Définition et physiopathologie
LâartĂ©riopathie oblitĂ©rante des membres infĂ©rieurs (AOMI) est une affection clinique due Ă une stĂ©nose ou Ă une occlusion de lâaorte ou des artĂšres vascularisant les membres. Chez lâadulte de plus de 40 ans, lâathĂ©rosclĂ©rose en est la cause prĂ©dominante. Les autres mĂ©canismes comprennent la thrombose, lâembolie, la vascularite, la dysplasie fibromusculaire, le piĂ©geage artĂ©riel, la maladie kystique adventitielle et les traumatismes.
LâAOMI athĂ©rosclĂ©reuse est une manifestation dâune maladie artĂ©rielle systĂ©mique plutĂŽt quâune affection isolĂ©e des membres infĂ©rieurs. Les patients prĂ©sentent frĂ©quemment une atteinte coronaire, cĂ©rĂ©brovasculaire ou artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique concomitante ; la prise en charge doit donc concerner lâensemble de la circulation artĂ©rielle. LâAOMI est associĂ©e Ă une augmentation de la morbiditĂ© et de la mortalitĂ© cardiovasculaires ainsi quâĂ des complications des membres.
Les lĂ©sions athĂ©rosclĂ©reuses touchent gĂ©nĂ©ralement les artĂšres de gros et de moyen calibre. Les caractĂ©ristiques anatomopathologiques comprennent la formation de plaques avec dĂ©pĂŽts calciques, lâamincissement de la mĂ©dia, la destruction des tissus musculaires et Ă©lastiques, la fragmentation de la limitante Ă©lastique interne et la prĂ©sence dâun thrombus surajoutĂ© riche en plaquettes et en fibrine. Les lĂ©sions siĂšgent prĂ©fĂ©rentiellement aux points de bifurcation artĂ©rielle, oĂč les perturbations du flux, les modifications des contraintes de cisaillement et les lĂ©sions intimales favorisent lâathĂ©rosclĂ©rose.
Les principales localisations anatomiques sont les suivantes :
Aorte abdominale et artĂšres iliaques, atteintes chez environ 30 % des patients symptomatiques.
ArtĂšres fĂ©morales et poplitĂ©es, atteintes chez environ 80â90 % des patients.
ArtĂšres tibiales et fibulaires, atteintes chez environ 40â50 % des patients.
Lâatteinte distale est particuliĂšrement frĂ©quente chez les personnes ĂągĂ©es et les patients diabĂ©tiques. Les consĂ©quences hĂ©modynamiques dĂ©pendent de la localisation, de la sĂ©vĂ©ritĂ© et de la longueur de la lĂ©sion, de lâexistence dâune atteinte Ă plusieurs niveaux et de la circulation collatĂ©rale. La limitation du dĂ©bit peut rester cliniquement silencieuse, se manifester par des symptĂŽmes Ă lâeffort ou Ă©voluer vers une ischĂ©mie chronique menaçant le membre (ICMM).
Présentation clinique et symptÎmes
Formes asymptomatiques et atypiques
Moins de la moitiĂ© des patients atteints dâAOMI prĂ©sentent des symptĂŽmes typiques. Nombre dâentre eux ont une capacitĂ© de marche rĂ©duite ou une marche lente sans dĂ©crire une claudication classique. Chez les personnes ĂągĂ©es, environ 40 % sont asymptomatiques, 50 % rapportent des symptĂŽmes atypiques des membres infĂ©rieurs et moins de 10 % prĂ©sentent une claudication classique.
LâAOMI asymptomatique ou atypique demeure cliniquement importante. La rĂ©duction de lâactivitĂ© peut entraĂźner un dĂ©clin fonctionnel progressif, un comportement sĂ©dentaire et une perte dâautonomie. Le diagnostic dâAOMI permet Ă©galement de rechercher une athĂ©rosclĂ©rose dans dâautres territoires artĂ©riels et dâinstaurer une prĂ©vention secondaire.
LâĂ©valuation clinique doit inclure le statut fonctionnel et la capacitĂ© de marche, car ces Ă©lĂ©ments peuvent rĂ©vĂ©ler une AOMI « masquĂ©e » chez les patients ne fournissant pas un effort suffisant pour dĂ©clencher les symptĂŽmes.
Claudication intermittente
La claudication intermittente correspond Ă une gĂȘne musculaire dâun membre dĂ©clenchĂ©e par lâeffort et soulagĂ©e par le repos. Le symptĂŽme peut ĂȘtre dĂ©crit comme une douleur, une courbature, une crampe, un engourdissement ou une fatigue. Le territoire symptomatique est habituellement situĂ© en aval de lâobstruction artĂ©rielle :
Des symptĂŽmes fessiers, de la hanche ou de la cuisse orientent vers une atteinte aorto-iliaque.
Les symptĂŽmes du mollet sont typiques dâune atteinte fĂ©moropoplitĂ©e.
Une atteinte plus distale peut provoquer des symptÎmes du pied, bien que les symptÎmes des membres inférieurs soient beaucoup plus fréquents que ceux des membres supérieurs.
La sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes doit ĂȘtre dĂ©crite en fonction de leur retentissement sur la distance de marche, les activitĂ©s quotidiennes, le travail et lâautonomie. LâĂ©preuve dâeffort permet de quantifier Ă la fois le dĂ©lai dâapparition de la claudication et la durĂ©e maximale de lâexercice tolĂ©rĂ©.
Ischémie chronique menaçant le membre
LâICMM survient lorsque la perfusion au repos est insuffisante pour rĂ©pondre aux besoins nutritionnels basaux des tissus. Les symptĂŽmes typiques comprennent :
Une douleur de repos ischémique.
Une sensation de froid ou un engourdissement du pied et des orteils.
Une douleur plus intense la nuit ou lorsque le membre est placĂ© Ă lâhorizontale.
Une amélioration lorsque la jambe est placée en position déclive.
à un stade avancé, la douleur de repos peut devenir persistante. Une perte de substance, des ulcÚres et une gangrÚne peuvent apparaßtre. Chez les patients présentant une ICMM, une reconnaissance précoce et une orientation vers une équipe vasculaire sont essentielles pour sauver le membre.
Ischémie aiguë de membre
LâischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessite une Ă©valuation urgente par un clinicien vasculaire expĂ©rimentĂ©. Le document source insiste sur lâĂ©valuation de la viabilitĂ© du membre, la recherche dâun dĂ©ficit neurologique et lâidentification dâune thrombose ou dâune embolie comme mĂ©canisme sous-jacent. La prĂ©sence dâun dĂ©ficit neurologique indique la nĂ©cessitĂ© dâune revascularisation urgente.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation doit associer :
Une anamnÚse détaillée.
LâĂ©valuation des facteurs de risque cardiovasculaire.
LâĂ©valuation fonctionnelle et de la qualitĂ© de vie.
Un examen vasculaire complet.
Une évaluation hémodynamique.
AnamnĂšse
LâanamnĂšse doit rechercher :
Les symptĂŽmes Ă lâeffort, leur localisation et leur reproductibilitĂ©.
La limitation de la marche et son retentissement sur les activitĂ©s et lâautonomie.
La douleur de repos, les symptĂŽmes nocturnes et le soulagement positionnel.
Une ulcération, une perte de substance, une gangrÚne ou des plaies ne cicatrisant pas.
Le statut tabagique et diabétique.
Lâhypertension artĂ©rielle, lâhypercholestĂ©rolĂ©mie, lâinsuffisance rĂ©nale et les autres facteurs de risque cardiovasculaire.
Les antĂ©cĂ©dents dâatteinte pĂ©riphĂ©rique, coronaire ou cĂ©rĂ©brovasculaire.
Les antécédents de revascularisation endovasculaire ou chirurgicale.
Les facteurs déclenchants emboliques ou thrombotiques possibles en cas de présentation aiguë.
Chez les patients diabĂ©tiques, lâĂ©valuation doit porter spĂ©cifiquement sur les plaies du pied et la neuropathie, car le diagnostic prĂ©coce de lâAOMI et de la neuropathie du pied peut contribuer Ă prĂ©venir les plaies et lâamputation.
Examen vasculaire
Lâexamen doit comporter la palpation des :
Pouls fémoraux.
Pouls poplités.
Pouls pédieux.
Pouls tibiaux postérieurs.
Lâabdomen et les plis inguinaux doivent ĂȘtre auscultĂ©s Ă la recherche de souffles. Les jambes et les pieds doivent ĂȘtre inspectĂ©s Ă la recherche de :
Amyotrophie.
Perte de pilosité.
Ăpaississement des ongles.
Peau lisse et brillante.
Diminution de la température cutanée.
PĂąleur ou cyanose.
Ulcérations et gangrÚne.
Ărythrocyanose dĂ©clive.
ĆdĂšme liĂ© Ă une dĂ©clivitĂ© prolongĂ©e en cas dâischĂ©mie sĂ©vĂšre.
LâĂ©lĂ©vation des jambes et des flexions rĂ©pĂ©tĂ©es des mollets peuvent provoquer une pĂąleur des plantes. Lorsque les jambes sont replacĂ©es en position dĂ©clive, lâhyperĂ©mie rĂ©actionnelle peut entraĂźner une rougeur. Le dĂ©lai dâapparition de cette rougeur ou de remplissage des veines du pied est corrĂ©lĂ© Ă la sĂ©vĂ©ritĂ© de lâischĂ©mie et Ă lâimportance de la circulation collatĂ©rale.
La neuropathie ischémique peut entraßner un engourdissement et une diminution des réflexes.
Une mesure de la pression artĂ©rielle aux deux bras est recommandĂ©e chez les patients prĂ©sentant une maladie artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique et aortique. Cette mesure est particuliĂšrement pertinente lorsquâune atteinte des membres supĂ©rieurs ou des artĂšres sous-claviĂšres est possible.
