đŸš« Complications mĂ©caniques post-infarctus : rupture du septum ventriculaire, de la paroi libre et du muscle papillaire

Sommaire (27)

Définition et physiopathologie

Les complications mécaniques post-infarctus sont des ruptures structurelles du myocarde infarci aigu, survenant le plus souvent au cours des premiers jours suivant un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI). Les principales lésions sont les suivantes :

  • Rupture du septum ventriculaire (RSV), entraĂźnant un shunt aigu gauche-droite.

  • Rupture de la paroi libre ventriculaire, entraĂźnant un hĂ©mopĂ©ricarde et une tamponnade cardiaque.

  • Rupture du muscle papillaire, entraĂźnant une insuffisance mitrale (IM) aiguĂ« sĂ©vĂšre.

Ces complications rĂ©sultent d’une nĂ©crose myocardique transmurale suivie d’une dĂ©sorganisation tissulaire. Une expansion de l’infarctus et, dans certains cas, un hĂ©matome dissĂ©quant peuvent prĂ©cĂ©der la rupture. La dĂ©chirure se dĂ©veloppe habituellement Ă  l’interface entre le myocarde infarci et le myocarde viable.

L’incidence a nettement diminuĂ© avec les stratĂ©gies contemporaines de reperfusion, notamment l’intervention coronaire percutanĂ©e (ICP) primaire. Dans une vaste analyse Ă©pidĂ©miologique, les complications mĂ©caniques sont survenues dans environ 0,27 % des cas de STEMI et 0,06 % des cas d’infarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST. MalgrĂ© leur raretĂ©, elles restent immĂ©diatement lĂ©tales ; la mortalitĂ© hospitaliĂšre rapportĂ©e Ă©tait de 42,4 % pour les complications mĂ©caniques associĂ©es au STEMI et de 18 % pour celles associĂ©es au NSTEMI.

La chronologie de la RSV, de la rupture de la paroi libre et de la rupture du muscle papillaire est classiquement bimodale. Les Ă©vĂ©nements peuvent survenir au cours des premiĂšres 24 heures ou vers les jours 3–5, bien que l’intervalle rapportĂ© s’étende de 1 Ă  14 jours aprĂšs l’infarctus. Une RSV peut Ă©galement survenir jusqu’à 2 semaines aprĂšs l’infarctus.

Facteurs prédisposants

Les facteurs de risque varient selon la lésion, mais comprennent :

  • Âge avancĂ©.

  • Sexe fĂ©minin.

  • Hypertension artĂ©rielle.

  • Absence de circulation collatĂ©rale adĂ©quate.

  • Premier infarctus ou infarctus antĂ©rieur.

  • Maladie monotronculaire sans circulation collatĂ©rale.

  • Maladie rĂ©nale chronique, notamment en ce qui concerne la RSV.

  • Infarctus Ă©tendu, en particulier pour les ruptures septale ou de la paroi libre.

La rupture de la paroi libre est plus frĂ©quente aprĂšs une fibrinolyse qu’aprĂšs une ICP dans le profil clinique rapportĂ©, tandis que l’ICP primaire semble en rĂ©duire le risque. L’incidence de la RSV est passĂ©e d’environ 1–2 % en l’absence de reperfusion Ă  environ 0,2 % Ă  l’ùre de la reperfusion.

Présentation clinique et symptÎmes

L’apparition, dans les jours suivant un infarctus du myocarde, d’un nouvel Ă©pisode d’hypotension, d’une rĂ©cidive de douleur thoracique, d’une congestion pulmonaire, d’un nouveau souffle cardiaque ou d’une turgescence jugulaire doit faire envisager immĂ©diatement une complication mĂ©canique. La dĂ©gradation clinique peut ĂȘtre brutale ou progressive, et un choc cardiogĂ©nique peut se dĂ©velopper rapidement.

Rupture du septum ventriculaire

La RSV entraĂźne typiquement :

  • RĂ©cidive de douleur thoracique.

  • DyspnĂ©e.

  • Hypotension.

  • Installation rapide d’une dĂ©faillance biventriculaire.

  • ƒdĂšme pulmonaire.

  • Choc cardiogĂ©nique.

