đŸš« ApoB et cholestĂ©rol non-HDL dans l’évaluation du risque cardiovasculaire

Sommaire (31)

Définition et physiopathologie

L’apolipoprotĂ©ine B (apoB) et le cholestĂ©rol non liĂ© aux lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© (cholestĂ©rol non-HDL, non-HDL-C) sont des mesures complĂ©mentaires de la charge en lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes. Leur importance clinique dĂ©coule du rĂŽle causal du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) et des autres lipoprotĂ©ines contenant l’apoB dans la maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD).

L’athĂ©rosclĂ©rose se dĂ©veloppe par le dĂ©pĂŽt et la rĂ©tention progressifs du LDL-C et des autres lipoprotĂ©ines contenant l’apoB dans la paroi artĂ©rielle. Ce phĂ©nomĂšne dĂ©clenche des rĂ©actions inflammatoires qui favorisent la formation et la progression de la plaque. À mesure que la charge en particules athĂ©rogĂšnes retenues s’accumule au fil du temps, la probabilitĂ© de survenue d’un Ă©vĂ©nement cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reux aigu augmente.

Cholestérol non-HDL

Le non-HDL-C se calcule comme suit :

Non-HDL-C = cholestĂ©rol total − HDL-C

Il reprĂ©sente le cholestĂ©rol contenu dans toutes les lipoprotĂ©ines contenant l’apoB, notamment :

  • LDL

  • LipoprotĂ©ines de densitĂ© intermĂ©diaire (IDL)

  • LipoprotĂ©ine(a) [Lp(a)]

  • LipoprotĂ©ines de trĂšs basse densitĂ© (VLDL)

  • Chylomicrons et autres particules riches en triglycĂ©rides

Ainsi, le non-HDL-C fournit une estimation plus large du cholestĂ©rol athĂ©rogĂšne que le LDL-C seul. Il est particuliĂšrement informatif lorsque les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides sont augmentĂ©es, comme c’est frĂ©quemment le cas dans l’obĂ©sitĂ©, le diabĂšte, le prĂ©diabĂšte, la rĂ©sistance Ă  l’insuline, le syndrome mĂ©tabolique et l’hypertriglycĂ©ridĂ©mie.

Comme les particules riches en triglycĂ©rides apportent du cholestĂ©rol supplĂ©mentaire — souvent environ 30 mg/dL — les objectifs thĂ©rapeutiques de non-HDL-C sont gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieurs d’environ 30 mg/dL aux objectifs correspondants de LDL-C.

Apolipoprotéine B

L’apoB est l’apolipoprotĂ©ine structurale principale des lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes. Chaque particule de lipoprotĂ©ine athĂ©rogĂšne porte une molĂ©cule d’apoB. Par consĂ©quent, la concentration plasmatique d’apoB correspond approximativement au nombre de particules athĂ©rogĂšnes circulantes plutĂŽt qu’à la quantitĂ© de cholestĂ©rol qu’elles transportent.

La plupart des particules contenant l’apoB sont des particules LDL, avec une contribution moindre des VLDL, des IDL et de la Lp(a). L’apoB reflĂšte donc le nombre de particules, tandis que le LDL-C et le non-HDL-C reflĂštent principalement leur contenu en cholestĂ©rol.

La quantitĂ© de cholestĂ©rol transportĂ©e par chaque particule varie selon sa taille et sa composition. L’apoB et les mesures du cholestĂ©rol peuvent donc ĂȘtre discordantes. Un patient peut prĂ©senter :

  • Une apoB relativement Ă©levĂ©e malgrĂ© un LDL-C ou un non-HDL-C normal ou bas

  • Une apoB relativement basse malgrĂ© des concentrations de cholestĂ©rol plus Ă©levĂ©es

Lorsque l’apoB est discordante avec le LDL-C ou le non-HDL-C, le risque cardiovasculaire peut ĂȘtre mal estimĂ© si l’on utilise uniquement les mesures du cholestĂ©rol. Dans ces circonstances, le risque semble davantage corrĂ©lĂ© Ă  l’apoB. Une apoB discordamment Ă©levĂ©e est particuliĂšrement associĂ©e au syndrome mĂ©tabolique et Ă  une Ă©lĂ©vation modĂ©rĂ©e des triglycĂ©rides, mĂȘme lorsque le LDL-C est normal ou bas.

