Définition et physiopathologie
LâapolipoprotĂ©ine B (apoB) et le cholestĂ©rol non liĂ© aux lipoprotĂ©ines de haute densitĂ© (cholestĂ©rol non-HDL, non-HDL-C) sont des mesures complĂ©mentaires de la charge en lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes. Leur importance clinique dĂ©coule du rĂŽle causal du cholestĂ©rol des lipoprotĂ©ines de basse densitĂ© (LDL-C) et des autres lipoprotĂ©ines contenant lâapoB dans la maladie cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reuse (ASCVD).
LâathĂ©rosclĂ©rose se dĂ©veloppe par le dĂ©pĂŽt et la rĂ©tention progressifs du LDL-C et des autres lipoprotĂ©ines contenant lâapoB dans la paroi artĂ©rielle. Ce phĂ©nomĂšne dĂ©clenche des rĂ©actions inflammatoires qui favorisent la formation et la progression de la plaque. Ă mesure que la charge en particules athĂ©rogĂšnes retenues sâaccumule au fil du temps, la probabilitĂ© de survenue dâun Ă©vĂ©nement cardiovasculaire athĂ©rosclĂ©reux aigu augmente.
Cholestérol non-HDL
Le non-HDL-C se calcule comme suit :
Non-HDL-C = cholestĂ©rol total â HDL-C
Il reprĂ©sente le cholestĂ©rol contenu dans toutes les lipoprotĂ©ines contenant lâapoB, notamment :
LDL
Lipoprotéines de densité intermédiaire (IDL)
Lipoprotéine(a) [Lp(a)]
Lipoprotéines de trÚs basse densité (VLDL)
Chylomicrons et autres particules riches en triglycérides
Ainsi, le non-HDL-C fournit une estimation plus large du cholestĂ©rol athĂ©rogĂšne que le LDL-C seul. Il est particuliĂšrement informatif lorsque les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides sont augmentĂ©es, comme câest frĂ©quemment le cas dans lâobĂ©sitĂ©, le diabĂšte, le prĂ©diabĂšte, la rĂ©sistance Ă lâinsuline, le syndrome mĂ©tabolique et lâhypertriglycĂ©ridĂ©mie.
Comme les particules riches en triglycĂ©rides apportent du cholestĂ©rol supplĂ©mentaire â souvent environ 30 mg/dL â les objectifs thĂ©rapeutiques de non-HDL-C sont gĂ©nĂ©ralement supĂ©rieurs dâenviron 30 mg/dL aux objectifs correspondants de LDL-C.
Apolipoprotéine B
LâapoB est lâapolipoprotĂ©ine structurale principale des lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes. Chaque particule de lipoprotĂ©ine athĂ©rogĂšne porte une molĂ©cule dâapoB. Par consĂ©quent, la concentration plasmatique dâapoB correspond approximativement au nombre de particules athĂ©rogĂšnes circulantes plutĂŽt quâĂ la quantitĂ© de cholestĂ©rol quâelles transportent.
La plupart des particules contenant lâapoB sont des particules LDL, avec une contribution moindre des VLDL, des IDL et de la Lp(a). LâapoB reflĂšte donc le nombre de particules, tandis que le LDL-C et le non-HDL-C reflĂštent principalement leur contenu en cholestĂ©rol.
La quantitĂ© de cholestĂ©rol transportĂ©e par chaque particule varie selon sa taille et sa composition. LâapoB et les mesures du cholestĂ©rol peuvent donc ĂȘtre discordantes. Un patient peut prĂ©senter :
Une apoB relativement élevée malgré un LDL-C ou un non-HDL-C normal ou bas
Une apoB relativement basse malgré des concentrations de cholestérol plus élevées
Lorsque lâapoB est discordante avec le LDL-C ou le non-HDL-C, le risque cardiovasculaire peut ĂȘtre mal estimĂ© si lâon utilise uniquement les mesures du cholestĂ©rol. Dans ces circonstances, le risque semble davantage corrĂ©lĂ© Ă lâapoB. Une apoB discordamment Ă©levĂ©e est particuliĂšrement associĂ©e au syndrome mĂ©tabolique et Ă une Ă©lĂ©vation modĂ©rĂ©e des triglycĂ©rides, mĂȘme lorsque le LDL-C est normal ou bas.
