đŸš« Cibles de cholestĂ©rol LDL selon les catĂ©gories de risque cardiovasculaire

Sommaire (23)

Définition et physiopathologie

Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) constitue la principale cible thĂ©rapeutique de la prise en charge lipidique, car les LDL et les autres lipoprotĂ©ines contenant l’apolipoprotĂ©ine B jouent un rĂŽle causal dans les maladies cardiovasculaires athĂ©rosclĂ©reuses (ASCVD). Cette relation de causalitĂ© est Ă©tayĂ©e par des donnĂ©es gĂ©nĂ©tiques, observationnelles et interventionnelles.

La relation entre l’exposition au LDL-C et le risque d’ASCVD repose sur plusieurs principes :

  • Un LDL-C plus faible est associĂ© Ă  un risque d’ASCVD plus faible dans toute la plage Ă©tudiĂ©e, y compris pour des concentrations infĂ©rieures Ă  1.4 mmol/L (55 mg/dL).

  • La rĂ©duction proportionnelle du risque cardiovasculaire est liĂ©e Ă  la rĂ©duction absolue du LDL-C, indĂ©pendamment du mĂ©dicament utilisĂ© pour l’obtenir.

  • Le bĂ©nĂ©fice absolu dĂ©pend du risque cardiovasculaire initial et de l’ampleur de la rĂ©duction du LDL-C. Ainsi, mĂȘme une rĂ©duction absolue modeste peut avoir une importance clinique chez les sujets Ă  risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ©.

  • Une exposition prolongĂ©e Ă  de faibles concentrations de LDL-C est associĂ©e Ă  un risque d’ASCVD plus faible.

La charge en particules athĂ©rogĂšnes n’est pas entiĂšrement reprĂ©sentĂ©e par le seul LDL-C. Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de non-haute densitĂ© (non-HDL-C) comprend le cholestĂ©rol transportĂ© par les LDL, les lipoprotĂ©ines de densitĂ© intermĂ©diaire, la lipoprotĂ©ine(a), les lipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ© et les remnants de chylomicrons. Il se calcule comme suit :

Non-HDL-C = cholestĂ©rol total − HDL-C

L’apolipoprotĂ©ine B (apoB) reflĂšte la concentration des particules athĂ©rogĂšnes circulantes, car chaque particule contenant l’apoB porte une molĂ©cule d’apoB. Le LDL-C, le non-HDL-C et l’apoB sont habituellement corrĂ©lĂ©s, mais une discordance peut survenir lorsque les particules diffĂšrent par leur teneur en cholestĂ©rol ou leur taille. Dans ce cas, le risque cardiovasculaire peut ĂȘtre plus Ă©troitement corrĂ©lĂ© Ă  l’apoB qu’au LDL-C ou au non-HDL-C, en particulier chez les patients prĂ©sentant un syndrome mĂ©tabolique ou des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s malgrĂ© un LDL-C normal ou faible.

Le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© (HDL-C) est inversement associĂ© au risque cardiovasculaire dans les Ă©tudes observationnelles, mais il ne constitue pas une cible thĂ©rapeutique validĂ©e. L’élĂ©vation pharmacologique du HDL-C n’a pas dĂ©montrĂ© de rĂ©duction des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires. Un HDL-C trĂšs Ă©levĂ© peut paradoxalement ĂȘtre associĂ© Ă  une augmentation du risque ; le HDL-C doit donc ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une variable d’évaluation du risque plutĂŽt que comme un objectif thĂ©rapeutique.

Le LDL-C comme cible thérapeutique principale

Les cadres actuels de prise en charge lipidique placent le LDL-C au centre du traitement. Les mesures hygiéno-diététiques sont fondamentales, mais une réduction pharmacologique du LDL-C est nécessaire lorsque le risque cardiovasculaire est suffisamment élevé ou lorsque le LDL-C est trÚs élevé.

