đŸš« Aspirine en prĂ©vention primaire : recommandations actuelles

Sommaire (19)

Définition et justification thérapeutique

L’aspirine, ou acide acĂ©tylsalicylique, est un antiagrĂ©gant plaquettaire qui inhibe irrĂ©versiblement la cyclo-oxygĂ©nase et supprime ainsi la synthĂšse du thromboxane A2. Le thromboxane A2 favorise la vasoconstriction et l’agrĂ©gation plaquettaire. Comme l’aspirine n’agit que sur une seule voie de l’activation plaquettaire, son effet antiagrĂ©gant est relativement limitĂ© par rapport Ă  celui des agents qui inhibent d’autres voies plaquettaires.

La distinction entre prévention primaire et prévention secondaire est fondamentale :

  • La prĂ©vention primaire concerne les personnes sans maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD), maladie coronarienne, maladie cĂ©rĂ©brovasculaire ou artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs Ă©tablie.

  • La prĂ©vention secondaire concerne les patients prĂ©sentant une maladie vasculaire Ă©tablie, chez lesquels l’aspirine a un rapport bĂ©nĂ©fice–risque nettement plus favorable.

L’aspirine n’est pas un traitement prĂ©ventif cardiovasculaire Ă  visĂ©e gĂ©nĂ©rale. Chez les personnes sans ASCVD Ă©tablie, la rĂ©duction potentielle de l’infarctus du myocarde non fatal et de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique doit ĂȘtre mise en balance avec le risque d’hĂ©morragie gastro-intestinale et intracrĂąnienne cliniquement important.

Données probantes en prévention primaire

ÉvĂ©nements cardiovasculaires

Les Ă©tudes contemporaines de prĂ©vention primaire et les mĂ©ta-analyses montrent que l’aspirine peut rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires non fatals, mais qu’elle ne rĂ©duit ni la mortalitĂ© cardiovasculaire ni la mortalitĂ© toutes causes confondues.

Les effets relatifs rapportés comprennent :

  • Une rĂ©duction d’environ 11 % des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires dans une mĂ©ta-analyse d’essais de prĂ©vention primaire incluant des personnes prĂ©sentant un risque cardiovasculaire estimĂ© Ă  10 ans de 10 %.

  • Une rĂ©duction d’environ 12 % de l’infarctus du myocarde non fatal avec l’aspirine Ă  faible dose.

  • Une rĂ©duction d’environ 12 % de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique non fatal dans les essais Ă©valuant spĂ©cifiquement ce critĂšre.

  • Aucune rĂ©duction dĂ©montrĂ©e de la mortalitĂ© cardiovasculaire ou de la mortalitĂ© toutes causes confondues.

Le bĂ©nĂ©fice absolu est modeste. Dans l’ensemble de la revue systĂ©matique actualisĂ©e, les rĂ©ductions absolues des Ă©vĂ©nements ASCVD majeurs variaient de 0,8 % Ă  2,5 %. Chez les personnes ayant un risque cardiovasculaire Ă  10 ans d’environ 10 %, le nombre d’évĂ©nements cardiovasculaires Ă©vitĂ©s Ă©tait similaire au nombre d’évĂ©nements hĂ©morragiques majeurs provoquĂ©s.

Dans les analyses globales des essais, les donnĂ©es ne diffĂšrent pas de maniĂšre substantielle selon l’ñge ou le sexe. Certaines donnĂ©es issues d’une Ă©tude menĂ©e chez des femmes en bonne santĂ© suggĂ©raient une rĂ©duction de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique, en particulier chez les femmes prĂ©sentant des facteurs de risque d’AVC, mais ce bĂ©nĂ©fice s’accompagnait d’une augmentation des hĂ©morragies gastro-intestinales graves et d’une augmentation non significative des hĂ©morragies cĂ©rĂ©brales.

ÉvĂ©nements hĂ©morragiques

Le principal effet indĂ©sirable de l’aspirine en prĂ©vention primaire est l’hĂ©morragie, qui peut survenir relativement peu de temps aprĂšs l’instauration du traitement. Les augmentations rapportĂ©es comprennent :

  • Une augmentation d’environ 43 % des hĂ©morragies majeures dans une mĂ©ta-analyse d’essais de prĂ©vention primaire.

  • Une augmentation d’environ 58 % des hĂ©morragies gastro-intestinales majeures.

  • Une augmentation d’environ 31 % des hĂ©morragies intracrĂąniennes.