Le shunt peut ĂȘtre initialement tolĂ©rĂ©, mais la taille de la communication peut augmenter et provoquer une dĂ©gradation hĂ©modynamique rapide. L’infarctus infĂ©rieur est associĂ© Ă  une perforation septale basale et Ă  un pronostic plus dĂ©favorable que la communication, typiquement apicale, associĂ©e Ă  l’infarctus antĂ©rieur.

Rupture de la paroi libre ventriculaire

La rupture de la paroi libre peut ĂȘtre cataclysmique ou subaiguĂ«.

Dans sa forme cataclysmique, une déchirure aiguë entraßne un hémopéricarde, une tamponnade et, brutalement :

  • Disparition du pouls.

  • Disparition de la pression artĂ©rielle.

  • Perte de connaissance.

  • Dissociation Ă©lectromĂ©canique ou activitĂ© Ă©lectrique sans pouls malgrĂ© la persistance d’un rythme sinusal Ă  l’ECG.

Une rupture subaiguĂ« peut ĂȘtre Ă©voquĂ©e devant :

  • NausĂ©es.

  • Hypotension.

  • GĂȘne pĂ©ricardique ou pleurĂ©tique.

  • Syncope.

  • Agitation.

  • Turgescence jugulaire.

  • Pouls paradoxal.

Le pĂ©ricarde peut obturer temporairement la rupture, provoquant une tamponnade subaiguĂ« et un choc cardiogĂ©nique plutĂŽt qu’un dĂ©cĂšs immĂ©diat.

Rupture du muscle papillaire

La rupture du muscle papillaire entraßne une IM aiguë sévÚre. Sa présentation typique comprend :

  • DyspnĂ©e sĂ©vĂšre brutale.

  • ƒdĂšme pulmonaire aigu.

  • Hypotension.

  • Insuffisance cardiaque progressive.

  • Choc cardiogĂ©nique.

La section complĂšte d’un muscle papillaire peut provoquer une IM immĂ©diatement massive. Une rupture partielle, touchant souvent l’extrĂ©mitĂ© ou la tĂȘte du muscle, entraĂźne plus frĂ©quemment une IM sĂ©vĂšre mais initialement compatible avec la survie.

Le muscle papillaire postĂ©romĂ©dial est plus souvent atteint que le muscle antĂ©rolatĂ©ral, car il possĂšde une vascularisation unique. La rupture postĂ©romĂ©diale est habituellement associĂ©e Ă  un infarctus infĂ©rieur, tandis que la rupture antĂ©rolatĂ©rale fait suite Ă  un infarctus antĂ©rolatĂ©ral. Dans environ la moitiĂ© des cas, la rupture du muscle papillaire survient malgrĂ© un infarctus relativement limitĂ© et peut ĂȘtre associĂ©e Ă  une atteinte coronaire modĂ©rĂ©e seulement.

Évaluation et examen clinique

Tout patient prĂ©sentant un STEMI rĂ©cent et une dĂ©gradation hĂ©modynamique brutale ou progressive nĂ©cessite une Ă©valuation urgente Ă  la recherche d’une rupture mĂ©canique. Une Ă©chocardiographie immĂ©diate est indiquĂ©e en prĂ©sence de :

  • Hypotension brutale.

  • RĂ©cidive de douleur thoracique.

  • Nouveau souffle cardiaque.

  • Congestion ou ƓdĂšme pulmonaire.

  • Turgescence jugulaire.

  • Choc cardiogĂ©nique inexpliquĂ©.

  • Dissociation Ă©lectromĂ©canique ou activitĂ© Ă©lectrique sans pouls.

L’examen doit rechercher des signes d’insuffisance circulatoire, de congestion pulmonaire, d’insuffisance cardiaque droite et gauche, de tamponnade ainsi que de nouveaux souffles cardiaques. Un souffle peut ĂȘtre trompeusement discret ou absent en cas d’IM aiguĂ« sĂ©vĂšre, car l’égalisation rapide des pressions limite le gradient rĂ©gurgitant audible. De mĂȘme, un souffle peut s’attĂ©nuer ou disparaĂźtre lorsque la pression artĂ©rielle systĂ©mique diminue.