Le non-HDL-C et l’apoB sont des cibles secondaires ou des paramĂštres d’affinement du risque, en particulier chez les patients prĂ©sentant :

  • Un diabĂšte ou d’autres facteurs de risque cardiomĂ©taboliques

  • Une obĂ©sitĂ©

  • Une insulinorĂ©sistance ou un syndrome mĂ©tabolique

  • Des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s

  • Un LDL-C faible ou apparemment bien contrĂŽlĂ© avec suspicion de charge rĂ©siduelle en particules athĂ©rogĂšnes

Chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une dyslipidĂ©mie combinĂ©e, le non-HDL-C est particuliĂšrement pertinent, car il prend en compte les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides en plus des LDL et des autres particules contenant l’apoB.

Catégories de risque cardiovasculaire

Prévention primaire

Chez les adultes ĂągĂ©s de 40 Ă  75 ans, sans diabĂšte et prĂ©sentant un LDL-C compris entre 70 et 189 mg/dL, le risque Ă  10 ans d’un premier Ă©vĂ©nement d’ASCVD majeur — infarctus du myocarde ou accident vasculaire cĂ©rĂ©bral fatal ou non fatal — doit ĂȘtre estimĂ©.

Les catégories de risque sont les suivantes :

Risque d’ASCVD Ă  10 ans CatĂ©gorie
<5% Faible
5% Ă  <7.5% Limite
7.5% à <20% Intermédiaire
≄20% ÉlevĂ©

La prise en charge doit intĂ©grer le risque estimĂ©, les facteurs aggravants du risque et une discussion mĂ©decin–patient concernant le bĂ©nĂ©fice net attendu du traitement. Les modifications du mode de vie sont appropriĂ©es dans l’ensemble du spectre du risque. Un traitement par statine est envisagĂ© lorsque le bĂ©nĂ©fice attendu est suffisant ; la mesure du calcium coronaire (CAC) peut ĂȘtre utilisĂ©e lorsque la dĂ©cision thĂ©rapeutique demeure incertaine.

Prévention secondaire

Les sujets prĂ©sentant une ASCVD clinique Ă©tablie nĂ©cessitent une rĂ©duction du LDL-C afin de diminuer le risque de rĂ©cidive d’évĂ©nements cardiovasculaires majeurs, notamment l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral, les Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  l’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique et la mortalitĂ©. Les recommandations de prĂ©vention citĂ©es prĂ©conisent un traitement par statine entraĂźnant une rĂ©duction du LDL-C de 30%–49% chez les adultes atteints de maladie cardiovasculaire, quel que soit leur Ăąge.

Le document source ne fournit pas de tableau numĂ©rique complet des cibles de LDL-C pour chaque strate de risque en prĂ©vention secondaire. Il prĂ©conise toutefois une rĂ©duction plus intensive du LDL-C chez les patients prĂ©sentant un risque absolu plus Ă©levĂ©, ainsi que l’utilisation de traitements hypolipĂ©miants supplĂ©mentaires lorsque les statines seules sont insuffisantes ou mal tolĂ©rĂ©es.

DiabĂšte

Le LDL-C reste la principale cible lipidique dans le diabĂšte. Les objectifs thĂ©rapeutiques diffĂšrent selon le risque cardiovasculaire, bien que le document source ne prĂ©cise pas les seuils numĂ©riques de LDL-C pour chaque catĂ©gorie de risque chez les patients diabĂ©tiques. Le non-HDL-C doit Ă©galement ĂȘtre pris en compte chez les patients diabĂ©tiques prĂ©sentant une dyslipidĂ©mie combinĂ©e.

Aucune recommandation claire n’est fournie concernant les cibles lipidiques dans le diabĂšte de type 2 Ă  faible risque cardiovasculaire, en raison de donnĂ©es limitĂ©es.

Hypercholestérolémie familiale et troubles lipidiques génétiques

L’algorithme SCORE2 n’est pas destinĂ© aux patients prĂ©sentant un trouble lipidique gĂ©nĂ©tique tel qu’une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale. Chez ces sujets, des seuils spĂ©cifiques de LDL-C et des objectifs thĂ©rapeutiques sont appliquĂ©s indĂ©pendamment du risque cardiovasculaire global estimĂ©.

Le document fourni ne prĂ©cise pas les cibles numĂ©riques de LDL-C dans l’hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale.