Importance clinique
Le non-HDL-C est fortement associĂ© au risque cardiovasculaire, tant pour lâĂ©valuation initiale que pour lâĂ©valuation sous traitement. Dans la plupart des Ă©tudes, son association avec le risque cardiovasculaire est au moins aussi forte, et souvent plus forte, que celle du LDL-C.
Dans de nombreuses Ă©tudes, lâapoB a Ă©galement Ă©tĂ© plus Ă©troitement associĂ©e au risque cardiovasculaire que le LDL-C, bien que lâavantage relatif de lâapoB par rapport au non-HDL-C ou au bilan lipidique standard reste discutĂ©. Dans une vaste Ă©tude de population, le LDL-C, le non-HDL-C et lâapoB prĂ©sentaient des associations similaires avec le risque initial, soulignant que ces trois mesures sont Ă©troitement liĂ©es chez de nombreux patients.
La distinction pratique est la suivante :
Le LDL-C estime le cholestérol contenu dans les particules LDL.
Le non-HDL-C estime le cholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant lâapoB.
LâapoB estime le nombre de particules athĂ©rogĂšnes.
Chez la plupart des personnes chez lesquelles ces mesures sont concordantes, leur utilité clinique est similaire. Leur principale valeur ajoutée apparaßt lorsque les triglycérides sont élevés, que le LDL-C est trÚs bas ou que des anomalies cardiométaboliques rendent le LDL-C insuffisant pour représenter la charge athérogÚne.
Présentation clinique et symptÎmes
LâĂ©lĂ©vation de lâapoB et lâaugmentation du non-HDL-C sont des anomalies biologiques qui ne provoquent pas de symptĂŽmes spĂ©cifiques. Leur importance clinique rĂ©side dans le risque associĂ© dâASCVD plutĂŽt que dans un syndrome clinique caractĂ©ristique.
Les patients peuvent donc consulter :
Sans symptĂŽmes, dans le cadre dâun dĂ©pistage du risque cardiovasculaire
Avec une maladie coronaire, cérébrovasculaire ou artérielle périphérique constituée
Avec un diabĂšte, une obĂ©sitĂ©, un syndrome mĂ©tabolique, une rĂ©sistance Ă lâinsuline ou une hypertriglycĂ©ridĂ©mie
Avec des antĂ©cĂ©dents familiaux Ă©vocateurs dâune dyslipidĂ©mie hĂ©rĂ©ditaire ou dâune maladie coronaire prĂ©maturĂ©e
Un taux de LDL-C normal ou modĂ©rĂ©ment Ă©levĂ© nâexclut pas un risque athĂ©rogĂšne important lorsque les lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides, les remnants ou les particules contenant lâapoB sont augmentĂ©s.
Ăvaluation et examen clinique
LâĂ©valuation commence par lâapprĂ©ciation du contexte global de risque cardiovasculaire. Les Ă©lĂ©ments cliniques importants comprennent :
ASCVD connue
DiabĂšte
Maladie rénale chronique
Hypercholestérolémie familiale ou autre dyslipidémie génétique
Hypertension artérielle et autres facteurs de risque cardiovasculaire
Obésité, en particulier abdominale
Syndrome mĂ©tabolique ou rĂ©sistance Ă lâinsuline
Hypertriglycéridémie
Maladie coronaire prématurée chez le patient ou dans la famille
Modificateurs du risque, notamment la charge athéromateuse artérielle lorsque cela est approprié
Chez les adultes asymptomatiques ĂągĂ©s de 40 Ă 89 ans sans ASCVD constituĂ©e, diabĂšte, maladie rĂ©nale chronique, hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou maladie gĂ©nĂ©tique ou rare des lipides ou de la pression artĂ©rielle, les recommandations europĂ©ennes prĂ©conisent dâestimer le risque Ă 10 ans Ă lâaide des algorithmes SCORE2 ou SCORE2-OP adaptĂ©s Ă la rĂ©gion.