Importance clinique

Le non-HDL-C est fortement associĂ© au risque cardiovasculaire, tant pour l’évaluation initiale que pour l’évaluation sous traitement. Dans la plupart des Ă©tudes, son association avec le risque cardiovasculaire est au moins aussi forte, et souvent plus forte, que celle du LDL-C.

Dans de nombreuses Ă©tudes, l’apoB a Ă©galement Ă©tĂ© plus Ă©troitement associĂ©e au risque cardiovasculaire que le LDL-C, bien que l’avantage relatif de l’apoB par rapport au non-HDL-C ou au bilan lipidique standard reste discutĂ©. Dans une vaste Ă©tude de population, le LDL-C, le non-HDL-C et l’apoB prĂ©sentaient des associations similaires avec le risque initial, soulignant que ces trois mesures sont Ă©troitement liĂ©es chez de nombreux patients.

La distinction pratique est la suivante :

  • Le LDL-C estime le cholestĂ©rol contenu dans les particules LDL.

  • Le non-HDL-C estime le cholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant l’apoB.

  • L’apoB estime le nombre de particules athĂ©rogĂšnes.

Chez la plupart des personnes chez lesquelles ces mesures sont concordantes, leur utilité clinique est similaire. Leur principale valeur ajoutée apparaßt lorsque les triglycérides sont élevés, que le LDL-C est trÚs bas ou que des anomalies cardiométaboliques rendent le LDL-C insuffisant pour représenter la charge athérogÚne.

Présentation clinique et symptÎmes

L’élĂ©vation de l’apoB et l’augmentation du non-HDL-C sont des anomalies biologiques qui ne provoquent pas de symptĂŽmes spĂ©cifiques. Leur importance clinique rĂ©side dans le risque associĂ© d’ASCVD plutĂŽt que dans un syndrome clinique caractĂ©ristique.

Les patients peuvent donc consulter :

  • Sans symptĂŽmes, dans le cadre d’un dĂ©pistage du risque cardiovasculaire

  • Avec une maladie coronaire, cĂ©rĂ©brovasculaire ou artĂ©rielle pĂ©riphĂ©rique constituĂ©e

  • Avec un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, un syndrome mĂ©tabolique, une rĂ©sistance Ă  l’insuline ou une hypertriglycĂ©ridĂ©mie

  • Avec des antĂ©cĂ©dents familiaux Ă©vocateurs d’une dyslipidĂ©mie hĂ©rĂ©ditaire ou d’une maladie coronaire prĂ©maturĂ©e

Un taux de LDL-C normal ou modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ© n’exclut pas un risque athĂ©rogĂšne important lorsque les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides, les remnants ou les particules contenant l’apoB sont augmentĂ©s.

Évaluation et examen clinique

L’évaluation commence par l’apprĂ©ciation du contexte global de risque cardiovasculaire. Les Ă©lĂ©ments cliniques importants comprennent :

  • ASCVD connue

  • DiabĂšte

  • Maladie rĂ©nale chronique

  • HypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou autre dyslipidĂ©mie gĂ©nĂ©tique

  • Hypertension artĂ©rielle et autres facteurs de risque cardiovasculaire

  • ObĂ©sitĂ©, en particulier abdominale

  • Syndrome mĂ©tabolique ou rĂ©sistance Ă  l’insuline

  • HypertriglycĂ©ridĂ©mie

  • Maladie coronaire prĂ©maturĂ©e chez le patient ou dans la famille

  • Modificateurs du risque, notamment la charge athĂ©romateuse artĂ©rielle lorsque cela est appropriĂ©

Chez les adultes asymptomatiques ĂągĂ©s de 40 Ă  89 ans sans ASCVD constituĂ©e, diabĂšte, maladie rĂ©nale chronique, hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou maladie gĂ©nĂ©tique ou rare des lipides ou de la pression artĂ©rielle, les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent d’estimer le risque Ă  10 ans Ă  l’aide des algorithmes SCORE2 ou SCORE2-OP adaptĂ©s Ă  la rĂ©gion.

