đŸš« ArtĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs : diagnostic, index de pression systolique cheville-bras et prise en charge du risque

Sommaire (35)

Définition et physiopathologie

L’artĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs (AOMI) est une affection clinique due Ă  une stĂ©nose ou Ă  une occlusion de l’aorte ou des artĂšres vascularisant les membres. Chez l’adulte de plus de 40 ans, l’athĂ©rosclĂ©rose en est la cause prĂ©dominante. Les autres mĂ©canismes comprennent la thrombose, l’embolie, la vascularite, la dysplasie fibromusculaire, le piĂ©geage artĂ©riel, la maladie kystique adventitielle et les traumatismes.

L’AOMI athĂ©rosclĂ©reuse est une manifestation d’une maladie artĂ©rielle systĂ©mique plutĂŽt qu’une affection isolĂ©e des membres infĂ©rieurs. Les patients prĂ©sentent frĂ©quemment une atteinte coronaire, cĂ©rĂ©brovasculaire ou artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique concomitante ; la prise en charge doit donc concerner l’ensemble de la circulation artĂ©rielle. L’AOMI est associĂ©e Ă  une augmentation de la morbiditĂ© et de la mortalitĂ© cardiovasculaires ainsi qu’à des complications des membres.

Les lĂ©sions athĂ©rosclĂ©reuses touchent gĂ©nĂ©ralement les artĂšres de gros et de moyen calibre. Les caractĂ©ristiques anatomopathologiques comprennent la formation de plaques avec dĂ©pĂŽts calciques, l’amincissement de la mĂ©dia, la destruction des tissus musculaires et Ă©lastiques, la fragmentation de la limitante Ă©lastique interne et la prĂ©sence d’un thrombus surajoutĂ© riche en plaquettes et en fibrine. Les lĂ©sions siĂšgent prĂ©fĂ©rentiellement aux points de bifurcation artĂ©rielle, oĂč les perturbations du flux, les modifications des contraintes de cisaillement et les lĂ©sions intimales favorisent l’athĂ©rosclĂ©rose.

Les principales localisations anatomiques sont les suivantes :

  • Aorte abdominale et artĂšres iliaques, atteintes chez environ 30 % des patients symptomatiques.

  • ArtĂšres fĂ©morales et poplitĂ©es, atteintes chez environ 80–90 % des patients.

  • ArtĂšres tibiales et fibulaires, atteintes chez environ 40–50 % des patients.

L’atteinte distale est particuliĂšrement frĂ©quente chez les personnes ĂągĂ©es et les patients diabĂ©tiques. Les consĂ©quences hĂ©modynamiques dĂ©pendent de la localisation, de la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la longueur de la lĂ©sion, de l’existence d’une atteinte Ă  plusieurs niveaux et de la circulation collatĂ©rale. La limitation du dĂ©bit peut rester cliniquement silencieuse, se manifester par des symptĂŽmes Ă  l’effort ou Ă©voluer vers une ischĂ©mie chronique menaçant le membre (ICMM).

Présentation clinique et symptÎmes

Formes asymptomatiques et atypiques

Moins de la moitiĂ© des patients atteints d’AOMI prĂ©sentent des symptĂŽmes typiques. Nombre d’entre eux ont une capacitĂ© de marche rĂ©duite ou une marche lente sans dĂ©crire une claudication classique. Chez les personnes ĂągĂ©es, environ 40 % sont asymptomatiques, 50 % rapportent des symptĂŽmes atypiques des membres infĂ©rieurs et moins de 10 % prĂ©sentent une claudication classique.

L’AOMI asymptomatique ou atypique demeure cliniquement importante. La rĂ©duction de l’activitĂ© peut entraĂźner un dĂ©clin fonctionnel progressif, un comportement sĂ©dentaire et une perte d’autonomie. Le diagnostic d’AOMI permet Ă©galement de rechercher une athĂ©rosclĂ©rose dans d’autres territoires artĂ©riels et d’instaurer une prĂ©vention secondaire.

L’évaluation clinique doit inclure le statut fonctionnel et la capacitĂ© de marche, car ces Ă©lĂ©ments peuvent rĂ©vĂ©ler une AOMI « masquĂ©e » chez les patients ne fournissant pas un effort suffisant pour dĂ©clencher les symptĂŽmes.

Claudication intermittente

La claudication intermittente correspond Ă  une gĂȘne musculaire d’un membre dĂ©clenchĂ©e par l’effort et soulagĂ©e par le repos. Le symptĂŽme peut ĂȘtre dĂ©crit comme une douleur, une courbature, une crampe, un engourdissement ou une fatigue. Le territoire symptomatique est habituellement situĂ© en aval de l’obstruction artĂ©rielle :

  • Des symptĂŽmes fessiers, de la hanche ou de la cuisse orientent vers une atteinte aorto-iliaque.

  • Les symptĂŽmes du mollet sont typiques d’une atteinte fĂ©moropoplitĂ©e.

