Définition et physiopathologie
Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) constitue la principale cible thĂ©rapeutique de la prise en charge lipidique, car les LDL et les autres lipoprotĂ©ines contenant lâapolipoprotĂ©ine B jouent un rĂŽle causal dans les maladies cardiovasculaires athĂ©rosclĂ©reuses (ASCVD). Cette relation de causalitĂ© est Ă©tayĂ©e par des donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques, observationnelles et interventionnelles.
La relation entre lâexposition au LDL-C et le risque dâASCVD repose sur plusieurs principes :
Un LDL-C plus faible est associĂ© Ă un risque dâASCVD plus faible dans toute la plage Ă©tudiĂ©e, y compris pour des concentrations infĂ©rieures Ă 1.4 mmol/L (55 mg/dL).
La rĂ©duction proportionnelle du risque cardiovasculaire est liĂ©e Ă la rĂ©duction absolue du LDL-C, indĂ©pendamment du mĂ©dicament utilisĂ© pour lâobtenir.
Le bĂ©nĂ©fice absolu dĂ©pend du risque cardiovasculaire initial et de lâampleur de la rĂ©duction du LDL-C. Ainsi, mĂȘme une rĂ©duction absolue modeste peut avoir une importance clinique chez les sujets Ă risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ©.
Une exposition prolongĂ©e Ă de faibles concentrations de LDL-C est associĂ©e Ă un risque dâASCVD plus faible.
La charge en particules athĂ©rogĂšnes nâest pas entiĂšrement reprĂ©sentĂ©e par le seul LDL-C. Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de non-haute densitĂ© (non-HDL-C) comprend le cholestĂ©rol transportĂ© par les LDL, les lipoprotĂ©ines de densitĂ© intermĂ©diaire, la lipoprotĂ©ine(a), les lipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ© et les remnants de chylomicrons. Il se calcule comme suit :
Non-HDL-C = cholestĂ©rol total â HDL-C
LâapolipoprotĂ©ine B (apoB) reflĂšte la concentration des particules athĂ©rogĂšnes circulantes, car chaque particule contenant lâapoB porte une molĂ©cule dâapoB. Le LDL-C, le non-HDL-C et lâapoB sont habituellement corrĂ©lĂ©s, mais une discordance peut survenir lorsque les particules diffĂšrent par leur teneur en cholestĂ©rol ou leur taille. Dans ce cas, le risque cardiovasculaire peut ĂȘtre plus Ă©troitement corrĂ©lĂ© Ă lâapoB quâau LDL-C ou au non-HDL-C, en particulier chez les patients prĂ©sentant un syndrome mĂ©tabolique ou des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s malgrĂ© un LDL-C normal ou faible.
Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© (HDL-C) est inversement associĂ© au risque cardiovasculaire dans les Ă©tudes observationnelles, mais il ne constitue pas une cible thĂ©rapeutique validĂ©e. LâĂ©lĂ©vation pharmacologique du HDL-C nâa pas dĂ©montrĂ© de rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. Un HDL-C trĂšs Ă©levĂ© peut paradoxalement ĂȘtre associĂ© Ă une augmentation du risque ; le HDL-C doit donc ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une variable dâĂ©valuation du risque plutĂŽt que comme un objectif thĂ©rapeutique.
Le LDL-C comme cible thérapeutique principale
Les cadres actuels de prise en charge lipidique placent le LDL-C au centre du traitement. Les mesures hygiéno-diététiques sont fondamentales, mais une réduction pharmacologique du LDL-C est nécessaire lorsque le risque cardiovasculaire est suffisamment élevé ou lorsque le LDL-C est trÚs élevé.
Le non-HDL-C et lâapoB sont des cibles secondaires ou des paramĂštres dâaffinement du risque, en particulier chez les patients prĂ©sentant :
Un diabĂšte ou dâautres facteurs de risque cardiomĂ©taboliques
Une obésité
Une insulinorésistance ou un syndrome métabolique
Des triglycérides élevés
Un LDL-C faible ou apparemment bien contrÎlé avec suspicion de charge résiduelle en particules athérogÚnes
Chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une dyslipidĂ©mie combinĂ©e, le non-HDL-C est particuliĂšrement pertinent, car il prend en compte les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides en plus des LDL et des autres particules contenant lâapoB.