Diagnostic
Index de pression systolique cheville-bras
Lâindex de pression systolique cheville-bras (IPS) est le test non invasif de premiĂšre intention privilĂ©giĂ© pour le dĂ©pistage, le diagnostic et la surveillance de lâAOMI. Il est peu coĂ»teux, largement disponible et peut ĂȘtre mesurĂ© au repos ou aprĂšs un effort.
LâIPS est calculĂ© Ă partir des pressions systoliques Ă la cheville et au bras. La pression Ă la cheville est mesurĂ©e Ă lâaide dâun brassard et dâune Ă©valuation Doppler du flux artĂ©riel, habituellement au niveau des artĂšres pĂ©dieuse et tibiale postĂ©rieure. Les mĂ©thodes oscillomĂ©trique et Doppler montrent une bonne concordance, bien que la reproductibilitĂ© soit meilleure lorsque la mesure est rĂ©alisĂ©e par des mĂ©decins formĂ©s.
| IPS | Interprétation |
|---|---|
| 1,00â1,40 | Habituellement normal |
| 0,91â0,99 | Limite |
| â€0,90 | Diagnostique dâune AOMI |
| >1,40 | ArtÚres incompressibles ; évaluation complémentaire nécessaire |
La sensibilitĂ© rapportĂ©e de lâIPS de repos pour le diagnostic dâAOMI est de 68â84 % et sa spĂ©cificitĂ© de 84â99 %. Un IPS â€0,90 confirme le diagnostic dâAOMI.
LâIPS contribue Ă©galement Ă lâĂ©valuation du risque cardiovasculaire et peut conduire Ă reclasser des sujets initialement considĂ©rĂ©s comme prĂ©sentant un risque faible ou intermĂ©diaire.
ArtĂšres incompressibles
Un IPS >1,40 doit ĂȘtre dĂ©crit comme indiquant des artĂšres incompressibles et non comme un rĂ©sultat normal. Cette constatation tĂ©moigne dâune rigiditĂ© artĂ©rielle et sâobserve notamment en cas de diabĂšte, dâinsuffisance rĂ©nale sĂ©vĂšre et dâĂąge avancĂ©. Elle est associĂ©e Ă une augmentation du risque dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires et de mortalitĂ©.
Lorsque les artÚres de la cheville sont incompressibles, une évaluation complémentaire est recommandée au moyen de :
La pression systolique de lâorteil.
Lâindex de pression systolique orteil-bras (IPSO).
Lâanalyse de la courbe Doppler.
Index de pression systolique orteil-bras
LâIPSO Ă©value la pression dans les artĂšres digitales de calibre moyen et est utile lorsque les artĂšres de la cheville ne peuvent pas ĂȘtre comprimĂ©es de maniĂšre fiable. La pression systolique de lâorteil peut ĂȘtre mesurĂ©e au niveau du gros orteil, du deuxiĂšme ou du troisiĂšme orteil Ă lâaide dâun Doppler laser ou de la plĂ©thysmographie.
Un IPSO â€0,70 est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme anormal. Les valeurs rapportĂ©es de sensibilitĂ© et de spĂ©cificitĂ© varient considĂ©rablement, respectivement de 45â100 % et de 17â100 %.
Chez les patients diabĂ©tiques ou insuffisants rĂ©naux, la pression systolique de lâorteil ou lâIPSO doit ĂȘtre mesurĂ©(e) mĂȘme lorsque lâIPS de repos est normal, car la rigiditĂ© artĂ©rielle peut masquer une atteinte des membres infĂ©rieurs.
Ăpreuve dâeffort et IPS post-effort
LâĂ©preuve dâeffort est utile lorsque les symptĂŽmes Ă©voquent une claudication, mais que lâIPS de repos est limite ou normal. Elle peut :
Ătayer le diagnostic dâAOMI.
Caractériser la limitation du débit.
Mesurer objectivement lâaltĂ©ration fonctionnelle.
Ăvaluer la rĂ©ponse au traitement.
Lâeffort peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© selon un protocole progressif sur tapis roulant. Le dĂ©lai dâapparition de la claudication et la durĂ©e maximale de lâexercice tolĂ©rĂ© doivent ĂȘtre documentĂ©s. Un test de marche de six minutes peut Ă©galement Ă©valuer le dĂ©lai et la distance dâapparition de la douleur initiale et maximale du mollet.
LâIPS post-effort est mesurĂ© aprĂšs un effort standardisĂ© sur tapis roulant, gĂ©nĂ©ralement une minute aprĂšs lâarrĂȘt de lâexercice dans le cadre du protocole dâexamen vasculaire. Les pressions aux deux chevilles doivent ĂȘtre mesurĂ©es, en commençant par le membre symptomatique, et la pression systolique brachiale doit ĂȘtre mesurĂ©e simultanĂ©ment.
Chez les sujets sains, lâeffort entraĂźne une lĂ©gĂšre diminution de lâIPS, qui se normalise habituellement en une Ă deux minutes. En cas dâAOMI, la pression Ă la cheville diminue davantage et la rĂ©cupĂ©ration est prolongĂ©e.