Signes physiques selon la lésion

Lésion Signes cliniques caractéristiques
RSV Souffle holosystolique rude et intense, habituellement maximal au bord sternal gauche infĂ©rieur ; frĂ©missement ; Ă©clat de B2 ; B3 ; ƓdĂšme pulmonaire ; insuffisance ventriculaire droite et gauche ; choc cardiogĂ©nique
Rupture de la paroi libre Turgescence jugulaire, pouls paradoxal, dissociation électromécanique, hypotension, tamponnade, choc cardiogénique
Rupture du muscle papillaire ƒdĂšme pulmonaire sĂ©vĂšre, hypotension, choc cardiogĂ©nique ; souffle parfois discret, variable ou absent ; frĂ©missement gĂ©nĂ©ralement absent

La prĂ©sence d’un nouveau souffle holosystolique est fortement en faveur d’une RSV ou d’une IM aiguĂ«, mais l’absence de souffle marquĂ© n’exclut aucune de ces deux lĂ©sions.

Diagnostic

Échocardiographie

L’échocardiographie est l’examen diagnostique immĂ©diat principal. Elle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e sans dĂ©lai lorsqu’une complication mĂ©canique est suspectĂ©e.

RSV

L’échocardiographie peut montrer :

  • La communication septale elle-mĂȘme.

  • Un flux systolique turbulent Ă  travers le septum interventriculaire au Doppler couleur.

  • Un shunt gauche-droite.

  • Une surcharge volumique du ventricule droit.

La communication peut ĂȘtre directe ou irrĂ©guliĂšre et serpigineuse, avec une longueur allant de un Ă  plusieurs centimĂštres.

Rupture de la paroi libre

Les signes échocardiographiques possibles comprennent :

  • Épanchement pĂ©ricardique, bien qu’un Ă©panchement supĂ©rieur Ă  5 mm ne soit pas visualisĂ© de maniĂšre constante.

  • Échos hyperĂ©chogĂšnes stratifiĂ©s au sein du pĂ©ricarde, correspondant Ă  un caillot sanguin.

  • Visualisation directe de la dĂ©chirure myocardique.

  • Signes Ă©chocardiographiques de tamponnade.

Une Ă©chocardiographie nĂ©gative ou Ă©quivoque n’exclut pas une rupture, notamment lorsque le sang pĂ©ricardique est cloisonnĂ© ou s’est rapidement coagulĂ©.

Rupture du muscle papillaire

L’échocardiographie peut mettre en Ă©vidence :

  • Un ventricule gauche hypercontractile.

  • Un muscle papillaire ou des cordages tendineux rompus.

  • Un feuillet mitral flottant.

  • Une IM sĂ©vĂšre au Doppler couleur.

L’échocardiographie transthoracique peut ĂȘtre insuffisante lorsque le jet rĂ©gurgitant est Ă©troit et excentrĂ© ou lorsque l’égalisation rapide des pressions limite l’importance apparente du jet. Si la suspicion clinique reste Ă©levĂ©e, une Ă©chocardiographie transƓsophagienne doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e, car elle offre une meilleure prĂ©cision diagnostique.

Le Doppler couleur est particuliĂšrement utile pour distinguer une IM aiguĂ« d’une RSV dans le contexte d’un STEMI.

Cathétérisme cardiaque droit

Le cathĂ©tĂ©risme de l’artĂšre pulmonaire peut contribuer Ă  caractĂ©riser la lĂ©sion hĂ©modynamique lorsque le diagnostic ou la gravitĂ© restent incertains.

RSV

Les constatations comprennent :

  • Une augmentation de la saturation en oxygĂšne entre l’oreillette droite et le ventricule droit, tĂ©moignant du shunt gauche-droite.

  • De grandes ondes v.

Rupture du muscle papillaire

Les constatations comprennent :

  • Absence de saut de saturation en oxygĂšne entre l’oreillette droite et le ventricule droit.

  • Grandes ondes v.

  • Pression capillaire pulmonaire bloquĂ©e trĂšs Ă©levĂ©e.

Rupture de la paroi libre

La ventriculographie est peu sensible. Les signes classiques de tamponnade peuvent ne pas ĂȘtre prĂ©sents, bien qu’une Ă©galisation des pressions diastoliques entre les cavitĂ©s cardiaques puisse survenir.

Un monitorage invasif est indiquĂ© lorsqu’une complication mĂ©canique majeure a Ă©tĂ© identifiĂ©e, sauf si une rĂ©paration dĂ©finitive immĂ©diate est entreprise.