Sujets ùgés

Le LDL-C et le cholestĂ©rol total peuvent se stabiliser ou diminuer avec l’ñge, et l’association entre le LDL-C et les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires devient moins forte. NĂ©anmoins, le LDL-C reste associĂ© aux Ă©vĂ©nements cardiovasculaires fatals chez les adultes ĂągĂ©s de 65 ans et plus.

En prĂ©vention secondaire, un traitement par statine est recommandĂ© afin d’abaisser le LDL-C de 30%–49%, quel que soit l’ñge. En prĂ©vention primaire, les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques chez les sujets ĂągĂ©s doivent tenir compte du risque cardiovasculaire futur et de l’incertitude induite par l’influence majeure de l’ñge dans les Ă©quations de risque dĂ©rivĂ©es de cohortes regroupĂ©es. Un score CAC nul indique un risque relativement faible Ă  tout Ăąge, bien qu’un CAC Ă©levĂ© ait une valeur pronostique moindre chez les sujets ĂągĂ©s que chez les sujets plus jeunes.

Les recommandations de 2018 formulent une recommandation de classe IIb en faveur du traitement par statine en prévention primaire chez les sujets ùgés. Les données issues des essais cliniques sont plus limitées chez les sujets trÚs ùgés, en particulier chez ceux ùgés de 80 ans ou plus.

Affinement du risque lorsque la décision thérapeutique est incertaine

Calcium coronaire

La mesure du CAC peut affiner la classification du risque chez les adultes pour lesquels la dĂ©cision d’instaurer ou d’intensifier un traitement par statine est incertaine. Les sujets prĂ©sentant un CAC Ă©levĂ© ont un risque cardiovasculaire plus important ; la prise en charge doit cibler tous les facteurs de risque modifiables par des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et pharmacologiques.

La plupart des patients prĂ©sentant un CAC et un risque d’ASCVD Ă  10 ans initial supĂ©rieur Ă  5% ont un risque estimĂ© suffisamment Ă©levĂ© pour tirer bĂ©nĂ©fice d’un traitement hypolipĂ©miant. Un CAC modĂ©rĂ© Ă  sĂ©vĂšre doit inciter Ă  envisager un traitement par statine Ă  forte intensitĂ©.

Un score CAC supĂ©rieur Ă  300 identifie un groupe dont le risque est comparable Ă  celui des patients prĂ©sentant une maladie coronarienne Ă©tablie et peut justifier des stratĂ©gies thĂ©rapeutiques gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es en prĂ©vention secondaire. Un CAC supĂ©rieur Ă  400 a Ă©tĂ© utilisĂ© comme critĂšre d’inclusion dans des Ă©tudes d’évĂ©nements cardiovasculaires et dans des essais Ă©valuant de nouveaux traitements ciblant les lipides.

Chez les sujets asymptomatiques prĂ©sentant un CAC sĂ©vĂšre, un traitement prĂ©ventif est gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rable Ă  une exploration invasive systĂ©matique en aval. Une Ă©preuve d’effort complĂ©mentaire peut ĂȘtre raisonnable lorsque les symptĂŽmes ou la capacitĂ© d’effort sont incertains. Une coronarographie invasive ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e au seul motif qu’un sujet asymptomatique prĂ©sente un CAC sĂ©vĂšre. MĂȘme avec un CAC supĂ©rieur Ă  1000, une ischĂ©mie significative n’est dĂ©tectĂ©e que chez environ 15% des patients.

Lipoprotéine(a)

La lipoprotĂ©ine(a) [Lp(a)] contribue de maniĂšre causale Ă  l’ASCVD et Ă  la stĂ©nose valvulaire aortique. Sa concentration est principalement dĂ©terminĂ©e par des facteurs gĂ©nĂ©tiques, plus de 90% de sa variation Ă©tant attribuĂ©e Ă  des facteurs gĂ©nĂ©tiques ; les taux varient Ă©galement selon les groupes ethniques.