  • Dans une autre mĂ©ta-analyse, une augmentation d’environ 50 % des hĂ©morragies majeures, de 32 % des hĂ©morragies intracrĂąniennes et de 52 % des hĂ©morragies gastro-intestinales majeures.

Aucune augmentation significative des hĂ©morragies fatales n’a Ă©tĂ© observĂ©e dans les analyses citĂ©es. NĂ©anmoins, l’importance clinique des hĂ©morragies gastro-intestinales et intracrĂąniennes non fatales est considĂ©rable, notamment parce que le bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire absolu est faible dans de nombreuses populations de prĂ©vention primaire.

Le risque hĂ©morragique est particuliĂšrement pertinent chez les personnes ĂągĂ©es. Les facteurs associĂ©s Ă  une augmentation du risque d’hĂ©morragie gastro-intestinale comprennent :

  • Âge avancĂ©, avec une augmentation particuliĂšrement marquĂ©e du risque aprĂšs 70 ans

  • Sexe masculin

  • AntĂ©cĂ©dents de pathologie digestive haute

  • Maladie hĂ©patique ou rĂ©nale

  • Multiples facteurs de risque cardiovasculaire

  • Prise concomitante d’anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens

  • Traitement par corticostĂ©roĂŻdes

  • Autres mĂ©dicaments antiagrĂ©gants plaquettaires ou antithrombotiques

  • Inhibiteurs sĂ©lectifs de la recapture de la sĂ©rotonine

Sélection des patients

L’aspirine ne doit pas ĂȘtre prescrite systĂ©matiquement aux personnes sans ASCVD Ă©tablie. La sĂ©lection nĂ©cessite de prendre simultanĂ©ment en compte :

  • Le risque cardiovasculaire estimĂ©

  • Le risque hĂ©morragique de base

  • L’ñge

  • Le statut vis-Ă -vis du diabĂšte

  • Le traitement prĂ©ventif en cours, notamment le traitement par statine

  • Les prĂ©fĂ©rences du patient aprĂšs discussion des bĂ©nĂ©fices et des risques absolus probables

Le rapport bĂ©nĂ©fice–risque est moins favorable dans le contexte actuel de la prĂ©vention, car le traitement par statine et les autres interventions sur les facteurs de risque rĂ©duisent le risque cardiovasculaire de base, tandis que le risque hĂ©morragique associĂ© Ă  l’aspirine persiste.

Recommandations actuelles

Prévention primaire en général

Les recommandations europĂ©ennes ont traditionnellement dĂ©conseillĂ© l’aspirine en prĂ©vention primaire. Les recommandations europĂ©ennes plus rĂ©centes permettent d’envisager l’aspirine Ă  faible dose chez certaines personnes diabĂ©tiques prĂ©sentant un risque cardiovasculaire Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ©, Ă  condition que le risque hĂ©morragique ne soit pas Ă©levĂ©. Chez les adultes apparemment sains ĂągĂ©s de moins de 70 ans prĂ©sentant un risque cardiovasculaire Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ©, la dĂ©cision doit ĂȘtre individualisĂ©e.

Le principe général est le suivant :

L’aspirine ne peut ĂȘtre envisagĂ©e que lorsque le risque cardiovasculaire est suffisamment Ă©levĂ© et le risque hĂ©morragique suffisamment faible pour que le bĂ©nĂ©fice ischĂ©mique attendu soit jugĂ© supĂ©rieur au risque hĂ©morragique.

L’utilisation systĂ©matique chez les personnes Ă  risque faible ou modĂ©rĂ© n’est pas recommandĂ©e.

Recommandations américaines

Les recommandations AHA/ACC de 2019 indiquent que l’aspirine Ă  faible dose peut ĂȘtre envisagĂ©e en prĂ©vention primaire chez les adultes ĂągĂ©s de 40 Ă  70 ans prĂ©sentant un risque cardiovasculaire accru et ne prĂ©sentant pas de risque hĂ©morragique accru. L’aspirine n’est pas recommandĂ©e en prĂ©vention primaire chez les adultes prĂ©sentant un risque hĂ©morragique accru.

Les recommandations 2022 de l’US Preventive Services Task Force sont plus restrictives :

  • Adultes ĂągĂ©s de 40 Ă  59 ans avec un risque prĂ©dit d’ASCVD Ă  10 ans d’au moins 10 % : la dĂ©cision doit ĂȘtre individualisĂ©e ; le traitement correspond Ă  une recommandation de grade C.

  • Adultes ĂągĂ©s de 60 ans ou plus : l’instauration de l’aspirine en prĂ©vention primaire n’est pas recommandĂ©e ; cela correspond Ă  une recommandation de grade D.