Électrocardiographie

Le document source dĂ©crit la persistance d’un rythme sinusal Ă  l’ECG lors d’une rupture cataclysmique de la paroi libre, malgrĂ© la disparition du pouls et de la pression artĂ©rielle, ce qui traduit une activitĂ© Ă©lectrique sans pouls liĂ©e Ă  la tamponnade. Aucun autre critĂšre ECG permettant de diffĂ©rencier la RSV, la rupture de la paroi libre ou la rupture du muscle papillaire n’est prĂ©cisĂ©.

Biomarqueurs et examens biologiques

Le document source ne fournit pas de profil spĂ©cifique de biomarqueurs ou d’anomalies biologiques pour la RSV, la rupture de la paroi libre ou la rupture du muscle papillaire post-infarctus. Le diagnostic repose principalement sur les donnĂ©es cliniques, Ă©chocardiographiques et hĂ©modynamiques.

Traitement et prise en charge

Les complications mĂ©caniques post-infarctus nĂ©cessitent l’implication immĂ©diate d’une Ă©quipe multidisciplinaire du Heart Team, avec stabilisation en parallĂšle, caractĂ©risation anatomique dĂ©finitive et planification de la rĂ©paration. La prise en charge doit tenir compte des objectifs de soins du patient, en particulier lorsque la probabilitĂ© d’une issue futile est Ă©levĂ©e.

La chirurgie constitue gĂ©nĂ©ralement le traitement de choix. Tout retard peut favoriser l’évolution vers un choc, une infection, une lĂ©sion pulmonaire aiguĂ«, une extension de l’infarctus ou une insuffisance rĂ©nale. La survie opĂ©ratoire est favorisĂ©e par :

  • Une chirurgie prĂ©coce.

  • Une durĂ©e courte du choc.

  • Une atteinte ventriculaire droite et gauche modĂ©rĂ©e.

  • L’identification d’une lĂ©sion accessible Ă  une correction chirurgicale.

Stabilisation hémodynamique initiale

En cas d’IM aiguĂ« et de RSV, un traitement vasodilatateur — habituellement par nitroglycĂ©rine ou nitroprussiate — doit ĂȘtre instaurĂ© dĂšs que possible lorsque la pression artĂ©rielle systolique n’est pas infĂ©rieure Ă  90 mm Hg. Les vasodilatateurs rĂ©duisent la postcharge et peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit cardiaque antĂ©rograde ainsi que les consĂ©quences hĂ©modynamiques du shunt ou de la rĂ©gurgitation.

Des agents inotropes peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour soutenir le dĂ©bit cardiaque. Le traitement pharmacologique vise Ă  stabiliser suffisamment le patient pour permettre la rĂ©alisation des examens diagnostiques et la rĂ©paration dĂ©finitive.

Si les mĂ©dicaments ne sont pas tolĂ©rĂ©s ou ne permettent pas de rĂ©tablir la stabilitĂ© hĂ©modynamique, une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire peut ĂȘtre raisonnablement utilisĂ©e comme relais jusqu’à la rĂ©paration. Chez les patients prĂ©sentant une complication mĂ©canique liĂ©e Ă  un SCA, une contre-pulsion par ballonnet intra-aortique doit ĂȘtre envisagĂ©e dans l’attente de la chirurgie. Une assistance circulatoire mĂ©canique plus active peut ĂȘtre appropriĂ©e pour la stabilisation chez certains patients, bien que les donnĂ©es en faveur de son utilisation systĂ©matique restent limitĂ©es.

Rupture du septum ventriculaire

La RSV nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement une fermeture dĂ©finitive urgente, car la communication peut augmenter de taille mĂȘme lorsque le patient est initialement stable.

Les options thérapeutiques comprennent :

  • Fermeture chirurgicale, qui constitue le traitement dĂ©finitif le plus courant.

  • RĂ©duction temporaire pharmacologique de la postcharge.

  • Contre-pulsion par ballonnet intra-aortique comme relais.

  • Autre assistance circulatoire mĂ©canique temporaire si nĂ©cessaire.

  • Fermeture transcathĂ©ter chez certains patients.