Les signes de l’examen clinique ne sont pas spĂ©cifiques de l’élĂ©vation de l’apoB ou de l’augmentation du non-HDL-C. Le document source ne fournit ni protocole d’examen distinct ni signes physiques caractĂ©ristiques de ces anomalies.

Examens diagnostiques

Bilan lipidique standard

Le bilan lipidique standard doit comprendre :

  • CholestĂ©rol total

  • LDL-C

  • HDL-C

  • TriglycĂ©rides

Le prĂ©lĂšvement lipidique peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© Ă  jeun ou non Ă  jeun pour le dĂ©pistage gĂ©nĂ©ral du risque cardiovasculaire. Le dosage non Ă  jeun possĂšde une valeur pronostique similaire Ă  celle du dosage Ă  jeun et convient Ă  l’évaluation courante. Une prudence particuliĂšre est nĂ©cessaire pour interprĂ©ter le LDL-C calculĂ© chez les patients diabĂ©tiques, atteints d’un syndrome mĂ©tabolique ou prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie.

Calcul du LDL-C

Lorsque cela est appropriĂ©, le LDL-C peut ĂȘtre estimĂ© Ă  l’aide de la formule de Friedewald :

LDL-C = cholestĂ©rol total − (triglycĂ©rides/5) − HDL-C

Cette mĂ©thode est raisonnablement prĂ©cise lorsque l’échantillon est prĂ©levĂ© Ă  jeun et que les triglycĂ©rides ne dĂ©passent pas environ 200 mg/dL. Par convention, la formule ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 400 mg/dL. Le dosage direct du LDL-C est disponible selon plusieurs mĂ©thodes de laboratoire.

Dosage du non-HDL-C

Le non-HDL-C se déduit facilement du bilan lipidique standard :

Non-HDL-C = cholestĂ©rol total − HDL-C

Il n’exige pas que les triglycĂ©rides soient infĂ©rieurs Ă  400 mg/dL et reste fiable lorsque le prĂ©lĂšvement n’est pas rĂ©alisĂ© Ă  jeun. Ces caractĂ©ristiques le rendent particuliĂšrement utile lorsque les triglycĂ©rides sont Ă©levĂ©s ou que le LDL-C calculĂ© risque d’ĂȘtre peu fiable.

Dosage de l’apoB

L’apoB peut ĂȘtre dosĂ©e directement dans le plasma. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e :

  • Comme marqueur de risque supplĂ©mentaire

  • Comme objectif thĂ©rapeutique secondaire aprĂšs l’atteinte des objectifs de LDL-C

  • Comme mesure lipidique primaire alternative lorsqu’elle est disponible

  • Chez les patients prĂ©sentant des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, un syndrome mĂ©tabolique ou un LDL-C trĂšs bas

Le document ne fournit ni mĂ©thode spĂ©cifique de dosage en laboratoire, ni intervalle de rĂ©fĂ©rence, ni objectif thĂ©rapeutique universel pour l’apoB.

Lp(a)

La Lp(a) est un facteur de risque indĂ©pendant et fortement hĂ©rĂ©ditaire d’ASCVD. Elle peut contribuer Ă  la stratification du risque, notamment chez les personnes prĂ©sentant :

  • Un LDL-C trĂšs Ă©levĂ©

  • Une maladie coronaire prĂ©maturĂ©e

  • Des antĂ©cĂ©dents familiaux importants de maladie coronaire

Le document source recommande de mesurer la Lp(a) au moins une fois au cours de la vie, en particulier dans ces situations. Il ne fournit pas d’objectif thĂ©rapeutique spĂ©cifique pour la Lp(a).

