Définition et physiopathologie
Les complications mécaniques post-infarctus sont des ruptures structurelles du myocarde infarci aigu, survenant le plus souvent au cours des premiers jours suivant un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI). Les principales lésions sont les suivantes :
Rupture du septum ventriculaire (RSV), entraĂźnant un shunt aigu gauche-droite.
Rupture de la paroi libre ventriculaire, entraßnant un hémopéricarde et une tamponnade cardiaque.
Rupture du muscle papillaire, entraßnant une insuffisance mitrale (IM) aiguë sévÚre.
Ces complications rĂ©sultent dâune nĂ©crose myocardique transmurale suivie dâune dĂ©sorganisation tissulaire. Une expansion de lâinfarctus et, dans certains cas, un hĂ©matome dissĂ©quant peuvent prĂ©cĂ©der la rupture. La dĂ©chirure se dĂ©veloppe habituellement Ă lâinterface entre le myocarde infarci et le myocarde viable.
Lâincidence a nettement diminuĂ© avec les stratĂ©gies contemporaines de reperfusion, notamment lâintervention coronaire percutanĂ©e (ICP) primaire. Dans une vaste analyse Ă©pidĂ©miologique, les complications mĂ©caniques sont survenues dans environ 0,27 % des cas de STEMI et 0,06 % des cas dâinfarctus du myocarde sans sus-dĂ©calage du segment ST. MalgrĂ© leur raretĂ©, elles restent immĂ©diatement lĂ©tales ; la mortalitĂ© hospitaliĂšre rapportĂ©e Ă©tait de 42,4 % pour les complications mĂ©caniques associĂ©es au STEMI et de 18 % pour celles associĂ©es au NSTEMI.
La chronologie de la RSV, de la rupture de la paroi libre et de la rupture du muscle papillaire est classiquement bimodale. Les Ă©vĂ©nements peuvent survenir au cours des premiĂšres 24 heures ou vers les jours 3â5, bien que lâintervalle rapportĂ© sâĂ©tende de 1 Ă 14 jours aprĂšs lâinfarctus. Une RSV peut Ă©galement survenir jusquâĂ 2 semaines aprĂšs lâinfarctus.
Facteurs prédisposants
Les facteurs de risque varient selon la lésion, mais comprennent :
Ăge avancĂ©.
Sexe féminin.
Hypertension artérielle.
Absence de circulation collatérale adéquate.
Premier infarctus ou infarctus antérieur.
Maladie monotronculaire sans circulation collatérale.
Maladie rénale chronique, notamment en ce qui concerne la RSV.
Infarctus étendu, en particulier pour les ruptures septale ou de la paroi libre.
La rupture de la paroi libre est plus frĂ©quente aprĂšs une fibrinolyse quâaprĂšs une ICP dans le profil clinique rapportĂ©, tandis que lâICP primaire semble en rĂ©duire le risque. Lâincidence de la RSV est passĂ©e dâenviron 1â2 % en lâabsence de reperfusion Ă environ 0,2 % Ă lâĂšre de la reperfusion.
Présentation clinique et symptÎmes
Lâapparition, dans les jours suivant un infarctus du myocarde, dâun nouvel Ă©pisode dâhypotension, dâune rĂ©cidive de douleur thoracique, dâune congestion pulmonaire, dâun nouveau souffle cardiaque ou dâune turgescence jugulaire doit faire envisager immĂ©diatement une complication mĂ©canique. La dĂ©gradation clinique peut ĂȘtre brutale ou progressive, et un choc cardiogĂ©nique peut se dĂ©velopper rapidement.
Rupture du septum ventriculaire
La RSV entraĂźne typiquement :
Récidive de douleur thoracique.
Dyspnée.
Hypotension.
Installation rapide dâune dĂ©faillance biventriculaire.
ĆdĂšme pulmonaire.
Choc cardiogénique.
Le shunt peut ĂȘtre initialement tolĂ©rĂ©, mais la taille de la communication peut augmenter et provoquer une dĂ©gradation hĂ©modynamique rapide. Lâinfarctus infĂ©rieur est associĂ© Ă une perforation septale basale et Ă un pronostic plus dĂ©favorable que la communication, typiquement apicale, associĂ©e Ă lâinfarctus antĂ©rieur.