Les critÚres diagnostiques proposés comprennent :
Une diminution de 20 % de lâIPS post-effort par rapport Ă la valeur de repos.
Un IPS post-effort inférieur à 0,90.
Une diminution de la pression systolique à la cheville supérieure à 30 mmHg.
Toutefois, une diminution de plus de 20 % peut produire des rĂ©sultats faussement positifs chez les sujets sains. Les critĂšres dâeffort doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s conjointement avec les symptĂŽmes et les autres donnĂ©es hĂ©modynamiques.
Mesure des pressions segmentaires et évaluation du volume pulsé
Des brassards pneumatiques placĂ©s Ă des niveaux successifs du membre permettent de mesurer les pressions systoliques segmentaires. Les gradients de pression entre deux brassards adjacents suggĂšrent la prĂ©sence et le niveau dâune stĂ©nose hĂ©modynamiquement significative.
Les enregistrements du volume pulsé fournissent des informations physiologiques complémentaires. Une AOMI significative entraßne un amortissement de la courbe du volume pulsé.
Ăchographie Doppler
LâĂ©chographie Doppler associe lâimagerie en mode B Ă lâĂ©valuation du flux par Doppler et est recommandĂ©e comme technique dâimagerie de premiĂšre intention pour confirmer les lĂ©sions dâAOMI. Elle peut identifier les stĂ©noses des artĂšres natives et Ă©valuer les pontages.
Lâimagerie anatomique ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©e isolĂ©ment. Les symptĂŽmes, les constatations cliniques et lâĂ©valuation hĂ©modynamique doivent ĂȘtre pris en compte conjointement Ă lâimagerie avant dâenvisager une procĂ©dure invasive.
Angio-TDM et angio-IRM
Lâangio-TDM (CTA) et lâangio-IRM (MRA) ne sont pas des examens diagnostiques initiaux de routine. Ils sont utilisĂ©s lorsquâune dĂ©finition anatomique plus prĂ©cise est nĂ©cessaire, notamment avant une Ă©ventuelle revascularisation.
Chez les patients symptomatiques prĂ©sentant une atteinte aorto-iliaque, plurisegmentaire ou complexe, la CTA et/ou la MRA sont recommandĂ©es comme examens dâimagerie complĂ©mentaires pour la planification de la procĂ©dure. Le choix de la modalitĂ© doit tenir compte de la fonction rĂ©nale, de la grossesse, de lâĂąge, dâune allergie aux produits de contraste et de lâexposition aux rayonnements, sauf lorsque le contexte dâurgence impose une imagerie rapide.
Artériographie par cathétérisme
LâartĂ©riographie conventionnelle par cathĂ©tĂ©risme est rĂ©servĂ©e Ă la dĂ©finition de lâanatomie lorsquâune revascularisation est envisagĂ©e. Elle nâest pas recommandĂ©e comme examen diagnostique de routine.
Viabilité tissulaire et pression transcutanée en oxygÚne
La pression transcutanĂ©e en oxygĂšne (TcPO2) peut ĂȘtre utilisĂ©e pour Ă©valuer la viabilitĂ© tissulaire et a Ă©tĂ© proposĂ©e comme mesure diagnostique dans lâICMM. Ses valeurs sont influencĂ©es par lâĂ©paisseur cutanĂ©e, la tempĂ©rature de la sonde, lâinflammation et lâĆdĂšme et peuvent donc ĂȘtre trompeuses.
Une TcPO2 de repos supĂ©rieure Ă 30 mmHg est un indicateur favorable de cicatrisation des plaies. Une valeur infĂ©rieure Ă 10 mmHg est associĂ©e Ă un mauvais pronostic de cicatrisation et dâamputation chez les patients prĂ©sentant une ICMM traitĂ©e par des cellules souches dĂ©rivĂ©es de la moelle osseuse. Des mesures sĂ©riĂ©es Ă diffĂ©rents niveaux dâun membre ischĂ©mique peuvent contribuer Ă dĂ©terminer un niveau dâamputation appropriĂ©.
LâoxymĂ©trie transcutanĂ©e Ă lâeffort peut aider Ă identifier une claudication proximale, notamment fessiĂšre, ainsi quâune hypoxĂ©mie dâeffort insoupçonnĂ©e.
Biomarqueurs et données biologiques
Une évaluation biologique approfondie des facteurs de risque cardiovasculaire est recommandée chez les patients présentant une maladie artérielle périphérique et aortique. Le document identifie spécifiquement les domaines suivants :
Ăvaluation lipidique, en particulier du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C).
Ăvaluation glycĂ©mique, notamment lâHbA1c.
Ăvaluation pertinente de la fonction rĂ©nale.
Ăvaluation Ă©largie des facteurs de risque cardiovasculaire.
Chez les patients prĂ©sentant une AOMI athĂ©rosclĂ©reuse, lâobjectif recommandĂ© de LDL-C est infĂ©rieur Ă 1.4 mmol/L (55 mg/dL), avec une rĂ©duction de plus de 50 % par rapport Ă la valeur initiale. En cas de diabĂšte, un contrĂŽle glycĂ©mique strict avec une HbA1c infĂ©rieure Ă 53 mmol/mol (7 %) est recommandĂ© afin de rĂ©duire les complications microvasculaires, tandis que les objectifs doivent ĂȘtre individualisĂ©s en fonction des comorbiditĂ©s, de la durĂ©e du diabĂšte et de lâespĂ©rance de vie.