Les signes de lâexamen clinique ne sont pas spĂ©cifiques de lâĂ©lĂ©vation de lâapoB ou de lâaugmentation du non-HDL-C. Le document source ne fournit ni protocole dâexamen distinct ni signes physiques caractĂ©ristiques de ces anomalies.
Examens diagnostiques
Bilan lipidique standard
Le bilan lipidique standard doit comprendre :
Cholestérol total
LDL-C
HDL-C
Triglycérides
Le prĂ©lĂšvement lipidique peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© Ă jeun ou non Ă jeun pour le dĂ©pistage gĂ©nĂ©ral du risque cardiovasculaire. Le dosage non Ă jeun possĂšde une valeur pronostique similaire Ă celle du dosage Ă jeun et convient Ă lâĂ©valuation courante. Une prudence particuliĂšre est nĂ©cessaire pour interprĂ©ter le LDL-C calculĂ© chez les patients diabĂ©tiques, atteints dâun syndrome mĂ©tabolique ou prĂ©sentant une hypertriglycĂ©ridĂ©mie.
Calcul du LDL-C
Lorsque cela est appropriĂ©, le LDL-C peut ĂȘtre estimĂ© Ă lâaide de la formule de Friedewald :
LDL-C = cholestĂ©rol total â (triglycĂ©rides/5) â HDL-C
Cette mĂ©thode est raisonnablement prĂ©cise lorsque lâĂ©chantillon est prĂ©levĂ© Ă jeun et que les triglycĂ©rides ne dĂ©passent pas environ 200 mg/dL. Par convention, la formule ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e lorsque les triglycĂ©rides dĂ©passent 400 mg/dL. Le dosage direct du LDL-C est disponible selon plusieurs mĂ©thodes de laboratoire.
Dosage du non-HDL-C
Le non-HDL-C se déduit facilement du bilan lipidique standard :
Non-HDL-C = cholestĂ©rol total â HDL-C
Il nâexige pas que les triglycĂ©rides soient infĂ©rieurs Ă 400 mg/dL et reste fiable lorsque le prĂ©lĂšvement nâest pas rĂ©alisĂ© Ă jeun. Ces caractĂ©ristiques le rendent particuliĂšrement utile lorsque les triglycĂ©rides sont Ă©levĂ©s ou que le LDL-C calculĂ© risque dâĂȘtre peu fiable.
Dosage de lâapoB
LâapoB peut ĂȘtre dosĂ©e directement dans le plasma. Elle peut ĂȘtre utilisĂ©e :
Comme marqueur de risque supplémentaire
Comme objectif thĂ©rapeutique secondaire aprĂšs lâatteinte des objectifs de LDL-C
Comme mesure lipidique primaire alternative lorsquâelle est disponible
Chez les patients présentant des triglycérides élevés, un diabÚte, une obésité, un syndrome métabolique ou un LDL-C trÚs bas
Le document ne fournit ni mĂ©thode spĂ©cifique de dosage en laboratoire, ni intervalle de rĂ©fĂ©rence, ni objectif thĂ©rapeutique universel pour lâapoB.
Lp(a)
La Lp(a) est un facteur de risque indĂ©pendant et fortement hĂ©rĂ©ditaire dâASCVD. Elle peut contribuer Ă la stratification du risque, notamment chez les personnes prĂ©sentant :
Un LDL-C trÚs élevé
Une maladie coronaire prématurée
Des antécédents familiaux importants de maladie coronaire
Le document source recommande de mesurer la Lp(a) au moins une fois au cours de la vie, en particulier dans ces situations. Il ne fournit pas dâobjectif thĂ©rapeutique spĂ©cifique pour la Lp(a).