Catégories de risque cardiovasculaire
Prévention primaire
Chez les adultes ĂągĂ©s de 40 Ă 75 ans, sans diabĂšte et prĂ©sentant un LDL-C compris entre 70 et 189 mg/dL, le risque Ă 10 ans dâun premier Ă©vĂ©nement dâASCVD majeur â infarctus du myocarde ou accident vasculaire cĂ©rĂ©bral fatal ou non fatal â doit ĂȘtre estimĂ©.
Les catégories de risque sont les suivantes :
| Risque dâASCVD Ă 10 ans | CatĂ©gorie |
|---|---|
| <5% | Faible |
| 5% Ă <7.5% | Limite |
| 7.5% à <20% | Intermédiaire |
| â„20% | ĂlevĂ© |
La prise en charge doit intĂ©grer le risque estimĂ©, les facteurs aggravants du risque et une discussion mĂ©decinâpatient concernant le bĂ©nĂ©fice net attendu du traitement. Les modifications du mode de vie sont appropriĂ©es dans lâensemble du spectre du risque. Un traitement par statine est envisagĂ© lorsque le bĂ©nĂ©fice attendu est suffisant ; la mesure du calcium coronaire (CAC) peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsque la dĂ©cision thĂ©rapeutique demeure incertaine.
Prévention secondaire
Les sujets prĂ©sentant une ASCVD clinique Ă©tablie nĂ©cessitent une rĂ©duction du LDL-C afin de diminuer le risque de rĂ©cidive dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs, notamment lâinfarctus du myocarde, lâaccident vasculaire cĂ©rĂ©bral, les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă lâartĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique et la mortalitĂ©. Les recommandations de prĂ©vention citĂ©es prĂ©conisent un traitement par statine entraĂźnant une rĂ©duction du LDL-C de 30%â49% chez les adultes atteints de maladie cardiovasculaire, quel que soit leur Ăąge.
Le document source ne fournit pas de tableau numĂ©rique complet des cibles de LDL-C pour chaque strate de risque en prĂ©vention secondaire. Il prĂ©conise toutefois une rĂ©duction plus intensive du LDL-C chez les patients prĂ©sentant un risque absolu plus Ă©levĂ©, ainsi que lâutilisation de traitements hypolipĂ©miants supplĂ©mentaires lorsque les statines seules sont insuffisantes ou mal tolĂ©rĂ©es.
DiabĂšte
Le LDL-C reste la principale cible lipidique dans le diabĂšte. Les objectifs thĂ©rapeutiques diffĂšrent selon le risque cardiovasculaire, bien que le document source ne prĂ©cise pas les seuils numĂ©riques de LDL-C pour chaque catĂ©gorie de risque chez les patients diabĂ©tiques. Le non-HDL-C doit Ă©galement ĂȘtre pris en compte chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une dyslipidĂ©mie combinĂ©e.
Aucune recommandation claire nâest fournie concernant les cibles lipidiques dans le diabĂšte de type 2 Ă faible risque cardiovasculaire, en raison de donnĂ©es limitĂ©es.
Hypercholestérolémie familiale et troubles lipidiques génétiques
Lâalgorithme SCORE2 nâest pas destinĂ© aux patients prĂ©sentant un trouble lipidique gĂ©nĂ©tique tel quâune hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale. Chez ces sujets, des seuils spĂ©cifiques de LDL-C et des objectifs thĂ©rapeutiques sont appliquĂ©s indĂ©pendamment du risque cardiovasculaire global estimĂ©.
Le document fourni ne prĂ©cise pas les cibles numĂ©riques de LDL-C dans lâhypercholestĂ©rolĂ©mie familiale.