Les biomarqueurs inflammatoires, la mĂ©tabolomique et la protĂ©omique pourraient avoir une valeur pronostique dans lâAOMI, mais le document source ne fournit pas de biomarqueurs spĂ©cifiques, de seuils ou dâapplications cliniques validĂ©es.
Traitement et prise en charge
Les objectifs du traitement sont les suivants :
Réduire les événements cardiovasculaires et les décÚs.
PrĂ©venir lâischĂ©mie aiguĂ« de membre et lâĂ©volution vers une ICMM.
RĂ©duire le risque dâamputation majeure et dâautres Ă©vĂ©nements indĂ©sirables majeurs liĂ©s au membre.
Améliorer la capacité de marche, les performances fonctionnelles et la qualité de vie.
PrĂ©server la viabilitĂ© du membre et lâautonomie.
La prise en charge doit ĂȘtre instaurĂ©e Ă vie et multidisciplinaire, avec une dĂ©cision partagĂ©e et la participation du patient au choix des options thĂ©rapeutiques.
Prise en charge globale des facteurs de risque
LâAOMI doit ĂȘtre prise en charge comme une maladie athĂ©rosclĂ©reuse systĂ©mique. Le traitement des facteurs de risque comprend :
Le sevrage tabagique et lâabstinence durable de toutes les formes de tabagisme.
Une alimentation saine.
Une activité aérobie réguliÚre ou un exercice structuré.
Le contrÎle de la pression artérielle.
La réduction du taux de lipides.
La prise en charge du diabĂšte.
Lâobservance du traitement antithrombotique lorsquâil est indiquĂ©.
LâĂ©ducation et lâautonomisation des patients et des aidants.
Un régime de type méditerranéen, riche en légumineuses, fibres alimentaires, fruits à coque, fruits et légumes, avec un apport élevé en flavonoïdes, est recommandé pour la prévention cardiovasculaire.
Lâaccompagnement comportemental doit favoriser lâamĂ©lioration de lâalimentation, le sevrage tabagique et lâactivitĂ© physique. Une Ă©ducation personnalisĂ©e vise Ă amĂ©liorer lâobservance, Ă encourager lâexercice rĂ©gulier et Ă souligner lâimportance du contrĂŽle continu des facteurs de risque.
ThĂ©rapie par lâexercice et rĂ©adaptation
Un exercice aĂ©robie dâintensitĂ© faible Ă modĂ©rĂ©e est recommandĂ© pour augmenter la distance totale de marche et la distance de marche sans douleur ; une intensitĂ© plus Ă©levĂ©e peut ĂȘtre utilisĂ©e si elle est tolĂ©rĂ©e.
LâentraĂźnement physique supervisĂ© (SET) est recommandĂ© en cas dâAOMI symptomatique et doit Ă©galement ĂȘtre utilisĂ© en complĂ©ment aprĂšs une revascularisation endovasculaire. Lâexercice structurĂ© peut amĂ©liorer les performances de marche et le statut fonctionnel. Des programmes de rĂ©adaptation cardiaque peuvent ĂȘtre proposĂ©s aux patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique, y compris aux patients ĂągĂ©s.
LâentraĂźnement physique nâest pas recommandĂ© chez les patients prĂ©sentant une ICMM et des plaies.
Prise en charge de la pression artérielle
Chez les patients prĂ©sentant une AOMI et une hypertension artĂ©rielle, une cible de PAS se rapprochant de 120â129 mmHg est recommandĂ©e si elle est tolĂ©rĂ©e.
En cas de stĂ©nose unilatĂ©rale de lâartĂšre rĂ©nale, le traitement antihypertenseur doit comporter un inhibiteur de lâenzyme de conversion ou un antagoniste des rĂ©cepteurs de lâangiotensine.
Traitement hypolipémiant
Tous les patients atteints dâAOMI doivent recevoir un traitement par statine. En cas dâAOMI athĂ©rosclĂ©reuse, la cible ultime recommandĂ©e de LDL-C est la suivante :
LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL), et
Réduction de plus de 50 % par rapport à la valeur initiale.
Si la cible nâest pas atteinte :
Ajouter de lâĂ©zĂ©timibe au traitement par statine Ă la dose maximale tolĂ©rĂ©e.
Si le LDL-C reste supérieur à la cible, ajouter un inhibiteur de PCSK9.
Chez les patients Ă haut risque, intolĂ©rants aux statines et nâatteignant pas la cible avec lâĂ©zĂ©timibe, de lâacide bempĂ©doĂŻque peut ĂȘtre ajoutĂ©, seul ou en association avec un inhibiteur de PCSK9.
Les fibrates ne sont pas recommandés pour réduire le cholestérol dans ce contexte.