Rupture de la paroi libre ventriculaire
La rupture de la paroi libre peut ĂȘtre cataclysmique ou subaiguĂ«.
Dans sa forme cataclysmique, une déchirure aiguë entraßne un hémopéricarde, une tamponnade et, brutalement :
Disparition du pouls.
Disparition de la pression artérielle.
Perte de connaissance.
Dissociation Ă©lectromĂ©canique ou activitĂ© Ă©lectrique sans pouls malgrĂ© la persistance dâun rythme sinusal Ă lâECG.
Une rupture subaiguĂ« peut ĂȘtre Ă©voquĂ©e devant :
Nausées.
Hypotension.
GĂȘne pĂ©ricardique ou pleurĂ©tique.
Syncope.
Agitation.
Turgescence jugulaire.
Pouls paradoxal.
Le pĂ©ricarde peut obturer temporairement la rupture, provoquant une tamponnade subaiguĂ« et un choc cardiogĂ©nique plutĂŽt quâun dĂ©cĂšs immĂ©diat.
Rupture du muscle papillaire
La rupture du muscle papillaire entraßne une IM aiguë sévÚre. Sa présentation typique comprend :
Dyspnée sévÚre brutale.
ĆdĂšme pulmonaire aigu.
Hypotension.
Insuffisance cardiaque progressive.
Choc cardiogénique.
La section complĂšte dâun muscle papillaire peut provoquer une IM immĂ©diatement massive. Une rupture partielle, touchant souvent lâextrĂ©mitĂ© ou la tĂȘte du muscle, entraĂźne plus frĂ©quemment une IM sĂ©vĂšre mais initialement compatible avec la survie.
Le muscle papillaire postĂ©romĂ©dial est plus souvent atteint que le muscle antĂ©rolatĂ©ral, car il possĂšde une vascularisation unique. La rupture postĂ©romĂ©diale est habituellement associĂ©e Ă un infarctus infĂ©rieur, tandis que la rupture antĂ©rolatĂ©rale fait suite Ă un infarctus antĂ©rolatĂ©ral. Dans environ la moitiĂ© des cas, la rupture du muscle papillaire survient malgrĂ© un infarctus relativement limitĂ© et peut ĂȘtre associĂ©e Ă une atteinte coronaire modĂ©rĂ©e seulement.
Ăvaluation et examen clinique
Tout patient prĂ©sentant un STEMI rĂ©cent et une dĂ©gradation hĂ©modynamique brutale ou progressive nĂ©cessite une Ă©valuation urgente Ă la recherche dâune rupture mĂ©canique. Une Ă©chocardiographie immĂ©diate est indiquĂ©e en prĂ©sence de :
Hypotension brutale.
Récidive de douleur thoracique.
Nouveau souffle cardiaque.
Congestion ou ĆdĂšme pulmonaire.
Turgescence jugulaire.
Choc cardiogénique inexpliqué.
Dissociation électromécanique ou activité électrique sans pouls.
Lâexamen doit rechercher des signes dâinsuffisance circulatoire, de congestion pulmonaire, dâinsuffisance cardiaque droite et gauche, de tamponnade ainsi que de nouveaux souffles cardiaques. Un souffle peut ĂȘtre trompeusement discret ou absent en cas dâIM aiguĂ« sĂ©vĂšre, car lâĂ©galisation rapide des pressions limite le gradient rĂ©gurgitant audible. De mĂȘme, un souffle peut sâattĂ©nuer ou disparaĂźtre lorsque la pression artĂ©rielle systĂ©mique diminue.