Sujets ùgés
Le LDL-C et le cholestĂ©rol total peuvent se stabiliser ou diminuer avec lâĂąge, et lâassociation entre le LDL-C et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires devient moins forte. NĂ©anmoins, le LDL-C reste associĂ© aux Ă©vĂ©nements cardiovasculaires fatals chez les adultes ĂągĂ©s de 65 ans et plus.
En prĂ©vention secondaire, un traitement par statine est recommandĂ© afin dâabaisser le LDL-C de 30%â49%, quel que soit lâĂąge. En prĂ©vention primaire, les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques chez les sujets ĂągĂ©s doivent tenir compte du risque cardiovasculaire futur et de lâincertitude induite par lâinfluence majeure de lâĂąge dans les Ă©quations de risque dĂ©rivĂ©es de cohortes regroupĂ©es. Un score CAC nul indique un risque relativement faible Ă tout Ăąge, bien quâun CAC Ă©levĂ© ait une valeur pronostique moindre chez les sujets ĂągĂ©s que chez les sujets plus jeunes.
Les recommandations de 2018 formulent une recommandation de classe IIb en faveur du traitement par statine en prévention primaire chez les sujets ùgés. Les données issues des essais cliniques sont plus limitées chez les sujets trÚs ùgés, en particulier chez ceux ùgés de 80 ans ou plus.
Affinement du risque lorsque la décision thérapeutique est incertaine
Calcium coronaire
La mesure du CAC peut affiner la classification du risque chez les adultes pour lesquels la dĂ©cision dâinstaurer ou dâintensifier un traitement par statine est incertaine. Les sujets prĂ©sentant un CAC Ă©levĂ© ont un risque cardiovasculaire plus important ; la prise en charge doit cibler tous les facteurs de risque modifiables par des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et pharmacologiques.
La plupart des patients prĂ©sentant un CAC et un risque dâASCVD Ă 10 ans initial supĂ©rieur Ă 5% ont un risque estimĂ© suffisamment Ă©levĂ© pour tirer bĂ©nĂ©fice dâun traitement hypolipĂ©miant. Un CAC modĂ©rĂ© Ă sĂ©vĂšre doit inciter Ă envisager un traitement par statine Ă forte intensitĂ©.
Un score CAC supĂ©rieur Ă 300 identifie un groupe dont le risque est comparable Ă celui des patients prĂ©sentant une maladie coronarienne Ă©tablie et peut justifier des stratĂ©gies thĂ©rapeutiques gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es en prĂ©vention secondaire. Un CAC supĂ©rieur Ă 400 a Ă©tĂ© utilisĂ© comme critĂšre dâinclusion dans des Ă©tudes dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires et dans des essais Ă©valuant de nouveaux traitements ciblant les lipides.
Chez les sujets asymptomatiques prĂ©sentant un CAC sĂ©vĂšre, un traitement prĂ©ventif est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable Ă une exploration invasive systĂ©matique en aval. Une Ă©preuve dâeffort complĂ©mentaire peut ĂȘtre raisonnable lorsque les symptĂŽmes ou la capacitĂ© dâeffort sont incertains. Une coronarographie invasive ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au seul motif quâun sujet asymptomatique prĂ©sente un CAC sĂ©vĂšre. MĂȘme avec un CAC supĂ©rieur Ă 1000, une ischĂ©mie significative nâest dĂ©tectĂ©e que chez environ 15% des patients.
Lipoprotéine(a)
La lipoprotĂ©ine(a) [Lp(a)] contribue de maniĂšre causale Ă lâASCVD et Ă la stĂ©nose valvulaire aortique. Sa concentration est principalement dĂ©terminĂ©e par des facteurs gĂ©nĂ©tiques, plus de 90% de sa variation Ă©tant attribuĂ©e Ă des facteurs gĂ©nĂ©tiques ; les taux varient Ă©galement selon les groupes ethniques.