Prise en charge du diabĂšte
Chez les patients présentant une AOMI et un diabÚte sucré de type 2 :
Un contrÎle glycémique strict est recommandé, avec une HbA1c inférieure à 53 mmol/mol (7 %) afin de réduire les complications microvasculaires.
Les inhibiteurs de SGLT2 ayant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire Ă©tabli sont recommandĂ©s pour rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires, indĂ©pendamment de lâHbA1c initiale ou cible et du traitement hypoglycĂ©miant concomitant.
Les agonistes des récepteurs du GLP-1 ayant un bénéfice cardiovasculaire établi sont également recommandés.
LâhypoglycĂ©mie doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e.
Les objectifs dâHbA1c doivent ĂȘtre individualisĂ©s.
Les agents hypoglycĂ©miants ayant un bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire dĂ©montrĂ©, ou au moins une sĂ©curitĂ© cardiovasculaire Ă©tablie, doivent ĂȘtre privilĂ©giĂ©s par rapport aux agents dĂ©pourvus de preuves de bĂ©nĂ©fice ou de sĂ©curitĂ©.
Traitement antithrombotique
En cas dâAOMI symptomatique, une monothĂ©rapie antiplaquettaire est recommandĂ©e afin de rĂ©duire les Ă©vĂ©nements cardiovasculaires indĂ©sirables majeurs :
Aspirine 75â160 mg une fois par jour, ou
Clopidogrel 75 mg une fois par jour.
Une bithĂ©rapie antiplaquettaire au long cours nâest pas recommandĂ©e dans lâAOMI. Une monothĂ©rapie anticoagulante orale ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e pour la seule AOMI, sauf en prĂ©sence dâune autre indication. Lâutilisation systĂ©matique du ticagrĂ©lor nâest pas recommandĂ©e.
En cas dâAOMI asymptomatique sans maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement pertinente, un traitement antiplaquettaire ne doit pas ĂȘtre instaurĂ© systĂ©matiquement.
Les patients prĂ©sentant une fibrillation atriale nĂ©cessitent gĂ©nĂ©ralement une anticoagulation pour cette indication ; lâanticoagulation seule est habituellement suffisante pendant la phase chronique, les anticoagulants oraux directs Ă©tant prĂ©fĂ©rĂ©s dans les recommandations citĂ©es. AprĂšs une revascularisation pĂ©riphĂ©rique endovasculaire rĂ©cente, une courte pĂ©riode de traitement combinant un anticoagulant et un antiplaquettaire unique peut ĂȘtre envisagĂ©e, en mettant en balance les risques thrombotiques et hĂ©morragiques et en limitant autant que possible la durĂ©e de lâassociation. Le document citĂ© dĂ©crit une durĂ©e dâenviron un mois pour les procĂ©dures pĂ©riphĂ©riques.
Cilostazol
Le cilostazol peut amĂ©liorer les symptĂŽmes de claudication et la distance de marche. Il est contre-indiquĂ© chez les patients prĂ©sentant une insuffisance cardiaque. Aucune posologie nâest fournie dans le document source.
Revascularisation dans lâAOMI stable
La revascularisation doit ĂȘtre envisagĂ©e en fonction des Ă©lĂ©ments suivants :
La localisation de la lésion.
La morphologie de la lésion.
LâĂ©tendue de la maladie.
Les comorbidités du patient et le risque procédural.
La rĂ©ponse au traitement mĂ©dical optimal et Ă la thĂ©rapie par lâexercice.
La limitation des activitĂ©s quotidiennes et lâaltĂ©ration de la qualitĂ© de vie.
En cas dâAOMI symptomatique, une Ă©valuation de la qualitĂ© de vie est recommandĂ©e aprĂšs trois mois de traitement mĂ©dical optimal et de thĂ©rapie par lâexercice. La revascularisation ne doit pas ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le seul but de prĂ©venir lâĂ©volution vers une ICMM et nâest pas recommandĂ©e en cas dâAOMI asymptomatique.
Les procĂ©dures endovasculaires comprennent lâathĂ©rectomie, lâangioplastie et la pose dâendoprothĂšse. Le traitement chirurgical peut comporter un pontage. Le choix doit ĂȘtre individualisĂ© par une Ă©quipe vasculaire multidisciplinaire. Chez les patients ĂągĂ©s, le traitement endovasculaire peut ĂȘtre privilĂ©giĂ© en raison des risques opĂ©ratoires associĂ©s Ă lâĂąge et aux comorbiditĂ©s.
Ischémie chronique menaçant le membre
LâICMM nĂ©cessite une prise en charge par une Ă©quipe vasculaire. La revascularisation est recommandĂ©e pour sauver le membre et doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dĂšs que possible.
Les autres principes comprennent :
La décharge des contraintes mécaniques tissulaires chez les patients présentant des ulcÚres.
Le traitement antibiotique de lâinfection.
La correction de lâobstruction dâamont lors du traitement des lĂ©sions dâaval.
LâĂ©valuation individuelle du risque procĂ©dural endovasculaire par rapport au risque chirurgical.