Biomarqueurs et résultats biologiques
Interprétation des principaux paramÚtres lipidiques
| Biomarqueur | Ce quâil reprĂ©sente | IntĂ©rĂȘt clinique particulier |
|---|---|---|
| LDL-C | Cholestérol transporté par les particules LDL | Objectif principal du traitement hypolipémiant |
| Non-HDL-C | CholestĂ©rol contenu dans toutes les particules contenant lâapoB | Utile en cas de triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, de diabĂšte, dâobĂ©sitĂ©, de syndrome mĂ©tabolique ou de LDL-C trĂšs bas |
| ApoB | Nombre de particules athĂ©rogĂšnes circulantes | Utile lorsque le nombre de particules et leur contenu en cholestĂ©rol peuvent ĂȘtre discordants |
| HDL-C | CholestĂ©rol contenu dans les particules HDL | UtilisĂ© pour affiner lâestimation du risque ; ne constitue pas un objectif thĂ©rapeutique |
| Triglycérides | Contenu circulant en triglycérides, y compris dans les lipoprotéines riches en triglycérides | Contribuent à identifier une dyslipidémie athérogÚne et limitent la fiabilité du LDL-C calculé |
| Lp(a) | Facteur de risque hĂ©rĂ©ditaire liĂ© aux lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes | Utile pour affiner le risque, notamment en cas de maladie prĂ©maturĂ©e ou dâĂ©lĂ©vation marquĂ©e du LDL-C |
Dyslipidémie cardiométabolique
Le diabĂšte et la rĂ©sistance Ă lâinsuline entraĂźnent frĂ©quemment un profil lipidique athĂ©rogĂšne caractĂ©risĂ© par :
Une augmentation des particules contenant lâapoB
Une augmentation des lipoprotéines riches en triglycérides et des remnants
Une diminution du HDL-C
Une augmentation des petites particules LDL denses
Dans ces situations, le dosage de lâapoB ou le calcul du non-HDL-C peut estimer le risque plus prĂ©cisĂ©ment que le LDL-C seul. Un diabĂšte mal contrĂŽlĂ©, lâobĂ©sitĂ© ou une hyperglycĂ©mie modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre peuvent ĂȘtre associĂ©s Ă une hypertriglycĂ©ridĂ©mie sĂ©vĂšre, une chylomicronĂ©mie et une augmentation du VLDL-C.
HDL-C
Bien que le HDL-C soit inversement associĂ© au risque cardiovasculaire dans les Ă©tudes observationnelles, lâaugmentation pharmacologique du HDL-C nâa pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique. Des concentrations trĂšs Ă©levĂ©es de HDL-C peuvent paradoxalement ĂȘtre associĂ©es Ă une augmentation du risque. Le HDL-C reste utile pour estimer le risque, mais ne doit pas ĂȘtre traitĂ© comme un objectif thĂ©rapeutique sur la base des informations fournies.
Autres examens biologiques
Chez les patients prĂ©sentant une maladie coronaire constituĂ©e ou suspectĂ©e, lâĂ©valuation doit comprendre :
Cholestérol total
LDL-C
HDL-C
Triglycérides
Créatinine sérique ou cystatine C, avec estimation du débit de filtration glomérulaire
Hémoglobine glyquée (HbA1c)
Avant lâinstauration dâune statine, le bilan initial doit comprendre :
Un bilan lipidique Ă jeun ou non Ă jeun
Alanine aminotransférase
Créatine kinase
La glycĂ©mie doit ĂȘtre surveillĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.
Le dĂ©pistage systĂ©matique de lâhomocystĂ©ine nâest pas recommandĂ©, car les interventions visant Ă rĂ©duire lâhomocystĂ©ine nâont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique.
Traitement et prise en charge
Principes généraux
Lâobjectif principal est de rĂ©duire la charge en lipoprotĂ©ines athĂ©rogĂšnes, le LDL-C constituant la principale cible thĂ©rapeutique. LâintensitĂ© du traitement doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par le risque cardiovasculaire global et par lâimportance de la rĂ©duction du LDL-C requise.
Des rĂ©ductions absolues plus importantes du LDL-C entraĂźnent une rĂ©duction plus importante du risque cardiovasculaire. Les personnes Ă risque Ă©levĂ© nĂ©cessitent donc un traitement plus intensif afin dâobtenir un risque rĂ©siduel plus faible.