Signes physiques selon la lésion
| Lésion | Signes cliniques caractéristiques |
|---|---|
| RSV | Souffle holosystolique rude et intense, habituellement maximal au bord sternal gauche infĂ©rieur ; frĂ©missement ; Ă©clat de B2 ; B3 ; ĆdĂšme pulmonaire ; insuffisance ventriculaire droite et gauche ; choc cardiogĂ©nique |
| Rupture de la paroi libre | Turgescence jugulaire, pouls paradoxal, dissociation électromécanique, hypotension, tamponnade, choc cardiogénique |
| Rupture du muscle papillaire | ĆdĂšme pulmonaire sĂ©vĂšre, hypotension, choc cardiogĂ©nique ; souffle parfois discret, variable ou absent ; frĂ©missement gĂ©nĂ©ralement absent |
La prĂ©sence dâun nouveau souffle holosystolique est fortement en faveur dâune RSV ou dâune IM aiguĂ«, mais lâabsence de souffle marquĂ© nâexclut aucune de ces deux lĂ©sions.
Diagnostic
Ăchocardiographie
LâĂ©chocardiographie est lâexamen diagnostique immĂ©diat principal. Elle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e sans dĂ©lai lorsquâune complication mĂ©canique est suspectĂ©e.
RSV
LâĂ©chocardiographie peut montrer :
La communication septale elle-mĂȘme.
Un flux systolique turbulent Ă travers le septum interventriculaire au Doppler couleur.
Un shunt gauche-droite.
Une surcharge volumique du ventricule droit.
La communication peut ĂȘtre directe ou irrĂ©guliĂšre et serpigineuse, avec une longueur allant de un Ă plusieurs centimĂštres.
Rupture de la paroi libre
Les signes échocardiographiques possibles comprennent :
Ăpanchement pĂ©ricardique, bien quâun Ă©panchement supĂ©rieur Ă 5 mm ne soit pas visualisĂ© de maniĂšre constante.
Ăchos hyperĂ©chogĂšnes stratifiĂ©s au sein du pĂ©ricarde, correspondant Ă un caillot sanguin.
Visualisation directe de la déchirure myocardique.
Signes échocardiographiques de tamponnade.
Une Ă©chocardiographie nĂ©gative ou Ă©quivoque nâexclut pas une rupture, notamment lorsque le sang pĂ©ricardique est cloisonnĂ© ou sâest rapidement coagulĂ©.
Rupture du muscle papillaire
LâĂ©chocardiographie peut mettre en Ă©vidence :
Un ventricule gauche hypercontractile.
Un muscle papillaire ou des cordages tendineux rompus.
Un feuillet mitral flottant.
Une IM sévÚre au Doppler couleur.
LâĂ©chocardiographie transthoracique peut ĂȘtre insuffisante lorsque le jet rĂ©gurgitant est Ă©troit et excentrĂ© ou lorsque lâĂ©galisation rapide des pressions limite lâimportance apparente du jet. Si la suspicion clinique reste Ă©levĂ©e, une Ă©chocardiographie transĆsophagienne doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e, car elle offre une meilleure prĂ©cision diagnostique.
Le Doppler couleur est particuliĂšrement utile pour distinguer une IM aiguĂ« dâune RSV dans le contexte dâun STEMI.
Cathétérisme cardiaque droit
Le cathĂ©tĂ©risme de lâartĂšre pulmonaire peut contribuer Ă caractĂ©riser la lĂ©sion hĂ©modynamique lorsque le diagnostic ou la gravitĂ© restent incertains.
RSV
Les constatations comprennent :
Une augmentation de la saturation en oxygĂšne entre lâoreillette droite et le ventricule droit, tĂ©moignant du shunt gauche-droite.
De grandes ondes v.
Rupture du muscle papillaire
Les constatations comprennent :
Absence de saut de saturation en oxygĂšne entre lâoreillette droite et le ventricule droit.
Grandes ondes v.
Pression capillaire pulmonaire bloquée trÚs élevée.
Rupture de la paroi libre
La ventriculographie est peu sensible. Les signes classiques de tamponnade peuvent ne pas ĂȘtre prĂ©sents, bien quâune Ă©galisation des pressions diastoliques entre les cavitĂ©s cardiaques puisse survenir.
Un monitorage invasif est indiquĂ© lorsquâune complication mĂ©canique majeure a Ă©tĂ© identifiĂ©e, sauf si une rĂ©paration dĂ©finitive immĂ©diate est entreprise.