Chez les adultes diabĂ©tiques, l’American Diabetes Association, l’AHA et l’ESC recommandent l’aspirine quotidienne en prĂ©vention secondaire, mais ne recommandent pas son utilisation systĂ©matique en prĂ©vention primaire. L’aspirine Ă  faible dose peut ĂȘtre envisagĂ©e chez certains patients diabĂ©tiques prĂ©sentant un risque d’ASCVD Ă©levĂ© ou exceptionnellement Ă©levĂ©, en particulier lorsque le risque hĂ©morragique est faible et que la dĂ©cision rĂ©sulte d’une dĂ©cision mĂ©dicale partagĂ©e approfondie. Elle est gĂ©nĂ©ralement dĂ©conseillĂ©e chez les personnes ĂągĂ©es diabĂ©tiques.

PrĂ©vention de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral

L’aspirine n’est plus recommandĂ©e pour la prĂ©vention primaire de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique chez les personnes prĂ©sentant un risque cardiovasculaire faible ou intermĂ©diaire. Bien que l’aspirine rĂ©duise les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires ischĂ©miques, ce bĂ©nĂ©fice est contrebalancĂ© par les Ă©vĂ©nements hĂ©morragiques, notamment l’AVC hĂ©morragique, et aucune amĂ©lioration nette de la mortalitĂ© toutes causes confondues n’est observĂ©e.

Chez les femmes, l’aspirine ne peut ĂȘtre envisagĂ©e que dans certaines situations, lorsque le risque individuel d’AVC est jugĂ© supĂ©rieur au risque hĂ©morragique. Les donnĂ©es ne justifient pas un traitement antiagrĂ©gant systĂ©matique du seul fait de la prĂ©sence d’un diabĂšte en l’absence d’autres facteurs de risque cardiovasculaire majeurs.

DiabÚte sans ASCVD établie

L’aspirine quotidienne n’est pas systĂ©matiquement indiquĂ©e en cas de diabĂšte sans ASCVD Ă©tablie. Elle peut ĂȘtre envisagĂ©e lorsque le risque d’ASCVD est trĂšs Ă©levĂ© ou exceptionnellement Ă©levĂ© et que le risque hĂ©morragique est faible. La dĂ©cision doit ĂȘtre individualisĂ©e, car la rĂ©duction des Ă©vĂ©nements ischĂ©miques s’accompagne d’une augmentation significative des hĂ©morragies majeures.

Les mesures hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques et le contrĂŽle des facteurs de risque modifiables restent le fondement de la prĂ©vention chez les patients diabĂ©tiques. Ils comprennent l’abstinence tabagique, au moins 150 minutes d’activitĂ© aĂ©robie par semaine, le contrĂŽle pondĂ©ral, une alimentation saine, le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle et la rĂ©duction du LDL-cholestĂ©rol. Le traitement pharmacologique prĂ©ventif, notamment le traitement par statine lorsqu’il est indiquĂ©, n’entraĂźne pas la complication hĂ©morragique associĂ©e Ă  l’aspirine.

Artériopathie oblitérante des membres inférieurs

L’aspirine n’est pas recommandĂ©e systĂ©matiquement en cas d’artĂ©riopathie oblitĂ©rante asymptomatique des membres infĂ©rieurs sans ASCVD cliniquement pertinente. En cas d’artĂ©riopathie oblitĂ©rante asymptomatique des membres infĂ©rieurs associĂ©e Ă  un diabĂšte, l’aspirine Ă  75–100 mg peut ĂȘtre envisagĂ©e en l’absence de contre-indications, bien qu’il s’agisse d’une stratĂ©gie sĂ©lective et non systĂ©matique.

Posologie et prescription pratique

Lorsque l’aspirine est retenue en prĂ©vention primaire, le document source prĂ©conise l’utilisation d’aspirine Ă  faible dose, gĂ©nĂ©ralement dans une fourchette de 75–100 mg une fois par jour. D’autres recommandations indiquent une dose quotidienne de 75–162 mg, mais les donnĂ©es de prĂ©vention Ă  long terme indiquent que des doses de 75–100 mg semblent aussi efficaces que des doses plus Ă©levĂ©es.

Les considérations pratiques comprennent :

  • Éviter l’instauration systĂ©matique chez les personnes ĂągĂ©es, en particulier chez celles ĂągĂ©es de 60 ans ou plus selon la recommandation 2022 de l’US Preventive Services Task Force.

  • Éviter le traitement chez les patients prĂ©sentant un risque hĂ©morragique accru.