La séquence principale de prise en charge est la suivante :
Ăvaluer le risque cardiovasculaire global.
Rechercher une ASCVD constituĂ©e, un diabĂšte, une maladie rĂ©nale chronique, une hypercholestĂ©rolĂ©mie familiale ou dâautres situations Ă haut risque.
RĂ©aliser un bilan lipidique standard et envisager le non-HDL-C, lâapoB et la Lp(a) selon le contexte clinique.
Prendre en charge le mode de vie et les causes secondaires.
Instaurer un traitement par statine lorsquâil est indiquĂ©.
Ajouter une association thérapeutique si les objectifs de LDL-C ne sont pas atteints.
Réévaluer le LDL-C et, lorsque cela est pertinent, le non-HDL-C ou lâapoB.
Intervention sur le mode de vie
La modification du mode de vie constitue le fondement de la prĂ©vention de lâASCVD. Elle peut rĂ©duire le LDL-C dâenviron 10 %â20 %. La prise en charge doit comprendre des mesures diĂ©tĂ©tiques et dâactivitĂ© physique visant une alimentation saine et un poids corporel idĂ©al.
En cas dâhypertriglycĂ©ridĂ©mie, les mesures liĂ©es au mode de vie ainsi que lâidentification et le traitement des causes secondaires doivent prĂ©cĂ©der le traitement pharmacologique. Les habitudes alimentaires comportant de lâacide linolĂ©ique et des huiles vĂ©gĂ©tales Ă la place des graisses animales sont associĂ©es Ă une rĂ©duction du LDL-C et des lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides ainsi quâĂ un bĂ©nĂ©fice cardiomĂ©tabolique.
Statines
Les statines constituent le traitement pharmacologique de premiĂšre intention pour rĂ©duire le LDL-C. Un traitement par statine Ă forte dose peut rĂ©duire le LDL-C jusquâĂ 50 %. Le bĂ©nĂ©fice cardiovasculaire dĂ©pend de lâampleur de la rĂ©duction du LDL-C et nâest pas propre au seul traitement par statine.
Lorsque le LDL-C reste supĂ©rieur Ă lâobjectif recommandĂ©, une association thĂ©rapeutique peut ĂȘtre nĂ©cessaire.
Association de traitements hypolipémiants
Les traitements qui augmentent la clairance du LDL peuvent ĂȘtre associĂ©s aux statines. Le document identifie les options suivantes :
ĂzĂ©timibe
Acide bempédoïque
Anticorps monoclonaux anti-PCSK9
Inclisiran
Ces traitements sont utilisĂ©s selon lâimportance de la rĂ©duction du LDL-C requise, la prĂ©sence de rĂ©cepteurs LDL fonctionnels, les caractĂ©ristiques du patient et ses prĂ©fĂ©rences.
Les mĂ©dicaments qui rĂ©duisent la production de LDL, tels que le lomitapide et lâĂ©vinacumab, sont rĂ©servĂ©s aux patients atteints dâhypercholestĂ©rolĂ©mie familiale homozygote. LâobicĂ©trapib est identifiĂ© comme une autre approche thĂ©rapeutique Ă©mergente.
Prise en charge de la charge athérogÚne résiduelle
Une fois les objectifs de LDL-C atteints, le non-HDL-C ou lâapoB peuvent ĂȘtre utilisĂ©s comme objectifs thĂ©rapeutiques secondaires, notamment en prĂ©sence :
De triglycérides élevés
Dâune obĂ©sitĂ©
Dâun syndrome mĂ©tabolique
Dâun diabĂšte
Dâun LDL-C trĂšs bas
Cette approche prend en compte le risque rĂ©siduel liĂ© aux lipoprotĂ©ines riches en triglycĂ©rides et aux autres particules contenant lâapoB, qui peuvent ne pas ĂȘtre suffisamment reprĂ©sentĂ©es par le LDL-C.