Biomarqueurs et résultats biologiques

Interprétation des principaux paramÚtres lipidiques

Biomarqueur Ce qu’il reprĂ©sente IntĂ©rĂȘt clinique particulier
LDL-C Cholestérol transporté par les particules LDL Objectif principal du traitement hypolipémiant
Non-HDL-C CholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant l’apoB Utile en cas de triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, de diabĂšte, d’obĂ©sitĂ©, de syndrome mĂ©tabolique ou de LDL-C trĂšs bas
ApoB Nombre de particules athĂ©rogĂšnes circulantes Utile lorsque le nombre de particules et leur contenu en cholestĂ©rol peuvent ĂȘtre discordants
HDL-C CholestĂ©rol contenu dans les particules HDL UtilisĂ© pour affiner l’estimation du risque ; ne constitue pas un objectif thĂ©rapeutique
Triglycérides Contenu circulant en triglycérides, y compris dans les lipoprotéines riches en triglycérides Contribuent à identifier une dyslipidémie athérogÚne et limitent la fiabilité du LDL-C calculé
Lp(a) Facteur de risque hĂ©rĂ©ditaire liĂ© aux lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes Utile pour affiner le risque, notamment en cas de maladie prĂ©maturĂ©e ou d’élĂ©vation marquĂ©e du LDL-C

Dyslipidémie cardiométabolique

Le diabĂšte et la rĂ©sistance Ă  l’insuline entraĂźnent frĂ©quemment un profil lipidique athĂ©rogĂšne caractĂ©risĂ© par :

  • Une augmentation des particules contenant l’apoB

  • Une augmentation des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et des remnants

  • Une diminution du HDL-C

  • Une augmentation des petites particules LDL denses

Dans ces situations, le dosage de l’apoB ou le calcul du non-HDL-C peut estimer le risque plus prĂ©cisĂ©ment que le LDL-C seul. Un diabĂšte mal contrĂŽlĂ©, l’obĂ©sitĂ© ou une hyperglycĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă  une hypertriglycĂ©ridĂ©mie sĂ©vĂšre, une chylomicronĂ©mie et une augmentation du VLDL-C.

HDL-C

Bien que le HDL-C soit inversement associĂ© au risque cardiovasculaire dans les Ă©tudes observationnelles, l’augmentation pharmacologique du HDL-C n’a pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique. Des concentrations trĂšs Ă©levĂ©es de HDL-C peuvent paradoxalement ĂȘtre associĂ©es Ă  une augmentation du risque. Le HDL-C reste utile pour estimer le risque, mais ne doit pas ĂȘtre traitĂ© comme un objectif thĂ©rapeutique sur la base des informations fournies.

Autres examens biologiques

Chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire constituĂ©e ou suspectĂ©e, l’évaluation doit comprendre :

  • CholestĂ©rol total

  • LDL-C

  • HDL-C

  • TriglycĂ©rides

  • CrĂ©atinine sĂ©rique ou cystatine C, avec estimation du dĂ©bit de filtration glomĂ©rulaire

  • HĂ©moglobine glyquĂ©e (HbA1c)

Avant l’instauration d’une statine, le bilan initial doit comprendre :

  • Un bilan lipidique Ă  jeun ou non Ă  jeun

  • Alanine aminotransfĂ©rase

  • CrĂ©atine kinase

La glycĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.

Le dĂ©pistage systĂ©matique de l’homocystĂ©ine n’est pas recommandĂ©, car les interventions visant Ă  rĂ©duire l’homocystĂ©ine n’ont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique.

Traitement et prise en charge

Principes généraux

L’objectif principal est de rĂ©duire la charge en lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes, le LDL-C constituant la principale cible thĂ©rapeutique. L’intensitĂ© du traitement doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par le risque cardiovasculaire global et par l’importance de la rĂ©duction du LDL-C requise.