Ălectrocardiographie
Le document source dĂ©crit la persistance dâun rythme sinusal Ă lâECG lors dâune rupture cataclysmique de la paroi libre, malgrĂ© la disparition du pouls et de la pression artĂ©rielle, ce qui traduit une activitĂ© Ă©lectrique sans pouls liĂ©e Ă la tamponnade. Aucun autre critĂšre ECG permettant de diffĂ©rencier la RSV, la rupture de la paroi libre ou la rupture du muscle papillaire nâest prĂ©cisĂ©.
Biomarqueurs et examens biologiques
Le document source ne fournit pas de profil spĂ©cifique de biomarqueurs ou dâanomalies biologiques pour la RSV, la rupture de la paroi libre ou la rupture du muscle papillaire post-infarctus. Le diagnostic repose principalement sur les donnĂ©es cliniques, Ă©chocardiographiques et hĂ©modynamiques.
Traitement et prise en charge
Les complications mĂ©caniques post-infarctus nĂ©cessitent lâimplication immĂ©diate dâune Ă©quipe multidisciplinaire du Heart Team, avec stabilisation en parallĂšle, caractĂ©risation anatomique dĂ©finitive et planification de la rĂ©paration. La prise en charge doit tenir compte des objectifs de soins du patient, en particulier lorsque la probabilitĂ© dâune issue futile est Ă©levĂ©e.
La chirurgie constitue gĂ©nĂ©ralement le traitement de choix. Tout retard peut favoriser lâĂ©volution vers un choc, une infection, une lĂ©sion pulmonaire aiguĂ«, une extension de lâinfarctus ou une insuffisance rĂ©nale. La survie opĂ©ratoire est favorisĂ©e par :
Une chirurgie précoce.
Une durée courte du choc.
Une atteinte ventriculaire droite et gauche modérée.
Lâidentification dâune lĂ©sion accessible Ă une correction chirurgicale.
Stabilisation hémodynamique initiale
En cas dâIM aiguĂ« et de RSV, un traitement vasodilatateur â habituellement par nitroglycĂ©rine ou nitroprussiate â doit ĂȘtre instaurĂ© dĂšs que possible lorsque la pression artĂ©rielle systolique nâest pas infĂ©rieure Ă 90 mm Hg. Les vasodilatateurs rĂ©duisent la postcharge et peuvent amĂ©liorer le dĂ©bit cardiaque antĂ©rograde ainsi que les consĂ©quences hĂ©modynamiques du shunt ou de la rĂ©gurgitation.
Des agents inotropes peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour soutenir le dĂ©bit cardiaque. Le traitement pharmacologique vise Ă stabiliser suffisamment le patient pour permettre la rĂ©alisation des examens diagnostiques et la rĂ©paration dĂ©finitive.
Si les mĂ©dicaments ne sont pas tolĂ©rĂ©s ou ne permettent pas de rĂ©tablir la stabilitĂ© hĂ©modynamique, une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire peut ĂȘtre raisonnablement utilisĂ©e comme relais jusquâĂ la rĂ©paration. Chez les patients prĂ©sentant une complication mĂ©canique liĂ©e Ă un SCA, une contre-pulsion par ballonnet intra-aortique doit ĂȘtre envisagĂ©e dans lâattente de la chirurgie. Une assistance circulatoire mĂ©canique plus active peut ĂȘtre appropriĂ©e pour la stabilisation chez certains patients, bien que les donnĂ©es en faveur de son utilisation systĂ©matique restent limitĂ©es.
Rupture du septum ventriculaire
La RSV nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement une fermeture dĂ©finitive urgente, car la communication peut augmenter de taille mĂȘme lorsque le patient est initialement stable.
Les options thérapeutiques comprennent :
Fermeture chirurgicale, qui constitue le traitement définitif le plus courant.
Réduction temporaire pharmacologique de la postcharge.
Contre-pulsion par ballonnet intra-aortique comme relais.
Autre assistance circulatoire mécanique temporaire si nécessaire.
Fermeture transcathéter chez certains patients.
La rĂ©paration chirurgicale est rĂ©alisĂ©e Ă travers la paroi ventriculaire infarcie, avec fermeture de la communication septale au moyen dâun patch prothĂ©tique et rĂ©paration de lâincision ventriculaire Ă lâaide dâun second patch.