Le risque commence Ă augmenter lĂ©gĂšrement vers 30 mg/dL (62 nmol/L) Ă 50 mg/dL (105 nmol/L) et devient cliniquement pertinent au-dessus de 50 mg/dL (105 nmol/L). Des concentrations plus Ă©levĂ©es sont associĂ©es Ă une augmentation progressive du risque cardiovasculaire. Les associations les plus fortes concernent lâinfarctus du myocarde et la stĂ©nose valvulaire aortique ; elles sont plus faibles pour lâartĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique et lâinsuffisance cardiaque.
La Lp(a) doit ĂȘtre mesurĂ©e au moins une fois au cours de la vie adulte. Sa mesure est particuliĂšrement utile chez :
Les patients jeunes présentant une hypercholestérolémie familiale
Les patients présentant une ASCVD prématurée sans autre facteur de risque clairement identifié
Les sujets ayant des antĂ©cĂ©dents familiaux dâASCVD prĂ©maturĂ©e ou de Lp(a) Ă©levĂ©e
Les sujets à risque modéré
Les patients proches dâun seuil dĂ©cisionnel thĂ©rapeutique
Une deuxiĂšme mesure peut ĂȘtre raisonnable aprĂšs la mĂ©nopause si la valeur prĂ©mĂ©nopausique Ă©tait limite, car la Lp(a) peut augmenter aprĂšs la mĂ©nopause. La mesure molaire en nmol/L est prĂ©fĂ©rable, bien que le mg/dL reste utilisable en pratique clinique, car les mĂ©thodes de dosage varient considĂ©rablement.
Il nâa pas encore Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© quâun traitement spĂ©cifique rĂ©duisant la Lp(a) diminuait les Ă©vĂ©nements dâASCVD ou ralentissait la stĂ©nose aortique. En attendant la disponibilitĂ© de telles donnĂ©es, une Lp(a) Ă©levĂ©e doit conduire Ă une prise en charge intensive des facteurs de risque conventionnels, notamment Ă une rĂ©duction plus intensive du LDL-C selon le risque cardiovasculaire global.
Risque polygénique de maladie coronarienne
Un score de risque polygĂ©nique Ă©levĂ© de maladie coronarienne a Ă©tĂ© associĂ© Ă un bĂ©nĂ©fice absolu et relatif plus important des statines en prĂ©vention primaire et des anticorps monoclonaux anti-PCSK9 en prĂ©vention secondaire, mĂȘme lorsque le LDL-C nâest que modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ©. Il peut contribuer Ă lâĂ©valuation pronostique et identifier les patients susceptibles de tirer le plus grand bĂ©nĂ©fice dâun traitement hypolipĂ©miant, bien que des essais prospectifs guidĂ©s par le gĂ©notype restent nĂ©cessaires.
Cibles de LDL-C et intensité thérapeutique correspondante
Le document fourni Ă©tablit le principe selon lequel la rĂ©duction du LDL-C doit ĂȘtre intensifiĂ©e progressivement Ă mesure que le risque cardiovasculaire augmente, mais il ne fournit pas de tableau numĂ©rique complet des cibles pour les catĂ©gories de risque faible, modĂ©rĂ©, Ă©levĂ© et trĂšs Ă©levĂ©.