Des rĂ©ductions absolues plus importantes du LDL-C entraĂźnent une rĂ©duction plus importante du risque cardiovasculaire. Les personnes Ă  risque Ă©levĂ© nĂ©cessitent donc un traitement plus intensif afin d’obtenir un risque rĂ©siduel plus faible.

La séquence principale de prise en charge est la suivante :

  • Évaluer le risque cardiovasculaire global.

  • Rechercher une ASCVD constituĂ©e, un diabĂšte, une maladie rĂ©nale chronique, une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou d’autres situations Ă  haut risque.

  • RĂ©aliser un bilan lipidique standard et envisager le non-HDL-C, l’apoB et la Lp(a) selon le contexte clinique.

  • Prendre en charge le mode de vie et les causes secondaires.

  • Instaurer un traitement par statine lorsqu’il est indiquĂ©.

  • Ajouter une association thĂ©rapeutique si les objectifs de LDL-C ne sont pas atteints.

  • Réévaluer le LDL-C et, lorsque cela est pertinent, le non-HDL-C ou l’apoB.

Intervention sur le mode de vie

La modification du mode de vie constitue le fondement de la prĂ©vention de l’ASCVD. Elle peut rĂ©duire le LDL-C d’environ 10 %–20 %. La prise en charge doit comprendre des mesures diĂ©tĂ©tiques et d’activitĂ© physique visant une alimentation saine et un poids corporel idĂ©al.

En cas d’hypertriglycĂ©ridĂ©mie, les mesures liĂ©es au mode de vie ainsi que l’identification et le traitement des causes secondaires doivent prĂ©cĂ©der le traitement pharmacologique. Les habitudes alimentaires comportant de l’acide linolĂ©ique et des huiles vĂ©gĂ©tales Ă  la place des graisses animales sont associĂ©es Ă  une rĂ©duction du LDL-C et des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides ainsi qu’à un bĂ©nĂ©fice cardiomĂ©tabolique.

Statines

Les statines constituent le traitement pharmacologique de premiĂšre intention pour rĂ©duire le LDL-C. Un traitement par statine Ă  forte dose peut rĂ©duire le LDL-C jusqu’à 50 %. Le bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire dĂ©pend de l’ampleur de la rĂ©duction du LDL-C et n’est pas propre au seul traitement par statine.

Lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă  l’objectif recommandĂ©, une association thĂ©rapeutique peut ĂȘtre nĂ©cessaire.

Association de traitements hypolipémiants

Les traitements qui augmentent la clairance du LDL peuvent ĂȘtre associĂ©s aux statines. Le document identifie les options suivantes :

  • ÉzĂ©timibe

  • Acide bempĂ©doĂŻque

  • Anticorps monoclonaux anti-PCSK9

  • Inclisiran

Ces traitements sont utilisĂ©s selon l’importance de la rĂ©duction du LDL-C requise, la prĂ©sence de rĂ©cepteurs LDL fonctionnels, les caractĂ©ristiques du patient et ses prĂ©fĂ©rences.

Les mĂ©dicaments qui rĂ©duisent la production de LDL, tels que le lomitapide et l’évinacumab, sont rĂ©servĂ©s aux patients atteints d’hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale homozygote. L’obicĂ©trapib est identifiĂ© comme une autre approche thĂ©rapeutique Ă©mergente.

Prise en charge de la charge athérogÚne résiduelle

Une fois les objectifs de LDL-C atteints, le non-HDL-C ou l’apoB peuvent ĂȘtre utilisĂ©s comme objectifs thĂ©rapeutiques secondaires, notamment en prĂ©sence :

  • De triglycĂ©rides Ă©levĂ©s

  • D’une obĂ©sitĂ©

  • D’un syndrome mĂ©tabolique

  • D’un diabĂšte

  • D’un LDL-C trĂšs bas

Cette approche prend en compte le risque rĂ©siduel liĂ© aux lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et aux autres particules contenant l’apoB, qui peuvent ne pas ĂȘtre suffisamment reprĂ©sentĂ©es par le LDL-C.