Le risque commence Ă  augmenter lĂ©gĂšrement vers 30 mg/dL (62 nmol/L) Ă  50 mg/dL (105 nmol/L) et devient cliniquement pertinent au-dessus de 50 mg/dL (105 nmol/L). Des concentrations plus Ă©levĂ©es sont associĂ©es Ă  une augmentation progressive du risque cardiovasculaire. Les associations les plus fortes concernent l’infarctus du myocarde et la stĂ©nose valvulaire aortique ; elles sont plus faibles pour l’artĂ©riopathie pĂ©riphĂ©rique et l’insuffisance cardiaque.

La Lp(a) doit ĂȘtre mesurĂ©e au moins une fois au cours de la vie adulte. Sa mesure est particuliĂšrement utile chez :

  • Les patients jeunes prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale

  • Les patients prĂ©sentant une ASCVD prĂ©maturĂ©e sans autre facteur de risque clairement identifiĂ©

  • Les sujets ayant des antĂ©cĂ©dents familiaux d’ASCVD prĂ©maturĂ©e ou de Lp(a) Ă©levĂ©e

  • Les sujets Ă  risque modĂ©rĂ©

  • Les patients proches d’un seuil dĂ©cisionnel thĂ©rapeutique

Une deuxiĂšme mesure peut ĂȘtre raisonnable aprĂšs la mĂ©nopause si la valeur prĂ©mĂ©nopausique Ă©tait limite, car la Lp(a) peut augmenter aprĂšs la mĂ©nopause. La mesure molaire en nmol/L est prĂ©fĂ©rable, bien que le mg/dL reste utilisable en pratique clinique, car les mĂ©thodes de dosage varient considĂ©rablement.

Il n’a pas encore Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© qu’un traitement spĂ©cifique rĂ©duisant la Lp(a) diminuait les Ă©vĂ©nements d’ASCVD ou ralentissait la stĂ©nose aortique. En attendant la disponibilitĂ© de telles donnĂ©es, une Lp(a) Ă©levĂ©e doit conduire Ă  une prise en charge intensive des facteurs de risque conventionnels, notamment Ă  une rĂ©duction plus intensive du LDL-C selon le risque cardiovasculaire global.

Risque polygénique de maladie coronarienne

Un score de risque polygĂ©nique Ă©levĂ© de maladie coronarienne a Ă©tĂ© associĂ© Ă  un bĂ©nĂ©fice absolu et relatif plus important des statines en prĂ©vention primaire et des anticorps monoclonaux anti-PCSK9 en prĂ©vention secondaire, mĂȘme lorsque le LDL-C n’est que modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ©. Il peut contribuer Ă  l’évaluation pronostique et identifier les patients susceptibles de tirer le plus grand bĂ©nĂ©fice d’un traitement hypolipĂ©miant, bien que des essais prospectifs guidĂ©s par le gĂ©notype restent nĂ©cessaires.

Cibles de LDL-C et intensité thérapeutique correspondante

Le document fourni Ă©tablit le principe selon lequel la rĂ©duction du LDL-C doit ĂȘtre intensifiĂ©e progressivement Ă  mesure que le risque cardiovasculaire augmente, mais il ne fournit pas de tableau numĂ©rique complet des cibles pour les catĂ©gories de risque faible, modĂ©rĂ©, Ă©levĂ© et trĂšs Ă©levĂ©.

Les informations disponibles concernant les objectifs sont résumées ci-dessous :