Hypertriglycéridémie
La stratégie initiale comprend :
Une intervention sur le mode de vie
Lâidentification et la correction des causes secondaires
Un traitement par statine afin de rĂ©duire le risque dâASCVD et dâatteindre lâobjectif de LDL-C
AprĂšs atteinte de lâobjectif de LDL-C, lâicosapent Ă©thyl Ă forte dose peut ĂȘtre envisagĂ© chez les patients Ă haut risque. Les fibrates rĂ©duisent les triglycĂ©rides, mais les donnĂ©es concernant la protection cardiovasculaire macrovasculaire chez les patients traitĂ©s par statine restent incertaines. Ils peuvent apporter un bĂ©nĂ©fice dans les complications microvasculaires.
Risque lié à la Lp(a)
Les inhibiteurs de PCSK9 rĂ©duisent la Lp(a) dâenviron 20 %â25 %, ce qui peut contribuer Ă leur bĂ©nĂ©fice thĂ©rapeutique global. LâaphĂ©rĂšse permet dâobtenir une rĂ©duction beaucoup plus importante de la Lp(a), mais les traitements ciblĂ©s sont encore en cours de dĂ©veloppement. La niacine ne doit pas ĂȘtre utilisĂ©e spĂ©cifiquement pour rĂ©duire la Lp(a), car les essais randomisĂ©s nâont pas dĂ©montrĂ© de bĂ©nĂ©fice clinique.
Recommandations des sociétés savantes
Ăvaluation du risque
Les recommandations européennes de prévention préconisent :
SCORE2 ou SCORE2-OP chez les adultes asymptomatiques ùgés de 40 à 89 ans sans ASCVD, diabÚte, maladie rénale chronique, hypercholestérolémie familiale ou maladie génétique ou rare des lipides ou de la pression artérielle.
Une prise en charge prioritaire de tous les facteurs de risque modifiables chez les personnes présentant une ASCVD, un diabÚte, une maladie rénale modérée à sévÚre, une maladie lipidique génétique ou rare, ou un risque calculé élevé ou trÚs élevé.
La prise en compte du risque à vie, de la fragilité, de la polymédication et des préférences du patient lors de la planification du traitement.
Analyses lipidiques
Les recommandations résumées dans le document source comprennent :
Le LDL-C comme paramÚtre lipidique principal pour le dépistage, le diagnostic et la prise en charge.
Les triglycérides dans le cadre du bilan lipidique courant.
Le non-HDL-C pour lâĂ©valuation du risque, notamment en cas de triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, de diabĂšte, dâobĂ©sitĂ© ou de LDL-C trĂšs bas.
LâapoB pour lâĂ©valuation du risque dans les mĂȘmes situations cliniques.
LâapoB comme alternative au LDL-C pour le dĂ©pistage, le diagnostic et la prise en charge lorsquâelle est disponible ; elle peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e au non-HDL-C chez les patients prĂ©sentant des triglycĂ©rides Ă©levĂ©s, un diabĂšte, une obĂ©sitĂ© ou un LDL-C trĂšs bas.
Le non-HDL-C comme objectif thérapeutique alternatif raisonnable chez tous les patients, en particulier ceux présentant une hypertriglycéridémie ou un diabÚte.
Le LDL-C comme objectif thĂ©rapeutique principal, avec le non-HDL-C et lâapoB comme objectifs secondaires lorsquâune charge athĂ©rogĂšne rĂ©siduelle est prĂ©occupante.
Les recommandations de lâAmerican Heart Association/American College of Cardiology identifient une apoB â„130 mg/dL et un non-HDL-C â„190 mg/dL comme des facteurs majorant le risque, susceptibles dâinfluencer les discussions concernant lâinstauration ou lâintensification dâun traitement par statine en prĂ©vention primaire chez les personnes Ă risque limite ou intermĂ©diaire. Le dosage de lâapoB est particuliĂšrement suggĂ©rĂ© lorsque les triglycĂ©rides sont â„200 mg/dL.
Les recommandations canadiennes prĂ©conisent de suivre lâapoB ou le non-HDL-C, en particulier lorsque les triglycĂ©rides sont â„1,5 mmol/L.
