et sĂ©lective peuvent sâattĂ©nuer, car les patients initialement pris en charge de maniĂšre sĂ©lective bĂ©nĂ©ficient secondairement dâune revascularisation.
Traitement médicamenteux
Le document source fournit une recommandation pharmacologique spĂ©cifique pour lâangor vasospastique :
- Les inhibiteurs calciques sont recommandĂ©s dans lâangor vasospastique isolĂ© afin de contrĂŽler les symptĂŽmes, de prĂ©venir lâischĂ©mie et de rĂ©duire les complications potentiellement fatales.
Aucune posologie ni aucun schéma plus large de traitement antiangineux, antithrombotique ou de prévention secondaire ne sont précisés dans le document source. En conséquence, les doses spécifiques et les stratégies médicamenteuses complémentaires ne sont pas détaillées ici.
Recommandations fondées sur les recommandations professionnelles
| Situation clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| CI indiquĂ©e | Utiliser lâartĂšre radiale comme site dâabord privilĂ©giĂ© | I | A |
| CI indiquĂ©e | Rendre disponible lâĂ©valuation de la pression coronaire et lâutiliser pour les stĂ©noses intermĂ©diaires qui nâintĂ©ressent pas le tronc commun gauche avant une revascularisation | I | A |
| ProbabilitĂ© clinique trĂšs Ă©levĂ©e de MCE obstructive, symptĂŽmes sĂ©vĂšres rĂ©fractaires, angor pour de faibles niveaux dâeffort ou risque Ă©levĂ© dâĂ©vĂ©nements | RĂ©aliser une CI pour diagnostiquer une MCE obstructive | I | C |
| SymptĂŽmes nouveaux fortement Ă©vocateurs dâune MCE obstructive pour de faibles niveaux dâeffort | Utiliser la CI en vue dâune revascularisation comme premier examen diagnostique aprĂšs Ă©valuation cardiologique | I | C |
| Sténose intermédiaire du tronc commun gauche | Envisager une FFR ou un iFR avant la revascularisation | IIa | A |
| Sténose intermédiaire du tronc commun gauche | Envisager une IVUS pour évaluer la sévérité de la lésion | IIa | B |
| SymptĂŽmes persistants avec suspicion dâANOCA/INOCA malgrĂ© le traitement et altĂ©ration de la qualitĂ© de vie | RĂ©aliser une exploration fonctionnelle coronaire invasive afin dâidentifier des endotypes traitables | I | B |
| Suspicion dâangor vasospastique | RĂ©aliser un ECG Ă 12 dĂ©rivations pendant lâangor | I | C |
| Angor de repos récidivant avec modifications réversibles du segment ST répondant aux nitrates ou aux antagonistes calciques | Réaliser une angiographie fonctionnelle invasive | I | C |
| Angor vasospastique isolé | Traiter par inhibiteurs calciques | I | A |
| SCA-NST+ Ă haut risque | Envisager une coronarographie prĂ©coce dans les 24 heures | â | â |
| Occlusion coronaire persistante ou SCA Ă trĂšs haut risque | RĂ©aliser une coronarographie en urgence dĂšs que possible | â | â |
Risque procédural et sécurité
La CI est associĂ©e Ă un risque faible mais cliniquement important de complications majeures. Le risque composite de dĂ©cĂšs, dâinfarctus du myocarde ou dâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral avec un abord radial est dâenviron 0.1 %â0.2 % dans les recommandations rĂ©sumĂ©es. Le cathĂ©tĂ©risme diagnostique fĂ©moral prĂ©sente un taux composite rapportĂ© plus Ă©levĂ© de complications majeures, dâenviron 0.5 %â2.0 %, principalement en raison des hĂ©morragies nĂ©cessitant une transfusion.
LâĂ©valuation du risque doit donc tenir compte :
De la probabilité que la coronarographie modifie la prise en charge.
De la probabilitĂ© dâune MCE obstructive significative.
De la faisabilitĂ© et du bĂ©nĂ©fice attendu dâune revascularisation.
Du risque hĂ©morragique et du risque liĂ© Ă la voie dâabord vasculaire.
Des comorbidités et du risque procédural.
Du degrĂ© dâurgence de la prĂ©sentation clinique.
Pronostic et suivi
Le pronostic aprĂšs une CI dĂ©pend principalement de lâanatomie coronaire sous-jacente, de la prĂ©sence ou de lâabsence dâune maladie obstructive, de la fonction ventriculaire, de la signification physiologique des lĂ©sions et de la stratĂ©gie thĂ©rapeutique retenue.
Les patients dont les artĂšres coronaires ne prĂ©sentent pas dâobstruction peuvent nĂ©anmoins avoir une ischĂ©mie cliniquement importante liĂ©e Ă une dysfonction microvasculaire ou Ă un spasme coronaire. Lâidentification de ces endotypes par une exploration fonctionnelle invasive peut amĂ©liorer les symptĂŽmes et la qualitĂ© de vie en permettant un traitement plus ciblĂ©.
Dans le SCA, la prise en charge invasive prĂ©coce rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires composites et la durĂ©e dâhospitalisation, bien que les donnĂ©es rĂ©sumĂ©es ne dĂ©montrent pas de rĂ©duction de la mortalitĂ© par rapport Ă une stratĂ©gie diffĂ©rĂ©e ou sĂ©lective. Les diffĂ©rences Ă long terme peuvent devenir moins apparentes, car les patients initialement pris en charge de maniĂšre sĂ©lective peuvent bĂ©nĂ©ficier ultĂ©rieurement dâune revascularisation.
Le suivi doit ĂȘtre orientĂ© par le diagnostic final et la stratĂ©gie thĂ©rapeutique, notamment :
Réévaluation des symptĂŽmes et de lâĂ©tat fonctionnel.
Ăvaluation de la rĂ©ponse au traitement mĂ©dical.
Ăvaluation aprĂšs ICP ou PAC lorsquâils ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s.
Prise en charge au long cours de la maladie vasospastique ou microvasculaire identifiée.
Réévaluation lorsque les symptÎmes persistent malgré une anatomie coronaire apparemment non obstructive.
Le document source ne précise pas de calendrier uniforme de surveillance aprÚs coronarographie ni de schéma détaillé de traitement médicamenteux au long cours.