La prĂ©fĂ©rence pour une veine autologue comme conduit lors dâun pontage sous-inguinal.
Un suivi rĂ©gulier aprĂšs revascularisation Ă©valuant le statut clinique, hĂ©modynamique et fonctionnel, les symptĂŽmes du membre, lâobservance thĂ©rapeutique et les facteurs de risque cardiovasculaire.
Lâamputation est appropriĂ©e lorsque la perte tissulaire nâest plus salvatrice. Le document souligne que le diagnostic tardif de lâAOMI contribue aux amputations chez les personnes ĂągĂ©es et que lâamputation peut rĂ©duire lâautonomie, en particulier lorsque lâadaptation aux prothĂšses est mĂ©diocre.
Ischémie aiguë de membre
LâischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessite une Ă©valuation vasculaire urgente. La prise en charge doit comporter :
Une évaluation immédiate de la viabilité du membre.
Une revascularisation urgente en prĂ©sence dâun dĂ©ficit neurologique.
Une imagerie pour guider le traitement lorsquâelle ne retarde pas la prise en charge.
Une revascularisation dans les heures suivant lâimagerie initiale en lâabsence de dĂ©ficit neurologique sĂ©vĂšre, le dĂ©lai Ă©tant dĂ©terminĂ© au cas par cas.
Une analgésie rapide.
Une surveillance du syndrome de loge aprÚs revascularisation, avec fasciotomie si nécessaire.
LâĂ©valuation du succĂšs clinique et hĂ©modynamique.
La recherche de la cause de la thrombose ou de lâembolie.
Recommandations des recommandations de pratique clinique
Les principales recommandations sont résumées ci-dessous.
| Domaine clinique | Recommandation | Classe | Niveau |
|---|---|---|---|
| Ăvaluation initiale | RĂ©aliser une Ă©valuation clinique, vasculaire et des facteurs de risque cardiovasculaire complĂšte | I | C |
| DĂ©pistage et diagnostic | Utiliser lâIPS comme test non invasif de premiĂšre intention ; un IPS â€0,90 diagnostique une AOMI | I | B |
| ArtĂšres incompressibles | Utiliser la pression systolique de lâorteil, lâIPSO ou lâanalyse de la courbe Doppler lorsque lâIPS est >1,40 ou que les artĂšres de la cheville sont incompressibles | I | B |
| DiabĂšte ou insuffisance rĂ©nale | Mesurer la pression systolique de lâorteil ou lâIPSO lorsque lâIPS de repos est normal | I | C |
| Confirmation des lĂ©sions | Utiliser lâĂ©chographie Doppler comme imagerie de premiĂšre intention | I | C |
| Maladie symptomatique complexe | Utiliser la CTA et/ou la MRA pour planifier la revascularisation | I | C |
| AOMI symptomatique | Proposer un entraßnement physique supervisé | I | A |
| AOMI symptomatique | Utiliser lâaspirine 75â160 mg une fois par jour ou le clopidogrel 75 mg une fois par jour | I | A |
| Prise en charge lipidique | Utiliser des statines chez tous les patients atteints dâAOMI | I | A |
| Cible de LDL-C | Atteindre un LDL-C <1.4 mmol/L (55 mg/dL) et une réduction >50 % par rapport à la valeur initiale | I | A |
| Tabagisme | Recommander le sevrage et lâabstinence de tout tabagisme | I | A |
| Alimentation | Recommander une alimentation de type méditerranéen | I | A |
| Hypertension artĂ©rielle | Viser une PAS se rapprochant de 120â129 mmHg si elle est tolĂ©rĂ©e | I | A |
| DiabÚte | Utiliser une HbA1c <53 mmol/mol (7 %), avec des objectifs individualisés | I | A/C |
| AOMI asymptomatique | Ne pas utiliser systĂ©matiquement un traitement antiplaquettaire en lâabsence de maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse cliniquement pertinente | III | B |
| BithĂ©rapie antiplaquettaire au long cours | Ne pas lâutiliser systĂ©matiquement dans lâAOMI | III | A |
| Anticoagulation orale | Ne pas utiliser une monothĂ©rapie uniquement pour lâAOMI, sauf en prĂ©sence dâune autre indication | III | A |
| AOMI asymptomatique | Ne pas réaliser systématiquement une revascularisation | III | C |
| PrĂ©vention de lâICMM | Ne pas revasculariser dans le seul but de prĂ©venir lâĂ©volution vers une ICMM | III | B |
| ICMM | Orienter précocement vers une équipe vasculaire et réaliser une revascularisation pour sauver le membre | I | B/C |
| ICMM avec plaies | Ne pas prescrire dâentraĂźnement physique des membres infĂ©rieurs | III | C |
| Ischémie aiguë de membre | Obtenir une évaluation vasculaire urgente | I | C |
| Ischémie aiguë de membre avec déficit neurologique | Réaliser une revascularisation urgente | I | C |
| Suivi de lâAOMI | Réévaluer au moins une fois par an les symptĂŽmes, le statut fonctionnel, lâobservance et les facteurs de risque | I | C |
Pronostic et suivi
LâAOMI confĂšre un risque substantiel de dĂ©cĂšs cardiovasculaire et dâĂ©vĂ©nements liĂ©s au membre. Le pronostic dĂ©pend principalement de lâĂ©tendue de lâatteinte coronaire et cĂ©rĂ©brovasculaire coexistante ainsi que de la sĂ©vĂ©ritĂ© de lâischĂ©mie des membres infĂ©rieurs.