Situation clinique ou facteur de risque Principe de prise en charge du LDL-C
Risque cardiovasculaire faible Les mesures hygiéno-diététiques constituent le socle ; le traitement pharmacologique est guidé par le risque global et les facteurs aggravants du risque
Risque limite Mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et discussion mĂ©decin–patient ; les facteurs aggravants du risque peuvent plaider en faveur de l’instauration d’une statine
Risque intermĂ©diaire Les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et le traitement mĂ©dicamenteux peuvent ĂȘtre appropriĂ©s ; le CAC peut affiner la dĂ©cision si l’incertitude persiste
Risque Ă©levĂ©, notamment risque Ă  10 ans ≄20% Un traitement par statine est gĂ©nĂ©ralement indiquĂ©, son intensitĂ© Ă©tant dĂ©terminĂ©e par l’ampleur du risque et la rĂ©duction nĂ©cessaire du LDL-C
ASCVD Ă©tablie Le traitement par statine doit entraĂźner une rĂ©duction du LDL-C de 30%–49% ; un traitement plus intensif est appropriĂ© selon le risque
CAC modéré à sévÚre Envisager un traitement par statine à forte intensité
CAC >300 Le risque peut ĂȘtre comparable Ă  celui d’une maladie coronarienne Ă©tablie ; un traitement de niveau prĂ©vention secondaire peut ĂȘtre appropriĂ©
DiabĂšte avec dyslipidĂ©mie combinĂ©e Le LDL-C reste la cible principale ; le non-HDL-C doit Ă©galement ĂȘtre pris en compte
HypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou autre trouble lipidique gĂ©nĂ©tique Utiliser des seuils et des cibles spĂ©cifiques de LDL-C plutĂŽt qu’une estimation du risque fondĂ©e sur SCORE2
Lp(a) élevée Intensifier la prise en charge du LDL-C et des autres facteurs de risque selon le risque cardiovasculaire absolu
LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL) La poursuite de la réduction du LDL-C est associée à une diminution du risque cardiovasculaire dans toute la plage étudiée

Traitement et prise en charge

Mesures hygiéno-diététiques

Les mesures hygiéno-diététiques constituent la base de la prise en charge lipidique et doivent accompagner le traitement pharmacologique. Le document disponible identifie les facteurs populationnels suivants comme pertinents pour les concentrations lipidiques :

  • Apports alimentaires en lipides, en particulier les lipides provenant des produits d’origine animale et des huiles vĂ©gĂ©tales transformĂ©es

  • InactivitĂ© physique

  • Modifications du mode de vie associĂ©es Ă  l’urbanisation

  • ObĂ©sitĂ©

  • DiabĂšte et autres facteurs de risque mĂ©taboliques

Le document source ne prĂ©cise pas de prescription alimentaire dĂ©taillĂ©e, de programme d’exercice ou d’objectif pondĂ©ral.

Statines

Les statines constituent le principal traitement pharmacologique visant à réduire le LDL-C. Elles sont utilisées :

  • En prĂ©vention secondaire

  • En prĂ©vention primaire lorsque le risque estimĂ© et les facteurs aggravants du risque indiquent un bĂ©nĂ©fice attendu suffisant

  • Chez les patients diabĂ©tiques lorsque le risque cardiovasculaire justifie un traitement

  • Chez les patients prĂ©sentant une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou d’autres troubles lipidiques gĂ©nĂ©tiques

  • Chez les patients prĂ©sentant une Lp(a) Ă©levĂ©e lorsque le risque cardiovasculaire global justifie une rĂ©duction intensive du LDL-C

En prĂ©vention secondaire, les recommandations citĂ©es prĂ©conisent une rĂ©duction du LDL-C de 30%–49%, quel que soit l’ñge. Le document fourni ne prĂ©cise ni les noms des statines, ni leurs doses, ni les rĂ©ductions en pourcentage associĂ©es Ă  des schĂ©mas thĂ©rapeutiques particuliers.

Les myalgies associĂ©es aux statines constituent l’effet indĂ©sirable le plus frĂ©quent. Elles surviennent chez jusqu’à 10% des patients en pratique clinique, bien que les taux rapportĂ©s soient beaucoup plus faibles dans les essais cliniques. Lorsque des symptĂŽmes apparaissent, la prise en charge peut comprendre une adaptation posologique ou le remplacement par une autre statine.

Une faible augmentation de la Lp(a) a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ©e dans quelques petites Ă©tudes, mais les donnĂ©es individuelles issues de sept essais randomisĂ©s contrĂŽlĂ©s contre placebo Ă©valuant les effets cardiovasculaires des statines n’ont montrĂ© aucun effet des statines sur les concentrations de Lp(a). Une Lp(a) Ă©levĂ©e ne doit donc pas ĂȘtre utilisĂ©e pour justifier la non-prescription d’une statine cliniquement indiquĂ©e.