  • Une atteinte plus distale peut provoquer des symptĂŽmes du pied, bien que les symptĂŽmes des membres infĂ©rieurs soient beaucoup plus frĂ©quents que ceux des membres supĂ©rieurs.

La sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes doit ĂȘtre dĂ©crite en fonction de leur retentissement sur la distance de marche, les activitĂ©s quotidiennes, le travail et l’autonomie. L’épreuve d’effort permet de quantifier Ă  la fois le dĂ©lai d’apparition de la claudication et la durĂ©e maximale de l’exercice tolĂ©rĂ©.

Ischémie chronique menaçant le membre

L’ICMM survient lorsque la perfusion au repos est insuffisante pour rĂ©pondre aux besoins nutritionnels basaux des tissus. Les symptĂŽmes typiques comprennent :

  • Une douleur de repos ischĂ©mique.

  • Une sensation de froid ou un engourdissement du pied et des orteils.

  • Une douleur plus intense la nuit ou lorsque le membre est placĂ© Ă  l’horizontale.

  • Une amĂ©lioration lorsque la jambe est placĂ©e en position dĂ©clive.

À un stade avancĂ©, la douleur de repos peut devenir persistante. Une perte de substance, des ulcĂšres et une gangrĂšne peuvent apparaĂźtre. Chez les patients prĂ©sentant une ICMM, une reconnaissance prĂ©coce et une orientation vers une Ă©quipe vasculaire sont essentielles pour sauver le membre.

Ischémie aiguë de membre

L’ischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessite une Ă©valuation urgente par un clinicien vasculaire expĂ©rimentĂ©. Le document source insiste sur l’évaluation de la viabilitĂ© du membre, la recherche d’un dĂ©ficit neurologique et l’identification d’une thrombose ou d’une embolie comme mĂ©canisme sous-jacent. La prĂ©sence d’un dĂ©ficit neurologique indique la nĂ©cessitĂ© d’une revascularisation urgente.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation doit associer :

  • Une anamnĂšse dĂ©taillĂ©e.

  • L’évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire.

  • L’évaluation fonctionnelle et de la qualitĂ© de vie.

  • Un examen vasculaire complet.

  • Une Ă©valuation hĂ©modynamique.

AnamnĂšse

L’anamnùse doit rechercher :

  • Les symptĂŽmes Ă  l’effort, leur localisation et leur reproductibilitĂ©.

  • La limitation de la marche et son retentissement sur les activitĂ©s et l’autonomie.

  • La douleur de repos, les symptĂŽmes nocturnes et le soulagement positionnel.

  • Une ulcĂ©ration, une perte de substance, une gangrĂšne ou des plaies ne cicatrisant pas.

  • Le statut tabagique et diabĂ©tique.

  • L’hypertension artĂ©rielle, l’hypercholestĂ©rolĂ©mie, l’insuffisance rĂ©nale et les autres facteurs de risque cardiovasculaire.

  • Les antĂ©cĂ©dents d’atteinte pĂ©riphĂ©rique, coronaire ou cĂ©rĂ©brovasculaire.

  • Les antĂ©cĂ©dents de revascularisation endovasculaire ou chirurgicale.

  • Les facteurs dĂ©clenchants emboliques ou thrombotiques possibles en cas de prĂ©sentation aiguĂ«.

Chez les patients diabĂ©tiques, l’évaluation doit porter spĂ©cifiquement sur les plaies du pied et la neuropathie, car le diagnostic prĂ©coce de l’AOMI et de la neuropathie du pied peut contribuer Ă  prĂ©venir les plaies et l’amputation.

Examen vasculaire

L’examen doit comporter la palpation des :

  • Pouls fĂ©moraux.

  • Pouls poplitĂ©s.

  • Pouls pĂ©dieux.

  • Pouls tibiaux postĂ©rieurs.

L’abdomen et les plis inguinaux doivent ĂȘtre auscultĂ©s Ă  la recherche de souffles. Les jambes et les pieds doivent ĂȘtre inspectĂ©s Ă  la recherche de :

  • Amyotrophie.

  • Perte de pilositĂ©.

  • Épaississement des ongles.

  • Peau lisse et brillante.

  • Diminution de la tempĂ©rature cutanĂ©e.

  • PĂąleur ou cyanose.

  • UlcĂ©rations et gangrĂšne.

  • Érythrocyanose dĂ©clive.

  • ƒdĂšme liĂ© Ă  une dĂ©clivitĂ© prolongĂ©e en cas d’ischĂ©mie sĂ©vĂšre.

L’élĂ©vation des jambes et des flexions rĂ©pĂ©tĂ©es des mollets peuvent provoquer une pĂąleur des plantes. Lorsque les jambes sont replacĂ©es en position dĂ©clive, l’hyperĂ©mie rĂ©actionnelle peut entraĂźner une rougeur. Le dĂ©lai d’apparition de cette rougeur ou de remplissage des veines du pied est corrĂ©lĂ© Ă  la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’ischĂ©mie et Ă  l’importance de la circulation collatĂ©rale.

La neuropathie ischémique peut entraßner un engourdissement et une diminution des réflexes.