  • Réévaluer les mĂ©dicaments concomitants qui augmentent le risque d’hĂ©morragie gastro-intestinale ou intracrĂąnienne.

  • Réévaluer l’adĂ©quation du traitement lorsque l’ñge, une maladie rĂ©nale ou hĂ©patique, le risque vasculaire ou les traitements concomitants Ă©voluent.

  • Recourir Ă  une dĂ©cision mĂ©dicale partagĂ©e plutĂŽt que de considĂ©rer un seuil de risque numĂ©rique comme une indication automatique.

  • Envisager l’arrĂȘt dĂ©finitif aprĂšs réévaluation individualisĂ©e chez les patients dont le risque cardiovasculaire est faible ou modĂ©rĂ©, notamment lorsque le risque hĂ©morragique est Ă©levĂ©.

Le document ne fournit pas de stratĂ©gie spĂ©cifique de prĂ©vention primaire de la gastroprotection par inhibiteurs de la pompe Ă  protons. Il prĂ©cise qu’un recours plus large aux inhibiteurs de la pompe Ă  protons pourrait potentiellement majorer le bĂ©nĂ©fice de l’aspirine chez les patients Ă  risque plus Ă©levĂ© en prĂ©vention primaire, mais cela ne constitue pas une recommandation thĂ©rapeutique gĂ©nĂ©rale.

Aspirine autour d’une chirurgie non cardiaque

Chez les patients prenant de l’aspirine en prĂ©vention primaire, le risque d’évĂ©nements ischĂ©miques pĂ©riopĂ©ratoires est suffisamment faible pour permettre l’arrĂȘt de l’aspirine avant une chirurgie non cardiaque. L’arrĂȘt postopĂ©ratoire dĂ©finitif doit ĂȘtre envisagĂ© chez les patients prĂ©sentant un risque d’ASCVD faible ou modĂ©rĂ© et/ou un risque hĂ©morragique Ă©levĂ©.

Si l’intervention comporte un risque hĂ©morragique particuliĂšrement Ă©levĂ©, comme la chirurgie rachidienne ou certaines interventions neurochirurgicales ou ophtalmologiques, l’aspirine doit ĂȘtre arrĂȘtĂ©e pendant au moins 7 jours.

Ces considĂ©rations diffĂšrent de celles de la prĂ©vention secondaire. Chez les patients prĂ©sentant une maladie cardiovasculaire Ă©tablie, l’aspirine a un rĂŽle Ă©tabli dans la prĂ©vention Ă  long terme. Chez les patients ayant dĂ©jĂ  bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une intervention coronarienne percutanĂ©e, l’aspirine Ă  faible dose doit gĂ©nĂ©ralement ĂȘtre poursuivie en pĂ©riode pĂ©riopĂ©ratoire, sauf si le risque hĂ©morragique est trĂšs Ă©levĂ©.

Situations particuliĂšres

Fibrillation atriale

L’aspirine n’est pas efficace pour prĂ©venir les complications thromboemboliques de la fibrillation atriale. La rĂ©duction du risque d’AVC est variable et modeste et ne dĂ©passe pas celle attendue d’une rĂ©duction gĂ©nĂ©rale du risque vasculaire d’AVC. Les recommandations actuelles sur la fibrillation atriale ne recommandent plus l’aspirine pour la prĂ©vention de l’AVC. Chez les patients ayant un score CHA2DS2-VASc faible, les options pertinentes sont un anticoagulant ou l’absence de traitement antithrombotique, plutĂŽt que l’aspirine.

Syndromes post-lésion cardiaque et post-péricardiotomie

L’aspirine possĂšde un rĂŽle thĂ©rapeutique distinct dans les syndromes post-lĂ©sion cardiaque et ne doit pas ĂȘtre assimilĂ©e Ă  un traitement de prĂ©vention cardiovasculaire primaire. En cas de pĂ©ricardite prĂ©coce post-infarctus du myocarde, une cure d’aspirine de 5–7 jours, associĂ©e Ă  la colchicine, est dĂ©crite comme une approche raisonnable. Cette indication correspond au traitement d’une complication inflammatoire et non Ă  une prĂ©vention chez une personne par ailleurs exempte de maladie.

Comparaison avec la prévention secondaire

Le rapport bĂ©nĂ©fice–risque est nettement plus favorable lorsqu’une ASCVD est dĂ©jĂ  Ă©tablie. Chez les patients ayant des antĂ©cĂ©dents d’infarctus du myocarde, d’AVC, de chirurgie de pontage, d’angioplastie, d’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs ou d’angor, l’aspirine rĂ©duit les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires graves, l’infarctus du myocarde non fatal, les Ă©vĂ©nements coronariens et l’ensemble des AVC. La rĂ©duction des Ă©vĂ©nements ischĂ©miques dĂ©passe gĂ©nĂ©ralement l’augmentation des hĂ©morragies graves.