Les recommandations amĂ©ricaines actuelles prĂ©conisent une fermeture chirurgicale immĂ©diate quel que soit lâĂ©tat hĂ©modynamique. La pratique europĂ©enne est plus sĂ©lective et repose sur lâĂ©valuation du Heart Team. Les dĂ©cisions doivent intĂ©grer lâanatomie du patient, lâĂ©volution hĂ©modynamique, le risque opĂ©ratoire, la fonction ventriculaire et les objectifs de soins.
Une fermeture transcathĂ©ter peut ĂȘtre envisagĂ©e :
Comme relais vers une chirurgie dĂ©finitive ultĂ©rieure, aprĂšs une cicatrisation supplĂ©mentaire de lâinfarctus.
Chez les patients qui ne sont pas candidats à une chirurgie précoce.
Chez les patients considĂ©rĂ©s comme inopĂ©rables lorsque lâanatomie est favorable.
La fermeture initiale par dispositif est presque toujours incomplĂšte, et le dispositif nĂ©cessite du temps pour permettre la thrombose et lâendothĂ©lialisation. En consĂ©quence, la chirurgie reste le traitement privilĂ©giĂ© chez la plupart des patients prĂ©sentant une RSV hĂ©modynamiquement significative.
Rupture de la paroi libre
La rupture de la paroi libre nĂ©cessite une rĂ©paration chirurgicale rapide. Une rupture cataclysmique avec tamponnade et activitĂ© Ă©lectrique sans pouls constitue une urgence extrĂȘme. Une rupture subaiguĂ« peut permettre une brĂšve stabilisation, mais une rĂ©paration dĂ©finitive reste nĂ©cessaire, car lâĂ©volution peut rapidement se dĂ©grader.
La mortalitĂ© Ă©levĂ©e associĂ©e Ă la rupture de la paroi libre est liĂ©e Ă la sĂ©vĂ©ritĂ© de la tamponnade, du choc et de lâinfarctus sous-jacent. La reconnaissance rapide et lâintervention chirurgicale sont les principaux dĂ©terminants de la survie.
Rupture du muscle papillaire
LâIM aiguĂ« sĂ©vĂšre due Ă une rupture du muscle papillaire nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement un traitement chirurgical urgent. Une rupture complĂšte impose habituellement un remplacement valvulaire mitral.
Lâapproche chirurgicale peut comprendre :
Débridement du tissu papillaire et valvulaire lésé.
Préservation, lorsque cela est possible, des segments commissuraux ou valvulaires viables.
Remplacement valvulaire mitral avec conservation dâune continuitĂ© annulo-papillaire partielle.
RĂ©paration mitrale dans certains cas anatomiquement favorables, notamment par transfert de la tĂȘte dâun muscle papillaire vers un segment intact.
Un remplacement est habituellement nĂ©cessaire aprĂšs une rupture complĂšte du muscle papillaire. Le choix entre rĂ©paration et remplacement dĂ©pend de lâĂ©tendue de la dĂ©sorganisation et de la possibilitĂ© de prĂ©server une fonction valvulaire et une gĂ©omĂ©trie ventriculaire efficaces.
Moment de la chirurgie
Chez les patients prĂ©sentant une lĂ©sion accessible Ă une correction chirurgicale et nĂ©cessitant un soutien pharmacologique ou mĂ©canique, la chirurgie ne doit gĂ©nĂ©ralement pas ĂȘtre retardĂ©e. Une intervention diffĂ©rĂ©e expose Ă un choc progressif et Ă des complications multiviscĂ©rales.
Si le patient reste hĂ©modynamiquement stable, la chirurgie peut parfois ĂȘtre diffĂ©rĂ©e dâenviron 2â4 semaines afin de permettre une cicatrisation partielle de lâinfarctus. Un tel report nĂ©cessite une réévaluation attentive de :
La stabilité hémodynamique.
Lâanatomie et la taille de la communication.
La fonction ventriculaire droite et gauche.
LâĂ©volution de lâinsuffisance cardiaque.
La probabilitĂ© dâune dĂ©sorganisation tissulaire supplĂ©mentaire.