Une mesure de la pression artĂ©rielle aux deux bras est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique et aortique. Cette mesure est particuliĂšrement pertinente lorsqu’une atteinte des membres supĂ©rieurs ou des artĂšres sous-claviĂšres est possible.

Diagnostic

Index de pression systolique cheville-bras

L’index de pression systolique cheville-bras (IPS) est le test non invasif de premiĂšre intention privilĂ©giĂ© pour le dĂ©pistage, le diagnostic et la surveillance de l’AOMI. Il est peu coĂ»teux, largement disponible et peut ĂȘtre mesurĂ© au repos ou aprĂšs un effort.

L’IPS est calculĂ© Ă  partir des pressions systoliques Ă  la cheville et au bras. La pression Ă  la cheville est mesurĂ©e Ă  l’aide d’un brassard et d’une Ă©valuation Doppler du flux artĂ©riel, habituellement au niveau des artĂšres pĂ©dieuse et tibiale postĂ©rieure. Les mĂ©thodes oscillomĂ©trique et Doppler montrent une bonne concordance, bien que la reproductibilitĂ© soit meilleure lorsque la mesure est rĂ©alisĂ©e par des mĂ©decins formĂ©s.

IPS Interprétation
1,00–1,40 Habituellement normal
0,91–0,99 Limite
≀0,90 Diagnostique d’une AOMI
>1,40 ArtÚres incompressibles ; évaluation complémentaire nécessaire

La sensibilitĂ© rapportĂ©e de l’IPS de repos pour le diagnostic d’AOMI est de 68–84 % et sa spĂ©cificitĂ© de 84–99 %. Un IPS ≀0,90 confirme le diagnostic d’AOMI.

L’IPS contribue Ă©galement Ă  l’évaluation du risque cardiovasculaire et peut conduire Ă  reclasser des sujets initialement considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque faible ou intermĂ©diaire.

ArtĂšres incompressibles

Un IPS >1,40 doit ĂȘtre dĂ©crit comme indiquant des artĂšres incompressibles et non comme un rĂ©sultat normal. Cette constatation tĂ©moigne d’une rigiditĂ© artĂ©rielle et s’observe notamment en cas de diabĂšte, d’insuffisance rĂ©nale sĂ©vĂšre et d’ñge avancĂ©. Elle est associĂ©e Ă  une augmentation du risque d’évĂ©nements cardiovasculaires et de mortalitĂ©.

Lorsque les artÚres de la cheville sont incompressibles, une évaluation complémentaire est recommandée au moyen de :

  • La pression systolique de l’orteil.

  • L’index de pression systolique orteil-bras (IPSO).

  • L’analyse de la courbe Doppler.

Index de pression systolique orteil-bras

L’IPSO Ă©value la pression dans les artĂšres digitales de calibre moyen et est utile lorsque les artĂšres de la cheville ne peuvent pas ĂȘtre comprimĂ©es de maniĂšre fiable. La pression systolique de l’orteil peut ĂȘtre mesurĂ©e au niveau du gros orteil, du deuxiĂšme ou du troisiĂšme orteil Ă  l’aide d’un Doppler laser ou de la plĂ©thysmographie.

Un IPSO ≀0,70 est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme anormal. Les valeurs rapportĂ©es de sensibilitĂ© et de spĂ©cificitĂ© varient considĂ©rablement, respectivement de 45–100 % et de 17–100 %.

Chez les patients diabĂ©tiques ou insuffisants rĂ©naux, la pression systolique de l’orteil ou l’IPSO doit ĂȘtre mesurĂ©(e) mĂȘme lorsque l’IPS de repos est normal, car la rigiditĂ© artĂ©rielle peut masquer une atteinte des membres infĂ©rieurs.

Épreuve d’effort et IPS post-effort

L’épreuve d’effort est utile lorsque les symptĂŽmes Ă©voquent une claudication, mais que l’IPS de repos est limite ou normal. Elle peut :

  • Étayer le diagnostic d’AOMI.

  • CaractĂ©riser la limitation du dĂ©bit.

  • Mesurer objectivement l’altĂ©ration fonctionnelle.

  • Évaluer la rĂ©ponse au traitement.

L’effort peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© selon un protocole progressif sur tapis roulant. Le dĂ©lai d’apparition de la claudication et la durĂ©e maximale de l’exercice tolĂ©rĂ© doivent ĂȘtre documentĂ©s. Un test de marche de six minutes peut Ă©galement Ă©valuer le dĂ©lai et la distance d’apparition de la douleur initiale et maximale du mollet.

L’IPS post-effort est mesurĂ© aprĂšs un effort standardisĂ© sur tapis roulant, gĂ©nĂ©ralement une minute aprĂšs l’arrĂȘt de l’exercice dans le cadre du protocole d’examen vasculaire. Les pressions aux deux chevilles doivent ĂȘtre mesurĂ©es, en commençant par le membre symptomatique, et la pression systolique brachiale doit ĂȘtre mesurĂ©e simultanĂ©ment.