La rĂ©paration chirurgicale est rĂ©alisĂ©e Ă  travers la paroi ventriculaire infarcie, avec fermeture de la communication septale au moyen d’un patch prothĂ©tique et rĂ©paration de l’incision ventriculaire Ă  l’aide d’un second patch.

Les recommandations amĂ©ricaines actuelles prĂ©conisent une fermeture chirurgicale immĂ©diate quel que soit l’état hĂ©modynamique. La pratique europĂ©enne est plus sĂ©lective et repose sur l’évaluation du Heart Team. Les dĂ©cisions doivent intĂ©grer l’anatomie du patient, l’évolution hĂ©modynamique, le risque opĂ©ratoire, la fonction ventriculaire et les objectifs de soins.

Une fermeture transcathĂ©ter peut ĂȘtre envisagĂ©e :

  • Comme relais vers une chirurgie dĂ©finitive ultĂ©rieure, aprĂšs une cicatrisation supplĂ©mentaire de l’infarctus.

  • Chez les patients qui ne sont pas candidats Ă  une chirurgie prĂ©coce.

  • Chez les patients considĂ©rĂ©s comme inopĂ©rables lorsque l’anatomie est favorable.

La fermeture initiale par dispositif est presque toujours incomplĂšte, et le dispositif nĂ©cessite du temps pour permettre la thrombose et l’endothĂ©lialisation. En consĂ©quence, la chirurgie reste le traitement privilĂ©giĂ© chez la plupart des patients prĂ©sentant une RSV hĂ©modynamiquement significative.

Rupture de la paroi libre

La rupture de la paroi libre nĂ©cessite une rĂ©paration chirurgicale rapide. Une rupture cataclysmique avec tamponnade et activitĂ© Ă©lectrique sans pouls constitue une urgence extrĂȘme. Une rupture subaiguĂ« peut permettre une brĂšve stabilisation, mais une rĂ©paration dĂ©finitive reste nĂ©cessaire, car l’évolution peut rapidement se dĂ©grader.

La mortalitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă  la rupture de la paroi libre est liĂ©e Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© de la tamponnade, du choc et de l’infarctus sous-jacent. La reconnaissance rapide et l’intervention chirurgicale sont les principaux dĂ©terminants de la survie.

Rupture du muscle papillaire

L’IM aiguĂ« sĂ©vĂšre due Ă  une rupture du muscle papillaire nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement un traitement chirurgical urgent. Une rupture complĂšte impose habituellement un remplacement valvulaire mitral.

L’approche chirurgicale peut comprendre :

  • DĂ©bridement du tissu papillaire et valvulaire lĂ©sĂ©.

  • PrĂ©servation, lorsque cela est possible, des segments commissuraux ou valvulaires viables.

  • Remplacement valvulaire mitral avec conservation d’une continuitĂ© annulo-papillaire partielle.

  • RĂ©paration mitrale dans certains cas anatomiquement favorables, notamment par transfert de la tĂȘte d’un muscle papillaire vers un segment intact.

Un remplacement est habituellement nĂ©cessaire aprĂšs une rupture complĂšte du muscle papillaire. Le choix entre rĂ©paration et remplacement dĂ©pend de l’étendue de la dĂ©sorganisation et de la possibilitĂ© de prĂ©server une fonction valvulaire et une gĂ©omĂ©trie ventriculaire efficaces.

Moment de la chirurgie

Chez les patients prĂ©sentant une lĂ©sion accessible Ă  une correction chirurgicale et nĂ©cessitant un soutien pharmacologique ou mĂ©canique, la chirurgie ne doit gĂ©nĂ©ralement pas ĂȘtre retardĂ©e. Une intervention diffĂ©rĂ©e expose Ă  un choc progressif et Ă  des complications multiviscĂ©rales.

Si le patient reste hĂ©modynamiquement stable, la chirurgie peut parfois ĂȘtre diffĂ©rĂ©e d’environ 2–4 semaines afin de permettre une cicatrisation partielle de l’infarctus. Un tel report nĂ©cessite une réévaluation attentive de :

  • La stabilitĂ© hĂ©modynamique.

  • L’anatomie et la taille de la communication.

  • La fonction ventriculaire droite et gauche.

  • L’évolution de l’insuffisance cardiaque.

  • La probabilitĂ© d’une dĂ©sorganisation tissulaire supplĂ©mentaire.