Objectifs de LDL-C
Les recommandations européennes résumées précisent les objectifs suivants :
| Catégorie de risque | Réduction du LDL-C | Objectif de LDL-C |
|---|---|---|
| Risque trĂšs Ă©levĂ© | â„50 % | <1,4 mmol/L (<55 mg/dL) |
| Risque Ă©levĂ© | â„50 % | <1,8 mmol/L (<70 mg/dL) |
Ces objectifs sâappliquent dans les situations cliniques dĂ©crites dans le rĂ©sumĂ© des recommandations, notamment chez les patients diabĂ©tiques Ă risque Ă©levĂ© ou trĂšs Ă©levĂ© et chez certaines personnes apparemment saines classĂ©es selon SCORE2 ou SCORE2-OP.
Surveillance du traitement
Un bilan lipidique initial Ă jeun ou non Ă jeun doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© avant le traitement par statine, avec un dosage de lâalanine aminotransfĂ©rase et de la crĂ©atine kinase.
La rĂ©ponse lipidique doit ĂȘtre réévaluĂ©e par un nouveau bilan lipidique Ă jeun ou non Ă jeun dans un dĂ©lai de 1â3 mois aprĂšs lâinstauration du traitement. Cette Ă©valuation porte sur :
Lâobservance
La réponse au traitement
Le pourcentage de réduction du LDL-C
Lâatteinte de lâobjectif de LDL-C pertinent
La nĂ©cessitĂ© dâintensifier le traitement
Chez les patients prĂ©sentant des facteurs de risque cardiomĂ©tabolique, la surveillance doit Ă©galement prendre en compte le non-HDL-C ou lâapoB. La surveillance de la glycĂ©mie est appropriĂ©e chez les patients traitĂ©s par statine qui prĂ©sentent des facteurs de risque de diabĂšte.
Le traitement au long cours doit rester associĂ© Ă des interventions diĂ©tĂ©tiques et Ă lâexercice physique visant une alimentation saine et un poids corporel idĂ©al.
Pronostic et suivi
Lâaugmentation de lâapoB et du non-HDL-C tĂ©moigne dâune charge accrue en particules athĂ©rogĂšnes et est associĂ©e Ă une augmentation du risque dâASCVD. La relation entre le non-HDL-C et le risque cardiovasculaire est au moins aussi forte que celle du LDL-C, tandis que lâapoB peut amĂ©liorer la discrimination du risque lorsquâil existe une discordance entre le nombre de particules et leur contenu en cholestĂ©rol.
La signification pronostique est particuliÚrement importante chez les patients présentant :
Un diabĂšte
Une obésité
Un syndrome métabolique
Une rĂ©sistance Ă lâinsuline
Une hypertriglycéridémie
Un LDL-C trĂšs bas
Une augmentation des lipoprotéines riches en triglycérides ou des remnants
La rĂ©duction du LDL-C diminue les infarctus du myocarde fatals et non fatals, les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux ischĂ©miques et les Ă©vĂ©nements ischĂ©miques dans les territoires artĂ©riels pĂ©riphĂ©riques. Le bĂ©nĂ©fice absolu dĂ©pend Ă la fois du risque cardiovasculaire initial et de la rĂ©duction absolue du LDL-C. Par consĂ©quent, une mĂȘme rĂ©duction lipidique procure un bĂ©nĂ©fice absolu plus important chez les patients dont le risque initial est plus Ă©levĂ©.
Le suivi doit comprendre une réévaluation pĂ©riodique des paramĂštres lipidiques et du risque cardiovasculaire, en accordant une attention particuliĂšre au LDL-C comme cible principale ainsi quâau non-HDL-C ou Ă lâapoB lorsquâune charge athĂ©rogĂšne rĂ©siduelle est probable. Les outils dâestimation du risque sont fondĂ©s sur des donnĂ©es de population et peuvent sous-estimer ou surestimer le risque individuel ; les modificateurs cliniques du risque et les caractĂ©ristiques du patient doivent donc ĂȘtre intĂ©grĂ©s aux dĂ©cisions thĂ©rapeutiques.