Chez les sujets sains, l’effort entraĂźne une lĂ©gĂšre diminution de l’IPS, qui se normalise habituellement en une Ă  deux minutes. En cas d’AOMI, la pression Ă  la cheville diminue davantage et la rĂ©cupĂ©ration est prolongĂ©e.

Les critÚres diagnostiques proposés comprennent :

  • Une diminution de 20 % de l’IPS post-effort par rapport Ă  la valeur de repos.

  • Un IPS post-effort infĂ©rieur Ă  0,90.

  • Une diminution de la pression systolique Ă  la cheville supĂ©rieure Ă  30 mmHg.

Toutefois, une diminution de plus de 20 % peut produire des rĂ©sultats faussement positifs chez les sujets sains. Les critĂšres d’effort doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s conjointement avec les symptĂŽmes et les autres donnĂ©es hĂ©modynamiques.

Mesure des pressions segmentaires et évaluation du volume pulsé

Des brassards pneumatiques placĂ©s Ă  des niveaux successifs du membre permettent de mesurer les pressions systoliques segmentaires. Les gradients de pression entre deux brassards adjacents suggĂšrent la prĂ©sence et le niveau d’une stĂ©nose hĂ©modynamiquement significative.

Les enregistrements du volume pulsé fournissent des informations physiologiques complémentaires. Une AOMI significative entraßne un amortissement de la courbe du volume pulsé.

Échographie Doppler

L’échographie Doppler associe l’imagerie en mode B Ă  l’évaluation du flux par Doppler et est recommandĂ©e comme technique d’imagerie de premiĂšre intention pour confirmer les lĂ©sions d’AOMI. Elle peut identifier les stĂ©noses des artĂšres natives et Ă©valuer les pontages.

L’imagerie anatomique ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment. Les symptĂŽmes, les constatations cliniques et l’évaluation hĂ©modynamique doivent ĂȘtre pris en compte conjointement Ă  l’imagerie avant d’envisager une procĂ©dure invasive.

Angio-TDM et angio-IRM

L’angio-TDM (CTA) et l’angio-IRM (MRA) ne sont pas des examens diagnostiques initiaux de routine. Ils sont utilisĂ©s lorsqu’une dĂ©finition anatomique plus prĂ©cise est nĂ©cessaire, notamment avant une Ă©ventuelle revascularisation.

Chez les patients symptomatiques prĂ©sentant une atteinte aorto-iliaque, plurisegmentaire ou complexe, la CTA et/ou la MRA sont recommandĂ©es comme examens d’imagerie complĂ©mentaires pour la planification de la procĂ©dure. Le choix de la modalitĂ© doit tenir compte de la fonction rĂ©nale, de la grossesse, de l’ñge, d’une allergie aux produits de contraste et de l’exposition aux rayonnements, sauf lorsque le contexte d’urgence impose une imagerie rapide.

Artériographie par cathétérisme

L’artĂ©riographie conventionnelle par cathĂ©tĂ©risme est rĂ©servĂ©e Ă  la dĂ©finition de l’anatomie lorsqu’une revascularisation est envisagĂ©e. Elle n’est pas recommandĂ©e comme examen diagnostique de routine.

Viabilité tissulaire et pression transcutanée en oxygÚne

La pression transcutanĂ©e en oxygĂšne (TcPO2) peut ĂȘtre utilisĂ©e pour Ă©valuer la viabilitĂ© tissulaire et a Ă©tĂ© proposĂ©e comme mesure diagnostique dans l’ICMM. Ses valeurs sont influencĂ©es par l’épaisseur cutanĂ©e, la tempĂ©rature de la sonde, l’inflammation et l’ƓdĂšme et peuvent donc ĂȘtre trompeuses.

Une TcPO2 de repos supĂ©rieure Ă  30 mmHg est un indicateur favorable de cicatrisation des plaies. Une valeur infĂ©rieure Ă  10 mmHg est associĂ©e Ă  un mauvais pronostic de cicatrisation et d’amputation chez les patients prĂ©sentant une ICMM traitĂ©e par des cellules souches dĂ©rivĂ©es de la moelle osseuse. Des mesures sĂ©riĂ©es Ă  diffĂ©rents niveaux d’un membre ischĂ©mique peuvent contribuer Ă  dĂ©terminer un niveau d’amputation appropriĂ©.

L’oxymĂ©trie transcutanĂ©e Ă  l’effort peut aider Ă  identifier une claudication proximale, notamment fessiĂšre, ainsi qu’une hypoxĂ©mie d’effort insoupçonnĂ©e.

Biomarqueurs et données biologiques

Une évaluation biologique approfondie des facteurs de risque cardiovasculaire est recommandée chez les patients présentant une maladie artérielle périphérique et aortique. Le document identifie spécifiquement les domaines suivants :

  • Évaluation lipidique, en particulier du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C).

  • Évaluation glycĂ©mique, notamment l’HbA1c.

  • Évaluation pertinente de la fonction rĂ©nale.

  • Évaluation Ă©largie des facteurs de risque cardiovasculaire.