Les informations disponibles concernant les objectifs sont résumées ci-dessous :
| Situation clinique ou facteur de risque | Principe de prise en charge du LDL-C |
|---|---|
| Risque cardiovasculaire faible | Les mesures hygiéno-diététiques constituent le socle ; le traitement pharmacologique est guidé par le risque global et les facteurs aggravants du risque |
| Risque limite | Mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et discussion mĂ©decinâpatient ; les facteurs aggravants du risque peuvent plaider en faveur de lâinstauration dâune statine |
| Risque intermĂ©diaire | Les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et le traitement mĂ©dicamenteux peuvent ĂȘtre appropriĂ©s ; le CAC peut affiner la dĂ©cision si lâincertitude persiste |
| Risque Ă©levĂ©, notamment risque Ă 10 ans â„20% | Un traitement par statine est gĂ©nĂ©ralement indiquĂ©, son intensitĂ© Ă©tant dĂ©terminĂ©e par lâampleur du risque et la rĂ©duction nĂ©cessaire du LDL-C |
| ASCVD Ă©tablie | Le traitement par statine doit entraĂźner une rĂ©duction du LDL-C de 30%â49% ; un traitement plus intensif est appropriĂ© selon le risque |
| CAC modéré à sévÚre | Envisager un traitement par statine à forte intensité |
| CAC >300 | Le risque peut ĂȘtre comparable Ă celui dâune maladie coronarienne Ă©tablie ; un traitement de niveau prĂ©vention secondaire peut ĂȘtre appropriĂ© |
| DiabĂšte avec dyslipidĂ©mie combinĂ©e | Le LDL-C reste la cible principale ; le non-HDL-C doit Ă©galement ĂȘtre pris en compte |
| HypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou autre trouble lipidique gĂ©nĂ©tique | Utiliser des seuils et des cibles spĂ©cifiques de LDL-C plutĂŽt quâune estimation du risque fondĂ©e sur SCORE2 |
| Lp(a) élevée | Intensifier la prise en charge du LDL-C et des autres facteurs de risque selon le risque cardiovasculaire absolu |
| LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL) | La poursuite de la réduction du LDL-C est associée à une diminution du risque cardiovasculaire dans toute la plage étudiée |
Traitement et prise en charge
Mesures hygiéno-diététiques
Les mesures hygiéno-diététiques constituent la base de la prise en charge lipidique et doivent accompagner le traitement pharmacologique. Le document disponible identifie les facteurs populationnels suivants comme pertinents pour les concentrations lipidiques :
Apports alimentaires en lipides, en particulier les lipides provenant des produits dâorigine animale et des huiles vĂ©gĂ©tales transformĂ©es
Inactivité physique
Modifications du mode de vie associĂ©es Ă lâurbanisation
Obésité
DiabÚte et autres facteurs de risque métaboliques
Le document source ne prĂ©cise pas de prescription alimentaire dĂ©taillĂ©e, de programme dâexercice ou dâobjectif pondĂ©ral.
Statines
Les statines constituent le principal traitement pharmacologique visant à réduire le LDL-C. Elles sont utilisées :
En prévention secondaire
En prévention primaire lorsque le risque estimé et les facteurs aggravants du risque indiquent un bénéfice attendu suffisant
Chez les patients diabétiques lorsque le risque cardiovasculaire justifie un traitement
Chez les patients prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou dâautres troubles lipidiques gĂ©nĂ©tiques
Chez les patients présentant une Lp(a) élevée lorsque le risque cardiovasculaire global justifie une réduction intensive du LDL-C
En prĂ©vention secondaire, les recommandations citĂ©es prĂ©conisent une rĂ©duction du LDL-C de 30%â49%, quel que soit lâĂąge. Le document fourni ne prĂ©cise ni les noms des statines, ni leurs doses, ni les rĂ©ductions en pourcentage associĂ©es Ă des schĂ©mas thĂ©rapeutiques particuliers.
Les myalgies associĂ©es aux statines constituent lâeffet indĂ©sirable le plus frĂ©quent. Elles surviennent chez jusquâĂ 10% des patients en pratique clinique, bien que les taux rapportĂ©s soient beaucoup plus faibles dans les essais cliniques. Lorsque des symptĂŽmes apparaissent, la prise en charge peut comprendre une adaptation posologique ou le remplacement par une autre statine.
Une faible augmentation de la Lp(a) a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e dans quelques petites Ă©tudes, mais les donnĂ©es individuelles issues de sept essais randomisĂ©s contrĂŽlĂ©s contre placebo Ă©valuant les effets cardiovasculaires des statines nâont montrĂ© aucun effet des statines sur les concentrations de Lp(a). Une Lp(a) Ă©levĂ©e ne doit donc pas ĂȘtre utilisĂ©e pour justifier la non-prescription dâune statine cliniquement indiquĂ©e.