Les valeurs et les objectifs thérapeutiques du patient.
Ces dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises par un Heart Team multidisciplinaire plutĂŽt que sur la base dâun intervalle fixe.
Recommandations des recommandations
Le document source étaye les recommandations suivantes :
Une Ă©valuation Ă©chocardiographique immĂ©diate est indiquĂ©e lorsquâune complication mĂ©canique post-infarctus est suspectĂ©e.
Les complications mécaniques majeures justifient un monitorage invasif, sauf si une réparation définitive immédiate est entreprise.
La chirurgie est le traitement de choix des complications mécaniques liées à un SCA.
Une contre-pulsion par ballonnet intra-aortique doit ĂȘtre envisagĂ©e chez les patients prĂ©sentant une complication mĂ©canique liĂ©e Ă un SCA dans lâattente de la chirurgie.
La RSV nĂ©cessite une fermeture rapide, car la communication peut augmenter de taille et une dĂ©gradation hĂ©modynamique peut survenir mĂȘme chez des patients initialement stables.
Les recommandations amĂ©ricaines prĂ©conisent une fermeture chirurgicale immĂ©diate de la RSV quel que soit lâĂ©tat hĂ©modynamique ; les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent une approche plus sĂ©lective fondĂ©e sur lâĂ©valuation du Heart Team.
Une assistance circulatoire mĂ©canique temporaire est raisonnable lorsque le traitement pharmacologique Ă©choue ou nâest pas tolĂ©rĂ©.
La fermeture transcathéter est réservée à certains patients, notamment ceux présentant un risque chirurgical prohibitif, une inopérabilité ou une indication de relais temporaire avant une réparation ultérieure.
La prise en charge doit impliquer une Ă©quipe multidisciplinaire pendant toute la stabilisation, le traitement dĂ©finitif et lâĂ©valuation des soins palliatifs.
Pronostic et suivi
Le pronostic est dĂ©favorable pour les trois complications et particuliĂšrement mauvais en prĂ©sence dâun choc cardiogĂ©nique ou dâune dysfonction ventriculaire sĂ©vĂšre.
La mortalité rapportée comprend :
RSV : environ 40 %â75 % au total ; la mortalitĂ© dĂ©passe 80 % en prĂ©sence dâun choc cardiogĂ©nique.
Rupture de la paroi libre : la mortalitĂ© peut atteindre 75 %â90 % ; mĂȘme aprĂšs chirurgie, la mortalitĂ© hospitaliĂšre peut dĂ©passer 35 %.
Ensemble des complications mĂ©caniques : mortalitĂ© hospitaliĂšre dâenviron 42,4 % dans le STEMI et de 18 % dans le NSTEMI dans lâanalyse Ă©pidĂ©miologique citĂ©e.
Dans la RSV, le pronostic dépend notamment :
De la taille de la communication.
De lâĂ©tendue de lâatteinte ventriculaire.
De la fonction ventriculaire droite et gauche.
De la localisation de la communication.
De la présence et de la durée du choc cardiogénique.
Du moment de la réparation.
Une chirurgie précoce, une durée courte du choc et une atteinte ventriculaire droite et gauche modérée sont associés à une meilleure survie chirurgicale.
AprĂšs la rĂ©paration, le suivi doit rechercher la persistance ou la rĂ©cidive de consĂ©quences hĂ©modynamiques ainsi que des anomalies structurelles rĂ©siduelles. Les intervalles prĂ©cis du suivi Ă long terme de la RSV, de la rupture de la paroi libre ou de la rupture du muscle papillaire liĂ©es Ă lâinfarctus ne sont pas dĂ©finis dans le document source. Une surveillance Ă©chocardiographique rĂ©guliĂšre est cliniquement pertinente en cas de shunt rĂ©siduel, de dysfonction ventriculaire, dâĂ©lĂ©vation des pressions pulmonaires ou dâanomalies valvulaires persistantes, bien que les recommandations dĂ©taillĂ©es dâintervalle du document source concernent principalement les CIV congĂ©nitales ou rĂ©siduelles plutĂŽt que la rĂ©paration post-infarctus.