Chez les patients prĂ©sentant une AOMI athĂ©rosclĂ©reuse, l’objectif recommandĂ© de LDL-C est infĂ©rieur Ă  1.4 mmol/L (55 mg/dL), avec une rĂ©duction de plus de 50 % par rapport Ă  la valeur initiale. En cas de diabĂšte, un contrĂŽle glycĂ©mique strict avec une HbA1c infĂ©rieure Ă  53 mmol/mol (7 %) est recommandĂ© afin de rĂ©duire les complications microvasculaires, tandis que les objectifs doivent ĂȘtre individualisĂ©s en fonction des comorbiditĂ©s, de la durĂ©e du diabĂšte et de l’espĂ©rance de vie.

Les biomarqueurs inflammatoires, la mĂ©tabolomique et la protĂ©omique pourraient avoir une valeur pronostique dans l’AOMI, mais le document source ne fournit pas de biomarqueurs spĂ©cifiques, de seuils ou d’applications cliniques validĂ©es.

Traitement et prise en charge

Les objectifs du traitement sont les suivants :

  • RĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires et les dĂ©cĂšs.

  • PrĂ©venir l’ischĂ©mie aiguĂ« de membre et l’évolution vers une ICMM.

  • RĂ©duire le risque d’amputation majeure et d’autres Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs liĂ©s au membre.

  • AmĂ©liorer la capacitĂ© de marche, les performances fonctionnelles et la qualitĂ© de vie.

  • PrĂ©server la viabilitĂ© du membre et l’autonomie.

La prise en charge doit ĂȘtre instaurĂ©e Ă  vie et multidisciplinaire, avec une dĂ©cision partagĂ©e et la participation du patient au choix des options thĂ©rapeutiques.

Prise en charge globale des facteurs de risque

L’AOMI doit ĂȘtre prise en charge comme une maladie athĂ©rosclĂ©reuse systĂ©mique. Le traitement des facteurs de risque comprend :

  • Le sevrage tabagique et l’abstinence durable de toutes les formes de tabagisme.

  • Une alimentation saine.

  • Une activitĂ© aĂ©robie rĂ©guliĂšre ou un exercice structurĂ©.

  • Le contrĂŽle de la pression artĂ©rielle.

  • La rĂ©duction du taux de lipides.

  • La prise en charge du diabĂšte.

  • L’observance du traitement antithrombotique lorsqu’il est indiquĂ©.

  • L’éducation et l’autonomisation des patients et des aidants.

Un régime de type méditerranéen, riche en légumineuses, fibres alimentaires, fruits à coque, fruits et légumes, avec un apport élevé en flavonoïdes, est recommandé pour la prévention cardiovasculaire.

L’accompagnement comportemental doit favoriser l’amĂ©lioration de l’alimentation, le sevrage tabagique et l’activitĂ© physique. Une Ă©ducation personnalisĂ©e vise Ă  amĂ©liorer l’observance, Ă  encourager l’exercice rĂ©gulier et Ă  souligner l’importance du contrĂŽle continu des facteurs de risque.

ThĂ©rapie par l’exercice et rĂ©adaptation

Un exercice aĂ©robie d’intensitĂ© faible Ă  modĂ©rĂ©e est recommandĂ© pour augmenter la distance totale de marche et la distance de marche sans douleur ; une intensitĂ© plus Ă©levĂ©e peut ĂȘtre utilisĂ©e si elle est tolĂ©rĂ©e.

L’entraĂźnement physique supervisĂ© (SET) est recommandĂ© en cas d’AOMI symptomatique et doit Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© en complĂ©ment aprĂšs une revascularisation endovasculaire. L’exercice structurĂ© peut amĂ©liorer les performances de marche et le statut fonctionnel. Des programmes de rĂ©adaptation cardiaque peuvent ĂȘtre proposĂ©s aux patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique, y compris aux patients ĂągĂ©s.

L’entraĂźnement physique n’est pas recommandĂ© chez les patients prĂ©sentant une ICMM et des plaies.

Prise en charge de la pression artérielle

Chez les patients prĂ©sentant une AOMI et une hypertension artĂ©rielle, une cible de PAS se rapprochant de 120–129 mmHg est recommandĂ©e si elle est tolĂ©rĂ©e.

En cas de stĂ©nose unilatĂ©rale de l’artĂšre rĂ©nale, le traitement antihypertenseur doit comporter un inhibiteur de l’enzyme de conversion ou un antagoniste des rĂ©cepteurs de l’angiotensine.

Traitement hypolipémiant

Tous les patients atteints d’AOMI doivent recevoir un traitement par statine. En cas d’AOMI athĂ©rosclĂ©reuse, la cible ultime recommandĂ©e de LDL-C est la suivante :

  • LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL), et

  • RĂ©duction de plus de 50 % par rapport Ă  la valeur initiale.

Si la cible n’est pas atteinte :

  • Ajouter de l’ézĂ©timibe au traitement par statine Ă  la dose maximale tolĂ©rĂ©e.