ÉzĂ©timibe

L’ézĂ©timibe constitue un complĂ©ment du traitement par statine fondĂ© sur des donnĂ©es probantes. Il est particuliĂšrement utile chez les patients ĂągĂ©s intolĂ©rants aux statines ou n’atteignant pas le taux de LDL-C requis avec la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine.

Le document source ne fournit ni dose d’ézĂ©timibe ni rĂ©duction numĂ©rique du LDL-C.

Inhibiteurs de PCSK9

L’inhibition de PCSK9 constitue une autre option lorsque les taux de LDL-C recommandĂ©s par les recommandations ne sont pas atteints malgrĂ© un traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e, notamment chez les patients ĂągĂ©s. Le traitement par anticorps monoclonaux anti-PCSK9 a Ă©galement dĂ©montrĂ© un bĂ©nĂ©fice absolu et relatif plus important chez les sujets prĂ©sentant un risque polygĂ©nique Ă©levĂ© de maladie coronarienne dans des analyses de prĂ©vention secondaire.

Les inhibiteurs de PCSK9 rĂ©duisent la Lp(a), mais le document source n’établit pas que cette rĂ©duction amĂ©liore indĂ©pendamment les rĂ©sultats cliniques. Il ne fournit pas non plus les noms des mĂ©dicaments, leurs doses ou leurs schĂ©mas d’administration.

Acide bempédoïque

L’acide bempĂ©doĂŻque est prĂ©sentĂ© comme une alternative ou un traitement additionnel fondĂ© sur des donnĂ©es probantes aux statines, Ă  l’ézĂ©timibe et aux inhibiteurs de PCSK9 pour rĂ©duire le LDL-C. Le document fourni ne prĂ©cise ni la posologie, ni les pourcentages d’efficacitĂ©, ni les modalitĂ©s pratiques de prescription.

Traitements en cours de développement

Plusieurs nouvelles approches du mĂ©tabolisme lipidique sont en cours de dĂ©veloppement. Des traitements injectables Ă  base d’ARN dirigĂ©s spĂ©cifiquement contre la Lp(a) et ciblant la production d’apolipoprotĂ©ine(a) ont rĂ©duit les concentrations de Lp(a) de 80%–98% dans des Ă©tudes cliniques. Des approches orales utilisant de petites molĂ©cules et de petits ARN interfĂ©rents sont Ă©galement Ă  l’étude.

Ces traitements restent expĂ©rimentaux dans le document fourni, et leur effet sur les Ă©vĂ©nements d’ASCVD ou la stĂ©nose valvulaire aortique n’est pas encore Ă©tabli.

Non-HDL-C et apoB dans l’évaluation du traitement

Le non-HDL-C est calculĂ© Ă  partir d’un bilan lipidique courant et rend compte du cholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant l’apoB. Il est particuliĂšrement informatif chez les patients prĂ©sentant des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s ou une maladie cardiomĂ©tabolique. Les objectifs de non-HDL-C sont gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieurs d’environ 30 mg/dL aux objectifs correspondants de LDL-C, car le cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides contribue Ă  la mesure.

L’apoB mesure le nombre de particules athĂ©rogĂšnes plutĂŽt que leur contenu en cholestĂ©rol. Elle peut ĂȘtre plus Ă©troitement corrĂ©lĂ©e au risque cardiovasculaire que le LDL-C en cas de discordance, en particulier chez les patients prĂ©sentant des anomalies mĂ©taboliques et un LDL-C normal ou faible.

Les recommandations europĂ©ennes de 2019 reconnaissent le LDL-C comme cible principale, et le non-HDL-C et l’apoB comme cibles thĂ©rapeutiques secondaires, en particulier lorsque des facteurs de risque cardiomĂ©taboliques sont prĂ©sents ou lorsque le LDL-C est faible. Les recommandations amĂ©ricaines de 2018 et 2019 identifient une apoB ≄130 mg/dL et un non-HDL-C ≄190 mg/dL comme des facteurs aggravants du risque pouvant influencer les dĂ©cisions concernant les statines en prĂ©vention primaire chez les sujets Ă  risque limite ou intermĂ©diaire. Le dosage de l’apoB est particuliĂšrement suggĂ©rĂ© lorsque les triglycĂ©rides sont ≄200 mg/dL.