ĂzĂ©timibe
LâĂ©zĂ©timibe constitue un complĂ©ment du traitement par statine fondĂ© sur des donnĂ©es probantes. Il est particuliĂšrement utile chez les patients ĂągĂ©s intolĂ©rants aux statines ou nâatteignant pas le taux de LDL-C requis avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine.
Le document source ne fournit ni dose dâĂ©zĂ©timibe ni rĂ©duction numĂ©rique du LDL-C.
Inhibiteurs de PCSK9
Lâinhibition de PCSK9 constitue une autre option lorsque les taux de LDL-C recommandĂ©s par les recommandations ne sont pas atteints malgrĂ© un traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e, notamment chez les patients ĂągĂ©s. Le traitement par anticorps monoclonaux anti-PCSK9 a Ă©galement dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice absolu et relatif plus important chez les sujets prĂ©sentant un risque polygĂ©nique Ă©levĂ© de maladie coronarienne dans des analyses de prĂ©vention secondaire.
Les inhibiteurs de PCSK9 rĂ©duisent la Lp(a), mais le document source nâĂ©tablit pas que cette rĂ©duction amĂ©liore indĂ©pendamment les rĂ©sultats cliniques. Il ne fournit pas non plus les noms des mĂ©dicaments, leurs doses ou leurs schĂ©mas dâadministration.
Acide bempédoïque
Lâacide bempĂ©doĂŻque est prĂ©sentĂ© comme une alternative ou un traitement additionnel fondĂ© sur des donnĂ©es probantes aux statines, Ă lâĂ©zĂ©timibe et aux inhibiteurs de PCSK9 pour rĂ©duire le LDL-C. Le document fourni ne prĂ©cise ni la posologie, ni les pourcentages dâefficacitĂ©, ni les modalitĂ©s pratiques de prescription.
Traitements en cours de développement
Plusieurs nouvelles approches du mĂ©tabolisme lipidique sont en cours de dĂ©veloppement. Des traitements injectables Ă base dâARN dirigĂ©s spĂ©cifiquement contre la Lp(a) et ciblant la production dâapolipoprotĂ©ine(a) ont rĂ©duit les concentrations de Lp(a) de 80%â98% dans des Ă©tudes cliniques. Des approches orales utilisant de petites molĂ©cules et de petits ARN interfĂ©rents sont Ă©galement Ă lâĂ©tude.
Ces traitements restent expĂ©rimentaux dans le document fourni, et leur effet sur les Ă©vĂ©nements dâASCVD ou la stĂ©nose valvulaire aortique nâest pas encore Ă©tabli.
Non-HDL-C et apoB dans lâĂ©valuation du traitement
Le non-HDL-C est calculĂ© Ă partir dâun bilan lipidique courant et rend compte du cholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant lâapoB. Il est particuliĂšrement informatif chez les patients prĂ©sentant des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s ou une maladie cardiomĂ©tabolique. Les objectifs de non-HDL-C sont gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieurs dâenviron 30 mg/dL aux objectifs correspondants de LDL-C, car le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides contribue Ă la mesure.
LâapoB mesure le nombre de particules athĂ©rogĂšnes plutĂŽt que leur contenu en cholestĂ©rol. Elle peut ĂȘtre plus Ă©troitement corrĂ©lĂ©e au risque cardiovasculaire que le LDL-C en cas de discordance, en particulier chez les patients prĂ©sentant des anomalies mĂ©taboliques et un LDL-C normal ou faible.
Les recommandations europĂ©ennes de 2019 reconnaissent le LDL-C comme cible principale, et le non-HDL-C et lâapoB comme cibles thĂ©rapeutiques secondaires, en particulier lorsque des facteurs de risque cardiomĂ©taboliques sont prĂ©sents ou lorsque le LDL-C est faible. Les recommandations amĂ©ricaines de 2018 et 2019 identifient une apoB â„130 mg/dL et un non-HDL-C â„190 mg/dL comme des facteurs aggravants du risque pouvant influencer les dĂ©cisions concernant les statines en prĂ©vention primaire chez les sujets Ă risque limite ou intermĂ©diaire. Le dosage de lâapoB est particuliĂšrement suggĂ©rĂ© lorsque les triglycĂ©rides sont â„200 mg/dL.