  • Si le LDL-C reste supĂ©rieur Ă  la cible, ajouter un inhibiteur de PCSK9.

  • Chez les patients Ă  haut risque, intolĂ©rants aux statines et n’atteignant pas la cible avec l’ézĂ©timibe, de l’acide bempĂ©doĂŻque peut ĂȘtre ajoutĂ©, seul ou en association avec un inhibiteur de PCSK9.

Les fibrates ne sont pas recommandés pour réduire le cholestérol dans ce contexte.

Prise en charge du diabĂšte

Chez les patients présentant une AOMI et un diabÚte sucré de type 2 :

  • Un contrĂŽle glycĂ©mique strict est recommandĂ©, avec une HbA1c infĂ©rieure Ă  53 mmol/mol (7 %) afin de rĂ©duire les complications microvasculaires.

  • Les inhibiteurs de SGLT2 ayant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire Ă©tabli sont recommandĂ©s pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de l’HbA1c initiale ou cible et du traitement hypoglycĂ©miant concomitant.

  • Les agonistes des rĂ©cepteurs du GLP-1 ayant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire Ă©tabli sont Ă©galement recommandĂ©s.

  • L’hypoglycĂ©mie doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e.

  • Les objectifs d’HbA1c doivent ĂȘtre individualisĂ©s.

  • Les agents hypoglycĂ©miants ayant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire dĂ©montrĂ©, ou au moins une sĂ©curitĂ© cardiovasculaire Ă©tablie, doivent ĂȘtre privilĂ©giĂ©s par rapport aux agents dĂ©pourvus de preuves de bĂ©nĂ©fice ou de sĂ©curitĂ©.

Traitement antithrombotique

En cas d’AOMI symptomatique, une monothĂ©rapie antiplaquettaire est recommandĂ©e afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs :

  • Aspirine 75–160 mg une fois par jour, ou

  • Clopidogrel 75 mg une fois par jour.

Une bithĂ©rapie antiplaquettaire au long cours n’est pas recommandĂ©e dans l’AOMI. Une monothĂ©rapie anticoagulante orale ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour la seule AOMI, sauf en prĂ©sence d’une autre indication. L’utilisation systĂ©matique du ticagrĂ©lor n’est pas recommandĂ©e.

En cas d’AOMI asymptomatique sans maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement pertinente, un traitement antiplaquettaire ne doit pas ĂȘtre instaurĂ© systĂ©matiquement.

Les patients prĂ©sentant une fibrillation atriale nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement une anticoagulation pour cette indication ; l’anticoagulation seule est habituellement suffisante pendant la phase chronique, les anticoagulants oraux directs Ă©tant prĂ©fĂ©rĂ©s dans les recommandations citĂ©es. AprĂšs une revascularisation pĂ©riphĂ©rique endovasculaire rĂ©cente, une courte pĂ©riode de traitement combinant un anticoagulant et un antiplaquettaire unique peut ĂȘtre envisagĂ©e, en mettant en balance les risques thrombotiques et hĂ©morragiques et en limitant autant que possible la durĂ©e de l’association. Le document citĂ© dĂ©crit une durĂ©e d’environ un mois pour les procĂ©dures pĂ©riphĂ©riques.

Cilostazol

Le cilostazol peut amĂ©liorer les symptĂŽmes de claudication et la distance de marche. Il est contre-indiquĂ© chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque. Aucune posologie n’est fournie dans le document source.

Revascularisation dans l’AOMI stable

La revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e en fonction des Ă©lĂ©ments suivants :

  • La localisation de la lĂ©sion.

  • La morphologie de la lĂ©sion.

  • L’étendue de la maladie.

  • Les comorbiditĂ©s du patient et le risque procĂ©dural.

  • La rĂ©ponse au traitement mĂ©dical optimal et Ă  la thĂ©rapie par l’exercice.

  • La limitation des activitĂ©s quotidiennes et l’altĂ©ration de la qualitĂ© de vie.

En cas d’AOMI symptomatique, une Ă©valuation de la qualitĂ© de vie est recommandĂ©e aprĂšs trois mois de traitement mĂ©dical optimal et de thĂ©rapie par l’exercice. La revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but de prĂ©venir l’évolution vers une ICMM et n’est pas recommandĂ©e en cas d’AOMI asymptomatique.

Les procĂ©dures endovasculaires comprennent l’athĂ©rectomie, l’angioplastie et la pose d’endoprothĂšse. Le traitement chirurgical peut comporter un pontage. Le choix doit ĂȘtre individualisĂ© par une Ă©quipe vasculaire multidisciplinaire. Chez les patients ĂągĂ©s, le traitement endovasculaire peut ĂȘtre privilĂ©giĂ© en raison des risques opĂ©ratoires associĂ©s Ă  l’ñge et aux comorbiditĂ©s.

Ischémie chronique menaçant le membre

L’ICMM nĂ©cessite une prise en charge par une Ă©quipe vasculaire. La revascularisation est recommandĂ©e pour sauver le membre et doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dĂšs que possible.