En cas de syndrome coronarien chronique, l’aspirine Ă  faible dose Ă  75–100 mg une fois par jour constitue le traitement traditionnel de la prĂ©vention secondaire Ă  long terme, le clopidogrel Ă  75 mg une fois par jour Ă©tant une alternative chez les patients appropriĂ©s.

AprĂšs une intervention coronarienne percutanĂ©e, l’aspirine est habituellement poursuivie indĂ©finiment chez les patients ne prĂ©sentant pas d’allergie, bien qu’une dose plus faible, telle que 81 mg, puisse rĂ©duire le risque d’hĂ©morragie gastro-intestinale. Chez certains patients, l’aspirine peut ĂȘtre arrĂȘtĂ©e aprĂšs une courte pĂ©riode de bithĂ©rapie antiagrĂ©gante plaquettaire, avec poursuite d’une monothĂ©rapie par inhibiteur de P2Y12 pendant 1–3 mois aprĂšs l’ICP dans certaines situations appropriĂ©es.

Ces recommandations de prĂ©vention secondaire ne doivent pas ĂȘtre extrapolĂ©es aux patients sans ASCVD Ă©tablie.

Suivi et réévaluation

Aucun calendrier prĂ©cis de suivi n’est indiquĂ© dans le document source. Cependant, en raison de la marge thĂ©rapeutique Ă©troite et fortement individualisĂ©e de l’aspirine en prĂ©vention primaire, une réévaluation rĂ©guliĂšre est essentielle. Elle doit notamment porter sur :

  • Le maintien du profil de risque cardiovasculaire justifiant initialement le traitement

  • La survenue d’une nouvelle maladie gastro-intestinale, rĂ©nale, hĂ©patique ou cĂ©rĂ©brovasculaire

  • L’apparition de facteurs augmentant le risque hĂ©morragique

  • L’introduction d’anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens, de corticostĂ©roĂŻdes, d’antiagrĂ©gants plaquettaires, d’antithrombotiques ou d’inhibiteurs sĂ©lectifs de la recapture de la sĂ©rotonine

  • L’avancĂ©e en Ăąge, notamment au-delĂ  de 60–70 ans

  • La diminution Ă©ventuelle du bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire rĂ©siduel attendu de l’aspirine sous l’effet d’un traitement efficace des facteurs de risque

  • La comprĂ©hension par le patient de l’équilibre entre la prĂ©vention des Ă©vĂ©nements ischĂ©miques non fatals et les hĂ©morragies majeures

Le document ne dĂ©finit pas d’exigences particuliĂšres de surveillance biologique du traitement par aspirine. La surveillance clinique des saignements et la réévaluation pĂ©riodique du risque cardiovasculaire et hĂ©morragique sont donc essentielles Ă  une utilisation sĂ»re.

Pronostic

L’aspirine en prĂ©vention primaire entraĂźne une rĂ©duction modeste de l’infarctus du myocarde non fatal et de l’accident vasculaire cĂ©rĂ©bral ischĂ©mique, sans bĂ©nĂ©fice dĂ©montrĂ© sur la mortalitĂ©. Ce bĂ©nĂ©fice est contrebalancĂ© par une augmentation des hĂ©morragies gastro-intestinales et intracrĂąniennes majeures, le nombre d’évĂ©nements cardiovasculaires Ă©vitĂ©s Ă©tant souvent similaire au nombre d’hĂ©morragies majeures provoquĂ©es chez les patients prĂ©sentant un risque cardiovasculaire Ă  10 ans d’environ 10 %.

En consĂ©quence, le pronostic dĂ©pend moins de l’exposition Ă  l’aspirine elle-mĂȘme que du risque sous-jacent d’ASCVD du patient, de sa susceptibilitĂ© hĂ©morragique et de la mise en Ɠuvre de mesures prĂ©ventives plus efficaces telles que l’abstinence tabagique, l’activitĂ© physique, le contrĂŽle pondĂ©ral, une alimentation saine, le traitement de l’hypertension artĂ©rielle et la rĂ©duction du LDL-cholestĂ©rol. Dans la pratique contemporaine, l’aspirine a un rĂŽle limitĂ© et sĂ©lectif en prĂ©vention primaire et un rĂŽle beaucoup plus important en prĂ©vention secondaire.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026