Recommandations des sociétés savantes
Les recommandations suivantes sont étayées par les directives fournies :
Utiliser le LDL-C comme cible principale du traitement hypolipémiant.
Mettre en Ćuvre des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques chez tous les patients, en ajoutant un traitement pharmacologique selon le risque cardiovasculaire et le taux de LDL-C.
En cas dâASCVD Ă©tablie, utiliser un traitement par statine afin dâobtenir une rĂ©duction du LDL-C de 30%â49%, quel que soit lâĂąge.
Envisager lâĂ©zĂ©timibe lorsque lâintolĂ©rance aux statines limite le traitement ou lorsque le taux de LDL-C reste supĂ©rieur au niveau requis malgrĂ© la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine.
Envisager lâinhibition de PCSK9 lorsque les objectifs de LDL-C ne sont pas atteints malgrĂ© un traitement Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e.
Utiliser le non-HDL-C et lâapoB comme cibles secondaires ou paramĂštres dâaffinement du risque, en particulier chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, une insulinorĂ©sistance ou un syndrome mĂ©tabolique.
Estimer le risque dâASCVD Ă 10 ans chez les adultes ĂągĂ©s de 40 Ă 75 ans, sans diabĂšte, prĂ©sentant un LDL-C de 70â189 mg/dL.
Utiliser la mesure du CAC lorsquâune incertitude persiste quant Ă lâinstauration ou Ă lâintensification dâun traitement par statine.
Envisager des statines Ă forte intensitĂ© en cas de CAC modĂ©rĂ© Ă sĂ©vĂšre, et reconnaĂźtre quâun CAC supĂ©rieur Ă 300 est un marqueur dâun risque comparable Ă celui dâune maladie coronarienne Ă©tablie.
Mesurer la Lp(a) au moins une fois Ă lâĂąge adulte, en particulier chez les patients prĂ©sentant une ASCVD prĂ©maturĂ©e, une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale, des antĂ©cĂ©dents familiaux pertinents ou une dĂ©cision thĂ©rapeutique intermĂ©diaire.
Prendre en charge une Lp(a) Ă©levĂ©e par une intensification du traitement des facteurs de risque Ă©tablis, en particulier du LDL-C, car le bĂ©nĂ©fice clinique des traitements spĂ©cifiques rĂ©duisant la Lp(a) nâest pas encore dĂ©montrĂ©.
Ne pas cibler pharmacologiquement le HDL-C, car lâaugmentation du HDL-C nâa pas rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.
Pronostic et suivi
La rĂ©duction du LDL-C diminue le risque cardiovasculaire proportionnellement Ă la rĂ©duction absolue du LDL-C, avec un bĂ©nĂ©fice absolu plus important chez les patients prĂ©sentant un risque initial plus Ă©levĂ©. Ce principe justifie un traitement plus intensif en cas dâASCVD Ă©tablie, de CAC sĂ©vĂšre, dâhypercholestĂ©rolĂ©mie familiale et dans les autres situations Ă haut risque.
Le suivi doit évaluer :
La réponse du LDL-C au traitement
Lâatteinte du degrĂ© de rĂ©duction du LDL-C visĂ©
Lâobservance des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et du traitement pharmacologique
Les symptÎmes associés aux statines et leur tolérance
La nĂ©cessitĂ© dâintensifier le traitement par Ă©zĂ©timibe, inhibition de PCSK9 ou acide bempĂ©doĂŻque
Le non-HDL-C ou lâapoB lorsque les triglycĂ©rides ou les facteurs de risque cardiomĂ©taboliques rendent le LDL-C potentiellement trompeur
La Lp(a) lorsque son dosage est cliniquement indiqué
Le document fourni ne précise pas les intervalles de surveillance thérapeutique ni le calendrier détaillé du suivi biologique.