Hypertriglycéridémie

La stratégie initiale comprend :

  • Une intervention sur le mode de vie

  • L’identification et la correction des causes secondaires

  • Un traitement par statine afin de rĂ©duire le risque d’ASCVD et d’atteindre l’objectif de LDL-C

AprĂšs atteinte de l’objectif de LDL-C, l’icosapent Ă©thyl Ă  forte dose peut ĂȘtre envisagĂ© chez les patients Ă  haut risque. Les fibrates rĂ©duisent les triglycĂ©rides, mais les donnĂ©es concernant la protection cardiovasculaire macrovasculaire chez les patients traitĂ©s par statine restent incertaines. Ils peuvent apporter un bĂ©nĂ©fice dans les complications microvasculaires.

Risque lié à la Lp(a)

Les inhibiteurs de PCSK9 rĂ©duisent la Lp(a) d’environ 20 %–25 %, ce qui peut contribuer Ă  leur bĂ©nĂ©fice thĂ©rapeutique global. L’aphĂ©rĂšse permet d’obtenir une rĂ©duction beaucoup plus importante de la Lp(a), mais les traitements ciblĂ©s sont encore en cours de dĂ©veloppement. La niacine ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e spĂ©cifiquement pour rĂ©duire la Lp(a), car les essais randomisĂ©s n’ont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique.

Recommandations des sociétés savantes

Évaluation du risque

Les recommandations européennes de prévention préconisent :

  • SCORE2 ou SCORE2-OP chez les adultes asymptomatiques ĂągĂ©s de 40 Ă  89 ans sans ASCVD, diabĂšte, maladie rĂ©nale chronique, hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou maladie gĂ©nĂ©tique ou rare des lipides ou de la pression artĂ©rielle.

  • Une prise en charge prioritaire de tous les facteurs de risque modifiables chez les personnes prĂ©sentant une ASCVD, un diabĂšte, une maladie rĂ©nale modĂ©rĂ©e Ă  sĂ©vĂšre, une maladie lipidique gĂ©nĂ©tique ou rare, ou un risque calculĂ© Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ©.

  • La prise en compte du risque Ă  vie, de la fragilitĂ©, de la polymĂ©dication et des prĂ©fĂ©rences du patient lors de la planification du traitement.

Analyses lipidiques

Les recommandations résumées dans le document source comprennent :

  • Le LDL-C comme paramĂštre lipidique principal pour le dĂ©pistage, le diagnostic et la prise en charge.

  • Les triglycĂ©rides dans le cadre du bilan lipidique courant.

  • Le non-HDL-C pour l’évaluation du risque, notamment en cas de triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, de diabĂšte, d’obĂ©sitĂ© ou de LDL-C trĂšs bas.

  • L’apoB pour l’évaluation du risque dans les mĂȘmes situations cliniques.

  • L’apoB comme alternative au LDL-C pour le dĂ©pistage, le diagnostic et la prise en charge lorsqu’elle est disponible ; elle peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e au non-HDL-C chez les patients prĂ©sentant des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, un diabĂšte, une obĂ©sitĂ© ou un LDL-C trĂšs bas.

  • Le non-HDL-C comme objectif thĂ©rapeutique alternatif raisonnable chez tous les patients, en particulier ceux prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie ou un diabĂšte.

  • Le LDL-C comme objectif thĂ©rapeutique principal, avec le non-HDL-C et l’apoB comme objectifs secondaires lorsqu’une charge athĂ©rogĂšne rĂ©siduelle est prĂ©occupante.

Les recommandations de l’American Heart Association/American College of Cardiology identifient une apoB ≄130 mg/dL et un non-HDL-C ≄190 mg/dL comme des facteurs majorant le risque, susceptibles d’influencer les discussions concernant l’instauration ou l’intensification d’un traitement par statine en prĂ©vention primaire chez les personnes Ă  risque limite ou intermĂ©diaire. Le dosage de l’apoB est particuliĂšrement suggĂ©rĂ© lorsque les triglycĂ©rides sont ≄200 mg/dL.