Les autres principes comprennent :

  • La dĂ©charge des contraintes mĂ©caniques tissulaires chez les patients prĂ©sentant des ulcĂšres.

  • Le traitement antibiotique de l’infection.

  • La correction de l’obstruction d’amont lors du traitement des lĂ©sions d’aval.

  • L’évaluation individuelle du risque procĂ©dural endovasculaire par rapport au risque chirurgical.

  • La prĂ©fĂ©rence pour une veine autologue comme conduit lors d’un pontage sous-inguinal.

  • Un suivi rĂ©gulier aprĂšs revascularisation Ă©valuant le statut clinique, hĂ©modynamique et fonctionnel, les symptĂŽmes du membre, l’observance thĂ©rapeutique et les facteurs de risque cardiovasculaire.

L’amputation est appropriĂ©e lorsque la perte tissulaire n’est plus salvatrice. Le document souligne que le diagnostic tardif de l’AOMI contribue aux amputations chez les personnes ĂągĂ©es et que l’amputation peut rĂ©duire l’autonomie, en particulier lorsque l’adaptation aux prothĂšses est mĂ©diocre.

Ischémie aiguë de membre

L’ischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessite une Ă©valuation vasculaire urgente. La prise en charge doit comporter :

  • Une Ă©valuation immĂ©diate de la viabilitĂ© du membre.

  • Une revascularisation urgente en prĂ©sence d’un dĂ©ficit neurologique.

  • Une imagerie pour guider le traitement lorsqu’elle ne retarde pas la prise en charge.

  • Une revascularisation dans les heures suivant l’imagerie initiale en l’absence de dĂ©ficit neurologique sĂ©vĂšre, le dĂ©lai Ă©tant dĂ©terminĂ© au cas par cas.

  • Une analgĂ©sie rapide.

  • Une surveillance du syndrome de loge aprĂšs revascularisation, avec fasciotomie si nĂ©cessaire.

  • L’évaluation du succĂšs clinique et hĂ©modynamique.

  • La recherche de la cause de la thrombose ou de l’embolie.

Recommandations des recommandations de pratique clinique

Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.

Domaine clinique Recommandation Classe Niveau
Évaluation initiale RĂ©aliser une Ă©valuation clinique, vasculaire et des facteurs de risque cardiovasculaire complĂšte I C
DĂ©pistage et diagnostic Utiliser l’IPS comme test non invasif de premiĂšre intention ; un IPS ≀0,90 diagnostique une AOMI I B
Artùres incompressibles Utiliser la pression systolique de l’orteil, l’IPSO ou l’analyse de la courbe Doppler lorsque l’IPS est >1,40 ou que les artùres de la cheville sont incompressibles I B
DiabĂšte ou insuffisance rĂ©nale Mesurer la pression systolique de l’orteil ou l’IPSO lorsque l’IPS de repos est normal I C
Confirmation des lĂ©sions Utiliser l’échographie Doppler comme imagerie de premiĂšre intention I C
Maladie symptomatique complexe Utiliser la CTA et/ou la MRA pour planifier la revascularisation I C
AOMI symptomatique Proposer un entraßnement physique supervisé I A
AOMI symptomatique Utiliser l’aspirine 75–160 mg une fois par jour ou le clopidogrel 75 mg une fois par jour I A
Prise en charge lipidique Utiliser des statines chez tous les patients atteints d’AOMI I A
Cible de LDL-C Atteindre un LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL) et une réduction >50 % par rapport à la valeur initiale I A
Tabagisme Recommander le sevrage et l’abstinence de tout tabagisme I A
Alimentation Recommander une alimentation de type méditerranéen I A
Hypertension artĂ©rielle Viser une PAS se rapprochant de 120–129 mmHg si elle est tolĂ©rĂ©e I A
DiabÚte Utiliser une HbA1c <53 mmol/mol (7 %), avec des objectifs individualisés I A/C
AOMI asymptomatique Ne pas utiliser systĂ©matiquement un traitement antiplaquettaire en l’absence de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement pertinente III B
BithĂ©rapie antiplaquettaire au long cours Ne pas l’utiliser systĂ©matiquement dans l’AOMI III A
Anticoagulation orale Ne pas utiliser une monothĂ©rapie uniquement pour l’AOMI, sauf en prĂ©sence d’une autre indication III A
AOMI asymptomatique Ne pas réaliser systématiquement une revascularisation III C
PrĂ©vention de l’ICMM Ne pas revasculariser dans le seul but de prĂ©venir l’évolution vers une ICMM III B
ICMM Orienter précocement vers une équipe vasculaire et réaliser une revascularisation pour sauver le membre I B/C
ICMM avec plaies Ne pas prescrire d’entraĂźnement physique des membres infĂ©rieurs III C
Ischémie aiguë de membre Obtenir une évaluation vasculaire urgente I C
Ischémie aiguë de membre avec déficit neurologique Réaliser une revascularisation urgente I C
Suivi de l’AOMI Réévaluer au moins une fois par an les symptĂŽmes, le statut fonctionnel, l’observance et les facteurs de risque I C

Pronostic et suivi

L’AOMI confĂšre un risque substantiel de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et d’évĂ©nements liĂ©s au membre. Le pronostic dĂ©pend principalement de l’étendue de l’atteinte coronaire et cĂ©rĂ©brovasculaire coexistante ainsi que de la sĂ©vĂ©ritĂ© de l’ischĂ©mie des membres infĂ©rieurs.