Chez les patients atteints dâAOMI, la mortalitĂ© Ă cinq ans est estimĂ©e Ă environ 15â25 % et le risque de dĂ©cĂšs cardiovasculaire est multipliĂ© par deux Ă quatre. LâIPS contribue Ă identifier les patients prĂ©sentant un risque accru dâĂ©vĂ©nements cardiovasculaires et dâĂ©vĂ©nements indĂ©sirables liĂ©s au membre. La mortalitĂ© est maximale chez les patients prĂ©sentant la maladie la plus sĂ©vĂšre.
En cinq ans, lâIPS sâaggrave chez environ 40 % des patients et les symptĂŽmes progressent chez environ 20â25 % dâentre eux. Environ 11 % des patients prĂ©sentant une AOMI symptomatique dĂ©veloppent finalement une ICMM. En lâabsence de revascularisation, environ un quart des patients prĂ©sentant une ICMM subissent une amputation dans lâannĂ©e. Le pronostic est plus dĂ©favorable chez les patients qui continuent Ă fumer ou qui sont diabĂ©tiques.
Surveillance Ă vie
LâAOMI athĂ©rosclĂ©reuse des membres infĂ©rieurs nĂ©cessite un suivi Ă vie. Une Ă©valuation au moins annuelle doit rechercher :
Des symptÎmes nouveaux ou modifiés au niveau des membres.
La capacité de marche et le statut fonctionnel.
Des ulcĂšres, une perte de substance et des signes dâICMM.
Les facteurs de risque cardiovasculaire.
Lâobservance et la tolĂ©rance des traitements.
La nĂ©cessitĂ© dâune Ă©chographie Doppler.
AprĂšs un pontage sous-inguinal par veine autologue ou une intervention endovasculaire, une surveillance par IPS et Ă©chographie Doppler artĂ©rielle est considĂ©rĂ©e comme raisonnable Ă un Ă trois mois, puis Ă six et douze mois, et ensuite annuellement, en lâabsence de nouveaux signes ou symptĂŽmes des membres infĂ©rieurs. LâefficacitĂ© de la mĂȘme stratĂ©gie de surveillance est incertaine aprĂšs un pontage sous-inguinal prothĂ©tique.
La tĂ©lĂ©santĂ© peut ĂȘtre utilisĂ©e pour lâĂ©valuation longitudinale lorsque lâurgence des symptĂŽmes le permet, mais elle ne doit pas remplacer une Ă©valuation vasculaire urgente en prĂ©sentiel en cas de symptĂŽmes aigus ou menaçant le membre.
Parcours diagnostique et thérapeutique pratique
Une séquence cliniquement utile est la suivante :
Identifier une maladie possible : rechercher les symptĂŽmes Ă lâeffort, la douleur de repos, les plaies, la limitation de la marche et les facteurs de risque cardiovasculaire.
Examiner le systÚme vasculaire : palper les pouls, évaluer la peau et les tissus, ausculter à la recherche de souffles et mesurer la pression artérielle aux deux bras.
Mesurer lâIPS : un IPS â€0,90 confirme le diagnostic dâAOMI.
Rechercher une incompressibilitĂ© : si lâIPS est >1,40, mesurer la pression systolique de lâorteil, lâIPSO ou analyser la courbe Doppler.
Lever lâincertitude diagnostique : rĂ©aliser une Ă©preuve dâeffort et mesurer lâIPS post-effort lorsque les symptĂŽmes sont Ă©vocateurs mais que les mesures de repos sont limites ou normales.
PrĂ©ciser lâanatomie si nĂ©cessaire : utiliser dâabord lâĂ©chographie Doppler ; complĂ©ter par une CTA ou une MRA en cas de maladie complexe ou pour planifier une revascularisation.
Instaurer une prise en charge complÚte : sevrage tabagique, alimentation de type méditerranéen, exercice structuré, réduction lipidique, contrÎle de la pression artérielle, prise en charge du diabÚte et traitement antithrombotique approprié.
Réévaluer la fonction et la qualitĂ© de vie : en particulier aprĂšs une pĂ©riode initiale de trois mois de traitement mĂ©dical et dâexercice.
Orienter en urgence lorsque la viabilitĂ© du membre est menacĂ©e : lâICMM et lâischĂ©mie aiguĂ« de membre nĂ©cessitent lâintervention dâune Ă©quipe vasculaire et une revascularisation rapide.
Poursuivre une surveillance Ă vie : réévaluer au moins une fois par an les symptĂŽmes, la fonction, les facteurs de risque, lâobservance et lâĂ©tat du membre.