Recommandations des sociétés savantes

Les recommandations suivantes sont étayées par les directives fournies :

  • Utiliser le LDL-C comme cible principale du traitement hypolipĂ©miant.

  • Mettre en Ɠuvre des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques chez tous les patients, en ajoutant un traitement pharmacologique selon le risque cardiovasculaire et le taux de LDL-C.

  • En cas d’ASCVD Ă©tablie, utiliser un traitement par statine afin d’obtenir une rĂ©duction du LDL-C de 30%–49%, quel que soit l’ñge.

  • Envisager l’ézĂ©timibe lorsque l’intolĂ©rance aux statines limite le traitement ou lorsque le taux de LDL-C reste supĂ©rieur au niveau requis malgrĂ© la dose maximale tolĂ©rĂ©e de statine.

  • Envisager l’inhibition de PCSK9 lorsque les objectifs de LDL-C ne sont pas atteints malgrĂ© un traitement Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e.

  • Utiliser le non-HDL-C et l’apoB comme cibles secondaires ou paramĂštres d’affinement du risque, en particulier chez les patients prĂ©sentant un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, une insulinorĂ©sistance ou un syndrome mĂ©tabolique.

  • Estimer le risque d’ASCVD Ă  10 ans chez les adultes ĂągĂ©s de 40 Ă  75 ans, sans diabĂšte, prĂ©sentant un LDL-C de 70–189 mg/dL.

  • Utiliser la mesure du CAC lorsqu’une incertitude persiste quant Ă  l’instauration ou Ă  l’intensification d’un traitement par statine.

  • Envisager des statines Ă  forte intensitĂ© en cas de CAC modĂ©rĂ© Ă  sĂ©vĂšre, et reconnaĂźtre qu’un CAC supĂ©rieur Ă  300 est un marqueur d’un risque comparable Ă  celui d’une maladie coronarienne Ă©tablie.

  • Mesurer la Lp(a) au moins une fois Ă  l’ñge adulte, en particulier chez les patients prĂ©sentant une ASCVD prĂ©maturĂ©e, une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale, des antĂ©cĂ©dents familiaux pertinents ou une dĂ©cision thĂ©rapeutique intermĂ©diaire.

  • Prendre en charge une Lp(a) Ă©levĂ©e par une intensification du traitement des facteurs de risque Ă©tablis, en particulier du LDL-C, car le bĂ©nĂ©fice clinique des traitements spĂ©cifiques rĂ©duisant la Lp(a) n’est pas encore dĂ©montrĂ©.

  • Ne pas cibler pharmacologiquement le HDL-C, car l’augmentation du HDL-C n’a pas rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires.

Pronostic et suivi

La rĂ©duction du LDL-C diminue le risque cardiovasculaire proportionnellement Ă  la rĂ©duction absolue du LDL-C, avec un bĂ©nĂ©fice absolu plus important chez les patients prĂ©sentant un risque initial plus Ă©levĂ©. Ce principe justifie un traitement plus intensif en cas d’ASCVD Ă©tablie, de CAC sĂ©vĂšre, d’hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale et dans les autres situations Ă  haut risque.

Le suivi doit évaluer :

  • La rĂ©ponse du LDL-C au traitement

  • L’atteinte du degrĂ© de rĂ©duction du LDL-C visĂ©

  • L’observance des mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et du traitement pharmacologique

  • Les symptĂŽmes associĂ©s aux statines et leur tolĂ©rance

  • La nĂ©cessitĂ© d’intensifier le traitement par Ă©zĂ©timibe, inhibition de PCSK9 ou acide bempĂ©doĂŻque

  • Le non-HDL-C ou l’apoB lorsque les triglycĂ©rides ou les facteurs de risque cardiomĂ©taboliques rendent le LDL-C potentiellement trompeur

  • La Lp(a) lorsque son dosage est cliniquement indiquĂ©

Le document fourni ne précise pas les intervalles de surveillance thérapeutique ni le calendrier détaillé du suivi biologique.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026