Chez les patients atteints d’AOMI, la mortalitĂ© Ă  cinq ans est estimĂ©e Ă  environ 15–25 % et le risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire est multipliĂ© par deux Ă  quatre. L’IPS contribue Ă  identifier les patients prĂ©sentant un risque accru d’évĂ©nements cardiovasculaires et d’évĂ©nements indĂ©sirables liĂ©s au membre. La mortalitĂ© est maximale chez les patients prĂ©sentant la maladie la plus sĂ©vĂšre.

En cinq ans, l’IPS s’aggrave chez environ 40 % des patients et les symptĂŽmes progressent chez environ 20–25 % d’entre eux. Environ 11 % des patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique dĂ©veloppent finalement une ICMM. En l’absence de revascularisation, environ un quart des patients prĂ©sentant une ICMM subissent une amputation dans l’annĂ©e. Le pronostic est plus dĂ©favorable chez les patients qui continuent Ă  fumer ou qui sont diabĂ©tiques.

Surveillance Ă  vie

L’AOMI athĂ©rosclĂ©reuse des membres infĂ©rieurs nĂ©cessite un suivi Ă  vie. Une Ă©valuation au moins annuelle doit rechercher :

  • Des symptĂŽmes nouveaux ou modifiĂ©s au niveau des membres.

  • La capacitĂ© de marche et le statut fonctionnel.

  • Des ulcĂšres, une perte de substance et des signes d’ICMM.

  • Les facteurs de risque cardiovasculaire.

  • L’observance et la tolĂ©rance des traitements.

  • La nĂ©cessitĂ© d’une Ă©chographie Doppler.

AprĂšs un pontage sous-inguinal par veine autologue ou une intervention endovasculaire, une surveillance par IPS et Ă©chographie Doppler artĂ©rielle est considĂ©rĂ©e comme raisonnable Ă  un Ă  trois mois, puis Ă  six et douze mois, et ensuite annuellement, en l’absence de nouveaux signes ou symptĂŽmes des membres infĂ©rieurs. L’efficacitĂ© de la mĂȘme stratĂ©gie de surveillance est incertaine aprĂšs un pontage sous-inguinal prothĂ©tique.

La tĂ©lĂ©santĂ© peut ĂȘtre utilisĂ©e pour l’évaluation longitudinale lorsque l’urgence des symptĂŽmes le permet, mais elle ne doit pas remplacer une Ă©valuation vasculaire urgente en prĂ©sentiel en cas de symptĂŽmes aigus ou menaçant le membre.

Parcours diagnostique et thérapeutique pratique

Une séquence cliniquement utile est la suivante :

  • Identifier une maladie possible : rechercher les symptĂŽmes Ă  l’effort, la douleur de repos, les plaies, la limitation de la marche et les facteurs de risque cardiovasculaire.

  • Examiner le systĂšme vasculaire : palper les pouls, Ă©valuer la peau et les tissus, ausculter Ă  la recherche de souffles et mesurer la pression artĂ©rielle aux deux bras.

  • Mesurer l’IPS : un IPS ≀0,90 confirme le diagnostic d’AOMI.

  • Rechercher une incompressibilitĂ© : si l’IPS est >1,40, mesurer la pression systolique de l’orteil, l’IPSO ou analyser la courbe Doppler.

  • Lever l’incertitude diagnostique : rĂ©aliser une Ă©preuve d’effort et mesurer l’IPS post-effort lorsque les symptĂŽmes sont Ă©vocateurs mais que les mesures de repos sont limites ou normales.

  • PrĂ©ciser l’anatomie si nĂ©cessaire : utiliser d’abord l’échographie Doppler ; complĂ©ter par une CTA ou une MRA en cas de maladie complexe ou pour planifier une revascularisation.

  • Instaurer une prise en charge complĂšte : sevrage tabagique, alimentation de type mĂ©diterranĂ©en, exercice structurĂ©, rĂ©duction lipidique, contrĂŽle de la pression artĂ©rielle, prise en charge du diabĂšte et traitement antithrombotique appropriĂ©.

  • Réévaluer la fonction et la qualitĂ© de vie : en particulier aprĂšs une pĂ©riode initiale de trois mois de traitement mĂ©dical et d’exercice.

  • Orienter en urgence lorsque la viabilitĂ© du membre est menacĂ©e : l’ICMM et l’ischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessitent l’intervention d’une Ă©quipe vasculaire et une revascularisation rapide.

  • Poursuivre une surveillance Ă  vie : réévaluer au moins une fois par an les symptĂŽmes, la fonction, les facteurs de risque, l’observance et l’état du membre.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026