Les recommandations canadiennes prĂ©conisent de suivre l’apoB ou le non-HDL-C, en particulier lorsque les triglycĂ©rides sont ≄1,5 mmol/L.

Objectifs de LDL-C

Les recommandations européennes résumées précisent les objectifs suivants :

Catégorie de risque Réduction du LDL-C Objectif de LDL-C
Risque trĂšs Ă©levĂ© ≄50 % <1,4 mmol/L (<55 mg/dL)
Risque Ă©levĂ© ≄50 % <1,8 mmol/L (<70 mg/dL)

Ces objectifs s’appliquent dans les situations cliniques dĂ©crites dans le rĂ©sumĂ© des recommandations, notamment chez les patients diabĂ©tiques Ă  risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ© et chez certaines personnes apparemment saines classĂ©es selon SCORE2 ou SCORE2-OP.

Surveillance du traitement

Un bilan lipidique initial Ă  jeun ou non Ă  jeun doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant le traitement par statine, avec un dosage de l’alanine aminotransfĂ©rase et de la crĂ©atine kinase.

La rĂ©ponse lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ©e par un nouveau bilan lipidique Ă  jeun ou non Ă  jeun dans un dĂ©lai de 1–3 mois aprĂšs l’instauration du traitement. Cette Ă©valuation porte sur :

  • L’observance

  • La rĂ©ponse au traitement

  • Le pourcentage de rĂ©duction du LDL-C

  • L’atteinte de l’objectif de LDL-C pertinent

  • La nĂ©cessitĂ© d’intensifier le traitement

Chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque cardiomĂ©tabolique, la surveillance doit Ă©galement prendre en compte le non-HDL-C ou l’apoB. La surveillance de la glycĂ©mie est appropriĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.

Le traitement au long cours doit rester associĂ© Ă  des interventions diĂ©tĂ©tiques et Ă  l’exercice physique visant une alimentation saine et un poids corporel idĂ©al.

Pronostic et suivi

L’augmentation de l’apoB et du non-HDL-C tĂ©moigne d’une charge accrue en particules athĂ©rogĂšnes et est associĂ©e Ă  une augmentation du risque d’ASCVD. La relation entre le non-HDL-C et le risque cardiovasculaire est au moins aussi forte que celle du LDL-C, tandis que l’apoB peut amĂ©liorer la discrimination du risque lorsqu’il existe une discordance entre le nombre de particules et leur contenu en cholestĂ©rol.

La signification pronostique est particuliÚrement importante chez les patients présentant :

  • Un diabĂšte

  • Une obĂ©sitĂ©

  • Un syndrome mĂ©tabolique

  • Une rĂ©sistance Ă  l’insuline

  • Une hypertriglycĂ©ridĂ©mie

  • Un LDL-C trĂšs bas

  • Une augmentation des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides ou des remnants

La rĂ©duction du LDL-C diminue les infarctus du myocarde fatals et non fatals, les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux ischĂ©miques et les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques dans les territoires artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques. Le bĂ©nĂ©fice absolu dĂ©pend Ă  la fois du risque cardiovasculaire initial et de la rĂ©duction absolue du LDL-C. Par consĂ©quent, une mĂȘme rĂ©duction lipidique procure un bĂ©nĂ©fice absolu plus important chez les patients dont le risque initial est plus Ă©levĂ©.

Le suivi doit comprendre une réévaluation pĂ©riodique des paramĂštres lipidiques et du risque cardiovasculaire, en accordant une attention particuliĂšre au LDL-C comme cible principale ainsi qu’au non-HDL-C ou Ă  l’apoB lorsqu’une charge athĂ©rogĂšne rĂ©siduelle est probable. Les outils d’estimation du risque sont fondĂ©s sur des donnĂ©es de population et peuvent sous-estimer ou surestimer le risque individuel ; les modificateurs cliniques du risque et les caractĂ©ristiques du patient doivent donc ĂȘtre intĂ©grĂ©s aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques.

Auteurs

EBM AI
Evidensbaserad AI-agent

Mis à jour 6 août 2026