  • Les valeurs et les objectifs thĂ©rapeutiques du patient.

Ces dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises par un Heart Team multidisciplinaire plutĂŽt que sur la base d’un intervalle fixe.

Recommandations des recommandations

Le document source étaye les recommandations suivantes :

  • Une Ă©valuation Ă©chocardiographique immĂ©diate est indiquĂ©e lorsqu’une complication mĂ©canique post-infarctus est suspectĂ©e.

  • Les complications mĂ©caniques majeures justifient un monitorage invasif, sauf si une rĂ©paration dĂ©finitive immĂ©diate est entreprise.

  • La chirurgie est le traitement de choix des complications mĂ©caniques liĂ©es Ă  un SCA.

  • Une contre-pulsion par ballonnet intra-aortique doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une complication mĂ©canique liĂ©e Ă  un SCA dans l’attente de la chirurgie.

  • La RSV nĂ©cessite une fermeture rapide, car la communication peut augmenter de taille et une dĂ©gradation hĂ©modynamique peut survenir mĂȘme chez des patients initialement stables.

  • Les recommandations amĂ©ricaines prĂ©conisent une fermeture chirurgicale immĂ©diate de la RSV quel que soit l’état hĂ©modynamique ; les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent une approche plus sĂ©lective fondĂ©e sur l’évaluation du Heart Team.

  • Une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire est raisonnable lorsque le traitement pharmacologique Ă©choue ou n’est pas tolĂ©rĂ©.

  • La fermeture transcathĂ©ter est rĂ©servĂ©e Ă  certains patients, notamment ceux prĂ©sentant un risque chirurgical prohibitif, une inopĂ©rabilitĂ© ou une indication de relais temporaire avant une rĂ©paration ultĂ©rieure.

  • La prise en charge doit impliquer une Ă©quipe multidisciplinaire pendant toute la stabilisation, le traitement dĂ©finitif et l’évaluation des soins palliatifs.

Pronostic et suivi

Le pronostic est dĂ©favorable pour les trois complications et particuliĂšrement mauvais en prĂ©sence d’un choc cardiogĂ©nique ou d’une dysfonction ventriculaire sĂ©vĂšre.

La mortalité rapportée comprend :

  • RSV : environ 40 %–75 % au total ; la mortalitĂ© dĂ©passe 80 % en prĂ©sence d’un choc cardiogĂ©nique.

  • Rupture de la paroi libre : la mortalitĂ© peut atteindre 75 %–90 % ; mĂȘme aprĂšs chirurgie, la mortalitĂ© hospitaliĂšre peut dĂ©passer 35 %.

  • Ensemble des complications mĂ©caniques : mortalitĂ© hospitaliĂšre d’environ 42,4 % dans le STEMI et de 18 % dans le NSTEMI dans l’analyse Ă©pidĂ©miologique citĂ©e.

Dans la RSV, le pronostic dépend notamment :

  • De la taille de la communication.

  • De l’étendue de l’atteinte ventriculaire.

  • De la fonction ventriculaire droite et gauche.

  • De la localisation de la communication.

  • De la prĂ©sence et de la durĂ©e du choc cardiogĂ©nique.

  • Du moment de la rĂ©paration.

Une chirurgie précoce, une durée courte du choc et une atteinte ventriculaire droite et gauche modérée sont associés à une meilleure survie chirurgicale.

AprĂšs la rĂ©paration, le suivi doit rechercher la persistance ou la rĂ©cidive de consĂ©quences hĂ©modynamiques ainsi que des anomalies structurelles rĂ©siduelles. Les intervalles prĂ©cis du suivi Ă  long terme de la RSV, de la rupture de la paroi libre ou de la rupture du muscle papillaire liĂ©es Ă  l’infarctus ne sont pas dĂ©finis dans le document source. Une surveillance Ă©chocardiographique rĂ©guliĂšre est cliniquement pertinente en cas de shunt rĂ©siduel, de dysfonction ventriculaire, d’élĂ©vation des pressions pulmonaires ou d’anomalies valvulaires persistantes, bien que les recommandations dĂ©taillĂ©es d’intervalle du document source concernent principalement les CIV congĂ©nitales ou rĂ©siduelles plutĂŽt que la rĂ©paration post-infarctus.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 7 août 2026